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La femme, son mari et l’étude de la Torah

+ La femme, son mari et l'étude de la Torah :

-> Le rav Bentsion Abba Shaül enseigne que les femmes récitent les birkot haTorah chaque jour, puisqu'elles ne sont pas moins incluses dans les récompenses pour la Torah, que ne le sont leur mari.

-> Dans une de ses lettres, le 'Hazon Ich écrit :
"Une femme qui aide et pousse son mari à étudier la Torah possède la même part que son mari.
Plus encore, si ce dernier est poussé par sa femme à aller étudier au Beit haMidrach, et voilà que ce dernier préfère passer la plupart de ses heures d'étude à "discutailler" avec d'autres, son épouse obtiendra la récompense égale à toute l'étude qu'il aurait pu, et dû effectuer, ceci selon le niveau de la perfection ... quant à lui, il doit se contenter de la réalité de ce qu'il investit."

-> Le Malbim (Erets 'Hemda) et le Nétsiv (Méromé Sadé) abondent également dans le même sens : Est-ce que la femme devra avoir une récompense moindre par le fait que son mari ne maximise pas le temps qu'elle lui accorde pour grandir en Torah?
S'il choisit de se laisser aller (ex: parler en vain) plutôt que d'étudier, la perte lui est uniquement imputable (sa femme recevant le salaire qu'il aurait eu s'il avait totalement étudié).

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+ "Rav a dit à Rabbi 'Hiya :
Par le biais de quels actes les femmes méritent-elles une vie éternelle?
Au travers leurs [efforts dans le fait] d'amener leurs enfants à la synagogue (beit haknesset) afin d'y apprendre la Torah, et en envoyant leurs maris aux lieux d'études (beit midrach) afin d'y apprendre la michna et la guémara, et par le fait d'attendre leurs maris jusqu'à ce qu'ils en reviennent ."
[guémara Béra'hot 17a]

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-> On peut citer les paroles du 'Hafets 'Haïm sur sa femme Freida :
"C’est au crédit de ma femme si j’ai pu étudier la Torah durant toute ma vie et que j’ai pu être l’auteur de livres.
Elle était toujours contente de son sort et n’a jamais été attirée par les tentations de ce monde.
Grâce à elle, j’ai toujours pu étudier la Torah entouré de tranquillité."

-> On peut également citer les paroles de Rabbi Akiva, qui a son retour après 24 années d'étude de la Torah, il dit à ses 24 000 élèves : "C’est à elle que nous devons ma Torah, et la vôtre!"

-> Le rav Ovadia Yossef écrit dans les introductions à ses ouvrages : "Ce livre est dédié à la mémoire de mon épouse, l’éminente Rabanite, femme vertueuse, Margalit bat Zakhia – qu’elle repose en paix – qui, par son exceptionnel dévouement pour moi comme pour nos enfants qu’elle éduqua, me permit d’arriver où je suis."

"Nos ancêtres ont été sauvés d’Égypte par le mérite des femmes vertueuses d'alors, et il en sera de même pour la rédemption future."
[guémara Sota 2b]

-> Chaque année avant d'aller faire ses matsot, rav 'Haïm Kanievsky allait demander la bénédiction de sa femme pour que ce soit une réussite.

-> Si nous buvons 4 coupes de vin pendant le Séder, c'est pour symboliser le fait que notre délivrance de nos 4 exils provient grâce au mérite de nos 4 Matriarches : Sarah (1er verre), Rivka (le 2e), Ra'hel (le 3e), et Léa (le 4e).
[d'après le Chla haKadoch]

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-> Nos Sages (guémara Pessa'him 108a) enseignent que les femmes sont également obligées de boire les 4 coupes de vin, puisqu'elles ont également vécu les miracles de la sortie d'Egypte.
Les Tossafot (sur la guémara Méguila 4a), citant le Rachbam, affirment même que si tout cela a pu être possible (la délivrance d'Egypte), c'est grâce aux mérites des femmes vertueuses d'alors.

=> Pourquoi nos Sages disent que les femmes ont "également" vécu les miracles, comme si elles étaient secondaires à ce miracle?

-> Le 'Hatam Sofer (Torat Moché - Chémot p.75) dit que plus une personne est tsadik/vertueuse, moins le fait que la nature se modifie pour elle, est quelque chose de si extraordinaire.
A l'inverse, le moins une personne est méritante, le plus sera considéré comme énorme un miracle réalisé pour elle.
En effet, le monde a été créé et n'existe que pour la Torah, et la nature est donc assujettie à la Torah (cf. guémara Yérouchalmi Sanhédrin 1,2).

