Aux délices de la Torah

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Avoir de l’enthousiasme pour bénéficier de l’aide d’Hachem

+ Avoir de l'enthousiasme pour recevoir l'aide d'Hachem :

-> La Torah a été donnée par l’intermédiaire de trois éléments : le feu, l'eau et le désert.
De même que ces trois éléments sont gratuits, de même la Torah est gratuite et appartient à celui qui la désire.
[midrach Bamidbar rabba 1,7 ]

-> Le Sfat Emet nous dit que le feu a pour particularité de tendre vers le haut. Il est allumé en bas et s’élève vers les hauteurs.
A l’inverse, l’eau est un élément qui descend du haut vers le bas, du ciel vers la terre, comme la pluie.
Enfin le désert, est un élément statique, constitué de sable.

Nous avons donc ici l’enseignement suivant : pour acquérir la Torah, il faut posséder le feu. C’est-à-dire l’enthousiasme et la joie.
Cet enthousiasme a son point de départ sur terre, il naît en l’homme et va s’élever très haut, vers le Créateur.
Indispensable, cet élan ne suffit pas toujours à s’élever. Il lui faut une aide du Ciel. Cette aide d'Hachem est représentée par l’eau. Elle sera uniquement accordée en réponse à l’enthousiasme de l’homme.
L'eau représente l’humilité. C’est seulement vers celui qui a conscience de sa condition et de ses lacunes que l’eau pourra se répandre. Comme on le sait, cette eau ne restera pas au point culminant, mais descendra vers le point le plus bas.
L’homme doit donc être enthousiaste ; mais ce feu intérieur ne doit pas se conjuguer avec l’orgueil. Plus on est humble, plus Hachem nous enverra son aide, à l’instar de Moché et du mont Sinaï.

La 3e condition pour recevoir la Torah : prendre de la distance avec la matière. Cette distance, ce décalage, c’est le symbole du désert. Celui-ci représente la capacité de se défaire de tout ce qui fait écran entre nous et D. : c’est se séparer du matériel.
Ainsi, c’est uniquement par ces trois éléments que la Torah fut donnée jadis et c’est par leur intermédiaire que nous pouvons nous préparer au mieux au jour de Shavouot.

"Là [Hachem] lui donna un décret et une loi, et là, Il le mit à l'épreuve" (Béchala'h 15,25).
Ici Hachem enseigna à Moché que l'homme observant les mitsvot n'est plus soumis aux lois naturelles.
S'il se conforme à la Torah, il est capable de transcender la loi de la nature.
[Méam Loez - Pirké Avot - Introduction]

Notre yétser ara = une abeille

+++ Notre yétser ara = une abeille :

"Qu’ils m’entourent comme des abeilles" (Téhilim 118,12)

-> Le midrach commente que le verset dit spécifiquement que l'ennemi est comme des "abeilles" et non comme des "guêpes", car si l'abeille peut piquer, elle produit aussi du miel.

Chacun d'entre nous a un partenaire proche qui l'accompagne du jour de sa naissance jusqu'à sa mort : son yétser ara.
Une personne peut être prudente et rester sur ses gardes face au yétser, alors que va faire le yétser ara?
Il le laisse seul, et l'aide même à faire la prière, à étudier et à faire les mitsvot. La personne est heureuse et baisse sa garde.

Mais si on y réfléchit et considère tout ce qui nous est arrivé depuis notre naissance jusqu'à aujourd'hui, on serait choqué de voir tout ce que notre yétser (sous couvert d'être notre partenaire, une aide spirituelle) nous a volé : tout le temps perdu dans des choses vides, toutes les paroles inutiles, voire interdites, ...
Notre ennemi (le yétser ara) est comparé à une abeille. Aucune quantité de miel ne suffit à compenser la douleur de ses piqûres.
[sous couvert de vouloir notre bien spirituel (il nous offre en cadeau du miel), en réalité il fait en sorte qu'on y perde beaucoup plus (ce sera des piqûres de douleur après notre mort, en constatant la réalité de tout ce qu'il a pu nous faire passer à côté, en anesthésiant notre spiritualité par des cuillères de miel de temps en temps!). ]
['Hafets 'Haïm - Za'hor léMyriam - chap.17 ]

Pourquoi le yétser ara est-il qualifié de « fou » ?

