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Aimer le bien, haïr le mal

+ Aimer le bien, haïr le mal :

"Si vous suivez Mes décrets, si vous observez Mes commandements et si vous les mettez en pratique" (Bé'houkotaï 26,3)

-> Le Zéra Shimshon pose la question suivante : pourquoi la Torah doit-elle dire la même chose de trois manières différentes?
À première vue, suivre les décrets d'Hachem, observer Ses commandements et les accomplir reviennent au même. Si tel est le cas, pourquoi la Torah le répète-t-elle de trois façons différentes?

Le Zéra Shimshon explique que pour qu’une personne accomplisse correctement la volonté d'Hachem, elle doit à la fois aimer le bien et haïr le mal.
Car si une personne manque d’amour pour les mitsvot, même si elle veille à ne pas fauter, elle manquera à l’accomplissement des commandements positifs de Hachem.
Il en va de même dans l’autre sens. Même si une personne aime les mitsvot, si elle n’apprend pas à haïr la faute, elle finira par tomber dans la faute.

Sur cette base, le Zera Shimshon réinterprète le verset susmentionné.

La seule façon d’en venir à "les accomplir", comme il est mentionné à la fin du verset, est d’apprendre d’abord à haïr tout ce qui s’écarte de la volonté de Hachem, "suivez Mes décrets" (détestez tout ce qui va à leur encontre), et de développer un amour pour les mitsvot, "observez Mes commandements" ; alors, en effet, "vous les accomplirez".

Ainsi, le verset ne répète pas trois fois la même idée, mais enseigne plutôt la disposition d’esprit nécessaire pour pouvoir observer correctement la Torah.

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=> Afin d'avoir l'équilibre nécessaire pour servir Hachem comme il le faut, nous devons mépriser tout ce qui va à l'encontre de Sa volonté et aimer ce qu'Il aime.

"Si ton frère s'appauvrit et qu'il te tend la main ; aide-le, soutient le ainsi que l'étranger ou le résident temporaire qui vivent avec toi. Tu ne lui prendras pas de lui ni d'intérêts, ni profits. Tu auras la crainte de ton D., ton frère vivra avec toi" (Béhar 25,35-36)

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch commente :
Si ton frère s'appauvrit = cela parle du "souffle Divin" qui réside en réside en nous, et veut par cela le réanimer. C'est ce que dit le verset : "si ton frère s'appauvrit" faisant appel au souffle de vie spirituel que D. a placé au fond de nous pour nous donner la vie éternelle.
L'homme qui constate qu'il ne brille pas en Torah, et n'excelle pas dans les mitsvot, c'est cela signifie qu'il s'est appauvri, car dans l'absolu la pauvreté, c'est être pauvre en Torah et mitsvot.

Et qu'il tende sa main = c'est-à-dire que sa lumière et sa majesté sont ternis. "ima'h" (avec toi) c'est-à-dire à cause de toi, du fait qu'il réside avec toi, il s'est éteint, effondré. Car sa nature est de briller et de t'éclairer jusqu'à l'autre bout du monde.

Et D. désire que tu lui rendes le souffle qu'Il t'a donné à la naissance, parfait et sans aucune imperfection au moment de quitter ce monde.
Comme il est écrit : "le souffle reviendra" (Kohélet 12,7), nos Sages interprètent que tu le lui rendras parfait comme lorsqu'Il te l'a donné.

C'est ce qu'il ordonne en disant "soutiens-le!" = c'est-à-dire lorsque l'homme s'efforce de faire téchouva, il lui redonne sa place dans les mondes spirituellement élevés. Car la seule chose qui peut raviver ce souffle et lui redonner son rôle primordial, c'est le repentir!

L'étranger et le résident temporaire = les maitres de la Kabbale nous ont dévoilé qu'il y a des âmes que D. greffe à l'homme pour des raisons particulières, cela est le secret du "ibour néchama".
Certains résident chez un homme afin de participer avec lui à l'application d'une mitsva et ainsi il mérite de réparer ce qu'elles n'avaient pas fait dans une vie précédente.
D'autres s'installent pour des raisons que seul D. connait ; de cette manière-là, ces âmes peuvent recevoir leur réparation.

