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L’importance de la Torah … (épisode n°1)

+ L'importance de la Torah ... (épisode n°1)

"Toute personne étudiant la Torah chaque jour mérite une part au monde futur et on considère qu’elle créé de nouvelles sphères.

C’est en effet par la Torah que le monde fut créé et achevé.
Il est écrit : "D. créa le monde par Sa sagesse" ; cela signifie que toute personne étudiant la Torah a le potentiel de créer, d’achever et de maintenir des sphères en existence.

D. créa le monde par Son souffle, et c’est par le souffle que le monde est maintenu en existence : le souffle de ceux qui étudient la Torah. "

[le Zohar – paracha Béréchit]

+ "Par quel mérite as-tu vécu jusqu'à un âge avancé?
[Rav Ada de répondre : ] J'ai toujours été patient, calme et résigné dans ma maison."

[guémara Taanit 20]

Lorsque les conjoints sont indulgents et bienveillants l'un envers l'autre, la paix et la bénédiction règnent dans leur foyer.

Faire téchouva avant d’étudier la Torah

"Ils partirent de Réfidim et arrivèrent au désert du Sinaï" (Yitro 19,2)

-> Rachi cite la comparaison faite par la Mékhilta entre ces deux événements :
tout comme le départ du peuple juif de Réfidim s'est fait dans un état de repentance (après avoir subi l'attaque d'Amalek), leur arrivée au Sinaï s'est faite dans un état de repentance (téchouva).

Le Imré Emet voient dans ce repentir préalable à la révélation un modèle pour toute étude de la Torah.
En s'engageant dans une introspection avant d'étudier, une personne purifie son âme, ce qui la rend plus réceptive à l'influence de la Torah.
C'est l'une des significations de notre prière quotidienne "achivénou Hachem léToraté'ha" = aide-nous à nous repentir afin de nous permettre d'apprendre Ta Torah correctement.

La grandeur de l’homme sur les autres créations

+ La grandeur de l'homme sur les autres créations :

Rachi (Béréchit 1,27) souligne que l'homme a été créé avec les mains d'Hachem, et non avec Sa parole. En fait, Rachi laisse entendre que le fait même que nous ayons été façonnés de Ses mains est ce qui qualifie l'homme comme ayant été créé uniquement à Son image.
Quelle est la signification du fait que la création de l'homme était différente (du restant de la création), et pourquoi est-ce, en particulier, la façon dont nous avons été créés à Son image?

La parole est une cristallisation du monde intérieur de l'orateur dans le domaine physique de ses mots. L'intérieur de l'orateur est transmis par les mots qu'il prononce. Les mots eux-mêmes ne sont que des contenants pour l'intention de celui qui les a prononcés.

Le monde est la parole d'Hachem. Ce qui signifie que le monde que nous voyons n'est qu'un contenant pour l'expression d'Hachem.
L'essence n'est pas ce que nous voyons. Nous voyons le récipient qui la contient.

L'homme, lui, est différent. Nous ne sommes pas un récipient fabriqué par les mots d'Hachem avec Son essence à l'intérieur. Nous sommes plutôt, dans notre totalité, l'œuvre d'Hachem, et même notre contenant exprime Son essence.
L'idée est que les choses créées avec des mots ont une intériorité qui exprime leur source, mais sont enfermées dans les mots qui les contiennent. Les choses qui sont faites avec les mains ont une réalité qui exprime son créateur.

C'est pourquoi la stature de l'homme dépasse celle du reste du monde.
Le reste du monde est constitué des mots d'Hachem, expression interne d'Hachem, mais enfermée dans une enveloppe physique.
Le corps même de l'homme est une expression d'Hachem, littéralement à Son image. C'est pourquoi l'homme est plus grand que le reste du monde.
[rav Kalonymos Kalman Shapira - le rabbi de Piaseczno - Aish Kodech - Balak 5700 (1940)]

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[un juif a une âme provenant de l'intériorité d'Hachem, des mondes les plus élevés, ce qui n'est pas le cas des non juifs qui proviennent de l'extériorité d'Hachem, de niveaux plus bas.
Ainsi, chaque juif doit être fier de sa grandeur innée, et responsable pour l'utiliser au mieux. ]