+ Pourquoi le yétser ara est-il qualifié de "fou" :

-> Le 'Hafets 'Haïm se réfère au verset qui décrit le yétser ara comme "un roi vieux et fou" (mélé'h zaken ou'hssil - Kohélet 4,13), et demande : "Pourquoi l'appelle-t-on 'fou' ? Est-il vraiment un imbécile?" [ex: il s'est tellement identifier et appuyer sur nos faiblesses]

Pas nécessairement. En fait, il est très rusé et astucieux. Le qualificatif de "fou" fait référence à son métier. Tout comme un cordonnier fabrique des chaussures, le yétser ara est appelé "fou" parce que son métier consiste à aveugler les gens et à en faire des imbéciles!
[en effet : "une personne ne faute pas à moins qu'un esprit de folie ne pénètre en elle" (guémara Sotah 2a) ]
[Si'hot hé'Hafets 'Haïm - vol.2, p. 62]

"Béni sois-Tu Hachem, qui nous as choisis entre tous les peuples et nous as donné sa Torah, Béni sois- Tu, Hachem qui donnes la Torah" (bénédiction de la Torah).

Le Tour (Ora'h 'Haïm 47) commente : "on pensera, en prononçant cette bénédiction, au rassemblement au pied du mont Sinaï, à la manière dont Hachem nous a choisi parmi tous les peuples et nous a fait entendre Ses paroles au sein du feu et nous a donné Sa sainte Torah qui est toute notre vie, Son précieux joyau, avec lequel Il se délectait chaque jour."

Le demi-Shékel = la pièce de l’égalité = tout juif restera toujours aimé et important aux yeux d’Hachem

+ Le demi-Shékel = la pièce de l'égalité = tout juif restera toujours aimé et important aux yeux d'Hachem :

-> Les dons pour les adanim (socles) et les korbanot annuels devaient être exactement d'un demi-shekel (ma'hatsit hashékel), ni plus ni moins.
Le verset souligne : "Le riche ne doit pas augmenter et le pauvre ne doit pas diminuer" (Ki Tissa 30,15).

Il y a toutes sortes de juifs, à tous les niveaux. Chacun accomplit les mitsvot en fonction de l'état d'avancement de son cheminement spirituel. Ceux qui sont riches en Torah, en amour et en crainte d'Hachem peuvent réaliser les mitsvot à un niveau tout à fait différent de ceux qui sont pauvres en connaissance de la Torah et en accomplissement spirituel.

Mais lorsqu'il s'agit des shékalim, tous les juifs sont les mêmes. Pourquoi?
En effet, le shékel, qui est une pièce de monnaie circulaire, correspond au youd du nom d'Hachem (יהוה).
Chacune des lettres du nom d'Hachem correspond à un niveau d'âme différent. Le dernier hé du nom d'Hachem correspond au niveau le plus bas de l'âme, le néfech, qui est enraciné dans le plus bas des mondes spirituels, Assiya, et se manifeste dans l'accomplissement pratique des mitsvot.

Le vav du nom d'Hachem correspond au roua'h, il est enraciné dans la Yétsira et se manifeste par l'émotion qui accompagne l'accomplissement des mitsvot.
Le premier hé correspond à la néchama, le niveau intellectuel de l'âme, qui est enraciné dans la Beria et où toute méditation sur la grandeur d'Hachem et la connaissance de la Torah a lieu.
Le youd du nom d'Hachem correspond au niveau le plus élevé de l'âme, 'haya, et est enraciné dans l'Atsilout, où l'âme s'attache à Hachem dans un lien spirituel (le plus élevé qui soit).

Dans ces 4 niveaux d'âme, il y a un grand écart entre un juif et son voisin.
Plus le niveau d'accomplissement de la mitsva est élevé, plus le néfech est rayonnante. Plus l'amour et la crainte d'Hachem sont débordants, plus le roua'h est dynamique.
Plus on est absorbé par la connaissance d'Hachem, plus la néchama est élevée. Plus l'attachement à Hachem est pur, plus le 'haya est active et évoluée.

Mais il existe encore un 5e niveau d'âme : la yé'hida, qui signifie l'unité.
La yé'hida est la racine de l'âme, là où elle est taillée dans l'unité pure et simple d'Hachem lui-même.
Elle ne correspond pas à une lettre du nom d'Hachem, mais au koutso shel youd, le point culminant du youd du nom d'Hachem.

Il peut y avoir des juifs plus élevés et de juifs plus abaissés, et même des juifs très fauteurs, lorsqu'ils sont perçus sur les 4 niveaux inférieurs de l'âme.
Nous y sommes évalués en tant que serviteurs d'Hachem, et il y a de meilleurs serviteurs, plus loyaux et plus dévoués, et il y a des serviteurs moins bons.

