Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"Hachem te frappera de folie et d'égarement du cœur" (Ki Tavo 28,28)

-> "l'égarement du cœur" = le Saba de Kelm explique que cette expression désigne la fermeture du cœur, comme si l'homme était pris de léthargie, comme quelqu'un qui aurait été anesthésié en vue d'une opération, qui est plongé dans un sommeil profond et ne ressent pas qu'on coupe dans sa chair vive.

De même, le cœur de l'homme qui est frappé d'égarement se trouve plongé dans le sommeil et ne se réveille pas même quand sa vie est menacée. C'est pourquoi le danger est extrêmement grand!

[à l'image d'une personne endormie, parlant dans son sommeil, on peut murmurer de belles paroles sur la nécessité de se réveiller, de changer (l'heure est grave!), mais cependant tant que cela n'arrive pas et ne provient pas de notre cœur, cela reste extérieur!]

<--->

-> Le rav Aharon Kotler enseigne : tout le monde sait combien les grands du monde redoutaient l'approche du mois d'Elloul.
(notre vie dans ses moindres détails est décidée à Roch Hachana ; nous pouvons avoir tout ce que nous désirons, mais à la condition de le demander de tout son cœur à Hachem!)

Notre cœur est complètement obtus, sans le moindre soupçon de crainte, alors que nous devrions craindre d'autant plus du fait même de cette situation amère où il nous manque la moindre étincelle de sentiment.
En effet, le fait d'avoir perdu ce sentiment est malheureusement le niveau le plus bas qui existe.
Comme le dit la guémara (Shabbath) : "Un idiot ne se vexe pas, et la chair qui est morte chez le vivant ne sent pas une aiguille".
[l'heure est extrêmement grave/vitale, c'est juste que notre cœur est tellement endormi, au point que nous ne ressentons rien de particulier!]

<--->

-> Rabbi Yé'hezkel Levinstein dit :
"Il est vrai qu'en Elloul, nous sommes tous animés d'un éveil plus grand que durant le reste de l'année. Mais il faut faire très attention à éviter un simple éveil qui ne serait qu'extérieur et superficiel.

Tel est le juste service qui s'appelle : "repentir complet". [complet => total => même du plus profond de nous, et pas uniquement à l'extérieur! ]

Si nous agissons ainsi, nous ressentirons la gravité du jour du jugement, et serons emplis de la crainte de D."

Prendre conscience de la gravité du moment

+ Prendre conscience de la gravité du moment :

-> Rabbi Its'hak Gamliel Rabinowitz (Tiv haAvoda) rapporte que le rabbi Its'hak David Gottferd est venu un jour du mois d'Elloul dans la salle d'attente du tribunal rabbinique, et s'y est assis pendant 1 à 2 heures. Pourquoi cela?

Il a expliqué :
"Je suis venu observer de quoi a l'air quelqu'un avant qu'on le juge.
Il y a ici beaucoup de gens qui attendent. L'un fume nerveusement, l'autre fait les 100 pas d'un mur à l'autre, et se répète encore et encore les arguments qu'il va présenter au jugement, le 3e se lisse la barbe par nervosité, et le 4e dit des téhilim avec de vraies larmes.

Or de quoi s'agit-il en fin de compte?
On ne traite pas de cas qui mettent la vie en danger, on ne condamne pas non plus à la flagellation, mais il est question en tout et pour tout de quelques milliers de dollars d'un côté ou de l'autre. Et pourtant, les gens perdent toute sérénité!

Par contre, j'arrive maintenant de la rue un jour d'Elloul, alors que tout le monde se tient avant le jour du jugement où il est question de vie ou de mort, et personne n'est nerveux ni ne se lisse la barbe ni ne se répète les arguments de sa défense, mais la vie continue comme à l'habitude, et les sujets qui sont discutés n'ont aucun rapport avec le jour du jugement qui approche ...

C'est pourquoi je suis venu ici pour sentir une atmosphère de crainte avant le verdict, et apprendre de là l'inquiétude qui est exigée de nous maintenant que nous nous trouvons devant le Roi des rois, Hachem."

