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Les privilèges que D. a accordé aux juifs

"Quel peuple est assez grand pour avoir D. proche de Lui, comme l'est Hachem, notre D., chaque fois que nous L'appelons? Quel peuple est assez grand pour posséder des règles et des lois si justes, comme toute cette Torah que je présente devant vous aujourd'hui?" (Vaét'hanan 4,7-8)

-> Selon certains commentaires, ce verset énonce les privilèges que D. a accordé aux juifs :
1°/ Il nous a fait savoir qu'Il nous aime.
Généralement, si un homme a un parent devenu célèbre, il se vante en disant : "Cet homme est de ma famille!" Il ne dit pas : "Je fais partie de sa famille".
Hachem nous aime tant qu'Il nous honore en disant : "Quel peuple ... pour avoir D. proche de lui" et non : "un peuple proche de D."

2°/ Les idoles des païens sont peut-être proches physiquement de leurs adorateurs, mais lorsqu'ils la supplient, elles sont très loin car elles ne leur répondent pas.
De la terre au ciel, il y a une distance de 500 ans de voyage, et chaque firmament est séparé de l'autre par une distance de 500 ans de voyage. Cependant, lorsque nous sollicitons Hachem, Il est tout près de nous. Dès que nous L'appelons, Il nous répond.

3°/ Hachem n'agit pas envers Israël comme envers les autres nations.
S'il punit une nation pour ses fautes, Il la frappe jusqu'à l'anéantir. Par contre, s'Il frappe le peuple d'Israël d'une main, Il le guérit de l'autre.
Cela peut être comparé à un homme si fort qu'il peut tuer d'un coup de poing. Cependant, s'il lui faut corriger l'un de ses enfants, il le frappe avec compassion sans le mettre en danger.
Hachem agit de même envers nous car Il est notre parent (karov veut aussi dire "un proche parent").

Si un homme a un parent riche, il fait savoir à tous que ce parent fait partie de sa famille ; mais s'il est pauvre, il fait comme s'il ne le connaissait pas.
Bien qu'en Egypte, nous fussions des esclaves qui travaillions aux briques et au mortier, D. nous a appelés : "Mon fils, Mon premier-né, Israël" (Chémot 4,29).
La Torah dit donc : "pour avoir D. proche de lui (ou D. comme proche parent)" = voyez à quel point Hahcem vous aime! Il est proche de vous comme un membre de votre famille. Lorsque vous fautez, Il vous frappe d'une main, mais de l'autre Il vous prend en pitié.

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4°/ Chacune des 70 nations est placée sous la surveillance d'un ange. Tous les génies des nations demandent leur subsistance à D. pour nourrir leur peuple.
Aucun d'eux n'a de capacité indépendant ni de nourriture à fournir car tout provient d'Hachem. Ils peuvent seulement prendre ce que D. leur accorde et le donner à leur nation.

A Roch Hachana, D. décide ce que chaque ange doit recevoir pour nourrir et diriger sa nation. Nul peuple ne peut obtenir davantage que la quantité octroyée par D.
Même si une nation prie et supplie de lui fournir plus que ce qui a été fixé à Roch Hachana, l'ange ne pourra rien ajouter de lui-même.

Les juifs peuvent, par leurs prières, changer ce qui a été décidé à Roch Hachana et recevoir davantage.
Comme D. Lui-même les gouverne, Il peut leur donner toute ce qu'Il désire. Il n'existe aucune nation semblable à Israël capable, par la prière, d'obtenir que D. change un décret fixé à Roch Hachana.

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5°/ Hachem honore Israël plus qu'Il n'honore Ses créatures célestes.
Lorsque les anges prient, ils louent D. à voix haute, comme il est écrit : "Les piliers des montants des portes sont tremblé de la voix qui appelait" (Yéchayahou 6,4) et : "Un vent m'a emporté et j'ai entendu derrière moi un grand bruit" (Yé'hezkiel 3,12).

Les anges sont si éloignés de D. qu'ils ignorent où se trouve la gloire d'Hachem. Ainsi, ils Le louent : "Louée soit la Gloire de D. de son endroit" (Yé'hezkiel 3,12).

Les juifs prient D. en silence car ils savent qu'Il est proche d'eux. C'est pourquoi la Torah dit : "Quel peuple est assez grand pour avoir D. proche de lui comme l'est Hachem, notre D., chaque fois que nous L'appelons?"

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6°/ Aucune nation ne connaît comme Israël les attributs de D.
Généralement, lorsqu'un homme doit être jugé, il s'habille en noir, ne se coupe ni les cheveux ni les ongles, en mange pas et ne boit pas, tant il redoute l'issue du procès.

A Roch Hachana, les juifs savent qu'ils sont jugés en Haut mais ils portent des vêtements blancs, se coupent les cheveux et les ongles, mangent et boivent. Ils savent que D. les acquittera.
C'est ce que dit le verset : "Heureux es-tu, Israël! Qui est comme toi, un peuple délivré par D.?" (Dévarim 33,29).
Personne comme Israël ne connaît les attributs de son Maître.

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7°/ Avant de fixer la date de Roch Hachana a Ciel, Hachem et tous les anges attendent qu'Israël annonce quel jour sera le nouvel an.
Lorsque D. et les anges voient les Sages d'Israël désigner un certain jour comme étant Roch Hachana, D. dit : "Préparez-vous car Je veux siéger en jugement ce jour-là!"
Si nos Sages retardent Roch Hachana d'un jour, en Haut le jugement est reporté d'un jour. Hachem dit alors aux anges : "Retirez le Trône de justice car Mes fils ont décidé que Roch Hachana serait demain!"

Ainsi, avant Roch Hachana et les fêtes, les anges viennent demander à Hachem : "Quand sera Roch Hachana?"
D. leur répond : "Est-ce à Moi que vous posez la question? Allons plutôt le demander au tribunal terrestre et nous nous conformerons à leur décision".

Moché dit donc : "pour avoir D. (Elohim) proche de lui" = quel peuple a D. et les anges proches de lui au point de venir lui demander quand le tribunal terrestre a fixé Roch Hachana pour arrêter cette au Ciel.

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8°/ La guémara raconte que rabbi Eliézer et les autres Sages avaient une divergence d'opinion quant à une loi de pureté.
Rabbi Eliézer déclarait un certain four pur tandis que les autres Sages le proclamaient impur.
Rabbi Eliézer s'est exclamé : "Si mon opinion est juste, que le Ciel le fasse savoir!"
Une voix céleste annonça qu'en effet l'opinion de rabbi Eliézer était conforme à la loi.

"Quel peuple est assez grand pour avoir D. proche de Lui" = quelle nation est semblable à Israël? Les Sages appellent leur Créateur pour trancher leurs débats, et D. leur répond.

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9°/ Après que cette voix céleste eut annoncé que la loi était conforme à l'opinion de rabbi Eliézer, rabbi Yéhochoua s'est levé pour déclarer : "Maître de l'univers! Il est écrit dans Ta Torah : 'Vous suivrez la majorité'. Par conséquent, nous ne tiendrons pas compte de la voix céleste en compte" (guémara Baba Métsia 59).

Le verset poursuit donc : "Quel peuple est assez grand pour posséder des règles et des lois si justes" = les Sages ne prêtent pas attention aux voix célestes mais ils tranchent la loi en fonction de la majorité, comme le demande la Torah.