Mais au niveau d'âme appelé : yé'hida, nous ne sommes pas évalués. Nous ne sommes que des enfants d'Hachem, et un enfant n'est pas "plus enfant" ou "moins enfant", mais simplement "enfant".
Il n'y a rien qu'un enfant puisse faire pour se détacher d'un parent au point de ne plus être un enfant. Au niveau du yé'hida, tous les juifs sommes égaux.

=> La pièce de monnaie du demi-shekel, qui correspond au youd, contient également en elle-même le koutso shel youd. Ainsi, lorsqu'il s'agit de shékalim, "les riches n'augmentent pas et les pauvres ne diminuent pas". Au niveau du yé'hida, nous sommes tous des enfants d'Hachem au même titre.

[de même que chaque juif donnait une pièce de même valeur, de même chaque juif (le plus tsadik, comme le plus racha) est autant apprécié aux yeux d'Hachem (au niveau d'âme yé'hida). ]

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-> Si une personne faute, elle souille son âme. Les actes répréhensibles endommagent le niveau d'âme néfech, les émotions immorales polluent le roua'h et les pensées hérétiques contaminent la néchama.
Bien qu'il soit rare d'endommager le niveau d'âme 'hayah, des réchaïm profondément racha peuvent y parvenir.

Si un juif faute de manière constante et flagrante, il endommage son âme au point de la brûler et de la détruire en faisant fondre ses impuretés.

Cependant, le niveau d'âme yé'hida, la pointe du youd, ne peut jamais être endommagée.
Par conséquent, lorsque la purification est terminée, même l'âme juive la plus pécheresse sera reconstruite à partir de cette essence centrale et complètement réhabilitée. Il rejoindra alors le reste du peuple juif dans une égalité totale et complète de stature, de pureté et de proximité avec Hachem.

En revanche, l'âme d'un non-juif (étant d'une qualité moindre) n'a aucune racine dans le niveau d'âme le plus élevé : celui de la yé'hida.
Par conséquent, un non-juif peut détruire son âme entièrement s'il commet des fautes suffisamment graves. Il cessera alors d'exister en tant qu'individu. Les étincelles de bonté qui subsistent après le processus de purification sont redistribuées à d'autres âmes. Il s'agit d'un processus très douloureux réservé aux fauteurs les plus vicieux, comme Haman et Hitler.

[ ainsi un juif, garde toujours en lui un noyau de pureté, une partie très élevée d'Hachem (que les non-juifs n'ont pas en eux), qui même s'il a agit comme Haman, il pourra à partir de ce noyau effectuer son tikoun (réparation) pour redevenir sublime.
Ainsi, le désespoir n'existe pas : même si on a fait les pires fautes possibles, on a en nous cette graine d'âme (yé'hida) pour tout reconstruire, en plus de notre téchouva sincère qui peut tout réparer. ]

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-> Rabbi Chimon bar Yo'haï a dit à ses élèves que tous les juifs de l'époque de Pourim ont mérité d'être tous anéantis car ils se sont prosternés devant l'idole(à l'épqoue de Névou'hadnétsar).
Il ajouta : "Ils ne l'ont fait que superficiellement (extérieurement, mais pas dans leur intériorité), et c'est pourquoi Hachem ne les a traités que superficiellement, comme il est dit : 'Il ne les a pas affligés de Son cœur" (Eikha 3,33). [guémara Méguila 12a]

=> Rabi Chimon bar Yo'haï a expliqué à ses élèves : "Ils ne l'ont fait que de l'extérieur". Si les juifs fautent, c'est uniquement à partir des couches extérieures de leur âme.
Au fond (dans son niveau d'âme yé'hida), un juif ne faute jamais.