Le 'Hatam Sofer poursuit que puisque les femmes juives étaient si vertueuses, pour elles les nombreux miracles réalisés n'étaient pas aussi extraordinaires.
[étant particulièrement méritantes, il était "normal" que la nature se change pour elles!]
A l'inverse pour les hommes, qui avaient moins de mérites qu'elles, le miracle était immense, et c'est pour cela qu'ils sont principalement concernés par louer Hachem par des chants et les 4 coupes de vin.

=> Cela explique le besoin de nos Sages de préciser que les femmes doivent boire les 4 coupes en employant le mot : "également", car les miracles étaient une "normalité" au regard de leur niveau élevé et de leurs mérites importants.
[Chez les hommes le miracle était principal, pour elles cela n'était que secondaire (moindre)!]

+ La paracha Térouma nous parle de la résidence de D. sur terre, qui peut se comprendre comme la famille, le couple.

-- Le nom de D., dans son attribut de miséricorde s'écrit : יהוה

- Pour former un couple, il faut une femme (אשה) et un homme (איש).
On remarque que chacun amène une lettre du nom de D. (יה), et que sans cette présence de D., l'un et l'autre forme le même mot : le feu (אש).
Pour avoir un couple épanoui, il faut : l'homme + la femme + D.

- Pour formaliser, l'acte de mariage juif, il faut la kétouba (contrat de responsabilité de l'homme envers son épouse).
La kétouba (כתובה) = un simple écrit (un ktav - כתב), auquel on associe les 2 lettres : וה
Ces 2 lettres du nom de D. viennent donner toute sa valeur à ce simple bout de papier (ktav), et elles s'associent aux 2 lettres contenues dans le mot femme et homme, pour former en totalité le nom de D.

Ainsi, le fait d'avoir un foyer dans la paix (sans le feu de la discorde- אש) et avoir une kétouba écrite selon les lois de la Torah, permet à la présence de D. de résider parmi les êtres humains.

[Le Gaon de Vilna fait remarquer que le mot guèt, désignant le contrat de divorce, est formé de 2 lettres : 'guimél' et 'tèt', qui ne se suivent dans aucun mot de la Torah écrite.
Le guimel et le tèt, ne peuvent s'unir ... ]

 

Source (b"h) : issu de dvar Torah du Rav Mena'hem Berros + du livre "Binéoth Déché" du Rav David Chaoul Greenfeld (pour la remarque du Gaon de Vilna)

"Un homme ne peut rien sans sa femme, et tous 2 ne peuvent rien sans la présence divine."
(Béréchit Rabba)

L'homme a une double protection contre l’orgueil : tout vient grâce sa femme, et tout vient de D.

La tsniou’t

+ Sarah Iménou - La tsniou't :

Le peuple juif a connu de nombreux événements très douloureux, comme par exemple, les récits atroces se passant durant la période de l'Inquisition.

Il y a l'histoire bouleversante de cette jeune fille qui a refusé de céder aux pressions des prêtres en se convertissant et qui a été exécutée d'une façon atroce.
Ses nattes ont été nouées à la queue d'un cheval au galop, et elle a été traînée devant la foule jusqu'à ce qu'elle rende l'âme, le corps entièrement déchiqueté.
Mais avant l'exécution, l'héroïque condamnée a supplié qu'on lui accorde une dernière demande : des épingles!
Dans quel but?
Pour attacher ses habits à sa chair vive afin que ses jambes ne se découvrent pas lorsqu'elle serait traînée à terre!
A quoi cette jeune fille martyre a-t-elle pensé en ces moments terribles?
== A la tsni'out d'une fille d'Israël/juive!!

Le 'Hida demande : d'où les femmes ont-elles puisé cette force surnaturelle de supporter les souffrances les plus terribles comme celles du temps de l'Inquisition?
Le 'Hida disait : elles ont tiré leur force de leur tsinou't.
Sarah était supérieure en prophétie à Avraham, grâce à sa tsniou't, comme il est dit : "La voici, elle est dans la tente".
C'était sa louange essentielle.

