Aux délices de la Torah

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Le festin de Pourim

+ Le festin de Pourim :

-> Le Yetev Lev rapporte les paroles de la guémara (Méguila 7b) : "Le bénéfice de l'ivresse est fréquent", en expliquant que grâce au fait de s'enivrer le jour de Pourim, un juif peut mériter une délivrance dans tous les domaines, aussi bien dans celui de la subsistance que dans les autres nombreux besoins de notre peuple.

-> Le Min'hat El'azar lui en rapporte une allusion à partir du verset : "le roi dit à Esther au festin : quelle est ta requête? Elle te sera accordée".
Il contient une évocation du fait que le festin de Pourim est un moment propice pour demander et supplier le Roi des rois car alors sa requête lui sera accordée.

-> Certains ont la coutume de prolonger le festin de Pourim pendant la nuit qui suit (Rama 695,2 ; 'Hatam Sofer Pourim 5589) afin d'amener toutes les délivrances du festin de Pourim dans la nuit, qui symbolise les épreuves et les souffrances.

-> A propos du pouvoir du festin de Pourim, le rav de Karlin dit : "Lorsque les juifs sont assis dans la fraternité, l'union et l'amour, ils ont la force de percer toutes les séparations et de parvenir jusqu'au Trône Céleste.
Il n'est donc pas étonnant [pour tout juif y participant de bénéficier de grande délivrance]."

Les mots écrits se lurent d’eux-mêmes …

+ "Il ordonna qu'on lui apporte le livre des annales et des chroniques qui relatent les événements passés" (Méguilat Esther 6,1).
Le verset poursuit : "Elles furent lues" (v.6,2) ; cette forme passive indique que les mots écrits se lurent d'eux-mêmes ...
Chimchaï (un scribe du roi) effaçait (le nom de Mordé'haï qui avait sauvé la vie du roi) et l'ange Gavriel l'écrivait de nouveau.
A ce propos, rabbi Assi dit ce commentaire au nom de rabbi Chila du village de Témarta : si ce qui est écrit ici-bas concernant les mérites d'Israël ne peut pas être effacé (par nos ennemis), a fortiori ce qui est inscrit dans le Ciel (nos "mitsvot") ne sera jamais effacé.
[guémara Méguila 15b-16a]

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-> Le texte auraient dû écrire simplement : "les serviteurs du roi lisent devant lui devant lui" (vayikrou léfanav).
Le texte a volontairement écrit différemment : "furent lus" (vayiyou nikraïm) pour nous enseigner qu'un miracle se produisit et le texte des annales fut lu de lui-même miraculeusement, devant le roi, sans qu'aucun de ses serviteurs ne le lise.
[Maharcha]

-> Le roi a demandé qu'on lui lise le recueil des annales, car il voulait savoir, cette nuit-là, qui a accompli un bienfait envers le roi sans en avoir été récompensé.
Lorsque ses serviteurs sont arrivés au récit du complot de Bigtan et Térech, déjoué par Mordé'haï, ils n'ont pas voulu lire ce texte qui louait Mordé'haï, et le texte fut quand même lu miraculeusement.
[Pirké déRabbi Eliézer - 50]

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-> Selon le Maharcha, Chimchaï était le scribe officiel du roi, et était un des fils de Haman.

->Rachi commente que : Chimchaï était déjà le scribe du roi Cyrius (Koréch) [cf. Ezra 4,8], avant de devenir le scribe de A'hachvéroch.
Il détestait les juifs ; c'est lui qui avait conseillé à Koréch d'interrompre les travaux de la reconstruction du Temple ; de même, dès le début du règne d'A'hachvéroch, il encourageait le roi à s'opposer à cette reconstruction.

Rachi ajoute également : le scribe Chimchaï effaçait le nom de Mordé'haï, pour ne pas qu'il soit récompensé, et l'ange Gavriel réécrivait le nom de Mordé'haï.

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On constate 2 orthographes du nom Bigtan :
- dans le récit du complot (Esther 2,21) : בִּגְתָן וָתֶרֶשׁ
- au verset (6,2), il est écrit : בִּגְתָנָא וָתֶרֶשׁ
=> Pourquoi un aleph a-t-il été ajouté à la fin de son nom?