[de même, on peut se rendre dans un cimetière pour y voir les morts de l'année, dans un hôpital pour y voir les cas graves, ... et se dire que si nous ne sommes pas convaincants le jour du jugement, nous risquons de s'y retrouver, que D. nous en préserve.

Nous devons éviter de se croire comme faisant partie d'un groupe d'élites qui est immortel, invulnérable, car à l'image d'autrui, notre futur sera décidé à Roch Hachana, pour le meilleur ou pour le pire, en fonction de notre comportement à ce moment!]

<--->

-> Le rav Eliayhou Lopian dit qu'il faut au moins avoir peur avant le jour du jugement, et cela même peut nous être compté comme un mérite.

[on doit avoir peur de notre situation : comment pouvons-nous être aussi peu affectés face à ces jours si redoutables (Roch Hachana, Kippour, ...)?
Nous devons ainsi être apeurés de ne pas être plus apeurés que cela!]

<--->

-> Le rav Dov Yaffé donne l'exemple d'un homme qui doit subir une intervention complexe qui n'est pas conscient du grand danger qu'il encourt.
Cependant, quand il constate que les médecins et spécialistes qui le prennent en charge s’inquiètent à son sujet, il réalise la gravité de son état de santé.

-> Même si nous n'avons pas naturellement le sentiment de la crainte du jugement, nous devons quand même réfléchir à la conduite des grands d'Israël dans toutes les générations.
En effet, ils avaient servi Hachem fidèlement pendant toute l'année, et pourtant ils étaient saisi d'une grande frayeur tant le jugement est redoutable.

=> Nous devons en tirer des conclusions à fortiori pour nous-mêmes, car nous connaissons la bassesse de notre situation, et nous savons quelle devrait être notre inquiétude.

[n'oublions pas qu'il est facile de se mentir à soi-même, mais à Hachem rien ne peut être caché!]

"Les améliorations de ce monde-ci empêchent la crainte du jugement"

[rabbi Aharon Leib Steinman]

-> Pour cette raison nous sommes froids, nous ne ressentons pas la peur du jugement, parce que nous sommes sûrs de nous-mêmes.

En effet, autrefois, quand ce monde-ci était moins perfectionné, l'homme n'y était pas tellement attaché aux appareils électroniques et sentait en lui-même qu'il dépendait de la bonté de Hachem, c'est pourquoi Elloul était Elloul, et Roch Hachana était Roch Hachana.

Mais plus les améliorations techniques dominent et plus ce monde-ci devient quelque chose de stable, alors nous ne sentons plus combien nous dépendons de la miséricorde de Hachem.
Nous sommes tranquilles, parce que l'amélioration du monde matériel est si trompeuse que l'homme se sent comme "fixe" dans le monde.
C'est ainsi que nous pouvons entendre tant de catastrophes, mais nous ne paniquons pas, aveuglés par la technologie moderne qui nous fait croire que nous sommes éternels, [que tout est sous contrôle].

[c'est bon Hachem ne te dérange pas pour moi, je gère ma vie tout seul : j'ai une téléphone intelligent, une voiture, un appartement agréable, j'ai des économies, un travail assuré, ...
En effet, b'h, nous sommes dans une génération où le confort, le luxe est inégalé (même les plus grands rois du passé, n'avait rien de nos commodités actuelles!), mais au lieu d'en venir à remercier Hachem qui en est à l'origine (l'aimant davantage), nous préférons se croire encore plus puissant, autosuffisant!]

<--->

-> Plus nous avons conscience de la grandeur, de la Toute-Puissance de D. dans le monde, plus nous devons être inquiets à l'approche de Roch Hachana.
En effet, si Hachem est petit à nos yeux, alors son jugement l'est également! Pourquoi alors se prendre la tête à ce sujet!!

