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"Il se purifiera avec elles (les cendres de la Vache Rousse) le 3e jour et le 7e jour, alors il deviendra pur" ('Houkat 19,12)

-> De nos jours où nous n'avons pas les cendres de la vache rousse (para adouma) pour nous purifier, que doit faire une personne qui s'est souillée?

Le Chla haKadoch répond qu'on doit s'immerger à étudier et enseigner la Torah, afin de pleinement accomplir ses lois.

Le midrach enseigne que pour Hachem, un jour est équivalent à 1 000 années.
[de même, le Téhilim (90,4) : "mille ans sont à tes yeux comme la journée d’hier"]
Selon le Ramban (Béréchit 2,3), les 6 jours de la Création font allusion aux 6 000 années de ce monde-ci, tandis que le 7e jour, le Shabbath, fait référence au monde à Venir.

La Torah a été donnée en l'année 2488, qui est dans le 3e millénaire.
Cela correspond ainsi au 3e jour de la Création, au sujet duquel il est dit : "ki tov" (c'est bien - Béréchit 1,12).
Dans le verset ci-dessus, le mot utilisé pour "purifiera" est : "yit'hata" (יִתְחַטָּא), qui signifie également : fauter.
Ainsi, le verset peut se lire : "quelqu'un qui faute le 3e jour" = quelqu'un qui faute mais se purifie lui-même par la Torah qui a été donnée pendant le 3e millénaire, "il deviendra pur le 7e jour" = dans le monde à venir, qui est comparé au Shabbath (koulo Shabbath), il sera récompensé par la Torah qu'il a étudié.

Nos Sages disent en effet : "Celui qui se prépare la veille de Shabbath, mangera à Shabbath" (guémara Avoda Zara 3a)

=> Ainsi, par la grande puissance de l'étude et de vivre un vie de la Torah, qui a été donné au 3e millénaire, qui correspond au 3e jour de la Création, nous pouvons atteindre une pleine purification de nos fautes, et arriver pur dans le monde à Venir.

[cela explique les dates du processus de la para adouma, le 3 et 7e jour.]

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-> [Selon l’enseignement : "La durée de notre vie est de 70 ans, et à la rigueur, de 80 ans» (Téhilim 90, 10)] Si un homme se "purifie" [dans la Torah] depuis son enfance [bien que durant la jeunesse, l’attirance pour les plaisirs de ce Monde soit persistante], lorsqu’il atteint, sans avoir fauté, la moitié des années de sa vie (entre 30 et 40 ans) [c’est-à-dire le "3e jour" ], il est assuré de ne pas fauter jusqu’à la fin de ses jours (entre 70 et 80 ans) [c’est-à-dire le "7e jour"]. [guémara Yoma 38b]
(la "purification" de l’homme est donc bien liée aux "3e et 7e jour").

Si en revanche, un homme se trouvant dans la force de l’âge (le "3e jour"), ne s’est toujours pas purifié de ses péchés (en faisant téchouva) [il a succombé à la tentation des plaisirs de ce Monde], il peut tenter de le faire à la fin de sa vie (le "7e jour") ; mais s’il laisse passer cette époque sans faire téchouva, alors interviendra le verdict : le "7e jour" arrive, sans qu’il soit purifié, il mourra en tant qu’impie (racha).
[‘Hatam Sofer]

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-> Le "3e jour" symbolise l’Attribut de Yaakov (3e Patriarche et invité du 3e jour de Souccot), l’Attribut de Miséricorde.
Le "7e jour" symbolise l’Attribut de David (invité du 7e jour de Souccot), l’attribut de la Royauté. Par ailleurs, le roi David est appelé : "Mon serviteur" (avdi - עבדי), car il était annulé (batél - בטל) devant Hachem, comme "un esclave devant son Maître".
Ainsi, la Torah vient-elle nous enseigner que l’homme, pour obtenir la véritable purification, doit, d’une part, réveiller la Miséricorde divine, par la téchouva (le "3e jour") et d’autre part, se soumettre entièrement à la Volonté divine, par la pratique des mitsvot (le "7e jour").
C’est ainsi, qu’il est dit à propos de ces 2 bergers que la mort (la source de l’impureté) ne les a pas touchés : "Yaakov Avinou lo mét" (Yaakov notre Père n’est pas mort) et "David Mélé'h Israël 'haï vékayam" (David roi d’Israël est vivant et subsiste).
[Likouté Torah]

Celui qui accomplit seulement les mitsvot qui s'imposent intellectuellement a le pourvoir d'être sauvé des maladies naturelles qu'un médecin peut guérir, mais pas celui d'être également sauvé des maladies dont il est impossible de sortir naturellement.

Mais celui qui accomplit également les mitsvot qu'il est impossible de comprendre, même si l'intelligence ne les saisit pas, aura une aide du Ciel pour être sauvé des maladies dont il est impossible de sortir naturellement.

Cette idée se trouve en allusion dans le verset : "J'ai appelé de tout cœur, réponds-moi, Hachem, j'observerai Tes 'houkim" = par le mérite du fait que j'obéirai à Tes lois, même incompréhensibles, réponds-moi, Hachem, en toute chose que je Te demanderai, même s'il s'agit de dépasser la nature.

[rav Ovadia Yossef]
('Houkat)

[ainsi, plus nous faisons preuve d'une confiance en Hachem au-delà de notre naturalité, plus Hachem peut nous aider au-delà de la naturalité des choses!]

Moché et le géant Og

+ Moché et le géant Og :

-> "Lorsque les hommes de D. se mêlèrent aux filles de l'homme qui leur donnèrent des enfants (puissants)" (Noa'h 6,4)
Le Targoum Yonathan explique : ces "hommes de D." sont 2 anges descendus du Ciel, nommés Cham'hazaï et Ouziel. Ils se mêlèrent aux filles de l'homme et des géants naquirent.
Parmi les géants, il y avait 2 frères devenus rois : Og et Si'hon, tous 2 fils de A'hya, fils Cham'hazaï.
[Rachi - guémara Nida 61a]

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-> Hachem rassure Moché lorsque le roi Og s'avança avec tout son peuple pour livrer bataille à Israël : "Ne le crains pas (Og)" ('Houkat 21,34).

=> Pourquoi Moché craignait-il Og, et ne craignait-il pas son frère Si'hon?

-> Rabbi Chimon bar Yo'haï répond : Moché se disait : "Peut-être le mérite de Og, qui était venu annoncer à Avraham la capture de son neveu Loth par le roi de Elam, le soutiendra-t-il et il pourrait nous vaincre?", comme dit le verset : "Un fuyard vint l'annoncer à Avram l'Hébreu" (Béréchit 14,13)
Rabbi Yo'hanan dit que ce fuyard était le géant Og qui avait survécu au déluge.
[guémara Nida 61a]

-> Le Méam Loez (Dévarim 3,2) donne d'autres explications :
1°/ Telle est la voie des tsadikim. Bien que D. promette de leur donner le bien, ils craignent que leurs fautes ne fassent obstacle et que D. ne s'éloigne d'eux.
Hachem dit : "On ne verra pas chez toi d'impudicité car D. s'écarterait de toi" (Dévarim 23,15) = si tu fautes, D. s'éloignera de toi.
Hachem avait promis à Yaakov : "Je serai avec toi et Je te protégerai de tout mal". Malgré cela, Yaakov avait très peur avant sa rencontre avec Essav. Il craignait d'avoir fauté à l'époque où il habitait chez Lavan et d'avoir perdu la protection divine.
Ici aussi, Moché craignait que pendant la guerre contre Si'hon, les Bné Israël n'aient fauté ou n'aient pris un objet interdit.
Hachem l'a donc rassuré. Il n'avait pas à craindre la moindre faute.

2°/ Og appartenait à la tribu détruite par Amrafel lorsqu'il a combattu les 5 rois, comme il est écrit : "Ils anéantirent les Réfaïm à Achtérot Karnayim" (Béréchit 14,5).
Og était le seul survivant : "Seul Og, roi de Bachan, survécut parmi les Réfaïm" tués par Amrafel.
Ainsi, parmi tous les leurs puissants guerriers, Og était exceptionnel!

3°/ Il n'existait personne d'aussi puisant que lui.
Lorsque Moché et les Bné Israël sont arrivés à Edreï et que Og est sorti à leur rencontre, la nuit était tombée.
Moché a dit : "Passons la nuit ici, et demain matin, nous nous lèverons tôt pour nous battre contre Og. Nous entrerons dans la ville et nous la conquerrons".

Le lendemain, avant l'aube, les Bné Israël ont monté l'attaque. Il faisait encore sombre.
Moché a levé les yeux et a vu Og assis au sommet de la muraille, les pieds touchant le sol.
Moché a pensé : "Je ne sais pas ce que je vois. On dirait que les habitants ont ajouté des pierres à la muraille pendant la nuit".
Hachem lui a révélé : "Ce n'est pas la muraille que tu vois mais Og, le roi de Bachane".

Les jambes de Og mesuraient 38 coudées de long (environ 22 mètres!)
Moché a pris peur de ce qu'il voyait à ce moment-là mais D. lui a dit : "Ne le crains pas car Je l'ai livré, lui, tout son peuple et son pays, en ton pouvoir".

4°/ Moché a eu peur également parce que Og n'était autre que Eliézer le serviteur d'Avraham.
Lorsqu'Avraham a circoncis tous les membres de sa maison, il a également circoncis Og.
En voyant les Bné Israël se préparer à se battre contre lui, Og dit : "Le mérite de ma circoncision remonte à l'époque d'Avraham". Il a donc eu l'audace de lutter contre les Bné Israël.
Lorsque Moché a compris que Og comptait sur le mérite de sa circoncision pratiquée par Avraham en personne, il fut très effrayé. Il dit : "Qui pourrait déraciner ce mérite?"
D. le rassura : "Ne crains rien. Il a déjà souillé le signe de la circoncision. Quiconque souille ce signe est déraciné du monde".

5°/ Moché craignait aussi que Og, c'est-à-dire Eliézer, ne possède le mérite d'avoir trouvé une épouse pour Its'hak et d'avoir négocié avec Lavan jusqu'à ramener Rivka à son maître.
Lorsque Lavan a vu les bijoux que Eliézer avait apportés pour Rivka, lui et ses hommes ont cherché à prendre tous ses biens. Og a démontré alors sa force en prenant les 10 chameaux dans ses 2 mains, en les soulevant et en leur faisant traverser la rivière.
Lavan s'est dit : "Nous ne pouvons combattre contre lui".
Lavan a ensuite mis du poison dans l'assiette de Og pour le tuer, mais par le mérite d'Avraham, les assiettes ont été interverties. C'est Bétouel, le père de Lavan, qui a mangé la nourriture empoissonnée et qui est mort.

