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"Personne ne se voyait l'un l'autre ; personne ne quitta sa place pendant 3 jours". (Bo  10;23)

Selon le 'Hidouchei HaRim = les pires ténèbres sont celles où l'homme refuse de voir son prochain souffrir et de l'aider.
Quand l'homme ignore la détresse de son prochain, lui-même devient incapable de quitter sa place.

Source (b"h) : le livre "Mayana chel Torah" du Rav Alexander Zoucha Friedman

La mitsva d’aimer son prochain

+++ La mitsva d'aimer son prochain :

+ Il est écrit : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l’Éternel" (Vayikra 19;18)

== c'est un devoir pour chaque juif d'aimer son prochain comme soi-même.
Selon nos Sages = ne fais pas à autrui, ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse.
Rabbi Akiva (dans le Sifra) = "c'est là un grand klal (principe général) de la Torah", voulant dire par là que de très nombreux commandements et lois en dépendent.
Le Rambam (Hil'hot Téchouva) compte cette faute parmi celles qui peuvent compromettre notre part au monde futur.

Celui qui dans ses relations avec son prochain recherche la paix, l'amitié malgré les épreuves et les conflits d'intérêts, celui qui se réjouit du succès de son ami et de son bonheur, comme du sien, appliquent véritablement ce commandement.

== Par ailleurs, quel rapport y a t-il entre cette injonction (aimer son prochain comme soi-même) et les mots 'Je suis l’Éternel'?

Nos Sages expliquent : si tu ne trouves pas de raison pour aimer ton prochain, aime-le car Je suis D. ; tel un homme qui demanderait à son ami : "aime mon fils, fais-le pour moi".

La valeur numérique du mot : aava (amour) = 13 = valeur numérique du mot : é'had (un)
En effet, l'amour pour chaque juif (sans exception) n'est possible que si nous prenons conscience que nous sommes tous unis par les liens de parenté = enfants de D. (comme le dit le verset : "Tu es mon fils aîné Israël").

Lorsqu'il y a union et amour dans notre peuple, la présence divine repose alors sur nous.
En effet, si l'on additionne : 13 (un) + 13 (amour) = 26 = valeur numérique du nom de D. dans son attribut de bonté.

Le Rav Moché Feinstein remarque que la valeur numérique des mots "tu aimeras ton prochain comme toi-même" = à celle du verset : "Tu aimeras Hachem' = valeur de 820.

+ Le 'Hida explique que l'amour entre les juifs adoucit la rigueur divine.
Il remarque que la valeur numérique de 'kamo'ha' (comme toi-même) = 86 = celle du mot 'Elokim' (nom de D. dans son attribut de justice).
=== ainsi, lorsqu'un juif parvient à aimer son prochain "comme lui-même", il transforme le nom de D. dans son attribut de justice par le nom de D. dans son attribut de bonté (אֲנִי יְהוָה) [Passage de la justice à la bonté!]

+ D'après le Rambam, la mitsva d'aimer son prochain est la 32e mitsva de la paracha Kédochim.
La valeur numérique du mot lév (cœur) est aussi de 32, signe que pour accomplir cette mitsva au mieux, il faut y mettre le meilleur de son cœur.

+ Le Rav Dessler explique que l'amour est engendré par le fait de donner (acte facilement réalisable).
En effet, lorsque l'on fait du bien à l'autre (matériellement, moralement, ...), c'est comme si on lui donnait un peu de nous-même et on finit par retrouver en lui cette part de nous-même.

+ Le Rav Moché Luzzato (Messilat Yécharim) écrit : "Aimer son prochain comme soi-même sans aucune différence découle d'une identification totale avec lui, de cœur et d'âme".

+ Le Rav Dessler a écrit (Mikhtav MiEliyahou 4;5) : "Les âmes de toute l'humanité sont reliées et se reconnaissent.
Leurs vies émanent d'une même racine spirituelle et par conséquent, elles dépendent toutes les unes des autres".

+ Avant de prier, le Ari zal enseigne qu'il faut absolument recevoir sur soit la mitsva "d'aimer son prochain comme soi-même" et d'aimer tout Israël comme son âme, et ce afin que nos prières puissent s'élever et venir devant D.
Cet enseignement lui était tellement cher qu'il est inscrit sur sa propre tombe à Tsfat, encore accessible aujourd'hui.

