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Le boss c’est papa Hachem : alors pourquoi s’inquiéter?

+ Le boss c'est papa Hachem : alors pourquoi s'inquiéter?

"Vous êtes les enfants d’Hachem votre D. ne vous tailladez point le corps, ne vous rasez pas entre les yeux, en l’honneur d’un mort. Car tu es un peuple consacré à Hachem ton D." (Réé 14,1-2)

-> Le Ibn Ezra écrit :
"Sachant que vous êtes les enfants d’Hachem et qu’Il vous aime plus qu’un père n’aime son fils, ne vous tailladez point le corps sur tout ce qu’Il amènera sur vous, car tout ce qu’il amène sur vous est pour votre bien.
Et si vous ne Le comprenez pas, cela ressemble à des petits enfants qui ne comprennent pas les agissements de leur père et qui (malgré tout) se reposent sur lui, vous aussi reposez-vous sur Hachem.
Car tu es un peuple consacré à Hachem, et c’est vous qu’Hachem a choisi comme peuple, c’est pourquoi ayez confiance de tout votre coeur et de toute votre âme que tout est soigneusement calculé d’En-Haut pour votre bien et votre profit."

-> Tossefot (Daat Zékenim 14,1) suit le même esprit :
" "Vous êtes les enfants d’Hachem votre D." = c’est pourquoi si vos pères de chair et de sang décèdent, ne vous tailladez point le corps, car ce n’est pas pour autant que vous êtes orphelins puisque vous possédez un Père vivant et éternel, Béni-Soit-Il.
Ce n’est pas comme les idolâtres qui, lorsque décèdent leur père, ont une raison de se taillader le corps puisqu’à part lui, ils n’ont rien d’autre que du bois et des pierres qui ne peuvent les réconforter, comme l’exprime le prophète : "Ils disent au bois : tu es mon père, et à la pierre, tu nous as enfantés"."(Yirmiyahou 2,27).

-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne :
celui qui se souvient en permanence qu’il est un enfant de son Père Céleste ... acceptera avec amour et joie tout ce qui lui arrive et ne dira jamais : "Malheur au sort qui est le mien!" Car il sera toujours confiant dans le fait que tout ce que son Père prévoit lui sera finalement bénéfique.
Cette conviction l’aidera à se sentir toujours joyeux et satisfait de son sort, et tous les mauvais décrets qui pesaient sur lui s’annuleront et seront transformés en bien. Il assistera à un déversement de bénédictions.
En résumé, il incombe à chaque juif de placer son entière confiance en Hachem, d’accepter à chaque instant avec amour tout ce qui lui arrive, et de savoir qu’il existe une raison qui dépasse notre entendement à chaque évènement de son existence, qu’il soit bon ou mauvais.

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-> Le Machguia’h Rabbi Yérou’ham de Mir, après le décès du 'Hafets 'Haïm, lorsque tous ressentirent que les ténèbres s’étaient abattus sur le monde, est connue : "Certes, dit-il, le 'Hafets ‘Haïm nous a quitté, mais Celui qui a fait le ‘Hafets 'Haïm est encore vivant et présent!"

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+ Plus je considère Hachem comme mon Père, plus ma vie devient un gan Eden :

-> Le Gaon Yaakov (rapporté dans le Ein Yaakov) enseigne sur l’histoire que rapporte la guémara (Taanit 22a) : Rav Broka rencontra le prophète Eliyahou sur le marché de Léfèt et lui demanda : "Y a-t-il ici quelqu’un ici qui a droit au monde futur?"
Eliyahou lui désigna 2 hommes. Rav Broka alla s’enquérir auprès d’eux des bonnes actions qui leur donnaient droit à un tel mérite. Ils répondirent : "Nous sommes 2 amuseurs, et nous réjouissons les gens tristes. Et aussi, lorsque nous voyons que 2 personnes se disputent, nous nous efforçons de les réconcilier."

