Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Les mots de la Torah ne peuvent pas devenir impurs ; ils sont là pour purifier celui qui est devenu impur.
[Zohar - Kédochim 3 ]

La grandeur d’une prière faite avec kavana

+ elle est acceptée au Ciel :

-> La guémara (Roch Hachana 18a) dit que deux personnes qui sont malades d'une façon équivalentes, ou deux personnes comparaissant devant un tribunal pour un crime identique passible de la peine capitale, l’une survit et l’autre non ; l’une est exécutée et l’autre est libérée. Pourquoi l’une a-t-elle mérité d’être guérie et l’autre non? Pourquoi un suspect a-t-il échappé à la peine capitale et l’autre non?
La raison en est que l’un a prié et a été exaucé, tandis que l’autre a prié et n’a pas été exaucé.
Pourquoi l’un a-t-il été exaucé et l’autre non?
La guémara répond que, puisque l’un a récité une "prière complète", il a été exaucé, tandis que l’autre, qui n’a pas récité une "prière complète", ne l’a pas été.
Rachi explique à cet endroit qu’une "prière complète" désigne une prière avec kavana.

-> De même, le Yérouchalmi (Béra'hot 5,5) dit : "Rabbi Shmouel bar Na'hmani dit : "Si tu as de la kavana dans ta prière, tu constateras que ta prière a été acceptée ... comme le dit le verset : "Guide leur cœur, que Ton oreille soit attentive" (ta'hin libam, takchiv ozné'ha - Téhilim 10,17).
Si l’on ressent une aide d'Hachem lorsque l'on prie avec kavana, c’est un signe clair qu'Hachem a entendu et accepté notre prière.""
[Toldot Yaakov Yossef - paracha Nasso]

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+ c'est une échelle pour nos prières :

-> Le verset dit : "il y avait une échelle (סולם - soulam) fixée sur la terre, dont le sommet atteignait le Ciel" (Vayétsé 28,12). [Yaakov en vu en rêve des anges qui y montaient et y descendaient]
Le Baal haTourim explique que cela fait allusion à ce qui suit : "soulam" (סולם - une échelle), correspond à la valeur numérique de "kol" (קול), qui signifie : une voix, un son.
Le son des prières est une échelle qui permet aux anges de monter vers le Ciel en transportant nos prières vers le haut. Lorsqu’une personne prie avec kavana, tous les échelons de l’échelle sont intacts et, de ce fait, ses prières monteront vers les cieux.

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+ c'est plus grand qu'un korban (sacrifice) :

-> Lorsque nous nous tenons en présence d'Hachem, nous devons veiller à ce que nos prières trouvent grâce aux yeux de Hachem, en particulier pendant la Amida.
Heureux celui qui récite les bénédictions de la Amida du plus profond de son cœur. Cela trouve davantage de grâce aux yeux d'Hachem qu’un sacrifice (korban - que l'on apportait au Temple sur l'autel).
Il ne s’agit pas ici de toutes les kavanot ésotériques, mais plutôt d’une concentration totale sur la simple compréhension des bénédictions. Chacun a la capacité d’y parvenir.
[ rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 1,1 ]

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+ protège contre les souffrances après la mort :

-> "Celui qui prie avec kavana est protégé contre le 'hibout hakéver, les intenses souffrances que l’on subit après l’enterrement."
[Kaf ha'Haïm 95,5 ]

-> Le séfer 'Hassidim (n°32) écrit : "Quiconque accomplit avec dévouement des actes de charité, accepte de bon gré la réprimande, aide les autres avec dévouement, accueille des invités et prie avec kavana, même s’il vit en dehors de la terre d'Israël, ne subira pas le jugement du 'hibout hakéver, ni celui du Guéhinam."

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+ faire taire les forces accusatrices qui sont sur nous :

-> La prière quotidienne avec kavana fait taire toute accusation portée contre une personne, efface les fautes que l’on pourrait commettre par inadvertance et freine le désir de fauer.
[ rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 1,1 ]

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+ permet à la prière de franchir n'importe quel obstacle :

-> Lorsqu’on prie avec ferveur (kavana), on peut surmonter les divers obstacles qui bloquent notre prière.
Comme le disent nos Sages : "Hachem est proche de tous ceux qui L’invoquent" (karov Hachem lé'hol koréav - Téhilim 145,18), cela pourrait-il faire référence à tout le monde?
[Le verset poursuit et précise : ] "à tous ceux qui L’invoquent sincèrement" (lé'hol avec yikraou'ou bé'émet).
Hachem est proche de tous ceux qui L’invoquent. Même s’il existe des obstacles qui bloquent la prière, Il exaucera les cris de tous. Cependant, cela n’est vrai que lorsqu’ils L’invoquent sincèrement ; celui qui se contente de réciter les paroles de la prière sans réfléchir à ce qu’il dit n’invoque pas Hachem "sincèrement" (bé'émet).
[Bina lé'Itim II, drouch 3 léTéfila]

[est-ce que si l'on était 100% qu'Hachem est en face de nous pendant la prière, on prierait comme on le fait actuellement. Est-ce que si l'on était 100% convaincu du pouvoir incroyable de notre prière, on prierait d'une façon aussi routinière, machinale?
Est-ce que notre démarche à chaque prière est une retrouvaille heureuse et sincère avec papa Hachem, ou bien on le fait pour se débarrasser de notre obligation (apparemment un juif se doit de prier alors je le fais parfois pour le regard d'autrui, mais est-ce que j'apprécie personnellement la chance et l'importance de ce moment unique?)? ]

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+ même la prière d'un racha :

-> La prière est si puissante que même un racha complet, qui prie du plus profond de son cœur sera inspiré à faire téchouva, et sa prière sincère guérira les blessures de l’âme.
Grâce à la grande compassion d'Hachem, sa prière sincère aura cet effet guérisseur.
[Bina lé'Itim II, drouch 3 léTéfila]