D. a dit à Moché : "Ne crains pas le mérite de Og. Il a déjà reçu sa récompense puisqu'Avraham l'a affranchi. Je l'ai également récompensé en le faisant régner sur tous ces territoires. Il n'a donc plus de réclamation valable pour recevoir une récompense pour ce mérite, ni dans ce monde ni dans le prochain".

6°/Par prophétie, Moché a vu que Og aurait un descendant appelé rabbi Chimon ben Nétanel qui éprouvait une grande crainte de la faute.
Moché craignait que le mérite de ce tsadik ne vienne à l'aide de Og.
D. dit à Moché : "Ne le crains pas. Un grand tsadik sera issu de toi aussi. Ce sera rabbi Yo'hanan ben Zakaï, le maître de rabbi Chimon ben Nétanel".
Og est appelé "roi de Bachane", car les lettres du mot Bachane (bét, chin et noun) forment les initiales du nom : Chimon ben Nétanel.

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-> Moché craignait le roi Og car il avait l'âge de 500 ans (une longévité exceptionnelle).
[rav Lumbroso]

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-> Le conflit mené par Og contre Israël est le modèle du conflit permanent de ceux qui possèdent la force matérielle contre ceux qui possèdent la force spirituelle.
[Maharal - Gour Arié ('Houkat)]

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-> "Tu as brisé les dents des réchaïm" (Téhilim 3,8)
Dans la guémara (Bérah'ot 54b), selon Reich Lakich : il ne faut pas lire "que Tu as brisé" (chibarda), mais "que Tu as allongé" (chirbavta).

Le Ein Eliyahou commente que les dents du géant Og se sont allongées et tout le monde a pu voir le miracle que la délivrance ne vient que d'Hachem : seul Lui a pu faire cela.

Rachi (guémara Méguila 15b) enseigne qu'il y a eu un allongement des dents du géant Og de 60 amot (environ 30 mètres).

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-> Pourquoi est-ce après l'allongement des dents de Og que Moché l'a attaqué?

Avant l'allongement des dents du géant Og, Moché craignait de l'attaquer, non seulement parce que Og bénéficiait du mérite d'avoir par son annonce contribué au Kiddouch Hachem réalisé par Avraham, mais surtout parce que Og possédait une étincelle de l'âme (de la néchama) de rabbi Chimon ben Nathanel (d'après le Arizal).

Or les 2 lettres : ש et נ du mot שן (chen : dent) sont les initiales de : Chimon ben Nathanel, ou Nitsouts Chimon (une étincelle de Chimon) ou Nichmat Chimon.
Lorsque les dents de Og se sont allongées pour sortir de sa bouche, Moché a compris que l'étincelle de l'âme de Chimon ben Nathanel était sortie de chez Og et qu'il n'y avait donc plus de raison de le craindre, c'est pourquoi Moché a décidé de le frapper à ce moment.
[Ben Ich 'Haï]

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-> "Quelle était la hauteur de Moché? 10 coudées (environ 5 mètres).
Moché prit une hache de 10 coudées, fit un bond de 10 coudées et porta un coup à Og à la cheville et il mourut." [guémara Béra'hot 54b]

=> Pourquoi Moché a-t-il frappé Og à la cheville?

-> Selon le Ben Ich 'Haï :
Og, qui avait fui la région de Sodome pour annoncer à Avaham la capture de Lot, bénéficie du mérite de ce long déplacement à pied.
Mais Hachem rassure Moché : "Ne le crains pas, car Og était mal intentionné, il s'est dit : "Je vais l'annoncer à Avraham, afin qu'il parte en guerre pour sauver son neveu, il y perdra la vie et je pourrai prendre son épouse Sarah".

C'est pourquoi Hachem a aidé Moché à frapper la cheville de Og pour lui signifier : "La longue marche (de Og) vers Avraham vient, au contraire, accuser Og, car il avait de mauvais intentions au sujet de Sarah."
Nous comprenons ainsi pourquoi c'est la cheville du géant Og, os de l'articulation du pied, nécessaire pour marcher, que Moché a frappé.

-> Selon le Imré Noam :
Moché n'a pas tué directement le géant Og, car Og n'est pas mort par le coup de hache porté à sa cheville.
Mais, sous l'effet de ce coup il est tombé d'une hauteur de 30 coudées (environ 15 mètres), soit 10 coudées de Moché + 10 coudées de la hache + 10 coudées du bond, et il est mort immédiatement après cette chute de très haut.

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-> A la fin de notre paracha, il est question des guerres de Moché avec 2 frères, Si’hon le roi de l’Emori, et Og le roi du Bashan. C’étaient les fils d’A’hiya fils de Sham’hazaï ...

Le Midrach Avkir donne certaines indications sur la vie d'Og :
"Les disciples de Rav Yossef lui ont demandé : qui est Azaël? Il leur a répondu : Quand la génération du déluge a adoré des idoles, Hachem S’est attristé. Immédiatement 2 anges se sont dressés, Cham’hazaï et Azaël, et ont dit : "Maître du monde! Nous T’avions bien dit, lorsque Tu as créé le monde, ‘qui est l’homme pour que Tu T’en souviennes?’
Hachem leur a répondu : Et que deviendrait le monde [sans l’homme]?
Ils ont poursuivi : Maître du monde! Nous suffirions à le peupler.
Il leur a dit : Il est clair et révélé devant Moi que si vous demeuriez sur terre, le mauvais penchant vous dominerait et vous seriez pires que les hommes.
Ils répondirent : Donne-nous la permission de vivre parmi les hommes et Tu verras comme nous sanctifierons Ton Nom.
Il leur dit : Descendez donc et allez vivre parmi eux.

Immédiatement, ils fautèrent avec les filles des hommes, et furent incapables de dominer leur mauvais penchant.
Sham’hazaï vit tout de suite une jeune fille du nom d’Istahar, elle lui plut, mais elle lui dit : ‘Je ne veux pas t’écouter jusqu’à ce que tu m’enseignes le Nom divin par lequel tu montes aux cieux lorsque tu l’évoques.’
Il lui enseigna le Nom, elle l’évoqua, et monta aux cieux sans avoir fauté.
Hachem dit : comme elle a évité la faute, mettez-la parmi ces 7 planètes pour que vous les méritiez à jamais, et placez-la dans la constellation de l’Orion. Quand Sham’hazaï et Azaël virent cela, ils épousèrent des femmes et engendrèrent des fils, Hiva et Hiya."

-> Le Midrach Béréchit Rabbati explique que ces deux fils, Hiva et Hiya, sont nés de Cham’hazaï, ils ont épousé des femmes et engendré Si’hon et Og.
La nourriture de tous ceux-là était chaque jour mille chameaux, mille chevaux et mille taureaux.
[compilation issue de la voie à suivre n°630]

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-> Le midrach (Dévarim rabba 1,25) relate que lorsque Og est venu informer Avraham que Lot a été capturé pendant la guerre, il a trouvé Avraham en train de faire des matsot pour Pessa'h.
Le vrai nom de Og est Palit, puisqu'il a été sauvé (פליט) du déluge à l'époque de Noa'h.
Il a changé son nom en Og (ougot - עוגות), suite à la vision de la fine galette (la matsa) que Avraham cuisinait.

=> On peut facilement comprendre son nom en rapport avec le déluge, mais pourquoi a-t-il changé de nom au regard de Avraham fabriquant ses matsot?

Selon rabbi 'Haïm Zayrchik (Mayanei ha'Haïm), on voit de là l'impact que peut avoir la vision d'un tsadik accomplissant une mitsvot avec beaucoup d'amour, de dévouement.
Néanmoins, le fait que son nom n'est pas été modifié en "matsot", mais plutôt en "gâteau" (og - ougot) indique un degré de superficialité de sa part, à l'image de Essav qui a été appelé "Edom" (rouge), comme la couleur du plat de lentilles qu'il a demandé à Yaakov.

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-> Le Méam Loez (Noa'h 7,5-7) enseigne :
2 créatures ne tenaient pas dans l'Arche :
1°/ La 1ere était l'auroch géant (Réem).
2°/ La 2e créature qui ne pouvait tenir dans l'Arche était Og le géant.
Il monta sur le toit de l'Arche et se fit une protection, au-dessus de la tête, contre les pluies du Déluge.
Pendant une année, Noa'h lui passa la nourriture par la fenêtre de l'Arche.
Certains disent qu'il était beaucoup trop gigantesque pour s'asseoir sur l'Arche, mais qu'il se déplaçait le long de celle-ci, là où les eaux étaient froides.

-> Le midrach rapporte que le géant Og a survécu au déluge en s'accrochant à l'Arche. Il habitait sur le toit et recevait quotidiennement sa nourriture par Noa'h au travers d'un trou.

["Hachem effaça toutes les créatures qui étaient sur la face de la terre ... Il ne resta que Noa'h, et ce qui était avec lui dans l'Arche" (Noa'h 7,23)
Selon le Tour, l'expression : "que Noa'h" (a'h Noa'h - אַךְ נֹחַ) a la même valeur numérique que : "Og" (עוג), le mot "a'h" laissant sous-entendre que quelqu'un d'autre à survécu.]

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-> Le Méam Loez (Dévarim 3,10-11) enseigne également :
Selon certains commentateurs : "De tous les Rafaïm seul Og survécut" (Dévarim 3,11) signifie qu'il a survécu aux géants qui ont disparu dans le déluge à l'époque de Noa'h. Lorsque D. a envoyé le déluge, Og s'est assis sur les marches de l'arche. Il a fait jurer à Noa'h et à ses fils de le nourrir, en échange de quoi il deviendrait leur esclave à vie. Noa'h a accepté et a pratiqué une ouverture dans l'arche par laquelle il lui passait sa nourriture chaque jour. C'est ainsi que Og a survécu au déluge.

D. a permis de laisser Og en vie bien qu'il ne fût pas un tsadik afin que les générations suivantes constatent la puissance de D. et disent : "Des hommes si forts vivaient à 'époque du déluge! Mais ces hommes comptaient sur leur force et se sont révoltés contre D., et Il les a tous anéantis".
Hachem a donc sauvé Og du déluge et l'a laissé en vie afin que les hommes constatent la force des êtres humains d'autrefois.

