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"Il prit Kora'h, fils de Ytsar, fils de Kéhat, fils de Levi et Datan et Aviram ... Ils se rassemblèrent contre Moché et Aharon" (Kora'h 16,1-3)

-> L'auteur du "Adéret Eliyahou" rapporte au nom du Arizal une explication sur le verset suivant : "Si Cain doit être vengé 7 fois" (ki chiv'atayim youkam (יֻקַּם) Caïn - Béréchit 4,24).
Sache que les lettres du mot יֻקַּם (youkam - vengé) forment les acronymes de : Yitro (יתרו), Kora'h (קרח) et Egyptien (מצרי).
En effet, ces 3 personnages proviennent de la racine de Cain et sont une réincarnation de son âme. Ces 3 réincarnations vont achever leur réparation par l'intermédiaire de Moché qui était la réincarnation d'Hével.

=> Comment est-il possible qu'une âme se réincarne dans trois personnes différentes durant la même génération?

-> L'âme de Cain se divisait en 3 parties : le néfech, le roua'h et la néchama, et chacune d'entre elles s'est réincarnée dans les 3 personnages cités ci-dessus.

Le néfech, qui est la partie la moins élevée de l'âme du fait de son emprise plus importante de la souillure du serpent originel, s'est réincarnée dans l'Égyptien qui était un non juif malveillant où le mal dominait le bien au niveau du néfech.
Moché en tant que réincarnation d'Hével voulut réparer le néfech de Caïn son frère et libérer le bien qui était mélangé au mal de cet Égyptien. Ainsi, il ne le tua pas par l'épée mais en prononçant le Nom divin de 42 lettres afin d'élever les étincelles de sainteté qu'il contenait.

Le roua'h de Caïn se réincarna dans Kora'h, qui était le chef de la tribu de Lévi, et il se rebella malgré tout et suscita la dispute contre Moché.

Enfin, la néchama de Cain se réincarna dans Yitro le beau-père de Moché.
C'est la raison pour laquelle Moché épousa Tsipora sa fille afin de compléter la réparation de Cain, comme cela est expliqué dans le Zohar (tikouné Zohar 69).

Ainsi, une âme peut se réincarner dans plusieurs individus vivant à une même époque, qui devront chacun réparer une partie différente de cette dernière.

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+ "Il prit Kora'h, fils de Ytsar, fils de Kéhat, fils de Levi et Datan et Aviram ... Ils se rassemblèrent contre Moché et Aharon" (Kora'h 16,1-3)

-> Nos Sages (guémara Sanhédrin 109b) demandent ce que signifie l'expression : "Il prit"?
Rech Lakich enseigne qu'il "fit une mauvaise prise".

=> Quel est le secret de cet enseignement?

-> Rabbi 'Haïm Vital (chaar hapessoukim Kora'h) écrit au nom de son maître le Arizal :
Tu dois savoir que Moché contenait en lui la partie pure du néfech d'Hével, comme nous l'avons déjà expliqué.
Toute la génération du désert est comparable aux branches issues du tronc qu'incarnait Moché d'après le secret du verset : "Ce peuple parmi lequel je suis" (Béaaloté'ha 11,21) = tu dois également savoir que c'est la partie impure du roua'h de Caïn qui se réincarna dans Kora'h.

À présent, nous allons expliquer la dispute de Korah avec Moché sous un nouvel angle.
Sache que le néfech d'Hével incluait une multitude d'étincelles d'âme bonnes et mauvaises qui se sont mélangées. Les étincelles impures étaient au nombre de 308, tandis que les étincelles pures d'Hével étaient au nombre de 37, comme la valeur numérique de son nom.
En effet, il fut nommé Hével (הבל) au nom des étincelles d'âmes pures qu'il contenait.
Hével (הבל) ne répara que 37 étincelles de son âme sur les 345 qu'elle contenait car il contempla la Présence divine et sa vie fut écourtée.

