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"(Moché envoya) Mille par tribu, mille pour chacune des tribus" (Matot 31,4)

-> "Et les princes des tribus, Moché ne les envoya pas avec eux, afin de ne pas faire honte à la tribu de Chimon dont le prince de tribu avait été tué dans l'épisode de Zimri (et qui n'avait donc pas de prince à envoyer)." [Baal Hatourim verset 6]

-> Le rav Elimélé'h Biderman ajoute :
Ce commentaire du Baal haTourim vient nous enseigner une leçon de
conduite à propos du respect d'autrui. Même si, en effet, il aurait semblé plus stratégique d'envoyer les Grands de la génération accomplir la mitsva de combattre Midian, cependant, Moché s'en abstint afin de ne pas provoquer une peine et une humiliation à autrui, bien que la tribu de Chimon ne fusse pas entièrement innocente dans l'histoire de Zimri (cf. la guémara Sanhédrin 82a et Rachi sur le verset 26,13).
=> De là, nous apprenons à quel point chacun doit veiller à ne pas causer de honte ni de peine à son prochain, même si le bon droit est de son côté.

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-> La guémara (Yérouchalmi Demaï 1,2) rapporte qu'un jour, Rabbi Pin'has Ben Yaïr dut traverser le fleuve Guinaï. Il se tint sur la berge et donna l'ordre aux eaux de lui laisser le passage. Et de fait, celles-ci s'élevèrent comme lors de l’épisode de la mer Rouge, ce qui lui permit de traverser le fleuve à pieds secs. Ses disciples lui demandèrent alors s'ils étaient, eux aussi, dignes de bénéficier du même miracle et que les eaux se transforment également en murailles.
"Celui, leur répondit-il, qui peut témoigner n'avoir jamais fait de peine à un juif de sa vie, celui-là est digne que le fleuve se fende pour lui".

=> On peut apprendre de là que celui qui fait attention à ses paroles et qui veille à ne vexer personne, en paroles ou en actes, est comparé aux 600 000 Bné Israël par le mérite desquels la mer Rouge se fendit, et qu'il est digne, dans le Ciel, de bénéficier de grands miracles.

La force de la prière

+ La force de la prière :

"J’apaiserai les plaintes que les enfants d'Israël émettent sur vous" (Kora'h 17,20)

=> Une question se pose à la lecture de la révolte de Kora'h. Lui et une grande partie du peuple se sont mis à contester l'authenticité de Moché, le suspectant d'avoir nommé Aharon comme Cohen Gadol de son propre chef et que ce n'était pas la décision d'Hachem. Mais comment une telle chose a pu être possible alors que la Torah ait dit clairement lors du don de la Torah qu'Hachem parla à Moché devant tout le peuple afin qu' "ils croient en toi à tout jamais "? Comment tant de personnes ont-ils pu donc douter de Moché?

-> Le Rav 'Haïm Kanievski explique qu'en fait, il est évident que tout le peuple avait foi en Moché et personne n'a osé penser qu'il n'ait fait quoi que ce soit de lui-même, sans la Décision Divine, conformément à ce qui a été promis au moment du don de la Torah.
Malgré tout, ils avaient aussi conscience de la force et de la puissance de la prière, qui a le pouvoir d'influer sur la Volonté d'Hachem.
Par la prière, un juif peut annuler un mauvais décret et il peut même obtenir qu'Hachem prenne une décision en conformité avec ce qu'il a demandé dans sa prière.

=> Ainsi, ce que le peuple a suspecté, c'est que Moché a imploré et a prié Hachem pour qu'Il nomme Aharon comme Cohen et que Hachem ait accepté sa demande et que de ce fait, il ait enjoint que Aharon soit le Cohen.
Aussi, Kora'h a reproché à Moché de ne pas avoir prié et imploré Hachem pour qu'Il le nomme lui en tant que Cohen. Mais en réalité, il n'en était rien. Ce n'était pas la prière de Moché qui a déterminé qu'Aharon soit le Cohen Gadol, mais c'était le fait que celui-ci était le plus apte à ce poste, du fait de ses qualités et mérites personnels.

