Aux délices de la Torah

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Pourim et l’unité

+ Pourim et l'unité :

-> "Haman dit au roi A’hachvéroch : Il y a (yéchno) un peuple disséminé et dispersé parmi les [autres] peuples" (Esther 3,8)

Selon la guémara (méguila 13b), les mots : "un peuple disséminé " (Yéchno am é’had) signifient : endormi (yochèn) et négligeant à l’égard des commandements.

Il n'y est pas spécifié quelles mitsvot en particulier, mais le Kli Yakar (Chémot 17,8) et le Sfat Emet (5641) viennent expliquer qu'il s'agit des mitsvot entre l'homme et son prochain, et de l'unité.
D'ailleurs, Haman observe que c'est : "un peuple disséminé et dispersé". Il fait alors remarqué à A'hachvéroch que puisqu'il y manque de l'unité, alors il est possible de les attaquer. (à l'image d'Amalek, dont il était un descendant).

En effet, le Kli Yakar explique que la 1ere attaque de Amalek a immédiatement suivi le lieu de : Massa ouMériva (Béchala'h 17,7) qui veut dire littéralement : "épreuve et querelle".
Dans le sens simple, cela signifie que les juifs se sont rebellés contre Hachem car ils manquaient d'eau, mais le Kli Yakar affirme que cela fait référence aux querelles et disputes entre les juifs.

-> "Israël y campa face à la montagne [de Sinaï]" (Yitro 19,16)
Rachi commente : Comme un seul homme, d’un seul cœur [d’où l’emploi du singulier], tandis que les autres étapes ont eu lieu dans des récriminations et des querelles

=> On voit que si Amalek a pu nous attaquer c'est à cause du manque d'unité, et que si on a pu recevoir ensuite la Torah c'est grâce à notre unité.
D'ailleurs, Hachem dit : "Puisqu’ils haïssent la discorde et aiment la paix, le moment est venu que Je leur donne la Torah." (traité Déré’h Erets Zouta)

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-> Dans le désert Amalek a également attaqué le peuple juif à Réfidim (רפידים), et le Kli Yakar fait remarquer que c'est les mêmes lettres que le mot : פרידים qui signifie : séparés.

Puisque les juifs étaient divisés entre eux, alors Hachem a donné la permission à Amalek de nous attaquer.
[=> se souvenir de Amalek/Haman et vouloir le combattre, c'est se souvenir de la raison qui lui a permis de nous nuire!]

-> Lorsque le peuple juif a combattu Amalek, la Torah rapporte que Aharon et 'Hour tenaient les bras de Moché (lorsqu'ils étaient au-dessus de sa tête les juifs étaient en train de gagner la bataille).
=> Quelle est la signification de Aharon et 'Hour dans ce contexte?

Le Kli Yakar explique que 'Hour était le fils de Myriam.
Myriam est le symbole ultime des mitsvot entre un homme et son prochain. En effet, pendant l'esclavage en Egypte elle était une sage-femme qui passait son temps à aider autrui pour donner la vie, elle a également aidé Moché en le plaçant sur le Nil.

Hillel dit : "Sois parmi les disciples d’Aharon, en aimant la paix et en poursuivant la paix, en aimant les créatures" (Pirké Avot 1,12). Il passait son temps à développer l'harmonie dans le peuple.
D'ailleurs, dans la paracha 'Houkat (21,1), il est rapporté une autre attaque de Amalek contre les juifs.
Rachi commente : "[Amalek] entendit que Aharon était mort et que les nuées de gloire avaient disparu"
Selon le Kli Yakar, Amalek a attaqué car il savait qu'en l'absence de Aharon, l'unité des juifs s'est trouvée affaiblie, les rendant vulnérables.

=> On comprend mieux pourquoi c'était particulièrement ces 2 personnes qui soutenaient les bras de Moché, pendant la bataille contre Amalek.

[Les mains devaient être grandes ouvertes vers le haut pour gagner, symbolisant la nécessité de témoigner de l'amour l'un envers l'autre et de l'unité (mains grandes ouvertes à autrui = tu es le bienvenue mon frère, ta présence me comble de joie!)]

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-> Le Manot haLévi fait remarquer 3 points de la méguila sur ce sujet :

1°/ Esther fait dire à Mordé'haï : "Va rassembler tous les juifs" (Esther 4,16) = elle voulait signifier que tout le peuple se rassemble dans l'unité pour jeûner.
[lorsque l'heure est grave, toutes les petites disputes de la vie s'envolent, laissant place à l'amour!
La force du peuple juif réside dans son unité, lorsque tous ses composants sont dans le shalom!]

2°/ " Des jours de festin et de réjouissances et une occasion d'envoyer des présents l'un à l'autre et des dons aux pauvres" (Esther 9,22)

[Mordé'haï et Esther ont instauré ces mitsvot pour développer l'unité et l'amitié entre les juifs, annulant ainsi la revendication de Haman de leur nuire.
De même les déguisements font qu'il n'y a plus de différents externes, permettant de se focaliser sur l'intériorité : on est tous des juifs, une même famille!]

3°/ "Ils confirmèrent et acceptèrent [la Torah]" (Esther 9,27)

Dans le texte écrit du parchemin de la méguila, cela est écrit au singulier : קִיְּמוּ וקבל (kiyémou vékibel), mais nous lisons comme si c'était écrit au pluriel : קִיְּמוּ וְקִבְּלוּ (kiyémou vékibélou).
Le Manot haLévi écrit que cela nous enseigne que les juifs ont atteint à Pourim la même unité qu'au moment du don de la Torah, qui est le préalable pour recevoir la Torah.

Le Sfat Emet (5631) enseigne que l'unité au mont Sinaï a permis de recevoir la Torah, et il en a été de même à Pourim.
Il dit ensuite que c'est également cette unité qui a conduit, tout de suite après (l'histoire de Pourim), à avoir la construction du 2e Temple.

=> De même que c'est la haine gratuite entre les juifs qui a provoqué la destruction du 2e Temple, de même nous parviendrons à construire le 3e Temple en témoignant de l'amour gratuit entre nous.

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-> La michna Béroura nous dit : "Même si quelqu'un a 100 personnes chez lui à la maison pour la lecture de la Méguila, mais que la communauté est en train de la lire à la même heure, c’est quand même une mitsva de l’écouter à la synagogue avec un groupe plus important.
Cela s’explique par le concept de "Bérov am adrat méleh" ("avec la multitude de la nation le Roi est honoré" - Michlé 14:28)."

=> Il y a une nécessité d'être uni le plus nombreux possible ensemble!

-> Le Shabbath précédant Pourim, nous devons lire la paracha Shékalim, qui traite du don demi-Shékel (makhatsit aShékel). L'idée est que chacun se voit comme une moitié faisant partie d'un tout, ayant besoin des autres et les considérant avec respect.
D'ailleurs, Hachem a instauré cette donation de chaque juif, pour contrebalancer la donation de Haman à Mordé'haï.

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-> Le Maharal (Oh 'Hadach) demande pourquoi la mitsva du michloa'h manot est imposée à Pourim. De toutes les fêtes que nous célébrons, pourquoi la mitsva des michloa'h manot n'est-elle prescrite qu'à Pourim?

Le Maharal explique que la mitsva des michloa'h manot est une attaque directe contre Haman, contre Amalek. Leur raison d'être autoproclamée est de fragmenter le nom d'Hachem.

Pourim est le jour où nous fêtons notre triomphe sur Amalek. Nous cherchons à publier que si nous volons vaincre le Haman de notre époque, le rendre incapable de nous nuire, alors nous devons développer l'unité entre les juifs.
En ce sens, les michloa'h manot matérialisent la nécessaire d'entreprendre des actions visant à rapprocher les cœurs des juifs entre eux. Nous exprimons qu'il est important et nécessaire, par un présent, par un sourire, par des mots, une écoute, ...

