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"Hachem te prendra en faveur" (Nasso 6,25)

La guémara (Béra'hot 20b) explique que Hachem dit : "Moi Je leur ai dit dans la Torah : "Tu mangeras, tu te rassasieras et tu béniras Hachem ton D.". C'est-à-dire que l'on a l'obligation de réciter le Birkat Hamazon lorsqu'on se sent rassasié. Les Sages ont été plus rigoureux et ont imposé de Me bénir à partir de la consommation d'un volume de Kazaït (d'une olive). Ne les prendrai-Je pas en faveur?!"

=> Mais quel est le lien entre la faveur d'Hachem et le Birkat Hamazon?

-> En fait, pourquoi les Sages ont-ils institué la récitation du Birkat Hamazon à partir d'un Kazaït alors que la Torah l'impose quand on est repu après un bon repas?
Certes la logique veut que l'on remercie son bienfaiteur après être rassasié d'un bon repas. Mais les Sages ont regardé l'origine du bienfait dont ils ont bénéficié.
Lorsqu'ils réalisent que c'est Hachem, le Grand Roi, Parfait et Redoutable, qui a créé tous les univers. Lorsqu'ils réalisent que c'est Lui qui s'occupe de les nourrir en particulier, ils en sont si honorés, que même une petite quantité (Kazaït) leur est perçue comme une grande quantité rassasiante.

Lorsque Hachem constate cet attitude de Son peuple, Il leur répond en réciprocité.
Il est clair que dans l'absolu, toute faute commise envers Hachem est extrêmement grave. Mais Hachem ne regarde pas ce qui Lui a été fait, Il regarde plutôt d'où elle vient. Il voit alors que nous sommes des hommes faibles, qui connaissent toutes sortes de tentations et de problèmes leur rendant la vie difficile.
Alors Hachem les prend en faveur. Il les comprend et leur trouve toutes sortes de circonstances atténuantes.
[Kol Sim'ha]

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-> La guémara (Béra'hot 20b) rapporte les paroles de Hachem aux anges : "Comment puis-Je ne pas faire preuve de préférences à la nation d'Israël, qui dit le birkat hamazone à partir d'un kazayit (environ 30g) ou d'un kabétsa (environ 50g - une petite quantité), malgré le fait que Je leur ai ordonné de faire le birkat hamazone à partir du moment où ils sont satisfaits [leur faim]?
Je les favoriserai car ils me favorisent!"

Le Sifri explique : "Hachem va oublier Sa colère, et va tourner Sa face vers nous".

[ainsi grâce au birkat hamazone au moment où Hachem doit normalement s'énerver contre nous, alors non seulement Il ne le fait pas, mais en plus Il va se tourner vers nous pour chercher à nous favoriser!]

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-> La guémara (Béra'hot 20b) dit : "Les anges de service se sont adressés ainsi à Hachem : Maître du monde, il est écrit dans Ta Torah : 'Qui ne favorise personne et n'accepte pas de présent corrupteur' (Ekev 10,17), et pourtant Tu favorises Israël, comme il est écrit : 'Hachem te favorisera' (Nasso. 6,25).
Hachem leur a alors répondu : Pourquoi ne favoriserais-Je pas Israël? Je leur ai écrit dans la Torah : 'Tu mangeras, tu te rassasieras, et tu béniras Hachem ton D.' (Ekev 8,10), et eux sont pointilleux dès le volume d'une olive ou d'un œuf." [guémara Béra'hot 20b ]

-> Le livre Kadoch véNora Chémo (discours 16) écrit :
"Selon mes modestes connaissances, on ne parle pas que de la mitsva de Birkat Hamazon, mais aussi du fait que les juifs remercient Hachem et Lui adressent des bénédictions sur le volume d'une olive' ou sur le volume d'un œuf même lorsqu'ils ne sont pas pleinement satisfaits du bien qu'll leur a prodigué, et ce, quel que soit le domaine concerné.
Ceci est la raison pour laquelle Hachem nous favorise, car celui qui ne remercie que lorsqu'il est 'rassasié', c'est-a-dire pleinement satisfait, ne remerciera jamais, en principe."

=> L'homme n'arrive jamais à être totalement satisfait de l'abondance matérielle que lui a accordée Hachem, car "s'il possède cent sous, il en veut deux cents".
Mais si l'homme sait être reconnaissant pour le "volume d'une olive" ou le "volume d'un œuf" que lui a donné Hachem, alors cela signifie qu'il Le "favorise", et mesure pour mesure, Dieu le favorisera (prendre en faveur) en retour.

L’importance de répondre « amen »

+ L'importance de répondre amen :

-> La émouna est la fondation de toute la Torah, et c'est pourquoi nos Sages ont décrété que nous devons répondre amen (אמן) aux bénédictions et aux prières.
Le mot : אמן vient de : émouna (אמונה), et veut également dire : être d'accord.
Ainsi, lorsque nous répondons "amen" cela signifie que nous sommes d'accord avec la bénédiction qu'autrui à pu dire, comme l'enseignent nos Sages (guémara Shavouot 36a) : "amen signifie que j'accepte ce que tu as dit et que j'affirme [personnellement sa véracité]".

Nos Sages (guémara Béra'hot 53b) disent : "Celui qui répond Amen est plus grand que celui qui dit la bénédiction [à laquelle il a répondu]".
La raison est que celui qui récite une bénédiction témoigne que Hachem est à l'origine de toutes les bénédictions, tandis que celui qui répond amen est comme celui qui signer cette attestation.
Celui qui répond amen est plus important, car il est le 2e témoin, et le témoignage (édout) peut alors être complet grâce à lui.
[un témoignage est valable à partir de 2 personnes/témoins]

Le mot : אמן vient de : émouna (אמונה) ...
Lorsque quelqu'un répond amen, il ouvre des flux de bontés, d'une façon similaire à une fontaine qui donne de l'eau à ceux qui en ont besoin ...
De même qu'il a ouvert la bonté [sur lui et surle monde], de même les Portes du Gan Eden seront ouvertes pour lui, mesure pour mesure.
[Rabbénou Bé'hayé - Béaaloté'ha 14,31]

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-> L’une des récompenses que nos Maîtres assurent à celui qui répond Amen figure dans la guémara (Shabbat 119b), où il est dit : "A quiconque répond Amen de toutes ses forces, on ouvre les portes du jardin d’Eden."

Rabbénou Yérou'ham de Mir (Daat Torah - Vayétsé) fait remarquer que cet outil si puissant nous permettant de forcer les portes du gan Eden, repose sur le pouvoir de la émouna.
La sagesse, la compréhension, loin d’être à même de nous procurer ce levier, doit faire l’objet d’un renoncement de notre part. En effet, dire Amen, c’est croire sans savoir!

-> Rabbénou Yona (Or'hot 'Haïm) écrit au sujet de la grandeur de celui qui répond Amen :
"Celui qui répond Amen à chaque bénédiction est comme quelqu’un qui prie 2 fois d’affilée. Or, nos Sages affirment que celui qui a prié sans ferveur, puis prie une 2e fois, peut être assuré que sa prière sera exaucée.
On en déduit que celui qui répond Amen, comparable à celui qui prie 2 fois, peut lui aussi être assuré que sa prière sera exaucée."

