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Les 100 bénédictions quotidiennes

+ Les 100 bénédictions quotidiennes :

"100 socles pour les 100 talents, un talent par socle (adém)" (Pékoudé 38,27)

-> Le 'Hidouché haRim explique que les 100 adanim du Mishkan correspondent aux 100 bénédictions qu'une personne est tenue de réciter chaque jour (guémara Ména'hot 43b).

Quel est le lien entre les 100 bénédictions et les 100 adanim?
La réponse est que, tout comme les adanim soutiennent le Michkan et lui permettent de rester debout, les bénédictions sont le fondement de la sainteté du peuple juif et de la sainteté de chaque juif, et elles nous permettent de rester forts dans notre judaïsme.
Ceci est suggéré par le fait que le mot "adanim" est lié au mot "adon", maître, et que lorsque nous prononçons des bénédictions, nous témoignons que Hachem est le maître du monde.

Ainsi, les 100 bénédictions que nous récitons chaque jour constituent les "adanim" qui soutiennent chacun de nos Michkan personnels (Hachem résidant à l'intérieur de tout juif - béto'ham).

-> De même que le sanctuaire (Michkan) reposait sur 100 socles, chaque juif doit réciter 100 bénédictions par jour. Comme les socles étaient les fondements du Michkan, les bénédictions sont les fondements de la sainteté de chaque juif.
Le mot adém (un socle – אדן) vient du mot adnout (autorité – אדנות).
Grâce aux bénédictions, l’homme témoigne que D. est maître de toute la création.
=> Les 100 bénédictions quotidiennes représentent 100 socles pour le sanctuaire de chaque juif.

-> Le 'Hidouché haRim explique que le mot : "adanim" (socles) vient du mot "adon" (Maître), puisqu'à chaque bénédiction que nous récitons, nous couronnons Hachem comme notre Roi et Maître. De même que les 100 socles (adanim) sont la fondation du Michkan, de même les 100 bénédictions que nous récitons chaque jour sont la fondation du michkan personnel qui se trouve en chaque juif.

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+ 100 bénédictions à la place des Korbanot :

-> Le Rokéa'h (dans son introduction) écrit :
"Béni soit Hachem, D. d'Israël, car Sa bonté et Sa vérité ne quittent jamais Israël. Il nous a sanctifiés pour toujours et nous a créés pour L'honorer et Le louer en tout temps. Tout ce qui a été créé avec Son nom a été créé pour L'honorer. Et Il désire nous rendre justes ... Puisque nous avons fauté, le Temple a été détruit, et nous n'avons plus de Mizbéa'h (Autel) ni de Korbanot.
Hachem veut que nous soyons protégés ; c'est pourquoi Il nous a ordonné de réciter 100 bénédictions (par jour)."

-> Le Rokéa'h déclare plus loin (dans son Séder haTéfila) au nom du midrach qu'Hachem a réconforté Avraham Avinou lors de la brit ben habétarim en lui annonçant que les100 bénédictions qui seront accomplies chaque jour.

Hachem a dit à Avraham que ses descendants seraient réduits en esclavage et souffriraient énormément.
Avraham demanda comment ils parviendraient à survivre, et Hachem répondit qu'ils bénéficieraient du mérite des korbanot. Avraham dit : "Cela ne s'applique qu'à l'époque des Temple. Qu'en sera-t-il lorsqu'ils seront en exil?"

Hachem répondit : "Lorsqu'ils me réciteront 100 bénédictions chaque jour, Je considérerai cela comme s'ils apportaient des korbanot!"

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+ Mettre Hachem dans notre vie :

-> Le rav Shimshon Pinkous (Néfech Shimshon - chaar Emouna) dit que nous récitons les 100 bénédictions chaque jour pour nous rappeler constamment la présence de Hachem dans nos vies.
Si nous nous y prenons bien, nous sommes protégés des tragédies, car nous n'avons besoin d'aucun autre rappel.