Le Gaon Yaakov pose sur cette guémara plusieurs questions : pourquoi Rav Broka ‘Hozaa avait-il besoin de savoir qui avait droit au monde futur? Etait-il intéressé à trouver un bon parti pour ses enfants?
Plus difficile encore à comprendre est la réponse d’Eliyahou qui lui désigna en effet des gens encore vivants. Il est pourtant dit explicitement (Job 15,15) : "Même en Ses Saints, Il n’a pas confiance" = tant que le mauvais penchant est en l’homme, peut-on savoir quelle sera sa fin? Au sujet des Patriarches, on voit que pour la même raison, Hachem n’associa pas Son Nom au leur de leur vivant (cf. midrach Tan’houma Toldot 7).

Il répond : Par sa question, Rav Broka désirait savoir s’il existait quelqu’un dans ce monde qui pouvait avoir un avant-goût du monde futur. Il voulait ainsi apprendre comment y goûter lui-même. Car aucun plaisir de ce monde n’est a priori exempt d’une quelconque peine.
Par exemple, quelqu’un qui mangerait à satiété de tous les meilleurs mets du monde finirait par se lamenter des maladies qui en découleraient, sans compter de l’absence de ses amis ou de la perte d’argent, ou encore des disputes qu’il pourrait engendrer. Tandis que le plaisir du monde futur, lui, est entier et associé à aucune peine. C’est le plaisir véritable.
[souvent on a plus de plaisir dans l'anticipation d'une chose. Tout plaisir est éphémère. A l'inverse, la conscience de savoir que Hachem nous aime bien plus qu'un papa, cela nous procure une joie, une plénitude, constante.]

Celui qui voudrait en avoir un avant-goût tout en étant encore dans ce monde le pourrait à condition d’être joyeux à chaque instant de sa vie, et d’accepter tout ce qu’Hachem lui a préparé, avec joie, sans jamais s’affliger de ce qui lui arrive, sachant que tout provient d’Hachem.
Et s’il voyait d’autres personnes être peinées ou se disputer, il s’efforcerait de faire régner la paix entre elles et tenterait de les rendre heureuses. Ce serait alors un reflet du monde futur dans lequel n’existe ni peine ni colère, où l’on éprouve une paix et un plaisir parfaits.
C’est, ajoute le Gaon Yaakov, le sens profond de la bénédiction mentionnée dans la guémara (Béra'hot 17a) : "Tu verras ton monde de ton vivant", à savoir que déjà de son vivant dans ce monde, l’homme pourra avoir une idée du plaisir éprouvé dans le monde futur dans la sérénité, la joie et l’allégresse.

Et c’est ce que Rav Broka demanda à Eliyahou : "Y a-t-il dans ce monde des gens qui peuvent appréhender quelque peu le plaisir du monde futur afin de pouvoir en concevoir l’essence?"
Et il lui montra ces 2 comédiens qui étaient toujours joyeux et qui, en outre, faisaient régner la paix entre l’homme et son prochain.

[ => il en résulte que plus nous vivons et ressentons le fait que Hachem est notre papa, qu'Il nous aime et veut notre meilleur indépendamment de ce que nous faisons, alors plus nous abordons la vie avec un sentiment de sérénité, de joie profond. Et même si notre vie est mouvementée, on est confiant car c'est papa Hachem qui est derrière cela (un décret céleste détermine la durée, l'intensité, le type, ... de douleur que nous avons).
De plus, si Hachem est notre père, alors chaque juif est un enfant unique adoré, et donc nous devons également développer notre amour et la paix entre nous. (aimer un juif c'est aimer son père [Hachem])

==> Bien que l'obscurité du monde et notre naturalité nous empêchent d'avoir devant les yeux cette réalité, lorsque nous faisons l'effort de vivre avec une telle vision, alors nous méritons de vivre une vie avec un goût de gan Eden.
Naturellement on aime bien avoir le sentiment de tout maîtriser (ex: le rav Pinkous dit que nous regardons beaucoup les infos en période de trouble pour combler cette envie), nous avons alors notre humeur qui est fluctuante au gré du temps, mais si nous faisons de notre mieux et que nous mettons tout ce qui se passe dans les mains d'Hachem, alors nous sommes zen. Certes je comprends pas tout, certes cela peut même être inquiétant/douloureux/injuste ... en apparence, mais puisque c'est papa Hachem qui est derrière toute chose pour l'ultime meilleur, alors tout va bien. [comme un bébé joyeux et tranquille dans les bras de ses parents, alors que c'est pleine tempête! ]
En ce sens, plus je considère Hachem comme mon Père, plus ma vie devient un gan Eden.]