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-> Le rav Shlomo Alkabetz (Manot haLévi) écrit que l'argument principal d'Haman à A'hachvéroch était que le peuple juif est "méfousar ouméforad" (éparpillé et dispersé - Esther 3,8).
Il prétend qu'il n'y a pas d'unité parmi les juifs, qu'ils sont un peuple de division et de discorde. Haman a affirmé qu'il serait capable de vaincre les juifs parce qu'ils n'ont aucun sens de la communauté et de la cohésion.

Haman savait que l'unité du peuple juif reflètent l'unicité d'Hachem. Il a compris que l'unité protégerait les juifs de ses efforts pour les tuer. Il y a un seul D., une seule Torah et une seule nation, c'est pourquoi Hachem protégera son peuple. Or, s'il y a de la discorde et de la dispute au sein du peuple juif, ils ne peuvent plus prétendre au statut de am é'had, et ils ne bénéficieront plus de la protection d'Hachem et de la Torah.

-> Le rav Yonathan Eibeschutz et le Chlah haKadoch écrivent qu'Esther reconnut qu'il n'y avait qu'une seule solution pour contrer les efforts d'Haman.
Elle donna donc des instructions à Mordé'haï : "Va, rassemble tous les juifs" (Esther 4,16).
Il n'était pas nécessaire de faire quoi que ce soit de plus que de simplement les rassembler dans une démonstration ouverte et publique d'unité.

La solution pour triompher d'Haman est de s'unir en tant que peuple unifié. Nous devons agir comme un seul corps, comme une seule entité.
Nous pouvons nous habiller différemment, parler différemment, avoir une apparence différente et des coutumes différentes, mais nous devons nous considérer comme les membres d'une seule entité.
Indépendamment des différences qui peuvent exister entre les individus ou les communautés, tous les juifs doivent s'identifier en tant que parties d'un même tout.

"Tu feras une Ménora" (Térouma 25,23)

-> Nos Sages expliquent que Moché avait des difficultés à réaliser la Ménora, et alors Hachem lui montra une Ménora pour lui faire comprendre comment elle devait être faite.
Par ailleurs, un autre enseignement dit que la Ménora s'est faite d'elle-même, par Hachem Lui-Même.

=> Si elle s'est faite d'elle-même, pourquoi Hachem avait-Il besoin de montrer à Moché comment elle devait être faite?

Dans toute action qu'un homme réalise, l'essentiel de sa part, c'est sa volonté complète de faire cette action, et le reste, c'est Hachem Qui parachève l'action.
Il en est ainsi pour chaque mitsva, et ce qu'Hachem attend de l'homme, c'est qu'il renforce sa volonté d'accomplir cette mitsva.
En ce qui concerne la réalisation concrète, Hachem aidera et finalisera le tout.

Ainsi, Hachem montra à Moché la Ménora pour qu'il ait la volonté et l'envie de la réaliser dans ses détails. C'était cela l'essentiel : éveiller la volonté.
Et une fois que Moché a cherché au maximum à réaliser la Ménora, alors l'essentiel de sa contribution était apportée et Hachem pouvait réaliser la part concrète de la Ménora.

=> Pour qu'Hachem apporte Sa Contribution et Son Aide à l'homme, Il attend que celui-ci témoigne de sa volonté et qu'il fasse le maximum de ses efforts.
Une fois cela obtenu, Hachem intervient et apporte Sa Contribution pour finaliser l'action.
Une fois la volonté obtenue, pour le reste, c'est Hachem qui s'en occupe.

[Sfat Emet]

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-> "La Ménora (sera) face à la table"

-> Le verset ne dit pas que c'est la table qui doit être face à la Ménora. En effet, la Ménora fait allusion à la lumière de la Torah, et la table symbolise l'opulence matérielle. Or, la richesse doit être mise au profit de l'étude. Celui qui dispose de moyens, doit les investir pour subvenir aux besoins de ceux qui étudient la Torah.
Quand il en est ainsi, alors le riche, qui pourvoit aux besoins du Sage, est alors considéré par la Torah comme étant encore plus important que le Sage. Au point que la Torah considère que la table du riche est l'essentiel, et la Ménora du Sage ne fait que se positionner comme étant face à la table. Mais c'est la Table qui prime.
[Chaaré Sim'ha]

Les miracles de la manne

+ Les miracles de la manne :

b'h, quelques exemples :

1°/ La Torah fut donnée 20 jours après que la manne ait commencé à tomber. La manne tomba pour la 1ere fois le 16 Iyar (un mois après la sortie d'Egypte) et la Torah fut donnée le 6 Sivan.

La manne était une nourriture très spirituelle. Lorsque les juifs quittèrent l'Egypte leur esprit était encore trop brut pour recevoir la Torah, Hachem les nourrit donc de manne afin de les purifier afin de d'être ensuite dignes de recevoir la Torah.

La manne développait l'intelligence et la sensibilité spirituelle des juifs.
[C'est ainsi,] qu'au bout de quelque temps, ils méritèrent le nom de "génération de la connaissance" (dor déa).
Ils parvinrent à ce niveau grâce à la manne préparée dès le crépuscule de la Création. [Zohar]

[selon le Sifté Cohen, chaque jour la manne purifiait et rendait davantage spirituels chaque juif.]

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2°/ La manière dont tombait la manne était exceptionnelle.
Durant toute la nuit, un vent du nord soufflait qui glaçait le désert.
La pluie tombait et en lavait le sol. Ensuite, du sol montait de la rosée que le vent répandait sur toute la surface du désert, brillante comme une table d'or pure. C'était alors que la manne tombait sur la surface reluisante du désert.

C'est pourquoi la Torah dit que la manne tombait "sur la face du désert" (Chémot 16,14).
Elle tombait uniquement aux endroits nettoyés (pana) si parfaitement que l'on pouvait y voir son visage (panav) refléter sur le sol ...

Elle tombait si délicatement que les juifs ne s'en rendaient pas compte ...
Comme un sandwich, la manne était recouverte de rosée au-dessus et au-dessous.
Ainsi, était-elle protégée de la saleté, de insectes ainsi que des sables du désert.

A leur lever, les juifs récitaient leur prière, puis sortaient de leur tente où ils trouvaient toute la nourriture dont ils avaient besoin ...

[D'ailleurs, de nos jours nous avons la coutume de placer une étoffe au-dessus et au-dessous des pains du Shabbath, en souvenir de la rosée recouvrant la manne au-dessus et en dessous.]

La manne tombait dans la maison et dans la bouche des juifs saints, ainsi qu'il est écrit : "[Hachem] fit pleuvoir sur eux la manne comme nourriture, Il leur octroya du blé du ciel" (Téhilim 78,24).
La manne leur tombait réellement dans la main, ils n'avaient plus qu'à la porter à leur bouche pour la manger.

Par contre, au sujet des réchaïm, la Torah dit : "Le peuple s'éparpilla et ramassa [la manne]" (Bamidbar 11,8). Ce verset implique qu'ils devaient aller loin dans le désert pour ramasser la manne ...

[le Méam Loez enseigne que : le érev rav ne mangeait pas la manne dès qu'elle tombait, mais une fois qu'elle avait commencé à fondre au soleil. De plus, il ne pouvait pas la manger nature mais il la broyait, puis la pétrissait comme du blé, et il en faisait ensuite des gâteaux qu'il consommait (Bamidbar 11,8). Il n'en appréciait pas la nature spirituelle, c'était comme un produit végétal quelconque.]

Chaque nuit, de l'herbe poussait dans le désert pour nourrir les animaux des juifs.
Quelque fût la quantité qu'ils mangeassent, chaque matin, de l'herbe nouvelle avait poussé.

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-> "Hachem dit à Moché : Je vais faire pleuvoir pour vous une nourriture céleste" (Béchala'h 16,4)
-> "[Hachem] fit pleuvoir sur eux la manne" (Téhilim 78,24)

Le rav Elimélé'h Biderman enseigne que la Torah utilise pour la manne le terme "pleuvoir" pour nous rappeler que : combien nous gagnerons d'argent, quand et comment, cela ne dépend pas de nous à l'image de la pluie. C'est entièrement dans les mains d'Hachem!
Nous ne pouvons rien faire pour avoir davantage de pluie (si ce n'est prier pour cela).
De même, il est impossible d'augmenter notre subsistance (sauf par notre prière). Certes nous faisons notre hichtadlout, mais le montant final obtenu ne changera pas, pas une goutte de plus, pas une goutte de moins.

