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"Le fils est le pied du père"
[béra kar'a déavouha - guémara Sanhédrin 104a]

-> Le Pélé Yoets (Erekh kivoud av vaem) écrit :
Le principal respect des parents est celui qu'on leur témoigne après leur mort et tout ce que l'on peut faire pour leur donner satisfaction doit être fait.
On ne doit pas les oublier, comme c'est le cas de beaucoup de gens simples du peuple qui ne se rappellent de leurs parents que le jour anniversaire de leur mort, en récitant le kaddich, en donnant un peut d'argent et en étudiant un peu de Torah ...

Il est recommandé qu'un fils ait toute sa vie l'image de son père gravée dans son esprit, en s'imaginant comme si son père criait amèrement au milieu de flammes en lui disant : "Mon fils chéri, aie pitié, aie pitié, sauve mon âme du glaive, ma vie de la rage du chien!"
Même s'il pense que son père est un véritable tsadik et que son âme repose en paix, le fils doit s'imaginer comme s'il lui apportait de bons plats comme les aime son père.

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-> Le rav 'Haïm Zonnenfeld enseigne :
Il est évident que le fait de penser à chaque fois que l'on fait une bonne action qu'elle soit dédiée pour l'élévation de l'âme de nos parents, ne diminue en rien la mitsva, car c'est la Torah même qui ordonne la mitsva d'honorer les parents, et donc tout n'est que satisfaction devant Hachem car c'est Lui qui nous demande d'accomplir cette mitsva.

-> Le Rambam (commentaire sur Pirké Avot 4,8) dit : "Après la mort, il n'y a ni complément ni rajout, et dans l'état de spiritualité avec lequel l'homme quitte ce monde il demeurera ainsi pour l'éternité".

=> On voit de là qu'une personne morte ne peut bouger que grâce à ses enfants, ses élèves, qui sont alors : "le pied du père".
Il en découle que chacune de nos pensées, de nos actions, ... qui sont en accord avec la volonté de D., viennent élever l'âme de nos parents décédés, ce qui leur permet de continuer à évoluer spirituellement, et qui sont des "bons plats comme les aime son père".
[à l'inverse par nos mauvaises actions, on peut les impacter négativement, que D. nous en préserve!]

==> Chaque mitsva devient ainsi une occasion d'honorer ses parents, en leur envoyant à chaque fois des cadeaux de grandes valeurs dans le monde futur (nos mitsvot), et ce au-delà du fait de faire la volonté d'Hachem.

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-> Rabbi Nissim Yaguen enseigne :
Le jugement de l'homme dans le ciel est influencé au plus haut point par les actions de ses enfants dans ce monde. Un fils tsadik a la possibilité d'annuler de graves accusations à l'encontre de son père et de lui être utile.

La guémara nous enseigne que même si le père était un grand tsadik, si son fils transgresse le Shabbath, le père en est puni très sévèrement.

Une femme vint me rendre visite et me raconta que son père était décédé depuis plusieurs années. Il est venu à sa grande surprise la voir plusieurs fois en rêve et lui a dit : "Ma fille, je souffre dans le guéhinam à cause de toi, chaque fois que tu empruntes ta voiture le Shabbath, on me jette du paradis. Sois miséricordieuse envers moi, repens toi entièrement, fais téchouva" ...

[Egalement une fois,] Lors d'un séminaire, une dame s'est levée en pleurs et a raconté que sa mère était venue en rêve chez elle et sa sœur, se plaignant qu'elle souffrait dans le guéhinam du fait que tous ses enfants profanaient le Shabbath.
[...]

Le rav Eliyahou Lopian dit :
En son temps, un tsadik méritera le gan eden, mais sa descendance dans les générations suivantes peut lui détériorer son statut, D. nous en préserve, en profanant le Shabbath ...
On ouvre de nouveaux dans les Cieux son dossier et on vérifie si ce n'est pas ses actes qui auraient provoqué cette situation.
Dans l'affirmative, on le transfère immédiatement dans le guéhinam ...

C'est ce que nous disons dans la prière : "Les livres des vivants et des disparus s'ouvrent devant Toi".
Nous comprenons pourquoi les livres des vivants sont ouverts chaque années devant D., mais en ce qui concerne ceux des disparus, quelle en est la raison? Leur jugement après leur décès n'a-t-il pas été suffisant? Peut-être pourraient-ils encore fauter?

