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"Ils quittèrent Kivrot haTaava et campèrent à 'Hatsérot" (Massé 33,17)

Rabbi Yits'hak de Vorka fait remarquer que ce verset nous enseigne que pour vaincre le yétser ara en nous, il faut toujours se rappeler que ce monde est temporaire, qu'il doit être mis à profit pour préparer notre monde à venir.

"Ils quittèrent Kivrot haTaava" : comment peut-on enterrer (likvor) son envie (taava) et soumettre son yétser ara?

En se rappelant que ce n'est qu'une cour ('hatser -> 'hatsérot) devant une maison, qu'un couloir menant au palais (résidence principale).

Le rabbi de Vorka disait qu'en ayant cela à l'esprit, nous pouvons vaincre le yétser ara, qui à la venue du macchia'h sera égorgé.
[Pourquoi donner de l'importance à une réalité qui n'est pas éternelle à l'inverse de Hachem?]

=> Nous devons toujours méditer sur le fait que ce monde est passager et qu’on s’en séparera un jour pour se rendre dans le monde éternel, où la seule monnaie en cours proviendra de nos mitsvot accomplies dans ce monde.
Par cette réflexion, nous aurons conscience de l’essentiel et on pourra s’écarter et même “enterrer”(kivrot) les désirs (taava) et ne pas se laisser distraire.
[comme souhaite le yétser ara : "Tes paupières sont lourdes! Fait dodo dans ce monde!"].

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+ Autre "formulation" de l'explication de Rabbi Yits'hak de Vorka :

-> "Kivrot Hataava" signifie littéralement : "l'enterrement du désir".
L'homme doit savoir qu'il ne doit pas chercher à assouvir tous ses désirs dans ce monde, car celui qui court après tous les plaisirs, ces envies finiront par l'enterrer.
C'est pourquoi, l'homme doit voyager de Kivrot Hataava = il faut quitter et abandonner l'idée de satisfaire tous ses désirs, pour pas finir par être enterré par eux.

De la sorte, on campera à "Hatserot" signifiant "les cours" = L'homme prendra conscience que ce monde est à l'image d'une cour (l'accessoire, transitoire), qui mène au palais, qui est le monde futur (l'essentiel, la finalité, éternel).
Quand on voyagera et que l'on s'éloignera de la recherche de tous les plaisirs, on campera et on comprendra que ce monde n'est pas l'essentiel et n'est qu'un passage.
Ce n'est qu'une cour où on doit se préparer à entrer, après sa vie sur terre, dans le palais qui est le monde futur.

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-> Quand la volonté et le désir pour une chose quelle qu’elle soit règnent sur l’homme, il ne peut plus distinguer ce qu’il fait et ce qu’il doit faire de façon claire, parce que son intelligence est obscurcie. C’est seulement quand le désir l’a quitté qu’il ouvre les yeux et se dit : "Comment n’ai-je pas pensé à cela avant?"

Rabbi El'hanan Wasserman (Kovets Maamarim) dit :
En ce qui concerne la foi et la religion, il est impossible de connaître la vérité, à moins d’être libre de tous les désirs de ce monde, et des gens comme cela ne se trouvent chez aucun peuple.
Or même quand on est corrompu par une toute petite chose, cette corruption aveugle l’intelligence et on ne peut pas arriver à la vérité, à plus forte raison quand le cadeau corrupteur est tout ce monde-ci.
Et même si ceux qui sont loin de la foi sont la majorité dans le monde, il n’y a pas à faire attention à eux ou à se laisser troubler.
Cela ressemble à quelqu’un qui passe devant un cabaret où se trouvent cent ivrognes qui se roulent par terre, et qui demandent : "Tu es un seul homme et nous nous sommes cent, pourquoi ne fais-tu pas comme nous?"
C’est la même chose, les gens du monde sont ivres de leurs désirs, et leur intelligence est obscurcie au point qu’ils ne peuvent plus discerner la vérité.

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-> La recherche de la sainteté doit s'exercer dans tous les domaines : l'étude de la Torah, la parole, la nourriture, les rapports sexuels, car il faut être saint pour pouvoir s'attacher au D. saint.
On peut retrouver ces 4 domaines dans le nom de la paracha kédochim (saints) - קדש'ם :
- קול = la voix = l'étude de la Torah ;
- דבור = la parole = on doit parler sans colère, ni orgueil, ... ;
- שתיה = la boisson (qui inclue la nourriture) = juste ce qu'il faut pour nourir son corps ;
- ידיעה = connaissance (terme renvoyant à la sexualité = connaître la femme).

Par ailleurs, l'interdiction de "se tourner vers les idoles" fait allusion aux passions physiques, assimilables à l'idolâtrie, ainsi qu'à la cupidité.
Le mot תאוה (= passion - taava) = permet de former : אל) תפנו אל האלילים ואלוהי) (Ne vous tournez pas vers les idoles et d'autres divinités).

==> Plus on s'éloigne de ces choses-là, plus on gagne en sainteté.
[Abir Yaakov - Pitou'hé 'Hotam]

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-> b'h, également sur cela : https://todahm.com/2015/08/10/3599-2
-> voir aussi : https://todahm.com/2020/12/27/29913

"Toute chose qui va au feu, vous le ferez passer au feu et il sera purifié" (Matot 32,23)

-> Selon le 'Hida, il y a 2 types de feu : celui du yétser ara qui brûle en nous, nous poussant à la faute ; et le feu de la Torah : un feu de sainteté et de pureté.

Nos Sages (guémara Kiddoushin 30b) rapportent les paroles de Hachem : "J'ai créé le yétser ara et J'ai créé la Torah comme antidote".
C'est ainsi que la seule façon de se défendre face au yétser ara est par l'étude de la Torah.

Selon le 'Hida, le verset fait allusion à cela : "Toute chose qui va au feu" du yétser ara, "vous le ferez passer au feu" de la Torah, "et il sera purifié".

"[Pin'has] vint ... et le fléau fut arrêté d'au-dessus des enfants d'Israël. Ceux qui avaient péri dans le fléau furent [au nombre de] 24 000." (Balak 25,8-9)

Les Tossafot (guémara Avoda Zara 4b) rapportent que Bil'am avait la capacité de nous maudire durant la seconde chaque jour durant laquelle Hachem se met en colère, en prononçant le mot : kalèm (détruis-les!).

Même si (grâce à D.), il a échoué à nous maudire, il a réussi à générer un fléau faisant 24 000 victimes parmi les juifs.

On trouve une allusion à cela dans le mot : "kalèm" (כלם) en multipliant chacune de ses lettres : 20 (כ) fois 30 (ל) fois 40 (מ), on obtient : 24 000.