La tsédaka

+ La tsédaka :

"Tu lui donneras (au pauvre), sans mauvais cœur en lui donnant, car de la sorte, Hachem ton D. te bénira dans tout ce que tu feras et dans toutes tes entreprises" (Réé 15,10)

-> Le Séfer Ha'hinoukh écrit sur ce verset :
"Celui qui comprend les voies de la Torah et qui perçoit un tant soit peu sa valeur, sait pertinemment qu'un homme qui dépense son argent pour les nécessiteux verra ses biens augmenter. Parce qu'Hachem juge la personne selon ses actes et lui accorde Sa bénédiction suivant la manière dont il se rapproche d'elle (c'est-à-dire suivant la manière dont l'homme se rapproche de la bénédiction qui se trouve dans les mains d'Hachem).
Le défaut de l'avarice constitue une paroi de fer entre l'homme et la bénédiction, alors que la générosité fait partie de cette bénédiction.
Il en ressort que celui qui se comporte avec générosité prend lui-même une part dans la bénédiction d'Hachem. C'est à ce sujet que nos Sages (guémara Taanit 9a) enseignent : "donne la dîme afin que tu t'enrichisses" (se basant sur le verset : " assèr téasser - Réé 14,22)."

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-> "Or, il ne manquera pas de pauvres dans le pays, c’est pourquoi Je t’ordonne en disant : ouvre, ouvre-lui ta main, à ton frère, au pauvre, à l’indigent qui sera dans ton pays!" (Réé 15,11)

-> Le Ktav Sofer explique que l'expression "c'est pourquoi" est une forme employée par Hachem lorsqu’il s'adresse à l'homme : "Je ne laisserai jamais le pauvre disparaître de la Terre et mourir de faim (à D. ne plaise), et il trouvera constamment de quoi pourvoir à ses besoins.
Mais Je sais que toutes sortes de malheurs sont prêts à s'abattre sur toi à l'avenir, et Je désire t'en préserver, c'est pourquoi Je t'ordonne "ouvre ta main", car grâce à cela tu seras préservé de tout mal.
C'est pour cela qu'il est écrit "Tu ouvriras ta main vers lui", comme si c'était toi qui ouvrais ta main pour lui demander une faveur et non le contraire.
C'est en tant que présent que Je te l'ai envoyé afin que tu lui donnes, et que tu sois ainsi préservé de tout mal."

-> Le Zohar (1,104 a) enseigne : "Viens et vois combien Hachem est bon avec Ses créatures et à plus forte raison avec ceux qui vont dans Ses voies : même au moment où Il juge le monde, Il fait en sorte que celui qui L'aime soit acquitté en lui envoyant comme présent un pauvre qui lui fait mériter d’accomplir la mitsva de la charité et qui l'acquitte lors du jugement."

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-> "Donner la dîme tu donneras la dîme" (Réé 14,22)

Nos Sages expliquent la redondance de ce verset en disant : "Donne la dîme et tu t’enrichira (tit’acher)", le terme "téasser" (tu donneras la dîme) pouvant aussi se lire en hébreu : t(it)acher (tu t’enrichiras).
=> Mais une question peut légitimement se poser. La réalité montre que beaucoup de personnes qui donnent la tsédaka ne s’enrichissent pas. Et inversement, des gens qui ne donnent aucun sou, bénéficient d’une grande richesse!