Il se pourrait que du fait d'un acte de 200 ans en arrière, la descendance de cet homme ait dévié. Il n'y avait aucune raison de l'accuser jusqu'à présent, puisque l'acte n'était pas interdit, mais les conséquences prouvent qu'il est responsable.

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+ Le Yahrzeit :

-> La coutume d'origine, apportée par le Choul'han Aroukh, était de jeûner le jour du yahrzeit de ses parents.
Le Lévouch (Atérét Zahav) discute de la raison de cette coutume : un enfant jeûne à la date de décès de ses parents, car c'est un mauvais mazal pour lui et il doit se repentir.
C'est un jour qui requiert une protection supplémentaire, puisque c'est un moment de danger, pour lui et sa famille.

Négliger l’étude de la Torah

+ Négliger l'étude de la Torah (par rabbi Nissim Yaguen) :

-> Un jour, rabbi Israël Salanter arriva au beit hamidrach avec un seau contenant un poisson vivant.
Les élèves n'en saisissaient pas la raison, peut-être voulait-il leur enseigner la recette du guefil tefich? ...

Rabbi Salanter mit le poisson sur le pupitre, l'abattit et l'éventra. Personne ne comprenait l'intention du rav.
Rabbi Salanter leur dit : "Vous avez vu ce qui est arrivé au poisson. Il y a un instant, il était encore vivant, et maintenant, je l'ai éventré et il est mort.
On fera exactement ainsi à celui qui n'étudie pas la Torah, selon les propos de nos Sages (guémara Pessa'him 49b) : "Il est permis d'éventrer un ignorant le jour de Kippour qui tombe Shabbath".
Il leur a concrètement montré ce que l'on ferait à un membre du peuple d'Israël qui n'étudie pas la Torah.
Toutes nos connaissances sont inutiles. Nous savons qu'il y aura le jour du jugement, nous entendons des nouvelles d'attentats, on voit des malades et des blessés, mais ces connaissances ne vous contraignent pas, notre cœur est de pierre.
Rabbi Salanter vient nous l'illustrer de cette façon : celui qui n'étudie pas, sa fin sera dure et amère!
[...]

"Celui qui cesse son étude de la Torah pour parler de généralités, on le nourrit de braises ardentes" (guémara 'Haguiga 12b).
Y croyons-nous vraiment?

Rabbi Yérou'ham Levovitz (Héver Maamarim) écrit que nous croyons plus en un pharmacien non juif qu'en nos sages. Pourquoi?
Cela est très simple : si le pharmacien écrit sur la boîte d'un médicament qu'il s'agit d'un poison, personne ne s'aventurera à le prendre.
Par contre quand nous cessons notre étude, nous ne prenons pas en compte les propos de nos Sages : "Celui qui cesse son étude de la Torah, on le nourrit de braise ardente".
[...]

Un homme ne se mettrait-il pas en colère si on lui déchirait sa chemise? ...
Et qu'en est-il de sa Torah qui est en lambeaux? Au milieu de l'étude il sort et rentre ... Il en fait des lambeaux. Se met-il en colère à ce sujet? ...

Nous n'avons aucun instrument de mesure adéquat pour réellement évaluer la valeur de la Torah.
"Malheur à ceux qui méprisent la Torah" (midrach Chémot rabba 41,7).
[...]

La michna (Pirké Avot 4,12) dit : "Si tu commences à négliger l'étude de la Torah, tu te retrouveras chaque fois avec de nouveaux empêchements", et les Richonim ont expliqué qu'on envoie à l'homme des ennuis et des tourments qui lui feront négliger l'étude de la Torah.
Comme il n'avait pas de bonne raison pour ne pas étudier, alors on lui a envoyé de nouveaux empêchements qui justifieront son comportement.
[...]

Nos Sages (guémara 'Haguiga 5b) disent que celui pour qui Hachem pleure est celui qui pourrait s'affairer à la Torah mais ne le fait pas.

Expliquons :
Hachem donne à l'homme de bons outils pour apprendre la sainte Torah et s'attacher à l'arbre de la vie, mais celui-ci n'utilise pas les outils qu'il a reçus, il n'étudie pas.
Quel est le sens de pleurer?
C'est la souffrance de la Gloire divine, la souffrance qu'il y a dans les mondes célestes, sur la destruction engendrée par le fait qu'un homme pourrait étudier la Torah et ne le fait pas.

