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Pourquoi Yossef a fait semblant de les soupçonner

+ Pourquoi Yossef a fait semblant de soupçonner ses frères :

"Et a coupe, la coupe d'argent, mets-la dans l'ouverture du sac du plus jeune avec l'argent de son achat" (Mikets 44,2)

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch demande pourquoi Yossef a agi de la sorte. Ce n'était certainement pas pour faire souffrir ses frères, car nous voyons clairement qu'il leur a donné à manger et à boire et qu'il a agi avec gentillesse à leur égard.
Il donne les explications suivantes :
Il souhaitait leur fournir une expiation pour l'avoir "volé". Il les a accusés de vol pour qu'ils aient l'embarras d'être soupçonnés d'une faute similaire à celui qu'ils ont commis, ce qui servirait de kapara.
Il voulait voir s'ils seraient prêts à se sacrifier pour sauver Binyamin. S'ils le faisaient, ce serait le signe qu'ils avaient agi de manière fraternelle envers leur frère et cela constituerait une kapara pour ne pas l'avoir traité de la même manière.
Il faisait allusion au "vol" qu'ils avaient commis en le vendant, dans l'espoir qu'ils se rendent compte par eux-mêmes qu'il s'agissait de Yossef.

L’orgueil de Pharaon

-> Avant chacune des plaies, Hachem avertissait Pharaon de la plaie imminente. Ces avertissements étaient donnés à l’un de ces deux endroits : soit au bord du Nil, soit dans le palais de Pharaon.
Rabbénou Bé'hayé (paracha Bo) explique : la principale motivation de Pharaon pour ne pas renvoyer les juifs était son orgueil ; il ne voulait pas admettre qu'Hachem était plus puissant que lui.
Les lieux qui le rendaient le plus arrogant étaient le Nil, qu’il prétendait avoir créé (voir Yéhezkel 29,3), et son magnifique palais. Comme ces lieux facilitaient sa faute, c’est là que les avertissements d'Hachem lui furent adressés.

Nous en tirons une leçon importante. Le Pharaon n’était pas stupide ; il voyait que tout ce que Moché avait prédit se réalisait, et que l’Egypte était frappée par une plaie après l’autre. Néanmoins, il persistait dans son refus de laisser partir les juifs. Pourquoi cela?
Non pas parce qu’il avait besoin des juifs pour travailler pour lui, mais simplement à cause de son orgueil, comme le dit Rabbénou Bé'hayé.
Cela nous enseigne le pouvoir des traits de caractère négatifs ; lorsqu’une personne est arrogante (orgueilleuse) et ne pense qu’à elle-même et à son ego, elle refoule tout le reste et ne peut voir la vérité.

Nous voyons également qu'Hachem a essayé d’aider Pharaon à faire téchouva. En l’avertissant au bord du fleuve et au palais, Il lui indiquait la racine profonde de sa faute, l’arrogance déclenchée par ces lieux, afin qu’il puisse se repentir et changer ses voies.
Nous en apprenons que le but ultime d'Hachem pour nous n’est pas que nous fautions et échouions, mais que nous nous repentions et revenions vers Lui.

La dépendance est comme la mort

+ La dépendance est comme la mort

"Yaakov embrassa Ra'hél, il éleva sa voix et pleura" (Vayétsé 29,11)

-> Rachi commente : "Yaakov a pleuré parce qu'il est arrivé chez Lavan les mains vides. Il dit : "Eliezer, le serviteur de mon grand-père, possédait des bagues, des bracelets et des objets de valeur, mais je n'ai rien".

Rachi explique qu'Elifaz, fils d'Essav, avait poursuivi Yaakov dans sa fuite, avec l'intention de le tuer, comme le lui avait demandé son père. Cependant, lorsque Elifaz rattrapa Yaakov, il s'abstint de le tuer parce qu'il avait été élevé sur les genoux de Its'hak. Élifaz demanda à Yaakov comment il pouvait accomplir les instructions de son père sans le tuer, et Yaakov répondit : "Prenez mes biens, un pauvre est considéré comme mort".

