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L’importance de sanctifier le début d’une chose

+ "Tout va d'après le commencement" = l'importance de sanctifier le début d'une chose :

"Noa'h, homme de la terre, commença par planter une vigne" (Noa'h 9,20)

-> Le Sforno commente :
"Il commença par une action inconvenable, et c'est pour cela qu'il en découla des actes répréhensibles. Car une petite déviation au début en entraîne une grande à la fin, comme cela se produit dans les sciences lorsqu'elles partent d'une erreur au commencement."

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+ "Et Caïn travaillait la terre. Ce fut au terme des jours, Caïn apporta du produit de la terre en offrande à Hachem. Et Evel, lui aussi, apporta les premiers-nés de son menu bétail et de leurs graisses. Hachem se montra favorable à Evel et à son offrande, mais à Caïn et à son offrande, Il ne fut pas favorable.
Caïn en fut très affligé et son visage fut abattu. Hachem lui dit : "Pourquoi es-tu affligé et pourquoi ton visage est-il abattu? Si tu t'améliores, tu pourras te relever, sinon, le péché est tapi à ta porte ; il aspire à t'atteindre, mais toi, sache le dominer!"" (Béréchit 4,2-7)

-> Le Divré Chmouël enseigne :
Nos tsadikim expliquent allusivement le verset : "Sanctifie-Moi tout premier-né" (Bo 13,2), en disant que l'essentiel du travail de l'homme consiste à sanctifier les "prémices" [c'est en cela que réside d'ailleurs, tout le thème du premier-né qui constitue les prémices de toutes les naissances].
Et cela inclut également les prémices de la journée, car selon la manière dont celle-ci débute, elle se poursuivra. C'est pour cette raison que nos Sages ont institué de réciter la louange "Modé Ani", dès le moment où l'on se réveille, avant même de poser le pied par terre, afin que la première occupation de l'homme au début de la journée, soit la sainteté.
[autre exemple : en ce sens, certains sages actuels disent qu'une ségoula pour avoir une bonne journée est de ne pas regarder son téléphone avant notre prière du matin à Hachem (même si naturellement nous avons très envie de le faire). (grâce à cela nous ancrons pour le restant de la journée que l'essentiel de notre vie est de servir Hachem (et pas les pulsions de notre égo (c'est bon Hachem, moi je gère tout seul ma vie!), la curiosité de voir les derniers messages, dernières nouvelles, ... ]
C'est pour cela qu'il est écrit : "Le péché est tapi à ta porte", car ce que le yétser ara recherche est "la porte", à savoir faire trébucher l'homme au seuil de sa journée, de même qu’au début de toute chose sainte, car grâce à cela, il a son emprise sur tout le reste de la journée.
C'est donc précisément à ce niveau que : "toi, sache le dominer!", car si tu t'efforces de bien commencer, tu seras en mesure de dominer ton yétser ara.

C'est en cela que se distinguent Caïn et Evel :
- Evel apporta en offrande les prémices, ce qui suggère qu'il consacrait le début de sa journée et partant, la suite de sa journée, au service d'Hachem. Dès lors, sa prière était intègre, pure et la meilleure qui soit, et c'est pourquoi : "Hachem se montra favorable à Evel et à son offrande", et accepta son sacrifice.
- En revanche, Caïn travaillait la terre : sa première préoccupation de la journée était le travail de la terre, et seulement au terme des jours, à savoir à la fin de ses journées, il allait prier. Cependant, comme sa journée commençait par le produit de la terre, sa prière également était mêlée du "produit de la terre", et c'est pour cela qu'Hachem ne fut pas favorable à son offrande.

Le Divré Chmouël conclut :
"Il en est ainsi dans toutes les générations : il existe 2 perspectives de l'existence, celle de Caïn et celle de Evel. Si l'homme consacre les "prémices" de sa journée, c'est-à-dire le début du jour, aux choses matérielles, il en sera de même pour tout le reste de sa journée. Et même lorsqu'il ira ensuite prier, sa prière sera empreinte du "produit de la terre", et troublée par des pensées matérielles, comme l'expérience le prouve.
Mais, lorsqu'il réserve le meilleur et le début de sa journée au service d'Hachem, par l'étude de la Torah et par la prière
(chacun suivant ses possibilités), même lorsqu'il ira ensuite vaquer à ses affaires avec intégrité, il ne s'y plongera pas corps et âme, et elles seront aussi considérées comme de la Torah."

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+ "Chem et Yéfét prirent la couverture, la déployèrent sur leurs épaules, et, marchant à reculons, couvrirent la nudité de leur père, mais ne la virent point, leur visage étant retourné" (Noa'h 9,23)

-> Rachi commente : "Chem a accomplit la mitswa avec plus d’empressement que Yéfét. C’est pourquoi ses descendants mériteront un jour de porter [comme "couverture"] le talith avec ses tsitsit. Quant à ceux de Yéfét, ils mériteront de recevoir une sépulture digne."

-> Le rav Yéhochoua Alt commente :
Chem a donc reçu cela [la mitsva des tsitsit] parce que c’est l’une des 1ères mitsvot avec laquelle un père éduque son enfant. De plus, c’est aussi l’une des 1ères mitsvot faites le matin.
Cela contraste avec Yéfét, qui a attendu, recevant ainsi la mitsva de l’enterrement, la dernière mitsva.
Nous voyons à partir de là combien il est important de mettre l’accent sur le début d’une chose, que ce soit le début de la journée, le Séder, la téfila ou tout autre commencement.
De même, la 1ère bénédiction de la Amida exige la kavana.

"Hachem dit à Avram : "Pars de ta terre, de ton lieu natal, et de ta maison paternelle vers la terre que Je te montrerai!"" (Lé'h Lé'ha 12,1)

-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne :
Ce verset vient suggérer qu'Hachem s'adresse à chacun pour lui dire : quitte tes pensées préconçues selon lesquelles le monde est conduit par la nature.
- "Quitte ta terre" = ta vision de la vie selon laquelle tout dépend de la qualité de la terre, car Hachem est en mesure de faire sortir des fruits d'une terre, qu’elle soit salée et impropre à l'ensemencement, si toutefois, tu pries Hachem et que tu diriges ton coeur vers Lui.
- De même, "quitte ton lieu natal" = cesse de penser que tout dépend de l'astrologie et du mois où tu es né.
- Puis, la Torah ajoute : "Quitte ta maison paternelle" = cesse également de penser que la santé du corps et les vertus de l'âme sont héréditaires, car Hachem possède la force de modifier à sa guise l'ordre naturel du monde entier.

