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"Hachem m'a dit : C'est trop pour toi (רַב-לָךְ)! Ne continue pas à Me parler davantage de cette chose" (Vaét'hanan 3,26)

-> Moché a demandé à entrer en terre d'Israël.
Le midrach explique que Hachem lui a dit qu'il tenait une corde par les 2 côtés :
- Si Moché entrait en Israël, alors les juifs n'auraient pas de possibilité d'expier leurs fautes (kappara) ;
- Si les juifs expiaient leurs fautes, alors Moché ne pouvait pas entrer en Israël.

Pourquoi est-ce que les 2 sont interdépendants?

Puisque le peuple juif a pleuré pour rien (suite au rapport des explorateurs), Hachem a défini ce jour (le 9 Av) comme un jour de pleurs pour les juifs (guémara Sotah 35a).
Les 2 Temples ont été détruits en ce jour, et le peuple juif a été envoyé en exil.

En réalité, ce décret difficile a été d'un grand bénéfice, car Hachem a pu libérer sa colère sur des pierres et du bois (le Temple), plutôt que sur le peuple juif.

Si Moché était entré en Israël, le Temple n'aurait jamais été détruit, et les juifs ne seraient jamais partis en exil. Cela aurait empêché toute expiation de leurs fautes.

[le 'Hatam Sofer]

-> Rachi (v.3,26) sur : "C'est trop pour toi!" : Par ces mots, D. interdit à Moché de continuer à prier de peur qu'on ne dise : "Le Maître (rav) est trop dur et l'élève, trop obstiné".

Si Moché faisait encore une seule prière, il aurait alors pu entrer en Israël.
Dans ce cas :
- "le Maître est trop dur" = Hachem n'aurait pas permis à Ses enfants d'expier leurs fautes ;
- "et l'élève, trop obstiné" = tout cela parce que Moché s'est "obstiné" à vouloir absolument aller en Israël, en priant une fois de plus malgré l'avertissement de D.

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-> Rabbi Bounim de Pchis'ha rapporte un midrach Tan'houma qui cite le verset : "Le pauvre parle par supplications, et le riche lui répond avec insolence" (Michlé 18,23).

Le midrach attribue la phrase : "Le pauvre parle par supplications" à Moché ; et les termes : "Et le riche lui répond avec insolence" : à Hachem, le Riche du monde, qui lui dit : "Cela suffit pour toi ! (רב לך - rav la'h)".

Évidemment, on ne peut que s'étonner sur ce midrach qui "ose" dire que Hachem est celui qui "répond avec insolence".
Comment le comprendre?

Rabbi Bounim de Pchis'ha explique qu'en fait Moché ne pouvait pas aller en terre d'Israël, car en y entrant, il aurait amener la délivrance finale, et il n'y aurait plus alors eu de destruction ni d’exil.
Or, Hachem a prévu que la délivrance devait intervenir par le machia'h, qui descend du roi David.
Ainsi, il n’était pas possible que Moché entre en Israël, amenant avec lui la rédemption.

Cette explication se retrouve en allusion dans les mots d’Hachem qui dit : "רב לך" (cela suffit !), car le mot "רב" est l’initial des deux noms "רות בעז" (Ruth Boaz), faisant allusion au fait que la délivrance devra venir par un descendant de David, qui descend lui-même de Ruth et de Boaz.

Et si on complète par les lettres supplémentaires des noms “רות בעז” (autres que la 1ere lettre), on en vient à former le mot "Azout – עזות", qui signifie "insolence".

C’est à cela que fait référence le midrach, en attribuant le verset : "Et le Riche lui répond avec insolence (עזות)", à Hachem.
Le midrach vient en fait expliquer les termes d’Hachem : "רב לך" (cela suffit !), signifiant que la délivrance ne peut venir que par un descendant de Ruth et Boaz, et non par Moché.

En effet, le mot "עזות" (azout - insolence) associé au terme "רב" (rav - cela suffit) produit justement les deux noms "רות בעז" (Ruth Boaz).

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+ Hachem me dit : C'en est assez pour toi!" (Vaét'hanan 3,26).
Selon rabbi Lévi, c'est avec le mot "rav" (c'en est assez) que Moché adressa un avertissement (à Kora'h et ses compagnons de révolte) : "C'en est assez pour vous (rav la'hem), enfant de Lévi!" (Kora'h 16,7) ; c'est avec le même mot "rav" que le Ciel adressa (en retour) un avertissement (à Moché qui désirait entrer en terre d'Israël) : "C'en est assez pour toi (rav la'h)" (Vaét'hanan 3,26).

Autre explication de l'avertissement "rav la'h" adressé à Moché : Tu as un Maître (rav) sur toi ; et qui est-il?
Il s'agit de Yéhochoua.

Autre interprétation de "rav la'h" : Assez! Ne me demande plus (d'entrer en Israël), afin que les gens ne disent pas : "Combien le Maître est sévère et combien l'élève et obstiné".

Pourquoi tant de sévérité (envers Moché)?
On répond dans la maison d'étude de rabbi Ichmaël : "La charge supportée par un chameau est proportionnelle à sa force".
[guémara Sota 13b]

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-> Même si Moché avait raison de ne pas apprécier l'attitude hostile de Kora'h et de son assemblée venus contester le pouvoir de Moché et Aharon qu'Hachem leur avait confié, il n'avait pas à leur dire : "rav la'hem" (c'est assez pour vous).
En effet, il y avait dans leur opposition, inspirée par un motif impur de jalousie et de recherche d'honneur et de pouvoir, un aspect positif d'ambition de s'élever et de se rapprocher d'Hachem.
L'expression excédée de Moché : "rav la'hem" est venue décourager Kora'h et ses amis dans leur volonté d'ascension spirituelle.
C'est pourquoi, Moché a été sanctionné, mesure pour mesure, et il n'est pas entré dans le pays d'Israël, lui qui aspirait à y entrer pour bénéficier de la sainteté de cette terre et des mitsvot liées à cette terre, donc à s'élever davantage sur le plan spirituel.
[rabbi ‘Haïm Chmoulévitch – Si’hot Moussar (si’ha 17)]

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+ "Rav la'h" = [Moché] Tu as un Maître (rav) sur toi [et c'est Yéhochoua]. Quel est le sens?

-> Le Ben Ich 'Haï enseigne :
Bien que Yéhochoua ait succédé à Moché, comment lui, qui a toujours été l'élève de Moché, peut-il devenir son maître?
En réalité, rabbi 'Hanina enseigne : "J'ai beaucoup appris de mes maîtres, plus encore de mes compagnons d'étude et par dessus tout de mes élèves" (guémara Taanit 7a).
On en déduit que l'élève fait progresser son rav (maître), et donc l'élève Yéhochoua pourrait être considéré quelque peu comme le rav de Moché.
De plus, Yéhochou n'est certes pas le maître de Moché, cependant l'enseignement : "Le visage de Moché ressemble au soleil et celui de Yéhochoua à la lune" (guémara Baba Batra 75a), la royauté attribué à Yéhochoua augmentera la gloire de son maître Moché.
C'est ce message que Hachem voulait adresser à Moché en lui disant "rav la'h" = l'accession de ton élève Yéhochoua à la royauté augmentera ton rayonnement, puisque si l'éclat de la "lune" augmente, c'est que l'éclat du "soleil" a augmenté.

L'inversion des lettres du mot : "rav" (רב) donne le mot : "bar" (fils - בר).
Cela fait allusion au fait qu'un élève est considéré comme le fils du rav, comme si le maître l'avait engendré.
Ainsi, l'intention d'Hachem qui a dit : "rav la'h" est de dire à Moché : ton disciple Yéhochoua est comme un fils (bar) pour toi.

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+ "Hachem me dit : C'en est assez pour toi!" (Vaét'hanan 3,26).

-> Hachem dit à Moché : "Cela suffit! Ne me parle plus de cela. Tu Me demandes d'annuler Mon serment. C'est une requête de taille! Après la faute des explorateurs, J'ai prêté 2 serments : celui de détruire les Bné Israël dans le désert parce qu'ils ne méritaient pas d'entrer en terre sainte.
Même lorsque viendra le machia'h et que les morts ressusciteront, ces juifs n'entreront pas en terre d'Israël. Le 2e serment était que tu n'entrerais pas en terre sainte.
De 2 choses l'une : ou J'annule ce serment alors le premier serment (de détruire les juifs dans le désert) doit être maintenu ; ou bien J'annulerai le 1er serment et Je pardonnerai aux juifs mais le décret te concernant devra être maintenu.
Décide à présent lequel des 2 serments doit prévaloir".
[...]

Ainsi, Hachem dit à Moché : "Si tu veux que J'annule Mon serment afin que tu puisse entrer en terre sainte, tu effaceras le penchant pour l'idolâtrie et le Temple se maintiendra. Si le Temple n'est pas détruit puis reconstruit, les juifs frappés par le décret ne pourront jamais entrer en terre sainte. Si tu désires que les juifs occupent le pays, Je dois maintenir le serment que tu n'y entres pas".

Il est important de comprendre ceci : si Moché était entré en terre sainte, c'est lui qui aurait construit le Temple. Dans ce cas, la maison de D. n'aurait jamais été détruite. Lorsque les juifs auraient fauté, D. n'aurait pas déversé Sa colère sur le bois et les pierres du Temple mais sur les juifs.
Ainsi, D. a-t-Il décrété que Moché n'entrerait pas en terre sainte et ne construirait pas le Temple pour assurer la survie des juifs.
[...]

