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Pourquoi étions-nous si pressés de sortir d’Egypte?

+ Pourquoi étions-nous si pressés de sortir d'Egypte? (selon le rav Elyachiv)

-> La raison pour laquelle nous mangeons de la matsa le soir du Séder est déclarée ici dans la Haggada :
"Nous mangeons de la matsa pour commémorer le fait que la pâte de nos pères n'eut pas le temps de lever avant que le Roi des rois, le Saint, béni soit-Il, Se révéla à eux et les délivra".

La Baal Haggada cite le verset:
"Ils firent cuire la pâte qu'ils avaient apportée d'Égypte en pain azyme, car elle n'avait pas fermenté parce que, repoussés de l'Égypte, ils n'avaient pu attendre et ne s'étaient pas munis d'autres provisions" (Bo 12,39).

Ainsi, nous avons quitté l'Égypte en toute hâte, et la pâte n'eut pas le temps de lever. La question que soulève le rav Shlomo Elyachiv (Léchem chévo véAkhlaman), est de savoir pourquoi les membres du peuple juif durent quitter l'Égypte en toute hâte; pourquoi cette nécessité de se précipiter?

L'enseignement du Arizal est bien connu : le peuple d'Israël était descendu au 49e niveau d'impureté, et s'il était resté en Égypte un moment de plus, il serait tombé au point de non-retour. S'ils avaient disposé du temps nécessaire pour sombrer au 50e niveau d'impureté, ils auraient été piégés en Égypte.

Cet enseignement est devenu un principe accepté de la compréhension traditionnelle de la sortie d'Egypte. Cependant, le rav Elyachiv maintient qu'il ne peut être pris pour argent comptant. En effet, bien que le peuple juif eût effectivement chuté spirituellement, cette descente dans l'impureté s'arrêta lorsque les plaies débutèrent et que la servitude prit fin.
Une fois le processus de délivrance entamé, les Bné Israël ne furent plus soumis aux forces de l'impureté, qui commencèrent à décliner.

La Torah rapporte que lorsque le peuple juif quitta l'Egypte "yé'hérats kélev léchono" (même les chiens se turent - voir Bo 11,7). Cela reflétait le fait que les forces du mal avaient totalement disparu.
La puissance de la Révélation Divine était devenue si écrasante que les forces du mal furent maîtrisées de manière complexe.

Le peuple juif ne risquait plus d'être entraîné plus loin dans l'abîme spirituel, alors pour quelle raison dut-il se hâter de quitter l'Égypte? Pourquoi n'avoir pas pu attendre que leur pâte lève, moment auquel ils auraient pu faire cuire leur pain habituel?

-> Dans un revirement incroyable, le rav Shlomo Elyachiv explique que la raison pour laquelle le peuple juif ne pouvait rester en Égypte un instant de plus est que si tel avait été le cas, les forces du mal auraient été si totalement éradiquées qu'elles auraient éliminé la possibilité du libre arbitre.
La Révélation Divine à laquelle le peuple juif put accéder dans les jours précédant la sortie d'Égypte était si impressionnante et le niveau de sainteté auquel il fut propulsé était si élevé que si le peuple juif était resté là un instant de plus, les puissances du mal auraient été complètement vaincues.

En l'absence de celles-ci, le libre arbitre ne serait plus possible.
Comme le temps de la rectification Finale (tikoun haAkharon), n'était pas encore arrivé, et que Hachem souhaitait que l'homme continue à lutter entre le bien et le mal, Il jugea bon que nous soyons déplacés immédiatement.

La Torah déclare : "L'Egypte s'imposa au peuple avec force, en se hâtant de le repousser du pays, car ils disaient : "Nous périssons tous" (koulanou métim)." (Bo 12,33).
Le rav Elyachiv explique que leur inquiétude, "koulanou métim", de tous périr, n'était pas due au fait qu'ils se souciaient de mourir physiquement. Ils craignaient que si le peuple juif restait en Egypte, cela provoquerait la chute de toute l'impureté existant en Egypte. Ce pays étant l'épicentre du mal, cela signifierait en réalité l'éradication mondiale de tout mal et de toute impureté.

En conséquence, selon le rav Elyachiv, nous ne pouvions pas retarder notre départ de l'Égypte, car cela nous aurait catapultés à un niveau que le temps n'était pas encore venu pour le peuple juif d'atteindre.

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-> cela éclaire le fait que d'un côté cette génération a pu atteindre le 49e niveau d'impureté et que selon le Zohar : "il n'y aura jamais de génération comme celle de la sortie d'Egypte jusqu'à la venue du machia'h".
[ainsi quelque soit soit la bassesse de notre niveau spirituel, même si on est descendu au plus bas, à l'image de la génération en Egypte, nous pouvons très rapidement atteindre des sommets spirituels (au point qu'elle a du sortir rapidement d'Egypte tellement elle avait fait disparaître toute impureté).]

-> L'instruction de croire en la délivrance d'Egypte implique de croire et d'aspirer à la Délivrance Finale (guéoula), avec la venue du machia'h.
[Smak - mitsva aléf]

Yom Kippour – la puissance de la téchouva en tant que communauté

+ Yom Kippour - la puissance de la téchouva en tant que communauté :

"Car en ce jour-là, Hachem vous pardonnera et vous purifiera de toutes vos fautes ; devant Hachem, vous serez purifiés" (A'haré Mot 16,30)

-> Le Zéra Shimshon fait remarquer que ce verset semble répétitif. Le verset dit que le jour de Yom Kippour, Hachem nous pardonnera nos fautes. Pourquoi alors le verset doit-il ajouter que nous serons également purifiés de nos fautes? Quelle est la différence entre être pardonné pour nos fautes et en être purifié?
De même, le verset semble répéter cela à la fin en disant : "devant Hachem, vous serez purifiés" ?

