Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Rafram bar Pappa a dit au nom de rav 'Hisda : Depuis le jour où le Temple a été détruit, la pluie n'est plus jamais tombée du trésor bienfaisant (otsar tov), dont il est dit : "Hachem ouvrira pour toi son bienfaisant trésor" (Ki Tavo 28,12).
Lorsqu'Israël accomplit la volonté d'Hachem et lorsqu'Israël réside sur sa terre, les pluies qui tombent proviennent du "otsar tov". Mais lorsqu'Israël ne réside pas sur sa terre, les pluies ne tombent pas du "otsar tov".
[guémara Baba Batra 25b]

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=> Que signifie : "Hachem ouvrira pour toi son bienfaisant trésor"?

-> Le 'Hatam Sofer explique :
D'après les lois naturelles, la pluie est produite à partir de l'humidité des océans et de la terre. Cependant, lorsque le peuple juif accomplit la volonté de son Créateur, Hachem ouvre Son trésor Céleste pour faire tomber les pluies depuis ce trésor bienfaisant, même s'il n'y a pas d'humidité ici-bas.

-> Le Zohar enseigne :
Avant la destruction du Temple, les pluies provenaient des eaux qui se trouvaient au-dessus du firmament et qui constituent le trésor bienfaisant (otsar tov).
Après la chute du Temple, les pluies provenaient des eaux qui sont au-dessous du firmament : elles tombent simplement du Ciel.
Evidemment, les pluies du trésor bienfaisant assuraient à la terre une fertilité très supérieure à celles venues aujourd'hui depuis le Ciel.

[c'est au 2e jour de la Création que Hachem opéra une séparation entre les eaux qui sont au-dessous du firmament et les eaux qui sont au-dessus du firmament (Béréchit 1,7). Hachem détient seul 4 clefs, dont celle du "otsar tov", qui est le réservoir des eaux d'en-haut (au-dessus du firmament).]

-> Le Kli Yakar écrit :
"Son bienfaisant trésor" = c’est le trésor qu’Hachem remplit avec la crainte du Ciel qui est en toi, car c’est cela qui constitue le trésor d’Hachem, comme il est écrit : "La crainte du Ciel, voilà quel est son trésor" (Yéchayahou 33,6), ‘son trésor’ désignant celui d’Hachem, comme l’explique Rabbénou Bé’hayé (Yitro 19,5) : tout roi constitue un trésor d’une chose qu’il ne trouve pas fréquemment (par exemple, des joyaux).
Or, la guémara (Béra'hot 33b) nous enseigne que : "tout est entre les mains d’Hachem, sauf la crainte du Ciel".
C’est pourquoi Hachem récupère cette crainte du Ciel qui est en l’homme pour en former Son trésor royal. Tu pourras peut-être, dès lors, te tromper en pensant qu’Hachem a une quelconque utilité de ce trésor, aussi est-il précisé dans le verset : "Hachem ouvrira pour toi Son bienfaisant trésor."
Hachem n’a aucun besoin de ce trésor, mais Il le conserve soigneusement afin de te prodiguer, à partir de celui-ci, tout ce dont tu as besoin et toute ta subsistance. Il ne remet les clés de ce trésor à aucun émissaire mais c’est Lui-même qui les détient, car ce trésor-ci lui est très cher.

-> Le Parachat Dérakhim dit :
Les pluies qui proviennent du trésor bienfaisant (otsar tov) ne tombent que sur la terre d'Israël et c'est Hachem Lui-même qui les suscite, avec abondance.
Par contre, les pluies qui ne proviennent pas du otsar tov, c'est un intermédiaire qui les suscite.

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=> Pourquoi depuis la destruction du Temple les pluies ne proviennent plus du otsar tov?

-> Le Iyoun Yaakov enseigne :
Dans la guémara (Taanit 8a), rabbi Assi a dit : "Les pluies tombent depuis le trésor bienfaisant (otsar tov) uniquement grâce à ceux qui ont de la émouna", comme par exemple ceux qui sont honnêtes dans les affaires ou bien les agriculteurs qui labourent et sèment en faisant confiance en Hachem dans leur investissement en argent et en temps, car ils ignorent la productivité de leur terre ensemencée.
Or, dans la guémara (Soucca 48a), il est dit que les baalé émouna ont disparu depuis la destruction du Temple et l'exil des juifs.
C'est pourquoi, depuis la destruction du Temple, les pluies bienfaisantes du otsar tov ont disparu dans le monde.