-> Le scribe du Chimchaï, fils d'Haman, a rédigé le récit du complot en minimisant les bienfaits de Mordé'haï envers le roi.
Ainsi, il écrit que Mordé'haï avait dénoncé le complot de : "Bigtan OU Téréch" (bigtan o térech - בגתן או תרש), comme si Mordé'haï avait des soupçons sur l'un ou l'autre, et à cause de cette accusation incertaine, l'un d'entre eux était innocent et avait été exécuté injustement, donc Mordé'haï ne méritait aucune récompense.
Mais lorsque les chroniques furent lues, la lettre aléph (א) du mot : o (או - ou) s'est déplacée à la fin du nom de Bigtan, et la lettre vav (ו) du mot או s'est déplacée au début du nom de Térech, de façon que le texte fut lu : בגתנא ותרש, rétablissant ainsi les faits réels.
[on passe de : בִּגְתָן à בִּגְתָנָא]
Mordé'haï avait bien dénoncé les comploteurs, tous deux coupables avec certitude, et il mérite bien une récompense du roi, ce que les fils d'Haman avaient cherché en vain à éviter à cause de leur haine envers Mordé'haï.
[Manot haLévi]

"Il prit Kora'h, fils de Ytsar, fils de Kéhat, fils de Levi et Datan et Aviram... Ils se rassemblèrent contre Moché et Aharon" (Kora'h 16,1-3)

-> Nos Sages (guémara Sanhédrin 109b) enseignent que le 3e frère de Datan et Aviram, On ben Pélet, fut sauvé de l'assemblée de Kora'h par le mérite de sa femme. En effet, il s'est repenti et pria toute la nuit afin de bénéficier d'un prodige car il fit le serment de rejoindre au matin l'assemblée de Kora'h pour les soutenir. Sa femme le rassura : assieds-toi et je vais te sortir de cette situation. Elle lui servit du vin, l'enivra et le fit dormir tandis qu'elle partit surveiller l'entrée de la tente. Tout celui qui s'approchait et l'apercevait, rebroussait chemin tellement sa pudeur était grande. Entre-temps, toute l'assemblée fut avalée par la terre.

-> Rabbi Ména'hem Azaria de Pano (Guilgoulé Néchamot) écrit que 'On ben Pelet se réincarna dans Manoa'h le père de Chimchon, tandis que son épouse se réincarna dans Tsalalfonit la mère de Chimchon.
Elle mérita d'avoir un roi dans sa descendance pour avoir sauvé son mari.
Par la suite, elle continua sa réparation en ce réincarnant en Mikhal la fille du roi Chaoul et de la même façon qu'elle sauva On ben Pelet son mari, elle sauva également David.

-> Nos Sages nous enseignent que 12 femmes eurent un rôle déterminant envers leur époux dans l'histoire de l'humanité : trois causèrent la mort de leur mari : 'Hava, Dalila et Isabelle. Trois sauvèrent leur mari de la mort : la femme de 'On ben Pelet, Mikhal la fille de Chaoul et Sera'h la fille d'Acher.
Trois maintinrent le monde par un acte de débauche : Tamar et les deux filles de Lot, et trois autres eurent la même intention sans y parvenir : Ra'hav, Ya₴l et la femme de Potifar.
[Tsor ha'Haïm - Kora'h]

Lorsque le Temple existait et que nous habitions sur notre terre, la bénédiction et l'abondance nous parvenaient directement de la main de D.
Les autres nations se partageaient les restes comme un esclave qui dépend de son maître.
A présent, à cause de nos fautes, la situation a changé : D. donne toute l'abondance aux nations et nous ne pouvons espérer que les restes.
Pourtant, aujourd'hui encore, bien que le Temple soit détruit et que la terre sainte soit désolée, le monde entier est nourri par le mérite de la terre d'Israël.

[Méam Loez - Vaét'hanan 3,27]

"Un juif ne voit pas la tragédie qu'il vit, mais la lumière qui va en sortir"
[rabbi David Pinto]

Si nous sommes trop proches de la 'hanoukia alors on se brûle, ça fait mal.
Par contre, si on prend un peu de recul alors on peut observer de magnifiques lumières.
De même dans la vie, si nous avons un regard qui prend en compte que dans ce monde éphémère nous construisons notre éternité du monde à venir, que rien ne peut nous arriver sans que Hachem le décrète pour notre bien, alors tout ce qui nous arrive nous paraît lumineux de bonté.
[Pourquoi s'assombrir sa vie parce qu'on a pas ce que l'on pense être le mieux pour nous, alors qu'en réalité papa Hachem nous donne ce qu'Il sait être véritablement le mieux pour nous! ]

"Moché se leva et partit voir Datan et Aviram" (Kora'h 16,25)

=> Pourquoi la Torah dit-elle : "Moché se leva"? Si c'était pour nous dire qu'il était assis préalablement, en quoi cette information nous est-elle utile?