+ Guémara Yébamot 79a = "Ce peuple [Israël] se distingue par 3 caractéristiques : la modestie, la compassion et le fait de prodiguer des bontés (le 'hessed).
Celui qui ne les possède pas ne mérite pas d'être rattaché à ce peuple".

Source (b"h) : compilation des livres : "la Mitsva et son histoire" de C. et J.Hagège + "la pensée positive" de Sarah Yossef (belle-fille du Rav Ovadia Yossef)

+ Le Ram'hal a écrit dans son livre 'Messilat yécharim' :

C'est véritablement l’une des ruses du mauvais penchant, d’alourdir le travail en permanence pour les hommes au point qu’il ne leur reste plus l’énergie de réfléchir et de se demander quelle voie il convient de suivre.
En effet, le yétser ara sait que s’ils prêtaient la moindre attention à leur conduite, ils commenceraient sûrement tout de suite à regretter leurs actes, et ces regrets iraient en s’amplifiant, au point qu’ils abandonneraient complètement la faute.

Cela rappelle l’idée de Paro quand il a dit : "Que soit alourdi le travail sur les hommes!" (Chémot 5,9), c’était une recette pour ne plus leur laisser aucune énergie afin qu’ils n’aient pas l’idée de se révolter contre lui.
Il s’efforçait d’empêcher chez eux toute réflexion par la force de la permanence du travail ininterrompu. C’est vraiment un artifice du mauvais penchant (yétser ara), qui mène une guerre contre l’homme et enseigne des ruses.
Il n’est possible de lui échapper que par beaucoup de sagesse et une grande réflexion.
Et nos Sages ont dit (guémara Moéd Katan 5a) : "Quiconque pèse sa conduite
en ce monde mérite de voir le salut de Hachem".

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+ Le Chem Michmouél fait remarquer que le même stratagème peut être utilisé pour le bien.

Celui qui est entièrement absorbé dans des bonnes actions n'a aucune occasion de prêter attention aux tentations qui cherchent à l'en détourner.
D'ailleurs, c'est là une des caractéristiques essentielles de la mitsva d'étudier la Torah sans interruption.
Nous devons nous y absorber totalement, au point que rien d'autre ne vienne s'introduire dans notre conscience.

-> Guémara Shabbath 88a = Rava se concentrait tellement dans son étude qu'il ne se rendait pas compte que ses orteils saignaient.

-> Rav Mendel de Kotzk a dit un jour à ses disciples : "Je voudrais que vous vous écartiez du péché, non pas parce que vous en êtes dissuadés par son impureté et sa bassesse, mais simplement parce que vous n'avez pas de temps à lui consacrer!"

+ Le Roi David a dit (Téhilim 34;9) : "Taamou our'ou ki tov Hachem" = goûtez et vous verrez combien c'est bon : Hachem."

Quel est le taam (le goût - טעם), l'essence de chaque mitsva de D.?
== l'acrostiche de ce mot est :
- Tov = c'est bon ;
- arèv = agréable ;
- moyil = c'est utile.

D'ailleurs, ce verset de Téhilim se poursuit par : "Heureux l'homme qui met sa confiance en Lui."

 

ATTENTION : pour maintenir l’existence d'un libre arbitre, le yétser ara a un pouvoir de doute afin de remettre en cause ces 3 effets (ex : il n'y a pas de lien clair/direct entre la réalisation d'une mitsva et son résultat).

A nous de mettre de côté ces hésitations, car c'est la volonté de D. (=c'est ce qu'on peut faire de mieux de notre vie!).

Faisons les mitsvot de D., de bon cœur et dans la joie! [Naasé vénishma : nous ferons et nous comprendrons ...]