Hachem dit Moché : "Si tu ne veux pas que Je déverse Ma colère sur les Bné Israël, Je dois maintenir Mon serment. Tu ne pourras donc pas entrer en terre sainte".
Selon certains commentaires, lors de la faute du veau d'or, 5 anges de destruction sont descendus frapper les Bné Israël. Moché a évoqué le mérite des 3 Patriarches et est parvenu à chasser 3 de ces anges. Il en est resté deux : Af et 'Héma.

Moché dit à Hachem : "Détruis l'ange appelé Af et je détruirai celui appelé 'Héma".
Moché a creusé un trou dans le sol et a enterré 'Hema afin de l'immobiliser. Lorsque les Bné Israël ont fauté, cet ange a ouvert la bouche comme pour les avaler. Moché a donc été enterré en face de cet endroit. Quand cet ange voit la tombe de Moché, il se cache.

Par bonté envers les Bné Israël, D. n'a pas laissé Moché être enterré en terre sainte.
Hachem dit à Moché : "Si tu veux que J'annule Mon décret : 'Laisse-moi, je Te prie (na), traverser le Jourdain', tu dois aussi annuler : 'Pardonne, je Te prie (na)' [la faute des explorateurs].
En disant : 'Pardonne, je Te prie', tu as empêché l'ange d'engloutir les Bné Israël.
Si tu désires obtenir 'pardonne, je Te prie', tu dois renoncer à ta requête : 'Laisse-moi, je Te prie, traverser le Jourdain'."
[Méam Loez - Vaét'hanan 3,26]

-> Le Méam Loez (Vaét'hanan 3,27) écrit également :
On peut se demander puisque D. a dit à Moché : "Ne me parle plus de cela", pourquoi répéter : "Tu ne traverseras pas ce Jourdain"?
Hachem voulait dire que même les ossements de Moché ne traverseraient pas le Jourdain et ne seraient pas enterrés en terre sainte.
En voici la raison : Moché a été enterré en face de Péor, car en ce lieu était enfoui un ange mauvais qui voulait détruire Israël. Depuis, lorsque cet ange voit la tombe de Moché, il prend peur et est incapable de nuire aux juifs.
[...]

Hachem dit à Moché : "Lève les yeux vers l'ouest, le nord, le sud et l'est et jouis de ce spectacle car tu ne traverseras pas ce Jourdain" (Vaét'hanan 3,27).
Hachem disait à Moché : Lève les yeux vers les 4 extrémités du monde où les juifs seront dispersés. Regarde, tu ne traverses pas le Jourdain afin de mériter de les conduire en terre sainte après la résurrection".

Hachem avait émis le décret contre Moché et contre Aharon en même temps. Aharon est mort hors de terre sainte et la même règle devait donc s'appliquer aux 2 frères.
[...]

Il faut savoir que c'est un honneur pour un défunt qu'un homme important s'occupe de son enterrement. Bien que les descendants de Yossef et autres Bné Israël étaient présents, c'est Moché qui avait pris le cercueil de Yossef car c'était un honneur pour Yossef que Moché s'occupe de sa dépouille mortelle.
Comme personne n'était supérieur à Moché dans sa génération, c'est D. qui aurait dû l'enterrer. Or si Moché était entré en terre sainte, Yéhochoua aurait été le dirigeant et il l'aurait enterré.

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-> Le Méam Loez (Vaét'hanan 3,29) écrit aussi :
Hachem dit à Moché : "Donne des instructions à Yéhochoua, renforce-le et encourage-le. Le fait même que tu seras enterré ici [en face de beit Péor] donnera à Yéhochoua la force de ne pas craindre l'ange appelé Péor".
Il est donc écrit juste après : "Nous étions campés dans la vallée en face de beit Péor" (Vaét'hanan 3,29).
Yéhochoua n'aura pas peur de cet ange susceptible de nuire aux juifs s'ils fautaient.

Ce verset nous apprend allusivement que D. a refusé la prière de Moché afin qu'il conduise les juifs en terre sainte à la résurrection.
La Torah le laisse entendre par l'expression : "Nous étions campés dans la vallée" au pluriel, alors que Moché parlait de lui seul.
Au moment de la résurrection, il allait venir en terre sainte avec les juifs enterrés dans le désert. En le voyant, l'ange prendrait peur et ne leur ferait aucun mal.

Cela nous montre l'humilité de Moché. Il ne voulait pas laisser entendre que le peuple juif serait protégé par son mérite.
"NOUS étions campés" au pluriel veut dire que le mérite d'Aharon et de tous les autres tsadikim enterrés à cet endroit protégerait par les juifs.

"Seulement, prends garde à toi et garde ton âme avec soin, de peur que tu n'oublies les choses" (Vaét'hanan 4,9)

-> Le terme : "se souvenir" (za'hor - זכר) a une guématria de : 227, en correspondance avec les 227 forces qui aident une personne à retenir son étude.
Le terme : "oublier" (chakha'h - שכח) a une valeur de : 328, en allusion aux 328 forces qui entraînent une personne à oublier son étude.
Chaque fois que nous revoyons ce que nous avons appris, cela va éliminer une des forces qui nous conduit à oublier.
Ainsi, si nous revoyons 101 fois notre étude (227+101=328), cela conduit à neutraliser les forces nous poussant à oublier l'étude.
C'est alors que les forces nous aidant à retenir notre Torah prennent le contrôle.
[Kli Yakar]

-> Le Kli Yakar explique que l’Ange préposé à la mémoire se nomme זכר et dispose de 227 forces (ko'hot). Quant au Malakh responsable de l’oubli, il s’appelle שכח et possède 328 forces (ko'hot), soit 101 de plus que son pair.
Chaque session d’étude affaiblit une force de l‘Ange de l’oubli. Après 101 révisions, on finit par échapper à son emprise et on peut donc garder son étude en mémoire.

[ זכר est le mot signifiant “souvenir” tandis que שכח est "oubli". Le Gaon de Vilna (Vaét'hanan 6,7), parmi d’autres, note que 101 est justement la différence entre les 2 mots זכר (soit 227) et שכח (soit 328).]

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-> "La révision supplémentaire (la 101e) permet de garder en mémoire sa leçon.
Quiconque oublie une nouvelle étude, D. ne lui permet pas de découvrir de nouvelles choses.

Un homme doit ressentir les mêmes souffrances lorsqu'il perd un enfant ou oublie une étude.
Dans le monde futur, on lui demandera s'il a étudié la Torah et comment il a passé ses jours.
S'il ne s'est pas préparé correctement, il endurera une honte plus terrible que la mort.
"

[Méam Loez - Béréchit 1,28]

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-> "Il n'y a pas de comparaison entre le fait de revoir son étude 100 fois, et le fait de la revoir 101 fois."
[guémara 'Haguiga 9b]

-> Selon Rabbi Akiva Eiger, le fait d'étudier quelque chose de nouveau est facile, mais revoir ce que l'on sait déjà est plus difficile. Cela va à l'encontre de l'affinité humaine pour la nouveauté.

En étudiant une 101e fois, on prouve davantage que l'on étudie par amour pour la Torah, et non pas pour amour de la nouveauté.

[selon nos Sages la barre des 100 révisions est le moment où l'on ne perçoit plus de nouveautés dans notre révision]

-> Le nombre 101 est important en raison du nom de l’ange Michaël (מִיכָאֵל), responsable de la Torah et de la mémoire, et dont la valeur numérique est de 101.
Ceci nous enseigne qu’un homme qui révise 101 fois est aidé par l'ange Michaël, qui lui donnera la faculté de retenir tout ce qu'il a appris.
[le Méam Loèz (Réé 12,28)]

-> Le livre "Ségoulot Israël" donne une ségoula au nom du Choul’han Aroukh du Arizal : constamment réviser son étude, de façon à l’avoir bien en bouche, car l’ange préposé à la mémoire est Mikhaël, nom qui a la valeur numérique de 101.
C’est ce qu’ont dit les Sages : celui qui étudie un passage cent fois n’est pas semblable à celui qui l’étudie cent et une fois, car l’ange préposé à l’oubli s’appelle "mem samekh", ce qui a la valeur numérique de cent, et l’ange qui a enseigné à Moché s’appelle Nignazazel, ce qui a la valeur numérique de cent un, et on conservera son enseignement des secrets de la Torah.

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-> La paracha Tétsavé (תצוה) a 101 versets, et peut être découpée en : ת צוה : la lettre tav (ת) symbolise le Talmud, l'étude qui doit être répétée 101 fois, qui est la valeur numérique des 3 dernières lettres צוה.
En effet, le Arizal nous enseigne que celui qui répète 101 fois ce qu'il a appris, soumet par son effort l'ange de l'oubli.