-> Le ‘Hatam Sofer explique cela en se basant sur le verset : "C’est la bénédiction d’Hachem qui enrichit et elle n’ajoute pas de tristesse avec elle". En effet, il est dans la nature des biens matériels de ne jamais rassasier ceux qui les possèdent. Selon le dicton : « Celui qui a 100 veut 200, et celui qui a 200 veut 400".
C’est que la matérialité en elle-même ne remplit pas l’homme intérieurement. C’est pourquoi, ceux qui en bénéficient se rendent compte après coup qu’ils n’ont pas été rassasiés. Aussi, ils se remettent à la recherche d’autres profits matériels, espérant enfin trouver leur bonheur. Mais ils ne pourront pas l’atteindre, car par nature les propriétés matérielles ne remplissent pas le vide, ils ne font que l’amplifier. Ils ressentent donc constamment vide intérieur, frustrations, déceptions… La richesse est donc souvent accompagnée de tristesse. Il est bien clair que ce n’est pas cette pseudo-richesse que la Torah promet en récompense. Seule la Bénédiction Divine enrichit véritablement. Car Hachem accorde à l’homme qui mérite Sa Bénédiction, la capacité extraordinaire de pouvoir se satisfaire et se contenter de ce qu’il a.
Ainsi, seule une telle richesse mérite d’être considérée comme telle, car elle n’est pas accompagnée de tristesse. Comme le dit la Michna : "Qui est l’homme riche? C’est celui qui se réjouit de ce qu’il a".
Et c’est cette richesse que la Torah promet à ceux qui donnent la tsédaka. Ils mériteront d’être heureux et pleinement satisfaits de leurs biens. Ils seront ainsi réellement riches, sans frustrations, ni insatisfactions et se sentiront pleins et épanouis.

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-> Le midrach (Béréchit rabba 59,1) raconte que Rabbi Méir se rendit une fois dans la ville de Mamela et y constata que l’on y décédait jeune, avant même d’avoir des cheveux blancs.
Il demanda à ses habitants : "Peut-être êtes-vous de la descendance de Eli haCohen à propos duquel il est écrit : "Ton âme se désolera en voyant tout espoir de ta race s’éteindre à l’âge d’homme?" (Chmouël I 2,33)
-Rabbi, priez pour nous !, le supplièrent-ils.
- Allez prodiguer la charité, leur répondit-il, et vous mériterez la vieillesse!"

Et il leur rapporta le verset suivant à l’appui : "La couronne d’une splendide vieillesse, tu la rencontreras sur le chemin de la charité" (Michlé 16,31) : un homme mérite d’autant plus la longévité qu’il prodigue de ses propres biens à autrui.

-> Le rav Elimélé'h Biderman ajoute :
On peut apprendre de là que plus un homme s'efforcera dans ce domaine, plus il méritera la longévité.

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-> Nos Sages (Vayikra rabba 34,8) commentent à ce sujet ce que Ruth dit à Naomie à propos de Boaz (qui lui prodigua l’aumône en lui donnant à manger) : "le nom de l’homme à qui j’ai fait du bien aujourd’hui est Boaz".
Il n’est pas écrit "qui m’a fait du bien", mais "à qui j’ai fait du bien" : car le pauvre prodigue davantage au riche que celui-ci prodigue au pauvre.

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-> Le Rambam (Lois des dons aux pauvres - 10] écrit sur l’importance de la tsédaka :
"Il est un devoir d’être attentif au précepte de la tsédaka plus qu’à tous les Commandements positifs, car la tsédaka est le signe du tsadik, descendant d’Abraham ...
Le Trône d’Israël et la foi authentique ne subsistent qu’en vertu de la tsédaka… Et les juifs ne seront délivrés que par la tsédaka".

[dans la suite, le Rambam (Halakhot 7-14) va rapporter les différentes manières d'accomplir la mitsva de tsédaka du niveau le plus élevé. Il est intéressant de noter que le 8e et niveau le plus inférieur est lorsqu'on donne la tsédaka en étant triste de donner son argent aux autres. D'ailleurs, le 7e niveau est lorsque l'on donne moins que ce que l'on doit donner, mais qu'on le donne avec un visage enthousiaste. ]

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-> "Tout celui qui détourne ses yeux de la tsédaka, est considéré comme un idolâtre!"
[guémara Kétouvot 68a]

-> La guémara (Bétsa 32b) enseigne : "Les riches de Bavel iront tous au guéhinam (en enfer), car ils ne voulaient pas donner la tsédaka et se comporter avec bonté envers les autres".

-> C'est par le mérite de la tsédaka, nous accueilleront machia’h, comme l'affirme le Rambam (Lois de
Pauvres 10,1) : "Israël ne sera délivré que par tsédaka".