[il rapport au nom du rav Zalman Auerbach que Hachem nous envoie des tragédies, comme une secousse pour nous réveiller et nous rappeler qu'il y a un Créateur. Le rav Auerbach dit que les tragédies sont comme une voix d'Hachem qui sonne et déclare : "Je suis là. Je suis en charge du monde".
Si nous prenons à coeur les 100 bénédictions, comme rappels de la présence d'Hachem, alors nous n'avons pas besoin d'une alarme douloureuse comme des tragédies. ]

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+ Le pouvoir guérisseur des 100 bénédictions :

-> Le séfer Ahavat Eitan relate l'histoire suivante : Un talmid 'hakham tomba un jour gravement malade. Il alla voir rav Shlomo Zalman Auerbach et lui demanda comment il pouvait susciter la miséricorde divine pour être guéri.
Le rav Shlomo Zalman répondit : "Je vais vous dire ce que je ferais si j'étais dans votre situation. Je renforcerais mon engagement à réciter 100 bénédictions chaque jour et je veillerais à me concentrer sur chaque mot. Je veillerais à prononcer correctement le mot "barou'h", le mot "atah", et certainement le nom de Hachem. Si vous y parvenez, c'est une grande réussite."

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+ Celui qui fait une bénédiction crée une bénédiction pour le monde entier :

-> La Ritva écrit (dans son introduction à Hilkhot Béra'hot) ce qui suit :
"Tout ce que Hachem a créé et placé dans ce monde a été fait pour être utilisé par l'homme, créé à Son image pour se tenir devant Hachem, Le servir et bénir Son nom ...
Par conséquent, tout juif qui désire tirer du plaisir de ce monde est tenu de bénir le Roi du Monde. S'il ne fait pas de bénédiction, il commet une mé'ila békodchim ... et il se libère du joug du Royaume des Cieux.
Et celui qui fait une bénédiction sera béni et fera descendre grâce et bonté sur le monde entier ...
Par conséquent, la première chose à faire est d'apprendre et d'enseigner à ses enfants et à ses élèves comment faire des bénédictions afin qu'ils ne commettent pas de mé'ila et ne causent pas de destruction, car ce serait très grave."

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+ Plus grande que toutes les mitsvot :

-> Le séfer Mitsvot Zémaniot (écrit par un Richon, le rav Israël, fils du rav Yossef Israël) précise :
"Mon fils, sache que la plus grande de toutes les mitsvot et la plus puissante de toutes les avodot est la bénédiction. Chaque croyant doit bénir Hachem pour tout ce qu’Il ​​a créé en ce monde. Sur chaque chose, il doit prononcer la bénédiction spéciale qui lui est due, au moment opportun. Car tout ce qu’Hachem a créé était destiné à l’homme."

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+ Bénédictions avec kavana :

-> Le séfer Séder Hayom écrit que les bénédictions doivent être "dignes d'être comptées", ce qui signifie qu'elles doivent être récitées avec la kavana appropriée. Si l'on ne se concentre pas sur la bénédiction, elle n'est pas considérée comme suffisamment digne d'être comptée pour les 100 (à faire quotidiennement). Au contraire, c'est une faute.
Si l'on parvient à compter toutes les bénédictions et qu'elles ont toutes été récitées avec kavana, on est véritablement chanceux. Cela fait une grande impression au Ciel, et les mondes d'en-Haut comme d'en bas sont bénis en conséquence, car la signification secrète des 100 bénédictions est très, très élevée.
Nos Sages disent que c'est ce que Hachem nous demande. Si c'est la seule chose qu'Il nous demande, elle doit être extrêmement grande.

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+ Celui qui fait 100 bénédictions sera béni de 100 fois:

-> Il est dit dans le midrash Talpiot (Anaf Béra'hot) :
"Celui qui fait 100 bénédictions chaque jour sera béni 100 fois, comme il est dit à propos d'Its'hak : "Isaac planta cette année-là et trouva 100 portes (méa chéarim), et Hachem le bénit" (Toldot26:12).

[celui qui bénit est béni. En bénissant Hachem pour ce qu'il nous donne, cela permet à Hachem de nous bénir en retour.
D'une certaine façon, plus nous mettrons du coeur (kavana) dans une bénédiction, plus nous donnons de la force à Hachem pour nous bénir fortement en retour. ]

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-> Le Hida (séfer Dévach Léfi) cite le Rokéa'h (Siman 320) selon lequel celui qui accomplit 100 bénédictions (par jour) sera sauvé de 100 malédictions.