-> Maharal (Gour Aryé) explique :
Les pauvres sont considérés comme morts parce que la définition de la vie est l'autosuffisance. Celui qui compte sur les autres n'est pas vraiment vivant, car sa subsistance dépend de la bonne volonté d'autrui.
C'est pourquoi la Torah qualifie de "vivante" une source qui fait jaillir de l'eau de sa source, et de "morte" un puits qui ne se remplit que d'eau de pluie. La source n'a pas besoin d'être remplie par une source extérieure, mais le puits dépend de la pluie comme source.

En effet, même une personne riche est considérée comme morte si elle prend des cadeaux. Le roi Shlomo a déclaré : "Celui qui méprise les cadeaux vivra" (Michlé 15,27), ce qui implique que celui qui aime les cadeaux n'est pas vivant. Pourquoi en est-il ainsi?
La réponse est que celui qui accepte des cadeaux, même s'il est riche, se perçoit comme manquant.
C'est pourquoi il accepte des cadeaux pour combler ce manque. En tant que tel, il n'est pas autosuffisant et est considéré comme une personne morte.
La michna (Pirké Avot 4,1) précise : "Qui est riche? Celui qui est heureux de son sort".
Un pauvre qui se suffit à lui-même et s'abstient de recevoir des cadeaux est riche, mais un riche qui n'est pas satisfait de son sort est pauvre.

Cependant, même une personne qui se suffit à elle-même n'est vraiment vivante que si elle vit perpétuellement dans ce monde et dans le monde à Venir.
Dans ce monde, on vit à travers ses enfants, et dans le monde à Venir, on vit à travers la Torah et les mitsvot qu'on a accomplies.
Ainsi, celui qui n'a pas d'enfant est considéré comme mort, car il ne vivra pas dans ce monde après sa mort, comme l'a dit Ra'hel à Yaakov : "Donne-moi des enfants, sinon je suis morte" (Vayétsé 30,1).
De même, les réchaïm sont considérés comme morts, car ils ne vivront pas dans le monde à Venir.

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=> Seul celui qui se suffit à lui-même et qui vivra perpétuellement dans ce monde et dans celui à Venir est considéré comme vivant.
Celui qui prend aux autres, qui n'a pas d'enfants ou qui n'a pas le mérite de vivre dans l'autre monde est aussi considéré comme mort car il ne vivra pas éternellement.

Béchala’h – miracle dissimulé

+ Béchala'h - miracle dissimulé :

-> L'un des plus grands miracles de l'histoire est l'ouverture de la mer Rouge. Pourtant, ce miracle n'était pas aussi clair que nous pourrions l'imaginer ; il était en fait quelque peu caché.
La Torah indique qu'un vent violent a précédé l'ouverture de la mer (Béchala'h 14,21).
Le Ramban (Béchala'h 14,21 ; 15,9), le Ran et le Séfer ha'Hinouh (mitsva 132) expliquent tous que Hachem a produit ce vent pour déguiser l'événement en phénomène naturel.
[cependant, Rabbénou Bé'hayé (Béchala'h 14,21) est d'avis que la mer s'est d'abord ouverte et que le vent a ensuite soufflé, asséchant le sol humide afin que les juifs puissent le traverser plus facilement. ]
Mais pourquoi Hachem camoufla-il le miracle?

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+ Minimiser les miracles

-> Le Séfer ha'Hinoukh affirme que chaque fois qu'un changement dans la nature est nécessaire, Hachem minimise le miracle, le faisant paraître presque naturel.
Par exemple, bien qu'un feu soit miraculeusement descendu des cieux sur le mizbéa'h (Autel) dans le Michkan et le Temple, le Cohen était obligé d'allumer un feu chaque jour sur l'Autel. Ainsi, on pourrait perdre de vue la main Divine et attribuer le feu au Cohen.

Autre exemple : le Ramban (Béréchit 6,19) note que, selon les dimensions données dans la Torah, l'arche de Noa'h n'aurait pas pu contenir tous ces animaux et toute la nourriture nécessaire pour les nourrir pendant un an. Il a dû s'agir d'un miracle. Alors pourquoi ordonner à Noa'h de construire une grande Arche? Pourquoi pas une petite?
Là encore, c'était pour rendre le miracle moins évident.