C'est ce qu'écrit le verset "l'étranger et le résident temporaire, qui vivent avec toi!", faisant appel aux deux sortes d'âmes qui peuvent se greffer à l'homme, sans qu'il en soit conscient. Lorsque tu t'efforces de faire téchouva tu leur redonnes vie.

Et faut faire attention à ne pas affaiblir ce souffle et ces âmes qui sont en toi c'est ce que la Torah ordonne "ne lui prends pas" c'est le bien qui est en eux, et de quelle manière? En lui demandant des intérêts.

Et tu craindras ton D.! = car ces âmes sont une partie de la lumière divine et il faudra les rendre parfaites à Celui à qui elles appartiennent.
Il nous demande aussi "ton frère vivra avec toi !" = c'est-à-dire tu devras lui restituer en lui donnant une vitalité plus intense que lorsque tu l'as reçu. Et ce grâce au service divin auquel tu te livres.
Bien que nos sages ont dit de le lui rendre comme au moment où D. te l'a donnée, c'est cela le minimum auquel l'homme doit aspirer, mais il est de son devoir de souhaiter faire mieux encore.

"Parle aux Bné Israël : quand vous entrerez dans la Terrre, ... vous sèmerez votre champ pendant six ans" (Béhar 25,2-3)

-> Le Zéra Shimshon souligne que le verset commence au pluriel, "lorsque vous entrerez dans le pays" (ki tavo'ou él aarets), puis passe au singulier, "pendant six ans, vous semerez votre champ" (tizra sadé'ha).
Pourquoi la Torah procède-t-elle ainsi? La formulation et le temps de ces versets auraient dû rester soit entièrement au pluriel, soit au singulier, puisque Moché s’adresse au peuple juif dans son ensemble et que l’une ou l’autre formulation aurait pu convenir.

De même, il semble que la Torah ordonne à l’individu de travailler son champ, alors qu’en réalité il n’y a pas de mitsva de travailler la terre pendant les six années précédant la Chemita. La seule mitsva est que la terre doit se reposer la septième année.
Pourquoi la Torah formule-t-elle le commandement d’une manière qui donne l’impression que la mitsva inclut également le travail de la terre pendant les six années précédant la Chemita?

Le Zéra Shimshon explique cela comme suit.
Lorsque le machia'h viendra, le peuple juif n’aura plus à travailler. Son travail se fera tout seul. C’est ainsi que le monde avait été conçu avant qu’Adam Harichon ne mange de l’Arbre de la Connaissance.
De même, chaque fois que le peuple juif accomplit la volonté de Hachem, il est béni en ce que sa terre sera cultivée par d’autres en son nom (voir guémara Béra'hot 35b).
[selon la guémara (Shabbath 30b) : "Rabban Gamliel a enseigné que lorsque le Machia'h viendra, le sol de la terre d'Israël est appelé à donner des miches de pain déjà faites et des vêtements de laine fine,]

Cependant, si un individu n’agit pas comme il le devrait, il est tenu de cultiver sa propre terre. En effet, il n’a pas le droit de compter sur le même miracle que ses voisins et il ne lui est pas permis de rester les bras croisés et de faire peser ses besoins sur la collectivité. Il doit donc faire le nécessaire pour subvenir à ses propres besoins.
C’est pourquoi le verset commence au pluriel, car le repos de la terre est une mitsva pour tous. Et si le peuple juif fait ce qu’il doit faire, la terre sera toujours en état de repos, car elle accomplira son propre travail sans avoir à être travaillée par des humains ni par d’autres nations pour le compte des juifs.

Cependant, la Torah passe au singulier lorsqu’elle explique comment chacun doit cultiver son champ, car il peut en effet y avoir une personne qui est tenue de cultiver son propre champ et de ne pas compter sur la bénédiction dont bénéficie la nation dans son ensemble, puisqu’elle n’est pas juste (tsadik) ; elle est donc tenue de cultiver son champ et doit effectivement le faire.