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-> "Il (Hachem) fait sentir Sa colère chaque jour" (Téhilim 7,12)

La guémara (Béra'hot 7a) commente : Comment savons-nous que cette colère ne dure qu'un instant?
Parce qu'il est écrit : "Car Sa colère ne dure qu'un instant" (Téhilim 30,6).
Cet instant dure : 1/58888 ième d'une heure, et aucune créature vivante n'a été capable de déterminer cet instant de façon rigoureusement précise à l'exception de Bil'am, qui tenta de profiter de cette fraction de seconde pour maudire les juifs.

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-> Le midrach (Tan'houma - Tsav 1) rapporte que Bil'am offrit de nombreux sacrifices pour détourner la bienveillance de D. des enfants d'Israël, et la diriger vers les non-juifs.
Mais D. rejeta d'emblée ses avances, déclarant : "Hachem prendra-t-Il plaisir à des hécatombes de béliers, à des torrents d'huile par myriades? (Mikha 6,7). Tu te leurres Bil'am! Je ne peux accepter de sacrifices de la part des nations, car j'ai conclu une alliance inébranlable avec Israël et leur ai promis de n'accepter avec bienveillance que leurs seuls sacrifices."

"Leur offrande de farine et leurs libations" (Pin'has 29,18)

L'eau des libations étaient versée dans des orifices prévus à cet effet au sommet du coin sud-ouest de l'Autel, tous les matins des 7 jours de Souccot.
Tous les soirs, on célébrait la cérémonie du puisage de l'eau (Sim'ha beit hachoéva), par d'extraordinaires festivités nocturnes auxquelles s'associaient les plus éminents érudits et tsadikim d'Israël.
Ces fêtes (sur l'eau) étaient si magnifiques que la guémara (Soucca 53a) affirme : "Celui qui n'a pas assisté à cette fête n'a, de toute sa vie, jamais vu une véritable joie".

=> Comment comprendre le sens de cette joie si importante concernant une simple offrande d’eau sur l’autel ?

Rabbi Moché Feinstein (Darach Moché) donne la réponse suivante.
En fait, c'est justement parce qu’on offrait simplement de l’eau que la joie était si grande ; car toute personne, même le plus pauvre, peut se procurer de l’eau.
Ainsi, cette mitsva vient enseigner que chacun, peu importe sa situation, qu'il soit riche ou pauvre, peut accomplir la volonté d’Hachem et s’approcher de la perfection.

Le fait de savoir que se rapprocher d'Hachem n’est pas réservé à une élite, mais que même le plus simple y a droit, cette leçon a de quoi emplir l’homme d’une grande joie.

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"Leur offrande de farine (min'ha) et leurs libations pour les taureaux" (29,18)

-> Rachi explique que les sacrifices de Souccot comptaient 70 taureaux en parallèle aux 70 nations.

=> Pourquoi faire allusion aux 70 nations? Et pourquoi cette allusion se trouve particulièrement concernant les sacrifices de Souccot?

En réalité, Hachem créa le monde pour le peuple d'Israël. Ainsi, l'état du monde et de toute l'humanité dépend de l'état d'Israël.
De ce fait, tout au long de l'année, puisque le peuple juif commet des fautes et en conséquence, connaît des baisses de niveau, il en ressort que l'état du monde également est en position de faiblesse.
Cependant à Kippour, Hachem expie les fautes du peuple juif. Ils sont dès lors à un niveau de pureté et d'élévation très satisfaisant, et cela se répercute sur toute l'humanité, qui s'en trouve de ce fait grandie et élevée.
C'est pourquoi, à Souccot, juste après Kippour, c'est le moment d'apporter 70 sacrifices, par rapport aux 70 nations qui ont retrouvé une situation enviable, de par l'expiation qui a été accordée au peuple juif à Kippour.
[rabbi de Loubavitch]

"Tels sont les fils de Benjamin ...45 600 [...]
Telles sont les familles de Dan ... 64 400" (Pin'has 26,41-43)

On peut remarquer une curiosité.
-> A l'origine, Binyamin avait 10 fils (cf. Béréchit 46,21) et Dan un seul ('Houchin), qui de surcroît, était sourd (cf. guémara Sotah 13a).

-> Lors de ce recensement, on a Binyamin qui a une famille de 45 600 personnes, tandis que celle de Dan est de 64 400 personnes, soit presque 20 000 de plus.

Selon le 'Hafets 'Haïm, cela vient nous apprendre qu’on ne peut se fier à aucune règle logique et naturelle : c'est uniquement Hachem qui dirige le monde comme Il le souhaite.
S'Il veut qu’une famille peu nombreuse ait une grande descendance, Il peut le faire, au point de dépasser une famille nombreuse.

=> Ainsi, si quelqu'un prévoit que logiquement, Il va avoir des préjudices, qu’il ne s’inquiète pas et qu’Il prie Hachem, car Il pourra le sauver même si cela ne semble pas faisable !

A ce sujet nos Sages ont dit : "Même si une épée tranchante est posée en travers de sa gorge, il ne doit pas se retenir de prier" [car Hachem a toujours un moyen pour nous sauver!]
[guémara Béra’hot 10a]

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-> Cela vient nous enseigner, conclut le 'Hafets 'Haïm, que lorsqu'Hachem désire que quelqu'un réussisse, il le pourra avec un seul fils même mieux que celui qui en a dix. Il en est de même au sujet des biens : un pauvre peut réussir et être content de son sort alors qu'un riche finira par échouer, car "C'est Hachem qui les a tous créés" : à savoir, que l'homme ne peut comprendre ce qui est véritablement bien ou mal en fonction de ce qui lui semble l’être.
Il ne devra donc jamais perdre sa sérénité d'esprit lorsque se présenta une épreuve, mais il devra au contraire être convaincu qu'Hachem conduit son monde avec un calcul bien précis.

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-> Le midrach (Béréchit Rabba 94,3) rapporte que lorsque Dan entra chez son père, il se lamenta sur son triste sort : il n'avait pas plus qu'un fils et encore fallait-il qu'il soit sourd.
Yaakov dit alors : "Ecoute-moi bien mon fils, souviens-toi d'Hachem en toute circonstance et espère en Lui en permanence, ne te départis jamais de cet adage : "En Ta délivrance j'ai espéré Hachem", car c'est seulement Lui qui a le pouvoir de te délivrer"
Et, en effet, Dan se renforça dans une émouna intègre qu'Hachem le délivrerai, et mérita grâce à cela que de son fils unique sortirent 64 400.

