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[Au sujet de la robe du Ephod : ] "Son ouverture au sommet (pi rocho) sera tournée vers l'intérieur ; son ouverture sera entourée d'une bordure" (Tétsavé 28,32)

-> Le Divré Israël dit que les mots "son ouverture au sommet sera tournée vers l'intérieur" (véaya pi rocho béto'ho) font allusion à la leçon selon laquelle il ne faut pas "penser une chose dans son cœur et en dire une autre de sa bouche", c'est-à-dire qu'une personne ne doit pas être hypocrite.

Le verset dit que la bouche d'une personne (son "ouverture au sommet" - pi rocho = bouche de sa tête) doit être tournée vers l'intérieur, ce qui signifie qu'elle doit être la même que son cœur.

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-> Le Divré Israël propose également une autre explication. Il dit que le verset fait allusion au rôle des dirigeants de la Torah qui guident le peuple juif et explique que leurs paroles émanent de leurs cœurs et qu'ils s'incluent eux-mêmes parmi tous les gens.

Les séfarim Hakedochim (voir Noam Elimélé'h - parchat Emor) expliquent le pasuk "reprends ton prochain" (okhéa'h tokhia'h ét aité'ha - Kédochim 19,17), comme signifiant "avec ton peuple" (amité'ha).
En d'autres termes, lorsque les dirigeants réprimandent le peuple, ils doivent également s'inclure eux-mêmes.

En conséquence, ce verset dit que les têtes des dirigeants (rocho) doivent être "tournées vers l'intérieur" (béto'ho). Lorsqu'ils dirigent le peuple et lui parlent, ils doivent également s'inclure eux-mêmes et se parler à eux-mêmes.

"[Le manteau du Cohen gadol] aura une ouverture pour la tête au centre, et cette ouverture sera garnie, tout autour, d'une bordure tissée semblable à celle d'une cotte de maille" (Tétsavé 28,32)
Rabbi Bounim de Pechis'ha en déduisait que chaque juif a le devoir de mettre une bordure à sa bouche pour l'empêcher de prononcer toute parole interdite.
Il ajoutait que la michna (Tamid 1,1) dit que, dans les tunnels creusés sous le mont du Temple, il y avait des toilettes utilisées par les Cohanim qui s'appelaient "les toilettes d'honneur".
Quel était leur honneur?
Elles avaient un verrou : "si on les trouvait verrouillées, on savait qu'il y avait un homme dedans ; si elles étaient ouvertes, on savait qu'il n'y avait pas d'homme dedans".
L'homme est évalué par sa bouche.
Si sa bouche est 'verrouillée', s'il sait garder sa bouche et ne dit pas de propos interdits, c'est le signe qu'il y a un homme en lui.
Mais si la bouche est ouverte et que les mots s'en échappent sans aucun frein, on sait qu'il n'y a pas d'homme en lui ...

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"Tu feras une bordure inférieur de grenades en laine ... tout autour de sa bordure inférieure et des clochettes d'or entre elles" (Tétsavé 28,33)

-> Suspendues autour de la robe du Cohen Gadol, des petites boules en forme de grenade alternaient avec des clochettes d'or pourvues d'une pièce métallique à l'intérieure frappant la paroi.

Il y avait 72 clochettes et 72 grenades, une allusion aux 72 teintes de blanc susceptibles de révéler la tsaraat (selon Akav'ya ben Maalal'el - michna Négaïm 1,4).
En effet, comme la robe venait obtenir l'expiation pour la médisance, il convenait qu'elle rappelle la tsaraat (sorte de lèpre), maladie sanctionnant des propos de ce genre.
[Baal haTourim]

-> La guémara (Arakhin 16a) affirme que de même que ce manteau/robe du Cohen Gadol (le méil - מעיל) faisait du bruit, de même il permettait de faire expiation aux bruits produits par notre bouche dans la faute du lachon ara.

-> "Des clochettes d'or" : le mot "or" (zahav - זהר) possède 3 lettres, renvoyant aux 3 personnes impliquées dans du lachon ara.
Nos Sages (guémara Arakhin 15b) enseignent : "Prononcer de mauvaises paroles (lachon ara) est une faute très grave parce qu’elle tue 3 personnes : celui qui médit, celui qui écoute ces mauvaises paroles et celui dont on a médit."

[Le rav Mordé’haï Schwab dit que sans celui qui écoute, il n’y aurait pas de lachon hara, faisant que celui qui a commis la faute la plus grave est celui qui permet son existence (celui qui écoute).]