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-> sur cette notion d'effort à faire, de Chemita & Shabbath : https://todahm.com/2016/05/08/49860

Shabbath & Chemita

+ Shabbath & Chemita :

-> Dans l'avenir, lorsque la faute de l'Arbre de la Connaissance du bien du mal sera réparée, il n'existera plus la moindre nécessité de peiner physiquement pour obtenir sa subsistance, comme il est rapporté dans la guémara (Shabbath 30b) : "Rabban Gamliel a enseigné que lorsque le Machia'h viendra, le sol de la terre d'Israël est appelé à donner des miches de pain déjà faites et des vêtements de laine fine, comme il est écrit: «Il y aura une abondance de blé sur la terre" (Téhilim 72,16)."
Ainsi, il n'y aura nul besoin de moudre les grains de blé pour en faire de la farine et réaliser les miches de pain car c'est la terre elle-même qui fera sortir directement des miches de pain prêtes à la consommation, sans aucun effort à fournir pour l'homme. C'est en ce sens que durant le chabbat, qui constitue 1/60ème du monde futur, il sera interdit de faire un travail.

Le Méor Enayim dit : "Ainsi, nous avons reçu l'ordre d'observer durant Shabbat les 39 travaux interdits car la création a été conçue à la condition que l'homme ne fournisse aucun travail, si ce n'est le service divin, tout comme le monde se conduira dans l'avenir. Cependant, à cause de la faute d'Adam Harichon, la terre a été maudite de 39 malédictions et est à l'origine des 39 travaux interdits, tels que semer ou labourer ...
Le Shabbat étant 1/60ème du monde futur, il est donc nécessaire d'imposer un repos des 39 travaux afin que tout soit prêt comme ce sera le cas dans l'avenir". (tikouné Zohar 48,85a)

-> Le Agra déKala (Béhar - dibour 2) explique que l'interdit de travailler la terre durant la 7e année est une allusion au 7e millénaire de la création du monde qui sera entièrement chabbat, en ces termes : "Dans la mesure où les travaux de la terre, des champs et des vignobles sont la conséquence de la faute d'Adam Harichon, en ce sens, le commandement positif de la Chémita est une allusion à la Délivrance future (guéoula), lorsque la terre fournira son fruit sans écorce et sans ronces, c'est-à-dire sans aucun mélange de bien et de mal, ceci en allusion à la disparition de la souillure du serpent dans le monde."

-> Le Shvilé Pin'has ajoute que le 7e jour, nous observons le Shabbat, qui est un 7e de la globalité de la semaine. En cela, tous les sept ans, la terre se repose et observe son chabbat durant la totalité de la septième année.
Ainsi, nous pouvons unir le 7e jour de la semaine avec la septième année car de la même façon que durant le jour de Shabbat, il est interdit de réaliser un travail quelconque parce qu'il représente 1/60ème du monde futur et que l'homme n'aura pas besoin de travailler matériellement la terre, il en est de même pour l'année de Chemita qui présente les mêmes caractéristiques : il s'agit donc d'un chabbat de la terre où il est interdit de travailler les champs.

Elle fait également allusion aux temps à venir lorsque nous aurons obtenu le mérite de compléter la réparation.

"Ne commettez pas d'iniquité en fait de jugements, de poids et de mesures. 36 Ayez des balances exactes, des poids exacts" (Kédochim 19,35-36)

-> Comme nous le savons (Eitz 'Haïm - cha'ar 33, chap.1), si une personne triche avec ses poids et ses mesures, la faute cause une tache sur les Noms d'Hachem.
Tout sur terre correspond à quelque chose dans les mondes supérieurs ; chaque action accomplie [par un juif(ve)] sur terre aura un effet sur ce qui lui est parallèle dans les mondes supérieurs, que ce soit pour le bien ou pour le mal.
C’est pourquoi une personne doit se soucier profondément de son âme et garder à l’esprit les paroles de la michna : "Sache ce qui est au-dessus de toi : un Œil vigilant, une Oreille attentive, et toutes tes actions sont inscrites dans un livre" (Pirké Avot 2,1).
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Kédochim 19,35-36]

Paracha Tazria & Métsora

-> Les parachiot de Tazria et de Métsora énumèrent 3 forment de tsara'at.
La paracha Tazria aborde les négaïm, des afflictions, qui se trouvent sur le corps et sur les vêtements d'une personne, et la paracha Métsora traite de celles qui s'abattent sur la maison.

-> Le midrach (Vayikra rabba 17,4) et le Rambam (fin Hilkhot Toumat Tsaraat) affirment que les tsaraat apparaissent en fait dans l'ordre inverse : d'abord sur la maison, puis sur les vêtements, et seulement ensuite sur le corps.