Enfin, pourquoi le verset doit-il insister sur le mot "de toutes" vos fautes? Le verset aurait pu simplement dire : "Hachem vous pardonnera, ..., de vos fautes", ce qui, sauf indication contraire, impliquerait que toutes nos fautes seraient pardonnées?

-> Le Zéra Shimshon répond à ces questions comme suit.
La Torah nous impose d’affliger notre corps en jeûnant à Yom Kippour, ainsi que de nous abstenir de tout travail. Le Zéra Shimshon explique que la raison en est d’atteindre le plus haut niveau de pardon.

La guémara (Yoma 86b) enseigne que si une personne fait téchouva par crainte d'Hachem, ses fautes sont classées comme des fautes accidentelles.
Cependant, si l’on se repent par amour pour Hachem, alors ses fautes deviennent des mérites.

En jeûnant et en affligeant son corps, les sentiments de remords et de repentance ressentis sont des sentiments de crainte. Cependant, en s’abstenant de tout travail et en consacrant une journée entière à montrer notre remords à Hachem, il s’agit là de téchouva par amour.

Le Alchikh hakadoch (Téhilim 32,1) dit que pour une faute commise volontairement et en toute connaissance de cause, cette faute ne peut jamais devenir un mérite, même si l’on se repent avec amour.

Le Zéra Shimshon dit que les paroles du Alchikh ne sont vraies que si l’on fait téchouva seul ; cependant, si la congrégation (communauté) fait téchouva ensemble, alors même une faute commise volontairement et intentionnellement peut devenir un mérite par la téchouva.
[voir Yoma 86b, qui établit une distinction entre la puissance de la téchouva faite par une seule personne et celle faite par la congrégation, celle de la congrégation étant plus grande. ]

C'est ainsi que le Zéra Shimshon explique le verset.
Tout d'abord, le verset dit que le jour de Yom Kippour, Hachem pardonnera nos fautes. Cela fait référence à la téchouva faite par crainte. Ce type de téchouva nous accorde le pardon de nos fautes.

Cependant, le verset poursuit : Hachem nous purifiera, car à Yom Kippour, la téchouva est faite par amour. Ainsi, la téchouva n’apporte pas seulement le pardon, mais elle apporte également la pureté à la personne, puisque ses fautes deviennent désormais des mérites.

Le verset insiste ensuite sur le mot "toutes" vos fautes. En effet, le jour de Yom Kippour, tout le monde est réuni dans la téchouva (repentance) s’appuie sur la force de la congrégation ; par conséquent, "toutes" les fautes peuvent se transformer en mérites, même ceux initialement commis avec une malveillance intentionnelle.

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=> la puissance de la téchouva à Yom Kippour, en commun avec toute la congrégation (communauté), peut apporter des niveaux de pardon inatteignables lorsque l'on se repent seul.

Même Hachem se repose à Shabbath

-> Le 7e jour est-il saint parce qu’il est intrinsèquement saint, ou est-il devenu saint parce que ce jour-là, Hachem a cessé de travailler? Et si Hachem avait cessé de travailler un mercredi, ce jour-là serait-il alors devenu un jour saint?

Le verset dit : "Car en ce jour-là, Il s’abstint de toute l’œuvre que Hachem avait créée pour accomplir" (Béréchit 2,3).
Cela semble impliquer qu'Hachem avait encore du travail à accomplir, mais qu’Il s’est arrêté en raison du caractère sacré du 7e jour.

Ce n’est pas l’arrêt du travail qui a rendu ce jour saint. Le Shabbat a toujours été revêtu de sainteté. Son caractère sacré était tel que même Hachem s’est reposé ce jour-là.
[rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yéhonatan - Béréchit ]

La meilleure façon de nous préparer à couronner Hachem comme roi à Roch Hachana est d’être très joyeux. Lorsque nous sommes joyeux, nous montrons que nous sommes satisfaits de la manière dont Hachem dirige le monde en général et nos vies personnelles en particulier. Cela Lui procure le plus grand kavod (honneur)!
[rabbi Na'hman de Breslev - Si'hot HaRan 21 ]

Produits laitiers à Shavouot

+ Produits laitiers à Shavouot :

=> Pour quelle raison y a-t-il une coutume de manger des plats lactés le jour de la fête de Chavouot ?

-> Le 'Hatam Sofer (drachot 'Hatam Sofer - Shavouot p.291) explique qu'à l'origine, Adam Harichon n'avait pas le droit de manger de la viande et ce n'est qu'à l'époque de Noa'h, après le déluge, lorsqu'il sortit de l'arche, qu'Hachem autorisa la consommation de la viande pour l'humanité.
En effet, il est écrit au sujet d'Adam : "Hachem ajouta : Je vous accorde tout herbage portant des graines, sur toute la surface de la terre, et tout arbre portant des fruits qui deviendront arbres par le développement du germe. Ce sera votre nourriture. Quant à tous les animaux de la terre, à tous les oiseaux du ciel, à tout ce qui se meut sur la terre et possède une âme vivante, J'assigne toute verdure végétale pour nourriture. "Et il en fut ainsi" ." (Béréchit 1,29-30)

Rav enseigne qu'Adam n'avait pas le droit de consommer de la chair animale, mais seulement des végétaux, et cette interdiction concernait l'homme mais aussi les animaux de la terre. La soumission des animaux qui fut accordée l'homme ne concernait que le travail. (guémara Sanhédrin 59b)

Rachi (sur Béréchit 1,29) explique que les hommes et les animaux sont sur le même plan en ce qui concerne la nourriture. Ainsi, Adam et sa femme n'avaient pas le droit de faire mourir une créature pour manger sa chair. Ils mangeaient tous l'herbe des champs. C'est uniquement à l'époque de Noa'h et de ses enfants qu'Hachem permit de manger de la viande.