Dès lors, il n'y a plus de place pour le découragement/désespoir et le renoncement sous prétexte que "c'est l'étoile sous laquelle je suis placé et il est impossible de la combattre!", ou d'autres arguments du même ordre.
Car grâce à la prière, Hachem élèvera l'homme au-dessus de "l'étoile" sous laquelle il est né, au-dessus du caractère qu'il aurait hérité de sa maison paternelle, au-dessus des influences qui proviennent de la terre où il habite, et la délivrance d'Hachem n'a pas de limite.

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-> De son côté, le Agra déKalla explique ainsi ce verset :
"Hachem dit à Avram" (וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל אַבְרָם) = le nom אברם est composé des initiales de la phrase : רבות מחשבות בלב איש (rabot ma'hachavot bélev ich - "Nombreuses sont les pensées dans le coeur de l'homme"), car Hachem dit (suite
du verset) : "lé'h lé'ha méartsé'ha" (Pars de ta terre - לך לך מארצך), voulant ainsi suggérer à l'homme de quitter les préoccupations terrestres auxquelles il est attaché par amour de l'argent et des plaisirs et de ne plus autant investir ses pensées à cette quête continuelle.
Car il ne pourra pas le moins du monde les augmenter, mais, au contraire, seulement "él aarets acher ar'éka (Vers la terre que Je te montrerai - אל הארץ אשר אראך), suggérant que Hachem suscitera Lui-même les moyens par lesquels il subviendra à ses besoins.

-> Le Agra déKalla développe ce sujet :
L’homme qui est convaincu que sa subsistance provient de la force de son poignet ou la multiplication de ses efforts personnels ... serait surnommé "idolâtre dans la pureté" (Cf. guémara Avoda Zara 8a), parce qu'il se repose sur l'une des causes qui se présentent à lui. [plutôt que Hachem]
Une telle attitude conduit l'homme à se détacher du Service d'Hachem, car il laisse constamment ses pensées aller vers les vanités du monde, lorsqu’il réfléchit aux divers moyens de trouver sa subsistance et de subvenir à ses besoins.
Celui qui, au contraire, se repose entièrement sur Hachem, vit tranquillement, l'esprit serein ... Car il conçoit dans son esprit que les idées qu'il met en oeuvre ne lui ajouteront rien, mais que seul le décret Divin s'appliquera. Dès lors, il fera disparaître de son coeur les inquiétudes au sujet du matériel.
C'est ce que le roi Chlomo déclare : "Nombreuses sont les conceptions dans le cœur de l'homme (רבות מחשבות בלב איש) ; mais c'est le dessein d'Hachem qui l'emporte" (Michlé 19,21) = à savoir que l'homme, dans son ineptie, investit de nombreuses pensées pour mettre en oeuvre les moyens d'assouvir son désir de richesse et d'honneurs. Mais c'est en vain qu'il se fatigue, parce que ses efforts ne lui ajouteront ni ne lui diminueront en rien (ses gains), mais c'est seulement "le dessin d'Hachem qui l'emporte" (ועצת ה׳ היא תקום), grâce au moyen, grand ou petit, que le Créateur aura Lui-seul, choisi.

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-> Lé'h Lé'ha = l'essentiel du verset "Pars pour toi" nous apprend que le juif doit toujours être dans le mouvement, prêt à avancer et à s'élever pour se parfaire dans les commandements divins.
Ainsi, lorsque l'homme tend vers la perfection du service divin, il est automatiquement aspiré vers l'avant, et s'élève de niveau en niveau.
[Tsor ha'Haïm]

Les bikourim = avoir conscience de la grandeur de chaque juif

+ Les bikourim = avoir conscience de la grandeur de chaque juif :

-> La Michna (Bikourim 3,3) enseigne que lorsque ceux qui apportaient leurs prémices (bikourim) arrivaient à proximité de Jérusalem, ses habitants envoyaient alors une procession afin de parer les prémices de toutes sortes d'ornements. Les gens importants sortaient alors afin d’accueillir les arrivants suivant leur rang, et tous les artisans de Jérusalem se tenaient devant les pèlerins et demandaient de leurs nouvelles ("Frères de tel endroit, êtes-vous en paix ?", disaient-ils).

-> Le Yisma'h Israël demande : pourquoi accordait-on autant d'honneurs à ceux qui apportaient leurs prémices?
Et il répond de la manière suivante :
"Car grâce à cette mitsva chacun pouvait être témoin de la bonté d'Hachem. Car même une 'petite' mitsva qu'un paysan accomplissait dans son champ, ne serait-ce qu’en pensée en songeant à la toute jeune figue fraîchement sortie pour la consacrer à Hachem, avait une importance telle pour Hachem qu'Il ordonnait au juif qui apportait ces prémices de sa terre au Temple, de lire devant le Cohen un passage de la Torah marquant sa reconnaissance.
C'est pourquoi l'accueil des arrivants se faisait en ''grande pompe'', afin de montrer que la mitsva la plus 'simple' du juif le plus simple, qu'il accomplissait de la manière la plus simple possible (par une simple pensée), était agréée par Hachem avec amour et miséricorde, et que tous les anges du Ciel ornaient cette mitsva de plusieurs couronnes.
Chacun pourra y puiser un réconfort, car quelle que soit sa situation, s'il avait mérité de n'accomplir qu'une seule mitsva et de n’avoir qu'une seule bonne pensée au cours de toute son existence, cela aurait néanmoins valu la peine qu'il vienne dans ce monde."

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-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne :
cela signifie que, dans cette période [d'Elloul] où Hachem nous appelle au réveil spirituel et au repentir, il peut arriver à l'homme de penser à tort : "Pourquoi commencerais-je à travailler sur moi-même et à me rapprocher? De toute façon, je n'arriverai jamais au sommet!"
La réponse à cette (fausse) question est que la moindre petite action qu'un homme accomplit en l'honneur d'Hachem, suivant son niveau personnel, est considérée dans le Ciel comme un acte d'une immense envergure.
Et petit à petit, il méritera de parvenir au but souhaité.

"Hachem t’a glorifié à son tour en te conviant à être Son Peuple privilégié ... Il veut que tu deviennes la première de toutes les Nations qu’Il a faites, pour la louange, pour le nom et pour la splendeur ; et pour que tu sois un Peuple consacré à Hachem, ton D., comme il l’a déclaré" (Ki Tavo 26,18-19).

