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"Qui est l’homme craintif, au cœur sensible, qu’il retourne chez lui" (Chotfim 20,8)

Quand le peuple doit aller en guerre, les personnes craintifs doivent retourner chez eux et ne peuvent participer à la guerre.

Cela est également valable concernant la guerre contre le mauvais penchant.
Celui qui est craintif et au moral faible ne peut réussir à vaincre son yétser ara. En effet, la victoire dépend de la joie intérieure.

La raison essentielle qui entraîne de tomber entre les mains du mauvais penchant est la tristesse et le découragement. Celui qui se renforce et a un cœur joyeux et positif réussira.

[Rabbi Na'hman de Breslev]

"Ce sera parce que (Ekev) vous écouterez ces lois" (Ekev 7, 12)

La Torah utilise ici le terme : Ekev (עקב), pour dire "parce que".
Or ce terme, qui signifie aussi : "le talon", fait allusion à l’humilité, car l’homme humble se considère être au talon et non à la tête.

La Torah vient ainsi nous enseigner que c'est par le mérite du "talon", symbole de l’humilité, que "vous écouterez ces lois" et que vous les comprendrez (car dans la tradition, "écouter" c’est "comprendre").
En effet, les lois de la Torah ne peuvent réellement être comprises et intégrées que par une personne humble et modeste.

[le Or ha'Haïm haKadoch]

"Vois, je vous ai enseigné des décrets et des jugements comme me l'a ordonné Hachem mon D. pour agir ainsi au sein du pays" (Vaét'hanan 4,5)

Au moment où la Torah a été donné, il y avait un groupe de personnes qui ont cherché à atteindre un plus haut niveau de pureté en se distanciant de la matérialité, accomplissant leur service divin en totale isolation.

Le verset nous enseigne que ce n'est pas une façon convenable d'agir ainsi.
Nous devons suivre les commandements de D. "au sein du pays", c'est-à-dire en faisant partie de la société, et non en ermite, séparé du monde environnant.

[le Arvé Na'hal ]

Tsadik et racha sont récompensés dans le monde qu’ils jugent comme principal

+ Tsadik et racha sont récompensés dans le monde qu'ils jugent comme principal :

"Le Rocher, Son oeuvre est parfaite, car toute Ses voies sont justice ; D. de fidélité et sans iniquité, Il est juste et droit" (Haazinou 32,4)

-> Rachi commente : "Hachem récompense les justes dans le monde à Venir. Bien qu'Il retarde leur récompense, Il finira par accomplir Sa parole ; [inversement], Hachem récompense les réchaïm pour toutes les bonnes actions qu'ils accomplissent dans ce monde".

-> Le Maharal (Gour Aryé) explique :
Il est normal qu'Hachem récompense les justes dans le monde à Venir et les fauteurs dans ce monde-ci, car Hachem récompense une personne dans le monde qu'elle considère comme principal.

Les actes d'une personne révèlent ce qu'elle considère comme étant le monde principal.
Ceux qui s'engagent dans des activités spirituelles et négligent leurs besoins matériels considèrent manifestement le monde à Venir comme principal/primordial. Ils n'utilisent ce monde que pour accumuler des mérites en vue du prochain monde.
En revanche, ceux qui ne sont jamais satisfaits de leur situation matérielle dans ce monde et qui ne reculent devant rien pour l'améliorer considèrent manifestement ce monde comme leur monde principal.
Les tsadikim comme les fauteurs méritent d'être récompensés dans le monde qu'ils considère comme principal.

Une autre raison pour laquelle les tsadikim ne sont pas récompensés dans ce monde est qu'un travailleur n'est payé que lorsque son travail est terminé, comme l'enseignent nos Sages (Baba Métsia 65a) : "les salaires ne sont payés qu'à la fin".
Les tsadikim (justes) passent leur vie dans une quête sans fin pour servir Hachem, et leur travail ne s'achève qu'à leur mort. Ainsi, un tsadik n'est récompensé que par le "fruit" de son travail dans ce monde, mais la récompense principale l'attend dans le monde à Venir, une fois son travail achevé.

En revanche, une personne fauteuse passe sa vie à rechercher sans cesse des plaisirs matériels. Lorsqu'elle accomplit une mitsva, elle marque une pause dans ses activités généralement vides de sens.
Pour un fauteur, chaque mitsva est une entité distincte et séparée et ne fait pas partie de la mission de toute une vie. Ainsi, sa récompense est due à la réalisation de chaque mitsva individuelle pendant qu'il est encore dans ce monde.

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=> Un juste est récompensé dans le monde à Venir parce que c'est son monde qu'il considère comme essentiel/principal.
Un fauteur est également récompensé dans son monde principal, ce monde-ci.
De plus, une personne juste (tsadik) est constamment engagée dans des mitsvot, et elle n'achève son travail spirituel qu'à son entrée dans le monde à Venir (où elle recevra son salaire).
Cependant, une mitsva est un acte distinct pour un pécheur et son paiement est dû immédiatement après chaque mitsva.

"Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Kédochim 19,18)

=> Comment un homme peut-il aimer son prochain, peu importe lequel, comme lui-même? Finalement, il est naturel d'aimer ses proches davantage que d'aimer des inconnus. De même, il est naturel d'aimer les Justes et les Sages plus que les réchaïm!
Comment peut-on demander d'aimer chaque juif comme on s'aime soi-même?

-> Le Yessod haEmouna nous explique que la Torah répond à cette question en disant : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même". Certes, chaque homme s'aime lui-même. Mais il existe des différences entre les membres de son corps. Il y a certains membres qu'il préfère plus que d'autres.
Le coeur ou la tête, qui sont des organes vitaux, auront préséance. D'autres membres comme les yeux auront certes moins d'attention, mais seront néanmoins particulièrement chéris par l'individu. Les mains ou les pieds auront un traitement inférieur, mais préférable aux cheveux ou aux ongles ...
Malgré tout, un homme relativement normal tant dans sa psychologie que dans son physique, aimera toutes les parties de son corps et ne voudra en dégrader aucune d'entre elles.

La Torah demande à l'homme un traitement comparable à tous les juifs. Certes, certains auront plus de place dans son coeur, d'autres un peu moins. Mais il devra néanmoins aimer tous les juifs, comme s'ils faisaient partie de lui-même.
Nos Sages enseignent que tout le peuple juif constitue une seul entité, exactement comme un grand corps, où chaque juif en est un membre.
C'est d'ailleurs de cette façon que l'on peut réussir à aimer même ceux qui nous ont causé du tord. A l'image d'un homme, si la main droite cause un dommage à la main gauche, est-ce que cette dernière penserait à se venger ou à la haïr? Il devrait en être de même entre tous les membres de ce grand corps que constitue le peuple juif.

