"La grandeur d'une prière ne dépend pas de la quantité de mots prononcés pour invoquer Hachem, mais plutôt de la qualité du 'cri du cœur' lancé vers Hachem"
[Rav Yé'hezkel Levenstein]
Catégorie : La prière
"Toute personne qui prie pour un besoin de son prochain, alors qu’elle en a elle-même besoin, se verra exaucée en 1er"
[guémara Baba Kama 92a]
D'où vient la force d'une prière dite pour les autres?
-> Le 'Hatam Sofer explique que ce qui nous permet de prier les uns pour les autres vient du fait que tous les juifs font partie d'un corps unique et d'une âme unique appelée "le peuple juif".
C'est pourquoi nous devons ressentir l'affliction d'un autre juif comme notre affliction, et que prier pour lui équivaut à prier pour nous-même.
Lorsqu'une mère prie pour son enfant par exemple, elle prie aussi pour elle-même. Il n'y a pas de différence entre le bonheur des enfants et celui de leurs parents.
Bien que moins évidente, une relation similaire existe entre tous les juifs.
Dans le même sens, le Maharal explique que le peuple juif n'est pas un simple assemblage d'individus disparates, mais au contraire une entité intégrante, très semblable au corps humain, qui bien qu'étant composé d'organes et de membres, les comprend tous et les intègre en un seul être unifié.
La tendance naturelle est de se concentrer sur ses propres problèmes.
=> En faisant sienne la souffrance des autres, nous nous rattachons au corps du peuple juif.
En priant pour le bonheur des autres, en même temps que pour le sien, nous remplissons nos prières de l'amour d'Israël, ce qui donne la puissance et le mérite d'être secouru.
-> Le rav Dessler (Mikhtav méEliyahou vol.1) enseigne à ce sujet :
"Tout individu qui prie pour la communauté entière ... ses prières valent sous cette forme 1 000 fois celles de 1 000 individus qui auraient prié pour eux-mêmes uniquement.
Sa prière s'en trouve donc plus pure, car elle est débarrassée d'intérêts personnels, et l'esprit communautaire s'en trouve aussi renforcé"
-> Le Avné Nézer lors des funérailles du Sfat Emet a dit : "Il est clair pour moi pourquoi le Sfat Emet est mort d'une maladie rare, que même les spécialistes n'ont pas su diagnostiquer.
Il priait pour énormément de juifs, qui avaient toutes les maladies possibles.
S'il avait été frappé par une maladie pour laquelle il avait prié pour d'autres personnes, sa prière aurait également été répondue (faisant qu'il en soit sauvé).
C'est pour cela qu'il a été nécessaire au Ciel de créer une maladie juste pour lui."
-> Le Baal Chem Tov enseigne que lorsque l’on veut juger d’en-Haut la faute d’un homme, on le place dans une situation où il verra son ami faire cette même faute et on observe de quelle façon il jugera celui-ci.
De la même façon qu’il jugera son prochain, on le jugera d’en-Haut sur cette faute : s’il l’a jugé avec rigueur, lui-même sera jugé avec rigueur et s’il l’a jugé favorablement, il sera jugé favorablement.
Il en découle que si une personne reste insensible devant les souffrances de son prochain, du Ciel on va évaluer chez cette personne, s'il n'y a pas des souffrances qu'elle aurait dû avoir et qu'elle n'a pas encore eu, et on pourra alors conclure qu'elle mérite davantage de souffrances.
Mais si une personne va prendre le temps de prier pour autrui, du Ciel on va chercher des moyens de diminuer ses souffrances, ses problèmes.
Cette méthode permet d'obtenir ce dont nous avons prié pour autrui.
-> Tous les matins en se levant, Rabbi Zusia avait coutume de souhaiter une bonne journée à tout le peuple juif, demandant pour tous une journée pleines de bénédictions et de succès.
[Maor vaChémech]
-> D'autres prient pour une réfoua chéléma dès qu'ils voient une ambulance passer, ... Toute occasion est bonne pour bénir autrui!
[Imaginons qu'il était prévu sur nous un maladie, mais qu'on a souhaité sincèrement une réfoua chéléma à autrui (même un juif inconnu), cela va peut être nous en dispenser, et ce sans forcément que nous nous en rendions compte!]
<------------>
On peut noter que dans la amida, nous utilisons la forme plurielle (nous), signe d'un amour de chaque personne du peuple juif.
D'ailleurs, le 'Hafets 'Haïm nous conseille : "celui qui veut garantir que ses prières soient agrées doit prier pour la communauté et s'inclure avec ses membres, car la prière pour la communauté est plus facilement acceptée".
<------------>
-> "Celui qui peut implorer la compassion divine pour son prochain et ne le fait pas est appelé un fauteur"
[guémara Béra'hot 12b]
Ne pas réagir lorsque l'on apprend la souffrance d'une autre personne, se retenir de faire usage d'un outil aussi facilement accessible que la prière trahit un manque flagrant d'amour d'Israël.
-> "Les portes de la prière sont closes depuis la destruction du [2e] Temple"
[guémara Béra'hot 32b]
Le Méam Loez (Eikha 1,2) commente : "Les pleurs du peuple juif éveillent la pitié de Hachem, et à leur suite, Lui-même élève la voix en pleurant."
Le Séfer 'Hassidim explique que la raison pour laquelle nos prières sont rejetées est que nous ne ressentons pas suffisamment la souffrance des autres.
L'amour de son prochain, ce sentiment d'union, est un outil essentiel pour que nos prières soient agréées.
-> "Tout Israël, et ceux qui leur font confiance, sont comme des frères, comme le dit la Torah : 'Vous êtes les enfants de Hachem, votre D.' (Dévarim 14,1)
Or si un frère n'a pas de compassion pour son autre frère, qui en aura?"
