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"Di Zahav" (דִי זָהָב - Dévarim 1,1)

-> En mentionnant : "di zahav" (assez d'or), Moché voulait faire comprendre aux Bné Israël : "Vous avez irrité D. en fabriquant le veau d'or parce qu'Il vous a donné plus qu'assez d'or et d'argent".
"Je lui ai donné de l'argent en abondance et de l'or elle a fait une idole" (Ochéa 2,10) = à cause de la grande quantité d'or et d'argent que Je vous avais donnée, vous avez fabriqué le veau d'or.

Hachem considère la faute du veau d'or comme la plus grave de toutes nos autres péchés. Nous avons dit que le veau était capable de créer le monde en 6 jours, d'étirer les 4 points cardinaux du monde [comme D. l'a fait lors de la Création] et de vous donner les 10 Commandements.

Moché y fait allusion en employant les mots : "véDi Zahav" (et assez d'or - וְדִי זָהָב).
Le mot : "védi" (et assez) s'écrit : וְדִי :
- le vav a une valeur de 6 car les Bné Israël prétendirent que le veau aurait pu créer la terre en 6 jours.
- le dalet a une valeur de 4, correspondant à l'allégation que le veau aurait pu étendre les 4 directions du monde.
- le youd, valeur de 10, rappelle la prétention que le veau aurait pu leur donner les 10 Commandements.

La Torah dit donc : "Di Zahav" (assez d'or) = "La faute du veau d'or qui avait mis D. très en colère aurait suffi pour qu'Il nous anéantisse".
[...]

Moché a dit à Hachem : "... Quelle est leur faute? Tu leur as donné tant d'or et d'argent qu'ils en avaient plus qu'assez. C'est pour cela qu'ils ont fabriqué le veau d'or.
L'abondance de richesses entraîne les hommes à oublier la crainte de D.
Un lion rugit lorsqu'il a devant lui un morceau de viande mais pas un tas de foin. Lorsqu'il a à manger, il rugit et fait trembler le monde entier. Mais s'il ne dispose que de foin, son coeur est humble et il garde le silence ...

On dit qu'un homme au ventre plein est prêt à commettre toutes sortes de méfaits et à oublier D.
La Torah emploie donc l'expression "Di Zahav" (assez d'or). Moché disait : "Le fait même que Tu leur aies donné tant d'or les a conduits à fabriquer le veau".
[...]

Après avoir réprimandé les Bné Israël (début Dévarim), Moché avait l'intention de leur expliquer toute la Torah. Cela nous apprend que pour D. ne prenne pas en compte la faute du veau d'or, le remède est l'étude de la Torah. Tant que nous nous investissons dans l'étude, nous n'avons pas à craindre le châtiment pour la faute du veau d'or, comme il est écrit : "Un remède pour la langue est l'arbre de vie" (Michlé 15,4).
Le remède contre les mauvaises paroles : "Voici tes dieux, Israël" (lors de la faute du veau d'or) est l'étude de la Torah appelée "un arbre de vie".
[Méam Loez]

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-> Les Sages de la maison d'étude de rabbi Yanaï apprennent du verset (Dévarim 1,1) : "Di Zahav" que Moché s'est "dressé" contre Hachem. Selon eux, Moché a dit à Hachem : "Maître du monde, c'est à cause de l'argent et de l'or (zahav) que Tu as donné à profusion aux enfants d'Israël, jusqu'à ce qu'ils disent : "daï" (די - c'est assez!) qu'ils ont fait le veau (d'or)."
[Hachem a accepté ces arguments de Moché affirmant que le Ciel était essentiellement responsable du veau d'or par cause de l'excès de richesses accordées]
[guémara Béra'hot 32a]

-> Hachem a gratifié les juifs de tant d'argent et d'or à la sortie d'Egypte qu'ils ont dit : "ça suffit! c'est assez!" (daï). En effet, ils ont emmené dans le désert la richesse "empruntée" aux égyptiens avant leur départ d'Egypte, ainsi que l'énorme butin récupéré sur le bord de la mer après l'engloutissement de tous les égyptiens. [Maharcha]

-> Un homme est en général insatisfait de sa part et désire toujours plus d'argent, car il lui semble toujours avoir des manques.
En effet, nos Sages enseignent : "Un homme ne quittera ce monde qu'avec la moitié de ses désirs dans sa main" (midrach Kohélét rabba 1,13).
Celui qui possède 100 en désirera 200 ; s'il obtient 200, il en désirera 400 ...

=> Comment alors les juifs ont-ils pu dire : "c'est suffisant!" (daï) à la quantité d'argent et d'or qu'ils possédaient (alors que par nature un homme n'est jamais satisfait par ce qu'il a)?

