Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Le Aron

+ Le Aron :

Le rav Galinsky a fait le calcul suivant.

Le couvercle du Aron avait :
-> une épaisseur de 1 téfa'h (guémara Soucca 5a), soit environ 10 centimètres ;
-> une largeur de 9 téfa'him (selon le Rambam, dans Hilkhot Beit haBé'hira, 1 ama = 6 téfa'him, et la largeur est de 1,5 amot), soit environ 90 centimètres ;
-> une longueur de 12 téfa'him (de même selon le Rambam, et le fait qu'elle est de 2 amot), soit environ 120 centimètres.

=> Il en résulte que le couvercle avait environ 110 000 cm3 d'or (10*90*120).
Sachant que le poids d'un cm3 d'or est d’approximativement 20 grammes, cela implique que le couvercle avait un poids de : 2 000 kg, soit 2 tonnes.

Il faut rajouter à cela :
-> le poids des kérouvim (chérubins), qui étaient fait d'une seule pièce d'or pur, et dont les ailes s'étendaient sur toute la largeur du couvercle.
Le rav Galinsky dit qu'ils doublent à minima le poids, faisant que l'on arrive alors à 4 tonnes!

-> le poids du fond du Aron qui avait aussi 1 téfa'h d'épaisseur (Rachi sur la guémara Yoma 72b).
Puisqu'il avait les mêmes caractéristiques que le couvercle, on en arrive à : 6 tonnes!

-> le poids de l'or qui recouvrait les parois à l'intérieur et à l'extérieur, et qui selon le Pleisi (Yoreh Déah 43,5), avait environ 8 millimètres d'épaisseur.

-> le poids des 2 lou'hot : celle cassée, et celle entière.

=> On en arrive à minima à 8 tonnes!!

En pratique, il n'y avait que 4 léviim qui portaient le Aron.
Comment est-ce possible?

Nos Sages répondent que de façon miraculeuse, c'est le Aron qui "portait ceux qui le porte" (guémara Sota 35a - nossé ét nochéav).

=> Il ne faut pas voir le fait de faire la volonté de D. comme une charge (ça pèse des tonnes!), au contraire, il faut agir, porter ce joug, et ensuite, on méritera d'être porté par D.

D. n'est pas sadique, ce qu'Il nous impose est le meilleur chemin vers une vie réussie.

"Il rendra heureuse la femme qu'il a épousée"  (Dévarim 24,5 - véchima'h ét ichto achèr laka'h)

-> Le rav Chlomo Zalman Auerbach disait avant chaque mariage au 'hatan, que cette obligation de la Torah est valable à tout moment de la vie du couple.

-> A chaque fois que nous rendons heureuse notre femme, nous accomplissons une mitsva de la Torah, et en plus de cela nous permettons (par exemple) :

1°/ d'amener sur nous la présence divine, comme il est écrit : "Lorsqu’un homme et une femme vivent en harmonie, ils méritent que la présence divine réside parmi eux" (guémara Sota 17a).

En ce sens, le géant en Torah : le Steïpler, a dit :
"Si tu sais passer un moment avec ta femme autour d'une bonne glace, tu peux être sûr que D. sera à vos côtés"

2°/ d'attirer sur nous un torrent de bénédictions, comme nos Sages l'enseignent : "Un homme doit toujours faire très attention au respect de son épouse car la bénédiction ne règne dans la maison que grâce à elle" (guémara Baba métsia 59a).

A l'image d'un ustensile qui va garder la pluie qui tombe, la femme heureuse permet à l'homme d'éviter que les bénédictions lui filent entre les mains ...

<--------------------------->

-> "Nos Sages ont enseigné : "La femme, c'est son mari qui doit la réjouir" (guémara Kidouchin 34b) : c'est au mari d'utiliser sa sagesse et son intelligence pour faire régner la paix et la joie dans son foyer.

