Aux délices de la Torah

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Mikets & ‘Hanoucca

Paracha de la semaine : paracha Mikets :

Cette paracha commence :
- 2 ans, jour pour jour, après la libération du maître échanson ;
- 12 ans après que Yossef ai été jeté en prison ;
- Yossef a 30 ans, Yaakov a 120 ans et Its'hak a 180 ans (c'est à cette époque qu'il décède).

++ Nombre de mots dans la paracha = 2025 = allusion à la fête de 'Hannoucca.

En effet :
- les 8 soirs de 'Hannoucca, nous allumons un nouveau nér (mot ayant une guématria de 250, soit durant les 8 jours : 8*250 = 2000) ;
- la fête débute le 25 Kislev
=== ainsi le nombre : 2025 (2000+25), fait allusion aux lumières et à la date de 'Hannoucca = nombre de mot de la paracha mikets, habituellement lue pendant cette fête.

Source : 'Houmach Artscroll 

[ Il n’empêche que lorsque l’on compte soi-même les mots de la Paracha, nous n’en trouvons que 2024!
Le Gaon de Vilna propose donc, pour trouver le juste nombre, de compter double le mot אַבְרֵךְ Avrékh (dit à propos de Yossef : "Il le fit monter sur son second char ; on cria devant lui : Avrêkh (אַבְרֵךְ) et il fut installé chef de tout le pays d’Égypte" (Mikets 41, 43), car ce terme est interprété comme la composition des mots: אב (Av) et רך (Rekh). ]

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-> Le Mégalé Amoukot (rabbi Nathan Shapira) écrit que la pureté et la sainteté de Yossef ont permis d'annuler les forces négatives (klipa) de la Grèce (Yavan). En effet, la guématria de : Yossef (יוסף) est de 156, qui est la même que : "mélé'h yavan" (מלך יון - le roi de Grèce) et également que Antiochus (אנטיוכס). La culture grecque se tient à l'opposé de l'attribut de sainteté de Yossef, et c'est d'ailleurs pour cette raison que les grecs ont interdit entre autre la mitsva de la brit mila, qui est le symbole de la sainteté de Yossef.
Ils voulaient développer l'immoralité, ce que Yossef a totalement évité, bien que résidant en Egypte, la capitale de la corruption et de la débauche.

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-> Selon le 'Hida, les premiers mots de la paracha Mikets correspondent au miracle de 'Hanoucca.
En effet, les lettres des mots : "וַיְהִי, מִקֵּץ שְׁנָתַיִם יָמִים" permettent de former (acronyme) : וכאשר יוחנן השמיד יונים מבית קדשנו צונו שנדליק נרות תמניא יומי מחנוכה יניחנה מצד ימין מהיוצא (Et lorsque Yonathan a détruit les grecs de notre saint Temple, nous avons reçu le commandement d'allumer 8 jours de 'Hanoucca, positionné sur le côté droit de la porte d'entrée [lorsqu'on] sort).

-> Le rav Ye'hezkel Eliyahou Horowitz fait remarquer :
- la guématria du 1er verset de la paracha : וַיְהִי, מִקֵּץ שְׁנָתַיִם יָמִים; וּפַרְעֹה חֹלֵם, וְהִנֵּה עֹמֵד עַל-הַיְאֹר (Mikets 41,1) est de 2114, qui est la même que : קבעו שמונת ימי חנוכה להודות ולהלל לשמך הגדול ([Nos Sages] ont établi 8 jours de 'Hanoucca pour remercier et louer Son grand Nom [Hachem]).

- "Il (Yossef) répondit : Ce que vous dites maintenant est juste" (Mikets 44,10 - וַיֹּאמֶר, גַּם-עַתָּה כְדִבְרֵיכֶם כֶּן-הוּא)
Les mots : "גַּם-עַתָּה" ont une guématria de 518, qui est identique à : "להדליק נר חנוכה" ;
Les mots : "כְדִבְרֵיכֶם כֶּן-הוּא" ont une guématria de 378, qui correspond à : "בחסד ורחמים".
C'est allusion au fait que les tsadikim au moment d'allumer les bougies de 'Hanoucca, ont la capacité d'amener de la bonté et des libérations aux autres.