==> Malgré tout, nous voyons de là combien le peuple était conscient de la force de la prière. Elle a la force de tout déterminer et d'obtenir la réalisation de toutes nos demandes.

La force de la prière

+ La force de la prière :

"Pour la tribu de Ephraïm, Hochéa Bin Noune ... pour la tribu de Yossef formant celle de Ménaché, Gadi Ben Soussi" (Chéla'h Lé'ha 13,8-11)

-> Le Arizal (Chaar haPsoukim) fait remarquer qu'au sujet de Ménaché, est mentionnée également la tribu de Yossef (comme pour toutes les autres tribus qui sont toutes affiliées aux fils de Yaakov), alors que ce n'est pas le cas d'Efraïm.
Il explique que Hachem désirait protéger les explorateurs de la faute et les préserver de la mort ; à cette fin, il associa à chacun d'entre eux le chef de la tribu (grâce à ce qui est nommé dans la kabbale "ibour néchama" (עיבור נשמה) : "la transplantation d'une âme").
Par exemple, au prince de la tribu de Réouven, Chamoua Ben Zakhour, il associa l'âme de Réouven, fils de Yaakov ; à Chafat Ben 'Hori, prince de la tribu de Chimon, l'âme de Chimon, fils de Yaakov, et de même pour chaque tribu.
Or, lorsqu'Il arriva à la tribu de Yossef, qui, étant scindée en deux, envoya deux explorateurs, Il associa l'âme de Yossef à celle de Ménaché, fils de Yaakov, à celle de l'explorateur de cette tribu.
Mais, il n’associa aucune âme à l'explorateur de la tribu d'Efraïm.
Constatant la dangereuse situation dans laquelle se trouvait son disciple Yéochoua, Moché pria afin qu'il n'échoue pas dans sa mission. Et par le mérite de cette prière, il lui fut associé l'âme de Lévi (puisque la tribu de Lévi n'envoya aucun explorateur).

Finalement, ajoute le Arizal, tous les princes de tribu fautèrent, à l'exception de Kalev et de Yéochoua qui furent, seuls, sauvés par le mérite de la prière :
- au sujet de Kalev, la guémara (Sota 34b) rapporte au nom de Rava : "Kalev fuit les mauvaises intentions des explorateurs et alla se répandre en prières sur le tombeau des Patriarches ; il leur dit : "Mes pères intercédez pour moi afin que je sois préservé des funestes desseins des explorateurs!"" (cf également dans le
Zohar 158b).
- Yéochoua, grâce au fait que Moché pria pour lui fut préservé de leurs mauvais conseils (ce qui lui fit mériter d'être associé à l'âme de Lévi).

-> Le rav Elimélé'h Biderman conclut :
Ce qui précède nous montre la valeur de la prière. Le péril qui guettait les explorateurs était, en effet, tellement grand que même leur associer l'âme sainte du chef de la tribu ne suffit pas à les protéger de leurs funestes desseins.
Et néanmoins, Yéochoua et Kalev furent sauvés grâce à la prière.
=> Cela nous enseigne que la prière est encore plus efficace que le mérites des Pères.

Nos étapes et tribulations font l’objet d’un calcul précis d’Hachem

+ Les étapes de l’existence et les tribulations d’un homme font l’objet d’un calcul précis d'Hachem :

"Voici l’itinéraire des Bné Israël ... Moché inscrivit leurs départs et leurs stations sur l’ordre d’Hachem ; voici donc leurs stations et leurs départs" (Massé 33,1-2)

