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"Le Cohen sortira en dehors du camp et verra que la plaie de la lèpre a guéri chez le lépreux" (Métsora 14,3)

-> Etant donné que tout dépend de ce que dit le Cohen, la Torah a ajouté une mise en garde particulière : "Observe avec un soin extrême et exécute les prescriptions relatives à la lèpre : tout ce que les Cohanim, descendants de Lévi, vous enseigneront d’après ce que Je leur ai prescrit, vous vous appliquerez à le faire" (Devarim 24, 8).
On tire de là une halakha : un lépreux qui enlève les signes de l’impureté devient pur, mais il transgresse l’interdiction de "observe ... les prescriptions relatives à la lèpre".

-> Le gaon Rabbi Mordekhaï Epstein dit : on peut en apprendre la gravité de la faute. D’après les lois concernant le lépreux, il doit être à l’écart en dehors du camp. C’est un décret très difficile à supporter, car on est séparé de sa famille et de ses proches, éloigné de ses amis et connaissances, isolé et solitaire. Cela en plus de la souffrance due aux plaies elles-mêmes.
Or il existe un moyen de sortir de cette solitude et de cette souffrance : il suffit d’arracher simplement les signes de l’impureté et de se purifier immédiatement!
C’est là son épreuve : va-t-il résister à la tentation et préférer souffrir dans une terrible solitude, pour une période indéterminée, peut-être même pour le restant de ses jours, pour ne pas enfreindre une interdiction de la Torah?
Car toutes les terribles souffrances qu’il endure à cause des plaies et de la solitude n’approchent pas de ce qu’il devrait souffrir dans le monde à venir s’il transgressait une interdiction.

"Voici ce qui est impur pour vous parmi les reptiles" (Chémini 11,29)

-> Certains commentateurs (comme le Maguid de Koznitz ) voient dans ce verset une allusion à un phénomène persistant jusqu'à nos jours : l'impureté des 8 reptiles recensés par la Torah se dit en hébreu : "toumat chmoné chératsim". Le mot "chératsim" (les reptiles) peut être décomposé en l'expression : "ché ratsim" (qui courent), évoquant ainsi la course effrénée de ceux qui investissent des efforts démesurés dans toutes leurs entreprises, que ce soit dans la recherche de leur subsistance, dans la poursuite d'une personne bien placée ou du Chadkhan (entremetteur matrimonial) tant prisé, ...

Cette attitude traduit en réalité un manque de foi et de confiance en D.
Lorsqu'un homme est convaincu que Hachem subvient aux besoins de chacun, il devient serein.
De toute façon, Hachem dirige tout selon Sa Volonté. Ainsi est-il inutile de courir puisqu'il n'obtiendra pas ce qui ne lui a pas été octroyé par le Ciel. A quoi bon, dès lors, s'évertuer en vain?
En plaçant sa confiance en Hachem, il retrouvera sa tranquillité d'esprit. La joie l'envahira en permanence, pour son plus grand bien et celui de ceux qui l'entourent.

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[ certes il faut faire le strict nécessaire selon la hichtadlout, mais toute poursuite excessive provient d'un manque de confiance en D., car rien ne pourra modifier le décret Divin.
Ainsi, plutôt s'investir davantage dans la prière, les bonnes actions, la Torah, qui génèrent des flux de bénédictions sur nous et sur tous les juifs! ]

"Et le Cohen verra la lèpre sur la peau et un poil aura blanchi ... Le Cohen le verra et le déclarera impur" (Tazria 13, 3)

-> A priori, on est en droit de s’interroger : dans toute la Torah, le blanc vient toujours faire allusion à ce qu’il y a de plus pur, comme il est écrit : "Si vos fautes sont écarlates, elles blanchiront comme la neige" (Yéchayahou 1,18).
[A Yom Kippour, on attachait même un morceau de laine rouge sur les cornes du bouc expiatoire et sur le coin de l’autel et tous attendaient avec impatience qu’il blanchisse car tel était le signe que toutes leurs fautes étaient pardonnées.]

=> Dès lors, pour quelle raison un cheveu blanc constitue-t-il ici un signe d’impureté de la lèpre?