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-> "[D. dit à la langue : ] Je t'ai encerclée avec 2 murailles, l'une faite d'os [les dents] et la seconde de chair [les lèvres]" [destinées à empêcher la bouche de proférer des paroles malveillantes]
[midrach Yalkout Chimoni Vayikra 14]
[de même pour ce vêtement du Cohen Gadol (le Mé'il) : "l'ouverture à son sommet sera repliée à l'intérieur (allusion à la langue, replié derrière sa muraille de dents), son ouverture aura un ourlet tout autour en ouvrage tisserand, elle sera comme l'ouverture d'une cotte de mailles pour qu'elle ne se déchire pas (allusion aux lèves)" - v.28,32]

-> Selon le Alchikh haKadoch, les clochettes étaient composées d'un battant (un marteau intérieur) qui frappait leur contenant en forme de vase.
Ceci est à l'image de la langue, qui frappe et s'agite à l'intérieur de la bouche, et laisse échapper des sons à l'instar de ces cloches qui ornaient la robe.
Mais le bas de ce vêtement portait aussi des grenades, qui étaient semblables à des bouches closes dont ne s'échappe aucun son : le symbole du silence.
Il est écrit qu'il y avait alternativement une clochette et une grenade, mais qu'aux 2 extrémités il y avait une grenade (v.38,33). Cela nous indique qu'à chaque "parole", il convient d'imposer 2 "silences".

[les grenades en laine azur renvoient au Ciel, à la crainte d'Hachem. Elles vont limiter l'amplitude des mouvements des clochettes, à l'image de nos propos qui doivent être "calmés" par notre crainte d'Hachem (en fonction de la personne, du moment, ... tout ne doit pas être dit librement!). Entre ce que je souhaite dire, et ce que je peux dire, il existe un monde, mais c'est cela vivre en tant que juif!]

-> Le 'Hafets 'Haïm (Chmirat haLachon) enseigne qu'en quittant ce monde, l'homme sera confronté à toutes les paroles qu'il aura prononcées durant sa vie, comme le révèle le Zohar : "Pas un souffle qui s'échappe de la bouche de l'homme n'est perdu".

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-> Le 'Hafets 'Haïm (Chmirat haLachon 2,15) dit que les clochettes faisaient du bruit et symbolisent le fait de dire des mots de Torah, tandis que les grenades ne faisaient aucun bruit et représentaient l'importance de rester silencieux lorsque cela est nécessaire.

Pourquoi est-ce c'est tout particulièrement la grenade qui est utilisée pour illustrer cette idée?

Le rav Daniel Yéhouda Bloch (Yad Av) rapporte les paroles de nos Sages (guémara Béra'hot 57a) : "même le plus ignorant parmi vous [Israël], est rempli de mitsvot comme une grenade".
Le 'Hafets 'Haïm (Chmirat haLachon - Chaar haZé'hira 19) écrit que celui qui parle du lachon ara perd tous les mérites qu'il a pu accumuler, et ils sont alors transférés à la personne sur laquelle il a mal parlé.

=> La Torah utilise la grenade en allusion à l'importance de rester silencieux lorsque nécessaire, pour insinuer que seul celui qui se comporte ainsi va rester rempli de bonnes actions comme une grenade.

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-> Les Sages disent que le manteau, qui faisait entendre un bruit, expiait la faute du lachon hara, qui se manifeste par la voix.
Le gaon Hoenig de Breughel demande : s’il en est ainsi, pourquoi y a-t-il besoin des grenades qui assourdissent le bruit? Qu’il n’y ait que des clochettes.

Il répond que de même qu’il y a une faute de lachon hara qui se manifeste par la parole, il y a parfois une faute dans le silence. Quand quelqu’un a besoin d’un renseignement important pour le commerce ou des chidoukhim ou la Torah, ... qu’il est permis de donner et que c’est même une mitsva de donner pour que l’interlocuteur ne subisse aucun dommage, et qu’on se tait sous prétexte que "le lachon hara est interdit", cela aussi est une faute, et c’est cela que viennent expier les grenades qui étouffent le bruit.

[selon nos Sages de la même façon qu'on rendra des comptes sur le lachon ara qu'on aura pu dire, de la même façon on devra rendre des comptes sur les paroles qu'on aurait pu prononcer et que l'on a pas fait alors que cela aurait été tellement nécessaire à autrui (ex: mot d'encouragement, de valorisation, conseil, ...).]