Il ajoute : "C'est un reproche pour quiconque ne prend pas ses bénédictions au sérieux et ne se concentre pas lorsqu'il les accomplit pour s'assurer de les accomplir correctement. Outre la punition qu'il recevra pour ne pas avoir accompli la bénédiction correcte, il perd la possibilité d'être sauvé de 100 malédictions."

La terre d’Israël = le fondement de toute chose

+ La terre d'Israël = le fondement de toute chose :

-> "Au commencement, Hachem créa le Ciel et la Terre" (Béréchit 1,1)

-> Sur le premier verset de la Torah, qui décrit la création de l'univers par Hachem, Rachi demande, au nom de Rabbi Its'hak, pourquoi Hachem a choisi de commencer la Torah par le récit de la Création plutôt que par le kidouc ha'hodech, la première mitsva donnée aux Bné Israël.
Il répond qu'à l'avenir, les nations du monde traiteront le peuple juif de "bandits" pour avoir conquis la terre d'Israël, qui appartenait auparavant à sept nations païennes.
La Torah commence par raconter le récit de la création de l'univers afin que les juifs puissent répondre que le monde entier appartient à Hachem. Il l'a créé et l'a donné à qui bon Lui semblait. Il l'a donné aux nations du monde quand Il l'a voulu et Il le leur a repris pour nous le donner quand Il l'a voulu.

-> Le rav Yérou'ham Lévovitz (Daat Torah - Béréchit p.4), remet en question ce Rachi. Il demande comment est-il possible que le seul but de tout le livre de Béréchit soit de démontrer que la terre d'Israël appartient légitimement au peuple juif.

Le rav Yérou'ham répond que la Torah entière n'est pas, comme on pourrait le conclure à tort, un recueil de parachiyot, chacune traitant d'un sujet particulier. Au contraire, la Torah entière, du début à la fin, est un long passage continu sur le sujet de la terre d'Israël.
L'essence de la Torah est de conquérir la terre d'Israël et d'en faire une demeure pour la Présence Divine (Chékhina).
C'est ce que Rachi nous enseigne : Le fait de placer la terre d'Israël au tout début de la Torah souligne que la terre d'Israël est le fondement sur lequel tout le reste est construit.
Une fois ce fondement fermement établi, toute la Torah peut être placée dessus.

-> Qu'est-ce que cela signifie? En quoi la terre d'Israël est-elle le fondement de la Torah?
Le rav 'Haïm David Sapirstein suggère que l'intention du rav Yérou'ham était que la terre d'Israël soit l'endroit où le but de toute la Création peut être accompli. Hachem a créé le monde pour que le peuple juif puisse vivre avec Lui dans un état de plénitude.
Or, un tel scénario ne peut avoir lieu qu'en terre d'Israël, où repose la Chékhina d'Hachem.
Puisque la terre d'Israël nous permet d'atteindre le but ultime de notre mission dans ce monde, s'attacher à la présence d'Hachem, qui ne se trouve qu'en terre d'Israël, elle est, en réalité, le fondement du monde entier.

Destruction de Sodome = symbole de la sainteté de la terre d’Israël

+ Destruction de Sodome = symbole de la sainteté de la terre d'Israël :

Hachem dit à Avraham : "Le cri de Sodome et d'Amorah (Gomorrhe) est devenu grand, comme leur perversité est excessive, je veux y descendre ; je veux voir si, comme la plainte en est venue jusqu'à moi, ils se sont livrés aux derniers excès; si cela n'est pas, j'aviserai" (Vayéra 18, 20-21)

-> Avraham Avinou intercéda pour Sodome et supplia Hachem d'annuler le décret. Après avoir réalisé qu'il était impossible de trouver 10 justes (tsadikim) dans toute la ville, Avraham cessa d'intercéder et retourna à sa place.
Les versets (19,24-25) disent : "Hachem fit pleuvoir du soufre et du feu sur Sodome et Amora, et Hachem renversa ces villes et toute la plaine, avec tous les habitants des villes et la végétation du sol".