"Et quand bien même notre bouche serait pleine de cantiques comme la mer ; notre langue, de chants, comme la multitude de ses vagues, et nos lèvres, de louanges, comme les espaces du firmament ; quand bien même nos yeux seraient lumineux comme le soleil et la lune, et nos mains déployées comme les aigles des cieux, et nos pieds rapides comme les biches ; nous ne pourrions épuiser l’hommage qui t’est dû, ô Hachem, notre D., bénir ton nom, ô notre roi, ne serait-ce que pour un seul des milliers de milliers, des myriades de myriades de bonté que tu as accomplis pour nos ancêtres.
[Nichmat kol 'haï prière de Shabbath matin - que la guémara (Pessa'him 118a) appelle "birkat aChir" (la bénédiction du chant)]

=> En bref, nous disons que même si nous possédions des capacités surnaturelles, nous serions incapables de remercier convenablement Hachem pour ne serait-ce qu'un seul acte de bonté qu'Il a accompli pour nous.

Le 'Hovot haLévavot (chaar Bitachon, chap.6) écrit que si nous devions combiner tous les mérites de chaque personne ayant vécu depuis la création du monde, cela ne suffirait toujours pas à remercier Hachem pour un seul acte de bonté qu'Il a accordé à l'homme.

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-> Le dernier Téhilim appelle tout le monde à louer Hachem pour Sa grandeur, à danser et à chanter, accompagné d'un ensemble d'instruments de musique (lyre, harpe, tambour, orgue, flûte, cymbales et trompettes).
Il se termine par le verset : "kol néchama téhallel Ya Hallélouya", qui signifie littéralement : "Que toutes les âmes louent Hachem, Hallélouya".
Le midrach (Béréchit rabba 14:8) donne une explication différente en lisant le mot "néchama" comme "néchima", de sorte que le verset se lit : "Avec chaque souffle, louez Hachem."
Pour ne serait-ce qu'un seul souffle qu'Hachem nous a permis de respirer, nous devrions nous sentir inspirés à sauter, à chanter et à danser, accompagnés d'un orchestre complet, en remerciement de la grande bonté qu'Il nous a accordée.

Se connecter à la Chékhina par l’humilité

+ Se connecter à la Chékhina par l'humilité :

"Parce qu'ils avaient mis Hachem à l'épreuve, en disant : "Hachem est-il parmi nous ou non?" (ayech Hachem békirbénou im ayin) " (Béchala'h 17,7)

-> Le rav Mordchele de Nadvorna (dans son séfer Maamar Mordé'haï) explique ce verset comme disant : "ayéch Elokim békirbénou" = comment une personne peut-elle savoir si Hachem est au milieu d'elle?
"im ayin" = s'il n'est rien.
Si une personne est humble et se considère comme rien, Hachem sera avec elle, comme nous assure Hachem : "J'habite... avec celui qui a l'esprit bas et humble" (Yéchayahou 57,15).

Le pouvoir intrinsèque de nos mots

+ Le pouvoir intrinsèque de nos mots :

-> Il est important de réaliser pleinement le pouvoir des mots eux-mêmes.
La guémara (Kétoubot 62b) rapporte l'histoire de Yéhouda, fils de Rav 'Hiya, gendre de Rav Yanai, qui passait toute la semaine à étudier la Torah et revenait le vendredi pour être à la maison pour le Shabbath avec sa femme. Chaque semaine, il était précédé par une colonne de feu qui arrivait en son honneur.
Une semaine, il était tellement absorbé par son étude qu'il ne rentra pas à la maison.
Lorsque Rav Yanaï vit qu'il n'y avait pas de colonne de feu, il supposa que son gendre était mort. Il demanda donc à sa famille de renverser son lit, ce qui, à l'époque, était la coutume lorsque quelqu'un décédait.
La guémara nous dit que ce fut "comme une erreur venant du souverain" (Kohélet 10,5), et Yéhouda mourut dans le beit hamidrach.

=> Comment cette tragédie a-t-elle pu se produire? Nous savons que les tsadikim peuvent apporter des bénédictions ou des malédictions extraordinaires, mais ici, Rav Yanaï n'aurait certainement pas voulu qu'une telle chose se produise!

Le rav El'hanan Wasserman (Kovetz Chiourim - sur Kétoubot - chap-208) écrit que nous apprenons ici : "Les mots prononcés par la bouche d'une personne sainte affectent le monde, même s'ils sont prononcés sans aucune intention." Les mots eux-mêmes ont un pouvoir!
Le rav Wasserman poursuit en écrivant que celui qui prononce de mauvaises paroles, telles que des mensonges, des malédictions ou du lachon ara, contamine sa bouche et les mots qu'il prononce perdent leur pouvoir naturel.