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-> "Tu feras le Meil" (Tétsavé 28,31)

-> Le Meil était un des 8 habits du Cohen Gadol. Il avait la propriété de pardonner la faute de la médisance.

Le 'Hafets 'Haïm rapporte l'anecdote suivante pour éveiller les consciences face à la gravité de la médisance :
Un jour, un homme fourbe rencontra un voyageur de passage dans la ville. Il l'aborda et lui proposa de lui faire visiter la ville. Il lui dit: "puisque tu es mon invité, je t'invite au restaurant". Ils rentrèrent dans un prestigieux restaurant. Le fourbe encouragea son invité à se servir de toutes les douceurs qu'il souhaitait, sans se priver. Heureux, l'invité suivit son conseil. Vers la fin du repas, le fourbe s'éclipsa discrètement. Laissant le visiteur seul qui devait payer les deux repas .
Il en va de même pour la médisance : un homme rencontre une connaissance dans la rue. Il lui raconte des ragots sur les uns, sur les autres. Il est écouté avec intérêt et l''oreille complaisante trouve cela agréable. A son tour, le voilà à raconter ses anecdotes personnelles ...
Mais après la vie sur terre, au moment du Grand Jugement, il se retrouvera seul à devoir rendre des comptes pour ce plaisir insignifiant. Et comment pourra-t-on supporter la peine ressentie à ce moment là? Il vaudrait mieux réfléchir à deux fois, avant de s'engager dans une discussion de médisance. Cela pourra nous éviter de grands tourments au moment du Grand Jugement.

"Le clan de Kora'h plongeait et descendait [indéfiniment] en enfer jusqu'à ce que 'Hanna prie pour eux"
[guémara Yérouchalmi Sanhédrin 10,4]
Rabbi 'Haïm Kanievsky fait remarquer que des centaines d'années ont passé depuis l'époque de Kora'h et son clan jusqu'à 'Hanna.
Pendant tout ce temps, Kora'h et son clan se trouvaient en chute libre dans les profondeurs insondables de l'enfer.
Sans la prière de 'Hanna qui a arrêté leur chute, ils auraient continué à descendre encore plus bas ...
Cela nous apprend combien l'enfer est profond, et comment peut être redoutable le jugement céleste.

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-> De son côté, rabbi David Pinto (la voie à suivre n°1091) écrit :
"Nos Sages (guémara Baba Batra 74a) affirment que, dans les temps messianiques, Kora’h méritera la vie du monde futur.
A travers les dernières lettres du verset : "Le juste fleurit comme le palmier" (צַדִּיק כַּתָּמָר יִפְרָח - Téhilim 92,13), formant le nom de Kora’h, le Arizal voit une allusion au fait que Kora'h se repentit lors de ses derniers instants.
Nous pouvons expliquer que, de même que ses fils ne moururent pas parce qu’ils se repentirent, Kora’h fit lui aussi repentance de manière ultime. Il est possible qu’à l’instant même où la terre s’ouvrit pour l’engloutir, il éprouva des pensées de contrition, mais il était alors déjà trop tard.

On peut présumer que celles-ci lui vinrent grâce à ses enfants. En effet, nos Sages affirment (midrach Yalkout Chimoni, Kora’h 752) : "Par quel mérite les fils de Kora’h furent-ils épargnés? Alors qu’ils étaient assis chez leur père, ils aperçurent soudain Moché et cachèrent immédiatement leur visage dans le sol, se disant : “Si nous nous levons devant notre Moché rabénou, nous humilierons notre père, alors que nous avons l’ordre de le respecter. Et si nous ne nous levons pas, nous enfreindrons l’ordre de la Torah de se lever devant une tête blanche (Vayikra 19,32). Il vaut mieux que nous nous levions devant Moché, quitte à humilier notre père.” A ce moment, leur cœur les poussa à se repentir et le roi David leur attribua le verset “Mon cœur agite un beau dessein.” (Téhilim 45,2)."

D’après ce Midrach, il semble clair que, si Kora’h se repentit de manière ultime, c’est sous l’influence de ses fils qu’il vit hésiter concernant la manière de se comporter et, finalement, opter pour rendre honneur à Moché. Leur exemple s’ancra en lui et éveilla, ultimement, des pensées de repentir. Il désira également se repentir, gêné par le dérekh érets témoigné par ses enfants, mais il lui fut trop difficile de surmonter son penchant pour la recherche des honneurs et la fierté qui l’animait.

