Aux délices de la Torah

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Pour comprendre ce qu’est la katnout ("petitesse" ; conscience restreinte) et ce qu’est la gadlout ("grandeur" ; conscience élargie) :
Lorsqu’une personne s’assoit et étudie la Torah, par exemple, et le fait sans discernement, elle se trouve dans un état de katnout, son esprit n’est pas complet. En revanche, lorsqu’elle étudie avec discernement et hitlahavout (ferveur ; enthousiasme), elle se trouve au niveau de gadlout, car elle est attachée aux niveaux Suprêmes.

Les [états de] katnout et gadlout s’appliquent de la même manière à la prière et à chaque mitsva accomplie par l’homme.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 129]

L’amour et la crainte sont nécessaires

La raison pour laquelle [à la fois] l’amour et la crainte [sont nécessaires] : si l’homme n’avait que l’amour d'Hachem, il serait habitué à être continuellement avec Hachem.
De plus, l’amour serait si profondément ancré en lui qu’il deviendrait sa nature même.
Cependant, en vertu de la crainte jointe à [l’amour], il aura la crainte de s’approcher.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 128 ]

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-> C'est-à-dire que si l'on aurait que l'amour d'Hachem on en perdrait le sens du respect, car la familiarité engendre le mépris.
"Celui qui agit [uniquement] par amour ... ne se sentira parfois pas obligé d'agir avec scrupule. Celui qui a le sens de la crainte, en revanche, veillera attentivement à agir correctement." (Likoutim Yékarim, fin section 118)

-> Le fait d'avoir alternativement de l'amour et de la crainte d'Hachem, va créer une dynamique où cela sera plus apprécié, car "le plaisir continu n'est pas un plaisir".

Crainte = derrière toute chose il y a Hachem

+ Crainte = derrière toute chose il y a Hachem :

-> Chaque fois que vous avez peur de quelque chose, ou que vous l'aimez, vous devriez vous demander : "D'où vient cette peur ou cet amour? Après tout, tout provient de Lui (Hachem), béni soit-Il, qui a placé les [aspects de] la peur (crainte) et de l'amour même dans les mauvaises choses, telles que les bêtes sauvages. Car au moment de la "brisure [des récipients]" (Shevirat haKélim), quelque chose est tombé de tous les attributs.
La peur, par conséquent, vient de Lui, béni soit-Il. Pourquoi, alors, devrais-je craindre d’une seule étincelle de Lui qui est [investie] dans cette chose mauvaise?
Il vaut mieux m’attacher à la "grande crainte"!

Il en va de même pour l’amour, et ainsi de tous les attributs, afin d’en extraire l’étincelle [de sainteté] et de l’élever jusqu’à sa racine. Car tel est le désir ultime de notre âme : élever [les débris de] la "brisure [des récipients]" (Shevirat haKélim) jusqu’à leur source.

Il en va de même pour ta parole : ne pense pas que c’est toi qui parles. C’est plutôt la force vitale en toi, qui provient du Créateur, béni soit-Il, qui parle à travers toi et élève la parole à sa source.
Cette [attitude] renforce également la [notion d’] sérénité, car la faculté de parole est la même chez autrui qu’en toi, car tout provient de Lui, béni soit-Il.

De même, lorsque tu manges, ton intention devrait être d’extraire la vitalité [de la nourriture pour l’élever vers le Haut par le service du Créateur, béni soit-Il. Et il en va de même pour tout le reste.
Ton intention en toute chose devrait être de faire en sorte que tu t’attaches au Haut.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 126-127]

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-> La conscience de l’omniprésence divine, et du fait que toute chose n’existe que par la vertu de sa vitalité divine, conduira d’elle-même à l’attitude et à l’intention appropriées.