-> 4 clés sont entre les Mains d’Hachem, qu’Il ne confie à aucun émissaire, pas même à un ange : la clef qui commande les naissances (‘haya – accouchement), la clef qui commande les pluies (guéchamim), la clef qui commande la résurrection des mots (té’hiat hamétim) et enfin la clef de la subsistance (parnassa).
[d’après la guémara Taanit 2a et 2b]

-> b'h, sur la notion que la subsistance est déterminée à Roch Hachana : https://todahm.com/2020/12/26/29603

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3°/ De hautes montagnes de manne tombaient pour les juifs, et il existe une tradition selon laquelle la hauteur de la manne dépassait celle des eaux du Déluge de l'époque de Noa'h ...
Par conséquent, puisque les eaux du Déluge atteignirent 15 coudées (Béréchit 7,20), la manne tombait à une hauteur de 60 coudées.

Des rois du monde entier venaient dans le désert pour assister à ce phénomène miraculeux.
Ils observaient les juifs tranquillement assis en train de manger leur manne.
Il est fait allusion à cela dans le verset : "Tu as disposé une table devant moi en présence de mes adversaires" (Téhilim 23,5).

Selon une autre opinion : ["Chaque jour, lorsque la manne tombait dans le désert, il y avait suffisamment de nourriture pour que le peuple tout entier puisse vivre pendant 2000 années.
Les juifs prenaient ce qu’ils avaient besoin pour la journée, et le reste fondait au soleil." - midrach Téhilim 78]

C'est pourquoi, la Torah dit [littéralement] : "Le peuple sortit pour la ramasser, pour chaque jour de Son jour" (Chémot 16,4). Or, un jour de Hachem représente 1000 ans .
[ex: le monde existe sous cette forme pour maximum 6000, comme les 6 jours de la semaine avant le Shabbath]

La manne tombait chaque jour sur 2000 coudées (environ 800 mètres) autour du camp des juifs.
C'était la récompense des juifs pour avoir observé Shabbath, y compris les lois du té'houm, qui leur interdisaient de s'éloigner du camp de plus de 2000 coudées.

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4°/ Lorsque le peuple ramassait la manne, certains en prenaient une grande quantité et d'autres très peu.
Pourtant, lorsqu'ils rentraient dans leur tente et mesuraient leur récolte, ils trouvaient ni plus ni moins d'un omère pour chaque membre de la maison (Chémot 16,18).

Ce miracle avait pour but d'enseigner aux juifs qu'ils devaient se satisfaire de leur lot et ne pas rechercher de superflu.
Si un homme veut mériter la couronne de la Torah, il doit se satisfaire de ce qu'il possède et se dévouer au service de D.
De plus, puisque tous les juifs recevaient en fin de compte la même part de manne, la jalousie était inexistante.

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5°/ Bien que d'ordinaire, la manne que les juifs laissaient pour le lendemain pourrît et empestât, elle demeurait fraîche le Shabbath (Chémot 16,24).
C'était là un témoignage de la sainteté du Shabbath.

Lorsque la Torah déclare : "Hachem bénit le 7e jour" (Béréchit 2,3), elle fait allusion à la manne. [Rachi - Béréchit 2,3]

Le vendredi, il y avait une double part, comme il est écrit : "Le vendredi, ils ramassaient une double part de pain, 2 omères par personne" (Chémot 16,22).
Ce verset peut être interprété de 2 façons :
-> le vendredi, chacun en ramassait 2 fois plus que les autres jours, ce qui suffisait pour le vendredi et le Shabbath.
Hachem dit : "Le vendredi, Je vous ai donné du pain pour 2 jours" (Chémot 16,29) = une double part tombait le vendredi.

-> ou bien : il y avait une double part pour le Shabbath = Le vendredi les juifs ramassaient 3 omères par personnes : un pour vendredi et 2 pour Shabbath.
Ainsi le vendredi, ils ramassaient 2 omère par personne, mais le omère du Shababath, objet de la bénédiction, était équivalent à 2 omères (2 fois la quantité habituelle) ...

Le Shabbath, la manne avait un meilleur goût encore que les autres jours.
Elle paraissait aussi plus brillante.

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6°/ La manne était la nourriture spirituelle des anges, concept incompréhensible pour un être humain.

Le peuple pouvait savourer, dans la manne, toutes sortes de goûts.
A la fin des déplacements dans le désert, Moché leur dit : "Ces 40 ans, Hachem votre D. a été avec vous, vous n'avez manqué de rien" (Dévarim 2,7).
Bien que les juifs n'eussent mangé que de la manne, ils n'en ressentirent aucune frustration.

Si une personne disait : "J'ai envie de faisan rôti" ou "J'aimerais bien un peu de gibier", la manne prenait immédiatement ce goût et cette consistance.

Les saints n'avaient même pas à exprimer ce désir verbalement : dès qu'ils y pensaient, la manne prenait exactement le goût de la nourriture qu'ils désiraient.

La manne pouvait prendre jusqu'à 546 goûts différents.
Il est écrit à ce propos : "Le fruit [de D.] m'est agréable (matok - מָתוֹק) au goût" (Chir haChirim 2,3).
La valeur numérique du mot "matok" est de : 546 ...

Selon une opinion, non seulement la manne prenait-elle le goût et la consistance de tous aliments possibles, mais elle en prenait également la forme.
Elle prenait immédiatement la forme de ce que tout juif souhaitait manger.

Les seuls aliments auxquels la manne ne s'apparentait pas étaient ceux que les juifs mentionnèrent dans leur plainte : "concombre, melon, poireau, oignon et ail" (Bamidbar 11,5).
La raison en est que ces aliments sont malsains pour les bébés et les femmes enceintes. [guémara guémara Yoma 75a]
De plus, ces aliments lourds empêchent de se concentrer dans l'étude. [Pessikta - Béaaloté'ha]

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7°/ La manne était une nourriture spirituelle complètement assimilée par le corps, et qui ne laissait absolument aucun déchet.

Pour y faire allusion, la Torah qualifie la manne de "petits grains (mé'houpass)" (Chémot 16,14).
Le mot "mé'houpass" (מְחֻסְפָּס) a une valeur numérique de 248, le nombre de membres du corps humain.
Ce mot fait donc allusion au fait que la manne était absorbée par les 248 parties du corps et ne laissait pas le moindre déchet.

[Selon le Méam Loez : Au cours de la 1ere année, les juifs se plaignirent (Bamidbar 11,6), et à partir de ce moment ils devaient se soulager uniquement pour la nourriture achetée aux nations voisines, qui n'était alors plus absorbée totalement par le corps, contrairement à la manne.
A la fin des 40 ans, lorsqu'ils se plaignirent à nouveau de la manne (Bamidbar 21,5), c'est alors qu'ils perdirent cet avantage, ils devaient se soulager à nouveau même pour la manne.
De ce point de vue, ils n'étaient plus différents des animaux, alors qu'avant ils ressemblaient aux anges.]

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8°/ Selon la guémara (Béra'hot 57b), la manne avait un goût [extrêmement savoureux] : "60 fois plus doux que le miel" ...

Bien que la manne prenait le goût recherché par celui qui la mangeait, elle avait généralement le goût du lait pour les nourrissons, du pain pour les jeunes gens et du miel pour les vieillards.

Le goût naturel de la manne était donc celui qui convenait le mieux à chacun. Il arrive parfois que l'on en réfléchisse pas à ce que l'on fait, et que l'on ne veille pas à éviter les aliments nocifs.
Hachem fit donc que la manne prenne automatiquement le goût et la consistance la plus bénéfique pour celui qui la mangeait, sans qu'il n'ait à y penser.