Nous pouvons répondre que la convoitise d'argent et l'insatisfaction permanente de notre situation économique ont pour origine la souillure (zouama) que le serpent (symbole du yétser ara) a communiqué à 'Hava et à ses descendants.
Or, il est dit dans la guémara (Shabbath 146a) que lorsqu'Israël s'est tenu au mont Sinaï, avant le don de la Torah, cette souillure a cessé (puisqu'Israël a retrouvé le niveau d'Adam et 'Hava avant leur faute) et n'est revenue qu'après la faute du veau d'or.

C'est pour cela qu'avant le don de la Torah, ils ont pu dire : "ça suffit (daï) [aux richesses]".
[rav Wasserman - Kovets Biour Aggadot 8,6]

=> On voit de là, à quel point dans sa nature, un homme n'est pas satisfait de ce qu'il a, désirant toujours plus.
Un juif doit travailler son caractère, au point d'en arriver à toujours se satisfaire de ce qu'il a. [tendre vers cet état d'avant la faute de Adam et 'Hava!]

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-> b'h, issu du : https://todahm.com/2019/01/12/jalousie-savoir-se-satisfaire-de-ce-que-lon-a

"Tu ne laboureras pas avec un bœuf et un âne ensemble" (Ki Tétsé 22,10)

-> Le Daat Zékénim méBaalé haTossafot apporte la réponse suivante.
Le bœuf est un ruminant (mâchant les aliments avant de les avaler), tandis que l'âne ne l'est pas.
Lorsque le bœuf et l'âne sont attelés ensembles, et que l'âne voit que le bœuf rumine, il pense qu'il est en train de manger quelque chose. L'âne en devient alors jaloux, car il pense que le bœuf a été nourri et pas lui.
[en les faisant labourer ensemble, l'âne entendrait que le boeuf est encore en train de mâcher son repas, ce qui pourrait le faire souffrir que son maître aurait donné une portion plus importante à son "compagnon de travail" ]

En réalité, ils ont chacun la même quantité de nourriture, mais puisqu'il doit la mâcher, il donne l'impression qu'il a triché pour en avoir plus.

=> Pour éviter une telle souffrance émotionnelle à l'âne, la Torah de les atteler ensemble.

-> Le rav 'Haïm Chmoulévitz dit que si la Torah fait tellement attention aux sentiments d'un animal, combien à plus forte raison elle l'est concernant les êtres humains.
On apprend de là qu'il faut être vigilant lorsque l'on raconte autour de nous à quel point on a passé de belles vacances, à quel point notre femme est incroyable, combien nos enfants sont brillants, ...
Si la Torah veut éviter que l'âne devienne jaloux, nous devons tout faire pour que notre prochain ne le soit pas à cause de nous!

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"Ne laboure pas avec un boeuf et un âne, attelés ensemble" (Ki Tétsé 22,10)

-> Rachi précise : "Il en va de même pour toutes les espèces existantes qui sont différentes. Et il en va de même si on les mène harnachés par paires pour transporter quelque fardeau". [guémara Baba Métsia 8b]

On peut donner les raisons suivantes :
1°/ Le Rambam écrit : "Il me semble aussi que la défense d’associer ensembles deux espèces, pour n’importe quel travail, a pour motif de nous éloigner de l’accouplement de deux espèces ; si donc il est dit : ‘Ne laboure pas avec un boeuf et un âne attelés ensemble’, c’est parce que, réunis ensemble, ils pourraient quelquefois s’accoupler l’un avec l’autre". [Moré Névou'him III,49]

2°/ La première raison, explique le Ibn Ezra, est qu’Hachem, qui est miséricordieux envers toutes Ses créatures, a pitié de l’âne, dont la force n’est pas celle du boeuf. Conséquence : quand le boeuf et l’âne vont labourer ensemble, le boeuf, dont la force est plus grande, va labourer plus rapidement, et donc forcera l’âne à labourer au-delà de sa capacité, c’est de la cruauté animale.

3°/ A cette dernière explication, le ‘Hizkouni rajoute : "Le boeuf rumine continuellement et mange, tandis que l’âne ne rumine pas. Conséquence : l’un mange et l’autre jeûne, c’est de la cruauté animale."

4°/ Le Daat Zékénim des Tossafistes écrit de même : "Car le boeuf rumine et l’âne souffre quand il entend manger le boeuf."

