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Etre convaincu que sa subsistance provient d’Hachem

+ Etre convaincu que sa subsistance provient d'Hachem :

"L'homme entra dans la maison et déchargea les chameaux ; on apporta ... et de l'eau pour laver ses pieds et les pieds des hommes qui l'accompagnaient" ('Hayé Sarah 24,32)

-> "La toilette des serviteurs des patriarches est plus importante aux yeux de D. que la Torah de leurs enfants" (midrach Béréchit rabba 60,5).

=> Quelle importance cette toilette a-t-elle pour être écrite dans la Torah, et plus encore, pour être considérée comme supérieure à la Torah des fils de nos patriarches?

-> Le Arougot Habossem explique que "les pieds" que l’on cite dans le verset font allusion aux efforts personnels de l'homme pour obtenir sa subsistance (hichtadlout).
Or, si certes, l'homme est tenu et a reçu le commandement de faire une hichtadlout, cependant, il est également tenu parallèlement d’être absolument convaincu que tout ce qu'il reçoit lui vient du Ciel et, en aucune façon, de son hichtadlout. Et de même qu'il existe un concept de "Avak Ribit" (la "poussière" de la défense du prêt à intérêt (cf. guémara Baba Metsia 61b)), ou bien encore de "Avak Lachon Hara" (la "poussière" de médisance (cf. guémara Baba Batra 165a)), il existe également celui de "Avak Avoda Zara" (la "poussière" d'idolâtrie [ex: le culte de soi-même, du "moi je/j'ai"]).
"La poussière des pieds" évoquée ici y fait allusion : elle consiste à mettre sa confiance dans son hichtadlout (symbolisée par les "pieds") et à penser que c'est elle qui permet de faire des profits.
C’est oublier qu’elle n'est en fait qu'une condition imposée par le Créateur et que la subsistance elle même provient de "Sa main tendue et grande ouverte".

-> Ceci permet de comprendre pourquoi Avraham dit aux anges : "Prenez, de grâce, un peu d'eau et rincez vos pieds" (Vayéra 18,4).
Rachi explique : "Il pensa qu'ils étaient des commerçants arabes qui se prosternaient à la poussière de leurs pieds", ce qui suggère que ces ''commerçants'' croyaient, certes, en Hachem mais pensaient néanmoins que leur hichtadlout dans leur commerce (symbolisée par les "pieds", comme précédemment) les aidait à subvenir à leurs besoins.
En cela ils transgressaient donc l'interdiction de "Avak Avoda Zara" (la "poussière" d'idolâtrie). C'est pourquoi Avraham les envoya se laver de cette faute pour qu'ils prennent conscience et sachent désormais que tout leur venait du Ciel.

-> Ce fut aussi pour la même raison qu'Eliézer eut besoin "d'un peu d'eau pour rincer ses pieds et ceux des gens qui étaient avec lui" ('Hayé Sarah 24,32) = comme ils venaient, en effet, d'investir leurs efforts afin de trouver un parti pour Its'hak, ils risquaient de penser que c'était grâce à cette hichtadlout qu'ils étaient parvenus à trouver Rivka.
Par conséquent, ils se dépêchèrent de "rincer leurs pieds", afin de rester convaincus que ce n’étaient pas leurs ''pieds'' (leur hichtadlout) qui les avaient fait réussir, mais uniquement Hachem.
=> C'est cette "toilette" que nos Sages qualifient de "plus importante aux yeux de D. que la Torah de leurs enfants'' (midrach Béréchit rabba 60,5).

-> Le Arougot haBossem conclut :
"Tirons de cela une leçon de morale dans tous les domaines du service Divin : si ce n’était l’aide donnée par Hachem, l'homme ne serait même pas en mesure de lever le petit doigt. Dès lors, il n'a aucune raison de s'enorgueillir, car tout vient de Lui!"

Le Arougot Habossem explique, d'après ce qui précède, un verset du prophète : "Béni soit l'homme qui espère en Hachem, et dont Hachem est l'espoir" (Yirmiyahou 17,2).
Cette apparente répétition vient suggérer que la véritable confiance en D. (bita'hon) consiste à mettre entièrement sa confiance en D. sans penser que son hichtadlout a une part quelconque dans la réussite de ses entreprises.
L'homme doit être persuadé que toutes ses actions, son empressement et ses efforts, ne sont que vains et néants, et que tout n'est que le fruit de la parole Divine. C'est pourquoi le verset précise : "Béni soit l'homme qui espère en Hachem", et ajoute aussi : "et dont Hachem est l'espoir", pour exclure celui qui, tout en ayant confiance en Hachem, compte également sur l'empressement de ses actions.

A l'opposé, il est écrit dans le même chapitre du prophète Yirmiyahou (verset 5) : "Maudit soit l'homme qui place son espoir dans un être humain" = cela ne signifie pas seulement un autre être humain, mais inclut aussi l'homme lui-même, celui qui croit dans sa propre force et dans l'œuvre de ses mains, en pensant qu'ils sont la source des bienfaits et de la bénédiction dont il jouit, et qui ignore que tout provient du Hachem.

-> Cette explication rejoint celle du Malbim au sujet de la suite du même verset : "et qui prend pour appui un être de chair " (Yirmiyahou 17,5) = cela évoque celui qui pense que c'est la force "naturelle" du corps qui met sa chair en mouvement, et qui ne se rend pas compte que même les mouvements de sa propre chair ne sont possibles que grâce à la volonté d'Hachem.
Un tel homme ne peut donc voir aucun signe de bénédiction dans ses entreprises.

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-> "Hachem se montra favorable à Hével, mais à Caïn et à son offrande il ne fut pas favorable" (Béréchit 4,5).

Le 'Hafets 'Haïm explique que Caïn (קַיִן) porte ce nom parce que Eve s'exclama (à sa naissance) : "J'ai (pro)créé (kaniti - קָנִיתִי) un homme [conjointement] avec Hachem" (Béréchit 4,1), ce qui suggère qu'elle créa Caïn avec Hachem et qu'elle fut même son associée dans cette entreprise. C’est pour cette raison que la réussite ne lui sourit pas.
En revanche, le nom "Hével" se réfère au fait de considérer les choses de ce monde comme vaines ("ével avalim" : "vanité des vanités"), autrement dit de prendre conscience qu'il n'y a pas lieu de s'enorgueillir (puisque tout dépend d'Hachem). Ce fut pour cela qu'Hachem le choisit.

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-> Le 'Hazon Ich dit :
"il faut savoir qu'en ce qui concerne la subsistance, ce qui inclut l'argent destiné aux yéchivot, tout a déjà été fixé à Roch Hachana. Seulement, dans la mesure où Hachem nous a donné un devoir d'hichtadlout, celui qui le négligerait pourrait se le voir reproché.
Néanmoins, il semble qu'à propos d'une telle hichtadlout, le Ciel n’aurait rien à reprocher si on s'en s'abstenait".

-> Le rav Elimélé'h Biderman commente ces paroles :
cela signifie que, même si l'homme est tenu d'agir pour obtenir sa subsistance, il est cependant évident que ce ne doit pas être au détriment de la qualité de ses relations avec autrui, ou sur le compte d'un cours régulier de Torah, ou de la prière avec un Minyan, écourtée pour les besoins de la cause.