 

Source : dvar Torah du Rav Its'hak Shnéor

"D. dit à Moshé : "Parle ainsi à Aharon: 'Prends ton bâton, dirige ta main sur les eaux ... elles deviendront du sang" (Vaéra 7,19)

Rachi : Moshé n'a pas frappé le Nil (lors de la 1ere et 2e plaie), car le fleuve l'avait protégé lorsqu'il y avait été jeté.
De même, Moshé n'a pas frappé la terre (lors de la 3e plaie), car elle lui a permis d'enterrer l'égyptien qu'il avait tué.

Le plus souvent après avoir bénéficié d'une faveur de quelqu'un, nous l'oublions et nous n'exprimons pas de gratitude.

On apprend de ce verset qu'il faut être reconnaissant jusqu'à la fin de sa vie pour chaque acte de bonté reçu (même pour quelque chose de simple/semblant être normal/dû = Moshé a de la gratitude envers la terre, car elle lui a permis de cacher le corps!!).

Moshé est reconnaissant avec l'eau (environ 80 ans après les faits!) et avec la terre (environ 70 ans plus tard!), et ne pouvait ainsi pas les frapper.

Si cela est vrai avec des éléments inanimés (eau, terre), combien à plus forte raison, cela doit s'appliquer avec un être humain!!

Source (b"h) : traduction & adaptation personnelle d’un commentaire de Rabbi Moshe Bogomilsky (livre : védibarta bam)

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-> Dans son commentaire sur le midrach (Chémot rabba 10,7), le Maharzou suggère que la terre n'a fourni à Moché une paix d'esprit que très temporaire, ne lui laissant qu'un seul jour de répit avant que son meurtre ne soit découvert.

Le rav Alport enseigne que cela est à lier avec le fait que parfois une personne va essayer de nous aider, de nous faire une bonté, mais que finalement cela ne va pas aboutir au résultat attendu.
=> Alors, plutôt que de mettre la faute sur cette personne qui culpabilise déjà de ne pas avoir réussi à être utile, il faut au contraire, à l'image de Moché avec la terre, lui exprimer une sincère appréciation pour son temps et ses bonnes attentions.

En effet, Moché avait encore de la reconnaissance pour la terre, même 70 plus tard (au même titre que l'eau qui lui a sauvé la vie), alors que seulement un jour après le corps a été découvert.
=> Ce qui compte c'est l'intention d'aider de cette dernière, qui a fait de son mieux, et non pas le résultat final.
[Moché avait autant de gratitude envers l'eau et la terre, car les 2 ont fait leur possible pour lui être utile, et ce même si le résultat n'est pas le même.]

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-> Le midrach rapporte que selon rabbi Tan'houm, Hachem a dit à Moché : "L’eau qui t’a gardé quand tu as été jeté au fleuve, et la poussière qui t'a protégé quand tu as tué l'égyptien, il ne convient pas qu’elles soient frappées par toi", c’est pourquoi elles ont été frappées par Aharon.

Le Rav Rovman (Zikhron Méïr) écrit que cela nous enseigne quelque chose de nouveau dans la compréhension de la reconnaissance.
On a l’habitude de penser que la reconnaissance est une rétribution que l’on doit à quelqu’un qui nous a fait du bien. Mais ici, l’eau et la poussière sont des êtres inanimés qui n’ont jamais eu l’intention de rendre service à Moché, et ne pouvaient pas non plus s’opposer à ses actes, sans compter qu’elles n’ont pas de sentiment de honte et n’auraient pas été vexées si Moché les avait frappées.
Nous devons en conclure que la reconnaissance est une qualité de l’âme humaine, qui éprouve de la gratitude envers
celui dont elle tire un profit, que ce soit un animal, un végétal ou un minéral, même s’ils ne font pas la différence entre le bien et le mal et n’ont pas eu l’intention de rendre service.
Le fait que l’homme a profité de quoi que ce soit suffit pour qu'il doive être reconnaissant à la source de ce profit.

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-> Le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou) enseigne à ce sujet :
"Toute qualité ou vertu morale ne s'éveillent chez l'homme que par les sentiments, et non par l'intellect.
De ce fait, lorsqu'on néglige de manifester de la gratitude à quelqu'un, serait-ce même à un minéral inerte, les pulsions qui animent notre âme en sont fatalement affectées. Et ce, parce que l'homme animé de bons sentiments se considère comme redevable envers tout élément lui ayant procuré un avantage, fut-ce même une matière inerte et insensible.
Or si cette disposition de l'homme venait à faire défaut, cette lacune aurait des répercussions directes sur ses qualités morales, et dans ce cas, sa capacité à faire preuve de reconnaissance en serait fatalement altérée.