-> Le Daat Zékénim (Métsora 14,34) note que cet ordre est lui-même à l'opposé de la manière dont Hachem a puni Pharaon à l'époque d'Avraham : d'abord le corps de Pharaon, puis les murs de sa maison et ses ustensiles. Pourquoi cette différence?

Le Daat Zékénim explique qu'Hachem voulait affliger Pharaon parce qu'il était mauvais.

Mais lorsqu'il s'agit des juifs, Hachem frappe d'abord la maison d'un individu, en espérant qu'il tirera des leçons de l'expérience et s'amendera sans avoir besoin d'une punition plus sévère. S'il ne s'amende pas, la tsaraat s'attaque à ses vêtements. Ce n'est que s'il ne comprend toujours pas le message qu'Hachem frappe finalement son corps.

Il est clair que la tsaraat a pour but d'inciter le pécheur à la réflexion et au repentir.

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+ Progression de la punition :

=> Si, en fait, les possessions sont touchées en premier, pourquoi la Torah énumère-t-elle les néga'im (dégâts) dans l'ordre inverse, en commençant par le corps?

-> Le Kli Yakar (Tazria 13,47) souligne que lorsque Hachem nous exhorte à ne pas fauter, Il mentionne d'abord la punition la plus sévère possible.
Même lorsqu'il avertit Pharaon des 10 plaies, Hachem commence par la dernière et la plus sévère, la makat bé'horot (Rachi Chémot 4,23).

De même, dans ce contexte, Hachem met d'abord en garde contre la tsaraat du corps, puisqu'il s'agit de la punition la plus sévère.

-> Le Maharzou cite un midrach (Vayikra rabba 17,4) qui offre une réponse purement technique. Étant donné que les juifs n'avaient pas de maisons dans le désert, et que leurs vêtements étaient totalement miraculeux, ne nécessitant aucune lessive, les seules néga'im (dégâts) applicables au moment où la Torah a été donnée étaient celles qui se trouvaient sur le corps. C'est pourquoi la Torah les mentionne en premier.

-> De même, le Ramban (Tazria 13,47) écrit que les tSaraat ne frappent les maisons et les vêtements qu'en terre d'Israël.

Par conséquent, suggère le Shirat David (Tazria 13,12), la Torah s'adresse d'abord aux néga'im corporels, puisqu'ils ont toujours constitué une menace.

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+ La source de l'affliction :

-> La guémara (Arakin 16a) énumère 7 f àautes l'origine de tsaraat : le lachon ara, le meurtre, le serment en vain, les relations illicites, l'orgueil, le vol et le tsarous ayin (l'avarice).

Alors que le Rambam (Hilkhot Toumat Tsaraat 16:10) écrit que le lachon ara génère les 3 types de tsaraat (maison, vêtements, corps), d'autres commentateurs comprennent que des fautes spécifiques de la liste ci-dessus provoquent des néga'im spécifiques.

Par exemple, le Kli Yakar (Tazria 13,37) affirme que si le lachon ara provoque des tsara'at sur le corps, les tsara'at dans la maison résultent de l'avarice.
Ainsi, la guémara (Yoma 11b) nous dit que si l'on demande à quelqu'un de prêter un ustensile et qu'il fait semblant d'en manquer, Hachem l'expose par le biais de tsara'at sur sa maison, ce qui nécessite le retrait de ses possessions à la vue de tous (Métsora 14,36).

De même, ces commentaires expliquent que la tsara'at trouvée sur un vêtement provient de l'orgueil, puisque les beaux vêtements engendrent souvent le snobisme.
De son côté, le Maharal (Arakin 16a) n'est pas d'accord et soutient que la tsara'at sur les vêtements d'une personne est le résultat du vol.
[en fait, le Maharal propose 7 catégories de tsara'as, chacune causée par l'une des 7 fautes mentionnées ci-dessus. Il note également que dans chaque source que la guémara cite pour ces faute, une forme différente de tsara'at est décrite]

