Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"Fais lui un pantalon en lin pour recouvrir la chair de sa nudité" (Tétsavé 29,42)

Le Cohen devait aussi porter une tunique. Or, celle-ci descendait jusqu’au bas de ses pieds, et recouvrait donc toute sa nudité.
=> Quelle était donc la raison d’être du pantalon que la Torah considère venir couvrir la nudité, si la tunique jouait déjà pleinement ce rôle?

Cela nous apprend que la pudeur ne vient pas uniquement pour couvrir la nudité vis-à-vis de l’extérieur.
Selon la Torah, la pudeur c’est aussi pour soi, même quand on est seul et que personne nous voit.
D'ailleurs, c'est cela l’essentiel même de la pudeur, car elle est alors intrinsèque, indépendante du regard des autres. C’est la pudeur pour elle-même.

C’est pourquoi, même si la tunique recouvrait la nudité vis à vis de l’extérieur, la Torah demande de porter ce pantalon pour se recouvrir pour soi-même.
Cela constitue la pudeur pour elle-même, et ce même si personne ne peut voir cette nudité, qui est déjà couverte.

[Rabbi Moché Sternbuch - Taam Vadaat]

"Et voici ce que tu offriras sur l'Autel : 2 moutons dans leur première année, chaque jour, continuellement.
Le 1er mouton tu offriras le matin, et le 2e mouton, tu offriras l'après-midi" (Tétsavé 29,38-39)

-> Le verset utilise le terme : "aé'had" (le premier - הָאֶחָד) en parlant du sacrifice du matin, car la guématria de ce mot est de : 18.
Cela correspond au nombre de bénédictions dans la Amida, qui a été instituée à la place des sacrifices quotidiens.
[Baal haTourim]

<--->

-> "Chaque jour, continuellement" (layom tamid).

Le commentaire du Choul'han Arou'h par le Rema :
- débute par : "Je fixe constamment (tamid - תָמִיד) mes regards sur Hachem" (Téhilim 16,8) ;
- et se termine par : "Les jours du pauvre sont tous mauvais; mais qui a le cœur content est constamment (tamid - תָמִיד) en fête" (Michlé 15,15).

=> Cela nous enseigne qu'un juif doit toujours avoir dans son cœur ces 2 "tamid" : la crainte de D. qui se trouve constamment face à nous, et la joie permanente provenant d'une confiance totale en Hachem.

<------------------->

+ " Tu feras un Autel (mizbéa'h) où faire monter l'encens en fumée" (Tétsavé 30,1)

-> Le Rav Pinkous explique que tous les objets du Michkan symbolisent le travail spirituel pour servir Hachem.
C'est ainsi que l'Arche symbolise l’étude de la Torah, la Ménorah représente l’acquisition de la Sagesse, la Table fait allusion à la retenue dans les plaisirs (car c’est sur la table que l’on mange), l’Autel des sacrifices est une allusion au fait de sacrifier son animalité, ...

Tout cela représente un travail ardu et difficile, et l'on risque alors de se dire qu’on ne voit pas le bonheur et le plaisir que cela apporte. A quoi bon de s’adonner à un tel travail!

C’est pourquoi l’Autel des encens est cité tout à la fin (de la paracha Térouma et Tétsavé décrivant le contenu du Michkan et les habits du Cohen Gadol), car les encens diffusent une très bonne et agréable odeur.
=> La Torah vient nous dire qu’à la fin du travail spirituel, l’homme en viendra à ressentir un profond plaisir et un bonheur indescriptible.
Après tous les ustensiles, après tous les efforts, vient la récompense : les encens, représentant le plaisir qui est réservé à celui qui s’adonne à ce travail.

-> Le Mé Hachiloa’h explique que le mot Ketoret (encens) vient de l’araméen signifiant : "attachement".
En effet, par les encens, on reliait et on attachait toute la création avec le Créateur. On proclamait par cela que : "Tout vient du Ciel".

<---------->

-> "L’un des agneaux, tu l’offriras le matin, et le second agneau, tu l’offriras vers le soir" (Tétsavé 29,39)

Le Ben Ich ’Haï explique (Chana Richona, Pin’has) pourquoi il fallait apporter en sacrifice un holocauste perpétuel le matin et le soir : celui du matin expiait les péchés commis la nuit et celui du soir, ceux de la journée.
De plus, du fait que l’animal apporté en sacrifice perpétuel était acheté avec l’argent de la communauté, il possédait le pouvoir d’expier les fautes du peuple entier.
Le Ben Ich ’Haï ajoute que le terme : "olat" (holocauste) peut être rapproché du terme tolaa (vers), parce qu’il existe des mauvais anges, correspondant aux puissances impures, qui ressemblent à un ver cherchant à dévorer et à ronger tout ce qui se trouve sur son passage ; en apportant l’holocauste perpétuel, on affaiblissait ces anges et les empêchait de nous porter atteinte spirituellement.

Hachem a créé un équilibre entre les forces du Mal et celles du Bien. Ainsi, de même qu’il existe un mauvais ange nommé tolaa, il existe également un ange pur surnommé ainsi, dont la mission consiste à empêcher son adversaire de remplir la sienne, en affaiblissant son pouvoir.
Or, l’apport de l’holocauste perpétuel transmettait au tolaa pur la force de lutter contre le tolaa impur, comme le laisse entendre la phrase de l’Eternel : "Ne crains rien, vermisseau de Yaakov." (Yéchayahou 41, 14).

<---------->

+ "Le premier agneau tu le feras (en sacrifice) le matin, et le deuxième agneau tu l'offriras l'après-midi" (Tétsavé 29,39)

=> Dans la Torah, la nuit précède le jour, c'est-à-dire que le jour commence la nuit qui précède. Ainsi, pourquoi ici, le premier sacrifice se réalise le matin et non le soir qui précède?