[Rambam - Hilkhot Matnot Aniim 10,2]
-> "Etant tous des enfants de D., imaginez à quel point, Hachem peut être irrité par un enfant qui va dire du lachon ara sur un de ses frères"
['Hafets 'Haïm - 'Hovat haChemira]
-> Dès que 2 juifs reconnaissent qu'ils sont les enfants d'un même Père (Hachem), ils peuvent commencer à développer l'affinité naturelle inhérente à leur lien.
[Rav Mattitiahou Salomon]
On est tous complémentaire dans la réalisation d'un but commun : faire que la gloire de Hachem dans ce monde soit le plus fortement proclamée.
Il n'y a pas de concurrence, chacun a son rôle et une contribution unique à jouer.
Par ailleurs, étant tous lié, lorsqu'autrui se porte bien, cela me sera également profitable par ricochet.
[il va bien => la globalité du peuple juif va mieux => étant un membre de ce corps, je vais mieux! ]
<------------------------------------------->
-> "Lorsque des gens prient pour une autre personne, ils deviennent comme ses élèves (talmidim) en ce sens qu'il leur permet d'avoir du mérite"
[rav Eliyahou Lopian]
-> Chaque fois qu'une personne est à l'origine de quelque chose de bien, qu'elle en ait conscience ou non, elle acquiert un mérite pour cela.
Ainsi, lorsque quelqu'un prie pour la guérison d'un malade, et qu'en agissant ainsi, il se rapproche de Hachem, c'est le malade qui est à l'origine de cette transformation et tout le mérite lui revient.
Et plus il y a de personnes qui prient pour lui et qui s'en trouvent élevées, plus grand est le mérite qu'il acquiert.
=> Ainsi, le malade finira par être transformé par tout le mérite qu'il a accumulé, même s'il n'en a pas connaissance et le décret à son encontre pourra éventuellement être annulé.
[de plus, il faut y ajouter toutes les pensées de téchouva, les bonnes résolutions prises. En effet, face à la vision d'un malade, d'un hôpital, on se rend compte du caractère éphémère de la vie, et cela réveille en nous la nécessité d'utiliser notre courte vie au mieux.
(cela conduit également à exprimer notre gratitude : "Grâce à D., je suis vivant et en parfaite sante! De tout cœur, merci Hachem!!")
=> Tous ces conséquences indirectes viennent également au mérite du malade.
On peut également citer le fait que la maladie aide à nous focaliser sur la personne malade : comme c'est dommage, c'est quelqu'un avec de si belles qualités, qui réalise de magnifiques actes, ... (on aura tendance à rapporter des illustrations concrètes à son sujet).
Par cela, le malade devient plus ou moins consciemment un modèle de vie, un rav de moussar vivant, que l'on a envie d'imiter. Et cela lui génère du mérite. ]
+ "La prière n'est pas seulement l'accomplissement d'un commandement général, mais plutôt une conversation entre un juif et son Créateur, lui permettant ainsi d'aborder Hachem et d'adhérer rapidement et étroitement à Lui.
C'est pour cette raison que Hachem désire nos prières."
[Rav Yé'hezkel Levenstein]
-> "[Au travers de la prière,] nous prenons totalement conscience de la simple réalité que Hachem est ici, réel et vrai ; qu'il est aisé de créer un lien personnel et sincère avec Lui et de discuter avec Lui de notre besoin le plus commun et le plus terre-à-terre ; et que ceux qui agissent ainsi ne sont jamais déçus."
[Rav Chimchon David Pinkous]
-> "Tout bienfait et toute réussite découlant de la prière ne se comparent pas au mérite de notre capacité réelle à nous tenir devant le Roi des rois.
La proximité avec Hachem, ainsi que le lien qui nous unit à Lui, sont plus importants et précieux que le fait de voir agréée la requête que nous Lui soumettons."
[le Malbim - sur le Téhilim 63,4]
<------------------------>
-> "[Pendant la amida], on doit être conscient de se trouver face à la présence divine ...
On doit garder à l'esprit que si on s'adressait à un roi de chair et de sang, on choisirait ses mots et o les prononcerait avec le plus grand soin, afin de s'assurer de ne pas faire de faux pas.
Il est donc encore bien plus nécessaire de le faire devant le Roi des rois, Qui examine toutes les pensées."
[Choul'han Arou'h 98,1]
-> "La prière [la amida] est comparable au fait de se tenir devant le Roi et de Lui parler face à face, si l'on peut dire.
Par conséquent, elle est [récitée] debout dans la crainte et le respect"
[Arou'h haChoul'han 89,6]
-> "[La amida] est le cœur de la prière, et il est absolument interdit de l'interrompre [même pour répondre Amen à la Kédoucha ou au Kadich] parce que l'on est très proche de Hachem, ce qui est plus grand que toutes [les autres] choses qui sont saintes"
[Ramh'al - Déré'h Hachem]
-> Cette notion se voit également dans les lois du Choul'han Arou'h.
On peut réciter le Chéma tant que tout notre bas du corps à partir de nos hanches est recouvert.
Par contre, il est interdit de dire la Amida, tant que l'on n'est pas entièrement vêtu, comme une personne se présentant devant un roi (cf. Ora'h 'Haïm 91,5).
La michna Béroura (74,24) explique que la amida répond à des règles bien plus strictes que toutes les autres prières et bénédictions, parce que lorsqu'une personne la récite, elle doit se visualiser elle-même comme se tenant réellement devant le Roi et Lui-parlant, ce qui exige d'elle de se tenir debout avec appréhension.
<------------------------>
-> La guémara (Shabbath 10a) nous rapporte :
"Rava bar Rav Houna avait l'habitude de mettre des chaussures élégantes pour prier. Il avançait comme explication à cette pratique : "Prépare-toi à rencontrer ton D., ô Israël" (Amos 4,12) ...
Rav Achi disait : "J'ai observé que rav Kahana, lorsque régnait la paix, s'habillait, se couvrait et s'enveloppait [dans plusieurs couches de vêtements fins], puis il priait.