[sur ce récit de la guémara : https://todahm.com/2018/10/10/7187-2
A la suite de ce récit (où la halakha a été fixée selon la décision en bas et non en haut dans le Ciel), la guémara raconte que Rabbi Nathan rencontra peu après le prophète Eliyahou et lui demanda ce que Hachem avait fait pendant ce temps.
Le prophète répondit : "Il riait en disant : Mes fils M'ont vaincu! Mes fils M'ont vaincu!"
=> Quel autre peuple a une telle relation, une telle importance, avec son papa Hachem?]

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10°/ L'âme du juif émane de la source de vie située sous le Trône de Gloire. Elle s'appelle l'âme de Vie (nichmat 'haïm) et elle entre en l'homme lorsqu'il atteint l'âge de 13 ans, car à cet âge-là il mérite d'acquérir la Torah.
Cette âme lui vient car grâce à elle, il est disposé à étudier la Torah et à en comprendre les mystères.
Jusqu'à 13 ans, il n'a en lui que l'âme appelé l'âme vivante (néfech 'haya) qui lui donne la faculté de parler.
Les nations elles aussi ne possèdent que l'âme vivante car elles n'ont pas voulu accepter la Torah.

"N'est-Il pas ton Père, ton Maître, Celui qui t'a fait et t'a établi?"
Hachem nous a créés et nous a donnés cette âme de Vie pour préparer notre esprit à étudier et à comprendre la Torah.

Lorsque le verset dit : "Quel peuple est assez grand pour posséder des règles et des lois si justes" = cela signifie : Quel peuple jouit d'une prédisposition come la nôtre à comprendre la Torah?

La Torah ajoute : "chaque fois que nous L'appelons" = même lorsqu'un décret est scellé contre les juifs à cause de leurs nombreuses fautes, s'ils se repentent et prient, ils sont agréés et le décret est annulé.
Le verset dit donc : "chaque fois que nous L'appelons" = Hachem nous exauce à chaque fois, avant le décret céleste ou après qu'il ait été émis.

[b'h, compilation personnelle issue du Méam Loez - Vaét'hanan 4,7-8]

Etre toujours reconnaissant envers Hachem

+ Importance et grandeur d'être toujours reconnaissant envers Hachem (même dans nos souffrances) :

"Et vous murmurâtes dans vos tentes et vous dîtes : 'C'est par haine pour nous qu'Hachem nous a fait sortir d'Egypte' " (Dévarim 1,27)

-> "C'est à ce propos qu'il est dit : "La nation qui constituait Mon héritage ... elle a donné de la voix contre Moi, c'est pourquoi Je l'ai prise en haine" (Yirmiyahou 12,8)". [midrach Bamidbar Rabba 16,20]

-> Le Sfat Emet (5642) explique à propos de ce midrach que "Hachem ne pensa qu'à notre bien (en nous faisant entrer en terre d'Israël), mais à cause de l'ingratitude du peuple (qui se plaignit en disant : "C'est par haine pour nous qu'Hachem nous a fait sortir d'Egypte"), cette bienveillance d'Hachem se transforma en haine.
[on voit l'importance de toujours témoigner de la gratitude à Hachem, sous peine de transformer sa bonté en haine. ]

-> Le rav Elimélé'h Biderman commente :
Cela signifie que lorsque les Bné Israël se plaignirent qu'Hachem les avait éprouvés parce qu'Il les haïssait (à D. ne plaise), cela entraîna qu'il en fut comme ils avaient dit.
Car en vérité, Hachem n’agit qu’en pensant à leur bien, et c'est parce qu'ils dirent que c'était par haine pour eux que cela se transforma effectivement en haine (à D. ne plaise).
[...]
Heureux celui qui sait, même en période de 'voilement', affermir sa émouna dans le fait que tout ce qui lui arrive provient de son Père céleste et de Son amour infini pour lui.
Car si la plainte des Bné Israël, "c'est par haine pour nous qu'Hachem nous a fait sortir d'Egypte", transforma l’amour Divin en haine, on peut imaginer, à plus forte raison, combien cet amour se renforce lorsque l'homme se rapproche d'Hachem malgré les épreuves qu'Il lui inflige à l'instar d'un père avec son fils, comme il est dit : "Celui que D. aime, Il le réprimande" (Michlé 3,12).
Lorsque l'homme se comporte ainsi, l'amour d'Hachem se concrétise alors réellement au point de lui pardonner toutes ses fautes.

C’est ce qu’expriment les termes du verset : "L'amour couvre toutes les fautes" (Michlé 10,12) On pourrait en effet se demander : si les fautes sont si nombreuses, comment l'amour pourrait-il les recouvrir toutes?
En réalité, lorsque l'homme accepte avec amour la réprimande et le châtiment Divins et dit : "Toutes ces épreuves proviennent de l'amour qu'Hachem éprouve pour moi", cet amour se révèle en retour, à tel point qu’il fait disparaître toutes ses fautes.
[ ainsi au-delà de mieux vivre nos difficultés (puisque dans les bras d'Hachem), en acceptant la réprimande, les châtiments et les épreuves avec amour, toutes les fautes disparaissent comme si elles n'avaient jamais existé. Car le fait de dire que tous les malheurs proviennent de l'amour qu'Hachem nous porte réveille effectivement Son amour immense pour nous. ]

-> Le Sfat Emet (5642) ajoute à ce sujet :
"et c'est l'explication essentielle de la Michna qui enseigne : "Celui qui aime les réprimandes" (Pirké Avot 6,6).
"Aimer les réprimandes" = consiste à être persuadé que celles-ci sont exprimées par amour. Lorsqu'il sait que celui qui le réprimande l'aime, un homme l'accepte et, grâce à cela, cette réprimande se transforme en un véritable amour ... C'est pour cela qu'il est écrit : "Allez vous faire réprimander, dit Hachem, vos fautes fussent-elles écarlates, elles seront blanchies comme la neige." (Isaïe 1, 18), afin de signifier qu'en acceptant la réprimande, les fautes sont pardonnées."

-> "Tu aimeras Hachem ton D. de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir" (Vaét'hanan 6,5 - qui fait partie du Shéma Israël).
Nos Sages (guémara Béra'hot 54) le commentent ainsi : "De toute ton âme" : même s'Il te prend ta vie. "De tout ton pouvoir" : dans chaque mesure qu'Il t'inflige, remercie-Le.
=> A priori, ce commentaire demande explication : après l'ordre qui nous est donné d'aimer le Créateur de toute notre âme, même au prix de notre vie, faut-il continuer à nous ordonner à nouveau de Le remercier même dans les malheurs?
Y a-t-il une attitude plus grande que d'être prêt à donner sa vie en l'honneur d'Hachem, pour qu'il faille ajouter le devoir d'être reconnaissant à D. dans les épreuves?

Le Nétivot Shalom répond en disant qu'en effet, la Torah fait état de 3 niveaux d'amour pour Hachem. Car parfois, accepter un décret Divin rigoureux avec amour est plus difficile que de devoir donner sa vie pour Lui. C'est pour cela que la Torah nous ordonne de l'aimer même en cela.