[...]
Le fait de frapper l'eau ou la terre aurait inévitablement heurté les sentiments de Moché, et ces derniers auraient ensuite, un tant soit peu, altéré la vertu de gratitude qui l'animait."

 

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-> Selon Rachi (v.7,19) : Moché n'a pas frappé le Nil (lors de la 1ere et 2e plaie), car le fleuve l'avait protégé lorsqu'il y avait été jeté [avant que la fille de Pharaon l'y récupère].
De même, Moshé n'a pas frappé la terre (lors de la 3e plaie), car elle lui a permis d'enterrer l'égyptien qu'il avait tué.

Dans la paracha 'Houkat, Moché va frapper le rocher pour en faire sortir de l'eau, à la place de lui parler.
A cause de cette erreur, il lui a été interdit d'entrer en terre d'Israël.
Le midrach (Yalkout Chimoni 'Houkat 21) explique que Hachem a dit à Moché : "Est-ce que tu sais ce que les rochers ont fait à Mes enfants?" [comme il est dit : "l'a nourri avec le miel des rochers" (vayénikéou dvach misséla - Haazinou 32,13)]
[les rochers ont donné miraculeusement du miel pour nourrir les enfants juifs en Egypte.]
[Hachem a dit : ] "Après que le rocher a fait une telle faveur, tu oses le frapper?! Tu n'es pas digne de mener Mes enfants. J'ai déjà désigné quelqu'un pour prendre la relève : Yéhochoua bin Noun"."

=> Ainsi, selon ce midrach l'erreur de Moché a été son manque de reconnaissance envers les rochers, qui ont fait tant de bonté au peuple juif par le passé.

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-> La guémara (Yérouchalmi Troumot 8,3) enseigne : "Quelqu'un invita un rabbin pour un repas dans sa maison.
Tandis qu'ils étaient en train de manger, l'hôte a fait asseoir son chien à côté du rabbin.
Le rabbi a demandé : "Est-ce que tu essaies de me déshonorer?"
Le maître de maison a répondu : "Je fais une faveur au chien. J'ai de la reconnaissance envers lui car il a sauvé ma famille".

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-> La reconnaissance est une noble qualité qui améliore et purifie le cœur de l'homme et le mène à des niveaux spirituels très élevés.
[rav David Pinto - La voie à Suivre 914]

Remercier Hachem nous donne pleinement le droit de lui demander ce dont on a besoin

+ Remercier Hachem nous donne pleinement le droit de lui demander ce dont on a besoin :

-> Le séfer Tiféret Shlomo (paracha Vayéra) cite la guémara (Béra'hot 54a) qui dit que l'on doit "remercier pour le passé et pleurer pour l'avenir" (noten odaa al chéavar, vétso'ék al éatid).
Il explique que si une personne veut demander à Hachem de l'aider dans le futur, elle doit d'abord Le remercier pour Sa bonté passée. C'est ce qui ressort du verset : "Hodou l'Hachem ki tov ki lé'olam 'hasdo" (Louez Hachem, car Il est bon. Car sa bonté est éternelle. - Téhilim 118,1).
Cela signifie que l'on doit d'abord louer et remercier Hachem pour les bienfaits qu'Il nous a prodigués par le passé, puis prier pour que Sa bonté se poursuive à jamais.

+ Nos Sages (midrach Tan'houma - Vayikra 3) : "Si quelqu'un fuit l'honneur, l'honneur le poursuivra".
Le rav Avraham 'Haïm Horowitz dit : "Pourquoi l'honneur me poursuit-il? Est-ce déjà couru après l'honneur? Je crois que la réponse est que la guémara veut dire que l'honneur court 'après' lui, c'est-à-dire qu'une fois que celui qui fuit l'honneur est parti, l'honneur court après ses descendants."