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch répond :
Il est écrit : "Avant la défaite, le racha est élevé" (Michlé 16,18) ; "Avant les honneurs, se trouve la modestie" (Michlé 18,12), et nos Sages (midrach Chémot rabba 45) ont enseigné : "Mon humiliation m'a valu l'élévation".
C'est ce que dit donc notre verset : "Moché se leva" = c'est une élévation pour lui que d'aller lui-même parler à Datan et Aviram, des hommes mauvais qui lui ont fait honte et refusaient de se présenter devant lui. Il s'est rabaissé en les visitant lui-même.
- "Avant la défaite, le racha est élevé" se rapporte donc à Datan et Aviram qui sont honorés de la visite de Moché en personne, juste avant la punition.
- Et "avant les honneurs se trouve la modestie" se rapporte à Moché qui se rabaisse en se déplaçant chez eux, juste qu'Hachem ne prenne sa défense.

=> La Torah atteste donc que ce qui semblait être, à première vue, une humiliation pour Moché (ils lui ont fait honte verbalement en public), était en fait une ascension pour lui, une grandeur : "Moché se leva".

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-> b'h, par exemple également sur le fait de ne pas répondre aux disputes : https://todahm.com/2018/12/25/limportance-de-ne-pas-repondre-aux-disputes

"Vienne alors la multitude de maux et d'angoisses qui doivent l'atteindre" (Vayélé'h 31,21)

-> Lorsque rabbi Mendel de Rimanov procédait à la lecture publique de la Torah à la synagogue et qu'il arrivait à ce verset, il s'interrompit et s'adressa avec émotion au ciel : "Maître du monde, vas-y doucement avec le sel! Tu sais que trop de sel rend indigeste la viande. De même une multitude de malheurs ne peut nous rendre meilleurs. Sois compatissant enfin avec nous : ne mets pas trop de sel!"

La tristesse

+ La tristesse :

-> Le Rambam affirme qu'une personne ne doit pas se permettre de rester dans un état de tristesse (Hilkhot Déot 2:7).
Rabbi Ménachem Mendel de Vatepsk estime que la tristesse est presque identique à l'idolâtrie, dans la mesure où une personne montre qu'elle ne veut pas ce qu'Hachem a décrété.

Selon le Baal Hatanya, une personne qui se plaint et une personne envahie par des sentiments de tristesse comme étant une personne qui agit de manière hérétique à ce moment-là.
Et rabbi Elimélé'h de Lizensk dit qu'une personne plongée dans la tristesse crée une déconnexion entre elle et Hachem.
Avec tout cela, nous pouvons facilement comprendre pourquoi le Rabbi de Koidenov a dit qu'une personne doit faire téchouva sur la tristesse.

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+ La tristesse = outil du mauvais penchant :

-> Les tsadikim ont révélé que la plupart des sentiments de tristesse proviennent du mauvais penchant. En fait, la tristesse est l'une des armes les plus efficaces du mauvais penchant.

Le Baal Hatanya en explique la raison :
Lorsque le mauvais penchant (yétser ara) veut piéger une personne, celle-ci lutte contre lui. Cependant, une personne en état de tristesse devient paresseuse et léthargique et son cœur n'est pas avec elle, elle n'a pas le pouvoir de lutter contre le mauvais penchant.
En effet, lorsque deux personnes se battent l'une contre l'autre, celle qui est paresseuse et léthargique sera rapidement vaincue. Par conséquent, avant que le mauvais penchant n'essaie de pousser une personne à fauter ou à ne pas accomplir une mitsva, il lui enverra de la tristesse.

Le Baal Chem Tov ajoute que c'est la raison pour laquelle il est impossible de vaincre le mauvais penchant si l'on n'est pas dans un état de joie.
Le rabbi Aharon de Karlin affirme : "La tristesse n’est pas une avéra (faute) en soi, mais elle peut mener l’homme à des extrémités auxquelles aucune faute ne pourrait mener!"

Par conséquent, lorsqu'une personne reconnaît qu'elle est triste, elle doit comprendre qu'il s'agit d'une attaque du mauvais penchant et elle doit immédiatement s'en détacher en accomplissant une mitsva dans la joie.
Si cela ne suffit pas, elle doit s'en débarrasser en chantant ou en pratiquant une autre activité mondaine, voire (selon Rabbi Na'hman de Breslov) en éprouvant une joie absurde. [un comportement externe joyeux va influencer notre intériorité]

Si tout cela n'aide pas, une personne doit se remplir de la peur du fait que lorsqu'elle est dans un état de tristesse, elle nie l'existence d'Hachem [c'est-à-dire l'omniprésence, l'omnipotence et la bonté d'Hachem].