-> La crainte et la joie liées à une même chose sont deux sentiments contraires. Dans le service de D., cependant, elles ne se contredisent pas mais peuvent aller de pair. Cette coexistence est unique.
Elle n’est possible que dans le service d'Hachem.
[Baal Shem Tov - Kéter Shem Tov - sect. 349 ]

-> La "crainte de D." est l’un des 613 préceptes de la Torah (Vaét'hanan 6,13). C’est une condition préalable au service de D., "le fondement de toute sagesse et la porte vers Hachem".
Néanmoins, elle doit coexister simultanément avec la joie ("Servez Hachem dans la joie"), qui est l’effet inévitable de la vraie foi et de la confiance en Hachem. Car la crainte à elle seule conduit à la morosité et au découragement. De même, la joie à elle seule conduit à l’insouciance et à la frivolité

Les mitsvot = être véritablement vivant

"Mais vous qui vous attachez à Hachem, votre D., vous êtes tous vivants aujourd’hui" (Vaét'hanan 4,4), ce qui signifie que sans la Torah et les mitsvot, nous ne sommes pas considérés comme vivants du tout.
Même si une personne est techniquement vivante et respire dans ce monde, sans la Torah, sa vie n’est pas meilleure que celle d’un animal.
Une personne ne vit véritablement que lorsqu’elle est connectée à Hachem, car alors non seulement son corps physique est vivant, mais son âme s’épanouit et se nourrit de sa source de vitalité.
[rav Moché Sternbuch]

Laver de nos fautes par l’amour d’Hachem

-> Le rav Eliyahou Lopian cite l’explication du rav Itzélé Peterburger concernant : "Quand mon Maître (Hachem) aura lavé la souillure des filles de Sion" (Yéchayahou 4,4).
Lorsqu’un enfant se souille d’excréments, le nettoyer est une tâche répugnante pour quiconque, sauf pour sa mère. La mère aime tellement son enfant que lorsqu’elle le nettoie, elle n’est pas dégoûtée. Or, aussi compréhensible que soit cette parabole, la morale est encore plus instructive, car elle nous enseigne qu’il n’y a rien d’aussi répugnant et immonde que la faute.
Le verset nous dit que les anges refusent de nous purifier de nos fautes, et que seul Hachem Lui-même est prêt à le faire, par Son grand amour et Sa compassion à notre égard.

En ce sens, lorsque le peuple juif se trouvait au 49e niveau d’impureté en Égypte, les anges ont refusé de nous purifier ; seul Hachem Lui-même était disposé à le faire (s'occupant de nous personnellement par amour, plutôt que par un intermédiaire - ange).
[rav Moché Sternbuch]

+ Il nous est ordonné de nous rappeler chaque jour du miracle de la sortie d'Egypte.
Mais d'une certaine manière, le miracle de Pourim est encore plus grand que celui de la sortie d'Egypte.
En Égypte, Hachem a sauvé les juifs de l'esclavage ; dans l'empire perse, il les a sauvés de l'anéantissement total.
=> Pourquoi, alors, ne pas rappeler quotidiennement le miracle de Pourim?

Mordé'haï a pris des mesures pour forcer le miracle de Pourim à se produire. Il a demandé à Esther de mettre sa vie en danger en se rendant à l'improviste auprès d'A'hachvéroch pour plaider la cause de son peuple.
Le décret de destruction ne devait pas entrer en vigueur avant 11 mois. Esther objecte qu'elle sera bientôt convoquée chez A'hachvéroch et qu'elle pourra alors plaider sa cause sans risquer sa vie.
Mordé'haï lui ordonne sévèrement de s'y rendre en toute hâte.

Hachem a miraculeusement aidé Esther à atteindre son objectif, mais nous ne devons pas suivre l'exemple de Mordé'haï.
"Le machia'h viendra à l'improviste" (guémara Sanhedrin 97a) = nous ne devons pas insister pour qu'il vienne avant l'heure.

La rédemption messianique sera semblable à la rédemption de l'Égypte. Les Bné Israël n'ont pas essayé d'obtenir la rédemption de l'Égypte par la force ; ils ont servi leurs oppresseurs jusqu'à ce que D. les libère.
La rédemption finale, elle aussi, ne sera pas obtenue par notre force, mais par le ciel.
C'est pourquoi nous rappelons chaque jour les miracles de l'exode, mais pas ceux de Pourim.
[Ben Ich 'Haï - Ben Ich 'Hayil 1, Za'hor 4]

‘Had Gad’ya (selon le Gaon de Vilna)

+ 'Had Gad'ya :

