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"Moché dit : 600 000 hommes à pied, c'est le peuple au milieu duquel je suis" (Béaaloté'ha 11,21)

-> Le midrach nous rapporte que lorsque Pharaon a décrété que les bébés juifs devaient être jetés dans le Nil, les mères juives les ont alors cachés dans leur sous-sol/cave afin que les égyptiens ne puissent pas les retrouver.
Cependant afin de les débusquer, les égyptiens amenaient leurs propres bébés dans les maisons juives, et les faisaient pleurer, ce qui entraînait les bébés juifs à pleurer également.
C'est alors que les égyptiens prenaient les enfants juifs et les noyaient dans le Nil.

Rav Lévi affirme que 600 000 enfants ont été ainsi jetés dans le fleuve, et cela a poussé Moché à déclarer : "600 000 hommes à pied, c'est le peuple au milieu duquel je suis", et pour chacune de ces 600 000 personnes, un enfant a été jeté dans le fleuve.

-> Le rav Shimshon d'Ostropoli écrit à ce sujet :
En réalité, chacun de ces 600 000 enfants a vécu pendant encore 80 années.
En effet, à la place d'être noyés dans le Nil, ils se sont parfaitement développés dans le fleuve, comme le font les poissons.

Ce miracle a été révélé au grand jour, lorsque les juifs ont traversé la mer Rouge, puisque à ce moment ces enfants qui ont été transportés par les courants d'eau, sont sortis vivant de la mer.
=> Ainsi en plus des miracles sublimes liés à l'ouverture de la mer Rouge, il y a également eu des retrouvailles de chaque juif avec son enfant perdu (persuadé à tord d'être mort noyé!).

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-> Lorsque le machia'h arrivera, il se produira la même chose (ceux qui seront morts reviendront), comme le prophète Mala'hi (3,24) l'écrit : "Il ramènera le cœur des pères à leurs enfants, et le cœur des enfants à leurs pères".

"Moché entendit le peuple pleurer pour ses familles" (Béaaloté'ha 11,10)

-> Selon nos Sages, si une personne meurt sans avoir fait téchouva, alors Hachem prend son âme et l'a fait se réincarner sous la forme d'un animal casher.
Par la suite, lorsqu'il sera égorgé par une bonne ché'hita, cela va permettre à cette âme de recevoir une expiation totale.

-> Le 'Hatam Sofer nous enseigne :
Pendant la 9e plaie, celle de l'obscurité, nos Sages nous rapportent que les 4/5e des juifs sont morts en raison d'un manque de croyance totale en la délivrance imminente, promise par Hachem.

Ces âmes ont toutes été placées dans les corps des animaux que les juifs ont pu prendre avec eux, lorsqu'ils ont quitté l'Egypte.

Par la suite dans le désert, lorsque les juifs se sont plaints et ont demandé de la viande (à la place de la manne), Moché qui accorde toujours le bénéfice du doute, a compris de leur demande désespérée que ce qu'ils voulaient véritablement, c'était de pouvoir égorger leurs animaux afin de libérer les âmes des nombreux juifs qui avaient pu périr durant la plaie de l'obscurité, juste avant la sortie d'Egypte.

Ainsi, le verset ci-dessus : "Moché entendit le peuple pleurer pour ses familles" = Moché croyait que les juifs pleuraient pour une indignation bien fondée : ils désiraient véritablement pouvoir aider les âmes perdues de leurs proches, et la manière d'y procéder était en consommant leurs animaux.
C'est pour cela qu'ils pleuraient et demandaient de la viande. [certes la manne c'est super, mais comment pouvons-nous la manger sans s'occuper de nos frères juifs "prisonniers" dans nos animaux!]

Malheureusement, ce n'était pas les intentions véritables des juifs, et Hachem, dans Sa sagesse infinie, était capable de le discerner.
Il savait que leurs intentions n'avaient rien d'honorable, qu'ils voulaient manger de la viande uniquement afin de satisfaire leurs désirs personnels.
C'est pourquoi il est écrit dans la suite de ce verset : "la colère de Hachem s'enflamma grandement, et aux yeux de Moché, c'était mal".