Selon le Séfer ha'Hinoukh, le miracle de l'ouverture de la mer Rouge reflétait cette façon générale dont Hachem dirige le monde et était donc déguisé dans la naturalité. Ce déguisement est nécessaire, explique-t-il, parce que nous ne sommes pas assez saints pour faire l'expérience de la révélation d'Hachem dans un miracle ouvert.

[ Rabbi Zundel de Salant (Mikhtav méEliyahou I) explique que c'est pour cette raison que, bien que nous devions avoir la émouna et le bitachon qu'Hachem pourvoit à tous nos besoins, nous devons également faire une hichtadlout, un véritable effort pour atteindre nos objectifs.
L'effort donne l'impression que les moyens de subsistance d'une personne sont le résultat de processus naturels. Si une personne gagnait sa vie sans autre effort que la prière, il s'agirait d'un miracle incontestable. C'est pourquoi nous revêtons notre foi de l'illusion de l'effort. ]

Le rav Yé'hezkel Levenstein (Ohr Yé'hezkel III) fait remarquer qu'Hachem veut que nous ayons notre libre arbitre et que nous choisissions le bien. Si les miracles étaient trop dévoilés, si l'intervention d'Hachem (la hachgakha) était évidente, nous nous sentirions obligés de suivre Ses ordres ; le mal ne serait pas une option. [il n'y aurait plus véritablement de libre arbitre]

=>Aujourd'hui encore, les miracles abondent dans notre vie quotidienne, mais pas de manière flagrante. De temps en temps, nous devons prendre du recul et nous recentrer, en reconnaissant que toutes nos réalisations apparentes, et la nature elle-même, sont l'œuvre du Divin.

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+ Tromper les égyptiens :

-> Bien que le Ramban reconnaisse qu'Hachem dirige généralement le monde de manière dissimulée, il considère l'ouverture de la mer Rouge comme une exception. Le but des plaies en Egypte était d'affirmer qu'Hachem a créé et continue à diriger le monde. Par conséquent, ces miracles ont "enfreint les règles" et n'ont pas été cachés.
Le miracle de l'ouverture de la mer Rouge était similaire, soutient-il, et par conséquent il n'aurait pas dû être dissimulé non plus.
Néanmoins, selon le Ramban et le Ran, Hachem a déguisé ce miracle afin que les égyptiens le considèrent comme un phénomène naturel et suivent sans crainte le peuple juif dans la mer.

-> b'h, voir par exemple sur le détail des mérites de la mer Rouge : https://todahm.com/2018/02/20/la-traversee-de-la-mer-rouge

-> Ces miracles pendant l'ouverture de la mer Rouge sont complètement révélés ! Si Hachem a dissimulé le miracle de l'ouverture de la mer Rouge pour les égyptiens, pourquoi a-t-il accompli des miracles aussi évidents pour les Bnei Yisrael?

La sortie d'Egypte n'a pas seulement mis fin à l'asservissement des Bné Israel ; il a également marqué le début d'une relation spéciale entre eux et Hachem.
Comme l'écrit le Ramban (intro au Séfer Chémot), la sortie d'Egypte a culminée avec la construction du Michkan, dans lequel Hachem a résidé parmi les Bné Israel.
Alors qu'ils quittaient l'Egypte, Hachem voulait leur montrer que leur vie était sur le point de changer radicalement. Grâce à ces miracles particuliers survenus au cours de leur voyage à travers la mer, les Bné Israel ont fait l'expérience profonde et tangible d'une relation magnifique avec leur Père aimant.

"Les épices, l'huile pour la lumière, l'huile pour l'onction et les encens" (Vayakel 35,28)

-> La racine du mot kétoret (encens) est kotor, ou "attachement".
Le rav Eliyahou Eliezer Dessler (Mikhtav méEliyahou V) explique que son étymologie fait allusion à la capacité de l'encens à créer un attachement (dvékout) avec Hachem.
L'offrande d'un parfum odorant fait allusion à l'idée que nous nous attachons à notre Créateur sans motifs indignes. Cette offrande dit : "Nous voulons faire Ta volonté et Te donner le plaisir et la satisfaction de nos actes".