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-> "Tu aimeras ton prochain comme toi même" (Kédochim 19,18)

Alors qu'il était âgé, le rav Yé'hezkel Sarna, directeur de la yéchivat 'Hevron, est arrivé un samedi soir à la yéchiva pour prier Arvit (prière du soir). Du fait de son âge avancé et de son état de santé, le fait de se rendre à la yéchiva lui demandait de gros efforts.
Mais le Rav réussit à réunir toutes ses forces pour monter patiemment les marches de l'escalier menant à la pièce centrale. Alors qu'il se trouvait à peine au milieu des escaliers, on lui fit savoir que la prière était sur le point de se terminer. Il ne se découragea pas et continuait à monter les marches.

Les personnes qui l'accompagnaient lui demandèrent : "Maître! Pourquoi vous donnez-vous tant de mal? Pourquoi tant d'efforts? A quoi cela sert-il de continuer à monter au prix de si gros efforts? La prière se termine!"
Le Rav répondit : "Il est vrai que la prière est en train de se terminer et que je ne vais pas prier avec Minyan. Mais prier avec Minyan est une obligation d'ordre rabbinique. En revanche, monter à la yéchiva pour bénir les élèves et leur souhaiter une bonne semaine, cela me permettra d'accomplir une mitsva de la Torah. Celle de "Tu aimeras ton prochain comme toi même".

Une pluie de mitsvot

+++ Une pluie de mitsvot :

"Je donnerai la pluie en son temps" (Bé'houkotaï 26,4)

-> Le contexte du verset implique qu'il fait référence à la récompense pour l'observance des mitsvot, mais cela est difficile à comprendre. En effet, nos Sages (guémara Kidouchin 39b) n'enseignent-ils pas que dans ce monde, il n'y a pas de récompense pour une mitsva?

Nous pouvons répondre en nous basant sur ce qui est dit dans les Pirké Avot (4,2) : "La récompense d'une mitsva est une autre mitsva".
Cela signifie que, puisqu'il ne peut y avoir de véritable récompense pour la réalisation d'une mitsva dans ce monde, sa seule récompense peut être la possibilité d'accomplir une autre mitsva ; cette mitsva en entraîne une autre dans son sillage.

Telle est donc la signification sous-jacente de la promesse "Je vous donnerai la pluie en son temps". La pluie apporte des bénédictions au monde et le rend plus prospère sur le plan matériel, ce qui permet à chacun de faire la charité. Le verset exprime ainsi le principe selon lequel la récompense d'une mitsva est une autre mitsva, car une mitsva entraîne une autre mitsva dans son sillage.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Bé'houkotaï 26,4 ]

=> Ce monde matériel intrinsèquement limité est incapable d'offrir une quelconque récompense pour l'accomplissement d'une mitsva, dont la valeur est véritablement illimitée.
La seule véritable récompense réside dans le fait que d'abondantes bénédictions matérielles nous permettent de transformer cette nouvelle abondance en mitsvot supplémentaires.

"Vous êtes les enfants de Hachem votre D., ne vous tailladez pas le corps en l'honneur d'un mort." (Réé 14,1)

-> Selon Rachi : "Car vous êtes les fils de Hachem, et vous devez être beaux, et non entaillés et tondus."

[Chaque Juif doit toujours se voir comme le fils d’Hachem. Cette pensée le conduira à parfaire ses actions et le mènera à avoir un comportement des plus respectables.
En effet, selon nos Sages si quelqu’un commet une faute, c'est qu'il a forcément oublié sa noblesse au moment du péché. ]

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-> Le Daat Zékénim miBaalé haTossfot d'enseigner :
"Vous êtes les enfants de Hachem", et c'est la raison pour laquelle, si votre père de chair et de sang vient à mourir, "ne vous tailladez pas le corps", car vous n'êtes pas pour autant orphelins.
Vous avez toujours un Père, Qui vit et existe à jamais, béni soit Son Nom.

Mais quand l'idolâtre perd son père, il y a bien lieu pour lui de se taillader le corps car désormais, il ne lui reste plus de père, seulement des pierres et des bouts de bois qui ne lui sont d'aucun secours."

-> D'après le Sforno, il ne convient pas de s'affliger outre mesure de la perte d'un proche parent, car en tant qu'enfant de Hachem, l'homme à toujours un Père Qui veille sur lui.

-> Le Ohr ha'Haïm introduit son explication par l’image d’un homme qui a envoyé son fils dans un autre pays pour faire du commerce. Après un certain temps, le père a fait rappeler son fils de cet endroit pour qu’il revienne à la maison. Lorsque le fils rejoindra son père, il est clair qu’il ne disparaîtra que de cet autre pays où il est allé faire du commerce. Mais, en réalité il continuera à exister et même avec encore plus de bonheur puisqu’il aura rejoint son père.

Le sens de cette image est clair. Quand une âme juive vient dans ce monde pour habiter un corps, il est en fait envoyé par son Père Hachem, pour y remplir une mission. Puis, un jour Hachem rappelle cette âme pour remonter au Ciel, Le "rejoindre".

C’est sûr que cette âme laisse un vide qui crée une grande peine pour ses proches qui restent dans ce monde. Mais, en ce qui concerne l’âme en elle-même, elle a finalement rejoint son Père et elle s’en réjouit à n’en pas douter.
C’est pour cela qu’il ne faut pas pratiquer d’entailles sur son corps pour un proche disparu. Car le sentiment de peine et de deuil doit être réduit par le fait de savoir qu’il a retrouvé sa racine et son origine.

Il n'a pas disparu définitivement, il a juste changé de lieu et a rejoint son Papa Hachem. Et cela est déjà une consolation

-> Le Ramban dit que nous avons l’assurance que l’âme juive est éternelle et les morts finiront par revivre et les corps retrouveront leurs âmes.
Ainsi, fort de ce principe de foi, il ne convient pas de se faire des entailles pour un deuil puisque l’âme du défunt continue à exister pour l’éternité. De ce fait, la peine du deuil ne doit pas être extrême.

[Le Ramban dit qu'il est normal et même approprié de prendre le deuil d'un être aimé.
Avraham a pris le deuil de sa femme Sarah, et le peuple juif a pris le deuil de Moché et Aharon
Cependant, cela doit se faire en suivant les préconisations de nos Sages, car nous sommes les enfants de Hachem. ]

-> Le Ramban (Torat haAdam) donne une explication sur le phénomène de s'attrister sur la perte d'une personne aimée alors que c'est une chose inévitable de la vie.