Ensuite, Og a été donné comme esclave à Nimrod. Lorsque ce roi a jeté Avraham dans la fournaise ardente et que notre Patriarche en est sorti sain et sauf, Nimrod et tous les hommes importants du royaume étaient abasourdis. En signe d'admiration, ils ont offert des cadeaux à Avraham. Nimrod a donné Og comme esclave à Avraham, qui l'a nommé Eliézer.
Après que Og (Eliézer) ait fait tant d'efforts pour ramener Rivka à Its'hak et subi les tentatives de meurtre de Lavan, Avraham l'a récompensé en l'affranchissant.
Hachem l'a donc rétribué dans ce monde : il est devenu Og roi de Bachane ...

Lorsque Og était enfant, son berceau était en fer car un berceau de bois, même fait de poutres épaisses, n'aurait pas pu soutenir son poids.
[Le Rachbam explique que lorsque Og était bébé, il avait un berceau en fer, car lorsqu'on le mettait dans un en bois, il se cassait.]
Il est écrit : "Son berceau, un berceau de fer, de 9 coudées de long et de 4 coudées de large, selon la coudée de cet homme" (Dévarim 3,11) = c'est-à-dire d'après la mesure du bras (la coudée) de Og.
[...]

Si seul Og a survécu au déluge, comment Si'hon, le frère de Og, a-t-il survécu?

Lorsque Cham'hazaï, l'ange descendu du ciel, s'était rendu coupable d'adultère avec l'épouse de 'Ham, fils de Noa'h, qui est devenue enceinte. Lorsque Noa'h et ses fils sont entrés dans l'arche avant le déluge, 'Ham s'est rendu compte que son épouse était enceinte. Afin de dissimuler la faute de son épouse, 'Ham eu des relations avec elle dans l'arche. L'enfant qui est né était Si'hon.

Nos Sages enseignent que la guerre contre Si'hon et Og était plus difficile que celle contre Pharaon et ses armées.
Comme les Bné Israël avaient chanté une louange à D. pour Ses grands miracles après la défaite de Pharaon, ils auraient dû chanter aussi un cantique après celle de Si'hon et Og.
Tous les guerriers ennemis étaient morts en un instants car D. avait envoyé contre eux un frelon qui les avait empoisonnés, aveuglés et anéantis.
Cependant, les Bné Israël n'ont pas chanté de louange à D. pour ce miracle jusqu'à ce que le roi David loue D. dans le grand Hallel : "Il frappa de grands rois, car Sa bonté est infinie ; Si'hon, le roi des Amoréens, car Sa bonté est infinie ; et Og roi de Bachane, car Sa bonté est infinie" (Téhilim 136,18-20).

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+ Eliézer, le serviteur d'Avraham ou Og?

-> On trouve dans le traité Sofrim (21,9) qu’Og est Eliezer, le serviteur d’Avraham.
Comment Eliezer était-il le serviteur d’Avraham?
Quand Avraham est sorti d’Our en Chaldée, tous les grands de la génération lui ont donné des cadeaux, et Nimrod (qui avait reçu Og en héritage de Kouch fils de ‘Ham) a donné son serviteur Eliezer à Avraham.

-> Les Tossafot (Daat Zékénim) écrivent qu’à l’époque où Eliezer était roi, il s’appelait "Og", car tous les rois du Bashan s’appellent "Og", de même que tous les rois d’Egypte portent le titre de Pharaon.

-> En un endroit (Derekh Eretz Zouta 1), nous trouvons qu’Eliezer est entré vivant au Gan Eden, alors que dans notre paracha il est dit explicitement que Moché l’avait tué : "On le frappa, lui et ses fils, et tout son peuple, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus aucune trace" ('Houkat 21,35).
D’où la conclusion toute simple qu’Eliezer serviteur d’Avraham n’est pas Og le roi du Bashan, qui a été frappé par Moché.

Le Daat Zékenim miBaalé haTossafot ('Hayé Sarah 24,39) relève cette contradiction, et de là en arrive à la conclusion simple qu’il y a eu 2 "Og roi du Bashan", l’un mauvais qui a été tué par Moché, et l’autre qui était le serviteur d’Avraham et qui était un tsaddik.

-> Rabbénou Be’hayé sur notre paracha ('Houkat) cite une opinion selon laquelle Og ici n’est pas le même que celui d’Avraham, mais il était de sa famille et de sa descendance.
Moché craignait qu’il soit protégé par le mérite de son ancêtre, qui vivait à l’époque d’Avraham.
Mais il émet des doutes à ce propos, et fait remarquer que nous n’avons que la tradition reçue par les Sages, selon laquelle Og ici est vraiment le même que celui d’Avraham.

-> Le Arizal dit que : tout homme est composé d’un côté bon et d’un côté mauvais. Les deux se mêlent et sont vraiment comme deux formes d’homme qui se ressemblent et sont confondues, mais le bon côté s’appelle "levouch" et le mauvais côté "bégued".

Se basant dessus, le midrach Talpiot (rabbi Eliyahou haCohen d'Izmir) écrit :
"A mon humble avis, cela réconcilie les enseignements de nos Maîtres selon lesquels Eliezer serviteur d’Avraham est entré vivant au Gan Eden, alors que dans le traité Béra'hot ils ont dit que Moché l’avait tué. Comment est-ce possible?
C’est qu’Avraham a séparé le mauvais côté, c’est-à-dire Og, qui a été tué par Moché, et le bon côté se trouve avec Avraham dans le caveau de Makhpela."
[compilation issue de la voie à suivre n°630]

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-> Le rav David Pinto (la voie à suivre n°580) écrit :
"Og le roi du Bashan était un méchant, et il voulait exterminer tout le camp d’Israël en une seule fois. Il est parti en guerre contre eux, ainsi que l’ont raconté nos Sages dans la guémara (Béra'hot 54b) : il a déraciné une montagne d’une douzaine de kilomètres de diamètre dans le but de la lancer sur le camp d’Israël et de les enterrer dessous.
Og détestait donc Israël et voulait l’exterminer.

Le service qu’il a rendu à Avraham était uniquement dû au fait qu’il savait que Hachem l’en récompenserait. De plus, il avait de mauvaises intentions, car il espérait qu’Avraham serait tué dans cette guerre et qu’il pourrait épouser Sarah. Alors pourquoi Moché craignait-il que le mérite d’Avraham le soutienne? Peut-on imaginer que le mérite du Patriarche permette d’exterminer ses enfants?
Si Og, qui n’avait fait qu’une petite chose, avait un certain mérite, les bné Israël, qui suivent les voies de leur père, profitent à combien plus forte raison de ses mérites, et donc peuvent être sauvés de ce mauvais (racha).

De plus, Og avait vu ce que D. avait fait pour les bné Israël en Egypte et sur la mer. Il avait entendu parler de l’ouverture de la mer et de la guerre d’Amalek, et bien qu’il ait persévéré dans ses mauvaises voies et cherché à tuer les bné Israël, est-il possible que le mérite d’Avraham ait profité à ce scélérat pour lui permettre d’exterminer tout Israël?
On est obligé de dire que Moché savait que le mérite d’Avraham ne protégerait pas Og au point de lui permettre d’exterminer les bné Israël. Il savait que le mérite d’Israël était plus grand que celui de cette seule mitsva faite par Og, mais comme Og avait annoncé à Avraham que Lot avait été fait prisonnier, qu’il était parti immédiatement en guerre avec les rois jusqu’à ce qu’il le libère, et qu’en fin de compte étaient sorties de lui Ruth et Naama, qui sont les deux belles colombes qui se sont levées pour sauver Israël, et qui ont engendré le roi David et le Machia’h qui sont les sauveurs d’Israël, c’est cela le mérite qui le faisait craindre.

D. n’a empêché Moché de lutter avec Amon et Moav qu’à cause de cela, ainsi que l’ont dit nos Sages (guémara Baba Kama 38b) : "Ce que vous envisagez n’est pas ce que j’envisage, J’ai deux belles colombes à faire sortir de ces peuples, Ruth la Moabite et Naama l’Amonite".
Dans le même ordre d’idées, Moché craignait maintenant qu’Og n’ait en sa faveur le mérite d’avoir sauvé Lot, car ces colombes ne pourraient apparaître que grâce à lui, qui avait sauvé leur ancêtre Lot, et tant qu’elles n’étaient pas apparues, il se disait qu’il pourrait peut-être profiter de ce mérite.

On apprend de tout cela qu’il est possible de faire une seule mitsva dont le mérite dure pendant de nombreuses générations. Il n’y a personne qui connaisse la récompense des mitsvot. On peut faire une seule mitsva facile et recevoir une grande récompense.
Par exemple, Og le roi du Bashan est tout simplement allé annoncer à Avraham que Lot avait été fait prisonnier, et le mérite de cette mitsva l’a protégé au point que Moché notre maître le craignait.

Dans le même ordre d’idées, Yichmaël n’a mérité que 12 tribus soient issues de lui, et il ne lui a été donné une part dans la terre d'Israël, que par le mérite d’une seule mitsva qu’il a accomplie, et qui est celle de la circoncision, ainsi qu’il est écrit : "Pour Yichmaël, Je t’ai entendu, Je l’ai béni et fait prospérer considérablement, il engendrera 12 chefs de tribus (des Néssi'im - נְשִׂיאִם ), et je le ferai devenir une grande nation" (Lé'h Lé'ha 17,20).
Il est dit dans le saint Zohar (II 32a) : "Hachem leur a donné une part ici-bas dans la Terre sainte par le mérite de la circoncision d’Yichmaël, leur ancêtre. Les enfants d’Yichmaël règneront pendant longtemps en Terre sainte lorsqu’elle sera vide, de même que leur circoncision n’est pas complète et qu’elle est vide, et ils empêcheront les bné Israël de revenir chez eux jusqu’à ce que leur mérite soit épuisé".

Le fils de David (le machia'h) ne viendra que lorsque le mérite des enfants d’Yichmaël sera épuisé, ainsi que le dit la Aggada (Midrach HaGadol Béréchit 25,18) : "Il tombe à la face de tous ses frères" = à un endroit il est dit "il tombe", et à un autre endroit il est dit "il réside à la face de tous ses frères".
Tant qu’il n’a pas porté la main sur le Temple, il réside, mais quand il porte la main sur le Temple il tombe.
La descendance d’Yichmaël est appelée à tomber à la fin des temps, et la gloire d’Israël se relèvera.