Il disait en guise d'explication : "Prépare-toi à rencontrer ton D., ô Israël".
Rav Chmouel bar Na'hmani disait au nom de Rav Yonatan : Celui qui a besoin de se soulager ne doit pas prier tant qu'il ne l'a pas fait, parce qu'il est dit : "Prépare-toi à rencontrer ton D., ô Israël"."
"J'ai invoqué ton nom des profondeurs de la fosse" (Eikha 3,55)
-> Le prophète Yona a été jeté dans la mer, et avalé par un grand poisson.
Le midrach (Yalkout Chimoni - Yona 550) nous donne plus de détail sur cet épisode.
Il a d'abord était avalé par un grand poisson, et est resté à l'intérieur d'une manière très confortable.
Il n'a alors ressenti aucun besoin de devoir prier à Hachem pour être sauvé.
Après plusieurs jours, Hachem a demandé au poisson de le cracher, et sur ce, il a été avalé par un poisson de sexe féminin, dont ses entrailles étaient remplies de poissons devant naître.
Le midrach précise ainsi qu'elle portait, en elle, 365 000 petits poissons.
Yona était alors dans une situation de grande détresse en raison de l'encombrement et des déchets, et il a commencé à prier.
Cette prière se trouve dans le 2e chapitre du livre de Yona, et se termine par : "Le secours vient de Hachem". Et, Immédiatement, suite à cela : "Hachem ordonna au poisson de rejeter Yona sur la côte" (Yona 2,11).
On apprend d'ici l'importance de devoir prier de toutes ses forces, conscient que toute aide ne peut venir que grâce à Hachem.
Rav 'Haïm Kanievsky dit qu'on apprend de là que dans une situation de danger, il nous est permis de prier même si l'on est dans une lieu rempli de saletés.
<--------------------------->
-> "Aucune prière n'est perdue.
Parfois, une prière n'est pas répondue directement, mais cela va aider à empêcher d'autres tragédies d'avoir lieu.
De plus, les prières dites en l'honneur d'une personne vont lui fournir des mérites à son âme dans le monde à venir."
[Rav 'Haïm Kanievsky]
<--------------------------->
-> Alors que le rav 'Haïm Kanievsky était assis pour les Shiva, après la mort de son père le Steïpler, un médecin qui s'est occupé de lui a demandé : "les juifs du monde entier ont prié pour son rétablissement. Qu'est-il devenu de toutes ses prières?"
Le rav 'Haïm lui a répondu : "Qui sait combien de tragédies au travers le monde ont été évitée par ces masses de prières?"
Une personne peut, d'une manière extrêmement unique, être méritante de tant de choses grâce à la prière.
Grâce à la prière, des choses qui exigeraient normalement beaucoup d'efforts sur une longue de temps peuvent être méritées immédiatement, tout comme "Il y a ceux qui acquièrent le monde à Venir en une seconde" (yech koné olamo bécha'a a'hat - guémaraAvoda Zara 10).
(selon le Kovets Si'hot (1, si'hot Elloul 9), la différence entre grandir spirituellement par une avoda avec prières, et une avoda sans prière, est comme la différence entre marcher et voler).
[...]
La prière est si étonnante et puissante que tout ce qui existe dans le monde n'existe que grâce à nos prières.
C'est le sens de : "les Patriarches ont établi les prières" (haAvot tiknou téfila - guémara Béra'hot 26b).
Les Patriarches étant la racine même du peuple juif, il leur fallait nous donner une pérennité durable. Ils ont établi les prières, car c'est ce qui établit et soutient chaque création dans le monde avec une durabilité éternelle.
[rabbi Nathan Watchfogel]
La Hitbodédout
La hitbodédout se trouve à un niveau particulièrement élevé, bien au-dessus de tous les niveaux.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan II, 25 ]
<--->
-> L'un des enseignements les plus importants et les plus connus de Rabbi Na'hman concerne la prière en particulier, la prière qu'on dit en s'isolant. Cette pratique, connue sous le nom de hitbodédout, constitue le niveau ultime de nos rapports avec Hachem.
Elle nous offre l'occasion de mettre à découvert tous nos sentiments intérieurs (les plus intimes), les succès et les frustrations, les joies et les tristesse de chaque jour.
Par la hitbodédout, nous nous examinons et réexaminons, corrigeons les fautes et les erreurs du passé et recherchons en même temps la bonne voie pour le futur ...
Rabbi Nathan de Breslev écrit que Rabbi Na'hman n'accéda au niveau qu'il devait atteindre que grâce à la pratique de la hitbodédout (Chiv'hé Haran - début).
Mais pas seulement lui. Rabbi Na'hman disait lui-même : "Tous les Tsadikim ne purent accéder à ces hauts niveaux spirituels que grâce à la pratique de la hitbodédout" (Likouté Moharan II, 100).
-> Rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan II, 95 - 101, ... ) enseigne :
Efforce-toi au maximum de passer au moins une heure par jour à t'isoler pour méditer. Exprime-toi dans ton propre langage ; utilise la langue que tu connais le mieux. Parle de tout ce qui t'arrive. Avoue tes fautes, qu'elles soient intentionnelles ou non.
Adresse-toi à Hachem comme on s'adresse à un ami. Raconte-Lui ce que tu ressens, parle-Lui de tes peines et de tes souffrances, de ce qui te fait mal; de ta situation personnelle, celle de ta famille et celle du Peuple juif en général.
"Raisonne" avec Hachem de toutes les façons que tu peux, plaide bien ta cause. Harcèle-Le sans répit.
Implore-Le de te rapprocher vraiment de Lui. Crie, gémis, soupire et verse des larmes.
Remercie-Le pour tout l'amour qu'Il a manifesté à ton égard, dans le domaine aussi bien matériel que spirituel.
Entonne des chants en Son honneur et à Sa gloire ; chante Ses louanges et demande-Lui tout ce qui te manque dans tous les domaines.