Il ne doit pas attendre de sa femme qu'elle le réjouisse par ses actes ou ses paroles, car c'est son rôle essentiel à lui d'être l'investigateur et le vecteur de la joie et de la paix. Sa femme, quant à elle, doit en être le réceptacle"

[Rabbi Na'hman de Breslev]

<--------------------------->

-> "La force d'un homme ne se mesure pas à la taille de ses muscles, mais à l'éclat du sourire de sa femme"

[Rabbi Ména'hem Mendel de Loubavitch]

 

Moché réexpliqua les miracles à Yitro

"Et Moché raconta à son beau-père tout ce que Hachem avait fait" (Yitro 18,8)

-> Le Zéra Shimshon pose la question suivante, tirée du Zéra Béra'h.
Si Yitro s’est joint au peuple juif parce qu’il avait entendu parler de tous les miracles qui leur étaient arrivés, comme le dit clairement le verset (Yitro 18,1) : "Et Yitro entendit tout ce qu'Hachem avait fait", pourquoi Moché a-t-il dû lui raconter à nouveau tous ces miracles? Ne les connaissait-il pas déjà?

Le Zéra Shimshon lui-même pose la question suivante : bien que la Torah écrive que Yitro avait entendu parler de tous les miracles qui étaient arrivés aux juifs, elle précise qu’il avait entendu parler du miracle de la sortie d’Égypte. Rachi explique que, comme il s’agissait du plus grand de tous les miracles qui s’étaient produits, la Torah en a fait mention de manière particulière.
Le Zéra Shimshon demande : l'ouverture de la mer Rouge n’était-elle pas le plus grand de tous les miracles? Le renversement des lois de la nature qui s’est produit lors de la division de la mer n’avait pas d’équivalent dans aucune des étapes des 10 plaies et de la sortie d’Égypte.

Un autre point qui nécessite une clarification est qu’après que Moché eut fini de raconter à Yitro tout ce qu’il semblait déjà savoir, Yitro s’exclama : "Baroukh Hachem ..." (Loué soit Hachem - Yitro 18,10).
Qu’est-ce qu’il a entendu dans la version des miracles donnée par Moché qu’il ne savait pas encore et qui lui a fait ressentir la nécessité de bénir à nouveau le nom de Hachem?

Le Zéra Shimshon explique qu’Yitro était à l’origine un prêtre de haut rang de l'idolâtrie en Égypte. Cela signifiait intrinsèquement une chose : il était un maître en sorcellerie.
Il croyait que si la sorcellerie avait la capacité d’accomplir des choses dans le monde, cela prouvait que la puissance d'Hachem était soit limitée, soit inexistante.

Par conséquent, lorsqu’il apprit que le peuple juif avait réussi à quitter l’Égypte, cela fut pour lui le plus grand de tous les miracles. En effet, aucun esclave n’avait jamais réussi à s’échapper de l’esclavage égyptien en raison de la sorcellerie et de la magie noire que les égyptiens avaient spécifiquement mises en place pour s’assurer que les esclaves ne puissent s’échapper.

Ainsi, lorsque les juifs réussirent à quitter l’Égypte, cela prouva à Yitro qu’il existait une puissance supérieure, plus forte que le pouvoir de la sorcellerie qu’il avait considéré comme la puissance suprême.
Pour lui, cela était encore plus grand que l'ouverture de la mer, car pour diviser la mer, il n’était pas nécessaire de défier les pouvoirs de la sorcellerie, mais seulement le cours de la nature.
Uniquement la sortie d’Égypte exigeait de lutter contre les forces de la sorcellerie. Aux yeux de Yitro, qui avait été sur le terrain, c'était là le plus grand miracle.
C'est pourquoi la Torah souligne que Yitro a entendu parler de la sortie des juifs d'Égypte avant tous les autres miracles, et Rachi commente que c'est parce que c'était le plus grand de tous les miracles, selon la compréhension de Yitro.

Ce que Yitro n'avait pas réalisé, c'est que dans tous les autres miracles, les forces de la sorcellerie et l'impureté qui les alimente avaient également été combattues.
Et c’est pourquoi Moché a répété à Yitro tous les miracles dont il avait déjà entendu parler, pour lui montrer comment, en eux aussi, les pouvoirs de l’impureté et de la sorcellerie avaient été vaincus.

En ce qui concerne l'ouverture de la mer, le Zohar (vol.2,54-56) écrit que les pouvoirs de l’impureté ont été grandement affaiblis lorsque les égyptiens ont été ballottés dans la mer.
Et Rabbénou Bé'hayé (Béchala'h) écrit qu’Amalek a utilisé la sorcellerie pour tenter de dominer le peuple juif, mais qu’il a échoué.

C’est pourquoi Yitro a alors dit "Baroukh Hachem", car il comprenait désormais que non seulement la sortie d’Égypte était une démonstration qu'Hachem avait plus de pouvoir que les forces de la sorcellerie, qu’il considérait comme toutes-puissantes, mais que tous les miracles en étaient également la preuve.