[nous apprenons d'ici que la totalité de la création, aussi bien les hommes que les animaux, tous étaient végétariens durant les premières générations de la création. En effet, le Arizal (Ets 'Haïm - chaar ט"ל - pérek 3) nous explique que les aliments contiennent des étincelles de sainteté que l'homme doit élever de la matérialité par le biais de la bénédiction et de sa consommation. Ces étincelles de sainteté retournent à leur source originelle dans les mondes supérieurs. Ce processus est primordial dans la réparation globale du monde.
Lorsqu'Adam pria pour que la pluie tombe et que les végétaux poussent, et lorsqu'il nomma les animaux, en leur attribuant un nom du côté laquelle, durant les premières générations jusqu'au déluge, les hommes ne consommaient pas de viande, car la réparation des étincelles de sainteté n'était pas nécessaire sur le règne animal dont la réparation avait déjà été effectuée par leur simple nomination.
Par la suite, tous les animaux se sont dégradés en s'accouplant avec d'autres espèces.
Le Arizal nous explique donc qu'il était permis de les tuer puis de les manger afin d'effectuer leur réparation. ]

-> Le 'Hatam Sofer poursuit son introduction en rapportant les enseignements du Arizal (haar aMitsvot - Ekev) :
"La finalité de la consommation de viande provenant d'un abattage kasher est d'élever les étincelles sacrées contenues dans la viande, du statut de l'animal à celui de l'homme. Ainsi, lorsque l'homme, après avoir consommé de la viande et reçu de la force, va étudier la Torah et servir Hachem, il élève à son tour les étincelles sacrées qui étaient contenues dans l'animal".

A présent, le 'Hatam Sofer nous révèle un grand 'hidouch : la réparation de la Création ne nécessitait pas de procéder à un abattage rituel sur les animaux pour manger leur chair. Il suffisait, pour apporter la réparation des étincelles de sainteté du règne animal, de consommer leur lait ou des plats lactés.
Toutefois, après la faute d'Adam et de la consommation de l'Arbre de la Connaissance du bien du mal, après que l'humanité et les animaux se furent pervertis, Hachem enclencha le Déluge.
Puis Il permit aux survivants, à Noa'h et ses enfants ainsi qu'aux générations à venir, de manger la chair de l'animal en procédant à un abattage rituel. Car la réparation du règne animal ne pouvait plus uniquement s'effectuer par la consommation de son lait mais en consommant sa chair.
Néanmoins, le jour du don de la Torah, avant la faute du Veau d'or, Israël est revenu à l'état d'Adam Harichon, antérieur à la faute originelle, comme cela est évoqué : "Le peuple juif a accepté la Torah uniquement pour que l'ange de la mort ne les domine plus" (Avoda Zara 5a).
Nos Sages (Shabbath 146b) nous enseignent qu'au moment du don de la Torah, le peuple d'Israël fut complètement épuré de la faute d'Adam le premier homme et lorsque Israël se tint face au mont Sinaï, la souillure de la faute originelle se retira.
Par conséquent, Hachem interdit à Israël de manger de la viande mais autorisa la consommation de plats lactés afin de rectifier toutes les étincelles de sainteté provenant du règne animal, comme ce fut le cas aux prémices de la création.
Toutefois, après la faute du Veau d'or, quand la mort reprit sa place dans le monde, Israël fut de nouveau autorisé à manger de la viande par abattage rituel car il n'était plus possible de réparer le règne animal sans en consommer sa chair.

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-> Ainsi, l'origine de la création, le règne animal ne nécessitait qu'une légère réparation qui pouvait s'effectuer par la consommation de produits issus de leur lait. Toutefois, à cause de la faute de l'Arbre de la Connaissance du bien et du mal, le dommage sur la création a augmenté, nécessitant un plus grand tikoun qui s'est matérialisé par la consommation de la chair de l'animal.
De ce fait, la consommation de la viande éveille la stricte rigueur de la faute de l'Arbre de la Connaissance tandis que la consommation des produits laitiers éveille le 'Hessed d'un monde plus élevé.

Ainsi, durant la fête de Shavouot, nous avons la coutume de manger des plats lactés afin de nous rappeler que la réalisation de la réparation de la faute originelle a déjà été opérée par la génération de la sortie d'Égypte lorsqu'ils ont reçu la Torah au mont Sinaï.
De fait, en consommant des plats lactés, nous nous rappelons l'ultime réparation qui est totalement symbolisée dans la réception de la Torah et dans l'acceptation du règne d'Hachem dans la création.
Ce devoir nous incombe, à nous, à chaque génération, jusqu'à ce qu'il soit totalement accompli, le plus rapidement possible. Amen.

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+ Quelques autres raisons de cette coutume consistant à manger des plats lactés le jour de la fête de Shavouot?

-> Le 'Hafets 'Haim (Michna Broura siman 494) écrit :
"J'ai entendu, au nom d'un grand homme, que la raison exacte de cette coutume est que lorsque les Bné Israël se sont tenus au mont Sinaï pour recevoir la Torah, ils sont redescendus ensuite de la montagne pour rejoindre leurs demeures et n'ont rien trouvé à manger immédiatement si ce n'est des plats lactés.
En effet, la viande nécessite de nombreuses préparations telles que l'abattage rituel à l'aide d'un couteau respectant les normes de la halakha, comme nous l'a ordonné Hachem. Il fallait ensuite retirer les graisses et le sang, nettoyer la viande et la saler, la cuire dans des ustensiles neufs car leurs anciens ustensiles étaient devenus interdits pour eux.
C'est la raison pour laquelle ils se sont adaptés au moment présent en choisissant de consommer des plats lactés et c'et ainsi que nous agissons, en ce souvenir."