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-> "Maintenant, nous sommes exténués, nous manquons de tout : point d’autre perspective que la manne" (11,6)

Le ‘Hida (Pné David) explique :
La nourriture de l’âme se trouve dans les bénédictions sur la nourriture, car le corps profite de la nourriture et de la boisson, et l’âme profite des bénédictions.
C’était donc de cela qu’ils se plaignaient, en disant : Nous nous souvenons du poisson que nous mangions en Egypte gratuitement et des courgettes, ... car il faut dire une bénédiction sur chacune de ces choses individuellement, et maintenant "nous manquons de tout", notre âme n’est plus nourrie de rien, "point d’autre perspective que la manne".
Certes, elle prend le goût de tout ce que nous voulons, mais cela ne nous oblige pas à dire des bénédictions.

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-> "Hachem fut très en colère et ce fut mauvais aux yeux de Moché" (11,10)

Le Min’ha Béloula donne une raison de la signification du changement de langage dans le verset, qui dit que Hachem "fut très en colère" alors qu’à propos de Moché il est simplement dit que c’était mauvais à ses yeux.
C’est que Moché jugeait les bnei Israël favorablement. Il pensait que lorsqu’ils demandaient "qui va nous donner de la viande", ils désiraient vraiment manger beaucoup de viande.
Il ne les a pas soupçonnés de chercher un moyen de nier la providence Divine de Hachem, c’est pourquoi ce n’était pas tellement grave à ses yeux.

Mais Hachem, qui sonde les reins et les cœurs, savait ce qu’ils avaient dans le cœur. Ce n’est pas à la viande qu’ils pensaient, mais ils voulaient tout renier.
Lorsqu’ils disaient "qui va nous donner de la viande", ils voulaient dire : "qui est celui qui a le pouvoir de nous fournir de la viande?"
C’est pourquoi "Hachem fut très en colère". Mais "ce fut mauvais aux yeux de Moché", c’est-à-dire que Moché ne voulait pas les juger défavorablement, il pensait qu’ils voulaient manger beaucoup de viande.
C’était mauvais à ses yeux qu’ils pleurent à propos de la nourriture comme des bébés, mais il ne s’est pas fâché contre eux à la manière dont Hachem S’est fâché.

"Hachem est passé par dessus les maisons des enfants d'Israël, lorsqu'Il a frappé les égyptiens, mais nos maisons Il [les] a sauvées" (Bo 12,27)

-> Le mot Pessa'h vient du fait que Hachem est passé (passa'h - פָּסַח) sur les maisons des juifs, entraînant qu'aucun juif ne soit mort pendant cette nuit (même de mort naturelle!).

=> Est-ce que nous devons comprendre cela de façon littérale : Hachem est passé directement au-dessus des maisons, tout en punissant les 1ers nés égyptiens?

-> Rabbi Moché de Sassov enseigne qu'en réalité c'est exactement ce qui s'est déroulé.

Lorsque Hachem arrivait à une maison égyptienne, immédiatement il ressentait l'impureté et le manque total de spiritualité qu'il y avait.

Lorsque Hachem arrivait à une maisons d'une famille juive, Il percevait la sainteté qui y rayonnait.
La beauté d'une maison juive, lieu remplie de mitsvot, et possédant un niveau de sainteté élevé, a tellement rendu heureux Hachem, que pour ainsi dire, à chaque fois qu'Il passait sur une maison juive Il s'est mis à danser, et à chanter joyeusement : "Ici vit un juif! Ici vit un juif!"

=> Ainsi, Hachem est littéralement passé sur le toit des maisons juives [y restant, y dansant et exprimant sa joie d'avoir un tel peuple!]
==> Le mot Pessa'h va donc bien au-delà d'un simple passage, puisqu'étant une déclaration d'amour Divine à notre égard!
Combien devons-nous nous en réjouir, en être fier et agir en responsabilité!!

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-> Lorsque Hachem décida de sortir Ses enfants d'Egypte, ces derniers avaient atteint la 49e porte d'impureté. Ils n'avaient pas la capacité de fournir le moindre effort pour créer un éveil à partir du monde d'en bas.
Ils étaient dénués de toute mitsva. Ainsi, dans l'immensité de Sa miséricorde, Hachem les sortit d'Egypte par de grands prodiges et par un éveil supérieur sans même que ne précède un éveil du monde ici-bas.