Hachem est notre guérisseur

"Toutes les maladies que J'ai infligées à l'Égypte, Je ne vous les infligerai pas, car Je suis Hachem, celui qui vous guérit (ani Hachem rof'ékha)" (Béchala'h 15,26)

+ D'un point de vue halakhique, Hachem ne peut infliger de souffrances sans avoir préalablement prévu un remède :

-> Le Zéra Shimshon explique ce verset en se basant sur une halakha du Shoulchan Aroukh ('Hochen Michpat 420:21). La halakha stipule que si quelqu’un blesse une autre personne, l’auteur du préjudice est tenu de payer pour soigner les blessures.
Le Shoulchan Aroukh stipule que même si l’auteur du préjudice affirme pouvoir soigner la personne qu’il a blessée, nous n’acceptons pas son offre ; au contraire, on fait appel à un bon médecin pour soigner les blessures de l’autre personne et l’auteur du préjudice est tenu de payer.

Étant donné qu'Hachem est notre seul médecin, s’Il nous affligeait, Il ne pourrait plus être Celui qui nous guérit. Cela nous laisserait sans guérisseur.
Tel est le sens du verset susmentionné. Puisque Hachem est notre seul guérisseur, Il ne nous affligera pas des maux d’Égypte, car nous n’aurions alors aucun moyen d’être guéris.

Cependant, cette explication soulève une question évidente : les juifs tombent malades et ils guérissent aussi, et tout cela n’est l’œuvre de nul autre que Hachem. Selon la halakha mentionnée ci-dessus, cela ne devrait-il pas être impossible?

Le Zéra Shimshon répond à cette question par un midrach (Shir HaShirim raba 4,12) qui dit qu’avant d’affliger le peuple juif, Hachem crée toujours d’abord le remède. Alors qu’avec les non-juifs, Hachem les afflige d’abord, puis, lorsque vient le moment de les guérir, Il crée le remède nécessaire.

Le Zéra Shimshon explique que la raison en est qu’une fois qu'Hachem nous afflige, Il ne peut plus jouer le rôle de notre médecin ; c’est pourquoi Il crée d’abord le remède et le met en place avant même de nous affliger. Ainsi, lorsque l’affliction survient, le remède est déjà en place pour commencer automatiquement à guérir.

<--->

+ La différence entre l’affliction des juifs et celle des autres nations :

-> Le Zéra Shimshon aborde un autre point dans ce verset. Si Hachem ne nous afflige pas de maux, pourquoi Se nomme-t-Il notre Guérisseur? Nous n’aurions alors pas besoin d’un Guérisseur.

Le Zéra Shimshon explique que le verset ne dit pas que le peuple juif ne tombera pas malade. Au contraire, le verset explique la différence entre le moment où Hachem envoie des maux aux non-juifs et celui où Il les envoie au peuple juif.

Lorsque les égyptiens ont été frappés (par les plaies), c'était en représailles de ce qu'ils avaient fait.
Cependant, lorsque Hachem frappe le peuple juif (en leur infligeant des souffrances), c'est dans un but tout à fait différent : c'est pour le guérir de ses maux spirituels et l'amener à se repentir.
Par conséquent, le verset ne signifie pas que les juifs ne tomberont pas malades. Il signifie plutôt que, bien qu’ils tombent malades, c’est parce que Hachem est notre guérisseur et qu’Il veut que nous nous repentions.
Le verset vise uniquement à établir une distinction entre les maux dont les égyptiens ont été frappés en guise de châtiment et les maux qui peuvent affliger les juifs et qui ont pour but de guérir le peuple juif de ses péchés, puisque Hachem est notre guérisseur.

Hachem avait promis à Avraham qu’après 400 ans d’exil, ses enfants retourneraient en terre d'Israël, comme le dit le verset : "Ils reviendront ici à la 4e génération" (dor révi'i yachouvou éna - Lé'h Lé'ha 15,16). [le terme "ici" implique en Israël]
Cela ne s’est pas produit, car après la sortie d’Égypte, les juifs ont erré dans le désert pendant encore 400 ans.

Par ailleurs, comment les juifs ont-ils pu immoler le Korban Pessah en Égypte alors que l’agneau devait être immolé (sacrifié) sur le site du Temple?