-> Rabbi Baroukh Tolédano relève une autre vertu de celui qui répond Amen : alors que la personne qui prononce la bénédiction ne reçoit de récompense que pour celle-ci, celui qui y répond Amen a, en plus de ce mérite, celui d’amplifier la paix entre les hommes, puisqu’il témoigne ainsi de l’importance qu’il porte à la bénédiction de son prochain, relevant son estime ; sa récompense sera donc plus importante.

-> Dans la Guémara (Bérakhot 47a), nous pouvons lire : "Quiconque s’attarde sur le mot Amen, on lui prolonge ses jours et ses années."
Et Rabbi Chlomo Bloch, élève du ‘Hafets ‘Haïm, d’expliquer qu’on permet à cet homme de mettre ses jours à profit 2 fois plus que les autres gens.

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-> "Celui qui néglige de répondre amen correctement descendra au guéhinam sans y remonter"
[Zohar - Chéla'h Lé'ha 162a]

-> Un compartiment spécifique du guéhinam est réservé pour celui qui ne répond pas amen.
[Zohar 'hadach 97a]

=> A première vue, la punition est extrêmement sévère pour quelque chose qui n'est pas considéré comme un interdit de la Torah.

Le Zohar haKadoch explique que la kavana (intention) du mot "amen "inclut les deux Noms divins : אדני יהוה. Ces deux Noms divins ont une guématria de 91 équivalente au mot amen (אמן).
Ceci est une allusion à l'union parfaite entre Hachem et la Chékhina. [la Présence d'Hachem dans les mondes Inférieurs et Supérieurs]
Ainsi, il aurait été préférable pour celui qui n'a pas la kavana appropriée lorsqu'il répond amen, qu'il ne
fût pas créé.
[Zohar - Térouma 178a]

-> "Celui qui répond amen est plus grand que celui qui prononce la bénédiction"
[Zohar - Béréchit 31b ; guémara Béra'hot 53b ; Nazir 66b ; Baba Kama 91b]

Le Zohar (Vayélé'h 285b ; Pin'has 229a) explique que celui qui prononce la bénédiction dit le Nom de D. une seule fois (barou'h ata Hachem - אדני), alors que celui qui répond "amen" prononce le Nom de D. deux fois.

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-> Le Chla haKadoch (massékhet Tamid 80) enseigne :
"Nos Sages de la kabbale se basant sur le Zohar, écrivent que tous les mondes supérieurs et inférieurs dépendent du mot : "amen".
Lorsque quelqu'un écoute chaque bénédiction et répond "amen" avec kavana et selon la loi juive, alors il génère une immense sainteté en Haut, et il envoie énormément de bonté sur tous les mondes, car il ouvre la fontaine du Ciel.
Cela est comparable à une personne qui va ouvrir une fontaine à eau pour donner de l'eau à tous ceux qui en ont besoin.
Une voix vient alors du Ciel et annonce que tout ce bien et tout ce bonheur provient de cette personne, le serviteur du saint Roi [Hachem], qui a répondu amen.

Le Zohar enseigne que par le mérite de répondre "amen", nos prières méritent d'être exaucées.
Lorsqu'il y a un malheur sur le peuple juif et qu'ils prient, une annonce est faite dans tous les mondes : "que les Portes du Ciel s'ouvrent et que les justes entrent, ceux qui font attention à répondre amen (chomer émounim)".
De même qu'en-Haut ils ouvrent les Portes des bénédictions et de la bonté, de même leurs prièrent se verront exaucées ...
[mesure pour mesure : tu réponds amen, alors Hachem répond amen à tes requêtes]

Ceci est leur récompense dans ce monde. Mais quelle sera leur récompense dans le monde à venir?
Le Zohar répond qu'une personne qui est vigilante à répondre amen, lorsqu'elle quitte ce monde son âme s'élève et on lui déclare : que toutes les Portes s'ouvrent pour elle, car chaque jour elle a ouvert les Portes de la bonté et de la sainteté.
Cette personne monte très haut dans le Ciel, de plus en plus haut, de niveau en niveau, afin de se réjouir dans le Gan Eden d'en-Haut.
A propos d'une telle personne, il est dit : "J'honorerai ceux qui m'honorent" (Chmouël I 2,30)."
[à l'inverse, le Zohar écrit : "Tout celui qui ne répond pas amen avec kavana, à propos de lui il est écrit : "Ceux qui Me déshonorent, vont perdre leur honneur" (Chmouël I 2,30)]

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-> Le Zohar (Vayélé'h 285b) affirme que lorsque les Bné Israël répondent Amen avec ferveur dans ce monde, ils entraînent l’ouverture de plusieurs Portes de bénédiction dans les cieux, une grande abondance dans tous les mondes et la joie de l’armée céleste.

-> En répondant "amen", on entraîne l'ouverture des portes des mondes supérieurs qui déversent leur abondance dans notre monde ici-bas. Ainsi, mesure pour mesure, on méritera de voir les portes du Gan Eden s'ouvrir devant nous.
[Zohar - Vayélé'h 285b]

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-> Il n'y a rien de plus grand devant Hachem que les "amen" que les juifs répondent.
[midrach Dévarim rabba 7,1]

-> Lorsque nous répondons "amen", Hachem nous enlace (si l'on peut s'exprimer ainsi).
[Zohar - Vayélé'h 286b]

-> Tout celui qui allonge son amen, sa vie sera allongée et sa vie sera bonne.
[guémara Yérouchalmi Béra'hot 8,8]

Le rav Its'hak Eizik Chaver précise que "sa vie sera bonne (ouchnotav bétova) signifie : "il aura du plaisir en un jour de sa vie autant que les autres en ont en plusieurs jours."

-> Répondre amen comme il le faut, est propice pour avoir une longue vie.
En effet, il est écrit : "Avraham était vieux, avancé dans la vie" ('Hayé Sarah 24,1).
Les dernières lettres de : "zaken ba bayamim" (vieux, avancé dans la vie - זָקֵן, בָּא בַּיָּמִי) forment le mot : amen (אמן).
[Baalé haTossafot]

-> Tout celui qui répond "amen" dans ce monde méritera de répondre "amen" dans le monde futur.
[midrach Tan'houma 96,9]

En ce sens, le Choul'han Aroukh (Ora’h 'Haïm 124,7) statue : "Enseigne à tes jeunes enfants à répondre amen, car lorsque les enfants répondent amen, ils méritent une part dans le monde futur (olam aba).

-> Le Amen nous aide à résister aux épreuves durant l'exil.
[Gaon de Vilna - sur guémara Baba Batra 73a]

-> "Tout celui qui répond amen de toutes ses forces, son mauvais décret est déchiré" [guémara Shabbath 119b]

"Il [Mordé'haï] avait élevé Hadassa" (vayéhi omen ét Hadassa - Méguilat Esther 2,7)
Le terme "élevée" (éduqué) est : omén (אֹמֵן), et il s'écrit généralement avec un vav (אומן), mais ici il a les mêmes lettres que "amen".
Selon le Shévét Moussar (Min'hat Eliyahou), c'est une allusion au fait que Mordé'haï a élevé Esther en lui apprenant l'importance de répondre amen, et par la suite ce mérite l'a protégé dans le palais d'A'hachvéroch.