Le Midbar Kadech l'explique de façon allusive.
L'agneau symbolise le repentir, quand l'homme décide de maîtriser ses envies. En effet, le mot : "Kévess" (agneau - כבש) a la même racine que le verbe ''maîtriser, dominer'' (לכבוש - likhvoch), allusion au repentir, qui impose à l'homme de se dominer et de maîtriser ses désirs.
Le verset dit : "Le premier agneau (כבש), tu le feras le matin", allusion à la jeunesse. Car le repentir le plus enviable et le plus élevé, c'est celui qui se fait quand on est encore jeune.
Mais, celui qui n'a pas fait cela, pourra encore se repentir quand il sera plus âgé. "Le deuxième agneau", le deuxième niveau de repentir, "tu l'offriras l'après-midi", même quand tu auras pris de l'âge. Ce repentir aussi sera agréé. Il n'est jamais trop tard pour revenir vers Hachem.

Pourim & Prières

+ Pourim & Prières :

-> Selon le rav Karelenstein, de même que Yom Kippour est un jour particulièrement propice à la prière (elles y sont facilement acceptées), de même pour Pourim (ké-Pourim = Kippour).

-> Le Choul'han Aroukh (siman 494) écrit qu'à Pourim nous devons donner quelque chose à tout celui qui ouvre ses mains pour nous demander de la tsédaka.

Selon nos Sages, c'est une allusion au fait qu'à Pourim lorsque l'on demande quelque chose à Hachem, Il nous l'accordera.
[de même que l'on donne à tous sans regarder, de même D. nous exaucera peu importante que l'on soit méritant ou pas.]

-> "Le roi (amélé'h) dit à Esther ... : "Fais connaître ta demande (ma chéélaté'h) ... et elle te sera accordée (vétinatén la'h)" (Méguilat Esther 7,2)

Selon le midrach (Esther rabba 3,10), dans la méguila lorsqu'il apparaît uniquement : "le roi" (mélé'h), alors cela fait référence à Hachem.
=> Ainsi, ce verset est une allusion au fait que D . nous dit : "En ce jour, quoique vous puissiez demander, Je le ferai".

-> Le 'Hidouché haRim enseigne : "Pourim est un temps propice pour tout (zman ratson lakol) ... puisque tout le monde peut agir avec Hachem [par la prière] d'une telle façon qu'Il réalisera toutes les demandes de notre cœur pour le bien (kol mich'alot libénou létova)".

<----------->

-> "Mon D., j’appelle de jour et Tu ne réponds pas, de nuit, et il n’est pas de trêve pour moi" (Téhilim 22,3)

Selon la guémara (méguila 4a), c'est une des sources pour l'obligation de lire la Méguila à la fois la nuit et à la fois durant le jour.
Rachi (sur cette guémara) commente : "c'est en souvenir du miracle, car ils ont crié jour et nuit au moment de leurs difficultés".

=> Un objectif essentiel de la lecture de la Méguila est de nous rappeler que par nos prières sincères (cris du cœur) à Hachem, nous avons la possibilité d'être sauvés de toute mauvaise choses (même un décret d'extermination!).

[en mettant l'accent sur nos prières à Pourim, nous matérialisation cette conscience que le miracle a été permis par les prières!]

-> Le Maharal développe également ce sujet, et écrit (introduction au Ohr 'Hadach) : "Le miracle a eu lieu pendant les jours de Haman, car Hachem a écouté leurs prières."

<--->

-> "Quelle est la grande nation qui a un D. proche d'elle comme Hachem, notre D., à chaque fois que nous L'appelons" (Vaét'hanan 4,7)

Le Maharal (Ohr 'Hadach p.68) commente : "La réussite d'Israël et sa délivrance l'ont été par le biais de la force de la prière, grâce à laquelle ils ont vaincu Amalek, comme il est dit : "la voix est la voix de Yaakov" = alors les mains de Essav ne peuvent dominer [le peuple juif]."

[Haman est un descendant de Amalek, d'où notre joie à Pourim d'exhiber fièrement notre arme : la prière!
[Les Amalek de nos jours] veulent nous détruire par des armes toujours plus perfectionnées, mais nous faisant parler notre cœur, et alors on est assuré d'en sortir vainqueurs!]

Le Rambam, à la fin de sa liste des 613 mitsvot, mentionne la mitsva de la lecture de la méguila, et écrit que nous la lisons afin de nous rappeler à quel point Hachem a été proche de nous lorsque nous l'avons appelé, et également pour enseigner aux générations futures la véracité des paroles de la Torah : "Quelle est la grande nation qui a un D. proche d'elle comme Hachem, notre D., à chaque fois que nous L'appelons".

<--------->

-> "Mordé'haï ayant eu connaissance de tout ce qui s'était passé [il vient d'avoir conscience des plans de Haman], déchira ses vêtements, se couvrit d'un cilice et de cendres et parcourut la ville en poussant des cris véhéments et amers (vayits'ak tséaka gédola oumara - וַיִּזְעַק זְעָקָה גְדוֹלָה וּמָרָה)" (Esther 4,1)

-> Lorsque Essav pris conscience que Yaakov lui avait pris la bénédiction du premier-né : "il poussa des cris bruyants et douloureux (vayits'ak tséaka gédola oumara - וַיִּצְעַק צְעָקָה גְּדֹלָה וּמָרָה) et il dit à son père "Moi aussi bénis-moi, mon père!" (Toldot 27,34).

=> Le midrach fait remarquer la similitude entre le cri poussé par Essav et celui de Mordé'haï.
Il explique que le cri de Essav a généré un mérite à Essav, et que ce mérite était une des raisons expliquant les difficultés des juifs à l'époque de Pourim.
Ce mérite a été vaincu lorsque Mordé'haï a crié pour défendre le peuple juif.