-> La guémara (Shabbos 119b) discute de l'importance de l'étude de la Torah par les jeunes enfants, qui étant sous la bar mitsva, n'ont pas de faute, et nous dit que toute ville qui n'a pas d'enfants en train d'étudier sera détruite. Ces enfants ne doivent pas être interrompus dans leur étude, même pour aider à la reconstruction du Temple.
Reich Lakich, l'un des Amoraim, déclare : "le monde ne tient que par le souffle (l'étude de la Torah et la prière) des enfants".
Son collègue Abbayé lui demande : "Qu'en est-il de la vôtre et de la mienne? Notre Torah est certainement assez spéciale pour justifier la continuation du monde."
Reich Lakich répondit que les enfants n'ont pas de faute et que leur Torah et leur prière sont donc plus importantes que les siennes et celles d'Abbayé.

Examinons l'ampleur de cette affirmation. Les Amoraïm comptaient parmi les plus grands hommes qui aient jamais vécu ; leur vie entière était empreinte de sainteté et de pureté, consacrée uniquement à l'accomplissement de la volonté d'Hachem. Lorsqu'ils priaient et apprenaient, ils le faisaient avec un niveau de pureté et de dévouement que nous ne pourrons jamais comprendre. Ils maîtrisaient tous les domaines de la Torah et la guémara rapporte de nombreux cas où ils ont accompli des miracles dévoilés, ramenant même des morts à la vie.
Cependant, la Torah et la prière des petits enfants, qui ne comprennent même pas les mots qu'ils prononcent, sont plus grandes que toutes les leurs, parce que les enfants qui n'ont pas de faute ont une bouche sainte.

Nous voyons donc que les mots eux-mêmes, s'ils sont prononcés correctement et avec une bouche pure, sont plus puissants que la prière des plus grands adultes du peuple juif, prononcée avec la kavana la plus profonde.

=> Le rav Wasserman poursuit en comparant les paroles d'un homme à une hache. Avec son tranchant, une hache coupe même sans effort, mais si elle devient rouillée, elle ne coupera pas tant que la rouille n'aura pas été enlevée.
Nos paroles ont une capacité naturelle à produire des effets dans les Cieux, à moins qu'elles ne deviennent "rouillées" à cause de notre mauvaise langue.

[nous retrouvons cette idée dans la Torah. Yaakov dit à ses 12 enfants, les 12 tribus, qu'il a conquis la ville de Chekhem "avec mon épée et mon arc" (Vayé'hi 48,22), ce que le Targum Onkelos rend par "avec mes prières et mes supplications". L'épée d'un juif est sa prière. ]
[rav Avraham Tabor]

-> Rabban Shimon ben Gamliel dit au nom de Rabbi Yéhochoua : Depuis le jour où le Temple a été détruit, il n'y a pas eu un seul jour [sans malédiction].
Rava dit : Chaque jour, les malédictions sont plus grandes que la veille ... Alors, pourquoi le monde existe-t-il?
Il existe grâce à la Kédoucha déSidra et au "Amen chémé rabba" de l'Aggada.
[guémara Sotah 49a ]

-> Tout talmid 'hakham qui enseigne la Aggada peut expier toutes les fautes d'Israël. S'il récite le Kadich [après avoir terminé] son Aggada, toutes ses fautes sont pardonnées.
Même si un mauvais décret a été scellé à son sujet, Hachem lui pardonne ses fautes.
[rav Avraham Azoulai - 'Hessed léAvraham 2,30 ]

Le commandement le plus strict est d'honorer son père et sa mère.
[Yérouchalmi - Péa 1,1 ]

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-> La guémara (Kidouchin 31b) assimile le fait d'honorer ses parents à celui d'honorer Hachem. La mitsva d'honorer ses parents est si difficile que Rabbi Yo'hanan dit : "Heureux celui qui n'a jamais vu ses parents", car il est pratiquement impossible de remplir correctement cette mitsva.

