Roch Hachana est le Jour du Jugement, et le Satan accuse le peuple juif et présente ses fautes devant Hachem pour qu’Il les juge.
Ce jour-là, nous devons sonner le shofar, et les lèvres qui le font résonner doivent être pures. Sinon, cela reviendrait à dire qu’il n’y a ni prière ni son du shofar.
[en effet, tout comme la prière provenant d’une bouche impure ne monte pas vers le haut, de même le son du shofar produit par une bouche impure ne monte pas vers le haut (selon le Binat ha'Hotam).
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Béaaloté'ha 10,2-8]
Catégorie : Fêtes
Quand on récite la bénédiction "Qui nous a délivrés, nous et nos ancêtres", et qu’on croit que Hachem continue de nous délivrer encore aujourd’hui, on sera préservé de tout malheur.
[le rabbi d'Apt ]
Lors du Séder de Pessa'h, le Maharal enseigne que la raison pour laquelle certains ont la coutume de porter un kittel, un habit blanc, et que certaines femmes ont pour coutume de porter des vêtements blancs, est de nous faire prendre davantage conscience du fait que, le soir du Seder, chacun d’entre nous atteint le rang de Cohen gadol. Nous ne nous contentons pas d’aspirer à ce rang, mais nous l’incarnons réellement!
Dans ses mots :
"[Le soir du séder de Pessa'h,] nous sommes tous à l'image du Cohen Gadol, qui pénétrait dans le saint des saints vêtu de blanc en raison des niveaux spirituels les plus élevés qu'il atteignait. Et "lél shimourim" (nuit du séder) est, sous cet aspect, semblable à Yom Kippour."
[Maharal - Guévourot Hachem 51 ]
La nuit de Pessa'h brille comme le soleil, avec une lumière céleste impressionnante et un potentiel spirituel.
Il faut donc être vigilant, car le yétser ara nous guette dans ces moments importants. Ne soyez pas critique, colérique ou dur avec les membres de votre famille ou avec "le personnel".
Heureux est l’homme sage qui prend soin d’investir cette avoda avec amour et patience.
['Hida - Avodat Hakodech - Moré b'Etsba 7:208 ]
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-> Un moment sublime et exalté tend paradoxalement à conduire les êtres humains vers une chute subséquente dans la katnout, la petitesse et la frustration. L’angoisse (même inconsciente) de se montrer à la hauteur d’une occasion spirituelle à venir, telle que la nuit du Séder, peut nous amener à être durs envers nous-mêmes et envers les autres.
[notre yétser ara a conscience de l'incroyable grandeur de ce moment, et il cherche à nous empêcher de recevoir le flux de bénédictions du Ciel, comme en nous poussant à s'énerver. ]
Guéoula & mois de Nissan
Nos Sages (Roch Hachana 11a) nous enseignent que le peuple d’Israël a été délivré d’Egypte au mois de Nissan, et qu’il en sera de même pour la délivrance définitive, qui aura lieu au mois de Nissan.
Pourquoi avons-nous besoin de connaître le mois au cours duquel la Délivrance future aura lieu?
Il suffit que nous sachions avec certitude que la guéoula aura lieu.
Ici, nos Sages ont voulu nous enseigner que même si le mérite de la dernière génération est insuffisant pour justifier la guéoula, nous ne devons pas désespérer. Nous avons entre les mains le mérite supplémentaire de nos ancêtres qui ont été délivrés d’Égypte au mois de Nissan, ainsi que le mérite du mois de Nissan lui-même, qui est alors devenu un moment propice à la survenue de futurs miracles.
Tel est le sens du verset : "Comme aux jours où vous êtes sortis d’Égypte, je vous ferai voir des prodiges" (Mikha 7,15). Il ne dit pas simplement "comme lorsque vous êtes sortis d’Égypte", mais "aux jours où vous êtes sortis d’Égypte", nous enseignant qu’il y a un mérite particulier à ces jours.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Bidgé Hasrad]
A chaque nuit du (séder de) Pessa'h, nous séparons les forces de sainteté de la klipa (forces du mal), et les ajoutons à la force des Bné Israël.