-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne :
La Torah est éternelle. Aucun récit d’événements ne s’y trouve gratuitement, mais tout ce qui y est consigné l’est pour toutes les générations, afin de nous enseigner les voies de la vie.
Il en est de même de cette paracha (Massé) qui vient nous apprendre le thème des tribulations de l’existence. Quels que soient les événements qu’il traverse dans sa vie, quels que soient ses pérégrinations et les changements qu’il subit, un juif peut parfois être assailli de doutes et de mauvaises pensées : "Voici ce qui m’est arrivé pour avoir voyagé à tel endroit, pour avoir rencontré un tel, pour avoir ainsi parlé! Malheur à moi! Si je ne m’étais pas déplacé jusqu’à là-bas (et de même pour les autres cas), j’aurais évité tous ces déboires!"
Il se couvre alors de reproches : "A quoi ai-je donc pensé pour faire la bêtise de me rendre à cet endroit?"

Il pourra trouver la réponse à cette question dans notre paracha de Massé (l’itinéraire).

Cher frère juif, tu te trompes, c’est l’inverse qui est vrai : parce que le Créateur désirait qu’il t’arrive telle ou telle chose, Il t’a conduit dans cette voie pour que tu te trouves à l’endroit où cette chose devait t’arriver. Ce n’est pas toi qui y es allé, mais c’est le Ciel qui t’y a conduit!

Ce qui précède nous permet d’expliquer la répétition inversée dont notre verset fait état : "Moché inscrivit leurs départs et leurs stations ... voici donc leurs stations et leurs départs".

Les Bné Israël traversèrent 42 étapes au cours desquelles ils subirent toutes sortes de tribulations plus étranges les unes que les autres.
Par exemple : à Mara, ils découvrirent des eaux amères, tandis qu’à Elime, ils trouvèrent 70 palmiers dattiers et de l’eau douce.
Au cours d’une autre étape, ils ne trouvèrent pas d’eau du tout.

Celui qui ne croit pas que la Providence Divine dirige chacun de nous pensera que c’est justement parce qu’ils allèrent dans ces endroits qu’ils se retrouvèrent dans de telles situations : parce qu’ils vinrent à Mara, ils y trouvèrent de l’eau amère, et s’ils avaient évité de s’y rendre, ils en auraient été préservés.
De même, il pensera que c’est parce qu’ils arrivèrent à Elime qu’ils méritèrent des eaux douces. Mais en réalité, il n’en est rien. Au contraire, c’est parce qu’ils devaient être confrontés à une telle situation dans un certain lieu qu’Hachem les y conduisit.

C'est le sens du verset : "Moché inscrivit".
Ici, Moché enseigna aux Bné Israël que "leurs départs", à savoir leurs tribulations (en hébreu le terme : מוציאהם peut avoir 2 sens, comme dans Yéhochoua (2,23) כל המוצאות אותם : , toutes leurs tribulations) n’étaient pas la conséquence de leurs déplacements, mais (au contraire) "leurs stations", à savoir les lieux où ils se rendirent, étaient tous "sur l’ordre d’Hachem", ce fut Hachem qui ordonna qu’ils se rendent dans de tels lieux afin qu’il leur arrive tel ou tel événement.
Et loin de nous de penser que (fin du verset) "leurs stations", les lieux, entraînèrent "leurs départs", leurs tribulations (pour cette raison, ces 2 termes sont inversés à la fin du verset).

=> Cela nous enseigne un grand principe : Hachem suscite toutes sortes de raisons, parfois étranges, afin qu’un homme se rende dans un certain lieu.
Car c’est précisément là-bas qu’il pourra accomplir la mission qu’Il lui a confiée, et remplir ainsi son rôle dans le monde.

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-> Le Sfat Emet (Massé 5646) enseigne :
"Toutes ces pérégrinations sont énumérées pour faire savoir au Peuple de D., qu’un serviteur d'Hachem ne doit pas désespérer face aux nombreux échecs qu’il peut rencontrer dans sa vie. Il devra savoir que les choses sont ainsi : tout homme a des hauts et des bas ... et cette réalité se retrouve chez chaque individu, quel qu’il soit".