Ainsi, lorsque tu soustrais la valeur numérique du nom de Hével (הבל) soit 37 à celle de Moché (משה) soit 345, tu obtiens le nom de Kora'h (קרח) soit 308.
Les 308 étincelles d'âme impures d'Hével se sont retrouvées essentiellement réincarnées dans le néfech de Kora'h, dont la valeur numérique de son nom est de 308.
Par contre Moché, qui était la réincarnation d'Hével, était parfaitement bon et sa réparation était complète, comme il est écrit : "La femme conçut et donna naissance à un fils. Elle le vit, il était bon" (Chémot 2,2). Ainsi, Moché avait la capacité de réparer les étincelles de l'âme de Kora'h.

Cependant, après s'être rebellé contre Moché, même la partie impure du roua'h de Caïn s'est attaché au roua'h de Kora'h. Il ajouta du mal au mal qu'il avait déjà en lui et ne put y faire face. Et c'est la raison pour laquelle il fut intégralement effacé du monde, corps et âme.

C'est le secret du début de notre verset : "Il fit une mauvaise prise". Qu'a-t-il pris?
Il prit le mauvais côté du roua'h de Caïn.

Ainsi, lorsque Kora'h vit que la partie négative du roua'h de Cain s'attacha à lui, il ne put se soumettre à Moché et s'insurgea contre lui.
Ainsi cette dispute (ma'hloket) prit racine de la toute première ma'hloket de l'humanité qui amena
le meurtre dans le monde.

-> Nous pouvons également ajouter un autre enseignement :
le nom de Kora'h (קרח) a la même valeur numérique que les termes צד רוח (tsad roua'h - le côté du roua'h) car il hérita seulement d'un seul côté de cette partie de l'âme qui est la partie impure de Cain, tandis que la partie pure se réincarna dans le prophète Chmouel, comme le rapporte le Ari Zal. (chaar haguilgoulim - hakdama 8).
[Tsor ha'Haïm - Kora'h]

"Ils sortirent des propos diffamatoires de la Terre" (Chéla'h Lé'ha 14,32)

-> Le Maguid Mécharim explique que les explorateurs avaient compris que Moché n'entrerait pas en personne en Terre Sainte, comme l’avaient prophétisé Eldad et Medad à la fin de la paracha précédente (Béaaloté'ha). Ils ont dit : Moché va mourir et ce sera Yéhochoua qui mènera le peuple en Terre Sainte.
Pour prolonger la vie de Moché, les explorateurs ont préféré médire sur la Terre Sainte et retarder ainsi leur entrée.

=> Selon cet avis, les explorateurs étaient mus par de bonnes intentions, mais si c’est ainsi, pourquoi ont-ils été punis si sévèrement?

-> En fait, un homme est tenu de suivre les commandements de Hachem, même si cela est en première analyse à son désavantage. L'homme placera sa confiance en Hachem qui saura « s’arranger » même de façon à défier la logique pour "arranger les choses".
Lorsque Hachem voit que l’on place toute sa confiance en Lui et que l’on suit ses commandements, sans tenir compte de notre désavantage pour favoriser Ses mitsvot, Il saura intervenir pour ne pas qu'on en sorte perdant. Calev et Yéhochoua , les deux explorateurs qui se sont distingués des autres explorateurs en ne dénigrant pas la Terre Sainte, ont finalement vécu 40 ans de plus avec Moché. Si les explorateurs avaient eu la même attitude que Calev et de Yéhochoua, Hachem aurait su trouver une autre solution pour laisser vivre Moché auprès d’eux.