Hachem a puni les égyptiens non pas pour avoir violé Sa volonté, mais pour le bien de Moché et de Son peuple, Israël.
C'est pour cette raison qu'un verset dit : "Car c'est pour eux que D. fait la guerre à l'Egypte", en mentionnant spécifiquement "pour eux" (lahém - Béchala'h 14,25).
En d'autres termes, D. a combattu au nom de Moché et du peuple juif comme une expression de son amour pour eux plutôt que comme un acte de vengeance contre l'Egypte.

[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Yitro 18,1 ]

"Voici les ordonnances que tu placeras devant eux" (élé amichpatim acher tassim lifnéhem - Michpatim 21,1)

-> Le séfer Agra déKalla explique que le mot "tassim" (placer - תָּשִׂים), signifie aussi "sima" (sentir, ressentir).
Il écrit que le verset dit que le peuple juif a reçu l'ordre de "sentir" les michpatim. Lorsque les gens font des affaires entre eux, ils doivent avoir le sentiment que tout leur succès dépend de leur honnêteté et de leur droiture et qu'ils doivent suivre les règles de la Torah.
Par exemple, si une personne est informée par un beit din qu'elle doit de l'argent à son prochain, elle doit accepter que c'est pour son bien. Elle doit sentir que le fait de lui retirer cet argent est dans son intérêt ultime, car c'est ce que la Torah considère comme la chose la plus juste et la plus éthique à faire. Et elle doit sentir que le fait de renoncer à cet argent conduira à sa propre réussite, car on ne peut réussir qu'avec de l'argent gagné de manière éthique, selon les valeurs de la Torah.

Il s'agit là d'une leçon importante que chacun doit prendre à cœur. Parfois, une personne pense qu'elle est très intelligente et qu'elle a été très maligne de tromper son ami en lui soutirant de l'argent. Elle doit savoir qu'elle n'a trompé personne d'autre qu'elle-même. Elle s'est seulement volé lui-même, car il ne connaîtra ni succès ni bénédiction tant qu'il possédera de l'argent qu'il a gagné malhonnêtement.

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-> On raconte que deux hommes s'adressèrent un jour au rav Meir de Premishlan et lui dirent qu'ils allaient s'associer pour faire des affaires. Ils demandèrent au rabbi de les conseiller et de les guider dans la gestion de leur entreprise. Le rabbi prit un bout de papier et y inscrivit les lettres suivantes : "aleph, beit, guimel, dalet".
Ils étaient très confus et lui demandèrent de leur expliquer.

Il leur dit : "C'est le Aleph Beit des affaires. Aleph signifie émouna. Beit signifie bra'ha (bénédiction). Guimel signifie guézéla (vol). Dalet signifie dalout (pauvreté).
Si vous êtes honnête et que vous faites des affaires avec émouna, vous obtiendrez beaucoup de bra'ha. Mais si vous êtes malhonnête et que vous vous engagez dans la guézéla et la tromperie, vous deviendrez pauvre."

"Si un homme donne à son prochain de l'argent ou des ustensiles à garder" (Michpatim 22,6)

-> Le séfer Divré Israël écrit que ce verset laisse entendre que pour observer la Torah correctement, il faut de l'argent ou des ustensiles , c'est-à-dire qu'il faut avoir suffisamment d'argent pour avoir la possibilité d'avoir ce dont il a besoin pour observer la Torah et accomplir les mitsvot.

Bien que nos Sages (Pirké Avos 6:4) disent que la voie de la Torah consiste à "manger du pain avec du sel, boire de l'eau mesurée, dormir sur le sol et vivre une vie de douleur, et faire des efforts dans la Torah", cela ne s'applique qu'aux personnes qui sont à un niveau élevé et qui possèdent de "bons ustensiles", c'est-à-dire un haut niveau d'intellect.
Cependant, les personnes qui ne possèdent pas de tels "bons récipients/ustensiles", doivent avoir suffisamment d'argent pour servir Hachem correctement. Ceci est particulièrement vrai dans la génération actuelle, la dernière génération avant l'arrivée du machia'h, au sujet de laquelle nos Sages disent (Erouvin 41B) : "La pauvreté éloigne une personne de la volonté d'Hachem".
C'est pourquoi il est nécessaire d'avoir suffisamment d'argent pour pouvoir observer la Torah correctement.