Prier les mains pleines de sang

+ "Yehouda dit à ses frères : quel profit (= bétsa) y a t-il si nous tuons notre frère ..." (Vayéshev ch.37 ; v.26)

Le mot בצע est l'acrostiche des 3 prières quotidiennes : בקר צהרים ערב = boker (matin) , tsaorayim (après-midi) et érev (soir).

Chacune des lettres du mot בצע constitue la 2e lettre du nom de celui qui a institué la prière au moment afférent ci-dessus :
--- le ב est la 2e lettre du nom Avraham, qui a institué la prière du matin : boker (cha'harit) ;
--- le צ est la 2e lettre du nom Itshak, qui a institué la prière de l'après-midi : tsaorayim (min'ha) ;
--- le ע est la 2e lettre du nom Yaakov, lequel a institué la prière du soir : érev (arvit).

Yéhouda voulait mettre en garde ses frères, qui en commettant un tel crime (le laisser mourir dans le puits), se discréditaient envers D. et aucune prière ne pouvait réparer ce méfait.

Ainsi qu'il est dit dans Yéchayahou (1,15) : "même si vous multipliez les prières, je ne pourrais les écouter, vos mains sont pleines de sang".

[Rav Yéhouda Assad]

Garder le silence pour préserver la paix

+ Garder le silence pour préserver la paix :

- La Rabbanite 'Haya Rivka Shinlzon affirmait que l'on apprend un enseignement important de la dernière phrase de la Amida : "Osé Shalom" (Celui qui fait régner la paix ...), que l'on prononce après avoir reculé de 3 pas et en se penchant vers l'avant.
En effet, de la même manière, il faut se plier et reculer en arrière en faveur de la paix!!

- La Rabbanite Kanievsky disait toujours : "Lors d'un différend ou d'une dispute, la plus infime des concessions de notre part a le pouvoir d'engendrer de grandes délivrances!
N'est-il pas écrit que le monde ne se maintient que par le mérite de celui qui se tait au moment d'une dispute!"

- Le Rabbi Its'hak Zilberstein conseille à une personne offensée : "Qu'elle s'isole dans un coin (de la maison) et dise "Que ce soit Ta volonté [D.] que le silence que je garde soit considéré à Tes yeux comme un grand acte et qu'il me nettoie de mes fautes", car je supporte cette peine pour me plier à ce que Tu as ordonné dans Ta Torah : "les personnes humiliées n'humilient pas en retour, elles subissent l'humiliation et ne répondent pas" et au sujet de ces personnes, Tu as écrit : "Ceux qui aiment D. rayonneront comme le soleil dans sa gloire " (Choftim 5;31)".

=== Qu'avons-nous à gagner à répondre sur le coup de la colère/l'humiliation, à part mettre de l'huile sur le feu?
Au contraire, (même si c'est très dur) agissons selon la volonté de D., et au-delà d'une pluie de bénédictions qui nous est promise, nous pouvons espérer que notre réponse puisse trouver écho dans un climat apaisé et constructif.

Source : adaptation et compilation personnelle (b"h) du livre : "La femme Juive" de Sarah Hassan

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-> b'h, également : http://todahm.com/2020/09/21/15207-2

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-> Les gens pensent que la grande dignité de l'homme est d'avoir le pouvoir de s'exprimer. Et moi, je pense que le pouvoir de l'écoute est plus précieux que tout le reste.
[rabbi Naftali de Ropshitz]

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-> "Je n'ai rien trouvé de plus salutaire que le silence" (Pirké Avot 1,17)

-> "Si le silence convient bien aux sages, à plus forte raison aux insensés" (guémara Pessa'him 99a)

-> "Le monde ne se maintient que grâce à celui qui se tait au moment d'une querelle" ('Houlin 81a)

-> "De même qu'il est une mitsva de dire ce qui peut être entendu, de même il est une mitsva de ne pas dire ce qui ne peut être entendu et il vaut mieux se taire" (guémara Yébamot 64b)

-> "Le meilleur remède à toute chose est le silence ... un mot vaut un séla, le silence en vaut deux" (guémara Méguila 18a)