- Rav Avraham Wolf a demandé un jour au 'Hazon Ich :
"Comment protéger les jeunes filles de l'esprit d'impureté et de libertinage qui souffle aujourd'hui dans le monde?
Pour les hommes, c'est l'étude de la Torah qui est le meilleur remède contre le yétser ara.
Et qu'en est-il des femmes?"
- Le 'Hazon Ich lui a répondu :
"Par la force de la tsniou't!
Le Gaon de Vilna disait : ce que les hommes acquièrent par la Torah, les femmes l'acquièrent par la tsniou't de leur habits et de leur comportement".

C'est Sarah Iménou, qui nous a légué cette arme défensive secrète.

Rabbi Yaakov Galinzki a dit, que de ces paroles du 'Hazon Ich, on peut déduire un 'hidouch intéressant :
"Il est écrit que lorsque les enfants d'Israël se fatiguent et transpirent en étudiant la Torah, D. recueille chaque goutte de sueur et elles deviendront les gouttes de la rosée, ce "Tal ré'hiya" qui les fera revivre à la résurrection des morts.
Ceci s'applique aux hommes.
Mais les femmes qui n'ont pas l'obligation d'étudier la Torah, comment vont-elles revivre à la résurrection des morts?
Pour elles, D. recueille chaque goutte de sueur qui coule à cause des habits tsnou'im (selon la tsniou't) qu'elles portent et c'est cela qui sera leur rosée de résurrection!"

+ A cette même occasion, le rav Yaakov Galinzki a ajouté un autre 'hidouch :
"Il est écrit : "les enfants d'Israël ont emprunté aux Égyptiens des ustensiles d'argent et d'or et des vêtements".
Que pouvaient faire les filles d'Israël avec les robes des égyptiennes qui n'étaient certainement pas pudiques?
Elles les ont utilisées pour leurs enfants, comme D. l'avait dit à l'avance à Moshé, au buisson ardent (Shémot 3;22) : "chaque femme empruntera à sa voisine ... des ustensiles d'argent et d'or et des habits et vous les mettrez sur vos fils et filles!"

+ La Torah fait allusion à la tsniou't exceptionnelle de Sarah Iménou.
Lorsqu'ils étaient en route vers l'Egypte, Avraham dit à Sarah: "Maintenant, je sais que tu es une femme belle" (Lé'h Lé'ha 12;11), et le Midrach explique que, jusqu'à ce moment, il ne s'en était pas vraiment rendu compte tant elle était tsnoua'h (pudique).
Ils menaient une vie commune depuis des dizaines d'années mais Avraham n'a découvert la beauté de ses traits que dans le miroir de l'eau, lorsqu'elle s'est penchée au-dessus d'un ruisseau pour se laver le visage.

----Attention ----- Ce degré de tsniou't ne convient, bien sûr, qu'à Sarah Iménou, mais c'est ainsi qu'elle a légué cette vertu particulière à toutes les filles d'Israël.

+ Guémara Méguila 13b = "Par le mérite de sa tsniou't, Ra'hel a eu le mérite d'avoir le roi Chaoul comme descendant ..."
Le Ben Ich 'Haï explique que Yaakov a vécu 7 ans dans la maison de Lavan avant son mariage.
Après toutes ces années où il a côtoyé sa fiancée, Yaakov ne pouvait-il pas l'identifier et la distinguer de sa sœur Léa (en effet, il a du lui transmettre des signes particuliers afin de pouvoir la reconnaître!)?
N'ont-ils pas mangé à la même table?
Ne se sont-ils pas rencontrés alors qu'il gardait les troupeaux et qu'elle allait régulièrement aux puits?
Comment pouvait-il la confondre avec sa sœur qui ne lui ressemblait pas?
C'est que Ra'hel se comportait avec une tsniou't (pudeur, discrétion, ...) si extrême que, durant toutes ces années, elle a caché son visage de Yaakov, comme Sarah dissimulait sa beauté à Avraham.
Yaakov craignait qu'ayant oublié ses traits, il ne puisse faire la différence entre Rah'el et Léa !

Voilà ce qu'était la tsniou't de nos Ima'ot !!!

Essayons chacune à son niveau, pas à pas, d'essayer de tendre vers la façon d'agir de nos Mères, les Matriarches ...