"Hachem dit à Adam : "Ce sera un signe pour tes enfants. De même que tu as été jugé devant Moi aujourd'hui et que tu as été acquitté, de même tes enfants seront jugés ce même jour et seront innocentés"

Quel est ce jour?
Le 1er jour du mois de Tichri (Roch Hachana)"

[midrach rabba Vayikra 29,1]

<--->

-> Adam fut créé le jour de Roch Hachana, et en ce même jour, il fut jugé par Hachem, il se repentit et sa téchouva fut acceptée.

Hachem lui dit : "Ce sera un signe pour tes enfants, pour toutes les générations.
Ce même jour, ils se tiendront devant Moi pour que Je les juge, s'ils se repentent, ils seront agréés et Je quitterai Mon trône de justice pour siéger sur celui de miséricorde"
[Zohar - Emor 88]

<------->

-> Dans le cadre de sa téchouva, Adam s'est imposé des tourments et un jeûne, pendant une durée de 130 années.
Pendant cette période, il s'est séparée de sa femme et s'est revêtu de feuilles de figue.
[guémara Erouvin 18b]

Certains de nos Sages expliquent que la souffrance que l’homme reçoit dans le Guéhinam (enfer), c’est qu’on lui révèle toutes les véritables destructions et les nombreux dégâts qu’il a occasionnés par ses fautes.
En effet, quand l’homme réalise les conséquences inimaginables que sa faute a causées, la peine et la souffrance qu’il en conçoit est énorme.
C’est cela les souffrances du Guéhinam.

C’est un véritable bienfait qu’Hachem réalise pour l’homme dans ce monde de cacher de sa conscience les dégâts causés par ses fautes. Car si l’homme en était conscient, sa vie aurait été un véritable enfer. Personne ne peut supporter la conscience des dommages qu’il a entraînés.

[rapporté dans le Otsrot HaThora]

=> En faisant téchouva, acte si rapide et facile, nous pouvons faire des réparations énormes, nous évitant des souffrances éternelles.

<--->

-> Selon le Gaon de Vilna, le Guéhinam (enfer), c'est la terrible honte éprouvée par le fauteur qui arrive dans le monde futur dénué de mitsvot, sans avoir où s'enfuir pour se cacher [ et absolument tout le monde, même ses proches, y sont conscients de son état, fruit de tant d'opportunités qu'il a bêtement gâché durant sa vie].

=> En faisant téchouva, nous pouvons réduire ce sentiments de souffrance énorme, provenant de nos regrets (comment ai-je pu échanger mon temps de vie pour du vide? Ah si seulement j'avais pu!), car dans le monde à Venir, il est alors trop tard!

"A Roch Hachana, chaque personne est amenée devant Hachem et elle est jugée selon l'ensemble de ses circonstances : a-t-elle réalisé tout ce qu'elle pouvait faire, en fonction de ses capacités?"

[Rav 'Haïm de Volozhin]

<--->

-> Après avoir fauté, Hachem interpelle Adam par les mots : "Où es-tu?" (Béréchit 3,9).

Nous devons nous interroger : "Est-ce que je suis aussi proche de D. que j'aurai pu l'être? Comment expliquer que j'ai pu m'en éloigner? Comment faire pour que cette nouvelle année soit celle d'un maximum de proximité avec mon Créateur, mon papa Hachem?"

<---------------------->

-> Dans les prières de Roch Hachana nous disons plusieurs passages commençant par "ouve'hèn" (et puis - וּבְכֵן).
C'est une référence au même terme que la reine Esther va utiliser lorsqu'elle va rendre visite au roi A'hachvéroch : "Et puis (וּבְכֵן) je me présenterai au roi, et si je dois périr, je périrai!" (Méguilat Esther 4,16).

Le Tour Ora'h 'Haïm (582) conclut : "C'est cette émotion que nous devons ressentir lorsque nous approchons le Jour du Jugement à Roch 'Hachana".

=> A Roch Hachana nous devons ressentir une crainte à l'idée de passer devant le Roi des Rois, et à l'idée que toute l'année à venir dans ses moindres détails va en dépendre (même l'éventualité qu'y sera décidé notre "mise à mort" existe réellement!).