La prière

+ La prière (par rabbi Nissim Yaguen) :

-> Un juif s'est un jour plaint à moi : "J'ai prié de nombreuses fois. Pourquoi Hachem n'a-t-il pas entendu ma prière?"
Je lui ai répondu : "C'est très simple, parce que toi aussi tu n'as pas entendu ta prière ... Tu as sorti des mots de la bouche sans réfléchir à ce que tu disais, comme un magnétophone qui lit une cassette ...

La prière, c'est parler face à la Gloire divine.
Nous devons réfléchir à ce que nous disons et être conscients de ce que nous engendrons (on construit des mondes spirituels en priant, un manque de prise de conscience risque de nous entraîner à détériorer cette situation et l'inverser) durant notre prière.
[...]

Lorsque nous nous tenons et parlons avec le Créateur du monde, nous devons nous rappeler que nous nous trouvons à une importante entrevue, avec le Roi, le Roi des rois, qui nous a offert le mérite de nous adresser à Lui comme un fils à son père.
Exploitons l'occasion et souvenons-nous que chaque mot est gravé pour l'éternité face au Créateur du monde.
[...]

Nos Sages (guémara Béra'hot 26b) ont dit : "Les prières ont été instituées par les Patriarches : Avraham a institué la prière du matin (cha'harit), Its'hak a institué la prière de l'après-midi (min'ha), Yaakov a institué la prière du soir (arvit)".

On comprendra par une allégorie le sens profond de leurs paroles :
Quand on veut percer un trou dans un mur en béton armé, c'est très difficile. Il faut beaucoup d'efforts pour percer un petit trou, et si on veut faire passer un tuyau de 10 centimètres de diamètre sur un demi mètre de longueur, il semble qu'il faudra percer durant plusieurs mois.
Mais si le tuyau est déjà percé et le tuyau est présent, mais qu'avec le temps, il s'est bouché avec de la poussière et des détritus, lorsqu'on vient percer à l'intérieur, c'est un jeu d'enfant, car on a seulement besoin d'en retirer les détritus.
C'est un principe clair : lorsque c'est facile, c'est qu'il y avait déjà un trou.

Une cloison en acier se tient entre nous et Hachem "mais vos méfaits ont mis une barrière entre vous et votre D." (Yéchayahou 59,2), et de plus, nos prières ressemblent plutôt à une perceuse en plastique ...
Combien faudra-t-il donc "percer" pour arriver au Trône divin, pour faire en sorte que notre prière soit agrée par Hachem?

Ce "travail" a déjà été réalisé réalisé par nos saints Patriarches (Avot) à notre avantage.
Notre Patriarche Avraham a institué la prière du matin, Its'hak a institué la prière de l'après-midi et Yaakov la prière du soir.
Ils ont percé "un trou" dans la cloison en acier qui nous sépare d'Hachem, et ce trou existe et se tient pour l'éternité.
Bien qu'un peu de poussière et de détritus de fautes et de péchés se soient accumulés, il sera cependant plus facile avec notre "perceuse en plastique" de percer, d'introduire nos prières, auprès du Créateur du monde.
[...]

La prière est notre véritable force. Rien qu'en entendant nos plaintes, Hachem nous délivrera.
Ni les avions, ni les tanks, ni les missiles et ni les satellites ne sont en mesure de nous procurer la victoire contre nos ennemis.
C'est uniquement par l'arme de la prière dont nous avons hérité de nos Patriarches.

Notre Patriarche Yaakov a dit : "à l'aide de mon épée et de mon arc" (Vayé'hi 48,22).
L'épée et l'arc sont des armes ordinaires (conventionnelles), et selon le verset, Yaakov s'en est servi.
Mais Onkelos traduit : "Par ma prière et ma demande". Pourquoi?
Si Yaakov a prié en réalité, pourquoi la Torah a écrit "à l'aide de mon épée et de mon arc", et si la traduction a raison, pourquoi la Torah ne l'a-t-elle pas rapportée ainsi?

C'est pour nous montrer ce qu'est, en réalité, la force de la prière.
Yaakov a remporté la victoire par la force de la prière. Il la nomme "mon épée et mon arc", puisque son épée et son arc sont en réalité ses prières.
Comment notre Patriarche Avraham a-t-il vaincu 4 rois? Est-ce la terre qui s'est transformée en flèches, qui lui a procuré la victoire?
Si nous estimons que notre prière n'est pas utile contre nos ennemis, c'est du fait que notre prière n'est pas convenable, mais il est clair que si nous remplissons nos obligations dans la prière, nous vaincrons.
Nous constatons que la véritable sagesse n'est pas l'armement à notre disposition, mais la prière, selon l'explication de Rachi dans notre verset : "Par mon épée et par mon arc (par mes armes spirituelles, à savoir) ma sagesse et ma prière."
[...]