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+ amène la réussite ce jour-là :

-> Il a été testé et prouvé que si l’on prie Cha'harit et récite la lecture du Shéma avec kavana, ce jour-là, on méritera ... de réussir dans ce qu'il entreprendra. Même si le succès n’est pas immédiat, il finira par se concrétiser.
Il va sans dire qu’il réussira dans son étude de la Torah, et qu’une mitsva mènera à la suivante.
L’inverse est également vrai. Celui qui manque de kavana lors de la prière aura du mal à étudier correctement. Cependant, s’il implore Hachem du plus profond de son cœur, Hachem lui fera preuve de compassion et lui accordera la clarté dans son étude.
[ rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 1,4 ]

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+ nous affine et purifie :

-> "Le creuset sert à l’argent, le pot d’affinage à l’or, et l’homme selon ses louanges" (Michlé 27,21).
Le 'Hida ('Homat Anakh - Michlé 27,21) explique ce verset comme suit :
Il existe différents niveaux d’orfèvres et d’argentiers. Certains artisans maîtrisent parfaitement la technique ; ils peuvent purifier le métal au maximum en un minimum de temps. D’autres ne sont capables de raffiner le métal que de manière minimale et doivent y consacrer beaucoup de temps. D’autres encore ne maîtrisent pas du tout ce métier.
Tout comme il existe différents niveaux d’expertise chez un artisan qui affine le métal, de même chaque personne possède un niveau différent pour apporter de la sainteté au monde par sa prière.
[l'idée est que plus nous mettons notre coeur dans la prière (kavana), plus nous nous purifions et amenons de la sainteté (kédoucha) dans le monde.
Si la halakha demande à tout juif que sa prière soit une "avoda chébalev" (service du cœur), c'est qu'on peut tous y arriver (chacun du mieux de ses capacités), et plus on met du cœur, plus l'impact est important. ]

-> La Amida est le test décisif qui permet de savoir si l’on est pur et juste. Si l’on est capable de réciter l’intégralité de la Amida avec une kavana totale, sans aucune distraction, alors on sait que l’on est un tsadik. Comme le dit le verset : "Le creuset est pour l’argent et le fourneau pour l’or, et l’homme selon ses louanges" (Michlé 27,21) ; c’est à la kavana dont on fait preuve dans la prière que l’on peut connaître son niveau d’avodat Hachem.
['Hida - 'Homat Anakh - Michlé 27,21]

[une prière est un moment où l'on s'isole seul face à papa Hachem, c'est un moment d'union entre notre intériorité la plus profonde avec Sa source divine. Plus nous apprécions ce moment d'amour, alors aucune autre préoccupation n'est plus importante que cela à nos yeux, et ainsi notre kavana est un thermomètre de notre désir d'attachement avec Hachem. ]

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+ efface les fautes :

-> La puissance de la prière est si grande que lorsqu’on se tourne vers Hachem du plus profond de son cœur, non seulement sa prière est acceptée, mais Hachem pardonne également tous nos fautes.
Comme le dit le verset : "Car Tu n’es pas un D. qui désire la méchanceté ; aucun mal ne réside en Toi" (Téhilim 5,5).
Le midrach Tan'houma (parachat Béchala'h 9) commente : "Hachem ne désire punir aucune de Ses créatures. Au contraire, Il désire que Ses créatures se tournent vers Lui dans leur prière et Il acceptera alors leurs prières."
De même, le verset dit : "Hachem, écoute ; Hachem, pardonne" (Daniel 9,19).
Nos Sages commentent : "Aujourd’hui, nous n’avons ni prophète, ni cohen, ni sacrifice, ni Mikdach, ni Mizbéa'h, qu’est-ce qui peut expier pour nous maintenant que le Temple a été détruit? La seule chose qui reste, c’est la prière ; c’est pourquoi : "Hachem, écoute ; Hachem, pardonne"."
[Maalot haMidot - Maalat haTéfila]

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+ réduit les fautes :

-> Nos Sages (midrach raba Vayikra 10,5) nous enseignent que "la prière accomplit la moitié du travail".
Par exemple, quelqu’un se réveille le matin avec quarante fautes. En récitant la prière de Cha'harit, la moitié d’entre elles lui sont pardonnées. Il lui en reste donc vingt. Avec la prière de Min'ha, une autre moitié lui est pardonnée. Il lui en reste donc dix. À la prière d'Arvit , il n’en reste plus que cinq.
Cela signifie qu’il ne lui reste qu’un huitième de ses fautes, et que sept huitièmes lui ont été pardonnés, à condition qu’il ait prié avec kavana.

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+ la bataille principale du yétser ara se joue contre la kavana :

-> Même si l’on peut étudier la Torah et accomplir les mitsvot, faire du 'hessed et aider les pauvres, le yétser ara ne concentre pas l’essentiel de ses efforts sur ces domaines.
Mais lorsqu’une personne ouvre son cœur à Hachem dans la prière et accepte le joug du Royaume céleste d'Hachem, avec une pureté totale de pensée, le cœur enflammé, s’efforçant d’atteindre les sommets de la prière et de la proximité avec Hachem tels qu’ils sont décrits dans le Choulhan Aroukh (98) et les autres sifrei kodech, alors le yétser ara intensifiera sa lutte, bien plus qu’avec les autres mitsvot.
[Maor vaChémech - paracha Ki Tétsé]

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+ une priorité actuelle :

-> La prière avec kavana est le principal moyen de purification ; et dans notre génération, le service (d'Hachem) le plus important consiste à prier avec crainte et un grand amour, ce qui mènera à une formidable croissance spirituelle.
Le roi David y a fait allusion lorsqu’il dit : "Il s’est tourné vers la prière des désespérés, et n’a pas méprisé leur prière. Que cela soit consigné pour la génération future" (Téhilim 102,18-19).
[Maor vaChémech - paracha Vaét'hanan]