-> Le Rékanati écrit :
Le otsar tov est la source de vie d'où partent l'abondance et la bénédiction ininterrompues, notamment sous forme de pluies bienfaisantes.
Cependant, après la destruction du Temple, l'abondance pouvait encore exister, mais elle provenait des forces d'impureté.

-> Le Maharal ('Hidouché Agadot) dit :
Dans la guémara (Baba Batra 25b), Rafram ben Pappa a dit, au nom de rav 'Hisda : Depuis la destruction du Temple, le vent du Sud n'a plus jamais apporté la pluie bienfaisante, car le véritable bien (tov) a disparu du monde.
C'est pourquoi, depuis la destruction du Temple, les pluies ne proviennent plus du trésor bienfaisant (otsar tov).

+ "Chaque génération qui ne voit pas la reconstruction du Temple est considérée comme si elle avait elle-même causé sa destruction"
[guémara Yérouchalmi Yoma 1,1]

-> [De même qu'à Pessa'h on doit s'imaginer réellement en train de sortir d'Egypte, de même] on doit se considérer comme si l'on était personnellement exilé de Jérusalem, [prendre conscience des massacres atroces de Jérusalem, de la vision du Temple en feu ... ].
Le deuil de cette année ne doit pas être le même que celui de l'année dernière et des années précédentes.
Chaque année a son propre lot de détresse et de défis, pour lesquels nous devons nous lamenter.
['Hatam Sofer - 7 Av 5559]

Même si la Chékhina d'Hachem est présente partout en terre d’Israël, il existe une différence entre la terre d’Israël et le lieu saint du Temple.
En Israël, une personne marche devant la Chékhinah, comme le dit le verset : "Je marcherai devant Hachem dans le pays des vivants (artsot a'haïm)" (Téhilim 116,9).
Cependant, dans le Temple, un juif tire son plaisir de la Chékhina elle-même.
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 2,12 ]

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[certes de nos jours nous n'avons pas encore le Temple, mais b'h, nous avons déjà la possibilité de marcher devant la présence Divine en habitant en Israël! ]

-> Hachem a créé les terres (du monde) et en a choisi une pour Lui-même : la terre d'Israël, comme il est dit : "Les yeux d'Hachem ton D. sont constamment sur elle du début à la fin de l'année" (Ekev 11,12). (midrach Bamidbar rabba 3,8).

Si les nations du monde avaient reconnu à quel point elles bénéficiaient personnellement du Temple (qui est un canal du flux des bénédictions d'Hachem sur nous), elles ne l'auraient jamais détruit.
[midrach Bamidbar rabba 1,3]

Notre jalousie détruit le Temple

+ Notre jalousie détruit le Temple :

-> La guémara Yérouchalmi (Yoma 1,1) enseigne :
Rabbi Yo'hanan ben Torta affirme : "On constate que le 1er Temple a été détruit parce que les juifs commettaient l'idolâtrie, l'adultère et le meurtre [les 3 péchés cardinaux qu'on ne saurait transgresser, fût-ce au prix de la vie].
Quant à l'époque du 2e Temple, nous savons qu'ils étudiaient la Torah avec zèle, ils observaient méticuleusement les mitsvot et possédaient tous les bons traits de caractère.
[Néanmoins, ils furent exilés] parce qu'ils étaient cupides et se détestaient entre eux sans raison ; et la haine sans fondement est une faute aussi grave que ces 3 péchés cardinaux".

-> Le Rama de Pano (Assara Maamarot) explique que leur haine sans fondement provenait de leur cupidité. Chacun était jaloux de la richesse et de la puissance de l'autre.

