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"C’est la justice, la justice (Tsédek Tsédek - צֶדֶק צֶדֶק) que tu poursuivras, afin que tu vives et que tu prennes possession du pays que l’Éternel, ton D., te donne" (Choftim 16,20)

On peut citer les explications suivantes à la répétition du mot צֶדֶק (Tsédek – justice) :
1°/ Rachi commente : "Pars à la recherche d’un bon tribunal" [même si n’importe quel tribunal peut juger un accusé contre son gré, c’est néanmoins une mitsva pour le demandeur de s’adresser à un tribunal excellent – Sifté ‘Hakhamim].

2°/ Dans le même ordre d’idée, le Ohr ha'Haïm commente : "Ceci est un avertissement pour vous que si dans une ville se trouvent deux hommes extrêmement sages et deux autres également certifiés mais pas aussi brillants que les deux premiers, vous ne devrez pas dire que puisque les deux (derniers) sont (suffisamment) compétents, il ne faut pas déranger les plus brillants… Vous devrez (au contraire) toujours rechercher le juge le plus renommé pour qu’il agisse en tant que juge dans tout litige dans lequel vous êtes impliqué."

3°/ Le Ramban rapporte plusieurs commentaires :
a) "La raison de la répétition [du mot Tsédek] est d’indiquer que les juges doivent juger le peuple avec un jugement juste, et vous devez aussi rechercher constamment la justice en allant de chez vous à l’endroit des grands Sages"
b) "La justice (Tsédek) - c’est Son Attribut de Justice dans le monde ... Si vous vous jugez vous-même [sachant d’où vous venez, et où vous allez, et devant qui vous allez rendre compte et rendre compte] vous vivrez. Sinon, Il vous jugera (Tsédek) et confirmera [Son jugement sur vous] contre votre volonté."
c) "La première justice se réfère à la justice réelle [Emet], celle de la Gloire Divine ... Et quelle est la seconde justice? C’est cela qui effraie les justes [les faisant craindre qu’ils ne méritent peut-être pas le Monde à Venir]."
d) "Vous devez juger dans votre cour [pour obtenir] la justice, y poursuivre la justice et [essayer de] l’obtenir, afin que vous puissiez vivre dans le Monde à venir avec la seconde justice [correspondant] à la grande lumière cachée pour les justes pour les Temps à Venir."

4°/ Le Ibn Ezra commente: "Moché répète le mot justice pour indiquer qu’il faut rechercher la justice, que l’on gagne ou que l’on perde."

5°/ Le Ben Ich ‘Haï commente d'une façon allégorique :
"Après l’Exil d’Egypte, il y a eu 4 autres Exils [Babel, Perse, Grèce et Edom]. Pour chacun d’entre eux, il y a eu un "קץ - Kéts" (une fin d’exil). Celui-ci s’est produit grâce au mérite de [l’étude et de l’accomplissement de] la Torah. Nos Sages enseignent que la Torah est appelée Tsédek (justice) [voir guémara ‘Houlin 89a].
C’est l’allusion contenue dans la phrase "צֶדֶק צֶדֶק" (Tsédek Tsédek tu poursuivras) : Les 4 ( ד – Dalet de valeur numérique 4) fin d’exil (קץ – Kets) [ces 3 lettres forment le mot צֶדֶק Tsédek] s’acquièrent grâce au mérite de la Torah appelée צֶדֶק (Tsédek) "que tu poursuivras" (durant ton exil).

"Kora'h a pris" (Kora'h 16,1)

-> Le Midrach explique que Kora'h a vu par inspiration divine qu'il allait avoir une illustre descendance. Le prophète Chmouël, qui équivalait en grandeur à Moché et Aharon, allait sortir de lui.
Il en déduisit qu'il n'était pas normal qu'il ne soit pas honoré comme il le méritait. C'est ce qui l'a poussé à la révolte.
=> Mais pourquoi Hachem lui dévoila-t-Il sa grandeur sachant que cela allait le conduire à sa perte?

-> Le Tiferet Chlomo explique qu'Hachem a l'habitude de mettre les hommes Justes (tsadikim) à l'épreuve, pour leur donner une grande récompense lorsqu'ils surmonteront l'épreuve. Ainsi, la pauvreté, la richesse, les tentations, les mauvaises nouvelles, ... peuvent être des épreuves, pour vérifier la foi et la fidélité du Juste par rapport à Hachem.
Hachem peut aussi parfois montrer à l'homme sa grandeur, l'homme vient alors parfois à être convaincu qu'il est droit et pieux, qu'il sert Hachem comme il se doit, qu'il est un homme Juste et proche d'Hachem. Le but est alors de tester s'il va croire cette idée et se prendre réellement pour un homme Juste, ce qui risquerait alors de le mener à l'orgueil et à un excès de confiance lui faisant perdre la mesure des choses.
Ou s'il va savoir rester humble, conscient malgré tout de ses imperfections et ne méritant pas réellement toute cette grandeur.

Quand Hachem s'emporta sur le peuple juif après la faute du veau d'or et annonça à Moché Sa Volonté d'anéantir le peuple et de faire de lui et ses descendants une grande nation, Moché implora Hachem de toutes ses forces pour annuler ce décret. En fait, c'est cela qu'Hachem recherchait. Il mit Moché à l'épreuve pour voir s'il allait accepter cette proposition de constituer cette grande nation. Il aurait alors échoué et aurait été lui aussi anéanti avec le peuple. Mais il s'opposa et supplia Hachem d'épargner le peuple.
Il en fut également de même par rapport à Kora'h. Hachem lui montra sa grandeur et celle de sa descendance pour tester s'il va se laisser entraîner dans l'orgueil, conscient de son importance et de sa grande piété, ou s'il allait malgré tout rester humble et se soumettre à Moché.
Mais malheureusement, il a échoué.

=> Nous aussi, nous pouvons parfois nous sentir porté spirituellement et avoir l'impression de nous élever et d'être en grande proximité avec Hachem. Mais il faut se méfier et ne pas laisser cette impression nous remplir de confiance, assurance et orgueil. Peut-être que tout cela n'est qu'une épreuve et qu'en réalité Hachem attend de nous que nous restions humbles et sur nos gardes.

L’étude de la Torah permet de nous épargner des souffrances

+ L’étude de la Torah permet de nous épargner des souffrances :

-> "Ils te prendront une huile pure d’olives concassées, pour le luminaire" (Tétsavé 27, 20)

-> "Seule la première goutte extraite de l’olive était apte pour l’huile du candélabre." (Rachi, guémara Ména’hote 86a).