-> Le concept selon lequel la tsara'at sur une maison est punitive semble contredire le commentaire de Rachi (Métsora 14,34 ; voir Horayot 10a) sur la promesse de la Torah selon laquelle lorsque les juifs entreront en terre d'Israël, Hachem affligera leurs maisons de tsara'at.
Rachi explique que pendant les 40 années où les Bné Israel ont traversé le désert les Emoriyim ont caché des trésors d'or dans les murs de leurs maisons. Lorsque sa maison est touchée par la tsara'at, le juif est obligé de briser les murs, révélant ainsi les trésors enfouis.
Où est la punition si grâce à à la tsara'at ils découvrent de magnifiques trésors?
Le rav Moché Feinstein (Darach Moshe 14,34) explique que si les Bné Israel ont mérité cette récompense, et s'ils n'avaient pas fauté, alors Hachem leur aurait donné ce cadeau sans les obliger à détruire leurs maisons.
Le rav 'Haïm Kanievsky (Déré'h Sicha - vol.2) dit quant à lui qu'Hachem n'a promis des trésors qu'à la génération qui a traversé le désert et est entrée en terre d'Israël. Pour les générations suivantes, le tsara'at sur une maison était une pure punition.

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=> Le rav Its'hak Sorotzkin (Rinat Its'hak - tinyana Métsora 14,34) décèle ici une contradiction.
Si la tsara'at apparaît d'abord sur la maison, puis sur les vêtements, et seulement ensuite sur le corps, comment des fautes différents peuvent-ils causer des néga'im différents?
Comment quelqu'un qui parle du lachon ara peut-il développer la tsara'at sur son corps sans qu'elle n'apparaisse d'abord sur sa maison et ses vêtements?

La réponse se trouve dans la spirale descendante qui mène au lachon ara. Tout d'abord, on succombe à l'avarice, ce qui entraîne l'apparition de tsara'at sur sa maison. S'il ne retient pas la leçon, son égoïsme s'intensifiera et deviendra de l'arrogance. Ses vêtements seront alors affectés.
S'il ne tient toujours pas compte de l'avertissement, son arrogance/orgueil le rendra jaloux, convaincu que les autres l'empêchent de recevoir l'honneur qu'il mérite. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'il parlera lachon ara, et contractera sur lui-même la tsara'at.

-> Le rav Avraham Pam disait que l'étude des lois de lachon ara était un "traitement des symptômes", tandis que l'étude des lois de 'hessed (ex: séfer Ahavat 'hessed du 'Hafets 'Haïm) revient à "traiter la maladie".

-> Cette approche fait partie intégrante de la période de Séfirat haOmer. Au cours de ces semaines, nous pleurons les 24 000 étudiants de Rabbi Akiva, qui sont morts à cette époque. Il semble y avoir é raisons contradictoires à cela.
D'une part, la guémara (Yébamot 62b) rapporte qu'ils ont péri parce qu'ils ne s'honoraient pas l'un l'autre. Pourtant, le midrash (Béréchit rabba61,3) affirme qu'ils sont morts parce qu'ils se jalousaient les uns les autres.
=> Alors, qu'est-ce qui était en cause?

Il s'agit des deux Le manque de respect est simplement une manifestation de l'avarice. Parce que ces disciples s'en voulaient mutuellement de leur réussite, ils ne pouvaient pas se respecter les uns les autres, ce qui a conduit à une calamité dont nous portons le deuil jusqu'à aujourd'hui.
Ainsi, efforçons-nous d'aimer chaque juif et de nous réjouir de sa bonne fortune.

"Fabrique des barres de bois d'acacia" (Térouma 25,13).
Ces deux barres de bois d’acacia font allusion à ceux qui soutiennent l’étude de la Torah, car nos Sages (Sotah 35a) disent que l’Aron portait ceux qui le portaient.
De même, ceux qui soutiennent l’étude de la Torah semblent soutenir et aider les talmidé 'hakhamim, alors qu’en réalité, c’est le talmid 'hakham qui porte ceux qui le portent.
['Hatam Sofer - Torat Moché - paracha Térouma]