Mais d'un autre côté, à Roch Hachana on doit également prendre conscience de notre grandeur.
En effet, pour toute les nations du monde c'est un jour comme un autre (on va au ciné, au travail,...), alors que chaque personne, sans exception, va passer en jugement devant D., et toute son année va en dépendre!!

Hachem notre Père plein de miséricorde et d'amour pour nous, nous prévient longtemps à l'avance, nous donne des conseils pour être jugés favorablement (ex: le Shofar, la téchouva, les prières, ...), et surtout Il va nous juger en tant que fils, bien-aimés.
=> Nous devons être fou de joie d'être aussi chouchoutés par l'Unique, le Maître de l'Univers.
Nous devons tout faire pour qu'Il soit fier de nous durant l'année à venir.

Cette prise de conscience à Roch Hachana, vient combattre le fait que : "La plus grande tromperie du yétser ara est lorsqu'il nous fait oublier que nous sommes les enfants du Roi [Hachem]" (selon le rabbi Chlomo de Karlin).

Meilleur engagement avant Roch Hachana

+ Quel est le meilleur engagement qu'une personne doit prendre avant Roch Hachana?

-> Rabbi 'Haïm Kanievsky de répondre : "La meilleure chose est de s'asseoir et d'étudier la Torah! Tout est inclus dans cet engagement."

-> Rav Steinman dit également que pendant le mois d'Elloul, l'objectif principal doit être d'augmenter son étude de la Torah.
Il cite l'exemple du 'Hazon Ich qui en Elloul passait plus de temps que d'habitude à étudier la guémara (ce qu'il faisait quasiment non stop le restant de l'année).

[rapporté par un petit-fils du rav Kanievsky : rabbi Avraham Yéchayahou Steinman]

"A Roch Hachana, les livres des vivants et les livres des morts sont ouverts devant Lui (Hachem)"
[guémara Roch Hachana 32b - וספרי חיים וספרי מתים פתוחין לפניו]

-> Selon nos Sages, cela signifie qu'on juge les morts en fonction de ce qu'ils ont laissé derrière eux.
Si leurs enfants (ou élèves) sont droits et craignant Hachem, alors même s'ils sont déjà morts il y a de longues années, on ouvre de nouveau leur dossier, et on vérifie les actes de leurs descendants, et quand on voit que ce sont des justes, on fait monter leur père de niveau en niveau dans le monde qui est entièrement bon.
Si malheureusement, ils ont laissé des enfants qui ne suivent pas les voies de la Torah, on les fait descendre de niveau en niveau.

Par conséquent, même de nombreuses années après leur décès, on les juge dans le Ciel en fonction de ce qu'ils ont laissé derrière eux.

[c'est pour cela que nos Sages enseignent que le plus grand respect des parents se fait une fois qu'ils sont morts, et que leur évolution dans le monde de l'éternité, dépend totalement de nos actions!]

<--->

-> Le 'Hemdat Shlomo (rav Shlomo Zalman Lifshitz) donne une autre explication :
Il est nécessaire d'ouvrir les livres des morts, car lorsqu'une personne est jugée, absolument tout est pris en compte, ce qui inclut qui étaient ses ancêtres, et de quelle façon cela l'impacte.
Peut-être que si l'origine de ses fautes provient de ses générations antérieures, alors sa punition ne sera pas aussi sévère.

Pendant le mois d'Elloul, les âmes des justes de la génération du désert viennent aider chaque juif à se repentir et à se rapprocher du Créateur.

['Hidouché haRim - dans son Séfer Haz'hout]

<--------->

+ Etre juif (Yéhoudi) = c'est savoir reconnaître ses erreurs => faire téchouva!

-> Tous les juifs sont appelés d'après le nom de Yéhouda, car celui-ci avait l'habitude de reconsidérer sa conduite.
En effet, sensible à ses manquements, il les reconnaissait immédiatement, comme le met en avant la bénédiction que lui adressa son père Yaakov : "Pour toi Yéhouda, tes frères te rendront hommage" (Vayé'hi 49,8), le Targoum expliquant : toi tu as avoué et n'as pas craint.