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-> Les lèvres qui restent fermées et s'abstiennent de dire du lachon ara finiront pas donner de bonnes réponses aux questions concernant la Torah.
Si comme l'affirme la guémara (Arakhin 15a), le lachon ara est parmi les fautes les plus graves du judaïsme, alors certainement le fait de fermer ses lèvres [plutôt que de dire du lachon ara] peut être classé parmi les plus grandes mitsvot.
Aucune bénédiction n'est récitée lorsque l'on prend seulement la arava à Hochana Rabba (guémara Soucca 44b) [au moment de la frapper au sol]. De cela, nous pouvons apprendre que parfois rester silencieux est aussi efficace que parler des mots de Torah.
[Sfat Emet - 5654]

[le Sfat Emet y développe également qu'à Souccot en prenant la arava (qui représente les lèvres) avec les autres Espèces cela fait allusion au pouvoir de bouger nos lèvres, de parler (ex: paroles de Torah, d'encouragement à autrui, ...) et lorsque nous ne prenons à Hochana Rabba la arava seulement , cela fait allusion à l'importance de fermer nos lèvres, d'être silencieux.
Il ajoute que parfois cette dernière attitude peut être plus efficace que la première.]

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-> Le trait de caractère le plus bénéfique est le silence.
[Rabbénou Yona ; Méïri]

-> Avant de parler, je suis maître de mes mots ... une fois que les mots sortent de ma bouche, ils me dominent.
[rav Yéhouda ha'Hassid]

-> Le 'Hazon Ich disait : "Il y a des gens qui savent parler, mais je sais garder le silence, et c'est encore plus difficile que de parler."

-> Que le fait de dépenser ton argent soit plus facile à tes yeux que le fait de dépenser tes mots.
[Roch - Or'hot 'Haïm]

-> Le silence est une grande compétence ... ce n'est que dans la solitude que l'âme et l'esprit développent leur force.
[rav Shlomo Wolbe]
[en sachant se taire, on permet à son intériorité, à son âme, de prendre le dessus et de se prospérer sous être étouffer par la matérialité, par nos pulsions égocentriques (ex: souvent en parlant c'est motivé par un sentiment inconscient de vouloir extérieur [j'ai de l'importance aux yeux des autres], au détriment de vrai soi-même).]

-> Le Déré'h 'Haïm développe cette idée :
le corps physique et l'intellect ne peuvent s'activer en même temps. Ainsi, si la faculté physique de verbaliser une idée est active, alors l'intellect méditatif est inactif.

-> De même le Ohr Torah enseigne :
lorsque vous êtes un donneur, vous ne pouvez pas être un récepteur.
Lorsque vous parlez et partagez avec les autres, vous êtes un donneur.
Lorsque vous êtes silencieux, vous pouvez recueillir l'inspiration qui vous est envoyée.

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+ Le silence est d'or :

-> Rabbi Yaacov Galinski nous enseigne :
"Il est écrit dans la guémara (Kidouchin 71a), que les familles les plus nobles venaient de Babel. Elle ajoute (Kidouchin 71b) : Tous ceux qui parlaient le babylonien avaient des propositions de mariage', car on les tenait pour venant de Babel. Mais maintenant, il y a des gens malhonnêtes qui apprennent le babylonien pour qu'on les prenne pour des nobles, ce n'est donc plus une preuve.
La guémara demande donc 'Comment trouver une épouse? et elle répond : 'Ceux qui se taisent quand il y a conflit sont tenus pour des gens de bien.

Cependant, si les gens malhonnêtes sont prêts à apprendre une langue et à imiter l'accent babylonien pour être considérés comme nobles, ne seront-ils pas aussi prêts à se taire? N'est-il pas plus difficile d'apprendre une langue étrangère que de se taire?

La réponse est que, bien sûr, ils voudront se taire. Mais ils n'en seront pas capables!
Car il est sans conteste plus difficile de se taire. On n'en est capable que si on y a été éduqué, dans une famille de noble extraction, et qu'on a continué dans ce chemin."

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-> "Quel est le rôle de l'homme sur Terre? Être comme muet" (guémara 'Houlin 89a)
Le rav Yaakov Galinski commente : "Comme ce rôle est difficile, mais comme il est important et profitable!"

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-> Le rav Shlomo Zalman Auerbach a dit :
Sache que lorsqu'on rend la pareille, l'autre redouble ses coups, et la dispute s'amplifie sans cesse. Mieux vaut verrouiller sa bouche lors du conflit. Ainsi, l'adversaire n'aura rien à répondre, et petit à petit le volcan s'éteindra, et la dispute sera oubliée ...

