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Considérer le Temple comme vital à notre vie

"Voici les comptes (élé pékoudé) du Michkan, le Michkan du témoignage (haédout), établis sur l'ordre de Moché par les Lévi'im, sous la responsabilité d'Itamar, fils de Aharon haCohen" (Pékoudé 38,21)

-> Le Michkan est appelé ici : "le Michkan du témoignage", car il témoigne du fait que Hachem s'est réconcilié avec les juifs et leur a pardonné la faute du veau d'or.
La preuve en est qu'Il laissa Sa Présence reposer parmi eux.

Les nations du monde croyaient la faute du veau d'or irréparable.
Après tous les bienfaits et les miracles que Hachem avait accomplis pour les juifs, ceux-ci avaient eu l'audace de se rebeller contre Lui!
Les nations dirent : "Les juifs ont commis un délit extrêmement grave. Comment D. leur pardonnera-t-Il jamais?"
Mais elles constatèrent que Hachem leur ordonna de fabriquer le Michkan, une résidence sainte qui indiquait que Hachem désirait faire résider Sa Présence parmi les juifs.

Il est écrit : "Ils Me feront un Michkan et Je résiderai parmi eux" (Térouma 25,8).
Les nations constatèrent que la Présence était descendue sur le Michkan et elle virent le feu qui l'entourait.
Elles comprirent que Hachem s'était réconcilié avec Israël et lui avait pardonné la faute du veau d'or.
[...]

Les nations accusèrent les juifs d'avoir fabriqué le veau d'or. Hachem ordonna donc à Son peuple de commencer par apporter de l'or pour le Michkan.
Cela prouvait que l'or avec lequel le veau d'or fut fabriqué n'appartenait pas aux juifs mais au érev rav.
La Torah y fait allusion lorsqu'elle désigne le Michkan sous le nom de : "Michkan du témoignage" (Michkan haédout), car il témoignait que Hachem avait pardonné la faute du veau d'or aux juifs.

Le Michkan porte le nom de "Michkan du témoignage" pour une raison supplémentaire : il tenait lieu de témoin et d'avertissement que si les juifs fautaient à nouveau, il leur serait enlevé et détruit.
Le mot hébreu : "michkan" a la même racine que le terme "machon" : un gage.
En effet, si l'on ne rembourse pas un prêt, le gage est gardé.

"Voici les comptes du Michkan", le Michkan (Machkon) du Témoignage" = C'est comme si la Torah disait : "Voici les comptes du Michkan, le "gage" du témoignage".
Si un homme prête de l'argent en contrepartie d'un gage et que l'emprunteur ne peut s'acquitter de sa dette, le créancier garde le gage jusqu'au remboursement.
De même, lorsque les juifs fautent, Hachem envoie les nations prendre le Michkan (ou plus tard le Temple) comme gage.
Le Temple est détruit jusqu'à ce que les juifs se repentent totalement. [Yeffé Toar - Térouma]

La section commence par les mots : "Voici (élé) les comptes du Michkan".
Hachem dit aux juifs : "C'était par les mots "élé" que : 'Voici (élé) tes dieux, Israël'" (Ki Tissa 32,4).
En employant le mot : "élé", ils provoquèrent Mon courroux, c'est donc par le mot "élé" que vous vous réconcilierez avec Moi afin d'expier votre faute."

"Voici (élé) les comptes du Michkan" = les juifs reçurent à présent le pardon par le terme "élé" qui désignait leur faute.

[on apprend de là que toute faute, même la pire à l'image du veau d'or, peut être pardonnée si l'on fait une téchouva sincère et totale!]
[...]

Les juifs offrirent 13 matériaux, prouvant ainsi que Hachem est Un dans le monde
En effet, le mot hébreu voulant dire : Un ("é'had" - אחד), a une valeur numérique de 13.

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-> Lorsque la Présence Divine reposait parmi les juifs, dans le Michkan, dans le 1er et 2e Temple, la situation était semblable à une union conjugale.
Le jour où la Présence Divine pénétra dans le Michkan était comparable à un jour de noces.
[Méam Loez – Pékoudé 40,38]

-> "Voyez combien Hahem aime Israël! Il nous a donné Sa Présence et Sa couronne [faite par le peuple juif] ...
Sa couronne représente le Michkan : de même qu'un diadème est orné de nombreuses pierres précieuses aux splendides couleurs, ainsi le Michkan était décoré de laine bleu ciel, pourpre, carmin et de lin blanc.
[Méam Loez – Pékoudé 40,38]

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+ Le Sanctuaire (michkan) est un gage (machkon) :

"Voici les comptes du Michkan", le Michkan du Témoignage" (élé pékoudé aMichkan, Michkan aEdout - אֵלֶּה פְקוּדֵי הַמִּשְׁכָּן מִשְׁכַּן הָעֵדֻת).

-> Rachi commente : Il est écrit 2 fois Sanctuaire (michkan), c’est une allusion au fait que le Sanctuaire a été pris en gage (machkon) en étant détruit 2 fois à cause des fautes des Bnei Israël.

-> Selon le Béer Moché, la destruction du Temple est considérée comme la prise d’un gage.
Le Béer Moché enseigne :
Quand on observe les lois concernant le gage, cela nous enseigne que nous avons la possibilité d’affronter la destruction et de provoquer la reconstruction du Temple.
En effet, les halakhot du gage comportent la notion que "celui à qui on doit acquiert un gage" (guémara Baba Metsia 84).
Cette acquisition signifie que le prêteur, qui est celui à qui l’on doit, a le droit de vendre le gage pour récupérer son argent, si l’emprunteur ne paye pas.
Mais malgré tout, la halakha décide également que si l’emprunteur est pauvre et n’a pas d’autre vêtement que le gage, un vêtement de jour pour la journée et un vêtement de nuit pour la nuit, l’emprunteur n’a pas le droit de le vendre, car "c’est son manteau, c’est son vêtement pour son corps, dans quoi dormirait-il?"