La prière sans kavana

-> Certaines autorités halakhiques affirment que celui qui prie sans kavana n’a pas accompli la mitsva de la prière (voir Rambam - Hilkhot Téfila 4,15). Bien que nous ne statuions pas ainsi, cette décision du Rambam souligne l’importance de la kavana lors de la prière.
[si le Rambam fixe ainsi la loi, c'est que tout juif peut avoir de la kavana dans sa prière, et que c'est véritablement un élément vital et indispensable (pas une piété réservée à une élite spirituelle, comme veut nous le laisser croire notre yétser ara). ]

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+ une comparaison avec l'idolâtrie :

-> "Tu ne te feras point d’idoles d’argent ni d’idoles d’or avec Moi" (Yitro 20,20), Rabbénou Bé'hayé commente ce verset que "avec Moi" (li - לִּי), lorsque tu pries en Mon nom, tu ne dois pas laisser tes pensées s’égarer vers ton propre or et ton propre argent.
Si tu laisses tes pensées s’égarer, cela revient à avoir fabriqué des idoles d’or et d’argent.

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+ comme un Cohen dans le Temple :

-> Puisque la prière remplace les sacrifices, lorsqu’une personne prie, elle doit se considérer comme si elle était un Cohen officiant dans le Temple.
Par conséquent, tout comme les pensées du Cohen pouvaient invalider un sacrifice, cela s’applique également à ses prières.
Ce ne sont pas seulement les pensées pécheresses qui peuvent invalider une prière. Il est également interdit de penser à ses affaires commerciales et à d’autres préoccupations pendant la prière.
Le Zohar (Pékoudé 245b) dit qu’un ange veille à l’entrée de la chambre [au Ciel] où les prières pénètrent dans le monde Supérieur. Les prières souillées par des pensées superflues (étrangères) se voient refuser l’accès et flottent simplement dans le monde, jusqu’à ce qu’un autre ange les rassemble et les conserve dans la guéniza.

-> Le Zohar poursuit en expliquant qu’il est possible de rectifier toutes ces prières.
Lorsqu’on constate que nos prières ne sont pas exaucées et qu’on commence à faire téchouva sur notre manque de kavana ; lorsqu’on prend conscience qu’on a agi avec un grand manque de respect en s’adressant au D.ieu Grand, Puissant et Impressionnant sans réfléchir à ce qu’on disait, et qu’on décide de changer nos habitudes et de ne plus prier qu’avec kavana à l’avenir, ce même ange sort les prières conservées de la guéniza.
L'ange présente ces prières devant Hachem, en même temps que la toute première prière qu’on récite avec kavana, et elles forment une couronne avec toutes les autres prières du peuple juif.
C’est là une immense bonté d'Hachem, que l’on puisse rectifier toutes ses prières grâce à une seule prière récitée avec kavana.
[Kav haYachar 8]

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+ Toutes les prières sont restées dans le beit midrach :

-> Le Baal Shem Tov vint un jour dans un beit midrach et se tint près de l’entrée, refusant d’entrer.
Lorsqu’on lui demanda pourquoi il ne voulait pas entrer, il répondit qu’il ne pouvait pas entrer car la pièce était totalement remplie de la Torah et de la prière, de mur à mur.
Les paroles de la communauté n’étaient pas prononcées avec la kavana requise, du plus profond de leur cœur ; ainsi, toute leur Torah et toutes leurs prières restaient dans le beit midrach au lieu de monter au Ciel comme elles auraient dû le faire.
Le beit midrach était donc trop bondé pour qu’il puisse y entrer.

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+ comme un corps sans vie :

-> Les mots prononcés pendant la prière sont comme l’écorce d'un fruit, et les pensées que l’on a sur la signification de ces mots sont comme le fruit lui-même.
De même, la prière est comme le corps, et ses pensées sont comme l’âme de ce corps.
Si l’on prie avec la bouche, mais que l’on est distrait par d’autres choses, notre prière est comme un corps sans vie, comme une écorce sans fruit à l'intérieur ; notre corps prie mais notre cœur n’y participe pas, comme le dit le verset : "Dans la mesure où ce peuple s’est approché [de Moi], il M’a honoré de sa bouche et de ses lèvres, mais il a éloigné son cœur de Moi, leur crainte de Moi est comme l'étude par cœur de commandements humains" (Yéchayahou 29,13).

On peut également comparer cela à un serviteur dont le maître est venu chez lui. Le serviteur a ordonné à sa femme et à ses enfants de traiter le maître avec respect et de pourvoir à tous ses besoins, tandis que lui-même s’occupait de ses propres affaires et ne s’impliquait absolument pas pour servir son maître et lui témoigner le respect qui lui est dû. Le maître était tellement en colère que le serviteur ait abandonné ses propres responsabilités pour les faire peser sur les autres. C’est pourquoi le maître a tout rejeté afin de montrer au serviteur que ce service n’avait aucune valeur.
Si quelqu’un prie uniquement avec sa bouche, c’est comme si les membres de sa famille servaient le maître, tandis que lui-même, dans son cœur, reste totalement indifférent. Hachem n’accepte pas une telle prière.
['Hovot haLévavot - chaar VIII - 'Hechbon haNéfech 3,9]

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+ c'est comme si l'on ment :

-> Le Yessod véChorech ha'Avoda (introduction) dit que si quelqu’un prie sans kavana, il est malhonnête, et comme le dit le verset : "Celui qui ment ne restera pas devant Moi" (Téhilim 101,7) ; "Il M’a honoré de sa bouche et de ses lèvres, mais il a éloigné son cœur de Moi" (Yéchayahou 29,13).
[sans kavana c'est comme si le texte prononcé énonce une totale confiance et dépendance en Hachem, mais notre comportement (nos pensées, coeur ailleurs), notre intériorité est en contradiction avec notre extériorité (lèvres qui bougent), ce qui est malhonnête. ]