-> L’Admour rabbi Yissa'har de Belz enseigne :
La Ménora suggère la Torah (guémara Baba Batra 28b), c’est pourquoi on ne pressait que la première goutte pour les besoins de l’allumage (celle-ci est extraite facilement sans effort). Car celui qui étudie la Torah n’a pas besoin d’être "concassé" sans arrêt et de subir maintes et maintes souffrances, comme l’enseignent nos Sages (guémara Béra'hot 5a) : "Celui qui s’adonne à l’étude de la Torah, les souffrances s’éloignent de lui".
Grâce à celle-ci, l’homme est épargné de toutes sortes de peines et de tourments.

-> D’après ce qui précède, le ‘Hidouché haRim explique l’enseignement de la guémara (Béra'hot 6b) : "La récompense du rassemblement de la Torah, c’est le do’hak (terme qui signifie à la fois contiguïté, mais aussi la pauvreté").
Rachi d’expliquer : "Le Shabbat d’avant chaque fête, tous venaient se rassembler pour écouter les lois relatives à celle-ci".
D’après cela, commente le ‘Hidouché haRim, cet enseignement vient suggérer en allusion que la récompense reçue pour se rassembler afin d’étudier la Torah est le
"do’hak" = que toutes sortes de difficultés et d’épreuves disparaissent.

-> Le midrach (Béréchit rabba 92,1) enseigne : "Il n’est pas un homme sans épreuve, heureux l’homme dont les épreuves viennent
de la Torah".
L’explication en est que l’homme est né pour l’effort. Cependant, heureux celui dont les efforts et la peine sont dans le but de comprendre la Torah, car ceux-ci l’exemptent de toutes les autres souffrances.

-> Le Yichma'h Moché dit que l'on y trouve une allusion dans le verset : "C’est à la sueur de ton front que tu mangeras du pain (Béréchit 3,19) : le mot "pain" peut avoir, en effet, deux significations : son sens propre, et aussi celui de "Torah", comme on le voit dans le verset : "Venez manger de Mon pain" (Michlé 9,5).
Or, si tout homme est soumis à ce décret, néanmoins, il peut choisir pour quel "pain" investir ses efforts. Car s’il les tourne tous vers la Torah (pour l’étude de laquelle il peine), il méritera de recevoir sa subsistance facilement, sans devoir beaucoup se fatiguer.

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-> La souffrance purifie les péchés de l'homme (guémara Béra'hot 5a).
Un homme sage n'attendra pas qu'Hachem lui envoie de la souffrance. Au contraire, il acceptera sur lui l'inconfort de l'étude de la Torah : l'absence de plaisirs, l'effort constant et le joug de la Torah qui affaiblit l'homme.
L'avantage est que la souffrance elle-même est une mitsva. En outre, elle remplace d'autres formes de souffrance et expie ses péchés.
[rav 'Haïm de Volozhin - Roua'h 'Haïm - Avot 6,6]

[le Pirké Avot, compte le fait d'accepter la souffrance parmi les 48 voies pour acquérir la Torah ]

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-> b'h, voir également : L'étude de la Torah expie les fautes comme les sacrifices : https://todahm.com/2022/04/24/letude-de-la-torah-expie-les-fautes-comme-les-sacrifices

[plus on met d'efforts dans notre étude de la Torah, plus on expie nos fautes, et donc le moins nous aurons besoin de souffrances en réparation des dégâts spirituels de nos fautes (c'est bon la Torah a déjà fait le travail nécessaire! ).]

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-> voir également : Torah & les souffrances pendant 'hevlé machia'h : https://todahm.com/2017/07/11/torah-les-souffrances-pendant-hevle-machiah

Pessa’h Chéni

+ Pessa'h Chéni :

-> Pessa’h Chéni signifie le "Second [sacrifice de] Pessa’h". Il marque le jour où quelqu’un qui n’avait pas pu participer au sacrifice de Pessa’h en temps voulu (le 14 Nissan) pouvait accomplir la mitsva exactement un mois plus tard (le 14 Iyar - qui est aussi le 29e jour du Omer).

=> Quelle est l’origine de Pessa’h Chéni?

Un an après la sortie d’Égypte, Hachem ordonna aux Bné Israël d’offrir le Korban Pessa’h l’après-midi du 14 Nissan et de le consommer ce soir-là, grillé au feu et accompagné de matsa et du maror, comme ils l’avaient fait un an auparavant juste avant de quitter l’Égypte.
La Torah relate : "Il y eut cependant des hommes qui s’étaient rendus impurs au contact d’un cadavre et qui ne purent donc pas préparer l’offrande de Pessa’h ce jour-là. Ils se présentèrent devant Moché et Aaron ... et ils dirent: “Pourquoi serions-nous privés d’apporter l’offrande de D. en son temps, seuls parmi les Bné Israël?” (Béaaloté'ha 9,6-7).
En réponse à leur requête, Hachem fit du 14e jour de Iyar un "second Pessa’h" (Pessa’h Chéni) pour quiconque avait été dans l’incapacité d’apporter le Korban Pessa’h en son temps, le 14 Nissan.

-> "Tout homme qui est souillé par un cadavre ou qui est sur une route éloignée, que ce soit pour vous ou pour vos générations, il fera le sacrifice de Pessa'h pour Hachem, c'est au deuxième mois durant le 14e jour" (Béaaloté'ha 9,10-11)

Contexte :
Hachem parla à Moché dans le désert du Sinaï la seconde année de leur sortie du pays d'Egypte en disant : les enfants d'Israël feront le Korban Pessah en son temps le 14ème jour ... Ils firent le sacrifice de Pessa'h le 14eme jour du premier mois comme Hachem l'avait demandé ... Au même moment, il y eut 2 décès au sein du peuple d'Israël. Moché ordonna à 2 hommes d'enterrer les deux défunts le plus rapidement possible afin de limiter leurs souffrances. Les hommes s'exécutèrent mais réalisèrent ensuite qu'ils resteraient souillés par leur proximité avec les défunts jusqu'au jour du Korban Pessa'h.

Ces hommes allèrent voir Moché et s'épanchèrent sincèrement, désespérés de ne pas pouvoir offrir le Korban Pessa'h comme le reste du peuple du fait de leur impureté, comme il est écrit : "Les hommes qui se trouvaient souillés par des cadavres humains ne purent faire le sacrifice de Pessa'h.... Ils se présentèrent devant Moché et Aharon ce même jour et dirent : nous avons écouté ton ordonnance et à présent, nous sommes souillés par des cadavres. Pourquoi serions-nous privés d'offrir le sacrifice de l'Eternel en son temps ? Moché leur répondit: restez debout et j'écouterai ce que Hachem ordonnera à votre sujet" (Béaaloté'ha 9,7-9).