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-> Si une personne étudie une michna et veille dessus pour s'assurer de ne pas l'oublier, alors on lui fournit l'occasion d'étudier davantage de Torah et de la retenir.
[רבנו מיוחס - sur Ekev 11,22 : "Garderez bien (chamor tichméroun) toute cette loi que Je vous ordonne"]

-> "Ce sera, si écouter, vous écoutez" = Si tu écoutes [ce qui t’a déjà été enseigné] autrefois, tu comprendras le neuf (guémara Soucca 46b).
De même : "Ce sera, si oublier, tu oublies" (Ekev 8,19) : si tu commences d’oublier, un jour viendra où tu oublieras tout. C’est ainsi qu’il est écrit dans une méguila : "Si tu m’abandonnes un jour, deux jours t’abandonnerai-je".
[Rachi - Ekev 11,13]

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-> "Voici mon ange ira devant toi" (iné mal'akhi yélékh léfanékha - הִנֵּה מַלְאָכִי יֵלֵךְ לְפָנֶיךָ - Ki Tissa 32,34)
Nous observons que le terme : "ange" (mal'akhi - מַלְאָכִי) a une guématria de 101. Il s'agit ici de l'ange Mikhaël qui est unique pour le Créateur car Il devance le Maître du monde avant que l'homme ne meure par un baiser divin, comme nous en trouvons une allusion dans un autre verset : "yéchakéni minéchikot piou" (qu'il me prodigue les baisers de sa bouche - Chir haChirim 1,2).

Le mot : "piou" (bouche - פִּיהוּ) a également une guématria de 101 car tout celui qui aura fourni des efforts par sa bouche en répétant 101 fois ce qu'il a appris, aura le mérite de mourir par un baiser divin.
On peut également ajouter que le mot "yélé'h" (ילך) du verset : "iné mal'akhi yélékh léfanékha" a la même guématria que le terme "halakha" (הלכה). Ainsi celui qui répétera 101 fois la loi, cette dernière ira toujours devant lui.

-> "Où trouveras-tu la sagesse?" (véa'hokhma méayin timatsé - וְהַחָכְמָה מֵאַיִן תִּמָּצֵא - Iyov 28,12), le terme "méayin" (où - מֵאַיִן) a une valeur numérique égale à 101 pour nous apprendre que la sagesse se trouve chez celui qui répète 101 fois son étude.
[rapporté dans le Tsror ha'Haïm (Tétsavé)]

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+ "Voici ce qu'a ordonné (צִוָּה) Hachem" (Matot 30,2)

Selon le Tsvi laTsadik, la Torah nous enseigne comment retenir notre Torah.
La guématria de : tsiva (צִוָּה) est de : 101.

=> Si on veut retenir son étude, nous devons la revoir 101 fois.

-> Le Méam Loez (Réé 12,28) fait un commentaire similaire en se basant sur le verset : "Moché nous a ordonné la Torah, l'héritage de la congrégation de Yaakov" (Vézot haBéra'ha 33,4). ["a ordonné" = valeur de 101].
Cela sous-entend que si la congrégation de Yaakov (les juifs) étudie et révise la Torah 101 fois, elle restera son héritage permanent.

Il cite également le verset : "Moché nous a ordonné la Torah, l'héritage de la congrégation de Yaakov" (Divré haYamim I 16,15).
Le mot : "tsiva" (ordonnée - guématria de 101) veut dire que si l'on révise 101 fois ce que l'on a étudié, on sera récompensé en le retenant pour 1 000 générations.

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-> Le rav Eliezer Ginsburg fait remarquer que : Amalek (עמלק), peut se lire : amal kaf (עמל ק - effort de 100), en allusion à une personne qui n'est prête à étudier que 100 fois, et non pas 101.
Le but d'Amalek est de nous refroidir (kar'ha), même d'un peu : "Pourquoi revoir mon étude une 101e fois, 100 fois c'est déjà très bien!"
Pourtant comme on l'a vu : "Il n'y a pas de comparaison entre le fait de revoir son étude 100 fois, et le fait de la revoir 101 fois." [guémara 'Haguiga 9b]

Il faut combattre et se débarrasser de Amalek, cette tendance à ne pas aller au maximum de nos capacités pour Hachem.

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+ "Car ce n’est pas une chose vide pour vous (מכם)" (Haazinou 32,47)

Le terme "מכם" (mikèm) ayant pour valeur numérique 100, c’est comme si l’on disait : "Si vous la (la Torah) trouvez vide, c’est parce que vous l’étudiez 100 fois (comme la valeur de מכם)" et non pas 101 fois.
Si vous trouvez la Torah vide, cela vient de vous (מכם), de votre faute!
[Péninim Yékarim]

-> "Heureux celui qui vient ici (après sa vie sur terre dans le monde futur) en possession de son étude de Torah (son savoir) dans "sa main"." (guémara Pessa'him 50a)
Le mot : "ici" (lékan - לכאן) a une valeur de 101, et il désigne le monde futur, allusion au fait que celui qui arrive dans le monde futur avec une étude révisée 101 fois [est heureux!].
[Maharal - Nétivot Olam]

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-> "Nous oublions aussi facilement (notre étude) que mettre un doigt dans un trou"
[rav Achi - guémara Erouvin 53a]

-> "Les paroles de Torah sont plus difficiles à acquérir qu'un vase d'or ou d'or fin, et plus facile à perdre (par l'oubli) que le verre (facile à briser)."
[rabbi Méïr - guémara 'Haguiga 15b]

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-> Le rav Moché Feinstein invita quelqu’un à ce qu’il nommait son second Syoum Ha-Shass. L’invité était perplexe sachant que Rav Moché avait déjà fini le Shass bien plus que 2 fois.
Le rav Moché Feinstein expliqua alors considérer chaque session de 101 fois comme une seule fois. Son second Syoum Ha-Shass représentait donc en réalité sa 202ème révision.

-> Le rav Its'hak Hunter remarqua une fois que personne n’était devenu grand par l’étude de la Torah. La grandeur tenait dans la répétition et la révision de son étude.

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-> Rav Na'hman dit : "L'étude de sujets anciens (déjà étudiés, mais oubliés) est plus difficile que l'étude de sujets nouveaux ; c'est comme l'argile dérivée de l'argile"
[guémara Yoma 29a]

-> Selon Rachi, il est plus difficile de pétrir et de remodeler de l'argile qui a déjà été utilisée, provenant d'un ancien mur d'argile par exemple, que de pétrir et de modeler l'argile provenant d'une terre nouvelle, donc jamais utilisée.

-> Le rav Dessler (Mikhtav méEliyahou - tome.3,p.124) donne l'explication suivante :
Pour quelle raison une étude ancienne sur laquelle nous revenons est plus difficile qu'une étude nouvelle?
C'est parce qu'en abordant l'étude d'un texte nouveau de Torah, l'étudiant sait qu'il ignore tout de ce thème (sougia) et il fera des efforts pour comprendre et approfondir ce thème.
Par contre, dans la reprise d'un thème déjà étudié, l'étudiant pense la connaître et ne cherche donc pas à l'approfondir, ce qui affaiblit la qualité de son étude.
Cependant, l'homme qui approfondit une étude ancienne, comme si elle était nouvelle à ses yeux, est digne de louanges et il n'est pas concerné par l'enseignement de rav Na'hman.

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-> Le Gaon de Vilna interprète également les paroles du roi David dans les psaumes dans ce sens, comme il est écrit : "Cantique des degrés. Je lève les yeux vers les montagnes pour voir d'où viendra mon secours" (chir lamaalot essa énaï él éarim, méayin yavo ezri - שִׁיר לַמַּעֲלוֹת אֶשָּׂא עֵינַי אֶל הֶהָרִים מֵאַיִן יָבֹא עֶזְרִי - Téhilim 121,1)
Le mot "méayin" (מֵאַיִן - d'où) a une valeur numérique de 101 car si la personne répète son étude à 101 reprises "yavo ezri" (יָבֹא עֶזְרִי - mon secours viendra).

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-> "Le cœur du sage est à droite et le cœur du sot est à gauche" (Kohélét 10,2)

Lorsqu'un sage étudie, il revient souvent en arrière pour réviser en tournant les pages de son livre hébraïque vers la droite.
Par contre, lorsqu'un sot étudie, il ne révise pas et avance en tournant les pages de son livre toujours vers la gauche, par autosatisfaction, persuadé qu'il a déjà tout compris et qu'il est inutile de réviser.
Ainsi, la droite est associé au sage et la gauche est associé au sot.
[rav Lumbroso]

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-> "On ne peut comparer celui qui révise son étude 100 fois et celui qui l'a révisée 100 fois" [guémara 'Haguiga 9b]

Le Yalkout Léka'h Tov (du rav Yaakov Beifuss) rapporte que dans les temps futurs, les divers niveaux spirituels se dévoileront dans toutes leurs nuances.
Même le fait que l'un a révisé son étude 100 fois et le second 101 fois apparaîtra clairement aux yeux des hommes.
En effet, à l'échelle de la spiritualité, la moindre différence a une portée considérable, bien que nous soyons aujourd'hui incapables de la saisir.

Autre part (Noa'h 9,23), le Yalkout Léka'h tov écrit également à ce sujet :
La portée inouïe d'une implication totale dans l'accomplissement des mitsvot, au point qu'une si petite nuance (101 fois vs. 100 fois) puisse engendrer un immense fossé.
Dans les temps futurs, de la même manière que nous distinguerons nettement la différence entre le tsadik et le racha, nous pourrons également voir ce qui différencie celui qui aura investi tous ses moyens dans l'étude (devenant ainsi un authentique "serviteur de Hachem").