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9°/ Le vent du nord soufflait au-dessus du Gan Eden et apportait aux juifs toutes sortes d'arômes exquis. Ainsi, jusqu'à l'odeur de la manne était très rafraîchissante. [Zohar]

Elle parfumait les femmes juives au point que durant les 40 années passées dans le désert, elles n'eurent pas besoin d'autre parfum.

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10°/ Pour les juifs, toutes sortes de pierre précieuses tombaient avec la manne.

Les dirigeants les ramassaient et les gardaient en sûreté.
Moché avait instruit que seuls les dirigeants prissent les pierres précieuses pour les utiliser plus tard, pour la construction du Michkan.

[ils y avaient un grand nombre d'autres pierres précieuses emportées d'Egypte et de la mer Rouge, mais elles ne convenaient pas à la réalisation d'objets précieux/kadoch comme le Pectoral et l'éphod du Cohen Gadol.]

Selon Rabbénou Bé'hayé, pas toutes ces pierres ne furent utilisées pour le Michkan, mais par son mérite, des pierres précieuses et des perles tombèrent dans le désert avec la manne durant 40 ans.

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11°/ La manne restait sur le sol durant les 4 premières heures du jour. Ensuite, lorsque les juifs avaient terminé leur cueillette, elle fondait en ruisseaux qui se jetaient dans la mer.

Ces ruisseaux étaient si profonds qui'il était possible d'y nager.
Des animaux venaient de loin pour y boire, si bien que les juifs pouvaient les capturer et s'en nourrir.
Les nations voisines capturaient elles aussi ces animaux, et constataient qu'ils avaient un goût délicieux et inhabituel en raison de la manne. Ainsi, tous eurent connaissance de ce que D. offrait à Israël.

Cependant, si les non-juifs buvaient l'eau de ces ruisseaux, elle était amère comme la galle.
[même pour les juifs la manne fondue n'était pas consommable, afin que l'on n'en gardât pas d'un jour pour l'autre.]

La manne restante fut gardée pour les saints au Monde futur.
Quiconque a foi en la Torah méritera d'en manger dans le futur. Par contre, les incroyants ne pourront pas même la voir.

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12°/ La manne que Hachem prescrit de garder dans un récipient se conserva de nombreuses années.
Alors que la manne fondait à la chaleur du soleil, celle gardée dans le récipient resta intacte et visible jusqu'à la destruction du 1er Temple, près de 900 ans plus tard. [Abarbanel] ...

Avant la destruction du 1er Temple, 5 choses furent dissimulées dans une catacombe sous la pierre d'assisse (évène chétia) : l'Arche du Témoignage, les Tables des 10 Commandements, le bâton d'Aharon, l'huile d'onction et le récipient de manne. [Yalkout Réouvéni]

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13°/ Hachem envoya aux juifs des oiseaux appelés "slav" [généralement traduit par "cailles"].
Les oiseaux volaient à 2 coudées du sol si bien qu'il n'y avait qu'à étendre la main pour les capturer. Il n'était pas même nécessaire de se pencher pour s'en saisir.
[...]

Durant la 1ere année, la caille accompagnait la manne chaque jour mais Hahem ne s'irrita pas contre le peuple puisqu'il ne consommait qu'une petite quantité de viande.
L'année suivante, à Kivrot hataava (Bamidbar 11,4-34), le peuple protesta que cette quantité était insuffisante. [Abarbanel ; Kli Yakar]

Durant les 40 ans que les juifs passèrent dans le désert, il y eut des cailles (slav) tous les jours.
La nuit, la manne tombait et en fin d'après-midi, la caille apparaissait.
La Torah insiste sur la fait que "les juifs mangèrent la manne pendant 40 ans" (Chémot 16,35) pour la seule raison que la manne représentait un miracle manifeste.
La caille pouvait, quant à lui, être interprété comme un phénomène naturel.

Ainsi, les juifs avaient à la fois, la manne et la caille durant 40 ans dans le désert. Ils avaient également le puits miraculeux [de Myriam] qui les suivait partout". [Rabbénou Bé'hayé]

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-> D'après la tradition (guémara Kidouchin 38a), la manne cessa de tomber le 7 Adar, à la mort de Moché.
Recueillie ce jour-là par les juifs, elle dura jusqu'au 16 Nissan, ce qui constitue un miracle évident.
[ils en mangèrent jusqu'après avoir traversé le Jourdain, et être entrés en Terre sainte, où ils ont alors mangé de la récolte du pays (cf. Yéhochoua 5,12).]

[b'h, compilation personnelle des divré Torah du Méam Loez (Béchala'h 16,36)]

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-> La manne pouvait avoir le goût de ce que l'on voulait. [Mékhilta Yitro]
Selon une opinion, ce n'était qu'après le don de la Torah. [Michoul'han Rabbi Eliyahou Barou'h Béhaaloté'ha]
Un autre avis affirme qu'elle ne pouvaient avoir le goût que d'aliments qu'ils connaissaient. [Kédouchat Lévi - Béhaaloté'ha]
Un autre avis encore affirme qu'elle avait 546 goûts, ce qui correspond à la guématria du mot "doux" (matok). [Yalkout Chimoni - Chir hachirim 986]

Yona et le poisson qui l'a avalé ont tous deux mangé des restes de Manne. [Rachi - Yona 2,1]

La manne était absorbée par les membres de celui qui la mangeait, sans former de déchets. [guémara Yoma 75b]
Il est intéressant de noter que celui qui en mangeait ne ressentait plus la faim et n'était pas rassasié. [Yoma 74b]
Une autre opinion affirme qu'elle avait la même texture que la nourriture. [Yoma 75a]
Le plus étonnant, c'est qu'elle était si spirituelle qu'elle descendait dans la trachée au lieu de passer dans le tube digestif. [Kétsipéhcat Dvach - au npm du Ména'hem Tsion - Vayé'hi ]

Elle changeait également d'apparence et prenait toutes les couleurs du monde ('Hemdat Yamim - Béhaaloté'ha ; Ména'hem Tsion 106), bien que le Shabbath, elle était blanche (Malbim - Béchala'h 31).

Elle était parfumée comme tous les aliments du monde (Kli Yakar - Béchala'h 16,15), alors qu'une autre opinion est qu'elle était si parfumée que les femmes n'avaient alors plus besoin de parfums (Sifré Béhaaloté'ha 89).
Avec la manne descendirent des pierres précieuses, des bijoux de femmes (Yoma 75a) et des vêtements (Tossefot Hachalem - Béchala'h 16,19).

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-> La manne était transparente tous les jour de la semaine, à l'exception du Shabbath, où elle était blanche.
[Malbim - Béchala'h 31]

-> La manne sera également servie lors du festin du Léviatan, ce sublime repas réservé aux tsadikim (justes) dans le monde à Venir. [ajout du Ba'h sur 'Haguiga 12b ; Tiféret Tsvi sur Zohar Béchala'h 62b ]

"Hachem combattra pour vous, et vous gardez le silence" (Béchala’h 14,14)

-> Le midrach dit que Hachem se bat contre les anges [responsables des nations] qui élève des accusations contre le peuple juif.
Hachem rejette leurs arguments, en déclarant que les juifs sont néanmoins meilleurs que les autres nations du monde.

Cependant, lorsque Satan accuse les juifs de parler dans les synagogues et les lieux d'étude, contrairement aux nations du monde qui s'assoit en silence [durant leur prière], alors pour ainsi dire, Hachem n'a rien à répondre.

Cela est sous-entendu dans le verset : "Hachem combattra pour vous" = Il va combattre pour nous contre les nations du monde, mais cependant cela n'est possible que si : "vous gardez le silence" pendant la prière.
Si nous y parlons alors D. ne combat pas les nations pour nous.

[au nom de rabbi Yéivi]

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-> Chaque synagogue et lieu d'étude dans le monde, possède une synagogue et un lieu d'étude correspond dans le monde Supérieur.
Ainsi, nous devons être vigilant à n'y parler aucune parole qui n'est pas liée à la Torah et à la prière.