[on a conscience de la grandeur de donner sa vie pour Hachem, alors nous devons nous travailler à tenir au moins autant en estime le fait de donner sa vie pour Hachem en Lui témoignant notre confiance et notre reconnaissance, et ce même au milieu des tempêtes de notre vie.
Lorsque nous tuons cette certitude naturelle affirmant que cela n'est pas juste ce qui nous arrive dans la vie, que Hachem nous oublie, qu'Il ne nous aime pas, nous veut du mal, ... en se convaincant qu'en réalité c'est pour notre bien ultime car venant avec précision et amour d'Hachem. Alors à chaque fois c'est équivalant voir bien supérieur à donner sa vie en l'honneur d'Hachem! Quelle grandeur!! ]

Avoir un regard bienveillant sur autrui

+++ L'importance d'avoir un regard bienveillant sur autrui :

"Comment donc supporterai-je seul votre labeur, et votre fardeau et vos disputes" (Dévarim 1,12)

-> Le Imré Noam rapporte ce verset en expliquant que Moché annonça aux Bné Israël : "Tout ce qui concerne la destruction (future) du Temple et la délivrance, j’en supporterai tout seul le joug, et il ne vous incombe que de réparer les disputes, la discorde et la haine gratuite qui règne parmi vous".
C’est ce qui est suggéré par les mots : "votre labeur et votre fardeau et vos disputes" = "votre labeur et votre fardeau consistent à réparer vos disputes, alors viendra le libérateur!"

-> Le ‘Hidouché haRim (Likouté haRim - Ben Hamétsarim) :
"Il faut s’efforcer durant cette période (entre le 17 tamouz et le 9 Av) de se débarrasser de la haine gratuite, ce qui signifie du regard malveillant que l’on porte sur les autres. Et même lorsque quelqu’un n’a pas un oeil bienveillant sur son prochain, cela aussi s’appelle la haine gratuite.
Tant que le Temple n’a pas été reconstruit de notre vivant, c’est comme s’il avait été détruit de notre vivant (guémara Yérouchalmi Yoma 1,1), et c’est grâce à un regard bienveillant sur chaque juif qu’il sera reconstruit".

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-> Le Maharal de Prague (Nétiv Guémiloute 'Hassadim, 3) rapporte l’enseignement de la guémara (Baba Metsia 30b) : "Rabbi Yo’hanan dit : Jérusalem ne fut détruite que parce qu’on jugea les litiges selon la stricte justice sans accepter de renoncer à son droit".

Et il l’explique de la manière suivante :
"Bien qu’ils transgressaient d’autres fautes, la destruction ne serait cependant pas arrivée, et Hachem les aurait punis d’une autre manière. Mais puisqu’ils désiraient juger uniquement selon la stricte justice, ce fut donc la stricte justice Divine qui s’exerça, afin de les détruire.
Parce que s’ils s’étaient comportés avec indulgence, Hachem Lui aussi aurait été bienveillant à leur égard ...
Dès lors, s’ils avaient renoncé à revendiquer leur droit strict, le verset témoigne : "J’ai dit ‘la bonté construira le monde’" (Téhilim 89,3).
On peut d’ailleurs apprendre de là que s’éloigner de la bonté, c’est détruire le monde."

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-> Le Tana De Bé Eliyahou (Rabba 28) enseigne :
"Hachem dit à Israël ... : "Mes enfants bien aimés ..., que vous demandai-je si ce ne de vous aimer les uns les autres et de vous respecter les uns les autres".

"Tu les enseigneras à tes fils" (Vaét'hanan 6,7)

-> ''Tes fils = ce sont les élèves''. [Rachi]

-> "Nous sommes tenus de faire en sorte que nos enfants connaissent les mitsvot. Et comment les connaîtraient-ils sans que l'on ne leur enseigne?" [Ramban]

=> Tant d'après Rachi que d'après le Ramban, ce commandement nous enseigne la grande mitsva d'éduquer nos enfants aux mitsvot et à l'étude de la Torah, et de les initier à rester dans la voie d'Hachem, de manière que, même lorsqu'ils vieilliront, ils ne s'en écartent pas.

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-> Lorsque le rabbi Chnéour Zalman de Lyadi envoya son fils au Talmud Torah, il choisit comme maître un un des disciples du Maguid de Mézéritch, et il lui dit :
"Avant de commencer à étudier [avec mon fils], pense bien qu'il s'agit d'une tâche sacrée et que tu t'occupes d'un sujet de vie ou de mort, la vie et la mort spirituelles, qui sont bien supérieures à la vie et à la mort physiques, et que tout dépend de toi.
Si tu travailles avec intégrité et que tu lui inculques la vérité, tu gagneras grâce à cela, tous ses mérites et ceux de ses descendants, et tu peux en conclure que l'inverse est vrai également.
Sache que tout dépend du libre-arbitre de l'homme et si tu t'attèles à cette tâche avec tout le sérieux qu'elle exige, Hachem te viendra en aide et tu formeras des disciples vertueux et ta part sera parmi celle de ceux qui illuminent le Ciel et qui font acquérir des mérites aux autres".

-> Le rav Elimélé'h Biderman commente :
Et si, certes, ces paroles ont été adressées à un maître d'école, elles concernent également les parents, qui sont aussi les 'enseignants' de leurs enfants. Eux également s'occupent d'un sujet de vie ou de mort et eux aussi font partie de ceux qui font acquérir des mérites aux autres.

[à l'image des élèves, un parent doit voir dans son enfant les milliers de descendants potentiels, et avoir conscience de l'impact de ses actes comme exemplarité pouvant se transmettre pour le bien ou le mal! ]

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-> Ce qui suit montre jusqu'où va l'influence des parents sur leurs enfants durant toute leur existence :
la guemara (Pessa'him 96b) rapporte que Rabbi Yéhochoua déclara un jour : "J'ai entendu [deux décisions : une décision était] que la 'Temourat Pessa'h' est apportée en sacrifice et [une autre décision était] que la 'Temourat Pessa'h' n'est pas apportée en sacrifice, et je ne sais pas l'expliquer [dans quelle circonstance chaque décision s'applique]".
['Temourat Pessa'h' est une bête sur laquelle on a transféré la sainteté d'un sacrifice de Pessa'h], et
Rachi d'expliquer ''J'ai entendu'' : de mes maîtres ; ''je ne sais pas l'expliquer'' : j'ai oublié.

Le Pné Ména'hem explique à partir d'une autre guémara (Yérouchalmi Yébamot 1,6) qui enseigne que la mère de Rabbi Yéhochoua amenait son fils dans son berceau au beit hamidrach afin que "ses oreilles se remplissent de paroles de Torah".
D'après cela, on comprend ce que veut dire Rabbi Yéhochoua : ''J'ai entendu'', lorsque j'étais nouveau-né dans mon berceau ; "je ne sais pas l'expliquer'', je n'ai pas compris alors correctement ce que j'ai entendu.
=> Malgré tout, on apprend de là que les paroles de Torah qu'il entendit, couché dans son berceau, restèrent gravées dans son cœur durant de nombreuses années.
[La même explication est rapportée au nom de rav 'Haïm Kaniewski (Dére'h Si'ha - paracha Vayélekh).]

[certes nous n'avons pas une conscience développée comme Rabbi Yéhoucha, mais cela nous alerte sur le fait que toute chose que nos enfants vont voir, entendre, manger, ... peut potentiellement l'impacter et l'accompagner en bien ou mal, pour le restant de sa vie.]

"Et vous, qui êtes attachés à Hachem, votre D., vous êtes tous vivants aujourd'hui" (Vaét'hanan 4,4)

-> Dans Son immense bonté pour nous, D. nous a donné la Torah et les commandements afin que notre cœur s'attache à Lui.
Comme la flamme est reliée à la mèche d'une lampe, Hachem s'attache à nous à la mesure de notre attachement à Lui.
Un verset dit : "Comme une ceinture attachée aux reins d'un homme, Je suis lié à vous" (Yirmiyahou 13).