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-> "A Moi appartient l'argent, à moi l'or, dit Hachem" ('Hagaï 2,8), car " tout vient de Toi" (Divré haYamim I 29,14).
On peut comparer cela à un convoyeur de fonds. Nul ne pense que le conducteur est riche et que l’argent transporté lui appartient. Il est uniquement responsable de son acheminement. Nous sommes tous comparables à un convoyeur de fonds au regard de l’argent dont on dispose.
"Hachem enrichit et appauvrit" (Hachem morich oumaachir - Chmouël I 2,7).

-> La charité est vecteur d’enrichissement selon nos Sages (guémaraTaanit 9a) : Donnez le maasser afin de vous enrichir (acher bichvil chétit'acher).
Il y a une allusion à cela : en prenant les lettres précédant celles du mot “כסף = argent” on trouve “עני = un pauvre”. Le י avant le כ, le נ avant le ס et le ע avant le פ. Cela suggère que l’argent viendra justement après avoir donné au pauvre, donc que la charité enrichit.

A quoi est-ce comparable?
Au gardien d’une cassette remplie d’argent. S’il s’acquitte bien de sa tâche de surveillance, on pourra alors lui confier la garde d’un trésor bien plus conséquent. De même, si l’on donne la dîme, Hachem nous donnera alors plus d’argent (acher bichvil chétit'acher).
[Hachem a d’infinies possibilités de faire parvenir de l’argent à un pauvre . Il fait d’une personne le dépositaire d’un argent qu’elle devra donner au pauvre.]

-> De même, le 'Hida (Pné David), au nom du Alchikh haKadoch, rapporte que celui à qui Hachem a accordé une grande richesse doit savoir qu'il n'en est que le "tuteur".

-> Le midrach (Vayikra rabba 34,8) révèle que le pauvre fait plus pour celui qui lui donne que ce dernier ne fait pour lui.
Nous pouvons le comprendre d’après l’affirmation de nos Sages (Beitsa 16a) selon laquelle la subsistance d’une personne est fixée à Roch Hachana. Dès lors, mieux vaut par exemple gagner des mérites et donner 50 euros à un pauvre, que de les perdre d’une façon ou d’une autre car la dépense de ces 50 euros avait été décidée à Roch hachana.
La charité permet d’engranger tous les bénéfices d’une mitsva éternelle ("la tsédaka sauve -notamment- de la mort" [Michlé 10,2;11,4], ...).
En résumé, le décret de perte d’argent peut être rempli via la mitsva de tsédaka. C’est là très certainement préférable à une perte sèche, sans aucun bénéfice.
[rabbi Yéhochoua Alt]

-> Aucun mal ne résulte de la charité qui ne génère jamais l’appauvrissement ni aucune conséquence nuisible (Yoré Déa 247:2).

-> De même qu’on implore Hachem d’écouter nos suppliques, nous devons nous tourner vers les exhortations des indigents (Yoré Déa 247:3).

+ Le faux serment :

-> On prévient l'accusé (avant son serment au Tribunal) en ces termes :
Le monde entier a tremblé quand Hachem a dit au mont Sinaï : "Tu n'invoqueras point le Nom d'Hachem ton D. en vain" (Yitro 20,7).
Pour toutes les transgressions mentionnées dans la Torah, il est dit : "Il pardonnera", mais ici (pour le faux serment), il est dit : "Il ne pardonnera pas" (Yitro 20,7).
De plus, toutes les transgressions mentionnées dans la Torah attirent une sanction sur le fautif seulement, mais le faux serment attire une sanction non seulement sur le pécheur, mais aussi sur les membres de sa famille, selon ce verset : "Ne permets pas à ta bouche de charger ta "chair" d'un péché" (Kohélet 5,5), où la "chair" désigne les proches parents d'après le verset : "Ne te dérobe pas à ceux qui sont comme ta propre chair" (Yéchayahou 58,7).
Pour toutes les transgressions, seul le fautif est puni, mais le faux serment fait tomber le châtiment sur le monde entier selon ce verset : "Par suite des parjures, le pays est en deuil" (Yirmiyahou 23,10) ...
La sanction de toutes les transgressions mentionnées dans la Torah peut être retardée de 2 ou 3 générations si le fautif a du mérite ; mais pour le faux serment, la sanction est immédiate (même si le fautif a des mérites).
[guémara Chvou'ot 38b-39a]

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=> Pourquoi le monde entier a-t-il tremblé lorsque le 3e Commandement sur le faux serment a été prononcé?