Le Séfer Notrei Amen (p.279) enseigne également que lorsque Esther était jeune Mordé'haï lui a appris à répondre amen, et c'est cela qui lui a permis de rester tsadékét pendant ses années dans le palais avec A'hachvéroch.
En effet, grâce aux mérites du amen, rien ne pouvait lui nuire, ni physiquement, ni spirituellement.
En effet, il écrit : "répondre amen provoque un grand attachement avec Hachem, qui protège du yétser ara et de toutes sortes de mauvaises influences."

-> "Sauve moi, de grâce, de la main de mon frère, de la main d'Essav" (Vayichla'h 32,12)
Essav représente le yétser ara.
Les termes : "de grâce, de la main de mon frère" (na miyad a'hi - נָא מִיַּד אָחִי) ont les dernières lettres qui forment אמן (amen).
Le Divré Shmouël explique que le fait de répondre amen, a la capacité de nous sauver de notre yétser ara.

Le mot אמן vient de : émouna (אמונה), et c'est l'acronyme de : El mélé'h nééman (Roi puissant et digne de confiance - אל מלך נאמן).
Selon le rav Elimélé'h Biderman, à chaque fois que nous répondons amen, nous renforçons davantage notre émouna, et cela nous protège des influences du yétser ara.

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-> "Attire-moi, et je courrai vers Toi" (moch'héni a'harékha naroutsa - מָשְׁכֵנִ אַחֲרֶיךָ נָּרוּצָה - Chir haChirim 1,4)
Les 1eres lettres forment le mot : amen (אמן).

Le Rama de Pano (Méa Kchita 86) explique que c'est une référence à ceux qui courent pour réponde amen.
La suite de ce verset est : "le Roi m'a conduit dans Ses chambres" (éviani amélé'h 'hadarav), qui implique que ceux qui se précipitent pour répondre "amen" vont mériter d'être proches d'Hachem.

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-> Le ‘Hida (Midvar Kédamot 1,33) rapporte que quiconque prononce 90 Amen par jour sera à l’abri de la sorcellerie, les initiales des mots : éno nizok mikichouf (n’est pas atteint par la sorcellerie) formant le mot Amen.

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-> Le mot אמן a une guématria de 91, qui est la même que : mal'akh (un ange - מלאך), car à chaque amen que nous disons nous créons un ange qui va parler en faveur de cette personne afin qu'elle puisse avoir une longue et bonne vie.
[nos Sages - rapporté par le rav Elimélé'h Biderman]

-> Le rabbi Shmelke de Nickelbourg faisait toujours très attention à ce que quelqu'un soit proche de lui pour répondre amen à sa bénédiction.
Il explique que chaque bénédiction crée un ange, mais la forme de l'ange n'est pas complète tant que quelqu'un n'a pas répondu amen à la bénédiction.

-> Chaque bénédiction à laquelle on répond amen se tient solidement [Zohar Ekev 271a]
Le rav Israël Yaakov Fisher (av Beit Din de Jérusalem) dit : Une bénédiction à laquelle on n'a pas répondu amen n'est pas complète. Le "amen" donne de la force à la bénédiction, qui sans "amen" a une influence limitée.

-> Nous disons dans le birkat hamazone : "ken yévaré'h otanou koulanou ya'had biv'rakha chéléma vénomar amen".
A priori, le terme : "vénomar" (et nous répondrons) semble superflu.
Le Divré Israël de Modzitz (paracha Noa'h) explique que nous demandons à Hachem de nous bénir par le mérite que nous répondons "amen" aux bénédictions.
En effet, dire "amen" ouvre les canaux de nombreuses bénédictions.
Ainsi dans ces mots du birkat hamazone, nous exprimons le fait que Hachem doit nous bénir (ken yévaré'h), en raison du fait que "vénomar amen" : nous répondons amen aux bénédictions que nous entendons.

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-> Est-ce que répondre amen est une petite chose?
Nos Sages louent tellement une personne qui le fait!
Avec un simple mot, nous pouvons gagner le monde futur.
Nous pouvons faire des centaines de mitsvot facilement, sans effort.
[le Adérét - Néfech David 23]

-> Le Azizal ne comptait pas son temps [pour répondre amen, parfois aux bénédictions du matin de centaines de personnes].
[Beit Aharon]

-> L'habitude du 'Hozé de Lublin était qu'un enfant disent les bénédictions du matin devant lui, et il répondait amen.

-> D'une manière générale, lorsqu'une personne doit dire une bénédiction à voix haute, elle le fera avec davantage de kavana.
[parfois, on fait une bénédiction si machinalement qu'on peut avoir un doute si on la faite ou pas, et en la récitant à voix haute on s'évite ce doute.]
D'où l'importance suprême de celui qui répond amen, car il va permettre à celui qui l'a dite de donner davantage de vie à sla bénédiction.

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-> Si je savais que j'ai une seule fois prononcé un amen comme cela doit être dit réellement, je ne me ferai pas de soucis.
[rabbi Moché de Kobrin]

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-> "Cela vaut la peine de venir au monde et souffrir, rien que pour prononcer un Amen chaque jour"
[le Saba de Kelm - rapporté par rabbi Yé'hezkel Lévinstein]

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-> b'h, également à ce sujet : https://todahm.com/2020/09/21/15035-2

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-> Rabbi Yéhochoua ben Lévi enseigne que pour celui qui répond : "amen Yé Chémé Raba mévarakh" de toutes ses forces, le Tribunal céleste déchire et annule les décrets promulgués à son encontre.
Rabbi 'Hiya ajoute au nom de Rabbi Yo'hanan que même si un homme est tombé dans d'idolâtrie, cette faute lui sera pardonnée.
Rech Lakich enseigne que tout celui qui répond amen de toutes ses forces verra les portes du Gan Eden s'ouvrir devant lui.
Que signifie amen? Rabbi 'Hanina enseigne qu'il s'agit des acronymes de : "El Mélé'h Nééman" (Roi puissant et digne de confiance - אל מלך נאמן).
[guémara Shabbath 119b]

-> Celui qui répond "amen Yé Chémé Raba mévarakh" verra tous les décrets promulgués contre lui annulés par le Tribunal céleste sur une période de 70 ans.
[Zohar - tikoun 19;40a]

-> b'h, voir également : https://todahm.com/2020/03/22/le-kaddich

Les bénédictions

+ Les bénédictions :

-> "Quiconque jouit de ce monde sans bénédiction est considéré comme volant Hachem et l'assemblée d'Israël".
[guémara Béra'hot 35b]

Selon Rachi : Avant de réciter une bénédiction, tout aliment appartient à D. et est donc considéré comme "sacré", en le mangeant on profane un objet consacré et on "vole" en quelque sorte ce fruit puisqu'il appartient à D.