[on a tout à y gagner même si c'est pas toujours facile, et en plus, on permet à toutes les femmes mortes car étant juives, de pouvoir vivre au travers nos actions. Ainsi, elles ne sont pas mortes en vain ... ]

 

Source : adaptation personnelle (b"h) issu du "Binéoth Déché" du Rav David Chaoul Greenfeld

Les larmes d’une mère/d’une femme

+ Sarah Iménou - les larmes d'une mère/d'une femme :

Sarah était supérieure à Avraham en prophétie.
Ainsi, il est probable qu'elle avait également perçu (intuitivement) la nécessité d'une préparation aux korbanot (sacrifices) par une aqéda (ligature).
Avraham lui donna une réponse énigmatique : "Prie D. que ce soit bien pour nous".
= Peut-être, par tes nombreuses larmes, D. empêchera-t-Il le sacrifice de Yits'hak et proposera-t-Il un substitut?

Sarah a saisi la nécessité d'une Aqéda et compris ce qui allait se passer, et elle a pleuré sans fin en voyant son fils s'éloigner car son "âme était attachée à la sienne".
Lorsque le Satan est venu lui annoncer que Yits'hak avait presque été égorgé, son âme s'est envolée sous l'effet du choc et du chagrin.

Si, de justesse, il n'a pas été égorgé, pourquoi son âme l'a-t-elle quittée?
Peut-être a-t-elle pensé que son fils n'avait pas été jugé assez digne de servir de sacrifice pour les générations à venir.
Peut-être avait-on trouvé un défaut spirituel dont elle se sentait responsable!
L'amour de D., de Sarah, était si sublime, qu'elle a ressenti une peine immense à la pensée que son fils puisse avoir été jugé inapte à la Aqéda qui devait préparer les sacrifices des générations futures.

=== Les larmes qui jaillissent du fond du cœur d'une mère sont capables de transformer le décret le plus sévère.
On ne peut imaginer la puissance des larmes d'une mère.
La guémara met les maris en garde (Baba métsia 59a) : "l'homme doit faire très attention de ne pas faire de peine à son épouse car elle a les larmes faciles et il risquerait, très tôt, d'être puni de l'avoir fait souffrir" et il est dit ensuite : "bien que les portes de la prière soient closes (depuis la destruction du Temple), les portes des larmes ne le sont pas".
On est prêt à chercher des ségoulot à l'autre bout du monde, mais la vraie bénédiction est très très proche de nous.
Prendre le plus grand soin de sa femme (selon ses attentes et non les nôtres), tout faire pour éviter qu'une larme ne coule sur son visage (même en cachette) est le meilleur moyen de permettre aux bénédictions de couler à flot.

 

Source : adaptation personnelle (b"h) issu du "Binéoth Déché" du Rav David Chaoul Greenfeld

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-> Sur la puissance des larmes d'une femme qui se sent négligée par son mari, on peut rapporter la guémara Kétouvot (62b) :

"Rabbi Ri'houmi avait l'habitude de ne rentrer chez lui qu'une fois par an : la veille de Yom Kippour.
Une année, il était tellement plongé dans son étude qu'il oublia que c'était la veille de Kipour et qu'il devait rentrer chez lui.
Sa femme, qui l'attendait avec impatience, se répétait continuellement : "Maintenant il va arriver!"
Mais comme il tardait, ses yeux laissèrent échapper quelques larmes ... Au même moment, le toit de la maison dans laquelle son mari étudiait s'écroula sur lui et il mourut"
                                                                                                               -

=> Ainsi, même si elle ne désirait absolument pas la mort de son mari, le fait qu'il a provoqué la sortie de quelques larmes a eu un impact énorme! [et ce même s'il étudiait la Torah!]

Au combien un mari se doit d'être vigilant aux besoins plus ou moins clairement exprimés par sa femme.

Avraham avec sa femme

+ Avraham avec sa femme :

Avraham est en route pour l’Égypte et, à l'approche de la frontière, il adresse une requête à sa femme : "Dis, je te prie, que tu es ma sœur pour qu'il m'arrive du bien à cause de toi et j'aurai, grâce à toi, la vie sauve" (Lé'h Lé'ha 12;13).
Rachi explique : "pour qu'il m'arrive du bien à cause de toi" = on me donnera des cadeaux!

Or, Avraham n'a-t-il pas refusé de recevoir un lacet du roi de Sodome, alors que le butin de guerre lui revenait entièrement, pour ne pas que ce dernier puisse dire : "C'est moi qui ai enrichi Avraham!".
Notre patriarche haïssait tellement les cadeaux, et voilà qu'ici, non seulement, il ne les refuse pas, mais il demande à Sarah de se faire passer pour sa sœur afin d'en obtenir!!