"Hachem dit à Moché et à Aharon : parce que vous n'avez pas eu foi en Moi afin de Me sanctifier" ('Houkat 20,12)

-> Il est nécessaire de préciser que nous n'avons aucune notion de ce qu’était le niveau de Moché. D'ailleurs, le Ramban écrit que la faute n'est pas explicite dans les versets, ce qui nous suggère la finesse de ce qui lui a été reproché.

-> Le Divré Chmouël explique la raison pour laquelle Moché frappa le rocher au lieu de lui parler, en disant qu'Il fit un raisonnement a fortiori : "Après la sortie d'Egypte et la traversée de la Mer Rouge, alors que les Bné Israël étaient parvenus à un niveau très élevé, Hachem ordonna de frapper le rocher (et il ne demanda pas de lui parler pour en faire sortir de l'eau ce qui aurait été un miracle plus grand). A présent, après avoir chuté par la faute du veau d'or et celle des explorateurs, à plus forte raison est-il nécessaire de le frapper et je ne peux me contenter de lui parler car les Bné Israël ne sont plus dignes d'un tel miracle et d'un tel dévoilement de la Présence Divine!"

Mais en réalité, ce raisonnement est réfutable à sa source car lorsqu'un homme se renforce après avoir chuté, il est alors en mesure d'atteindre un niveau plus haut que celui qu'il possédait avant.
Dès lors, même si les Bné Israël méritaient au début de recevoir de l'eau seulement après avoir frappé le rocher, ils étaient à présent dignes d'assister à un plus grand miracle, celui de voir l'eau sortir grâce à la seule parole de Moché.

-> Le Sfat Emet rapporte quelque chose de terrible en faisant au préalable remarquer que le nom de Moché n'apparaît pas dans la Chirat Habéer (chant du puits). Celle-ci débute uniquement par les mots : "Et Israël entonna alors un Cantique" alors que pour le Cantique de la Mer Rouge, il est écrit : « Et Moché et les Bné Israël entonnèrent un Cantique".
Il explique que cette différence est due au fait qu'avant la faute du veau d'or, Israël était au même niveau que Moché et celui-ci pouvait donc dire un Cantique avec eux.
En revanche, la Chirat Habéer fut entonnée après la réparation de cette faute et lorsqu'ils se furent repentis de leur conduite.
C'est pourquoi le nom de Moché n'y apparaît pas car ils parvinrent alors à un niveau plus élevé que lui, à l'instar de ce que nous enseignent nos Sages : "Là où se tiennent les repentants, même les justes parfaits ne peuvent se tenir!"

=> Cela doit constituer pour toute personne sensée une source de réconfort puisque c'est précisément grâce à ses chutes qu'elle peut se hisser encore plus haut que quelqu'un qui n'aurait pas fauté.
[la guémara (Béra'hot 34b) rapporte : "A l’endroit où se tiennent les baalé téchouva, même les tsadikim parfaits ne peuvent se tenir".]

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-> Le Bat Ayin explique que Moché fit le raisonnement suivant :
Puisqu'il avait failli par sa parole en traitant les Bné Israël, le peuple saint, de "rebelles", désormais sa parole ne possédait plus la force de faire sortir l'eau du rocher ; c'est la raison pour laquelle il ne parla pas au rocher, mais le frappa.
Il y avait néanmoins une faille dans son raisonnement : c'est qu'il ne crut pas que, grâce à une pensée de repentir, il était possible d'effacer entièrement le défaut qui avait été entraîné.
Hachem le réprimanda alors en lui disant : "Tu aurais dû Me sanctifier et avoir confiance que J'accepte les repentants. Or, tu t'es repenti et, immédiatement après cette faute par la parole, tu es revenu à Moi d'un coeur contrit et brisé. J'ai sur le champ accepté ton repentir. Tu aurais donc dû te renforcer dans l'attribut de bonté, comprendre que ce défaut a été complètement réparé et continuer à penser que l'eau (qui évoque au sens ésotérique l'attribut de bonté) pouvait jaillir par ta simple parole".