-> À la fin de la Amida, nous disons : "Que les paroles de ma bouche et la méditation de mon cœur soient agréables devant Toi" (Téhilim 19,15).
Comment peut-on en venir à réfléchir à des affaires matérielles pendant la Amida , puis demander que "la méditation de mon cœur" soit agréable à Hachem?
C’est inacceptable : prétendre s’adresser à Hachem alors que notre cœur n’y est pas, puis demander à Hachem d’accepter une telle prière.
Lorsque Rabbi Eliezer était sur le point de quitter ce monde, l’une des choses essentielles qu’il transmit à ses disciples fut : "Lorsque vous priez, sachez en présence de Qui vous priez".
[guémara Béra'hot 28b]

Introduction sur la kavana dans la prière

-> La prière est appelée "avoda chébalev" (le service du cœur) [et non des lèvres (qui remuent)]. Comme le disent nos Sages (Taanit 2a ; Sifri - Ekev) : ""Et de Le servir de tout ton cœur". Qu’est-ce que le service du cœur? C’est la prière."
La guémara précise également qu’une prière prononcée avec kavana est acceptée par Hachem, comme le dit le verset : "Guide leur cœur, que Ton oreille soit attentive" (Téhilim 10,17).
Nous demandons à Hachem de nous guider pour prier avec kavana ; Il entendra alors nos prières.
Bien que d’autres mitsvot puissent exiger de la kavana pour leur accomplissement, celle-ci ne fait pas partie intégrante de la mitsva elle-même. En ce qui concerne la prière, cependant, la kavana est l’essence même de la mitsva ; sans kavana, la prière n’a que peu ou pas d’effet.

-> Le Séfer Yéchayahou décrit le châtiment sévère qui attend le peuple juif pour avoir prié sans kavana.
Il est écrit : "Hachem dit : "Dans la mesure où ce peuple s’est approché [de Moi], il M’a honoré de sa bouche et de ses lèvres, mais il a éloigné son cœur de Moi, leur crainte de Moi est comme l'étude par cœur de commandements humains." (Yéchayahou 29,13)
Puisque le peuple juif priait sans kavana, se contentant de prononcer des paroles en l’air, Hachem exhorte le peuple juif : "C’est pourquoi, voici, Je continuerai à accomplir davantage de prodiges contre ce peuple, prodige sur prodige ; la sagesse de ses sages sera perdue et l’intelligence de ses savants sera voilée" (Yéchayahou 29,14).
Les commentaires de nos Sages expliquent ce verset en indiquant que de nombreux événements surviendront au peuple d’Israël qui choqueront celui qui les observera, comme il est dit : "prodige sur prodige". Le Prophète (Yéchayahou) révèle qu’à ce moment-là, la sagesse des sages du peuple d’Israël sera perdue et l’intelligence de ses savants deviendra cachée.
Nous pouvons comprendre cela de trois manières différentes. Premièrement, le sens littéral (pchat) est que la sagesse des sages ne suffira pas à les aider à échapper aux terribles événements qui se déroulent sous leurs yeux. Deuxièmement, Rachi (Yéchayahou 29,14) cite un midrach (Eikha raba 1,37) qui dit que cela fait référence à la mort des tsadikim. Enfin, la guémara explique ce verset en indiquant que la Torah sera oubliée par le peuple d’Israël.

=> Tout ce qui précède survient en punition de ce qui est écrit dans le verset mentionné ci-dessus.
Lorsqu’ils prient, ils se contentent de prononcer les mots, sans aucune kavana ; ils prient simplement par cœur, sans y réfléchir. Prier sans kavana peut entraîner la mort des tsadikim et conduire à la disparition de la véritable étude de la Torah parmi nous. Cela nous enseigne la gravité de la prière sans kavana.

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-> Prier sans kavana revient à offrir au roi un cadeau de grande valeur dans un panier vieux, usé et sale. Un tel cadeau trouverait-il grâce aux yeux du roi? Ce cadeau n’honorerait pas le roi, ce serait en réalité une insulte à son égard!
De la même manière, comment ne pas éprouver de la gêne à nous adresser à Hachem dans notre prière lorsque nous prions sans kavana, alors que nos cœurs sont envahis par les distractions de la vie quotidienne?

Nous devrions notamment nous en préoccuper lorsque nous récitons la Amida.
Le Rambam (Hilkhot Téfila 4,15) dit que celui qui récite la Amida sans kavana n’a pas du tout accompli la mitsva.
Le rav 'Haïm de Brisk explique que la kavana selon laquelle on se tient devant la Chékhina fait partie intégrante de la récitation de la Amida. Si quelqu’un est distrait et ne se perçoit pas comme se tenant en présence (en face à fae) de la Chékhina, il n’a pas accompli la mitsva de la prière.
Tout comme celui qui accomplit un acte par inadvertance, ce que la Halakha appelle "mit'assek" est considéré comme s’il n’avait pas accompli cet acte du tout, de même celui qui prie sans kavana est considéré comme s’il n’avait pas prié. Il est donc clair que la kavana est essentielle pour accomplir la mitsva de la prière de la Amida.
[cela n'a pas zéro impact, zéro valeur, mais en comparaison d'une kavana minimale cela l'est quasiment, tellement la kavana donne de la force à notre prière]