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-> On raconte à ce sujet que le Gaon de Vilna, alors qu'il était déjà devenu le maître incontesté de toute sa génération, rencontra un homme qu'il avait connu enfant.
Ce dernier l'interrogea sur sa prodigieuse réussite : "Comment êtes-vous parvenu à un tel niveau d'érudition? Lorsque nous étions enfants, nous étions dans la même école et à l'époque, on ne remarquait pas une telle différence entre vous et moi!"
Le Gaon de Vilna lui répondit : "Connaissez-vous l'enseignement de la guémara 'Haguiga (9b), dans lequel il est dit que l'on ne peut comparer celui qui révise 100 fois à celui qui révise 101 fois?"
A la réponse affirmative de son interlocuteur, le Gaon de Vilna poursuivit : "Croyez-vous aux affirmations de cette guémara?"
Après que l'autre se fut exclamé : "Bien entendu!", le maître enchaîna : "Quant à moi, je n'y croyais pas! Et c'est pourquoi j'ai voulu les vérifier par moi-même!"

[cela prouve le niveau supplémentaire que peut atteindre un homme qui investit tous ses efforts dans l'étude de la Torah et l'accomplissement des mitsvot!]

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-> "Il y a une alliance scellée avec ce qu’on étudie dans une maison d’études, si bien que ce ne sera pas rapidement oublié."

[guémara Yérouchalmi Béra'hot 5a]

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-> Une heure d'étude de Torah est plus précieuse à Hachem que 1 000 jeûnes ...
Je recommande que tu révises ce que tu as déjà étudié, car les gens ne désirent [pas vraiment] revenir [sur ce qui n'est plus tout nouveau à leurs yeux].
Une telle étude est désintéressée (lichma), et cela expiera vos fautes comme une souffrance.
[le Stéïpler - dans une lettre]

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-> Le Avot DéRabbi Nathan (chapitre 24) enseigne :
"On peut étudier la Torah pendant 20 ans et l’oublier en 2 ans. Comment? Si on reste 6 mois sans réviser, on finit par dire de l’impur que c’est pur et du pur que c’est impur ; si on reste 12 mois sans réviser, on mélange les Sages ; 18 mois sans réviser, on oublie les thèmes essentiels des traités ; 24 mois sans réviser, on oublie les choses essentielles, et comme on a dit de l’impur que c’est pur, qu’on mélange les Sages et qu’on a
oublié les thèmes essentiels des traités, on finit par rester sans rien dire.
Chlomo a dit à ce propos : "Je suis passé près du champ d’un paresseux et de la vigne d’un homme privé de sens, et voilà qu’il était tout envahi par l’ivraie, les ronces en recouvraient la surface, l’enclos de pierres était en ruines"."

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-> En acceptant les épreuves avec amour, l'individu n'oubliera pas ce qu'il a son étude [de Torah].
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - limoud]

-> Celui qui étudie à haute voix, prolongera ses jours, et gardera en mémoire ce qu'il apprend.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - limoud]

-> Celui qui n'a pas d'orgueil, gardera en mémoire ce qu'il apprend.
Egalement celui qui transmet aux autres la Torah qu'il apprend.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - limoud]

-> Celui qui consomme du pain le matin, retiendra son Talmud, et méritera d'étudier et d'enseigner.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - limoud]

-> Celui qui apprend la Torah mais ne la révise pas, ressemblera à celui qui sème mais ne récolte pas.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - limoud]

-> Celui qui révise son étude, la Torah elle-même sollicitera d'Hachem qu'Il lui révèle les raisons et secrets de la Torah.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - limoud]

-> Celui qui ne révise pas son étude [de Torah,] éprouvera des difficultés à élever [faire grandir] ses enfants.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - limoud

-> Il sera plus dur d'apprendre un enseignement oublié, que d'en étudier un nouveau.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - limoud]

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-> Si quelqu'un oublie un enseignement de son étude, alors des querelleurs se dresseront contre lui.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - mériva]

-> Celui qui a appris la Torah, puis a délaissé l'étude, ses adversaires le poursuivront.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - mériva]

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+ De 100 à 101 = louer la bonté et la justice d'Hachem :

-> Nos Sages (guémara 'Haguiga 9b) disent : "Celui qui révise 100 fois son étude n'est pas comparable à celui qui la revoit 101 fois".

-> Le Béer haParacha commente :
Le téhilim 100 commence par "mizmor létoda" ("téhilim de reconnaissance"), et il fait allusion aux moments de joie et de prospérité, durant lesquels l'homme est plein de gratitude et d'amour envers Hachem. Il Le loue alors pour toutes Ses bontés.

Le téhilim 101, quant à lui, dit "léDavid mizmor 'hessed oumichpat achira, lékha Hachem azaméra" ("de David, téhilim, je veux chanter la bonté et la justice ; à Toi, Hachem, j'adresse mon cantique").
Nos Sages expliquent : "je veux chanter la bonté et la justice" signifie que David remercie Hachem tant pour les moments heureux que pour les périodes difficiles : "Si c'est la bonté, je chante, si c'est la justice, je chante".

Ce degré élevé de émouna est l'essence de l'homme : savoir reconnaître que le Créateur ne lui fait que du bien, et même s'il s'agit d'un bienfait caché, il n'en reste pas moins un bienfait entier.

Le Béer haParacha conclut qu'on trouve une allusion à ce propos dans la guémara citée plus haut : "Celui qui révise 100 fois son étude n'est pas comparable à celui qui la revoit 101 fois".
Celui qui accomplit le téhilim 100, et remercie Hachem pour toute bonne chose, n'est pas comparable à celui qui accomplit le téhilim 101, et remercie aussi pour ce qui lui semble être un obstacle. Ce dernier a un degré bien supérieur.

Il faut constamment se rappeler que le comportement d'Hachem est toujours bon. Lorsqu'il nous parvient sous forme de Bonté ou de Justice, ce ne sont que des illusions d'optique car en vérité Il n'est que Miséricorde.

Précisons également que tout ce que nous possédons est un pur cadeau [gratuit] qui nous provient de la bonté d'Hachem. Hachem ne nous doit rien!
Si l'on intègre cela, nous remercierons toujours le Créateur et accepterons, avec amour et sérénité, Sa conduite envers nous.

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-> Celui qui révise son étude cent fois ne ressemble pas à celui qui la révise cent-une fois. Il en ressort que l’homme qui ne révise son étude "que" cent fois entre dans la catégorie de "celui qui ne Le sert pas", tandis que celui qui la révise cent-une fois fait partie de "celui qui sert D.".
La guémara pose alors la question évidente : Est-ce que celui qui révise son étude cent fois est qualifié de "celui qui ne Le sert pas" ?

Le Baal haTanya explique que, jadis, les étudiants en Torah avaient coutume de réviser 100 fois chaque enseignement qu’ils apprenaient, et cette pratique constituait donc pour eux une habitude.
C’est pourquoi un homme n’en était pas pour autant considéré comme un serviteur d’Hachem dans son étude. Seul celui qui révisait 101 fois, qui ajoutait une révision à l’habitude répandue, était appelé serviteur d’Hachem, grâce à cette unique fois supplémentaire qui dépassait sa nature.

-> Sur ce sujet, le Bné Yissa'har (Pin'has 25,11) enseigne :
Qu’un homme serve D. suivant ses tendances naturelles et ses traits de caractère innés (comme quelqu’un qui pratique la bienfaisance parce qu’il aime naturellement prodiguer du bien) ne constitue pas une grande innovation dans son service d’Hachem. En effet, la chose lui est facile et il ne doit pas combattre son yétser ara pour l’accomplir.
Or, ce qui fait la valeur essentielle du service d’Hachem et de la satisfaction qu’il engendre pour D., est de briser sa nature, de surmonter son mauvais penchant, et d’accomplir une bonne action en contradiction avec sa tendance et son désir naturels.

[ainsi, certes en quantité ce n'est qu'une seule révision, mais en qualité cela a énormément d'importance aux yeux d'Hachem, car on a surmonté la tendance naturelle.
Cela s'applique dans tous les domaines de notre service Divine, où ce qui peut paraître une petite victoire, a en réalité une grande importance et appréciation pour Hachem.]

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+ Inviter Hachem à notre étude de Torah :

-> Celui qui s'engage uniquement dans l'étude de la Torah (et non dans le 'hessed) est comme quelqu'un qui n'a pas de D. [kol aossek baTorah bilvad, domé kémi chéén lo Elokaï - guémara Avoda Zara 17b]
Cela peut être compris comme faisant référence à quelqu'un qui s'engage dans la Torah seul (bilvad), sans attachement (dvékout) et sans conscience d'Hachem. C'est comme quelqu'un qui n'a pas de D.

Le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm 4:6,7) écrit qu'avant d'apprendre, il faut avoir l'intention de s'attacher à Hachem.

Même au milieu de l'apprentissage, on peut s'arrêter un peu pour penser à la crainte d'Hachem et ce n'est pas considéré comme une perte de temps (bitoul Torah), car cela permet à la Torah de rester près de soi.

La guemara ('Haguiga 9b nous dit qu'il n'y a pas de comparaison entre quelqu'un qui apprend un sujet de Torah 100 fois et quelqu'un qui l'apprend : méa véé'had (101 fois).
Une autre signification est qu'il n'y a pas de comparaison entre celui qui apprend un sujet 100 fois et celui qui l'apprend 100 fois avec le é'had (Hachem).