-> Le rav Elimélé'h Biderman explique :
En fait, la Torah nous enseigne ici une notion de morale primordiale : même si toutes les actions d’un homme sont ‘blanches’, saintes et pures et qu’il accomplit la Volonté Divine, mais qu’en s’abstenant de tenir sa langue et en prononçant des propos médisants, il en vient à causer un préjudice à autrui et à lui faire de la peine, alors tout ce ‘blanc’ qu’il possède se transforme en signe d’impureté.
Car le propre de l’homme est justement de reconnaître qu’Hachem a créé une multitude d’âmes ayant chacune des besoins particuliers et qu’il incombe à chacun de se préoccuper également des autres.

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-> On raconte que le Imré Emet était une fois assis à un repas de noces et qu’un des convives lui posa la question suivante :
Nos Sages (guémara Moèd Katan 7b) enseignent : "Certains jours, on vérifie la lèpre et certains jours, on ne la vérifie pas."
De là, on apprend qu’on laisse 7 jours à un jeune marié qui se verrait frappé de la lèpre pendant la période de ses noces ainsi qu’à ses vêtements (on ne statue pas sur la tache de lèpre qui serait apparue sur lui et sur ses vêtements afin de ne pas les déclarer impurs).
=> Comment peut-il se produire qu’une tâche de lèpre apparaisse chez un jeune marié pendant les 7 jours de noces? Nos Sages n’ont-ils pas enseigné (guémara Yérouchalmi Bikourim 3,3) : "On pardonne toutes ses fautes au jeune marié" ?
Par conséquent, comment pourrait-il être encore coupable de médisance (qui provoque la lèpre)?"

Le Imré Emet répondit :
"Néanmoins, le jour du mariage ne peut être supérieur à Yom Kippour.
Et si au sujet de ce saint et grand jour, on enseigne (guémara Yoma 85b) : "Yom Kippour n’efface pas les fautes commises envers autrui tant que l’on n’a pas obtenu le pardon de l’offensé", alors, à plus forte raison, le jour des noces n’efface-t-il que les fautes commises envers D.
Et si le jeune marié a prononcé des paroles médisantes sur quelqu’un, Hachem lui en impute la faute et celle-ci ne lui sera pardonnée qu’après avoir obtenu le pardon de la personne qu’il a dénigrée".

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-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne :
La mesure de bien est toujours plus grande que celle de mal, et si nous constatons que parler en mal d’un juif est si grave, combien davantage est louable celui qui met un frein à sa langue.
Chaque instant où il se retient de parler en mal de son prochain, de lui répondre par des paroles acerbes alors qu’il a subi un affront, qui lui pardonne facilement et s’abstient de l’humilier en retour lui fait mériter des bénédictions sans limites.

-> Le Beit Aharon fait remarquer que l’on dit dans la prière : "qui ressuscite les morts par sa parole" (dans le rituel ashkénaze).
Cette expression concerne également l’homme qui possède la force ressusciter les morts par ce qu’il dit.
En effet, il arrive qu’une personne se sente comme morte spirituellement et rongée par l’amertume, jusqu’à ce qu’un ami vienne et lui dise un mot gentil qui lui redonne littéralement goût à la vie.

Voyez, je vous ai donné ce pays! Venez prendre possession du pays qu’Hachem a juré à vos pères, Avraham, Its’hak et Ya’akov, de donner à eux et à leur postérité après eux (Ekev 8,1)

-> Le Ben Ich 'Haï commente :
Quand on lit ce verset, on est en droit de se demander comment Hachem peut dire aux Bné Israel: "Voyez, je vous ai donné ce pays", alors qu’ils sont encore dans le désert, en transit, et qu’il n’ont pas encore pris possession du pays ni même ne s’en sont pas encore approché pour le voir de leur propres yeux?

En fait c’est justement le secret du "bita’hon" - la confiance en Hachem, qu’Il veut nous apprendre dans ce verset.
Alors que la promesse de la terre d'Israel se rapproche, elle n’est pas encore dans leur mains, et Hachem leur explique comment là mériter et concrétiser ce rêve.
C’est en s’imaginant que, oui, ils y sont déjà, qu’ils ont réellement pris possession du pays où coulent le lait et le miel, alors que ce n’est pour l’instant qu’une promesse, qu’un projet qui même s’il a été formulé par le Créateur du monde ne s’est pas encore réalisé. Mais s’ils se conduisent et se considèrent comme déjà les habitants de ce pays, alors ils prouvent à Hachem leur attachement à Lui et leur confiance aveugle en Lui. Par ce mérite ils mériteront la terre sainte.