=> La prière est "le cri du cœur", et Pourim est l'illustration de son impact : même lorsqu'un racha prie pour de mauvaises raisons, cela génère un mérite, et à plus forte raison lorsque l'on prie pour de bons motifs.

[Pourim est la preuve que la prière de toute personne (même le plus grand des racha) produit un impact!
Conscient de cela, notre yétser ara cherche à nous faire oublier cette réalité!]

<--------->

+ "Mordé'haï, fils de Yaïr, fils de Chimi, fils de Kich" (Méguilat Esther 2,5)

-> La guémara (Méguila 12b) vient nous expliquer :
- "fils de Yaïr = cela nous enseigne que Mordé'haï illuminait les yeux des juifs par le biais de ses prières (méïr éné'hem chel Israël bétéfilato) ;
- "fils de Chimi" = cela indique que Hachem écoutait ses prières/supplications (chama él téfilato) ;
- "fils de Kich" = cela fait allusion au fait que Mordé'haï frappait aux portes de la miséricorde (hikich al dalté ra'hamim).

-> Le Maharcha explique que le peuple juif a pu être sauvé grâce aux prières de Mordé'haï.

-> La guémara ('Houlin 139b) demande où est-ce que Mordé'haï (מרדכי) se trouve en allusion dans la Torah.

On le trouve dans la paracha Ki Tissa (30,23) dans la liste des épices qui sont utilisées dans la création de l'huile d'onction : "myrrhe pure" (mor déror - מָר דְּרוֹר), et Onkelos le traduit en : (méra da'hya - מירא דכיא).

La Torah répète à de nombreuses reprises, à sujet des offrandes : "une odeur agréable à Hachem" (réa'h ni'hoa'h l'Hachem).
De nos jours où nous n'avons plus les sacrifices, à la place nous avons la prière (le service du cœur).
=> Le Gaon de Vilna explique que Mordé'haï est comparé à du "myrrhe, en allusion à sa prière qui produisait une odeur agréable à Hachem, et qui a conduit au sauvetage de tout le peuple juif.

[le Maharal (Ohr 'Hadach) fait remarquer que les mots précédents : "mor déror" sont "béssamim roch" (aromates de [premier] choix), qui fait allusion aux "bessamim" de l'encens (kétoret). Or, les kétorét symbolisent le service Divin et la prière faits dans la pureté.]

Pourim – Réacceptation de la Torah

+ Pourim - Réacceptation de la Torah :

-> "Hachem prit le Har Sinaï et le suspendit au dessus du peuple, pour leur indiquer : "Si vous acceptez la Torah, tant mieux, sinon, vous serez enterrés sous cette montagne!"
[...]

Ravi dit : Les juifs acceptèrent de nouveau la Torah à l’époque d’A’hachvéroch, comme il est écrit : "ils confirmèrent et acceptèrent" (kiyémou vékibélou ayéoudim - méguilat Esther 9,27), ils confirmèrent ce qu’ils avaient déjà accepté [au mont Sinaï]".
[Rava - guémara Shabbath 88a]

-> Le Sfat Emet (5641) écrit que la fête de Shavouot correspond à celle de Pourim, car ce sont toutes les 2 des jours d'acceptation de la Torah.
[il relie également Souccot à 'Hanoucca ; Pessa'h au 9 Av (qui sera dans le futur un jour de fête de la guéoula, de notre exil actuel)]

<--->

-> Avant le don de la Torah, les juifs ont déclaré par eux-mêmes : "nous ferons et nous comprendrons" (naassé vénichma).
Comment comprendre alors qu'il a été nécessaire d'accepter la Torah par la force ensuite?

Le rav Soloveitchik, se basant sur le midrach Tan'houma (début de Noa'h), répond que lorsque les juifs ont proclamé : "naasé vénichma", il s'agissait uniquement de la Torah Écrite, et c'est pourquoi Hachem a dû suspendre le mont Sinaï pour qu'ils en viennent à accepter la Torah Orale.

Ainsi, lorsque la guémara affirme que les juifs ont accepté d'eux-mêmes la Torah à Pourim, il s'agit de la Torah Orale.
=> Selon ce midrach Tan'houma, Pourim est le jour du don de la Torah Orale.

-> Le Beit haLévi (fin de ses Téchouvot - dracha 18) enseigne que normalement tout était écrit dans les 1eres Tables de la Loi, et à l'origine il n'aurait dû y avoir que la Torah Orale.

Avec les 2 Tables de la Loi, que Moché a amenée à Yom Kippour, il y avait une nouveauté : la Torah Orale.
=> Cela renforce l'idée que Kippour est le jour particulier du don de la Torah Orale, qui a été pleinement acceptée par les juifs à Pourim.

-> D'ailleurs, le Gaon de Vilna enseigne que ceux sont un seul et même jour : https://todahm.com/2016/10/20/kippour-et-pourim

-> Le rav Moché Feinstein (Darach Moché - Dévarim 10,1) écrit que personne n'a jamais vu les 2e Lou'hot.
Lorsque Moché est descendu du mont Sinaï avec les 1eres Lou'hot, il les portait dans ses mains, tandis pour les 2eme, il les portait dans le Aron.
Ainsi, les juifs ont du faire confiance à Moché sur le fait même que les 2e Tables de la Loi existent.

=> On voit que par essence, les 2e Lou'hot qui apportent la Torah Orale, reposent sur la confiance que l'on a en notre rabbin.

A Pourim, nous fêtons l'importance de faire confiance à nos Sages de la génération, même si nous ne comprenons pas leurs conseils, à l'image du fait que l'on aurait dû écouter Mordé'haï avant (ex: ne pas se rendre au festin, ne pas se prosterner devant haman), et que notre sauvetage est venu de l'avoir ensuite écouté (en jeûnant, en priant, en faisant téchouva à Hachem!).