Or, nos Sages ont enseigné que la Torah nous a été transmise le jour de Shabbat.
Puisqu'il en est ainsi, il est évident qu'il leur était interdit de procéder à un abattage rituel avec un couteau, d'extraire les graisses et de saler la viande pour ensuite la cuire.

L'Admour de Gour, écrit au nom du gaon rabbi Sim'ha Zissel :
"Bien que le don de la Torah eut lieu le jour de Shabbat, qui a dit que le peuple était redescendu de la montagne pour retrouver leurs demeures durant Shabbat? Peut-être ne sont-ils rentrés qu'à la sortie du Shabbat? Par conséquent, s'ils n'ont pas mangé de plats carnés, c'était uniquement à cause des lois de cacherout concernant leurs ustensiles et non pas à cause de la loi de Shabbath elle-même".

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-> Rabbi Tsadok haCohen de Lublin (Ressissé Laïla - ot 56) écrit que nous avons la coutume de consommer des plats lactés durant la fête de Shavouot car le lait est tété directement du sein de la mère.
En ce sens, le but premier du don de la Torah est de connaître Celui qui nous l'a donnée, car c'est à partir de Lui que nous "tétons" et puisons toute chose.

-> Dans le livre Kol Bo (siman 52), il est évoqué la coutume de consommer du miel et du lait en l'honneur de la Torah, le jour de Shavouot, car ils sont tous deux comparés à la Torah par le plus sage de tous les hommes, comme il est écrit : "Du miel et du lait sous ta langue" (Chir haChirim 4,11).
Nos Sages (Taanit 7a) nous enseigne que la Torah est comparée à trois sortes de liquides : l'eau, le vin et le lait. Ces trois catégories de liquides se conservent uniquement dans des ustensiles peu coûteux comme l'argile ou le bois, contrairement à des ustensiles en or ou en argent.
Le Zohar (Vayé'hi 240a) souligne également que la Torah est comparée au lait et au vin.
Ainsi, nous consommons des produits laitiers durant la fête afin de rappeler, par allusion, à l'homme, que tout celui qui désire acquérir la couronne de la Torah et la conserver se doit d'être humble.
[de même que ces 3 liquides se conservent dans les ustensiles les plus simples, il en est de même pour la Torah qui se conserve et se répand à travers les hommes les simples. ]

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-> Le Divré Yatsiv écrit que la raison pour laquelle nous avons l'habitude de consommer de la pâte avec du fromage le jour de Shavouot est parce que la Torah nous a été imposée lorsque nous étions menacés de mort sous la montagne (Shabbath 88a).
Finalement, la Torah a été acceptée de plein gré lorsque les enfants d'Israël ont ressenti le goût et la douceur de la Torah. D'après ceci, il convient d'expliquer cette coutume de manger toutes sortes de mets dont la pâte renferme, à l'intérieur, des produits laitiers et du miel.
En effet, au départ, nous ne ressentons pas la douceur mais c'est seulement lorsque nous mâchons que nous commençons à ressentir la douceur du goût qui est contenu à l'intérieur. Ceci est une allusion au don de la Torah.

-> Le Zohar (Emor 97b) demande pourquoi nous devons compter sept semaines durant le omer. Ceci afin de pouvoir mériter la purification par les eaux de bonté du fleuve de la Bina qui se déverseront sans interruption. Ces eaux sont appelées les "eaux de la vie" et il est évident que nous devons compter sept semaines pour pouvoir les mériter.

D'après ce passage du Zohar, le Magen Avraham explique que les sept semaines du compte du omer sont comparables aux sept jours de pureté que la femme effectue avant de retrouver son époux.
En outre, c'est à partir du sang utérin que la femme va pouvoir produire du lait pour allaiter son enfant, ce qui fait allusion aux mets lactés et aux mets carnés consommés en ce jour. Il s'agit ainsi de passer de la stricte rigueur à la Miséricorde et la coutume de nos ancêtres est considérée comme de la Torah.

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-> b'h, voir également : https://todahm.com/2015/06/23/pourquoi-est-il-de-coutume-de-manger-des-produits-laitiers-le-1er-jour-de-shavouot

La veillée de Shavouot

+ La veillée de Shavouot :

-> La nuit de Shavouot, on se consacrera à la Torah sans fermer l'œil. En effet, la particularité de l'étude de cette nuit-là, permet de mériter de nombreux bienfaits dans ce monde ici-bas ainsi que dans le monde à venir. On pourra mériter de devenir un érudit et d'avoir une descendance de Sages. ['Hemdat Yamim - Shavouot - chap.3]

-> Le Arizal (chaar hakavanot Shavouot 89a) explique que l'homme peut obtenir une protection particulière qui lui évitera tout dommage au point de lui assurer la vie jusqu'à la fin de l'année car s'il ne dort pas, son mazal ne dormira pas non plus.
Son grand mérite préservera la Présence divine de l'exil. [Moéd léKol 'Haï - siman 8, ot.16]

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=> Comment les Bné Israël ont-ils pu s'endormir la veille du don de la Torah, quelques heures avant la rencontre sacrée entre l'homme et Hachem?

-> Le Ran (fin de Pessa'him) explique au nom du midrach, à propos de la mitsva du compte du Omer : "Lorsque Moche a déclaré au peuple : "Vous servirez D. sur cette montagne" (Chémot 3,12), le peuple d'Israël demanda à Moché : "A partir de quand devons-nous réaliser ce service divin?". Il leur répondit : "A la fin de 50 jours".
Chacun compta pour lui-même et c'est à partir d'ici que les Sages ont institué le compte du Omer."