"[Hachem a dit : ] Mets des limites autour du mont [Sinaï] et sanctifie-le" (Yitro 19,23)

Le mot : "mont", s'écrit en hébreu : הַר (ar).

Mettons des limites, des barrières autour de ce mot :
- les lettres qui encadrent le ה (venant avant et après) sont : le ד et le ו.
- de même, les lettres qui encadrent le ר sont : le ק et le ש.

Ce qui forme le mot : קדוש (kadoch - saint).

=> Ainsi, lorsque nous avons des barrières protectrices pour évoluer selon la Torah, on devient soi-même kadoch.

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-> Certains Sages (Panim Yafot, Guévourot Arié) voient dans ce verset : "Délimite la montagne et sanctifie-là", une allusion : grâce aux limitations qu'un homme s'impose, il se sanctifie.

-> Le midrach (Chémot rabba 19,2) enseigne :
"On a demandé au serpent : pourquoi te caches-tu souvent à proximité des barrières?
Il répondit : Parce que j'ai fait une brèche dans les barrières du monde!"

Le rav Elimélé'h Biderman explique :
On demande au serpent qu'il nous dévoile la raison pour laquelle il investit autant d'efforts afin d'inciter les hommes à franchir les limites qu'ils s'imposent.
Ce à quoi il répondit qu'à partir de là, le chemin est court jusqu'à les faire trébucher complétement.
C'est ainsi qu'il réussit autrefois à séduire 'Hava et à l'inciter à ouvrir une brèche dans l'interdiction qu'elle s'était imposée à elle-même de ne pas toucher à l'arbre de la Connaissance (alors que Hachem avait interdit uniquement la consommation de ses fruits), et c'est à partir de là qu'elle en vint à transgresser l'ordre Divin lui-même.
[le serpent la poussée pour qu'elle touche l'arbre. Or, sa barrière à la faute était de ne pas même toucher l'arbre. Une fois qu'elle a dépassé sa barrière, le serpent pouvait plus facilement la tromper à en venir à manger le fruit.]

[d'un côté on ne doit pas ajouter excessivement d'interdits, car comme le dit la Torah : si on en ajoute, on viendra à en retirer.
Mais il est nécessaire d'avoir un "choul'han aroukh personnel", c'est-à-dire des barrières personnelles, car nous connaissons notre faiblesses personnelles, et nous savons que nous allons en venir à fauter si on n'est pas un peu plus restrictif dans un domaine donné.
Du coup, on met à certains endroits risqués une barrière qui nous évite de tomber dans le ravin de la faute.]

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-> Normalement Moché aurait dû appeler son premier enfant : Eliézer, pour louer Hachem de l'avoir sauver.
Pourquoi alors a-t-il nommé son aîné : Guerchon?
Le 'Hafets 'Haïm explique que Moché voulait tout d'abord pouvoir toujours se souvenir qu'il était dans une nation étrangère (guèr = étranger), et ce afin de ne jamais en venir à être influencé par les habitudes et la culture locales.
[d'une certaine façon, à ses yeux il était plus important de mettre en place une barrière protectrice (à chaque fois qu'il appellerai son fils), plutôt que de remercier Hachem (constamment, en appelant son fils).]

[le rav Elimélé'h Biderman dit que si Moché était vigilant à ne pas être influencé par les goyim, à combien davantage devons-nous également y être vigilants.
Cela est d'autant plus vrai dans notre génération, et les parents doivent faire attention que les mauvaises influences ne gâchent toute la pureté de nos enfants.]

-> "[Pharaon dit :] "Je les poursuivrai et je les atteindrai, je partagerai leur butin (a'halék chalal), je dégainerai mon glaive et je les anéantirai" (Béchala’h 15,9)

=> Comment Pharaon pouvait-il être si sûr de son coup?
Le rav Elimélé'h Biderman fait remarquer que le mot : "butin" (chalal - שלל) est l'acronyme de : chem (nom), lachon (langage) et lévouch (habit, vêtement).
Pharaon pensait qu'il arriverait à persuader les juifs d'abandonner ces 3 choses (c'est le butin des juifs, car grâce à cela ils ont pu traverser l'esclavage égyptien et méritaient d'en être sauvés).
Et à ses yeux puisqu'ils quitteraient ces 3 barrières protectrices, alors c'est sûr qu'il sera capable de les conquérir.

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-> "Hachem en dirigea pas le peuple juif par le pays des Philistins car il est proche" (13,17)

Rachi commente : il était facile de retourner en Egypte par le même chemin.

Le Chla haKadoch dit que Hachem a fait prendre aux juifs un chemin plus long, afin qu'ils leur soient plus difficile et moins tentant de se rebeller et de revenir en Egypte.
Selon le Chla haKadoch, d'après ce verset nous devons faire de même et faire des barrières et des limites personnelles afin de nous protéger de la faute.
[on pense à nos faiblesses actuelles, et à ce qui peut être mis en place pour éviter d'en venir à fauter.
En effet, sur une terrasse en hauteur on met toujours un parapet, une barrière protectrice. Elle nous tient plus à distance qu'elle va nous empêcher effectivement de tomber. De même avec nos limitations.

Le rav de Brisk faisait remarquer que nous mettons en place pleins de barrières pour se protéger de toute perte matérielle (ex: un coffre, un système d'alarme, une porte sécurisée, ...), alors que nos possessions ne sont nôtre que pendant une durée limitée. Combien davantage plus nous devrions nous préoccuper de protéger notre capital spirituel qui lui est éternel! ]

-> "Paix, paix, pour qui s'est éloigné comme pour le plus proche" (shalom shalom lara'hok vélakarov - Yéchayahou 57,19)
Le Chla haKadoch commente que celui qui est à distance de la faute (ra'hok - רָחוֹק), alors il est proche de Hachem (karov - קָּרוֹב).

[ainsi à l'image des Bné Israël qui devaient être à distance du mont Sinaï, où Hachem s'est révélé et leur a parlé avec une proximité inégalée, de même nos barrières personnelles sont ce qui va nous assurer d'avoir le plus possible de proximité avec Hachem.]

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-> Le rav Shimshon Pinkous raconte que dans sa jeunesse, il allait à un cours d'un grand rabbi 'hassidique, et il essayait de se rapprocher du rabbi, mais on lui a dit de ne pas s'asseoir si proche.
Se tenant à distance, il a vu un jeune enfant s'asseoir exactement où il était assis auparavant, et personne ne lui a dit de partir.
On a alors expliqué à rav Pinkous qu'il s'agissait du petit-fils du rabbi.
Le rav Pinkous a alors compris ce que signifie le fait que les juifs sont proches d'Hachem (ils sont Ses enfants - banim atem l'Hachem). En effet, il n'y a alors aucune limites aux niveaux que nous pouvons atteindre. Un juif peut évoluer dans sa vie jusqu'à s'asseoir très très proche de Hachem (à l'image de garçon à côté du rabbi, son grand-père).