La guémara (Béra'hot 63a) écrit la raison pour laquelle une prière n'est pas entendue : "Rabbi Tavi a dit, rabbi Yochiya a dit : celui qui s'affaiblit dans la Torah, il n'a pas de force pour faire face au jour de la détresse."
Comme il accomplit les mitsvot faiblement, lorsqu'il aura besoin d'Hachem, on lui répondra faiblement.
Si un homme sert Hachem avec vivacité, rapidement, lorsqu'il a besoin d'Hachem, on lui répond avec vivacité, rapidement.
Mais s'il est "pesant" [et nonchalance], que chaque chose lui prend des heures, lorsqu'il aura besoin d'Hachem et l'invoquera, on lui enverra des anges pesants à qui il faudra une très longue période pour présenter sa prière face à Hachem, au point qu'elle n'aura plus aucune utilité ...

Le service divin doit être accompli avec vivacité et enthousiasme, pas avec nonchalance, et lorsqu'arrive, à D. ne plaise, le jour de la détresse, on mérite d'être délivré et consolé des Cieux.
[...]

Le Gaon de Vilna (Adéret Eliyahou) écrit que Moché a fait 515 prières différentes, chacun avec une inspiration différente, une exaltation différente, avec un état d'âme et une vitalité différente.
Il est interdit que toutes les prières que nous prononçons durant notre existence se ressemblent l'une l'autre.
L'intention n'est évidemment pas dans le texte de la prière, mais que chaque prière soit prononcée avec des pleurs différents, un autre ressenti, avec de nouvelles inspirations.
Et lorsqu'on dit les mots avec l'intention du coeur, une abondance descend des Cieux, les portes s'ouvrent, et on aide l'homme à avoir de bonnes pensées durant la prière.
[...]

A la fin de la prière nous demandons à Hachem : "léma'an yé'halétsoun yédidé'ha" (afin que Tes bien-aimés échappent au danger). C'est-à-dire afin que tes bien-aimes (yédidé'ha) aillent bien, secours-nous.
Vous avez bien entendu? Nous sommes les bien-aimés d'Hachem! ...
Nous devons remercier Hachem de nous avoir choisi parmi les peuples, de nous avoir donné la possibilité de nous rapprocher de Lui, et Il nous nomme ainsi ses bien-aimés, ses amis ...

La prière est le plus haut niveau, ce qui rapproche l'homme de son Créateur.
Nous devons par conséquent, remercier Hachem, des milliers de fois par jour, de nous avoir donné la permission de nous adresser à Lui par la prière, parler avec Lui, comme un fils suppliant son père ...

Si nous savions combien on peut obtenir par la prière, quelle est la force de la prière, et ce que nous pouvons atteindre grâce à elle, tout notre intérêt pour cet élément du service divin serait complètement différent ...

"Ceux qui implorent, Hachem les entend, et Il les délivre de tous leurs tourments" (Téhilim 34,18).
Il faut implorer. Notre malheur est que nous n'implorons pas suffisamment.
Combien de désastres et de souffrances on peut éviter par une seule prière.

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-> Ailleurs, rabbi Nissim Yaguen enseigne :
La guémara (Makot 11a) raconte que Eliyahou haNavi se rendait tous les jours chez Yéhochoua ben Lévi. Et voilà qu'il ne vint pas 3 jours d'affilés. Pourquoi?

Un lion avait tué un homme à une distance de 12km du domicile de rabbi Yéhochoua. Le prophète Eliyahou était en colère contre rabbi Yéhochoua ben Lévi de ne pas avoir demandé dans sa prière de la miséricorde pour ceux de sa génération, afin que n'arrive pas une telle catastrophe.

Voilà une preuve que ce qui se passe dans la génération repose sur épaules de celui qui a la possibilité d'aider et d'assister.

[après notre mort, on nous montrera tout ce que les prières que nous n'avons pas faites auraient pu générer (ex: combien de personnes auraient pu guérir grâce à nous, se marier, être enceinte, faire téchouva, ...).
Le yétser ara nous pousse à la paresse, à dévaloriser l'impact phénoménal de nos prières.
D'ailleurs la guémara dit que la prière fait partie des choses qui sont au sommet du monde, et que nous devons sans cesse nous renforcer sur son importance.]