C'est le sens du verset : "Hachem sautera par-dessus la porte" (Bo 12,23) = c'est-à-dire que d'habitude, Hachem demande avant tout : "Ouvre-Moi une ouverture de téchouva grande comme le chas d'une aiguille, et Moi [alors] Je te ferai une ouverture telle que des charrues et des bœufs pourront rentrer à l'intérieur" (midrach Chir haChirim rabba).
Or ici, Hachem sauta par-dessus la porte sans même que les Bné Israël n'aient provoqué un éveil de leur part, ce qui est contraire aux lois spirituelles qui régissent tous les mondes.
[...]
Hachem réalisa un acte de bonté immense avec le peuple d'Israël. Car en "sautant" le premier degré de réparation qui incombe à l'homme, "éloigne-toi du mal" (Téhilim 34,15) pour espérer en la délivrance, Hachem éleva Son peuple du fond du puits jusqu'au sommet de la montagne : "... et fait le bien" (Téhilim 34,15).
C'est le sens du verset : "Hachem sauta au-dessus des portes d'Israël" = Hachem les éleva immédiatement au niveau des portes de la sainteté en comblant les 49 niveaux d'impureté, puis Israël se redressa durant les 49 jours qui séparèrent la sortie d'Egypte du don de la Torah.
[rav Pin'has Friedman - Shvilei Pinhas]

"Les égyptiens reconnaîtront que Je suis Hachem, lorsque J'étendrai ma main sur eux et que Je ferai sortir du milieu d'eux les enfants d'Israël" (Vaéra 7,5)

-> Rachi (Yitro 18,9) : Un esclave ne pouvait pas, jusque-là, fuir l’Egypte, dont les frontières étaient hermétiquement closes. Et eux [les juifs] ont été 600 000 à sortir.

-> Le Ibn Ezra commente que les égyptiens, la nation la plus puissante en magie, avaient jeté un sort à leurs frontières de telle façon que personne ne pouvait en sortir librement.

-> Le Ben Ich 'Haï dit qu'on trouve une allusion à cela dans le mot : "Egypte" (מצרים), qui commence par un מ, lettre qui est ouverte, signe qu'à l'arrivée des juifs la terre était ouverte. Cependant par la suite, lorsqu'ils ont voulu en sortir cela était totalement impossible, à l'image de la lettre : ם de la fin du mot qui est fermé.

Ainsi, la grandeur de la sortir d'Egypte se tient dans les mots : "Je ferai sortir du milieu d'eux les enfants d'Israël", dont le mot : "mito'ham" (du milieu d'eux - מִתּוֹכָם) peut se décomposer en : מתוך ם (béto'h mém) = de l'intérieur du mém (ם), c'est-à-dire des limites de l'Egypte.

Hachem a libéré les millions de personnes composant Sa Nation en un seul instant, en faisant même des miracles énormes dans les frontières fermées de l'Egypte.
[cela doit renforcer notre émouna dans la certitude d'une guéoula grandiose à tout moment, avec la venue du machia'h!]

"Au 10e jour de ce mois, que chacun se procure un agneau pour sa famille paternelle" (Bo 12,3)

-> Le 10 Nissan, Shabbath précédant la sortie d'Egypte, les juifs ont reçu l'ordre de prendre un agneau (shé - שֶׂה) pour le Korban Pessa'h.
Les lettres de ce mot sont l'acronyme de : שבת הגדול (Shabbath Gadol).

Ce Shabbath marquait la fin officielle des 430 années d'exil en Egypte.
Une allusion à cela se trouve dans les dernières lettres de Shabbath Gadol : ל et ת, dont la guématria est de 430.

Lorsque l'on prend les lettres restantes (autres que les 1ers et dernières) de ce mot : le ב de Sabbath, et גדו de Gadol, on a une guématria de : 15.
Cela correspond à la date du 15 Nissan, 1er jour de Pessa'h, où ce Korban Pessa'h devait être mangé entièrement, avant la sortie d'Egypte.

[Rabbi Zalman Bass]

"Ce sont eux Mes moments fixés (moadaï). Durant 6 jours, l'ouvrage sera fait et le 7e jour est jour de repos complet (Shabbath Shabbathon)" (Emor 23,2-3)

Le Gaon de Vilna dit que nous trouvons dans ce verset une allusion aux fêtes durant lesquelles il nous est permis de faire une méla'ha (travail/activité créatrice) afin de préparer de la nourriture.