C'est là le modèle même de la sortie d'Egypte. Et [Bilam] dit : "C'est D. qui les fait sortir" (au temps présent), car [il faisait référence] non seulement à la sortie d'Egypte originelle, mais au fait que chaque année, Hachem les fait sortir ("À chaque génération, une personne est obligée de se percevoir comme si elle avait quitté l'Égypte" - michna Pessa'him 10,5).
[Ohr Hachaim hakadoch - Balak 23,22 ]
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-> La descente de nos ancêtres dans l'exil d'Egypte, proclame le Zohar (196a), n’avait pour but que "de purifier et d’affiner les âmes du peuple d’Israël, afin qu’elles soient élevées spirituellement pour l’éternité".
-> Pessa'h (passa'h = Hachem est passé sur les maisons juives, ne tuant que les premiers -nés égyptiens) implique diloug (un bond), faisant allusion à notre capacité à bondir vers un niveau spirituel supérieur. En un éclair, nous atteignons un niveau qui nécessiterait normalement une longue période d’avoda.
En effet, à Pessah, de grandes forces agissent dans le domaine de la spiritualité et du potentiel humain ; lors du Seder, nous avons accès à une aide Divine particulière.
Tout comme Hachem a "sauté" par-dessus nos demeures (en Egypte), nous avons la possibilité de sauter par-dessus les niveaux où nous résidons habituellement.
[rav Yéhouda Mischel]
Pessa’h = un dévoilement d’Hachem
+ Pessa'h = un dévoilement d'Hachem :
-> Lors de la sortie d’Égypte, nous avons atteint le niveau le plus élevé de conscience de D. et avons été témoins de la Chékhina, la Présence divine.
Le rav Joseph B. Soloveitchik commente la Haggadah (sur "oubémora gadol, zo galouï Chékhina) : Chaque homme, chaque femme et chaque enfant du peuple d’Israël fait l’expérience de ce même niveau impressionnant de révélation [de la Chékhina] lors de la nuit du Seder.
Le rav Daniel Schreiber (Noraot haRav) cite le rav Soloveitchik :
"[Au moment de la sortie d'Egypte,] tout le monde, soudainement, pendant une minute ou une heure ... était sage, avisé, intelligent, sensible, et ressentait la Présence d'Hachem ...
La nuit du Séder, lorsque nous nous efforçons de nous voir vivre la sortie d'Egypte de nos propres yeux ... nous sommes initiés aux plus grands esprits sacrés ... et chaque juif est confronté au dévoilement de la Chékhina."
-> L'expérience impressionnante du dévoilement de la Chékhina est généralement réservée aux 'hakhamim (sages) et aux névonim (prophètes), ceux qui sont accomplis intellectuellement et spirituellement. Mais cette nuit-là, cette révélation de la Présence divine est accessible à nous tous.
+ Chaque année, on bénéficie de la même influence de Pessa'h :
La racine de toutes les fêtes (juives) réside dans le sédér (ordre) établi par la sagesse divine Suprême ('hokhma elyona), de sorte qu’à chaque anniversaire [de l’événement fondateur de chaque fête], un équivalent de son tikoun et de sa lumière originels doive resplendir, accompagné d’un renouvellement de l’effet de ce tikoun pour quiconque l'accepte.
Il nous est donc commandé d’observer Pessa'h avec toutes ses mitsvot rappelant la sortie d’Egypte. Lors de la sortie d’Égypte, nous avons fait l’expérience d’un tikoun extrêmement grand, et c’est pourquoi, à l’anniversaire de cet événement, resplendit une lumière qui est le reflet de celle qui nous a illuminés alors. Puisque l’effet de ce tikoun est renouvelé en nous, nous sommes tenus à ces obligations.
[Ram'hal - Déré'h Hachem 4:7:6 ]
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-> sur le sujet que l'influence spirituelle originelle des fêtes se reproduit chaque année : https://todahm.com/2022/02/07/34739
-> Non seulement la lumière de Pessa'h illumine le monde la veille de la pleine lune de Nissan chaque année après la sortie d’Égypte, mais elle illumine également chaque année le chemin vers notre rédemption à venir.
La première famille humaine elle-même a intuitivement répondu à la lumière de cette saison : "Lorsque la nuit de Pessa'h arriva, Adam dit à ses fils : "Cette nuit-ci, les Israélites sont destinés à offrir des offrandes de Pessa'h. Vous aussi, vous devriez offrir des offrandes devant votre Créateur."