=> Le Ramban demande pourquoi Sodome a reçu une punition aussi terrible. Il y avait certainement beaucoup d'autres villes dans le monde qui avaient fauté de la même manière, et pourtant nous n'avons jamais entendu parler d'un autre endroit qui aurait reçu une punition aussi sévère de la part d'Hachem.

Le Ramban répond comme suit :
"Vous devez savoir que le jugement de Sodome n'était dû qu'au niveau spirituel élevé de la terre d'Israël, car Sodome est incluse dans l'héritage d'Hachem (la terre d'Israël), qui ne tolère pas les fauteurs.
Et tout comme dans le futur, la terre d'Israël vomira des nations entières à cause de leurs fautes, elle nous l'a d'abord montré en vomissant [le peuple de Sodome], car ils étaient plus racha envers Hachem et leurs semblables que n'importe quelle autre nation. Le ciel et la terre sont devenus désolés pour eux, et leur terre a été détruite à jamais, sans possibilité de réparation.
Hachem a jugé bon d'en faire un avertissement pour le peuple juif, destiné à hériter de la terre d'Israël. Comme il est écrit : "terre de soufre et de sel, partout calcinée, inculte et improductive, impuissante à faire pousser une herbe; ruinée comme Sodome et Amora, Adma et Séboïm, que Hachem bouleversa dans sa colère et dans son courroux " (Nitsavim 29,22).

Voici, il y a eu beaucoup d'autres nations qui étaient tout aussi réchaïm (que Sodome et Amora), mais aucune d'entre elles n'a été punie de la même manière. La raison en est uniquement le niveau élevé [de sainteté] de la terre d'Israël, car c'est là que se trouve le palais d'Hachem".

"Voici les comptes (élé pékoudé) du Michkan, le Michkan du Témoignage, qui furent établis sur l'ordre de Moché" (Pékoudé 38,21)

1°/ Celui qui change de voie est comme un Michkan :

-> Il existe une règle générale selon laquelle chaque fois que le mot "élé" (voici - אֵלֶּה) est utilisé, il est "possel ét harichonim", ce qui signifie qu'il annule ce qui a été dit précédemment.
Le rav Yaakov Its'hak de Blondov (séfer Emet léYaakov) explique que le mot "élé est utilisé dans ce verset pour dire que lorsqu'une personne annule ses actions pécheresses antérieures, fait une véritable téchouva et accepte dorénavant de se sanctifier et de se purifier, elle mérite de devenir une demeure pour la Chékhina, tout comme le Mishkan.

Le verset dit que lorsqu'une personne accepte d'être un "élé" = ce qui signifie qu'elle travaille à annuler ses actions antérieures par une téchouva complète, alors elle devient "pékoudé haMichkan" = ce qui signifie qu'elle devient une demeure pour la Chékhina d'Hachem.

Le verset continue en disant "Michkan Ha'édout" = ce qui signifie que le Michkan lui-même est un témoignage du fait que même lorsque peuple juif a fauté avec le Veau d'or, après qu'ils aient fait téchouva, Hachem est revenu résider parmi eux.
C'est ainsi que nous pouvons apprendre le pouvoir de la téchouva.

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2°/ Celui qui s'humilie est comme un Michkan :

-> Le rav Yéra'hmiel d'Ostrovtz (séfer Imré Shefer) explique que ce verset nous enseigne le pouvoir de l'humilité.
Le Ramban (dans Iguéret haRamban) dit que l'humilité est la plus grande de toutes les midot et le premier outil que l'on doit utiliser pour servir Hachem correctement.
De plus, la Chékhina ne réside que dans un lieu d'humilité.

Le mot "pékoudé" connete "un manque", comme dans "vélo nifkad méménou ich" (aucun homme parmi vous ne manquera). Cela symbolise ainsi la mida de l'humilité, où une personne se considère comme manquante et insignifiante [en rapport à l'infinie grandeur d'Hachem].

Le verset dit : "élé pékoudé ich" : "élé pékoudé" = ces gens qui sont humbles. "haMichkan" = ils sont comme le Michkan dans le sens où Hachem réside parmi eux tout comme Il réside dans le Michkan.