Lorsqu'à l'origine Hachem a créé le 1er homme, Adam devait être immortel et avait une nature reflétant cela.
Après sa faute de manger du fruit interdit, il a amené la mort sur l'ensemble de l'humanité.

Bien que nous soyons devenus mortels, dans notre composition interne, nous avons toujours la réalité que l'homme doit vivre éternellement. C'est ainsi que lorsque nous constatons que notre être aimé est mort, nous plongeons dans un grand deuil puisque nous sommes confrontés au fait que cette réalité n'existe plus.

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-> Le Ibn Ezra enseigne que lorsque la Torah dit : "Vous êtes des enfants pour Hachem", elle vient renforcer notre émouna et permettre d’apaiser l’esprit de l’affligé, qui sachant qu'Hachem est son Père et que toutes Ses Intentions ne sont que pour le bien, en trouvera un certain "réconfort", même s’il ne parvient pas à saisir ce bien.

Nous sommes un peu à l’image d’un enfant dont le père fait quelque chose qu’il ne comprend pas. Il est sûr que le père sait ce qu’il fait, et il agit pour le bien. Mais son fils, dont l’esprit n'est pas encore assez mûr, ne comprend pas l’attitude de son père. C’est là qu’intervient la émouna (confiance) en Hachem. Même si nous ne comprenons pas, nous Lui faisons confiance, convaincu qu’il agit pour le bien, en tant que Père miséricordieux.

C’est pour cela que même en cas de deuil d’un proche, D. préserve, nous ne comprenons pas mais nous savons que Lui Il sait ce qu’Il fait, et Il ne fait que ce qui est bon.
Cela devrait apaiser quelque peu le cœur de l’endeuillé au point de ne pas en venir à se faire des entailles.

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+ "Vous êtes les enfants de Hachem votre D." (Réé 14,1)

-> Le rav Yaakov Neuman (Darké Moussar) explique que ces mots constituent une règle de base pour tout enseignant de Torah à des enfants juifs.

Tout enseignant doit considérer en permanence qu'il enseigne la Torah aux enfants du Maître du monde.
En ayant conscience qu'ils sont : "les enfants de Hachem votre D.", l'éducateur redoublera de patience et d'attention à leur égard, comme c'est l'usage lorsqu'on enseigne au fils du roi.

-> Son maître, rav Moché Rozenstein, le Machguia'h de Lomza disait :
"L'enseignant doit savoir que s'occuper de l'instruction des enfants d'Israël est un véritable privilège.
C'est pour cela qu'il devra les entourer d'amour, et proportionnellement à l'affection qu'il leur portera, ceux-ci s'attacheront à lui et lui rendront son amour."

-> Il est écrit dans la guémara (Baba Métsia 83a) :
"Rabbi Yo'hanan ben Matia dit un jour à son fils : "Va donc engager quelques ouvriers".

Le fils alla embaucher des hommes, et se mit d'accord avec eux pour leur fournir également les repas.
Lorsqu'il rapporta cela à son père, celui-ci s'exclama : "Mon fils! Sache que même si tu leur donnais des festins semblables à ceux du roi Chlomo, tu ne serais pas pour autant quitte de ton engagement, car ils sont les fils d'Avraham, Its'hak et Yaakov. "

=> Nous voyons l'importance qu'accordaient nos Sages à chaque juif : même le plus ordinaire des ouvriers, qui ne se considère lui-même pas digne de mériter davantage qu'un peu de soupe et de croûton de pain, était considéré par Rabbi Yo'hanan ben Matia comme un prince, le fils des Patriarches.

Combien devons-nous tâcher de suivre cet exemple!
Chaque juif, quelqu’il soit, est le fils du Maître du monde, c'est plus qu'un VIP!!

[ - "Tu sais quoi j'ai vu une star internationale!" ;
- "Et ben moi, j'ai vu largement mieux : un juif! Tu te rends compte c'est le fils de Hachem!!!" ]

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-> Le Zohar dit que la téchouva est appelée : bina (בִּינָה), qui provient de : בן יה (le fils de Hachem).
Nous avons le mérite de pouvoir faire téchouva parce que nous sommes les enfants de D.
[Pri haArets - Rabbi Menachem Mendel de Vitebsk]

-> Un autre dvar Torah sur ce verset (b'h) : https://todahm.com/2015/10/24/3771

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+ "Vous êtes les enfants de Hachem votre D." (Réé 14,1)

-> Le rav Zalman Guttman (Darga Yétéra) enseigne que si nous accomplissons la volonté de D., tout en maintenant une mentalité non-juive (avec des objectifs similaires à eux!), alors en réalité nous obéissons à Hachem sans faire Sa volonté.
Hachem désire que les mitsvot changent notre caractère, façonnent nos valeurs et créent un modèle de penser nous permettant de devenir de véritables enfants de Hachem.
Celui qui accomplit la Torah avec amour et joie, est un véritable enfant de Hachem.
Mais celui qui fait les mitsvot par habitude, ou pire avec l'attitude où les mitsvot sont 613 problèmes qui se sont mis sur sa route, alors une telle personne n'est pas moins qu'un esclave, dans le sens le plus véritable du terme.

3 Questions/Réponses – Paracha Réé

+ 3 Questions/Réponses – Paracha Réé :

1°/ La paracha Réé contient de nombreuses lois permettant de déterminer si un animal est cashère ou pas (v.14;3-21).
Est-ce que si une personne se doit de manger de la nourriture non cachère pour des raisons de santé, cela lui cause quand même une impureté spirituelle?

-> Rav 'Haïm Soloveitchik (cité dans Torat 'Haïm) explique que ce n'est pas la nourriture qui entraîne un dommage spirituel, mais plutôt son interdit de la manger.
Ainsi, selon son fils, rav Yits'hak Zev Soloveitchik, une personne qui doit manger de la nourriture non cashère afin de sauver sa vie, ne sera pas négativement impactée.

-> Le 'Hatam Sofer (Chout 'Hatam Sofer, Ora'h 'Haïm 1,83) et le Messé'h Hokhma (Dévarim 6,11) ne sont pas d'accord, et sont d'avis que toute nourriture non cashère a en elle des qualités spirituelles négatives qui vont automatiquement entraîner des dommages après consommation.

-> Le rav 'Haïm Kanievsky (Or'hot Yochère 13) enseigne que s'il n'y a absolument aucun autre moyen de sauver une vie que de consommer du non-cashère, alors une personne qui en consommera sera négativement impactée, mais le mérite de la mitsva de sauver une vie va protéger cette personne de tout préjudice spirituel.