Rav Mordé'haï Gifter, le Roch Yéchiva de Telz, disait que l'intention d'Avraham était de rendre publique dans le monde entier l'idée : "afin qu'il m'arrive du bien à cause de toi" pour en tirer 2 enseignements :

1°/ c'est grâce à la femme que le foyer est béni.
Ainsi que le disent nos Sages (Baba métsia 59a) : un homme doit toujours faire très attention au kavod (au respect) de son épouse car la bénédiction ne règne dans la maison que grâce à elle, comme il est écrit : "et on combla Avraham de biens grâce à elle".

2°/ le mari doit reconnaître que son épouse lui apporte la bénédiction et l'en remercier.
Avraham tenait à inculquer l'importance de la gratitude du mari envers son épouse à ses descendants même si cela devait se faire sur le compte de sa bonne renommée (qu'on dise que Avraham aime les cadeaux).

Un mari se doit de louer et de complimenter ouvertement son épouse pour resserrer les liens du couple et, à nous Juifs, cette mida a été léguée dans les gènes.
Tâchons de l'exprimer ....

 

Source :  issu du livre "Binéoth Déché" du Rav David Chaoul Greenfeld

« Je lui ferai une aide face à lui »

+ "Je lui ferai une aide face à lui" -  (Béréshit 2;18)

Guémara Yévamot 62b : "Quiconque demeure sans femme est privé de joie, de bénédiction, de bonté".
Dans Ma'arava, on ajoute : "il est sans protection, sans Torah, sans paix".

Que lui reste-t-il en fait?
C'est la femme qui apporte tout le bonheur à son mari et à sa famille.

Guémara Yévamot 62 : "Quiconque aime sa femme comme sa propre personne (son propre corps) et la respecte plus que sa propre personne ... le verset dit de lui : "tu connaîtras l'harmonie dans ton foyer". "

+ Béréshit (2;18) : "D. dit : il n'est pas bon que l'homme soit seul, Je vais lui faire une aide face à lui."
Nos Sages dans la guémara Yévamot expliquent : qu'est ce qui n'est pas bon?
Rabbi 'Hanoulaï dit : "Quiconque demeure sans femme est privé de bonheur car il est écrit : lo tov/ce n'est pas bon..."
La Torah nous enseigne que la femme est la source du Bien.

Les femmes sont appelées "akéret abayit", la base essentielle du foyer et leur récompense est plus grande que celle de l'étude de la Torah du mari et des enfants.
En effet, la femme est plus qu'une simple aide, c'est le véritable "moteur" de la progression spirituelle du mari.

Nos Sages ont dit : "Qui est une Icha kéchéra, une femme digne? Celle qui fait la volonté de son mari."
Rabbi 'Haïm Sonnenfeld explique : celle qui "fait", c'est-à-dire qui forme, qui façonne sa volonté.
Elle se soumet, certes, à sa volonté mais, en réalité, c'est elle qui doit en être l'artisan.
Par son intelligence, sa compréhension et sont tact, elle sait orienter les désirs de son conjoint vers des buts positifs afin qu'il aspire à faire le bien.

D. a doté la femme d'une finesse psychologique supérieur à l'homme pour éviter de rendre la femme autoritaire, impérative (tout est dans la finesse, la pudeur).

N'hésitez pas à témoigner votre amour, respect aux femmes, sources du Bien ...

 

Source : adaptation personnelle des réflexions du Rav David Chaoul Greenfeld dans son livre "Binéoth Déché" - Paracha Béréshit

"Comme elles sont belles tes tentes Yaakov, tes demeures Israël!" (Balak 24,5)

-> Rabbi Yéhouda Tsadka avait l'habitude d'expliquer ce verset ainsi : l'homme peut mériter d'accéder au monde futur par l'intermédiaire de sa femme.
Si l'homme à une femme kasher qui se contente de peu et qui encourage son mari à étudier la Torah, comme par exemple la femme de Rabbi Akiva dont il fit l'éloge suivante auprès de ses 24 000 élèves : "Ce qui est à moi et ce qui est à vous lui appartient" (guémara Nédarim 50a).
Car c'est grâce à elle que tous ses élèves devinrent des érudits.
Il en est de même pour toutes nos femmes vertueuses de génération en génération qui font mériter à leur mari de pouvoir étudier la Torah, d'accomplir les commandements, de s'améliorer et de se bonifier leur permettant d'accéder au monde futur. Et c'est à ce propos que Bilaam déclare : "Comme elles sont belles tes tentes Yaacov, tes demeures Israël", car comme nous le savons, la femme est appelée dans le langage des Sages "tente", "demeure" ou "maison".
C'est par le mérite de la bonté des femmes d'Israël qui sont comparées aux tentes que le peuple d'Israël peut mériter l'accès au monde futur.