En effet :
-> "Durant 6 jours, l'ouvrage sera fait" = il y a 6 jours de fêtes durant lesquels il nous est autorisé de cuisiner (en Israël).
Il s'agit : du 1er jour de Souccot, de Chémini Atsérét, du 1er jour de Pessa'h, du 7e jour de Pessa'h, de Shavouot (1 jour), et du 1er jour de Roch Hachana (le 2 jour étant une décision de nos Sages).

-> "le 7e jour est jour de repos complet" = à Yom Kippour, il nous est interdit de réaliser une méla'ha pour préparer de la nourriture, ce qui explique que la Torah le dénomme : " jour de repos complet" (Shabbath Shabbathon).

"Le 10e jour, le chef des enfants de Dan" (Nasso 7,66)

Il existe une coutume de lire pendant les 12 premiers jours du mois de Nissan les passages de la Torah se rapportant aux offrandes amenées par les chefs de tribu pour l'inauguration du Michkan.

-> Le rav Zalman de Volozhin, un des proches élèves du Gaon de Vilna a dit à ce sujet :
"Le jour de la semaine durant lequel nous lisons les offrandes apportées par la tribu de Dan est également le jour de la semaine durant lequel tombera le prochain Roch Hachana, jour durant lequel Hachem juge (dan) toute l'humanité.

Cela est également en allusion dans la bénédiction que Yaakov donne à Dan, comme il est écrit : "Dan yadin amo" (Dan jugera son peuple - Vayé'hi 49,16)."

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[lorsque Yaakov a béni ses enfants, il a associé la force du jugement terrestre avec la tribu de Dan, et c'est ainsi que cette tribu a apporté son offrande le 10e jour de Nissan qui tombe toujours le même jour de la semaine que le 1er jour de Roch Hachana, jour où D. juge l'humanité.]

"Aujourd’hui (hayom azé) Hachem ton D. t’ordonne d’accomplir ces lois" (Ki Tavo 26,16)

-> Le ‘Hafets ‘Haïm de commenter :
Le yétser ara a l’habitude de toujours se dire : aujourd’hui je n’ai pas le temps, j’étudierai la Torah et j’envisagerai de me repentir plus tard, demain est un autre jour, je m’amenderai.
Il lui dit cela le lendemain aussi, et il se comporte ainsi avec lui pendant toute sa vie.
C’est pourquoi, la Torah nous met en garde : "aujourd’hui Hachem ton D. t’ordonne d’accomplir" = aujourd’hui, sans remettre à demain.

[le yétser ara souhaite que nous soyons un tsadik, mais demain.
Ainsi, tout notre travail est de le vouloir, mais dès maintenant, aujourd’hui!
Par ailleurs, on peut se retrouver étouffé devant l’ampleur du travail à accomplir en spiritualité. Cependant, la Torah nous conseille d’aborder cela, jour par jour, en y investissant le meilleur de nous-même (aujourd’hui je me donne à fond pour être au top, demain on verra!)]

[b'h, l'intégralité de ce divré Torah : https://todahm.com/2019/04/16/8855 ]

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-> "Que signifie "en ce jour"?
C'est que Moché s'est ainsi adressé à Israël : "Que chaque jour, la Torah soit précieuse à vos yeux comme si le jour même, vous veniez de la recevoir au mont Sinaï".
[midrach Tan'houma]

-> "La Torah est aussi précieuse aux yeux de ceux qui l'étudient que le jour où elle fut donnée au mont Sinaï" [rabbi Yéhouda - guémara Béra'hot 63b]

Dans la suite de cette guémara, rabbi Tan'houma étaye l'opinion de rabbi Yéhouda en disant :
"Pour preuve qu'il en est bien ainsi : même si un homme lit le Shéma chaque jour matin et soir, et qu'un seul soir il oublie de le faire, il est semblable à quelqu'un qui ne l'aurait jamais lu de toute sa vie."

=> Pourquoi tant de sévérité envers cet homme, qui durant toute sa vie, n'a omis qu'une seule fois de lire le Shéma?
Le rav 'Haïm Chmoulévitz (Si'hot Moussar 5731) répond que c'est parce que chaque lecture du Shéma constitue une nouvelle acceptation du joug Divin, indépendante de celle des jours précédents.
Bien que les mots restent toujours les mêmes, la lecture d'aujourd'hui n'est pas une répétition de celle d'hier, mais une prise de conscience nouvelle et inédite.
Il en va de même pour la Torah : chaque instant consacré à l'étude est comme une nouvelle réception de la Torah, et en aucun cas la continuité de celle de la veille, bien que son contenu soit le même.