L’homme doit savoir que Hachem est Tout-Puissant. Il dépasse les contradictions et les incompréhensions. L’homme doit suivre Ses commandements et accomplir les mitsvot, avec la confiance intègre que Hachem lui fera du Bien et qu'il ne pourra pas sortir perdant d'une mitsva. Alors Hachem lui montrera Sa Grandeur et Ses Merveilles et il verra de façon tout à fait inattendue, comment Il a fait tourner les événements à son avantage.
Cela aura pour effet final d’augmenter la émouna de l’homme envers Hachem.
Rappelons-nous qu'un homme ne perd jamais en restant fidèle à Hachem. Il lui faut renforcer sa confiance en Lui et se conformer à Sa Volonté. Hachem saura faire le reste.
[Mé haChiloa'h]

"Une femme qui s'écarte" (ki tichté ichto - Nasso 5,12)

La Torah utilise ici le terme "tichté" (תִשְׂטֶה - qui s'écarte), évoquant la folie (שטות - chetout), pour enseigner qu'un homme ne peut commettre de faute, que si un esprit de folie s'est emparé de lui.
["Un homme ne peut fauter que si un esprit de folie pénètre en lui" (guémara Sotah 3a) ]
Un homme pleinement conscient de l'impact de ses actes, ne pourrait commettre la moindre faute.

=> Mais pourquoi la Torah a t-elle choisi la situation de la femme "sota" qui se dévie de son mari afin de donner cette leçon, commune à toutes les fautes?

En fait, la Torah veut nous apprendre que la relation entre Hachem et son peuple est similaire à celle d'un homme et son épouse. Hachem a pris le peuple juif pour épouse, si on peut ainsi dire. Il lui a donné Sa Torah et les mitsvot, qui sont les moyens pour Israël de Lui rester fidèle.
Par chaque faute commise, il trahit Hachem, à l'image d'une femme qui trahit son mari en se rapprochant d'un autre homme. Tous les plaisirs interdits par la Torah sont en fait assimilés au plaisir que cette femme adultère pense trouver chez un autre homme.
Bien entendu, ce plaisir ne peut être vraiment épanouissant. Au contraire, il finit par causer de l'amertume et des conséquences dommageables.

[Likouté Si'hot]

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-> La guémara (Sota 3a) déclare : "Une personne ne commet une transgression que si l’esprit de folie (roua'h chetout - רוח שטות) s’empare d’elle», et le texte cité pour l’appuyer est une phrase de notre paracha : "Si une épouse se détourne (Tisté - תשטה) de son mari et lui devient infidèle" (Nasso 5,12). [Chetout et Tisté dérivent de la même racine]
Ainsi, Rachi rapportant cet enseignement talmudique, cite le verset du roi Salomon : "Commettre un adultère, c’est être insensé, qui veut se perdre agit ainsi" (Michlé 6,32).

=> Quel rapport y a-t-il entre la faute en général et la femme Sota (l’épouse soupçonnée d’adultère)? Pourquoi l’adultère est-il de toutes les transgressions, celle qui montre que le péché est toujours irrationnel et absurde.

La réponse est que l’adultère est le prototype même de toute transgression.
En effet, le péché d’adultère dans la loi juive s’applique, bien entendu, seulement si la femme en question est mariée, d’où la phrase : "Si une épouse se détourne de son mari».
Or, le peuple juif dans son ensemble est considéré comme l’épouse de D. En effet, le lien forgé entre eux au Mont Sinaï était semblable à celui d’un mariage.
Plus précisément, le Kli Yakar, au début de la Paracha de Bamidbar, nous explique que les fiançailles entre Hachem et Israël (et donc chaque juif individuellement) eurent lieu lors de au don de la Torah, tandis que le Mariage proprement dit a été célébré lors de l’édification du Michkan.

Ainsi, chaque fois qu’un juif commet une faute, si légère soit-elle, il trahit l’Alliance, "le contrat matrimonial", entre lui-même et Hachem. Il est coupable d’adultère spirituel, d’infidélité envers son partenaire Divin.
Tel est donc le rapport entre notre verset sur la femme Sota et l’enseignement de la guémara sur la folie de la faute.

=> Pourquoi un péché, même insignifiant, est-il "folie"?
Parce qu’il provoque une rupture du lien entre l’homme et D., inacceptable du point de vue de la raison.