<--->

-> "Un homme juif était Chouchan la capitale et son nom était Mordé'haï" (Esther 2,5)

-> Les termes "ich yéhoudi" (homme juif) ont la même valeur numérique que le nom de : Moché, soit 345 (avec le kolel), pour nous faire comprendre par allusion que Mordé'haï avait des étincelles d'âme de Moché.
['Hida - 'Homat Anakh]

-> Le Mégalé Amoukot (Vaét'hanan 44) enseigne également que Mordé'haï contenait des étincelles d'âmes de Moché.

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch (Tétsavé 27,20) : le terme "tétsavé" vient de "tsivita" qui signifie : l'union.
Hachem annonce à Moché qu'à l'avenir, il devra s'unir de nouveau avec le peuple juif, à l'époque de Mordé'haï, lorsque son âme s'unira à la sienne.

-> Il est écrit dans le midrach (Tan'houma 58,3) que le peuple juif accepta de plein gré la Torah Ecrite, car elle est accessible sans trop de difficulté. Cependant, la Torah Orale ne peut s'étudier qu'au prix de nombreux efforts, incluant des discussions aiguisées et des recherches fastidieuses, et cela le peuple ne l'accepta que sous la contrainte. C'est pourquoi Hachem leur imposa la Torah Orale en déracinant la montagne pour la mettre au-dessus de leur tête car il est impossible d'envisager d'étudier la Torah sans effort.

Les Sages (midrach Chir haChirim rabba 6,21) ont enseigné que la Torah Orale est composée de 60 traités.
Cela explique pourquoi l'ange allongea le sceptre royal de 60 coudées : Israël allait accepter la Torah par amour, c'est-à-dire la Torah Orale qui contient 60 traités et ainsi mériter le miracle de Pourim.

-> Le Séfer Ir Mivtsar rapporte l'allusion suivante : nous pouvons constater que dans la Méguilat Esther, à 6 reprises la lettre "youd" (י) est en trop dans le mot "Yéhoudim" (juifs - יהודיים).
Les voici : Méguilat Esther 4,7 ; 8,1 ; 8,7 ; 8,13 ; 9,15 ; 9,18.

Nous constatons que les 6 lettres "youd" (י) qui furent ajoutées dans la Méguilat ont une valeur numérique de 60, correspondant aux 60 traités de la Torah Orale que le peuple juif acceptera par amour.

De plus, lorsque nous observons la totalité des 24 livres du Tanakh, nous pouvons constater que le nom de Mordé'haï est mentionné précisément à 60 reprises : 58 fois dans la Méguilat Esther, une fois dans le livre d'Ezra (2,2), et une fois dans le livre de Né'hémia (7,7) ce qui fait en tout 60, pour nous faire comprendre que par son mérite, le peuple d'Israël accepta les 60 traités de la Torah Orale.

Nous pouvons également ajouter que l'anneau du Roi, qui est mentionné à plusieurs reprises dans la Méguilat Esther, est une bague ronde, symbolisant la lettre samé'h (ס) dont la valeur numérique est de 60, faisant allusion à la Torah Orale.
Lorsque Hachem saisit la montagne pour la mettre au-dessus du peuple d'Israël, les Sages apparentent cela à une 'houpa, le Créateur aurait sanctifié Israël comme un 'hatan sanctifie sa kala. Ainsi, Hachem souhaita sanctifier Israël par une bague symbolisée par les 60 traités de la Torah Orale.
Cependant, puisqu'Israël refusa la Torah Orale, la bague resta entre les mains de D.

A présent nous comprenons le verset : "Le roi ôta son anneau du doigt et le remit à Haman, fils de Hamdata le agagui, l'ennemi des juifs" (Esther 3,10).
Il est fait allusion ici au Roi suprême, le Maître de l'univers, qui retira son anneau qui symbolise les 60 traités de la Torah Orale, qui était resté jusque-là entre Ses mains.
Le Créateur "le remit à Haman fils de Hamdata le agagui, l'ennemi des juifs", ce qui entraînera une forte réaction du peuple juif, qui accepta de son plein gré les 60 traités du Talmud.
Nous comprenons à présent la Méguilat au sujet de la pendaison d'Haman : "Le Roi ôta son anneau, qu'il avait repris à Haman et le remit à Mordé'haï" (Esther 8,2). Il s'agit du Roi des rois, Hachem qui transmit l'anneau à Mordé'haï afin de parfaire le service divin du peuple d'Israël qui accepta alors avec amour les 60 traités de la Torah Orale.

"L'homme enverra des présents à son prochain" (Esther 9,19), et le Choul'han Aroukh tranche : "Chaque homme enverra 2 présents à son prochain".
Il semble que la joie de Moché après le don de la Torah au mont Sinaï n'était que partielle car le peuple d'Israël n'avait pas accepté pleinement la Torah Orale jusqu'à l'époque de Mordé'haï, la réincarnation de Moché.
C'est alors que le peuple d'Israël recevra la Torah avec amour.
Mordé'haï (ich yéhoudi)envoya à Moché (va'ich Moché), 2 présents : Israël s'est réjoui d'avoir accepté la Torah Ecrite, ainsi que la Torah Orale.
C'est pourquoi nos Sages fixèrent la loi d'envoyer 2 présents à son prochain.
[rav Pin'has Friedman (Shvilei Pin'has)]

<-------------------------->

-> "48 prophètes et 7 prophétesses ont prophétisé en Israël et ils n'ont ni retranché ni ajouté (pas même une lettre) à ce qui est écrit dans la Torah, à l'exception de la lecture de la Méguilat Esther" [guémara Méguila 14a]

-> Le Maharal (Tiféret Israël 32) commente :
Le commandement de la lecture de la Méguila à Pourim est donc la seule mitsva de plus qui a été agréée par Hachem.
Ainsi, si la mitsva de Pourim, la dernière de la Torah, a été acceptée de plein gré sans que Hachem ne fasse pression, à plus forte raison toutes les mitsvot qui leur avaient été ordonnées précédemment, à l'époque de Moché, ont été acceptées par eux volontairement.
La fin prouve le début : c'est comme si toutes les mitsvot avaient été acceptées de plein gré rétroactivement.