Sois fermement convaincu que la satisfaction qu'Il retire de telles conversations, même si elles émanent des gens les plus simples, est plus précieuse à Ses yeux que toutes les sortes de dévotions, même celles des anges, de tous les univers.
Même si tu n'arrives pas du tout à ouvrir la bouche, le seul fait de te présenter devant Lui, de mettre toute ta confiance en Lui, de lever les yeux au Ciel et te forcer à ne prononcer ne serait-ce qu'une seule parole, tout cela dure (laisse un impact) éternellement.
-> "Si l'on réserve chaque jour un certain temps pour parler avec Hachem, on aura sûrement le privilège de se rapprocher de Lui. On peut faire cela durant des jours et des années sans effet apparent, mais il faut persévérer, car on aboutira en fin de compte au but recherché.
C'est ainsi que le roi David conçut le Livre des Téhilim. Rabbi Na'hman explique que c'était essentiellement la nuit, lorsqu'il se trouvait sous ses couvertures, que le Roi s'isolait avec Hachem. A l'abri des regards importuns, il épanchait ainsi chaque nuit son cœur devant l'Eternel. Il continua à agir de la sorte jusqu'à ce que ses prières fussent exaucées".
[Si'hot haRan 68 ]
-> Rabbi Nathan de Breslev disait : "Tout au long des enseignements de Rabni Na'hman, nous trouvons des conseils exceptionnels sur la dévotion divine et notre rapprochement avec Hachem. Ces conseils sont néanmoins parfois extrêmement difficiles à suivre.
Le seul conseil qui ait constamment le pouvoir de nous élever aux grands niveaux spirituels que nous souhaitons atteindre est la pratique de la hitbodédout.
[Likouté Moharan II, 101 ]
<--->
+ La grandeur de la hitbodédout :
-> La hitbodédout est une forme d'inspiration divine.
C'est ainsi que le roi David composa le livre de Téhilim. Il s'éleva lui-même pour parler et prier devant Hachem.
"A Toi, mon cœur parle" (Téhilim 27,8). Rachi explique : "A Toi, à Ton service, comme Ton messager, mon cœur parle".
Son cœur servait de messager d'Hachem, lui faisant prononcer les paroles envoyées par Hachem Lui-même pour qu'il pût prier devant Lui. C'est à partir de ces paroles, inspirées de la Divinité, que le Livre des Psaumes (Téhilim) fut composé. Le niveau d'inspiration divine de chaque personne est déterminé par l'intensité avec laquelle elle s'imprègne de ces paroles qui proviennent d'Hachem.
[Likouté Moharan I, 56 ]
-> Essayez de vous imaginer l'entrée du Grand Prêtre (Cohen Gadol) dans le Saint des Saints le jour de Kipour, seul jour de l'année où il en avait la permission. Décrivant son apparence, la liturgie souligne qu'il ressemblait à "quelqu'un d'assis, seul, priant devant Dieu".
Rabbi Nathan de Breslev disait : "Imaginez le Grand Prêtre entrant dans le Saint des Saints. Il ressemble au fidèle assis qui déverse son cœur devant Hachem". [séfer Histafkout haNéfech - Introduction]
[ainsi nous pouvons pour dire, grâce à la hitbodédout, entrer librement dans le Saint des Saints chaque jour de l'année! ]
-> Rabbi Na'hman donnait l'analogie suivante : "Les brigands tendent généralement à se réunir dans les carrefours de routes fréquentées, à la recherche d'une victime innocente. Quiconque veut les éviter doit emprunter un nouveau chemin qui leur est inconnu.
Il en est de même pour la prière. Les prières standards, récitées par tout le monde, sont bien connues des "brigands", les détracteurs et les forces du mal.
La hitbodédout est une voie complètement nouvelle. Changer d'attitude, utiliser des termes nouveaux et des supplications originales, cela sème la confusion au sein de ces "brigands" spirituels. Nos prières s'élèvent alors sans encombre".
[Likouté Moharan II, 97 ]
-> Rabbi Nathan de Breslev écrit : "Vous pouvez aisément le vérifier : si vous pratiquez la hitbodédout pendant 40 jours de suite, je vous garantis que vous verrez des résultats" (Avané'ha Barzel - p.66).
-> Rabbi Nathan (Si'hot haRan 185) écrit :
"Rabbi Na'hman prescrivait différentes dévotions à chacun de ses disciples ...
Il y avait cependant une méthode qu'il recommandait à tous: c'était l'étude quotidienne des lois juives. "Même lorsqu'une personne ne dispose pas de temps, disait-il, elle doit étudier au moins une loi dans le Choul'han Aroukh chaque jour." Une autre pratique qu'il recommandait de manière générale était de s'isoler chaque jour pour prier devant Hachem. Ces deux choses sont recommandées à chacun, car il a la possibilité de les accomplir.
Tout ce que je prescris aide beaucoup et constitue un remède pour le passé et le futur; cela vous aidera à passer devant le Tribunal Céleste après la mort ; vous connaîtrez par là l'époque du machia'h, la résurrection des morts et cela vous aidera dans le Monde à Venir."
<--->
-> Rabbi Na'hman (Likouté Moharan II, 98) enseigne : "Le langage a le pouvoir extraordinaire d'éveiller le cœur de l'homme pour servir Hachem. Ainsi, même sı tu sens que te paroles manquent de vigueur, continue à les dire. Un moment après, ces paroles "dépourvues de cœur" t'inciteront à servir Hachem" (Likouté Moharan II, 98).
-> "Comment peut-on élever son cœur au service de Dieu?" demanda une fois Rabbi Youdel à Rabénou. "Par le pouvoir de la parole!" répondit-il. "Articule les mots avec tes lèvres, récite constamment les Psaumes et d'autres prières, et ton cœur s'élèvera" ('Hayé Moharan - 441).
-> Rabbi Na'hman dit : "Il en est de même pour la prière: la pratique quotidienne de la hitbodédout ébrèche notre cœur de pierre et élève la personne vers Hachem" ('Hayé Moharan - 441).