Il y a également une condition, c’est que ce pays a été promis aux pères en raison de leur sainteté et de leur droiture, il nous faut donc perpétuer leur conduite pour être digne d’être appelée leur postérité et ainsi mériter de recevoir et de conserver la terre d’Israël.

C’est ce que dit le verset :
Si vous vous considérez comme si "Voyez, je vous ai donné ce pays!" = c’est-à-dire que vous êtes déjà les maîtres des lieux, alors vous pouvez : "Venez prendre possession du pays qu’Hachem a juré à vos pères, Avraham, Its’hak et Ya’akov, de donner à eux"
"et à leur postérité après eux" = c’est-à-dire vous-même si vous perpétuez cette conduite et cet attachement pour Hachem et sa Torah.

L’étude de la Torah expie les fautes comme les sacrifices

+ L'étude de la Torah expie les fautes comme les sacrifices :

"Ordonne Aharon et ses fils pour qu'ils disent : voici la Torah de l'holocauste" (Tsav 6,2)

=> Il est nécessaire de comprendre pourquoi dans ce verset est employée l'expression "pour qu'ils disent" (lémor - לֵאמֹר). En général, celle-ci est utilisée dans la Torah pour signifier de transmettre ce qui a été dit aux autres. Or, ici, à qui d'autre Aharon et ses fils (qui représentaient alors les seuls Cohanim) pouvaient-ils s'adresser étant donné que tout le reste des Bné Israël était impropre au Service des sacrifices?

-> Le rabbi Bounim de Pshis'ha répond à cette question d'après ce que nous enseignent nos Sages (guémara Ména'hot 110) : "Tout celui qui étudie la Torah n'a besoin ni d'holocauste (ola) ni de sacrifice expiatoire ('hatat), ni d'offrande de pain (min'ha), ni de sacrifice coupable (acham)".
Hachem ordonna que les Cohanim s'adressent en vérité aux Bné Israël et qu'ils leur enseignent que s'ils étudient la Torah, ils n'auront pas besoin des sacrifices.

D'après cela, on peut apporter un nouvel éclairage sur le commentaire de Rachi à propos de ce verset : "On n'emploie le langage "ordonner" (tsav) que pour exhorter à l'empressement, plus particulièrement lorsqu'il s'agit d'une perte financière".
En effet, en transmettant un tel enseignement aux Bné Israël, il y avait lieu de craindre un manque à gagner pour les Cohanim puisque les Bné Israël n'apporteraient plus de sacrifices.
C'est pourquoi il était nécessaire d’utiliser cette expression en les encourageant à l'empressement.

"Le peuple sortit ramasser (la manne)" (Béaaloté'ha 11,8)

-> Un jour, le 'Hafets 'Haïm demanda à un disciple : "Nos Sages enseignent que la manne pouvait avoir tous les goûts. Quand un homme pensait à un certain goût, on pouvait ressentir ce goût dans la manne. Mais si un homme ne pensait à rien de particulier, dans ce cas la manne prenait quel goût?"
Le 'Hafets 'Haïm n'attendit pas la réponse et poursuivit de lui-même : "Si on ne pensait à aucun goût, alors la manne n'avait aucun goût. Et sais-tu pourquoi? Parce que la manne était une nourriture spirituelle, qui descendait du ciel. Et dans le spirituel, on ne peut ressentir du goût que si on met de la pensée. Ainsi, celui qui étudie la Torah, prie ou encore fait des mitsvot sans concentration et sans penser à ce qu'il fait, il n'en ressentira aucun "goût". Mais plus il mettra de la pensée et de la ferveur, et plus il en sentira le goût".

Parfois des gens accomplissent toutes les mitsvot sans ressentir de goût. Ils peuvent même avoir l'impression que la Torah est une contrainte et non un plaisir. La raison est qu'ils ne mettent pas de pensée dans ce qu'ils font.
Mais quand on sert Hachem avec conscience, alors on en ressentira une joie et un plaisir intense.