Le verset poursuit : "Michkan Ha'édout" = le Michkan lui-même en témoigne. Hachem a ordonné que des récipients brisés soient utilisés pour le Michkan afin de montrer qu'Il se trouve parmi "ceux qui sont brisés et humbles".
"Acher pakad Hachem ét Moché" (qui furent établis sur l'ordre de Moché) = un autre témoignage du pouvoir de l'humilité est qu'Hachem a choisi Moché pour être Son messager en raison de son humilité.

Pékoudé = l’achèvement de la paracha Vayakel

+ Pékoudé = l'achèvement de la paracha Vayakel :

-> Le rabbi d'Izhbitz (séfer Mé haChiloa'h) écrit que la paracha Pékoudé est la suite de la paracha Vayakel, car elle détaille l'utilisation des ustensiles du Temple qui ne sont pas mentionnés dans Vayakel, mais dans Pékoudé.

Il les passe en revue et montre comment la Torah procède :
Vayakel explique comment fabriquer un Aron, mais sans préciser son utilisation. Pékoudé indique de placer les Lou'hot dans l'Aron.
Vayakel explique comment fabriquer la Choul'han. Pékoudé indique de placer le lé'hem hapanim sur la Choul'han.
Vayakel explique comment fabriquer la Ménorah. Pékoudé indique comment allumer les nérot (bougies [de la Ménora]).
Vayakel indique de fabriquer le Mizbéa'h Hazahav. Pékoudé indique d'y offrir les Kétoret.
Vayakel indique de fabriquer le Mizbéa'h dans la Azarah. Pékoudé indique d'y placer la Olah.
Vayakel indique de fabriquer le Kiyor. Dans Pékoudé, il est dit d'y verser de l'eau pour se laver.

Le Mé haChiloa'h explique que c'est la raison pour laquelle cette paracha est appelée "Pékoudé", car le mot "nifkad" peut signifier "compléter", et la paracha Pékoudé complète les détails manquants dans la paracha Vayakel.

"Et Betzalel fit l'arche" (Vayakel 37,1)

-> Car l'ombre d'Hachem était là, entre les Chérubins.
[midrach Tan'houma - Vayakel 7 ]

-> L' "ombre" d'Hachem fait référence à la présence divine qui se manifestait au-dessus de l'Arche d'alliance.
Le nom de Bétsalel signifie "à l'ombre de D." (bétsel El). Ainsi, Bétsalel savait comment construire l'Arche, afin qu'elle soit un lieu propice à la révélation de D.

Au moment de la sortie d'Egypte, nous sommes devenus les serviteurs d'Hachem.
Lors de l'ouverture de la mer Rouge, en chantant le cantique (chirat hayam), nous avons atteint le niveau d'enfants d'Hachem.
[Sfat Emet - Pessa'h 5658]

Kippour – le cadeau d’Azazel

+ Kippour - le cadeau d'Azazel :

"Il l'enverra par la main d'un homme propice dans le désert" (A'haré Mot 16,21)

-> Le jour de Roch Hachana, qui est le jour du jugement, nous sonnons du chofar pour perturber le mauvais penchant (Roch Hachana 16b), tandis que le jour de Yom Kippour nous lui envoyons le bouc pour Azazel afin qu'il puisse être occupé ce jour-là (Yoma 67b).

=> Qui est cet "homme propice" qui avait pour mission d'envoyer le bouc pour Azazel?

-> Nos Sages (Yoma 66a) nous enseignent qu'il pouvait s'agir d'un juif qui n'était pas Cohen et qu'il devait être prêt depuis la veille.

-> De plus, il est rapporté dans le Zohar (A'haré Mot 63b) qu'il s'agissait d'un homme choisi pour cette mission depuis le Ciel depuis le jour de sa naissance. On pouvait le distinguer par des signes physiques. Il avait un œil plus grand que l'autre, des sourcils épais et velus et ses yeux étaient de couleur bleue. Cette

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=> Pour quelles raisons le bouc devait-il être envoyé par l'intermédiaire d'un homme qui avait des défauts physiques ?

-> Le Zohar (Emor 90a) explique que c'est en raison des forces du sitra a'hra (forces du mal) qui sont toutes endommagées par des défauts. Par conséquent, cela apaise les forces du mauvais penchant de recevoir ce bouc de la main d'un homme qui a également des défauts.