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-> Le Yaavets (commentaire Pirké Avot 1,4) écrit :
"Bois les paroles des Sages avidement" = étant donné que la nature humaine déteste les répétitions, cette michna nous exhorte à ne pas dire : "J'ai déjà entendu ces propos à de nombreuses reprises", mais au contraire à boire les paroles des Sages avec avidité, comme si nous ne les avions encore jamais entendues".

[ => Ainsi, en travaillant sur nous-même à toujours regarder les enseignements de Torah comme si on les entendait pour la 1ere fois, alors on peut en éprouver une sensation de soif.
(cela va à l'encontre d'une tendance naturelle à s'enorgueillir : je connais déjà, j'ai déjà entendu, je sais, ...)
Il en découle que plus nous sommes persuadés de pouvoir apprendre de nouvelles choses de Torah (comme la 1ere fois où nous ne savions rien!), plus nous mettons en place un grand récipient permettant de recevoir le liquide (la Torah étant comparée à l'eau).
A l'inverse, si nous croyons déjà tout savoir, alors nous ne sommes qu'une surface plate sur laquelle l'eau (la Torah) coule, sans nullement y rester! ]

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-> "Atem nitsavim hayom kouléh'em lifné Hachem" = Vous vous tenez aujourd'hui, vous tous, devant Hachem [en ce jour de jugement : Roch Hachana, Kippour] = tâchons d'y venir bien préparés.
[de même on doit s'imaginer le jour du jugement après notre mort, où nous devrons tous nous tenir devant Hachem et répondre de tout ce que nous avons pu faire ou ne pas faire durant notre passage dans ce monde.
Ainsi, si tu as en tête le "hayom" (ce jour où il faudra rendre des comptes), alors tu pourras exploiter au mieux chaque instant de ta vie!]

"Hachem dit à Moché : Voici (én - הֵן) tes jours approchent pour mourir" (Vayélé'h 31,14)

-> Au moment où Hachem annonce à Moché sa mort, et lui dit : "Voici (הן) tes jours approchent pour mourir", Moché lui répond : "Moi je T’ai glorifié avec le mot הן (voici), quand j’ai dit : "הן (voici) à Hachem appartient les Cieux", et Toi Tu annonces ma mort avec ce même terme".

Alors Hachem remarqua : "Tu te rappelles des entrées mais pas des sorties! Quand Je t’ai demandé d’aller sortir les Hébreux d’Egypte, ne m’as-tu pas rétorqué : “Voici (הן) les enfants d’Israël ne me croirons pas"?"

=> Quel est le lien logique derrière ce dialogue entre Hachem et Moché?
En quoi le mauvais “voici” annule le bon?
Bizarrement, on a l’impression d’être devant un règlement de compte!

Moché était à un très haut niveau où il a réussi à dévoiler la grandeur d’Hachem, puisque ceux qui étaient auprès de Moché, voyaient la Main d’Hachem de façon claire et dévoilée.
Ainsi Moché a réussi à dévoiler que le monde appartient à Hachem, et il espérait que par ce mérite, il puisse entrer en terre sainte.

Seulement, le problème est que justement du fait de cette grandeur, Moché ne pouvait pas entrer en terre sainte. En effet, si Moché faisait entrer le peuple en Israël, la conquête se déroulerait miraculeusement.
L’intervention Divine serait dévoilée, comme cela était son niveau. Or, après la faute des explorateurs, le peuple a chuté spirituellement et leur dimension ne leur permettait plus d’entrer en terre sainte de façon miraculeuse.
C’est pourquoi, Moché ne pouvait plus entrer en Israël. Ce devait être Yéhochoua, dont le niveau était plus bas, qui le remplace.

=> Puisque Moché savait cela, pourquoi a-t-il tant insisté pour y entrer? Pourquoi a-t-il récité 515 prières pour pouvoir entrer en terre sainte, sachant que cela ne lui était pas possible ?