-> Le rav Elmélé'h Biderman poursuit :
Certes, nous n'avons aucune notion de ce que sont des niveaux aussi élevés ; cependant, cela nous enseigne que même dans la situation la plus misérable où un homme peut se trouver, la porte est encore toujours ouverte et que s'il se repent, il est immédiatement accueilli avec amour et miséricorde par le Créateur.

C'est suivant cette idée que certains Tsadikim résolvent une contradiction apparente :
En effet, Rachi explique :
- au début de notre paracha ('Houkat), la raison pour laquelle la Torah qualifie la mitsva de la vache rouge de 'hok (חוק - commandement sans raison accessible par l'esprit de l'homme) : "Parce que le Satan et les nations harcèlent les Bné Israël en leur disant : "En quoi consiste cette mitsva et quel est son sens?" C'est pourquoi la Torah écrit : c'est Mon décret (חוק), et tu n'as pas le droit de le contester".
- à priori cela semble contredire ce que Rachi rapporte par la suite : la raison de cette mitsva : "La vache rouge vient expier la faute du veau d'or".

L'explication est la suivante : le yétser ara trompe l'homme et le pousse à réfléchir à cette mitsva et à sa raison : l'expiation de la faute du veau d'or. Car le fait que l’homme réfléchisse à ses échecs le décourage totalement de revenir vers Hachem.
C'est pourquoi Hachem ordonne : c'est Mon décret, et tu n'as pas le droit de le contester = Il ne t'incombe que d'une chose : d’utiliser la force du repentir (téchouva), sans te demander si elle te sera profitable ou non.
L'homme doit oublier (à ce stade) toutes ses fautes et tous ses échecs et doit être convaincu que son repentir sera agréé par Hachem en toute circonstance et pour n'importe quelle faute.

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-> On peut apporter une autre explication sur cette contradiction apparente : la mitsva de la vache rousse est un décret sans raison, et à la fois la raison est "que vienne la mère (vache rousse) essuyer les excréments de son fils (le veau d'or) :
Le Yichma'h Israël rapporte l'explication de Rabbi Its'hak : la faute du veau d'or émanait en réalité d'un manque de émouna.
Les Bné Israël à ce moment (du veau d'or) cherchèrent en effet à comprendre rationnellement ce qui se passait, comme ils s'exprimèrent alors : "Car Moché, cet homme qui nous a fait monter d'Egypte, nous ne savons pas ce qu'il est devenu". (Ki Tissa 32,1)

En effet, quelle différence cela faisait-il, en effet, de savoir ou non ce qui était advenu de Moché? Ils auraient dû à ce moment continuer à suivre Hachem avec intégrité et sans calcul.
C'est pourquoi la réparation de cette faute consista justement à se renforcer dans leur foi sans chercher à comprendre et c'est à cette fin qu'Hachem leur ordonna une loi sans raison apparente (vache rousse) afin qu'ils l'accomplissent uniquement grâce à la force de leur émouna. Grâce à cela, ils expieraient le manque de émouna qui les avait conduits à la faute du veau d'or.

D'après cela, il n'y a aucune contradiction (entre le fait de dire que la mitsva de la vache rousse est sans raison et l'explication qu’en donne Rachi (rapportant rabbi Moché haDarchane) selon laquelle la mère vient nettoyer les excréments de son fils), car cela signifie que la raison de la vache rousse est justement qu'il n'y a pas de raison (afin que l'homme qui l'accomplit se renforce dans sa émouna).

[on voit ici que lorsque l'on cherche à tout comprendre rationnellement, lorsque l'on s'inquiète du futur, alors on ouvre la porte à des fautes (sur le schéma du veau d'or), mais lorsque nous avons des choses qui dépassent notre compréhension, plutôt que de paniquer (comment moi JE peux ne pas maîtriser, comprendre!), alors c'est là que nous devons mettre en pratique notre émouna (c'est un décret d'Hachem pour notre bien, à l'image du décret de la vache rousse).]