Faire sortir ce qu’il y a de meilleur en l’enfant … pour l’enfant …

=== facteur n°3 dans l'éducation des enfants = agir pour le bien de l'enfant :

Les parents pensent agir pour le bien de l'enfant.
Or en réalité, ils demandent généralement à leur enfant d'impressionner les autres, car ils voient en leur progéniture le reflet de leur propre réussite.
A travers cet enfant, ils tentent d'atteindre par procuration leurs objectifs manqués et de satisfaire leurs ambitions déçues.
Si les parents n'en ont pas toujours conscience, leur enfant, lui, n'est pas dupe et n'aime pas se sentir ainsi "utilisé".

Ceci est fondamental.
Aimer votre enfant n'est pas suffisant.
Vous devez agir entièrement et uniquement pour son intérêt, sous peine d'encourir un échec cuisant.
Vous ne devez décider pour votre enfant que ce qui fera de lui un individu meilleur, plus fort et plus sûr de lui.

Les parents n'investissent pas dans le 'hinou'h d'un enfant pour en recueillir les fruits.
Ils ne doivent pas se demander : "Qu'en est-il de moi?"
Lorsque l'on a des enfants, la question se pose en de tout autres termes.

A titre d'exemple : comment enseigner la prière à un enfant?
== la seule manière d'enseigner la prière à un enfant consiste à l'emmener à la synagogue, afin qu'il observe comment son père prie.
Il faut l'asseoir à côté de son père pour qu'il s'inspire de l'exemple de ce dernier.
L'enfant finira par comprendre le déroulement de la prière et à l'apprécier, et il apprendra alors à prier avec ferveur et conviction.

Mais si le père bavarde avec ses amis et gifle son fils dès que ce dernier lève les yeux de son sidour peut-on parler d'un enseignement de la prière?
L'enfant aura "subi" un semblant de 'hinou'h, mais n'aura rien appris sur la téfila.

Le père est conscient que son comportement est inapproprié, mais il ne parvient pas pour autant à modifier son attitude (avoir de passionnantes conversations pendant que les autres prient).
Mais il ne souhaite pas que son fils adopte les mêmes mauvaises habitudes, et soulage son sentiment de culpabilité en demandant à son fils de prier correctement.

Bien qu'en son for intérieur, ce raisonnement se tient, l'enfant, par contre, détecte le comportement contradictoire de son père, et il comprend qu'il est en train d'en payer le prix.

Il s'agit d'un cas extrême, mais ces situations se produisent bien plus souvent qu'on ne l'imagine avec des variations plus subtiles de ce scénario.

 

++ Conclusion :
=== le seul 'hinou'h qui a une chance raisonnable de réussir est un 'hinou'h entièrement centré sur les besoins et l'intérêt de l'enfant, un 'hinou'h qui n'octroie qu'une seule et unique satisfaction aux parents : celle de voir l'enfant qu'ils aiment grandir et s'épanouir, en tant qu'individu et en tant que serviteur de D.

[Rachi au début du livre de Béréchit, définit l'éducation comme ayant pour but de faire sortir ce qu'il y a de meilleur en l'enfant - pour l'enfant et pas pour le "quand est-il de moi?" ... ].

 

Source : compilation personnelle (b"h) du livre "D’un cœur plein d’amour" du Rav Mattitiahou Salomon

L’essentiel de l’éducation doit se faire par l’amour …

=== facteur n°2 dans l'éducation des enfants = l'amour :

L'amour devrait peut-être être placé en 1ere position, car c'est l'affection que nous ressentons pour nos enfants qui nous incite à prier pour eux.

Guémara Guittin 6b : "Une personne ne doit jamais faire régner une ambiance de sévérité excessive dans sa maison."

Une sévérité excessive ne fait qu'enfermer l'enfant dans un comportant inapproprié, et fait ressortir ce qu'il y a de pire en lui.
En effet, si un enfant vit dans la crainte perpétuelle de ses parents, s'il se sent vulnérable, exposé, constamment sur la défensive, et si son principal souci est d'éviter les punitions, il se mettra à mentir, à voler et à profaner le Shabbath.
Il sera prêt à tout pour se sentir en sécurité.
Au lieu de permettre à un enfant de devenir un bon juif, le 'hinou'h par la menace va produire exactement l'effet inverse.