-> Rabbi Na'hman nous enseigne qu'on peut tout obtenir d'Hachem par le biais de la hitbodédout. Comme il le disait lui-même : "Si j'avais connu dans ma jeunesse le pouvoir de la prière (ce qu'est la hitbodédout), je n'aurais pas fait subir autant de mortifications à mon corps" (séfer Histafkout haNéfech - introduction).
<--->
+ Où faire hitbodédout :
-> Réserve ... [du temps] chaque jour pour méditer dans une chambre ou dans les prés. Déverse ton cœur en utilisant des termes de grâce et de supplications dans ta langue maternelle. Quand tu supplies Hachem dans la langue que tu parles normalement, à laquelle tu es habitué, tu peux t'exprimer aussi clairement que possible ; les mots se trouvent plus près de ton cœur ; ils couleront par conséquent avec plus de facilité. [Likouté Moharan II, 25]
-> Rabbi Na'hman préconisait [idéalement] de choisir un lieu où l'on puisse se concentrer dans sa méditation, sans être dérangé, comme par exemple : une pièce de la maison, mieux, un parc, et mieux encore, au milieu des prés ou dans la forêt, dans la solitude et la tranquillité totales.
-> "Tout comme le jour est moins propice que la nuit à la hitbodédout, la ville est moins propice que la campagne.
En ville, les gens recherchent les "plaisirs terrestres (matériels)", et même si la nuit ces plaisirs n'existent pas réellement, le vacarme et le tumulte qu'ils créent durant la journée gênent la méditation la nuit. C'est la raison pour laquelle le meilleur endroit pour la méditation, ce sont les champs en dehors de la ville, où les influences pénibles de la journée et de ce monde sont réduites au minimum. [Likouté Moharan I, 52 ]
-> Sache! Quand une personne médite dans les champs, toute la végétation se joint à sa prière et en augmente l'efficacité et le pouvoir. [Likouté Moharan II, 11 ]
-> Une fois, Rabbi Na'hman se promenait dans une grasse prairie, "Si seulement tu pouvais entendre la symphonie de l'herbe, dit-il à celui qui l'accompagnait, chaque brin d'herbe chante les louanges d'Hachem". [Si'hot haRan - 163 ]
-> Au temps de Rabbi Na'hman, la plupart des villes et cités étaient petites, et sortir à la campagne n'était pas un problème majeur. Aujourd'hui, ceux qui habitent dans un village ou une petite ville peuvent encore en profiter hitbodédout ; mais la plupart des gens vivant en ville ou dans une métropole, ont des difficultés à en sortir. Qu'ils pratiquent donc leur hitbodédout dans le parc le plus proche.
[à cet effet, Rabbi Na'hman enseignait qu'il ne faut pas craindre le danger de prier dans les champs ou les parcs la nuit, parce que c'est une grande mitsva d'implorer Hachem et de se rapprocher de Lui, et "celui qui accomplit un précepte divin ne craint aucun mal" (Pessa'him 8b). Les dangers de tomber dans les mains des "forces du ma" sont en outre bien plus grands que les risques que l'on court à pénétrer dans une forêt pour y méditer. Il est clair qu'il n'est pas question ici d'endroits où il est dangereux de se promener même dans la journée. La loi est très claire à cet égard: il ne faut pas compter sur les miracles (idem). ]
<--->
-> "Je me suis exténué en gémissements; chaque nuit je baigne mon lit [de larmes]; de mes pleurs j’inonde ma couche." (Téhilim 6,7)
Le roi David s'isoler dans son lit pour converser avec Hachem.
-> Rabbi Na'hman disait qu'on peut même s'isoler pour prier sous son talith; il suffit de le draper autour de sa tête et de converser avec Hachem comme on le souhaite, même au milieu de tout le monde.
Rabbi Na'hman (Si'hot haRan 274-275) dit qu'on peut parler avec Hachem assis devant un livre ouvert, en laissant croire aux autres qu'on est plongé dans son étude.
On peut aussi pratiquer la hitbodédout tout en marchant, et rabbi Na'hman pratiquait lui-même cette méthode (cf. 'Hayé Moharan 7).
L'idée est qu'il n'y a aucune raison d'attendre d'arriver à destination ou des conditions parfaites pour converser avec Hachem. Lorsque l'on sent qu'on a besoin alors on doit vider son intériorité (coeur) à papa Hachem.
<--->
+ Se tourner vers Hachem en hitbodédout pour toute chose :
-> Rabbi Na'hman parlait de vêtements une fois avec un de ses disciples : "Il faut prier pour chaque chose, lui dit-il. Si tes habits sont déchirés et doivent être remplacés, prie Dieu de t'en procurer de neufs. Fais ainsi pour chaque chose. Prends l'habitude de prier pour tous tes besoins, importants ou mineurs ...
Celui qui ne prie pas Dieu pour obtenir ce dont il a besoin est semblable à un animal. Dieu donne à toute créature son pain sans être sollicité.
Pour être considéré comme un homme, on doit, par la prière, obtenir de Dieu tout ce qui est nécessaire à la vie.
[Si'hot haRan - 233]
-> Rabbi Nathan écrit (idem) : "Je parlais un jour avec Rabénou d'une babiole que je désirais. Il me dit: "Prie Dieu pour l'obtenir". J'étais très étonné d'apprendre que l'on doit prier Dieu, même pour des choses aussi banales. Dans ce cas particulier, il ne s'agissait même pas d'une nécessité.
Voyant ma surprise, Rabbi Na'hman me dit : "Te crois-tu trop respectable pour prier Dieu pour une chose mineure aussi insignifiante?"
-> La hitbodédout embrasse tous les aspects de la vie, depuis les menues affaires quotidiennes de l'homme, jusqu'aux cimes spirituelles auxquelles nous aspirons.