-> Le Iyoun Yaakov explique :
D'après cette michna : "Le monde repose sur 3 bases : sur la justice, sur la Vérité et sur la Paix (Pirké Avot 1,18), tout homme qui jure mensongèrement à son prochain ébranle ces 3 bases.
En effet, il déforme la Justice, il ment, donc il déforme la Vérité (le émet) et il se maintient un conflit avec son prochain, donc provoque l'absence de Paix (Chalom).
C'est pourquoi le monde a tremblé, car les 3 piliers du maintien du monde ont été ébranlés par ce faux serment.

-> Le Maharcha enseigne :
Ce sont les lettres du Nom d'Hachem qui maintiennent le monde, d'après ce verset : "Car en Hachem vous avez un roc immuable" (Yéchayahou 26,4).
Ainsi, celui qui prononce un serment inutile ou mensonger affaiblit la force de la "famille du Ciel" qui est le fondement (yéssod) du monde. C'est pourquoi, la Terre a tremblé dès que Hachem a dit : "Tu n'invoqueras point le Nom d'Hachem ton D. en vain" (Yitro 20,7).
De plus, du fait que la fin de ce verset précise que "Hachem ne laissera pas impuni celui qui invoque Son Nom en vain (dans un serment)", même s'il regrette et se repent (fait téchouva). Or, ce monde ne peut pas se maintenir sans téchouva, et puisque la téchouva n'a pas d'effet dans un faux serment, le monde a tressailli au moment du 3e Commandement.

-> De son côté, le Torat 'Haïm explique :
Selon le Zohar (Yitro), lorsqu'un homme prête un serment mensonger, les eaux du grand abîme (téhom) montent et menacent d'inonder le monde. Hachem invite alors un Ange à rétablir les lettres de Son Nom sur le caillou qui bouche les eaux de l'abîme (téhom).
C'est pourquoi, le monde a tremble lorsque Hachem a déclaré que le faux serment ne serait pas pardonné, et par la peur que le monde retrouve son état initial informe et désordonné (tohou vavo'ou).

"Tu aimeras ton prochain comme toi-même, Je suis Hachem" (וְאָהַבְתָּ לְרֵעֲךָ כָּמוֹךָ אֲנִי יְהוָה - Kédochim 19,18).

-> Le rabbi de Belz commente :
ce verset nous apprend comment retirer la Rigueur de notre vie.
Lorsqu'il y a de l'unité parmi les juifs (וְאָהַבְתָּ לְרֵעֲךָ) alors le mot כָּמוֹךָ, qui a la même guématria que Elokim (le Nom d'Hachem représentant le Jugement, la Rigueur), devient alors אֲנִי יְהוָה (qui est le Nom Divin de compassion, de la miséricorde).
De même, la guématria de "aava" (amour - אהבה) est de 13, et lorsque 2 juifs ont de l'amour l'un pour l'autre, alors nous avons 2 fois 13 soit 26, la valeur numérique du Chem Havaya (יהוה).

-> "Lorsque 2 juifs se rapprochent dans un amour et une attention réciproques, alors la Présence Divine descend sur eux.
Lorsque "Tu aimeras ton prochain comme toi-même ..." alors "... Je suis Hachem [Je me joins à eux]" (Kédochim 19,18)"
[rabbi Ména’hem Mendel de Kossov]

-> Si un juif aime l’autre, alors Hachem dit : "Je suis le 3e!"
[rabbi Avraham de Slonim - Kédochim 19,18]

La kavana

+ La kavana :

-> "de Le servir de tout votre cœur et de toute votre âme" (Ekev 11,13)

-> La guémara (Taanit 2a) commente que la prière est appelée le "service du cœur".
De son côté, rabbi Moché Cordovéro ajoute que la prière est également le "service de l'âme".