=> Et pourquoi la faute provoque-t-elle une telle rupture?
Car lorsqu’un juif commet une transgression même légère, c’est un geste d’infidélité et une trahison envers le Mariage contracté au mont Sinaï.
Aucun juif ne désire cette infidélité qui crée une "rupture" avec son Créateur. Si un tel fait insensé est possible, c’est parce que l’homme succombe malheureusement aux aspirations de son yétser ara dont le nom שטן (Satan) s’apparente à celui de שטות (chtout - folie).

La phrase "Si une épouse se détourne de son mari" ne s’applique pas à la femme convaincue d’adultère, mais seulement à celle soupçonnée d’adultère. Ainsi, cette accusation est-elle de courte durée.
En effet, si, après que le nécessaire a été fait pour déterminer si le soupçon est fondé, l’épouse est déclarée innocente, non seulement elle est lavée de toute souillure, mais aussi retourne à son mari et connait la bénédiction.
Cet espoir concerne aussi l’homme qui a fauté. Il ne doit pas tomber dans le désespoir mais au contraire, il doit se souvenir qu’il peut toujours se rapprocher à nouveau du Créateur. Quand il fera téchouva et retrouvera la pureté de l’innocence, il s’efforcera de se rapprocher véritablement de Lui (Hachem), jusqu’à ce que "mari et femme soient unis", et que la présence du Divin soit révélée en son âme. [et à l'image de la femme Sota, il bénéficiera de la bénédiction Divine (d'une certaine façon, c'est la joie de papa Hachem de nous voir revenir près de Lui, de renouer nos liens d'amour/proximité par la téchouva)]
Telle est la délivrance personnelle, prélude à la Délivrance collective.
[Collel de Sarcelles - feuillet de la communauté 5783]

"Après la mort des deux enfants de Aharon" (A'haré mot 16,1)

=> Pourquoi le verset dit-il : "Après la mort des deux enfants de Aharon"? On sait bien que seuls deux de ses enfants sont morts. Le verset aurait donc dû dire : "Après la mort des enfants de Aharon"!

-> Le Zohar explique que l'âme de Nadav et Avihou ont obtenu leur réparation au moment où Pin'has a tué Zimri, qui s'adonnait à la débauche avec Kozbi Bat Tsour, une princesse de Midyan (voir fin de Parachat Balak).
Au moment où Pin'has les tua, il fut pris d'effroi, craignant que Zimri ne le mette à mort. Alors, son âme quitta son corps, du fait de cette peur. Et ce sont les âmes de Nadav et Avihou qui s'unirent pour ne former qu'une, qui s'introduisirent dans le corps de Pin'has pour lui redonner vie. C'est à partir de là que Pin'has devint Cohen et devint l'ange de l'alliance, que l'on connaît aussi sous le nom de Eliyahou hanNavi.

C'est ainsi que le verset dit : "Après la mort des deux enfants de Aharon", car ils moururent en tant que deux enfants d'Aharon. Mais par la suite, leurs âmes se réunirent en une seule âme pour devenir l'âme de Pin'has. Ainsi, certes, en tant que deux âmes, ils moururent, mais pas en tant qu'une.
Cela fait allusion au fait que ces deux âmes seront appelées à s'unir. Et alors, elles reviendront dans le corps de Pin'has pour lui donner vie. [Maguid Mécharim]

Pour faire allusion au fait que cette réparation des âmes de Nadav et Avihou en Pin'has se réalisera au moment où Zimri se débauchera avec une femme impie Midyanite, c'est pourquoi, la paracha précédente (Métsora) s'achève par les mots : "Et pour un homme qui s'accouple avec une femme impure".
Puis, la Torah enchaîne avec notre verset : "Après la mort des deux enfants d'Aharon". Allusion au fait que leurs âmes seront réparées lorsque Zimri se débauchera avec une femme impure, Kozbi Bat Tsour. Lorsque alors, Pin'has les mettra à mort, il recevra les âmes de Nadav et Avihou, ce qui sera pour eux une réparation.
[Zer Zahav]