La réponse donnée est qu'Hachem a miraculeusement transporté les juifs sur les ailes des aigles, le 14e jour de Nissan, jusqu’au site du Temple pour y apporter le korban.
Par conséquent, Hachem a bien tenu Sa promesse de ramener les juifs en Israël après les 400 ans lorsqu’Il les a ramenés pour qu’ils apportent leur sacrifice.
[rav Yonathan Eibshitz - Tiferet Yéhonatan Béchala'h ]

Lorsque les trois anges vinrent rendre visite à Avraham, Sarah les entendit dire qu’elle et son mari seraient bénis d’un fils.
Sa réaction fut de rire et de remettre en question leur assurance.

Afin que nous ne nous trompions pas en supposant que la réaction de Sarah était inappropriée, ils ont nommé leur fils Its'hak, ce qui signifie "rire", car Avraham et Sarah n’auraient pas nommé leur fils "rire" pour qu’il leur rappelle constamment la réaction inappropriée de Sarah lorsqu’elle a appris pour la première fois qu’elle allait être bénie d’un enfant.
[rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yéhonatan Vayéra ]

Les mitsvot = être véritablement vivant

"Mais vous qui vous attachez à Hachem, votre D., vous êtes tous vivants aujourd’hui" (Vaét'hanan 4,4), ce qui signifie que sans la Torah et les mitsvot, nous ne sommes pas considérés comme vivants du tout.
Même si une personne est techniquement vivante et respire dans ce monde, sans la Torah, sa vie n’est pas meilleure que celle d’un animal.
Une personne ne vit véritablement que lorsqu’elle est connectée à Hachem, car alors non seulement son corps physique est vivant, mais son âme s’épanouit et se nourrit de sa source de vitalité.
[rav Moché Sternbuch]

"Le Cohen portera sa tunique de lin et son pantalon de lin sur son corps. Il soulèvera (וְהֵרִים) les cendres dans lesquelles le feu a consumé l'holocauste sur l'autel et les déposera à côté de l'autel." (Tsav 6,3)

-> Rachi commente : "Le [Cohen] prélèvera une pleine poêle sur les cendres intérieures et les déposera à l'est de la rampe [de l'Autel]".
La Torah utilise le terme "véhérim", soulever, en référence à l'enlèvement des cendres, et non "véhétir", qui signifie enlever. En effet, "vihérim" implique que le Cohen soulève les cendres en les retirant.
Le fait d'enlever les cendres de l'autel symbolise le fait qu'Hachem élève le fauteur après qu'il se soit humilié en apportant son sacrifice.
La plupart des fautes sont la conséquence de l'orgueil du fauteur, et il faut s'humilier pour obtenir l'expiation. Apporter un sacrifice est une expression d'humilité, car en l'apportant, on considère qu'on devrait soi-même être amené en sacrifice sur l'Autel pour expier sa faute, mais qu'on se rachète au contraire avec l'animal.

Bien que l'humilité excessive doive être évitée (la voie du milieu est la voie correcte pour les traits de caractère d'une personne), une personne dont l'arrogance/orgueil l'a poussée à fauter doit agir à l'extrême opposé pour briser sa tendance à l'orgueil.
Cependant, une fois qu'il a réussi à briser cette tendance, elle doit abandonner la voie extrême en faveur de la voie moyenne de l'humilité modérée.
Ainsi, une fois qu'un fauteur s'est humilié en apportant son sacrifice, il doit trouver le moyen de faire preuve d'une humilité plus modérée. Les cendres d'un sacrifice symbolisent l'extrême humilité d'un fauteur repentant. Lorsque le Cohen soulève les cendres de l'autel, il symbolise le fait qu'Hachem a relevé le fauteur de son état d'humilité excessive, lui permettant de suivre la voie plus idéale de l'humilité modérée.

Il est impossible d'atteindre le juste milieu sans l'aide divine, comme nous le dit le roi David : "Hachem donne de la force aux humbles" (Téhilim 147,6).
Le mot "véhérim" (וְהֵרִים) est donc particulièrement approprié, car il contient les 3 lettres du nom d'Hachem (vav, hé et youd), ce qui implique qu'Hachem soulève une personne humble et la rapproche de Lui.
Lorsque le Cohen place les cendres à côté de l'Autel, cela symbolise le fait que la personne est désormais proche d'Hachem.
[Maharal - Gour Aryé]

<--->

-> En résumé :
Une faute est un sous-produit du manque d'humilité du fauteur, et l'expiation exige de s'humilier en apportant un sacrifice de Chatas.
Les cendres du sacrifice symbolisent l'humilité du fauteur.
Lorsque le Cohen soulève les cendres de l'Autel, il symbolise le fait que Hachem soulève le fauteur après qu'il ait atteint l'expiation, l'aidant à trouver son chemin vers la voie moyenne de l'humilité modérée.