Yéhouda eut le courage de reconnaître publiquement son erreur concernant l'épisode de Tamar en disant : "C'est elle qui a raison, contrairement à moi".
La guémara (Sotah 7b) souligne que Yéhouda n'eut pas honte de reconnaître sa faute et qu'a-t-il eu en retour? Il mérité la vie dans le monde à venir.

[issu d'un divré Torah du rav David Pinto]

Shofar – réveiller la miséricorde Divine

+ Shofar - réveiller la miséricorde Divine :

-> Nous sonnons le Shofar pendant le mois d'Elloul, qui est composé de 29 jours, ainsi que durant les 2 jours de Roch Hachana, soit un total de 31 jours.
Cependant, le Shofar n'est pas sonné à Shabbath et la veille de Roch Hachana.
[on peut noter que : שבת est l'acronyme de : שבת במקום תרועה (Shabbath à la place de [la sonnerie] Téroua - Shabbath bim’kom téroua).]

En retirant 5 (4 Shabbath et 1 jour de la veille de Roch Hachana), nous arrivons à un total de 26 jours où nous sonnons le Shofar, ce qui est la valeur numérique du nom Divin (Tétragramme) qui représente Sa miséricorde, et c'est ce que nous désirons tout particulièrement à ce moment si vital pour l'année à venir.

<--->

-> Béréchit = au commencement, Hachem créa ...

Lorsque nous comptons 26 lettres à partir du ש de : "achamayim" (השמים - v.1), qui est dans le 1er verset de la Torah, nous parvenons à un : ו (du mot : ובהו - vavo'ou - v.2), puis en comptant à nouveau 26 lettres nous arrivons à un : פ (du mot : מרחפת - méra'héfét - v.2), puis en comptant encore 26 lettres, nous parvenons à un : ר (du mot : אור - or - v.3).

=> Ces lettres forment le mot : שופר (Shofar), en allusion au fait qu'il permet d'amener la miséricorde Divine.

[ces 4 lettres formant Shofar, se trouvent dans les 3 premiers versets de la Torah, en allusion au 3 types de sonneries utilisées.]

<--->

-> Il est écrit : "Sonnez le Shofar à la nouvelle lune, au jour fixé pour notre solennité" (Téhilim 81,4), soit en hébreu : תקעו בחדש שופר בכסה ליום חגנו.

On peut noter que :
- les lettres précédentes du mot : חדש ('hodéch) permettent de former גזר (gézar - un décret).
[le ח vient après le ז ,de même : ד et ג ; et de même ; ש et ר]

- les lettres précédentes de : שפר (Shofar) forment : קרע (kéra)
[le ש et ר , de même פ et ע , et également ר et ק]

- les lettres précédentes de : כסה (kissé) forment : דין (din).
[le כ et י , de même ס et נ , et également ה et ד .]

=> Ainsi, en prenant à chaque fois la lettre venant avant, nous obtenons : kéra gézar din (דין גזר קרע) qui signifie : déchirer le décret de justice/le jugement.
On a donc le lien suivant : "Sonnez le Shofar à la nouvelle lune, au jour fixé" = déchirer le décret de justice, pour avoir à la place celui plein de miséricorde.

<--->

-> Le Panim Yafot (A'haré Mot) fait remarquer que pendant le mois d'Elloul, nous récitons le téhilim : "léDavid Hachem ori" (לדוד ה אורי - Téhilim 27), qui contient 13 fois le nom Divin (יְהוָה), en correspondance avec les 13 Attributs de miséricorde.
Or, nous lisons ce téhilim 2 fois par jour (matin et soir), ce qui fait que chaque jour il nous permet de mentionner 26 fois le nom Divin lié à la miséricorde (qui a lui même une valeur numérique de 26 - יְהוָה).