[Parler dans une synagogue] est similaire à discuter avec un roi et brusquement se détourner de lui en disant : "Mon seigneur, le roi, je ne peux pas parler avec vous, car je préfère parler de choses qui m'intéresse."
Cela éloigne la Présence Divine de ce monde [éloignant les flux de bénédictions, et laissant alors place aux malheurs].

[Avodat Israël - Pirké Avot 5,7]

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-> Malheur à la personne qui a une discussion quelconque dans une synagogue.
Malheur à lui pour avoir [ainsi] développer une division dans les mondes supérieurs.
Malheur à lui d'avoir diminué la foi.
Malheur à lui, parce qu'il n'a pas de part dans le D. d'Israël.
Il agit comme s'il n'avait pas de D., et qu'il n'a pas de part en Lui (Hachem), et qu'il ne Le craint pas.
[En agissant ainsi,] il exprime un manque de respect pour les effets surnaturels que nous provoquons à chaque prière.
[Zohar 2,131b]

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-> Le Séfer Or Moché rapproche le terme de notre verset yila’hem (combattra) du terme lé’hem (pain) et en déduit le principe suivant : Hachem subvient à nos besoins du moment que nous nous taisons (ta’harichoun, tenez-vous tranquilles), c’est-à-dire que nous ne médisons pas.

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-> b'h, également sur ce sujet : https://todahm.com/2016/12/26/la-gravite-de-parler-a-la-synagogue

Hachem parla à Moché pour qu'il dise : "Parle aux juifs et qu'ils M'apportent une offrande élevée. Vous prendrez Mon offrande de toute personne portée par son cœur à donner." (Térouma 25,1-2)

-> Le Tabernacle était appelé en hébreu : Michkan, ce mot a la connotation d'une résidence [de la racine "chakhane", signifiant "habiter"], mais également celle d'une garantie ou d'un gage : machkon, en hébreu.

Les actes des juifs sont déterminants :
- S'ils agissent bien, ils méritent que la Présence Divine réside parmi eux, ils sont les enfants qui mangent à la Table de leur père et sont nourris par Sa bonté.
Le Tabernacle est alors "une résidence".

- Cependant, si les juifs fautent et méritent d'être anéantis, Hachem retire Sa Présence de parmi eux et détruit le Tabernacle.
Dans ce cas, le Michkan est semblable à un "gage" que le prêteur emporte pour s'assurer du remboursement du prêt. Si l'emprunteur ne s'acquitte pas de sa dette, le prêteur lui prend le gage.
[...]

Est-il possible que Hachem fasse résider Sa Présence en un lieu construit par des êtres humains? ...

Le verset dit : "L'intérieur est dallé de l'amour des fils de Jérusalem" (Chir haChirim 3,10) = le but essentiel du Michkan est de démontrer l'amour de D. pour Israël.

Comme chaque juif avait offert les matériaux nécessaires à la construction de cet édifice, Hachem fut satisfait et fit résider Sa Présence parmi eux constamment.
Ce n'était pas de cet édifice lui-même que D. était satisfait mais de l'intention que les juifs y avaient investi.
[...]

Lorsque Hachem dit : "Qu'ils apportent pour Moi une offrande élevée", Il employa le mot hébreu "li" (pour Moi - לִי), qui peut signifier également : "pour le youd" (lé youd - לִ י).

Ceci nous enseigne qu'une personne donnant la charité doit penser au Tétragramme (יהוה) :
- L'argent donné représente le youd.
- La main représente le Hé. Elle a 5 doigts [et la valeur numérique de Hé est de : 5].
- Le bras étendu pour donner la charité au pauvre est le : vav.
- La main ouverte du pauvre est le Hé final.

=> Ceci nous enseigne que Hachem est avec les pauvres, et nous montre l'importance de la charité.

Hachem dit donc que les offrandes devaient être données : "pour le youd".
Une personne qui donne la charité aux pauvres ou au responsable de la caisse de charité dans un but désintéressé complète le Nom Divin (Tétragramme).
[...]

La Torah dit : "Ils prendront Mon offrande de toute personne portée par son cœur à donner".
Les collecteurs n'étaient pas autorisés à prendre l'offrande à moins qu'elle ne fût donnée de tout cœur ...
En effet, une personne pouvait avoir décidé de ne rien donner, mais en voyant les collecteurs approcher, elle contribuait par gêne (ex: le qu'en dira-t-on?). Dans ce cens, elle ne donnait l'offrande que par honte.

Hachem ordonna donc de ne pas aller trouver les gens ou les convoquer pour la collecte des matériaux. Les responsables devaient rester assis passivement, et quiconque voulait donner une offrande venait à eux.
Ainsi, pouvaient-ils être certains que le donateur offrait sa part "pour D.", et non par respect/crainte pour les collecteurs.
[c'était à 100% : "Qu'ils apportent pour Moi (Hachem)", sans aucunement vexer quelqu'un en le forçant, lui rappeler qu'il n'a pas donné!]

[Méam Loez - Térouma 25,1-2]

"Qu'ils Me fassent un Sanctuaire (mikdach) et Je résiderai parmi eux. Vous ferez le Michkan et tous ses ustensiles selon le modèle que Je te montre" (Térouma 25,8-9)

-> La Présence Divine allait résider essentiellement à l'intérieur des juifs, et non dans le bois et le métal du Michkan.
Certes, un édifice tangible devait être construit mais sa seule fonction était de stimuler spirituellement le peuple.

Entrer dans le Michkan, le Temple ou une synagogue n'est pas suffisant en soi. Un bâtiment n'est fait que de bois et de pierre. Le principal, ce sont les personnes qui s'y trouvent et qui doivent s'imprégner de la sainteté de la Présence Divine, sanctifier leur cœur et se tenir avec crainte devant D. pour ne pas agir contrairement à Sa volonté.

Un tel édifice peut alors être appelé "un Sanctuaire", un Michkan, une congrégation sainte ou un Temple.
Ce n'est pas le bois dont il est fait qui est important mais le cœur des fidèles qui s'y rassemblent.

L'édifice physique a pour seul but de tirer ceux qui le fréquentent de leur torpeur spirituelle et de diriger leur conscience vers Hachem.
Ainsi chacun se dira : "Si je me trouve dans ce lieu saint où réside la Présence Divine, je dois me comporter avec crainte et ne pas prendre part à des conversations futiles". [Alchikh haKadoch]

Ce sont donc les personnes elles-mêmes qui constituent le "vrai" Michkan. C'est pourquoi après avoir dit : "Qu'ils me fassent un Michkan", Hachem ajouta : "ainsi ils feront".
Les hommes doivent travailler sur eux-mêmes pour faire le Michkan en purifiant leur cœur.
[...]

Construire une synagogue est considéré comme un acte aussi important que de bâtir le Temple.

Les prières offertes chaque jour à la synagogue sont comparables au service (avoda) des sacrifices effectué au Temple. En effet, la prière est aussi appelée "service" (avoda) ...
La synagogue qui reflète le Temple d'en-Haut doit être aussi belle que possible.
[...]

Le roi David dit : "Il a libéré mon âme dans la paix parce qu'un grand nombre était avec moi" (Téhilim 55,19)
Ce verset signifie : "Hachem m'a libéré des ennemis qui m'attaquaient parce qu'un grand nombre était avec moi, car je priais toujours avec la communauté" ...

Si un homme prie à la synagogue, c'est comme s'il avait apporté une offrande de farine (korban min'ha), en d'autres termes un don à Hachem. [guémara Yérouchalmi Béra'hot 5,1 ; 33b]

"Je suis un mur et ma gorge ressemble à des tours" (Chir haChirim 8,10).
Les érudits sont comparés à un "mur" car le mérite de la Torah qu'ils étudient protège les juifs et annule les décrets funestes comme un mur protège une ville et empêche l'ennemi d'y pénétrer.