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2°/ Il est écrit : "Vous êtes les enfants de Hachem, votre D. : ne vous tailladez point le corps, ne vous rasez pas entre les yeux, en l'honneur d'un mort." (Réé 14,1)

La Torah nous interdit différentes façons de prendre le deuil d'un être aimé.
Pourquoi est-ce que la durée du deuil pour la mort d'un parent ("dans la naturalité de la vie") est plus longue (12 mois) que celle pour la perte d'un enfant (30 jours), qui est une chose anormale et traumatisante?

Le rav Yossef Sorotzkin (Méged Yossef) rapporte que cette question a été posée lorsque rav Yits'hak Hutner et rav Pin'has Teitz sont allés réconfortés le rav Yossef Dov Soloveitchik, qui avait perdu sa femme.

-> Le rav Hutner a transmis l'idée qu'avec la mort d'un parent, une personne devenait plus éloignée de sa connexion, avec le don de la Torah au mont Sinaï, et cela nécessite un deuil supplémentaire.

-> Le rav Teitz fait remarque que tout autre proche peut être "remplacé" : on peut se remarier, avoir de nouveaux enfants, ...
Les parents sont les seuls proches qui ne peuvent pas être "remplacés", et ce constat nécessite un deuil supplémentaire.

-> Le rav Soloveitchik est d'avis que la question contient la réponse.
En cas de mort anormale (non dans la naturalité des choses), nos Sages ont été préoccupés qu'une personne exagère trop son deuil si elle en avait la possibilité, et ils l'ont donc limité à une période de 30 jours.

[le côté exceptionnel, anormal de la chose peut servir de justification à l'expression d'un deuil anormalement important (non nécessaire), ce qui n'est pas le cas avec la perte d'un parent.]

-> Rav Yossef Sorotzkin suggère qu'une personne a besoin des conseils de ses parents durant toute sa vie.

Lorsqu'un parent meurt, un enfant doit chercher à se rappeler et à internaliser leurs valeurs et leurs priorités, ce qui va le guider pour le restant de sa vie.
Il le réalise en prenant le deuil et en se remémorant tout cela pendant une année, car c'est une période suffisante pour contenir l'intégralité des fêtes juives et des périodes symboliquement importantes dans la vie d'une personne.

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3°/ Que nous apprend la répétition apparente :
-> "Tout ce que je vous prescris, observez-le exactement, sans y rien ajouter, sans en retrancher rien" (Réé 13,1) ;

-> "N'ajoutez rien à ce que je vous prescris et n'en retranchez rien, de manière à observer les commandements de Hachem, votre D., tels que je vous les prescris." (Vaét'hanan 4,2)

Selon le Gaon de Vilna (Adérét Eliyahou), bien que ces 2 commandements semblent identiques, en réalité, ils sont différents :

- Dans la paracha Vaét'hanan, la Torah interdit d'ajouter ou de supprimer une des 613 mitsvot de la Torah.

- Dans la paracha Réé, la Torah interdit d'ajouter ou de supprimer un détail d'une des mitsvot, comme le fait de mettre des tsitsit sur un vêtement à 3 ou 5 côtés (au lieu de 4).

On retrouve cela dans les mots du verset : "Tout ce que je vous prescris" : pour chacune des mitsvot, "observez-le exactement, sans y rien ajouter, sans en retrancher rien".

[Sous couvert de bons sentiments, de vouloir être en phase avec son temps, ... on a tendance à vouloir mettre à jour la volonté de D., pour quelle soit en phase avec nos envies.

Cependant, venant de D., l'Unique, le Créateur du monde, la Torah est ce qui est le mieux adaptée à chaque juif, à chaque époque.
Vouloir y modifier un détail (sans l'accord de nos géants en Torah), c'est penser que la volonté divine n'est pas parfaite, et que nous, nous pensant plus intelligent que D., allons "corriger" Ses erreurs, en Lui donnant des conseils.

Hachem nous a donné Ses mitsvot avec une connaissance totale, et elles nous sont faites sur mesure : aucune retouche n'étant nécessaire (rien à retirer ou rallonger), sous peine de porter atteinte à l'intégralité de notre service divin. ]

"Le 8e jour, on circoncira la chair de son excroissance" (Tazria 12,3)

Ce verset enseigne qu'à l'âge de 8 jours, on fera la circoncision à un garçon.
Quelle est la signification de ces 8 jours?

-> 1°/ La guémara (Nidda 31b) dit que c'est afin que les invités ne se réjouissent pas, alors que les parents sont tristes.
Pourquoi seraient-ils tristes?

C'est parce que la femme est impure (tamé) durant les 7 premiers jours suivant la naissance, et que le mari et la femme ne peuvent ainsi pas avoir de contact physique.
Lorsque le 8e jour arrive tout le monde peut être pleinement joyeux.

[Précision: à cette époque la femme était interdite durant seulement 7 jours après l'accouchement d'un garçon].

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-> 2°/ Le midrach (Dévarim rabba 6,1) rapporte que Hachem attend jusqu'à ce jour car il a de la miséricorde pour l'enfant, et Il souhaite que le bébé puisse avoir la force pour supporter la circoncision.

Selon le Rambam (Moré Névou'him 3,49) : "Toute être vivant est extrêmement faible les 7 premiers jours suivant la naissance, presque comme s'ils étaient encore dans le ventre de leur mère.
Ils ne peuvent pas être comptés parmi ceux qui profite de la lumière du monde jusqu'à leur 8e jour."

Le Rambam précise également qu'en faisant la brit mila au plus tôt (sans mettre sa vie en danger), cela empêche que les parents soient trop attachés à l'enfant, et il leur est ainsi plus facile de la faire.

En ce sens, le Rambam (Guide des égarés) écrit :
Au moment de la naissance, les sentiments d’amour et d’affection des parents envers le bébé n’ont pas encore pris toute leur force. L’amour d’un père ou d’une mère pour leur bébé n’est pas le même quand il a un jour que leur amour pour lui quand il a un an, et même cet amour n’est pas semblable à celui qu’ils lui porteront quand il aura six ans. C’est-à-dire que plus l’enfant grandit, plus leur amour envers lui grandit aussi.
C’est pourquoi si la mitsva de la circoncision était reportée à l’âge de deux ou trois ans, par exemple, il y aurait lieu de craindre qu’on ne l’annule à cause de la pitié et de l’amour du père pour son fils.

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-> 3°/ Le Zohar (3:44a) et le midrach (Vayikra rabba 27,10) expliquent que l'enfant durant la brit mila, a le statut d'un sacrifice (korban), et la halakha est qu'on ne peut pas apporter un korban tant que l'animal n'a pas vécu au moins 7 jours et traversé tout un Shabbath.
Il en est de même pour un bébé pour qu'il puisse être amené comme un korban.