On peut illustrer la notion de barrières personnelles de protection contre les fautes, par l'idée suivante :
"L'amour d'Hachem brille dans les interdictions de la Torah, par lesquelles Il guide ses précieux enfants dans une vie la plus agréable et joyeuse qui soit, et ce non seulement dans le monde à Venir, mais également pendant la durée de leur vie dans ce monde." (rabbi David Its'hak Rabinowitz de Skolia - 'Hayé Sarah).

[les limites que nous nous imposons doivent être ce qui nous permet d'avoir une vie actuelle et future, la plus épanouissante, car au plus proche de papa Hachem.
Ce n'est pas des barrières qui doivent emprisonner, causer du tord à quiconque, au contraire!]

"Chaque jour, lorsque la manne tombait dans le désert, il y avait suffisamment de nourriture pour que le peuple tout entier puisse vivre pendant 2000 années.
Les juifs prenaient ce qu'ils avaient besoin pour la journée, et le reste fondait au soleil."

[midrach Téhilim 78]

Pourquoi Hachem fournissait une telle quantité de manne?
D. peut nous donner à chaque instant des milliards, pourquoi ne le fait-Il pas?

Il ne le fait pas, non pas parce qu'il n'en a pas les moyens, mais parce qu'Il sait ce qui est véritablement bon pour chacun d'entre nous.

Il décide combien donner, quand donner et comment le donner, et ce afin que nous puissions accomplir au mieux ce que nous devons faire dans ce monde.

3 Questions/Réponses – Paracha Balak

+ 3 Questions/Réponses - Paracha Balak :

1°/ Il est écrit : "10 objets furent créés la veille du Chabbat [de la Création] au crépuscule. Ce sont : ... la bouche de l'ânesse [de Bilaam] ..." (Pirké Avot 5,6).

Est-ce que cela signifie que cette ânesse existe depuis la Création du monde, ayant alors plus de 2000 ans?

Rav Yaakov Emden affirme qu'un animal peut vivre autant d'années, et cite le midrach (Béréchit rabba 12,18) rapportant que les taureaux donnés par les chefs de tribu à l'inauguration du Michkan ont vécu jusqu'à la construction du Temple, où ils y ont été offerts en tant que sacrifices, et ce après avoir vécu pratiquement 500 années.

Le Pirké déRabbi Eliézer enseigne que l'âne utilisé par Avraham pour aller à la Akéda, était le fils de celui de Bilam qui avait été créé à la fin de la semaine de la Création.

D'autres Sages comme le Barténoura, ne sont pas d'accords et affirment qu'en cette veille du 1er Shabbath de la Création, ce n'est pas l'âne qui a été créé mais sa capacité de pouvoir parler.

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2°/ Lorsque l'ânesse a essayé d'éviter l'ange sur son chemin, Bil'am s'est énervé contre elle, la frappant et la menaçant de mort (cf.v.22,23).
Pourquoi Bil'am n'a-t-il pas utilisé le pouvoir de sa langue en la maudissant?

Le Baal haTourim rapporte qu'il n'avait pas la capacité de maudire à tout moment.
La guémara (Béra'hot 7a) enseigne qu'il savait déterminer le très bref instant dans la journée durant lequel Hachem est en colère, et il l'exploitait pour maudire.

Au moment de sa confrontation avec l'âne, il avait conscience que D. n'était pas en colère, et il ne pouvait ainsi pas la maudire.
De plus, Bilam souhaitait plus tard dans cette même journée maudire le peuple d'Israël, et en le faisant sur son ânesse aurait utilisé tout son quota ["journalier"], l'empêchant d'agir contre les juifs.

Le Oznaïm laTorah explique qu'une malédiction de Bilam n'avait pas un effet magique.
Il avait la capacité d'exploiter la source d'impureté présente dans une personne afin de la pousser à fauter. Ces fautes commises entraînent alors une punition sur cette personne.

Ainsi, son pouvoir ne pouvait s'appliquer qu'aux hommes, et non aux animaux (qui n'ont pas de libre arbitre).

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-> L'ânesse fut capable de voir l'ange debout sur la route, mais Bil'am ne vit rien. En effet, si un être humain voyait ce genre de choses, il perdrait la raison.
Selon une autre opinion, l'âne ne vit pas l'ange mais la forme d'un homme tenant une épée [ce qui la terrifia et la fit quitter la route]. Cependant, il ne fut pas donné à Bil'am de la discerner afin qu'il s'emporte et frappe l'animal.
[Méam Loez - Balak 22,23]

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3°/ Le 24 mai 1844, Samuel Morse a envoyé le 1er message télégraphique constitué de points et de traits (le morse).
Quel était ce message? Quel est le rapport avec la paracha Balak?

Le message était : "What has God wrought".

Or, lorsque nous prenons une bible traduite en anglais, nous retrouvons ce même message dans la paracha Balak : ma paal El ("ce que D. a accompli" - מַה-פָּעַל, אֵל - Balak 23,23)

=> Quel message approprié provenant de l'inventeur pour reconnaître que la véritable origine de son invention est le Créateur (Hachem).

Bil'am et Balak avaient beau utiliser les moyens de communication les plus efficaces pour maudire Israël, ils ont compris qu'absolument rien ne peut se passer si Hachem n'en a pas donné son accord.

A notre époque où l'on a pu constater énormément d'évolutions depuis la création du morse, combien doit-on voir derrière chaque outil technologique Hachem et non uniquement la main de l'homme.
Combien nous nous devons de remercier Hachem pour tout ce confort de vie (par rapport à nos ancêtres), et combien devons-nous l'utiliser à bon escient, et non pour tuer le temps, voir nous détruire spirituellement parlant.

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+ Bonus :

-> Il y a 5 personnes dans la Torah qui ont mérité qu’une paracha porte leur nom.
Noa’h était un homme juste et droit, c’est pourquoi il a mérité qu’une paracha porte son nom, et il en va de même
de Yitro et de Pin’has, et même Kora’h, qui après tout a péché, faisait tout de même partie de ceux qui portaient l’Arche et il avait l’esprit saint, c’est pourquoi lui aussi a mérité qu’un paracha porte son nom.
=> Mais Balak, qui était un ennemi juré d’Israël, au point d’aller engager Bilam pour maudire Israël, pourquoi a-t-il mérité qu’un paracha porte son nom?