J'ai entendu, au nom d'un grand homme, une explication du Téhilim (47,38) : "Et moi, tel un sourd je n'entendrai pas, et tel un muet il n'ouvrira pas sa bouche".
Ce Téhilim n'est pas correct grammaticalement. Il commence à la première personne, "Je n'entendrai pas", et devrait se terminer selon la même construction, Je n'ouvrirai pas ma bouche'. Cela vient nous enseigner que si l'une des parties se tait, adoptant l'attitude de "tel un sourd je n'entendrai pas" alors l'autre partie agira de façon similaire, et "tel un muet il n'ouvrira pas sa bouche".

"Les Portes du Ciel? 
La tristesse les ferme ; la prière les ouvre ; la joie les brise."
(le Baal Chem Tov - 1698-1760)

Avoir un visage rayonnant …

+ Avoir un visage rayonnant ...

1°/ "Un homme qui offre à son ami les plus beaux cadeaux du monde en affichant toutefois un visage triste est considéré comme ne lui ayant rien donné.
Tandis que celui qui accueille son ami d'un visage rayonnant, même s'il ne lui a rien donné, est considéré comme lui ayant offert les plus beaux cadeaux du monde!"
(Rabbi Nathan)

 

2°/ Rabbi Avigdor Miller note que l'un des attributs divins consiste à faire rayonner Sa face vers l'homme (cf. bénédiction des Cohanim : "Que D. fasse rayonner Sa face vers toi et te soit bienveillant" - bamidbar 6;25).

Nos Sages nous enseignent que ce rayonnement de la face de D. sur l'homme lui procure la bénédiction, la réussite et la protection (cf. dans la amida : "Car à la lumière de Ta face Tu nous a donné, H. notre D., la Torah et la vie, l'amour et le 'Hesséd, la Tsédaka et la miséricorde, la bénédiction et la paix.")

Rav Miller demande : "Si le rayonnement de la face de D. vers l'homme procure à celui-ci la bénédiction, qu'en est-il de l'homme qui reçoit son prochain d'un visage rayonnant?

Le Rav répond : "De la même manière, nous pouvons affirmer qu'un homme apporte à son prochain la bénédiction lorsqu'il l'accueille d'un visage rayonnant!"

 

3°/ "Accueille TOUT homme d'un visage rayonnant" (Chamaï - Pirké avot 1;15)

Rav Avigdor Miller éveille notre attention sur l'utilisation du mot "tout" (kol), qui englobe surtout la personne qu'il ne nous est pas agréable de rencontrer, comme celle qui est orgueilleuse, morose, grincheuse ou bien repoussante!

Il n'est pas méritoire de sourire aux gens aimables/affables et joviaux, cela Chamaï n'a pas besoin de nous l'enjoindre ...

De même, le Rabbi Its'hak Blazer (dans son Nétivot Or) souligne qu'il n'y a rien de difficile à sourire à son prochain lorsque l'on se trouve soi-même dans un état d'esprit joyeux et satisfait.
Cependant, lorsque l'on est triste ou stressé, et que notre visage reflète le mauvais sentiment qui nous tourmente, accueillir son prochain d'un visage joyeux nécessitera le déploiement d'efforts surhumains pour dominer nos émotions!

 

Source : compilation personnelle (b"h) du livre : "La femme Juive" de Sarah Hassan

"Même le corps d'un saint est fait de chair."
(Baal Chem Tov - 1698-1760)

La tsniou’t

+ Sarah Iménou - La tsniou't :

Le peuple juif a connu de nombreux événements très douloureux, comme par exemple, les récits atroces se passant durant la période de l'Inquisition.

Il y a l'histoire bouleversante de cette jeune fille qui a refusé de céder aux pressions des prêtres en se convertissant et qui a été exécutée d'une façon atroce.
Ses nattes ont été nouées à la queue d'un cheval au galop, et elle a été traînée devant la foule jusqu'à ce qu'elle rende l'âme, le corps entièrement déchiqueté.
Mais avant l'exécution, l'héroïque condamnée a supplié qu'on lui accorde une dernière demande : des épingles!
Dans quel but?
Pour attacher ses habits à sa chair vive afin que ses jambes ne se découvrent pas lorsqu'elle serait traînée à terre!
A quoi cette jeune fille martyre a-t-elle pensé en ces moments terribles?
== A la tsni'out d'une fille d'Israël/juive!!