Il est écrit : "lorsqu'un taureau, un mouton, ou une chèvre naîtra ... à partir du 8e jour et au-delà, il sera agréé comme offrande" (Emor 22,27)

Rabbénou Bé'hayé (Lé'h Lé'ha 17,13) commente : "La mila est similaire à l'offrande (korban) ... et elle doit également être réalisée le 8e jour".

Selon le Yalkout Chimoni (Lé'h Lé'ha 81), l'enfant est comparable à un korban min'ha.

A ce sujet le Likouté Yéhouda dit : "Lorsqu'un père amène son fils pour qu'on lui fasse la mila, c'est comme s'il avait offert une offrande (korban) par laquelle la miséricorde de Hachem se réveille sur le monde entier."

-> Rabbénou Bé'hayé (Tazria 12,3) écrit également que la circoncision est similaire à un Korban. De même, que lors du sacrifice le sang de l'animal se repend, de même lors de la brit mila le sang du bébé va se répandre.
De même qu'un animal ne peut pas être apporté avant qu'il ne soit âgé d'au moins 8 jours, de même pour l'enfant.
Le repas après la brit mila est en allusion à la consommation du Korban après qu'il n'ai été sacrifié.
De même que l'expiation est pleinement atteinte qu'une fois que le sacrifice est mangé par ses propriétaires et les Cohanim, de même la finalisation d'une brit mila a lieu au moment du repas qui la suit.

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-> 4°/ Le Tsror haMor et le Ohr ha'Haïm lient cette idée au midrach (Béréchit rabba 10,9), selon lequel le monde était incomplet et instable durant toute la Création jusqu'à ce que le Shabbath arrive.
De même, l'enfant n'a pas les forces pour la brit mila jusqu'à ce qu'il vive un Shabbath complet, et les 8 jours permettent de garantir cela.

Pour citer le Ohr ha'Haïm haKadoch (Vayikra 12,3) : "Shabbath amène une âme de vie au monde, donnant à l'enfant la capacité de survivre".

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+ Pas de circoncision sans Shabbath :

-> " 'Lorsqu'un bœuf ou un mouton ou un bouc nait], il restera avec sa mère pendant 7 jours [et depuis le 8e jour, il sera accepté comme sacrifice consumé à D.]' (Emor 22,27).
Rabbi Yehochoua de Sikhnin [dit] au nom de Rabbi Lévi [qu'on peut expliquer cette loi par une parabole : ] un roi entra dans un pays et fit proclamer : 'Tous les invités qui sont là ne doivent pas venir me voir avant d'avoir vu la reine'.
De même, D. dit aux Bné Israël : 'Mes enfants, n'offrez pas de sacrifice devant Moi avant qu'un Shabbat ait passé, car il n'existe pas 7 jours sans un Shabbat et pas de circoncision sans un Shabbat' "
[Pessikta déRav Kahana 9,10 ; un enseignement semblable figure dans le midrach Vayikra Rabba 27,10]

-> Le Zohar (Tazria 44a) dit à propos de la brit mila : "Chaque homme doit offrir son fils en sacrifice à D. avec joie et de tout coeur afin de le conduire sous les ailes de la Chékhina ... Ce sacrifice ressemble au sacrifice d'un animal, car tous deux sont offerts après 8 jours, comme le dit le verset : 'Depuis le 8e jour il sera accepté' (Emor 22,27). Qu'est-ce qui le rendra acceptable? Le Shabbat qui est passé sur lui".

-> Rabbi Dovid Hofstedter (Darach David - Moadim) enseigne :
"il n'existe pas de circoncision sans un Shabbat". Selon ce midrach, la mila ne peut pas avoir lieu avant le 8e jour de l'enfant parce que Hachem déclare : "Qu'ils ne viennent pas Me voir avant d'avoir vu la Reine", ce qui signifie qu'un enfant doit avoir expérimenté un Shabbat avant d'être circoncis.
Mais si c'est le cas, demande le Chem MiChmouel (Emor 5653), pourquoi la circoncision a-t-elle lieu le 8e jour de sa vie? Pourquoi la Torah n'a-t-elle pas décrété que la brit mila est effectuée dimanche, juste après le premier Shabbat de la vie de l'enfant?

Le Chem MiChmouel répond que "Shabbat doit être accompagné des 6 jours de travail". Partout où la Torah mentionne le Shabbat, elle mentionne les 6 jours de la semaine, comme dans les versets : "Pendant 6 jours tu travailleras et accompliras tout ton travail, et le 7e jour est un Shabbat pour l'Eternel ton D." (Yitro 20,9-10 et Vaét'hanan 5,13-14).
Le Chem miChmouel en explique la raison : "Le Shabbat relie les jours de travail à leur racine ; par les jours de travail et le Shabbat qui les accompagne, nous accueillons la Reine".
On ne peut pas se lier à Hachem par la brit mila avant que tous les jours de la semaine prennent racine et soient élevés par le Shabbat. C'est seulement quand les jours de la semaine sont enracinés dans le Shabbat que nous sommes capables d'accomplir la mila qui nous lie à D.

D'après notre discussion, nous pouvons ajouter une raison supplémentaire à cela. Le but du Shabbat est d'élever et de sanctifier la dimension matérielle des 6 jours de la semaine. En tant que tel, le Shabbat atteint sa perfection en conjonction avec les 6 jours de la semaine qu'il imprègne de sainteté et d'élévation.

Sur l'enseignement : "Il n'existe pas de circoncision sans un Shabbat", le rav Eliyahou Desslev (Mikhtav méEliyahou (Vol.1) explique pourquoi on effectue la circoncision même le Shabbat.
Alors que le Shabbat sanctifie le physique en l'imprégnant de spiritualité, la circoncision enlève les forces physiques et brise les passions de l'homme. Eradiquer le vice (essence même de la mitsva de mila) a préséance sur sanctifier le physique, le but du Shabbat.
[Le Mikhtav méEliyahou explique longuement cette idée et ajoute qu'il serait très dangereux pour l'homme d'essayer d'amener la sainteté dans le monde matériel avant de s'être libéré de l'emprise du désir. Le yétsèr ara pourrait lui faire croire qu'en honorant le Shabbat, il sanctifie le physique alors qu'en réalité, il ne fait rien d'autre qu'assouvir ses désirs.]