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-> Rabbi Pin'has de Koritz dit que lorsqu'une personne est dans un état de tristesse, elle cause de la douleur à la Chékhina, tout comme il est dit dans la guémara ('Haguiga 15b) que lorsqu'une personne est dans un état de douleur/souffrance, la Chékhina est dans la douleur avec elle.

-> Le 'Hozé de Lublin déclare qu'une personne qui éprouve des sentiments de tristesse ne devrait pas être impliquée dans la prise de décisions religieuses, car la tristesse empêche l'esprit d'une personne de se reposer, ce qui la rend sujette à la confusion et aux erreurs.

La tristesse n'est pas une faute, mais elle peut amener les gens plus bas que la pire des fautes.
La joie n'est pas une mitsva, mais elle peut élever une personne plus haut que la plus grande des mitsva.
[Beit Aharon]

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-> L'un des arguments du mauvais penchant pour éloigner l'homme du Service d'Hachem est de le convaincre que du fait de ses fautes, il n'a plus d'espoir. A quoi bon s'écarter de la faute, puisque de toutes les façons il est perdu.
Ainsi, perdu pour perdu, il le pousse à la faute.
Pour lui échapper, il est donc vital de se forcer à rester joyeux, confiant qu'Hachem va l'aider à se repentir pour sauver son âme.
[Révid haZahav]

Parler à la synagogue

+ Hachem dit : "Parce qu'ils ont abandonné Ma Torah que J'ai placée devant eux. Ils n'ont pas écouté Ma voix et ne sont pas allés dans [les sentiers de la Torah]" (Yirmiyahou 9,12).

La Torah nous révèle les péchés qui ont causé la destruction de la terre. Outre la négligence de l'étude, le peuple avait manqué d'honorer la Torah.
Lorsque l'on sortait le rouleau de l'arche avant la lecture, les fidèles annonçaient : "Voici la Torah que Moché a placé" (vézot haTorah achère sam Moché). Par ces mots, ils pensaient s'être acquittés de leur obligation d'honorer la Torah. Ils tournaient ensuite le dos au Séfer Torah et se mettaient à bavarder.
Or, il est écrit : "Ceux qui abandonnent Hachem seront anéantis" (Yéchayahou 1,28).

Cette faute est signalée par les mots : "Parce qu'ils ont abandonné Ma Torah que J'ai placée devant eux" = Cela veut dire qu'ils laissent le rouleau de la Torah ouvert devant eux et s'adonnent à leurs conversations personnelles.
Hachem a ajouté : "et n'ont pas écouté Ma voix" pour dénoncer les hommes qui à la synagogue se lancent des plaisanteries au moment de la lecture de la Torah, transgressant ainsi l'interdiction de parler à la synagogue.
Quiconque se rend coupable de ce grave péché n'a pas de part dans [la proximité avec le] D. d'Israël, car il Lui manque de respect. [Zohar - Térouma]

Deux anges désignés pour cette faute posent leurs mains sur la tête de l'homme qui bavarde et s'écrient : "Malheur à cet homme qui a parlé à la synagogue!"
Cette faute est semblable à la profanation du Shabbath car elle représente une profanation de la Torah.
Lorsque l'officiant procède à la lecture de la Torah, chaque fidèle doit écouter avec crainte.
A ce moment là ... il faut garder le silence comme si on avait la langue coupée. [Zohar - Vayakél]
[...]

"Celui qui écarte l'oreille et n'écoute pas la Torah, sa prière est aussi une abomination" (Michlé 28,9)

[Méam Loez - Pékoudé 38,22-23]

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-> La sainteté d'un synagogue ou d'une maison d'étude est très grande.
Il faut y éprouver de la crainte et de la vénération comme dans le palais d'un roi ...
Il est donc interdit de parler à la synagogue.
On a l'habitude de souhaiter : "Santé!" à quelqu'un qui éternue, et certains décisionnaires l'interdisent à la synagogue.
Le Arizal veillait à ne pas prononcer la moindre parole à la synagogue. Même s'il voyait quelqu'un mal agir, il ne le reprenait pas de crainte d'en arriver à proférer des paroles inutiles. [Ora'h Haïm 151]

[Méam Loez - Pékoudé 40,33]

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-> b'h, sur ce sujet : https://todahm.com/2016/12/26/la-gravite-de-parler-a-la-synagogue

-> également : https://todahm.com/2022/06/19/la-gravite-de-parler-a-la-synagogue-2