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-> b'h, également sur la notion de hichtadlout : https://todahm.com/2019/10/02/10637-2

Eliézer, le serviteur d’Avraham

+++ Eliézer, le serviteur d'Avraham :

"Il [Eliézer] dit : je suis le serviteur d'Avraham" ('Hayé Sarah 24,34)

-> Lorsque Loth et Avraham se séparèrent, Avraham nomma Eliézer administrateur sur tous ses biens et ses serviteurs.
Eliézer était le fils de Nimrot, fils de Kouch frère de Canaan, fils de 'Ham, fils de Noa'h.
Quand Avraham sortit vivant de l'épreuve de la fournaise ardente, Nimrod lui donna son fils Eliézer comme serviteur.
[comme l'a fait Pharaon en donnant comme esclave sa fille Hagar, comme il est écrit : "Mieux vaut pour ma fille être servante dans la maison d'Avraham que princesse dans une autre maison" (midrach Béréchit rabba 45,2).]

Cependant Eliézer était le descendant d'un peuple maudit, c'est la raison pour laquelle Avraham refusa catégoriquement d'unir la fille d'Eliézer avec son fils Its'hak comme il lui dit : "Mon fils est béni et tu es maudit ; le maudit ne s'unit pas avec le béni" (Rachi - 'Hayé Sarah 24,39).

=> Pourtant, lorsqu'Eliezer se rendit chez Lavan, celui-ci l'accueillit et lui dit : "Viens béni de d'Hachem! Pourquoi te tiens-tu dehors alors que j'ai débarrassé la maison" ('Hayé Sarah 24,31)?
Comment Lavan pouvait-il appeler Eliezer " béni d'Hachem" , alors qu'il portait sur lui le témoignage de la malédiction?

-> En effet, il est à noter que :
A l'époque il était su que toute personne ayant une couleur de peau noire était forcément un descendant de 'Ham qui fut maudit par son père Noa'h. [midrach haGadol 19,8]
Le guémara (Sanhédrin 108a) nous enseigne : "Ils sont trois à avoir enfreint l'ordre d'Hachem de se séparer de leur compagne durant tout le séjour dans l'arche : le chien, le corbeau et 'Ham le fils de Noa'h. Pour cette action perpétrée dans le noir, 'Ham fut puni mesure pour mesure. Il sortit de l'arche la peau noire et tous ses descendants resteront à jamais avec la peau noire."

-> Le rav Beniahou explique que dans les mondes supérieurs, la décision fut prise qu'Eliezer, fidèle serviteur d'Avraham, soit accepté au sein du peuple élu à la condition qu'il serve Avraham notre patriarche fidèlement et avec foi.
Lorsqu'il arriva chez Lavan afin de prendre Rivka d'après les instructions de son maître, Lavan lui dit : "Viens béni d'Hachem! Pourquoi te tiens-tu dehors alors que j'ai débarrassé la maison" ?
Nous apprenons qu'il retira tous les objets de culte d'idolâtrie, car Lavan était très riche et avait une grande maison qui disposait d'une pièce entièrement consacrée à cet effet. Il élimina toute trace d'idolâtrie en l'honneur d'Eliezer qui était un très grand juste.
Cette étape entraîna la réparation le "tikoun" (réparation) d'Eliezer. Ce n'est pas anodin si Eliezer qui avait la peau noire, rencontra Lavan, qui signifie littéralement "blanc". Car à ce moment-là, la peau d'Eliezer devint blanche.

[Des sages enseigne qu'un ange est venu et a mis ces paroles dans la bouche de Lavan.
Certains avis soutiennent qu'avant de s'appeler Lavan, son nom était Kouchan Réchatim, il fut appelé Lavan après sa rencontre avec Eliezer qui est devenu blanc.
D'autres avis soutiennent que son nom était Bilam avant de devenir Lavan après sa rencontre avec Eliezer. ]

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=> Si Eliezer, fidèle serviteur d'Avraham, fut accepté parmi le peuple élu de D., comment cela se traduisit-il concrètement?

-> Le Arizal explique qu'Eliezer se réincarnera en Kalev ben Yéfouné, l'un des 12 explorateurs envoyés par Moché en terre d'Israël. Lors de sa venue en Israël, kalev ben Yéfouné se précipita à 'Hebron pour prier au caveau de Makhpela et supplier "son maître" Avraham de ne pas tomber dans la faute avec les autres explorateurs.

Avant la naissance d'Itshak, Avraham parla à D. en disant : "Que me donneras-Tu alors que je m'en vais sans postérité et que l'intendant de ma maison est Eliezer de Damas? ... Tu ne m'as pas donné de descendance ; et voici celui qui est né dans ma maison héritera de moi" (Lé'h Lé'ha 15,2-3).
Avraham vit par prophétie qu'Eliezer son fidèle serviteur se réincarnerait quelques générations plus tard en Kalev ben Yéfouné qui héritera de 'Hebron. Et c'est ce que comprit aussi Lavan lorsqu'il parla à Eliezer en ces termes : "Viens béni d'Hachem! Pourquoi te tiens-tu dehors alors que j'ai débarrassé la maison".

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+ b'h, quelques autres enseignements au sujet d'Eliezer :

-> Le Pardes Yossef donne l'enseignement suivant :
"Selon le Pirké déRabbi Eliézer et le midrach Yalkout Chimoni, Eliézer le fidèle serviteur d'Avraham, n'était autre que le géant Og, qui est devenu par la suite le roi de Bachan (Og mélé'h aBachan).
D'après le Rachbam, il était tellement grand, qu'il avait besoin d'un lit spécial fait de fer afin de pouvoir supporter sa taille et son poids incroyables.

On comprend mieux pourquoi Eliézer a demandé à Rivka : "Y a-t-il dans la maison de ton père de la place pour nous, afin de passer la nuit?" ('Hayé Sarah 24,23).
En effet, il était si immense, qu'il n'était pas certain de pouvoir rentrer dans la maison.
Mais il a été rassuré, lorsque Lavan lui a dit : "Pourquoi te tiens-tu dehors alors que j'ai débarrassé la maison" ('Hayé Sarah 24,31) = maintenant qu'elle est vide, il y a de la place pour toi! "

[selon Rachi : J’ai nettoyé la maison = De toute idole]

-> Le Méam Loez ('Hayé Sarah 24,67) écrit :
En récompense pour l’accomplissement de sa mission, Eliézer fut affranchi par Avraham de son état d’esclave.
[D’après certains commentateurs,] il devint un roi identifié comme étant Og, le roi de Bachan. [Pirké déRabbi Eliézer]
Selon une autre opinion, Its’hak éleva Eliézer au rang de souverain des anges, et il entra vivant au paradis.

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-> On l'appelait Daméssek Eliézer car il était "dolé ou machké mi Torat rabo" : il puisait et abreuvait les autres de la Torah d'Avraham.
La guémara (Yoma 28b) dit même qu'il était à la tête de la yéchiva (roch yéchiva) dans la maison d'étude d'Avraham.

-> L'expression : "qui était maître de tout ce qui lui appartenait" ('Hayé Sarah 24,2), signifie qu'Eliézer, comme son maître Avraham, dominait entièrement son mauvais penchant.
[midrach Béréchit rabba 59,8]

-> Eliézer, jusqu'à ce jour, monte la garde à l'entrée de la caverne de Makhpéla.
[guémara Baba Batra 58a]

-> Nos Sages (guémara Sanhédrin 75a) nous enseignent que pour 3 personnes la terre s'est rétrécie : Eliézer le serviteur d'Avraham, Yaakov notre Patriarche, et Avichaï ben Tsarouya.
D'après le midrach Tan'houma, les explorateurs ont également bénéficié de ce miracle puisqu'Hachem allait les punir à raison d'un jour par année, Il a donc abrégé leur voyage.