-> Selon la guémara (Béra'hot 35a) : avant la bénédiction, la terre avec tous ses profits appartient à D., mais après avoir récité la bénédiction, elle nous appartient.

Le Maharal explique que chaque fruit témoigne de la sagesse ('hokhma) de Hachem : celui qui mange un fruit sans le bénir nie "le témoignage" de cette grandeur.

-> Rabbénou Bé'hayé commente :
"Quiconque récite la bénédiction sur ce dont il jouit témoigne de la Providence par laquelle Hachem fournit de la nourriture aux minuscules créatures [que nous sommes] afin qu'elles vivent, et par son mérite, la récolte et les fruits sont bénis et se multiplient.
Ainsi, celui qui jouit du monde sans réciter de bénédiction dérobe à Hachem Sa Hachga'ha (intervention dans ce monde)."

Il écrit également (Ekev 8,10) : "Il [Celui qui ne fait pas de bénédiction] vole Hachem (la Providence Divine) et l'assemblée d'Israël, du fait que par sa faute, Israël à moins de fruits".

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-> Réciter une bénédiction et louer Hachem avant de manger est comme en effectuer le paiement à Hachem, et grâce à cela on n'a pas à avoir une déduction de notre récompense éternelle dans le monde à venir.

Le rabbi Aharon Yossef Louria (Avodat Pnim lettre 11) dit que si nous n'avions pas la possibilité de louer Hachem avant de profiter des plaisirs de ce monde, nous devrions nous en restreindre, car qui prendrait des plaisirs de ce monde [éphémère] en échange d'une perte [pour l'éternité] dans le monde à venir?
Les plaisirs du monde à venir sont infiniment plus grands.
Mais louer D. est comme un paiement, et alors grâce à eux [les bénédictions] les plaisirs du monde à venir ne nous sont pas diminués.

-> Le père du Maharit Algazi, le Shéma Yaakov (Béchala'h) enseigne :
La guémara (Béra’hot 54b) dit que 4 personnes [qui ont vécu un miracle] doivent louer Hachem :
– celui qui a été libéré de prison ;
– celui qui a traversé un désert ;
– celui qui a traversé une mer ;
– celui qui s’est rétabli d’une maladie.

=> Pourquoi doivent-ils absolument le faire (צריכים להודות)?
[d'ailleurs la guémara utilise : "צריכים" (tsri'him) pour accentuer l'aspect de : c'est nécessaire, plutôt que d'employer le mot habituel lié à l'obligation : חייבים ('hayavim)]

Le Shéma Yaakov écrit : "Tout celui qui bénéficie d'un miracle il perd des mérites [en contrepartie, et il aura ainsi une récompense moindre dans le monde à venir] ... cependant, s'il loue Hachem ... alors sa récompense [éternelle] ne sera pas diminuée [malgré le fait d'avoir profité d'un miracle]".

=> Il en découle que le fait de faire une prière de remerciement à Hachem est une nécessaire absolue!

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-> "Lorsque l'homme, se surveille et fait attention à prononcer ses bénédictions convenablement, le souffle de ces bénédictions s'élève et perce les Cieux, jusqu'à parvenir devant le Trône céleste.
Hachem s'élève en quelque sorte par ce souffle et S'en réjouit au plus haut point ...
Il lui prépare sa nourriture et sa subsistance, et fournit les vivres à son foyer, ouvre Sa main et déverse Son influence sur chaque être vivant, selon Sa volonté."
[Beit Yossef - Séder haYom]

-> Hachem dit à Moché : "Tu ne peux percevoir Mes Attributs (midot), mais Je t'en fais connaître une petite partie : lorsque Je vois des hommes qui n'ont d'autre aspiration, dans leurs actes, que de se tenir devant Moi, de reciter les bénédictions, de M'implorer et de multiplier les prières, Je Me souviens d'eux et Je leurs double la subsistance."
[Eliyahou Zouta 86]

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-> "Les morts ne louent pas Hachem" (lo amétim yéalélou ka - Téhilim 115,17)
Le 'Hidouché haRim commente que ceux qui louent Hachem vont mériter une longue vie.

Le rav Elimélé'h Biderman (se basant sur la guémara Yérouchalmi Béra'hot 1,1) dit que lorsque nous louons Hachem, alors Hachem devient plus proche de nous. C'est alors un bon moment pour lui faire des demandes.
[selon le Maharacha (guémara Béra'hot 32b), les portes du Ciel sont fermées aux prières, mais lorsque nous faisons des louanges à Hachem, alors les portes du Ciel sont toujours ouvertes.]

-> "Gloire, m’écrié-je, à Hachem (méoulal ékra Hachem), et je suis délivré de mes ennemis" (Téhilim 18,4)
Cela signifie : lorsque je prie à Hachem avec mes louanges, c'est ainsi que j'obtiens ma délivrance d'une situation difficile.
L'explication est que lorsque nous prions à Hachem, les anges au ciel peuvent disqualifier une prière en affirmant que nous ne sommes pas méritants d'avoir nos prières qui montent au ciel.
Cependant, lorsque nous louons Hahcem, les anges ne peuvent pas empêcher les louanges de parvenir à Hachem.
Hachem entend nos louanges, et fait attention à nos demandes qui sont cachées en elles, et Il y répond.
[rav Elimélé'h Biderman rapportant le Bné Yissa'har (Kislev Tevet 4,139)]

[ainsi les bénédictions sont des occasions de louer Hachem, et elles sont des moments propices pour nos demandes et obtenir une longue vie.
On peut voir un exemple de cela dans le birkat hamazone : https://todahm.com/2013/12/01/birkat-hamazone ]

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-> Les bénédictions ne répondent pas à un besoin d'Hachem, mais à celui du commun des mortels, car Il est la Source de la bénédiction, et toutes les bénédictions découlent de Lui.

Les bénédictions de tous les êtres qui Le bénissent ne Lui apportent rien, car Il est l'Etre premier qui a tout créé.
Leur existence ne découle que de la Sienne, et tous ont besoin de Lui.
Par contre, Il se suffit à Lui-même et n'a besoin de rien d'autre. Même si l'on bénissait et chantait Ses louanges à longueur de journée et de nuit, Il n'y gagne ni ne perd rien.

Les bénédictions et leur multiplication n'ont d'intérêt que pour nous, car par le biais des bénédictions, on se rapproche de Lui, et les bénédictions célestes et la subsistance (parnassa) affluent sur celui qui les récite.
[Rabbénou Bé'hayé]

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-> Celui qui est scrupuleux concernant les bénédictions, sa richesse et ses possessions se maintiennent et se multiplient.
A l'inverse, celui qui n'y fait pas attention perdra à long terme sa richesse ou la verra diminuer.

C'est à l'image d'un homme propriétaire d'un objet, qu'il dépose chez quelqu'un, lui permettant entretemps de l'utiliser à sa convenance.
Si à chaque fois que celui-ci tirera profit de cet objet, il remerciera et bénira le déposant, dans ce cas ce dernier lui confiera sans cesse d'autres objets ...