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=> A cette époque, qui étaient ces hommes devenus impurs?
-> Différents points de vue sont rapportés par le Talmud (voir Soucca 25a-25b). On peut citer :
1°/ les porteurs du cercueil de Yossef.
2°/ Michaël et Elitsafane, les cousins d’Aaron, qui furent charger d’inhumer Nadav et Avihou (voir Chémini 10,4).
3°/ Ceux qui s’occupèrent d’un "mét mitsva" (un mort qui n’a personne d’autre disponible pour l’enterrer).
[la guémara (Soucca 25a) rapporte que si des gens trouvent un cadavre abandonné d'un inconnu, ils ont la mitsva de l'ensevelir].
=> C'est pourquoi, le Sforno rapporte que ces personnes ont dit à Moché, qu'une mitsva doit entraîner une autre mitsva, et non priver celui qui l'a accomplie de l'opportunité d'en observer une autre.

=> Qui était concerné par Pessa’h Chéni?
La Torah écrit : "Parle ainsi aux Bné Israël : Si quelqu’un se trouve souillé par un cadavre, ou sur une route éloignée, parmi vous ou vos descendants … c’est au deuxième mois, le quatorzième jour, vers le soir, qu’ils le feront (le Korban Pessa’h)" (Béaaloté'ha 9,10).

La Michna [Pessa’him 9, 1] enseigne : "Celui qui était rituellement impur ou sur une route éloignée (du seuil de la cour du Temple et au-delà) et n’a pas observé le premier Pessa’h doit observer le 2e Pessa’h. Si quelqu’un a involontairement oublié ou a été empêché en raison de circonstances indépendantes de sa volonté et n’a pas observé le premier Pessa’h, lui aussi doit observer le deuxième Pessa’h".

=> Quelle est la différence entre le premier Pessa’h et le second Pessa’h?

-> Le 2e Pessa'h diffère du premier dans la mesure où il ne comporte aucun jour de fête, pas même pour ceux qui apportent alors le sacrifice pascal.
D'autre part, bien qu'ils n'aient pas le droit de consommer des produits fermentés ('hamets) en même temps que l'offrande (v.9,11), ils ont le droit de posséder et de manger du 'hamets le jour même où ils l'apportent (Rachi ; guémara Pessa'him 95a).

Une autre différence est que le sacrifice offert le premier (Pessa’h) nécessite la récitation du Hallel lorsqu’il est mangé tandis que le second (Pessa’h) ne nécessite pas la récitation du Hallel lorsqu’il est mangé…

=> Quel est le statut de Pessa’h Chéni?
Les Sages de la guémara évoquent 3 statuts possibles de Pessa’h Chéni :
1°/ il s’agit d’une fête à part entière (réguel mipné atsmo) ;
2°/ il s’agit d’un rattrapage du premier Pessa’h (tachloumim) ;
3°/ il s’agit d’une réparation du premier Pessa’h (tikoun).
Chacun de ces points de vue conduit à conséquences halakhiques différentes [voir guémara Pessa’him 93a].

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=> Quelles leçons nous apprend Pessa’h Chéni?

On peut citer :

-> d'après le Sifré :
Un certain nombre de personnes n'avait pas pu apporter le sacrifice de Pessa'h parce qu'elles étaient impures. Ces hommes, animés du désir ardent de vivre ce moment exceptionnel, firent appel à Moché. D. approuva leurs nobles intentions et les récompensa en révélant à leur propos le nouveau commandement de Pessa'h Chéni, la seconde possibilité d'apporter le sacrifice de Pessa'h, un mois après la date fixe de Pessa'h.
En effet, bien que ce fût d'ordinaire par l'intermédiaire de Moché que D. faisait connaître Ses commandements, Il distingua ces hommes afin de rendre hommage à leur désir sincère de s'élever au niveau spirituel, et c'est par leur entremise qu'Il promulgua ce nouveau commandement.

-> dans un divré Torah, le rav Elimélé'h Biderman enseigne :
La capacité d'apporter un korban Pessa'h à Pessa'h Chéni est une nouvelle hala'ha, qui a été entièrement créée par le fort désir de juifs qui ne voulaient pas manquer [la possibilité d'offrir] le korban Pessa'h (même s'ils avaient de bonnes excuses pour ne pas le faire).
Cela nous apprend sur la force du désir. Il ne faut jamais dire que quelque chose est impossible, car si tu le veux vraiment alors Hachem peut faire que cela se réalise.
[selon nos Sages si une personne désire se purifier alors du Ciel on l'aide. (ainsi, si nous témoignons d'un désir fort, alors cela permet ensuite d'avoir Hachem qui vient nous aider, et tout devient possible! [comme avec Pessa'h Chéni] )]

Le rav de Shinov dit que Moché était la personne la plus humble. Il n'était jamais sûr que Hachem parlera avec lui.
Cependant, Moché était certain qu'en l'honneur de ces personnes qui désiraient tellement apporter le korban Pessa'h, alors Hachem se présentera à lui (lui indiquant la nouvelle halakha).

[selon nos Sages, le désir est quelque chose de très puissant. On peut citer :
- si quelqu'un a des désirs spirituels qu'il ne peut malheureusement pas accomplir (ex: donner davantage à la tsédaka mais il n'en a pas les moyens, étudier davantage mais il faut travailler), alors Hachem va compter comme s'il avait réalisé cela de la meilleure des manières possibles.
(ainsi, plus on désire donner, s'investir dans des choses spirituelles, plus on sera récompensé pour cela)
- une fois que le machia'h est là, la présence d'Hachem est tellement claire qu'il n'y a plus de libre arbitre, et donc de vraies récompenses pour nos mitsvot. On restera au niveau qu'on aura attend lors de la venue du machia'h.
Cependant, le Maharal enseigne que si une personne a des désirs spirituels énormes et qu'il n'a pas eu le temps ou les capacités de les accomplir, alors même une fois que le machia'h sera arrivé, il pourra ensuite continuer de monter jusqu'à atteindre ces niveaux.
(ainsi plus on a sincèrement des désirs spirituels élevés (ex: je veux être comme Avraham, donc avant le machia'h je fais tout pour suivre son exemple selon mes capacités et situation personnelle), alors plus on pourra après la venue du machia'h tendre vers son niveau)
- "Tout homme dont le cœur est inspiré viendra " (Vayakel 35,21)
Le Ramban écrit que la Torah se réfère à ceux qui vinrent tisser, coudre et construire le michkan. Où ces personnes avaient-elles appris à effectuer des tâches si habiles?
Le Ramban répond qu’elles découvrirent ce talent caché, grâce à leur profond désir d’accomplir la volonté d’Hachem, d’aider à construire le Michkan. En voyant une telle ardeur, Hachem leur donna la possibilité de faire des choses qu’elles n’avaient jamais apprises.
[ainsi, les gens dont le cœur fut inspiré pour accomplir la volonté d’Hachem et construire le michkan découvrirent des forces et des talents complètement insoupçonnés. Nous avons tous également la capacité de dépasser nos limites et de réaliser ce qui nous parait impossible, mais la condition préalable est : d'avoir un profond désir d’accomplir la volonté d’Hachem. ] ]

-> Rachi (Béaaloté'ha 9,1) écrit : "pourquoi [le livre de Bamidbar] ne commence-t-il pas par le présent chapitre (sur Pessa'h Chéni)? Parce qu’il jette un discrédit sur Israël, lequel, au long de tous les 40 ans de son séjour dans le désert, n’a présenté que cette fois-là le korban Pessa'h.
[la Torah ne voulait pas commencer le livre de Bamidbar par un récit ne mettant pas les Bné Israël sous leur meilleur jour.]