-> Le Baal HaTourim explique ainsi l’expression : "pour la louange, pour le nom et pour la splendeur" = "Autant que les juifs louent et glorifient le Nom, autant cela sera splendeur pour eux".
Ainsi, cite-t-il la guémara (Méguila 15b) : Dans le futur, Hachem sera une couronne sur la tête de chaque tsadik, comme il est dit : ‘En ce jour, Hachem sera une couronne de gloire et un splendide diadème’ (Yéchayahou 28, 5)."
Le Baal Hatourim explique alors : "Cette couronne par laquelle ils ont couronné Hachem lors de leurs prières, leur reviendra sur eux. En revanche, celui qui prononce des paroles profanes à la synagogue, verra son corps entouré de ronces."

Elloul = inverser la rigueur Divine en miséricorde absolue

+++ Elloul : inverser la rigueur Divine en miséricorde absolue :

"Elle se dépouillera de son vêtement de captive, elle demeurera dans ta maison, et pleurera son père et sa mère un mois entier" (Ki Tétsé 21,13)

-> Le Zohar ('Hadach 72b) commente ce verset au sujet de la téchouva : "Elle pleurera son père et sa mère un mois entier" = c'est le mois d'Elloul où Moché est monté sur la montagne pour demander miséricorde devant Hachem.

-> Le rav 'Haïm Vital (Ets Ha Daat) explique ce commentaire du Zohar de la manière suivante :
"Le temps le plus propice où cette téchouva est acceptée est le mois d'Elloul qui est appelé "le mois des jours redoutables".
Car alors ta prière est entendue et les portes du repentir sont grandes ouvertes, comme il est écrit : "Invoquez-Le lorsqu'Il est proche."
C'est le sens profond de l'allégorie : "ani lédodi védodi li" (Je suis à mon Bien-aimé et mon Bien-aimé est à moi - ודודי לדודי אני לי), dont les initiales forment le mot : Elloul (אלול), car alors Hachem devient proche et s’éprend d'amour pour l'homme qui se repent."

-> Le Gaon de Vilna commente le verset : "Je restai prosterné devant Hachem pendant 40 jours et 40 nuits" (Ekev 9,25). Il explique qu'il s'agit des 40 jours entre Roch 'Hodèch Elloul et Yom Kippour durant lesquels Moché ne fit rien d'autre que de se répandre en prières pour intercéder en faveur des Bné Israël.
Le Gaon de Vilna ajoute : c'est pour cela que ces 40 jours furent institués comme jours de prières et de supplications, et qu'à Yom Kippour, Hachem agréa leur repentir.

-> Le Chaar Hamélekh (1,5) explique le thème des 40 jours à l'aide de l'enseignement de nos Sages (guémara Béra'hot 60a) selon lequel : "Pendant les 40 jours de la formation du fœtus, les parents peuvent prier pour que ce soit un garçon", car il est encore possible de le transformer (grâce à la
prière) d'une fille en garçon.
Ces 40 jours entre le début d'Elloul et Yom Kippour, eux aussi, sont assimilés aux jours de "formation du fœtus" de l'année prochaine. L'homme est alors encore en mesure de solliciter la miséricorde Divine afin d'inverser "l'attribut féminin" qui représente (dans la kabbale) la Midat Ha Dine, la rigueur, en "attribut masculin" qui symbolise l'émanation de la miséricorde absolue.

-> Le rav Elimélé'h Biderman ajoute :
Le bon sens exige qu'au lieu de se fatiguer et de travailler difficilement pour sa subsistance durant toute l'année, ce qui de toutes façons ne changera rien, il est préférable d'investir tous ses efforts (en lisant
des Téhilim, en priant, ...) durant tous ces jours et de se préparer ainsi à l'approche du ''Yom Hadine Hagadol'' (le grand jour du jugement : Roch Hachana), où le lot de chaque créature sera fixé.
[par exemple, le Rachab de Loubavitch déclara un jour : "La saison du mois de Elloul, c'est le livre des Téhilim!"]
Grâce à cette préparation, l’homme pourra récolter de confortables bénéfices pendant toute l'année qui s'annonce. Il ne s'agit d'ailleurs pas seulement de sa subsistance, mais de tous les domaines de l'existence.
Combien un homme peut-il influencer sur sa situation en investissant toute son énergie et toutes ses forces à prier convenablement pendant cette période, et combien il s'épargnera ainsi de tracas et d'efforts superflus durant toute l'année à venir!

-> Selon le Maguid de Douvno :
Il y a celui qui se prépare durant tout le mois d'Elloul, jusqu’à Roch Hachana, qui multiplie les efforts pour se repentir, qui supplie de sortir méritant du jugement. Dès lors, le moment venu, il suscite la miséricorde d'Hachem et il est légitime que l'on ait pitié de lui.
A l'inverse, certains traversent tout le mois d'Elloul sans aucune préparation convenable. Et lorsqu'arrive Roch Hachana, ils se souviennent brusquement de demander miséricorde car "juste" maintenant, ils ont rendez-vous avec le Roi et ouvrent largement leur bouche pour prier!

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-> b'h, également sur ce verset : https://todahm.com/2018/10/10/7412-2

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-> En parlant de la femme captive qui est prise pendant la guerre, le verset dit : "Elle doit pleurer son père et sa mère pendant un mois" (Ki Tétsé 21,13).

-> Le Zohar ('Hadach - Ki Tétsé) commente : "un mois" = cela fait référence au mois d'Elloul.

Quel est le lien entre ce verset et le mois d'Elloul?
Le Arizal (Séfer haLikoutim - Ki Tétsé) explique que le "père" dont il est question dans ce verset est Hachem, et la "mère" est le peuple juif.
La Torah enseigne ici que nous devrions pleurer des larmes de joie pendant le mois d'Elloul en raison du grand amour qu'Hachem nous témoigne, le peuple juif, pendant Elloul, ce qui est représenté par le verset (Chir haChirim 6,3) : "ani lédodi védodi li".
Ce sont des jours de proximité exceptionnelle avec Hachem.
En fait, le Arizal écrit (Siddour HaAri - Roch 'Hodech Ellul) que pendant la période allant de Roch 'Hodech Elloul à Hochana Rabba, toutes les portes des 13 Attributs de miséricorde d'Hachem sont grandes ouvertes, nous offrant un accès total à ces Attributs.