Rachi ('Hayé Sarah 24,42) affirme que la terre s'est rétractée pour Eliézer.
De son côté, le midrach (Yalkout Chimoni) nous apprend qu'au lieu de 17 jours de trajet en chameau de Kyriat Arba à 'Haran, le voyage d'Eliézer n'aura duré que 3 heures.

-> Eliézer est l'un des [très] rares individus qui n'est pas mort, mais qui est entré vivant au Gan Eden.
[voir Kalla rabbati chap.3 ; et Déré'h Erets chap.1 de Séder Nézikin]

-> Il est écrit dans le Déré'h Erets Zouta :
10 Justes sont entrés vivants au gan Eden : 'Hanokh, Eliézer le serviteur d'Avraham, Séra'h la fille d'Acher, Batia la fille de Pharaon, le prophète Eliyahou, Eved le roi de Kouch, Hiram le roi de Tyr, Rabbi Yéhochoua ben Lévi, Yavets le fils de Rabbi Yéhouda haNassi, le machia'h.

-> Le Ram'hal enseigne :
"Bien que la purification du corps par l'âme soit l'essentiel de la vie dans ce monde ici-bas ... à cause de la faute d'Adam, toute créature doit passer par l'étape de la mort. [il n'y a aucune possibilité pour une âme de se purifier totalement en ce monde de la faute d'Adam, sans passer par la mort] ...
Si ce n'était à cause de la faute d'Adam, l'âme aurait pu assainir le corps d'une façon complète, au point que l'homme aurait pu entrer vivant dans le monde futur, comme Eliyahou haNavi et 'Hanokh l'ont fait en montant vivants au gan Eden."

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Il est écrit au sujet de 3 personnes, qu'ils avaient un visage ressemblant à celui de Avraham :
- pour Lot (Rachi - Lé'h Lé'ha 13,8) ;
- pour Its'hak (Rachi - Toldot 25,9) ;
- pour Eliézer (midrach Béréchit rabba 60,7). D'ailleurs, c'est pour cela qu'à son arrivée dans la maison de Bétouel et de Lavan, au début, ils pensaient à tort que c'était Avraham.

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+ "Il [Eliezer] dit : Je suis l'esclave d'Avraham" ('Hayé Sarah 24,34)

La Torah rapporte que quand Eliezer s'est assis avec la famille de Rivka pour leur expliquer le but de sa mission, la première parole qu'il tient à dire c'est : "Je suis l'esclave d'Avraham". Comme s'il était impatient de dire cela au point de ne rien pouvoir dire avant.
=> Cela peut paraître un peu étonnant. Ce n'est pas tellement habituel qu'un homme tienne tellement à dire qu'il est un esclave. Cela ne le met pas à son avantage!

-> Rabbi 'Haïm Chmoulevitch rapporte que le midrach enseigne que Eliezer ressemblait physiquement à Avraham. Quand Lavan le vit, il a cru qu'il s'agissait d'Avraham qu'il connaissait puisqu'il était de sa famille.
C'est pour cela qu'il lui dit : "Viens, toi qui est béni d'Hachem", en pensant qu'il parlait à Avraham.
Eliezer, qui avait compris cela, tenait le plus rapidement possible à corriger cette erreur. Et dès que l'occasion de parler lui fut donnée, il s'empressa de préciser qu'il était l'esclave d'Avraham, et pas Avraham lui-même.
Et même si ce n'est pas lui qui a fait croire cette erreur et qu'il n'était pas en faute, malgré tout, le fait que la famille de Rivka puisse penser qu'ils avaient affaire à Avraham, lui conférait un certain honneur, car ils avaient du respect pour Avraham. Et pour Eliezer, il n'était pas possible de profiter d'un honneur illusoire, qui venait d'une erreur. Et il saisit la première occasion pour corriger cela et rétablir la réalité, qu'en fait cet honneur ne lui revient pas.

Parfois, on peut se retrouver face à une situation où quelqu'un nous honore, nous félicite ou nous fait une louange qui n'est pas justifiée. Il commet une erreur pensant que l'on a fait quelque chose qui mérite une louange, mais il s'est trompé.
Non seulement, il ne convient pas de profiter de cette satisfaction illusoire, qui ne nous revient pas, car cela nous égare dans un comportement qui nourrit de l'imaginaire et cela éloigne de la réalité.
Mais Eliezer nous apprend qu'il convient même de s'empresser de corriger cet erreur à la première occasion qui nous est donnée, pour ne pas en tirer profit même pendant une certaine durée.

=> L'homme doit s'éloigner de la recherche des honneurs, encore plus si elles sont illusoires. Il est plus constructif de s'attacher aux vraies valeurs qui nous remplissent profondément, plutôt que de se laisser séduire par des éloges et des paroles mielleuses qui nous bercent d'illusions et ne nous remplissent que de vide.

"Avraham se leva de sur la face de son mort" (vayakom Avraham méal péné méto - 'Hayé Sarah 23,3)

=> A priori le terme : "la face" (péné - פני) est en trop, car il suffirait d'écrire : "Avraham se leva de son mort". Que vient nous apprendre l'ajout du mot : פני (la face)?

-> Le rav Yonathan Eibschutz (dans son Tiférét Yonatan) répond :
il est expliqué dans le Zohar, que tous les tsadikim qui sont enterrés au caveau de Makhpelah quittèrent ce monde par une "néchika" (un baiser de D.), et non par l'intervention de l'ange de la morts.
[la guémara (Béra'hot 8a) explique que la mort par baiser divin est comparable à un cheveun délicatement enlevé d'un bol de lait.
la guémara (Baba Batra 17b) enseigne que les âmes d'Avraham, Its'hak, de Yaakov, Aharon, Myriam et Moché furent toutes prises par le baiser divin de la néchika. (+ les ajouts selon le rav Eibschutz). La particularité est que c'est Hachem lui-même plutôt que l'ange de la mort qui prend l'âme.]

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=> Puisqu'Avraham enterra Sarah dans le caveau de Makhpelah, il devait forcément savoir que son épouse avait quitté ce monde par un baiser divin.
Comment Avraham a-t-il su que Sarah mourut par un baiser divin et non par l'intermédiaire de l'ange de la mort?

Il est écrit dans le guémara (Avoda Zara 20b) :
"Les Sages dirent à propos de l'ange de la mort qu'il est entièrement couvert de yeux. [ce qui signifie qu'il voit partout, en tout temps, d'un bout à l'autre du monde, contrairement aux êtres humains auxquels il suffit de fermer les yeux pour qu'ils ne puissent plus voir]
Au moment où le malade doit mourir, l'ange de la mort se tient debout au-dessus de sa tête. Ce dernier tient dans sa main une épée à l'extrémité de laquelle une goutte de poison est suspendue.
Lorsque le malade voit l'ange de la mort, apeuré, il ouvre la bouche et y reçoit la goutte de poison, ce qui le fait mourir.
Le poison va le putréfier et sa face va devenir verdâtre."

Avraham scruta "sa face" (פני) après son décès et il vit que son visage rosé rayonnait, comme si elle était encore en vie. Il comprit alors que Sarah avait quitté ce monde par un baiser divin et non par l'ange de la mort.
C'est là le sens du verset : "Avraham se leva de sur la face (פני) de son mort" = c'est précisément en observant le visage de Sarah, qu'il comprit comment elle avait rendu son âme et qu'elle pouvait donc être enterrée dans le caveau de Makhpelah.