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-> "Sois vigilant et prends bien garde de ne pas oublier les choses que tes yeux ont vues. Ne laisse pas [ce souvenir] quitter ton cœur tous les jours de ta vie" (Vaét'hanan 4,9)

-> Le Méam Loez commente :
A présent, Moché met les Bné Israël en garde : "Les nations vous estimeront et diront qu'il n'existe pas de peuple aussi sage et intelligent à condition que vous étudiiez la Torah, observiez les commandements et ne les oubliiez pas. Si vous abandonnez par contre le droit chemin, si vous oubliez la Torah en négligeant de l'étudier, vous serez méprisés et considérés comme des sots par les nations."

Cela est comparable à un roi qui a marié sa fille. Tant qu'elle reste mariée, son époux est honoré car il est le gendre du roi et il est proche de lui jour et nuit. Mais s'il ne veut plus de la princesse, le roi s'éloigne de lui. Le gendre ne sera plus respecté par le peuple car l'honneur dont il jouissait provenait uniquement de son lien de parenté avec le roi.

Le verset dit donc : "Sois vigilant et prends bien garde".
L'estime dont tu jouis auprès des nations provient de ta vigilance et du fait que tu prends bien garde à tout ce que tes yeux ont vu au mont Sinaï. Ces peuples t'admireront si tu n'écartes pas la Torah et les commandements de ton cœur durant toute ta vie. Tu dois observer les commandements non pas parce que tu les trouves justes et nécessaires mais pour la seule raison que D. te les a ordonnés.
[...]

Pour se rappeler de ce qu'on a étudié, 3 conditions sont nécessaires :
1°/ Il faut étudier à voix haute.
Un disciple de rabbi Eliézer ben Yaakov étudiait silencieusement. Après 3 ans, il avait oublié tout ce qu'il avait appris.
Rabbi Chmouël dit à rabbi Yéhouda : "Lorsque tu étudies, ouvre la bouche afin que tu vives longtemps et que tu n'oublies pas ce que tu apprends", car si tu n'oublies pas la Torah, tes jours s'allongeront.
"Ils sont la vie pour ceux qui les trouvent (motsaéhem)" (Michlé 4,22).
Celui qui prononce (motsiéhem) les paroles de Torah à haute voix aura la vie, car il ne les oubliera pas et ne sera pas passible de mort ...

Hachem protège l'homme qui étudie à voix haute et prononce distinctement les mots, comme un oiseau protège ses petits de ses ailes. Aucun danger ne l'atteindra.
De plus, par son mérite cet homme maintient le monde ; D. se réjouit de lui comme au jour de la Création du ciel et de la terre. Lorsque cet homme quittera ce monde, son âme ira directement au monde futur.

2°/ La 2e condition pour avoir une bonne mémoire est de réviser sans cesse.
Plus on révise ce que l'on a appris, plus longtemps cela nous reste en mémoire. Si un homme étudie un passage et ne le révise pas, il ressemble à celui qui sème mais ne récolte pas. Il profitera peu de ses efforts car il oubliera son étude.
L'homme qui révise de nombreuses fois est appelé un serviteur de Hachem. Il n'existe aucune commune mesure entre l'homme qui revoit un chapitre 100 fois et celui qui le révise 101 fois.

"Tu verras la différence entre le tsadik et le racha, entre celui qui sert D. et celui qui en Le sert pas" dit le verset (Mala'hi 3,18).
L'expression "celui qui sert D. et celui qui ne le sert pas" semble superflue : si un homme est tsadik, ne sert-il pas D.? S'il est racha, Le sert-il? Cette répétition nous enseigne qu'un homme tsadik ayant étudié un passage 100 fois n'est pas appelé un homme qui "sert D." autant que celui qui l'étudie 101 fois.

Tel est le sens du verset : "Sois vigilant et prends bien garde" (הִשָּׁמֶר לְךָ וּשְׁמֹר נַפְשְׁךָ מְאֹד - hichamer lé'ha ouchmor nafchékha méod - Vaét'hanan 4,9).
Les initiales de ces mots sont : hé, lamed, vav, noun et mém. La valeur numérique de ces lettres sans le lamed est de 101, chiffre qui indique le nombre de révisions nécessaires.
La lettre "lamed" évoque la notion d'étude (limoud). Ce verset fait donc allusion à la nécessité de réviser 101 fois notre étude afin qu'elle reste en mémoire.

Rabbi Chimon ben Lakich révisait 40 fois ce qu'il avait appris, en parallèle aux 40 jours pendant lesquels la Torah a été donnée à Moché.
Rav Adda bar Ahava révisait 24 fois, en parallèle aux 24 Livres de la Torah.
Rabbi 'Hiya bar Abba révisait tout ce qu'il avait étudié tous les 30 jours avec son maître, Rabbi Yo'hanan, afin de ne rien oublier.

La révision apporte un avantage supplémentaire : lorsqu'un homme arrive au monde futur et connaît bien ce qu'il a étudié, on annonce en Haut : "Bénie soit ton arrivée!". En effet, le 1er jugement de l'homme porte sur l'étude de la Torah. On lui demande : "As-tu fourni des efforts dans l'étude de la Torah?"

3°/ La 3e chose qui favorise la mémoire est l'humilité.
Le verset dit : "Et du désert à Matana" (Bamidbar 21,18). Si un homme fait de lui-même un désert que tout le monde foule aux pieds, D. lui offre la Torah en cadeau (matana), c'est-à-dire qu'il ne l'oubliera pas.
Les paroles de Torah sont comparées à l'eau. Comme l'eau qui coule des hauteurs aboutit dans les endroits bas, la Torah ne reste qu'en ceux qui sont humbles et modestes.

Rabbi Yéhochoua ben 'Hanania (guémara Taanit 7) explique l'idée que les hommes laids n'éprouvent pas de fierté, et comme ils sont humbles, ils n'oublient pas ce qu'ils ont étudié.
Certes, il y a des personnes belles et sages, mais elles auraient été encore plus sages, si elles avaient été laides.
La Torah dit : "[La Torah] n'est pas au ciel" (Dévarim 30,12). La Torah ne peut être gardée chez un homme fier dont la tête est aux cieux.

Si un homme ne prête pas attention à ce qu'il étudie et l'oublie, il perd sa grandeur et cause l'exil de ses descendants. C'est considéré comme s'il avait oublié D.

Hachem lui dit : "La Torah a été donnée en 40 jours. L'âme est formée en 40 jours car c'est le temps qu'il faut à l'embryon pour prendre forme humaine. Si l'homme préserve la Torah en son cœur pour ne pas l'oublier, Je préserverai l'âme qui est en lui ; sinon, Je prendrai son âme".

Il est écrit ici : "Sois vigilant et prends bien garde à ton âme".
Ce verset nous recommande de ne pas oublier la Torah afin que D. veille à notre âme et ne nous la reprenne pas.

L'homme est comparé à un nourrisson. Comme le nourrisson tète à chaque moment, l'homme doit étudier la Torah constamment.
La Torah dit : "Si tu m'abandonnes un jour, je t'abandonnerai 2 jours". Imaginons 2 personnes qui se rencontrent puis se quittent et s'en vont dans 2 directions opposées. Lorsque l'une s'éloigne d'un kilomètre, la 2e a elle aussi parcouru un kilomètre si bien qu'elles se trouvent à 2 kilomètres l'une de l'autre.

"Et vous, qui êtes attachés à Hachem, votre D., vous êtes tous vivants aujourd'hui" (Vaét'hanan 4,4)

-> Hachem est appelé : "Elokim 'Haïm", Il est la source de la vie.

Le verset nous affirme que si on s'attache à Hachem, on s'attache à la vraie source de la vie, et on aura alors une vie véritable.
Les réchaïm sont appelés morts même quand ils sont physiquement vivants, car ils ne sont pas attachés à la vraie source de la vie.

[Ohr ha'Haïm haKadoch]

[lorsqu'on est juif, le fait d'avoir notre cœur qui bat n'est pas signe de vie.
Un juif en vie est celui qui choisit à chaque instant d'agir en toute fidélité avec la volonté de D.

=> Si "vous êtes attachés à Hachem" alors : "vous êtes vivants".]

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-> Le Min'hat El'azar (rabbi 'Haïm El'azar de Munkatch) enseigne sur ce verset :
Le Rambam déclare que notre attachement à D. stimule Sa divine Providence.
C'est-à-dire que plus nous nous attachons à Hachem, plus grande est Son aide bénéfique et Son implication dans notre vie personnelle (hachga'hat pratit).

Cette idée est exprimée dans le verset : "vous, qui êtes attachés/fidèles à Hachem" => en proportion du degré d'attachement/fidélité à Hachem, votre D., "vous êtes tous vivants aujourd'hui" = vous recevrez la vie et la vitalité du Créateur, qui est source de vie et de bénédictions.

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-> Les autres nations du monde ne peuvent établir un contact avec Hachem qu'après leur mort.
Cependant, le peuple juif a l'opportunité d'être en relation avec D. pendant qu'ils sont en vie dans ce monde.

[le Min'ha Béloula]

[ "Vous êtes attachés à Hachem" : il pourrait s'agir des non-juifs après leur mort, mais la suite du verset précise : "vous êtes tous vivants aujourd'hui".

=> La caractéristique unique d'un juif est de pouvoir déjà de son vivant développer une relation de proximité avec D.