Toutes les possessions de l'homme dans ce monde ne lui appartiennent pas de manière éternelle ; ce n'est qu'un dépôt qui lui a été confié par le Propriétaire [Hachem], qui lui donne la possibilité d'en profiter à sa guise
Cependant, chaque fois qu'il en profitera, il bénira Hachem par les bénédictions de jouissance.
[Matté Moché]

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-> Du fait que nous trouvons un verset de la Torah précisant qu'Hachem nous a ordonné de réciter la bénédiction sur notre alimentation, l'homme se doit d'être très scrupuleux concernant les bénédictions.
Quiconque y fait très attention prouve ainsi sa foi (émouna) et la pureté de son cœur, le fait que son judaïsme a une racine et une essence, et que lui-même est un homme pieux, craignant la faute.
[Kad haKédma'h]

-> Le Arizal affirme que les bénédictions [de jouissance] sont l'une des bases du service Divin de l'homme. Car si l'homme remerciait Hachem pour le monde à venir, il remercierait pour une réalité lointaine.
Par contre, remercier Hachem pour une chose qu'on appréhende clairement par nos sens, qui nous maintient en vie ou dont on jouit, c'est la base et la finalité de tout.

Mais justement du fait que les sens les perçoivent, on risquerait de ne plus y prêter attention.
Cependant, si malgré tout l'homme s'arrête et devient attentif à ces dizaines de jouissances quotidiennes (à chaque respiration, à chaque regard, et à tout ce qui est tangible), Il ressent ainsi en quelque sorte le Créateur de manière sensible.
[rav Chimchon Pinkous - Néfech Chimchon]

-> Barou'h = source des bénédictions, c'est grâce à Hachem que nous sommes bénis, autrement dit, que nous pouvons nous élever spirituellement et reconnaître le dévoilement de la foi à travers chaque chose.
C'est là l'essence des bénédictions que nous prononçons pour chaque jouissance et chaque évènement ; nous exprimons notre foi en Celui qui se révèle à nous, entre autres en faisant sortir le pain de la terre, en habillant ceux qui sont nus et en guérissant toute chair.
[rav Eliyahou Dessler - Mikhtav méEliyahou]

-> A travers la bénédiction, nous montrons que Hachem s'occupe de façon très précise de chacun des arbres afin qu'il produise ses fruits, et qu'Il n'a pas simplement donné ordre à la terre de faire sortir des fruits.
['Hayé Adam 57,2]

-> La logique veut que le boire et le manger amènent l'homme à se vautrer dans la matière et à s'enorgueillir, ce qui fait oublier Hachem, comme l'affirme le prophète : "Comme ils recevaient la pâture, ils la consommaient ; une fois repus, leur cœur s'enfla, et alors ils m'oublièrent" (Hochéa 13,6), de même que Moché dit : "voyant prospérer ton gros et ton menu bétail ... peut-être ton cœur s'enorgueillira-t-il, et tu oublieras Hachem, ton D." (Ekev 8,13).

C'est pourquoi il faut bien se concentrer sur les bénédictions prononcées sur les plats se trouvant sur sa table, afin d'attiser son désir [de se rapprocher] d'Hachem, et non celui de manger et de boire.
[rabbénou Bé'hayé]

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-> Celui qui veut échapper à la réincarnation devra, après avoir fait téchouva, prendre grand soin de réciter les bénédictions de jouissance avec kavana (concentration).
Il permettra ainsi aux âmes réincarnées dans la nourriture de parvenir à leur réparation (tikoun), et mesure pour mesure, même si au vu de ses méfaits, lui-même était passible de réincarnation, il méritera d'échapper à cette punition.
[Séfer Kol Sasson]

-> [Dans la tombe,] les vers ne peuvent s'attaquer à celui qui a toujours été scrupuleux dans le domaine des bénédictions.
[rav Mordé'haï haCohen (Sifté Cohen - Ekev) - un des élèves du Arizal]

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-> "Fais attention aux bénédictions et tu échapperas ainsi à tout mal et malheur!"
['Hafets 'Haïm - au rav Bakcht qui lui avait demandé une bénédiction]

-> Par la récitation de la bénédiction "chéakol niya bidvaro" (tout fut par Sa parole),avec concentration (kavana), il est possible de déchirer de mauvais décrets.
Nulle créature ne peut nuire ni opprimer celui qui a la certitude que "én od milévado" (il n'est rien en dehors de Lui), et que tout dépende de Sa parole.
[un des plus grands rabbanim de la ville de Tunis]

[d'une manière générale, chaque bénédiction nous fait concrètement réaliser que : "Hachem est le D. véritable, et qu'il n'est rien en dehors de Lui", ce qui a le pouvoir d'annuler tout mauvais décret prononcé au ciel contre nous.]

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-> Les aliments sont remplis de klipot (certains forces du mal), qui se collent à l'homme lorsqu'il les ingère ; mais s'il récite la bénédiction avec ferveur, il réussit à les extirper et purifie par cela la matière, ce qui lui permet d'être apte à la sainteté (kédoucha).
[rav 'Haïm Vital - au nom du Arizal (Kaf ha'Haïm 202,1)]

-> Le rav 'Haïm Vital (Chaar Roua'h Hakodech, 8b) écrit que son Maître, le AriZal, le mit spécialement en garde
à ce sujet en lui enseignant que le fait d'atteindre l'esprit de sainteté (roua'h hakodech) en dépendait essentiellement : dans chaque aliment se mêlent une partie matérielle et une partie spirituelle. Or, le côté grossièrement matériel de l'homme se nourrit de la partie matérielle de l'aliment.
Lorsque celui-ci prononce une bénédiction comme il faut, cette partie matérielle disparaît et ne demeure que la partie spirituelle.
Dès lors, l'homme peut ainsi atteindre le niveau de roua'h hakodech.

-> Une histoire extraordinaire est rapportée dans Ohr Zaroua (par. 42). Il écrit :
"J'ai connu, un homme de Wamch qui s'appelait Rabbi Bounim. Il était âgé et faisait partie de la ‘Hévra Kadicha, les pompes funèbres. J'ai entendu explicitement qu'une fois, il se leva très tôt pour aller au Beth Haknesset et il vit un homme qui était assis devant lui et qui portait une couronne faite d’une plante appelée Tsafal.
Il fut pris de frayeur en pensant qu'il s'agissait d'un mauvais esprit. Il l'interpella et lui demanda : "N'es-tu pas un tel qui est déjà mort et que j'ai enterré?
- Oui.
- Comment es-tu dans le monde futur?
- Très bien.
- Quels sont tes mérites, pourtant tu n'étais qu'un homme ordinaire?
- Uniquement par le mérite que je prononçais les bénédictions avec une belle voix au Beth Haknesset, on m'a fait entrer dans le Gan Eden et on me prodigue beaucoup d'honneurs. Et voici le signe que c'est moi qui te parle : reconnais la manche que tu as déchirée quand tu m'as habillé de mon linceul!
- Qu'est-ce que tu portes sur ta tête?
- Ce sont des herbes du Gan Eden que j'ai mises sur ma tête pour éloigner les mauvaises odeurs de ce monde."