Ce qui caractérise le fait de prendre un "gage", et la différence entre le gage et le remboursement final, réside donc en ce que tant qu’il ne constitue pas un remboursement total mais un gage, le prêteur a le devoir de prendre en considération le fait que l’emprunteur pauvre reste démuni de tout, et dans un tel cas il doit lui rendre le gage, même si en réalité il lui appartient déjà.

Quelle en est la raison? Il a acquis le gage, alors pourquoi prendre en considération la misère de l’emprunteur?
La réponse est écrite dans la Torah : "S’il arrive qu’il crie vers Moi, Je l’entendrai, car Je suis miséricordieux".
Tossefot (guémara Roch Hachana 17b) expliquent : "Même si en toute justice le gage t’appartient car tu lui as prêté de l’argent, tu dois pourtant le lui rendre, car s’Il crie vers Moi, J’entendrai son cri, Je suis miséricordieux et Je ne peux pas voir sa détresse.

La Torah nous enseigne que lorsque le pauvre crie dans sa misère, ce n’est pas la justice qui prévaut.
Certes, la justice te permet de conserver le gage, c’est lui-même qui te l’a donné à cette fin. Mais malgré tout, on ne peut pas faire abstraction du cri de l’indigent.
Hachem est miséricordieux, c’est l’une des 13 midot. Cette mida signifie: "Je ne peux pas voir sa misère".
Pour ainsi dire, la miséricorde du Hachem ne Lui permet pas de voir la détresse de l’indigent qui crie.
C’est pourquoi "s’il crie vers Moi, Je l’écouterai, car Je suis miséricordieux!"

Le Beer Moché en conclut que si les Sages appellent la destruction du Temple un "gage", c’est une façon d’affirmer que la destruction du Temple n’est pas définitive.
Certes, il est détruit, mais si nous ressentons son absence avec une telle intensité que nous soyons comme un pauvre à qui il manque un vêtement pour se couvrir, si nous crions, si nous supplions comme un pauvre qui implore pour sa vie, la mida de Hachem implique qu’Il doit nous le rendre!

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+ L'importance de voir le Temple comme un élément indispensable à notre vie au quotidien :

-> Le midrach (Tan'houma Pékoudé 2) nous dit que le mot "Michkan" est une expression de "Machkon" (une gage).
Cela est une allusion au fait que Hachem a pris le Temple (également connu comme Michkan) comme d'un gage pour les fautes des juifs.
Comme le rapporte le Méam Loez (Eikha 1,14) : "Le poids des péchés d'Israël a été placé sur le Temple.
Au lieu d'exterminer le peuple juif, Hachem a déversé Sa colère sur le bois et les pierres.
Certes, le Temple a été détruit mais le Temple spirituel existant dans le cœur de chaque juif est resté intact."

Selon la loi juive si quelqu'un nous doit de l'argent nous n'avons pas le droit de lui prendre de l'argent qui est essentiel pour sa subsistance, de même nous n'avons pas le droit de prendre ses habits dont il a besoin pour la journée, idem pour ses vêtements de nuit, ...
=> Comment Hachem a-t-il pu nous prendre le Temple comme gage pour nos fautes? N'est-ce pas quelque chose qui est constamment vital pour notre bien-être spirituel?

-> Le Toldat Adam (Pékoudé) explique :
"Si nous ressentons que le Temple est vital pour notre survie, qu'il nous est indispensable pour notre vie quotidienne, et que nous crions à Hachem des profondeurs de notre cœur, alors Hachem va certainement écouter notre cri et nous retourner le Temple à notre cœur. Il va permettre à Sa Chékhina (Présence Divine) de résider en nous et par ce biais une personne va acquérir un goût dans son service d'Hachem, doux comme le monde à Venir ...

Lorsque le peuple d'Israël se sentira ainsi et va développer une passion pour le Temple et ressentir qu'il ne peut pas vivre sans lui, alors Hachem va certainement retourner le Temple à tout le monde, ici sur terre."

-> Le Mékhilta déRabbi (Michpatim 22,22) dit explicitement qu'une personne ne doit jamais dire qu'elle n'est pas méritante de demander le Temple, car Hachem a promis : "assurément j'entendrai ce cri" (Michpatim 22,22).

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+ Notre Temple intérieur (en nous) & notre Temple collectif :

=> Comment comprendre qu'au travers le temps autant de juifs, dont d'énormes tsadikim, ont crié et supplié pour la venue du machia'h au plus vite, et qu'actuellement nous sommes toujours en exil. Qu'est-il devenu de leurs prières?

-> Le rav Israël Moché Sorotskin enseigne :
A un niveau individuel, ils ont eu leurs prières qui ont été répondues, et ils ont reçu les influences du Temple, en eux.
Cela explique pourquoi nous trouvons des tsadikim à toutes les époques qui ont atteint des hauteurs inimaginables, bien au-delà des limites de la génération dans laquelle ils vivent.
Il y a eu des tsadikim avec des forces surhumaines, qui pouvaient voir d'un bout à l'autre du monde.
Ils se sont totalement branchés à leur Temple intérieur, et ainsi ils ont les influences et les ségoulot que le Temple accorde.

Cela va de pair avec l'explication du Ran dans une dracha (drouch achémini בא"ד) :
"De même que le Temple était la source de la sagesse et de la prophétie pour le monde entier, il en est de même à chaque génération pour nos Sages dont le cœur est la source des fontaines de sagesse et de prophétie pour la génération toute entière, car le Sage lui-même est le Temple (mikdach)".

Ainsi, les grandes Sages en Torah de chaque génération, qui arrivent à se connecter totalement au Temple qui est en eux, deviennent eux-mêmes un Mikdach. Ils sont alors capables de transmettre à d'autres ces énormes influences.

=> Bien que le Ran mentionne : "les Sages de chaque génération", en réalité cela s'applique à chaque juif qui peut davantage se rattacher à son Temple interne, chacun à son niveau, et ainsi profiter des apports énormes d'un tel lien à notre niveau.