Avoir des limitations spirituelles

-> Le Shem MiShmouel écrit au nom de son père, le Avné Nézer : lorsque Hachem fut prêt à donner la Torah à l’humanité, Il alla de nation en nation et l’offrit à chacune d’elles. Chaque nation demanda ce que contenait la Torah et on lui répondit qu’elle renfermait un commandement qui allait à l’encontre de sa nature. C’est pour cette raison que toutes les nations rejetèrent la Torah.
Cependant, le peuple juif accepta la Torah. Le Avné Nézer demande : pourquoi Hachem ne nous a-t-Il pas également dit quelque chose qui allait à l’encontre de notre nature?
Il répond qu’en fait, Il l’a fait. La Torah contient le commandement de la hagbala, se tenir à distance du mont Sinaï au moment du don de la Torah.
(Yitro 19,12 : "véhigbalta" = Tu limiteras = Fixe-leur des barrières qui leur servent de signes afin qu’ils n’approchent pas de la limite.
voir Yitro 19,9 & Rachi : "Nous voulons voir notre roi!" (et non recevoir les 10 Commandements par un intermédiaire)] et Shabbat 87a).
Cela va à l’encontre de la nature même du peuple juif, qui est de toujours aspirer à des sommets toujours plus élevés dans la quête spirituelle.
Selon cette idée de l’Avné Nézer, nous voyons que se satisfaire de notre état spirituel actuel est une tâche difficile, mais nécessaire.

"Quand tu feras le dénombrement (כִּי תִשָּׂא אֶת-רֹאש Ki Tissa Et Roch) [littéralement : "Quand tu lèveras la tête»] des Bné Israël ... pour racheter leur âme" (Ki Tissa 30,12-15)

=> Pourquoi ‘compter’ (les Bné Israël) se dit-il littéralement ‘lever la tête’?

1°/ Le mot תִשָּׂא (Tissa) a ici le sens de ‘recevoir’… Quand tu voudras ‘recevoir’ le total de leur compte, pour savoir combien ils sont, ne les dénombre pas ‘par tête’, mais chacun donnera un demi-Shékel.

2°/ Lorsqu’on compte des individus et qu’on les organise en un groupe uni, ils s’élèvent et deviennent plus importants. Le particulier qui n’est pas dénombré manque de valeur et n’a pas d’influence sur la vie communautaire.
En revanche, le particulier compté et organisé devient un membre à part entière de la communauté à un impact sur le groupe. C’est la raison pour laquelle la Thora désigne le dénombrement par l’expression : "élever la tête".
[Avné Azel]

3°/ "Moché a dit à Hachem : ‘Souverain du Monde, comment élever le front d’Israël?’
‘Quand tu feras le dénombrement’ (Quand tu lèveras la tête) [l’argent de la tsédaka], lui répondit le Seigneur"
[Baba Bathra 10b – voir Baal Hatourim].

4°/ Le verset vient nous enseigner qu’Hachem demanda à Moché d’élever la "tête" des Bné Israël, c’est-à-dire d’élever leur niveau spirituel. Il fallait réorienter leurs priorités: les préoccupations matérielles ne devaient plus être le centre de leurs attentions.
[Mayan Hachavoua]

5°/ Il y a dans ce verset l’allusion que le tsadik doit parfois quitter ce Monde avant son terme ("Quand tu lèveras la tête" signifie : "Quand Tu feras mourir [le tsadik]", comme il est dit à propos du maître-panetier : "Trois jours encore et Pharaon te fera trancher la têteָ יִשָּׂא פַרְעֹה אֶת- ראשְׁך (Issa Paro Et Rochékha) et attacher à un gibet… -Béréchit 40,19), afin de racheter de la faute sa génération (Pour racheter leur âme).  [Ohr ha’haïm haKadoch]
Aussi, le Alchikh enseigne-t-il : "Quand tu voudras nommer un dirigeant pour les Bné Israël, nomme celui qui est prêt à se donner entièrement et à sacrifier sa vie pour le peuple juif".

6°/ Chaque juif doit constamment se rappeler ses défauts, savoir qu’il n’a pas atteint la perfection et n’a encore rien accompli. Cette pensée le conduira à s’élever de plus en plus. "Quand tu feras le dénombrement כִּי תִשָּׂא אֶת-ראֹש [littéralement : "Quand tu lèveras la tête"] des Bné Israël" = si tu veux élever les Enfants d’Israël dans la voie du judaïsme, apprends-leur à «dénombrer (Lifkoudéhem לִפְקֻדֵיהֶם )» leurs défauts et ce qui leur manque (Nifkad נִפקָד).
[Ohr Pné Moché]