-> Le rav Yissa'har Teichtal enseigne :
"La guémara Yérouchalmi (Yoma 1,1) précise également que le péché de jalousie qui a prévalu à l'époque du 2e Temple, causa plus de destruction que les péchés du 1er Temple.
L'ennemi ne détruisit que le toit du 1er Temple, tandis que les murs demeurèrent debout.
Le 2e Temple en revanche fut entièrement dévasté jusqu'à ses fondations ainsi qu'il est dit : "Rasez-le! Rasez-le! Jusqu'à ses fondations" (Téhilim 137,7).
[le 1er Temple a été "rapidement" reconstruit, tandis que nous attendons toujours la reconstruction du 2e, ce qui témoigne de la gravité des fautes qui ont causé sa destruction]

Cette guémara conclut : "Toute génération qui n'est pas témoin de la reconstruction du Temple est considérée comme ayant causé sa destruction".
Autrement dit, puisque Satan danse toujours au milieu de nous sous forme de haine et de jalousie dans fondement, nous faisons perdurer l'exil et le Temple demeure en ruines. C'est donc comme si le Temple avait été détruit à notre époque.

Il faut prendre conscience de ce que nos Sages affirment.
Bien que les juifs du 2e Temple aient étudié la Torah avec assiduité et aient observé les mitsvot de façon méticuleuse, leur jalousie a causé plus de destruction que lors du 1er Temple, au point que même les fondations ont été anéanties.
Il en découle que ceux qui se trouvent des excuses pour encourager la jalousie, la haine et la division détruisent l'édifice d'Israël tout entier, et ce même s'ils étudient la Torah et observent les mitsvot.
Ils sapent les fondements de l'existence d'Israël et font perdurer l'exil.
Le roi David affirme à leur sujet : "Quand les fondations sont détruites, que peut accomplir le juste?" (Téhilim 11,3) = autrement dit de quelle utilité sont sa rectitude et son service de D. si ses actes conduisent à détruire les fondements et l'existence du peuple juif?"

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-> b'h, au sujet de la jalousie, voir par exemple : "La jalousie : c’est se détruire!" : https://todahm.com/2019/01/12/la-jalousie-cest-se-detruire

Du jour où le Temple fut détruit, il fut décrété que les érudits de la Torah étudieraient dans la souffrance, la pauvreté et le désarroi afin qu'ils prient pour la venue du machia'h.

[cf. Tana déBé Eliyahou 4,4 ; Yalkout Chimoni 1,1391.
Ce midrach est cité dans le Kol Yaakov, et rapporté par le rav Yissa'har Teichtal]

Rabbi Yo'hanan ben Zakaï dit : "Ne pleurez pas sur le Temple, j'ai une meilleure réparation (kappara) que les sacrifices, c'est de faire de la bonté (guémilout 'hassadim), comme il est écrit : "C'est que Je prends plaisir à la bonté et non au sacrifice" (ki 'hessed 'hafatsti - Ochéa 6,6).
[Avot déRabbi Nathan (chap.4)]

Lorsque le Temple existait et que nous habitions sur notre terre, la bénédiction et l'abondance nous parvenaient directement de la main de D.
Les autres nations se partageaient les restes comme un esclave qui dépend de son maître.
A présent, à cause de nos fautes, la situation a changé : D. donne toute l'abondance aux nations et nous ne pouvons espérer que les restes.
Pourtant, aujourd'hui encore, bien que le Temple soit détruit et que la terre sainte soit désolée, le monde entier est nourri par le mérite de la terre d'Israël.

[Méam Loez - Vaét'hanan 3,27]

Le 10 tévét – un jour déterminant

+ Le 10 tévét - un jour déterminant :

-> Le 'Hatam Sofer (dans ses drachot sur la fin du livre de Dévarim) explique que le 10 tévét est un vrai jour de jugement (yom hadin).
De même qu'en bas les ennemis du peuple juif ont assiégé Jérusalem et ont initié les tristes événements qui ont duré 2 ans et demi avant la destruction du Temple (Hachem attendant la téchouva de son peuple), de même dans le Ciel il y a un jugement céleste (le 10 tévét).

La guémara (Yérouchalmi Yoma 5) affirme : "Toute génération qui n'a pas vu le Temple reconstruit c'est comme si elle -même l'avait détruit" = cela signifie que chaque année en ce jour du 10 tévét, Hachem juge à nouveau : est-ce que le Temple sera détruit cette année ou bien reconstruit? Est-ce que le machia'h pourra se révéler et sera annoncé par Eliyahou haNavi qui le devancera ou non?