-> A Yom Kippour 5560, en s'adressant à toute la communauté, le 'Hatam Sofer a cité le verset : "Nos pieds s’arrêtent dans Tes portes, ô Jérusalem" (om'dot hayou raglénou bich'arayich Yérouchalayim - Téhilim 122,2).
[ce verset fait référence à une époque avant que Jérusalem ne soit construite et habitée.]
Le 'Hatam Sofer explique que cela signifie que quelqu'un peut se tenir à Jérusalem tout en étant en exil.
Comment cela?
En se connectant spirituellement à Jérusalem. Lorsqu'une personne s'attache elle-même avec Jérusalem par son approche et ses valeurs, elle sera alors capable d'accéder aux bénéfices qu'un individu se tenant à Jérusalem peut recueillir.

=> Ainsi, absolument tout juif, peu importe ce qu'il a pu faire dans sa vie, peut en travaillant son appréciation pour le Temple, et en se focalisant et en priant pour le Temple, avoir la capacité de se forger un lien authentique et effectif avec le Temple, même en restant en exil.

[d'une certaine façon, plus une personne aspire à la construction du Temple, plus elle contribue à accélérer la construction du Temple collectif à Jérusalem, mais également elle s'attache davantage avec son Temple intérieur.
Ainsi, tout juif à son échelle peut suivre l'exemple des Sages de la génération, qui par leur aspiration et leur comportement, ont développé un magnifique Temple personnel intérieur, et alors ils bénéficient de cette influence (et par ricochet en font profiter les autres juifs).
Tout juif où qu'il soit dans le monde, peut avoir un Temple qui est pleinement reconstruit en lui, et même en exil il est comme étant à Jérusalem.
Pour une sanctification d'Hachem qui soit maximale, et pour que tout juif en bénéficie dans l'union, nous souhaitons que le Temple collectif à Jérusalem soit également reconstruit au plus vite.]

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-> Il est écrit : "Ils Me feront un Mikdach (Temple/Sanctuaire), et je résiderai parmi d’eux" (Térouma 25,8)
Rabbi 'Haïm de Volozhin (Néfech ha’Haïm 1,4) explique :
Hachem n’a pas dit : "fais-moi un Michkan et Je résiderai en lui", mais "fais-moi un Mikdach (Temple) et Je résiderai en eux (dans les bné Israël)" ... car tout l'essentiel du Temple, de la résidence de la Présence Divine, du Kodech Hakodachim est centralisé autour de l’homme qui, s’il se sanctifie et s’élève par les mitsvot, deviendra lui-même un Temple (beit midrach) et Hachem sera en lui."

-> En ce sens, nos Sages (guémara Roch Hachnaa 18b) disent que : la mort d’un tsadik est aussi grave que la destruction du Temple aux yeux d’Hachem.

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+ "Qu'ils Me fassent un Mikdach (Temple/Sanctuaire) et Je résiderai parmi eux" (Térouma 25,8-9)

-> Le Méam Loez (Térouma 25,8-9) nous enseigne :
La Présence Divine allait résider essentiellement à l'intérieur des juifs, et non dans le bois et le métal du Michkan.
Certes, un édifice tangible devait être construit mais sa seule fonction était de stimuler spirituellement le peuple.

Entrer dans le Michkan, le Temple ou une synagogue n'est pas suffisant en soi. Un bâtiment n'est fait que de bois et de pierre. Le principal, ce sont les personnes qui s'y trouvent et qui doivent s'imprégner de la sainteté de la Présence Divine, sanctifier leur cœur et se tenir avec crainte devant D. pour ne pas agir contrairement à Sa volonté.

Un tel édifice peut alors être appelé "un Sanctuaire", un Michkan, une congrégation sainte ou un Temple.
Ce n'est pas le bois dont il est fait qui est important mais le cœur des fidèles qui s'y rassemblent.

L'édifice physique a pour seul but de tirer ceux qui le fréquentent de leur torpeur spirituelle et de diriger leur conscience vers Hachem.
Ainsi chacun se dira : "Si je me trouve dans ce lieu saint où réside la Présence Divine, je dois me comporter avec crainte et ne pas prendre part à des conversations futiles". [Alchikh haKadoch]

Ce sont donc les personnes elles-mêmes qui constituent le "vrai" Michkan. C'est pourquoi après avoir dit : "Qu'ils me fassent un Michkan", Hachem ajouta : "ainsi ils feront".
Les hommes doivent travailler sur eux-mêmes pour faire le Michkan en purifiant leur cœur.

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-> La guémara (Sotah 17a) enseigne que si un mari et une femme sont méritants, alors la présence Divine réside avec eux.

-> "Ils feront pour Moi un Sanctuaire et Je résiderai parmi eux" (Térouma 25,8)

Le Ohr ha’Haïm haKadoch déduit que la présence Divine ne réside pas uniquement dans le Michkan, mais également dans la maison de chaque juif où règne le shalom : une véritable paix et de la sérénité.
C’est ainsi que de nos jours toute maison juive peut servir individuellement de : Temple miniature (Beit Mikdach méat).

De plus, lorsqu’un couple ajoute leur "lèv" (cœur – לב – valeur : 32) à leur "bayit" (maison – בית – valeur : 412), alors il élève leur maison pour qu’elle devienne un : mikdach (Sanctuaire – מקדש – valeur : 444), où la présence Divine réside.

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-> "Tout celui qui pleure pour Jérusalem méritera de partager sa joie [quand le Temple sera reconstruit], tandis que celui qui ne s'en attriste pas, n'en profitera pas."
[guémara Taanit 30b]

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-> Le le mot "Sanctuaire" (michkan - משכן) est formé des mêmes lettres que "nimchakh" (continuité) : ceci nous enseigne qu’il incombe à chaque juif de toujours maintenir une continuité sur 3 générations et d’adhérer à la tradition de ses pères.
Chacun de nous est comparable à un Sanctuaire : de même que D. installe Sa présence dans celui-ci, de même Il réside au sein de chaque juif qui adopte une conduite adéquate et qui respecte la Torah et les mitsvot.
Puisque la Présence Divine se trouve en chaque homme, celui-ci doit se sentir responsable et poursuivre la tradition des Patriarches en accomplissant les mitsvot.
Lorsque les hommes dédaignent les commandements de Hachem et abandonnent le chemin de leurs pères, alors la Présence Divine se détache d’eux et donc du Temple, précipitant ainsi sa destruction.
[rabbi David Pinto - la voie à suivre n°666]

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-> Le Pardes Yossef enseigne : La plus grande sagesse pour l’homme est de ne pas se montrer trop malin, mais de faire exactement ce que Hachem demande de lui, ni plus ni moins.
C’est ce à quoi fait allusion le verset : "ceux qui ont la sagesse du cœur parmi vous viendront faire ce que Hachem a ordonné" (Vayakel 35,10), sans rien rajouter.