5°/ Le Ben Ich 'Haï nous dit que le boeuf (animal pur) symbolise le yétser hatov tandis que l’âne (animal impur) symbolise le yétser ara. L’interdiction de "labourer ensemble le boeuf et l’âne" signifierait donc, du point de vue allégorique, qu’il est malsain de chercher un compromis entre nos 2 Penchants, disant : "Je vais à la synagogue pour prier (satisfaisant ainsi mon yétser haTov) cependant, je parle inutilement et prononce du lachon ara autour de moi (satisfaisant ainsi mon yétser ara)."

6°/ Le Rama de Pano (Assara Maamarot, Chikour Dine, II,8) écrit (au nom du Tikouné Zohar [V, 142a]) à propos du Veau d’Or : "On dit de lui que sa moitié supérieure avait la forme d’un boeuf broutant de l’herbe, et sa moitié inférieure avait la forme d’un âne. Ceux-ci représentaient deux éléments de la Klipa (forces impures du Mal) ... Et sur cet hybride, ils ont dit: ‘Voici tes dieux, ô Israël’ (Chémot 32, 8)."
Le Zohar [Béchala’h 84b-85a], concernant la raison profonde du Commandement : "Ne laboure pas avec un boeuf et un âne attelés ensemble" enseigne de ce fait qu’il est interdit de lier les deux forces impures, à savoir le "boeuf" et l’"âne", car, dit-il : "Quand elles se joignent, le monde ne peut subsister."

Aussi, le Mégalé Amoukot (Vaét’hanan 71) expliquant le commentaire du Zohar, écrit-il: «Ichmaël, superflu d’Abraham dont l’attribut est la Bonté (‘hessed), désigne la Bonté côté Klipa, celle de l’"âne", qui chapeaute 35 Nations à droite. Essav, superflu d’Its’hak dont l’attribut est la Rigueur (Guévoura), désigne la Rigueur côté Klipa, celle du "boeuf", qui chapeaute 35 Nations à gauche.
C’est pourquoi la Thora a interdit : ‘Ne laboure pas avec un boeuf et un âne, attelés ensemble’, car il y a un grand danger à les lier, étant donné qu’il s’agit là de la source de toutes les forces impures des 70 Nations du monde."
La Torah s’inscrit alors comme la principale arme efficace contre les Klipot du "boeuf" et de l’"âne". Aussi, y trouvons-nous y une allusion dans les propos de nos Sages (guémara Avoda Zara 5b) : "On enseignait à l’école d’Eliyahou : la parole de la Torah doit être pour nous comme ce qu’est le joug pour le boeuf et la charge pour l’âne qui la porte."
De plus, lorsque les Bné Israël affirmèrent leur acceptation inconditionnelle de la Torah : "Naassé véNichma" (nous ferons et nous écouterons - נעשה ונשמע), ils obtinrent en conséquence, pour eux et pour les générations futures, l’assurance de la protection divine face aux 70 Nations (35 à Essav עשיו et 35 à Ichmaël ישמעאל ), ainsi que la promesse de l’annulation de leurs forces maléfiques. Aussi, pouvons-nous remarquer que le mot נעשה (Naassé – Nous ferons) a la même racine que le nom עשיו (Essav), et que le mot נשמע (Nichma – Nous écouterons) a la même racine que le nom ישמעאל (Ichmaël).
Par ailleurs, les lettres communes aux mots נעשה et נשמע sont עשן (Achane - fumée) et les lettres restantes sont מה (Ma - 45 : valeur numérique du mot אדם Adam qui désigne Israël – "Vous, êtes appelés Adam" [guémara Yébamot 61a]), ceci pour faire allusion à la disparition (en fumée) du Mal des Nations et à l’éternité d’Israël. [Gaon de Vilna]

"Ainsi vous bénirez les enfants d'Israël en leur disant" (Nasso 6,23)

-> On déduit de ce verset que les Cohanim doivent se tourner vers le peuple pour les bénir. Mais apparemment, il aurait peut-être été plus logique qu'ils se tournent vers Hachem pour Lui demander qu'Il bénisse le peuple.
Le Maguid de Douvno propose le récit d'un père, qui voit son fils se dévoyer et décide de le sortir de sa maison sans ressource, pour le pousser à réfléchir et se ranger. Un jour, un proche se mit à sensibiliser le père et lui dit : "Ton fils est en train de tourner dans les rues, sans même un pull malgré le froid de l'hiver. Puis-je te demander au moins de lui faire parvenir un habit chaud?"
Le père lui répondit : "J'entends ta requête, mais moi je souhaiterai te demander de me permettre de lui faire parvenir ce pull".
Voyant qu'il ne comprenait pas, le père expliqua : "J'aime mon fils et je ne souhaite que l'aider. Mais je suis contraint de sévir pour le pousser à changer. Si tu l'aides à s'arranger, je ne demanderai pas mieux que de le rapprocher!"