<--->

-> Le Bné Yissa'har explique que nous trempons la 'halla dans le miel, car : דבש (miel - dvach) a une guématria de 306, qui est la même que : אב הרחמים (av ara'hamim), ou bien que : אב הרחמן (av ara'haman), qui signifient : "Père miséricordieux".

<--->

-> Il est intéressant de constater que le nom Divin de justice est : א-דני (A- donay) et il peut se décomposer :

- en א = allusion à Roch Hachana qui est le 1er jour de l'année juive ;
- en י = le 10 fait allusion à Yom Kippour qui est le 10e jour de l'année (le 10 Tichri) ;
- et il reste au milieu de ces 2 lettres : דן (din - jugement), car c'est alors que nous sommes jugés.

=> d'où l'importance du Shofar, comme il est écrit par exemple :

-> "Hachem déclare à Israël : ‘De même que, dans le Shofar, le son entre d’un côté et ressort de l’autre, ainsi Je me lèverai du trône de justice pour m’asseoir sur celui de miséricorde en changeant l’attribut de rigueur en attribut de miséricorde’
[…]
L’homme souffle d’un côté et le Shofar émet un son de l’autre, de même, tous les accusateurs vous incriminent devant Moi, et Je les écoute d’un côté et les fais sortir de l’autre."
[midrach Téhilim 81]

-> "Grâce au Shofar, car sa voix s’élève dans les cieux et éveille le Shofar d’en-haut, ce qui stimule l’attribut de miséricorde.
Hachem quitte alors son siège de justice, s’assoit sur celui de la clémence et prend Son peuple en pitié.
Alors l’accusateur ne sait que faire, Israël se repent et le Satan ne peut plus rien devant le trône de miséricorde."
[Hachmatot haZohar – Béréchit – p.254]

-> "Lorsque le peuple juif sonne du Shofar, Hachem se lève du Trône de justice et prend place sur le Trône de miséricorde.
Hachem est alors rempli de miséricorde, et Il inverse l’Attribut de justice en miséricorde."
[Yalkout Chimoni Téhilim 47]

-> "Heureux le peuple connaissant la téroua [du Shofar]" (Téhilim 89,16)
Rabbi Yéchaya fait remarquer que les autres nations savent également souffler pour produire une sonnerie.
Cependant : "Heureux est le peuple qui sait comment apaiser Son Créateur par la sonnerie du Shofar."
[midrach Yalkout Chimoni – Vayikra 645]

-> Les Tossafot (guémara Arakhin 10b) écrivent que les anges disent un cantique à Roch Hachana et Yom Kippour, parce qu’En-Haut ils voient D. se lever du trône de justice et prendre place sur le trône de pitié.

-> "Les sonneries du Shofar apportent les prières du peuple juif dans le Saint des Saints devant la présence divine, et entraîne Hachem à se rappeler de nous avec miséricorde."
[le Ritva – guémara Roch Hachana 26a]

-> "La sonnerie du Shofar réveille la compassion du Ciel et amène la faveur Divine, une subsistance abondante et toutes les bonnes choses sur ce monde au profit du peuple juif."
[Beit Pin'has]

<--->

-> Si la sonnerie du Shofar fait déplacer Hachem sur Son Trône de Miséricorde, alors chaque année devrait être bonne, sans misère. Pourquoi n'est-ce pas le cas?

C'est que le son du Shofar n'est efficace que s'il pousse les gens à faire téchouva.
En effet, le mot Shofar est en lien avec : "shapérou maaché'hem" (améliorez vos actions).
[le Yichma'h Moché - Roch Hachana]

[on ne doit pas aborder le Shofar comme si on allait au concert, où ce qui se passe est extérieur à nous, et où l'on y va parce qu'on ne peut pas ne pas y aller (qu'en dira-t-on! ça ne se fait pas!).
Au contraire, nous devons saisir le Shofar, et profiter de sa puissance pour le plus possible alimenter notre processus de téchouva, de retour vers notre Source première : Hachem! ]