-> Dans son commentaire sur la Haggada, le Gaon de Vilna commente l'allégorie historique cachée dans les mots simples du poème 'Had Gadya :
Les mots "mon père" évoquent Yaakov Avinou, qui acheta le droit d'ainesse, représenté dans le poème par un jeune bouc, à son frère Essav. Yaacov légua ce droit d'ainesse à Yossef, le fils ainé de sa femme principale Ra'hel, bien que Yossef fût son 11e fils.
Ceci causa aux frères ainés de Yossef des sentiments indus de rancœur et de jalousie. Ces sentiments, et les actes qu'ils causèrent, tels que la vente de Yossef à des marchands d'épices ismaélites, sont évoqués par le chat qui mangea le chevreau.
[avant que la Torah ne fût donnée, la kéhouna (prêtrise) était l'une des prérogatives de la bé'hora (aîné). Comme les Cohanim devaient porter des vêtements particuliers pour accomplir le service divin, Yaacov fit fabriquer une tunique spéciale pour Yossef. Mais les frères de Yossef prirent ce cadeau bien intentionné de leur père comme un signe supplémentaire de ce qu'ils considéraient comme un favoritisme indu. C'est pourquoi ils l'arrachèrent avant de le jeter dans le puits (voir Kli Yakar sur Beréchit 27,3) ]

L'injustice des frères fut la cause de leur descente en Egypte et de l'asservissement du peuple sous l'autorité des cruels contremaitres égyptiens. Comme l'enseignent nos Sages : "A cause des 2 séla de fine laine que Yaakov donna à Yossef au-delà de ce qu'il donna à ses autres fils, les frères de Yossef l'envièrent et les événements s'enchainèrent jusqu'à ce que nos ancêtres descendent en Egypte" (guémara Shabbat 10b).
'Had Gadya décrit ces méchants contremaitres égyptiens comme le chien qui mordit le chat.
[ En quoi le chien symbolise-t-il les Egyptiens? Le rav Moché Shlomo Tolokhin, élève du Gaon de Vilna, cite des sources anciennes décrivant l'une des idoles égyptiennes comme l'image gravée d'un chien méchant. ]

Quand vint le moment de libérer Israël de l'esclavage, Hachem ordonna à Moché de lever son bâton et de faire venir des plaies sur l'Egypte. C'est le bâton de Moché qui frappa le chien.
Ce bâton fut transmis d'un dirigeant à l'autre à travers les générations jusqu'à la destruction du premier Temple (Zohar - Hakdama 6b), à cause des pratiques idolâtres du peuple juif.
A ce moment-là, le bâton leur fut repris ; cela aussi était une conséquence de l'idolâtrie. [le Gaon de Vilna explique que l'idolâtrie était la faute principale qui causa la destruction du premier Temple.]
[Un midrach (Yalkout Chimoni - 'Houkat 763) similaire enseigne : "Quand D. dit à Moché : 'Prends le bâton' (Bamidbar 20,8), Il parlait du bâton qui avait été en possession de Yaakov ... Il appartint ensuite à Moché ... en fin de compte, il appartint au roi David ... et ce bâton resta en possession d'un roi après l'autre jusqu'à la destruction du [premier] Temple. Ce bâton sera remis au machia'h". ]

Or la métaphore du feu est employée pour décrire le mauvais penchant pour l'idolâtrie qui est le feu qui brûla le bâton.
Les Anché Knesset Haguedola (membres de la Grandes Assemblées), les Sages qui vainquirent le yétser ara par leurs prières et leur jeûne de 3 jours, sont l'eau qui éteignit le feu de l'idolâtrie. C'est cette Assemblée vénérable qui fit construire le 2e Temple.
[la guémara (Yoma 69b) raconte la façon dont les Anché Knesset Haguedola ont supplié D. de détruire le yétser ara pour l'idolâtrie : "Ce yétser ara est ce qui a détruit le Temple, mis le feu au Hékhal, tué de nombreux tsaddikim et exilé Israël de son pays ; et pourtant, il continue à danser parmi nous! ... Ils jeunèrent pendant trois jours et nuits consécutifs et ce yetser ara leur fut livré. A ce moment-là, une forme de lion de feu sortit du Kodech Hakodachim". ]