[ainsi, l'essence même de l'âme d'un juif, qui correspond au Kodech Kodachim (au Saint des Saints), ne peut jamais être souillée par une faute.
Un juif est toujours beau et aimé de papa Hachem (sa yé'hida étant toujours inchangée, pure comme à l'origine), et il pourra toujours se relever quelques soient les dégâts que ses fautes ont pu faire aux autres niveaux de son âme. ]

La voix d’Hachem au mont Sinaï

+ La voix d'Hachem au mont Sinaï :

"Hachem prononça toutes ces paroles en disant" (Yitro 20,1)

-> Au moment du don de la Torah, toutes les nations se sont rassemblées chez Bilaam et lui ont demandé : "Quel est ce bruit que nous entendons? Peut-être que le déluge arrive sur le monde, comme il est écrit : "Hachem maîtrise le déluge" (Téhilim 29,10). Il leur répondit : "Hachem a déjà fait le serment qu'il n'enverrait plus le déluge sur le monde ...
Ils demandèrent à nouveau : "Quel est donc ce bruit que nous entendons?" Il répondit : "Le Maître de l'univers détient un trésor précieux, qu'Il a caché durant 974 générations, avant la Création du monde, et qu'Il souhaite à présent donner à Ses enfants, comme il est écrit : "Hachem donne la force à Son peuple" (Téhilim 11,11). Ils répondirent aussitôt : "Hachem bénit Son peuple dans la paix".
[Zéva'him 116a]

-> C'est en ce sens que le Zohar révèle qu'au moment du don de la Torah, la Voix de Hachem a été entendue dans les quatre coins du globe afin de démontrer que l'Honneur divin est présent partout sur
la terre. [Tikouné Zohar 22,64b]

=> Quel type de voix avait Hachem ce jour-là ?
Lorsque Hachem s'est dévoilé à Moché dans le buisson ardent, Il a utilisé la voix de son père Amram.
Au début, Moché pensait que son père l'appelait. C'est pourquoi il a répondu en disant : "Père ? Où es-tu?" Hachem lui a répondu : "Je ne suis pas ton père, Je suis le D. de ton père, le D. d'Avraham, le D. d'Its' hak et le D. de Yaakov." [Kli Yakar]

-> D'après cet enseignement, il est possible de dire qu'au moment du don de la Torah, lorsque Hachem a prononcé les deux premiers Commandements, Il a utilisé la voix d'Amram, le père de Moché, qui était un Juste (tsadik) parfait et qui a connu la mort, uniquement à cause du décret de la faute originelle, et non pas pour ses propres fautes, comme il est relaté dans la guémara (Shabbath 55b ; Baba Batra 17a).
[Tsor ha'Haïm - Shavouot]

"Pour chaque mot de parole frivole qui entre dans la bouche de l'homme, un mot de Torah en sort"
[ Chir haChirim rabba 1,3]

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-> La moquerie est l'antithèse de la Torah.
[rav 'Haïm de Volozhin - Roua'h 'Haïm - Avot 6,6]

-> "Celui qui se met en colère perd sa sagesse" (guémara Pessa'him 66b).

Les garants de la Torah

+ Les garants de la Torah :

-> Le midrach (Téhilim 8,4) écrit :
Lorsque Hachem vint donner la Torah au Bné Yisrael (au mont Sinaï), Il leur dit : "Apportez-Moi des garants que vous respecterez la Torah."
"Que nos ancêtres soient nos garants", dirent-ils.
"Je jure sur vos vies qu’eux aussi ont une dette envers Moi. J’espère qu’ils respecteront leurs propres engagements", répondit Hachem.
On peut comparer cela à l’histoire d’une personne qui demanda un prêt à quelqu’un. Le prêteur dit : "Apporte-moi un garant, et emprunte autant que tu veux." L’emprunteur amena alors quelqu’un qui devait déjà de l’argent au prêteur.
"Tu m’amènes quelqu’un qui me doit déjà de l’argent? J’espère qu’il honorera son propre engagement! Va m’amener quelqu’un d’autre qui ne me doit pas d’argent, et alors tu prendras le prêt", dit le prêteur.
De même, Hachem dit aux Bné Yisrael : "Vous m’amenez les Avot (Patriarches) comme garants? Ils sont déjà endettés envers Moi. Apportez-Moi des garants qui ne Me doivent rien ..."

"Qui n’est pas endetté envers Toi?" demandèrent les Bné Israël.
"Les nourrissons", répondit Hachem.
Alors, les enfants à naître dans le ventre de leurs mères furent amenés devant Hachem, ainsi que les nourrissons au sein de leurs mères. Les ventres devinrent transparents comme du verre, et les enfants à naître virent Hachem leur parler.
Il leur dit : "Voulez-vous vous porter garants pour vos parents, afin que s’ils reçoivent la Torah, ils l’observent, et sinon, vous soyez tenus de leur dette?"
"Oui", répondirent-ils.
Hachem exposa alors aux nourrissons les dix commandements un par un, auxquels ils répondirent "oui" aux commandements positifs et "non" aux interdictions. Puis Il leur dit : "Sur votre parole, je vous donne la Torah", comme il est écrit : "De la bouche des nourrissons et des bébés, Tu as fondé la puissance" (Téhilim 8,3).
La puissance fait référence à la Torah, comme il est écrit : "Hahem a donné la puissance à Son peuple" (Téhilim 29,11).