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-> Le midrach (Chir Hachirim (966 Yalkout Chimoni) enseigne : "la manne était bonne pour le Klal Israël, ils en recevaient largement et ils pouvaient y trouver 546 goûts différents, valeur numérique du mot matoq (doux). Comme cela est écrit dans le Chir Hachirim : "oupir'yo matok lé'hiki" (son fruit était doux à mon palais)".

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-> Le Chav Chematata (dans son introduction) explique que la manne avait comme particularité de pousser un homme vers la Torah et les mitsvot comme l'écrit le Beit Yossef (dans son Séfer Maguid Mecharim).
Le Midrach Yalkout Réouvéni (Béchalla'h) rapporte que l'ange qui distribuait la manne était l'ange chargé de l'étude la Torah, ce qui confirme que la manne poussait ceux qui la consommaient vers l'étude de la Torah.
Inversement, la manne privait des taavot (désirs) vers la matière et vers ce monde-ci car un désir pour la Torah ne peut pas se maintenir chez une personne qui éprouve un désir pour la matière ; et l'apparition d'un désir pour l'un implique forcément la disparition d'un désir pour l'autre.
Il en ressort que ceux qui mangeaient tout le temps la manne et ne consommaient pas d'autres aliments (viandes ou autres aliments qu'ils possédaient [dont ceux achetés à des marchands non-juifs]) voyaient se développer en eux une forte volonté vers l'étude et un dégoût de la matière, vu que la manne les privait de taava (désir).

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-> "Le peuple alla déambuler, ils récoltèrent (la manne), la moulurent dans la meule ou la pilèrent au pilon et la cuisirent au four ... et son goût était comme celui des beignets à l’huile" (Béaaloté'ha 11,8)

-> Le Zohar (2, 62b-63a) commente en disant "Maï Chatou? Chétouta Havou Nasbé Lagavmayou Béguine Dé Lo Havou Bné Mnéémouta" = ce qui signifie que parmi les Bné Israël se trouvaient des gens de cette génération qui choisirent d’aller dans la voie de la stupidité. Et en quoi consistait-elle?
En cela qu’ils "la moulurent, la pilèrent et la cuisirent".
Cela, affirme le Zohar, fut provoqué par leur manque de émouna. En d’autres termes, si leur foi avait été suffisamment solide, ils auraient été convaincus que leur nourriture allait parvenir jusqu’à leur bouche, prête à être consommée sans qu’ils aient à se fatiguer autant à la moudre et à la piler.

-> Par ailleurs, le même Zohar enseigne que la manne répandait un parfum de paradis parce qu’en tombant du ciel, elle traversait le Gan Eden.
De même, certains parmi les Bné Israël en ressentaient tous les goûts les plus exquis du monde.
Cependant, le méritaient que ceux qui ne faisaient pas d’efforts outre mesure pour la consommer. Par contre, ceux qui la moulaient à la meule n’en sentaient que le goût mentionné dans le verset "comme celui des beignets au miel", et pas plus.

=> Il en ressort qu’à cause de son inquiétude due à son manque de émouna, l’homme, loin de gagner quoi que ce soit, finit même par s’occasionner une perte.

"Le peuple murmura des mauvaises paroles" (Béahaloté'ha 11,1)

-> Rachi explique que quand le peuple quitta le mont Sinaï pour se diriger vers la terre sainte, Hachem leur fit parcourir en un jour un chemin de trois jours, ce qui les épuisa. C'est de cela que le peuple s'est plaint.

=> Pourquoi Hachem a-t-Il eu besoin de les fatiguer de la sorte ?