-> En effet, rabbi Moché Cordovéro (Pardes Rimonim - chaar 32, chap.3) écrit :
"Le souffle d'une personne peut former des lettres qui contiennent de la spiritualité, mais cette spiritualité doit être alimentée, afin que les lettres de ses prières puissent s'envoler vers les Cieux.
C'est le rôle de la kavana, de puiser la force nécessaire pour injecter de l'esprit dans les lettres et les mots qu'il prononce dans sa prière et les envoyer vers les mondes supérieurs.
A travers la pensée et la kavana de la personne, il pousse la prière à s'élever vers les cieux afin que les paroles de la bénédiction et de la prière puissent accomplir leur tâche et faire descendre la nourriture et les bénédictions appropriées.

Lors de la prière ou de la récitation d'une bénédiction, pour que l'âme (néfech) d'une personne s'accroche à ces paroles et s'élève avec la prière, on doit d'abord dépouiller son néfech du corps qui l'habille et se débarrasser de toutes les pensées matérielles qui occupent son coeur, qui sont comme un vêtement souillé sur l'âme.
Ensuite, son néfech peut s'élever seul et sans entrave. C'et pourquoi les mots : "de Le servir ... de toute votre âme" (oul'ovdo bé'hol ... nafché'hem - Ekev 11,13) font référence à la prière car la prière est appelée : "néfech"."

"Tu te souviendras d'Hachem ton D. car c'est Lui qui te donne la force de réussir" (Ekev 8,18)

-> Le Yessod haAvod (2,8) commente :
"On nous enjoint par là à avoir la foi que tous les gains réalisés par un homme et l’obtention de sa subsistance, tout est dirigé par Hachem et n’existe que grâce à Son aide. Ce commandement constitue une des 613 mitsvot.
Grâce à cela, Hachem lui viendra en aide même dans les situations les plus difficiles.
Mais s’il pense : "C'est à la force de mon poignet que j'ai réussi", il ne bénéficiera pas de l'aide du Ciel et par conséquent, il ne pourra réussir dans ses entreprises."

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-> Le rav Pin'has Koritz enseigne que celui qui vit avec une confiance entière en D., Hachem le délivrera par des voies auxquelles il n'aurait jamais songé auparavant.

"Et tu sauras dans ton coeur que, tel un père qui châtie son fils, Hachem ton D. te châtie" (Ekev 8,5)

-> Le Smag (סמ"ג - mitsva 17) écrit à ce sujet :
"C'est un commandement positif d'accepter le jugement Divin pour tout ce qui arrive, comme il est dit : "Et tu sauras dans ton coeur que, tel un père qui châtie son fils, Hachem ton D. te châtie."
J'ai expliqué ce commandement à de nombreuses personnes ... : si les vicissitudes de l'existence accablent un homme, c'est un commandement positif de penser en son coeur que sa situation a été bouleversée pour son bien".

-> Le rav Yérou'ham Lévovitz a enseigné cela dans un cours :
"Quand les choses ne vont pas bien ... c'est un commandement positif de croire que la souffrance est dans notre intérêt ... Accepter la souffrance avec amour est la principale source de réussite d'une personne dans ce monde".

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-> "Un homme est tenu de bénir sur le mal de la même manière qu'il bénit sur le bien" (Béra'hot 54a)

-> Rabbi Barou'h de Mézibou'h explique que les mots " 'hassadim tovim" à la fin du Birkat hamazon, sont une demande à Hachem de nous accorder des bontés qui nous soient douces.
[d'une façon identique, nous disons : "chana tova oumétouka" = donne nous de bonnes choses, mais en plus qui soient douces.
En effet, ce qui nous paraît bien ou mal, tout est en réalité une bonne choses. Nous demandons à Hachem de nous envoyer une bonne chose qui nous apparaisse clairement agréable sur le moment.]

Le Baal Chem Tov se tournait vers Hachem et disait : "Je sais que le mal est pour mon bien. Si seulement tu pouvais convertir le mal en bien visible et lui permettre d'effacer nos péchés."