Ce n’est qu’au moment où il constata que son sort avait été scellé et que sa fin était imminente que ses sentiments de contrition prirent le dessus. Mais il était trop tard et il fut englouti par la terre, à cause de la grande profanation du Nom divin qu’il avait causée.

En outre, Moché avait décrété à son encontre que D. le frapperait d’une punition tout à fait nouvelle afin que tous constatent qu’il était bien Son élu et n’agissait pas de sa propre initiative, contrairement à ce que Kora’h avait tenté de leur faire croire. Le Créateur devait donc immédiatement lui attribuer cette sanction afin de bien mettre les choses au clair.
Toutefois, dans les temps futurs, Hachem acceptera son repentir et lui donnera droit au monde futur. ‘Hanna le prophétisa en disant : "Hachem fait mourir et vivre ; Il précipite au tombeau et en retire" (Chmouel I 2,6)."

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-> Rabbi David Pinto (la voie à suivre n°474) rapporte :
"Les kabbalistes ont écrit (voir les Likoutei Torah du Arizal sur la parachat Ki Tissa, et "Cha’ar HaPessoukim" sur Ye’hezkel 20) que dans l’avenir, Kora’h sera très important, et servira comme grand prêtre (Cohen Gadol) dans le 3e Temple.
Ils s’appuient sur le verset : "Le juste fleurira comme le palmier" (tsadik katamat yifra’h - Téhilim 92,13), dont les dernières lettres forment le mot Kora’h, ce qui nous enseigne que ce tsadik va encore fleurir comme le palmier."

"Effacer, j’effacerai (ma'ho, ém'hé) la trace d'Amalek de dessous les cieux" (Béchala'h 17,14)

-> La destruction d'Amalek n'entraînerait pas leur retour à Hachem. Par conséquent, ils seront également effacés et éradiqués du monde à Venir.
C'est pourquoi la Torah emploie un double verbe (ma'ho, ém'hé), indiquant qu'ils seront éradiqués à la fois de ce monde et du monde à Venir. (midrach Chémot rabba 27,6 ; Esther rabba 10,13)
Ce n'est pas le cas des autres nations. Lorsqu'elles sont détruites, D. est exalté et elles reçoivent donc une récompense en conséquence.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi ]

S’associer à Hachem

+ S'associer à Hachem :

"Dis aux Bné Israël qu’ils Me prennent une offrande (térouma) de la part de quiconque y sera porté par son cœur (yidvénou libo). Vous recevrez mon offrande" (Térouma 25,2)

-> Le rav Hirsch de Rimanov demande pourquoi le verset dit de dire au peuple juif de "prendre" des dons (vayik'hu li térouma), plutôt que de dire de "donner" des dons.
Il demande également ce que signifie le mot "li" (à Moi, Me). Rachi explique que cela signifie "li lichmi" (à Moi, pour Mon nom), ce qui signifie que les dons doivent être donnés léchem chamayim.
Si c'est le cas, demande le rav de Rimanov, pourquoi le verset lui-même ne dit-il pas simplement de prendre les dons "lichmi"?

Il répond en disant que lorsqu'un juif sert Hachem, il doit toujours garder à l'esprit qu'il ne le fait que pour Hachem, et non pour elle-même ou pour toute autre raison.
Ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne la mitsva de donner la tsédaka.

Lorsqu'une personne fait un don à une cause, il est naturel qu'elle veuille s'en attribuer le mérite et se féliciter. Il est très facile pour un donateur de devenir hautain, orgueilleux.
Pour contrer cela, la Torah donne un conseil. Elle dit qu'il faut faire le don "li" (vayik'hou li), ce qui peut se traduire par "avec moi".
Hachem veut dire qu'Il doit être inclus comme partenaire dans le don. Le donateur doit reconnaître que c'est Hachem qui lui a donné la possibilité de faire la tsédaka, car Il est la source de tout argent.
Le donateur lui-même ne donne rien en réalité. Il agit plutôt en tant que partenaire d'Hachem pour distribuer les fonds.