"Vous, qui êtes attachés à Hachem, votre D" : Pourquoi la Torah ajoute-t-elle "votre D."?
Car lorsque nous nous attachons à D., Il devient "notre D." et s'attache à nous en retour.

Bien que D. soit appelé un feu dévorant, quiconque s'attache à Lui voit ses jours se prolonger. Evidemment, un homme ne peut pas trop s'approcher d'un feu mais si une personne se lie à la Présence Divine, D. lui donne la vie, comme il est écrit : "Vous qui êtes attachés à Hachem votre D. êtes tous en vie aujourd'hui".
La Torah nous garantit non seulement la vie dans dans ce monde-ci mais aussi la vie après la résurrection. Ce verset nous promet que les personnes attachées à D. se lèveront à la résurrection.
"Vous êtes tous en vie aujourd'hui" = même lorsque le reste du monde sera mort, vous resterez aussi vivants que vous l'êtes aujourd'hui.

Lorsque les juifs restent fidèles au D. vivant , ils sont vivants pour toujours, mesure pour mesure. Ceux qui se sont accrochés à Baal Péor ont été anéantis mais ceux qui sont restés fidèles à D. vivent dans ce monde et dans le prochain ...

Lorsque Nabuchodonosor a jeté 'Hanania, Michaël et Azaria dans la fournaise ardente (Daniel 3,27), leurs vêtements également sont restés intacts car ils étaient portés par ces tsadikim.
De la même façon, quiconque s'attache à D. se lèvera à la résurrection.

Ce fut aussi le cas des bœufs que les princes ont offert lors de l'inauguration de l'autel (Bamidbar 7).
Ces bêtes ont vécu jusqu'à l'époque de Salomon parce qu'elles étaient liées à la sainteté du Tabernacle. Elles ont vécu 480 ans, jusqu'à ce que le roi Salomon les sacrifice à l'inauguration du Temple.
S'il en est ainsi d'animaux, à plus forte raison de la personne qui s'attache à Hachem.
[...]

"Et vous, qui êtes attachés à Hachem, votre D., vous êtes tous vivants aujourd'hui" = les juifs [directement] sont liés à Hachem et non à un ange comme le sont les autres nations.
[...]

"Et vous (véatem - וְאַתֶּם), qui êtes attachés à Hachem, votre D., vous êtes tous vivants aujourd'hui"
Le mot : "atem" (vous - אַתֶּם) est composé des mêmes lettres que le mot : "émet" (vérité - אמת) : avec le mot "émet" (vérité), vous êtes attachés à Hachem votre D. et cela nourrit les 248 membres de votre corps.
[...]

"Vous, qui êtes attachés à Hachem, votre D." : nos Sages enseignent que seuls ceux qui font profiter les érudits [en Torah] de leurs biens connaîtront les bienfaits et les promesses de l'avenir du peuple juif annoncées par nos prophètes.
Faire un cadeau à un érudit, c'est comme offrir un présent à la Présence Divine ou offrir le sacrifice quotidien au Temple (korban tamid). Comme le sacrifice tamid faisait expiation pour les fautes, l'érudit fait expiation pour ceux qui ont fauté.

Si un homme est avare et ne partage pas sa richesse avec les érudits, ses yeux s'empliront de fumée au monde futur. Il ne connaîtra pas la réussite dans ses entreprises.
De là nous déduisons que toute personne faisant profiter un érudit de ses biens mérite la réussite et la bénédiction ...
Toute personne qui soutient financièrement un érudit de la Torah mérite la richesse et le bien dans ce monde ; de plus, sa table est dressée au monde futur.
[en donnant aux érudits en Torah, on se lie à D., et alors "vous êtes tous vivants aujourd'hui" (dans ce monde et dans le monde à venir!).]

"Le don d'un homme lui ouvre un accès facile" (Michlé 18,16). Nos Sages (midrach rabba Réé 4) expliquent que si un homme désire vraiment donner, alors D. lui ouvre les portes pour le lui permettre.
[...]

Comme le Shabbath et les fêtes sont saints, les érudits sont appelés saints et sanctifiés. Si un homme transgresse le Shabbath, s'il dénigre un érudit de la Torah ou l'utilise, il mérite la mort, en particulier si l'érudit a étudié le Talmud et rend des décisions halakhiques.
Puisque ces hommes sont très honorables, quiconque se sert d'eux est sévèrement puni ...

Hachem sauvera de tout malheur toute personne qui veille à [soutenir les érudits en Torah] ; l'attribut de justice ne lui portera pas atteinte. Lorsqu'elle quittera ce monde, non seulement le Satan ne pourra pas la tuer de façon douloureuse mais elle aura un bénéfice supplémentaire : si elle était ignorante, dans le monde futur on lui enseignera la Torah.
[Méam Loez - Vaét'hanan 3,23 ; 4,5]

"Moché désigna alors 3 villes à l'est du Jourdain, au levant, pour servir de refuge au meurtrier qui tue son prochain sans préméditation et sans haine. Il pourra se réfugier dans l'une de ces villes et survivre" (Vaét'hanan 4,41-42)

-> La Torah emploie l'expression : "au levant" pour indiquer qu'il faut éclairer les routes d'accès aux villes de refuge au meurtrier involontaire. Il faut que les directions soient aussi clairement indiquées que le soleil éclaire les hommes et leur permet de trouver leur chemin.
On disposait donc à chaque intersection des poteaux indicateurs en direction des villes de refuge portant l'inscription : "miklat" (refuge).
Ainsi, le meurtrier trouvait-il la route à suivre sans se perdre.

De plus, le tribunal rabbinique avait l'obligation d'élargir les routes et de les maintenir en état. Il fallait les débarrasser de leurs ornières et les aplanir. Si la route passait au-dessus d'une rivière ou d'un lac, on construisait un pont pour que le meurtrier involontaire puisse les traverser rapidement sans être retardé ni tué par le vengeur de sang. On aménageait des routes de 32 coudées de large.
Deux érudits accompagnaient le fugitif afin que le vengeur de sang ne puisse le tuer en route. S'ils rencontraient le vengeur de sang, ils lui disaient : "Ne l'abats pas du fait qu'il a tué [ton parent] involontairement".

Chaque année, le 15 Adar, les tribunaux envoyaient des ouvriers réparer les routes endommagées pendant l'hiver. Si le tribunal néglige de faire réparer les routes et qu'un vengeur de sang tue un fugitif, la Torah considère le tribunal comme coupable. En effet, le mauvais état des routes a permis au vengeur de sang de tuer le meurtrier involontaire.

Voilà pourquoi la Torah dit : "Il pourra se réfugier dans l'un de ces villes et survivre". Nous savons bien que sa fuite dans la ville de refuge a pour but de sauver sa vie, mais la Torah suggère que le tribunal a l'obligation de faire en sorte que le meurtrier puisse survivre dans ces villes.
Elles ne devaient pas être trop grandes : comme un grand nombre de gens y circulent, un vengeur de sang pourrait y pénétrer pour le tuer.
D'autre part, elles ne devaient pas être trop petites pour que le fugitif puisse y trouver un gagne-pain. Elles étaient donc de taille moyenne.

On établissait ces villes dans un endroit irrigué pourvu de marchés afin qu'on puisse y acheter de la nourriture. S'il n'y avait pas d'eau, il fallait prévoir des tuyaux d'irrigation pour apporter l'eau des rivières. La ville de refuge devait aussi être située à proximité d'autres villes.

Elle devait avoir une population assez importante pour que les vengeurs de sang ne puissent entrer en force dans la ville, maîtriser ses habitants et tuer le meurtrier involontaire. Aussi, si la population d'une ville de refuge diminuait, le tribunal devait l'accroître.