-> Le rabbi Israël de Koznitz (Avodat Israël - Shavouot) écrit au nom de rabbi Lévi Its'hak de Berditchev :
"Que D. nous préserve de penser que ce peuple saint ait pu s'endormir cette nuit-là dans un élan de fainéantise, emprisonné par le sommeil en ce jour exceptionnel. En effet, ils savaient parfaitement que Hachem devait leur transmettre Sa Torah.
Il faut donc expliquer que leur intention était au Nom du Ciel car depuis le 2e jour du mois de Nissan, ils avaient intensifié leurs préparatifs pour recevoir la Torah et y avaient investi toutes leurs forces et leurs pensées saintes, à tel point que la fatigue s'empara d'eux.
C'est à ce moment-là qu'ils ont eu peur de recevoir la Torah dans un état de fatigue qui n'était pas convenable. C'est la raison pour laquelle ils ont donné la possibilité à leurs paupières de se fermer pour récupérer leurs forces, afin de renouveler leur énergie et se renforcer dans leur esprit, afin de recevoir la
Torah."

=> D'après cela, comment expliquer la nécessité de procéder à une réparation en restant éveillé durant toute la nuit de la fête?

-> Le Yisma'h Israël (Bamidbar ot.1 & sur Shavouot ot.17) répond que c'est Hachem lui-même qui a délibérément endormi Israël et ceci dans le but que le peuple d'Israël n'en vienne pas à croire qu'il était parfaitement prêt et apte à recevoir ce cadeau du Ciel si précieux.
C'est par l'intermédiaire de cette veillée consacrée à l'étude, et réalisée dans l'effort, que le peuple juif se prépare avec un cœur brisé et avec humilité à recevoir la Torah, comme l'ont enseigné nos Sages, de mémoire bénie : "Un homme doit toujours apprendre des attributs du Créateur, Hachem, qui a délaissé toutes les montagnes et les vallées pour résider sur le mont Sinaï" (Sotah 5a)
En effet, après Roch 'Hodech, ils se sont rapprochés du mont Sinaï dans une totale unité et d'un seul cœur.
Il aurait pu venir à l'esprit de quelques juifs la croyance qu'ils étaient prêts à recevoir la Torah. Ainsi, Hachem a voulu leur montrer que tout le service divin de l'homme ne peut se maintenir sans l'aide divine et que l'homme doit toujours être dans l'effort de sa préparation, afin de constater que tout ce qu'il reçoit est le fruit d'un cadeau céleste.

Pessa’h = la naissance du peuple juif

+ Pessa'h = la naissance du peuple juif :

-> Le rav Its'hak 'Haver, fut un disciple du rav Ména'hem Mendel de Shklov, qui était un disciple du Gaon de Vilna.
Dans l'introduction de sa Haggada Yad Mitsraïm, il présente une idée du Arizal : le séjour du peuple juif en Egypte fut analogue à une gestation, une période d'incubation, durant laquelle le peuple juif, le fœtus, se développa et attendit d'émerger en tant que nation.
L'Egypte couvait, pour ainsi dire, le peuple juif. La sortie d'Égypte constitua la naissance de la nation juive.
Tout comme le monde renaît au printemps, le peuple juif naquit durant la période de la sortie d'Egypte.

L'Egypte est appelé par exemple : "la nudité de la terre" (érvat aarets - Mikets 42,9).
Pour quelle raison fut-il nécessaire que le peuple juif soit exilé dans un endroit aussi bas et sombre que l'Egypte?

Le rav 'Haver explique que l'Egypte fut choisie parce que la période que le peuple juif y passa correspondait à celle d'incubation du peuple juif, et pour qu'un embryon se développe correctement, il a besoin d'un endroit sombre et exigu.
Sa meilleure croissance a lieu dans un environnement que l'on peut décrire comme "révulsant" (ma'ous). L'Egypte correspondait parfaitement à ce modèle. Il n'y avait aucun endroit au monde qui soit spirituellement plus sombre que l'Égypte.

-> Le rav Its'hak 'Haver poursuit en expliquant que le temps que le peuple juif passa en Egypte peut se répartir en trois périodes distinctes.
1°/ La première période débuta lorsque Yaakov et ses fils émigrèrent de la terres d'Israël vers l'Egypte. Ils vécurent à Gochen, où ils s'occupaient de leurs animaux.
Tant que Yaakov Avinou et les tribus (chévatim) étaient encore en vie, le peuple juif ne fut pas asservi ; il séjournait simplement dans un pays étranger, comme le dit le verset : "vos descendants seront des étrangers dans un pays qui ne leur appartiendra pas (Lé'h Lé'ha 15,13).

2°/ La deuxième période commença après la mort de Lévi, le dernier des tribus (encore en vie). Pharaon mit le peuple juif au travail, le réduisant finalement à l'esclavage, comme l'avait annoncé Hachem à Avraham, "et ils les serviront" (vaavadoum - Lé'h Lé'ha 15,13).

3°/ La troisième période, la plus amère, débuta avec la naissance de Myriam, qui est liée au mot מר (mar - amer). Cette période dura 86 ans pendant laquelle l'esclavage s'intensifia et le peuple d'Israël connut le "ko'hi ha'hiboud" (la dureté de l'esclavage).

Le rav Its'hak 'Haver illustre comment ces trois périodes coïncident et s'apparentent aux trois trimestres de la gestation.

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+ Les 3 trimestres :

-> Pendant le premier trimestre, le bébé en développement est complètement caché du monde extérieur. Le fœtus n'est pas reconnaissable et on ne voit pas que la femme attend un enfant.
De même, lorsque les Bné Israël descendirent en Égypte, Yaakov vint avec ses fils, les Chévatim, et ils furent traités royalement. Ainsi, leur futur esclavage était encore imprévisible; ils étaient simplement des étrangers dans un pays étranger et n'étaient pas esclaves.