=> De même, Hachem n'attend que de pouvoir accorder Ses Bénédictions à Israël. C'est leurs mauvais comportements qui bloquent.
Ainsi Hachem dit aux Cohanim : ""Dites leur!" Je vous en prie, adressez-vous à Mon peuple pour les diriger sur la bonne voie. Parlez-leur! Et Moi, Je les bénirai sans attendre".

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+ "Ainsi vous bénirez les enfants d'Israël en leur disant (amor laèm)"

=> Les mots "en leur disant" semblent superflus, le message aurait était compris sans. Si les Cohanim bénissent les juifs c'est forcément qu'ils vont dire ces mots.
Ainsi qu'est-ce que la Torah souhaite nous enseigner par cela?

-> Le Maguid de Koznitz explique que les juifs sont appelés : "les enfants d'Hachem" (Réé 14,1), et ainsi envers Ses enfants Hachem ne désire que pouvoir les combler de Son amour et de toutes Ses bénédictions, car le monde n'a été créé que pour les juifs (voir midrach Vayikra rabba 36,4).
Qu'est-ce qui empêche de recevoir de telles bénédictions et de vivre tout le bien que Hachem désire nous donner?
C'est notre mauvais penchant, nos sentiments et pensées négatifs.
Le roi David écrit : "Je suis avec lui dans le malheur" (Téhilim 91,15) = pour ainsi dire, Hachem est peiné lorsque nous ne sommes pas capables de recevoir les bénédictions qu'Il désire nous donner.

Le Maguid de Koznitz dit que c'est pour cela que Hachem a répété à la fin du verset : "amor laèm" (lit. dites-leur!).
Au premier abord, il semble que ces mots font référence à la mitsva de birkat Cohanim, mais cependant ces mots introduisent une autre mitsva. Hachem ordonne à Aharon le Cohen Gadol et à ses enfants de "dites-leur!" = rappeler aux Bné Israël à quel point Hachem peut et désire leur donner tellement de belles choses. Ils devaient les renforcer et les inspirer à continuer d'observer Ses mitsvot et à étudier la Torah, car grâce à cela les juifs se rapprochent de Lui. [encore plus qu'un parent, Hachem est peiné de nous voir éloignés de Lui par cause de nos avérot]
Ce n'est qu'une fois que les juifs comprennent et reconnaissent à quel point ils sont précieux aux yeux d'Hachem, que Aharon et ses enfants [les Cohanim] peuvent les bénir. En effet, c'est l'état de nos récipients et des conduits qui va nous permettre de recevoir les infinies bénédictions dont Hachem désire nous combler.

[plus nous reconnaissons que tout ne vient que d'Hachem (émouna en Lui), plus nous faisons téchouva (forte aspiration à vouloir être meilleur), et plus nous faisons de notre mieux pour agir selon Sa volonté, alors le plus nous sommes aptes à provoquer et réceptionner les flux Divins de bénédiction dont papa Hachem souhaite tellement nous donner.
A l'inverse, en fautant, nous causons de la peine à Hachem qui nous voit s'éloigner de Lui, et qui pourra alors moins nous donner de bonnes choses, et si l'on peut dire, c'est une chose terrible pour Lui! ]

Ainsi, la birkat Cohanim doit nous rappeler à quel point Hachem nous aime, à quel point nous sommes précieux à Ses yeux.
Lui qui a tout et peut tout, ne désire que nous combler du meilleur (matériellement et spirituellement). A nous de jouer!

+ Lorsqu’Israël est attaché à la Torah, la bénédiction Divine fait en sorte que son "dénombrement" devient illimité dans le sens qu’il n’est plus celui de "ce monde ci" (olam azé), un nombre qui décrit la quantité du corps, mais celui du "monde à venir" (olam aba), un nombre qui décrit la qualité de l’âme.
C’est le sens du verset : "Si Hachem vous a préférés, vous a distingués, ce n’est pas que vous soyez plus nombreux que les autres peuples, car vous êtes le moindre de tous" (Vaét'hanan 7,7).
[Chla haKadoch]

"Lorsqu’un homme n’aura personne pour le racheter, et qu’il trouve de quoi se racheter" (Béhar 25,26)

-> Le 'Hatam Sofer commente :
"Cela signifie que celui qui s’imagine réellement qu’aucun homme ne peut le racheter et qui s’en remet entièrement à Hachem peut être certain qu’il trouvera finalement la délivrance".