C’est que Moché pensait que par ses prières, il pourra élever et raffiner le peuple pour les hisser à son grand niveau.
En effet, cela fait partie de la force de la prière de pouvoir élever ceux pour qui l'on prie. C'est pourquoi, Moché a tant prié pour élever le peuple et lui permettre de revenir à ce niveau leur rendant possible une conquête miraculeuse, digne d’un dirigeant comme lui.
Cependant, Hachem n’a pas accepté cette demande de Moché, car Il lui fit remarquer qu’en réalité, il était défectueux justement dans ce point là.

Moché, qui espérait élever le peuple par ses prières, a montré dans le passé qu’il ne croyait pas tant en cette force de la prière.
En effet, quand Hachem envoya Moché libérer le peuple, il rétorqua : "Voici (הן) les enfants d’Israël ne me croirons pas" = il exprima l’idée selon laquelle les juifs étaient à un très bas niveau qui impliquerait que certainement ils ne croiront pas en lui.
Mais alors à ce moment-là, pourquoi Moché ne s’est-il pas immédiatement muni de courage pour déverser son cœur et prier Hachem pour qu’Il élève le peuple et le raffine au point de les mener au niveau d’avoir cette foi en lui qui leur manquait.

=> A présent, on comprend bien la logique du dialogue entre Moché et Hachem.
Hachem montra à Moché une certaine contradiction dans sa démarche.
- D'une part, il souhaite de tout cœur entrer en terre sainte par le mérite d’avoir dévoiler Sa Présence dans le monde quand il dit : "Voici à Hachem appartient les cieux".
- D'un autre côté, Hachem lui montra que 40 ans plus tôt, Moché a fait remarquer à Hachem que le peuple n’allait pas avoir confiance en lui : "Voici les enfants d’Israël ne me croirons pas".

Ainsi, pourquoi n’a-t-il pas alors saisi la force de la prière pour hisser le peuple à ce niveau de foi nécessaire?
Le fait que Moché n’a pas saisi cette occasion de prier pour raffiner le peuple montra que très en finesse, il ne croyait pas si fermement que la prière peut raffiner et élever l’homme.
=> De ce fait, quand il souhaitait recourir à la prière pour élever le peuple et lui permettre d’entrer en terre sainte sous sa direction, alors Hachem n’a pas répondu favorablement à cette prière.

[Source : issu d’un dvar Torah du rav Mikaël Mouyal]

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en effet le midrach (Dévarim Rabba Vayélekh 9) rapporte :
A quoi est-ce que cela ressemble? A quelqu’un qui a honoré le roi et lui a apporté un cadeau, une épée tranchante. Le roi dit : 'Coupez-lui la tête avec!'
Ainsi, Moché a dit : 'Maître du Monde, je T'ai glorifié avec "én", ainsi qu'il est écrit : "voici (én - הֵן) qu'à Hachem ton D. appartient les Cieux et les Cieux des Cieux" (Ekev 10,14), et c'est avec "én" que Tu me condamnes à mort'?
Hachem lui a répondu : 'Ne te souviens-tu pas que Je t'ai envoyé sauver Israël d'Egypte et que tu M'as dit ; "Et si (vé'én - וְהֵן) ils ne me croient pas" (Chémot 4,1), donc 'Voici (én - הֵן) que tes jours approchent de la mort'".

En observant les voies de la providence, nous voyons que Hachem se conduit avec nous mesure pour mesure, ainsi qu'il est dit :"avec la mesure que l'homme utilise, on le mesure lui-même du Ciel" (Michna Sotah 1,7). Que ce soit pour le meilleur ou pour le pire.
Quand Moché a prié pour demander à rentrer en terre d'Israël, nous trouvons que Hachem lui a dit : "Assez (rav la'h - רַב לָךְ)! Ne me parle plus" (Vaét'hanan 3,26). C'est parce que dans la discorde de Kora'h, Moché avait utilisé ces mêmes mots : "Assez (rav la'hém - רַב לָכֶם), enfants de Lévi" (Kora'h 16,7).

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+ "Hachem dit à Moché : Voici (én - הֵן) tes jours approchent pour mourir, appelle Yéhochoua"

-> Selon le midrach (Dévarim rabba Vayélé'h 9), cela ressemble à une noble dame qui avait apporté au roi un très bel habit. Le roi a gardé l'habit, et au moment où cette noble dame allait mourir, le roi a ordonné de la recouvrir avec cet habit.