Ce qu'on m'a appris à Mézéritch?
Que la Torah a été donnée à l'homme pour lui permettre de célébrer la vie et tout ce qui la rend digne d'être fêtée.
[rabbi Avraham de Kalish]

Mon pays, c'est la terre d'Israël. Chaque fois que je voyage, c'est dans cette direction que je fais.
Pour l'instant, je suis encore berger à Breslev.
[...]
Tant qu'il y a un peu d'âme en moi, je ne veux qu'une chose : me rendre en Terre sainte.
[...]
Maître du monde, fais en sorte que j'ai toujours de la nostalgie et de l'amour pour la terre d'Israël.
Tu sais combien j'ai besoin d'y vivre. Et je ne parle pas d'une Terre sainte pour l'esprit. Non, mais d'une terre concrète, simple, avec des maisons et des cours.
[rabbi Na'hman de Breslev]

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-> Il est parfois préférable de rendre visite aux juifs de la Terre qu'à la terre des juifs.
[rabbi Mendel de Kotzk]

-> Plus on s'éloigne de la terre d'Israël et moins on trouve l'union.
[rabbi Pin'has de Koritz]

L’âme ne veut pas revenir le matin

+ L'âme ne veut pas revenir le matin :

-> Chaque matin, en nous réveillant, nous prononçons une louange envers Hachem : "Je Te suis reconnaissant, Roi vivant et éternel, que Tu m'aies rendu mon âme" (modé/moda ani léfané'ha ...).
Pourquoi faut-il nous rendre notre âme?

En général, l'âme ne veut pas retourner dans le corps.
L'âme est pure, "Hachem, l'âme que Tu m'as donné est pure". Elle s'est ennuyée toute la journée, car elle n'a entendu que des sottises, ainsi elle monte chaque nuit écouter quelques nouvelles paroles de Torah, pour en quelque sorte prendre "une douche" spirituelle.

Le matin arrive et Hachem lui ordonne de retourner dans le corps d'où elle provient, mais l'âme ne veut pas.
Retourner encore dans un corps matériel où je vais entendre toute la journée de la médisance, de la calomnie, de l'indécence, des sottises? Je ne veux pas!
Comme une princesse qui n'acceptera jamais de dormir dans un endroit répugnant, de la même manière, l'âme qui est une partie divine de l'en-Haut ne peut pas supporter l'odeur nauséabonde de ce monde.

Mais Hachem lui ordonne de retourner dans le corps, car Il espère encore que cet homme va se corriger, et sans autre choix, elle s'exécute.
=> C'est pour cela que nous bénissons [et remercions] Hachem qui nous a rendu notre âme, cette âme qui pour ainsi dire ne voulait pas revenir, et qui s'est exécutée uniquement par décret royal.
[rabbi Nissim Yaguen]

La paresse & la nonchalance : un grand défaut

+ La paresse & la nonchalance : un grand défaut (par rabbi Nissim Yaguen)

-> Une des maladies les plus dangereuses et les plus néfastes qui se répand et détruit toute bonne chose, est la paresse.
Dans le cadre de cette maladie, nous sommes enclins à tout laisser pour la dernière minute : "Pourquoi se presser? J'ai le temps, je ferai cela demain". Ainsi nous préférons tout repousser au lendemain.

La guémara (Béra'hot 63a) dit : "Tout celui qui étudie la Torah avec relâchement n'aura pas la force (il n'a pas forcement de mérites afin) de faire face au jour de la détresse, selon le verset : "Tu faiblis au jour de la détresse : c'est que ton courage a l'haleine courte" (Michlé 24,10), même en ce qui concerne une seule mitsva (de l'appliquer avec nonchalance)."

Soyons vigilants : la guémara ne traite pas de celui qui ne fait rien, mais de celui qui agit avec nonchalance, fainéantise, pesanteur et à la dernière minute ...
Ce genre d'individu, "au jour de la détresse", lorsqu'il aura besoin de l'aide d'Hachem, "que ton courage a l'haleine courte", il ne méritera pas d'être exaucé.