La différence entre la mila et le Shabbat peut aussi expliquer pourquoi la Torah demande qu'aucune mila n'ait lieu avant que l'enfant ait vécu un Shabbat. En effet, il ne suffit pas de s'efforcer d'éliminer cette tendance vers le matériel, mais s'efforcer d'atteindre le but du Shabbat et de sanctifier le monde physique.
Bien que la mila puisse être effectuée le Shabbat (se libérer des tendances physiques étant le plus important), le passage d'un Shabbat est une condition préalable à la mila parce qu'une forme d'avoda ne suffit pas sans l'autre. Il reste nécessaire de travailler pour introduire la sainteté dans le monde physique.

Ceci pourrait aussi expliquer pourquoi un animal ne peut être offert en sacrifice avant qu'un Shabbat et 6 jours de semaine ne se soient écoulés depuis sa naissance. Un animal est un être physique ; pour qu'il soit digne de servir d'offrande, il doit avoir connu un Shabbat, et les 6 jours de travail, afin d'être purifié.
Nous déclarons dans nos prières que D. a "établi le Shabbat" afin d'imprégner de sainteté les 6 jours de la semaine, et a "désiré ses sacrifices", car c'est par le Shabat que les animaux offerts en sacrifice sont "désirés" et acceptés par Hachem.

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-> 5°/ Le Maharal (Tiféret Israël - chap.2) dit que la brit mila le 8e jour se rapporte à la symbolique des chiffres 7 et 8.

Le "7" représente l'ordre naturel de ce monde (ex: les 6 jours de la Création, plus 1 jour de repos, faisant une semaine de 7 jours), tandis que le chiffre "8" représente ce qui est au-delà de la nature et qui est relatif au miracle, au surnaturel.

La brit mila est réalisée sur une partie du corps utilisée pour les plaisirs physiques, et en la faisant le 8e jour, cela signifie que la mission d'un juif est de prendre cette matérialité et de l'élever à un niveau de vie spirituel.

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-> 6°/ Le Taz (Yoré Déa 265,13) apporte une raison pratique.

La guémara Nidda (30b) enseigne qu'un ange enseigne toute la Torah dans le ventre de la mère, mais qu'au moment de naître un ange vient et le frappe sur sa bouche et il en oublie alors toute la Torah.

La brit mila a lieu le 8e jour afin de permettre à l'enfant de prendre le deuil pendant 7 jours (comme une période de chiva) pour toute cette Torah qu'il a perdu en naissant.

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-> 7°/ Rav Yossef 'Haïm Sonnenfeld rapporte le Choul'han Aroukh (Ora'h 'Haïm 617,4) disant que jusqu'au 8e jour suivant la naissance d'un enfant, une femme a le statut d'un malade.
En attendant 8 jour, on évite au père d'avoir 2 "malades" dans sa maison le jour de la brit mila.

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-> 8°/ Le Sforno répond en se basant sur une sougya de la guémara Nidda.
Il commente que le 8e jour, tout sang impur de la mère qui a servi à nourrir l'enfant dans son ventre, a été absorbé. L'enfant est alors prêt pour la sainte circoncision.

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-> 9°/ Selon le Méam Loéz (Téhilim 6,1), avant la circoncision, l'humanité avait déjà les 7 mitsvot des Bnei Noa'h.
Lorsque Avrahama reçu cette mitsva, c'est devenue la 8e mitsva.

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-> 10°/ Le Yessod Yits'hak fait remarquer qu'au moment de la brit mila le bébé a vécu 180 heures.
En effet : 7 jours * 24h + 12h (la nuit du 8e jour) = 180 heures.

Yits'hak qui est la 1ere personne à être circoncis le 8e jour, a vécu 180 années.

[Le Gaon de Vilna (commentaire sur Michlé 31,1) écrit que lorsque notre âme montera au Ciel, on nous donnera 180 jours (non stop), afin d’exposer publiquement la Torah que l’on aura appris durant notre vie.
Et même plus que cela, on aura les âmes des tsadikim du Gan Eden, qui vont aussi venir nous voir et nous écouter, et lorsque l’on va dire de "bonnes choses", elles vont prier pour nous.

=> La brit mila, le 8e jour, rappelle à ce nouvel homme son objectif dans ce monde matériel!]

[Le midrach (Tan'houma - Tétsavé) écrit que l'on attend le 8e jour, car Its'hak a fait sa brit mila le 8e jour.]

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-> 11°/ D'un point de vue médical, un enfant a un pouvoir coagulant fort de son sang à partir du 8e jour, lui assurant d'être prêt pour la brit mila.

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-> "Donne une part à 7 et aussi à 8" (Kohélet 11,2)
Ce verset signifie que si un homme "donne une part à 7" en respectant scrupuleusement les 7 jours d'impureté menstruelle (les lois de nidda), alors Hachem lui donnera "une part à 8" = il aura un fils qu'il fera entrer dans l'alliance d'Avraham à 8 jours.
[respecter les lois de nidda, c'est mériter d'avoir des garçons et de les circoncire le 8e jour après sa naissance (brit mila).]
[Méam Loez - Tazria 12,1-5]

"J'ai imploré Hachem" (Vaét'hanan 3,23)

-> Rachi : [Implorer] : C’est là une des 10 manières de désigner la prière.
Elle exprime toujours la notion de don gratuit. En effet, les justes, dans leur humilité, évitent d'invoquer leurs bonnes actions et font appel à la miséricorde de D.

-> Selon le midrach, le mot : implorer (vaét'hanan - ואתחנן) a une guématria de 515, qui est la même que : prière (Téfila - תפלה), et également que : chant (Chira - שירה).

Le 'Hatam Sofer fait remarquer que si nous ajoutons 26 (qui est la valeur du nom de D.) à ce mot, on obtient : 541, qui la valeur numérique du mot : Israël (ישראל).

=> Israël est défini par cette capacité à prier vers Hachem.

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-> Le midrach (Dévarim rabba 11,10) rapporte que si Moché avait fait encore une seule prière, il aurait été exaucé.
S'il s'est arrêté, c'est uniquement car Hachem lui a dit : "C'est trop pour toi! Ne continue pas à Me parler davantage de cette chose" (Vaét'hanan 3,26)

Selon le midrach, Moché n'a jamais désespéré et a continué à prier, et ce malgré la déclaration solennelle de D. qu'il n'entrerait pas en Israël.

=> De même, nous ne devons jamais renoncer à demander la miséricorde de D.
[chaque prière prend un temps différent avant de s'accomplir, mais par définition aucune prière n'est inutile ]

-> Rabbi Gamliel Rabinovitch enseigne que le but principal d'une prière n'est pas qu'elle soit entendue par D.
L'objectif : c'est la prière en elle-même, car elle permet de se connecter à Hachem.