[Selon nos Sages si le jeûne du 10 tévét tombait un samedi alors on devrait jeûner pendant Shabbath (à l'image de Yom Kippour), ce qui n'est pas le cas pour le 9 av, qui lui est décalé.
Cela souligne la particularité du 10 tévét : c'est un jour de jugement (alors que le 9 av est un jour désigné où l'on s'attriste sur la perte du Temple, et en ce sens il peut être décalé)]

=> Le 'Hatam Sofer conclut : Le jeûne du 10 tévét n'est pas seulement un deuil sur le passé, mais il concerne bel et bien l'avenir car c'est en ce jour que chaque année est décidé l'avenir de Jérusalem et du Temple, pour notre génération (d'où le : "c'est comme si elle -même l'avait détruit"!).
[le 9 av n'est que la constatation de la triste décision qu'il y a eu en ce jour, par notre faute!
Le 10 tévet peut tomber Shabbath, car on peut anticipé et avoir confiance qu'en ce jour Hachem a décidé de la reconstruction du Temple, ce qui fait qu'on est joyeux (essence de Shabbath). ]

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Le 8, 9 et 10 tévét constituent 3 jours de détresse :
- le 8 tévét commémore la traduction de la Torah en langue grecque (Septante), considérée comme une catastrophe analogue à celle de la confection du Veau d’Or (Massékhet Traité Soferim 1,7).
- le 9 tévét commémore la disparition d’Ezra Hasofer et de Né’hamya, les fondateurs du Second Temple [Sidour du Rav Yabets].
- le 10 tévét commémore le début du siège de Jérusalem par les armées de Nabuchodonosor (voir Yé’hezkel 24,1-2).
[au 10 du mois de tévet, Névou'hadnétsar (Nabukodonozor), roi de Babylonie, assiégea la ville de Jérusalem, dans le but de la détruire, comme il est dit dans le livre de Yéh’ézkel (chap.24) : "La parole d’Hachem s’adressa à moi la 9e année, au 10e mois (tévet), au 10e jour du mois, en ces termes : Toi, fils de l’homme, prends note de cette date, c’est en ce jour-ci que le roi de Babylonie a assiégé Jérusalem". ]

=> Bien que ces 3 jours présentent des significations différentes, ils ne sont pas moins étroitement liés : pendant les 3 jours qui suivirent la traduction de la Torah dans la langue grecque (c’est-à-dire les 8, 9 et 10 tévét), une obscurité épaisse recouvrit le Monde [méguilat Taanit].
Cette obscurité s’explique par le fait que la traduction de la Torah dans une langue étrangère occulte la profondeur sans fin contenue dans les lettres hébraïques qui composent la Torah. Ce drame est donc en rapport avec la disparition des "luminaires" qu’étaient Ezra et Né’hamya (dont le premier est d’ailleurs comparé à Moché Rabbénou), ainsi qu’avec le siège de Jérusalem, venu obscurcir la splendeur du Temple.

Concernant le 10 tévét, seul jour [des trois] retenu comme jeûne collectif, il est dit : "Fils de l’homme, note-toi le nom de ce jour, du jour-même où nous sommes : le roi de Babylone assiégea Jérusalem aujourd’hui même (בעצם היום הזה)" (Yé’hezkel 24,2).
Le fait de ne pas mentionner la date du jour dans ce verset, suggère que l’on veuille plutôt indiquer ici la place du jour dans l’année ; une position faisant allusion au malheur. Ainsi, le Prophète a voulu viser le 98e jour de l’année depuis le premier Tichri (qui est une allusion aux 98 Malédictions de Dévarim) qui est aussi le 275e jour depuis le premier Nissan (valeur numérique du mot רעה - ra’a - mauvaise).
Ainsi, lorsque ‘Hechvan et Kislev sont défaillants (mois de 29 jours), le jour "prédestiné au malheur" (le 98e jour depuis Tichri ou 275e jour depuis Nissan) coïncide avec le 10 tévét.
Lorsque ‘Hechvan est défaillant et Kislev entier (mois de 30 jours), ce jour coïncide avec le 9 tévét. Lorsque les mois de ‘Hechvan et Kislev sont tous d’eux entiers, il coïncide avec le 8 tévét.
Le 10 tévét tombe alors le 100 jour de l’année depuis Roch Hachana (en allusion dans l’expression de Yé’hezkel (24,1) : "le 10e jour du 10 mois" : 10x10 = 100).
[Drachot ‘Hatam Sofer - 8 tévét p.78].