Le 'Hida demande : d'où les femmes ont-elles puisé cette force surnaturelle de supporter les souffrances les plus terribles comme celles du temps de l'Inquisition?
Le 'Hida disait : elles ont tiré leur force de leur tsinou't.
Sarah était supérieure en prophétie à Avraham, grâce à sa tsniou't, comme il est dit : "La voici, elle est dans la tente".
C'était sa louange essentielle.

- Rav Avraham Wolf a demandé un jour au 'Hazon Ich :
"Comment protéger les jeunes filles de l'esprit d'impureté et de libertinage qui souffle aujourd'hui dans le monde?
Pour les hommes, c'est l'étude de la Torah qui est le meilleur remède contre le yétser ara.
Et qu'en est-il des femmes?"
- Le 'Hazon Ich lui a répondu :
"Par la force de la tsniou't!
Le Gaon de Vilna disait : ce que les hommes acquièrent par la Torah, les femmes l'acquièrent par la tsniou't de leur habits et de leur comportement".

C'est Sarah Iménou, qui nous a légué cette arme défensive secrète.

Rabbi Yaakov Galinzki a dit, que de ces paroles du 'Hazon Ich, on peut déduire un 'hidouch intéressant :
"Il est écrit que lorsque les enfants d'Israël se fatiguent et transpirent en étudiant la Torah, D. recueille chaque goutte de sueur et elles deviendront les gouttes de la rosée, ce "Tal ré'hiya" qui les fera revivre à la résurrection des morts.
Ceci s'applique aux hommes.
Mais les femmes qui n'ont pas l'obligation d'étudier la Torah, comment vont-elles revivre à la résurrection des morts?
Pour elles, D. recueille chaque goutte de sueur qui coule à cause des habits tsnou'im (selon la tsniou't) qu'elles portent et c'est cela qui sera leur rosée de résurrection!"

+ A cette même occasion, le rav Yaakov Galinzki a ajouté un autre 'hidouch :
"Il est écrit : "les enfants d'Israël ont emprunté aux Égyptiens des ustensiles d'argent et d'or et des vêtements".
Que pouvaient faire les filles d'Israël avec les robes des égyptiennes qui n'étaient certainement pas pudiques?
Elles les ont utilisées pour leurs enfants, comme D. l'avait dit à l'avance à Moshé, au buisson ardent (Shémot 3;22) : "chaque femme empruntera à sa voisine ... des ustensiles d'argent et d'or et des habits et vous les mettrez sur vos fils et filles!"

+ La Torah fait allusion à la tsniou't exceptionnelle de Sarah Iménou.
Lorsqu'ils étaient en route vers l'Egypte, Avraham dit à Sarah: "Maintenant, je sais que tu es une femme belle" (Lé'h Lé'ha 12;11), et le Midrach explique que, jusqu'à ce moment, il ne s'en était pas vraiment rendu compte tant elle était tsnoua'h (pudique).
Ils menaient une vie commune depuis des dizaines d'années mais Avraham n'a découvert la beauté de ses traits que dans le miroir de l'eau, lorsqu'elle s'est penchée au-dessus d'un ruisseau pour se laver le visage.

----Attention ----- Ce degré de tsniou't ne convient, bien sûr, qu'à Sarah Iménou, mais c'est ainsi qu'elle a légué cette vertu particulière à toutes les filles d'Israël.

+ Guémara Méguila 13b = "Par le mérite de sa tsniou't, Ra'hel a eu le mérite d'avoir le roi Chaoul comme descendant ..."
Le Ben Ich 'Haï explique que Yaakov a vécu 7 ans dans la maison de Lavan avant son mariage.
Après toutes ces années où il a côtoyé sa fiancée, Yaakov ne pouvait-il pas l'identifier et la distinguer de sa sœur Léa (en effet, il a du lui transmettre des signes particuliers afin de pouvoir la reconnaître!)?
N'ont-ils pas mangé à la même table?
Ne se sont-ils pas rencontrés alors qu'il gardait les troupeaux et qu'elle allait régulièrement aux puits?
Comment pouvait-il la confondre avec sa sœur qui ne lui ressemblait pas?
C'est que Ra'hel se comportait avec une tsniou't (pudeur, discrétion, ...) si extrême que, durant toutes ces années, elle a caché son visage de Yaakov, comme Sarah dissimulait sa beauté à Avraham.
Yaakov craignait qu'ayant oublié ses traits, il ne puisse faire la différence entre Rah'el et Léa !