-> Le Messékh 'Hokhma (Vaét'hanan 5,16) souligne que de nombreux enfants prétendent que leurs parents ne se sont guère impliqués dans leur éducation et ne méritent donc pas leur honneur. Il réfute cette affirmation en se basant sur le fait que l'honneur dû à ses parents a été commandé aux Bné Israël alors qu'ils étaient dans le désert. Là-bas, l'éducation des enfants ne nécessitait qu'une implication minimale de la part des parents : la manne tombait du ciel, l'eau jaillissait du puits de Myriam et les Nuées de Gloire leur fournissaient un abri.
Néanmoins, Hachem a ordonné aux enfants de cette génération d'honorer leurs parents.

La grande valeur des mitsvot

+ La grande valeur des mitsvot :

-> Peu avant son décès, le Gaon de Vilna tenait ses tsitsit entre ses mains et dit : "Dans le monde à Venir, tout ce que je donnerai ne suffira pas pour accomplir la mitsva des tsitsit. Dans ce monde, en revanche, on peut acquérir cette mitsva pour quelques centimes!"
Le Gaon de Vilna a passé toute sa vie à étudier l’intégralité de la Torah, ne dormait presque pas la nuit et accomplissait chaque mitsva dans les moindres détails. Pourquoi était-il si bouleversé de ne plus pouvoir porter de tsitsit?

La réponse est que plus une personne est grande, plus elle comprend l’ampleur et l’importance de chaque mitsva. Même une mitsva accomplie avec une intention incorrecte mérite une grande récompense (dans l'éternité de notre monde à Venir).

Le rav Aharon Leib Steinman cite les paroles de Rachi ('Houkat 21,34) qui démontrent cela. Lorsque Moché est parti combattre le géant Og et son armée, Hachem lui a dit de ne pas avoir peur. Rachi explique que Moché avait peur parce qu’Og avait un mérite : il avait informé Abraham que son parent, Lot, avait été capturé, et Avraham avait alors pu aller sauver Lot.
Or, Rachi avait précédemment (Lé'h Lé'ha 14,13) déclaré que l’intention réelle d’Og n’était pas de sauver Lot, mais qu’Avraham serait tué au combat et qu’Og épouserait alors Sarah. Ainsi, cette "mitsva" avait été accomplie dans une intention très mauvaise.
Néanmoins, Moché craignait que ce mérite ne suffise à aider Og à vaincre les juifs.
Il est donc certain qu’une personne qui accomplit une mitsva avec la bonne intention sera largement récompensée.

-> Le 'Hafets 'Haïm (Nid'hé Israël - glose au chap.38) écrit de même.
Il explique que les réchaïm reçoivent leur récompense dans ce monde parce que leurs mitsvot sont "factices" et ne sont pas accomplies pour l’amour de Hachem, et que la récompense de ce monde est "factice" par rapport à celle du monde à venir.
En revanche, lorsqu’un juste (tsadik) accomplit une mitsva pour les bonnes raisons, sa récompense est réservée au monde à Venir, et elle est si grande que même les anges ne peuvent la comprendre, comme le dit le verset (Yéchayahou 64,3) : "Aucun œil, sauf le Tien, ô Dieu, n’a vu [ce qu’Il fera] pour celui qui L’attend".
Le 'Hafets 'Haïm compare cela à quelqu’un qui possède un billet de banque d’une valeur nominale si immense qu’aucune banque, même la plus riche, ne peut l’honorer.
De même, seul Hachem peut connaître toute l’étendue de la récompense des mitsvot.

-> La joie et l’exaltation du rav Steinman après avoir accompli une mitsva étaient indescriptibles. Après avoir entendu le shofar à Rosh Hashana, il était extrêmement heureux et il bénissait tout le monde de tout son cœur.
Dans ses dernières années, la question s’est posée de savoir s’il serait autorisé à jeûner à Yom Kippour. Finalement, il a jeûné. Il en était si ravi que plusieurs mois après Yom Kippour, il a dit à son petit-fils : "Je suis tellement heureux d’avoir pu jeûner à Yom Kippour!"

Un matin, le rav Steinman mit ses tefillin avec une émotion et une dévotion particulières. Lorsqu’on lui demanda pourquoi, il expliqua : "Pessa'h vient de se terminer, et pendant cette période, je n’ai pas pu accomplir cette grande mitsva, qui, selon Rambam, comprend en réalité huit mitsvot. Cette mitsva m’a manqué comme un père regrette son fils unique, et je suis donc si heureux de retrouver mes téfilin, qui me sont si chers!"