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-> Le 10 tévét est le jour où la destruction du Temple a été décidée, et son exécution fut scellée dans le Ciel pour le 9 Av, deux ans et demi plus tard [c’est en fait le 10 tévét qu’aurait dû avoir lieu l'exil des Bné Israël et le non le 9 Av. Mais Hachem eut pitié d’eux et ne les exila pas en plein hiver, ce qui aurait causé leur mort certaine. Il attendit donc jusqu’à l’été - midrache Tan’houma Tazria 9].
Et de même chaque année en ce jour du 10 tévét, on décide au Tribunal céleste si le Temple sera ou non reconstruit.
[‘Hatam Sofer]

=> C’est la raison du jeûne, non seulement en tant que jour de deuil et de téchouva, mais surtout pour annuler un mauvais décret qui pourrait être promulgué en ce jour.
(à noter que "Chaque génération qui ne voit pas la reconstruction du Temple est considérée comme si elle avait elle-même causé sa destruction" - guémara Yérouchalmi Yoma 1, 1)

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Plusieurs évènements sont arrivés le 10 Téveth. On peut citer :
1°/ Les 3 Prophètes ’Hagaï, Zékharya et Malakhi décédèrent le 10 tévét. [Chalchélet haKabala]

2°/ En ce jour Hachem décréta sur Caïn d’être errant et de parcourir le monde pour obtenir le pardon d’avoir tué Abel. [rav Yonathan Eibschutz - Yaarot Devach]

3°/ Yaakov Avinou fut enterré en ce jour. [‘Hatam Sofer]

4°/ Yossef haTsadik fut vendu en ce jour. Et de même que la vente de Yossef fut la cause de la descente des Béné Israël en Egypte et de leur asservissement [et d’après le Zohar ‘Hadach Vayéchev, la cause de tous les exils], de même le siège de Jérusalem déclencha le processus de la destruction du Temple.

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+ Le 10 tévet = le seul jeûne pouvant potentiellement tomber à Shabbath :

-> "La parole de D. me parvint ... le 10e mois, le 10e jour du mois, en disant : 'Fils de l'homme, écris pour toi le jour [de la semaine], ce jour même' ; le roi de Bavel mit le siège à Jérusalem ce jour même" (Ye'hezkel 24,1-2)

-> "Ces 4 jeûnes sont parfois repoussés lorsqu'ils tombent un Shabat, à l'exception du 10 Tévèt qui ne tombe jamais un Shabbat ... et même s'il tombait un Shabbat, il n'aurait pas été permis de le repousser à un autre jour, car il est écrit : 'ce jour même', comme pour Yom Kippour"
[Aboudraham - Séder Tefilat Hataaniot]

-> Cette déclaration d'Aboudraham est citée dans Beth Yossef (Ora'h 'Haïm 550) qui ajoute : "Je ne connais pas sa source".
Certaines autorités affirment que l'opinion d'Aboudraham se retrouve dans les Techouvot Haguéonim. Cependant, Rachi (Meguila 5a) et Rambam (Hilkhot Taaniot 5.5) affirment que, si le 10 Tévèt était tombé un Shabbat, le jeune serait repoussé au lendemain. [Minhagué Maharil (Hilkhot Chiva Assar BéTamouz VéTicha BéAv 1) fait la même remarque. ]

-> Le rav Yonathan Eibschutz (Yaarot Devach - Vol.2 ; drouch 12) calcule que l'année où le roi de Bavél a commencé le siège de Jérusalem, le 10 Tévèt tombait un Shabbat. Il explique que c'est la raison pour laquelle D. dit au prophète Yé'hezkel (24,1-2) d'écrire le jour de la semaine : le prophète reçut l'ordre d'inscrire le fait que le malheur commémoré par le jeûne d'Assara BéTévèt a eu lieu un Shabat, et le jeûne lui-même devrait donc être observé même si la date coïncidait avec un Shabat.