-> Rabbi Yérou'ham Lévovitch (Daat 'Hokhma ouMoussar) enseigne :
Lorsqu'un homme donne plus que son devoir ne l'y oblige, il manifeste un signe d'amour.
Donc, c'est dans le "surplus" (tosséfet) que l'on reconnait les preuves d'amour.
C'est pourquoi ici, en acceptant la mitsva supplémentaire de Pourim, les juifs ont prouvé qu'ils acceptèrent toute la Torah de plein gré et avec amour.

"Tu feras l’Autel en bois de Chittim : 5 coudées de long et 5 coudées de large, [de forme] carrée, et 3 coudées de haut" (Térouma 27,1)

-> Un Autel se dit en hébreu : "Mizbéa'h" (מִּזְבֵּחַ), mot qui provient de la racine zéva'h désignant : abattage d'un animal pour l'offrir en sacrifice (korban).

Le mot "Mizbéa'h" (מִּזְבֵּחַ) peut également être compris comme un acrostiche des mots : "mé'hila, zé'hout, béra'ha, 'haïm (pardon, mérite, bénédiction, vie)".
Tous ces avantages peuvent être acquis grâce à l'Autel : par les sacrifices offerts sur l'Autel, les péchés sont pardonnés (mé'hila). Par le mérite (zé'hout) des sacrifices, Israël reçoit la bénédiction (bérah'a) et une longue vie ('haïm).

C'est pour cette raison que D. a ordonné que le fer ne touche pas l'Autel lors de sa construction.
Habituellement, les pierres sont taillées au moyen d'outils de fer et de métal. Cependant, l'Autel est destiné à accroître la vie alors que le fer a été créé pour tuer et écouter les jours.
C'est pour cette raison que 2 objets si opposés : l'Autel en pierre et les outils en fer, ne devaient pas entrer en contact l'un avec l'autre.

L'Autel était couvert d'une couche de cuivre pour signaler qu'il expie l'effronterie du peuple.
Il est écrit : "Ta nuque est un nerf de fer et ton front est de cuivre" (Yéchayahou 48,4).

3 miracles se produisaient constamment sur l'Autel :
- 1°/ le feu brûlait jour et nuit sans consumer le plateau de cuivre ni calciner le bois dont il était fait ;
- 2°/ dans le Michkan, l'Autel se trouvait dans la cour, un lieu ouvert, sans toit. Pourtant, aussi forte que fût la pluie elle n'éteignait jamais le feu de l'Autel.
- 3°/ La fumée de l'Autel s'élevait droite comme une colonne. Même si les vents soufflaient très fort, ils ne déviaient ni ne dispersaient la colonne de fumée.
["La pluie n'éteignit jamais le feu sur l'Autel et le vent ne dispersa jamais la colonne de fumée" - Pirké Avot 5,5]

Les dimensions latérales de l'Autel étaient de 5 coudées sur 5 pour rappeler le mérite des juifs d'avoir accepté les 10 Commandements : 5 Commandements étaient gravés sur une Table et 5 sur l'autre.

L'emplacement surplombant le karkov (la corniche décorative sur la hauteur de l'Autel) mesurait 3 coudées de haut pour rappeler le mérite des 3 grands guides d'Israël : Moché, Aharon et Myriam.

[Méam Loez - Térouma 27,2]

"Tu feras des barres transversales de bois de Chittim ... La barre transversale centrale passera au milieu des poutres, d'une extrémité à l'autre" (Térouma 26,26-28)

-> Avraham a planté un arbre à Béer Chéva (Chémot 21,33).
Lorsque les juifs ont traversé la mer Rouge, des anges sont descendus du ciel, ont coupé cet arbre et l'ont jeté dans la mer Rouge non loin des juifs.
Comme l'arbre flottait sur l'eau, les anges se sont exclamés : "C'est l'arbre qu'Avraham a planté à Beer Chéva! C'est sous cet arbre qu'il a prié!"
Les juifs l'emportèrent avec eux.

C'est le bois de cet arbre qui a été utilisé pour fabriquer la traverse centrale qui s'étendait d'une extrémité à l'autre du Michkan.
Les barres transversales s'appelaient "béri'him" (בְרִיחִם), car elles ressemblaient aux barres de fer (béri'him) employées pour barricader une porte.
La transverse centrale introduite au centre des poutres était faite de l'arbre d'Avraham. Elle mesurait 70 coudées de long et pénétrait dans les 3 murs du Michkan.

Elle était flexible comme un serpent pour pénétrer dans les 3 murs et les tenir solidement en place.
Cependant, une fois retirée du centre des poutres, elle redevenait droite comme une barre/bâton.

Cette barre transversale médiane permettait à elle seule de serrer et desserrer les poutres.
Les juifs n'avaient aucun effort à faire : tout se faisait automatiquement.
[Targoum Yonathan ben Ouziel]

<--->

-> C'est sous cet arbre que Avraham pratiquait une hospitalité exemplaire.
Le fait que cet arbre a été mis à une place centrale du Michkan, nous montre à quel pont l'hospitalité est fondamentale pour amener la Présence Divine parmi nous.

<--->

-> "La traverse du milieu passera dans l’intérieur des poutres, les reliant d’une extrémité à l’autre" (Térouma 26,28)

Le Targoum Yonathan écrit que la barre transversale était faite en bois ; et ce bois provenait des arbres qu’Avraham Avinou avait plantés pour le profit des voyageurs.
=> Pourquoi ce bois eut-il une fonction si prestigieuse dans le Michkan?