De plus, le Rambam (Hilkhot Téfila 4,15) écrit : "Il est interdit à celui qui se sent confus et distrait de prier tant qu’il n’a pas retrouvé la paix de l’esprit. Par conséquent, une personne qui revient d’un voyage, fatiguée et stressée, ne devrait pas prier tant qu’elle n’a pas retrouvé la paix de l’esprit. Nos Sages ont dit : "Il faut attendre trois jours, jusqu’à ce qu’on soit détendu et apaisé. Ce n’est qu’alors qu’il doit prier" (Choulkhan Aroukh - Orakh 'Haïm 98,2).
Bien qu’aujourd’hui nous soyons loin de ce niveau, et que nous ne statuions (selon la loi juive) donc pas ainsi, nous pouvons tirer de ce concept que la kavana est un élément essentiel de la prière. La plus grande difficulté à laquelle l’homme est confronté quotidiennement dans la prière est de prier avec kavana. [Rokéa'h - Biour Téfilat - Shemoné Esré - Bérakha 2]

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+ La nécessité de la kavana dans la prière :

-> Selon la guémara (Béra'hot 31a) : "Nos Sages nous ont enseigné : "Celui qui prie doit diriger ses pensées vers le Ciel."
Abba Shaul dit : “Une indication [de la justesse] de ce sujet [se trouve dans le verset] : "Ils dirigent leur cœur, tu leur prêtes l’oreille" (ta'hin libam, takchiv ozné'ha - Téhilim 10,17).” (ainsi plus on fait des efforts pour donner notre cœur en prière (plutôt que nos lèvres), plus Hachem écoute notre prière)"

La guémara ajoute ensuite : "Rabbi Hamnouna dit : Combien de halakhot importantes peut-on tirer des versets relatifs aux prières de Hanna, "Or, Hanna parlait dans son cœur" ; de là, [nous apprenons] que celui qui prie doit tourner son cœur [vers Hachem]."

Le Tour (Ora'h 'Haïm 98) explique cette guémara en précisant que lorsqu’on prie, il faut comprendre les mots que l’on prononce.

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-> La guémara (Taanit 8a) rapporte : "Rav Ami dit : "La prière d’une personne n’est acceptée que s’il met son cœur entre ses mains ; [c’est-à-dire que sa prière est sincère], comme le dit le verset : "Élevons nos cœurs avec nos mains [vers Hachem dans les cieux]" (Eikha 3,41)".
Le Maharcha explique qu’il faut prier avec une kavana totale.

-> Il faut être extrêmement méticuleux en matière de kavana lorsqu’on prie. Lorsque le Temple existait encore, celui qui avait fauté apportait un korban. Aujourd’hui, nos prières tiennent la place des korbanot (sacrifices).
Par conséquent, il faut concentrer ses pensées sur sa prière et éviter toute pensée susceptible de le distraire de ses prières ; tout comme des pensées extérieures peuvent invalider un korban, elles peuvent également invalider une prière.
[Shévet Moussar 20:9]

-> Le Eliyah Raba (Ora'h 'Haïm 5 - citant Tséda laDéré'h 10) souligne que bien que nos Sages (Roch Hachana 28b) aient dit : "Les mitsvot ne requièrent pas de kavana", cela concerne les mitsvot qui impliquent une activité physique.
En revanche, la prière est avant tout une mitsva qui fait appel au cœur, à ses émotions et à ses pensées.
Comme le cœur peut facilement être distrait, nos Sages ont établi que, lors des prières, nous devons réciter les mots tout en en intériorisant le sens.
Il suffit de considérer les derniers mots de la Amida : "Que les paroles de ma bouche et la méditation de mon cœur soient agréables devant Toi, Hachem, mon rocher et mon rédempteur", pour s’en rendre compte.
Si l’on se contente de répéter machinalement les paroles de la prière tout en étant complètement distrait, on aura certainement honte de s’approcher de son Créateur pour Lui demander d’accepter les paroles de sa bouche et la méditation de son cœur.

-> Le Chla Hakadoch (Assara Maamarot 3) souligne que la kavanat halev, c’est-à-dire se concentrer sur sa prière avec joie et attachement (dvékout) en Hachem, est une avoda considérable. Il faut s’entraîner à ce que son cœur soit attaché (connecté), lié totalement, sans aucune distraction.
C’est pourquoi nos Sages ont dit que la prière implique un travail spirituel sérieux du cœur : concentrer totalement ses pensées sur la signification des mots prononcés. Le travail spirituel de la prière est donc qualifié de "de tout ton cœur et de tout ton être" (bé'hol lévavé'ha ouvé'hol nafché'ha - Vaét'hanan 6,5).

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-> Le Orkhot 'Haïm l'haRoch (2:36) écrit :
"Aie de la kavana dans ta prière, car la prière est le travail spirituel du cœur. Si votre fils vous parlait sans sincérité, ne seriez-vous pas en colère? Vous ne devriez pas vous comporter comme un serviteur à qui l’on a confié une tâche importante pour son propre bien et qui n’a pas rempli sa mission. Comment un tel serviteur pourrait-il se présenter devant le Roi! ...
S’il n’est pas possible d’avoir de la kavana dans toutes les prières, il faut au moins veiller à en avoir pendant la première bénédiction de la Amida et le premier verset de la Kriat Shéma, car on ne remplit pas son obligation de réciter ces prières si on les dit sans kavana."

"La disparition des justes (tsadikim) est plus dure aux yeux d'Hachem, que la destruction du Saint Temple."
[midrach Eikha raba - Introduction 24 ]

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-> "La mort des justes est équivalente au Temple (litt. la Maison de notre D.) qui a pris feu"
[guémara Roch Hachana 18b-19a]
[explication sur pourquoi nous jeûnons en commémorations de l'assassinat de Guédalia ben A'hkham]

-> Selon le midrach Eikha rabati (1,37), la mort des justes fait peser sur le monde un décret plus sévère que l'incendie du Temple.
[le midrach rapporte : "au sujet de la destruction du Temple, il est écrit : « Elle a décliné de façon extraordinaire (péla'im)". (dans les malédictions de la paracha Ki Tavo on ne mentionne qu'une fois le mot "והפלא" (véapélé))
En revanche, au sujet du départ des justes, il est écrit : "C’est pourquoi, voici, je continuerai à stupéfier (léhafli) ce peuple, stupéfaction (apélé - הַפְלֵא) sur stupéfaction (vapélé - וָפֶלֶא)" (Yéchayahou 29,14)."