De plus, les Commentateurs ajoutent sur le verset : "Et Sarah mourut à Kyriat Arba" : Ne lis pas "Kyriat Arba" (בקרית ארבע) mais plutôt "Kriat Arba" (בקריאת ארבע) qui signifie littéralement "avec la lecture des quatre".
En effet, Sarah notre matriarche rendit son âme en récitant les 4 derniers mots du Shéma Israël : "Hachem est notre D., Hachem est Un" (Hachem Elokénou, Hachem é'had).

Comme le dit le Zohar, Sarah mourut en lisant le Shéma Israël, car cette femme, pieuse et vertueuse, ne pouvait mourir par l'intermédiaire du serpent, l'ange de la mort. Son âme la quitta lors de la récitation des 4 derniers mots du Chema.
C'est cela qu'on appelle : "La mort par le baiser divin", comme il est écrit : "Mon âme me quitta par ta parole" (Chir Hachirim 5,6).
C'est par l'authenticité de l'adhésion de son âme à son Créateur que cette dernière la quitta.
[d'après le rav Pin'has Friedman]

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-> "Avraham se leva de devant son mort et il parla au fils de 'Het" ('Hayé Sarah 23,3)

-> Il y a un avis selon lequel la 10e épreuve que devait surmonter Avraham était sa discussion avec les fils de 'Het pour acheter la grotte de Makhpela pour y enterrer Sarah.
Mais on peut s'interroger. Tout d'abord, en quoi est-ce une épreuve de devoir discuter pour l'achat d'un terrain? Toute personne est régulièrement confronté à une telle situation où il doit acheter un terrain. Mais surtout, il est étonnant que cette épreuve vienne après le sacrifice d'Its'hak qui était bien plus difficile. On a du mal à comprendre l’enchaînement logique des épreuves.

En fait, lors de l'épreuve de la Akéda, Avraham devait montrer à Hachem son amour pour Lui, encore plus fort que pour son fils. Ainsi, il a connu lors de cette épreuve un moment d'élévation d'âme d'un très grand niveau. Il était prêt à tout pour démontrer son amour pour Hachem et il s'est attaché à Lui dans son cœur et ses sentiments, pour ressentir un détachement de tout le reste pour se consacrer exclusivement au Divin. Et effectivement, ce sentiment d'extase est très élevé.
Mais Hachem n'attend pas de l'homme uniquement cela. Il y a encore un niveau plus haut. C'est de pouvoir, juste après avoir connu un moment d'une si grande élévation spirituelle, redescendre sur terre et discuter de façon très terre à terre pour négocier l'achat d'un terrain.
La Torah ne veut pas que le Service de D. déconnecte l'homme de la réalité du monde concret et de ses obligations les plus basiques. Dans d'autres religions, on peut prôner le détachement total de la matérialité, pour une vie d’ascétisme et de fascination devant le spirituel. Mais, Hachem a placé notre âme dans un corps et dans un monde matériel, avec des besoins vitaux physiques. Car Il souhaite qu'on arrive à réunir les deux.
Certes, s'élever dans des sentiments d'amour et d'extase spirituels, mais en même temps, prendre en compte les contingences du corps et du monde, et mener une vie conforme à tout cela. C'est souvent ce que certains reprochent au judaïsme. Il y a trop d'exigence d'actes et de concret. On aimerait bien plus de sentiments et de fascination. Mais la Torah cherche à atteindre la perfection. A savoir, faire descendre les sentiments les plus élevés dans des actes et une vie des plus concrets. Car le but n'est pas uniquement l'élévation de son âme, mais aussi l'élévation de son corps et du monde matériel tout entier.
C'est ce que Avraham a su démontrer. Après l'élévation de la Akeda, il a su redescendre dans les affaires de ce monde et discuter de l'achat d'un terrain. Telle est la perfection que demande la Torah, mais si cela peut paraître pour certains moins exaltant. Mais la Torah n'est pas une religion forgée par l'homme, conforme à ce que lui recherche et ce qui le fascine le plus. C'est une Torah Divine, donnant à l'homme le moyen d'atteindre la perfection voulue par Hachem.
[rav Mikaël Mouyal]

Humilité & grâce :

-> "Grâce et gloire sont octroyées par Hachem" ('hen vé'havod yiten Hachem - Téhilim 84,12)

-> "Je ferai grâce à qui je devrai faire grâce" (vé'hanoti ét acher a'hon - Ki Tissa 33,19)

-> Le midrach (Yalkout Chimoni 395) affirme :
"même si une personne n'est pas méritante, elle peut recevoir [la grâce - 'hèn] comme cadeau d'Hachem" (af chééno raouï véaguoun).

=> Comment pouvons-nous recevoir la grâce ('hèn) en cadeau?

-> Il est écrit : "aux humbles, Il accorde la grâce" (laanavim yitèn 'hen [חֵן] -Michlé 3,34).

-> "Moché était très humble, plus qu'aucun homme se trouvant sur la terre" (Béha'aloté'ha 12,3)
Or, Hachem a dit à Moché qu'Il lui accordera toutes ses demandes "car tu as trouvé grâce à Mes yeux [Hachem]" (ki matsati 'hen bééné'ha - Ki Tissa 33,16).

=> L'humilité signifie être certain que tout ce que nous avons (talents, apparence, argent, ...) est un cadeau d'Hachem pour lequel nous ne pouvons réclamer du crédit ou attendre de l'honneur. [au contraire on va être responsable de l'utilisation des ressources que D. nous a confiés]
[l'humilité = avoir conscience de ce que nous avons, reconnaître que cela vient gracieusement de D., et utiliser tout cela au mieux selon la volonté d'Hachem]
Le plus nous sommes persuadés de cela, le plus nous serons humbles, et le plus de : 'hen [חֵן - "grâce"] nous aurons.

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-> On a vu l'exemple de Moché, on va voir maintenant celui de Noa'h.

-> Hachem a demandé à Avraham "marche devant Moi et sois intègre (tamim)" (Lé'h Lé'ha 17,1).
La guémara (Nédarim 32) enseigne que Avraham n'a été appelé "tamim" qu'après avoir fait sa circoncision.
Cependant, il est écrit : "Noa'h était un homme juste, intègre (tamim)" (Noa'h 6,9).
Comment a-t-il pu être appelé ainsi, sachant que la brit mila a commencé avec Avraham?

Rachi (guémara Avoda Zara 6a) explique que c'est parce que Noa'h était humble, qu'il a également été qualifié de : "tamim".
Hachem dit : "Moi et lui [celui qui est arrogant] ne peuvent pas résider dans le même monde" [guémara Sotah 5a]
=> Ainsi, si une personne est humble, alors elle mérite de toujours évoluer avec Hachem à ses côtés.
[le תוספות אמרות טהורות]

-> La guémara (Sanhédrin 108a) commente qu'à l'origine il a été décrété que Noa'h devait mourir avec dans le Déluge avec ses contemporains, mais il en a été épargné car, comme le relate la Torah : "il a trouvé grâce aux yeux d'Hachem" (Noa'h matsa 'hen bééné Hachem - Noa'h 6,8).

=> On voit de là que quelqu'un peut ne pas mériter d'être sauvé [d'un malheur], mais néanmoins du Ciel on peut l'en sauver en raison du fait qu'il a de la "grâce" ('hen).
[ainsi, plus nous sommes humbles, plus nous sommes "grâcieux" aux yeux d'Hachem, et plus nous sommes préservés de difficultés.]