Si une personne vit dans l'esprit qu'Hachem est avec elle lorsqu'elle donne la tsédaka, elle ne deviendra pas orgueilleuse. Cette personne sera un "yidvénou libo", elle donnera avec générosité parce qu'elle sait qu'elle ne donne rien qui lui appartienne vraiment.
Le mot "yidvénou" (יִדְּבֶנּוּ) peut être lu comme "yad banou", sa main est dedans, ce qui indique que celui qui donne de cette façon aura une main assez forte pour faire ce que Hachem veut et pour recevoir tout ce dont il a besoin pour lui-même.
En conséquence, la personne qui donne la tsédaka "prend" en réalité pour elle-même, car elle mérite toutes les bonnes choses grâce à ses dons charitables.

"Les Bné Israël étaient armés lorsqu'ils sont sortis du pays d'Égypte" (Béchala'h 13,18)

-> Les juifs qui ont quitté l'Égypte se sont dirigés vers un désert sans provisions importantes, mais ils ont tout de même emporté des armes.
Étant donné que la seule nourriture dont ils disposaient était la petite quantité qu'ils portaient sur leurs épaules, ils comptaient manifestement sur les miracles d'Hachem pour assurer leur subsistance. Puisqu'ils savaient que toute leur existence serait surnaturelle, pourquoi ont-ils pris la peine d'emporter des armes? Ca toute guerre qu'ils mèneraient pourrait être gagnée par la main d'Hachem.

En emportant des armes, les juifs faisaient une déclaration :
Ils savaient que toute victoire qu'ils remporteraient serait aussi miraculeuse que le reste de leur survie dans le désert. Ils déclaraient que même s'ils utilisaient des armes, leur victoire se ferait par la main directe d'Hachem, tout comme s'ils avaient gagné sans lever l'épée. Ce n'est que parce qu'il est erroné de s'appuyer sur des miracles ouverts qu'ils ont emporté des armes.
Bien qu'ils aient apporté des armes, ils n'ont pas pris de provisions, car la nourriture ne durerait pas longtemps, et ils ont donc été obligés de compter sur les miracles ouverts d'Hachem pour leur subsistance.
[rav Moché Feinstein - Kol Ram]

Le mérite éternel de la Akéda

+++ Le mérite éternel de la Akéda :

"Aucune main ne la touchera, car il serait assurément lapidé, ou précipité [d'une hauteur] ; [que ce soit] une bête ou un homme, il ne vivra pas ; quand le chofar [fera entendre] un son prolongé, ils pourront monter sur la montagne" (Yitro 19,13)

-> Rachi explique que le shofar utilisé lorsque la Torah a été donnée était une corne du bélier qu'Avraham avait amené en sacrifice sur le mont Moriah (à la place d'Its'hak).

-> Le Maharal (Gour Aryé ; voir aussi Déré'h 'Haïm 5,6) fait le développement suivant :
Le bélier de la Akédat Its'hak n'existait plus lorsque la Torah a été donnée, il avait été complètement consumé lorsqu'il avait été apporté [par Avraham] sur l'autel en tant qu'offrande olah.
Cependant, le mérite du bélier subsistait. Parce qu'Avraham avait une foi inébranlable en Hachem, il était prêt à apporter son fils Its'hak en sacrifice, ses descendants ont été récompensés par des objets d'un autre monde, correspondant aux parties du corps du bélier.
En effet, le midrach (Pirké déRabbi Eliézer 31) affirme que rien de ce qui provient du "bélier créé au crépuscule " ne l'a été en vain. Les tendons ont été utilisés pour les 10 cordes de la harpe du roi David et la peau a été utilisée pour la ceinture de cuir d'Eliyahou haNavi. La corne gauche a été le shofar soufflé lorsque la Torah a été donnée, comme il est dit : "Et le son du shofar était très fort" (Yitro 19,19).
La corne droite sera utilisée comme shofar dans le futur (à l'époque de machia'h), comme l'indique la Torah : "Et ce jour-là, on soufflera dans un grand shofar" (Yéchayhou 27,13).
Ces objets d'un autre monde n'ont pas été prélevés sur le bélier qui a été élevé lors de la Akéda, mais leur existence est due à son mérite.