Au cours du deuxième trimestre, l'état de la femme commence à être perceptible et il est évident qu'un bébé est en route. De même, nouveau roi s'éleva sur l'Égypte (Chémot 1,8). La mère d'accueil, Mitsraïm (l'Egypte), commença à contraindre le peuple juif à travailler.
L'asservissement débuta, et il devint évident qu'ils étaient en exil (galout).

Enfin, au cours du troisième trimestre, le bébé grandit, le moment de l'accouchement approche et le travail doit commencer. Les douleurs de l'accouchement sont une indication que la naissance de l'enfant est imminente.
De même, le troisième trimestre pour le peuple juif commença avec la naissance de Myriam. C'est à ce moment-là que l'esclavage s'intensifia. Les conditions de vie du peuple juif devinrent de plus en plus difficiles, et les Égyptiens pensèrent que les Bné Israël resteraient esclaves pour toujours, alors qu'en réalité, c'était exactement le contraire.

L'esclavage devint plus difficile et s'intensifia. Cette situation accéléra le moment de la sortie d'Egypte et donc de sa naissance en tant que nation.

Le rav Its'hak 'Haver affirme que les 210 ans en Egypte constituent la période de gestation du peuple juif.
Le travail et l'accouchement du peuple juif commencèrent la nuit de Pessa'h, lorsque Hachem frappa les premiers-nés, et durèrent jusqu'au septième jour de Pessa'h à l'ouverture de la mer Rouge.

[selon le Séder Olam (raba 3), Lévi survécut à tous les autres Chévatim, et à sa mort l'esclavage débuta pour une durée de 117 ans.
Par ailleurs, l'esclavage très difficile n'a commencé qu'à la naissance de Myriam, soit 86 ans avant la sortie d'Egypte. ]

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+ La plaie des premiers-nés = l'intervention personnelle d'Hachem :

-> Hachem dit au peuple juif : "Je traverserai le pays d'Egypte cette nuit-là, et Je tuerai tous les premiers-nés du pays d'Egypte, et sur tous les dieux d'Egypte J'exécuterai des jugements, Je suis Hachem" (Bo 12,12).

Pourquoi était-il si important que Hachem accomplisse tout cela Lui-même, sans avoir recourt à un ange?

Le rav Its'hak 'Haver explique, en s'appuyant sur une guémara (Taanit 32a), qu'il existe trois clés dont Hachem garde le contrôle et qu'Il ne les confie à aucun émissaire. Ce sont:
- la clé de la pluie, car seul Hachem fait pleuvoir, aucun ange ne peut faire pleuvoir ;
- la clé de la résurrection des morts ;
- la clé de la vie, c'est-à-dire de l'accouchement.
Les médecins essaient de prédire quand un bébé naîtra, mais seul le Maître du monde tourne la clé pour permettre la naissance. La sortie d'Egypte fut la naissance du peuple juif, une chose dont seul Hachem détient la clé. Ainsi, cette tâche était réservée à Hachem Lui-même. Ce n'était pas une mission pouvant être remplie par un ange.

-> Le verset rapporte : "et il y eut un grand cri en Egypte" (Bo 12,30).
En fait, il était si fort que le verset affirme : "il y aura un grand cri dans tout le pays d'Egypte, tel qu'il n'y en a jamais eu et tel qu'il n'y en aura plus jamais" (Bo 11,6).
Lorsque Hachem tua les premiers-nés des égyptiens, il y eut un cri comme on n'en avait jamais entendu auparavant et qu'on n'en entendra plus jamais. Pourquoi ce cri est-il sans précédent dans toute 'Histoire?

Selon le rav Its'hak 'Haver, personne ne crie plus fort qu'une femme en travail (à l'accouchement). Mais qu'en est-il de ce cri s'il s'agit de la naissance d'une nation entière?
Ce serait un cri sans précédent! C'est ce qui se passa la nuit de Pessa'h

Il est dit : "et quelle divinité entreprit jamais d'aller se chercher miraculeusement un peuple au milieu d'un autre peuple" (Vaét'hana 4,34).
Hachem fit sortir le peuple juif de la matrice d'Egypte ; ce fut un travail et un accouchement sans précédent, et par conséquent, cela donna lieu à un cri sans précédent.

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-> Le rav Its'hak 'Haver (Haggada Yad Mitsraïm) aborde le concept selon lequel le peuple juif est né au moment de la sortie d'Egypte, pour expliquer la raison pour laquelle l'interdiction du 'hamets est si stricte.

Le 'Hamets et la matsa (חמץ et מצה) sont deux mots essentiellement composés des mêmes lettres. Ils ont chacun un mem et un tsadi.
La seule différence est que le 'hamets comprend un 'het, tandis que la matsa a un hé. La différence entre un 'het (ח) et un hé (ה) est la petite ouverture sur le côté gauche.

Jusqu'à notre départ d'Égypte, ce pays était fermé, ce qui est symbolisé par le 'het, qui est fermé.
[par exemple, sur le fait que l'Egypte était fermée : https://todahm.com/2016/03/12/49445 ]

La sortie d'Egypte constitua la naissance, et l'ouverte présente le l'ouverture qui permit la naissance du peuple juif.
Pour cette raison, à Pessa'h, nous ne pouvons pas consommer de 'hamets. Nous mangeons de la matsa pour signifier que c'est le moment de notre naissance.
Nous devons être extrêmement prudents et vigilants pour nous éloigner même de la plus petite quantité de 'hamets, afin de nous assurer que l'ouverture du hé de la matsa permettra notre sortie d'Égypte.
Cette mesure est essentielle pour que le peuple juif puisse quitter le ventre de l'Egypte et accéder à la liberté.