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-> Plus l'homme se diminue lui-même [en étant humble], plus il possède une force d'attraction importante, autrement dit il peut attirer la Présence Divine dans les mondes inférieurs, afin qu'Il réside avec nous, ce qui est la volonté de D. depuis le jour où Il créa le monde ; mais il peut aussi attirer les gens vers lui, pour les rapprocher de Son service ; également drainer des influx bénéfiques et des bénéfiques sur Israël.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan - Torah 70]

-> à l'inverse : "L’orgueilleux repousse les pieds de la Présence Divine.
Hachem dit à son sujet : Moi et lui, nous ne pouvons demeurer ensemble!" (guémara Sotah 4b).

-> Par l'humilité, l'individu trouvera grâce aux yeux de tous ...
Par la charité (tsédaka), l'individu trouvera grâce aux yeux de tous.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - 'hen]

-> Hachem dit : "Des yeux hautains et un cœur enflé d’orgueil, Je ne puis les supporter" (Téhilim 101,5).
Le Rambam (Hilkhot Déot 2,3) enseigne que l'orgueilleux refuse d'admettre l'existence de Hachem.

-> "L’homme orgueilleux est livré à son cœur, car du fait que Hachem le tient en horreur, il ne bénéficie d’aucune aide divine."
[Rabbénou Yona - michlé 16,5]

-> Selon le Ma'ané Rakh (chap.14), une personne en colère : sa sainteté l'a abandonné, et il n'est plus soumis qu'à l'esprit d'impureté qui le domine.
[la guémara (Nédarim 22b) enseigne qu'au moment d'une colère, toutes les pensées d'une personne sont : "Il n'y a pas d'Hachem".]

-> Celui qui médit de son prochain écarte la Présence Divine d'Israël et lui fait dire : "Moi et lui ne pouvons vivre dans le même monde".
[Méam Loez - Tétsavé 28,39]

"Il [Yossef] est devenu le berger de la pierre d'Israël" (Vayé'hi 49,24)

-> Le Ben Ich 'Haï commente :
Le peuple d’Israël est comparé à de la pierre. Car la pierre a la particularité d’être soit comme un pavé au sol, foulé par tous, soit comme un toit au plus haut des plus grands édifices.
En exil, Israël est foulé au pied mais ensuite après la venue du machia'h, ils s’élèveront au-dessus des autres peuples.

Une des raisons pour lesquelles Israël est parti en exil est pour permettre à des convertis de le rejoindre. C’est parce qu’Israël est appelé "kodech", un peuple saint, et que tout ce qui est kodech doit être augmenté, comme le Shabbat qui est aussi appelé "kodech".

Le Tossefet Shabbath

+++ Le Tossefet Shabbath :

"Et les Bné Israël veilleront au Shabbat pour faire le Shabbat" (véchamérou Bné Israël ét haShabbath, laassot ét haShabbath - Ki Tissa 31,16)

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch explique :
"Hachem Lui-même donne son assentiment au temps profane que l'homme ajoute au temps du Shabbat, et accepte de l'appeler Shabbat.
Il se trouve donc que cet homme a réellement fait le Shabbat (laassot ét haShabbath), car il transforme les heures du "yom chichi" et celles du "yom richon" qui sont profanes en heures de Shabbat".

-> Le Yétev Panim, s'inspirant de ces paroles, explique l’enseignement de nos Sages (guémara Shabbat 118b) : "Si seulement les Bné Israël observaient 2 Shabbatot, ils seraient immédiatement délivrés" : ces 2 Shabbatot, explique-t-il, sont :
1°/ le Shabbat qu'Hachem Lui-même fait ;
2°/ le Shabbat que les Bné Israël font, en ajoutant du temps profane au temps du Shabbat. Et s'ils observaient 2 deux Shabbatot (en accueillant le Shabbat plus tôt), ils seraient immédiatement délivrés, car ''mesure pour mesure'', de la même manière que nous faisons rentrer le Shabbat plus tôt, Hachem aussi se hâtera de nous délivrer avant le moment, en faisant Lui-aussi entrer le ''le temps qui est entièrement Shabbat'' (yom chékoulo Shabbath - שבת שכולו יום), avant l'heure.

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-> Ce "Tossefet Shabbat" (le fait de rajouter du temps profane à celui du Shabbat en l'accueillant plus tôt) possède une force considérable pour être délivré de tout malheur comme l’illustre le récit suivant :
Un homme alla épancher son cœur contrit devant le Pné Ména'hem, à propos de son fils qui s'était écarté du chemin de la Torah et de la tradition, en quittant la maison et son lieu natal.
"J'ai entendu de mon père, le Imré Emet, que la Tossefet Shabbat était connue pour délivrer de toutes sortes de malheurs. Je te conseille donc, toi et ton épouse, d'accueillir le Shabbat chaque semaine, plus tôt (en récitant alors des psaumes) et vous verrez ainsi des merveilles".
L'homme témoigna qu'en effet, son fils revint peu de temps après, dans le giron familial et retourna dès lors à la tradition juive.

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-> Le 'Hafets 'Haïm (sur la Torah - Béréchit 2,3) écrit:
"Combien sont dans l'erreur les gens de faible croyance, qui tardent à accueillir le Shabbat et se dépêchent d'en sortir. Pourtant, les 6 jours profanes se nourrissent de la malédiction de Adam Harichone : "C'est à la sueur de ton front que tu mangeras ton pain", et seul le Shabbat en a été préservé, et a été béni par Hachem Lui-même, comme il est dit : "Il le bénit et le sanctifia" .
Ils font exactement l'inverse des gens intelligents qui se hâtent d'accueillir le Shabbat afin de faire entrer le plus vite possible sa bénédiction, et qui tardent à en sortir afin de retarder autant que possible la malédiction des jours profanes.
Heureux ceux qui mériteront de le comprendre et se hâteront d’accueillir le Shabbat afin de recevoir la bénédiction promise d'office à ceux qui savent de comporter ainsi."

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-> A la fin du Shabbat, les Juifs doivent s'attarder, afin de ne pas donner l'impression qu'ils repoussent le Shabbat.
[Zohar - vol.2, 207a ]

-> Si quelqu'un allume une bougie à la fin du Shabbat, avant que la communauté n'atteigne la kédoucha de vé'ata kadoch, il provoque l'allumage prématuré du feu de la Guéhinam, et les réchaïm du Guéhinam le maudissent, car on ne peut allumer la bougie à la fin du Shabbat avant que les juifs aient récité la havdala, à la fois dans la prière et sur la coupe de vin, car jusqu'alors, la sainteté du Shabbat règne encore, mais s'il attend que la communauté ait récité la kédoucha de "vé'ata kadoch", les réchaïm justifient le verdict et bénissent cette personne avec toutes les bénédictions de "véyiten lé'ha"."
[Zohar - vol.1, 14b ]

-> Ceux qui n'ajoutent pas [le temps minimum] au Shabbat et aux fêtes ; s'il est érudit, sa sagesse disparaît ; s'il est riche, sa richesse disparaît et il est privé de bénédictions.
[Tikouné Zohar 19, 38a ]

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-> b'h, voir également : Faire rentrer Shabbath plus tôt : https://todahm.com/2023/01/24/faire-rentrer-shabbath-plus-tot

"Avraham courut vers le bétail" (Vayéra 18,7)