Bien que D. sache parfaitement que les enfants d’Yichmaël feront du mal à Israël dans l’avenir, ainsi qu’il est dit : "Pourquoi s’appelle-t-il Yichmaël? Parce que dans l’avenir, D. entendra (yichma) les soupirs que pousseront les enfants d’Yichmaël, c’est pourquoi il s’appelle Yichmaël" (Pirkei DeRabbi Eliezer 30).
Le Midrach (Yilamdeinou Béréchit 79) dit également: "Pour Yichmaël Je t’ai entendu, et Je l’ai béni", sache qu’il engendrera 12 chefs de tribus, ils garderont la royauté, le dernier de 12 sera ‘Hagar, il édictera des mauvais décrets dans le monde, il règnera peu de temps, sa royauté se renforcera à la fin, et Je ferai de lui un grand peuple.

=> On peut faire un raisonnement a fortiori. Si ces réchaïm ont reçu leur récompense en ce monde-ci pour une seule mitsva, qu’ils n’ont même pas faite entièrement, à combien plus forte raison Hachem récompensera les bné Israël, à qui Il a donné 613 mitsvot qu’ils accomplissent de tout cœur.
Mais la récompense des premiers leur a été donnée en ce monde-ci, alors que la récompense des seconds leur est gardée pour le monde à venir, ainsi qu’il est écrit : "Aucun œil ne l’a vu, ô D., à l’exception de Toi" (Yéchayahou 64,3)."

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-> Le Méam Loez ('Houkat 21,34-35) écrit :
Selon une opinion, Moché avait peur que la circoncision accomplie par Og à l'époque d'Avraham ne le protège.
D. lui dit donc : "N'aie pas peur de lui (oto - אותו)";
Le mot "oto" est écrit exceptionnellement avec 2 vav, pour faire allusion au mot : ot (אות) qui désigne le "signe" de l'alliance, c'est-à-dire la circoncision.
En d'autres termes, D. dit à Moché de ne pas craindre le fait que Og portât sur sa chair ce signe de l'alliance car il avait souillé ce que ce signe représentait.
L'alliance de la circoncision ne consiste pas simplement en le retranchement du prépuce. Elle suppose l'abstention totale des fautes charnelles et une conduite sainte et pure.
Lorsqu'un homme n'est pas scrupuleux dans ce domaine, le mérite de la circoncision ne le protège pas.

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+ La mort de Og :

-> Le Méam Loez écrit également :
Lorsque Og, roi de Bachan, appris que les Bné Israël approchaient, il se dit : "Pourquoi m'épuiser à les tuer un par un? En déracinant une haute montagne et en la précipitant sur eux, je les écraserai tous en une fois!"
Il calcula que le camp des Bné Isarël s'étendait sur une superficie d'environ 13 kilomètres sur 13 km.
Og déracina une montagne et la souleva au-dessus de sa tête, se préparant à la lancer sur les Bné Israël.
Cependant, D. fit qu'une multitude de fourmis attaquent la montagne et s'y percent un trou.
La montagne s'effrita et s'enroula autour du cou de Og comme un collier.
Lorsqu'il tenta de se dégager, D. allongea ses dents et les fit dépasser de tous côtés, l'empêchant de bouger ...
A ce moment-là, Moché saisit une hache de 10 coudées de long.
Après avoir fait un saut de 10 coudées (ce qui l'éleva à une hauteur de 30 coudées car Moché en mesurait 10), il frappa Og à la cheville et le tua.
Ensuite, il abattit ses fils et vainquit toute son armée.

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-> Dans la paracha Dévarim (3,2), le Méam Loez explique :
Og pensait que les Bné Israël seraient soutenus par 3 mérites en terre d'Israël : D. avait multiplié leur nombre comme le sable de la mer ; ils avaient de bonnes actions à leur actif ; ils bénéficiaient du mérite des Patriarches.
Og se dit : "J'ai moi aussi ces 3 mérites. J'ai un peuple nombreux, j'ai le mérite de mes bonnes actions car j'ai servi longtemps Avraham, et j'ai le mérite de ma proche relation avec lui".

Nos Sages font allusion à cela en disant que Og a déraciné une montagne et l'a soulevée au-dessus de sa tête. Il a déraciné le mérite d'Avraham qui est comparé à une montagne.
"J'utiliserai ce mérite car je vivais chez Avraham le premier (avant Its'hak)."

Lorsque nos Sages disent que la montagne mesurait 3 parsaot sur 3 (soit 36 mil sur 36 = environ 13 kilomètres sur 13), et le camp des Bné Israël 3 parsaot sur 3, ils font allusion à 3 sortes de mérites dont bénéficiaient Israël et Og.
Les fourmis évoquent le fait que comme la force des fourmis vient de leur bouche, ainsi la force d'Israël provient de sa prière.
De plus, le mérite des bonnes actions d'Israël, nombreuses comme des fourmis, a fait intervenir en leur faveur le mérite d'Avraham, ce qui n'était pas le cas pour Og.

Le fait que Moché mesurait 10 coudées et avait pris un bâton de 10 coudées signifiait la chose suivante : Moché a vu que Og disposait de 2 forces : sa royauté et le mérite d'Avraham.
Il s'est demandé de quelle façon le vaincre. Il a vu que le mérite d'Avraham et de ses 10 épreuves (évoquées par les 10 coudées) ne suffisait pas et a demandé à D. que son mérite à lui ainsi que le mérite d'Israël les protège.
Il a pris un bâton, car de même qu'avec un bâton, on frappe l'ennemi avant de prendre la fuite, ainsi les mérites protègent l'homme devant ses ennemis.

L'idée que Moché ait frappé Og à la jambe révèle qu'il annulait un mérite d'Og : celui d'avoir couru pour faire savoir à Avraham que son neveu avait été fait prisonnier.
Toutes ces idées nous ont été révélées par nos Sages pour nous enseigner que Og n'avait pas seulement compté sur sa force mais aussi sur le mérite d'Avraham et que Moché a annulé ce mérite.

Toute personne qui voit la roche que Og voulait jeter sur les Bné Israël doit remercier Hachem et Le louer.
Elle récitera la bénédiction suivante : "barou'h ata Hachem ... chéassa nissim laavoténou bamakom azé" (qui a fait des miracles à nos ancêtres à cet endroit).

"On prendra pour celui qui est impur, des cendres de la combustion de [l'animal de] purification" ('Houkat 19,17)

La vache rousse en raison de sa rareté et de son importance dans la vie juive, que lui donne la Torah, devait avoir une valeur/prix très élevée.
Et qu'est-ce qu'on faisait à ce bien si précieux?

On le brûlait, le réduisant en cendres afin de les utiliser pour purifier ceux qui ont été exposés à l'impureté d'un mort.

[seule la procédure de la vache rousse peut rendre pur, celui qui est devenu impur suite à un contact avec un mort. ]

=> Que pouvons-nous apprendre de cela?

-> Selon la guémara (Béra'hot 18b), une personne qui est remplie de fautes est considérée comme morte même de son vivant.

Rabbi David Feinstein explique qu'en effet, puisque l'objectif de la vie est de grandir spirituellement, celui qui est spirituellement mort est considéré également comme mort physiquement, car sa vie est sans but.
Pour en sortir, il faut revoir ses priorités, et se rappeler que la fin de toute personne est de finir en poussière (nous ne garderons rien de nos possessions matérielles).

La vache rousse symbolise cela :
-> Sa valeur monétaire très importante renvoie aux plaisirs matériels de ce monde dont les gens accordent tant d'importance, et pour lesquels ils sont prêts à dépenser tellement de temps, d'efforts et d'argent afin de les acquérir.

-> Mais au final, il ne reste rien de cela.
La vache rousse est brûlée, et c'est seulement ses cendres qui ont une utilité, puisqu'elles vont transmettre cette leçon de la vanité de l'éphémère matérialité, afin que l'on s'investisse pleinement dans l'éternel spirituel.
Cette réalisation/constatation va retirer l'impureté, et restaurer toute la magnifique pureté qui est en nous.

=> En constatant que le temps passant, ce que le yétser ara nous vend comme important n'est en réalité que de la poussière (éfer - אפר), on en vient à se guérir (rapé - רפא - même lettres que éfer) de notre mauvaise vision des choses, à redéfinir nos priorités.
Redevenant alors pur, nous brillons de beauté, de splendeur (péér - פאר - même lettres que éfer).

"Moché envoya des émissaires depuis Kadéch auprès du roi d'Edom : "Ainsi a dit ton frère Israël Tu connais toutes les tribulations qui nous ont accablés." ('Houkat 20,14)

=> Comment le roi d'Edom pouvait-il savoir ("tu connais") que le peuple d’Israël a rencontré de grandes difficultés ?

En fait, nos Sages rapportent que les frères Yaakov et Essav, ont une relation semblable à des vases communicants. Quand l'un s'élève, l'autre tombe.
Ainsi, quand Israël a éprouvé des souffrances sur leur chemin, il est sûr qu'à ce moment Edom (descendant de Essav) connaissait une période de grandes réussites.

De la sorte, Moché dit au roi d'Edom que du fait qu'il a pu constater une grande élévation pour son peuple, il peut en déduire et savoir par cela qu'Israël a alors rencontré des moments difficiles.
[le 'Hatam Sofer]

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-> "Edom lui répondit : “Tu ne passeras pas chez moi, de peur que je me porte en armes à ta rencontreˮ." ('Houkat 20,18)

=> Pourquoi est-il écrit "de peur que je me porte", plutôt que "parce que je me porterais"?

Le Sfat Emet explique qu’en réalité, Edom ne voulait pas combattre le peuple juif à ce moment-là, mais craignait uniquement son passage dans son territoire. Car les Bné Israël pourraient en profiter pour découvrir les secrets de leur pays, et en cas de guerre future, connaissant leurs secrets, ils les vaincraient. D’où la formulation de notre verset "de peur".

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-> "Ne traverse pas mon (territoire) pour ne pas que je vienne vers toi avec l'épée" ('Houkat 20,18)

-> Rachi explique cette parole du roi d'Edom de la façon suivante : "Vous les Juifs, vous vous enorgueillissez de la "voix" de la prière que votre ancêtre vous a légué. Moi aussi, je vais sortir contre vous par ce que mon ancêtre m'a légué, à savoir l'épée".
=> Mais on peut s'interroger. Nos Sages ont bien affirmé que quand la voix est la voix de Yaakov, les mains ne sont plus les mains de Essav. C'est-à-dire que quand Israël s'attache à la prière et l'étude, Essav perd toute force
contre lui et ne peut plus l'endommager. Ainsi, comment Edom a-t-il pu penser nuire aux Juifs par son épée alors que ces derniers disposaient de la force de leurs prières?