En général, lorsque nous pensons au mois d'Elloul, nous nous disons : "Oh, non, nous devons encore subir tout cela!" (se lever tôt pour les séli'hot, faire téchouva, des longues prières et journées de fête, ...).
Mais si nous comprenions l'étendue de la bonté dont Hachem fait preuve à notre égard durant cette période, nous envisagerions cette période de l'année avec une attitude bien différente. Avoir des fautes à notre actif est la pire des choses pour nous, et nous ne nous rendons pas compte des graves dommages qu'ils causent à notre vie.
Hachem, cependant, connaît les dommages qu'elles causent, et c'est pour cette raison qu'Il nous donne l'opportunité de nous purifier et de recommencer chaque année, afin que nos fautes ne s'accumulent pas.

Imaginez un condamné qui est emprisonné pour les crimes les plus graves jusqu'au jour où le juge lui dit : "Sentez-vous mal à propos de ce que vous avez fait, et nous vous libérerons. Nous vous paierons même pour cela, et personne ne se souviendra jamais du crime que vous avez commis. Mais ce n'est pas tout. Après avoir été libéré, tu feras partie de l'élite mondiale".

C'est précisément l'offre qu'Hachem nous fait. Quel que soit la faute que nous avons commise, tant que nous nous repentons, nous sommes non seulement pardonnés, mais aussi récompensés, car la téchouva constitue une mitsva.
De plus, la faute est entièrement et définitivement effacé de tout registre, et si nous nous repentons par amour pour Hachem, alors nos fautes sont transformées en mérites.
En outre, en faisant la téchouva, nous atteignons un statut d'élite, comme l'indique la guémara (Béra'hot 34b) : les plus grands tsadikim ne se tiennent pas à la place des pécheurs pénitents.

Hachem est si gentil avec nous. Peut-on imaginer un tribunal humain dire à l'accusé de regretter son crime et de se repentir un mois avant son procès, et il sera alors gracié?
Pourtant, c'est précisément ce que fait Hachem, en nous invitant à nous repentir pendant 30 jours avant notre "procès" de Roch Hachana, afin d'obtenir un jugement favorable.
Mais cela va encore plus loin. Si nous ne profitons pas de cette extraordinaire invitation au repentir et que nous arrivons à Roch Hachana mal préparés pour notre jugement, Hachem nous aime tellement qu'Il dit : "D'accord, nous organiserons un nouveau procès la semaine prochaine". Il nous accorde la période des 10 jours de repentir pour faire téchouva, et le jour du nouveau procès, Yom Kippour, nous vaut automatiquement l'expiation. Tout ce qui nous est demandé, c'est un peu d'effort sincère pour nous améliorer et nous repentir.

Hachem veut tellement que nous soyons purs et que nous puissions jouir de ce monde et de l'autre, et Il nous a miséricordieusement donné le don de la téchouva. Profitons de ce don extraordinaire et utilisons-le pour nous rapprocher d'Hachem, Lui permettant ainsi de nous accorder la bénédiction qu'Il souhaite sincèrement nous accorder.
[rav David Ashear]

"Vois, je place aujourd'hui devant vous la malédiction et la bénédiction" (Réé 11,26)

-> Rabbi Avraham Yaakov de Sadigora explique que le mot "aujourd’hui" fait allusion à Roch Hachana (comme cela est enseigné dans le Zohar 2,32b).
La raison en est qu’il existe un jour particulier dans l’année duquel dépendent tous les événements de celle-ci et ce jour est celui du jugement de Roch Hachana. C’est pour cela que la Torah nous met en garde en disant "Vois" : ce jour s’approche dont va dépendre toute "la bénédiction ou la malédiction".

-> Le Saba de Kelm (Kitvé Ha Saba Mi Kelm Yamim Noraïm p.88) écrit :
"Nous croyons tous que Roch Hachana est le Yom Ha Din (le jour du jugement), et que toutes les créatures comparaîtront alors devant Lui comme des moutons devant leur berger.
Cependant, les tsadikim ont un niveau plus grand que cela : ils possèdent le pouvoir de se représenter les choses. Cela signifie que leur émouna est tellement forte qu’ils voient réellement l’image du Yom Ha Din dans leur esprit, et qu’il s’agit d’un jour terrible et redoutable.
Alors que chez les autres personnes, cette perception n’est pas aussi sensible. Pour cette raison, ils ne s’y préparent pas suffisamment comme le font les tsadikim."

=> A cette fin, le verset dit "Vois" = enracine-le en toi au point qu’il soit comme si tu le voyais en face de toi! C’est de cette manière que tu dois considérer ce jour qui arrive à grands pas.

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-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne :
On peut comprendre ainsi le midrach bien connu selon lequel les 4 espèces qui composent le Loulav sont associées aux membres de l’homme : le Loulav représente la colonne vertébrale, le Etrog, le coeur, le myrte, les yeux et la branche de saule, la bouche.

A priori, on est en droit d’objecter : certes, il est normal que l’on ne prenne qu’un Etrog, puisque l’homme ne possède qu’un coeur, de même qu’un Loulav, puisqu’il n’a qu’une colonne vertébrale.
=> Mais pourquoi prend-on 3 branches de myrte puisque l’homme ne possède que 2 yeux?
Par ailleurs, le verset : "Le Sage a ses yeux dans sa tête et le sot chemine dans les ténèbres" (Kohélet 2,14) peut nous sembler étonnant. Est-ce que seul le sage a des yeux?

En fait, les termes du verset suggèrent que le sage possède un autre oeil que le sot ne possède pas, à l’exemple de ce qu’enseigne la guémara (Tamid 32a) : "Quel est le sage? Celui qui voit ce qui va naître (des événements présents)".
Dès lors, le sage possède bien 3 yeux : 2 yeux d’origine, plus un oeil lui permettant de voir les conséquences futures d’une situation présente. C’est pour cela que l’on prend trois feuilles de myrte.
Il nous incombe donc d’être comme le sage qui voit déjà l’avenir, et de voir ainsi l’année qui s’annonce devant nos yeux et qui dépend entièrement de Roch Hachana. Dès lors, notre préparation sera complétement différente.

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-> Le Sfat Emet (année 5625) dit dans un appel au renforcement :
"Mes amis bien-aimés, chers à mon âme : [à partir de] Roch ‘Hodèch Elloul, il n’est pas convenable de dormir et de se laisser engourdir dans la torpeur du monde matériel."