=> Cela laisse entendre que la mort des tsadikim est deux fois plus douloureuse que la destruction du Temple. Pourquoi cela?
Bien que le texte talmudique principal utilise le terme "équivalent" (chékoula) et que les midrachim utilisent "pire/plus dur" (yoter kaché), des commentateurs rabbiniques plus tardifs (comme l'Eretz 'Hemda, des maîtres hassidiques comme le Tiféret Shlomo, ou les enseignements de Breslev) expliquent pourquoi cette perte est ressentie comme doublement sévère (keflayim) :
1°/ Une perte irremplaçable : Le Temple physique, bien que très saint, sera finalement reconstruit. En revanche, un tsadik spécifique qui a développé une grandeur dans la Torah et une lumière spirituelle unique au cours de sa vie ne peut pas être remplacé à l'identique.
2°/ Une double fonction : Un tsadik sert à la fois de "Sanctuaire en miniature" vivant (Beit HaMikdach) et de bouclier protecteur/guide pour toute sa génération. Le perdre revient à perdre à la fois son sanctuaire vivant et son mérite protecteur.

Auschwitz est le plus grand cimetière de cette terre ... Il n’y a pas de divisions là-bas : ni entre Séfarades et Ashkénazes, ni entre laïcs et religieux, ni entre riches et pauvres.
Ils ont tous été tués en tant que juifs ...

Le secret de mourir ensemble ne suffit pas. Nous devons apprendre à vivre ensemble.
[rav Israel Méïr Lau ]

Le Gan Eden de l’homme se trouve au Ciel.
Le Gan Eden d’Hachem se trouve dans le cœur d’un juif.
[le Avodat Israël ]

Le soleil ne cesse jamais de briller.
Lorsque sa lumière ne nous parvient pas, c’est la fenêtre qu’il faut nettoyer.
Il en va de même pour la lumière d'Hachem.
La prière nettoie la fenêtre de nos cœurs, permettant à Sa lumière et à Ses bénédictions d’illuminer nos vies.
[d'après le Ram'hal ]

La recréation du monde à Roch Hachana

 

+ par le biais du Shofar :

-> Roch Hachana, la seule fête juive qui tombe le premier jour du mois, la lune est dans l’obscurité, car elle est masquée par le soleil et ne peut refléter son éclat.
[au début du cycle lunaire, pendant la phase de la nouvelle lune, la Lune se trouve exactement entre la terre et le soleil.]

Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut. Le fait que Roch Hachana ait lieu alors que la lune physique est dans l’obscurité nous indique qu’au moment où Roch Hachana commence, la "lune" céleste est elle aussi entièrement plongée dans l’obscurité.
Qu’est-ce que la lune céleste?
Le peuple juif, ainsi que toute la création. Et la nuit de Roch Hachana, nous ne recevons à peine
la lumière de "chéméch ou'maguen Hachem" (soleil [chéméch] et boulier, Hachem - Téhilim 84,12).

Lorsque Hachem a créé le monde (on va vers les 5800 ans!), en lui fournissant suffisamment de shéfa (flux de bonté) pour tenir une année.
À la fin de cette année-là, le monde était condamné car les réserves de shéfa étaient presque épuisées. Au cours de cette première nuit de Roch Hachana, une grande sévérité et une grande peur envahirent le cosmos, le soleil ne brillait pas.

Mais Hachem ne s’est pas contenté de faire briller à nouveau Sa lumière sur la "lune" pour remplir les coffres de shéfa afin que le monde puisse exister une année de plus. Hachem n’a créé le monde par Lui-même qu’une seule fois. Chaque année par la suite, Il a désigné l’homme comme Son partenaire pour recréer le monde.

C’est pourquoi il y a toujours eu un tsadik (ex: Adam, 'Hanokh, Métouchéla'h, Noa'h, les Avot (Patriarches, ...) qui ont fait jaillir la shéfa à chaque Roch Hachana, permettant ainsi au monde de continuer à exister.

D’où faisaient-ils jaillir la shéfa?
D’une sphère spirituelle très élevée, qui est la racine et la source de la création, appelée : le olam haShofar.
Par leurs méditations et leurs yi'houdim, ils activaient le olam haShofar, créant une union entre le "Soleil" et la "Lune" qui durerait toute l’année à venir.

Lorsque la Torah fut donnée sur le mont Sinaï, les juifs, qui sont les tsadikim du monde ("Et ton peuple, tous sont des tsadikim" (véamé'h koulam tsadikim) - Yéchayahou 60,21), reçurent la mitsva du shofar.
Comme le dit le Zohar (que l'on récite avant de sonner le shofar), lorsque nous sonnons notre shofar terrestre, nous éveillons le olam haShofar céleste. Le shofar céleste disperse les "nuages" qui empêchaient la "lune" céleste de recevoir la shéfa du "Soleil" céleste.

Ainsi, grâce au son du shofar, la création est à nouveau approvisionnée en ressources. Le monde continuera d’exister pendant une année supplémentaire.

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+ grâce aux Malkhouyot, aux Zikhronot et aux Shofarot :

-> Par le biais du son du shofar, la création renaît, mais notre tâche n’est pas encore achevée, car chaque créature doit encore être façonnée. Comment pouvons-nous nous associer à Hachem pour recréer le monde pièce par pièce?