Le Atéret Tsvi s'arrête sur le terme employé par Edom : "Vous vous enorgueillissez de votre voix".
Quand un juif tire de l'orgueil de sa prière, celle-ci perd tout son impact et Essav peut venir avec son épée pour lui nuire.
Hachem déteste l'orgueil et n'agrée pas les prières récitées avec cet état d'esprit. Quand un juif prie, il doit s'annuler complètement devant Hachem, Qui est le Seul à pouvoir le sauver. De plus, il doit se reposer pur la Bonté Infinie d'Hachem Qui dispense Ses Bontés de façon gratuite, sans qu'on le mérite. C'est ainsi que l'on restera humble après la prière.
Mais quand un homme imagine qu'il peut obtenir quelque chose par la force de sa prière, et qu'il en conçoit un certain orgueil d'avoir la capacité d'influer Hachem. Et quand sa prière est exaucée il en retire la fierté qu'Hachem l'a écouté, ce qui atteste de son importance. Alors une telle prière emplie d'orgueil n'est pas agréée. La véritable prière est celle récitée dans un effacement complet à la Bonté et la Grandeur Divine Qui a pitié de Ses créatures et leur dispense Ses bienfaits de façon totalement gratuite.

[les paroles du rav Ben Tsion Abba Chaoul ci-dessous sont importantes pour remettre dans le contexte.
En effet, notre yétser ara peut nous pousser sous couvert de l'humilité à dévaloriser l'impact de notre prière, comme cela on ne va pas tellement en faire, ou sans y mettre son coeur (à quoi cela sert-il vu que je ne suis rien!). Or, nous devons être fier d'être juif, conscient du pouvoir énorme de la prière de TOUT juif (indépendamment de sa situation spirituelle) à papa Hachem. ]

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-> Selon le rav Ben Tsion Abba Chaoul :
- concernant le futur = nous devons être plein d'orgueil, du fait de pouvoir réaliser la volonté de Hachem.
[Ce sentiment de fierté est sain, productif, et il témoigne de notre amour pour D., de notre joie de nous consacrer à son service.
Par exemple, nous devons répondre avec plein d'orgueil à notre yétser ara qui nous pousse à la faute : "Tu sais qui je suis : un prince, un fils du Roi des rois! Alors comment oses-tu me déranger pour une chose si minable, honteuse pour quelqu'un de mon rang!"]

- concernant le passé = nous devons rester humble, car "Tout cœur hautain est en horreur à Hachem" (Michlé 16,5).

[ainsi, nous devons s'enorgueillir d'avoir la chance de pouvoir servir Hachem pour dynamiser nos actions futures, mais pas d'en venir à se reposer sur nos lauriers et se vanter à outrance de notre passé.
(à petite dose cela peut servir à se valoriser pour mieux aller de l'avant, mais pas pour se vanter pour se vanter).
De même dans le domaine de la prière (il y a nécessité d'avoir de la fierté [d'être juif] qui nous pousse à nous surpasser, à donner le meilleur de nous même, et il y a orgueil [d'être juif] qui ne pousse qu'à développer notre "moi je, moi je" [or, la prière c'est laisser de la place pour Hachem dans notre vie!].)]

"C’est pourquoi, il est dit dans le livre des guerres d’Hachem" ('Houkat 21,14)

Les nations du monde font la guerre en utilisant des armes, mais les guerres que font les juifs, qui sont "des guerres d’Hachem", ils le font avec "le livre", allusion à l’étude de la Torah.
L’essentiel de la victoire du peuple d’Israël contre leurs ennemis s’obtient grâce à l’étude de la Torah qui se renforce dans notre peuple.

[Rabbi Méir Chapira de Lublin]

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-> Le Méam Loez écrit sur ce verset :
Dans le livre des Guerres d'Hachem, les sages de l'époque consignèrent les grandes batailles et les événements miraculeux.
On appelait ces sages des mochlim, des auteurs de paraboles, car ils écrivaient les faits sous forme de paraboles et de métaphores.
Ce livre s'intitulait le "Livre des Guerres d'Hachem" car toutes les guerres se déroulent suivant le plan de D.

Au début de l'exil, ce livre et de nombreux ouvrages écrits par ces hommes célèbres furent perdus, parmi eux ceux du prophète Nathan, ceux du prophète Ido, les chroniques des rois du royaume d'Israël et les poèmes et paraboles du roi Chlomo.

"Ceci est un statut de la loi ('houkat haTorah) qu'a prescrit Hachem, en disant : avertis les enfants d'Israël de te choisir une vache rousse, intacte, sans aucun défaut, et qui n'ait pas encore porté le joug" ('houkat 19,2)

-> Rabbi 'Haïm Halberstam de Tsanz (Divré 'Haïm) commente :
"Ceci est un statut de la loi " = [Les cendres de la vache rousse doivent être aspergées sur une personne qui a été rendue rituellement impure par le contact avec un cadavre].

La cause profonde de tout péché est la convoitise et l'orgueil.
C'est l'origine de la faute d'Adam qui a apporté la mort dans le monde.
[lorsque nous fautons, nous ne faisons pas suffisamment preuve d'humilité pour nous soumettre à la volonté de D., plutôt qu'à la nôtre!]

Pour rectifier ce péché, les cendres de la vache rousse sont aspergées sur la personne impure.

Brûler la vache rousse exprime symboliquement que nous effaçons toute trace de matérialité, de sensualité et de convoitise anormale.
Par cela, le péché originel, cause de la mort, sera réparé et l'impureté quittera la personne souillée par le contact d'un cadavre.

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-> "Avraham dit : … Je ne suis que poussière (afar) et cendre (éfer)" (Vaéra 18,27)

Le Ben Ich 'Haï commente : Avraham a fait preuve d’une humilité à la fois matérielle (son corps est comme poussière, à l’image de tout corps après la mort) et à la fois spirituelle (son âme est comme cendre, élément sans usage).

"Ce puits, des princes (Rachi: Moché et Aharon) l'ont creusé, les plus grands du peuple l'ont ouvert" ('Houkat 21,18)

-> Le puits fait allusion à la Torah Orale.
Le mot puits, qui se dit “béer (באר), se rapproche du mot : “béour" (באור), qui signifie : "explication", allusion à la Torah Orale qui est l’explication la Torah Ecrite.
Or, la loi Orale émerge des Sages en Torah, et pour la mériter, il faut investir de grands efforts et se parfaire dans les 48 qualités/vertus que cite la Michna de Avot (Pirké Avot 6,6), qui permettent d’acquérir la Torah.
Par l’acquisition de ces 48 qualités, qui exige de grands efforts, l’homme devient un être de Torah, et peut épancher la Torah Orale.

=> C’est ainsi que le terme "béer" (באר) apparaît 48 fois dans toute la Torah, car ce sont les 48 vertus que citent nos Maîtres, qui font de l’homme un puits épanchant les eaux de la loi Orale, qui est le "béour" (explication) de la Torah Ecrite.

[d'après le Sfat Emet]

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-> Le rav David Pinto (la voie à suivre n°528) enseigne :
Le mot "beer" (puits) a la même valeur numérique que "guer" (étranger).
On sait que partout, l’eau désigne la Torah, elle descend d’un endroit élevé pour aller vers un endroit bas (guémara Taanit 7a).
Le verset dit que lorsque l’homme s’abaisse comme un étranger pour les paroles de la Torah, sa Torah subsiste en lui.

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-> "Ce puits, des princes l’ont creusé, les plus grands du peuple l’ont ouvert avec leur sceptre, avec leur bâton" ('Houkat 21,18)

Le Gaon de Vilna explique que telle est la mesure de la Torah, dont il est dit : "A l’ombre de la sagesse, à l’ombre de l’argent" (Kohélet 7,12), et aussi : "Elle est un arbre de vie pour ceux qui la soutiennent" (Michlé 3,18).
Celui qui n’a pas la possibilité d’étudier lui-même et soutient les autres pour qu’ils puissent étudier la Torah a lui aussi sa récompense, au même titre que celui qui étudie lui-même, car "à l’ombre de la sagesse, à l’ombre de l’argent".

C’est ce que dit le verset : "ce puits", c’est la Torah, "des princes l’ont creusé", les princes de la Torah et ceux qui l’étudient la creusent et l’approfondissent par leur étude de ses secrets ; "les plus grands du peuple l’ont ouvert", cela veut dire que les bienfaiteurs et les riches qui passent tout leur temps dans le commerce acquièrent la Torah au prix de l’argent.
Le mot karouah (l’ont ouvert) rappelle la notion d’acquisition, comme dans "mon sépulcre, que j’ai acquis (kariti)" (Vayé'hi 50,5).
La Torah explique que les deux ont une part dans la Torah, les uns "avec leur sceptre (me’hokek)", ils décrètent les lois (‘houkim) de la Torah, et les autres "avec leur bâton", par le fait qu’ils soutiennent la Torah.

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-> "Ce puits, des princes l’ont creusé, les plus grands du peuple l’ont ouvert avec leur sceptre, avec leur bâton. Et de Midbar ils allèrent à Matana. Du désert à Matana, de Matana à Na’haliel, de Na’haliel à Bamot et de
Bamot à la vallée." ('Houkat 21,18-20)

-> Nos Sages (guémara Nédarim 55a) ont vu dans ce verset la condition indispensable pour acquérir la Torah, l’humilité. Ils disent : Quand l’homme fait de lui-même un désert livré à tous, la Torah lui est donnée en cadeau (Matana), ainsi qu’il est dit : "du désert à Matana". Comme elle lui a été donnée en cadeau, Hachem est leur héritage, ainsi qu’il est dit : "de Matana à Na’haliel (D. est mon héritage)", et comme Hachem est son héritage il monte à la grandeur, ainsi qu’il est dit : "de Na’haliel à Bamot (un lieu élevé)".
Mais il doit faire attention dans son ascension de ne pas tomber dans les pièges de l’orgueil, sinon, s’il s’enorgueillit, Hachem le fait tomber, ainsi qu’il est dit "de Bamot à la vallée", et même s’il s’est enorgueilli, quand il le regrette Hachem l’élève de nouveau, ainsi qu’il est dit : "toute vallée sera élevée" (Yéchayahou 40,4).