Le mot "téfila" vient du mot "naftali", qui signifie selon Rachi (Béréchit 30,8) : s'associer, se lier avec .
Au travers de la prière, nous nous lions et nous attachons avec notre Créateur.
Plus nous y mettons du cœur, plus ce lien sera solide et profond.

Selon nos Sages, notre requête n'est pas exaucée par le fait de l'avoir demandée, mais par le mérite d'être devenu plus proche de Hachem, d'avoir mis toute sa confiance en Lui pour obtenir l'objet de la requête.

Quoi qu'on puisse demander à Hachem, cela restera toujours secondaire par rapport au fait que cela nous aura permis de renforcer nos liens avec papa Hachem.

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+ "J'ai imploré Hachem à ce moment en disant (לאמר)" (Vaét'hanan 1,23)

Le terme "en disant" (lémor) signifie que le message doit être transmis à quelqu'un d'autre, généralement au peuple juif.
Quel est ce message?

Même si une personne est dans une situation difficile, elle doit toujours prier à Hachem dans la joie, comme si elle n'avait aucune souffrance ni douleur.

En effet, bien que Moché était dans une situation remplie de souffrances de ne pas pouvoir entrer en Israël, il a néanmoins prier dans la joie.
Le terme : לאמר (en disant) peut être lu : לא מר (sans amertume - lo mar).

[Ben Ich 'Haï - Od Yossef 'Haï]

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-> Moché ne voulait pas uniquement entrer en Israël afin de pouvoir y accomplir toutes les mitsvot liées à cette terre.
Il voulait préparer la terre d'Israël pour le peuple juif.
Il voulait y réaliser toutes les mitsvot d'une façon parfaite, ce qui aurait préparé le terrain et rendu leur accomplissement beaucoup plus facile pour les générations à venir.

Nous retrouvons ce même principe avec Yossef.
Le midrach (Vayikra rabba 32,5) dit que Yossef est venu en Egypte avant les autres juifs, et qu'il s'est protégé de l'immoralité très présente là-bas.
Par son mérite, tous les juifs ont été protégés de l'immoralité lorsqu'ils sont venus ensuite en Egypte.

Hachem a répondu à Moché que bien qu'il ne pourrait pas aller en terre d'Israël et y réaliser les mitsvot, néanmoins, en raison de son désir intense de le faire, cela sera compté comme s'il l'avait.
Grâce à cela, il sera plus facile pour tous les juifs d'y accomplir les mitsvot.

[le Béer Moché]

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-> Selon la guémara (Sotah 14a), Moché va partager une part avec Avraham, Its'hak et Yaakov, qui étaient importants en Torah et misvot.
Moché a mérité cela pour avoir déversé son âme, et s'être totalement sacrifié pour le peuple juif.

On aurait pu penser que Moché allait recevoir une récompense sur le principe que celui qui veut réaliser une mitsva, mais qui en est empêché par une raison extérieure à sa volonté, c'est comme s'il l'avait réalisé.
[ce qui est le cas de Moché qui voulait aller en Israël]
Mais la guémara va bien au-delà, puisqu'elle dit que sa récompense est comme celle de nos Patriarches.

Selon nos Sages, un enfant peut cumuler des mérites pour son père (et mère) une fois que celui-ci est mort.
En effet, si son père ne l'avait pas mis au monde, l'enfant n'aurait pu accomplir aucune mitsva.
Le père partage donc le mérite des mitsvot que va faire son fils.

De même, nos Patriarches reçoivent une récompense pour tous les mitsvot que les juifs ont pu faire à chaque génération, car ils sont nos pères.

Puisque Moché s'est totalement sacrifié pour le peuple juif, il est également considéré comme un père, et il bénéficie donc des mérites de toutes les mitsvot des juifs.

[On a pu voir (dvar torah précédent) que si Moché voulait aller en Israël c'était principalement pour en faire bénéficier tous les juifs à venir.
Alors qu'il est sur le point de mourir, il va implorer de toutes ses forces Hachem, et ce pendant 515 prières différentes.
Cela symbolise bien à quel point Moché se comportait et se souciait du peuple juif, comme un père avec ses enfants.

Par cela, il va mériter de bénéficier de toutes les mitsvot futures des juifs, dont celles faites en Israël. ]

[le 'Hen Tov]

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+ "J'ai imploré Hachem à ce moment en disant" (Vaét'hanan 1,23)

-> Les personnes pieuses des générations précédentes se préparaient pendant une heure avant de prier afin de pouvoir diriger leur cœur à leur Père au Ciel. [guémara Béra'hot 30b]

Elles passaient cette heure de préparation à prier à Hachem de pouvoir diriger convenablement leur cœur à Lui lorsqu'elles feraient la prière ensuite.

Le verset nous indique que Moché a agi de la même façon.
"J'ai imploré", que "à ce moment " (le moment de la prière), je pourrais "en disant", adresser à Hachem tout ce que j'ai dans mon cœur.

[le Divré 'Haïm]

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-> La guématria de "implorer" (vaét'hanan - ואתחנן) est de 515.

Moché a fait 515 prières à Hachem, Le suppliant de pouvoir entrer en terre d'Israël.
[Mégalé Amoukot]

-> Le Pné Yéhochoua donne 2 explications à propos du chiffre 515.

1°/ La 1ere explication :

Moché implora Hachem "en ce moment".
Rachi d'expliquer : Après que j’ai conquis le pays de Si‘hon et de Og, j’ai pensé que le vœu [d’interdiction d’entrée en terre d'Israël] avait peut-être été annulé.

Hachem a dit à Moché de ne pas craindre Si'hon et Og (Dévarim 2,32;3,2), car Il avait déjà livré l'ange en charge de leur terre dans les mains de Moché.

La guémara (Baba Batra 121a) rapporte que Hachem lui a dit ces paroles le 15 Av.
En ce jour, il était clair que tous ceux qui étaient destinés à mourir dans le désert, suite à la faute des explorateurs, étaient bien morts.

Du 15 Av jusqu'au jour de la mort de Moché le 7 Adar, il y a 200 jours.
Si Moché avait imploré D. au cours de ses 3 prières journalières, il serait arrivé à un total de 600 fois.
Cependant, il est interdit de prier pour nos besoins personnels pendant Shabbath (Michna Broura 288,22).
Si nous retirons les prières qu'il ne pouvait pas faire les 28 Shabbath de cette période, on arrive à un total de 516 prières.

Il est à noter que la prophétie n'est pas revenue à Moché avant le 15 Av dans la matinée, ne lui permettant pas d'implorer Hachem durant la prière du soir de ce jour.