Le sens d’un jeûne

+ Le sens d'un jeûne :

1°/ La tsédaka :

-> "Taanit" (jeûne - תענית) est formé des mêmes lettres que : "tat ani" (donner aux pauvres - תת עני).
"Taanit" a la même valeur numérique que : "kématnat yado" (comme il donne), cela nous enseigne qu'il faut donner de la tsédaka pendant les jeûnes.
[Chla haKadoch]

-> Cela fait référence à la parole de nos Sages : "La récompense principale d’un jour de jeûne est déterminée par le montant de tsédaka donné" (guémara Béra’hot 6b).

- Le Ba'h en donne la raison : nos Sages ont dit que certaines personnes aiment leur argent plus que leur corps, et le jeûne ne leur est ainsi pas tellement difficile.
C'est pourquoi, si on jeûne est qu'on donne en même temps de la tsédaka, alors l'expiation est complète.

- Le Guilioné haShass donne une autre raison : c'est afin que le jeûne soit totalement pour l'amour du Ciel, et qu'il n'y ait pas un profit du fait qu'on a gagné l'argent des repas de ce jour-là.
C'est pourquoi, on donne aux pauvres l'argent qu'il aurait fallu dépenser pour les repas, ainsi le jeûne est entièrement pour l'amour du Ciel.

- Le Maté Moché enseigne : Par le fait qu’il ne nous est pas agréable de devoir nous priver de nourriture en jeûnant, nous pouvons nous rendre compte de la souffrance de nos frères pauvres qui sont dans cette situation au quotidien.
En effet, aimer son prochain comme soi-même, c’est vivre son vécu (ex: ne pas avoir forcément de quoi manger tous les jours!), pour mieux comprendre, ressentir sa douleur physique et psychologique.
=> Ainsi : comment alors ne pas donner à la tsédaka, à destination de nos frères qui sont contraints à quasiment jeûner tous les jours, faute de moyens suffisants?

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2°/ La téchouva

-> Au sujet des jeûnes d’une manière générale, il est écrit dans la michna Béroura (549:1) :
"C’est pourquoi chacun doit faire son introspection lors des jours de jeûne, évaluer ses actions, et faire téchouva [corriger ses actions et ses traits de caractère].
Parce que l’essence de ce jour n’est pas le jeûne. […]
Parce que le jeûne n’est qu’un prélude à la téchouva.
C’est pourquoi ces personnes qui vont se promener et perdent leur temps les jours où ils jeûnent ont placé ce qui est secondaire [jeûner] avant ce qui est primordial [la téchouva]."

-> Le rav Shlomo Ganzfried (Kitsour Shoul’han Arou’h 121,1) enseigne que le but d’un jeûne est d’éveiller notre cœur à la téchouva.
En un tel jour, l’essentiel n’est pas le jeûne, mais c’est la téchouva.

Pour preuve, dans le livre de Yona, il est écrit : "Hachem considéra leur conduite, voyant qu’ils avaient abandonné leur mauvaise voie" (Yona 3,10).
Nos Sages commentent qu’il n’est pas dit que Hachem a vu qu’ils jeûnaient, mais qu’Il a vu "leur conduite", le fait qu’ils ont "abandonné leur mauvaise voie".

=> Ainsi, le jeûne n’est qu’une mise en condition préalable à la téchouva, et ne se focaliser que sur la partie jeûne s’est : "se saisir de l’accessoire, et abandonner l’essentiel".

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-> A chaque jeûne, il faut éveiller son cœur aux larmes ... c'est un grand devoir pour l'homme de se lamenter et de regretter amèrement tous ces événements qui ont pour ainsi dire provoqué une grande douleur au Créateur [Hachem], et un grand malheur à Ses enfants [les juifs].
[Yessod véChorech haaVoda]

-> [L'essentiel d'un jeûne du calendrier juif] est d'éveiller les cœurs à s'ouvrir au repentir (téchouva), et que ce soit un souvenir de nos mauvaises actions et des actions de nos pères qui ressemblent à nos actions actuelles, au point qu'elles leur ont causé, à eux et à nous, ces malheurs, pour que par le souvenir de ces choses nous revenions à une meilleure conduite.
[Rambam]

[Cela peut éventuellement s'expliquer par le parallèle suivant :
-> Selon la guémara (Yoma 86b), lorsqu'une personne fait téchouva par amour pour Hachem, ses fautes ne sont pas seulement effacées, mais elles sont transformées en mérites ;
-> "Ainsi dit D. : [Les 4 jours de jeûne] seront pour la maison de Yéhouda pour la joie et le bonheur, et pour des fêtes joyeuses." (Zé’haria 8,19).
Nos 4 jours de jeûne actuels, deviendront des jours de joie lorsque le Temple sera reconstruit
=> Ainsi, notre téchouva par amour, en ces jours de jeûnes actuels, va nous générer tellement de mérites que ces jours deviendront éternellement des moments de joie, de bonheur, ...]

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b'h, à ce sujet :
-> https://todahm.com/2020/03/11/13316
-> https://todahm.com/2017/03/10/5535

-> mais aussi sur tempérer la nécessité de se mortifier par le jeune : https://todahm.com/2017/10/27/48258

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-> Un jeûne diminue le sang et la graisse du corps. Il est donc considéré comme une offrande sacrificielle sur l'autel divin de l'expiation (guémara Béra'hot 17a).
De plus, le jeûne implique de surmonter les désirs naturels de nourriture et de boisson. Il implique donc un sacrifice non seulement du sang et de la graisse physiques, mais aussi et surtout de l'âme, de la force et de la volonté (voir Zohar 'hadach - Ruth 80a).