Hachem a dit à Moché : "Tu m'as loué par én (הֵן), et je décrète ta mort mort par én (הֵן)".
Quel est le rapport?

Le Maguid de Doubno dit au nom de la guémara (Moéd Katan 28), que "én" (הֵן) en grec signifie : "un", et désigne ainsi quelque chose d'unique.

La lettre "hé" (ה) est la seule lettre qui ne peut pas s'unir avec une autre lettre pour former 10 (ex: dalet et vav font 10 ; idem pour guimél et zaïn). Seul le hé reste seul.

De même dans les dizaines, le noun (נ) reste seul.
Ainsi, ces 2 lettres forment le mot : én (הֵן), qui montre quelque chose d'unique.

=> C'est pourquoi Moché a dit :"én" (הֵן) à Hachem = à savoir Hachem est un, l'Unique.
Et Hachem lui a répondu : Toi aussi tu es "én", la génération a baissé de niveau et toi tu es le chef unique de cette génération.

C'est pourquoi suite à sa mort, les Anciens de la génération ont dit : "Malheur à cause de cette honte" = quand Moché a appelé Yéhochoua, ils ont compris qu'ils n'étaient alors plus dignes d'avoir un chef comme Moché.

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"Appelle Yéhochoua et tenez-vous dans la tente d'assignation" (Vayélé'h 31,14)

Le midrach rapporte qu'après qu'Hachem ait parlé à Yéhochoua, Moché lui demanda : "Qu'est-ce qu'Hachem t'a-t-Il dit?"
Il lui répondit : "Quand Hachem te parlait, à toi, est-ce que je savais ce qu'Il te disait?"
Alors Moché cria : "Mieux vaut 100 morts mais pas une seule jalousie!"
=> Cela est étonnant : pourquoi Yéhochoua ne voulait-il pas dévoiler à Moché ce qu'Hachem lui a dit?

En réalité, ce qu'Hachem dit à Yéhochoua c'est justement : "Quand Moché te demandera qu'est-ce que Je t'ai dit, tu lui répondras : "Quand Hachem te parlait, à toi, est-ce que je savais ce qu'Il te disait?" En effet, Moché ne voulait pas mourir. Il souhaitait continuer à vivre même en tant qu'élève de Yéhochoua. Or, Hachem ne voulait pas reprendre son âme sans son accord. Ainsi, Hachem demanda à Yéhochoua de dire cette phrase à Moché, pour qu'il ressente cette pointe de jalousie liée à la difficulté de devenir l'élève de Yéhochoua et qu'il accepte de mourir.
Et il s'avéra que ce plan fonctionna à merveille.
[Gaon de Vilna]

[Moché et Aharon vinrent et dire à Pharaon : ... ] "Laisse-nous donc partir 3 jours de chemin dans le désert et nous offrirons des sacrifices à Hachem notre D." (Chémot 5,3)

-> Hachem ne donne pas à un homme une épreuve s'il ne peut pas la surmonter.
Cela est valable même pour un non-juif, et même pour un racha.

En effet, Hachem savait que si Moché avait demandé à Pharaon de libérer son peuple pour toujours, alors Pharaon n'aurait pas pu surmonter cette épreuve. Le peuple juif lui servait grandement et lui amenait la bénédiction.

C'est pourquoi, Moché lui a dit : "Laisse-nous donc partir 3 jours de chemin dans le désert" = sous-entendant qu'ils reviendraient ensuite.
[Pharaon pouvait alors pleinement exercer son libre arbitre pour y répondre]

[d'après le Alshich haKadoch]

[Chaque épreuve que D. nous envoie est une occasion de nous élever, de rendre réel nos potentialités internes, et d'ainsi nous rapprocher davantage de Hachem, ce qui est l'objectif de notre vie.
Toute épreuve est décrétée par D., pour notre bien, et est dosée dans les moindres détails pour que nous puisions la surmonter (la durée, l'intensité, ...).]

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-> "Hachem n'élève personne à la dignité avant de l'avoir testé" (midrach Béréchit rabba)

-> "Il [D.] voulait t'éprouver par les tribulations pour te rendre heureux à la fin" (Ekev 8,16)

[Une épreuve est pour nous comme un test personnalisé de notre fidélité à Hachem.
A quel point Lui resterons-nous confiant, plein d'amour?]