Caïn apporta les restes de son repas, des graines de lin, tandis qu’Hével apporta le meilleur de ses troupeaux, des agneaux qui n’avaient jamais été tondus.
L’offrande de Caïn fut rejetée par Hachem, tandis que celle d'Hével fut jugée agréable.
Lorsque Moché (le gilgoul d’Hével) tua l'égyptien (le gilgoul de Caïn), cela rectifia le meurtre d'Hével. (Pirké déRabbi Eliézer 21 ; Targoum Yonatan ben Ouziel Béréchit 4,3)
Des générations plus tard, Avraham et Sarah accueillirent des hôtes angéliques la veille de Pessa'h, leur servant les éléments d’un Seder. Lot, lui aussi, accueillit des anges qui arrivèrent chez lui à Sodome le soir du Seder. Il les invita à entrer, mais ils refusèrent, disant qu’ils dormiraient dehors sur la place
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+ La bénédiction d'Its'hak :
-> Alors son père Its'hak dit à [Yaakov] : "Approche-toi et embrasse-moi, mon fils" ; et il s'approcha et l'embrassa. Il sentit ses vêtements, et il le bénit en disant : "Ah, l'odeur de mon fils est comme l'odeur des champs (du gan Eden) que Hachem a bénis. Que D. te donne (vayiten lé'ha haElokim) la rosée du ciel et la graisse de la terre, une abondance de blé nouveau et de vin." (Toldot 27,26-28)
-> Rachi commente : vayiten lé'ha haElokim (vayiten lé'ha haElokim) :
Quelle est [la signification ici du nom] Elokim, [qui désigne D. dans Son attribut de] de jugement/rigueur? [Si Its'hak avait voulu parler de rigueur, il aurait dû dire :] "Si tu en es digne, qu’Il te donne [la rosée du ciel], et si tu ne l’es pas, qu’Il ne te la donne pas". Mais [même] à Essav, il a dit : "Les lieux fertiles de la terre seront ta demeure" (Toldot 27,39), que tu sois juste (tsadik) ou racha, Il te donnera cela."
=> Pourquoi le jugement/rigueur a-t-il été mis de côté?
Cela a eu lieu lors de la première nuit de Pessa'h, qui est un moment si élevé que les bénédictions jaillissent d’un lieu d’amour inconditionnel, indépendamment des comportements méritants ou non.
Hachem nous fait sortir de notre Egypte personnel cette nuit-là comme un pur don de 'hessed inconditionnel et sans jugement. [peu importe que tu sois Its'hak ou Essav, tant que tu es un juif, un enfant adoré d'Hachem, alors tu es comblé de bénédiction avec largesse en cette nuit du séder Pessa'h. Cela se produit de nouveau chaque année! ]
-> Le Pirké déRabbi Eliézer (32,14-5) écrit :
"La nuit de la fête de Pessa'h arriva, et Its'hak appela Essav, son fils aîné, et lui dit : "Mon fils, cette nuit, les êtres célestes entonnent des chants! Cette nuit-là, les trésors de la rosée s’ouvrent ; ce jour-là, la bénédiction de la rosée [est accordée]! Prépare-moi un mets savoureux tant que je suis encore en vie, et je te bénirai ..."
[En entendant cela], Rivka dit à [leur fils cadet] Yaakov : "Cette nuit, les trésors de la rosée s’ouvriront ; cette nuit, les anges entonnent un chant. Prépare un mets savoureux pour ton père afin qu’il le mange, et tant qu’il est encore en vie, qu’il te bénisse" ... [Yaakov] alla et apporta deux boucs. Les deux boucs constituaient-ils le repas d’Its'hak?
Non, il en apporta un comme Korban Pesach, et l’autre, il le prépara comme viande savoureuse qu’il apporta à son père."
L'instruction de croire en la délivrance d'Egypte implique de croire et d'aspirer à la Délivrance Finale (guéoula), avec la venue du machia'h.