"Si les nations savaient quel bénéfice le Michkan (plus tard le Temple) leur apporte, elle l'entoureraient de gardes et le protégeraient pour qu'il dure à jamais."

[rabbi Yéhochoua ben Lévi - midrach]

Le Temple

+ "[Yossef] tomba au cou de Binyamin et pleura" (Vayigach 45,14).

-> "Ton cou est comme la tour de David" (Chir haChirim 4,4)
Comme le cou, situé au haut du corps, le Temple est la couronne de gloire du peuple juif.
Tout comme c'est dans le cou que passent les artères indispensables pour la vie dans le corps, c'est par le Temple que passent les artères apportant la vie au peuple d'Israël.
De même que c'est autour du cou qu'on porte des bijoux, le Temple est paré par les Cohanim et les Lévi'im qui sont "les ornements" du peuple d'Israël.
De même que les ornements sont suspendus au cou, la réussite du monde est suspendue au Temple.
De même que le cou est plus belle partie du corps, le Temple est le lieu le plus beau du monde.
[rabbi Yossef Deutsch]

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-> Le Temple est appelé "cou", ainsi qu'il est écrit : "Ton cou est comme une tour d'ivoire" (Chir haChirim 7,5).
Tant que le Temple existait, Israël fut prospère et libre, et pouvait marcher la tête haute et la nuque raide.
Dès la destruction du Temple, Israël commença à subir des humiliations et des persécutions.
Les nuques des juifs se courbèrent, ils ne purent plus jamais relever la tête au sein des nations.

Le Temple est désigné de cette façon pour une autre raison. A la différence des autres parties du corps, si le cou d'une personne est tranché, celle-ci meurt. Il en va de même du Temple sans lequel Israël ne peut vivre.

Lorsque le Temple existait, si un homme péchait par inadvertance, il offrait un sacrifice pour expier sa faute.
Nos Sages enseignent que personne, à Jérusalem, n'allait dormir avant d'avoir expié un péché.
Deux sacrifices quotidiens étaient offerts dans le Temple : un le matin et un autre le soir (Bamidbar 28,4).
Le sacrifice du matin servait à expier les péchés commis durant la nuit, tandis que celui du soir annulait les fautes de la journée.
Les gens étaient ainsi purifiés de tout péché. Aujourd'hui, malheureusement, nous ne sommes plus en mesure d'effacer nos péchés.
[Méam Loez - Vayigach 45,14]

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-> Le cœur de tous les juifs doit être dirigé vers un seul et même endroit : le Temple.
Le cou est ce qui relie la tête avec le restant du corps, et cela symbolique la liaison entre la spiritualité (la tête) et la matérialité (le restant du corps).
Il en est de même avec la fonction du Temple, qui est de relier ensemble : la spiritualité avec la matérialité, le Ciel avec la terre.
La guémara (Béra'hot 30a) affirme que le Temple est le conduit qui nous connecte avec le Ciel (chamayim).
La prière de chaque juif s'élève au Ciel par le biais du Temple, et Hachem nous comble de bénédictions d'En-Haut jusqu'à ce monde par le biais du Temple.
[Avné Nézer]

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-> b'h, provenant du divré Torah : https://todahm.com/2015/12/27/4266

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+ "Ton cou est comme la tour de David" (Chir haChirim 4,4)

-> Comme le cou est dans la partie haute de l'homme (juste sous sa tête), et représente sa splendeur, le Temple est dans la partie haute de la terre d'Israël (à Jérusalem) et représente sa splendeur.
[Maharcha]

-> C'est à travers la trachée artère du cou que s'effectue la respiration (néchima) qui assure la vitalité de l'âme (néfech) et c'est à travers l’œsophage du cou que s'effectue le transit de la nourriture et de la boisson qui assurent la vitalité du corps.
De même, c'est à travers le Temple que se déverse dans le monde l'abondance sur le plan spirituel et sur le plan matériel.
[Sifté 'Hakhamim]

-> De même que c'est sur le cou d'une femme que sont placées la majorité de ses bijoux et parures, c'est pour le Temple qu'Israël a prélevé son or, son argent et ses parures.
[Torah Témima]

-> Durant la période d'existence du Temple, le cou d'Israël est levée et dressé.
Cependant, durant la période où le Temple est détruit, Israël marche la tête basse et son cou est courbé.
[Méam Loez]

-> Les lettres du mot : "tsavar" (cou - צואר) peuvent se réarranger pour former le mot : "otsar" (trésor - אוצר) qui désigne le Temple selon le verset : "Apportez toutes les dîmes dans Mon "otsar" (trésor) afin qu'il y ait des provisions dans Ma maison" (Mala'hi 3,10).
Ainsi, le cou (צואר) et le Temple (אוצר) sont formés des mêmes lettres hébraïques.
[Ben Ich 'Haï]

"Hachem les a arrachés de leur terre, avec colère, avec courroux et avec une grande fureur, et Il les a jetés vers un autre pays comme ce jour" (Nitsavim 29,27)

-> "Les juifs ont été exilés parce que la terre d'Israël leur a été accordé à la condition qu'ils observent la Torah.

"Il leur a donné des terres occupées par des peuples : ils héritèrent du labeur d’autres nations, afin qu'ils gardent Ses statuts et observent Ses enseignement (torotav)" (Téhilim 105,44-45)
=> Lorsque les juifs ont fauté, D. les a chassé de leur terre."

[Méam Loez]

"Lorsque le Sanhédrin a été exilé, la Présence Divine n'est pas partie en exil avec lui ; lorsque les gardes de Cohanim ont été exilées, la Présence Divine n'est pas partie en exil avec elles ; mais lorsque les juifs ont été exilés, la Présence Divine est partie avec eux."