Les synagogues et les maisons d'étude, quant à elles, sont appelées des "tours".
Le mérite de la Torah et de la prière protège la génération comme des tours protègent une ville.
Les tours, très hautes, accordent une meilleure protection que le mur.
Depuis la tour, les soldats peuvent tirer des flèches, catapulter des pierres sur l'ennemi et le mettre en fuite. [guémara Pessa'him 87a]
[...]

Il est écrit : "Dans une multitude est l'honneur du Roi" (Michlé 14,28).
L'honneur du roi est rehaussé par la présence d'une multitude de personnes ...

Lorsque les juifs se rassemble dans les synagogues et les maisons d'étude pour prier et écouter l'enseignement du rav, Hachem dit aux anges : "Venez voir Mon peuple, celui que J'ai créé" ...

Si un homme fréquentant régulièrement la synagogue s'en absente une jour, Hachem demande de ses nouvelles.
S'il ne s'y est pas rendu parce qu'il devait accomplir une autre bonne action, ce sera admis.
Mais s'il s'est absenté à cause de ses affaires commerciales, il ne connaîtra pas de succès dans ses entreprises étant donné qu'il n'a pas mis sa confiance en Hachem.

Rabbi Yo'hanan enseignait qu'en l'absence d'un groupe de 10 hommes (minyan) à la synagogue, Hachem dit, dans Son courroux : "Pourquoi suis-Je venu alors que personne n'est là pour M'accueillir? J'ai appelé sans que personne ne réponde!" (Yéchayahou 50,2).
Hachem demande : "Pourquoi n'y a-t-il personne pour répondre Amen et dire la Kédoucha?"

Un homme qui dispose d'une synagogue dans son quartier et ne s'y rendant pas est appelé un mauvais voisin. Il attire l'exil, à lui-même ainsi qu'à ses enfants.

[Méam Loez - Térouma 25,8-9]

Questions/Réponses – Paracha Térouma

+ Questions/Réponses - Paracha Térouma :

1°/ Pourquoi la paracha de Michpatim qui contient les lois civiles juives, est-elle juxtaposée à celle de Térouma, traitant du Michkan et ses composants?

-> Le Beit haLévi explique que la Torah a juxtaposé ces 2 parachiot pour nous enseigner qu'avant de donner à une bonne cause comme pour le michkan, nous devons tout d'abord nous assurer que cet argent a été obtenu de façon cashère, et cela ne peut être déterminé que par la connaissance des lois civiles juives.

Le Beit haLévi de dire : "Avant de donner à la tsédaka, nous devons être certains que c'est bien notre argent!"

[comme on dit : la fin ne justifie pas les moyens = une utilisation louable de l'argent, ne pourra jamais venir justifier sa mauvaise origine.
Par exemple, un étrog magnifique que l'on a acheté avec de l'argent volé, n'est pas casher!
=> Si tu veux véritablement donner à une bonne cause, alors commence par le gagner honnêtement.]

-> Le rav Zalman Sorotzkin suggère qu'après que les juifs aient entendu les lois de la paracha Michpatim, ils ont voulu retourner en Egypte pour rendre les objets qu'ils avaient "empruntés" à leurs voisins égyptiens (cf.Bo 12,35).

Sachant qu'ils y avaient légalement droit, en tant que paiement pour le travail accompli en tant qu'esclaves (cf.guémara 91a), pour les rassurer, D. leur a immédiatement ordonné de donner ces mêmes objets pour la construction du Michkan.
[en effet, si Hachem en demande une partie, c'est que la totalité nous appartient honnêtement, nous sommes alors totalement rassurés!]

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2°/ L'or ayant plus de valeur que le bois, afin d'honorer la Torah qui y est dedans, il aurait été plus logique de faire l'Arche (aron) entièrement en or, et non pas d'uniquement le recouvrir à l'intérieur et à l'extérieur (v.25,10).
=> Pourquoi cela n'est pas le cas?

-> Le Daat Zékénim et le 'Hizkouni expliquent que si l'Arche aurait été totalement en or, cela l'aurait rendu trop lourde à transporter sur les épaules des Lévi'im.
[en effet, rien ne doit se faire au détriment d'autres personnes, même embellir l'Arche contenant la Torah]

-> Le rav Moché Feinstein remet en question cet argument, en calculant qu'avec l'Arche comme décrite dans la Torah, on arrive déjà à un poids total approximatif de 8 tonnes!!

Il répond que c'est parce que l'Arche qui contient les rouleaux de la Torah et les Tables de la Loi, renvoie à l'étude de la Torah.
Bien que l'or est considéré comme ayant plus de valeur que le bois, ce dernier a l'avantage d'être vivant et organique.

Or, nous faisons référence à la Torah comme d'une : "Torat 'Haïm" (une Torah de vie), puisqu'elle nous fournit les outils nécessaires pour faire face à chacun des défis de notre vie.

Ainsi, Hachem a souhaité que la Torah soit dans un boitier principalement en bois pour nous enseigner qu'aucun juif ne doit jamais rester statique, mais plutôt être constamment en vie : se développant, changeant, apprenant et s'adaptant.

[même un grand tsadik ne doit jamais se croire dans un habitat dorée, et comme le bois il se doit de toujours rester en dynamique positive pour ne pas pourrir. Dans la vie si l'on n'avance pas, on recule (se dégrade)!]

L'Arche était principalement constitué de bois (qui est vivant), recouvert à l’intérieur et à l'extérieur d'or (qui est inanimé, fixe).
=> De même, nous devons vivre la Torah en se l'appropriant en y mettant toute notre joie et enthousiasme (le bois), mais cela doit se faire dans les limites fixes imposées par nos Sages (l'or).

-> b'h, à ce sujet voir également : https://todahm.com/2018/02/19/6177

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-> "[La Torah] est un arbre de vie pour ceux qui s'y attachent" (Michlé 3,18)
-> "[Les paroles de Torah] sont plus précieuses que l'or" (Téhilim 19,11)

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3°/ Qui s'est fait tatoué dans cette paracha Térouma?

-> Le midrach (Tan'houma Chémini 8) enseigne que lorsque Hachem a ordonné à Moché de faire la Ménorah pour le Michkan, Il lui a montré son apparence dans une représentation de feu, mais Moché avait toujours des difficultés à la saisir.
Hachem a alors gravé une image de la Ménora dans la paume de Moché, et lui a dit de l'utiliser comme d'un plan, mais malgré cela, Moché luttait pour clairement se la représenter.
Finalement Hachem lui a demandé de lancer un morceau d'or dans le feu, et la Ménora est alors apparue totalement formée.

-> Le rav 'Haïm Kanievsky est d'avis que cette gravure dans la paume de Moché ne violait pas l'interdiction de la Torah : "vous ne ferez pas de tatouage sur vous" (Kédochim 19,28), car ce n'était pas une image externe incrustée sur sa peau. Mais plutôt, Hachem l'a créé comme une partie innée du corps de Moché, à l'image des plis et des lignes que l'on trouve naturellement dans la main de toute personne.

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4°/ Hachem a ordonné à Moché : "Tu feras 2 Chérubins en or" (Térouma 25,18) sur le couvercle de l'Arche.
La guémara (Baba Batra 99b) enseigne que les 2 chérubins se regardaient l'un l'autre, lorsque les juifs faisaient la volonté de Hachem, et miraculeusement se détournaient lorsqu'ils fautaient.

=> Comment comprendre la guémara (Yoma 54b) qui nous enseigne que lorsque les non-juifs sont entrés dans le Temple pour le détruire, ils ont trouvé les Chérubins s'enlaçant amoureusement, alors que c'était clairement un moment où le peuple juif ne faisait pas la volonté de D.?

-> Le Shita Mékoubétsét (guémara Baba Batra 99a) répond que Hachem a placé les Chérubins dans cette position afin que les non-juifs puissent se rendre compte d'à quel point Il nous aime, et ce même à un moment aussi tragique.