Quand Rabbi Na'hman enseignait que nous devons exprimer en prières devant Dieu tout ce dont nous avons besoin, il voulait bien dire TOUT! Que nous souhaitions être en bonne santé (et qui ne le souhaite pas?), connaître la réussite dans nos affaires et notre gagne-pain, avoir l'aide de Dieu pour l'éducation de nos enfants, ou les soins apportés à nos parents (âgés ou moins âgés), etc., nous devons lever les yeux au Ciel, ouvrir notre cœur et notre bouche pour supplier Dieu.
Nous devons Lui demander de nous assurer que tout est pour le mieux. Si tout va bien, tant mieux, sinon, prions de nouveau; et encore, et encore...
La hitbodédout, ce n'est pas quelque chose que nous pratiquons une seule fois, pour nous arrêter ensuite. C'est une pratique quotidienne.
[rav 'Haïm Kramer]
<--->
+ Comme un enfant :
-> Rabbi Na'hman disait qu'il est très bon de déverser ses pensées devant Hachem comme un enfant intercédant auprès de son père. Hachem nous appelle Ses enfants, comme il est écrit : "Vous êtes les enfants de l'Eternel, votre Dieu" (Réé 14,1).
De ce fait, il est bon d'exprimer ses pensées et ses peines devant Hachem, tel un enfant se plaignant devant son père avec des gestes de grâce et de compassion.
[Si'hot haRan - 7]
<------>
+ Le soupir :
-> Rabbi Na'hman enseigne : "On devrait gémir et soupirer au cours de la hitbodédout". ['Hayé Moharan - 441).
-> Le soupir du juif est très précieux". [Likouté Moharan I 8,1 ]
-> Quand on gémit et qu'on soupire pour son manque d'ardeur pour la sainteté, on s'attache au souffle de la sainteté. C'est parce que le soupir ... constitue le souffle même de la vie. [Likouté Moharan I, 109 ]
<--->
+ Et si on ne peut pas? :
-> "Il peut arriver que l'homme se sente incapable de parler à Hachem. Il n'arrive pas à trouver les paroles qu'il doit prononcer. Il ne doit surtout pas se décourager, car le seul fait de s'asseoir devant Hachem et de vouloir L'implorer est en soi-même une très grande chose" (Likouté Moharan II, 25).
-> Rabbi Its'hak de Toulchin, fils de Rabbi Nathan de Breslev, discutait souvent avec son père de ses difficultés à accéder à un niveau spirituel élevé. Il se plaignait une fois devant lui de l'affaiblissement de ses dévotions et de son incapacité à méditer convenablement.
Rabbi Nathan dit à son fils que la grandeur du Roi David se manifestait précisément dans ce domaine car il désirait adresser ses prières à Hachem, mais les mots lui manquaient. Il savait cependant qu'on ne doit jamais désespérer. Au lieu de céder, il gémissait et criait vers Hachem, L'implorant de lui ouvrir la bouche : c'était cela même qui constituait sa prière.
Hachem écoutait alors ses supplications et lui donnait l'inspiration nécessaire pour trouver les mots justes qui lui permettraient de déverser son cœur. En fait, Hachem désire que nous L'implorions de nous guider à prier convenablement. (Avané'ha Barzel - p.70, n°53).
Nous ne devons jamais désespérer de la hitbodédout. Si nous ne pouvons pas parler à Hachem, nous devons persévérer.
<--->
-> Rabbi Na'hman enseigne : "De cela même, nous pouvons faire une prière. Nous pouvons prier pour le fait d'avoir voulu prier, mais de ne pas y être parvenus" (Likouté Moharan II, 25).
Même quand nous ne pouvons pas parler, même si nous ne pouvons sortir de la bouche qu'une seule parole, tous les efforts que nous déployons pour pratiquer la hitbodédout en valent la peine.
Répétons inlassablement ce mot, des jours entiers, s'il le faut. Hachem finira par nous ouvrir la bouche et nous envoyer les mots nécessaires pour la prière et la méditation (Likouté Moharan II, 96).
-> Nous pouvons être amenés à dire : "Rien ne va plus, ô mon Dieu. Je ne ressens aucune envie de parler. Je ne ressens rien. Ouvre-moi la bouche, de grâce, s'il Te plaît!"
Le Tikoun ‘Hatsot
-> Celui qui éprouve dans son cœur la crainte de Dieu devrait se réveiller à minuit pour pleurer sur la destruction du Temple (Ora'h Haïm I:3).
Le Tikoun 'Hatsot est la prière que l'on récite pour pleurer la destruction du Temple (Michnah Bérourah I:9).
-> Rabbi Na'hman de Breslev enseigne : "La principale dévotion d'un juif est de se lever à minuit pour réciter le Tikoun 'Hatsot" (Si'hot haRan 301).
-> Le Temple correspond au concept du da'at (la connaissance). Quand l'esprit/la connaissance de l'individu est pur, c'est comme si le Temple était reconstruit. Un défaut de sa connaissance (de son intelligence) indique en revanche la destruction du Temple. [Likouté Moharan II, 67 ]
-> Le passé est mort; la Maison de Dieu a été détruite il y a presque deux millénaires. L'Eternel attend maintenant que l'on revienne à Lui (et attend également de revenir vers nous) pour rebâtir le Temple. Même si nous prétendons que ce n'est pas nous qui avons causé la destruction du Temple, le Talmud nous apprend que nous en sommes responsables.
Si le Temple n'est pas reconstruit de nos jours, enseigne le Talmud (Yérouchalmi, Yoma 1,1), c'est comme s'il était dé-truit. Il se pourrait également qu'au cours d'une incarnation précédente, nous ayons été la cause de sa destruction. Chacun de nous se doit donc au moins de s'assurer qu'il ne contribue pas à retarder sa réédification.