[midrach Eikha 1,32 -
sur : "Ses enfants sont partis en captivité, toute Sa splendeur à quitté Sion" (Eikha 1,5-6)]

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-> "Partout où les juifs ont été exilés, la Présence Divine a été exilée avec eux, et même quand ils ne font pas Sa volonté, la Présence Divine est avec eux"
[guémara Méguila 29a]

-> Le rav Eliyashiv dit qu'un de nos derniers prophètes a transmis ce même message à sa génération avant qu'ils ne soient expulsés en exil : "Et tous les peuples vous féliciteront, car vous serez, vous, une terre de délices, dit Hachem" (Mala'hi 3,12).
Comment un juif en exil peut-il être considéré sur "une terre de délices"?
La réponse est qu'en exil un juif vit avec la présence d'Hachem, son propre corps devient "une terre de délices", identique à la terre d'Israël.

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-> b'h, voir également : https://todahm.com/2016/08/22/quand-je-souffre-mon-papa-hachem-souffre-encore-plus-que-moi

"40 années avant que le Temple n'ait été détruit, des signes de sa destruction imminente étaient évidents"
[guémara Yoma 39b]

=> Pourquoi particulièrement 40 années?

Hachem a transmis comme allusion au peuple juif que s'ils faisaient attention à la Torah, qui a été donnée [à Moché] pendant 40 jours [au Ciel], et qu'ils l'étudiaient de façon désintéressée, alors le mérite de la Torah allait annuler le dur décret contre eux.
Comme l'enseigne le midrach (Béréchit rabba 65,20) : "Lorsque le peuple juif étudie la Torah, Essav ne peut pas régner sur eux et détruire leurs lieux saints"

[Ben Ich 'Haï - Bénayahou - Yoma 39b]

=> On voit à quel point la Torah, a le pouvoir de sauver des décrets même les plus difficiles.

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-> Ce n'est pas Nabuchodonosor ou Titus qui détruisirent le Temple, ils n'ont "fait que moudre une farine qui l'était déjà".
[guémara Guittin 56b]

Divers sur la période du 9 Av – Le saviez-vous?

+ Divers sur la période du 9 Av - Le saviez-vous? :

-> "Ainsi parle Hachem : Le jeûne du 4e mois et le jeûne du 5e, le jeûne du 7e et le jeûne du 10e mois seront changés pour la maison de Yéhouda en joie et en allégresse et en fêtes solennelles." (Zé'haria 8,19)

=> Pourquoi le prophète ne donne-t-il pas de façon explicite la date exacte des jours de jeûne?

Le Min'ha 'Hinoukh (301,7) enseigne qu'avant la destruction du 2e Temple, pendant le mois désigné, chaque personne avait la possibilité de choisir la date de son choix pour jeûner.
C'est uniquement ensuite, que nos rabbanim ont uniformisé la pratique en fixant une date particulière pour chaque jeûne.

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+++ Comment se passait-il le 9 Av dans le Temple?

-> Selon le Rambam (michna Roch Hachana 1,3), pendant la période du 2e Temple, il n'était pas obligatoire de jeûner, mais la pratique était de jeûner en raison des nombreuses tragédies qui sont arrivées ce jour aux juifs.

-> Le Tashbatz, ainsi que le 'Hida (Ma'hazik Bra'ha - Ora'h 'Haïm 550,2), ne sont pas d'accord avec le Rambam, argumentant que la guémara dit clairement que pendant la période du 2e Temple, les juifs ne jeûnaient pas le 9 Av, ni à aucun autre jeûne.
Au contraire, ils fêtaient ces jours de jeûnes avec de la grande joie.
[le 'Hida rapporte même un Tossafot (Taanit 12a) en ce sens)]

-> Le rav Yaakov Kamenetsky (Emet léYaakov - Avot 1,1) est d'avis que le 2e Temple n'a jamais été considéré comme un remplacement du 1er Temple (de nombreuses choses y étaient manquantes), mais c'était plutôt une aide afin d'atténuer la douleur du peuple juif dans leur période d'exil.
Pour cette raison, il n'a pas été construit selon les instructions de la prophétie de Yé'hezkel pour le Temple final.

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+ Réactions lors de la construction du 2e Temple :

Au moment de la construction du 2e Temple, il y avait 2 types de réaction :
-> 1°/ la grande majorité était fou de joie comme jamais, car après des dizaines d'années en exil, ils avaient la possibilité de nouveau d'avoir le Temple.

Il est écrit : "Lorsque les maçons jetèrent les fondations du sanctuaire de Hachem, on disposa les prêtres, revêtus de leurs habits [pontificaux], avec des trompettes ... avec des cymbales, pour célébrer Hachem ... Ils entonnèrent des hymnes et des actions de grâces en l'honneur de l'Eternel, [chantant] "car il est bon ; car sa bienveillance s'étend éternellement sur Israël".
Et tout le peuple poussait de grandes acclamations, au moment où l'on rendait gloire à Hachem pour la fondation de Son temple." (Ezra 3,10-11)

-> 2°/ le restant était composé de personnes suffisamment âgées pour avoir connues le 1er Temple.
Ces gens ne se réjouissaient pas, mais plutôt ils pleuraient car le 1er Temple était tellement meilleur!

Ils ne voyaient le 2e Temple que comme une maigre consolation de leur glorieux passé, et la contraste était flagrant.
Le 2e Temple leur rappelait la grandeur du 1er, et c'était trop difficile à supporter ...

D'ailleurs, pour se rendre compte de leur douleur, Ezra rapporte que leurs cris étaient si puissant que l'on ne pouvait entendre les expressions de joie du restant du peuple.

Il est écrit : "Mais beaucoup de prêtres, de Lévites et de chefs de famille, avancés en âge, qui avaient encore vu l'ancien temple, lorsqu'ils furent témoins de la fondation de ce [nouveau] temple, pleurèrent hautement, tandis que beaucoup d'autres faisaient retentir des cris de triomphe et de joie.
Les gens ne pouvaient distinguer les clameurs joyeuses des sanglots bruyants du peuple ; car le peuple poussait de grands cris, dont l'écho se faisait entendre au loin." (Ezra 3,12-13)

=> On peut comprendre que le jeûne du 9 Av ne soit pas obligatoire à cette époque.
En effet, pour certains, le 2e Temple était un moment de grande joie, et pour d'autres un moment de grande tristesse (remuant le couteau dans la plaie de la perte du précédant).