-> Le Sfat Emet dit à l'un de ses disciples :
"Vois-tu, toute l’année nous parlons affaires. Ce mois-ci [Elloul], l’affaire la plus rentable est celle de la téchouva, car celui qui investit ses forces à revenir vers Hachem durant ce mois fait de gros bénéfices tant spirituels que matériel durant toute l’année à venir. Heureux est celui qui sait être prévoyant!"

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+ "Reviens Israël jusqu’à Hachem ton D." (Ochéa 14,2)

-> Le midrach (Yalkout Chimoni Hochéa 14) commente ce verset : "Tant qu’Il est miséricordieux".

-> Et le 'Hatam Sofer (drachot - Nitsavim 5595) explique que cela signifie que les Bné Israël se repentent pendant Elloul, avant que n’arrivent les jours de jugement.

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-> Le Chaar haMélé'h (1,1-20) écrit :
il nous est accordé 30 jours avant que le Roi Juge Suprême fasse comparaître le monde entier devant Lui et examine chacune de Ses créatures, une par une. Il [Hachem] nous témoigne une immense bonté en "disant ses paroles à Yaakov, ses lois et ses préceptes à Israël" (Téhilim 147,19), en nous faisant savoir dans Sa grande miséricorde, dès le début du mois, qu’un jugement aura lieu, afin que nous puissions nous y préparer comme il se doit et y obtenir un verdict favorable ...
Il n’en a pas fait de même pour tous les peuples à qui Il n’a pas dévoilé son jugement.

Grâce à notre confiance en D., nous bénéficions de toutes sortes de délivrances et bénédictions

+ Grâce à notre confiance en D., nous bénéficions de toutes sortes de délivrances et bénédictions :

"Lorsque tu sortiras en guerre contre tes ennemis et que tu verras des chevaux et des chars, un peuple plus nombreux que toi, ne les crains pas" (Choftim 20,1)

-> Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva 3,32) explique qu’à travers ce verset, la Torah donne l’ordre suivant : "Si un homme voit un malheur s’annoncer, il devra penser que la délivrance est proche et il aura confiance en elle, comme il est dit : "La délivrance de ceux qui Le craignent est proche" (Téhilim 85, 10)."
[Ce verset renferme également un enseignement à propos de la stratégie à adopter afin de vaincre ses ennemis au combat : en effet, il est écrit à cette fin "ne les crains pas", car l’arme la plus efficace est la confiance en D.]

D’après Rabbénou Yona, cette stratégie ne concerne d’ailleurs pas seulement la guerre mais aussi toute épreuve qu’un homme s’apprête à affronter pour laquelle la Torah lui ordonne "ne les crains pas". Ce faisant, elle l’enjoint à la vaillance et au courage associés à la confiance que D. le délivrera.

-> Outre le mal qu’il se cause à lui-même, celui qui donne libre cours à sa crainte porte également préjudice à son entourage en le contaminant du virus de la peur. Il est en effet écrit un peu plus loin (verset 8 ) : "Qui est l’homme qui a peur et dont le coeur est lâche? Qu’il se retire et retourne chez lui, pour que le coeur de ses frères ne défaille point comme le sien."

Rav ‘Haïm Chmoulévitch (Si’hot Moussar 5731) explique que le propos n’est pas seulement de décrire celui qui doit sortir en guerre mais qu’il semble que l’on puisse apprendre de cette loi que celui qui a peur et fait fi de la confiance en D., est susceptible d’ébranler le coeur de ses frères comme le sien et il devra donc s’en éloigner, retourner chez lui, afin que personne ne voit sa faiblesse (il est évident que cela ne signifie pas de vivre isolé, mais au contraire, de se renforcer dans sa foi et sa confiance en D. afin de corriger sa peur et son inquiétude chronique et de devenir à l’inverse un exemple pour les autres).

-> Selon le rav Elimélé'h Biderman :
l’inquiétude et la crainte éloignent l’homme de son but et, au contraire, la foi et la confiance en D. l’en rapprochent et suscitent la délivrance et la miséricorde. Grâce à eux, même face à une épreuve, il méritera rapidement de sortir des ténèbres vers la lumière et son salut s’en verra hâté.

-> Le Yisma'h Israël (paracha Vayichla’h 5) écrit :
"lorsque l’homme pense à quel point sa situation est misérable ..., le remède essentiel est la foi, à savoir croire en Hachem ..., et plus l’obscurité s’intensifie, plus il lui sera nécessaire d’enraciner en lui cette force de la foi. Grâce à elle, il méritera d’acquérir la vertu de Bita’hon (confiance en D.) qui découle de cette foi, comme il est expliqué dans le Zohar (2,22a).
Et même si, d’après ce que l’intelligence humaine conçoit, il n’existe plus aucun refuge ni remède à son mal, cependant, il aura confiance dans la bonté infinie et sans limite et dans la grandeur du Créateur. Il sera aussi convaincu que dans Son immense miséricorde, Il peut même venir en aide à une créature aussi misérable que lui ..., et ceux qui placent leur confiance en Hachem et en Sa délivrance ne seront pas déçus, comme l’exprime le roi David : "J’ai placé ma confiance en Toi, que je ne sois pas déçu" (Téhilim 25,1).
Sachons que la Emouna et le Bita’hon adoucissent tout et transforment toute rigueur en miséricorde".

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-> La paracha Choftim (v.20,3-8) détaille l’ordre dans lequel les Bné Israël sortaient en guerre, et la manière dont le Cohen, oint à cette fin, appelait les combattants à livrer bataille.
Il est écrit : "Ecoute Israël, vous êtes prêts aujourd’hui à sortir en guerre contre vos ennemis, et Rachi de rapporter à ce sujet l’enseignement de la guémara (Sota 42a) : "Même si vous ne possédez que le mérite de la lecture du Chéma Israël, cela vaut la peine qu’Il vous délivre".

-> Le rav Mendel de Kotsk explique
"Si l’homme est fort et courageux, au point de penser que grâce au seul mérite du Kriyat Chéma, Hachem le sauvera, et que sa confiance en D. est à ce point forte, il est certain qu’il sera préservé.
Car cela signifie qu’il n’a aucune crainte et grâce à la force de son Bita’hon, Hachem le sauvera par le mérite du Kriyat Chéma (déclaration de foi de l'Unicité de D.).
["Qui est l’homme qui a peur et dont le coeur est lâche? Qu’il se retire" v.20,8]
Mais, celui qui n’est pas convaincu intérieurement que ce seul mérite le sauvera et qui "a peur et le coeur lâche" (Choftim 20,8) est tenu de se retirer du bataillon sauf s’il est exempt de toute faute."