7°/ Compter les Béné Israël c’est leur donner une importance, comme l’enseigne la guémara (Bétsa 3b) : "Une chose qui se compte ne s’annule pas".
Puisque le Peuple Juif constitue un seul corps dont la tête est Moché (ceci est vrai dans chaque génération), le compte des Béné Israël confère alors une élévation à leur "tête" (Moché).
Aussi, le midrach (Tan’houma Ki Tissa 3) enseigne-t-il : "Moché enseigna la Torah à tous les membres d’Israël et les éduqua aux mitsvot. Il leur donna l’ordre des sections hebdomadaires de la Torah qu’ils liront chaque Shabbath, chaque premiers jours du mois et à chacune des fêtes. Eux mentionneront Moché à l’occasion de chaque paracha.
Au sujet de la paracha de Shékalim (début de Ki Tissa), Moché dit : ‘Maître du monde, quand je décèderai, on ne me mentionnera plus’. Hachem lui répondit: ‘Par ta vie! De même que tu es bien là aujourd’hui, que tu leur donnes la Paracha de Chékalim et que tu relèves (Zokef) leurs têtes, il en sera ainsi chaque année quand les Enfants d’Israël liront devant Moi la paracha de Shékalim, comme si tu te tenais toi-même à ce moment et que tu relevais leurs têtes’. D’où le savons-nous? Du fait qu’il est écrit: ‘Ki Tissa Et Roch Béné Israël’ [Quand tu procèderas au dénombrement des Enfants d’Israël]. Il n’est pas dit ‘Tissa’ [Dénombre], mais ‘Ki Tissa’ [sous-entendu au futur]."

"Car c'est un peuple à la nuque raide (am kessé oréf ou), tu leur pardonneras" (Ki Tissa 34,9)

=> Comment comprendre ce verset ? En quoi le fait d'avoir la nuque raide, d'être entêtés et de n'écouter personne, devrait justifier qu'Hachem leur pardonne leurs fautes ? Cela paraît incompréhensible!

-> En fait, ce défaut que Moché a pointé, celui de l'entêtement et de la raideur, constitue justement la plus belle qualité du peuple juif. Ce peuple qu'Hachem aime tant, Il acceptera volontiers de lui pardonner toutes les fautes.
En effet, Hachem souhaite avoir un peuple qui acceptera Sa Royauté, Le serve, et accomplisse toutes Ses mitsvots. Or, le monde dans lequel l'homme vit est hostile à tout cela. Le monde comporte tellement d'épreuves.
D'une part, il y a toutes les tentations qui détournent le coeur du Chemin de Hachem. D'autre part, il y a toutes les difficultés qui compliquent énormément le Service Divin telles que la jalousie des nations, les problèmes de subsistance, le jugement des autres qui peuvent dédaigner celui qui se conforme à la pratique de la Torah. Sans compter le fait que devoir accomplir 613 mitsvot demande un courage exemplaire.
Mais qui pourrait se conformer à une telle mission? Qui pourrait surmonter toutes ces épreuves, ces tentations, ces difficultés?

Cela requiert une force, une détermination et un entêtement à toute épreuve! Il faut parfois déployer une énergie et un courage pour aller contre vents et marées, contre tout son environnement. Ne se laisser impressionner par aucune difficulté, ne s'émouvoir d'aucune humiliation, ne s'arrêter devant aucune appréhension.
Hachem a choisi le peuple juif pour cette mission, car Il sait que seul ce peuple a cette force. Il est prêt à avancer peu importe les doutes et les difficultés. Même quand le bon sens, la logique et les règles de la nature imposent qu'il faudrait raisonnablement renoncer, le voilà encore en train d'espérer, et de continuer dans sa voie. L'entêtement qui est le propre du peuple juif , garantit la réussite de ce défi si ambitieux et si difficile que d'être le peuple d'Hachem. Et suivre cette voie, peu importe les circonstances. C'est pour cela qu'Hachem l'a choisi.
Certes, cette qualité mène aussi à ses plus gros problèmes : le voilà en train de faire un veau d'or, ou se "révolter" contre son Créateur. Mais malgré tout, cette force-là, quand elle est bien utilisée, c'est celle qui lui donne la force de réussir dans tous ses projets, et qui assure qu'il pourra rester fidèle à Hachem, même contre toute logique.