-> "La femme qui craint Hachem est digne de louanges" (Michlé 31,30).
Rabbi Ezra Attia explique que lorsque nous voyons un homme qui est empreint de crainte du Ciel, c'est très certainement par le mérite de sa femme car c'est elle qui influence son mari dans sa crainte du Ciel.
A l'inverse, le mari ne peut presque pas influencer sa femme à ce sujet et c'est la raison pour laquelle le roi Salomon loue la femme qui craint le Ciel car le niveau de son mari lui revient.

L'histoire qui va suivre est rapportée dans de nombreux ouvrages de 'hassidout : il s'agit d'un homme pieux qui était marié avec une femme vertueuse mais finirent par divorcer.
Cet homme se remaria avec une racha et devint lui aussi, avec le temps, un bandit, tandis que son ancienne épouse se remaria avec un racha qui se repentit après son mariage et devint un juste.
C'est la raison pour laquelle c'est la femme qui est digne de louanges.

Ainsi Bilaam déclare : "Comme elles sont belles tes tentes Yaakov, tes demeures Israël" = car même Bilaam le racha avait compris qu'Israël bénéficiait de sa protection divine par le mérite de sa sainteté, qu'il tirait de la piété des femmes du peuple.
Le plus beau cadeau qu'un homme peut espérer recevoir est de mériter une femme vertueuse qui pourra l'aider dans son ascension spirituelle.
[Tsor ha'Haïm]

Les agounot

Celui qui libère une agouna, lui permettant de se remarier, c’est comme s’il avait reconstruit l’une des ruines de Jérusalem.
[le Shout Ba’h ha'Hadachot - 64]

-> Le Shout Shevout Yaakov (1:14) [1670-1733] permet à un Beth Din de recevoir le témoignage, durant Chabbat, d’un individu dangereux (איש מסוכן) afin de libérer une agouna, sans même attendre la sortie de Shabbat.
En effet, il n’y a pas en effet de plus grande urgence et de circonstances atténuantes (שעת הדחק) que cela. Comme le pikoua’h nefech, il ne faut surtout pas prendre cela à la légère.

De même, le Beth Yossef (Shout Beth Yossef sur Even Ha-ezer, Dinei Goy Mésia’h Léfi Toumo, 10) considère la libération d’une agouna comme une question relevant des dinei néfachot.

-> Chaque année, la famille de rav Ovadia Yossef se rassemble pour rappeler la mémoire de leur mère le jour anniversaire de son décès. Une année, il ne vint pas, sans que nul ne sache pourquoi. Le frère de rav Ovadia, Rav Naim, le chercha le matin suivant et s’enquit de la raison de son absence lors de la hazkara de leur mère.
Le rav répondit qu’il cherchait par tous les moyens à libérer une agouna pour lui permettre de se remarier. Il resta éveillé toute la nuit pour trouver une solution qu’il découvrit à 4 heures du matin!
"Certainement, cela contribua à l’élévation de l’âme de notre mère bien plus que toute cérémonie mémorielle!"

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-> Après la 1ère guerre mondiale, rabbi Shlomo David Kahana (1869-1953) établit une section spéciale à Varsovie pour traiter des problèmes d’agounot, formant à cette fin, un vaste réseau d’informations dans les plus grandes villes européennes. Cela rendit possible le remariage de milliers d’agounot.