-> Nos Sages disent que la terre sainte s'acquiert par des épreuves. L'homme doit surmonter des difficultés pour
la mériter. Cela est la raison profonde pour laquelle le peuple d'Israël a dû passer 40 ans à tourner dans le
désert avant d'entrer en terre sainte.
Le 'Hidouché haRim ajoute qu'au départ, Hachem souhaita leur simplifier cette difficulté en leur octroyant une épreuve plus légère. C'est pourquoi, Il les fit parcourir en un seul jour une distance de 3 jours. Cette fatigue allait servir à constituer cette fameuse épreuve. Le projet était qu'ensuite, ils puissent y entrer immédiatement.
Mais le peuple, fatigué par la route, commença à murmurer contre Hachem et se plaindre de cette épreuve. Par cela, ils trébuchèrent. L'épreuve n'a pas été surmontée.
Dès lors, ils ne pouvaient plus entrer immédiatement en terre sainte, car ils n'ont pas surmonté l'épreuve nécessaire pour la mériter. Il s'en suit la faute des explorateurs et le séjour de 40 ans dans le désert.

A présent, ils devaient traverser des difficultés plus dures et longues. C'est ainsi qu'Hachem procède. Quand Il compte envoyer une épreuve ou une souffrance à l'homme du fait d'une faute commise par exemple, Il opte d'abord pour une épreuve relativement légère. Mais si l'homme se plaint et ne la surmonte pas, alors il devient nécessaire de passer à une épreuve plus lourde.
Cette idée doit nous accompagner pour nous aider à nous réjouir des petites épreuves, en sachant que celles-ci viennent peut-être nous sauver de plus lourdes, et que dans Sa grande Bonté, Hachem commence d'abord par envoyer une épreuve plus légère. Ne nous plaignons pas et remercions Hachem pour celle-ci, car Il cherche à nous épargner des épreuves plus difficiles qu'on se sera soi-même envoyé pour ne pas avoir surmonté la plus simple, alors que c'était en fait une Bonté d'Hachem.
[rapporté par le rav Mikaël Mouyal]

Hachem entend la prière de chacun

+ Hachem entend la prière de chacun :

"N'agrée pas leur offrande" (Kora'h 17,15)

-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne :
Les commentateurs (cf. le Rambam) expliquent que l'offrande dont il s'agit ici concerne la prière.
Moché supplia ainsi Hachem de ne pas exaucer celle de Kora'h et de son assemblée qui désiraient que ce dernier serve en tant que Cohen Gadol.

En réfléchissant un tant soit peu, on ne pourra s'empêcher d'être surpris. Kora'h veut contester la prêtrise et ébranler la confiance des Bné Israël dans leur Maître Moché, sème la destruction au sein du peuple, la dissension avec Moché et Aharon sanctifiés tous deux par Hachem.
Et après tout cela, Moché craint encore qu'Hachem entende sa prière et lui accorde la prêtrise alors qu'elle avait déjà été octroyée à Aharon.
=> On ne peut que se rendre à l'évidence de la force immense de la prière et constater qu'elle ne dépend nullement de la situation où se trouve un homme.
Serait-il le pire des fauteurs, cette force que représente la prière demeure considérable, au point que Moché dut lui-même supplier Hachem : "N'agrée pas leur offrande", "ne prête pas l'oreille à leur requête".

"Et lorsque vous offrirez une offrande de reconnaissance à Hachem vous l’offrirez afin qu’elle vous soit agréée. Le même jour, elle sera consommée, n’en laissez pas jusqu’au matin, Je suis Hachem" (Emor 22,29-30)

-> Le ‘Hatam Sofer commente ainsi ces versets :
On sait que le but de la émouna est que l’homme prenne conscience que tout ce qui lui arrive est un bienfait divin. Et bien qu’il puisse parfois ne pas le percevoir avec ses sens, il doit savoir que c’est vrai.
De la sorte, il n’attendra pas que sa délivrance se dévoile au grand jour, mais il remerciera Hachem pour tous Ses bienfaits et pour toutes les merveilles qu’Il accomplit dans tous les évènements de son existence, même s’il ne comprend pas pour l’heure le bien qu’ils constituent.
Il veillera à ne pas ressembler au cas rapporté dans la guémara (Nida 31a) de cet homme qui, alors qu’il s’apprêtait à embarquer sur un bateau, s’enfonça une épine dans le pied, si bien qu’il en rata le départ. Resté sur le quai, il se mit à se plaindre. Toutefois, lorsqu’il entendit ensuite que ce bateau avait fait naufrage, il se ravisa et se mit à louer Hachem.