-> Selon le rav Zelig Pliskin, c’est pour nous rappeler que même lorsque l’on se consacre au service d’Hachem, nous ne devons jamais oublier de nous soucier de notre prochain, qui fut créé à l’image de D.

-> Le Alter de Slabodka mettait grandement l’accent sur les mitsvot ben adam la’havéro (entre un homme et son prochain). Il enseignait que lorsqu’une personne accomplit une mitsva, elle doit faire très attention à ne pas causer de désagrément ou offenser son prochain, ce qui risquerait de lui faire perdre la récompense de sa bonne action.
Par exemple, il ne discourait jamais aux heures de repas et quand il priait à l’office, il finissait la Amida en même temps que les autres fidèles ou bien frappait sur son pupitre pour faire savoir à l’assemblée qu’elle ne devait pas l’attendre.

-> La Torah enjoint : "Tu feras ce qui est droit et bien aux yeux d’Hachem".
Nos Sages disent que ce verset nous apprend à aller au-delà de la stricte loi dans nos affaires avec autrui.
Le Ramban explique qu’il ne suffit pas de se contenter du "ikar hadin" (du minimum prévu par la loi) dans les mitsvot ben adam la’havéro ; il faut savoir qu’Hachem souhaite que nous soyons très sensibles aux besoins de nos frères.

L’individu peut vouloir s’attacher aux ‘houmrot (rigueur, en allant au-delà de la loi stricte) dans les mitsvot ben adam laMakom, comme la cacherout. Ceci est très méritoire, mais il est tout autant nécessaire d’être "ma’hmir" (exigeant) dans les obligations ben adam la’havéro.
[de la même façon qu'on peut vouloir être exigeant sur la cacherout de notre viande, on doit être vigilant sur l'impact de nos actions sur autrui (est-ce qu'on voulant bien faire pour soi-même, pour Hachem, on en vient à déranger autrui, même un petit peu. Est-ce que comme pour la viande, notre attitude est 100% cashère selon tous les avis?)]

-> Le Imré Emet estime que le concept de "hidour mitsva" (embellir une mitsva) s’applique tout autant dans nos relations avec autrui que dans celles avec Hachem.

Un 'hassid lui demanda s’il pouvait lui emprunter une paire de tefillin, parce qu’il avait égaré les siens. Le rav lui prêta ses propres tefillin, qui avaient appartenu à son père, le fameux Sfat Émet. Quand on lui demanda pourquoi il avait prêté sa paire la plus précieuse, il répondit que le verset : : "zé Eli vé'anvéou" (c'est mon D. et je L'embellirai - Béchala'h 15,2) nous apprend qu’il nous faut accomplir les mitsvot de la meilleure façon possible. Ce principe s’applique également à la mitsva de ‘hessed (bonté).

=> La barre transversale dans le Michkan est un rappel éternel des 2 piliers dans la avodat Hachem : le ben adam laMakom (avec Hachem) et le ben adam la’havéro (avec autrui). Et même quand nous nous dévouons au maximum pour Hachem, il est primordial de se souvenir de nos obligations envers notre prochain.

"Il y avait [sur le côté ouest] 8 poutres et 16 socles d'argent, 2 socles sous chaque poutre" (Térouma 26,25)

-> Les socles sont appelés en hébreu : "adanim" (אֲדָנִים), de la même racine que : "adnout", signifiant souveraineté.
Ceci nous donne une leçon d'humilité : si un homme se considère petit, Hachem l'élève et le rend important parmi ses contemporains.
Les socles représentaient les éléments les plus bas du Michkan sur lesquels reposaient les poutres. Malgré cela, on les appelait les "adanim" : les "seigneurs".

Ceci nous apprend que l'homme doit se considérer petit et laisser les gens le piétiner sans y prêter garde. S'il ne se considère comme rien, il se laissera insulter sans répondre. Hachem l'élèvera alors et le rendra important.

Toutefois, lorsqu'il a atteint cette position importe, il doit rester humble et ne pas s'enorgueillir en voyant les gens l'honorer.
Il doit comprendre qu'il a reçu un cadeau de D.
Son Créateur le fait honorer parce que c'est un élément nécessaire dans Sa façon de diriger le monde. Malgré cela, l'homme restera conscient que ses nombreux défauts ne lui font pas mériter ces honneurs.

[Kli Yakar]

Signification de la Table & des pains de proposition

+ Signification de la Table & des pains de proposition (par le Méam Loez - Térouma 25,30):

Hachem créa le monde ex nihilo, à partir du néant (yéch méayin).
Cependant, après les 6 jours de la Création, Hachem ne désira plus faire de miracles en créant la matière à partir du néant. A présent, Hachem dirige le monde de façon à ce que la matière soit toujours créée à partir d'une autre (yéch miyéch).

La bénédiction, l'abondance, ne peut donc pas reposer sur rien : il doit y avoir quelque chose sur lequel la bénédiction Divine peut s'attacher.
[Par exemple,] Nous le constatons dans le récit du prophète Elicha. Après que la femme sunamite eut trouvé une cruche d'huile, Elicha fut à même d'y faire reposer la bénédiction.
La quantité d'huile s'accrut jusqu'à fournir à la femme de quoi payer toutes ses dettes et subsister avec son fils (Méla'him II 4,1-7).

Hachem nous ordonna de faire la table et le pain de proposition, pour qu'il y ait toujours quelque chose sur laquelle la bénédiction Divine puisse s'attacher.
Le pain de proposition était consommé par les prêtes. Ils se partageaient les 12 pains de sorte que chacun en recevait un morceau de la taille d'un haricot.
Cette petite quantité suffisait à les rassasier comme s'ils avaient pris un repas substantiel parce que la source de la bénédiction et de l'influence qui descendait dans ce monde passait par le pain de proposition.