-> Le rav 'Haïm Soloveitchik de Brisk écrit : "Telle est la différence entre tous les autres jeûnes et le 10 Tévèt : tous les autres jeûnes sont basés sur des événements et doivent être observés le mois [où ils se sont produits], comme le disent les versets, et peuvent être reportés. Mais à propos du 10 Tévèt, il est écrit : 'ce jour même' Yé'hezkel (24,1-2). Par conséquent, c'est une halakha qui s'applique spécifiquement à ce jour, et il ne peut pas être reporté au lendemain". [il est donc maintenu même s'il était amené à tomber un Shabbath]

-> Le rav David Hofstedter (Darach David) aborde ce sujet que le 10 Tévet n’est pas contre-indiqué pour tomber pendant le Shabbath. Il explique :
La dégradation spirituelle du peuple juif depuis son entrée en terre d’Israël jusqu'au la destruction du Temple ('hourban) provenait de la grande abondance matérielle dont il jouissait et de sa poursuite de la richesse.
La Torah nous met en garde : "Garde-toi d'oublier Hachem, ton D. ... Peut-être que, lorsque tu auras mangé et que tu seras rassasié, que tu auras bâti de belles maisons où tu vivras, que ton gros et menu bétail aura prospéré, que tu auras amassé une abondance d'argent et d'or et que tes biens se seront multipliés, ton cœur s'enorgueillira et tu oublieras Hachem ton D. qui t'a fait sortir de la maison d'esclavage qu'était l'Egypte." (Ekev 8,11-14).
Avant la destruction du Temple, les prophètes avaient déjà mis le peuple en garde contre la poursuite excessive des biens matériels à cette époque et qui a fait négliger le service divin.
[voir Yéchayahou 22.13 qui condamne : "la réjouissance et la joie, l'abattage de gros et menu bétail, la consommation de viande et de vin - 'mangez et buvez car demain nous mourrons'." ]

Cette faute doit être rectifiée en réduisant l'abondance matérielle, ce qui incite les Bné Israël à revenir au service de leur Créateur. C'est pourquoi la richesse matérielle du peuple juif cessa à la destruction du Temple, comme le dit la guémara (Sota 48a) : "Depuis le jour où le Temple a été détruit, il n'est pas de jour sans malédiction, la rosée ne tombe pas pour amener la bénédiction et le goût [délicieux] des fruits s'est perdu". Lorsque le peuple juif souffre d'une perte de prospérité, cela l'encourage à se tourner vers D. et à L'appeler ; cela corrige la faute que la Torah décrit comme "oublier Hachem".

La perte de l'abondance matérielle débuta le Dix Tévet, lorsque Névou'hadnetsar commença le siège de Jérusalem (II Méla'him 25.1). A cette époque, une terrible famine se répandit dans la ville, comme le raconte la Meguilat Eikha (4,4) : "De soif, la langue du nourrisson se collait à son palais. Les enfants demandaient du pain, mais personne ne pouvait leur en donner".
Cette faim et cette soif étaient la conséquence de la poursuite de la richesse et de l'oubli de D., comme le dit le prophète Yéchayahou (5,11-13) : "ceux qui se lèvent tôt le matin et recherchent le vin alcoolisé, qui restent tard la nuit lorsque le vin brûle en eux. La harpe et la lyre, le tambourin et la flute, et le vin, sont leurs festivités, et ils n'observent pas les actes de D. ni ne voient l'œuvre de Ses mains. C'est pourquoi Mon peuple fut exilé par manque de connaissance, ses hommes vénérables mourront de faim et ses masses seront assoiffées."
=> Non seulement la faim était une punition pour les fautes des Bné Israël, mais c'était aussi le début du processus de réparation de leurs fautes. La perte de l'abondance matérielle conduisit en effet le peuple à cesser sa recherche du matériel, à se repentir et à revenir vers D.