"Maintenant donc, de grâce, que la puissance de Hachem se déploie, comme Tu l’as déclaré en disant … Oh! Pardonne le crime de ce peuple selon Ta clémence infinie … Hachem répondit : Je pardonne, selon ta demande" (Chéla'h Lé'ha 14,17-20)

-> Le Ohr ha’haïm enseigne :
Lorsqu’un verset s’ouvre par le terme véata (maintenant donc), cela se réfère au repentir des réchaïm, qui entraîne une sanctification du Nom divin dans le monde. En effet, quand les ¨réchaïm se rebellent contre Hachem, puis se repentent et améliorent leur conduite, le pouvoir du mal se trouve annihilé et, simultanément, celui de la sainteté se renforce dans le monde.

C’est pourquoi nos Sages (guémara Béra'hot 34b) affirment : "Là où les repentis se tiennent, les justes parfaits ne peuvent se tenir". Car, les repentis ont le mérite de sanctifier le Nom divin à un niveau supérieur à tous.

Dans notre verset, en employant le terme véata, Moché demande à Hachem d’accepter le repentir des enfants d’Israël et de leur pardonner leur péché, car, par ce biais, Sa puissance se trouvera amplifiée et Son Nom glorifié, comme le souligne la suite des versets précités : "Mais aussi vrai que Je suis vivant et que la majesté de Hachem remplit toute la terre".

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-> Le Rambam (Hilkhot Téchouva 7,7) de dire :
"Quelle est formidable/merveilleuse la téchouva!
Un jour, une personne peut être séparée de D., et le jour d'après, elle peut être attachée à la présence divine."

-> Le Rambam de nous dire aussi (Hilkhot Téchouva 7,4) :
"Une personne qui a fait téchouva est aimée et chérie par D., comme si elle n'avait rien transgressé".

=> Quelque soit les fautes que nous avons pu faire, la téchouva nous permet non seulement de sanctifier le Nom Divin, mais également d'être aimé et adoré par Hachem.
[c'est renforcer la sainteté et la présence Divine dans le monde]

L’impact de penser à Hachem pendant notre travail, nos affaires

+ L'impact de penser à Hachem pendant notre travail, nos affaires :

"Parle aux enfants d’Israël, et qu’ils prennent pour Moi un prélèvement" (Térouma 25,2)

-> Le séfer Divré Israël explique le verset en citant le midrach (Yalkout Téhilim - remez 649) sur le verset : "Mon cœur est rempli de bonnes choses" (ra'hach libi davar tov - Téhilim 45,2).
Le midrash explique que lorsque le sol s'est ouvert pour engloutir les enfants de Kora'h, ils n'ont pas eu le temps de prononcer ces mots avec leurs lèvres, alors ils ont dit dans leur cœur : "Mon cœur est rempli de bonnes choses".

Le Divré Israël dit que quiconque est engagé dans les affaires ou travaille pour gagner sa vie peut en tirer une leçon importante. Même si elle est occupée et n'a pas le temps d'étudier ou de prier avec ses lèvres, elle doit donner son cœur à Hachem et penser à Le servir.

C'est ce que suggère le verset "Prends pour Moi une offrande (prélèvement)", que Rachi explique comme signifiant que l'on doit prendre une offrande de son argent.
Cela peut être compris comme signifiant que l'on doit donner son travail en offrande à Hachem. Quelle partie du travail d'une personne peut-elle donner à Hachem?
Le verset poursuit : "de chaque homme qui a la générosité du cœur" = il peut donner son cœur à Hachem. Même lorsqu'il est occupé à travailler, il peut se connecter à Hachem avec son cœur.