-> Bien qu'Avraham eût de nombreux serviteurs, il courut en personne pour servir ses invités. L'ange Raphaël le suivit discrètement et prit l'apparence d'une vache. En effet, le nom Raphaël (רפאל) peut s'écrire également : פר אל (la vache de D.).
Lorsqu'Avraham s'est approché de cette vache pour la saisir, celle-ci s'enfuit jusqu'à la grotte de Makhpela.
Avraham suivit la vache et vit sur place Adam et 'Hava. Le Gan Eden inférieur fut créé 1365 ans avant le monde que nous connaissons aujourd'hui. Notre monde a une dimension d'un 60e du Gan Éden qui se trouve au sud-ouest tandis que le guéhinam lui se situe au nord de notre monde. Les anges de destruction et les mazikim y résident.
Le caveau de Makhpéla étant une porte ouverte vers le Gan Eden, il permet aux néchamot (âmes) d'y accéder sans être affectées par les mazikim. Adam et 'Hava sachant ce secret, ont fait en sorte d'y être enterrés, et depuis le jour de leur enterrement, l'ouverture de la grotte de Makhpéla fut fermée aux yeux des créatures afin de leur cacher cet endroit si élevé.

Ainsi, le jour où Avraham saisit deux vaches pour servir leur langue en repas aux anges, qui est la viande la plus tendre, la troisième vache s'enfuit jusqu'au caveau de Makhpéla.
Lorsqu'Avraham arriva sur place, il sentit l'odeur du Gan Eden et souhaita y être enterré. Lorsqu'il retourna dans sa tente, il n'y avait que 2 vaches. Lui manquant la troisième, il décida de créer la 3e vache par l'intermédiaire du sefer haYétsira pour ne pas retarder davantage le repas de ses invités. Car s'il devait chercher une vache dans son troupeau, l'heure du repas serait passée. C'est pour cela qu'il est écrit : "oubén abakar achèr assa".

"Et le veau qu'il avait fait" (Vayéra 18,8) = à présent nous comprenons comment Avraham notre Patriarche a pu donner à ses invités de la viande avec du lait, car cette viande ressemblait effectivement à de la viande mais n'en n'était pas réellement.
Notre Patriarche fit une allusion aux anges lorsqu'il dit : הבקר (le veau - abakar), on peut également l'écrire : הקבר (la tombe - akéver).
En d'autres termes, Avraham dévoila aux anges sa mésaventure avec la troisième vache qui le conduisit jusqu'au caveau de Makhpéla et qui le contraint à créer ce veau qui est permis à la consommation avec du lait.
[rav Yissa'har Chmouëli Beniahou]

4 descentes en Egypte en préparation des 4 exils des juifs

+ Les différentes descentes en Egypte des enfants de Yaakov :

=> Nombre de descentes en Eypgte :
-> Les enfants de Yaakov sont descendus 4 fois en Egypte. S’appuyant sur l’enseignement de nos Sages : "Les actions des pères sont un signe pour les enfants" (guémara Sota 34a), l’Admour de Belz explique que les Chevatim (tribs les fils de Yaakov) effectuèrent ainsi une préparation aux 4 Exils à venir : Babel (Babylone), Madaï (Perse), Yavan (Grèce) et Édom (Rome), selon l’enseignement (midrach Vayikra rabba 13) : "Tous les Empires (des 4 exils) s’appellent Mitsraïm (Egypte) car ils ont martyrisé (Métsirine) les juifs".
[on peut noter que les 4 remontées d’Egypte préfigurèrent les 4 délivrances du joug de ces Empires : la 4e remontée (la Sortie d’Egypte), ne concerna pas les fils de Yaakov mais leurs descendants, faisant ainsi allusion à la longue durée du dernier exil].

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=> Correspondance entre les 4 descentes en Egypte des enfants de Yaakov et les 4 Exils.

- La 1ere descente en Egypte fut celle pour aller chercher de la nourriture en raison de la famine qui sévissait dans le monde. Il est dit à ce propos : "II (Yaakov) dit (à ses fils) : "J’ai ouï dire qu’il y avait vente de blé en Égypte. Allez-y, achetez-y du blé pour nous et nous resterons en vie au lieu de mourir".
Les frères de Yossef descendirent à 10, pour acheter du grain [de blé] en Égypte" (Mikets 42,3). Le mot שֶׁברֶ (Chéver - blé) signifie "casser" ; ainsi, le Ohev Israël nous enseigne que la raison profonde de la demande de Yaakov à ses fils de descendre en Egypte, était de "briser" les Klipot (écorces du Mal) retenant les "étincelles de sainteté" dissimulées dans le blé qu’avait accumulé Yossef durant les années d’abondance.
Outre le châtiment, le travail de tri des "étincelles" est la raison principale de l’exil, dont le premier (et prévu dernier s’ils avaient été méritants) fut celui de Babel.

- La 2e descente en Egypte coïncide avec celle de Binyamin : "Ces hommes (les 10 fils de Yaakov) se chargèrent du présent ... et emmenèrent Binyamin. Ils se mirent en route, descendirent en Égypte et se présentèrent devant Yossef" (Mikets 43,15).
Cette descente fait allusion à l'exil de Perse dont le libérateur du décret d’extermination d’Haman fut Mordé'haï, un descendant de Binyamin (en raison du fait qu’il fut le seul à ne pas s’être prosterné devant Essav, l’ancêtre d’Haman, au retour de Yaakov de chez Lavan, car il n’était pas encore né).
Ainsi, la guémara (Méguila 16a) voit dans le verset (Mikets 45,22) : "A tous il (Yossef) donna à chacun des vêtements de rechange, mais à Binyamin il donna… cinq changements de vêtements", "une allusion au fait qu’un
descendant issu de lui (il s’agit de Mordé'haï) sortirait de devant le roi vêtu de 5 vêtements royaux".

- La 3e descente des fils de Yaakov en Egypte marqua l’installation du Patriarche et sa famille à Gochène, cette province d’Egypte octroyée par le Pharaon à Sarah Iménou (et plus tard à la famille de Yaakov).
Ainsi, il est dit : "Yaakov envoya Yéhouda en avant, vers Yossef, pour qu’il lui préparât l’entrée de Gochène (Gochna - גשְֹּׁנהָ)" et Rachi de commenter : "Pour préparer les lieux et montrer comment s’y installer".
Elle caractérise l’exil de Grèce dont la délivrance est célébrée au travers de la fête de ‘Hanoucca.
Ainsi, avons-nous la coutume de jouer à la toupie à ‘Hanouka ; celle-ci est ornée des quatre lettres du mot גשְֹּׁנהָ (Gochena), constituant les initiales de la phrase : "נס גדול היה שם" (ness gadol haya cham - Un grand miracle a eu lieu là-bas).
[on peut noter que le Bné Yissa'har enseigne que ces 4 lettres nous rappellent les 4 royaumes qui tentèrent d’annihiler le peuple d’Israël, mais qui seront finalement vaincus par le Machia’h (משיח) dont la valeur numérique (358) est celle du mot גשְֹּׁנהָ (Gochena).]