Un malade, qui prie Hachem pour qu'Il s'intéresse à lui, qu'Il le prenne en miséricorde et lui octroie une pleine guérison, ne sera peut-être pas exaucé à cause de cette fainéantise.
A défaut, on lui répond, mais la délivrance arrive avec nonchalance et paresse, mesure pour mesure, en rapport avec son comportement vis-à-vis des commandements du Créateur.
Parfois même, lorsqu'arrive la guérison, il est déjà trop tard ...

Il ne s'agit pas de celui qui s'est complètement dégagé de la Torah, mais également de celui qui a délaissé une seule parole de la Torah.
Comme c'est effrayant!

Plus d'une fois, nous appliquons la Torah et les mitsvot, mais nous le faisons avec nonchalance : nous allumons les lumières de Shabbath, mais à la dernière minute ; nous construisons la Soucca, cependant au dernier moment, ...

C'est la raison pour laquelle "au jour de la détresse", nous n'avons pas le mérite d'être délivrés par Hachem.
Nous devons savoir que Hachem nous demande un comportement complètement différent, selon les paroles du prophète : "hâtons-nous de connaître Hachem" (Ochéa 6,3), et selon le roi David : "Je suivrai avec empressement le chemin de tes préceptes" (Téhilim 119,32).
Hachem veut que nous poursuivions et courions après Ses paroles, et non au final puisque nous n'avons plus d'autre choix, de tout faire incidemment ...

"Eveille-toi, éveille-toi" (ouri, ouri - Lékha dodi) = [notre yétser ara cherche à nous anesthésier et ] nous devons nous réveiller et ne pas être entraîné par nos habitudes et notre nature paresseuse.

La Torah dit : "Il campèrent à Réfidim ... Amalek survint" (Béchala'h 17,1-8). Toute la force que puise Amalek provient de la nonchalance du peuple d'Israël.
[se souvenir et combattre Amalek, c'est agir avec zèle pour suivre la volonté d'Hachem! ]

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-> Dans un autre divré Torah, rabbi Nissim Yaguen fait un enseignement similaire :
"La guémara (Béra'hot 63a) écrit la raison pour laquelle une prière n'est pas entendue : "Rabbi Tavi a dit, rabbi Yochiya a dit : celui qui s'affaiblit dans la Torah, il n'a pas de force pour faire face au jour de la détresse."
Comme il accomplit les mitsvot faiblement, lorsqu'il aura besoin d'Hachem, on lui répondra faiblement.
Si un homme sert Hachem avec vivacité, rapidement, lorsqu'il a besoin d'Hachem, on lui répond avec vivacité, rapidement.

Mais s'il est "pesant" [et nonchalance], que chaque chose lui prend des heures, lorsqu'il aura besoin d'Hachem et l'invoquera, on lui enverra des anges pesants à qui il faudra une très longue période pour présenter sa prière face à Hachem, au point qu'elle n'aura plus aucune utilité ...
Le service divin doit être accompli avec vivacité et enthousiasme, pas avec nonchalance, et lorsqu'arrive, à D. ne plaise, le jour de la détresse, on mérite d'être délivré et consolé des Cieux."

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-> A ce sujet, on peut rapporter les paroles suivantes du Ben Ich 'Haï (Halakhot - 1ere année - Mikets) :
Il y a une mitsva de courir pour aller à la téfila, comme pour toute mitsva. Mais il faudra faire attention de ne pas se faire moquer. Le fait de courir pour les mitsvot entraîne que la Shéchina (Présence Divine) nous accompagne en exil et que les anges de la défense aillent plus vite que ceux de l’accusation.
On courra jusqu’à l’entrée de la synagogue, mais à l’intérieur il est interdit de courir par égard à la sainteté du lieu.

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-> Il faut savoir que, tout comme dans le domaine physique, par exemple lorsque deux personnes s'affrontent dans un combat de lutte, si l'une d'elles est paresseuse et indolente, elle sera facilement battue et tombera, même si elle est plus forte que son adversaire.
Il en va de même pour vaincre le yétser ara. Il est impossible de le vaincre avec paresse et indolence, qui découlent de la tristesse et d'un cœur aussi dur que la pierre ; au contraire, [la manière de vaincre le yétser ara est] avec vivacité, qui découle de la joie, d'un cœur ouvert et d'une purification de toute trace d'inquiétude ou de tristesse dans le monde.
[Tanya - chap.26 ]

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-> "La Présence divine repose sur un individu non pas dans une atmosphère de tristesse, ni dans une atmosphère de paresse ... ni dans une atmosphère de frivolité, ni dans une atmosphère de conversation oisive, ni dans une atmosphère de bavardage, mais plutôt dans une atmosphère imprégnée de la joie d'une mitzva." (guémara Shabbath 30b)