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-> On doit toujours placer Hachem au 1er plan dans son esprit, en accord avec le verset : "Je fixe constamment mes regards sur Hachem" (Téhilim 16,8).

Lorsque l'on mange, dort, travaille ou bien que l'on s'occupe de tout autre besoin, nous devons toujours être conscient que c'est D. qui nous fournit tout pour nous.

Celui qui suit ce chemin, va mériter un attachement éternel avec Hachem.

[le Chla haKadoch]

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-> "Pourquoi est-ce que mon frère (le Gaon de Vilna) n'a-t-il jamais écrit de livre sur les 613 mitsvot?

Mon frère m'a dit qu'il serait faux de dire qu'il n'y a que 613 mitsvot dans la Torah.
Il ne peut pas être possible que depuis le début de la Torah jusqu'à la paracha Bo, qu'il n'y ait que 3 mitsvot.

Mais en réalité, chaque mot de la Torah est une mitsva.
Les mitsvot de la Torah sont trop nombreuses pour être comptées.
Les 613 mitsvot ne sont que des racines d'autres mitsvot.

Un arbre est composé d'un tronc, de branches, et également de fruits.
Avec les graines des fruits, un nouvel arbre peut se développer.
La Torah est comme un arbre de mitsvot, avec des opportunités sans fin d'accomplir des mitsvot.

[Mon frère le Gaon de Vilna] n'a pas écrit de Séfer haMitsvot afin qu'il soit connu que les mitsvot de la Torah sont sans fin."

[Maalot haTorah]

=> Hachem a multiplié les mitsvot, pour multiplier nos occasions de pouvoir s'attacher avec Lui.

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-> "Hachem fut avec Yossef, lui attira de la bienveillance" (Vayichla'h 33,14)

-> Le Ben Ich 'Haï (Od Yossef 'Haï) commente :
Le sens caché de ce verset réside dans le fait que l’homme dispose de 4 forces de sainteté. On les appelle : Néfech, Roua’h, Néchama et la Néchama de la Néchama, aussi appelée ‘Haya. Et bien qu’il en existe une 5e appelée Yé’hida, du fait de son élévation et de son aspect caché, on ne la compte pas toujours, comme le dit le Arizal dans le Sha’ar Hakavanot (23c): "Sache, qu’il y a en l’homme ici-bas, 4 niveaux, qui sont: la Néchama de la Néchama qui vient de la ‘Hochma, la Néchama de la Bina, le Roua’h de la Tiféret et le Néfech qui vient de la Malchout".
Et il est connu que ces 4 niveaux sont en allusion dans les 4 lettres du nom d’Hachem, Youd-Hé-Vav-Hé.
Le Youd représente la Néchama de la Néchama, le premier Hé la Néchama, le Vav le Roua’h et le deuxième Hé le Néfech.

Maintenant, quand un tsadik accomplit la volonté divine, il attire sur lui la vie depuis ces 4 lettres du nom d’Hachem vers ses 4 niveaux de sainteté, à l’instar du verset (Vaét'hanan 4,4): "Et vous, attachés avec le nom d’Hachem, Youd-Hé-Vav-Hé, votre D. (וְאַתֶּם, הַדְּבֵקִים, בַּיהוָה אֱלֹהֵיכֶם), vous en tirez votre source de vie, aujourd’hui (חַיִּים כֻּלְּכֶם, הַיּוֹם)".
A l’inverse, le racha, lui, coupe le lien avec le nom d’Hachem et la source de vie sainte qui en coule.
La source de vie sainte qui sort de chaque lettre donne le mot 'Haï (vivant - חַי) qui a pour valeur numérique 18 et une fois 'Haï pour chaque lettre donne 72 (4*18) qui est la valeur numérique de : 'Hessed (la bonté, la bienveillance).
C’est le sens de notre verset : Yossef, en se conduisant comme un tsadik, s’est attaché au nom d’Hachem, Youd-Hé-Vav-Hé et en a tiré 4 fois 'Haï (la vie), ce qui lui a amené le 'Hessed.

[cela s'applique à chacun de nous : le plus nous accomplissons la volonté divine (selon nos capacités personnelles), le plus nous attirons la bonté d'Hachem sur nous!
C'est le sens du verset : "vous, qui êtes attachés à Hachem, votre D." [en faisant Sa volonté] => alors : "vous êtes tous vivants aujourd'hui"
Faire la volonté de D. c'est donner de la vie aux forces de sainteté qui sont en nous, c'est donner de la force à Hachem, et c'est être davantage vivant dans le monde à Venir qui est éternel. ]

-> Cela est en accord avec le Ohr ha'Haïm haKadoch ci-dessus :
Les réchaïm sont appelés morts même quand ils sont physiquement vivants, car ils ne sont pas attachés à la vraie source de la vie.
En effet, les fautes du racha vont créer tellement de séparations entre son âme et Hachem, qu'au niveau spirituel il est considéré comme un mort.
D'ailleurs, le Sifté 'Haïm dit que la téchouva est comparable au niveau spirituel à une résurrection des morts.
(chaque faute que nous avons fait a amené un dose de mort spirituelle en nous!).

-> "Les réchaïm sont appelés morts même de leur vivant" (guémara Béra'hot 18b)
Ils ne sont pas appelés vivants car ils n'utilisent pas de façon productive leur temps, dans la Torah et les mitsvot.
A l'inverse, il est écrit : "[avec la Torah] on t'ajoutera des années de vie" (véyossifou lé'ha chémot 'haïm - Michlé 9,11).
Dans une ville, au moment de la mort d'une personne, on avait l'habitude de calculer le temps qu'elle avait pu consacrer à la Torah, aux mitsvot, à la prières [ce qui est son véritable temps de vie], et on l'inscrivait sur sa tombe.
Ainsi, pour certains la durée de leur vie pouvait être de 1 ou 2 années.

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-> "Je ne mourrai maintenant après avoir vu ta face et que tu es encore vivant" (Vayigach 46,30)

-> Rabbi Yossef Caro fait remarquer que Yaakov était versé dans "la sagesse de lire les visages", et quand il est arrivé en Egypte il a regardé le visage de Yossef, y a vu sa sainteté et sa droiture, et s'est réjoui.
Car les tsadikim sont appelés vivants, alors que les réchaïm sont appelés morts même pendant leur vie.

C'est pourquoi il a dit : "Je mourrai maintenant après avoir vu ta face et que tu es encore vivant", c'est-à-dire que tu es encore dans ta sainteté, ta piété et ta droiture, à savoir "vivant".

"Quelle est la grande nation qui a un D. proche d'elle comme Hachem, notre D., à chaque fois que nous L'appelons? "
[paracha Vaét'hanan 4,7]

=> Face à une telle vérité : quelle fierté, quelle joie nous avons d'être juif(ve)!!

"Qu’il n’y ait pas chez toi de divinité étrangère" (Téhilim 81,10)
Le rabbi Mendel de Kotzk explique que l'on ne doit pas penser que Hachem est comme un étranger qui n'est pas intéressé par nos prières. Mais nous devons plutôt être persuadés qu'Il désire beaucoup les entendre et qu'Il y répondra.

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"Tu observeras Ses décrets et Ses commandements que Je t'ordonne aujourd'hui, pour qu'Il Te fasse du bien à toi et à tes enfants après toi et afin que tu prolonges tes jours sur la terre que Hachem te donne pour tous les jours."

[paracha Vaét'hanan 4,40]

=> Si nous voulons la bénédiction et la longévité, alors nous savons ce qu'il nous reste à faire ...
Faire la volonté de D., c'est mettre en place des conduits permettant de nous amener toutes les infinies bonnes choses que papa Hachem souhaite nous donner.

-> Les mitsvot nous ont été données pour notre bien et dans notre intérêt (D. étant parfait/complet, il n'a besoin de rien).
C'est effectivement ce que dit le verset : "Tu garderas Ses lois et Ses commandements, afin qu'Il te fasse du bien".
Forts de cela, le service de Hachem nous paraîtra plus léger, et nous accomplirons Ses mitsvot avec joie et ferveur.
[Maguid de Doubno]

-> "Les juifs sont comparés individuellement à une étoile, qui se dit en hébreu : ko'hav (כוכב).

Les lettres : כב (de valeur 22) représentent les 22 lettres de l'alphabet hébraïque, utilisées pour créer ce monde terrestre, tandis que les 2 autres lettres : כו (de valeur 26) renvoient à la guématria du nom divin (Tétragramme).

Nous sommes ainsi composés à la fois d'énergies terrestres et célestes."

[le Sfat Emet]
-> Par exemple : "Vous voici aujourd’hui, en multitude, comme les étoiles des cieux." (Dévarim 1,10)

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-> De la terre, une étoile semble minuscule, mais cela est uniquement dû à la grande distance nous en séparant.
Si on avait la possibilité d'en être assez proche, on se rendrait alors compte que sa taille réelle est immense.

De la même façon, aucun juif ne doit être rejeté, car même s'il apparaît insignifiant, lorsque que l'on se rapproche de lui, qu'on le connaît mieux, on se rend alors compte de son vrai potentiel et de sa veritable importance.

"Celui qui se dresse contre Israël est comme s’il se dressait contre Hachem"

[Rachi - Mattot 31,3]

3 Questions/Réponses – Paracha Matot – Massé

3 Questions/Réponses - Paracha Matot - Massé :

1°/ Un de nos principes fondamentaux est que la Torah n'est pas un livre d'histoire, mais plutôt qu'elle contient des leçons qui sont utiles pour chaque juif de chaque génération.