Le rabbi Méïr de Prémichlan explique qu’il est connu que Essav déteste Israël, mais les non-juifs cachent leur haine et la recouvrent par des paroles douces, si bien que l’on ne fait pas assez attention à eux ... alors que Balak était un goy "honnête", qui manifestait sa haine pour Israël devant tout le monde, et un goy "honnête" comme lui méritait qu’une paracha porte son nom.

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-> "Il vit de là les dernières lignes du peuple" (Balak 22,41)

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch enseigne :
Or les Sages ont dit (guémara Taanit 9a) que les nuées recouvraient Israël, si bien qu’on ne pouvait pas le voir.
Quand Aharon est mort et que les nuées ont disparu, alors Israël est apparu aux yeux, et les Cananéens ont su où il se trouvait et l’ont attaqué. Ensuite les nuées sont revenues par le mérite de Moché, comme l’ont dit les Sages, donc les bnei Israël étaient recouverts par elles.
=> Alors comment le verset peut-il dire : "il vit de là les dernières lignes du peuple"? Au contraire, Hachem aurait dû redoubler de protection envers eux contre le mauvais œil de Bilam!

Mais il est évident qu’il a pu le voir par sorcellerie, par un certain oiseau qui les révélait.
La sorcellerie a ce pouvoir, comme le disent les Sages (guémara Sanhédrin 67b), que les sorcières révélaient ce qui est caché aux yeux. Et le verset nous informe que c’est seulement les dernières lignes qui se sont trouvées découvertes, et non le coin des tsaddikim et des grands.

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-> Rabbi Yonathan Eibschutz (Tiféret Yonathan) écrit que Bilaam essaya toutes sortes de sorcelleries pour faire retourner le peuple d'Israël en Égypte. Toutefois, sa magie noire dépendait du soleil et de son ange et lorsque le soleil était recouvert de nuages, aucune magie n'avait d'emprise.
Les Bné Israël étant recouverts des nuées de gloire, la sorcellerie n'avait pas d'emprise sur eux.

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-> La magie est constituée essentiellement d'actes tandis que les incantations ont pour fondement la parole. Il y a plusieurs sortes de magie : rassembler des démons; faire descendre des influences à partir des étoiles et des signes astrologiques en créant une effigie à des moments précis qui correspondent à la domination de l'Etoile ; attirer un esprit d'impureté provenant directement de la klipa du serpent originel.
Balak était expert en sorcellerie et Bilaam la maîtrisait mais pas autant que Balak. Par contre, il était un expert en incantations et c'est la raison pour laquelle le Zohar (Bé'houkotaï 112b) le compare au serpent dont la force provient essentiellement de la bouche. (:3'p "mpna am) Ainsi, ils s'associèrent pour unir leurs forces.

Il est rapporté dans le Zohar ('hadach Balak 54) qu'il n'y a pas un seul jour depuis le début de la création où Israël a autant eu besoin d'Hachem qu'au moment où Bilaam voulut exterminer le peuple d'Israël par ses malédictions.

-> Le Mégalé Amoukot écrit que Balak envoya ses émissaires à Bilaam à la fin du mois d'elloul.
Et lorsque Bilaam arriva pour maudire Israël, c'était le 29 eloul. Et c'est la raison pour laquelle Bilaam se précipita dès l'aube pour prendre la route et arriver à temps, c'est-à-dire pour Roch Hachana ...
En effet, selon le Zohar (Pin'has 231b), le premier jour de Roch Hachana est un jour de stricte rigueur.

-> Bilaam le boiteux fut tué à 33 ans. [guémara Sanhédrin 106b]
[selon nos Sages, il mourut à la moitié de ses jours, c'est-à-dire qu'il était censé vivre 66 ans. Sa cupidité et ses méfaits ont fait qu'une mort précipitée a été décrétée par le Ciel. ]

"Une vache rousse intègre qui n’a pas de défaut qui n’a pas porté le joug" ('Houkat 19,2)

Le 'Hozé de Lublin explique ce verset de la façon suivante :
Celui qui se considère parfait, sans défaut, cela est la preuve que cette personne ne porte pas le joug de la Royauté Divine.
Car celui qui porte véritablement ce joug, ne peut que trouver en lui de multiples défauts.

Ainsi, si quelqu’un pense qu’il "n’a pas pas de défaut", cela prouve "qu’il n’a pas porté le joug".

"Vous parlerez au rocher" ('Houkat 20,8)

-> Hachem a demandé à Moché de parler au rocher (du puits) afin qu'il produise de l'eau.
Qu'est-ce que Moché aurait dû dire au rocher?

Il aurait dû étudier un chapitre de Torah et alors le rocher aurait donné de l'eau.
[midrach Yalkout Chimoni 763]

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-> Le rav Aharon Yéhouda Leib Steinman enseigne :
Le Zohar (Térouma 161b) affirme que Hachem regarda dans la Torah et créa le monde.
Ainsi, puisque la Torah est le fondement du monde, toute la création lui est assujettie.
Moché, à qui Hachem avait ordonné de dire une parole de Torah au rocher, aurait alors fait sortir l'eau sans même le lui demander.

Même si finalement, l'eau qui avait jailli après les 2 coups provenait bien d'un mrarcle, car Moché en avait la capacité par ses pensées pures et saintes, cependant le kidouch Hachem consistait à montrer aux Bné Israël que la nature est totalement soumise à la Torah.
C'est pourquoi Hachem dit à Moché et Aharon ('Houkat 8,12) : "Puisque vous n'avez pas eu confiance en Moi ... vous ne conduirez pas ce peuple en terre d'Israël".

Le rav Steinman conclut que même si nous ne sommes pas au niveau d'agir de manière surnaturelle par des paroles de Torah, à l'image de Moché, nous pouvoir quand même voir de là la grandeur de l'étude de la Torah.

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-> "Moché leva la main et frappa le rocher (sela - סֶּלַע)" ('Houkat 20,11)

Le livre "Tikounei haZohar" dit que si Moché n’avait pas frappé le rocher, mais lui avait parlé comme l’avait ordonné Hachem, les bné Israël auraient appris la Torah sans aucune difficulté ni dissension.

Le Yichma’h Israël (rabbi Yaakov 'Haïm Sifer) écrit que l'on en trouve une allusion dans les paroles de la guémara (Méguila 18a) : "un mot vaut un sela (pièce de monnaie) et le silence en vaut deux".
Cela signifie que s’il y avait eu "un mot pour le rocher (sela), une parole et non un coup, pour le rocher que Moché a frappé, alors il y aurait eu "le silence pour deux", entre deux talmidei ‘hakhamim qui étudient la Torah, et qui auraient étudié la Torah calmement, sans difficultés ni dissensions.