Il est également possible que le bélier qu'Avraham a apporté à l'Akéda ait continué d'exister après l'Akéda, bien qu'il ait été brûlé sur l'autel. Ce bélier n'était pas un bélier ordinaire, car il avait été créé au crépuscule du premier Shabbat (Pirké Avot 5,6). Il avait donc des propriétés surnaturelles et ne pouvait pas être consumé par un feu naturel.
La michna (Pirké Avot 5,8) précise : "Dix objets furent créés la veille du Shabbat [de la Création] au crépuscule. Ce sont : l’ouverture de la terre [qui engloutit Kora’h], l’ouverture du puits [qui abreuva les enfants d’Israël dans le désert], la bouche de l’ânesse [de Bilaam], l’arc-en-ciel [qui apparut après le Déluge], la manne, le bâton [de Moché], le vers du Chamir [qui permit de découper les pierres qui servirent à la construction du Temple], l’Écriture [la forme des lettres gravées sur les Tables de la Loi], l’Inscription [miraculeuse, sur les premières Tables de la Loi, qui pouvait être lue sur chacune de leurs faces] et les Tables de la Loi."
Ces objets n'ont pas été créés pendant les 6 jours de la création, car ils avaient des propriétés surnaturelles. Ils n'ont pu être créés qu'à un moment de sainteté, lorsque le monde était à la veille du Shabbath.

Les composants physiques/matériels du bélier apporté à la Akéda ont été consumés par le feu de l'Akéda. Cependant, les propriétés surnaturelles du bélier étaient immunisées contre le feu naturel et ont survécu après l'Akéda.
Ce sont ces composants surnaturels qui ont été utilisés comme shofar lorsque la Torah a été donnée au Sinaï.
De même, les tendons que le roi David a employé pour faire les cordes de la harpe qu'il a utilisée pour composer les Téhilim n'étaient pas de simples cordes naturelles, il s'agissait des tendons du bélier de l'Akéda qui avaient survécu au feu et possédaient des propriétés surnaturelles.
Il composait les Tehillim avec le ruach hakodesh (inspiration divine), et la harpe qu'il utilisait en était le reflet.
La ceinture de cuir d'Eliyahou était également plus qu'un simple accessoire vestimentaire, c'était un vêtement surnaturel, reflétant les qualités spirituelles uniques du prophète.
De même, le shofar qui sera utilisé par le machia'h sera d'une sainteté transcendante et sera dérivé de la corne du bélier de l'Akéda qui existera jusqu'à l'arrivée de machia'h.

La grandeur de chaque juif a contribué au fait de sortir d’Egypte

+ La grandeur de chaque juif a contribué au fait de sortir d'Egypte :

-> Une personne (juive) est tenue de dire : "Le monde a été créé pour moi" (michna Sanhédrin 4:5).
Et une seule personne peut faire pencher la balance du monde entier en faveur du mérite ...
Cette question a été établie lors de la sortie d'Égypte, car tous les miracles ont été accomplis pour chaque juif individuellement. Par conséquent, bien que le Korban Pessah soit un korban communautaire, chaque individu est tenu de consommer lui-même un kazayit, contrairement aux autres korbanot communautaires, collectifs, qui sont accomplis par un seul korban au nom de tout le peuple juif.
Cela nous enseigne que la sortie d'Égypte était [par le mérite, en l'honneur] de chaque individu. C'est le sens de "Et tu raconteras à tes fils ce jour-là, en disant : "C'est pour cela que Hachem a fait cela pour moi lorsque je suis sorti d'Égypte"" (Bo 13,8).
[rav Tsvi Elimélé'h de Dinov - Déré'h Pikoudé'ha - 'helek haMakhchava 6 ]

-> [Concernant le Korban Pessa'h, vos enfants vous demanderont : ] "ma aavoda azot la'hem" (qu'est-ce que ce travail pour vous [au pluriel] ?" (Bo 12,26).
Cela signifie : pourquoi un seul korban ne suffit-il pas pour rendre quitte toute la nation comme pour les autres interdictions?
Et vous répondrez : "C'est le sacrifice de Pessa'h" (Bo 12,27). C'est le sacrifice offert en commémoration du passage [d'Hachem] au-dessus [des maisons juives] ...
Par conséquent, chaque individu (juif) doit apporter un korban (sacrifice), car le miracle a été accompli pour chaque individu seul et non pour la communauté dans son ensemble.
[Sforno - Bo 12,26-27 ]

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-> En Egypte, Hachem n'a pas seulement posé son regard sur cette génération ; Il a posé son regard sur tout le peuple juif, les générations précédentes et suivantes, et les a tous fait sortir.
[Maharal - Guévourot Hachem - chap.52 ]

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-> La guémara ('Houlin 7a) rapporte que Rabbi Pin'has ben Yair a réussi à ouvrir le fleuve Ginaï. Cela soulève la question suivante : pourquoi la division de la mer Rouge a-t-elle été un miracle si important alors que Rabbi Pin'has ben Yair a facilement accompli la même chose plusieurs générations plus tard?