Selon certains Sages, il était interdit de vendre des armes dans ces villes pour qu'un vengeur de sang ne pût pas en acheter et tuer le meurtrier.

En règle générale, il fallait aménager ces villes de façon à ce que le meurtrier involontaire puisse vivre en paix et en sécurité.
L'expression : "et survivre" implique la responsabilité du tribunal de faire en sorte que le meurtrier puisse vivre dans la ville de refuge ...

Si un sage tue un homme involontairement, sa yéchiva est exilée avec lui afin qu'il puisse continuer à enseigner la Torah à ses disciples.

Si un meurtrier involontaire meurt avant d'avoir été exilé dans une ville de refuge, ses ossements y sont emportés. S'il meurt dans la ville de refuge, on l'enterre sur place puis à la mort du Cohen Gadol, on déterre ses ossements et on les transfère dans le cimetière familial.
[Méam Loez]

"Et Je voilerais Ma face ce jour-là, à cause de tout le mal qu’il a fait" (Vayélé'h 31,18)

=> Comment est-il possible qu’Hachem nous voile Sa face?

1°/ Le Baal Chem Tov répond par la parabole suivante :
Un jour, un roi voulut se cacher dans son palais, sans que personne ne puisse deviner sa présence. Par de la prestidigitation, il fit apparaître différentes choses à ses enfants tout autour de son palais. On y aperçut des murs de feu, des fleuves, le tout seulement par de la magie. Ceux qui étaient intelligents parmi les enfants du roi se demandèrent : "Comment mon père qui est si sensible peut-il refuser de se montrer à ses enfants?! Il est certain que ceci n’est que de l’effet d’optique dans le seul but de nous tester afin de déterminer notre force et notre volonté à le rejoindre!!"
En effet, les enfants purent se rendre compte qu’il n’y avait aucun obstacle, mais seulement de l’apparence, et lorsqu’ils franchirent le fleuve, celui-ci disparut, et de même pour tous les autres obstacles.
=> Il en est de même pour Hachem ; Il se cache afin de voir notre désir de se rapprocher de Lui, mais en réalité, Il reste totalement proche de nous, et il nous suffit de s’efforcer à nous rapprocher de Lui pour constater que la démarche n’est pas si compliquée!

Un jour, Rabbi Barou'h de Mézibou'h était dans son bureau en train d’étudier, lorsque son petit-fils entra dans la pièce en pleurant. Son grand-père lui demanda : "Pourquoi pleures-tu?" L’enfant répondit : "Je jouais à cache-cache avec mes camarades, et selon les règles du jeu, je dois me cacher afin que mes camarades me cherchent et me trouvent, mais voilà des heures que je suis caché et ils m’ont tous abandonné, aucun ne cherche après moi!!"
Lorsque Rabbi Baroukh entendit les paroles de son petit-fils, il éclata lui aussi en sanglots : "Hachem Lui aussi pleure dans Sa cachette et se lamente : Pourquoi personne ne Me cherche-t-il? Il est effectivement écrit : 'Et Je voilerais Ma face ce jour-là'. Pourquoi se cache-t-Il de nous si ce n’est dans le but que nous cherchions après Lui?! Comme il est écrit: ‘De là-bas vous chercherez Hachem ton D. et tu Le trouveras, car tu L’as réclamé de tout ton coeur et de toute ton âme.’
Hachem dit : ‘Si vous Me cherchez, vous Me trouverez, mais personne ne Me cherche!!' "

2°/ La dissimulation de la face de D. était déjà mentionnée au verset précédant (17) : "Ma colère s’enflammera en ce jour, et Je leur déroberai Ma face et les laisserai souffrir". C’est que D. parlait alors comme un père qui aime tendrement son fils. Quand il ne peut supporter la souffrance de son enfant, Il se couvre le visage afin de ne pas le voir. Il se dit : "Ils admettront alors : 'C’est parce que la Chékhina nous a quittés (à cause de nos pêchés) que ce mal nous a frappés'. Cette pensée fugitive de repentir ne Me contraindra pas à les racheter. Je cacherai plus encore Ma face, comme si Je ne remarquais pas leur souffrance, et J’attendrai leur parfait repentir pour les délivrer de leurs tourments. Ils feront l’expérience de la destruction de leurs Temples et devront supporter l’Exil."
[d'après le midrach]

3°/ "Et Je (Anokhi - אָנֹכִי) voilerais Ma face" = même au cours des périodes où la Présence divine sera la plus cachée, on pourra malgré tout trouver le "Je" (Anokhi = l’Essence de D.).
C’est une promesse que D. nous a fait, d’être auprès de nous dans la dissimulation la plus épaisse et la plus sombre.
[Baal Chem Tov]

4°/ Si nous savons que D. dissimule Sa face, ce n’est plus vraiment une dissimulation et le malheur n’est plus si grave puisque, à ce moment-là, nous nous soumettons et nous nous repentons. Mais la situation devient vraiment mauvaise lorsque cette dissimulation est elle-même cachée, quand on ne sait pas que D. cache Sa face. Lorsqu’on croit que tout est dû au hasard, on ne pense même pas qu’il faille faire Téchouva.
Tel est le sens de la répétition: "Aster Astir Panaï" (הַסְתֵּר אַסְתִּיר פָּנַי - cacher, Je cacherai Ma face) = Je cacherai la dissimulation.
[Sfat Emet]

"Lors des Saints Jours Redoutables, chaque homme a eu une pensée de repentir, et a accepté sur lui un certain bon comportement, chacun en fonction de sa valeur et de son niveau. C’est pourquoi on l’appelle Shabbath Béréchit (au commencement), car on rappelle à l’homme que le passé est le passé, et qu’à partir de maintenant, c’est une nouvelle période qui commence, l’homme devant s’efforcer, de devenir à partir de maintenant, quelqu’un de bien."
[Divré Yé'hezkiel]

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-> Au sujet du Shabbath Béréchit, il existe le dicton bien connu selon lequel le comportement que l’on adopte en ce jour se prolonge toute l’année.
La raison en est qu’il s’agit du moment où s’achève le Service divin exalté des fêtes, marqué par l’élévation spirituelle au-delà des limites de la nature, et où commence celui qui caractérise la vie quotidienne du reste de l’année, lorsque nous sommes confrontés aux défis du Monde matériel. Or, nous savons que le Shabbath bénit l’ensemble des jours de la semaine qui suit.
Ainsi, le Shabbath Béréchit bénit-il les 7 jours de la première semaine du Service de D. "dans le Monde". Et, sachant qu’il s’agit des mêmes 7 jours qui se reproduisent chaque semaine, la bénédiction de cette première semaine se répercute sur toutes les semaines de l’année.
[Likouté Si'hot]

-> "Quel est le sens du verset : 'Les bigdé hasserad [les vêtements de service (des Cohanim)] pour servir dans le sanctuaire' (Vayakel 35,19)?
Il veut dire que sans les vêtements des Cohanim, pas un seul sarid [survivant] ou rescapé ne serait resté des ennemis du peuple juif [un euphémisme pour désigner les Bné Israël].
[guémara Yoma 72a]

-> "Pourquoi la paracha des korbanot est-elle juxtaposée à celle des vêtements des Cohanim?
[Pour montrer que] de même que les sacrifices font expiation, les vêtements des Cohamim font expiation". [guémara Zéva’him 88b]

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-> Rabbénou 'Hananel l'interprète ainsi : les vêtements de prêtrise eux-mêmes font expiation pour le peuple juif.