Dans ce cas, pourquoi la Torah décrit-elle en longueur (Massé 33,1-49) la liste des 42 étapes de campement des juifs dans le désert sur leur chemin entre l’Égypte et la terre d'Israël? Que pouvons-nous en apprendre?

-> Rabbénou Ba'hayé écrit que lorsque le machia'h viendra, les juifs n'iront pas immédiatement en Israël.
Tout d'abord, ils se réuniront tous ensemble, et ensuite ils seront menés sur le même trajet que le peuple juif a pu prendre entre l'Egypte et Israël après la sortie d'Egypte.

-> "Moché inscrivit leurs départs et leurs stations sur l’ordre d'Hachem" (Massé 33,2) = lors de la sortie d’Egypte.
"Voici donc leurs stations et leurs départs" (Massé 33,2) = ces chemins qui seront aussi empruntés par ceux qui sortiront du dernier Exil et qui passeront par ces étapes. [Abravanel]

-> Rabbi David de Lelov (rapporté dans le Torah Tavlin) enseigne que de même que Moché a écrit dans la Torah avec détails les déplacements des juifs, de même Eliyahou haNavi est dans une démarche de noter tous les déplacements et séjours des juifs au travers notre long exil.
Ainsi, lorsque le machia'h viendra, nous aurons également un livre (ayant nos campements pendant l'exil) dans lequel nous pourrons étudier.

-> Le rav Moché Sternbuch (Taam véDaat) dit que c'est la raison pour laquelle la liste des stations de campement dans le désert n'est pas uniquement un fait historique, car c'est également notre itinéraire futur de déplacement pour Israël.

-> Le Baal Chem Tov enseigne que ces 42 étapes, correspondent "symboliquement" à un trajet de 42 étapes que le peuple juif doit subir dans son exil avant de pouvoir bénéficier de la guéoula finale.

A l'image de nos ancêtres dans le désert parfois le chemin passe très proche d'Israël, tandis que d'autres fois, il semble s'en éloigner totalement.
Notre seule certitude est que l'on est entre de bonnes mains : celle de Hachem, Créateur de toute chose.

-> Le Tsor haMor (rabbi Avraham Sabba) qui connu l'expulsion des juifs d'Espagne, écrit :
"Pourquoi la Torah nous détaille-t-elle longuement et avec précision les 42 étapes du voyage entrepris par les Bné Israël, lorsqu'ils furent sortis d'Egypte?
Pour assurer le peuple juif au cours de ses exils à venir et lui insuffler espérance : quelle que soit la longueur de l'exil, il aura une fin".

-> Selon le Déguel Ma'hané Efraïm, la vie de chaque personne se retrouve d'une façon ou d'une autre dans ces 42 déplacements du peuple juif.
En effet, on doit tous faire face à des épreuves, et chacune provient de ce qui a pu se passer lors d'une des 42 étapes.

Il rapporte au nom de son grand-père : le Baal Chem Tov, qu'à l'image de nos ancêtres, chaque juif depuis le ventre de sa mère jusqu'à sa tombe, suit un itinéraire de "voyage" contenant 42 étapes, dont le but est de renforcer le lien avec Hachem, en développant une vraie émouna.

[Le chiffre : 42 correspond au mot : bam (en eux - בם).
A l'image de nos ancêtres, nous avons un chemin de 42 étapes permettant de nous purifier et de nous développer afin d'être "au niveau" pour recevoir la guéoula.
Cela est valable à un niveau collectif et individuel

Les lettres du : bam (בם) renvoient à la 1ere lettre :
-> du 1er mot de la Torah écrite (בְּרֵאשִׁית – Béréchit)
-> du 1er mot de la Torah orale (מאימתי – michna Béra’hot).
=> Tout au long des étapes de notre vie, nous devons étudier et vivre selon la Torah (écrite et orale).]

-> A ce sujet le rav Moché Sternbuch enseigne : l'homme qui s'efforce d'acquérir une richesse éternelle pour le monde futur transforme sa vie ici-bas en "voyage" vers cet objectif, et toutes ses occupations seront donc orientées en ce sens.
Nos Sages (guémara Béra'hot 64a) disent : "Les érudits en Torah (talmidé 'hakhamim) n'ont pas de repos dans ce monde-ci" = car leur âme aspire ardemment à toujours s'élever et à se parfaire en vue du monde futur.
[il y a un nombre précis d'étapes à traverser dans un temps limité, nous signifiant du caractère éphémère de la vie, et de notre obligation à utiliser au mieux nos capacités, notre temps.
A nous de faire que nous pourrons être éternellement fiers de notre passage dans ce monde.]

-> "Vous ne retournerez plus sur ce chemin à nouveau" (Choftim 17,16)
Selon le rav Yossef Shaül Nathanson (le Divré Shaül), puisqu'il nous est interdit d'aller en Egypte depuis Israël en suivant ce même trajet, la Torah nous le liste en détail pour qu'on puisse éviter de le faire de nos jours.

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-> "Les 42 emplacements des juifs dans le désert représentent le nom divin de 42 lettres (composé de la 1ere lettre des 42 mots du "ana békhoa'h").
A chacun de ces emplacements, les juifs ont mérité une lettre de ce nom divin.
Ils montaient alors sur l'échelle de la kédoucha, marche par marche.

Ceci est similaire à ce monde, où lorsqu'une personne naît, elle se trouve en bas, et sa mission est de s'élever dans l'échelle de la spiritualité marche après marche jusqu'à atteindre le Trône divin."
[Rav Tsadok haKohen de Lublin - Pri Tsadik]

-> Le rav 'Haïm Vittal fait remarquer que ce nom divin de 42 lettres provient de 7 noms de 6 lettres chacun (issus des initiales du Ana békhoa'h).
Le chiffre 6 évoque le monde matériel (les 6 jours autres que le Shabbath) et le chiffre 7 évoque le monde spirituel (allusion au Shabbath).
Ce nom permet d'opérer le passage et de s'élever du matériel au spirituel, ce qui était le but de l'entrée en Israël.
Là, dans un pays naturel et matériel, il faudra sanctifier le terrestre et l’élever pour le rendre céleste. Les Juifs reçurent la force de faire cela par les 42 étapes du désert qui inscrivirent ce Nom de 42 lettres.
Le désert fut donc le lieu de préparation pour l'entrée en terre d'Israël.

A ce sujet, on peut citer le commentaire du Ramban (Ekev 8,5) :
"Même les épreuves que D. a imposé à Son peuple dans le désert étaient un bienfait ; de la même façon qu'un père corrige son enfant pour l'éduquer et le préparer à la vie adulte, D. a éprouvé les enfants d'Israël dans le désert afin qu'ils apprécient les délices de la Terre d'Israël".

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-> Pourquoi ces déplacements ont-ils mérité d'être inscrits dans la Torah?
Le midrach répond : "C'est parce que le désert a accueilli le peuple juif!"
Il poursuit en disant que dans le futur, Hachem va le récompenser en transformant ce désert en une végétation luxuriante, florissante, plein de fleurs, rempli d'eau, d'arbres et de toutes sortes de bonnes choses.

Le midrach conclut que si telle est la récompense du désert (qui n'a pas de libre arbitre) pour avoir "hébergé" les juifs, on peut s'imaginer quelle est la récompense pour héberger, s'occuper d'un sage en Torah.
[Séfer Otsarot haTorah]

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2°/ La guémara (Sanhédrin 106b) enseigne que Bil'am a été tué (Matot 31,8) par le biais des 4 types de mort utilisés par le Sanhédrin : par la lapidation, par le feu, par l'épée et par la strangulation.
Comment est-il possible d'infliger les 4 en même temps?

-> Rachi (Sanhédrin 106b) rapporte qu'ils ont pendu Bil'am sur un arbre (strangulation) et qu'ils ont allumé un feu en dessous.
Ils ont ensuite coupé sa tête (mort par l'épée) et son corps est tombé par terre dans le feu (lapidation et mort par le feu).

-> Le Maharcha (Sanhédrin 106b) n'est pas d'accord avec cette explication car le feu et la lapidation se produisent une fois qu'il est mort, puisque sa tête a déjà été coupée.
De plus, la mort par le feu doit se faire par le biais d'un morceau de plomb brûlant placé dans la bouche, ce qui est différent de l'explication apportée par Rachi.

Le Maharcha suggère que : ils ont d'abord jeté des pierres sur Bil'am, mais pas au point de le tuer.
Ensuite, ils ont placé un morceau de plomb brûlant dans sa bouche, mais pas suffisamment pour le tuer.
Puis, ils l'ont étranglé tout en le laissant en vie, pour finalement le tuer en coupant sa tête par l'épée.

-> Le rav Aharon Leïb Steinman (Ayélét haChakhar) remet en question le Maharcha en disant qu'il n'a alors été tué véritablement que par l'épée.

-> Le rav Meir haLévi Aboulafia (le Yad Rama) explique que Bil'am a été tué par 4 personnes, chacune lui infligeant au même moment un type de mort.

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3°/ Quelle lettre de l'alphabet n'est pas présente dans les noms des 42 lieux de campement du peuple juif durant les 40 années dans le désert? Pourquoi cela?