[il en est ainsi dans chaque bataille de notre vie (petite comme grande), l'essentiel est d'y aller courageusement et sans peur car remplit de émouna, et alors grâce à cela on aura la victoire.]

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-> Lorsque le Cohen annonçait la sortie en guerre aux combattants, il disait : "Quel est l’homme qui a construit une nouvelle maison et ne l’a pas inaugurée ... ; qu’il se retire et s’en retourne à sa maison.
Les gardes adresseront de nouveau la parole au peuple et diront : s’il est un homme qui a peur et dont le coeur est lâche, qu’il se retire et retourne chez lui pour que le coeur de ses frères ne défaille pas comme le sien!" (Choftim 20,5-8)

-> Et la Michna (Sota 44a) de rapporter la suite des versets : "Alors, les gardes ayant fini de parler au peuple, on placera des officiers de légions à la tête de l’armée", et de commenter : "Sur les flancs des combattants, on place des gardes devant eux et derrière eux munis de gourdins en fer et ils ont le droit de briser les pieds de ceux qui cherchent à déserter, car le début de la défaite est la fuite".

=> A priori, il faut comprendre : au début, le Cohen s’exprimait de manière avenante et proposait à tout celui qui le désirait de se retirer. En revanche, à la fin, on employait un langage sévère, au point de permettre de briser les pieds des déserteurs.

-> L’explication est la suivante :
Avant qu’un homme s’engage à partir au front, il a le droit de faire son propre examen afin de juger s’il est capable de partir en guerre ou non et si son coeur est trop faible pour cela, il peut retourner chez lui. Mais après avoir accepté de livrer bataille contre l’ennemi, il est tenu de respecter cette décision courageusement.
Car s’il a accepté, il est certain qu’il possède les forces nécessaires pour mener à bien sa mission.

[il en est ainsi dans tous nos projets (en accord avec la halakha). A partir du moment qu'on a décidé de la validité et du souhait de le faire, c’est en soi la preuve que nous avons la force de le réaliser, et Hachem ne nous abandonnera pas, ni ne nous laissera tomber.
Le yétser ara veut nous faire douter, nous retirer notre émouna, car alors on perd cette aide d'Hachem dans les combats de notre vie ]

"Tu seras intègre avec Hachem ton D." (Choftim 18,13)

-> Rachi commente :"Marche avec Lui en étant intègre et espère en Lui. Ne sonde pas l'avenir, mais tout ce qu'Il t'amènera, accepte-le avec intégrité. Tu feras alors partie de Son peuple et tu seras Son partage."
[ce Rachi est incroyable! Il nous donne la définition d'un membre du peuple d'Hachem ("tu feras alors partie de Son peuple" - az tiyé imo). ]

-> "Car ces peuples que tu dépossèdes, ils écoutent les prédicateurs et les oracles ; or toi, ce n'est pas ce qu'Hachem ton D. t'a départi" (Choftim 18,14)
Le Maharitz (rav Yossef Tsvi Doushinsky) explique :
A priori, il aurait dû être écrit dans le verset : «"r toi, il t'est interdit d'aller après eux", car puisque la Torah vient interdire de s'en remettre aux prédicateurs et aux oracles, cela aurait dû être exprimé explicitement.
C'est, qu'en fait, les nations du monde ne croient pas en Hachem, et c'est pourquoi toute leur existence est remplie d’anxiété et de la crainte du lendemain. Ainsi, ne cessent-ils de consulter les prédicateurs et les oracles, pour entendre quel sera leur avenir.
C'est ce que le verset vient exprimer allusivement : toi, juif, tu sais que, même lorsque les choses ne se déroulent pas selon ta volonté (ce qui est suggéré allusivement par les mots du verset "ce n'est pas"), c'est néanmoins : "ce qu'Hachem ton D. t'a départi".
Dès lors, que l'on soit dans une bonne ou une mauvaise posture, tout est le fait d'un décret Divin et tout est pour le bien.

-> Le 'Hafets 'Haïm (Chem Olam - chaar chmirat haShabbath 3) écrit :
Puisque la connaissance de l'homme, est tellement réduite, il ne nous est pas donné de sonder les desseins du Roi des rois, Hachem. L'homme doit donc marcher avec lui avec intégrité et être convaincu que tout ce qu'Il accomplit est pour le bien, car de la bouche d'Hachem, rien de mal ne peut sortir. De cette manière, il est certain qu'il méritera de voir finalement que ces choses elles-mêmes sont sources de bien et de bienfaisance.

-> Rabbinou Bé'hayé, pour sa part, explique que le verset : "Intègre, tu seras avec Hachem ton D." (Choftim 18,13) vient enseigner à l'homme qu' "Intègre, tu seras" et grâce à cela : "tu seras avec Hachem ton D." (l'expression "tu seras" étant lue avec les termes qui la précèdent comme avec ceux qui la suivent). Et lorsqu'il méritera d'être "avec Hachem", il jouira de la lumière des mondes supérieurs, comme il est mentionné : "Et une lumière résidait avec lui" (Daniel 2,22).
Notre verset vient donc t'enseigner la valeur de l'intégrité et la grandeur de sa récompense.
C'est ce que signifient les paroles du roi David : "Et moi dans mon innocence (en vivant avec intégrité), Tu m'as soutenu et Tu m'as maintenu devant Toi" (Téhilim 41,13) : car par le mérite de l'intégrité, l'homme se tient devant Hachem en permanence.

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-> Rabbi Its'hak Eïzik de Zoutchka enseigne :
"Un homme doit se conduire avec simplicité, intégrité et confiance en D., et se réjouir de la part qu'Hachem lui a octroyée, sans convoiter celle des autres.
Il doit être convaincu que s'IL ne lui a pas accordé plus que ce qu'il possède, c'est le signe que c'est pour son bien.
Il est possible que s'il avait reçu richesse et honneurs, il aurait dû supporter en contrepartie de terribles épreuves, que ce soit dans le domaine de la santé ou celui de l'éducation de ses enfants. Et Hachem lui a évité tout cela dans Sa grande miséricorde et Son immense bonté."