D'autre part, Rachi explique ainsi la Guemara : ce sont, en réalité, les sacrifices que les cohamim accomplissent en portant les bigdei kehouna qui conduisent à cette expiation.
Cependant, le Panim Méirot (guémara Zéva'him 88b) et le Hida (Pné David - parachat Béréchit 32) questionnent l'interprétation de Rachi, car la guémara dit que "sans les vêtements des Cohanim", le peuple juif aurait été effacé, D. en préserve. Si l'interprétation de la guémara avait été celle que donne Rachi, elle aurait dû dire : 'sans les sacrifices' le peuple juif aurait été effacé.
On peut voir également le commentaire de Rabbénou Elyakim (Yoma 72a) qui dit qu'aujourd'hui aussi, les vêtements de prêtrise, qui existent encore à Rome, font expiation pour le peuple juif, et c'est pourquoi ils sont appelés bigdé basserad, terme dérivé du mot sarid, qui veut dire « survivant ».

-> La guémara dit (Zeva'him 88b) que les bizdé kehouna (vêtements de prêtrise) font même expiation pour des fautes pour lesquelles on n'offre pas de sacrifice : "Il y a 2 choses pour lesquelles nous ne trouvons pas d'expiation par les sacrifices, mais pour lesquelles nous trouvons une expiation par autre chose : le crime et la médisance".
Les vêtements de prêtrise font également expiation pour des mauvaises actions qui ne peuvent pas être résolument qualifiées de fautes, par exemple la fierté.

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=> Quel pouvoir ont les vêtements des Cohanim d'expier la faute, au point d'être même supérieur à celui des sacrifices?

-> Le Maharcha (guémara Shabbath 77b) enseigne : "Les vêtements d'un homme indiquent ses traits de caractère, comme le dit le verset : 'Que tes vêtements soient blancs à tout moment' (Kohélet 9,8)."
[ailleurs (guémara Shabbath 114a), le Maharcha dit également : "Les traits de caractère de l'homme
sont ses vêtements". ]

-> Le rav Its'hak 'Havèr (Ohr Torah, son commentaire sur Maalot HaTorah, par. 7) explique que les traits de caractère de l'homme sont comme les "vêtements" de son âme, et les vêtements utilisés pour se vêtir reflètent la nature des "vêtements" de l'âme.
[le Akédat Its'hak (51) cite pour preuve le fait que le mot "midot" (traits de caractère) peut aussi vouloir dire vêtements, comme dans les versets : "mido bad" (son vêtement de lin - Tsav 6,3), "mita bat lemadar" (sous ses vêtements - Choftim 3,16) et "al pi midotar" (sur le bord de ses vêtements - Tehillim 133,2). ]

-> Il semble donc que les vêtements des Cohanim véhiculent le message que ceux qui les portent ont dirigé leur personnalité et leurs traits de caractère uniquement vers le service de D.
Comme le dit Abarbanel (Tétsavé 28,1) : "Les vêtements des Cohanim ordinaires étaient faits de lin seulement afin de montrer que leur corps était désigné et préparé pour le service sacré, comme si chacun d'eux disait, en enfilant [les vêtements] : 'Tous mes os diront : ô D., qui est semblable à Toi ?'".

-> Le Malbim (Tétsavé 28,2) donne cette interprétation pour expliquer une répétition étonnante : la Torah raconte d'abord que D. dit à Moché (v.28,2.) : 'Confectionne des vêtements sacrés qui soient nobles et superbes pour ton frère Aharon'. Or dans le verset suivant, D. dit à Moché : "Parle à tous les hommes talentueux... afin qu'ils exécutent les vêtements d'Aharon".
Pourquoi le commandement divin de fabriquer les vêtements de prêtrise est-il mentionné 2 fois, d'abord à Moché puis aux "hommes talentueux"?

Le Malbim explique :
"Les vêtements qu'Il a ordonné de confectionner semblent être des vêtements physiques ... mais ils indiquent en réalité les vêtements 'intérieurs' que les Cohanim de D. devaient confectionner pour vêtir leur âme de connaissance, de traits de caractère et d'attributs positifs, qui sont l'habit de l'âme.
Ces vêtements n'étaient pas exécutés par des artisans, et D. a ordonné à Moché de confectionner ces vêtements sacrés, c'est-à-dire d'inciter les Cohamim à améliorer leur âme et leurs traits de caractère de façon à ce que leur âme intérieure soit 'revêtue' de noblesse et de raffinement.
Cependant, les vêtements extérieurs, qui font allusion aux 'vêtements' intérieurs, devaient être confectionnés par des artisans talentueux. Les hommes talentueux au cœur sage cousurent les vêtements d'Aharon pour le sanctifier, car ils comprenaient le symbolisme de ces vêtements, et ils les firent dans l'intention que la sainteté y repose."

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-> Rabbi Dovid Hofstedter (Darach David - Moadim) explique :
Ainsi, il ressort un principe selon lequel non seulement les vêtements de prêtrise faisaient allusion aux traits de caractère de ceux qui les portaient, mais ils avaient le pouvoir de changer leurs traits de caractère et c'est pourquoi ils faisaient expiation pour les fautes du peuple juif.

Nous pouvons peut-être ajouter que cette expiation venait du fait que, comme le dit la Torah, ces vêtements étaient destinés à donner la "noblesse et la splendeur". Les vêtements des Cohanim étaient des vêtements qui donnaient à ceux qui les portaient une apparence digne et majestueuse. Or lorsqu'un homme développe un sentiment de respect de soi, il se rend compte que la faute n'est pas digne d'un homme de son niveau. Cette attitude l'empêche de commettre des transgressions. Un homme aux beaux vêtements sent qu'il est une personne plus raffinée, qui ne se souillerait pas par les actes d'hommes médiocres.
[Le Rambam (Hilkhot Klé Hamikdach 8,4, d'après Zeva'him 18b) dit : "La mitsva relative aux vêtements des Cohanim est qu'ils soient neufs, beaux et longs et enveloppants comme ceux des hommes distingués, comme il est écrit : 'nobles et superbes. S'ils étaient sales, déchirés, trop longs ou trop courts, ou si [le cohen] les maintenait par une ceinture, son service était impropre". ]

Lorsque les Cohanim étaient élevés en portant les bigdé kéhouna (vêtements de prêtrise), le reste du peuple s'élevait aussi. Lorsque les Cohanim portaient ces vêtements, c'était comme si tout le peuple juif les portait.
[selon le Maharal ('Hidouché Aggadot - Zeva'him) : "Car tous les Bné Israël sont comme un seul homme, et en portant les bigdé kehouna, le Cohen Gadol fait expiation pour tout Israël, le Cohen est le prêtre de tout Israël et les vêtements du Cohen enlèvent les fautes d'Israël." ]

Ces vêtements donnaient "noblesse et splendeur" aux Cohanim et à tout le peuple juif, en cultivant la sensibilité et le raffinement appropriés au peuple juif. Et lorsque les juifs étaient élevés par les vêtements des Cohanim, cette élévation spirituelle s'attachait aussi aux fauteurs parmi eux.
Même ceux qui avaient fauté étaient élevés, soulevés au-dessus du niveau spirituel auquel ils étaient tombés à cause de leurs fautes et ils étaient transformés.

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+ Porter des habits blancs à Yom Kippour :

-> "A tout moment, que tes vêtements soient blancs" (Kohélet 9,8).
Rabbénou Yona (Chaaré Techouva 2,15) commente ce verset : "La couleur blanche des vêtements symbolise la purification de l'âme par la techouva".]