=> Pourquoi devons-nous envoyer un bouc au Satan le jour de Yom Kippour, qui est un jour de miséricorde?
En effet, il est rapporté qu'il n'y a pas d'accusation du Satan le jour de Yom Kippour. D'où l'apprend-t-on? Du terme השטן (le Satan), qui possède une valeur numérique de 364. (Yoma 20b)

-> Le Zohar ('hadach 122a) explique que le Satan à 364 camps d'ange de destruction qui sont ses émissaires et qui correspondent aux 364 jours de l'année. Ils ont une emprise sur tous les jours de l'année sauf un, le jour de Yom Kippour.

-> Cependant, bien que le jour de Yom Kippour soit un jour de miséricorde, l'essence même de ce jour sacré reste un jour de jugement. Afin que celui-ci puisse se réaliser dans la bonté et non dans la rigueur, nous envoyons un bouc comme présent au mauvais penchant, comme cadeau corrupteur, afin de l'occuper et de bénéficier ainsi pleinement de la miséricorde divine, lors de ce jugement. [Zohar - Tétsavé 185a]

"Tu prendras de la fleur de farine que tu cuiras en douze 'halot... Tu les placeras en deux rangées, six par rangée, sur la Table pure, devant Hachem" (Emor 24,5)

-> Selon le Zohar (Térouma 154b) :
"Le secret de la Table est le suivant : d'elle émane la nourriture du monde. En effet, c'est à partir du lé'hem hapanim consommés par les Cohanim que la bénédiction et la sainteté sont attirées sur toute la nourriture du monde, sans que le mauvais penchant puisse la contester dans la mesure où le mauvais penchant se trouve essentiellement à l'intérieur même de la nourriture et de la boisson.
Tel est le sens de l'Ecriture : « De crainte que, vivant dans l'abondance, je te renie en disant : qui est D.?" (Michlé 30,9)."

-> En ce sens, lorsque le pain du Temple était consommé par les Cohanim, ceci propageait la bénédiction sur la totalité de la nourriture, repoussant ainsi les accusations du mauvais penchant. Ceci confère donc au peuple d'Israël la possibilité de s'alimenter dans la sainteté, sans être détourné vers la faute et continuer ainsi à servir l'Éternel, de tout son cœur.

Le Targoum Yonatan affirme que la Table du Temple était orientée côté nord afin d'attirer la richesse car c'est à partir du nord que les pluies abondent pour nourrir les pousses des champs qui seront à la base de la subsistance des habitants du monde ...
D'autre part, il y avait dans le Michkan deux piles de 6 pains, correspondant aux 12 Tribus de Yaakov.

En effet, il faut expliquer que les 12 pains qui étaient sur la Table du Temple attiraient la subsistance pour les 12 Tribus d'Israël, qui sont la raison d'être de la création du monde.
Ainsi, il convient de souligner que c'est par le mérite d'Israël que la totalité des habitants du monde peuvent recevoir leur subsistance. [Hachem étant un "D. miséricordieux", Il accorde la subsistance à tous, sans distinction, y compris aux réchaïm et à ceux qui renient Sa grandeur ou Son existence. ]
[Tsor ha'Haïm - Emor]

Le sel de Sodome

+ Le sel de Sodome :

"Et alors qu'ils les emmenaient, il dit : "Sauve ta vie! Ne te retourne pas" ... Mais sa femme jeta un regard derrière lui et fut transformée en statue de sel" (Vayéra 19,17-26)

-> La femme de Lot, qui n'a pas tenu compte de l'ordre de l'ange et s'est retournée pour regarder la destruction de Sodome, a été transformée en statue de sel.
Selon Rachi (v. 26), comme elle avait fauté avec du sel, elle fut punie avec du sel.
Comme le décrit Rachi (d'après le midrach Béréchit rabba 50,4), lorsque Lot invita les anges chez lui, il demanda à sa femme de leur donner du sel pour assaisonner leur nourriture. Non seulement elle refusa, mais elle l'accusa : "Maintenant, tu veux aussi introduire cette mauvaise coutume dans notre ville?"