-> "Et n'érige pas de stèle chez toi, chose odieuse à Hachem ton D." (Choftim 16,22).
Le Imré Emet explique allusivement de la manière suivante : "Ne fait pas preuve d'obstination en t'érigeant comme une stèle contre, ce qu'Hachem ton D. déteste". Car si telle est la volonté d'Hachem, il n'est pas bon de s'ériger contre, mais on doit au contraire annuler sa propre volonté devant la Sienne.

-> Le rav Elimélé'h Biderman écrit :
il est préférable d'accepter avec amour les décisions du Créateur qui ne sont que bonté et bienveillance, de la part de Celui qui ne désire que nous préserver du mal véritable.
Certes, la prière est bonne pour annuler ce qui a été décrété, et en outre, l'homme est tenu de prier sans cesse. Néanmoins, s'il n'est pas exaucé, qu'il sache que, du Ciel, on ne désire que son bien le plus absolu.

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-> "Sois intègre avec Hachem ton D." (Choftim 18,13)

-> Ce verset enjoint de se comporter avec simplicité vis-à-vis d'Hachem, sans trop se poser de questions et chercher à comprendre des choses qui pourraient faire douter et éloigner de Son Service et de Sa foi.
On raconte que Rabbi Naftali de Ropshitz se distinguait par son intelligence particulière et sa vivacité d'esprit remarquable. Un jour, son Maître, le 'Hozé de Loublin lui dit : "Tu sais Naftali, dans toute la Torah, il n'est jamais dit qu'un juif doit être futé et particulièrement intelligent. Au contraire, il est dit : "Sois intègre avec Hachem", ce qui implique simplicité voire même naïveté!"
Alors, Rabbi Naftali lui répondit sur place : "Certes, mais pour savoir comment réellement être simple et intègre avec Hachem, sans que cela tombe dans de la sottise, de l'insouciance ou autre dérive, un juif a besoin d'une bonne dose d'intelligence et de vivacité".

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-> "Sois intègre avec Hachem, ton D."

Rachi : on doit accepter ce que Hachem nous donne sans tenter de prédire le futur. Il faut tout accepter avec amour et intégrité.

Le ‘Hafets ‘Haïm faisait la déduction suivante à partir de ce verset : il est écrit que la personne doit agir avec intégrité devant Hachem, mais pas à l’égard d’autrui. Dans les relations avec les autres, la personne doit faire preuve de beaucoup de sagesse et de réflexion et ne doit pas se laisser duper par quelqu’un de douteux.

L’exemple qu’il ramène est celui de Yaakov, appelé "ich tam" et qui pourtant, fit preuve de beaucoup de ruse dans ses relations avec Lavan.
Un jour, plusieurs Bné Thora se plaignirent au ‘Hafets ‘Haïm d’avoir été escroqués par des commerçants malhonnêtes, sur une large somme d’argent. Il leur cita ce verset et remarqua qu’ayant passé plusieurs années en yéchiva, ils s’étaient habitués à se conduire avec témimout envers Hachem. Leur erreur, en revanche, fut de penser qu’il était possible de se comporter avec témimout avec autrui également.

Comment concilier cela avec la nécessité de juger toute personne favorablement?
Le rav Its’hak Berkovits explique que la mitsva de juger l’autre favorablement ne signifie pas qu’il y a une obligation de considérer chaque action de manière positive, irrationnellement, mais elle nous demande de juger l’autre de façon logique, raisonnable et équitable ; on peut avoir tendance à juger autrui durement, injustement. Or la Torah nous rappelle que cela est erroné, sans toutefois nous charger de rendre un jugement illogique.

Par exemple, en ce qui concerne le tsadik, même s’il fait quelque chose qui semble être une avéra, il est tout à fait normal de supposer qu’il n’a rien fait de mal.
À l’opposé, quand un racha fait quelque chose de positif, il paraît logique qu’il existe une façon négative d’interpréter son comportement.
Lorsque le bon sens veut que l’on juge l’autre favorablement, la Torah nous ordonne de le faire, mais quand ce n’est pas le cas, il n’y a aucun impératif de la Torah d’accorder le bénéfice du doute et il y a même parfois une obligation de juger son prochain négativement.

Le rav Yéhonathan Geffen explique : La Torah ne nous demande pas d’être naïf, mais plutôt d’être réaliste et elle nous dit parfois que nous devons juger l’autre défavorablement. C’est pourquoi, lorsque, par exemple, nous commerçons avec les gens, la mitsva de "betsédek tichpot" nous enseigne qu’il ne faut pas être naïf, mais plutôt qu’il faut considérer l’autre justement (avec tsédek) et avec exactitude.
Il est important de se souvenir qu’agir de la sorte n’est pas une mince affaire, notre tendance naturelle peut être de juger l’autre injustement. C’est une erreur, nous dit la Torah ; il faut tenter de traiter les gens équitablement.

[notre yétser ara nous fait mélanger les choses. Mais il doit être clair à nos yeux qu'avec Hachem nous devons lui donner 100% de notre confiance, même si tout semble contre nous.
Avec l'humain, il faut faire preuve de réalisme, de justesse.]

"Apprendre /Interroger des morts" (doréch él amétim - Choftim 18,11)

-> Il y a un concept d’avancer (ol'éh -הולך) ou de rester statique (oméd - עומד). Un הולך est en mesure de grandir spirituellement, comme nous dans ce monde. A l’opposé, un עומד reste statique. Aussi l’ange est-il qualifié d'un עומד, ne pouvant évoluer spirituellement.

Après la mort, on ne peut plus être un הולך. [ce qu'on aura fait dans ce monde déterminera notre position fixe pour l'éternité. ]
Nos Sages (guémara Shabbath 30a) à partir de "bamétim 'hofchi" (Téhilim 88,6), enseignent qu’un défunt est quitte des mitsvot et de la Torah.
Le terme "niftar" (un défunt - נפטר) vient de la racine "patour" (dispensé - פטור) puisqu’une personne décédée est dispensée des mitsvot. Et ce par opposition aux vivants : le mot " 'haï" (vivant - חַי) est lui de la même racine que " 'hayav" (חייב) qui renvoie à l’obligation d’accomplir les préceptes de la Torah.