Lorsque les juifs s'élevaient spirituellement, ils étaient tant aimés de Hachem qu'Il accordait la nourriture et l'abondance au monde entier.
A l'époque où les juifs vivaient dans leur pays, l'abondance descendant sur Israël. Ce qui restait était donné aux autres nations du monde.
A présent, nous sommes en exil et la situation s'est inversée ...

Tant que les juifs accomplissent la volonté de D., ils méritent de siéger à la "table qui est devant Hachem".
Le "repas" entier, c'est-à-dire la bénédiction Divine descendant sur le monde, ne vient que par leur mérite. Lorsqu'ils ne font pas la volonté Divine, ils doivent travailler dur pour leur nourriture et ne reçoivent que les restes des autres nations.
Ils ressemblent à un prince qui doit se contenter des miettes recueillies à la table d'un esclave ...

Hachem montrait Son amour envers Israël lorsque le Temple existait et que le pain de proposition était posé sur la table.
Par l'intermédiaire de ce pain, l'abondance descendait sur le monde entier.
C'est pour cela qu'il était interdit de laisser la table [du Temple] vide serait-ce un instant : la bénédiction ne peut reposer sur un endroit vide.
Par conséquent, lorsqu'une personne récite Hamotsi (la bénédiction sur le pain) ou les grâces après le repas, il faut qu'il reste sur la table du pain sur lequel les bénédictions Divines reposeront.
[...]

Les paroles de Torah dites à table la rendent très précieuse : un ange responsable de ces paroles les prend, les assemble en forme de table et les apporte devant Hachem.
D'une telle table, on peut dire : "C'est la table qui est devant D."
[...]

Un homme ne peut pas mériter de s'asseoir à la "table qui est devant D." dans le monde futur s'il ne veille pas, dans ce monde-ci, à réjouir les mendiants, à les faire asseoir à la sienne et à partager sa nourriture avec eux.
Il est écrit à ce sujet : "Tends ton âme vers les affamés et satisfais l'âme affligée" (Yéchayahou 58,10).
Si l'on fait un effort pour contenter l'âme des pauvres, on méritera de se délecter à la table de D. dans le monde futur.

Une telle table est honorée par la présence de 2 anges, l'un à la droite du maître de maison et l'autre à sa gauche. Ils le bénissent dans ce monde et dans le prochain que sa table soit entière et abondante ...

Le racine du mot "chol'han" (table) est : chala'h, qui veut dire : "envoyer".
Ce nom lui est donné parce que si l'homme veille à ce qu'il fait à sa table, en particulier en ce qui concerne les pauvres, Hachem lui enverra la bénédiction et la prospérité ...
Le mot "choul'han" est égalment l'acronyme de : "choél lé'ha 'hanina nétina" (Il te demande la pitié, le don) ...

De plus, l'homme charitable recevra une récompense dans le monde futur, pour lui et pour ses descendants.
Le mot "choul'han" lu à l'envers est une abréviation de : "notsère 'hessed laalafim chamour" : quiconque montre de la bonté à des milliers [de générations] sera gardé.
En d'autres termes, la bonté envers les pauvres est gardée et préservée pendant de nombreuses générations.

Le Michkan comptait 48 poutres, 100 paires de brides (loula'ot - cf.v.26,5) et 100 crochets (les agrafes d'or (v.26,6) se terminaient par un crocher à chacune de leur extrémité), ni plus ni moins.
Ce nombre n'est pas arbitraire : il fait allusion aux 248 commandements positifs de la Torah et aux 248 membres du corps humain.

Ceci explique les paroles de Hachem à Moché : "Selon tout ce que Je te montre, le modèle du Michkan et le modèle de tous les objets, ainsi ils feront" (Térouma 25,9).
Ces paroles signifient : "Moché, Je t'ai montré les 248 membres du corps humain. Faites le Michkan avec exactement le même nombre d'éléments.
"Ainsi ils feront" = en observant les 248 commandements que Je te donnerai"."
[Yalkout Réouvéni]

<--->

-> Le Méam Loez (Térouma 27,19) enseigne :
Ceci nous apprend à ne pas croire que la Présence Divine reposait sur le bois et les divers matériaux du Michkan. Elle réside principalement sur les 248 commandements positifs.

Par conséquent, l'homme doit veiller à sanctifier et à purifier ses 248 membres pour permettre à la Présence Divine de résider sur lui.

<--->

-> Hachem a dit à Yé'hezkel : Ce que Je te dis est un précieux cadeau pour eux [les juifs]. Tant qu'ils seront en exil, qu'ils liront la section expliquant la façon de construire le Temple et qu'ils contempleront mentalement sa forme, Je leur compterai cela comme s'ils l'avaient construit!"

Ainsi en est-il de celui qui lit les sections de la Torah décrivant la confection du Michkan et des vêtements sacerdotaux et qui s'applique à bien les comprendre.
Hachem lui compte cet effort comme s'il les avait lui-même fabriqués.

De même, lorsqu'une personne étudie les lois des sacrifices et y médite, Hachem considère son étude et sa réflexion comme une offrande de sacrifices.
[Yalkout Chimoni (Yé'hezkel) - rapporté dans le Méam Loez (Térouma 27,19)]

Téchouva : mois d’Adar et Pourim

+ Téchouva : mois d'Adar et Pourim

1°/ Le mois d'Adar :

-> Le rav Karelenstein explique que le mois d'Adar est un mois de téchouva.

Il existe une discussion à savoir quand est-ce que l'année juive commence : en Tichri ou en Nissan.
Avant Tichri, nous avons le mois d'Elloul, durant lequel nous commençons notre processus de téchouva.
De la même façon avant le mois de Nissan, nous avons Adar, où nous devons commencer un processus similaire, où il est propice d'examiner nos actions et de savoir si l'on a exploité les capacités que D. nous a octroyé, le mieux possible.