C'est l'amour qui est la condition préalable à tout le reste.

Les parents doivent tout d'abord montrer à leur enfant qu'ils l'aiment d'un amour infini.
Ils doivent bien sûr veiller à ce que l'enfant leur témoigne du respect, mais l'essentiel de l'éducation doit se faire par l'amour.
Ce n'est que dans un 2e temps que les parents peuvent enseigner progressivement à l'enfant la mitsva de la crainte des parents.

 

IMPORTANT : L'on ne peut administrer une correction à un enfant que s'il sait à quel point on l'aime.
Sinon, quel intérêt y a-t-il à le frapper?
Va-t-il s'améliorer grâce à cette gifle? Va-t-il éprouver autre chose que du ressentiment?

Par contre, s'il sait à quel point vous l'aimez, et qu'il comprend que malgré cet immense amour, vous avez décidé de le gifler ou de le corriger de toute façon, votre geste l'incitera à réfléchir.
Il réalisera à quel point il vous a mis en colère, et en déduira que son comportement était réellement blâmable.
Cette prise de conscience imprégnera ses pensées et son cœur, et il aura appris une leçon importante.
== La gifle elle-même deviendra une expression d'amour si l'enfant est conscient de tout l'amour que vous lui portez.

Mais si l'enfant n'est pas certain de l'amour de ses parents, les menaces et les sanctions ne seront d'aucune utilité.
La peur des conséquences immédiates pourra l'arrêter un moment, mais aucune valeur éducative n'en résultera, seulement des dégâts.

La punition doit être uniquement un acte d'amour, dépouillée de toute autre émotion.

 

Dans la recherche d'un juste équilibre entre la crainte et l'amour, le rôle respectif des parents (le père et la mère), partenaires dans l'éducation des enfants doit être clairement défini.

Les enfants ont besoin d'une mère tendre et aimante qui soit leur havre de paix.
Lorsque le père les punit (Rachi dit que l'homme est naturellement plus enclin à craindre son père), ils ont besoin de se raccrocher au cordon ombilical maternel.
Mais si leur mère leur offre également un visage sévère, vers qui les enfants peuvent-ils se tourner pour être consolés?

A notre époque beaucoup de femmes ont fait des études supérieures et pour certaines d'entre elles se sentent "au-dessus" de ces manifestations d'amour et de tendresse.
Elles préfèrent aborder les problèmes avec une logique froide et précise, et ne réalisent pas qu'en agissant de la sorte, elles privent leurs jeunes enfants de ce dont ils ont le plus besoin : une mère qui sait les consoler, leur parler tendrement et leur donner de l'assurance d'un amour inébranlable.

Le Rav Chmouel Rozovsky explique que le rôle le plus fondamental et le plus naturel d'une femme consiste à prendre soin de ses petits, les protéger, les nourrir et les modeler afin d'en faire des êtres tels que D. le souhaite.

Une femme n'est qu'émotion, compassion et amour.

Comment Moshé Rabbénou/Aharon est-il devenu cet homme là?
La Torah ne nous dit rien à propos d'Amram, leur père, mais s'étend sur la force de caractère de la mère et de la sœur : Yo'hévét et Myriam (amour, dévouement et compassion), qui étaient les sages-femmes (Paracha Chémot).
- Yo'hévét = Chifra = mé'hapéret et havlad = elle lavait le bébé, l'embellissait et l'emmaillotait après sa naissance ;
- Myriam = Poua = poa oumedaberet ve'hoga lavlad = elle murmurait et chuchotait à l'oreille du nourrisson pour le réconforter.

Elles étaient prophétesses, avaient un niveau intellectuel et spirituel le plus haut qui soit, et pourtant elles s'investissaient entièrement à prendre soin des bébés et à les réconforter.