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+ "Prends le bâton ... toi et Aharon ton frère, et vous parlerez au rocher sous leurs yeux et il donnera ses eaux ... tu feras boire l'assemblée et leurs animaux" ('Houkat 20,8)

-> Le verset dit "le bâton" (hamaté), et non : "ton bâton" (matékha).
Hachem fait référence au bâton avec lequel Moché et Aharon ont fait de nombreux miracles.
Ils devaient prendre précisément ce bâton pour frapper le rocher, plutôt que son bâton personnel, afin de rappeler au peuple juif les énormes miracles que Hachem a réalisés, et à quel point Il contrôle absolument tout dans ce monde.
Ainsi, ils n'auraient pas dû douter à savoir si Hachem pouvait faire sortir de l'eau de ce rocher. [Une telle interrogation ne doit pas exister car] Hachem contrôle tout dans ce monde et peut manipuler la nature comme Il le désire.
[Sifté Cohen]

-> L'article défini (le/au puits - asséla) indique qu'il s'agit d'un rocher bien précis.
Les Sages enseignent que D. a créé un rocher dont Il s'est souvent servi comme source miraculeuse.
C'est le rocher que l'ange avait révélé à Hagar alors que son fils Ichmaël se mourait de soif -Béréchit 21,19), celui-là même dont Moché avait fait sortir de l'eau sur l'ordre de D. près de 40 ans plus tôt (Chémot 17,6). Et ce même rocher avait accompagné le peuple dans ses pérégrinations aussi longtemps que Myriam était en vie. Mais à sa mort, il a cessé de donner de l'eau.
[Ramban]

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-> "Puisque vous n'avez pas cru en Moi pour Me sanctifier aux yeux des Bné Israël" ('Houkat 20,12)
Rachi commente : "Si vous aviez parlé au rocher et qu’il eût fait jaillir de l’eau, j’aurais été sanctifié aux yeux de la communauté qui se serait dit : "Si ce rocher, qui ne parle ni n’entend ni n’a besoin de nourriture, exécute l’ordre de Hachem, à plus forte raison nous incombe-t-il de le faire!"

-> La nature est soumise aux tsadikim, car toute la création l'a été pour eux. Cependant, la nature n'est pas soumise aux animaux des tsadikim.
Moché a pensé à tord que le peuple juif n'était pas méritant d'avoir les lois de la nature se changeant pour eux. C'est pourquoi il a frappé 2 fois le rocher : une fois pour faire sortir de l'eau pour le peuple juif, et une autre fois pour les animaux. ("tu feras boire l'assemblée et leurs animaux").
['Hatam Sofer]

-> Hachem dit à Moché qu'il avait fait une erreur. En effet, Moché pensait que Hachem n'accomplit des miracles uniquement pour les tsadikim.
Cependant [la réalité est que] dans les situations qui vont générer une sanctification du Nom Divin, alors Hachem réalise des miracle également pour les réchaïm.
Ainsi, "Puisque vous n'avez pas cru en Moi" = puisque Moché n'a pas cru correctement sur comment Hachem fait des miracles, alors il n'a pas parlé au rocher, "pour Me sanctifier" = en amenant un kidouch Hachem [ce qui aurait permis d'avoir un miracle même pour les réchaïm], alors Moché n'a pas mérité d'amener les Bné Israëk en terre d'Israël.
[Tsor haMor]

->b'h, également : https://todahm.com/2013/10/27/frapper-le-rocher-2-fois

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-> Selon Rachi (Vaéra 7,19) : Moché n'a pas frappé le Nil (lors de la 1ere et 2e plaie), car le fleuve l'avait protégé lorsqu'il y avait été jeté [avant que la fille de Pharaon l'y récupère].
De même, Moshé n'a pas frappé la terre (lors de la 3e plaie), car elle lui a permis d'enterrer l'égyptien qu'il avait tué.

Dans la paracha 'Houkat, Moché va frapper le rocher pour en faire sortir de l'eau, à la place de lui parler.
A cause de cette erreur, il lui a été interdit d'entrer en terre d'Israël.
Le midrach (Yalkout Chimoni 'Houkat 21) explique que Hachem a dit à Moché : "Est-ce que tu sais ce que les rochers ont fait à Mes enfants?" [comme il est dit : "l'a nourri avec le miel des rochers" (vayénikéou dvach misséla - Haazinou 32,13)]
[les rochers ont donné miraculeusement du miel pour nourrir les enfants juifs en Egypte.]
[Hachem a dit : ] "Après que le rocher a fait une telle faveur, tu oses le frapper?! Tu n'es pas digne de mener Mes enfants. J'ai déjà désigné quelqu'un pour prendre la relève : Yéhochoua bin Noun"."

=> Ainsi, selon ce midrach l'erreur de Moché a été son manque de reconnaissance envers les rochers, qui ont fait tant de bonté au peuple juif par le passé.

[ b'h, issu du divré Torah : https://todahm.com/2014/01/03/980-2 ]

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+ Quelques autres raisons sur : Pourquoi Moché et Aharon ont-ils été punis?

-> Le Ramban a écrit au nom de Rabbénou ‘Hananel que la faute était d’avoir dit "nous allons vous faire sortir de l’eau", alors qu’il aurait fallu dire "Hachem va vous faire sortir de l’eau", comme il est dit à propos de la manne : "Le soir, Hachem vous donnera de la viande à manger".

-> Pour le Ibn Ezra, leur faute (à Moché et Aharon) était d’avoir frappé plusieurs fois avec leur bâton. S’ils avaient frappé le rocher une seule fois, ce n’aurait pas été une faute.

-> Le Ibn Ezra au nom d’autres personnes rapporte que c’est parce que Moché et Aharon n’ont pas dit la chira sur le fait que l’eau sortait du rocher, et que les bné Israël ont dit la chira. Moché et Aharon ont donc été punis et ne sont pas entrés en Erets Israël avec les bné Israël.

-> Le Ibn Ezra au nom d’autres personnes rapporte que les bné Israël ont dit qu’ils allaient faire sortir l’eau d’un autre rocher (ce qu’on tire des mots du verset : "Est-ce que de ce rocher-là nous allons vous faire sortir de l’eau"), alors Moché a craint de modifier la parole de Hachem et de frapper un autre rocher, et parce qu’il n’avait pas fait sortir l’eau du rocher qu’on lui avait demandé, ils ont été punis parce qu’ils avaient empêché une sanctification du Nom de D.
C’est le sens de "parce que vous ne M’avez pas fait confiance pour Me sanctifier".