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-> Rabbi Nissim Yaguen (Nétivé Or) enseigne :
La Torah est comparée à un désert : "Et de Midbar (désert) ils allèrent à Matana" ('Houkat 21,18).
Il est difficile de tenir dans un désert. Le jour la chaleur y est suffocante, et la nuit il y fait glacial.
Dans le désert, rien ne peut subsister. Lorsqu'un homme se trouve dans le désert, il est déconnecté de tout.
L'homme doit prendre conscience qu'il n'y a rien d'autre dans ce monde que la Torah et l'attachement à Hachem. Rien d'autre!
Le désert représente le détachement de ce monde, car pour servir Hachem, il faut se détacher complètement de ce monde, ne dépendre d'aucune chose matérielle, comprendre que nous y sommes des étrangers, provisoires, temporaires.

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+ Briser le rocher = introduire la divergence d'opinion entre les Sages sur la Torah :

-> "Moché leva sa main et frappa le rocher avec son bâton à 2 reprises, des eaux abondantes jaillirent" ('Houkat 20,11)

-> Le Zohar (tikouné Zohar 21, 44a) enseigne :
"De ce rocher, ne sont sorties que quelques gouttes d'eau de Torah. C'est parce que Moché frappa le rocher avec son bâton à 2 reprises que seules quelques gouttes de paroles de Torah en sont sorties, un peu par-ci et un peu par-là ...
Si Moché n'avait pas frappé le rocher, le peuple d'Israël, les Tanïm et les Amoraïm n'auraient pas connu de difficulté dans la Torah orale qui est représentée par le rocher (séla - סלע) ...
Et l'eau de la Torah serait sortie dans l'abondance, sans se tarir, sans question et sans désaccord, comme il est écrit à propos de la Présence divine : "Ma parole n'est-elle pas comme un feu, déclare Hachem, et comme le marteau qui fait voler en éclats le rocher?" (Yirmiyahou 23,29).
Par l'intermédiaire de ces paroles de feu, c'est-à-dire la Torah orale, la Présence divine auraient été continuellement dans la bouche d'Israël.
Or, la Torah orale est incarnée par le rocher (séla - סלע) car ce terme est composé des mêmes lettres que על ס que sont les 60 traités du Talmud." [samé'h = valeur de 60]
[על ס (al samé'h - litt. à propos des 60) se réfère aux 60 traités du Talmud]

-> Le Shvilé Pin'has commente :
Nous apprenons de ce passage du Zohar que lorsque Hachem dit à Moché : "Vous parlerez au rocher devant leurs yeux et il donnera de ses eaux" ('Houkat 20,8), Il souhaitait en réalité que jaillisse une abondance de Torah, qui est comparée à l'eau, comme l'enseignent nos Sages : "Il n'y a pas d'eau si ce n'est la Torah" (guémara Baba Kama 17a).

De plus, le Zohar explique que le mot סלע (séla - rocher) est une allusion aux 60 traités de la Torah orale qui viennent éclaircir la Torah écrite dans le but d'écarter le moindre doute dans la façon d'accomplir les commandements.

Ainsi, lorsque le Créateur dit à Moché : "Tu feras sortir pour eux de l'eau du rocher" ('Houkat 20,8), son intention était de faire jaillir une grande quantité "d'eau de Torah" afin que les lois puissent s'établir dans une clarté totale par le biais de la Torah orale.
Ainsi, si Moché avait uniquement parlé au rocher, l'abondance de Torah qui serait sortie aurait été telle qu'il n'y aurait subsisté aucun doute ni aucun désaccord dans l'interprétation de la Torah orale ...
Mais après avoir frappé le rocher, seule une infime quantité d'eau de Torah en sortit et par conséquent les désaccords, les discussions et les doutes entre les Sages de la Torah orale se sont multipliés.

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=> Tentons d'approfondir les paroles du Zohar. Pourquoi la Torah orale est-elle comparée à de la roche qu'il faut briser pour en extraire de l'eau?

-> Rabbi 'Haim Vital (chaar amitsvot - Vaét'hanan) dit au nom de son maître le Arizal :
"J'ai vu mon maître décupler ses forces comme un lion au moment d'étudier la halakha, jusqu'à ce qu'il transpire d'une façon très abondante. Je lui ai demandé pourquoi il fournissait tant d'efforts? Il me répondit que c'est uniquement de cette façon, en étudiant intensément et en profondeur la loi que l'on parvient à briser les klipot que sont les questions d'ordre halakhique. Ces questions empêchent la compréhension pure et les réponses sont accessibles seulement à travers la difficulté de l'étude."

-> Le Shvilé Pin'has commente :
Il ressort de cet enseignement que les questions présentes dans la halakha sont essentiellement dues aux klipot qui empêchent d'atteindre la clarté substantielle de la Torah.
Lorsque l'homme investit toutes ses forces pour approfondir et répondre aux questions, il brise les klipot. Il faut expliquer que le terme "klipot" désigne les forces de touma et signifie littéralement "écorces".
De la même façon qu'il est impossible de manger un fruit aussi bon soit-il sans en retirer l'écorce, ainsi en est-il pour la Torah qui est un fruit pur et délicieux dont la douceur dépasse l'entendement. Il faudra pour se délecter de son fruit, en retirer les klipot par nos efforts soutenus.

À présent, nous pouvons comprendre pourquoi la Torah orale est comparée à la solidité de la roche car elle fait allusion aux klipot qui sont aussi dures que la pierre et empêchent l'homme d'en extraire l'eau de la Torah, qui est la Torah orale.
Lorsque Hachem ordonna à Moché et Aharon : "Tu feras sortir pour eux de l'eau du rocher" ('Houkat 20,8), son intention était de soumettre les forces d'impureté que sont les klipot, qui sont dures comme de la roche, afin de pouvoir faire jaillir de l'eau en abondance de la Torah orale, comme ce sera le cas à l'avenir où les forces de la klipa seront annulées du monde et ainsi "ils n'auront plus besoin de s'instruire mutuellement en disant : reconnaissez Hachem! Car tous Me connaîtront du plus petit au plus grand, dit Hachem" (Yirmiyahou 31,33).

Cependant, en frappant le rocher une première fois, Moché n'a pas soumis complètement les forces de la klipa et c'est la raison pour laquelle très peu d'eau en est sortie, "quelques gouttes par-ci et quelques gouttes par-là" = entrainant de nombreux doutes, et multipliant les points de vue des Sages de la Torah.

-> "Ce sont les eaux de la discorde où se querellèrent les enfants d'Israël" ('Houkat 20,13)
Rabbi Natan Shapira (Mégalé Amooukot) explique ainsi ce verset :
Si Moché était entré en terre d'Israël, il n'y aurait jamais eu de divergence d'opinion dans la Torah. Seulement après avoir frappé le rocher, ces divergences se sont multipliées parmi les Sages de la Torah et c'est le secret du verset : "C'est pourquoi on appela ce lieu "le rocher de la discorde/désaccord [parmi les Sages en Torah]"." (Chmouël I 23,28).

Ainsi, le rav Shapira explique également que c'est le secret du verset : "Ma parole n'est-elle pas comme un feu?" (Yirmiyahou 23,29) = s'il en est ainsi, les paroles de la Torah auraient dû être comprises par tous, de la même manière, sans divergences d'opinion ni doutes.
Cependant : "comme le marteau qui fait voler en éclats le rocher" = parce que Moché frappa le rocher avec son bâton comme un marteau (patich - פטיש) qui a la même valeur numérique que les termes bâton Moché (maté Moché - מטה משה) soit 993, cela entraîna des désaccords entre les Sages de la Torah.

Rabbi Natan Shapira poursuit son enseignement : nous pouvons expliquer la raison profonde pour laquelle Moché Rabbénou désira tant entrer en terre d'Israël. Il vit par prophétie au Mont Sinaï que se multiplieraient les divergences dans la Torah orale entre Hillel et Chamaï (משה = ma'hlokét Hillel Chamaï & akol cham'ou miSinaï).
Ainsi, Moché pria de toutes ses forces pour entrer en Terre promise et que les divergences d'opinion cessent de se multiplier par le mérite de la sainteté de la terre d'Israël.
Ceci pour que ne subsiste qu'une seule Torah et un seul jugement pour Israël.

-> Le Shvilé Pin'has conclut :
L'intention de Moché était incontestablement au Nom du Ciel. Cependant, celle du Maître de l'univers était de protéger à l'avenir les bn" Israël. En effet, si Moché était entré en terre d'Israël et avait construit le Temple, ce dernier aurait été indestructible par le mérite de sa sainteté et Hachem n'aurait pas pu déverser Sa colère sur le bois et les pierres qui le constituaient mais sur les Bné Israël.
La destinée d'un Juste est aussi insondable qu'elle est précieuse pour le peuple d'Israël car par ses mérites, nous survivons sans le savoir à des décrets célestes de stricte rigueur.

"Une vache rousse intègre qui n’a pas de défaut qui n’a pas porté le joug" ('Houkat 19,2)

Le 'Hozé de Lublin explique ce verset de la façon suivante :
Celui qui se considère parfait, sans défaut, cela est la preuve que cette personne ne porte pas le joug de la Royauté Divine.
Car celui qui porte véritablement ce joug, ne peut que trouver en lui de multiples défauts.

Ainsi, si quelqu’un pense qu’il "n’a pas pas de défaut", cela prouve "qu’il n’a pas porté le joug".

"Vous parlerez au rocher" ('Houkat 20,8)

-> Hachem a demandé à Moché de parler au rocher (du puits) afin qu'il produise de l'eau.
Qu'est-ce que Moché aurait dû dire au rocher?

Il aurait dû étudier un chapitre de Torah et alors le rocher aurait donné de l'eau.
[midrach Yalkout Chimoni 763]

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-> Le rav Aharon Yéhouda Leib Steinman enseigne :
Le Zohar (Térouma 161b) affirme que Hachem regarda dans la Torah et créa le monde.
Ainsi, puisque la Torah est le fondement du monde, toute la création lui est assujettie.
Moché, à qui Hachem avait ordonné de dire une parole de Torah au rocher, aurait alors fait sortir l'eau sans même le lui demander.