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+ Punition pour ceux qui ont causé la destruction des Temples :

Hachem a puni :

-> 1°/ Névou'hadnétsar pour avoir détruit le 1er Temple, qui avait nécessité 7 ans pour être construit.
Il a été contraint d'errer parmi les animaux durant 7 années.

En effet, il est écrit dans Daniel (4,29) : "On va t'expulser de la société des hommes, et ta demeure sera avec les bêtes des champs ; on te fera manger de l'herbe comme aux bœufs, et 7 époques passeront sur toi, jusqu'à ce que tu reconnaisses que Hachem est le maître de la royauté des hommes et qu'Il la donne à qui il veut."

-> 2°/ Titus a exilé le peuple juif qui est comparé a une colombe, et il a ainsi été puni par un moucheron lui mangeant le cerveau jusqu'à devenir de la taille d'une colombe. [Séfer 'Hassidim 1,151]

Le Zohar 'Hadach (Chir haChirim 75a) dit que le Temple est comparé à la tête et au cerveau.
Puisque Titus a détruit la tête et le cerveau de la nation juive (le 2e Temple), il en a été de même pour sa tête et son cerveau.

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+ Les bâtisseurs du Temple :

-> La Pessikta rabbati (6) enseigne que tous les travailleurs impliqués dans la construction du Temple ont été bénis par des réussites miraculeuses.
C'est ainsi que durant toute la période de sa construction aucun travailleur n'a été malade, ni n'est mort, et aucun outil n'a été endommagé, même légèrement.

-> Le Baal haTourim (Dévarim 22,7-8) dit que toute personne qui est impliquée dans la construction du futur Temple, bénéficiera d'une longue vie.

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+ Perte du Temple = perte de l'honneur de Hachem :

-> La guémara (Béra'hot 3a) rapporte qu'à chaque fois que les juifs en exil répondent pendant le Kadich : "Amen yéhé chémé rabba", Hachem [métaphoriquement] secoue Sa tête et dit : "Heureux est le Roi qui est loué de cette façon dans Sa maison. Que reste-t-il pour le Père qui a exilé Ses enfants, et malheur aux enfants qui ont été exilés de la Table de leur Père."

Le Maharcha note que Hachem ne fait référence à Lui, comme un Roi, uniquement lorsque le Temple existe, mais après sa destruction, Son statut est diminué à celui de Père.

-> Le Gaon de Vilna enseigne que bien que la royauté de Hachem est éternelle, la destruction du Temple a énormément diminué l'honneur qu'on porte à Sa royauté.

Il écrit que l'on trouve une allusion à cela dans la guémara ('Haguiga 3b), qui dit : "Pendant que le Temple existait les anges possédaient 6 ailes, mais après sa destruction 2 de leurs ailes ont disparu."
=> Pourquoi cela?

Le Gaon de Vilna explique que les 6 ailes correspondent aux 6 mots : ברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד ("Béni soit le Nom dont la gloire du royaume est à jamais").

En exil, le : כבוד מלכותו (la gloire du royaume - kévod mal'houto) est manquante, puisque Hachem a des émissaires qui font Sa volonté d'une telle façon que nous avons l'impressions de ne plus Le voir, faisant que Sa gloire est cachée.
[à l'époque du Temple, la présence Divine était palpable et il y avait constamment de très nombreux miracles (ex: cf.Pirké Avot 5,7). ]

D'ailleurs en ce sens, dans la prière de moussaf (Yom Tov) nous demandons à Hachem : "Révèle la gloire de Ton royaume sur nous".

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+ Les larmes :

-> Le Zohar (Chémot 12b) dit que la délivrance des juifs de l'exil dépend uniquement de leurs larmes.
Si les nombreuses larmes versées durant notre exil ne suffisent toujours pas à apporter la délivrance, c'est parce qu'Hachem doit tout d'abord finir de payer à Essav la récompense pour les larmes qu'il a versé.
=> A quoi cela fait-il allusion?

Le midrach (Téhilim 80 et Tan'houma Toldot 24) relate qu'au moment où Essav a découvert que son frère Yaakov lui a pris en cachette les bénédictions de son père, il a pleuré 3 larmes.

Une larme s'est écoulée de l’œil droit, un 2e larme de l’œil gauche, et enfin une 3e qu'il a retenu.
Ces 3 larmes ont réveillé la miséricorde de Hachem, et en conséquence, Essav a mérité de régner dans ce monde entier en toute tranquillité, entraînant pour le peuple juif des larmes amères liées à leur exil.

Les juifs ont imploré Hachem : "Maître du monde, si Tu as été immédiatement rempli de compassion lorsque le racha Essav a pleuré 3 larmes, à plus forte raison doit-il en être pour nous qui pleurons constamment dans notre exil".

Hachem a répondu qu'une fois qu'Essav aura reçu toute la mesure de sa récompense, viendra lors le temps pour la nation juive d'être éternellement élevée.

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+ Un deuil à l'excès :

-> Les règles de deuil pour la destruction du Temple sont plus strictes que celles concernant un endeuillé ayant perdu des proches de chair et de sang.
En effet, alors que le Rambam dissuade des manifestations trop excessives pour un mort, il considère comme un acte de piété de s'endeuiller à l'excès pour la destruction du Temps.
[Rambam - Michna Torah Avel 13,11 ; Taanit 5,9]

-> Pendant le 9 Av, nous récitons des lamentations qui suscitent des émotions de tristesse et de larmes, ce qui n'a pas de parallèle lorsque l'on perd une vie humaine (les hespédim rappellent la grandeur et le vide laissé par le mort afin de nous consoler, alors que les lamentations ont pour but de nous faire pleurer).

-> Selon le Hararé Kédem, le fait de pleurer à l'excès fait partie de la réparation de la faute des explorateurs, provoquant les pleurs des juifs sans raison.