Le bœuf qui but l'eau sert de double métaphore : il désigne le royaume d'Edom, c'est-à-dire l'Empire romain auquel nos Sages (guémara Pessa'him 118b) appliquent le verset : "un troupeau de bœufs parmi les veaux des nations" (Tehillim 68,31) ; c'est aussi la haine gratuite qui régnait dans le pays à l'époque du 2e Temple et qui fut la cause sous-jacente de la destruction par la main d'Edom.
Dans 'Had Gad'ya, le bœuf qui boit l'eau comprend donc 2 éléments qui s'associèrent pour détruire le Temple : la puissance militaire des légions romaines et la haine gratuite répandue parmi les Bné Israël. Cette analogie est renforcée par une interprétation allégorique originale de la première michna dans Bava Kama qui énumère 4 catégories de causeurs de dommage : chor (le bœuf), bor (le puits), ma'vé (le dévoilement) et hav'er (le feu).
[le terme mav'é, littéralement : dévoilement, fait allusion aux dents de l'animal qui sont couvertes par les lèvres lorsqu'il ne mange pas, mais qui sont dévoilées lorsqu'il mange.
Employé dans la Michna, le mot ma'vé évoque les dommages secondaires infligés par un animal au cours d'une activité agréable. Le principal exemple est le dommage causé par un animal affamé qui mange un aliment appartenant à quelqu'un d'autre que son propriétaire.
Un autre exemple est le dommage causé par un bœuf qui se frotte contre un mur pour calmer ses démangeaisons et renverse le mur.]
Selon cette interprétation, les trois derniers causeurs de dommage représentent les trois causes sous-jacentes de la destruction du Temple : le meurtre, l'adultère et l'idolâtrie : le bor/puits (ou tombe) est une métaphore de la mort ou du meurtre, ma'vé dévoilement symbolise l'adultère et hav'er/le feu fait allusion au yétser ara pour l'idolâtrie.
La défaillance spirituelle principale qui conduisit à la destruction du 2e Temple par I'Empire romain était la haine gratuite, qui reflète le dommage effectué par les pas lourds et maladroits d'un chor/ bœuf.

Edom représente un bœuf puissant parmi les nations non saintes, mais il existe un bœuf puissant correspondant dans le royaume de la sainteté, machia'h ben Yossef, le mahcia'h qui se lèvera parmi les descendants de Yossef, comme le dit Moché dans sa bénédiction aux tribus de Yossef : "[Yossef est] Son premier-né, la majesté est sienne ; ses cornes sont les cornes du bœuf sauvage avec lesquelles il encornera les nations" (Dévarim 33.17).
Machia'h ben Yossef soumettra, mettra à l'épreuve et vaincra les descendants d'Essav/Edom.
[Comme l'enseigne la guémara (Bava Batra 123b) : "les descendants d'Essav ne tomberont devant nulle autre que la descendance de Yossef" ).]
Dans 'Had Gad'ya, Machia'h ben Yossef est représenté par le cho'het qui abat le bœuf.

Une fois que machia'h ben Yossef aura vaincu Edom, il succombera à Samaël, l'ange de destruction décrit comme l'Ange de la mort qui abattit le cho'het.
Ensuite, Hachem viendra, amènera avec Lui machia'h ben David et abattra l'Ange de la mort.
Israël reviendra alors à son niveau spirituel passé, et le bâton qui appartint successivement à Yaacov, Moché, le roi David et tous les rois de sa dynastie, et qui avait été enlevé à notre peuple avec la destruction du premier Temple, sera rendu au peuple juif.

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=> Nous voyons que la sinat hinam (haine gratuite) des frères de Yossef a conduit à l'esclavage en Egypte, et la sinat 'hinam répandue dans les dernières années du 2e Temple est responsable de sa destruction et de l'exil du peuple juif hors de sa terre.
La correspondance entre notre exil en Egypte et notre exil d'Erets Israël est donc évidente. Les Bné Israël descendirent en Egypte à cause de la haine gratuite ;" ils y devinrent un grand peuple [unifié]" et furent délivrés.
De même, les Bné Israël descendirent dans notre exil actuel à cause de la haine gratuite, et font à présent une prière fervente, par le poème allégorique Had Gadya, pour supplier D. d'envoyer machia'h ben Yossef, le cho'het qui abattra le bœuf de la haine gratuite, traçant ainsi la voie au machia'h ben David qui nous fera devenir une nation unie, méritant la délivrance, et nous ramènera sur notre terre pour toujours.