-> Rabbi Dovid Hofstedter enseigne :
Les vêtements de prêtrise ont la capacité d’élever ceux qui les portent, de les guider pour servir D., et de révéler leur pureté spirituelle intérieure.
Cela peut aussi expliquer la coutume de porter du blanc à Yom Kippour. Les vêtements blancs symbolisent le repentir et la purification, comme il est écrit : "Si tes fautes sont comme un fil écarlate, elles deviendront blanches comme la neige" (Yéchayahou 1,18), et Yom Kippour est le moment propice à cette purification.

Ainsi, le fait de porter des vêtements blancs à Yom Kippour est bien plus qu'un rite superficiel. C'est une forme d'avoda qui atteint les profondeurs de notre âme et dont le but est de nous éveiller à nous repentir et à effectuer un changement authentique.
Les vêtements blancs que nous portons Yom Kippour doivent nous faire prendre conscience que nous ne sommes plus les personnes que nous étions et que nous nous sommes sanctifiés à présent pour nous dévouer entièrement à la volonté d'Hachem.
Lorsque nous portons des vêtements blancs Yom Kippour, nous devons nous tenir devant D. comme les anges, purifiés de toutes nos fautes et ne désirant rien d'autre que d'être proches de Lui et d'être considérés comme purs.

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+ Les vêtements de Shabbath :

-> Le rav Tsadok haCohen (Pri Tsadik - Kédouchat haShabbath 5,1-2) enseigne :
"Le cœur de chaque juif est rempli de sainteté, et durant Shabbath, il se remplit de la kédoucha spéciale de ce jour.
Lorsqu'une personne honore son corps en ayant des vêtements de Shabbath, elle honore en réalité la kédoucha du jour, qui est présente en son cœur.
[...]
De même que Shabbath est un semblant du monde à venir, de même les habits que nous avons durant ce jour, sont un semblant des habits que notre âme revêtira dans le monde à venir (éternel).
[...]
Le service du Cohen n'est valide que s'il est habillé de ses vêtements sacrés (bigdé kéhouna).
Ils sont sacrés par la sainteté que D. transmet au Cohen, lui permettant d'accomplir son service dans le Temple.
Chaque juif, expérimente la même kédoucha à Shabbath, car les habits de ce jour, sont alors l'équivalent de ceux portés par le Cohen.
"

-> "Il enlèvera ses vêtements et portera d’autres vêtements" (Tsav 6,4)
Rachi : Les vêtements avec lesquels il a fait la cuisine pour son maître, qu’il ne les porte pas pour verser à boire à son maître.
La guémara (Shabbath 114), et le Maharcha dessus, nous enseignent :
Il y a là une preuve que l’homme doit changer de vêtements pour Shabbat et porter des vêtements plus beaux.
De même que le cohen ne portait pas pendant son service les mêmes vêtements avec lesquels il faisait sortir les cendres, mais d’autres vêtements, plus beaux et plus propres, le Shabbat il faut porter des vêtements plus beaux et plus propres que ceux qu’on porte la veille du Shabbat pour préparer le Shabbat.

[issu du divré Torah : https://todahm.com/2016/12/26/les-vetements-de-shabbath ]

La force du Shéma : une transformation instantanée

+ La force du Shéma : une transformation instantanée (selon rabbi Dovid Hofstedter) :

-> La lecture du Shéma Israël, la déclaration de prendre sur soi la souveraineté totale d'Hachem (kabbalat ol malkhout chamayim), possède une force particulière.
L'homme qui récite le Shéma de tout son cœur reçoit la capacité d'échapper à toute situation dangereuse et d'atteindre un dévouement total pour D. dans son service divin.

La guémara (Kiddouchin 49b) dit que si un homme fait un acte de kidouchin à la condition d'être un tsadik parfait, les kidouchin sont considérés comme valables même si c'est un racha, car il est possible qu'il se soit repenti à ce moment-là.
Le Agra d'kalla et le Bné Yissas'har (Hodèch Nissan 4,11) se demandent comment c'est possible, alors que la guémara dit par ailleurs (Yoma 86a) que la téchouva seule ne peut pas expier toutes les fautes.
Selon eux, la réponse est que lorsqu'un homme décide sincèrement de se repentir et de se soumettre à la souveraineté de D. (comme nous sommes censés le faire pendant le Shéma), son engagement chasse l'impureté qui l'enveloppait à la suite de ses fautes. Il ne peut donc plus vraiment être qualifié de racha, même si ses fautes n'ont pas encore été expiées.

-> L'injonction essentielle de la lecture du Shéma se reflète dans le commentaire de la guémara (Béra'hot 54a) : l'ordre d'aimer D. "de toute ton âme", c'est-à-dire "même s'Il prend ton âme [ta vie]".
Le Zohar (Bamidbar 195b) dit que lorsqu'on récite le Shéma, il faut s'imaginer livrer sa vie al kidouch Hachem ; celui qui le visualise sera considéré comme l'ayant réellement fait.

A ce sujet, le Ram'hal (Déré'h Hachem 4,4) écrit :
"L'une des conditions de cette mitsva de la lecture du Shéma est que l'homme décide de livrer sa vie pour l'Unité de D. et se soumette volontiers à toute souffrance ou toute forme de mort pour sanctifier Son Nom. C'est considéré comme s'il l'avait réellement fait et avait été tué al kidouch Hachem".

Le Kérèn Ora (Béra'hot 16b) enseigne : "Le but principal d'accepter le joug de la royauté divine est de livrer sa vie pour la sanctification de Son Nom, de déclarer Son unité avec amour ... et de se rapprocher du dévouement à l'Unité de la Source de Vie".

-> Rabbi Dovid Hofstedter (Darach David - Moadim) poursuit :
Lorsqu'un homme se soumet à la souveraineté de D. au point d'être prêt à livrer sa vie al kidouch Hachem, ce dévouement crée avec son Créateur un lien qui le transforme complètement. Ce niveau d'attachement à D. élève l'homme à tel point que la faute n'a plus de place dans sa vie.
Chaque juif, même s'il a fauté, peut atteindre cette proximité extraordinaire avec D. en l'espace d'un instant simplement en acceptant sincèrement D. comme son Roi.
Cela ne demande pas de préparation longue et intensive. Même un racha peut se transformer en tsadik en un seul instant s'il s'engage pleinement à devenir un serviteur de D. Une fois qu'il a montré son dévouement sincère, c'est D. Lui-même qui changera sa nature.

Rabbi Elazar ben Dourdaya en est la preuve, lui dont la guémara (Avoda Zara 17a) décrit la transformation spectaculaire. La guémara raconte qu'Elazar avait passé toute sa vie plongée dans le péché. A un certain moment, il dépensa une somme d'argent immense, et mit même sa vie en danger, pour aller commettre un acte immoral dans une région éloignée. Alors qu'il commettait cet acte, Elazar se rendit soudain compte de l'abime dans lequel il était tombé. Il éclata en sanglots et pleura amèrement jusqu'à ce que son âme le quitte dans un repentir sincère. A ce moment-là, une Voix céleste annonça : "Rabbi Elazar ben Dourdaya a mérité la vie au monde futur!é
En apprenant cet incident, Rabbi Yehouda Hanassi se mit à pleurer et déclara : "Certains acquièrent leur monde [c'est-à-dire la récompense éternelle] pendant des années et d'autres, en un instant".
Le repentir de Rabbi Elazar ben Dourdaya n'a pas suivi le cours habituel de la téchouva exigeant qu'un fauteur éprouve du remords pour chaque acte qu'il a commis et décide de ne jamais le refaire.
En un court moment d'inspiration, Rabbi Elazar se rapprocha de D. au niveau le plus profond en acceptant de tout cœur Sa souveraineté, ce qui causa sa transformation spirituelle immédiate. Il sauva son âme et devint un autre homme qui, malgré son passé condamnable, mérita le titre de "Rabbi".