Kavana & le « léchem yi’houd » avant une mitsva

-> Selon le Tiféret Shlomo :
Chaque mitsva que l'on accomplit s'accompagne de nombreuses kavanot. Les grands tsadikim connaissent un grand nombre de ces kavanot et sont toujours en train de trouver de nouvelles façons de comprendre les mitsvot.
Alors que beaucoup ne peuvent pas le faire, nous disons une prières (le léchem yi'houd koud'cha béri'h ou) selon laquelle nous devrions être méritants pour accomplir la mitsva de tout notre cœur, et alors toutes les kavanot qui sont censés accompagner la mitsva sont considérées comme étant présentes.

La mitsva doit être accomplie "lechem kol Israël", comme le Arizal dit qu'avant la prière, on doit avoir la kavana pour accomplir la mitsva d'aimer son prochain comme soi-même, car si une personne est complètement liée au reste du peuple juif et qu'elle prie également pour tout le peuple juif, ses prières seront certainement exaucés.
Si quelqu'un accomplit une mitsva en tant que membre du peuple juif tout entier, alors dans sa mitsva il a aussi les kavanot du peuple juif, qui élèvent sa mitsva.

<--->

-> b'h, voir aussi : Dire le "léchem yi'houd" avant une mitsva : https://todahm.com/2018/03/05/dire-le-lechem-yihoud-avant-une-mitsva

<------->

"Voici les récits du Tabernacle, le Tabernacle du Témoignage" (Pékoudé 38,21)

-> Nous devons comprendre pourquoi, lorsque la paracha énumère tous les détails de la construction du Tabernacle (Michkan) et des ustensiles, elle conclut chaque fois en déclarant que cela a été fait "comme Hachem l'a ordonné à Moché".
Pourquoi le mentionner à chaque fois, au lieu de tirer une conclusion générale à la fin, à savoir que tout a été fait "comme Hachem l'a ordonné à Moché"?

La Torah enseigne une leçon fondamentale sur le service de Dieu et l'accomplissement des commandements, qu'il s'agisse du shofar, de la soucca, de Pessa'h, des tefillins, ...
Chacun se compose d'actions, de mots et d'intentions, c'est-à-dire de pensées. Les intentions sous-jacentes aux commandements et aux prières sont grandes et impressionnantes, et peu de gens, même ceux qui ont un niveau spirituel élevé, saisissent plus qu'une infime partie des intentions que les hommes de la Grande Assemblée mettent dans les prières. Il en va de même pour l'accomplissement des commandements (mitsvot).

Et pourtant, chaque juif doit prendre part à ces trois aspects. Parce que l'acte physique du commandement crée un vêtement pour l'âme dans le Gan Eden inférieur, et que l'intention mise dans le commandement crée un vêtement pour l'âme dans le Gan Eden supérieur.

La réponse est donc de s'inclure et d'inclure ses intentions, que ce soit dans la prière ou dans l'accomplissement des mitsvot, dans ses repas de semaine et, à plus forte raison, dans les trois repas de Shabbat, avec les "parfaits fidèles d'Israël" (les tsadikim) qui connaissent le sens profond des prières et des commandements, selon les hommes de la Grande Assemblée.
C'est le sens de l'affirmation du Arizal selon laquelle il faut faire précéder chaque prière des mots suivants : "J'accepte par la présente le commandement positif d'aimer son prochain comme soi-même", car on inclut alors ses propres prières avec celles de ceux qui savent comment unir les attributs suprêmes. Que ces mots suffisent.