En conséquence, le verset peut être lu comme disant que : "Lorsqu'un homme donne", dans ce contexte, le mot "homme" fait référence à Hachem.
"A son prochain" = il s'agit d'une référence au peuple juif, qui est appelé "ami" d'Hachem (Tan'houma Yitro 5).
"argent ou des ustensiles" = cela signifie qu'Hachem doit nous donner soit suffisamment d'argent pour accomplir la Torah correctement, soit les ustensiles appropriés pour être en mesure d'observer la Torah même sans beaucoup d'argent.

"N'abîme pas les coins de ta barbe" (Kédochim 19,27)

=> La Torah interdit de se raser à la lame, pour ne pas abîmer les poils de la barbe. Bien plus, idéalement, un juif doit porter la barbe. Mais pourquoi cela?

-> Rabbi Nathan de Breslev explique que l'essentiel du judaïsme consiste à apprendre à connaître Hachem. Le juif doit grandir et s'élever dans la connaissance d'Hachem de jour en jour. Hachem est Infini, et on peut toujours Le connaître de plus en plus, jusqu'à l'infini. Ainsi, certaines connaissances peuvent être inaccessibles à une personne, du fait de son niveau spirituel actuel. Mais, il pourra avec le temps, par des efforts de réflexion et en se sanctifiant, accéder plus tard à ces connaissances. Toute sa vie, l'homme intègre des connaissances qui lui étaient encore occultés jusque là.
Les poils de la barbe, qui sont à l'extérieur de son visage, mais pénètrent à l'intérieur de son corps, sont les
canaux qui permettent de faire passer la connaissance d'Hachem de l'extérieur à l'intérieur. C'est par la barbe que la Sagesse Divine jusqu'à présent trop haute pour soi, qui était encore extérieure à soi, pourra pénétrer en lui et lui devenir accessible. Et cela constitue toute la vie du juif.
Quand on détruit le poil par la lame, on déracine ce conduit qui pouvait permettre à la connaissance d'Hachem de pénétrer en soi et par cela, on se prive d'une élévation qui est vital pour le juif. D'où l'importance de cette mitsva.

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"Ne taillez pas les coins (péat - פְּאַת) de votre tête, et ne rase pas les coins de ta barbe" (Kédochim 19,27)

-> Concernant la 2e partie du verset, Rachi explique qu’il s’agit de la barbe et ses côtés, à savoir 5 endroits : deux à chaque joue, en haut près de la tête, là où elle est large et où il y a deux coins aux tempes, et un au bas du menton, à la jonction des deux joues.
[la guémara (Makot 20a) explique que l’on est condamnable uniquement si l’on a rasé la barbe avec une lame, et uniquement s’il s’agit d’un rasage qui provoque une destruction du poil, arraché à la racine, mais s’il s’agit de se raser avec des ciseaux, même si le résultat de ce rasage ressemble à celui du rasage à la lame, il n’y a là aucun interdit selon le Din – Voir Choul’han Aroukh Yoré Déah 181]

-> Au-delà du caractère divin de cette interdiction, les commentateurs rapportent différentes raisons, parmi lesquelles :

1°/ Tout juif doit prendre soin que sa physionomie ne puisse se confondre avec celle des non-juifs, appelés "ceux qui rasent les coins de la barbe" (Yirmiyahou 9,25) [Zohar I, 219b] ; la barbe représente pour le juif l’insigne de sa dignité : הדרת פנים זקן (Hadrat Panim Zakan - la barbe est l’ornement de la face de l’homme) [Shabbath 152a].
Le Rambam écrit : "Il était coutume chez les prêtres idolâtres d’enlever leur barbe. C’est pourquoi la Torah a défendu de retirer la barbe". [Lois sur l’idolâtrie 12,7]

2°/ "Raser la barbe» est considéré comme un signe de deuil en usage chez les populations non-juives. [Ibn Ezra]

3°/ L’emploi du rasoir donne au visage de l’homme une apparence féminine, le dépouillant du caractère distinctif que lui a donné la nature. [Abravanel]