- La 4e et dernière descente en Egypte fut celle du retour de l’enterrement de Yaakov dans la caverne de Makhpela : "Yossef, après avoir enseveli son père, retourna en Égypte avec ses frères" (Vayé'hi 50,14).
[ce dernier séjour en terre d’Exil prendra fin avec la Sortie miraculeuse d’Egypte, archétype de la Délivrance finale, comme il est dit : "Comme aux jours de ta Sortie de la terre d’Égypte, Je lui ferai voir des merveilles" (Mikha 7,15)].
Cette dernière descente symbolise donc le dernier exil, le plus long et le plus douloureux, à l’image de l’effet de la disparition de Yaakov, "quand les yeux et le coeur des juifs se sont fermés en raison de la souffrance de l’asservissement" (voir Rachi sur Vayé'hi 47,28).

"Et voici la postérité d’Its’hak, fils d’Avraham: Avraham engendra Its’hak" (Toldot 25,19).

=> Comment comprendre la redondance dans ce verset : "Its’hak, fils d’Avraham : Avraham engendra Its’hak"?

On peut rapporter les explications suivantes :

1°/ Rachi commente : "Les moqueurs de la génération disaient que c’est d’Avimèlekh (roi de Guérar – voir Vayéra 20) que Sarah était devenue enceinte, puisqu’elle était demeurée si longtemps avec Avraham sans avoir eu d’enfants. Qu’a fait Hachem? Il a modelé le visage d’Its’hak à la ressemblance de celui d’Avraham, et tout le monde a pu ainsi témoigner que celui-ci était bien son père.
C’est la raison pour laquelle il est écrit ici : ’Its’hak, fils d’Avraham’, étant donné qu’il était désormais prouvé que ‘Avraham a engendré Its’hak’."

2°/ Le midrach (Tan’houma Toldot 4) commente :"Its’hak fut couronné en Avraham, et Avraham fut couronné en Its’hak".
Chacun faisait la fierté de l’autre.
[de plus cela atteste de l'humilité de chacun d'eux. Its'hak attribuait ses mérites au fait qu'il était le fils d'Avraham, et Avraham tirait tout son mérite par le fait d'avoir un fils comme Its'hak.]

On peut rapporter les explications suivantes du Ohr ha'Haïm haKadoch :
-> "Avraham a donné naissance à Its'hak" = cela veut dire qu'Avraham a fait rentrer en son fils le pouvoir d'enfanter, et cela grâce à la Akédat d'Its'hak.
[Le Arizal dit que quand les anges annoncèrent la naissance d'Its'hak, ils dirent : "Il y aura un fils à Sarah ta femme". Ils attribuèrent le fils à Sarah et non à Avraham. Cela signifie qu'Its'hak aura une âme d'une dimension féminine, à l'image de sa mère. Et avec une telle âme, il ne pourra pas avoir d'enfants.
Nos Sages disent que quand Avraham s'apprêta à sacrifier Its'hak, l'âme de ce dernier quitta son corps. Et alors, Hachem lui restitua une autre âme, cette fois-ci d'une dimension masculine, qui pourra désormais enfanter. Dès lors, Its'hak, doté d'une âme d'une dimension masculine, peut être attribué à Avraham, son père.
Il est devenu ''fils pour Avraham'', et plus seulement ''pour Sarah''. Et puisqu'à présent il pourra enfanter, il est donc arrivé le moment qu'il se marie.]

-> Nos sages (guémara Yévamot 64) ont enseigné qu'on ne peut pas comparer la valeur de la prière d'un tsadik qui est le fils d'un tsadik et celle d'un tsadik fils de racha [effectivement, Its'hak priait de son côté pour avoir des enfants et Rivka de son côté. La Torah témoigne et nous dit que D. a répondu à Its'hak par le mérite d'Avraham].
Donc on apprend de là que par le fait qu'Its'hak avait un père tsadik, alors D. a écouté sa prière et lui a donné des enfants ; donc par le mérite d'Avraham, Its'hak a donné naissance.

-> Nos sages (midrach Béréchit Rabat 63,2) disent que par le mérite de Yaakov, alors Avraham a été sauvé de la fournaise [du fait que Yaakov devait descendre d'Avraham, alors D. a sauvé Avraham du feu avec l'épisode de Nimrod afin de pouvoir donner naissance à Yaakov], car si ce n'est grâce au mérite de Yaakov qui est le descendant d'Its'hak, alors Avraham aurait été brûlé avant de pouvoir donner naissance à Its'hak.

-> Le fait que les épreuves qu'aurait traversé Its'hak ne sont pas connues [ne sont pas contées dans la Torah] et que l'ampleur de sa tsidkout [son integrite] n'était pas connue, c'est la raison pour laquelle la Torah vient nous dire "voici les descendants d'Its'hak fils d'Avraham" comme pour dire, regarde celui qui a donné naissance à Its'hak et celui qui est descendu de lui est comme lui-même.
Cela veut dire que tout comme Avraham était connu pour son intégrité par rapport à toutes les épreuves qu'il a traversées; de la même manière, Its'hak était aussi grand que son père.

-> Le Ohr ha’Haïm explique qu'Avraham s'est battu toute sa vie pour reconnaitre Hachem, pour convertir et faire le bien autour de lui (la tsédaka, l'hospitalité, ...).
Et ce, alors que lui-même a vécu dans un environnement extrêmement malsain et négatif. En effet, son père Téra'h était un très grand idolâtre. Aussi, pour arriver au niveau spirituel qu'il a atteint, Avraham a dû se battre sans fin pour devenir "notre" saint patriarche Avraham.
A contrario, Its'hak a grandi dans la maison d'Avraham, une maison pure et spirituelle. Il s'est développé au sein d'un environnement acquis où son père Avraham l'éduqua et le forma à devenir un serviteur d'Hachem.
Le Ohr ha'Haïm explique que c'est pour cette raison que le verset insiste sur le fait que c'est bien Avraham qui a engendré Ist'hak, "engendrer" au sens spirituel du terme. C'est Avraham qui a façonné son fils, en le faisant devenir, lui aussi, un patriarche d'exception. En le protégeant au maximum du monde extérieur que lui-même avait réussi à surmonter dans sa jeunesse pour devenir un homme exceptionnel.

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3°/ Il est connu qu’Avraham symbolise le Service divin bâti sur l’amour et la bonté, tandis qu'Its'hak est l’exemple de la crainte et de la rigueur.
Le Tséma’h Tsédek (dans son Ohr haTorah) explique que chacun de ces pôles du Service divin a 2 niveaux. Il y a la "crainte inférieure", qui est l’adhésion par crainte du châtiment qu’encourt le péché, ou tout mal résultant du péché.
Tandis que la "crainte supérieure" est un sentiment de respect profond et d’annulation devant la Majesté de D.
L’"amour inférieur" est un attachement à D. motivé par la récompense, qu’elle soit matérielle ou spirituelle. Alors que l’"amour supérieur" est étranger à tout désir de profit personnel ; c’est simplement un attachement à D. par amour pour Lui.

Le verset, dans son apparente répétition, nous enseigne le chemin approprié qui conduit à l’attachement indéfectible avec Hachem. Ainsi, l’ordre des noms dans notre verset (Its’hak, Avraham, Avraham, Its’hak) nous indique que le Service divin commence avec la crainte inférieure (Its’hak), monte vers l’amour inférieur (Avraham), puis vers l’amour supérieur (Avraham), pour enfin atteindre son point culminant avec la crainte supérieure (Its’hak).

4°/ Le Zohar explique qu’Avraham représente symboliquement l’âme tandis que Sarah représente le corps. Its’hak, dont le nom signifie "rire" (ts’hok), représente les plaisirs que connaîtra l’âme dans le Monde futur.
Traduit ainsi, le verset énonce : "Le plaisir sera la récompense de l’âme" ("Its’hak, fils d’Avraham") dans le monde futur, si "l’âme engendre des plaisirs à D." ("Avraham engendra Its’hak") par son Service divin ici-bas.