Même si finalement, l'eau qui avait jailli après les 2 coups provenait bien d'un mrarcle, car Moché en avait la capacité par ses pensées pures et saintes, cependant le kidouch Hachem consistait à montrer aux Bné Israël que la nature est totalement soumise à la Torah.
C'est pourquoi Hachem dit à Moché et Aharon ('Houkat 8,12) : "Puisque vous n'avez pas eu confiance en Moi ... vous ne conduirez pas ce peuple en terre d'Israël".

Le rav Steinman conclut que même si nous ne sommes pas au niveau d'agir de manière surnaturelle par des paroles de Torah, à l'image de Moché, nous pouvoir quand même voir de là la grandeur de l'étude de la Torah.

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-> "Moché leva la main et frappa le rocher (sela - סֶּלַע)" ('Houkat 20,11)

Le livre "Tikounei haZohar" dit que si Moché n’avait pas frappé le rocher, mais lui avait parlé comme l’avait ordonné Hachem, les bné Israël auraient appris la Torah sans aucune difficulté ni dissension.

Le Yichma’h Israël (rabbi Yaakov 'Haïm Sifer) écrit que l'on en trouve une allusion dans les paroles de la guémara (Méguila 18a) : "un mot vaut un sela (pièce de monnaie) et le silence en vaut deux".
Cela signifie que s’il y avait eu "un mot pour le rocher (sela), une parole et non un coup, pour le rocher que Moché a frappé, alors il y aurait eu "le silence pour deux", entre deux talmidei ‘hakhamim qui étudient la Torah, et qui auraient étudié la Torah calmement, sans difficultés ni dissensions.

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+ "Prends le bâton ... toi et Aharon ton frère, et vous parlerez au rocher sous leurs yeux et il donnera ses eaux ... tu feras boire l'assemblée et leurs animaux" ('Houkat 20,8)

-> Le verset dit "le bâton" (hamaté), et non : "ton bâton" (matékha).
Hachem fait référence au bâton avec lequel Moché et Aharon ont fait de nombreux miracles.
Ils devaient prendre précisément ce bâton pour frapper le rocher, plutôt que son bâton personnel, afin de rappeler au peuple juif les énormes miracles que Hachem a réalisés, et à quel point Il contrôle absolument tout dans ce monde.
Ainsi, ils n'auraient pas dû douter à savoir si Hachem pouvait faire sortir de l'eau de ce rocher. [Une telle interrogation ne doit pas exister car] Hachem contrôle tout dans ce monde et peut manipuler la nature comme Il le désire.
[Sifté Cohen]

-> L'article défini (le/au puits - asséla) indique qu'il s'agit d'un rocher bien précis.
Les Sages enseignent que D. a créé un rocher dont Il s'est souvent servi comme source miraculeuse.
C'est le rocher que l'ange avait révélé à Hagar alors que son fils Ichmaël se mourait de soif -Béréchit 21,19), celui-là même dont Moché avait fait sortir de l'eau sur l'ordre de D. près de 40 ans plus tôt (Chémot 17,6). Et ce même rocher avait accompagné le peuple dans ses pérégrinations aussi longtemps que Myriam était en vie. Mais à sa mort, il a cessé de donner de l'eau.
[Ramban]

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-> "Puisque vous n'avez pas cru en Moi pour Me sanctifier aux yeux des Bné Israël" ('Houkat 20,12)
Rachi commente : "Si vous aviez parlé au rocher et qu’il eût fait jaillir de l’eau, j’aurais été sanctifié aux yeux de la communauté qui se serait dit : "Si ce rocher, qui ne parle ni n’entend ni n’a besoin de nourriture, exécute l’ordre de Hachem, à plus forte raison nous incombe-t-il de le faire!"

-> La nature est soumise aux tsadikim, car toute la création l'a été pour eux. Cependant, la nature n'est pas soumise aux animaux des tsadikim.
Moché a pensé à tord que le peuple juif n'était pas méritant d'avoir les lois de la nature se changeant pour eux. C'est pourquoi il a frappé 2 fois le rocher : une fois pour faire sortir de l'eau pour le peuple juif, et une autre fois pour les animaux. ("tu feras boire l'assemblée et leurs animaux").
['Hatam Sofer]

-> Hachem dit à Moché qu'il avait fait une erreur. En effet, Moché pensait que Hachem n'accomplit des miracles uniquement pour les tsadikim.
Cependant [la réalité est que] dans les situations qui vont générer une sanctification du Nom Divin, alors Hachem réalise des miracle également pour les réchaïm.
Ainsi, "Puisque vous n'avez pas cru en Moi" = puisque Moché n'a pas cru correctement sur comment Hachem fait des miracles, alors il n'a pas parlé au rocher, "pour Me sanctifier" = en amenant un kidouch Hachem [ce qui aurait permis d'avoir un miracle même pour les réchaïm], alors Moché n'a pas mérité d'amener les Bné Israëk en terre d'Israël.
[Tsor haMor]

->b'h, également : https://todahm.com/2013/10/27/frapper-le-rocher-2-fois

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-> Selon Rachi (Vaéra 7,19) : Moché n'a pas frappé le Nil (lors de la 1ere et 2e plaie), car le fleuve l'avait protégé lorsqu'il y avait été jeté [avant que la fille de Pharaon l'y récupère].
De même, Moshé n'a pas frappé la terre (lors de la 3e plaie), car elle lui a permis d'enterrer l'égyptien qu'il avait tué.

Dans la paracha 'Houkat, Moché va frapper le rocher pour en faire sortir de l'eau, à la place de lui parler.
A cause de cette erreur, il lui a été interdit d'entrer en terre d'Israël.
Le midrach (Yalkout Chimoni 'Houkat 21) explique que Hachem a dit à Moché : "Est-ce que tu sais ce que les rochers ont fait à Mes enfants?" [comme il est dit : "l'a nourri avec le miel des rochers" (vayénikéou dvach misséla - Haazinou 32,13)]
[les rochers ont donné miraculeusement du miel pour nourrir les enfants juifs en Egypte.]
[Hachem a dit : ] "Après que le rocher a fait une telle faveur, tu oses le frapper?! Tu n'es pas digne de mener Mes enfants. J'ai déjà désigné quelqu'un pour prendre la relève : Yéhochoua bin Noun"."

=> Ainsi, selon ce midrach l'erreur de Moché a été son manque de reconnaissance envers les rochers, qui ont fait tant de bonté au peuple juif par le passé.

[ b'h, issu du divré Torah : https://todahm.com/2014/01/03/980-2 ]

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+ Quelques autres raisons sur : Pourquoi Moché et Aharon ont-ils été punis?

-> Le Ramban a écrit au nom de Rabbénou ‘Hananel que la faute était d’avoir dit "nous allons vous faire sortir de l’eau", alors qu’il aurait fallu dire "Hachem va vous faire sortir de l’eau", comme il est dit à propos de la manne : "Le soir, Hachem vous donnera de la viande à manger".

-> Pour le Ibn Ezra, leur faute (à Moché et Aharon) était d’avoir frappé plusieurs fois avec leur bâton. S’ils avaient frappé le rocher une seule fois, ce n’aurait pas été une faute.

-> Le Ibn Ezra au nom d’autres personnes rapporte que c’est parce que Moché et Aharon n’ont pas dit la chira sur le fait que l’eau sortait du rocher, et que les bné Israël ont dit la chira. Moché et Aharon ont donc été punis et ne sont pas entrés en Erets Israël avec les bné Israël.

-> Le Ibn Ezra au nom d’autres personnes rapporte que les bné Israël ont dit qu’ils allaient faire sortir l’eau d’un autre rocher (ce qu’on tire des mots du verset : "Est-ce que de ce rocher-là nous allons vous faire sortir de l’eau"), alors Moché a craint de modifier la parole de Hachem et de frapper un autre rocher, et parce qu’il n’avait pas fait sortir l’eau du rocher qu’on lui avait demandé, ils ont été punis parce qu’ils avaient empêché une sanctification du Nom de D.
C’est le sens de "parce que vous ne M’avez pas fait confiance pour Me sanctifier".

-> Le Méam Loez ('Houkat 20,12) rapporte l'interprétation suivante : lorsque Moché désobéit à l'ordre de D. et frappa le rocher, il perdit l'occasion d'enseigner une leçon importante aux Bné Israël.
S'il avait parlé au rocher, et par quelques mots, avait fait couler de l'eau, non seulement le Nom de D. aurait été sanctifié mais les Bné Israël en auraient déduit la leçon suivante : "Si un rocher, privé de parole, d'ouïe et n'ayant pas besoin de subsistance, obéit à la parole de D., qu'en est-il de nous qui avons assisté à tant de prodiges et pour qui tant d'actes de bonté ont été accomplis?"

-> Il y a un avis cité par Ibn Ezra selon lequel Hachem leur a reproché d’avoir manqué de respect aux bné Israël en disant : "Ecoutez, ô rebelles!" ('Houkat 20,10), alors qu’il ne convient pas à un homme pieux de parler de façon méprisante aux descendants d’Avraham, Its'hak et Yaakov.
Nos Sages ont appris de là que celui qui ne respecte pas l’honneur dû à la communauté, c’est comme s’il avait profané le Nom de Hachem.

-> L’avis du Rambam est que la faute de Moché était d’avoir penché vers la colère en disant : "Ecoutez, ô rebelles" ('Houkat 20,10).
Hachem a estimé qu’un homme comme lui ne devait pas se mettre en colère devant la communauté des bnei Israël, à un endroit où la colère ne convient pas.
C’est une profanation du Nom de Hachem, parce qu’ils apprenaient de tous ses gestes et de toutes ses paroles, espérant arriver à la réussite en ce monde et dans le monde à venir.
Quelle impression allaient-ils donc avoir de la colère, qui fait partie des choses mauvaises et qui ne provient que d’une mauvaise disposition.
En effet, cette génération était formée de grands sages. La plus petite des femmes parmi eux était comme Yé’hezkel ben Bouzi, et tout ce que disait ou faisait Moché, ils l’observaient.
Quand ils ont vu qu’il se mettait en colère, ils se sont dit qu’il n’avait pas de défaut, et que donc s’il n’avait pas su que Hachem était fâché contre eux pour avoir demandé de l’eau et qu’ils L’avaient irrité, il ne se serait pas mis en colère.