4°/ Hachem a interdit de se raser la barbe, afin de ne pas abolir le signe qu’Il a inscrit dans le genre masculin, pour le séparer du genre féminin, car celui qui fait cela fait le contraire de Sa Volonté, comme celui qui sème des mélanges de plantes interdits.
Il est écrit à propos de tout ce qu’a fait Hachem dans la Création "selon son espèce", alors que ce geste viendrait
mélanger les espèces. [Rabbénou Bé’hayé]

5°/ L’homme est créé à l’image de D. et c’est avant tout sur le visage de l’homme couvert d’une barbe que se reflète cette apparence divine, comme l’explique le Zohar [Idra Zouta Kadicha] : Les "treize Attributs de Miséricorde" se dévoilent à travers la "Barbe du Petit Visage".

Le Tséma’h Tsédek [Dérekh Mitsvotékha] explique que des "13 Attributs de Miséricorde", représentés par les 13 touffes de la barbe, émane une puissante miséricorde qui atténue les sévérités. Il en résulte, que grâce au port de la barbe, les rigueurs sont transformées en situations agréables et adoucies.
C’est le sens profond du verset: "C’est comme la bonne huile qui, répandue sur la tête, descend sur la barbe, sur la barbe d’Aharon, qui descend sur le bord de ses vêtements (ou au sens figuré, sur les treize Attributs de Miséricorde qu’elle symbolise)" (Téhilim 133,2).

C’est sur la base de cet enseignement, que les Tsadikim professent le conseil (Ségoula) de laisser pousser la barbe, à ceux dont l’Attribut de rigueur a molesté (à noter que le mot פאה [Péa - coins] a pour valeur numérique 86 comme le Nom divin de la Rigueur [ אלקים Elokim], pour indiquer que le fait de ne pas se raser les «coins» de la barbe, adoucit la Rigueur sur soi).

Ainsi, révèle le Midrache Yalkout Réouvéni, celui qui respecte le précepte "Ne taillez pas (en rond) les coins de votre tête, et ne rase pas les coins de ta barbe» est protégé des Klipot (forces du Mal) par l’intermédiaire des trois anges MikhaEl מיכא־ל , GabriEl גבריא־ל et NouriEl נוריא־ל , dont les initiales des noms forment le mot מגן (Maguen) – Bouclier.

6°/ Les deux Péots, que certains laissent pousser de chaque côté du visage, représentent deux signes et deux témoins de la judaïcité de l’homme. [Ben Ich 'Haï - Ben Ich ‘Haïl – ‘Helek 1 – drouch 3]

C’est pourquoi il existe une coutume qui consiste à laisser les Péots à l’enfant qui rentre au ‘Heder, lors de sa première coupe de cheveux à l’âge de trois ans. En effet, explique le Zéra Kodech, les Péots, qui descendent le long du visage en direction du coeur, permettent de relier la tête (l’esprit) au coeur (les sentiments). Ils symbolisent le principe "le cerveau dirige le coeur" - l’intellect, représenté par les trois Attributs ‘Hokhma (חכמה - Sagesse), Bina (בינה - Intelligence) et Daat (דעת- Connaissance) [correspondant aux 3 premières années de l’enfant] domine le yétser ara qui loge dans le coeur de l’homme.

"Si tu vois l'âne de ton ennemi crouler sous sa charge, t'abstiendrais tu de l'aider?" (Michpatim 23,5)

-> Le Baal Shem Tov (Keter Shem Tov - ot 21) explique ce verset ainsi :
"Lorsque tu vois le 'hamor (l'âne)" = lorsque tu vois que ta " 'homriout" (חומריות), c'est-à-dire ton corps, et que tu penses qu'il est "ton ennemi" parce que les désirs physiques (matériel) s'opposent à la spiritualité, tu dois reconnaître que le corps est "croule sous sa charge", ce qui signifie qu'Hachem a accordé au corps la capacité de se purifier en acceptant le fardeau de la Torah et des mitsvot.
Cependant, il est très difficile d'y parvenir et l'on pourrait penser que le moyen de purifier le corps est de "refuser de l'aider" en l'affligeant afin de détruire la matérialité.

Le verset précise que ce n'est pas la bonne façon de procéder. Il faut plutôt "l'aider" en purifiant le corps par la Torah et les mitsvot, plutôt que de le détruire par des afflictions.