-> Le rav Elimélé'h Biderman explique :
Sachons que c’est précisément le fait de se sentir dépendant d'Hachem et de penser que ‘sans Ton aide aucune délivrance n’est possible’ qui apporte la bénédiction.
Lorsqu’un homme ressent réellement que personne n’est en mesure de l’aider, Hachem le délivre de toutes ses épreuves.

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[Il est écrit : "Donnez de la force à Hachem" (ténou oz lélokim - Téhilim 68,35) = d'une certaine façon, plus nous donnons de la force, de l'importance à Hachem à nos yeux (au point que rien d'autre peut nous aider/sauver que Lui), alors plus nous donnons de la force à Hachem, qui pourra ainsi nous sortir de toute difficulté et nous combler de bénédictions. ]

"Et qu'un homme n'offense pas son prochain, et tu craindras ton D. car Je suis Hachem ton D." (Béhar 25,17)

A partir de ce verset, la guémara (Baba Métsia 58b-59a) nous enseigne :

-> "Et qu'un homme n'offense pas son prochain" = "il s'agit ici de l'offense causée par la parole" ;

-> Rabbi Yo'hanan (au nom de Rabbi Chimon Bar Yo'haï) dit : "L'offense causée à autrui par la parole est plus grave qu'un dommage occasionné dans ses biens". En effet, il est écrit à son sujet [dans le même verset] : "Tu craindras ton D." ;

-> Rabbi El'azar enseigne : "Pour toutes (les fautes), Hachem se fait payer par l'intermédiaire d'un émissaire, à l'exception de l'offense". La Chita Mékoubetset nous explique cette guémara : "Car parfois l'ange (chargé d'appliquer la sentence) se trouve au loin, comme il est enseigné (guémara Béra'hot 4b) : 'Mikhaël en une (enjambée), Gavriel en deux, Eliyahou en quatre', et il ne peut pas voler en une seule fois. En revanche, en ce qui concerne l'offense [à autrui], Hachem se fait payer Lui-même, et le châtiment se hâte d'arriver".

-> Rav 'Hisda enseigne : "toutes les portes (de la prière sont fermées) sauf celles de l'offense", celui qui est blessé et humilié, au point de crier sa souffrance vers le Ciel, voit sa plainte atteindre le trône Céleste.
Selon Rachi : "Celui qui crie parce qu’il a été offensée, la porte ne se ferme pas devant lui"
Rabbénou Bé'hayé explique que du fait que la personne offensée éprouve beaucoup de peine et de désespoir, cette détresse le pousse à se soumettre au Créateur, et sa prière, qui jaillit d’un cœur chagriné, est prononcée avec ferveur et exaucée.

-> Rav Abbaou dit : il existe 3 choses devant lesquelles le rideau (la séparation entre Hachem et l'armée céleste - Rachi) n'est pas fermé : l’offense, le vol et l'idolâtrie.
Rachi explique : "(le rideau de séparation avec Hachem n'est pas fermé) pour faire disparaître les preuves (de leur bien-fondé) devant D., mais Hachem les voit constamment pour se faire payer".

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-> "Ne vous lésez point l’un l’autre" (Béhar 25,17)
Rachi commente : "Ici, on interdit le préjudice par des paroles : qu’il ne blesse pas son prochain".

-> Rabbi Eliézer de Metz (Séfer Yiréïm - 51) écrit : "Tel qu'il existe l'offense par la parole, il existe aussi l'offense par une mauvaise conduite, lorsqu'il montre à autrui un mauvais visage".

-> "Tu ne monteras pas sur mon autel avec des marches afin de ne pas dévoiler ta nudité" (Yitro 20,23)
Rachi commente : "(si tu montes avec des marches) il s'avère que tu te conduits avec dédain ; et un raisonnement a fortiori s'impose : si envers ces pierres, qui n'ont aucune intelligence pour ressentir l'affront qui leur est fait, la Torah a ordonné, parce qu’elles ont une utilité, de ne pas se conduire avec dédain, à plus forte raison
envers ton prochain qui est à l'image de ton Créateur, et qui ressent l'affront".

-> Le Séfer ha'Hinoukh (mitsva 348) écrit :
"Combien nos Sages nous ont-ils mis en garde et incités à ne causer, sous aucun prétexte, de la peine aux créatures, ni à les humilier ... Et il est juste également, de veiller à ne pas insinuer un quelconque dédain (même par des gestes) envers elles.
Car la Torah est très sévère en ce qui concerne l'offense, du fait que celle-ci leur cause beaucoup de peine. Et nombre d'entre elles en seront plus blessées qu'à cause de l'argent, comme ils ont enseigné (guémara Baba Métsia 58b) : "L'offense due à la parole est plus grave que celle due à l'argent, car il est écrit à son sujet : "Tu craindras Hachem ton D."."