Dans le désert on ne faisait pas de brit mila sur les nouveau-nés car cela était dangereux dans un milieu si hostile, et ainsi il leur était interdit d'apporter un korban Pessa'h (puisque non circoncis).
[les parents d'enfants incirconcis ne sont pas autorisés à apporter l'offrande de Pessa'h ; or, pour des raisons de santé, il était dangereux de circoncire des nouveau-nés dans le désert (guémara Yébamot 71b).
A cause de la faute des explorateurs, les Bné Israël n'ont pas pu rentrer en terre d'Israël la 2e année du désert, et alors pouvoir y offrir ce korban (au lieu de cela ils y sont restés 40 ans)]
=> Ainsi, pourquoi cela est-il considéré comme une disgrâce le fait qu'ils n'ont pu amener un korban Pessa'h qu'au bout de la 1ere année dans le désert?
Le Imré Emet répond : si les juifs dans le désert auraient désiré de tout leur coeur pouvoir apporter un korban Pessa'h, Hachem aurait alors fait que cela puisse devenir possible.
De même que Hachem a trouvé un moyen pour que les personnes impures à Pessa'h puissent amener un korban à Pessa'h Chéni, de même Hachem aurait pu trouver une solution pour permettre à la génération du désert d'apporter un korban Pessa'h [de la 2e à la 40e année].
=> Leur disgrâce a été qu'ils n'ont pas assez désiré.
[cela nous apprend que nous devons travailler à renforcer nos désirs de spiritualité, et s'ils ne deviennent pas encore réalité nous devons avoir conscience que rien qu'à l'état de désir ils ont une valeur énorme aux yeux d'Hachem! ]

-> Le 'Hidouché haRim explique que force est de dire que ces gens ne 'demandèrent' pas : "Pourquoi serions-nous privés?", mais ils supplièrent du fond du cœur : "Pourquoi ... pourquoi? Nous savons que nous sommes impurs, mais nous voulons faire partie de ceux qui apportent le sacrifice d'Hachem".
C'est pourquoi ce désir brûlant conduisit à ce qu'une nouvelle Loi soit énoncée.
=> C'est l'enseignement que Pessa'h Chéni transmet à chaque juif, quels que soient sa situation et l'endroit où il se trouve : s'il se tourne vers Hachem en suppliant avec conviction : "pourquoi serais-je privé", alors, même plongé dans les vanités de ce monde, s’il désire de tout son cœur "voir le Roi", Hachem lui ouvrira les portes du Ciel.
Il méritera ainsi de se sanctifier et de pénétrer dans Son Saint palais.

Voyons combien le désir possède une force considérable : nos Sages nous enseignent (Midrach Chmouël Rabeta §3) qu'avant la naissance du prophète Chmouël, une voix céleste retentit et annonça : "Un enfant va naître du nom de Chmouël, qui méritera la prophétie d'Hachem".
Que firent les Bné Israël?
Comme ils désiraient ardemment que leur fils soit prophète,
chacun appela le sien de ce prénom.
Dans les faits, seul le fils de 'Hanna mérita d'être prophète ; cependant, le désir si intense de tous ces parents leur valut que leur fils prophétise une fois au moins dans sa vie.

-> Le rabbi Yossef Its’hak de Loubavitch avait l’habitude de dire :
"Pessa’h Chéni enseigne qu’une situation n’est jamais désespérée", il n’est jamais trop tard car il est toujours possible de rectifier les choses.

-> D'après le Séfer HaSi’hot :
L’exil ressemble à un état d’impureté ou à un éloignement de la source de la sainteté, les situations où s’applique Pessa’h Chéni.
Le commandement de Pessa’h Chéni ne fut dévoilé qu’à la suite de l’exigence prononcée "des hommes qui s’étaient rendus impurs au contact d’un cadavre…: “Pourquoi serions-nous privés”"
=> De même, Hachem attend de nous que nous réclamions avec insistance la guéoula du Peuple Juif pour nous envoyer le machia’h.

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-> Le Zohar (III, 152b) enseigne à propos de Pessa'h Chéni :
"En ce jour, une proclamation est faite qui annonce : ''Celui qui n'a pas encore contemplé la Présence Divine, qu'il vienne durant ces jours-ci contempler la face du Seigneur Hachem, avant que les portes ne se ferment.''
Quel jour cette proclamation est-elle faite ? Le quatorze du deuxième mois (le 14 Iyar), car à partir de ce jour et durant sept jours, les portes restent ouvertes et se ferment ensuite."

=> Selon le Zohar en ce jour Hachem ouvre les Portes du Ciel.

[plus encore, ce même Zohar (Béaaloté'ha 152) nous enseigne que : "depuis Pessa'h Chéni (le 14 Iyar), les cieux sont ouverts pendant une semaine, puis ils se referment".
=> Combien nous devons profiter de cette opportunité de 7 jours pour abonder en prières et maximiser ainsi leur impact! ]

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-> On a vu précédemment que selon la guémara (Soucca 25a), Rabbi Akiva qu'il s'agissaient de Michaël et Elitsafan qui s'étaient occupés de la sépulture de Nadav et Avihou. (occupés à les enterrer, et le 7e jour et dernier jour de leur état d'impureté tombait la veille de Pessa'h, leur empêchant de faire le sacrifice Pessa'h ce jou-là)

=> Pourquoi Michaël et Elitsafan furent-ils choisis par Moché pour enterrer Nadav et Avihou?

-> Le Shvilé Pi'nhas nous explique :
Pour répondre à cette question, commençons par rapporter la guémara ('Houlin 7b) : "Les Justes sont plus grands après leur mort que durant leur vivant, comme il est écrit : "Les gens aperçurent une de ces bandes, des réchaïm, un jour qu'ils enterraient quelqu'un, ils jetèrent le corps dans le sépulcre d'Elicha. Au contact des ossements d'Elicha, le défunt ressuscita et se remit debout" (Méla'him II 13,21)."