Seule la lettre zaïn (ז) n'y apparaît pas.

Cela fait allusion :
-> au fait que le peuple juif n'a jamais voyagé le 7e jour : Shabbath ;

-> au fait que les juifs n'ont n'ont pas utilisé d'arme traditionnelle durant les 40 années dans le désert, Hachem les protégeant miraculeusement de toute menace.
Le mot : זַיִן (zaïn) signifie : une arme, en lien avec l'omission de la lettre du même nom : "zaïn".

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+ Petit Bonus :

-> Le rav 'Haïm Kanievsky (Taima déKra) fait remarquer que dans la partie décrivant les lois des villes de refuge (Massé 35,6-34), le mot : "rotséa'h" (l'assassin, le meurtrier) apparaît 17 fois.
Il enseigne que c'est une allusion aux 17 meurtriers que nous retrouvons dans tout le Tana'h.

Par exemple, on peut citer : Kayin qui a tué Hevel (Béréchit 4,8) ; Avimélé'h ben Guidéon qui a tué ses 7 frères (Shoftim 9,5) ; Shaül qui a ordonné à Doèg de tuer les habitants de Nov, la ville des Cohanim (Shmouël I 22,16-19) ; (Shmouël II 1,5-10) ; (Shmouël II 4,5-6) ; ...

-> b'h, d'autres éléments intéressants sur les villes de refuge : https://todahm.com/2015/08/10/3593-2

"Moché parla aux chefs des enfants d'Israël en disant ... si un homme fait un vœu" (Matot 30,2-3)

Le sujet des vœux dont parle le début de la paracha de Matot a une particularité que l'on trouve que dans ce passage. En effet, alors que dans toutes les autres mitsvot, la Torah dit que Moché les a transmises aux enfants d'Israël, en revanche concernant les lois des vœux, la Torah dit que Moché les a transmises aux chefs des tribus, et ne précise pas qu'il les a communiqués également au reste du peuple.
=> Ainsi, on peut se demander pourquoi le passage des vœux comporte une telle différence?

-> D'après le sens simple, Rachi explique que la Torah voulait ici honorer particulièrement les chefs de tribu, qui sont les hommes les plus Sages du peuple, pour faire allusion au fait que ces hommes ont un rôle à jouer dans ce contexte.
En effet, si une personne fait un vœu, il aura la possibilité de l'annuler, sous certaines conditions, par l'intermédiaire d'un Sage.

=> Ainsi, la Torah dit que Moché a enseigné les lois des vœux aux chefs de tribu, qui sont ces Sages, pour indiquer qu'ils ont justement la force de maintenir ou annuler les vœux, qui sont donc livrés entre les mains des Sages d'Israël et dépendent d'eux.

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-> Le 'Hatam Sofer suggère que les lois concernant les vœux ont été dites spécifiquement aux chefs, car les personnages politiques font souvent des promesses sans l'intention de les réaliser.
=> La Torah dit que les chefs/dirigeants doivent particulièrement faire attention à respecter leur parole car ils servent de modèles pour le restant de la nation.
[Les gens vont se dire alors : si même nos responsables n'accordent aucune valeur aux mots, alors pourquoi devrais-je en faire autrement!]

-> De même, le Oznaïm laTorah dit que souvent un chef a tendance à promettre monts et merveilles, de sorte à conquérir l'opinion publique, pour pouvoir justement être choisi par le peuple. Cependant, il arrive souvent qu'après son élection, le chef oublie ses promesses et ne respecte pas tous ses vœux.
=> C'est pourquoi, la Torah prend le soin d'enseigner les lois des vœux et la nécessité de les respecter particulièrement aux chefs des tribus, comme pour signifier que les chefs doivent veiller à respecter scrupuleusement les promesses qu'ils ont fait au peuple, et ne doivent pas ignorer tout ce qu'ils ont fait croire au peuple, même une fois qu'ils sont montés au pouvoir.

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-> Le Maor vaChémech rapporte un enseignement du midrash sur le verset : "Hachem
ton D. tu craindras, c'est Lui que tu serviras et en Son Nom tu jureras" = Nos
Sages disent que seul un homme qui craint Hachem et qui Le sert, aura le droit de faire un vœu et de jurer en Son Nom. Et ces grands niveaux spirituels se retrouvent essentiellement auprès des grands d'Israël, les chefs de tribus.
Ainsi, ce sont particulièrement ces derniers, les hommes les plus pieux du peuple, qui craignent Hachem et Le servent de toutes leurs forces, qui auront le droit de faire des vœux.
C'est pourquoi, Moché transmet les lois des vœux à ces chefs de tribus.

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-> Selon le Taam véDaat (rabbi Moché Sternbuch), à travers le passage des vœux, la Torah veut nous apprendre l'importance et l'impact de la parole.
Formuler une parole de vœu n'est pas anodin et cela engage l'homme.

C'est pourquoi, l'homme doit s'habituer à parler le moins possible et à raccourcir au maximum son discours, car l'augmentation de paroles peut entraîner des fautes.
Pour toutes les autres mitsvot, Hachem communiquait à Moché les lois de façon concise, et Moché les détaillait au peuple. Mais, par rapport aux lois des vœux, où Moché voulait enseigner l'importance de la parole et la nécessité de parler de façon concise, pour ce faire, Moché transmit ces lois de la façon la plus concise, tel qu'il les reçut d'Hachem, sans les détailler.

C'est pourquoi, il les enseigna aux chefs de tribus, car seuls eux étaient à même de comprendre le message même dans sa concision, et d'en déduire les détails et le développement.
=> Ainsi, Moché les chargea de détailler ces lois au peuple. Mais Moché, quant à lui, ne voulait pas développer les lois des vœux pour les mettre au niveau du peuple, car pour bien marquer le fait que l'homme doive réduire ses propos, il voulait communiquer les lois des vœux de la façon la plus concise, tel qu'il les a reçues d'Hachem. Il chargea les chefs de tribus de les développer et les détailler pour le peuple.

"Je suis Hachem qui réside à l’intérieur des enfants d’Israël" (Massé 35,34)

Selon Rachi : "La présence divine (Hachem) siège parmi eux, même lorsqu'ils sont impurs"

Pourquoi est-il écrit que D. réside "à l'intérieur" des juifs, et non plus simplement : "parmi" les juifs?

Le Ktav Sofer donne la réponse suivante.

En réalité, même lorsqu'un juif faute et se se rend impur par ses fautes, malgré tout au fond de son cœur, il continue à ne souhaiter que réaliser la volonté d’Hachem.
En effet, l’ambition la plus profonde de chaque juif, qui ne peut s’éteindre par aucune faute ni aucune impureté, reste de réaliser la volonté d’Hachem.

C’est pourquoi, D. réside avec les juifs "même quand ils sont impurs", car toute impureté ne peut toucher que la partie externe du cœur du juif, mais l’intériorité du cœur reste toujours pure. Et c’est là qu’Hachem continue à résider.

=> C’est bien ce que dit le verset : "Car Je suis Hachem qui réside à l’intérieur des enfants d’Israël", car l’intérieur du cœur des juifs reste toujours pur, malgré toutes les impuretés. Hachem peut donc toujours continuer d’y résider.

Les campements

+ Les campements - Paracha Massé

Dans la paracha Massé (Bamidbar 33), la Torah relate les différents campements du peuple juif dans le désert après la faute des explorateurs.

Rabbénou Yoël enseigne qu'ils ont été nommés en souvenir de ce qui s'est passé au don de la Torah :

-> Har Shafèr (שָׁפֶר) : c'est une allusion au Shofar qui y a été entendu.
De plus, les lettres de Shofar (שופר) peuvent être réarrangées en שׂוֹרֵף (shoréf) : brûlant, faisant référence au mont Sinaï qui était alors en flamme (cf.Dévarim 4,11).

Le mot Shofar (שפר) peut aussi se lire Shéfèr (שפר), car on y a donné de magnifiques paroles (Imré Shéfèr) de Torah.

-> 'Hadara (חֲרָדָה) : c'est une allusion au verset : "La montagne entière tremblait" (וַיֶּחֱרַד כָּל-הָהָר - Yitro 19,18).

-> Bémakéélot (מַקְהֵלֹת) : c'est une référence à la grande unité, sur laquelle le verset dit : "Dans vos groupes, Bénissez D.!" (בְּמַקְהֵלוֹת, בָּרְכוּ אֱלֹהִים - Téhilim 68,27).

-> Ta'hat (תָחַת) : c'est une allusion à : "Ils se tirent au pied de la montagne" (וַיִּתְיַצְּבוּ, בְּתַחְתִּית הָהָר - Yitro 19,17).

-> Tara'h (תָרַח) : c'est une référence à la bonne odeur des mitsvot et de la Torah (réa'h mitsvot véTorah).
De plus, la guémara (Shabbath 88b) rapporte que chaque Commandement donné au mont Sinaï, était accompagné par de beaux parfums.

-> Mikta (מִתְקָה) : en allusion aux paroles de Torah qui sont : "métoukim midvach" (plus doux que le miel - מְתוּקִים מִדְּבַשׁ - Téhilim 19,11).

=> Bien que le don de la Torah était loin dans le temps et en distance, le peuple s'en est souvenu nostalgiquement, en le gardant fraîchement en mémoire et s'en inspirant pour servir Hachem au mieux.