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"Quand vous approcherez [du champ] de bataille, le Cohen s'avancera et parlera au peuple en lui disant : 'Shéma Israël' (Ecoute Israël)" (Choftim 20,2-3)

Rachi commente que les propos du Cohen font allusion à ce message : "Même si vous n'avez que le mérite de la lecture du Shéma, vous êtes dignes d'être délivrés".
La guémara (Sota 44b) dit d'autre part qu'un homme coupable de la moindre faute, telle que parler entre la pose des tefilin de la main et celle des tefilin de la tête, était renvoyé du champ de bataille, car la transgression la plus minime d'un soldat pouvait conduire à la défaite de toute une armée.

Cela semble indiquer que les soldats juifs devaient être totalement justes pour mériter la victoire. Comment, dans ce cas, le mérite de la Kriat Chema suffisait-il à leur assurer le succès?

Le peuple juif récitait le verset du Shéma Israël en allant à la guerre, bien qu'on récite le Shéma de toute façon 2 fois par jour. [cela fait aussi allusion à chacun d'entre nous lorsque nous allons en guerre contre le yétser ara]
A la guerre, le peuple juif doit renforcer sa conscience que D. est le seul à posséder un réel pouvoir et qu'Il gouverne sa destinée. Par cette prise de conscience, le juif se rapproche de D. et parvient à se consacrer à Lui.
Lorsque les soldats juifs s'engagent à accepter la souveraineté de D. et décident de progresser en s'attachant à Ses voies, le lien qui se tisse entre eux et leur Créateur opère une métamorphose totale ; même ceux qui avaient fauté se transforment en serviteurs de D.
Ainsi, même si les soldats devaient encore rectifier leurs voies, leur kabalat ol malkhout Chamayim (accepter totalement la Souveraineté/joug d'Hachem) sincère les rendait dignes de bénéficier de miracles.

C'est précisément la raison pour laquelle nos Sages citent l'acte de parler entre la pose des tefilim de la main (chel yad) et celle des tefilin de la tête (chel roch) comme exemple d'une faute pour laquelle un homme ne doit pas aller au combat.
Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva 3,22) enseigne que la mitsva de téfilin fait partie de l'acceptation du joug de la royauté divine, et c'est pourquoi la Torah l'inclut dans les parachiot du Shéma.
Effectivement, la guémara (Béra'hot 14b) dit : "Lorsqu'un homme récite le Shéma sans tefilin, c'est comme s'il portait un faux témoignage à propos de lui-même".
De plus, en portant les tefilin, l'homme soumet ses actes et ses désirs à D. seul et donc, lorsqu'un homme accomplit la mitsva de teflin de façon imparfaite, son acceptation de la souveraineté divine (telle que l'exprime le Shéma) l'est aussi.

De son côté, le Méiri (guémara Sota 43b) dit : "Le cohen oint pour la bataille doit encourager le peuple par ses paroles ... Pour les encourager à se repentir pour leurs fautes et ne pas renoncer à faire téchouva, il exige qu'ils se repentent et leur dit que] leur téchouva sera acceptée même s'ils se sont rebellés, car il n'est jamais exclu que la techouva soit acceptée au ciel ...
Tel est le sens des mots : 'Ecoute, Israël, vous vous approchez aujourd'hui (bayom) [de la guerre]' = cela fait allusion au fait que 'même si vous n'avez accompli que la lecture du Shéma matin (yom) et soir, vous ne serez pas livrés aux mains [de vos ennemis]'."

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+ Clore Yom Kippour en s'attachant à D. :

Les dernières minutes de Yom Kippour sont essentielles : les portes du Ciel se ferment et le jugement final de chaque juif est scellé. Pendant ces instants culminants du jour saint, nous avons coutume de nous écrier : "Shéma Israël, Hachem Elokénou Hachem E'had" pour proclamer que nous acceptons la souveraineté divine.
Pourquoi fait-on cette déclaration justement quand le jugement final des Yamim Noram est sur le point d'être scellé?

Comme nous l'avons vu, lorsque le peuple juif exprime son acceptation de la souveraineté de D. et son désir de se soumettre à Sa volonté, sa proclamation solennelle l'élève et l'attache à Hachem.
Il convient donc que le jour saint de Yom Kippour se termine par cette déclaration retentissante de soumission à la royauté divine, avec la téchouva et la devékout (attachement) qu'elle implique.
L'attachement profond à D. transforme l'homme en une personne nouvelle, l'élève au-dessus des lois de la nature et du processus ordinaire du jugement divin, et lui évite la punition.

Rabbi 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm3,12) l'exprime ainsi : "Réellement ... un moyen puissant d'annuler tous les jugements ou les désirs d'autrui afin qu'ils ne dominent pas l'homme et ne l'affectent absolument pas est que l'homme implante en son cœur la conscience que D. est le vrai D., qu'il n'existe aucun pouvoir autre que Lui dans le monde, ou dans aucun des mondes, et que tout est uniquement empli de Son Unicité absolue.
Lorsqu'un homme ne tient compte d'aucune autre force ou désir dans le monde, et lorsqu'il soumet et n'attache la pureté de ses pensées qu'au Maître unique, D. à Son tour fera que toutes les forces et les désirs du monde le quittent et n'aient aucun effet sur lui."

Aux derniers instants de Yom Kippour, pendant lesquels le jugement pour l'année à venir est scellé, notre vie est sur la balance.
[la Michna Broura (623,3) écrit : "A la Néila, le jugement inscrit pour les êtres humains à Roch Hachana, en bien ou en mal, est scellé. Un homme doit faire beaucoup d'efforts dans cette prière, car Yom Kippour est le point culminant des 10 jours de téchouva, et la prière de Néila est le point culminant de Yom Kippour. La fin détermine tout, et si ce n'est pas maintenant, quand?" ]

Pendant cette bataille déterminante et ces moments particulièrement opportuns, le peuple juif, élevé par l'expérience du jour saint, proclame d'une voix forte les mots du Shéma et s'emplit de dévouement envers D. au point d'être prêt à livrer sa vie pour sanctifier Son Nom. Pendant ces moments décisifs où le jugement de l'année est scellé, cette proclamation cause une transformation immédiate, de même que les soldats de l'armée juive opéraient en eux-mêmes une métamorphose.
En prononçant les mots du Shéma, ils devenaient dignes de miracles.

=> C'est en acceptant la souveraineté de D. et en nous vouant à Lui que nous serons dignes d'être scellés pour la vie pour l'année à venir.
A la veille de la bataille, le Cohen disait à l'armée juive que le mérite de la lecture du Shéma suffisait à lui seul pour garantir leur délivrance. De même, nous récitons ce verset à la fin de Yom Kippour, quand notre jugement final va être scellé et que les portes du ciel se ferment afin d'être, nous aussi, inscrits pour la vie et scellés dans le Livre de la Vie.

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[cela peut être également une raison pour laquelle on récite le Shéma Israël au moment de quitter ce monde : se lier à D. au moment où l'âme retourne à son Créateur.]