Eh bien, comment Hachem a-t-Il tout créé au départ? Par dix maamarot (paroles). Dix fois, Hachem a parlé (par exemple : "Et qu’il y ait de la lumière"), et dix fois, quelque chose a été créé (par exemple, : "Et il y eut de la lumière").

C’est pourquoi, après la sonnerie du shofar, vient la plus longue Amida de l’année, composée de trois sections : les Malkhouyot, les Zikhronot et les Shofarot. Chacune contient dix versets, correspondant aux dix maamarot.

Chaque juif possède une sphère d’influence, une partie du monde qui nous appartient.
Lorsque nous récitons les Malkhouyot, Zikhronot et Shofarot, nous recréons notre part du monde.

De plus, chaque personne est un "olam katan" (un petit monde). Si nous recréons le monde en récitant les Malkhouyot, Zikhronot et Shofarot, nous nous recréons également nous-mêmes.
Le degré de ferveur, d’émotion, d’amour et de crainte d'Hachem que nous mettons dans la récitation des versets détermine quel genre de monde, tant la planète terre que nous-mêmes, nous créons.

-> Selon le Sfat Emet (Roch Hachana 5644) :
Avant que Hachem ne crée le monde, la guémara ('Houlin 6a) dit qu’Il a demandé à chaque créature : "Comment veux-tu être créée?" Il a ensuite réalisé cette création exactement comme elle le souhaitait.
Chaque année, à Roch Hachana, nous sommes recréés exactement selon notre désir. Grâce à la avoda intense de cette journée, nous clarifions qui nous voulons être, et c’est ainsi que nous sommes recréés.

[il ne nous apparaît pas toujours clairement comment nous avons obtenu ce que nous voulions, car nous ne sommes pas pleinement conscients de ce que nous voulons réellement.
A Roch Hachana l'essentiel est sur nos aspirations sincères, profondes, du moment. Ainsi, à nous d'avoir de l'ambition spirituelle et d'ouvrir notre cœur autant que possible. ]

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+ La recréation d’Adam :

-> Nous avons l'habitude de considérer Roch Hachana comme le premier jour de la création, mais en réalité, Hachem a commencé à créer le monde 5 jours plus tôt, le 25 Elloul.
Roch Hachana est l’anniversaire de la création d’Adam, la raison d’être du monde.

Lorsque Hachem s’est mis à créer l’homme, des groupes d’anges soutenaient qu’il ne devait pas voir le jour. "Pourquoi devrais-Tu te soucier de lui?" (ma énoch ki tizkérénou - Téhilim 8,5), demandaient-ils. [cette idée est discutée à plusieurs endroits par nos Sages, comme Béréchit raba 8,5 ; Sanhédrin 38b]
Puisque que l’homme fauterait à coup sûr, apportant des ennuis et des souffrances à tous, alors à quoi servait-il donc?
Tandis qu’ils débattaient, Hachem créa l’homme.

Comment Hachem a-t-Il créé Adam ? Alors que toutes les autres créatures ont vu le jour par le biais des maamarot, de la parole d'Hachem, l'âme (néchama) d’Adam a été créée par un souffle : "Et Il souffla dans ses narines le souffle de vie" (vayipa'h béapav nichmat 'haïm - Béréchit 2,7).

Quelle est la différence entre parler et souffler?
Lorsqu’une personne parle, l’air s’élève des poumons lors de l’expiration, produisant un son en passant par le larynx. Ensuite, ce son est transformé en mots précis grâce aux dents, à la langue et aux lèvres.
En revanche, lorsqu’une personne souffle, elle ne se contente pas d’expirer, mais expulse l’air depuis le plus profond d’elle-même. Comme le dit le Zohar : "Celui qui souffle le fait depuis l’intérieur de lui-même" (man dénafa'h mito'ho nafa'h - cité dans le Tanya - chap.2).

En nous disant que toute la création est issue de la parole d'Hachem, nous comprenons que tout a été créé par Hachem Lui-même.
En nous disant que l'âme d’Adam a été créée par le souffle d'Hachem, nous comprenons que l’âme d’Adam est taillée dans l’unité profonde de la divinité elle-même. L'âme (néchama) d’un juif est une étincelle de Hachem. [seules les juifs sont appelés Adam - Yébamot 61a]

Chaque année, lorsque le premier jour de Tichri arrive, Hachem s’assoit à nouveau sur le Kisei HaKavod (Trône de Gloire), et des anges débattent devant Lui. Les anges d’un côté disent : "Oui, recrée l’Homme". Les anges de l’autre côté disent : "Non, ne le fais pas".
Accusation, défense, mérites, démérites ; le débat fait rage.
Tandis que les anges examinent les actes de l’homme, évaluant s’il est digne d’être recréé, nous sonnons le shofar. Le baal tokéa (celui qui le sonne), agissant en tant que messager d'Hachem, qui insuffle à nouveau le "nichmat 'haïm" (souffle de vie) en chaque juif, sonne le shofar. Une fois encore, nous venons à l’existence.

[d'après le rav Moché Wolfson]

Le shofar = l’instrument du retour

-> Celui qui sonne le shofar (le baal tokéa) n’est pas seulement le messager d'Hachem chargé de souffler à nouveau notre âme (néchama) en chaque juif ; il est également notre messager auprès d'Hachem.
Lorsque le baal tokéa souffle dans le shofar, nous sommes tous renvoyés à notre essence, notre étincelle de divinité (en nous) vers Hachem. Lorsque notre souffle rencontre celui d'Hachem, nous revenons alors à la Source.
[lorsqu'Hachem créa Adam :"Il souffla dans ses narines le souffle de vie" (Béréchit 2,7). ]