Rachi explique qu'il s'agissait d'un racha qui n'était pas destiné à être enterré auprès des Justes. De son vivant, lorsqu'Elicha chercha à ressusciter le fils de la Shounamite, il dut placer ses lèvres sur les siennes, ses yeux sur les siens et implorer la Miséricorde divine. Après sa mort, un simple contact avec ses ossements fit ressusciter ce racha.

D'après cet enseignement, nous pouvons affirmer que [les Justes] Nadav et Avihou étaient plus élevés après leur mort que durant leur vivant. En effet, lorsque Michaël et Elitsafan s'occupèrent de leurs dépouilles, ils furent en contact avec la grandeur de ces derniers. Ils ressentirent le même élan que connurent Nadav et Avihou pour accomplir le service divin mais qui précipita leur mort du fait de leur empressement.
Michaël et Elitsafan furent alors épris d'un désir ardent d'accomplir le commandement du Korban Pessa'h alors qu'ils en étaient exemptés du fait de l'impureté qu'ils contactèrent au contact des dépouilles.
Toutefois, contrairement à Nadav et Avihou qui furent punis de mort pour avoir prononcé une loi devant leur maître Moché motivés par un amour sincère pour le Créateur, Michaël et Elitsafan furent attentifs d'accomplir ce commandement uniquement après en avoir reçu l'ordre de Moché.
Ils exprimèrent leur profond désarroi sans pour autant transgresser cet interdit et méritèrent de recevoir cette une nouvelle mitsva qui n'avait pas encore été énoncée, celle de Pessa'h chéni.

"Vous compterez pour vous 7 semaines entières à partir du lendemain du Shabbath [1er jour de Pessa'h], depuis le jour où vous avez offert le Omer en offrande balancée, jusqu'au lendemain de la 7e semaine, vous compterez 50 jours. Vous offrirez une offrande de nouveau blé à Hachem." (Emor 23,15-16)

-> Le rav Yossef Salant (Béer Yossef) note que le mot "Omer" est utilisé dans la Torah à propos des juifs qui reçurent la manne dans le désert. Dans la paracha Béchala’h (16,16), la Torah nous informe qu’Hachem ordonna au peuple de ramasser la manne : "un Omer par personne".
Le midrach relie également le sacrifice du Omer et la manne. Il nous dit que l’offrande du Omer était une sorte de reconnaissance et de gratitude de la part du peuple juif envers Hachem qui leur envoya la manne dans le désert.

Le rav Salant explique que pendant leur traversée du désert, les juifs avaient à ne fournir aucun effort pour vivre. La manne descendait directement du Ciel, sans aucune contribution humaine.
En outre, quelle que soit la quantité de manne qu’une personne essayait de ramasser, elle ne parvenait jamais à prendre plus que la part qui lui était allouée, elle gardait uniquement ce dont elle avait besoin. La nourriture leur ainsi étant fournie, les Juifs pouvaient se consacrer à l’étude de la Thora et au service d’Hachem.

En revanche, lorsqu’ils entrèrent en terre d'Israël, la manne ne tomba plus du Ciel et ils durent subvenir à leur besoin à travers des efforts physiques.
Avec ce changement, apparut un nouveau danger. Lorsqu’un homme voit que ses efforts portent leurs fruits, il risque de moins placer sa confiance en Hachem et d’attribuer ses réussites à son dur labeur.
Pour éviter ceci, la Torah nous prescrit d’apporter le Omer, la première production de la saison, à Hachem, reconnaissant ainsi qu’Il est la seule Source de revenus, et que notre gagne-pain n’est pas le résultat de notre propre hichtadlout (efforts fournis).
En faisant le lien entre la manne et le Omer (qui ont le même volume), la Torah nous montre qu’il n’y a en réalité aucune différence entre la façon de vivre dans le désert et en Erets Israël.
De la même manière qu’Hachem subvint à nos besoins dans le désert, Il resta notre source de revenus après cette période miraculeuse. La seule différence, c’est que nous ne méritons plus d’assister à des miracles dévoilés et qu’il nous faut donc fournir des efforts physiques pour gagner notre vie.

Le rav Yossef Salant (Béer Yossef) établit un autre lien entre la manne et le Omer. Il rapporte la guemara (Kidouchin 38a) qui affirme que la manne cessa de tomber quand Moché décéda, mais le peuple continua de manger ce qu’il leur restait jusqu’à ce qu’ils entrèrent en Terre sainte, le 16 Nissan.
C’est aussi la date à laquelle nous devons apporter le Omer. (le lendemain du 1er jour de Pessa'h, qui est le 15 Nissan).
Ainsi, chaque année, nous commençons à compter le Omer le jour où la manne cessa, pour nous enseigner que la subsistance symbolisée par le Omer est une suite de celle représentée par la manne.

Il poursuit en expliquant le rapport entre le Omer et Shavouot.
Jusqu’à présent, le Omer nous enseignait que notre gagne-pain provenait d’Hachem. Toutefois, cette prise de conscience ne suffit pas, nous devons également réaliser que la parnassa n’est pas une fin en soi, mais uniquement un moyen pour atteindre un but plus noble : celui de nous procurer la tranquillité d’esprit qui nous permettra de nous concentrer sur le service Divin et l’étude de la Torah, sans être accablé par les soucis de notre subsistance.
Ainsi, la Torah relie le compte du Omer à Shavouot, pour nous apprendre que le but de notre parnassa, représentée par le Omer, est de nous mener vers le don de la Torah, c’est-à-dire de nous permettre d’étudier et de respecter la Torah au mieux.
C’est pourquoi, durant 49 jours, nous comptons le Omer, et cela nous pousse à réaliser qu’Hachem est l’unique Source de subsistance et aussi, que le but est de nous permettre de nous rapprocher de Lui par l’intermédiaire de l’étude et de l’observance de Sa Torah.

-> Suite à cela, le rav Yéhonathan Gefen enseigne :
Les enseignements de la manne furent très pertinents à travers l’Histoire. À l’époque du prophète Yirmyahou, le peuple donnait priorité au travail plutôt qu’à l’étude de la Torah. Yirmyahou exhorta les juifs à faire de l’étude leur priorité. Les Bné Israël prétendirent qu’ils avaient besoin de travailler pour vivre. Yirmyahou leur apporta un récipient de manne qui était entreposé dans le Temple.
[voir Béchala’h 16,32, quand Moché demanda à Aharon de mettre ce récipient dans le Michkan comme rappel des enseignements de la manne pour les générations futures.]
Yirmiyahou leur montra qu’Hachem avait maintes façons de subvenir aux besoins de l’homme et qu’il lui fallait donc réaliser la futilité de la recherche de la matérialité.