Nous devons donc nous tenir à distance du 'hamets d'une manière qui est inédite en ce qui concerne les autres aliments interdits. Le 'hamets symbolise un utérus scellé duquel nous ne pouvons pas nous échapper. Nous prenons donc toutes les précautions possibles pour éviter de rester enfermés dans la matrice spirituelle d'Égypte (nous n'en voulons pas même une seule miette de cette mauvaise influence).

C’est le pain de l’affliction (ha la’hma aniya)

+ "C'est le pain de l'affliction" (ha la'hma aniya) :

-> Ce passage soulève une question fondamentale : si toute la Haggada est écrite en Lachon HaKodech (en hébreu), pourquoi ce passage est-il écrit en araméen?

Le Zohar nous enseigne que le mot haggada implique la révélation de significations cachées.

Le passage d'ouverture (ha la'hma aniya) est écrit en araméen, tout comme le Kadich, qui est récité en araméen. Le Kadich a le pouvoir de briser les forces puissantes de la sitra a'hara (forces du mal) et de les soumettre. Les klipot (forces extérieures représentant le mal) comprennent l'araméen. Lorsqu'elles entendent les louanges que le Kadich adresse à Hachem et à Son Saint Nom, elles sont immédiatement maîtrisées.

C'est pourquoi le Kadich est récité à chaque transition dans nos prières, lorsque nous passons d'un monde kabalistique à un autre (les quatre mondes : Atsilout, Yétsira, Béria et Assiya correspondent tous à différentes sections de Cha'harit, et à chaque transition de monde, le Kadich est récité) dans le but de soumettre les klipot et de les empêcher de prendre pied dans le monde supérieur et de s'élever ainsi au niveau suivant.

Le même principe s'applique dans le sens inverse, lorsque l'abondance céleste descend dans le monde. Nous récitons le Kadich après la Amida lorsque nous commençons notre descente avec l'abondance fournie par le Ciel. [la prière suit une progression jusqu'à un pic dans la Amida où nous sommes dans le monde céleste le plus élevé, en tête à tête avec Hachem (même les anges n'y ont pas accès), puis ensuite nous faisons le voyage inverse pour retourner dans ce monde. ]
Lorsque nous passons d'un monde à l'autre dans les deux sens, le Kadich empêche les klipot de prendre pied.

La nuit de Pessa'h commence par la prière d'Arvit suivi du Hallel, moment où nous avons le privilège de recevoir une conscience mentale supérieure (mo'hin).
Lorsque nous terminons nos prières et quittons la synagogue, ces mo'hin s'en vont, pour revenir lorsque nous commençons la Haggada. Il est alors impératif de réciter un passage en araméen afin de briser le pouvoir des forces extérieures, de les soumettre et de les annuler, de la même manière que nous annulons notre 'hamets.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra (Abir Yaakov 367) dit que l'élimination du 'hamets est associée à une destruction des forces mauvaises et impures. ]
Nous devons nous assurer que les forces du mal ne s'attachent pas à ces illuminations (liées au séder de Pessa'h).

A mon humble avis, ce n'est pas une simple coïncidence si le paragraphe הא לחמא עניא contient 28 mots araméens. [le paragraphe contient en réalité 31 mots, mais les deux derniers mots : "bné 'horin" sont en hébreu, et le mot די (di) est utilisé pour une autre dérivation, comme nous allons le voir]
Le Kadich contient également 28 mots, commençant par "amen yéhé chémé" jusqu'à "daamiran béalma". [la guématria de koa'h (force - כח) est de 28]
De plus le mot די (de [ha la'hma aniya] di]) a une valeur numérique de 14. Les 14 ajoutés aux 28 autres mots araméens donnent un total de 42, la valeur numérique de l'un des noms développés d'Hachem.
Ce nom est invoqué pour soumettre les forces du mal qui tentent de s'emparer des mo'hin de niveau supérieur que nous recherchons.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Bidgé haSerad ]

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-> "C'est le pain de l'affliction que nos pères ont mangé dans le pays d'Égypte. Que celui qui a faim vienne et mange" (ha la'hma aniya di a'halou ...)

-> Le Arizal explique que la sortie d'Egypte a rectifié les étincelles impures d'Adam HaRichon qui ont été produites (involontairement) lorsqu'il s'est séparé de sa femme pendant 130 ans, jeûnant et s'affligeant dans un effort pour se repentir de sa faute.
Des âmes saintes étaient incrustées dans ces étincelles impures, ainsi que des forces maléfiques (klipot). Ces âmes sont entrées dans le monde pendant la génération du Déluge, mais en raison des fautes de cette époque, elles n'ont pas été rectifiées et séparées des étincelles. Elles sont réapparues à la génération de la Dispersion (tour de Bavél), et une fois de plus, elles n'ont pas été rectifiées.
Elles sont retournées à Sodome et la même chose s'est produite.

Elles sont revenues vers le peuple juif en Egypte, et grâce à l'esclavage lourd et difficile, elles ont été purifiées et rectifiées.
Le mot עני (la matsa est appelé : lé'hem oni - pain de la pauvreté) a une valeur numérique de 130, correspondant aux 130 années pendant lesquelles Adam Harichon s'est repenti.
Le mot לחם (lé'hem - pain) a une valeur trois fois supérieure au nom Havaya (26 x 3 = 72).
Ces âmes saintes sont imprégnées du nom divin Havaya (יהוה) ; cependant, elles se sont mélangées aux klipot décrites comme le lieu "עני".
Ainsi, l'expression הא לחמא עניא fait référence aux étincelles saintes imprégnées de divinité Havaya qui sont tombées dans le lieu "עני", les klipot.
Au début du Séder, nous levons la matsa et nous précisons quand même que ce même est "עני" (la'hma aniya en araméen) pour clarifier le fait que ces étincelles ont été rectifiées en Egypte.