"Je serai sanctifié à l'intérieur des enfants d'Israël" (Emor 22,32)

-> Cette mitsva consiste à donner sa vie pour ne pas renier sa foi en Hachem. Mais pourquoi la Torah ne présente-t-elle pas ce commandement sous forme d'ordre, comme toutes les autres mitsvot, en disant : "Sanctifiez-Moi à l'intérieur des Bné Israël"? Pourquoi est-ce la forme narrative qui est employée?

Le Sfat Emet remarque aussi que la Torah ne dit pas : "Je serai sanctifié parmi les Bné Israël", comme on s'attendrait. Le Torah dit plutôt "à l'intérieur des enfants d'Israël". Qu'est-ce que cela signifie?

-> Le Sfat Emet explique :
C'est que chaque juif aime Hachem du plus profond de son coeur. Il lui est clairement viscéralement impossible de Le renier.
A l'intérieur de son coeur brûle cette flamme ardente d'amour pour Hachem. Mais, tout au long de la vie, le mauvais penchant s'évertue à le distraire de ce sentiment et le séduit par des plaisirs bien plus bas et grossiers.
Ainsi, cet amour pour Hachem reste trop souvent endormi. Mais dans un moment extrême, où on l'oblige à renier son Créateur et à éteindre cette flamme pour l'éternité, quand son désir ardent pour Hachem se trouve menacé, il se met alors à surgir et à se réveiller dans toute sa force. Et là, on constate qu'il est prêt à tout pour conserver cette flamme.
L'Histoire a montré que des juifs simples, et parmi eux beaucoup qui ne pratiquaient rien de leur judaïsme, ont été prêts à donner leur vie avec bravoure pour ne pas renier leur Créateur. Cela est dû à cet amour ardent pour Hachem qui brûle à l'intérieur de son
coeur et même si le penchant s'efforce à l'étouffer tout au long de sa vie. Quand il est menacé et qu'on tente de l'éteindre, il se réveille avec force et alors, le plus naturellement du monde, tout juif qui qu'il soit se trouve prêt à tous les sacrifices pour le préserver.

Ainsi, le verset dit : "Je serai sanctifié à l'intérieur des Bné Israël" = il n'est pas même nécessaire d'en formuler un ordre, car cela se fera de façon naturelle, cela ira de soi. Hachem sera sanctifié par le juif, c'est un fait, une évidence. Et cela, du fait de cet attachement viscéral et essentiel qui unit chaque juif à Hachem et dont il ne peut se défaire.
"Je serai (assurément) sanctifié à l'intérieur du peuple juif", du fait de cette flamme ardente d'amour pour Hachem qui brûle à l'intérieur, au plus profond de chaque juif. Il ne reste qu'à l'entretenir au jour le jour par la pratique de la Torah et des mitsvot et ne pas attendre ces moments extrêmes pour qu'elle se réveille et resurgisse.

"Si un homme a deux femmes, l'une qu'il aime et l'autre qu'il n'aime pas, qui lui ont donné des fils, celle qu'il aime et celle qu'il n'aime pas et il se trouve que l'aîné soit de celle qu'il n'aime pas. Le jour où il partagera entre ses fils ce qu'il possédera, il ne pourra pas traiter en aîné le fils de la femme qu'il aime au détriment du fils de la femme qu'il n'aime pas, qui lui est l'aîné. Mais l'aîné, le fils de la femme dédaignée, il le reconnaîtra en lui donnant double part" (Ki Tétsé 21,15-17)

-> Ces versets peuvent être commentés allusivement de la manière qui suit :
Nous connaissons en effet ce que Rabbénou Tam écrit dans son Sefer Hayachar au sujet des différentes périodes de l'existence : chacun dans sa vie traverse alternativement des jours "d'amour" et des jours de "haine", des jours où il trouve goût et envie au Service d'Hachem, où il ressent que toutes les portes s'ouvrent devant lui et au contraire, des jours de "haine" où tout travail spirituel lui semble insurmontable, où il n'a aucun goût ni plaisir au point d'en être dégoûté.

C'est dans cette optique que l'on peut comprendre ce verset : "Si un homme a deux femmes", à savoir deux périodes, "une qu'il aime et une qu'il n'aime pas, qui lui ont donné des fils", ce sont les bonnes actions qu'il peut accomplir (qui sont ses véritables enfants) et vers lesquelles son coeur le porte (''qu'il aime'') ou pour lesquelles au contraire il ressent une répulsion (''qu'il n'aime pas'').