Par conséquent, si D. préserve, les Bné Israël transgressent la Torah, leurs enfants seront réclamés pour leur dette, comme il est écrit : "Mon peuple est devenu insensé, dépourvu de sagesse ... J’oublierai aussi vos enfants" (Hochéa 4,6).
C’est comme si Hachem dit : "J’oublierai que vos enfants m’ont béni."

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-> Le rabbi Yaakov Abou'hatséra (dans Dorech Tov - 1er discours sur le don de la Torah) écrit :
Les anges insistaient pour que les secrets kabbalistiques de la Torah restent entre leurs mains au Ciel, et ne soient pas révélés à l’humanité, dont la sainteté ne peut se comparer à celle des anges.
Cela a été illustré par la crainte de Moché que leur "souffle de feu" ne le consume (voir Shabbath 88b).
Moché a reconnu le bien-fondé de leurs arguments, dans la mesure où leur sainteté était bien supérieure à celle de l’humanité.

Puisque Hachem gouverne le monde avec une justice parfaite, Il ne pouvait laisser cette revendication sans réponse. C’est pourquoi Il montra aux anges qu’il y avait bel et bien, parmi le peuple d’Israël, des personnes dont le souffle sacré était aussi grand que celui des anges.
Peut-être que l’ensemble du peuple n’atteignait pas un niveau aussi élevé, mais les quelques individus saints parmi eux suffiraient à rendre l’ensemble du peuple digne des secrets de la Torah.
Hachem a appelé Bné Israël à fournir de tels individus comme "garants". Tout comme un garant est nécessaire pour convaincre un prêteur d’accorder un prêt, même si l’emprunteur seul est indigne de sa confiance, de même ces "garants" permettraient à toute la nation juive de recevoir les secrets de la Torah, même si beaucoup d’entre nous en sont indignes.
[...]

Les Bné Israël comprirent qu’ils devaient présenter des garants qui fussent véritablement aussi purs et saints que les anges. C’est pourquoi ils offrirent leurs enfants, trop jeunes pour être soumis aux tentations du yétser ara. Leur souffle est donc aussi saint que le souffle ardent des anges, que Moché craignait.
Finalement, Hachem accepta leur offre. Nos enfants sont en effet aussi saints que les anges, et constituent des garants dignes de la Torah.

Nous comprenons ainsi pourquoi nos Sages disent que sans le souffle des jeunes enfants qui étudient la Torah, le monde ne pourrait continuer d’exister. (Shabbath 119b)
Ailleurs, nous apprenons que Hachem a créé le monde à condition que le peuple d’Israël accepte la Torah, sans quoi le monde retomberait dans le chaos et le néant. (Avoda Zara 3a)
Puisque le don de la Torah dépendait de la garantie fournie par les enfants, c’est leur mérite qui a sauvé le monde de la destruction.

Puisque la principale plainte des anges était que le peuple d’Israël n’était pas digne des secrets kabbalistiques de la Torah, en quoi la pureté des enfants nous a-t-elle aidés? Les enfants n’étudient pas la Kabbale et semblent donc n’avoir aucun rapport avec l’ensemble du débat.
Il y a deux réponses à cette question.
Premièrement, même le niveau le plus simple de la Torah, et même simplement les formes et les sons des lettres, contiennent de profonds secrets kabbalistiques. Lorsque de jeunes enfants lisent ces lettres, même sans en comprendre la signification kabbalistique, ils éveillent la grande sainteté inhérente aux lettres, provoquant de puissantes rectifications dans les mondes supérieurs du Ciel.

De plus, à l’époque de rabbi Shimon bar Yo'haï, il existait des enfants exceptionnels qui comprenaient réellement les secrets de la Kabbale. (voir Zohar I,92b ; III,71a)
Ainsi, grâce au mérite des enfants et à leur pureté, qui s’apparente à celle des anges, notre peuple a mérité de recevoir la Torah dans son intégralité, avec tous ses multiples niveaux de sens.

"Le but des Lois de la Torah est d'apporter la miséricorde, l'amour du prochain et la paix dans le monde"

[Rambam - Michné Torah 2,3]