Le 'Hidouché HaRim répond qu'un tsadik se comporte au-dessus de la nature, et qu'un miracle qui défie la nature n'est donc pas aussi remarquable. Cependant, l'ouverture de la mer était un miracle accompli pour tous les membres du peuple juif, même ceux qui ne méritaient pas un tel miracle !
C'est ce qui rend la division de la mer si remarquable.

Le Béer Mayim 'Haïm (sur Béchala'h) dit que la mer a également s'est ouverte une deuxième en raison de deux individus : Datan et Aviram.
[même pour 2 racha comme eux, Hachem a quand même ouvert la mer, ce qui témoigne que chaque juif est important, aimé! ]
Le Beir Halévi précise que la signification de l'ouverture de la mer Rouge n'était pas seulement la division de la mer, mais plutôt les nombreux miracles qui l'accompagnaient : l'assèchement du fond marin, la formation de murs entre chaque tribu, ... qui témoignaient tous de l'amour de Hahem pour le peuple juif.

Les 3 Aronot

+++ Les 3 Aronot :

"Tu la (l'Arche [l'Aron] du Michkan) recouvriras d'or pur, à l'intérieur et à l'extérieur tu la recouvriras puis tu feras sur le haut une couronne d'or tout autour" (Térouma 25,11)

-> Rachi commente que Bétsalel a fabriqué 3 Aronot : 2 en or et un en bois, et que ce dernier a été placé à l'intérieur des autres.

-> Le Maharal (Gour Aryé) enseigne :
Les 3 Aronot symbolisent les 3 parties de la Torah : la Torah révélée et les deux catégories de Torah cachée. Une catégorie de Torah cachée est accessible aux érudits de la Torah après beaucoup d'efforts, tandis que la seconde catégorie est plus inaccessible et cachée à tous, même à Moché.

Les 3 Aronot correspondent à ces 3 niveaux de Torah.
L'Aron extérieur, visible par tous, correspond à la partie révélée de la Torah.
L'Aron intérieur, caché à la vue et visible uniquement de l'intérieur, correspond à la Torah cachée à l'œil mais accessible aux érudits de la Torah.
Enfin, l'Aron central, intercalé entre les 2 autres Aronot et complètement caché, correspond au 50e niveau de sagesse. Cette sagesse est hors de portée des plus grands érudits de la Torah.

La Torah comprend 50 niveaux de sagesse. 49 de ces niveaux sont à la portée de l'homme, mais le 50e niveau est hors de portée des êtres mortels.
Nos Sages (guémara Roch Hachana 21b) proclament : "50 portes de la compréhension ont été créées dans le monde, et toutes ont été données à Moché sur le Sinaï, à l'exception d'une seule".
Les 49 niveaux de sagesse (7 multipliés par 7) qui sont à notre portée correspondent aux 7 jours qu'il a fallu pour créer le monde naturel.
Le 50e niveau de sagesse est le 8e domaine qui se situe au-delà des 7 jours de la création. Il correspond donc au surnaturel et dépasse les mortels de ce monde.
Les 49 niveaux de sagesse qui sont dans notre sphère de compréhension relèvent des deux premières catégories de la Torah, qui nous sont accessibles dans ce monde.
Le 50e niveau de sagesse relève de la 3e catégorie de la Torah, inaccessible même aux plus grands érudits de la Torah.

Les 3 téroumot

+++ Les 3 téroumot :

"Parle aux Bné Israël et qu'ils prennent pour Moi un prélèvement (térouma), de tout homme que son coeur motivera vous prendrez Mon prélèvement" (Térouma 25,2)

-> Rachi, au nom des Sages, note que 3 téroumot sont mentionnés dans la Torah : la térouma d'une béka par tête qui était utilisé pour les piliers/socles d'argent (du Michkan - Pékoudé 38,26-27), une béka par tête déposé dans les troncs pour l’achat des sacrifices collectifs, et la térouma pour la construction du Michkan.

-> Le Maharal (Gour Aryé) enseigne :
Ces 3 téroumot sont allusion dans notre verset (25,2), car ils expient tous les trois la faute du Veau d'or.
Le Veau d'or englobait les 3 composantes principales de l'être humain : l'âme, le corps et les biens matériels. (Les biens font partie intégrante de la personne puisqu'ils lui permettent de subvenir à ses besoins). Ainsi, les trois téroumot expient ces trois composantes de la faute.