Le rav Karelenstein rapporte le verset : "Si nous ne nous étions pas attardés, nous serions, à présent, déjà revenus 2 fois" (Mikets 43,10) :
- "Si nous ne nous étions (loulé - לוּלֵא) attardés" = a les mêmes lettres que : Elloul (אֱלוּל) ;
- "nous serions, à présent (ki ata chavénou - כִּי-עַתָּה שַׁבְנוּ), déjà revenus 2 fois" :

-> le terme revenu (שַׁבְנוּ) fait allusion à la téchouva, et le midrach (Béréchi rabba 21) enseigne : qu'il n'y a pas de "maintenant" (עַתָּה) si ce n'est pour un langage de téchouva (en véata ella lachon téchouva ) [le yétser ara cherche à ce que l'on repousse à plus tard ce que nous devons réellement faire!] ;
-> "déjà 2 fois" (zé paamayim - זֶה פַעֲמָיִם) : le terme zé a une guématria de 12 renvoyant au mois d'Adar le 12e de l'année, et "2 fois" = c'est le seul mois qui est parfois doublé.

=> Si nous ne nous sommes pas assez attardé en réalisant une téchouva parfaite durant le mois d'Elloul, alors nous avons la possibilité de parfaire cela en Adar.

[le sentiment de se sentir propre de toutes fautes, grâce à ce moyen si facile qu'est la téchouva (sublime cadeau que nous fait Hachem!), procure une profonde joie en nous.
Or en Adar = augmente la joie = > fais téchouva = retourne vers papa Hachem!]

<-------------->

2°/ Pourim & Téchouva :

-> "Plus grande fut la cession de l’anneau royale [de A'hachvéroch à Haman] que les 48 prophètes et 7 prophétesses qui livrèrent leurs messages aux enfants d’Israël sans parvenir à les remettre sur le droit chemin, alors que le fait d’avoir ôté l’anneau royal les ramena sur la bonne voie [à faire une téchouva totale]."
[guémara Méguila 14a]

=> La puissance de la téchouva est un thème essentiel de Pourim, car le miracle fût possible grâce à leur téchouva et à leur cri (de prière).

<-------->

Le rav Nevenzahl explique que chaque mitsva de Pourim vient en réparation de nos fautes :

-> 1°/ La lecture de la méguila :
Seuls les juifs de Chouchan ont fauté en allant au festin de A'hachvéroch. Si c'est ainsi, pourquoi le décret de mort concernait tous les juifs?
La guémara (Méguila 12a) répond que c'est parce que tous les juifs se sont prosternés devant l'idole faite par Névou'hanezzar, à l'exception de 'Hanania, Michaël et Azaria.

Pourquoi alors n'ont-ils pas été tués?
La guémara répond qu'en réalité les juifs n'ont pas véritablement servi l’idole, car c'est uniquement en apparence (extérieurement) qu'ils ont agi en prétendant suivre l'ordre du roi de se prosterner devant l'idole.
De la même façon, Hachem a agit avec eux en apparence, en prétendant vouloir les détruire, mais finalement il a annulé le décret.

=> Une des mitsvot propres à Pourim est la lecture de la méguila de jour et de nuit.
En effet, par cela nous expions notre faute en témoignant publiquement et largement que c'est Hachem qui dirige tout dans le monde.
A Pourim, on reconnait l'intervention Divine même dans les petites choses de la vie (miracles cachés), et ceci est l'opposé de l’idolâtrie.
Cette proclamation extérieure de l'Unicité de D., vient réparer notre faute extérieur (et non dans notre cœur) [de s'être prosterné devant l'idole].

<--->

-> 2°/ Les michloa'h manot et la séouda (repas de fête/festin) :
Nous n'aurions pas dû nous rendre au festin de A'hachvéroch, car une des problématique était le fait de trop se mélanger avec les non-juifs.
En s'envoyant les uns les autres des mets, on s'ouvre à autrui, ce qui permet de s'attacher plus fortement avec notre prochain juif (l'amour se développe par le don), réparant ainsi notre erreur [s'en éloigner pour se mélanger avec les non-juifs].
De même que notre Sage Mordé'haï avant interdit de se rendre au festin, de même nous réparons cette faute en suivant la volonté de nos Sages en réalisant un festin à Pourim, dans le respect de la loi juive (même en ayant bien bu!).

-> 3°/ Les matanot laév'yonim :
Pour combattre le mérite de Haman d'avoir donné 10 000 kikar d'argent à la tsédaka, nous donnons de la tsédaka supplémentaire à Pourim.

[de même que nous avons fauté en voulant se faire bien voir des responsables du pays (ceux qui comptent) en allant au festin et en se prosternant devant Haman, de même nous réparons cette attitude en témoignant de la compassion et de l'attachement à ceux qui n'ont rien (ceux qui à priori ne nous apportent rien).]

<--------->

-> Rabbi Israël de Rouzhin enseigne :
Yom Kippour n'expie que les fautes des repentants mais pas celles des non-repentants (d'après l'opinion des Sages), alors que Pourim expie même celles des non repentants.
Cela est possible en vertu de l'enseignement de la guémara (Méguila 7a) : "Dans le Ciel, on a accompli ce que les juifs acceptèrent d'accomplir ici-bas".
Or, en ce jour, ils prirent sur eux de donner à tout celui qui le demande, même s'il ne le mérite pas, comme il est enseigné : "On ne vérifie pas à qui on donne à Pourim mais tout celui qui tend la main on lui donne" (Choul'han Arou'h 694).
C'est pourquoi il en est de même dans le Ciel : Hachem pardonne les fautes de tout le monde quelle que soit sa situation (à condition seulement qu'il tende la main pour solliciter le pardon).
[Pourim est un jour tellement énorme que Hachem nous accorde tout ce que nous lui demandons, même le fait d'expier nos fautes!]