[Le Ohr Zaroua ajoute : ] "Moi l'auteur, j'ai écrit cette histoire pour que celui qui craint D. fasse attention et prononce les louanges Hachem méticuleusement, avec application, et qu'il mérite le Gan Eden".

=> L’enseignement est clair : combien il est important de prononcer les bénédictions avec concentration car même un homme simple peut grâce à cela mériter le monde futur et le Gan Eden.

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-> A chaque mitsva que l'homme fait sont créés des anges saints, tous les anges créés à partir d'une mtisva donnée étant considérés comme le "camp" de cette mitsva.
De plus, à chaque mitsva pour laquelle on récite une bénédiction, ces anges se rassemblent autour de celui qui la récite, écoutent la bénédiction et y répondent : "Amen!".
[Kav haYachar - chap.86]

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-> Celui qui mange comme un animal aura du mal à réciter la bénédiction comme un juif.
[...]
Il faut se souvenir de Hachem même lorsque l'on se nourrit, ponctuer son repas de paroles de Torah, et avoir le sentiment d'être attablé à la "table de D."

C'est la condition sine qua non pour prononcer la bénédiction avec la concentration et la ferveur adéquates.
Telle est la signification du verset : "Tu mangeras, tu seras rassasié, et tu béniras Hachem, ton D. (éloké'ha - אֱלֹהֶיךָ)" (Ekev 8,10), ce dernier terme est composé de lettres identiques à celles du mot : "a'hila" (le fait de manger - אכילה).

Autrement dit, si l'on pense à D. même en mangeant, on pourra réciter la bénédicition omme il le faut, ce qui est le sens du verset suivant : "Garde-toi d'oublier Hachem, ton D." (Ekev 8,11).
[d'après rabbi Yaakov Abou'hatséra - le Abir Yaakov]

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-> Il est écrit dans la Michna Broura (chap.5, par.1) :
On devra se concentrer, au moment de réciter des bénédictions, sur le sens des mots.
Comme nos Sages (guémara Béra'hot 47a) l'affirment, il ne faut pas "lancer" la bénédiction, mais se concentrer lors de sa récitation, qui doit être faite sereinement.

Le Séfer 'Hassidim (chap.46) précise : "Lorsqu'on se lave les mains ou que l'on récite la bénédiction sur des fruits ou d'autres bénédictions fréquemment prononcées, on devra centrer ses pensées sur le Créateur, qui nous a gratifiés de Ses bontés en nous octroyant des fruits ou du pain dont on peut profiter, et nous a donné les mitsvot, et non comme quelqu'un qui agit par habitude et émet des paroles sans les ressentir dans son cœur, agissement qui provoque la colère de D. contre Son peuple, ce dont Il nous a avertis par le biais du prophète (Yirmiyahou 29,13) : "Puisque ce peuple ne Me rend d'hommage que de bouche et ne M'honore que des lèvres, alors que son cœur est loin de Moi".
On y voit également l'ampleur de la punition pour cela.

-> "A chaque bénédiction qu'un homme émet au cours de la journée, il doit auparavant réfléchir à son contenu et à ce qu'il veut demander, après quoi il la prononcera avec empressement et joie d'avoir eu le mérite de bénir devant Hachem, D. du ciel.
['Hafets 'Haïm]

-> Le rav Ben Tsion Abba Chaoul fait un calcul, d'après lequel la somme de toutes les bénédictions récitées par un homme tout au long de sa vie, en prenant une moyenne de 70 ans, s'élève à près de 2 millions et demi.
[100 bénédictions journalières * 365 jours par année * 70 = 2 555 000]
Cependant, lorsqu'après 120 ans, il se présentera devant le Tribunal céleste, il s'avèrera que de ce total colossal, il ne lui restera que quelques centaines!!

Ce dernier illustre ce principe de la manière suivante : lorsque l'homme arrivera devant la Cour d'en Haut, arriveront en parallèle de gigantesques wagons renfermant les millions de bénédictions récitées tout au long de son existence.
Néanmoins, dès qu'on commencera à les trier, on découvrira que seules quelques centaines d'entre elles auront été dites avec la concentration adéquate, joie et ferveur.
Pour apporter une telle quantité de bénédictions, on aurait pu se passer de wagons et se contenter de quelques sacs.
Il serait bon d'y penser tant que nous nous trouvons encore là, dans ce monde.
[Touvé'ha Yabiou]

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-> Une fois le Baal Chem Tov se trouvait avec ses élèves dans un champ. On lui apporta de l'eau à boire, et lorsqu'il récita la bénédiction, les épis de blé alentour, qui penchaient vers le sol, se dressèrent au-dessus d'eux sous l'effet des profondes intentions saintes du Maître.

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-> Les Sages ont institué la récitation de bénédictions en ce monde, afin que l'on y soit habitué dans le monde futur.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - Téfila]

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-> b'h, les bénédictions (par le Méam Loez) : https://todahm.com/2020/03/23/les-benedictions

-> b'h, les bénédictions du birkat hamazone : https://todahm.com/2019/10/03/10851-2

Faire les 100 bénédictions avec humilité

La guémara (Ména'hot 43b) dit que l'on a l'obligation de faire 100 bénédictions chaque jour, et apprend cela du verset (Devarim 10:12) du verset : "Et maintenant, Israël, qu'est-ce que (ma - מָה) Hachem, ton D., demande de toi" (Ekev 10,12).
Il est dit que le mot "ma" doit être lu comme "méa"(100), ce qui fait allusion aux 100 bénédictitons quotidiennes.

Les 100 bénédictions quotidiennes sont représentatives des 100 adanim (socles) qui soutenaient le Temple. Ainsi, lorsque la guémara dit que le mot "ma" (מה) doit être lu comme "méa", cela peut être compris comme signifiant que si quelqu'un se rend semblable à rien ("ma" - ma ani = que suis-je?), il peut accomplir de grandes choses avec ses 100 bénédictions, car ses actions sont aussi aussi puissantes que le Temple lui-même.
Ceci est dû au fait qu'une personne qui est humble a la capacité de créer de grandes influences, tout comme le Temple.
[Noam Elimélé'h - 'Hayé Sarah 23,1 ]

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[grâce à notre humilité et l'annulation de notre égo, nous accomplissions des actes aussi grands que les fondations/bases du Temple (100 adanim), et ce même de nos jours en son absence. ]

"Car l'homme ne vit pas que de pain" (Ekev 8,3)

-> L'âme ne vit pas de matérialité, or nous constatons que si l'homme mange, il vit et l'âme continue à exister, et s'il ne mange pas il meurt.
=> Comment l'âme vit-elle d'une nourriture matérielle alors que cela ne la nourrit pas?

L'âme se nourrit de spiritualité, et elle est nourrie par la bénédiction sur la nourriture.
C'est ce qui est écrit : "l'homme ne vit pas que de pain, mais de tout ce qui sort de la bouche de Hachem" = grâce à la spiritualité qui en découle toute âme vit.