On a l'habitude de penser que les périodes "d'amour" constituent l'essentiel de l'existence d'un homme puisqu'il jouit alors de lumière et qu'il accomplit les mitsvot avec ferveur. En revanche, les "jours de haine" n'ont à ses yeux pas grand intérêt puisqu’il n'y ressent pas la proximité d'Hachem et que tout y est accompli sous la contrainte en brisant son yétser.
Mais en réalité, c'est exactement le contraire : Hachem éprouve un immense plaisir à chaque fois qu'il surmonte son mauvais penchant et ses tendances naturelles. L'essentiel du progrès spirituel se situe précisément dans ces périodes.

C'est ce que vient évoquer la suite des versets : "Le jour où il partagera entre ses fils ce qu'il possédera, il ne pourra pas traiter en aîné le fils de la femme qu'il aime au détriment du fils de la femme qu'il n'aime pas", un juif ne doit pas mieux estimer les mitsvot qu'il a accomplies durant les périodes fastes, "mais l'aîné, le fils de la femme dédaignée, il le reconnaîtra en lui donnant double part", car au contraire les "jours de haine" sont les plus importants et ce sont eux qui ont la préséance.

Le Baal Chem Tov commente à ce sujet le verset : "La sagesse du pauvre est méprisée" (Kohélét 9,16) en faisant un jeu de mot avec le terme "méprisée" qui se dit en hébreu "Bézouya" (בְּזוּיָה) et qui peut se découper en 2 mots : Bézou-ya, qui veut dire "en cela, D.".
Ce découpage permet de comprendre ce verset allusivement de la manière suivante : "la sagesse du pauvre", de celui qui avance dans l'obscurité et se débat difficilement avec son mauvais penchant, est de savoir que "Bézou-ya", qu'en cela D. (est présent), qu'Il est proche de lui et qu'Il l’aime plus que jamais.

[d'après un divré Torah du rav Elimélé'h Biderman]

"S'ils meurent comme tout homme ... Hachem ne m'a pas envoyé" (Kora'h 16,29)

-> Le midrach explique que Moché dit à Hachem : "Si tu fais un miracle et que la terre s'ouvre et les engloutit, alors ce sera bien. Mais sinon, si tu les laisses mourir naturellement sur leurs lits, alors moi aussi je renierai et je dirai que Tu ne m'as pas envoyé".
=> Comment comprendre que Moché puisse dire telle chose à Hachem? D'autant que cela paraît être une sorte de chantage!

-> Le rav Chimchon Pinkous explique que la gravité d'une dispute ne réside pas dans le fait que l'un des deux parties soit dans l'erreur. La faute n'est pas de s'opposer à la vérité et de faire des disputes pour persévérer dans le mensonge. En fait, c'est la querelle et la dispute en elles-mêmes qui sont graves. Hachem n'aime pas qu'il y ait des querelles, tout simplement.
Et même celui qui est dans le vrai et recherche le bien, le simple fait de persévérer dans une dispute, même s'il la mène contre des réchaïm qui clament des idées fausses, cela est déjà détestable aux yeux d'Hachem. Car le Créateur affectionne encore plus la paix et l'harmonie au sein du peuple juif que la recherche pointilleuse de la vérité.
Et s'il faut renoncer à avoir raison et à prouver que l'on soit dans le vrai pour rétablir l'harmonie, alors c'est ce qu'il faudra faire. Et on ne devra surtout pas se battre pour défendre à tout prix ce que l'on clame être la vérité, au prix de colères, rancœurs et haines que cela entraîne et en se couvrant derrière l'argument que l'on mène une guerre pour le Nom d'Hachem.

=> Moché supplia Hachem de supprimer cette querelle de Kora'h au plus vite en engloutissant ses protagonistes dans la terre. Mais si Hachem n'intervient pas pour stopper cette discorde et les laisse vivre tranquillement jusqu'au jour où ils mourront naturellement sur leurs lits, alors la seule alternative que Moché voit pour stopper cette querelle est de leur donner raison et de dire comme eux, que Hachem ne l'a pas envoyé. Et effectivement, il sera prêt à faire concession à la vérité la plus essentielle pour stopper cette grande querelle.

"Intègre (tamim - תָּמִים) tu seras avec Hachem, ton D." (Choftim 18, 13)

-> Rachi commente : "Marche avec Lui avec intégrité, aie confiance en Lui, et ne scrute pas l’avenir. Mais accepte avec intégrité tout ce qui t’advient, et alors tu seras avec Lui et tu seras Sa part."