-> Pourquoi déclarons-nous que nos ancêtres ont mangé le pain en Egypte alors qu'en réalité ils ne l'ont mangé qu'après avoir quitté l'Égypte?
Ce que nos ancêtres ont mangé fait référence au travail difficile qu'ils ont enduré pendant leur séjour en Egypte. Les âmes se sont incarnées en Égypte et nos ancêtres en Égypte les ont rectifiées à travers l'esclavage.
Pessa'h, la fête des matsot, est une rectification annuelle au cours de laquelle les klipot sont maîtrisées et les âmes [juives] purifiées. Nous commençons par un passage en araméen afin d'éveiller le pouvoir de la sainteté et de maîtriser les klipot.

Les âmes ont totalement émergé de ces forces maléfiques au moment de la sortie d'Egypte ; ce phénomène se répète chaque année à Pessah.

Le contrôle que les klipot exerçaient sur les âmes variait en fonction de la profondeur de l'immersion de l'âme dans la faute. Certaines étaient dominées par les klipot sans y être complètement immergées, tandis que d'autres y étaient complètement immergées.

Celles qui sont totalement immergées ont soif de sainteté, et nous nous adressons à elles en disant : "Que celui qui a faim vienne et mange".
Celles qui ne sont pas totalement immergées, qui savent ce qu'est la sainteté, nous les invitons à "venir célébrer [la joie de] Pessa'h avec nous".

Pour résumer, nous pouvons expliquer ce passage comme suit : c'est le pain (les âmes dans les étincelles d'Adam HaRichon qui se sont mélangées aux klipot, le lieu du עני) que nos ancêtres ont mangé (une référence au dur labeur lorsqu'ils ont été esclaves) et rectifié en Égypte.
Quiconque est tellement immergé dans les klipot qu'il a faim de sainteté peut venir manger avec nous ; quiconque est moins immergé peut venir célébrer la joie de la fête avec nous.
Cette nuit, comme lorsque nous avons quitté l'Égypte, ces étincelles sont rectifiées. Cette nuit, nous nous débarrassons de notre lien avec les klipot.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Bidgé haSerad ]

Mont Sinaï = don de l’âme juive

"Hachem prononça toutes ces paroles en disant" (Yitro 20,1)

-> Lorsque Hachem déclare : "Je suis Hachem ton D." (Yitro 20,2), les Bné Israël ont tremblé et leur âme (néchama) s'est envolée.
La Torah se présenta devant Hachem : "Maître de l'univers, souhaites-Tu me transmettre à des morts? Pourtant il est écrit : "Ce ne sont pas les morts qui loueront Hachem ni aucun de ceux qui sont descendus dans l'empire du silence!" (Téhilim 115,17).

-> Que fit Hachem? Il fit descendre la rosée de la résurrection des morts, comme il est écrit : "Tu fis ruisseler, ô D., une pluie bienfaisante ; ainsi Toi-même, Tu as restauré Ton héritage" (Téhilim 68,10).

-> D'autres opinions soutiennent que Moché Rabbénou s'est élevé dans les mondes Supérieurs, jusqu'au Trône de Gloire, pour faire redescendre, une à une, les âmes de tout Israël.

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=> Pourquoi les âmes des enfants d'Israël se sont-elles envolées pour finalement revenir et restituer la vie?

-> Le Zohar apporte la réponse suivante : jusqu'au don de la Torah au mont Sinaï, les Bné Israël possédaient des âmes identiques aux descendants de Noa'h et chacun d'entre eux était considéré comme un peuple à part. Ainsi, tout comme Israël, les nations avaient le même niveau de néchamot.
Dans ce cas, comment un juif peut-il prononcer la bénédiction du matin : "Béni sois-Tu Hachem, Roi de l'univers, de ne pas m'avoir fait non-juif"?
C'est la raison pour laquelle Hachem leur a retiré toutes leurs âmes, qui se sont envolées. Moché s'est alors élevé dans les mondes supérieurs pour les faire redescendre car il s'agissait d'âmes neuves, afin que chacun des Bné Israël puisse recevoir l'âme d'un juif.
C'est pourquoi Hachem a fait pleuvoir une rosée de la résurrection des morts.

Exiger le Temple

+ Exiger le Temple :

-> Trois fois par jour, nous récitons la Amida, nous demandons à Hachem de reconstruire Jérusalem : "vélirouchalayim ire''ha béra'hamim tachouv vétichkon béto'ha kaasser dibarta" (et à Jérusalem, Ta ville, puisses-Tu revenir dans Ta miséricorde, et puisses-Tu y reposer, comme Tu l'as dit).

Cela ne doit pas être considéré comme une simple demande, mais plutôt comme une exigence qu'Hachem tienne Sa promesse et reconstruise Jérusalem : "comme Tu l'as promis!" (kaacher dibarta). Nous disons à Hachem que nous voulons qu'Il tienne Sa promesse de reconstruire et de restaurer Tzion.

Rabbi 'Haïm Kanievsky cite un Yalkout Shimoni (Shmouël II remez 165) étonnant.
Ce midrach enseigne que la raison pour laquelle de nombreux soldats sont morts à l'époque du roi David est qu'ils n'ont pas exigé la construction du Temple.
Ces soldats, ajoute le midrach, n'avaient jamais vu le Temple (qui ne sera construit qu'après la mort du roi David), mais ils ont été blâmés pour ne pas avoir exigé sa construction, et ils l'ont payé de leur vie.

=> Nous devons tirer les leçons de ce récit et prendre la résolution d'exiger de tout cœur qu'Hachem reconstruise immédiatement le Temple.