Efforçons-nous alors de nous lever à minuit pour pleurer la destruction du Temple. Dieu a promis de récompenser tous ceux qui le font, en leur permettant d'assister à la reconstruction du Temple et de Jérusalem. (Likouté Moharan II, 67)
<--->
-> S'éloigner de Dieu, c'est comme s'endormir ; plus l'individu est plongé dans le sommeil, plus il a de difficultés à s'éveiller pour servir Dieu. Le sommeil est en outre comparé à la sagesse "inférieure", à une existence inconsciente, alors que l'éveil incarne la conscience vive.
Ainsi, se réveiller pour le Tikoun 'Hatsot correspond à la prise de conscience de son existence et à la nécessité d'employer au mieux sa vie. Il correspond aussi à la recherche de points positifs en soi-même, à l'intérieur des "ténèbres" qui nous entourent.
Ce réveil est d'une valeur inestimable, car il contribue à "briser" le sommeil et à annihiler la distance qui sépare l'homme d'Hachem.
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Hachkamat haboker 1,12 ]
[ ainsi, l'une des raisons majeures pour lesquelles, interrompant son sommeil, on se lève à minuit afin de réciter la prière de tikoun 'hatsot est de briser l'Obscurité qui nous étouffent dans notre vie quotidienne.]
<--->
-> "En récitant le Tikoun Hatsot, on trouve qu'on peut exprimer librement ses sentiments, tout comme le permet la hitbodédout. On récite le Tikoun 'Hatsot non seulement pour la destruction du Temple, mais surtout pour ce qui arrive à chacun, à l'heure présente.
Celui qui a le privilège de les réciter de la sorte trouvera que tout ce qui lui arrive apparaît dans les mots du Tikoun 'Hatsot"
[Likouté Moharan II, 101]
-> "O Dieu, des païens ont envahi ton héritage (na'hala) ; souillé Ton Sanctuaire (hékhal), réduit Jérusalem en un monceau de décombres" (Téhilim 79,1).
D'après la Kabbale et les enseignements 'hassidiques, le terme na'hala symbolise le Temple, la connaissance (da'ath); hékhal représente la bouche et Jérusalem, le cœur.
Le rav 'Haïm Kramer rapporte que le doyen de sa Yéchivah interprétait ainsi : "L'esprit du juif, le Temple, devrait contenir le Talmud : le Bavli et le Yérouchalmi, le Midrach, le Zohar, le Choul'han 'Aroukh, ... Au lieu de cela, nous nous préoccupons des "sagesses", de la "culture" des nations.
La bouche du juif, le hekhal, devrait constamment chanter l'éloge de Dieu, réciter des paroles de Torah et de prière, et prononcer des paroles de réconfort et de bonté à l'égard de sa famille et de ses amis. Au lieu de cela, nous nous laissons aller aux railleries et à la calomnie.
Le cœur du juif, Jérusalem, la cité sainte, devrait être empli de l'amour et de la crainte de Dieu ; au lieu de cela, nous l'avons ouvert à des futilités ... C'est ainsi que l'on peut "traduire" et appliquer le Tikoun 'Hatsot à notre situation personnelle.
<--->
+ Sa grandeur :
-> Le Tikoun Hatsot peut mener à la délivrance. Il peut atténuer les sentences rigoureuses.
[rabbi Na'hman - Likouté Moharan I, 149 ]
-> A 'Hatsot, une grande miséricorde descend du ciel.
[rabbi Nathan - Likouté Halakhot - Hachkamat haboker 1,14 ]
-> La Rédemption (guéoula) finale commencera à hatsot, tout comme la sortie d'Egypte. Cela nous enseigne que la Rédemption que nous attendons viendra grâce au mérite de ceux qui se lèvent pour Hatsot.
[rabbi Nathan - Likouté Halakhot - Hachkamat haboker 1,15 ]
Prier pour les autres
+ Prier pour les autres :
-> Le 'Hatam Sofer cite la guémara (Béra'hot 12b), qui dit que quelqu'un qui pourrait prier pour les autres [juifs], mais ne le fait pas est considéré comme un fauteur.
Selon le 'Hatam Sofer, la guémara poursuit en disant qu'un talmid 'hacham doit se rendre malade en priant pour les autres. Il explique cette exigence de la manière suivante : Puisque le peuple juif tout entier est comme une seule âme et un seul corps, lorsqu'une personne souffre, l'autre doit également ressentir cette douleur ("se rendre malade").
Puisque les deux personnes souffrent maintenant, il est également capable de prier, car il n'est plus considéré qu'il prie pour quelqu'un d'autre, mais plutôt comme une personne priant avec sa bouche pour qu'il soit guéri de la douleur dans son doigt.
Ceci est vrai pour tout le monde, mais la guémara souligne qu'un talmid 'hakham devrait particulièrement le faire, parce que sa grandeur supplémentaire le rend semblable à la tête du corps, qui est plus importante et plus influente que les autres parties du corps et qui est donc plus apte à prier.
[ex : un conseil est de prendre quelques secondes pour imaginer et ressentir les douleurs du malade, la souffrance de sa famille, ... et alors on pourra prier avec davantage de cœur, et donc avoir une prière qui aura plus d'impact.
Juste quelques secondes où l'autre (pour lequel on prie) devient nous-même! (cela peut être valable également pour les bonnes nouvelles, l'essentiel étant de vivre ce qu'il vit autant que possible, même quelques secondes) ]
-> Cette idée nous conduit à la compréhension la plus simple du Arizal, qui écrit [dans sa courte prière que nous disons] avant de commencer chaque prière, il faut avoir à l'esprit d'accomplir la mitsva de "aimer son prochain comme soi-même". En effet, on ne peut vraiment prier pour un autre juif que lorsqu'on réalise que nous sommes tous une seule entité et que sa douleur est la mienne.
Nos prières sont très souvent à la forme plurielle car elles ont un impact et le pouvoir de sauver notre prochain juif de ses difficultés.