 

Les règles et les limites sont indispensables, mais l'enfant doit savoir que la maison baigne dans l'amour maternel.
Lorsque le père le réprimande, l'enfant doit savoir qu'il peut courir se faire consoler par sa mère.
Elle ne doit pas pour autant contredire son mari, contrecarrer les actes de ce dernier, ni non plus gâter son enfant.
Il lui faut au contraire faire preuve de fermeté et approuver la leçon donnée par le père, même lorsqu'elle est en train de calmer son enfant.
Tels 2 partenaires, le père et la mère doivent travailler ensemble, chacun d'eux apportant sa contribution dans le domaine qui lui est propre.
C'est au sein de cet équilibre que se développera l'enfant bien élevé.

 

 

Source : compilation personnelle (b"h) du livre "D’un cœur plein d’amour" du Rav Mattitiahou Salomon

Le plus important dans l’éducation des enfants, c’est …

+ Introduction :

On n'a jamais entendu un Rav debout sous la 'houpa déclarer : "Je ne célébrerai ce mariage que si l'on est en mesure de me montrer un diplôme certifiant la compétence de ces 2 jeunes gens à exercer en tant qu'éducateurs."

Pour quelle raison en est-il ainsi?

Tous les pères et mères bien intentionnés, désireux de fonder un foyer juif de qualité, trouveront en eux la connaissance et le savoir-faire pour éduquer correctement leurs propres enfants.

Ils n'auraient peut être pas la capacité de donner des conseils à d'autres, mais en ce qui concerne leurs propres enfants, D. a insufflé en chacun d'eux l'aptitude inhérente à bien les éduquer (savoir-faire, sagesse, compétence pour comprendre ses enfants et leur apporter ce dont ils ont besoin).
Nul n'est besoin de formation spécifique pour cela.

La qualification la plus importante pour un parent est la sincérité, le fait d'aborder tous les aspects de la vie avec honnêteté et intégrité et le désir de bien faire.
Il est absolument certain que D. a doté, la personne assumant ses responsabilités, des talents nécessaires pour réussir dans l'éducation de ses enfants.

 

=== N°1 pour réussir dans le 'hinou'h = la prière :

Si des parents réussissent dans le 'hinou'h, ce n'est pas parce qu'ils sont particulièrement avisés ou intelligents, mais plutôt parce que D. leur a fait don de la réussite.
Et s'ils ont échoué, ce n'est pas parce qu'ils n'ont pas assez lu de manuels ou assisté à suffisamment de cours, mais parce que D. ne leur a pas accordé de réussite.
Si vous voulez réussir, vous devez le demander.
C'est la meilleure chose que vous puissiez faire.
Vous devez prier de tout votre cœur.
Le Rav de Brisk disait : par "des Téhilim et des larmes".

Les parents se justifient en disant : "nous avons essayé ceci et puis cela, nous avons dépensé tant d'argent."
Quelle différence cela fait-il la somme qu'ils ont dépensé, s'ils n'ont pas prié pour leurs enfants?
La question à poser == combien de Téhilim ont-ils prononcé et combien de larmes ont-ils versé pour leurs enfants?

Il est important que les enfants sachent que leurs parents prient pour eux, que chaque fois que survient un problème, la 1ere mesure prise par les parents est de sortir leurs Téhilim et de déverser leur cœur et leurs larmes devant D. afin de Le supplier de les guider.
Cette attitude constitue en soi un excellent 'hinou'h, parce qu'elle marque l'enfant de manière considérable.
Le 'Hafets 'Haïm a reçu d'un proche le sidour dans lequel avait prié sa mère. Il prit le livre entre ses mains tremblantes, l'embrassa et le couvrit de larmes.
"Peut-on imaginer combien de prières a prononcé ma mère et combien de larmes elle a versé pour que son jeune Israël Méïr grandisse" s'exclama-t-il.

Nous devons être précis dans nos requêtes (que nos enfants ne soient pas exposés aux mauvaises influences, faire des personnes de valeur, ayant la patience d'étudier la Torah avec assiduité, ...).

 

Le 1er facteur, le plus crucial et le plus fondamental dans l'éducation des enfants est de prier à D.  (notre réussite est dans les mains de D.!)
Bien entendu, les idées et les stratégies sont les bienvenues, mais tout commence avec une téfila, prière sincère, venant du fond du cœur.

 

 

Source : compilation personnelle (b"h) du livre "D'un cœur plein d'amour" du Rav Mattitiahou Salomon