Le Divré Israël ajoute que cela explique pourquoi ce type de service d'Hachem est appelé "térouma". En ce qui concerne la mitsva de la térouma, la règle est que l'on peut s'en séparer uniquement par la pensée, sans dire un mot (guémara Guittin 31a).
De même, on peut servir Hachem par la pensée. Même lorsqu'on est au milieu de son travail et qu'on ne peut prononcer aucun mot, on peut faire une "offrande à Hachem" par les pensées de son cœur.

... Si, même pendant le travail, les pensées et les considérations d'une personne sont orientées vers le service d'Hachem, le travail sera considéré comme une offrande à Hachem.
[notre travail peut facilement renforcer notre "égo" (ex: c'est grâce à MOI, mes qualités, que j'ai la parnassa), mais on doit plutôt utiliser cette obligation d'hichtadlout comme une occasion de renforcer notre lien avec Hachem. ]

Lorsqu'une personne mène ses affaires de cette manière, tout son travail sera béni avec succès. C'est ce qui ressort également du verset : "Et voici l'offrande (térouma) que vous prendrez de vous-mêmes : de l'argent, de l'or et du cuivre" (Térouma 25,3).
Cela peut être expliqué comme signifiant que lorsque quelqu'un pense à Hachem pendant son travail et, de cette façon, Lui fait une offrande, il recevra "de l'or, de l'argent et du cuivre", ce qui signifie qu'il verra beaucoup de succès dans ses affaires parce qu'Hachem sera avec lui.

De cette manière, nous pouvons également expliquer le verset : "Les choses cachées sont pour Hachem, notre D., et les choses révélées sont pour toi et tes fils, à jamais" (Nitsavim 29,28).
Les "choses cachées" (anistarot l'Hachem) font référence au cœur et à l'esprit, qui sont les organes du corps que l'on ne peut pas voir avec les yeux.
Les "choses révélées" (aniglot) font référence aux parties du corps qui peuvent être vues.
Ainsi, le verset dit que le cœur et l'esprit sont "à Hachem", ce qui signifie qu'ils doivent être consacrés à Hachem, même lorsque les parties "révélées" du corps sont "à vous et à vos enfants", c'est-à-dire même lorsqu'ils sont occupés à travailler pour subvenir aux besoins de la famille.
Cela créera des bénédictions qui dureront éternellement.

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=> "qu’ils prennent pour Moi un prélèvement" = simplement en offrant des pensées à Hachem, on peut obtenir de la réussite, et pleins de belles choses.

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+ Lorsque l'on reconnaît Hachem dans nos actions quotidiennes, on lui fait un don :

"Parle aux enfants d’Israël, et qu’ils prennent pour Moi un prélèvement" (Térouma 25,2)

-> Rachi commente : "Pour moi, à mon intention. Qu’ils la prélèvent pour moi sur leurs biens à titre d’hommage spontané."

-> Le séfer Tiféret Shmouel explique au nom du rabbi d'Amshinover (le fils du rabbi de Vork) que si une personne est engagée dans les affaires et travaille pour gagner sa vie, et au milieu de sa journée de travail, s'arrête pour passer du temps à servir Hachem, on considère qu'elle a donné de l'argent comme un don à Hachem.

Le Tiféret Shmouel ajoute que si un travailleur attribue tout son succès à Hachem et reconnaît qu'Il est la source de sa subsistance, il est considéré comme s'il Lui faisait un don.

"Envoie pour toi des hommes" (Chéla'h Lé'ha 13,12)

-> Dans la paracha Lé'h Lé'ha, Rachi dit sur le mot léha : "Pour ta satisfaction et pour ton bien".
D’après cela, il faut comprendre quel avantage pouvait trouver Moché dans la faute des explorateurs.
S’ils n’avaient pas été envoyés pour explorer le pays, les bnei Israël seraient immédiatement rentrés en terre d'Israël, et Moché aurait dû mourir comme il avait été décrété pour lui.
Comme ils ont été envoyés et que les bnei Israël ont péché en acceptant leurs paroles, ils sont restés quarante ans dans le désert.
Par conséquent la mission des explorateurs était en fin de compte « pour la satisfaction et pour le bien » de Moché.
[Mochav Zékénim]