-> La rabbanite Feldbrand enseigne : il y a la bonté qui est visible, lorsque Hachem nous bénit avec une bonne santé, de la prospérité, et de la satisfaction dans la vie.
Mais il y a un autre type de bonté, qui n'en est pas moins pour notre bien. C'est comparable à un traitement désagréable pour soigner une maladie ou à une intervention chirurgicale douloureuse mais salvatrice. Connaissant son but, le patient est reconnaissant envers le chirurgien, bien que l'expérience ait été tortueuse.

-> Le rav Rubinstein rapporte que lorsqu'un Mr Falk est arrivé à Buchenwald, il s'est dit : "Je ne sais pas pourquoi Hachem m'a mis ici, mais c'est mon travail de continuer à être juif ici, de la même façon que cela pourrait l'être partout ailleurs".
Avec cette attitude, il a pu aider de nombreuses personnes.

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-> Le rav Ben Tsion Abba Chaoul a enduré de grandes douleurs lors de ses traitements médicaux, son visage a toujours reflété le contentement et l'harmonie intérieure. Les médecins ne pouvaient pas comprendre comment leur patient ne réagissait pas à sa douleur atroce.
Rav Ben Tsion a expliqué : "Selon divers opinions (Smag, Samak, Yéréïm), c'est une mitsva d'accepter les souffrances avec amour, sachant qu'elles sont pour notre bénéfice.
De plus, la mitsva d'aimer Hachem "bé'hol méodé'ha" (avec toutes tes ressources), c'est l'aimer en toutes circonstances, y compris celles-ci.

Quand quelqu'un est venu rendre visite au rav Ben Tsion Abba Shaoul à l'hôpital, à un moment où la souffrance lui était particulièrement aiguë, il lui a demandé : "Comment se sent le rav?"
Il a répondu : "Barou'h Hachem, bien!"
Le visiteur a été surpris : "Vraiment?"
Le rav a dit : "Bien sûr! Le verset dit clairement : "Rendez grâce à Hachem, car Il est bon". Lorsque vous savez que tout dans ce monde est une expression de sa compassion/miséricorde, alors vous comprenez que tout est bon".

La force de reconnaître : « j’ai fauté »

+ La force de reconnaître : "j'ai fauté" :

"Bilaam dit à l'ange d'Hachem : j'ai péché" (Balak 22,34)

-> Il ressort de ce passage de la Torah une preuve établie que celui qui confesse ses fautes même s'il n'est pas sincère, sera épargné des souffrances et des accusations. Comme cela est rapporté dans le midrach (Bamidbar rabba 20,13) sur : "Bilaam dit à l'ange d'Hachem : j'ai péché". Bilaam était un grand racha dénué de bonnes actions et savait parfaitement que face au repentir, la punition ne peut se tenir.
Tout celui qui a péché et qui dit : "j'ai péché", ôte la permission à l'ange de le frapper.

Pour appuyer cet enseignement du midrach, voici ce qui est écrit dans le Zohar haKadoch : "Un homme doit devancer le Satan en exprimant ses fautes ce qui empêchera ce dernier de porter des accusations contre lui" (Zohar ח"ג רלא).
Ce tut le cas de Bilaam dont la confession était uniquement motivée par la crainte du châtiment et non par un quelconque repentir.
=> S'il en est ainsi concernant un racha, à plus forte raison pour le juif qui est le fils bien-aimé du Créateur et qui lorsqu'il exprime juste ses fautes, même s'il ne ressent pas encore la force du repentir sincère le bouleverser, se crée indéniablement un bouclier qui le préserve des souffrances et des accusateurs.

Les étincelles d'âmes de Moché se déploient dans tous les tsadikim de toutes les générations.
[Tikouné Zohar 69,114a]

Nous remarquons que les 2 mots : "bémidbar Sinaï" (dans le désert du Sinaï - בְּמִדְבַּר סִינַי - Bamidbar 1,1) ont une valeur numérique de 378, équivalente à celle du mot : "béShalom" (dans la paix - בשלום), afin de nous enseigner que pour mériter la Torah, l'homme doit être en paix avec son prochain, dans l'amour et la solidarité.
[Imré Noam]