[de même, certains ont l'habitude de donner des pièces à la tsédaka avant de prier. On peut voir cela comme une façon de s'ouvrir concrètement à l'amour d'autrui, à la conscience que nous sommes liés. ]
-> Nombreux sont ceux qui s'inquiètent de ne pas voir leurs prières porter leurs fruits. Il leur semble qu'Hachem ne répond pas aux prières et souvent, par frustration, ils cessent de prier.
Pourtant, la tradition transmise par de nombreux grands tsadikim veut qu'Hachem réponde à chaque prière qu'un juif Lui adresse.
Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles nous ne voyons pas nos prières exaucés, mais nous mentionnerons ici le principe expliqué par le Déguel Ma'hané Efraïm (Ki Tétsé).
Il écrit que parfois, Hachem prend une prière dite par quelqu'un dans une partie du monde et l'utilise pour aider un autre juif ailleurs. Un juif de Paris peut prier pour une aide financière et Hachem répondra à sa prière en permettant à un juif d'Australie d'avoir de l'aide pour avoir une bonne parnassa.
[il est intéressant de noter que tous les juifs sont liés peut importe l'espace (le lieu où ils se trouvent) et le temps, puisque par nos actions nous influençons les juifs décédés, ainsi que ceux à venir.]
<--->
-> issu du dvar Torah : https://todahm.com/2023/08/22/aimer-son-prochain
Couteaux & birkat hamazon
+++ Couteaux & birkat hamazon :
+ "Si Tu construiras là un autel pour Hachem ton D., un autel de pierres; tu ne lèveras pas le fer sur elles" (Ki Tavo 27,5)
-> Il existe une coutume (Choul'han Arou'h 180,5 ; Michna Broura 180,11) : "Nous avons l'habitude de recouvrir les couteaux au moment du birkat hamazon mais nous n'avons pas l'habitude de les recouvrir durant le Shabbat et les jours de fête."
-> La source de cette coutume est rapportée dans le Beit Yossef (rabbi Yossef Karo) qui en donne 2 raisons :
1°/ la premier est rapportée au nom du Rokéa'h qui s'appuie sur un verset au sujet du Mizbea'h : "Tu construiras là-bas un autel pour Hachem ton D., un autel de pierre. Tu ne lèveras pas sur lui le fer." (Ki Tavo 27,5)
Rachi (Yitro 20,22) explique que l'autel fut créé pour prolonger la vie de l'homme alors que le fer le fut pour l'abréger. Il ne convient donc pas à ce qui raccourcit la vie d'être aiguisé sur ce qui la rallonge.
A notre propos, il est rapporté dans la guémara ('Haguiga 27a) : "A l'époque du Temple, l'autel réparait la faute de l'homme. A présent que le Temple est détruit, c'est la table d'une personne qui répare ses fautes".
Ainsi, il ne convient pas de laisser des couteaux sur la table au moment du birkat hamazon.
2°/ La 2e raison est rapportée par Rabbi Sim'ha : "J'ai entendu une autre raison : une fois, une personne faisait les bénédictions du birkat hamazon et lorsqu'il arriva à la bénédiction de la reconstruction de Jérusalem où est mentionnée la destruction du Temple, il saisit le couteau et se tua. Depuis ce tragique incident, nous avons l'habitude de retirer les couteaux au moment de faire le birkat hamazon".
A ce propos, le Beit Yossef écrit : "Ces 2 raisons sont rapportées dans le Or'hot 'Haïm (Hilkot Birkat haMazon 8) et nous avons l'habitude de ne pas recouvrir les couteaux durant les Shabbat et les jours de fête.
Cependant, d'après la raison rapportée par Rabbi Sim'ha, il n'existe aucune différence entre les jours profanes et le jour de Shabbat.
-> Le Maguen Avraham (fin siman 180) écrit que la raison pour laquelle nous ne recouvrons pas les couteaux ces jours-là est que la construction du Temple est interrompue durant ces jours. Par conséquent, même le Mizbeah (Autel) qui est comparable à la table ne peut être construit durant Shabbat. Ainsi, nous n'avons pas besoin de recouvrir les couteaux.
[d'autres commentateurs expliquent que même la nuit, durant la semaine, nous n'avons pas besoin de recouvrir les couteaux car nous ne construisons pas le Temple durant la nuit.]
<--->
-> Rabbi 'Haim Vital ajoute une précision sur cette coutume suivant le sens ésotérique, qu'il rapporte au nom de son Maître le Arizal (chaar roua'h hakadoch 9B) :
"Mon Maître m'a enseigné que tout homme dont la racine de son âme provient de Caïn, devra être très attentif à retirer complètement les couteaux de la table au moment du birkat hamazon car tous les ustensiles qui s'apparentent à une arme sont directement en lien avec Cain, le premier meurtrier de l'humanité. Un tel homme ne devra jamais verser le sang, même le sang de la brit mila. Il devra également être attentif à ne pas tuer ne serait-ce qu'une punaise ou des poux."
Cependant, le Arizal (chaar haguilgoulim hakdama 30) explique qu'aujourd'hui nous ne connaissons plus réellement la provenance de nos âmes car depuis la faute d'Adam le premier homme, les étincelles d'âmes se sont mélangées les unes aux autres.
Par conséquent, nous retirerons les couteaux de la table avant de procéder au birkat hamazon même le Shabat.
-> Le Kaf ha'Haïm (OH 180;15) s'appuie sur les propos du Arizal et explique : "Puisque les âmes se sont mélangées, on devra retirer les couteaux de la table au moment du birkat hamazon même durant les jours de Shabbat et les jours de fête qui sont des jours de repos car l'origine de la néchama (âme) ne change pas le jour de Shabbat ou de yom tov."
=> Pour conclure, d'après la halakha, nous pouvons laisser les couteaux sur la table découverts pendant le birkat hamazon les jours de Chabbat et de fête. Cependant, d'après le sod, nous les couvrirons ces jours-là.
La prière a le pouvoir de changer la nature.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Etsot - Prière 71 ]