-> Le Méam Loez ('Houkat 20,12) rapporte l'interprétation suivante : lorsque Moché désobéit à l'ordre de D. et frappa le rocher, il perdit l'occasion d'enseigner une leçon importante aux Bné Israël.
S'il avait parlé au rocher, et par quelques mots, avait fait couler de l'eau, non seulement le Nom de D. aurait été sanctifié mais les Bné Israël en auraient déduit la leçon suivante : "Si un rocher, privé de parole, d'ouïe et n'ayant pas besoin de subsistance, obéit à la parole de D., qu'en est-il de nous qui avons assisté à tant de prodiges et pour qui tant d'actes de bonté ont été accomplis?"

-> Il y a un avis cité par Ibn Ezra selon lequel Hachem leur a reproché d’avoir manqué de respect aux bné Israël en disant : "Ecoutez, ô rebelles!" ('Houkat 20,10), alors qu’il ne convient pas à un homme pieux de parler de façon méprisante aux descendants d’Avraham, Its'hak et Yaakov.
Nos Sages ont appris de là que celui qui ne respecte pas l’honneur dû à la communauté, c’est comme s’il avait profané le Nom de Hachem.

-> L’avis du Rambam est que la faute de Moché était d’avoir penché vers la colère en disant : "Ecoutez, ô rebelles" ('Houkat 20,10).
Hachem a estimé qu’un homme comme lui ne devait pas se mettre en colère devant la communauté des bnei Israël, à un endroit où la colère ne convient pas.
C’est une profanation du Nom de Hachem, parce qu’ils apprenaient de tous ses gestes et de toutes ses paroles, espérant arriver à la réussite en ce monde et dans le monde à venir.
Quelle impression allaient-ils donc avoir de la colère, qui fait partie des choses mauvaises et qui ne provient que d’une mauvaise disposition.
En effet, cette génération était formée de grands sages. La plus petite des femmes parmi eux était comme Yé’hezkel ben Bouzi, et tout ce que disait ou faisait Moché, ils l’observaient.
Quand ils ont vu qu’il se mettait en colère, ils se sont dit qu’il n’avait pas de défaut, et que donc s’il n’avait pas su que Hachem était fâché contre eux pour avoir demandé de l’eau et qu’ils L’avaient irrité, il ne se serait pas mis en colère.

-> Pour le Abrabanel, quand Hachem a ordonné à Moché de parler au rocher, et que Moché l’a frappé au lieu de lui parler, cela a provoqué que Hachem punisse Moché et Aharon pour d’autres fautes qu’ils avaient commises : Aharon pour le Veau d’Or qu’il avait fabriqué, car même s’il n’avait pas fauté en l’adorant, comme il avait été la cause que beaucoup de gens soient morts et ne rentrent pas en terre d'Israël, lui aussi en a été puni.
Et Moché parce qu’il avait envoyé des explorateurs et leur avait demandé de faire leur rapport au peuple, ce que les bné Israël n’avaient pas demandé et ce que Hachem n’avait pas ordonné, à savoir d’observer le peuple installé dans le pays pour voir s’il était fort ou faible, peu nombreux ou nombreux.
Bien qu’il ait eu une bonne intention, il s’en est suivi que les explorateurs ont dit : "Le peuple est puissant ... et les villes fortifiées", et ils ont introduit la peur dans le peuple, qui a protesté contre Hachem et contre Moché. A cause de cela, il a été décrété qu’ils ne rentreraient pas en terre d'Israël et mourraient tous dans le désert.
Comme Moché avait été à l’origine de cet incident, il était juste que lui non plus n’entre pas en terre d'Israël. Et parce que les bné Israël avaient fauté délibérément et Moché par erreur avec de bonnes intentions, Hachem a protégé son honneur en faisant passer le décret contre lui à l’intérieur du décret contre le peuple.
Il a montré de la patience avec lui comme envers Aharon pour la faute du Veau d’Or.

-> Le Tsror haMor enseigne que Moché s’est fâché que les Bné Israël demandent de l’eau, parce qu’il croyait qu’ils n’avaient pas besoin d’eau. En effet, la manne était une nourriture très fine qui ne donnait pas soif. Elle se trouvait également entre deux couches de rosée, au point qu’elle représentait presque du pain et de l’eau.
C’est pourquoi il leur a dit : "Ecoutez, ô rebelles" ('Houkat 20,10), vous êtes des contestataires et des protestataires, est-ce que nous allons vous faire sortir de l’eau de ce rocher, faut-il donc aider les réchaïm?
Car quand Hachem fait des miracles, il convient qu’Il le fasse pour l’honneur de tsaddikim comme Daniel, ‘Hanania, ..., mais pour des réchaïm il ne convient pas qu’Il fasse des miracles.
Quand les bné Israël ont entendu ce que disait Moché, peut-être ont-ils pensé que Hachem ne pouvait pas, ou pour toute autre raison, et ce à cause du manque de foi qui était entré dans leur cœur à cause des paroles de Moché. Cela leur a été compté comme si c’étaient eux qui n’avaient pas cru. Tout cela parce que D. se montre sévère à l’extrême avec les tsaddikim. [il s'agit de la génération de la connaissance (dor déa)]
[voir également ci-dessus le commentaire du Tsor haMor]

-> Inversement, il est intéressant de souligner que Rabbi Chmouël David Luzzato fait remarquer dans son commentaire sur la Torah : "Toute ma vie, j’ai évité d’examiner trop profondément cette question, par crainte de ne rien dire de nouveau, et que j’ajoute encore une faute à Moché notre maître"

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-> Rabbi David Pinto (la voie à suivre n°1038) enseigne :
Au-delà de la sanctification du Nom divin qu’ils (Moché et Aharon) ont amoindrie en frappant le rocher au lieu de lui parler, ils ont manqué de livrer un enseignement aux générations à venir.
Dans le Midrach (Yalkout Chimoni 20), il est écrit : "Vous parlerez au rocher : Il lui a dit : lorsqu’un enfant est jeune, son maître le frappe pour lui enseigner ; quand il grandit, il le reprend par des paroles. De même, Hachem dit à Moché : lorsque ce rocher était petit, tu l’avais frappé, comme il est dit : “tu frapperas le rocher” (Béchala'h 17,6), mais maintenant, “vous parlerez au rocher” : dis-lui quelques mots de Torah et il fera sortir de l’eau".