Le Veau d'or a commencé par une faute de l'âme : la croyance hérétique que le Veau était une puissance indépendante.
Il s'est poursuivi par une faute de leurs possessions matérielles, lorsqu'ils ont collecté l'or de la nation pour le fabriquer.
Enfin, ils ont péché avec leur corps lorsqu'ils ont fait un effort physique pour apporter des sacrifices au Veau.

Chacune des 3 téroumot expie l'un de ces composants.
Le demi-shekel donné pour l'achat des sacrifices publics expiait leur croyance hérétique dans le Veau en tant que puissance indépendante. La Torah précise que les sacrifices publics sont une "expiation pour l'âme", c'est-à-dire qu'ils expient les croyances hérétiques, qui sont des fautes de l'âme.
La contribution d'un demi-shekel pour l'achat des piliers, qui soutenaient le Michkan, expiait la faute du corps, c'est-à-dire l'effort physique nécessaire pour apporter les sacrifices au Veau. En effet, les piliers servaient de base au Michkan, de la même manière que le corps sert de contenant à l'âme.
Seule la moitié d'un shekel a été donnée parce que le corps et l'âme sont les deux moitiés d'un tout, l'un ne pouvant exister sans l'autre. En effet, le corps et l'âme ont chacun la moitié de la responsabilité des fautesd'une personne et, par conséquent, une moitié de pièce expie pour chacun d'eux.

Un demi-shekel est égal à 10 guéra (une petite pièce de monnaie), ce qui correspond aux 10 composantes physiques/matérielles et spirituelles d'une personne.
Nos Sages (guémara Nidda 31a) racontent qu'il y a trois partenaires dans la formation d'une personne : Hachem, le père et la mère. Le père apporte à l'enfant les nerfs, les ongles, la cervelle et le blanc de l'œil, et la mère émet une graine rouge à partir de laquelle est formée la peau, la chair, le sang, les cheveux et le noir de l'œil.
Les 10 guéra données pour les piliers du Michkan expient ces 10 composantes physiques.

Une personne est également constituée de 10 composantes spirituelles qu'elle reçoit directement d'Hachem. [selon cette même guémara, il s'agit de l'esprit, de l'âme (néchama), des caractéristiques faciales, de l'ouïe, de la vue, de la parole, de la capacité à marcher, de la connaissance (dea), de la compréhension (bina) et de la capacité intellectuelle (haskel). ]
Les 10 guéra données pour l'achat des sacrifices publics expient ces 10 composantes spirituelles.

La 3e térouma mentionnée est l'argent que la nation a contribué à la construction du Michkan. Elle expie la 3e composante de la faute : leur contribution financière à la fabrication du Veau.
Cette térouma était volontaire, mais pas dans le sens où l'on pouvait choisir de ne pas donner du tout, après tout, cette expiation n'était pas moins importante que les autres expiations. Elle était plutôt volontaire dans le sens où chaque personne pouvait donner le montant de son choix pour tenir compte de la disparité des richesses parmi le peuple.
Les riches ne parvenaient à l'expiation qu'en contribuant davantage au Michkan, car il était important que leur sacrifice financier soit égal à celui de leurs frères appauvris.
Néanmoins, la Torah n'a pas imposé un pourcentage fixe de la richesse de chacun, mais plutôt que chacun donne selon la générosité de son cœur. En effet, une personne riche et frugale qui n'est pas satisfaite de son sort est considérée comme un pauvre, comme l'indique la Michna (Pirké Avot 4,1) : "Qui est riche? Celui qui est heureux de son sort".
Ainsi, une petite contribution de la part d'un avare est un sacrifice monétaire important et lui apporte l'expiation.
Inversement, un pauvre heureux de son sort est considéré comme riche et doit donner un plus grand pourcentage de sa richesse pour obtenir l'expiation.

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=> Ce verset fait allusion à 3 téroumot, car 3 téroumot étaient nécessaires pour expier la faute du Veau d'or : les fautes du corps, de l'âme et des possessions.
La nation a reçu l'expiation pour l'intellect en donnant une térouma pour les sacrifices, l'expiation pour le corps en contribuant à l'achat des piliers, et l'expiation pour ses biens en contribuant à la construction du Michkan.