=> Du matin du 15 Av, jusqu'à sa mort le 7 Adar à l'heure de Min'ha (Tossafot - Ména'hot 30a), Moché a prié pour l'annulation du décret précisément 515 fois.

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2°/ La 2e explication :

Le Pné Yéhochoua enseigne qu'il existe 6 types de rigueur, énoncés dans la guemara Shabbat (qui sont : קצף, אף, חימה, משחית ,משבר, מכלה).
Or, le nom Divin correspondant à l'Attribut de rigueur est le nom "Elohim - אלהים", dont la guématria est de 86.

Ainsi, les 6 types de rigueur correspondent au nombre 516 (6 x 86 = 516).

Moché souhaitait prononcer 516 prières pour adoucir les 6 types de rigueur et ainsi mériter d'entrer en terre d'Israël.
Moché était proche du but, mais Hachem l’a empêché de prononcer la dernière prière, car Il ne voulait pas qu’il adoucisse toutes les rigueurs, ce qui lui permettrait d’entrer en terre d'Israël, chose qu’Hachem ne souhaitait pas. C’est pour cela qu’Hachem lui demanda d’arrêter de prier.

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-> Le Méam Loez (Vaét'hanan 3,23) enseigne à ce sujet :
Moché a tant supplié Hachem que le ciel et la terre se sont mis à trembler.
Le ciel et la terre se sont dit : "Peut-être le moment où D. désire renouveler Son monde est-il arrivé?"
Une voix Divine s'est fait entendre : "Le moment de renouveler le monde n'est pas venu, mais Moché prie et supplie D. de lui permettre d'entrer en terre sainte".

A ce moment-là, le décret ayant été scellé, D. a annoncé à toutes les portes du ciel de ne pas accepter la prière de Moché. Les portes célestes devaient rester closes.
Comme sa supplication était aussi tranchante qu'une épée à laquelle rien ne résiste, aucun ange ne put s'approcher pour fermer les portes. Lorsque les anges de l'Armée céleste virent que D. avait interdit de laisser passer la prière de Moché, ils se sont exclamés : "Bénie soit la gloire de D. depuis Sa place!" (Yé'hezkiel 3,12).
Hachem ne montre de favoritisme à personne, grand ou petit.

Comme le révèle la valeur numérique du mot : "vaét'hanan" (je suppliai), Moché a offert 515 prières.
En effet, tel est le nombre de prières quotidiennes des anges.
Nous l'apprenons du verset : "Leur pieds étaient un pied droit (yéchara)" (Yé'hezkiel 1,7).
Le mot "yéchara" a une valeur de 515.
[...]

Moché a imploré (vaét'hanan) plutôt que prié (vaétpalal) car bien que les tsadikim accomplissent de nombreuses bonnes actions, ils ne demandent pas à D. de les exaucer en vertu de leurs mérites.
Ils sollicitent un don gratuit car ils ne veulent pas que D. déduise ces bienfaits de leurs acquis. Ils désirent conserver intact leur capital au monde futur.
Nous voyons que Yaakov a dit : "Je ne suis pas digne de tous les bienfaits".
Il craignait que les bienfaits que D. lui avait prodigués, en le sauvant de Lavan ne réduisent ses mérites.

D'ailleurs, Moché aurait également pu demander à D. de répondre à sa prière par le mérite des commandements particuliers qu'il accomplirait en terre sainte, ce qui était sa principale motivation. Malgré cela, Moché n'a demandé qu'un don gratuit (matnat 'hinam - vaét'hanan, de la même racine que 'hinam : gratuit).
Ainsi, les tsadikim désirent que le capital de leurs bonnes actions reste entier pour le monde à venir.

Comme Moché savait que D. donne gratuitement à ceux qui n'ont pas de mérites, il a supplié Hachem comme un pauvre supplie les passants : "Ayez pitié de moi et donnez-moi la charité!"

De plus, en demandant un "cadeau" de la main généreuse de D., les tsadikim savent que ce présent est alors sans limites car le pouvoir de D. est illimité.
[un prière basée sur nos actions, donne droit au mieux à un présent en fonction de nos actions, donc limité! C'est pour cela qu'il faut toujours demander à D. un don gratuit!]

Nos Sages ont enseigné qu'il est interdit de compter sur son propre mérite et de penser : "J'ai accompli tant de bonnes actions que ma prière sera certainement agréé".
En réalité, nous sommes devant D. comme des serviteurs qui doivent accomplir tout ce que son maître leur demande. Nous devons donc faire tout ce qu'Il nous ordonne.
De même qu'un serviteur n'est pas en droit de demander la moindre récompense à son maître pour ses actes, nous ne pouvons exiger aucune récompense en échange de ce que nous faisons "pour D."
[b'h à ce sujet, voir également : https://todahm.com/2019/07/08/9693-2 ]
[...]

Selon certains commentaires, Moché a employé le mot "je suppliai" (vaét'hanan) plutôt que "prié" (vaétpalal), car il demandait : "Maître du monde! Puisse-t-il être Ta volonté que ma prière s'énonce facilement et que je bafouille pas".
De même, nous commençons la prière de la Amida en disant : "D. ouvre mes lèvres et ma bouche dira Ta louange" (Ado-nay chéfataï tifta'h ...).
Nous prions D. d'ouvrir notre bouche pour pouvoir parler devant Lui. Nous Lui demandons ainsi que nos paroles s'écoulent aisément et que nous ne soyons pas troublés.
Si les prières d'un homme quittent sa bouche sans confusion ni erreur, c'est bon signe.
[Moché s'exclame ainsi : ] "Je suppliai (vaét'hanan) D. à ce moment-là en disant (lémor)" = "Ma supplication concernait la parole : je suppliai D. d'être capable d'exprimer ma prière convenablement".
[les maîtres 'hassidiques avant de prier, priaient de pouvoir bien prier. De même, Moché a supplié de pouvoir faire une belle prière.]

En ce sens, la guémara raconte que lorsque rabbi 'Hanina ben Dossa priait pour les malades, il était capable de prédire lequel survivrait et lequel mourrait.
Il a expliqué : "Si j'exprime facilement ma prière et que les mots s'échappent de ma bouche sans erreur, je sais que ma demande est acceptée. Par contre, si ma prière est confuse et que je bafouille, c'est le signe qu'elle n'est pas agréée".

La guémara rapporte également que lorsque rabbi 'Hanina ben Dossa a prié pour le fils de rabban Gamliel, il affirma qu'il guérira.
Rabbi 'Hanina ben Dossa expliqua : "J'ai une tradition de la maison de mon père : si ma prière s'énonce facilement, je sais qu'elle est acceptée".