Voilà ce qu'était la tsniou't de nos Ima'ot !!!

Essayons chacune à son niveau, pas à pas, d'essayer de tendre vers la façon d'agir de nos Mères, les Matriarches ...

[on a tout à y gagner même si c'est pas toujours facile, et en plus, on permet à toutes les femmes mortes car étant juives, de pouvoir vivre au travers nos actions. Ainsi, elles ne sont pas mortes en vain ... ]

 

Source : adaptation personnelle (b"h) issu du "Binéoth Déché" du Rav David Chaoul Greenfeld

Les larmes d’une mère/d’une femme

+ Sarah Iménou - les larmes d'une mère/d'une femme :

Sarah était supérieure à Avraham en prophétie.
Ainsi, il est probable qu'elle avait également perçu (intuitivement) la nécessité d'une préparation aux korbanot (sacrifices) par une aqéda (ligature).
Avraham lui donna une réponse énigmatique : "Prie D. que ce soit bien pour nous".
= Peut-être, par tes nombreuses larmes, D. empêchera-t-Il le sacrifice de Yits'hak et proposera-t-Il un substitut?

Sarah a saisi la nécessité d'une Aqéda et compris ce qui allait se passer, et elle a pleuré sans fin en voyant son fils s'éloigner car son "âme était attachée à la sienne".
Lorsque le Satan est venu lui annoncer que Yits'hak avait presque été égorgé, son âme s'est envolée sous l'effet du choc et du chagrin.

Si, de justesse, il n'a pas été égorgé, pourquoi son âme l'a-t-elle quittée?
Peut-être a-t-elle pensé que son fils n'avait pas été jugé assez digne de servir de sacrifice pour les générations à venir.
Peut-être avait-on trouvé un défaut spirituel dont elle se sentait responsable!
L'amour de D., de Sarah, était si sublime, qu'elle a ressenti une peine immense à la pensée que son fils puisse avoir été jugé inapte à la Aqéda qui devait préparer les sacrifices des générations futures.

=== Les larmes qui jaillissent du fond du cœur d'une mère sont capables de transformer le décret le plus sévère.
On ne peut imaginer la puissance des larmes d'une mère.
La guémara met les maris en garde (Baba métsia 59a) : "l'homme doit faire très attention de ne pas faire de peine à son épouse car elle a les larmes faciles et il risquerait, très tôt, d'être puni de l'avoir fait souffrir" et il est dit ensuite : "bien que les portes de la prière soient closes (depuis la destruction du Temple), les portes des larmes ne le sont pas".
On est prêt à chercher des ségoulot à l'autre bout du monde, mais la vraie bénédiction est très très proche de nous.
Prendre le plus grand soin de sa femme (selon ses attentes et non les nôtres), tout faire pour éviter qu'une larme ne coule sur son visage (même en cachette) est le meilleur moyen de permettre aux bénédictions de couler à flot.

 

Source : adaptation personnelle (b"h) issu du "Binéoth Déché" du Rav David Chaoul Greenfeld

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-> Sur la puissance des larmes d'une femme qui se sent négligée par son mari, on peut rapporter la guémara Kétouvot (62b) :

"Rabbi Ri'houmi avait l'habitude de ne rentrer chez lui qu'une fois par an : la veille de Yom Kippour.
Une année, il était tellement plongé dans son étude qu'il oublia que c'était la veille de Kipour et qu'il devait rentrer chez lui.
Sa femme, qui l'attendait avec impatience, se répétait continuellement : "Maintenant il va arriver!"
Mais comme il tardait, ses yeux laissèrent échapper quelques larmes ... Au même moment, le toit de la maison dans laquelle son mari étudiait s'écroula sur lui et il mourut"
                                                                                                               -

=> Ainsi, même si elle ne désirait absolument pas la mort de son mari, le fait qu'il a provoqué la sortie de quelques larmes a eu un impact énorme! [et ce même s'il étudiait la Torah!]