Le rav Galinsky (véIgadéta) dit : en comparaison des nations, nous sommes toujours considérés comme bons.
Il rapporte d'ailleurs les paroles du Noam Elimélé'h (Likouté Chochana) : "Même le pire des juifs est plus grand que le meilleur des non-juifs!"
[il explique la signification des paroles d'Ochéa à Hachem, comme rapportées dans la guémara Pessa'him 87a]

-> Selon rabbi Yéhouda Rosanes (Parachat Dérachim - drouch 23), bien que les juifs aient fauté, ils ont été pardonnés puisque la destruction du Temple était considérée comme leur punition, et c'est ainsi qu'ils étaient de nouveau considérés comme faisant la volonté de Hachem.

-> Le rav Yonathan Eibschutz (Yaarot Dvach 2,13) cite l'enseignement de nos Sages affirmant que la présence Divine ne quitte jamais les juifs pendant le Shabbath et également les Yom Tov.
Il calcule que le 1er Temple a été détruit pendant Shabbath, et dans ce cas la présence divine résidait toujours parmi nous et les Chérubins étaient enlacés.

-> Le Maharcha (guémara Yoma 54b) suggère que puisque les juifs allaient être aussi sévèrement punis, ils avaient besoin de cette manifestation de proximité totale et d'amour puissant.
Lorsque Hachem est obligé de nous infliger une punition en utilisant son Attribut de justice, il doit d'abord et avant tout se remplir de miséricorde et d'amour.

C'est pourquoi, ce n'est qu'une fois que les Chérubins s'enlaçaient en signe d'amour, que D. pouvait décréter la destruction du Temple, ainsi que l'exil des juifs qui allait en résulter.

Le rav 'Haïm Chmoulévitz ajoute que nos Sages enseignent : "De la même façon qu'Il (Hachem) est miséricordieux, alors toi aussi tu dois être miséricordieux" (guémara Shabbath 133b).

Puisque nous devons suivre la façon de faire de D., nous devons donc avoir à l'esprit que dans les situations où nous sommes contraints à punir quelqu'un, nous ne devons pas le faire par la haine ou la rancune, mais plutôt par amour et par proximité avec lui, à l'image des Chérubins.

En effet, ce n'est qu'une fois que l'on a fait monter en nous de l'attachement envers autrui (notre amour/miséricorde), au point de le considérer sincèrement comme notre seul enfant, alors nous pouvons mettre en application la punition pour ses mauvaises actions (à 100% pour son bien).

-> Par l'étude de la sainte Torah, une personne peut atteindre tous les niveau spirituels
[...]
L'étude de la Torah peut réveiller en nous un amour et un enthousiasme ardent pour Hachem.
[Noam Elimélé'h - Tsav]

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-> L'étude de la Torah peut amener une personne à un attachement spirituel avec Hachem, ainsi que réveiller la miséricorde Divine.
[rabbi Elimélé'h of Lizhensk (le Noam Elimélé'h) - Likuté Chochana]

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-> Aussi longtemps que le Temple existait, les sacrifices expiaient [nos fautes].
De nos jours, en raison de nos fautes, nous n'avons plus l'autel, mais nous obtenons l'expiation [de nos fautes] par le biais de notre sainte Torah.
[Noam Elimélé'h - Tsav]

"Tu placeras sur la Table le pain de proposition devant Moi, perpétuellement" (Térouma 25,30)

-> Selon la guémara (Ména'hot 29a), un grand miracle se produisait avec le "Lé'hem haPanim" : il était récupéré dans le même état qu'il avait été laissé.

Le 12 pains de proposition ("Lé'hem haPanim") étaient placés sur la Table alors qu'ils étaient frais et chauds, avec de la vapeur qui s'en échappée.
Ils y restaient pendant une semaine, et lorsqu'on les récupérait ils étaient toujours chauds et fumant.

=> Quel était l'objectif de ce grand miracle?

Le "Lé'hem haPanim" restait chaud et frais toute la semaine pour nous enseigner comment étudier la Torah, qui est comparée à du pain (cf.Michlé 9,5 : "Venez, mangez de mon pain").

La Torah doit constamment être fraîche [et chaude] : nous devons toujours l'étudier avec enthousiasme et fraîcheur.

[Ben Ich 'Haï - Ben Yéhoyada sur Ména'hot 29a]

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-> La guémara (Ména'hot 96a) dit sur les pains de proposition qu’on les élevait devant les pèlerins et on les leur montrait en disant "Voyez combien vous êtes chers à D."

-> On voulait faire constater aux juifs présents dans la cour (azara) que même une semaine plus tard, le pain était toujours aussi chaud, avec de la vapeur qui montait, que lorsqu'il avait pu être amené, et c'est pourquoi on le levait devant les pèlerins.
Le Divré Mordé'haï explique que cela venait nous insinuer que le service de Hachem doit être pratiqué avec enthousiasme et d’un cœur chaleureux. C’est cela "être cher à D.", quand on Le sert chaleureusement et avec un enthousiasme constant.

[Hachem désire notre cœur, un service Divin qui est fait avec des battements, avec de la vie, de la chaleur, ... et non dans la froideur de la routine, du qu'en dira-t-on, ...]

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-> b'h, voir également l'enseignement du Imré Emet : https://todahm.com/2019/07/07/9508-2

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-> Le midrach (Vayikra Raba 32,3) raconte qu'un effronté se moqua du Pain de Proposition, qu'on retirait le Shabbat, environ une semaine après l'avoir cuit, et dit au sujet de : "Vous le présenterez le Shabbat" : "Il est d'usage que le roi mange du pain frais du jour - un pain rassis de 9 jours lui convient-il?"

Rabbi Hanoch Héni'h d'Alexandrie dit à ce sujet : "A priori, ce n'est pas un effronté, mais un idiot : la vérité, c'est que lorsqu'on retirait le pain, il était aussi frais que le jour où il avait été préparé. C'était l'un des miracles qui se produisaient au Temple. S'il en est ainsi, pourquoi disait-il cela? La réponse", dit le Rebbe, "c'est que l'on voit l'autre en fonction de ce qu'on est. Quand on est rassis', on voit le reste ainsi."

Le Beit Israël ajoute : "C'est pour cette raison que ce pain était appelé littéralement : Lé'hem Hapanim (le Pain des faces), car il reflétait le visage de chacun. On le voyait tel que l'on était soi-même."

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-> Pourquoi est-ce que le sujet de la Table est abordé juste après celui concernant l'Arche?

Cela fait allusion au fait que la table d'une personne doit être un lieu de Torah (l'Arche contient les Tables de la Loi, représentant la Torah), comme il est écrit : "si 3 personnes ont mangé à une table et y ont prononcé des paroles de Torah, c’est comme si elles avaient mangé à la table de Hachem" (Rabbi Chimon - Pirké Avot 3,4).

Le mot Table (Choul'han - שולחן) a la même guématria que : méchaméa'h (réjouir - משמח), car celui qui traite sa table comme il le faut, en y faisant les bénédictions (béra'hot) et en y disant au cours des repas des paroles de Torah (divré Torah), alors il réjouit Hachem.

Cependant, le mot : שולחן a les mêmes lettres que : לנחש (léna'hach - au serpent), car si quelqu'un mange son repas pas comme il le faut, avec légèreté, c'est comme s'il avait mangé de la table du "serpent", qui représente le Satan.
[le ‘Hida – חומת אנך]

["Rabbi Chimon dit : Si 3 personnes ont mangé à une même table et n’y ont pas prononcé de paroles de Torah, c’est comme si elles avaient mangé des [offrandes apportées à un dieu étranger, appelées] sacrifices des morts" - Pirké Avot 3,4]

[d'après la Torah, même les actions les plus matérielles peuvent permettre de s'élever spirituellement.]

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-> Le mot Table (Choul'han - שולחן) a la même guématria que : "c'est la paix" (zé shalom - זה שלום).
C'est le fait d'être en parfaite harmonie avec Hachem, un concept en allusion dans la Table.
[le ‘Hida – חומת אנך]

-> Il y avait 2 rangées de 6 pains.
Le nombre 6 renvoie aux 6 sections de la michna, qui est la Torah Orale, et aux 6 mots dans le 1er passage de la lecture du Shéma (de "Shéma" à "é'had"), qui représente l'acceptation de notre servitude à Hachem.