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-> Le rav David Pinto écrit :
Ils demandent à Moché d’envoyer des explorateurs en terre d'Israël pour observer ce qui s’y passe, afin de pouvoir se préparer à la conquête. Mais Hachem n’était pas satisfait de cette mesure, et a dit à Moché : "Envoie pour toi des hommes qui parcourront le pays de Canaan".
Envoie pour toi, si c’est ton avis. Moi, Je ne te l’ordonne pas. Si tu veux, envoie-les!
Ce qui signifie : Moi, Hachem, Je sais que le pays est bon, et que les bnei Israël pourront y entrer et s’y installer sans aucun problème. Mais si vous, les bnei Israël, vous voulez envoyer des explorateurs pour examiner le pays, envoyez-les donc pour vous-mêmes. Pas pour Moi.

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-> "Envoie pour toi des hommes" (Chéla'h Lé'ha 13,2)

,-> Quand on envoie des gens pour remplir une mission, ce qui assure la réussite de la mission, c'est quand ces messagers s'investissent intégralement dans leur objectif.
Mais s'ils y mêlent des intérêts personnels, cela compromettra la réussite de leur mission, car ils seront orientés à trouver leurs intérêts.
Cela est en allusion dans ce verset : "Envoie pour toi des hommes" = pour que la mission réussisse il faut ''renvoyer'' les intérêts ''humains'' de l'affaire.
"Envoie", c'est à dire ''renvoie'', "des hommes", c'est-à-dire les intérêts d'hommes qui peuvent se mêler. La seule intention qu'ils doivent avoir, c'est de remplir la mission pour laquelle tu les mandates. Leur seule pensée doit être "pour toi", pour réaliser ''ta volonté''.
C'est seulement quand l'approche est pleinement désintéressée que la mission réussira à coup sûr.
[rabbi Henékh Alexander]

"Ne hais point ton frère en ton cœur" (Kédochim 19,17), cela signifie, "ne rejette pas l'entière responsabilité sur ton prochain, partage-la avec lui et repens-toi de cette faute : ceci l'incitera à faire de même.
[Sfat Émet - Kédochim 5643 ]

"Yaakov demeura dans le pays des pérégrinations de son père, dans le pays de Canaan. Voici l'histoire de la descendance de Yaakov. Yossef ..." (Vayéchev 37,1-2)

-> Lorsque Adam HaRishon a transgressé le commandement d'Hachem et a mangé du fruit de l’Arbre de la Connaissance, cela équivalait à commettre de l’idolâtrie, un meurtre et des relations illicites.
Des années plus tard, Avraham, Its'hak et Yaakov ont réparé le mal causé par Adam HaRishon.
Avraham a réparé le péché d’idolâtrie lorsqu’il a été jeté dans la fournaise à Our Kasdim.
Its'hak a réparé le péché de meurtre lorsqu’il a été offert en sacrifice sur l’autel, et Yaakov a réparé le péché de relations illicites.
Cependant, nous ne voyons pas que Yaakov ait effectué cette réparation en public, comme ce fut le cas pour Avraham et Its'hak : Avraham a été jeté dans la fournaise pour s’être opposé à l’idolâtrie, et Its'hak a tendu son cou sur l’autel pour l’honneur d'Hachem.
Mais en ce qui concerne Yaakov, on ne trouve nulle part qu’il ait été confronté à une telle épreuve publique concernant des relations illicites.