[le Ari zal]

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-> La nourriture, comme toutes les matières physiques, contient des étincelles de sainteté. Lorsque vous mangez, ce sont ces étincelles de sainteté qui s'élèvent du domaine physique pour éveiller l'âme.
En d'autre terme, en mangeant, vous libérez l'énergie spirituelle contenue dans les étincelles de sainteté qui résident dans l'aliment, comme l'explique le Ari zal.

[rabbi 'Haïm Halberstam de Tsanz - Divré 'Haïm]

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+ "Tu ne mangeras pas l'âme avec la chair" (Réé 12,23)

-> Le rav 'Haïm Vital écrit au nom du Ari Zal, que l'essentiel de la compréhension de l'homme en ce qui concerne l'esprit saint dépend de son intention et de l'attention qu'il porte à toutes les bénédictions sur la nourriture, parce que grâce à elles, il annule les forces impures qui s'attachent aux aliments matériels ainsi qu'à celui qui les consomme.

Grâce aux bénédictions quand elles sont dites avec concentration, les forces impures sont écartées et celui qui les prononce purifie sa matière et devient apte à recevoir la sainteté.
Le Ari Zal a beaucoup insisté sur ce point.

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-> D'une manière plus générale, on peut citer les paroles du Méor Enayim (Vayéra) :
"La principale importance des mitsvot est le fait qu'elles ont été données par D. Lui-même.
Elles sont, par conséquent, le seul moyen à travers lequel nous pouvons approcher le Créateur et pour cette raison, nous tirons une nourriture spirituelle en les pratiquant.
Si nous observons les mitsvot avec l'intention d'atteindre la proximité avec D., nos mitsvot acquièrent une vie et une âme. Sinon, elles restent des rituels vides, des corps dénués d'esprit.

[chaque mitsva nous nourrit spirituellement, et la joie, l'intention que nous y ressentons va y donner tout le goût]

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-> "Ce n'est pas seulement par le pain que l'homme vit, mais par tout ce qui sort de la bouche d'Hachem" (Ekev 8,3)
L'homme ne doit pas penser qu'il reste en vie grâce à l'eau et à la nourriture qu'il ingère qui sont une nécessité physique pour le néfech, car l'essentiel provient de "l'âme de vie" que lui a insufflée le Créateur par Sa bouche et qui le maintient en vie à chaque instant.

[nous devons garder conscience de cette réalité que chaque instant Hachem a confiance en nous, nous accordant la vie. Nous devons être humbles devant la grandeur de D. qui permet à toute chose d'exister à chaque seconde (et ce peu importe ce que la naturalité du monde nous laisse croire - ex: je suis encore jeune, en bonne santé, ...)
Ainsi, on pourrait dire que lorsque nous faisons une bénédiction lorsque nous mangeons/buvons, remerciant Hachem pour cela, alors à combien plus forte raison devons-nous également en profiter pour le remercier de nous accorder la vie! (en espérant l'utiliser au mieux, dans des conditions les plus agréables, b'h) ]

Rabbi Chimon dit : "Si 3 personnes ont mangé à une même table et n’y ont pas prononcé de paroles de Torah, c’est comme si elles avaient consommé un abattage de morts (mizbé'hé métim)" (Pirké Avot 3,4)

-> S'appuyant sur un enseignement du Baal Chem Tov, le Maggid de Mézéritch a dit un jour :
[Les âmes des] défunts se réincarnent parfois dans la nourriture et la boisson, afin qu'une personne prononce des paroles de Torah et leur donne vie.
Toutefois, si l'on ne prononce pas de paroles de Torah, on "abat les morts" qui ont été ainsi réincarnés et on les rejette dans le monde inanimé.
[sans des mots de Torah, on empêche l'élévation spirituelle des étincelles d'âmes contenues dans notre nourriture, leur refusant d'effectuer leur réparation dans ce monde. ]
[Béer Mayim - Haggada Shel Pessa'h]

-> Les paroles de Torah prononcées à table constituent l'âme des choses physiques servies.
[selon le Baal Chem Tov - Ner Mitsva 8,2]

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-> Lorsque Adam haRichon a fauté en mangeant du fruit de la Connaissance (ets hadaat), des étincelles de saintetés ont été absorbées par d'autres parties de la Création : dans les objets inanimés, les plantes, et les créatures vivantes.
Chacun de ces segments de la création possède des étincelles de sainteté qui doivent en être extrait ...

"Hou notèn lé'hem lé'hol bassar" = Il donne la nourriture à toute chair.
"ki léolam 'hasdo" = car Ta bonté est pour le monde entier.
Hachem souhaite donner à tous les composants de la création l'opportunité d'être délivrés (élevés).
Lorsque nous mangeons [ou buvons] (symbolisé par le : lé'hem), et que nous faisons la bénédiction appropriée, alors nous réparons ce qui a été cassé.
Et si l'homme ne mange pas, le restant de la création n'aurait aucun moyen d'obtenir sa réparation.
En ce sens, lorsqu'un homme mange du pain (lé'hem), il peut rectifier le monde. [car Ta bonté (Hachem) est pour le monde entier]
[d'après le 'Hida - Sim'hat haRegel - birkat hamazon]

-> On doit manger et boire avec l'intention d'extraire les étincelles de sainteté de la nourriture, et les élever à leur source et racine [sainte].
Ce n'est qu'après une telle intention qu'on doit réciter la bénédiction.
[Yessod véChorach haAvoda - Chaar haBéra'hot - chap.10]

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-> Mon grand-père, le Baal Chem Tov, m'a appris :
Pourquoi la plupart des médicaments sont-ils très amers?
Parce que le monde physique contient des choses inanimées (domem), la vie végétale (tsoméa'h), les animaux ('haï) et l'humanité (médaber).
Chacun élève [ce qui lui est inférieur]. Les animaux sont censés élever les étincelles sacrées qui existent dans les plantes amères.
Cependant, s'ils s'en abstiennent parce que les plantes sont trop amères, il est décrété que les gens doivent tomber malades. Ensuite, à cause de leur maladie, ils doivent manger ou boire des remèdes amers [à base de plantes] afin d'élever [ces étincelles sacrées] à leur source.
[Sharshérét Zahav 27]

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[suite du Pirké Avot (3,4) : mais si 3 personnes ont mangé à une table et y ont prononcé des paroles de Torah, c’est comme si elles avaient mangé à la table d'Hachem. ]

"La Torah a pitié de l'argent du peuple juif" (guémara Yoma 39a)

=> Pourquoi en est-il ainsi?

-> Le Baal Chem Tov (Tsavaat haRivach 109) explique :
[La réponse repose sur] le principe selon lequel tout ce que l'on porte, mange ou utilise comme récipient existe en vertu d'une force vitale intérieure, et c'est cette force vitale qui cause une satisfaction.
Sans cet aspect spirituel, l'objet ne pourrait pas exister.
[De plus,] tout contient des étincelles sacrées qui sont liées à la racine de l'âme d'une personne. C'est pourquoi une personne aime un certain objet et une autre personne ne l'aime pas et est attirée par quelque chose d'autre.