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+ A la recherche du Temple :

-> Les idoles et les temples non juifs sont en général placés sur l'endroit le plus haut afin d'être visibles.
A l'opposé, le Temple n'était pas situé sur le sommet le plus élevé de Jérusalem (guémara Zéva'him 54b), comme la Torah le demande : "Que vous chercherez Sa présence et tu t'y rendras" (Réé 12,5).

Rabbi Yérou'ham Lévovitz explique que le "chercher" et un prérequis pour le : "t'y rendre".
C'est une allusion au fait qu'on ne peut trouver la présence Divine que si nous l'a recherchons, que si nous la désirons ardemment.

Le : "t'y rendre" (parce que c'est tendance, pour le regard des autres) ne doit pas précéder le : "chercher".
=> Le Temple doit être le fruit d'une démarche très personnelle et désintéressée (c'est parce que j'ai sincèrement envie d'être proche de D., que je mis rends!).

-> "Elle s'appelle Tsion, et personne ne la recherche" (Yirmiyahou 30,17)
La guémara (Roch Hachana 30a) commente : elle nécessite que nous la recherchions.

=> Ainsi, rabbi Binyamin Wurburger enseigne que de nos jours, par le fait de rechercher le Temple (ex: en pleurant, en faisant téchouva, en s'améliorant, ... afin d’accélérer sa venue), alors cela va nous aider à créer une connexion, un lien avec ce lieu.

Pourquoi est-ce que le Shabbath précédant le 9 Av s'appelle-t-il : 'Hazon (une vision)?

Cela ressemble à un homme qui achète un costume à son enfant, mais au lieu de prendre soin de ce nouveau vêtement, celui-ci va le couvrir de boue.
Le père lui achète alors un 2e costume, mais l'enfant le traite de la même manière.

Le père achète alors un 3e costume à son enfant, mais cette fois-ci, il ne le lui donne pas. Il le cache dans le placard, et de temps en temps, il permet à l'enfant d'y jeter un coup d’œil, lui disant : "Lorsque tu auras appris à [bien] te comporter alors tu auras le costume."

[les 3 costumes sont en allusion aux 3 Temples]
C'est cela la signification de 'Hazon (une vision). Hachem nous donne un aperçu de ce qui doit nous revenir, si seulement nous nous comportions comme il le fallait [surtout en se respectant/s'aimer les uns les autres].

[rav Lévi Its'hak de Berditchev - Likouté Kédouchat Lévi]

[il en résulte que le costume (Temple) est déjà prêt dans le placard, et papa Hachem n'attend plus que nous pour le sortir et nous le donner!]

9 Av : faire le plein d’espoirs pour l’année à venir

+ 9 Av : faire le plein d'espoirs pour l'année à venir :

-> Le rav Yaakov Meïr Schechter écrit que le 9 Av est le jour le plus difficile de l'année juive.
Cependant, malgré ce sentiment de deuil sur la perte des 2 Temples, le 9 Av est véritablement un jour plein d'espoirs.

Tout le monde sait que pleurer sur le passé n'a pas d'intérêt. Si quelque chose de précieux a été perdu, pleurer ne va pas le ramener.
Cependant pour le 9 Av, nos Sages nous demandent de pleurer.

Ainsi, le fait de se lamenter sur le Temple atteste de notre croyance qu'un jour nous serons délivrés.
Ces larmes ne sont pas des larmes de désespoir sur notre perte, mais plutôt des larmes d'espérance positive pour le futur, que notre délivrance arrive.
=> Au cœur de notre peine, il y a en réalité un espoir énorme.

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-> Selon Rabbi Na'hman de Breslev, le terme : "békhia" (pleurer - בכיה) est l'acronyme de : "béshim'ha yéguiloun kol ayom" ("A cause de Ton Nom, sans cesse ils sont en joie" - Téhilim 89,17).

[une situation difficile, nous fait se tourner et vider notre cœur à Hachem, et c'est alors que nous réalisons : "A cause de Ton Nom, sans cesse ils sont en joie" = de même que tout n'est venu que par la Volonté de D., alors de même tout peut partir en une seule seconde par Sa Volonté.
Nous réalisons que : Mon Père c'est le boss de ce monde, Il n'agit que pour mon bien ultime, et Il peut absolument tout faire! Ainsi, pourquoi m'attrister, puisque tout est sous contrôle!

=> C'est alors que du fond de notre douleur, ressort notre amour, notre confiance totale en la toute puissance de D.

C'est en ce sens qu'on parle de : "Ména'hem Av", puisque ce mois est le père (Av) de notre consolation (ména'hém) pour l'année à venir. Et proportionnellement à notre lamentation en jour, s'y développe notre confiance en Hachem pour le restant de l'année.

Symboliquement, toute la journée du 9 Av, nous sommes assis par terre, en allusion au fait que nous avons touché le fond, mais déjà dans l'après-midi nous pouvons nous relever et s'asseoir plus normalement.
=> Cette période de deuil est un moment où l'on se baisse/s'accroupit pour mieux sauter pendant le restant de l'année vers Hachem!]

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-> On raconte sur le saint rabbi Pin'has de Koritz, que dans les profondeurs de ses larmes du 9 Av, ceux qui étaient proches de lui pouvaient discerner un cri de joie.

-> Le rav Mordé'haï de Slonim écrit que lorsque la fille de Pharaon a trouvé Moché bébé flottant sur le Nil, la Torah rapporte : "La fille de Pharaon … vit l’enfant et voici qu’un jeune pleurait" (Chémot 2,6).

Le verset laisse entendre que rien qu'à partir de ses pleurs on pouvait deviner qu'il était un enfant juif.
Pourquoi cela?

C'est parce ses pleurs étaient remplis d'espoirs.

[certes la situation est horrible, mais le fait que le boss est Hachem vient réduire à néant nos inquiétudes, ne laissant place qu'à de l'espérance!
C'est pour cela qu'un pleure juif, est un pleure qui est rempli d'espoir et non pas de désespoir! ]