Cependant, le Zohar (Vol.I, 100a) dit que Yaakov et Yossef sont considérés comme un seul et même corps : Yaakov est évoqué dans le corps et Yossef est évoqué dans la brit.
Ainsi, lorsque Yossef fut tenté par des relations illicites et résista à une épreuve extrêmement difficile, cela est considéré comme si Yaakov avait rectifié cette faute.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Vayéchev 37,1-2 ]

"Et le 8e jour, il prendra 2 moutons sans défauts" (Métsora 14,10)

-> La purification du métsora se fait en 3 étapes :
1°/ en dehors du camp, avec 2 oiseaux (v.4 à 7).
Ce n'est pas un sacrifice, il reste toujours impur, mais cela lui permet d'entrer à nouveau dans le camp des juifs, et il ne rend plus impur le contenu d'une maison par sa simple présence (mais par contact).

2°/ le Cohen doit raser tous les poils qui poussent sur le corps du métsora (Rambam - Hilkhot Toumat Tsaraat 11,1), puis il s’immergera dans l'eau.
Il résidera ensuite en dehors de sa tente pendant 7 jours, et le 7e jours il se rasera de nouveau tous les poils, se trempera dans l'eau, et ensuite il deviendra pur. (v.8 et 9).

3°/ la dernière étape = il apportera et offrira des offrandes (korbanot) (v.10 à 20)
C'est le contexte du verset ci-dessus, où le métsora a fait téchouva, et finalise la fin du processus de purification.

-> La guémara (Sotah 15a) explique que le métsora obtient l'expiation de sa faute par les plaies (négaïm) de la lèpre (tsaraat), et qu'il amène l'offrande afin de pouvoir manger ensuite de ce korban.
Rachi commente que la douleur et la honte qui ont fait souffrir le métsora, lui permettent de d'obtenir une bonne expiation.

-> Pourtant, la michna (Shékalim 5,4) rapporte que lorsqu'un métsora devait acheter l'huile et le vin pour son offrande (korban), il obtenait un reçu.
Ensuite, il présentait ce reçu au magasin qui distribuait l'huile et le vin pour le Temple, et il y recevait sa part.
Sur ce reçu du métsora, il était écrit : "choté" (fauteur), et également le nombre exact de portions d'huile requise pour ses korbanot.

=> Pourquoi était-il écrit publiquement qu'il était un fauteur, alors qu'il avait déjà obtenu l'expiation de sa faute par les plaies de lèpre? N'est-ce pas un peu difficile comme façon de procéder?

-> Le Steïpler répond en citant l'opinion de rav Eliézer (dans la guémara Yérouchalmi Yoma), qui affirme qu'une personne ne reproduit pas une faute entre 2 Yom Kippour, devra quand même avouer sa faute le Yom Kippour suivant.
Cela se base sur : "Mon péché est sans cesse devant moi" ('hatati négdi tamid - Téhilim 51,5).

Bien qu'on est fauté, qu'on se soit repenti et que Hachem nous a pardonné, le fauteur ne doit jamais oublier qu'il a commis une faute. Cette réflexion le gardera humble et lui permettra de se rappeler des bontés et de la miséricorde Divine.

De même, le métsora, même après avoir été totalement guéri, il devra regarder ce reçu annoté de : "choté" (fauteur), et de cette façon, humblement il mettra en pratique le verset : "Mon péché est sans cesse devant moi".

[Au-delà d'appréhender la valeur folle de la téchouva, on a tendance à oublier l'énorme bonté que nous fait Hachem en nous permettant aussi "facilement" (par quelques mots prononcés) de nous débarrasser des conséquences gravissime de nos fautes (ex: au lieu de mourir sur le champ (selon la justice stricte).

Au-delà de l'humilité (j'ai fauté, donc je suis pas si parfait que je me le persuade!), en se rappelant d'une faute pardonnée, on développe de l'amour et de la reconnaissance envers Hachem, et cela nous pousse à encore mieux agir (être à la hauteur de cet amour infini!).
De plus, il est normal qu'un humain tombe, et de même que D. m'a pardonné, de même il me pardonnera, ce qui doit nous pousser de l'avant, et restait le moins possible à terre dans la tristesse, d'être tombé dans une faute. ]