Nous n’avons plus ce récipient de manne pour nous éveiller, mais il nous reste la mitsva du compte du Omer, elle est un rappel constant qu’il ne sert à rien de fournir plus d’efforts que nécessaire, puisqu’Hachem est l’unique Source de revenus.
De plus, elle nous rappelle que le but de la matérialité est de pouvoir se rapprocher d’Hachem.
[en ce sens, le Rambam explique que toutes les bénédictions physiques promises dans le Shéma si l’on respecte la Torah ne sont pas la récompense ultime. Hachem nous gratifie en nous donnant une source de revenus qui nous permettra de nous concentrer sur le spirituel, car la récompense réelle de l’observance des mitsvot est la possibilité d’accomplir d’autres mitsvot.]
Ces enseignements s’appliquent différemment chez chacun, il n’existe pas de "nombre d’heures précis" à consacrer au travail, à l’étude ou à d’autres activités spirituelles. Il convient cependant, durant cette période de Séfirat HaOmer (compte du Omer), de s’introspecter et de faire le bilan de notre implication dans le monde physique et spirituel.
Travaille-t-on plus que nécessaire? Durant les temps libres, se concentre-t-on plus sur le spirituel ou apporte-t-on du travail à terminer chez soi?
En se posant de telles questions, on peut espérer intérioriser les enseignements du Omer.

Puissions-nous tous mériter de recevoir notre subsistance sans difficulté, et avoir plus d’opportunités de nous rapprocher d’Hachem. [Amen! ]

"Rangés chacun sous sa bannière, selon les signes, d’après leurs tribus paternelles, ainsi camperont les enfants d’Israël ; c’est en face et autour de la tente d’assignation qu’ils seront campés" (Bamidbar 2,2)

-> Le Ben Ich 'Haï commente :
On peut voir une allusion entre le campement des Bné Israël et le rassemblement après l’exil (kibouts galouyot). Car le fait de se ranger en formation pour le campement ressemble au moment où Hachem rassemble tous les Bné Israel pour revenir sur leur terre, qui avait été découpée en 12 parcelles, une par tribu, à l’instar des 12 parcelles de campement du désert.
Et de notre verset on peut voir un conseil qu’Hachem nous donne pour nous aider à y parvenir, c’est : l'unité.
En effet, les mots : "béotot lévét avotam" (selon les signes, d’après leurs tribus paternelles - בְאֹתֹת לְבֵית אֲבֹתָם), peut aussi se lire : "béotiyot" (בְאֹתֹיות - selon les lettres [des tribus paternelles]), c’est-à-dire que si on prend le nombre de lettres qu’il y a dans les noms d’Avraham, Its'hak et Yaakov, nos Patriarches, on arrive au chiffre 13 qui est la guématria du mot : é’had (Un).

=> Ce verset nous montre donc comment hâter la venue de machia’h et le retour en Israël de tout le peuple : grâce à l’unité et à l’amour entre les Bné Israël.

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-> Le Ben Ich 'Haï écrit (sur le verset Bamidbar 1,2) :
L’idée de toujours garder un œil bienveillant sur le juif qui s’égare, de lui chercher une défense plutôt que d’accuser et primordiale et même quand il y a une mistva de parler durement à quelqu’un pour l’aider à se ressaisir, cela doit être superficiel, mais au fond de soi et surtout envers le Créateur, on se doit de n’être que de bons avocats pour nos frères.

"Parle ainsi à Aharon et à ses fils : Voici comment vous bénirez les Bné Israel ; vous leur direz ..." (Nasso 6,23)

-> Le Ben Ich 'Haï (Bénayahou - Roch Hachana 38a) fait le commentaire suivant :
Le mot : "Ko" (voici comment - כֹּה), nous apprend qu’il faut être face aux Cohanim pendant la bénédiction, et que ceux qui sont sur les cotés ou derrière ne la reçoivent donc pas. [pendant la birkat Cohanim, pour pleinement absorber les bénédictions, on doit faire face aux Cohanim, et ne pas leur tourner le dos, ou être de côté]
Par contre, ceux qui sont déjà aux champs (la journée de travail officielle débutait dès le lever du soleil, et les ouvriers priaient en travaillant) et qui ne peuvent pas être présents, peu importe leur endroit ou leur orientation face aux Cohanim, eux, la reçoivent, car ils sont "Anoussim" (contraints et forcés).

Seulement une question se pose, même s’il est compréhensible qu’une personne contrainte ne peut pas être punie si elle fait une faute (avéra) ou si elle ne fait pas une mistva, mais de là à aller jusqu’à récompenser la personne malgré l’absence d’action, cela nécessite un éclaircissement.
La réponse réside dans la différence fondamentale qui existe entre les affaires humaines et les affaires célestes. Les premières se règlent à l’aide de la justice et de la rigueur, et il est donc normal que celui qui ne vient pas travailler ne reçoive pas salaire, par contre les affaires célestes se règlent à l’aide de la miséricorde et de la bonté, et c’est pour cela que la personne qui voulait faire une mitsva et qui en a été empêchée est considérée comme l’ayant faite.
Mais il y a une condition pour cela, afin de parvenir à un traitement par bonté et miséricorde, il faut soi-même servir Hachem avec amour et non juste par crainte.

Il en ressort, que les ouvriers aux champs ne reçoivent la bénédiction que s’ils servent Hachem avec amour, et c’est pour cela qu’ils sont mieux placés que ceux qui sont à la prière mais qui restent derrière ou sur les côtés.

"Or, le jour où l’on eut érigé le Michkan" (Béaaloté'ha 9,15)

-> Le Ben Ich 'Haï commente :
De ce verset, Abayé (dans la guémara Shvouot 15b) apprend qu’on ne montait pas le Michkan la nuit mais seulement le jour.
La raison en est que le Mishkan représente une proximité ultime entre Hachem et le peuple d’Israel, et cette proximité ne peut se construire que le jour, car la nuit et l’obscurité représente l’exil et l’emprise des forces du mal tandis que le jour représente la lumière de la guéoula.
Ce verset vient donc aussi nous enseigner de ne pas essayer de provoquer les événements et d’essayer de reconstruire le Temple pendant l’obscurité de l’exil, mais d’attendre la venue de machia'h et la lumière de la guéoula, là où il sera enfin possible de retrouver cette proximité avec Hachem que l’on a eu grâce aux 2 Temples et le Michkan. Très rapidement b'h. Amen!

Les épreuves de la vie sont la Prophétie d’aujourd’hui

+ Les épreuves de la vie sont la Prophétie d'aujourd'hui :

La paracha Tazria décrit plusieurs sortes de négaïm (plaies, affections lépreuses) ainsi que le processus grâce auquel la personne peut en guérir. Depuis la destruction du Beit HaMikdach, les lois de négaïm ne s’appliquent plus.
=> Dans ce cas, en quoi cette paracha nous concerne-t-elle, dans la vie quotidienne?