La lettre vav (de valeur 6) peut s'écrire de 3 manières :
- soit : וו = valeur de 12 = cela représente les 12 tribus ;
- soit : ואו = guématria de 13 = qui est la même que le mot : אחד (un - é'had), qui représente l'Unicité de Hachem ;
-soit : ויו = valeur de 22 = allusion aux 22 lettres de l'alphabet hébraïque qui se retrouvent dans la Torah.

=> Le nombre 6 (lettre ו) fait référence à Hachem, à la Torah, et au peuple d'Israël, nous indiquant que ces 3 ne sont en réalité qu'un.
[le Béér Moché]

-> Bien qu'il y avait 12 pains, la Torah utilise le singulier : lé'hem (לֶחֶם), puisqu'ils étaient comme un.
[à l'image des 12 tribus qui ne sont en réalité qu'une seule et même entité.]
[haKtav véhaKabbala]

-> La Table avec ses pains de proposition était le conduit par lequel Hachem permettait aux bénédictions de se déverser dans l'aspect matériel de l'univers.
[...]
[De nos jours] une table [à manger] est comparée à un Autel, car grâce à elle on mérite le pardon si on l'utilise pour partager des pensées de Torah et nourrir les affamés [ceux dans le besoin].
[Rabbénou Bé'hayé]

 

Mélanger le lait et la viande

"Ne fais pas cuire un jeune animal dans le lait de sa mère" (Michpatim 23,19)

-> Il faut veiller à ne pas manger du lait et de la viande ensemble : qu'ils soient cuits ensemble ou que l'on mange du lait après la viande, que ce soit au cours du même repas ou au repas suivant sans attendre le temps obligatoire.

Si une personne enfreint ce commandement, pendant 40 jours un dénonciateur (mékatreg) se trouve à ses côtés et lui cause de nombreux malheurs, faisant adhérer à elle de nombreuses forces du mal (klipot).
Pendant ces 40 jours, elle est poursuivie par un esprit de l'Autre Côté (sitra a'hra).

Tout enfant né pendant cette période est en danger de mort. En effet, "D. a fait l'homme à Son image" (Béréchit 9,6), et cette personne souille son corps et sa bouche d'aliments interdits, causant l'éloignement de l'image Divine.

'Hanania, Mikhaël et Azaria purent échapper à de nombreux malheurs grâce à leur abstention de tout aliment interdit.
En effet, Névou'hadnézar servait à magner des aliments interdits, et il tenait que l'on serve à chaque repas du lait avec de la viande.

Daniel, particulièrement vigilant sur ce point, mérita d'être sauvé de la fosse aux lions.
[cf. Daniel 1,8 : "Daniel prit la résolution de ne pas se souiller par les plats du roi et le vin qui lui servait de boisson; il insista donc auprès du chef des eunuques pour n'avoir pas à se souiller. "]

=> Comme il scella sa bouche pour ne pas consommer de nourriture non cashère, Hachem scella la bouche des lions pour les empêcher de lui faire du mal (Daniel 6,23).
En effet, les animaux sauvages ne peuvent attaquer l'homme à moins que l'image Divine ne l'ait quitté et qu'il ressemble à un animal.

[d'après le Méam Loez - Michpatim 23,19]

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-> "Ne cuis pas le chevreau dans le lait de sa mère" (Michpatim 23,19)

-> La Torah interdit de cuire la viande avec le lait, de manger et profiter de cette cuisson. Nos Maîtres ont interdit aussi de manger le lait après la viande, même sans recourir à une cuisson. Mais l'inverse est autorisé, à savoir la consommation de viande après le lait, après s'être nettoyé la bouche et les mains.

Tout cela a un sens profond. La viande représente l'attribut de rigueur. Alors que le lait représente l'attribut de bonté. Hachem a créé le monde avec le Nom Elokim (l'Attribut de Rigueur) ; on peut constater que le monde est rempli de rigueur. Mais l'objectif est d'adoucir cette rigueur en faisant dominer la bonté sur elle.
Tel est l'objectif de toutes les mitsvot : dévoiler la Bonté Divine pour adoucir la Rigueur. En revanche, quand c'est l'inverse qui se passe, que la rigueur prend trop de force jusqu'à dominer la bonté, alors cette rigueur devient ce que l'on appelle le "Mal". Certes, la rigueur est nécessaire dans le monde, mais lorsqu'elle est adoucie par la Bonté. Trop de bonté sans aucune rigueur mène aussi à un déséquilibre néfaste, car ce serait la porte ouverte à toutes les pulsions et à toute permission. La rigueur doit cadrer cette bonté pour ne pas qu'elle soit débordante. Mais une fois cadrée et préservée de toute dérive, c'est la bonté qui doit dominer.

La Torah interdit de cuire la viande dans le lait ni de la consommer ou profiter d'une telle cuisson, pour ne pas que la rigueur se renforce sur la bonté. C'est pourquoi, la Torah appelle ici la viande par le nom de "chevreau", de la famille du bouc, allusion au bouc pour Azazel, qui incarne les forces du Mal. Car lorsque la rigueur domine, c'est alors le renforcement du "Mal".
Ainsi, les Sages ont ajouté l'interdiction de manger du lait après la viande, mais pas l'inverse. Car selon le principe Halakhique, "ce qui est en-dessous domine". Ainsi lorsque l'on mange d'abord de la viande, puis ensuite on ingurgite du lait, la viande se trouvant sous le lait, dominerait. Ainsi la rigueur dominerait sur la bonté, D. Préserve.
L'inverse n'est pas interdit car lorsque le lait est consommé en premier, il se retrouve en dessous de la viande, et dans cette position, il prédominera sur la viande. Ce qui n'est donc pas problématique.
[d'après les Mékoubalim]

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-> Selon Rabbi Ichmaël : "La Torah mentionne par trois fois l'interdit de faire cuire le chevreau dans le lait de sa mère, pour nous apprendre qu'il existe trois interdictions relatives au lait et à la viande : l'interdit de les consommer ensemble, l'interdit d'en tirer profit et l'interdit de les cuire ensemble" (guémara 'Houlin 115b).
C'est ainsi que rabbi Yossef Caro (Choul'han Aroukh Yoré Déa - siman 87,1) tranche ainsi la halakha.

-> Le Chlah hakadoch (Torah Ohr) écrit au nom du Mékoubal Rabbi Mena'hem Rekanati que la raison de l'interdiction de la consommation de viande avec des produits laitiers : la viande, qui est rouge, relève de la rigueur, et le lait, qui est blanc, relève de la bonté et il ne convient pas de les mélanger.
En effet, il est explicitement souligné dans le Zohar (Béréchit 49b) que la couleur blanche est une émanation du 'Hessed (bonté) tandis que la couleur rouge est une émanation de la stricte rigueur (din).

En effet, sache que la bonté est appelée 'halav (lait), tandis que l'attribut de rigueur est appelé bassar (viande) ... et dans le cas où une personne consommerait de la viande dans du lait, il renforcerait le flux de rigueur dans le monde et son emprise sur la bonté. [séfer haPlia p.33]

-> Le Ben Ich 'Haï (chana chénia - paracha Béhaaloté'ha) enseigne :
"A ce sujet, les Mékoubalim ont décrit la raison de cet interdit de consommer de la viande avec du lait : parce que la viande est le secret de la rigueur tandis que le lait est le secret de la miséricorde ... Ainsi, leur mélange est interdit tout comme il est interdit de se revêtir de chaatnez qui est un mélange de rigueur et de la bonté, qui n'est pas mesuré et pas estimable comme il convient pour être appliqué, d'après le secret de l'adoucissement."
En effet, leur mélange donne l'opportunité à la stricte rigueur de dominer l'attribut de 'Hessed dans le monde, que D. préserve.