En 2019, un registre consignant les actes du Beth Din de Bergen-Belsen après la Libération, fut découvert. Ce registre, contenant plus de 100 pages d’une petite écriture manuscrite, fut le 1er document avec des témoignages de survivantes de l’Holocauste sur leurs époux, assassinés par les Nazis, afin d’être libérées de leur statut d’agounot.
Ce registre, intitulé “Protocole du Beth Din de Bergen-Belsen” fut écrit sur un feuillet ayant d’abord appartenu aux Nazis. Les Rabbanim listèrent les noms des survivants et des témoignages sur l’assassinat de leurs conjoints pendant l’ Holocauste. Le nom de chaque survivant de l’Holocauste avait sa propre page dans le registre, suivi par le témoignage au sujet de la mort de son époux, signé par le(s) témoin(s). Sous le témoignage, et sur la base de ces derniers, les Rabbanim écrivaient leur heter avec leurs signatures pour un remariage. Selon le registre, le Beth Din délivra 85 heterim permettant des remariages. Les Rabbanim de ce Beth Din étaient Rav Yoel Halperin, Rav Ysrael Aryeh Zalmanovitz, Rav Yssakhar Berish Rubin et Rav Yts’hak Glickman, tous survivants de l’Holocauste. Ils travaillèrent de concert avec Rav Shlomo David Kahana, extrêmement actif dans la libération d’agounot. Il rédigea un “heter agounot” standard pouvant servir dans la majorité des cas, et collecta des témoignages pour libérer les agounot après l’Holocauste. Il estima avoir délivré environ 3,000 héterim à des agounot après l’Holocauste sans jamais être pris à défaut par un mari qui aurait encore été vivant.

-> En 1973 eut lieu la tragique guerre de Yom Kippour. Plus de 960 corps restaient non identifiés, manquants ou non immédiatement récupérables.
[la halakha insiste sur le fait d’être capable d’identifier le corps dans les 3 jours suivant le décès afin de reconnaître le visage, or beaucoup de ces dépouilles furent trouvées et restituées seulement plus tard.]
En conséquence, leurs veuves étaient agounot et ne pouvaient se remarier faute d’identification du corps de leurs maris. Le Grand-Rabbin de l’Armée, Rav Mordé’khai Piron et son assistant Rav Gad Navon demandèrent à rav Ovadia Yossef un an de présidence d’un Beth Din ad hoc pour traiter de tous les cas de agounot suite à la guerre de Kippour, permettant aux jeunes femmes d’être libérées de ce statut et de refaire leur vie suite à la mort de leurs époux. (Yabia Omer, volume 6, Even Ha-ezer 3)
Rav Ovadia prit ce temps par dessus tous ses horaires d’études. Ce Beth Din spécialisé se rassembla tout au long de l’année 1974, passant au crible tous les dossiers. Certains cas étaient clairement tranchés, d’autres impliquaient de voyager à l’étranger, d’interroger les soldats; Dans de nombreux cas, il versa des larmes sur les dossiers. En dépit de sérieuses difficultés halakhiques, 2 ans plus tard, le Beth Din de rav Ovadia avait libéré toutes les veuves de guerre agounot.

-> En 1945, âge de 25 ans, Rav Ovadia Yossef fut nommé dayan par le Grand-Rabbin séfarade Rav Bentsion Ouziel. Sur les 9,000 agounot que Rav Ovadia autorisa à se remarier, aucun mari ne refit jamais surface.

-> Dans Yabia Omer 8, ‘Hochen Michpat 7 est une réponse halakhique de cette époque (datée du 2 Shevat 5734, 1974) à la question d’une communauté séfarade. Le rav Ovadia écrivit qu’il était trop occupé avec les agounot de la guerre de Yom Kippour pour répondre aux autres questions. Mais puisqu’ils l’avaient interrogé plusieurs fois et pour maintenir la paix entre les différentes factions du Peuple juif, il prendrait plus tard le temps de répondre.

De même, dans Yabia Omer 6, Yoré Déa 1, datant de l’année 1974, le rav Ovadia écrit au Chef rabbinique de la shekhita que les difficultés extrêmes de la guerre l’empêche de répondre dans les délais habituels.

-> Les responsa Yabia Omer volume 6, Even Ha-ezer 3 écrites en Janvier 1974 consacrent une explication halakhique des principes par lesquels Rav Ovadia libéra presque 1,000 agounot, se basant sur des preuves nombreuses et variées quant au décès de leur conjoint. Ce volume discute des composants halakhiques de cas dans lesquels des corps de soldats furent identifiés sur la base d’étiquettes d’identification, de documents et d’objets personnels, de photographies de corps ou d’empreintes digitales.

-> Il y a une approbation écrite de Rav Ovadia Yossef donnant la permission à une dame devenue aguona suite aux attaques terroristes des Tours Jumelles du 11 Septembre 2001, de se remarier (Yabia Omer, volume 10, Even Ha-ezer 18).