-> Le Séfer ha’Hinoukh (mitsva 169) répond à cette question. Il écrit que l’impureté du métsora (lépreux) provient de ses fautes. La souffrance endurée n’est pas un hasard : elle vient d’Hachem. Le lépreux doit vivre un isolement très difficile durant lequel il est censé s’introspecter et mettre le doigt sur son erreur.
Cet enseignement est très pertinent dans chaque génération. Nous ne souffrons plus des négaïm, mais nous traversons d’autres sortes d’épreuves. L’impureté de ces plaies nous apprend que nous ne devons pas attribuer ces difficultés au hasard, mais plutôt les considérer comme un moyen utilisé par Hachem pour nous faire passer un message.

Il existe une autre mitsva liée aux négaïm qui nous enseigne également comment réagir et comment ne pas réagir aux souffrances. La Torah nous informe que l’un des négaïm est appelé "nézek". Si quelqu’un trouve un nézek (une teigne) sur son corps, il doit s’isoler puis se faire examiner par un Cohen. Si après une semaine de retranchement, le nézek n’a pas grossi, la personne peut raser la zone qui l’entoure. Il est cependant formellement interdit de raser les cheveux ou les poils qui se trouvent sur le nézek (voir Tazria 13,31-34).

Le Séfer ha’Hinoukh (mitsva 170) nous explique la signification de cette prohibition :
"Cette mitsva nous montre que chacun doit accepter l’épreuve ou la punition qu’Hachem lui envoie ; il ne faut pas se révolter contre elles, ni se croire capable de les supprimer et de les camoufler".
Ces 2 réactions incorrectes que l’on peut avoir face aux souffrances sont symbolisées par le rasage du nézek envoyé par Hachem. Tout d’abord, la personne peut "se révolter" quand elle souffre, remettant en cause la justice Divine. Et même sans critiquer l’épreuve envoyée par Hachem, elle peut adopter une autre conduite, elle aussi incorrecte. Elle peut essayer de supprimer la plaie sans en tirer la bonne leçon. En outre, elle peut être plus concernée par ce que les gens vont penser et tout faire pour dissimuler sa souffrance, plutôt que de l’utiliser pour grandir.

L’interdit d’enlever le nézek nous enseigne qu’il ne faut pas pratiquer la politique de l’autruche lorsque nous sommes confrontés à une difficulté, mais que nous devons utiliser cette dernière pour nous élever.

-> Le rav Avraham Grodzinski (Torat Avraham) écrit que la prophétie avait pour objectif principal de notifier au peuple ses erreurs. Même quand les Bné Israël ne faisaient "rien de mal", le prophète scrutait leurs cœurs et savait mettre le doigt sur les domaines qui leur faisaient défaut.

=> De nos jours, comment Hachem nous communique-t-Il nos erreurs?
Le rav Grodzinski répond que les souffrances remplacent la prophétie. Lorsqu’une personne traverse une épreuve, quelle que soit sa dureté, elle reçoit un message d’Hachem Qui lui montre, par son biais, comment s’améliorer. Les difficultés endurées sont donc un cadeau exceptionnel : elles nous offrent l’opportunité de nous amender.
La guemara (Arakhin 16b) précise que les difficultés dont on parle ne sont pas forcément de grandes afflictions, mais se présentent parfois comme des ennuis mineurs ; elle nous donne l’exemple d’une personne qui veut retirer trois pièces de sa poche et qui n’en sort que deux.
[autre exemple donné : mettre sa chemise dans le mauvais sens de sorte qu'il faut la retirer pour l'enfiler de nouveau ]
Ainsi, Hachem communique constamment avec nous à travers les souffrances (même les petites).

-> Si un homme voit qu'il commence à connaître des souffrances, il doit examiner ses actes et s'efforcer de se repentir. [guémara Béra'hot 5a]
[ b'h, voir à ce sujet : https://todahm.com/2019/07/07/9530-2 ]

-> Nous pouvons nous poser la question suivante. À l’époque du Beit HaMikdach, tout ceci était très simple ; les gens souffraient de négaïm lorsqu’ils commettaient certaines fautes spécifiques, comme le lachon ara (médisance). Mais de nos jours, comment peut-on savoir quel message Hachem veut nous transmettre à travers les souffrances?
Le Torat Cohanim rapporte un principe de nos Sages selon lequel Hachem punit l’individu pour ses fautes, mida kénégued mida (mesure pour mesure).
Par exemple, la guémara (Sota 9b) nous raconte que Chimchon fauta avec ses yeux, et par conséquent, ce sont ses yeux qui furent touchés ; les Pélichtim les lui crevèrent ; Avchalom s’enorgueillissait de sa belle chevelure et ce fut ses cheveux qui entraînèrent sa mort, lorsqu’ils s’entremêlèrent dans les branches d’un arbre.
Il est donc recommandé de rechercher une raison quelque peu liée à la douleur subie.

-> Le rabbi Yéhonathan Gefen commente cela :
Il est toutefois plus important de se mettre à la recherche d’un point faible que de trouver, ou pas, la faute concrètement commise.
L’objectif principal de l’épreuve = s’efforcer de s’améliorer (ex: dire moins de lachon ara).

On a naturellement tendance à rechercher toutes sortes de ségoulot (remèdes spirituels) pour mettre fin à la douleur. Or, cela va à l’encontre de l’enseignement du Séfer ha’Hinoukh, à savoir qu’il ne faut pas simplement essayer de supprimer la souffrance.
Hachem n’envoie pas des souffrances pour que nous trouvions une ségoula appropriée (bien que ce soit un moyen efficace pour neutraliser l’épreuve), mais Il veut plutôt que nous en grandissions.
Cela ne signifie pas que toutes les ségoulot sont négatives, mais il convient de ne pas oublier quel est l’objectif des yissourim – Hachem nous demande de grandir.
[de même, bien que le fait de recevoir des bénédictions de grands rabbanim soit parfaitement acceptable, cela ne doit pas nous distraire du but principal des épreuves. ]

[ nous devons voir chaque souffrance comme une frappe, plus ou moins forte de papa Hachem, nous demandant de se réveiller. Il souffre de nous voir agir ainsi, alors que l'on pourrait faire tellement mieux.
Réveillons-nous dans ce monde, pour se construire un monde éternel qui soit le plus beau possible, où l'on pourra être le plus proche d'Hachem.
Plus vite nous réagissons en s'améliorant dans un domaine (en percevant les petites souffrances), moins Hachem aura besoin de nous frapper encore plus fort pour que l'on se réveille. ]

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-> Dans un autre divré Torah, rabbi Gefen explique :
Hachem peut, dans Sa sagesse infinie, récompenser et "sanctionner" quelqu’un simultanément.
Le fait d’infliger une punition, d’après la Torah, ne consiste pas à causer une souffrance sans raison. Les "punitions" divines sont des "stratégies" par lesquelles Hachem communique avec nous et nous exhorte, de manière allusive, à changer de comportement dans certains domaines.