[Smak - mitsva aléf]
Mah Nichtana
+ Mah Nichtana :
-> Lorsque le rabbi Lévi Its'hak de Berditchev, arriva au Mah Nichtana, il entra dans un état méditatif et posa sa tête entre ses mains pendant ce qui sembla être une éternité. Se redressant enfin, les yeux remplis de larmes, il s’écria : "Maître du monde! Quatre questions? J’en ai bien plus que de simples "quatre questions" (du mah nichtana)! Maître du monde, pourquoi y a-t-il tant de souffrance et de désolation? Pourquoi y a-t-il tant de luttes, de maladies et de pauvreté dans le monde? Comment as-Tu pu permettre qu’une telle souffrance et une telle persécution s’abattent sur Ton peuple? Quand ce terrible exil prendra-t-il fin? Il y a bien plus que de simples quatre questions!"
Puis, il poussa un profond soupir et acquiesça, en disant : "Mais ici, il est écrit : "kan ha'ben cho'el", ici, le fils demande ... Je sais donc que Toi, notre Père attentif et aimant, Tu écoutes! Et nous sommes Tes enfants bien-aimés!"
[ => le Mah Nichtana est un moment fort, surtout avec les jeunes enfants qui lisent ce passage avec la fierté et l'intention de tous. De même, chaque juif est un jeune enfant adoré de papa Hachem, et quelque soit les interrogations dans notre vie nous devons savoir qu'Il est présent, qu'Il est fier, qu'Il nous aime à la folie (peu importe les bêtises qu'on a pu faire), ...]
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-> Il y a tant de choses qui méritent une explication. Et c’est peut-être pour cela que nous avons tendance à répondre à nos questions par encore plus de questions, comme le disait rabbi Shlomo Carlebach :
"Mes chers amis, y a-t-il quelque chose de plus doux que les questions des enfants?
La nuit du Seder commence par les enfants qui nous posent les questions les plus profondes. Et nous n’y répondons pas complètement ; nous ne faisons que rendre ces questions encore plus profondes. Nous ne faisons que dire aux enfants que nous nous posons les mêmes questions tout au long de notre vie.
Le plus terrible, c’est que nous continuons à faire croire à nos enfants que nous connaissons les réponses. Lors de la nuit du Seder, nous admettons : "Je ne sais pas non plus". Nous pourrions penser que "[Eliyahou Ha] Tichbi répondra à toutes nos questions" (Tichbi yitaréts kouchiyot ou baayot).
Mais non, il ne répondra pas à toutes nos questions ; au contraire, en sa sainte présence, toutes nos questions disparaîtront!
Nos enfants posent les questions les plus profondes, et la vérité, c’est que nous n’avons pas les réponses. On peut lire toute la Haggada, mais les questions restent des questions.
Quand quelqu’un me pose une question et que je réponds, notre interaction est en quelque sorte terminée. Mais si quelqu’un me pose une question et que je dis : "Tu sais, je me pose la même question, approfondissons-la encore", alors nous nous rapprochons énormément l’un de l’autre.
J'ai le sentiment que quand Eliyahou Hanavi viendra, il ne dira rien. Il entrera dans un Séder, et il ne dira rien. Il ne répondra pas aux questions, car elles sont si profondes qu'elles n'ont pas besoin de réponses.
Nous risquons de perdre nos enfants spirituellement si nous leur disons que nous avons les réponses à tout. Nos enfants savent que ce n’est pas vrai, et ils ne veulent pas nous parler.
Le soir du Seder, je dis à mes enfants : "j’ai quelques années de plus que vous. Pensez-vous que j’en sais plus? Peut-être que je connais l’histoire depuis un peu plus longtemps, mais je ne connais pas la réponse, je ne connais pas la réponse".
Alors nos enfants se sentiront si proches de nous, si proches."
[en admettant que l'on ne comprend pas tout, on atteste que la réalité des choses est au-delà de notre compréhension car il y a Hachem derrière tout (rien ne peut se passer sans un décret divin).
Les questions du Mah Nichtana, ne sont pas là pour témoigner de notre supériorité à nos enfants (notre égo de je comprends, je maîtrise tout), mais plutôt pour renforcer la émouna qu'on fait confiance à Hachem, qui gère tout pour le meilleur (notre ignore de l'ensemble des choses vient témoigner de leur racine divine, et donc renforce le fait de compter et d'avoir confiance à 100% en Hachem). ]