Car le but de la émouna est de ne pas se plaindre même quand règne l’obscurité, mais au contraire de louer Hachem précisément à ce moment en sachant que tout ce qu’Il fait est pour notre bien.
C’est à ce sujet qu’il est écrit : "Et lorsque vous offrirez une offrande de reconnaissance à Hachem, vous l’offrirez afin qu’elle vous soit agréée" = il est, en effet, certain que lorsque la délivrance surviendra, vous offrirez une offrande de reconnaissance et qu’elle vous sera agréée pleinement et avec une joie entière. Cependant, cela n’est pas suffisant pour une personne qui se prétend avoir confiance en D., car celle-ci devra accomplir la suite du verset : "le même jour elle sera consommée", à savoir que, pour le meilleur ou pour le pire, "elle sera consommée", ce qui signifie qu’elle devra être convaincue que c’est un profit pour elle (dans plusieurs endroits de la guémara ‘consommer’ est synonyme de ‘profiter’), et sur le champ, il offrira une offrande de reconnaissance de plein gré.
Le verset précise bien à ce sujet "n’en laissez pas jusqu’au matin", ce qui suggère de ne pas attendre le moment où règnera la lumière et se dévoilera au grand jour le bien dissimulé dans ce qui lui est arrivé, comme cet homme qui s’était enfoncé une épine dans le pied, et qui n’en fut reconnaissant à Hachem qu’après avoir compris que cela l’avait sauvé du naufrage.
Le verset termine en disant "Je suis Hachem" = à savoir, ‘sachez que Je suis le Maître de la miséricorde et qu’il ne sortira rien de mal de tout ce que J’accomplis sur Terre. C’est pour cela qu’il convient que vous Me remerciez pour tout ce qui vous arrive avant même d’en être délivrés!’

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-> b'h, voir également : Avoir confiance en Hachem, c'est Le remercier de la délivrance avant d'être délivré : https://todahm.com/2021/04/25/31400

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-> On trouve une illustration de cela dans la paracha A'haré Mot à porpos des 2 boucs que l'on amenait au Temple pour le service de Yom Kippour.
Au moment où l’on sacrifiait le bouc destiné à Hachem, le 2e bouc était encore vivant (A'haré Mot 16,8), et il n’était ‘envoyé’ à Azazel qu’après l’achèvement de tout le service des Kétorète (les encens) dans le Saint des Saints, de l’aspersion du sang du taureau et du bouc.
Dès lors, il pouvait lui sembler que son sort était bien meilleur que celui de son compagnon qui avait été sacrifié, tandis que lui était demeuré en vie, la preuve est qu’on le faisait même sortir du Temple vivant!
Mais en réalité, que s’avérait-il finalement?
Son compagnon qu’il considérait comme si malchanceux avait mérité d’être sacrifié en l’honneur d’Hachem et son sang d’être introduit dans le Saint des Saints. Alors que lui, était envoyé à Azazel (il était alors jeté dans un précipice et tous ses membres se brisaient avant qu’il finisse par s’écraser au sol).

Cela constitue une parabole de ce qui se déroule dans le monde : tout ce qui semble mauvais à une personne ne l’est pas forcément et tout ce qui lui semble bien ne se révèle pas l’être réellement.
[rav Chimchon Raphaël Hirsch]

-> Le rav Elimélé'h Biderman ajoute à cela :
Celui qui parvient à remercier Hachem alors qu’il se trouve encore dans l’épreuve méritera grâce à cela d’en être délivré.
[...]
Le chemin le plus court pour parvenir à remercier Hachem au temps de l’épreuve consiste à se renforcer dans la conviction que tout est dirigé par le Ciel. Un homme ne peut rien gagner ni perdre si cela n’a pas été décrété En-Haut auparavant. Et même ce qui lui apparaît comme une perte d’argent ou un préjudice physique ou moral n’est en fait que bonté et bénédiction. Dès lors, il est inutile d’attendre
que la lumière arrive, car il peut déjà la percevoir de l’endroit obscur où il se trouve. Et, au contraire, dans l’obscurité, la lumière est perçue bien plus forte.