Or, en construisant le Tabernacle [dans le désert], leurs pensées étaient concentrées sur la construction du Tabernacle supérieur, comme le dit le verset : "Et le Tabernacle fut dressé" (Pékoudé 40,17), c'est-à-dire que lorsque le Tabernacle d'en bas fut dressé, le Tabernacle d'en haut le fut aussi. (midrach Tn'houma Ki Tissa 18 ; Zohar 2,240a)
Et tandis que leurs pensées et leurs intentions étaient mises en œuvre dans le monde physique d'en bas, ils avaient à l'esprit le monde spirituel, pour construire le Tabernacle d'en haut, qui est le secret de la création du ciel et de la terre et de tous les mondes.
Cependant, tous les esprits ne peuvent pas comprendre cela. C'est pourquoi, après la construction de chaque objet du Tabernacle, le peuple déclarait clairement qu'il le faisait selon l'intention intérieure que Hachem avait ordonnée à Moché.

C'est également ainsi que nous disons [avant l'accomplissement de chaque mitsva] : "Que l'agrément du Seigneur notre D. soit sur nous, et qu'il affermisse l'œuvre de nos mains, et qu'il affermisse l'œuvre de nos mains" (Téhilim 90,17).
[Baal Chem Tov - rapporté par le Ben Poras Yossef - Introduction, p.8, 9 ]

<--->

-> Gan Eden signifie littéralement "le jardin d'Eden", mais se réfère ici à la dimension spirituelle dans laquelle l'âme s'élève après la mort. Selon la Kabbale, lorsque l'âme quitte le corps physique, elle entre dans un corps spirituel, appelé le "vêtement des rabbins", qui est formé de toutes les bonnes actions et mitsvot que l'individu a accomplies au cours de sa vie.
Et tout comme une personne vivante a un côté physique et un côté spirituel, une dimension extérieure et une dimension intérieure, l'âme après la mort a une dimension extérieure, le "vêtement des rabbins", et une dimension intérieure, qui a été formée par l'intention que l'on a mise dans l'accomplissement des mitsvot dans ce monde.
De plus, lorsque l'âme continue à s'élever après la mort, les dimensions intérieures s'extériorisent pour devenir des vêtements extérieurs, et de nouvelles dimensions intérieures se révèlent.  (voir rabbi Tsadok haCohen de Lublin Tsidkat haTsadik 155)

Fauter = des conséquences de grande portée

+ Fauter = des conséquences de grande portée :

-> A l’origine, Pharaon avait décrété que seuls les nouveau-nés juifs de sexe masculin seraient jetés dans le fleuve. Cependant, le jour où Moché est né, il a décrété que tout fils qui naîtrait serait jeté dans le fleuve, même les bébés égyptiens.
Rachi, dans son commentaire sur ce verset, explique que les astrologues de Pharaon avaient vu dans les étoiles que le rédempteur des juifs était né ce jour-là, mais ils ne savaient pas s’il était juif ou égyptien.
Ils virent en outre que le rédempteur serait frappé par l’eau, et conseillèrent donc que tous les garçons nés ce jour-là soient jetés dans le fleuve.
En réalité, les étoiles faisaient référence à l’épisode des "eaux de la discorde" (mé mériva), au cours duquel Moché est considéré comme ayant fauté en fournissant de l’eau aux juifs dans le désert (frappant le rocher). [son péché était très mineur, et les Richonim présentent diverses opinions quant à ce qu’il a exactement fait de mal. ]

Le rav Aharon Leib Steinman a souligné que les étoiles ne peuvent révéler que des événements physiques à venir, et non ceux de nature spirituelle. À première vue, il semblerait que l’incident de mé mériva ait été d’ordre spirituel ; Moché n’est pas tombé physiquement dans l’eau (du Nil), mais a été puni parce qu’il avait fauté au sujet de l’eau. Comment alors l’astrologue a-t-il vu cet événement?

Cela nous enseigne, dit le rav Steinman, que la faute ne crée pas seulement des énergies négatives dans le monde spirituel, mais qu’il a également un effet perceptible sur le monde physique. Hachem nous cache ces effets afin que nous puissions avoir le libre arbitre, mais ce que les astrologues de Pharaon voyaient, c’était la conséquence physique de la faute de Moché.

Le rav Steinman ajoute un autre point : On pourrait penser que les effets négatifs d’une faute apparaissent après que la faute a été commise. Ici, cependant, Moché n’avait pas encore commis cette faute ; celui-ci ne se produirait que 120 ans plus tard, à la fin de la vie de Moché. Néanmoins, les astrologues étaient déjà en mesure de percevoir les effets de la faute.
Nous en tirons la leçon qu’une faute commise dans le futur a un effet rétroactif et cause des dommages avant même que la faute ne soit effectivement commise.