Par exemple, le Gaon de Vilna (en 1797), agonisant, pleurait sur son lit. Interrogé, il saisit alors ses tsitsit et dit que dans ce monde, pour quelques kopecks, on pouvait acquérir des franges rituelles pour le port permanent desquelles, nous recevons une récompense. Mais une fois au ciel, aucune somme d’argent ne permet plus d’acquérir une mitsva.
[d'une certaine façon, dans ce monde un sourire, une petite pièce à la tsédaka, se retenir de dire un mot de lachon ara, ne pas voir une chose interdite, ... ne coûte rien et permettent de gagner un énorme mérite éternel, mais après notre mort même pour tout l'argent du monde, on ne peut avoir aucune mitsva supplémentaire.
Par exemple également, les morts ne peuvent pas chanter de louanges à Hachem, comme il est dit : "Ce ne sont pas les morts qui loueront Hachem" (lo amétim yéalélou ya - Téhilim 115,17).]

"Apprendre des morts" (doréch él amétim - Choftim 18,11). Le sens simple est que l’on ne devra pas trouver parmi nous de nécromanciens.
Mais à la lumière de ce que l'on vient de voir ces mots renvoient à la juste perspective de la vie et à la nécessité de l’optimiser. Comme le disent certains : "Seulement quand on songe que l’on va mourir, on commence alors vraiment à vivre".

Le rav Moché Feinstein explique que le mot "matséva" (une stèle - מצבה) vient de נצב, se tenir debout. Car après le trépas, on reste statique (sur le plan spirituel).
Voir une מצבה (stèle funéraire) doit donc nous dynamiser : "Et le vivant le prendra à coeur" (Kohélét 7,2). On se sentira galvanisé, réalisant que nous avons toujours une capacité d’ascension spirituelle.
[tout qu'il y a de la vie, il y a moyen de réparer et d'accumuler des mérites pour notre éternité! ]
[d'après le rav Yéhochoua Alt]

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-> Lorsque la guémara fait référence à une personne qui meurt, elle utilise le terme "na'h nafché" (comme dans Kétoubot 104a). En effet, ces mots se traduisent par "son âme se repose", car elle entre maintenant dans le monde réel. C'est là que son âme veut être, pas dans ce monde physique, car l'âme est spirituelle. Par conséquent, son âme est maintenant au repos.

-> Le mot pour vie en hébreu est 'haïm (חיים), qui est au pluriel. C'est parce que nous vivons dans 2 mondes, puisque chaque action que nous faisons dans ce monde affecte l'autre monde.

-> Lorsque l'on quitte ce monde, seules la Torah et les bonnes actions (maasim tovim) l'accompagnent (Pirké Avot 6,9). C'est ce à quoi fait allusion le mot "mét" (מת), qui est un acronyme de maasim tovim et de Torah.
Le mot mét nous rappelle donc que nous devons vivre dans un but supérieur.

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-> Alors que le corps d'une personne abrite son âme, son âme intérieure oblige son corps extérieur à vivre dans un but et une existence plus élevés. En effet, le mot 'haï (un être vivant) est lié à 'hayav (l'obligation). Lorsque l'âme d'une personne quitte son corps, celui-ci n'est plus lié à ces obligations supérieures et devient exempt de toute obligation

En vérité, seule une personne qui vit dans un but supérieur est considérée comme vivante . Une personne qui vit uniquement pour profiter de la vie est considérée comme morte, même de son vivant.
Comme le dit la guémara (Béra'hot 18), même lorsque les justes sont morts, ils sont considérés comme vivants, alors que les réchaïm sont considérés comme morts même de leur vivant.
Une personne qui mène une vie dans un but supérieur est niftar lorsqu'elle meurt parce que sa vie physique n'était pas son objectif, mais seulement un moyen d'atteindre un but supérieur. Une telle personne est comme quelqu'un qui sort (patour, sortir) d'une pièce pour entrer dans une autre.
Cela contraste avec le mot "mita" (mort) qui peut s'appliquer à tout être vivant, y compris les animaux. En effet, [à la différence de "niftar"], "Mita" est la conclusion de la vie et n'évoque rien de ce qui vient après.

[les gens peuvent quitter ce monde, mais ils n'en sont jamais vraiment partis, car ils ont encore un impact dans ce monde, certains pour le bien et d'autres pour le mal. ]
[rav Yéhochoua Alt]

+ "Ne pense pas que la mitsva de la bienfaisance ne concerne que le pauvre qui a besoin de manger et de se vêtir, car la Torah choisira toujours la voie de la bienfaisance et nous ordonne de satisfaire la volonté de nos coreligionnaires, à la mesure de nos possibilités.
Le principe général est que prodiguer du bien à notre prochain, qu'il s'agisse d'argent, de nourriture, d'autres besoins et même de paroles réconfortantes, fait partie de la mitsva de bienfaisance et sa récompense est immense".
[Séfer ha'Hinoukh - mitsva 479 (mitsva du maaser)]

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-> Le rav Elimélé'h Biderman ajoute :
Dès lors, nous pouvons en tirer une conclusion également au sujet de la mitsva du Maasser : cette mitsva inclut aussi le fait de prélever une partie conséquente de nos propos, à l'intention d'autrui, qu'il s'agisse de paroles réconfortantes, encourageantes, redonnant goût à la vie, ou encore de paroles de Torah, en consacrant une partie de notre temps à étudier avec quelqu'un.

Le rav Moché Feinstein stipule à ce sujet que "tout érudit en Torah, bien qu'il doive étudier pour lui- même, ce qui est très important, est tenu de consacrer une partie de son temps aux autres, même si c’est sur le compte de son étude personnelle ...
Je pense logiquement qu'il s'agit aussi de la mesure du Maasser, soit le dixième de son temps qui doit être consacré à étudier avec autrui. Et il est même possible que l'on puisse aller jusqu'au cinquième, cela demande à être approfondi."

[cela ouvre la réflexion sur la notion de donner le Maaser de nos paroles (en mots d'appréciation, de conseil, ...), de notre sourire/joie, de notre temps (ex: en écoutant autrui), ...
De même que la charité nous enrichit, de même à donner à autrui nous enrichit moralement, émotionnellement, spirituellement, ... ]

-> Le 'Haïm 'Hafets enseigne que de même que l'on devra rendre des comptes pour les paroles de lachon ara (paroles négatives selon la Torah) que nous avons pu prononcer, de même nous devrons rendre des comptes pour les paroles positives que l'on aurait pu dire à autrui et que l'on a pas dites.