Nos Sages rapportent (Yérouchalmi Chevi'it 9,1) qu’au terme des 13 ans que Rabbi Chimon Bar Yo’haï et son fils Rabbi Elazar demeurèrent dans leur grotte (par crainte du roi qui cherchait à les tuer), Rabbi Chimon se tint à l’entrée de la grotte et vit soudain un chasseur occupé à chasser des oiseaux. Comme il est fréquent, une partie des oiseaux se firent capturer tandis que d’autres parvinrent à s’échapper et à s’enfuir.
Rabbi Chimon entendit alors que, lorsqu’arrivait le tour d’un oiseau d’être chassé, une voix céleste proclamait ce qu’allait être son sort : si la voix disait ‘libre’, le chasseur ne parvenait pas à le capturer mais si elle disait ‘pris’, il y arrivait. Rabbi Chimon s’écria alors : "Si une Providence particulière s’exerce sur une petit oiseau avec une telle précision et qu’il n’est pris que si le Ciel le désire et l’a ordonné, à plus forte raison s’exerce-t-elle sur nous.
Dès lors, nous pouvons sortir de cette grotte de refuge, car s’il n’a pas été décrété que nous devons être tués, le roi n’y parviendra pas. A quoi cela sert-il d’y rester cachés?"
Forts de cette réflexion, Rabbi Chimon et son fils sortirent de la grotte pour aller apporter la lumière au monde entier.

De cette histoire, nous apprenons ce que sont la émouna et la confiance en Hachem et le fait que personne ne peut lever la main sur quiconque sans décret Divin préalable.
De plus, on peut également voir ici en approfondissant quelque peu notre réflexion que la réussite dans le travail ou dans quelque entreprise que ce soit ne devra jamais être imputée aux capacités de l’homme. D’un autre côté, celui qui subit une perte ne devra pas la mettre sur le compte de son incapacité. Ce chasseur, occupé à sa tâche, n’entendit pas la voix céleste que Rabbi Chimon entendait, et il est très plausible qu’à chaque fois qu’il parvenait à capturer un oiseau, il s’en arrogeait le mérite, en pensant que grâce à sa promptitude, il avait réussi à devancer l’oiseau et à le prendre dans son filet. Et lorsque celui-ci au contraire lui échappait, il devait certainement s’imaginer que cela était dû à sa maladresse et que, s’il s’était tenu ailleurs, il l’aurait probablement capturé.
En bref, dans son ignorance, il était persuadé que tout dépendait de sa force et de son ingéniosité à chasser les oiseaux, pour le meilleur ou pour le pire. Mais en réalité, il n’en n’était rien, car seule la décision du Ciel déterminait quel oiseau serait pris et lequel lui échapperait, et même s’il s’était tenu à ses côtés mille autres chasseurs aussi expérimentés que lui, ils n’auraient pas réussi à prendre le moindre petit oiseau que la voix céleste destinait à la liberté.
[…] Car même si l’effort personnel de l’homme en vue de subvenir à sa subsistance est permis et même conseillé, celui-ci doit cependant demeurer limité et mesuré.

"Il m'est apparu comme une plaie dans la maison" (Métsora 14,35)

=> Le rav 'Haïm Vittal demande pourquoi le verset utilise l’expression "comme une plaie" (kénéga - כְּנֶגַע) et non pas seulement "une plaie".

Il répond en expliquant que si homme voit apparaître une plaie de lèpre sur les murs de sa maison, il doit savoir qu’elle n'est pas la véritable plaie mais seulement "comme la plaie", car la plaie elle-même est la terrible faute de la médisance qui reste gravée dans les tréfonds de son âme.
En effet, cette âme est abimée par les propos dénigrants qui ont été proférés, au point qu'elle en demeure profondément entachée.

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-> Le Or Ha'haïm écrit à propos de notre paracha : "Rien n'éloigne plus l'homme de son Créateur que la médisance".

-> Nos Sages (Tossefta Péa 1,20) enseignent qu'il existe 3 fautes dont le châtiment parvient dans ce monde à celui qui les transgresse, mais qui l'empêchent cependant d'avoir droit au monde futur : il s’agit de l'idolâtrie, du meurtre et de la débauche. Et, malgré tout, la médisance est équivalente aux 3 réunies.