Il reste pourtant une question : pourquoi le poète anonyme ayant composé 'Had Gadya a-t-il caché cette prière dans un poème aussi trompeusement simple?
La réponse à cette question est que le poète ne voulait pas distraire les participants du thème principal du soir du Séder qui est la louange et les remerciements à D. d'avoir délivré le peuple juif de l'esclavage en Egypte en les déconcentrant et en réduisant leur joie par le rappel de l'exil actuel et de notre Délivrance tant espérée.
b'h, puisse la guéoula arriver bientôt, à notre époque …
[ rabbi Dovid Hofstedter - Darach David]

4 coupes de vin – chaque juif a une part dans tous les mondes

-> Le séfer Likouté Yéhouda cite l’idée suivante au nom de son grand-père, le 'Hidouché Harim :
La Michna (Pessa'him 99b) dit que même une personne pauvre ne doit pas boire moins de quatre coupes de vin. En effet, nos Sages (midrach Béréchit raba 8,4) disent que les quatre coupes représentent les quatre mots utilisés pour la rédemption : "vé'otséti, véitsalti, végaalti, vélaka'hti (Je vous ferai sortir, Je vous sauverai, Je vous délivrerai et Je vous prendrai auprès de Moi).
Le Sfat Emet (Vaéra 5647) écrit que les quatre termes utilisés pour la géoula symbolisent les quatre mondes : "Assiya, yétsira, bria et atsilout".

Ainsi, la guémara dit que même un homme pauvre, c’est-à-dire un homme à l’esprit humble, ne devrait pas boire moins de quatre coupes. Cela signifie que même une telle personne a une part dans chaque monde.

"Le Cohen portera sa tunique de lin et son pantalon de lin sur son corps. Il soulèvera (וְהֵרִים) les cendres dans lesquelles le feu a consumé l'holocauste sur l'autel et les déposera à côté de l'autel." (Tsav 6,3)

-> Rachi commente : "Le [Cohen] prélèvera une pleine poêle sur les cendres intérieures et les déposera à l'est de la rampe [de l'Autel]".
La Torah utilise le terme "véhérim", soulever, en référence à l'enlèvement des cendres, et non "véhétir", qui signifie enlever. En effet, "vihérim" implique que le Cohen soulève les cendres en les retirant.
Le fait d'enlever les cendres de l'autel symbolise le fait qu'Hachem élève le fauteur après qu'il se soit humilié en apportant son sacrifice.
La plupart des fautes sont la conséquence de l'orgueil du fauteur, et il faut s'humilier pour obtenir l'expiation. Apporter un sacrifice est une expression d'humilité, car en l'apportant, on considère qu'on devrait soi-même être amené en sacrifice sur l'Autel pour expier sa faute, mais qu'on se rachète au contraire avec l'animal.

Bien que l'humilité excessive doive être évitée (la voie du milieu est la voie correcte pour les traits de caractère d'une personne), une personne dont l'arrogance/orgueil l'a poussée à fauter doit agir à l'extrême opposé pour briser sa tendance à l'orgueil.
Cependant, une fois qu'il a réussi à briser cette tendance, elle doit abandonner la voie extrême en faveur de la voie moyenne de l'humilité modérée.
Ainsi, une fois qu'un fauteur s'est humilié en apportant son sacrifice, il doit trouver le moyen de faire preuve d'une humilité plus modérée. Les cendres d'un sacrifice symbolisent l'extrême humilité d'un fauteur repentant. Lorsque le Cohen soulève les cendres de l'autel, il symbolise le fait qu'Hachem a relevé le fauteur de son état d'humilité excessive, lui permettant de suivre la voie plus idéale de l'humilité modérée.

Il est impossible d'atteindre le juste milieu sans l'aide divine, comme nous le dit le roi David : "Hachem donne de la force aux humbles" (Téhilim 147,6).
Le mot "véhérim" (וְהֵרִים) est donc particulièrement approprié, car il contient les 3 lettres du nom d'Hachem (vav, hé et youd), ce qui implique qu'Hachem soulève une personne humble et la rapproche de Lui.
Lorsque le Cohen place les cendres à côté de l'Autel, cela symbolise le fait que la personne est désormais proche d'Hachem.
[Maharal - Gour Aryé]

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-> En résumé :
Une faute est un sous-produit du manque d'humilité du fauteur, et l'expiation exige de s'humilier en apportant un sacrifice de Chatas.
Les cendres du sacrifice symbolisent l'humilité du fauteur.
Lorsque le Cohen soulève les cendres de l'Autel, il symbolise le fait que Hachem soulève le fauteur après qu'il ait atteint l'expiation, l'aidant à trouver son chemin vers la voie moyenne de l'humilité modérée.