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-> Le désespoir est le produit de la paresse, et si tu fais des efforts, tu trouveras [ton chemin].
[rabbi Yaakov ben Shlomo Tavshonsky - Imré Haskel 15 ]

Tu vis dans la joie? Tu fais ainsi la volonté du ciel.
[Baal Chem Tov]

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-> La joie, fût-elle la plus petite, est d'essence sainte.
[rabbi Aharon de Karlin]

-> Toutes les joies viennent du paradis, y compris la moindre plaisanterie, à condition qu'elle soit dite dans un esprit de joie vraie.
[rabbi Pin’has de Koritz]

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-> Nous sommes joyeux, rabbi Naftali. Et alors?
De quoi devrions-nous avoir honte?
Le monde n'a été créé que pour nous.
[rabbi Na'hman de Breslev]

-> C'est par la suite d'inconscience qu'un homme en vient à désespérer.
[rabbi Mendel de Kotzk]

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-> La mélancolie est une mauvaise chose. Hachem ne l'aime pas.
[rabbi Sim'ha Bounim de Peschi'ha]

-> Garde-toi avant tout de la mélancolie. Car de toutes choses, c'est la pire et elle est plus grave encore que le péché.
[rabbi Yaakov Yossef de Lublin]

-> Sans la joie, la crainte de D. n'est que de la mélancolie.
[Baal Chem Tov]

-> Contente-toi de peu : c'est le meilleur moyen d'éviter la mélancolie.
[rabbi Chnéour Zalman de Liadi]

-> La mélancolie ressemble à la colère de celui qui se plaint à D. de ce qu'il ne l'aide pas dans ses projets.
Le cœur brisé, c'est l'enfant qui pleure devant son père parce qu'il s'est éloigné de lui.
[...]
- Rabbi, quelle différence y a-t-il entre le cœur brisé et la mélancolie?
- Le coeur brisé, c'est lorsqu'un homme se tourne vers le ciel et dit : Maître du monde!
Mais le coeur brisé peut conduire à la mélancolie.
[...]
Aucun cœur n'est aussi entier qu'un cœur brisé
[rabbi Na'hman de Breslev]

-> Il faut casser le cœur pour que D. y pénètre.
[rabbi Dov Ber de Mézéritch]

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-> La joie d'un homme simple est supérieure à la tristesse d'un 'hassid.
[rabbi Aharon de Karlin]

-> Au sage mélancolique, je préfère le juif simple qui ne sait pas prier mais qui est joyeux.
[rabbi Yaakov Its'hak de Lublin]

-> Misérable cheval, je suis jaloux de toi : à combien d'êtres tu procures de la joie!
[rabbi Moché de Lalov]

-> Ce que notre Matriarche Léa a obtenu du ciel par les larmes, sa soeur Ra'hél l'a obtenu par le sourire.
[Baal Chem Tov]

-> Une prière dite dans la mélancolie n'aboutit à rien.
[rabbi Aharon de Karlin]

-> Les portes du ciel? La tristesse les ferme ; la prière les ouvre ; la joie les brise.
[Baal Chem Tov]

Ah! Si les hommes étaient sages! Ils s'embrasseraient et s'aimeraient les uns les autres au lieu de se battre les uns contre les autres.
[Baal Chem Tov]

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-> Maître du monde! Fais en sorte que chacun d'entre nous voit les qualités de son prochain avant de voir ses défauts et que nous parlions les uns des autres de façon droite et dénuée de haine.
[Rabbi Elimélé’h de Lizensk - le Noam Elimélé’h]

-> Il faut qu'en premier lieu, tu observes tes propres défauts et les qualités d'autrui plutôt que le contraire.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev]

-> Un petit tsadik aime les petits pécheurs.
Un grand tsadik aime les grands pécheurs.
[Baal Chem Tov]

-> Pour aimer un racha absolu, il faut être soi-même un tsadik absolu.
[rabbi Pin'has de Koritz]

Si les habitants de la terre s'aimaient les uns les autres et avaient pitié les uns des autres, il y aurait dans le monde un grande lumière.
[rabbi Mendel de Kossov]

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-> Il ne suffit pas d'accomplir des miracles. Faut-il encore qu'ils ne portent préjudice à personne.
[rabbi Israël de Rizhin]