-> Pour le Abrabanel, quand Hachem a ordonné à Moché de parler au rocher, et que Moché l’a frappé au lieu de lui parler, cela a provoqué que Hachem punisse Moché et Aharon pour d’autres fautes qu’ils avaient commises : Aharon pour le Veau d’Or qu’il avait fabriqué, car même s’il n’avait pas fauté en l’adorant, comme il avait été la cause que beaucoup de gens soient morts et ne rentrent pas en terre d'Israël, lui aussi en a été puni.
Et Moché parce qu’il avait envoyé des explorateurs et leur avait demandé de faire leur rapport au peuple, ce que les bné Israël n’avaient pas demandé et ce que Hachem n’avait pas ordonné, à savoir d’observer le peuple installé dans le pays pour voir s’il était fort ou faible, peu nombreux ou nombreux.
Bien qu’il ait eu une bonne intention, il s’en est suivi que les explorateurs ont dit : "Le peuple est puissant ... et les villes fortifiées", et ils ont introduit la peur dans le peuple, qui a protesté contre Hachem et contre Moché. A cause de cela, il a été décrété qu’ils ne rentreraient pas en terre d'Israël et mourraient tous dans le désert.
Comme Moché avait été à l’origine de cet incident, il était juste que lui non plus n’entre pas en terre d'Israël. Et parce que les bné Israël avaient fauté délibérément et Moché par erreur avec de bonnes intentions, Hachem a protégé son honneur en faisant passer le décret contre lui à l’intérieur du décret contre le peuple.
Il a montré de la patience avec lui comme envers Aharon pour la faute du Veau d’Or.

-> Le Tsror haMor enseigne que Moché s’est fâché que les Bné Israël demandent de l’eau, parce qu’il croyait qu’ils n’avaient pas besoin d’eau. En effet, la manne était une nourriture très fine qui ne donnait pas soif. Elle se trouvait également entre deux couches de rosée, au point qu’elle représentait presque du pain et de l’eau.
C’est pourquoi il leur a dit : "Ecoutez, ô rebelles" ('Houkat 20,10), vous êtes des contestataires et des protestataires, est-ce que nous allons vous faire sortir de l’eau de ce rocher, faut-il donc aider les réchaïm?
Car quand Hachem fait des miracles, il convient qu’Il le fasse pour l’honneur de tsaddikim comme Daniel, ‘Hanania, ..., mais pour des réchaïm il ne convient pas qu’Il fasse des miracles.
Quand les bné Israël ont entendu ce que disait Moché, peut-être ont-ils pensé que Hachem ne pouvait pas, ou pour toute autre raison, et ce à cause du manque de foi qui était entré dans leur cœur à cause des paroles de Moché. Cela leur a été compté comme si c’étaient eux qui n’avaient pas cru. Tout cela parce que D. se montre sévère à l’extrême avec les tsaddikim. [il s'agit de la génération de la connaissance (dor déa)]
[voir également ci-dessus le commentaire du Tsor haMor]

-> Inversement, il est intéressant de souligner que Rabbi Chmouël David Luzzato fait remarquer dans son commentaire sur la Torah : "Toute ma vie, j’ai évité d’examiner trop profondément cette question, par crainte de ne rien dire de nouveau, et que j’ajoute encore une faute à Moché notre maître"

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-> Rabbi David Pinto (la voie à suivre n°1038) enseigne :
Au-delà de la sanctification du Nom divin qu’ils (Moché et Aharon) ont amoindrie en frappant le rocher au lieu de lui parler, ils ont manqué de livrer un enseignement aux générations à venir.
Dans le Midrach (Yalkout Chimoni 20), il est écrit : "Vous parlerez au rocher : Il lui a dit : lorsqu’un enfant est jeune, son maître le frappe pour lui enseigner ; quand il grandit, il le reprend par des paroles. De même, Hachem dit à Moché : lorsque ce rocher était petit, tu l’avais frappé, comme il est dit : “tu frapperas le rocher” (Béchala'h 17,6), mais maintenant, “vous parlerez au rocher” : dis-lui quelques mots de Torah et il fera sortir de l’eau".

Autrement dit, Hachem désirait que le peuple juif apprenne de cet événement une leçon importante d’éducation : lorsque les enfants sont encore petits, on peut parfois les frapper, quand c’est nécessaire. Mais, dès qu’ils grandissent, les coups n’ont plus aucune utilité, et il faut avoir recours à la parole, leur enseigner une chose, une halakha avec douceur et finesse. Par ce biais, le jeune aura envie de se rapprocher de la Torah, et ses parents auront le bonheur de constater qu’il "fait sortir" de l’eau, que les eaux de la Torah jaillissent de lui.

C’est cet enseignement édifiant que le Créateur désirait enseigner à Ses enfants (les Bné Israël) en ordonnant à Moché et Aaron de parler au rocher plutôt que de le frapper. Ainsi, lorsque Moché le frappa par erreur, il manqua à sa mission essentielle en même temps que l’opportunité de transmettre cet enseignement aux générations suivantes.
D’où la colère de D. et la sévérité de la punition qu’Il leur infligea.

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-> "Moïse leva la main, et il frappa le rocher de sa verge par 2 fois" (20,11)

-> Le Gan Ravé enseigne :
Pourquoi avons-nous besoin de savoir combien de fois le rocher a été frappé? De plus, pourquoi Aharon a été puni pour une action qu'il n'a pas personnellement faite?

Nous voyons ici que quelqu'un qui se tient à côté d'un autre qui réalise une faute (avéra), et qu'il ne fait rien pour essayer que l'en empêcher, alors il est également coupable.
La 1ere fois où Moché a frappé le rocher, c'est seulement lui qui était responsable, car comment Aharon pouvait-il connaître son acte?
Mais après qu'il l'ai frappé une 1ere fois, Aharon aurait dû dire quelque chose.
Ainsi, le verset nous dit que Moché a frappé une 2e fois, pour nous signifier que Aharon est devenu responsable de la faute pour avoir laissé Moché frappé le rocher une 2e fois.
[Aharon pensait que les actions de Moché étaient la volonté de D. (les tsadikim sont jugés sur l'épaisseur d'un cheveu)]

-> Que vient nous apprendre dans le verset le fait que "Moïse leva la main"? L'essentiel étant qu'il "frappa le rocher".
Le Divré Chaoul donne la réponse suivante :
Le rabbi Ména'hem Mendel de Riminov dit que les 248 membres du corps humain correspondent aux 248 mitsvot positives. Chaque organe du corps correspond à une mitsva.
Celui qui est un tsadik sanctifie chacun de ses membres, au point où il en vient à accomplir automatiquement la volonté de D.
La guémara (Nédarim 32b) rapporte ainsi que Avraham avait tellement sanctifié les membres de son corps qu'il réalisait automatiquement la volonté d'Hachem.
[c'était d'ailleurs une des difficulté de l'épreuve de la Akédat Itsa'hak, puisqu'il a dû aller à l'encontre de cet aspect habituellement automatique : ses bras de voulaient pas spontanément tuer son fils, à l'inverse de ce que lui demandait Hachem]

Selon cette explication, nous pouvons comprendre pourquoi le verset dit que : "Moïse leva la main".
Les membres de Moché voulaient faire spontanément la volonté de Hachem.
Ainsi, ses mains ne voulaient pas frapper le rocher, car cela n'était pas ce que voulait Hachem. C'est pourquoi le verset souligne que Moché a levé sa main = en d'autres termes, il a dû aller contre la volonté des organes et lever ses mains, afin de ne pas faire la volonté Divine.

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-> Le Méam Loez ('Houkat 20,11) enseigne :
Selon une opinion, [lorsque Moché frappa le rocher pour la première fois,] seules quelques gouttes d'eau s'écoulèrent lentement.
Les israélites le grondèrent : "Fils d'Amram! L'eau que tu fais sortir suffit pour des enfants à peine sevrés".
Ainsi, Moché frappa une 2e fois et l'eau jaillit avec tant de force qu'elle noya tous les railleurs qui l'avaient ridiculisé. Ils périrent car ils n'étaient pas dignes de boire cette eau.
Cet épisode est mentionné dans le verset : "Certes, il a frappé le rocher et de l'eau en a coulé ; des torrents en ont jailli" (Téhilim 78,20).

L'eau jaillit non seulement du rocher que Moché avait frappé mais de toutes les roches du désert.
D. accomplit ce miracle afin que les Bné Israël ne puissent prétendre que ce rocher-là avait la capacité de fournir de l'eau et aucun autre.
Le verset dit : "Il fendit des rochers [et non un rocher] dans le désert et abreuva le peuple comme des abîmes profonds" (Téhilim 78,15).
[...]
Nos Sages disent que le Nom Divin était gravé sur le côté du bâton qui fendit la mer et assécha l'eau à l'ouverture de la mer Rouge. De l'autre côté, était gravé le Nom Divin propre à produire de l'eau.
Ainsi, lorsque Moché, en colère contres les israélites, frappe le rocher, il abattit son bâton du mauvais côté, ce qui l'empêcha de produire de l'eau.
La 2e fois, il frappa sur l'autre côté du bâton et l'eau se mit à couler.

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-> Le gaon Rabbi Sim’ha HaCohen Rappoport, s’appuyant sur l’enseignement du midrach (Chémot rabba 3) : "La Chékhina parlait par la gorge de Moché", s’interroge : Pourquoi Moché a-t-il été puni pour avoir dit : "Ecoutez, je vous prie, ô rebelles", puisque la Chékhina parlait par sa gorge et que lui-même ne disait rien?
La guémara (Pessa’him 66b) enseigne que "Quiconque se met en colère, si c’est un Prophète, sa Prophétie [la Chékhina] le quitte". Par conséquent, comme Moché s’était mis en colère, c’est lui-même, et non pas la Chékhina, qui disait : "Ecoutez je vous prie, ô rebelles", c’est pourquoi il a été puni.
[Migdanot Yaakov]

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-> "Tu abreuveras l'assemblée et leurs animaux" ('Houkat 20,8)

Le Sefer 'Hassidim commente ainsi :
Nos Sages disent que l'on doit donner à manger d'abord à ses animaux avant soi-même, comme il est dit : "Je donnerai de l'herbe dans ton champ pour ton animal, et tu mangeras", d'abord ''à ton animal'' et après ''tu mangeras''.
En revanche, en ce qui concerne le fait de boire, d'abord l'homme boira, et ensuite il donnera à boire à ses animaux. Comme il est dit : "Tu abreuveras l'assemblée", c'est-à-dire d'abord les hommes, "et leurs animaux", ensuite on donnera à boire aux animaux.