Tout au long de l’année, nous prions, nous prononçons des mots. Plus nous comprenons ce que nous disons et plus nous nous concentrons sur le sens des mots, mieux c’est.
Mais avec le shofar, nous prononçons une sorte de prière que nous ne comprenons pas : nous faisons entendre une voix sans mots.
Nous poussons un cri sans paroles, exprimant notre essence profonde de "nichmat 'haïm", notre néfech Elokit qui est toujours divine et bonne.
Nous communiquons depuis le plus profond de nous-mêmes, là où s’exprime et s’éveille notre désir ardent de retour.
[juste avant de souffler le shofar, le baal tokéa récite le verset : "Elokim bit'roua Hachem békol shofar" (Téhilim 47,6), qui se traduit simplement par "Que D. soit exalté par la téroua, Hachem par le son du shofar".
Le Maguid, cependant, comprend que "Hachem", c’est Hachem Lui-même, qui est "békol shofar", le son du shofar.
À Roch Hachana, Hachem insuffla de Lui-même une néchama en Adam.
Chaque année, Hachem insuffle à nouveau notre néchama en nous par le biais du shofar, et nous la lui renvoyons par le biais du shofar. C’est ainsi que nous nous rencontrons. ]

Nous sommes comme un prince qui s’est égaré depuis si longtemps qu’il a oublié la langue de son père, le roi. Mais nous pouvons crier. Notre Père reconnaîtra toujours notre voix, même si elle est brute et inculte.

Personne ne comprend ce que dit le shofar ; nous, certainement pas.
Le shofar exprime quelque chose que nous ne pouvons pas verbaliser. Nous pouvons parler de ce que nous pensons, savons et ressentons, mais nous ne pouvons pas exprimer la racine même de notre être qui aspire simplement et désire retourner vers Celui d’où nous venons.
Nous laissons donc simplement échapper un son issu de l’essence même de notre être.

Ce son ne peut être compris que par Hachem. Lui seul comprend, entend, perçoit, et est attentif (mévin, oumaazin, mabit, oumakchiv) "à la voix de notre souffle" (lékol tékiaténou).
Hachem est expert dans l’art de discerner l’âme juive. Lui seul peut écouter un son brut et savoir qu’il s’agit de l’appel d’une "partie du D. d'en-Haut" ('helek Eloka mimaal), une néchama qui est une étincelle d'Hachem Lui-même.
Seul Hachem peut distinguer une véritable pierre précieuse de son imitation contrefaite. Il voit qui nous sommes vraiment et qui nous deviendrons.

Les anges se sont opposés à la création d’Adam. Ils ont dit : "L’homme va fauter! Pourquoi devons-nous prendre un tel risque (en le créant)?"
Mais c’est parce qu’il y a quelque chose qu’ils ne comprennent pas : la Elokout (la divinité qui est en tout juif) ...
Les anges ne comprennent pas le secret du shofar, le secret du retour de chaque juif. Hachem, Lui, le comprend ; c’est pourquoi Il nous recrée chaque année.

Chaque année, nous sonnons notre shofar ici-bas, dans ce monde, et cela nous tire, nous attire et nous ramène vers Hachem.
Finalement, Hachem sonnera de Son shofar, le shofar du machia'h, et inondera le monde de téchouva, forçant chaque néchama à revenir vers Lui. Comme le déclare la bénédiction des shofarot : "En ce jour du machia'h, le grand shofar retentira, annonçant le retour définitif de chaque juif (véaya bayom aou yitaka béshofar gadol) ... Ils se prosterneront devant Hachem à Jérusalem" (Yéchayahou 27,13) ...

-> Chaque année, le Satan est effrayé par le son du shofar car il pense qu’il s’agit du shofar du machia'h. Pourquoi le Satan a-t-il peur? N’a-t-il pas entendu le shofar l’année dernière?
Mais chaque année, ce son ressemble davantage au shofar du machia'h, car nous nous rapprochons de l’époque du machia'h (qui n'a jamais été aussi proche), et le Satan pense que c’est enfin le moment.

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+ Shofar - Un moyen de retour pour tout juif :

-> Le baal tokéa du Yisma'h Israël lui demanda de lui révéler les secrets du shofar. Le rabbi repoussa sa demande à maintes reprises jusqu’à ce que, finalement, juste avant Roch Hachana, il lui dise : "Bon, d’accord. Tu veux connaître les secrets du shofar? Je vais te les dire.
"Si tu pries pour que tous les juifs, même ceux dont le parcours n’est pas irréprochable, aient une bonne année et fassent téchouva, très bien, merci beaucoup. Si tu pries pour que même les juifs qui commettent des offenses tout à fait répréhensibles aient une bonne année et reviennent vers Hachem, très bien.
Mais laisse-moi te dire à qui le shofar est vraiment destiné.
Imaginez un poritz (noble) juif, complètement coupé de son peuple et ignorant tout de la culture juive, qui sort et constate que les rues sont désertes. Il se renseigne et apprend que tout le monde est à la synagogue en train de prier, car c’est Yom Kippour.
Éclairé, il rentre chez lui pour informer sa femme de leur sortie imminente à la synagogue, mais elle lui explique qu’aucun repas de fête ne sera prêt après la récitation des prières. Bien informé, il attrape son fusil, enfourche son fidèle cheval de chasse, abat un lapin et le donne à sa femme, qui s’empresse de disposer la carcasse dans la rôtissoire. Enfin, il se rase un peu et part.
C’est ce juif-là, celui qui est capable de tuer et de manger un lapin le jour de Yom Kippour, que vous devriez garder à l’esprit lorsque vous sonnez du shofar, afin que lui aussi ait une année bénie, et que son cœur soit ému à la recherche de son Créateur."

=> Le shofar ne prononce ni mots ni lettres ; il ne module même pas son ton avec grâce. Le shofar émet un son brut, pur, non transformé, exprimant le cri de l'âme (néchama) la moins sophistiquée qui soit, retournant à sa Source.

À retenir : le shofar ramène chaque juif vers notre Source (divine).

[d'après le rav Moché Wolfson]