Selon une autre opinion dans le midrach (Béréchit rabba 51,5), elle alla de voisin en voisin pour leur demander de lui prêter du sel, annonçant que son mari recevait des invités, afin que les habitants de la ville viennent chez elle et attaquent les invités.

Le Midrash Talpiyot (1: Anaf Icha) donne une autre version de la façon dont la femme de Lot a fauté avec du sel. Son surnom était en fait Méla'h, qui signifie sel. En effet, lorsque de pauvres vagabonds venaient frapper à sa porte pour mendier du pain, elle ne leur donnait que du sel, qui n'est pas exactement un aliment nourrissant. Dans leur souffrance, les victimes implorèrent Hachem de la punir en la transformant en un amas de sel. Elle interpréta à tort leur malédiction comme une bénédiction et répondit "Amen".
Lorsque vint le moment de la destruction de Sodome, ces prières amères furent exaucées et elle fut elle aussi punie.

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-> La guémara (Erouvin 17b ; 'Houlin 105b) note que le sel de Sodome (le méla'h Sédomit), peut rendre aveugle. En conséquence, nos Sages ont imposé le "mayim a'haronim", qui consiste à se laver les mains à la fin d'un repas afin d'éliminer cette substance toxique. (voir Ora'h 'Haïm 181:1, 10.)

=> Qu'est-ce que le sel de Sodome et comment rend-il aveugle?
Y a-t-il un lien avec la femme de Lot, son insensibilité au sel et son indifférence envers les nécessiteux?

-> La guémara (Béra'hot 6b) nous dit que Mar Zoutra a dit : "La principale récompense d'un jour de jeûne réside dans la charité dispensée" (agra détaanita, tsidkéta).
Selon de nombreux commentateurs (voir Michlé Yaakov sur Vayikra, 144), la véritable valeur d'un jeûne ne réside pas dans l'abstinence de nourriture, mais dans la corde sensible qui résonne chez la personne qui se prive de nourriture. Tout au long de l'année, lorsque l'estomac est plein, on ne peut pas vraiment comprendre le sort des pauvres et des affamés. Ce n'est que pendant le jeûne, lorsque l'on éprouve sa propre faim, qu'il est possible de s'identifier véritablement aux personnes qui souffrent de la faim ; cela amène la personne à réfléchir : "Imaginez un peu. Cet homme ressent cela toute l'année!"
Ce processus de réflexion donne à la personne une nouvelle capacité à donner la tsédaka avec générosité. Ainsi, la principale récompense ou le principal avantage du jeûne réside dans l'identification aux pauvres et le changement empathique qu'il peut apporter.

Cette notion est expliquée plus en détail par le rav 'Haïm Shmoulévitz (Si'hot Moussar 5731).
Le verset dit : "Hachem parla à Moché et à Aharon et leur donna des ordres concernant les Bné Israël" (Vaéra 6,13). Cependant, la Torah omet les détails des instructions qu'ils devaient transmettre aux Bné Israël.
La guémara (Yérouchalmi - Roch Hachana 3:5) nous dit que le commandement concernait la mitsva de shila'h avadim, qui consiste à libérer ses esclaves juifs après qu'ils aient travaillé pendant six ans (Michpatim 21,2).
Le rav 'Haïm Shmoulévitz souligne qu'il semble plutôt étrange de donner cette mitsva aux Bné Israël à ce moment-là, car elle ne serait applicable que plus de cinquante ans plus tard, après la conquête et l'établissement en terre d'Israël. Pourquoi ne pas avoir attendu au moins jusqu'au mont Sinaï, où d'autres mitsvot leur ont été données?

Le rav 'Haim Shmoulévitz explique que la mitsva consistant à renvoyer ses serviteurs est assez difficile. Après le prix d'achat initial, on dispose d'une aide gratuite pendant six ans, à laquelle on peut s'habituer. Soudain, après six années qui semblent courtes (le temps passant si vite!), la Torah exige non seulement que le maître libère l'esclave, mais qu'il le fasse en lui offrant divers cadeaux.
C'est précisément à ce moment-là, lorsque les Bné Israël ont appris que leur délivrance personnelle était imminente, qu'ils ont pu se mettre à la place de l'esclave et comprendre à quel point il aspirait à la liberté. C'était donc le moment idéal pour présenter cette mitsva aux Bné Israël.
Bien que le don de la Torah fût imminent, la période intermédiaire les aurait amenés à oublier la grande joie qu'ils avaient éprouvée lors de leur propre libération, et aurait rendu l'acceptation de cette mitsva d'autant plus difficile.