-> Le Rambam (dans son Séfer Mistvot - mitsva positive 8) écrit:
"Nous avons reçu le Commandement d’avoir un coeur intègre avec Lui, ainsi qu’il est dit: ‘Intègre tu seras avec Hachem, ton D.’. Il s’agit de consacrer notre coeur uniquement à Lui, de croire que c’est Lui seul qui a tout fait et qu’Il sait tout du vrai futur. Seul de Lui nous pouvons chercher les évènements à venir, par Ses Prophètes ou Ses hommes pieux, à savoir par les Ourim et Toumim.
On ne doit pas chercher à savoir auprès des astrologues et l’on ne doit pas croire que leurs prédictions s’accompliront. Mais, s l’on entend une de leurs paroles, l’on doit dire que tout est entre les mains du Ciel, c’est Lui qui change le cycle des étoiles et des astres, selon Sa volonté ...
Il est dit dans le dernier chapitre de la guémara (Pessa’him 113b) : D’où tirons-nous que l’on ne doit pas consulter les Chaldéens? C’est qu’il est dit : ‘Intègre tu seras avec Hachem, ton D.’ ..."

-> L’importance de ce Commandement peut s’apprécier au vu des mots du Baal haTourim. Concernant notre verset, il écrit : "(Tamim) (est écrit) avec un grand Tav (ת - Tav Rabbati) [pour dire] : Si tu te comportes avec intégrité, (cela sera considéré) comme si tu avais accompli (la Torah) de Alef jusqu’à Tav".
Dans son livre Séfer Guématriot [I, Inyanim Chonim 152], Rabbi Yéhouda ha'Hassid explique que Yaakov Avinou est qualifié d’homme intègre (comme il est dit : "Yaakov, homme intègre [tam - תָּם], résidait dans les tentes" - Toldot 25,27), car il incarne le comportement de : "Intègre (tamim - תָּמִים) tu seras avec Hachem, ton D." [voir aussi Zohar Chela’h 163a].
Ainsi, comme l’enseigne la guémara ('Houlin 91b) : "l’image de Yaakov était gravée sur le Trône de Gloire".
Rabbi Yéhouda Ha’Hassid ajoute que si le mot "tamim" (תָּמִים) est écrit avec un grand "Tav" (ת), c’est parce qu’elle est la 22e lettre de l’alphabet. Or, Yaacov correspond à la 22e génération depuis Adam Harichone, comme cela est indiqué dans la Michna (Pirké Avot 5,2) : "Il y eut 10 générations depuis Adam jusqu’à Noa’h ... Il y eut dix générations depuis Noa’h jusqu’à Avraham" [Avraham correspond donc à la 20e génération, Its’hak à la 21e et Yaakov à la 22e].

-> Afin de mieux saisir la relation entre la mitsva de Tamim (תָּמִים), Yaakov Avinou et la lettre Tav, rapportons un commentaire du Baal Chem Tov [voir Toldot Yaacov Yossef sur Béréchit] : La lettre "Alef", première de l’alphabet, évoque le plus haut niveau de révélation du divin dans la Création. Ainsi, la lettre "Alef" indique clairement l’existence et la présence du Créateur : "Aloufo Chel Olam" (le Maître du Monde).
Ainsi, plus nous nous éloignons de la première lettre, plus le niveau de dévoilement de D. diminue et forcément la dissimulation du Créateur grandit. Par conséquent, la lettre «Tav», dernière lettre de l’alphabet, indique la plus grande dissimulation de D. (éster panim).
A partir de là, le Baal Chem Tov nous révèle que notre but est que même dans la plus grande dissimulation du Créateur, celle de la lettre "Tav", nous devons continuer à croire avec une foi sincère que la lettre "Alef". Le "Aloufo Chel Olam" existe et dirige tous les évènements du monde, comme l’enseigne le rav Alchikh haKadoch sur notre verset : "Tu dois te comporter avec intégrité, que le Tout-Puissant se comporte avec toi dans la Miséricorde ou qu’Il se comporte avec toi avec Rigueur (éster panim). Tu ne dois pas remettre en question les actions du Tout-Puissant".

C’est d’ailleurs particulièrement dans les situations les plus obscures (symbolisées par la lettre "Tav") que l’on prouvera devant notre Créateur notre force d’intégrité dans notre foi envers Hachem. L’uniformité de notre intégrité (dans le "Tav" comme dans le "Alef") est la marque de Yaakov Avinou, celui qui incarne l’Attribut de Miséricorde reliant la «Lumière» de la Bonté (la lettre "Alef") à l’"Obscurité" de la Rigueur (la lettre "Tav").