Il semble donc que le jeûne du 10 Tévèt ne soit pas seulement un commandement destiné à encourager la téchouva, comme c'est le cas des autres jeûnes. Il est également le moyen, pour le peuple juif, de se détacher de la poursuite des plaisirs physiques, ce qui était à l'origine de leurs fautes.
En utilisant le 10 Tévèt pour couper cet attachement par le jeûne, nous réparons l'oubli de D. qu'ont causé les excès matériels.

En gardant cela à l'esprit, nous pouvons comprendre pourquoi jeûner le jour d'Assara BéTévèt ne présente aucune contradiction avec le respect du Shabbat. Shabbat est la source de toute bénédiction matérielle pure et convenable, et le jeûne du 10 Tévèt complète le Shabbat en mettant toute cette abondance à sa bonne place, comme un moyen de servir Hachem. En observant le jeûne du 10 Tévèt, nous prenons conscience du but fondamental du Shabbat. Ainsi, ses bénédictions pourront-elles se réaliser de façon optimale.'

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b'h, sur la notion de jeûnes :
- Les jeûnes : https://todahm.com/2022/08/07/les-jeunes
- Le sens d'un jeûne : https://todahm.com/2020/03/23/le-sens-dun-jeune

Le Temple a été détruit du fait que les juifs ne récitaient pas la bénédiction [consacrée] avant l'étude de la Torah.
[guémara Nédarim 81a]

-> Rabbénou Yona note : "autrement dit, la Torah n'était pas assez importante à leurs yeux pour qu'ils jugent qu'elle méritait une bénédiction".

-> Le rav Pinkous (Néfech Chimchon) commente :
Il leur paraissait logique de réciter la bénédiction sur de la nourriture, sur le pain, de réciter la bénédiction : "Qui étend la terre sur les eaux" (roka aarets al hamayim), de réciter une bénédiction sur chaque respiration.
Car ils étaient conscients que dès l'instant où ils sortiraient leur tête de l'eau après l'y avoir plongée un moment, ils apprécieraient d'autant plus une bouffée d'air frais.
Mais ils ne ressentaient pas que la Torah était au sens simple du terme, leur oxygène, leur pain, en plus de toutes les profondeurs qu'elle recèle.
Le reproche qui leur est fait se situe à ce niveau, et c'est pourquoi le Temple fut détruit.

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+ Se rappeler de notre étude de la Torah :

-> C'est une erreur de dire que c'est grâce à sa brillante intelligence qu'untel est meilleur en Torah qu'un autre.
C'est un cadeau de Hachem qui peut revenir à tout un chacun, lui offrant la possibilité d'analyser et de comprendre dans leur profondeur des choses compliquées, s'il implore son Créateur avec des larmes.
[rav Yonathan Eibschutz (Yaarot Dvach - drouch 1)]

-> Dans la guémara (Nida 70a), il est aussi écrit que pour devenir un sage en Torah, il faut faire 2 choses : étudier beaucoup (yarbé béyéchiva), et supplier Hachem (yévakéch ra'hamim), Lui qui détient la 'hokhma, de nous donner le mérite de comprendre.

-> Réciter les bénédictions sur la Torah mot à mot avec ferveur et joie est une ségoula très propice pour se souvenir de ce qu'on étudie et ne pas l'oublier.
[Noda biYéhouda - Tsaal'h (guémara Béra'hot 64a)]

A l'inverse, celui qui néglige ces bénédictions, et étudie sans les dire ou les prononce sans la kavana appropriée, ne pourra pas mériter que ses enfants deviennent des Talmidé 'Hakhamim, car cela montrerait que la Torah n'est pas assez importante à ses yeux (Tour chap.47, Ran Nédarim 81a).

-> Rachi (guémara Avoda Zara 8a) écrit : Celui qui oublie ce qu'il étudie devra, dans la 4e bénédiction de la Amida ('honen hadaat), prolonger sa prière et supplier Hachem de lui accorder de la mémoire.

[le fait de s'allonger sur la prononciation du mot "zikaron" du kidouch du vendredi soir, est une aussi ségoula pour la mémoire]

-> Celui qui demande une chose qui fait la Gloire de Hachem, par exemple de mériter de comprendre la Torah et supplie D., alors Hachem écoutera sa supplique même si cette personne n'a pas assez de bonnes actions.
[Séfer 'Hassidim - chap.131]