Au combien un mari se doit d'être vigilant aux besoins plus ou moins clairement exprimés par sa femme.

 "La parole est un marteau avec lequel on fait éclater le cœur de pierre"
(Na'hman de Breslav - 1772-1810)

Agir selon l’ordre des priorités (b »h)

+ "Avraham entra en hâte dans sa tente, vers Sarah et dit : Vite! Prend 3 mesures de farine, de pur froment, pétris-la et fais-en des galettes." (Vayéra 18;6)

Guémara Baba Métsia 86b :
== "Rav Yéhouda a dit : Rav a dit : "tout ce que Avraham a servi lui-même aux 3 anges, D. l'a servi Lui-même à ses descendants, et tout ce que D. a fait servir par un intermédiaire, D. l'a octroyé par un intermédiaire à ses descendants.
Avraham a dit : "Je prendrai du pain ...", D. a envoyé la manne du ciel directement.
Avraham a dit : "que l'on prenne un peu d'eau", D. s'est servi d'un messager pour faire jaillir de l'eau (ainsi qu'il est écrit) :"tu frapperas le rocher" ".

En réfléchissant à ce passage de la guémara, nous constatons que tout ce que Avraham a servi lui-même, il l'a donné d'une main large et généreuse, en quantité considérable ; un veau pour chacun, ...
Et pour l'eau qui est la moins coûteuse, Avraham a dit : "que l'on prenne, de grâce, un peu d'eau" = il la donne avec parcimonie!
Comment comprendre cette guémara?

Rav Chakh répondait à cette question en racontant une anecdote.
Un jour, Rabbi Israël Salanter fut invité chez l'un de ses élèves.
Lorsqu'il se lava les mains avant le repas, il utilisa juste la quantité d'eau nécessaire.
Étonnés, ses disciples lui demandèrent : "Que notre maître nous enseigne! N'est-ce pas une ségoula pour devenir riche que de verser abondamment de l'eau pour l'ablution des mains?
- C'est exact, leur a-t-il répondu, mais cela ne doit pas se faire sur le compte de la servante chargée de rapporter l'eau du puit!"

Ainsi, disait le Rav Chakh, puisque les moindres détails des actes de nos patriarches préparent la conduite des générations à venir ('maassé avot simane lebanim') et que l'eau a été donné par un intermédiaire, ainsi Avraham savait que l'eau serait fournie aux enfants d'Israël par un intermédiaire : Moshé Rabbénou (et non directement par D. comme la manne).
Avraham s'est donc soucié que cela ne lui coûte pas trop d'efforts car il ne voulait pas faire un embellissement de la mitsva de recevoir des invités, sur le compte de l'émissaire.

De même, Avraham a demandé à Sarah : "... pétris et fais des galettes".
Avraham a voulu que, dans l'avenir, les femmes prennent aussi part à la mitsva de recevoir des invités.
Cependant, Sarah s'est souciée, comme plus tard Rav Salanter pour la servante, que les forces des futures maîtresses de maison soient ménagées.
C'est pourquoi, elle a rectifié en disant quéma'h (de la simple farine) au lieu de soléth (farine de froment = plus fine que la simple farine).

En effet, dit le Talmud, le tamisage de la farine pour obtenir une mesure de fine fleur de farine (soléth) est équivalent à celui nécessaire pour préparer 3 mesures de quéma'h.
En d'autre terme,le soléth prend 3 fois plus de temps de préparation que le quéma'h.

De nos jours, sur qui retombe la peine et le travail de recevoir des invités (la cuisine, le nettoyage, la préparation, ...)???
Certes, le chef de famille supporte généralement la part des dépenses mais lorsqu'il amène des invités chez lui, il doit tenir compte de la maîtresse de maison.

L'hospitalité doit être consentie de plein cœur et le mari ne doit pas forcer son épouse à dépasser les limites de ses possibilités.

Le mari doit faire attention à prendre la peine de sa femme en considération, chose infiniment plus importante que d'embellir la mitsva de recevoir les invités.
Ne laissons pas le yetser ara nous brouiller la vraie hiérarchie des valeurs (une chose accessoire/secondaire ne doit pas se faire au détriment d'une chose principale!!).

 

Source : issu du livre "Binéoth Déché" du Rav David Chaoul Greenfeld