Lorsqu'une personne utilise le récipient ou mange la nourriture en sa possession [conformément aux prescriptions de la Torah], même si elle mange pour satisfaire ses besoins physiques, elle rectifie ces étincelles sacrées. Car par la suite, le bénéfice qu'il tire de ce vêtement, de cette nourriture ou de tout autre objet lui permet de servir Hachem.
Ainsi, [les étincelles saintes qui s'y trouvent] atteignent leur rectification spirituelle.

C'est pourquoi les biens changent souvent de mains. Une fois que les étincelles saintes liées à la racine de l'âme du propriétaire ont été spirituellement rectifiées, D. retire l'objet à cette personne et le donne à quelqu'un d'autre.
Les étincelles qui restent à l'intérieur de l'objet appartiennent à une autre racine sublime.

Le Baal Chem Tov enseigne que les gens mangent et vivent ensemble et utilisent leurs diverses possessions en raison des étincelles sacrées contenues dans chaque chose.
C'est pourquoi ["la Torah a pitié de l'argent du peuple juif". Cela nous enseigne que] l'on doit avoir pitié de toutes ses possessions, car en faisant cela, on a pitié des étincelles sacrées.

Couteaux & birkat hamazon

+++ Couteaux & birkat hamazon :

+ "Si Tu construiras là un autel pour Hachem ton D., un autel de pierres; tu ne lèveras pas le fer sur elles" (Ki Tavo 27,5)

-> Il existe une coutume (Choul'han Arou'h 180,5 ; Michna Broura 180,11) : "Nous avons l'habitude de recouvrir les couteaux au moment du birkat hamazon mais nous n'avons pas l'habitude de les recouvrir durant le Shabbat et les jours de fête."

-> La source de cette coutume est rapportée dans le Beit Yossef (rabbi Yossef Karo) qui en donne 2 raisons :
1°/ la premier est rapportée au nom du Rokéa'h qui s'appuie sur un verset au sujet du Mizbea'h : "Tu construiras là-bas un autel pour Hachem ton D., un autel de pierre. Tu ne lèveras pas sur lui le fer." (Ki Tavo 27,5)
Rachi (Yitro 20,22) explique que l'autel fut créé pour prolonger la vie de l'homme alors que le fer le fut pour l'abréger. Il ne convient donc pas à ce qui raccourcit la vie d'être aiguisé sur ce qui la rallonge.
A notre propos, il est rapporté dans la guémara ('Haguiga 27a) : "A l'époque du Temple, l'autel réparait la faute de l'homme. A présent que le Temple est détruit, c'est la table d'une personne qui répare ses fautes".
Ainsi, il ne convient pas de laisser des couteaux sur la table au moment du birkat hamazon.

2°/ La 2e raison est rapportée par Rabbi Sim'ha : "J'ai entendu une autre raison : une fois, une personne faisait les bénédictions du birkat hamazon et lorsqu'il arriva à la bénédiction de la reconstruction de Jérusalem où est mentionnée la destruction du Temple, il saisit le couteau et se tua. Depuis ce tragique incident, nous avons l'habitude de retirer les couteaux au moment de faire le birkat hamazon".

A ce propos, le Beit Yossef écrit : "Ces 2 raisons sont rapportées dans le Or'hot 'Haïm (Hilkot Birkat haMazon 8) et nous avons l'habitude de ne pas recouvrir les couteaux durant les Shabbat et les jours de fête.
Cependant, d'après la raison rapportée par Rabbi Sim'ha, il n'existe aucune différence entre les jours profanes et le jour de Shabbat.

-> Le Maguen Avraham (fin siman 180) écrit que la raison pour laquelle nous ne recouvrons pas les couteaux ces jours-là est que la construction du Temple est interrompue durant ces jours. Par conséquent, même le Mizbeah (Autel) qui est comparable à la table ne peut être construit durant Shabbat. Ainsi, nous n'avons pas besoin de recouvrir les couteaux.

[d'autres commentateurs expliquent que même la nuit, durant la semaine, nous n'avons pas besoin de recouvrir les couteaux car nous ne construisons pas le Temple durant la nuit.]

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-> Rabbi 'Haim Vital ajoute une précision sur cette coutume suivant le sens ésotérique, qu'il rapporte au nom de son Maître le Arizal (chaar roua'h hakadoch 9B) :
"Mon Maître m'a enseigné que tout homme dont la racine de son âme provient de Caïn, devra être très attentif à retirer complètement les couteaux de la table au moment du birkat hamazon car tous les ustensiles qui s'apparentent à une arme sont directement en lien avec Cain, le premier meurtrier de l'humanité. Un tel homme ne devra jamais verser le sang, même le sang de la brit mila. Il devra également être attentif à ne pas tuer ne serait-ce qu'une punaise ou des poux."

Cependant, le Arizal (chaar haguilgoulim hakdama 30) explique qu'aujourd'hui nous ne connaissons plus réellement la provenance de nos âmes car depuis la faute d'Adam le premier homme, les étincelles d'âmes se sont mélangées les unes aux autres.
Par conséquent, nous retirerons les couteaux de la table avant de procéder au birkat hamazon même le Shabat.

-> Le Kaf ha'Haïm (OH 180;15) s'appuie sur les propos du Arizal et explique : "Puisque les âmes se sont mélangées, on devra retirer les couteaux de la table au moment du birkat hamazon même durant les jours de Shabbat et les jours de fête qui sont des jours de repos car l'origine de la néchama (âme) ne change pas le jour de Shabbat ou de yom tov."

=> Pour conclure, d'après la halakha, nous pouvons laisser les couteaux sur la table découverts pendant le birkat hamazon les jours de Chabbat et de fête. Cependant, d'après le sod, nous les couvrirons ces jours-là.

Le Aboudraham (Birkot haChakhar) cite la Riva selon laquelle c'est pour cette raison que les bénédictions s'adressent à Hachem à la fois à la 2e et à la 3e personne :
"Hachem est à la fois révélé et caché. Il est révélé par Ses actes, mais sa divinité est cachée.
Il en va de même pour l'âme, qui est à la fois révélée et cachée. C'est pourquoi l'âme bénit Hachem en termes directs ("Vous") et indirects ("Il").
Une bénédiction est dite avec les mots de la bouche et les pensées du cœur. Les pensées sont cachées, mais la voix est entendue. L'homme est une combinaison de corps et d'âme.
Dans son âme, il est digne d'être attaché à son Créateur et de se tenir devant Lui à tout moment.
Cependant, son corps l'en empêche. C'est pourquoi les bénédictions sont dites en utilisant à la fois des termes directs (2e personne) et cachés (3e personne).

Celui qui répond amen fait en sorte que les Portes des mondes supérieurs s'ouvrent pour déverser de l'abondance dans notre monde, ainsi, mesure pour mesure, il méritera qu'on lui ouvre les Portes du Gan Eden pour pouvoir y entrer.
[Zohar - Vayélé'h 285b]