L’attirance pour l’argent, un esclavage

+ L'attirance pour l'argent, un esclavage :

Hachem parla à Moché en disant : "Ordonne (tsav) à Aharon et à ses fils et dis : ‘Ceci est la loi de la Olah’ " (Tsav 6,1-2)

-> Au début de la paracha Tsav, Hachem demande à Moché de prescrire aux Cohanim les différentes lois concernant le korban Olah (l’holocauste).
Nos Sages attirent l’attention sur l’utilisation du mot "tsav". La Torah aurait pu utiliser la formule habituelle : "Parle à Aharon et à ses fils". Pourquoi emploie-t-elle un terme plus fort, "Ordonne"?
Rachi rapporte le midrach qui note que "tsav" laisse sous-entendre un zèle, un empressement supplémentaire, particulièrement nécessaire pour le korban de Olah.
Rabbi Chimon explique que ce sacrifice implique une certaine perte financière [étant entièrement brûlé, le Cohen ne peut donc en profiter] ; les Cohanim risquent de se montrer hésitants à accomplir cette mitsva. Il fallait donc employer un terme plus fort pour les éveiller à ce zèle additionnel requis pour la Olah.

-> Le rav Yé’hezkel Levinstein zatsal tire une importante leçon de ce midrach.
Le Cohen Gadol était, dans la plupart des cas, l’homme le plus vertueux et le plus saint de la génération. [à l’exception des Cohanim de l’époque du 2e Temple qui obtenaient souvent ce titre par corruption ou grâce à des affiliations politiques.]
La guémara (Yoma 18a) nous informe par ailleurs que pour devenir Cohen Gadol, ce dernier devait obligatoirement être très riche.
=> Compte tenu de la vertu et de l’aisance du Cohen Gadol, pourquoi faut-il se soucier d’un éventuel manque d’empressement à cause d’une perte financière relativement minime!
On déduit de cette remarque que même le Cohen Gadol est enclin au yétser hara de l’argent!

-> A plusieurs reprises, nos Sages mettent l’accent sur la force de l’attrait pour l’argent.
L’un des exemples est la guemara (Baba Batra 165a) qui parle des fautes les plus communément transgressées. Rav Yéhouda dit au nom de Rav : "La plupart des gens [trébuchent] dans le vol ; la minorité, dans l’immoralité".
Selon Rachi, la guemara ne notifie pas que les gens volent de façon éhontée, mais qu’ils trouvent toutes sortes de justifications, dans leurs affaires, pour escroquer de l’argent que d’autres méritent. Elle nous indique que chacun risque d’être incité par le yétser ara de l’argent et tente de légitimer cette attitude malhonnête qui est, d’après la Torah, considérée comme du vol.

-> Les plus grands tsadikim ressentaient la force du yétser ara pour l’argent.
Le rav Israël Salanter rendit un jour visite à un homme très riche. L’hôte dut quitter la pièce quelques instants, et laissa le rav Salanter seul. Quand il revint, le rav Salanter n’était plus là. Il le trouva debout, à l’extérieur de la maison.
Le rav Salanter déclara qu’il y avait dans la salle une grosse somme d’argent qui n’avait pas été comptée et il ne voulait pas rester seul avec ces espèces.
Il s’expliqua en énonçant la guemara précitée. Nous connaissons l’interdit de yi’houd (le fait, pour un homme, de s’isoler avec une femme) de peur qu’il ne parvienne pas à se contrôler et qu’il se livre à la débauche. Le rav Salanter conclut que s’il existe un interdit de yi’houd à cause de l’immoralité, infraction que seule une minorité de gens commet, il devrait y avoir, à plus forte raison, une interdiction de s’isoler avec de l’argent, étant donné qu’une majorité de personnes trébuche dans ce domaine.
Il ne voulut donc pas rester seul, dans la même pièce que cet argent non compté.
[le rav Yérou’ham Leibowitz (Daat ‘Hokhma ouMoussar,) raconte que le rav Salanter ne restait jamais seul avec de l’argent qui n’avait pas été compté. Le rav Leibowitz ajoute qu’il ne voulait même pas être seul avec de l’argent compté, malgré les grands risques d’être pris sur le fait].

-> Rabbi Yéhonathan Gefen enseigne :
Si un homme comme le rav Israël Salanter ressentit un besoin de se surprotéger de l’attrait pour l’argent, chacun doit être très vigilant quant à ce puissant yétser ara.
Cette attention est nécessaire dans plusieurs cas. Tout d’abord, nous apprenons de la paracha Tsav que la crainte de perdre de l’argent ne doit pas affecter l’accomplissement des mitsvot. De nombreux commandements impliquent des dépenses significatives et il faut tenter de garder la même diligence pour exécuter ces mitsvot que celles qui sont moins coûteuses.
Il faut également faire attention à ne pas dépenser beaucoup plus d’argent pour notre confort matériel que pour l’accomplissement des mitsvot. Si l’on débourse de grosses sommes pour les vacances, la maison, la voiture, ..., nous devons manifester le même désir et le même zèle pour les dépenses nécessaires aux mitsvot, de façon générale et à la tsedaka en particulier.

L’attirance pour l’argent peut aussi inciter la personne à "arrondir" les lois de la Torah, et ainsi, entraver sa avodat Hachem. Un homme qui craint D. peut ainsi être tenté de ne pas poser des questions de halakha concernant des affaires d’argent.

Il semble que l’origine de cette tentation pour l’argent soit liée à l’esclavage que nous tentons d’éradiquer à Pessa’h. Les commentateurs soulignent que la liberté ne se limite pas à la capacité de faire ce que bon nous semble. La liberté, selon la Torah, c’est de ne pas être trop attaché au monde matériel. L’attrait pour l’argent est l’une des manifestations principales de cette forme d’ "esclavage", cette quête nuit à notre capacité d’accomplir les mitsvot, parce que l’on a du mal à s’en défaire, même quand la Torah nous y enjoint.

Pessa’h est le moment où l’on met l’accent sur notre liberté, notre indépendance quant à la matérialité. Ceci est symbolisé par la mitsva de manger de la matsa, le soir du Séder.
La matsa est plate et sans ajouts. À Pessa’h, nous revenons à notre essence pure, sans "ajouts" [accessoires], les biens matériels qui nous empêchent de servir Hachem correctement.