Autrement dit, Hachem désirait que le peuple juif apprenne de cet événement une leçon importante d’éducation : lorsque les enfants sont encore petits, on peut parfois les frapper, quand c’est nécessaire. Mais, dès qu’ils grandissent, les coups n’ont plus aucune utilité, et il faut avoir recours à la parole, leur enseigner une chose, une halakha avec douceur et finesse. Par ce biais, le jeune aura envie de se rapprocher de la Torah, et ses parents auront le bonheur de constater qu’il "fait sortir" de l’eau, que les eaux de la Torah jaillissent de lui.

C’est cet enseignement édifiant que le Créateur désirait enseigner à Ses enfants (les Bné Israël) en ordonnant à Moché et Aaron de parler au rocher plutôt que de le frapper. Ainsi, lorsque Moché le frappa par erreur, il manqua à sa mission essentielle en même temps que l’opportunité de transmettre cet enseignement aux générations suivantes.
D’où la colère de D. et la sévérité de la punition qu’Il leur infligea.

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-> "Moïse leva la main, et il frappa le rocher de sa verge par 2 fois" (20,11)

-> Le Gan Ravé enseigne :
Pourquoi avons-nous besoin de savoir combien de fois le rocher a été frappé? De plus, pourquoi Aharon a été puni pour une action qu'il n'a pas personnellement faite?

Nous voyons ici que quelqu'un qui se tient à côté d'un autre qui réalise une faute (avéra), et qu'il ne fait rien pour essayer que l'en empêcher, alors il est également coupable.
La 1ere fois où Moché a frappé le rocher, c'est seulement lui qui était responsable, car comment Aharon pouvait-il connaître son acte?
Mais après qu'il l'ai frappé une 1ere fois, Aharon aurait dû dire quelque chose.
Ainsi, le verset nous dit que Moché a frappé une 2e fois, pour nous signifier que Aharon est devenu responsable de la faute pour avoir laissé Moché frappé le rocher une 2e fois.
[Aharon pensait que les actions de Moché étaient la volonté de D. (les tsadikim sont jugés sur l'épaisseur d'un cheveu)]

-> Que vient nous apprendre dans le verset le fait que "Moïse leva la main"? L'essentiel étant qu'il "frappa le rocher".
Le Divré Chaoul donne la réponse suivante :
Le rabbi Ména'hem Mendel de Riminov dit que les 248 membres du corps humain correspondent aux 248 mitsvot positives. Chaque organe du corps correspond à une mitsva.
Celui qui est un tsadik sanctifie chacun de ses membres, au point où il en vient à accomplir automatiquement la volonté de D.
La guémara (Nédarim 32b) rapporte ainsi que Avraham avait tellement sanctifié les membres de son corps qu'il réalisait automatiquement la volonté d'Hachem.
[c'était d'ailleurs une des difficulté de l'épreuve de la Akédat Itsa'hak, puisqu'il a dû aller à l'encontre de cet aspect habituellement automatique : ses bras de voulaient pas spontanément tuer son fils, à l'inverse de ce que lui demandait Hachem]

Selon cette explication, nous pouvons comprendre pourquoi le verset dit que : "Moïse leva la main".
Les membres de Moché voulaient faire spontanément la volonté de Hachem.
Ainsi, ses mains ne voulaient pas frapper le rocher, car cela n'était pas ce que voulait Hachem. C'est pourquoi le verset souligne que Moché a levé sa main = en d'autres termes, il a dû aller contre la volonté des organes et lever ses mains, afin de ne pas faire la volonté Divine.

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-> Le Méam Loez ('Houkat 20,11) enseigne :
Selon une opinion, [lorsque Moché frappa le rocher pour la première fois,] seules quelques gouttes d'eau s'écoulèrent lentement.
Les israélites le grondèrent : "Fils d'Amram! L'eau que tu fais sortir suffit pour des enfants à peine sevrés".
Ainsi, Moché frappa une 2e fois et l'eau jaillit avec tant de force qu'elle noya tous les railleurs qui l'avaient ridiculisé. Ils périrent car ils n'étaient pas dignes de boire cette eau.
Cet épisode est mentionné dans le verset : "Certes, il a frappé le rocher et de l'eau en a coulé ; des torrents en ont jailli" (Téhilim 78,20).

L'eau jaillit non seulement du rocher que Moché avait frappé mais de toutes les roches du désert.
D. accomplit ce miracle afin que les Bné Israël ne puissent prétendre que ce rocher-là avait la capacité de fournir de l'eau et aucun autre.
Le verset dit : "Il fendit des rochers [et non un rocher] dans le désert et abreuva le peuple comme des abîmes profonds" (Téhilim 78,15).
[...]
Nos Sages disent que le Nom Divin était gravé sur le côté du bâton qui fendit la mer et assécha l'eau à l'ouverture de la mer Rouge. De l'autre côté, était gravé le Nom Divin propre à produire de l'eau.
Ainsi, lorsque Moché, en colère contres les israélites, frappe le rocher, il abattit son bâton du mauvais côté, ce qui l'empêcha de produire de l'eau.
La 2e fois, il frappa sur l'autre côté du bâton et l'eau se mit à couler.

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-> Le gaon Rabbi Sim’ha HaCohen Rappoport, s’appuyant sur l’enseignement du midrach (Chémot rabba 3) : "La Chékhina parlait par la gorge de Moché", s’interroge : Pourquoi Moché a-t-il été puni pour avoir dit : "Ecoutez, je vous prie, ô rebelles", puisque la Chékhina parlait par sa gorge et que lui-même ne disait rien?
La guémara (Pessa’him 66b) enseigne que "Quiconque se met en colère, si c’est un Prophète, sa Prophétie [la Chékhina] le quitte". Par conséquent, comme Moché s’était mis en colère, c’est lui-même, et non pas la Chékhina, qui disait : "Ecoutez je vous prie, ô rebelles", c’est pourquoi il a été puni.
[Migdanot Yaakov]

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-> "Tu abreuveras l'assemblée et leurs animaux" ('Houkat 20,8)

Le Sefer 'Hassidim commente ainsi :
Nos Sages disent que l'on doit donner à manger d'abord à ses animaux avant soi-même, comme il est dit : "Je donnerai de l'herbe dans ton champ pour ton animal, et tu mangeras", d'abord ''à ton animal'' et après ''tu mangeras''.
En revanche, en ce qui concerne le fait de boire, d'abord l'homme boira, et ensuite il donnera à boire à ses animaux. Comme il est dit : "Tu abreuveras l'assemblée", c'est-à-dire d'abord les hommes, "et leurs animaux", ensuite on donnera à boire aux animaux.