On peut mieux s'identifier aux besoins d'autrui lorsque l'on est soi-même confronté au même problème. Mais une fois sorti de cette situation difficile, on peut perdre ce sentiment d'identification, nécessaire pour susciter de la compassion pour autrui. [on trouve toute sorte d'excuse, pour remettre à plus tard ou diminuer notre potentielle aide. ]

De même, avant un repas ou pendant un jeûne, alors que j'ai encore faim, je peux comprendre la détresse de ceux qui n'ont pas de quoi se nourrir au quotidien.
Mais à la fin du repas ou après avoir rompu mon jeûne, ma soif étanchée et ma faim apaisée, je risque de perdre mon empathie. Et je risque de commencer à acquérir certains traits de caractère de Sodome, à devenir insensible à la faim des autres.

La guémara (Sanhédrin 109a) attribue l'arrogance et le mépris de Sodome envers les nécessiteux à leur grande richesse. Ils sont le paradigme du verset : "Yéchouroun est devenu gras et a protesté" (Haazinou 32,15).

La Torah (Lé'h Lé'ha 13,10) décrit la région de Sodome comme le jardin de Hachem (ké'gan Hachem).
Comme il est dit dans Iyov (28,5-6 ; et expliqué dans Pirké DéRabbi Eliezer 25), cette terre était très fertile ; elle produisait du pain à l'état fini, et les habitants extrayaient l'or, l'argent et les pierres précieuses directement du sol.
Les habitants de Sodome, qui vivaient selon l'adage : "Ce qui est à moi est à moi et ce qui est à toi est à toi" (Pirké Avot 5,13), déclarèrent : "Puisque notre terre est si productive, pourquoi avons-nous besoin de voyageurs, qui viendront nous dépouiller de nos biens?" Ayant perdu de vue les besoins des autres, ils élaborèrent un plan pour s'assurer qu'aucun invité n'entrerait dans leur ville.

C'est peut-être pour cette raison, sur le plan symbolique, que nos Sages ont institué le mayim a'haronim à la fin du repas. Lorsqu'on a faim et qu'on s'assoit pour manger, on est plus disposé à aider un pauvre qui frappe à la porte pour demander de la nourriture, car on comprend ce que ressent le mendiant affamé. Mais après le repas, on peut ne plus se sentir aussi compatissant et même être agacé par le pauvre qui nous dérange.

C'est précisément à ce moment-là que le sel de Sodome risque d'avoir un effet néfaste. Le comportement de Sodome envers les mendiants et les étrangers était cruel et dur. Le refus de la femme de Lot de donner du sel aux invités (ou, selon d'autres versions, son habitude d'aller demander du sel ou de ne donner que du sel) était emblématique de son avarice impitoyable et répugnante. Elle fut donc punie en étant transformée en statue de sel, symbole de son crime.

Cela aide peut-être à expliquer autre chose. Avant leur disparition définitive, les habitants de Sodome furent frappés de cécité (Vayéra 19,11). Ils avaient abusé de leur don de la vue, fermant les yeux sur les nécessiteux. Ils perdirent donc leur capacité de voir.

Enfin, lorsque les Sages ont dit qu'il fallait accomplir mayim a'haronim parce que le sel de Sodome est nocif pour les yeux, ils voulaient peut-être dire par allusion, que terminer un bon repas présente un danger. Ce danger serait celui de devenir indifférent au sort des nécessiteux, ce qui, comme dans la ville de Sodome, pourrait nous "aveugler" à la faim endurée par les défavorisés.

Ainsi, après avoir terminé un repas satisfaisant, nous sommes tenus de nous laver du sel de Sodome et de nous purifier de l'insensibilité qui peut envahir notre cœur lorsque notre estomac est plein.
[rav Avraham Bukspan]