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=> Quel est donc le rapport entre ces 4 explications précédentes?

-> Selon le Zohar, l’amour et la crainte de D. sont appelés les "ailes" du Service divin, car ils permettent à l’homme se s’élever dans les hauteurs de la sainteté. Si son Service divin est pur et désintéressé, l’élévation procurée peut potentiellement lui permettre de transcender les limitations de la loi naturelle, non seulement dans les choses spirituelles, mais aussi dans les choses matérielles.

Ainsi en fut-il pour Avraham Avinou. Selon les seules règles de la nature, Avraham n’aurait pas pu avoir d’enfant. Lui et sa femme étaient âgés et stériles. Avraham n’aurait pas été "couronné" en Its’hak, car ce dernier en réalité paracheva et compléta le Service de son père, apportant un élément qui manquait à Avraham même.
Cependant, avant d’avoir Its’hak, Avraham avait déjà eu une "progéniture" spirituelle, car "la progéniture des justes, ce sont leurs bonnes actions" (voir Rachi - Noa'h 6,9) ; mais la naissance d’Its’hak prouva que même dans le domaine physique, des événements miraculeux l’accompagnaient, réfutant ainsi les "moqueurs de la génération".

L’élévation procurée par les "ailes" du Service divin résulte des efforts accomplis par un juif en ce monde pour permettre à son âme de surmonter les limites de l’existence terrestre. Aussi, lui vaudra-t-elle d’être récompensé par les délices spirituels de la vie future.
[basé en partie sur un dvat Torah du Collel de Sarcelles - 5783]

La sainteté des actes préparatifs au Shabbath

+++ La sainteté des actes préparatifs au Shabbath :

+ "Souviens-toi du jour du Shabbat pour le sanctifier" (Yitro 20,7)

-> Le Ramban explique ce commandement ainsi :
"Après nous avoir ordonné de croire en le Nom unique de D. ... Il nous a ordonné de faire un signe et un souvenir permanent montrant qu'Il a tout créé. Ce [signe] est la mitsva de Shabbat.
A un niveau simple, il est dit que c'est une mitsva de nous souvenir du Shabbat chaque jour afin que nous ne l'oublions pas ou ne le confondions pas avec les autres jours, car, en nous souvenant de lui constamment, nous nous souviendrons sans cesse de la création du monde et reconnaitrons en permanence que le monde a un Créateur."

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-> "Souviens-toi du jour du Shabbat pour le sanctifier" (zakhor léyom haShabbath lékadécho)

-> Rachi commente : le mot zakhor signifie : Appliquez-vous à vous souvenir toujours du jour du Shabbath, de telle manière que s’il vous advient un bel objet, vous le mettrez de côté pour Shabbath.

-> Rabbi Dovid Hofstedter (Darach David - Moadim) explique :
Selon Rachi, il semble que le mot "lékadécho" (pour sanctifier le Shabbat) évoque le but de ce précepte. Nous devons "nous souvenir" de Shabbat pendant la semaine afin de le "sanctifier" et de l'honorer. En réservant des aliments de choix pour le Shabbat, nous montrons que le Shabbat est un jour saint au statut et au sens particuliers.
[l'univers physique tout entier devait être créé avant le Shabbath ; car sans l'existence d'un monde physique, Shabbath n'aurait rien eu à élever et à sanctifier. ]
[...]
Lorsqu'un homme fait de la préparation de tous ses besoins physiques un acte de préparation au Shabbat, il démontre qu'il accomplit ses activités physiques dans le but de créer de la sainteté.
Il élève ainsi ces activités et les imprègne de sainteté.
Lorsque les pensées d'un homme sont constamment dirigées vers la sainteté du Shabbat, il introduit la force spirituelle du Shabbat dans le reste des jours de la semaine. Il peut ainsi réaliser l'essence même du Shabbat, son statut en tant que but de toute la création, même pendant la semaine.

Le Maor vaChémèch (Vayélé'h 35,1) dit que la sainteté du Shabbat repose sur la personne pendant qu'elle prépare le Shabbat.
Superficiellement, cela semble difficile à comprendre, car ces préparations ne semblent être pas plus qu'un acte constituant une condition préalable à la mitsva sans signification intrinsèque (un hekhchèr mitsva). Pourquoi la sainteté de Shabbat serait-elle présente quand un acte profane est accompli?
D'après nos propos, la réponse est très claire. Le but de Shabbat est de sanctifier le monde physique. Telle est l'essence du Shabbat, et c'est ce qui fait du Shabbat "le but de la création du ciel et de la terre".
Les préparatifs matériels du Shabbat représentent la réalisation de ce but, car ils sont empreints de sainteté du fait de leur but. Il est tout à fait logique qu'eux aussi s'imprègnent de la sainteté du Shabbat.

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-> "Za'hor ét yom haShabbath lékadécho" (Pense au jour du Shabbath pour le sanctifier - Yitro 20,7).
Selon le Baal haTourim, les 5 mots de ce verset suggère que l'observation du Shabbath est équivalente aux 5 livres de la Torah.

-> "souvenez-vous du jour de chabbat pour le sanctifier" = cela peut être compris en conjonction avec les actions de Shamaï. Si Shamaï rencontrait un animal supérieur à tout moment de la semaine, il dirait que cela devrait être mis de côté pour Shabbat. S’il rencontrait plus tard un meilleur animal, il désignait alors celui-ci plutôt pour chabbat (guémara Bétsa 16a ; voir Michna Broura 250:2).
=> Ainsi, לקדשו (lékadécho - pour le sanctifier) est une contraction de לקדש ו (lékadéch vav) = pour sanctifier Shabbat avec les 6 jours de la semaine, car ו a une guématria de 6.

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-> "Elazar, fils de 'Hanania, fils de Hizkiya, fils de 'Hanania, fils de Garon, dit : 'Souviens-toi du jour du Shabbat pour le sanctifier' [signifie que] tu dois t'en souvenir depuis le premier jour de la semaine : si tu trouves un aliment de choix, tu dois le préparer pour Shabbat.
Rabbi Its'hak dit : il ne faut pas compter [les jours de la semaine] comme les autres comptent, mais compter d'après le Shabbat."
[Mékhilta - Yitro - Massèkhta déBa'hodèch ch.7].

-> Selon la guémara (Beitsa 16a) :
"On dit que Chamaï l'Ancien a mangé toute sa vie en l'honneur du Shabbat. S'il trouvait un animal de choix, il disait : 'C'est pour Shabbat'. S'il en trouvait ensuite un meilleur, il mettait le deuxième de côté et mangeait le premier [qui avait été réservé pour Shabbat]".
Rachi (Beitsa 16a) explique : "Ainsi, il mangeait [le premier] afin de pouvoir manger le meilleur le Shabbat, et de ce fait, la consommation du premier était [considérée] en l'honneur du Shabbat".

D'après ce qu'on a vu précédemment, une autre explication est possible de cette guémara : comme Chamaï l'Ancien réservait chaque mets de choix pour Shabbat, et allait jusqu'à mettre de côté toute chose qu'il considérait meilleure que celle qu'il avait déjà réservée, il sanctifiait chaque consommation d'aliments même pendant la semaine. Sa conduite montrait que toutes ses activités étaient guidées par des considérations spirituelles dans le but d'atteindre la sainteté.