Le voyage existentiel spirituel d’un juif

+ Le voyage existentiel spirituel d’un juif :

-> L’homme entre dans un nouvel état d’existence à chaque instant de ce monde. Chaque instant offre une autre opportunité de développement spirituel. La véritable teneur spirituelle de chaque moment de vie ne sera révélée qu’a posteriori, à titre posthume, après avoir quitté ce monde. La mort scelle la situation spirituelle à laquelle la personne est parvenue, et cet état final existera pour l’éternité dans l’autre monde.

Le terme "métsiout" (מציאות - existence, réalité), est dérivé de "yétsia" (יציאה - une sortie), faisant allusion à la transformation continue de la vie, du potentiel au réel.
Le voyage existentiel, qui implique de voyager d’un endroit ou d’un niveau à l’autre, consiste à vivre sa vie dans un état continu de révélation. Cela transparaît dans les 42 étapes au cours des 40 années de pérégrinations du peuple juif, du désert à la terre d'Israel.
Ce cheminement dans la révélation de soi de la nation est spécifiquement décrit en utilisant le terme "motsaé'ém" (מוצאיהם - leurs sorties - Massé 33,1-49), de la même racine que le mot "yétsia" (יציאה - Massé 33,2).
Tout comme nous avons entrepris des voyages dans le désert jusqu’à ce que nous atteignions la Terre sainte, de même, nous sommes destinés à entreprendre de nombreux voyages dans le "désert des nations", exil après des exil, jusqu’au retour final dans notre patrie.

Le voyage vers notre patrie est en fait une profonde métaphore du passage de la friche stérile que représente ce bas-monde, vers le monde futur. La fin de la vie marque en quelque sorte l’arrivée de la personne en terre céleste et dans la Jérusalem d’en Haut (Yérouchalaïm chel maala), vis-à-vis spirituel du Jérusalem terrestre (Yérouchalaïm chem mata). [selon le Rama de Pano (Assara Maamarot)]

Les 42 stations du désert trouvent leur parallèle dans les 42 voyages d’une personne, depuis sa naissance (l’exode est symbolique de la naissance de la nation juive) jusqu’à son arrivée à sa destination finale et à son héritage éternel, symbolisé par l’entrée en Terre Sainte. [selon le Déguel Ma'hané Efraïm (Massé)]
[Il y a la révélation d’Hachem dans l’univers à travers le Nom divin de 42 lettres. Chaque étape du voyage sert à répandre l’unité divine tout au long de la Création. Il y a ainsi la révélation de l’homme telle qu’elle se manifeste à travers ses 42 étapes de vie, depuis la sortie d'Egypte, en passant par la traversée du désert, jusqu’à l’entrée en terre d'Israël et le passage de ce monde à l’autre.
Ces révélations sont interconnectées car la véritable révélation de "qu’est l’homme" va de concert avec la révélation de "qu’est Hachem" si l’on peut dire. L’homme a été créé pour utiliser son libre arbitre pour révéler Hachem et en le révélant, il révèle la véritable essence de son être, à savoir la sainteté de son âme Divine.]

Le Nom mystique d’Hachem de 42 lettres est le "chem mém-beit" (שם מ"ב - avec מ"ב qui a une guématria de 42).
Ce Nom est lié à la Création, qui est une expression de l’unité Divine. La genèse de l’univers s’est déroulée pendant les 6 jours de la Création, culminant avec le saint Shabbat, le 7e jour.
[le מ"ב est un acronyme pour "maassé béréchit" (מעשה בראשית). En outre, Hachem a créé le monde avec la Torah. La Torah écrite commence par "béréchit" (בראשית), tandis que la Torah orale commence elle par le mot "méémataï" (מאימתי) [Béra'hot 2a). Les initiales de ces deux mots sont מ"ב.]
Le 6 est symbolique du monde physique achevé qui, à son tour, est orienté vers la sainteté du 7. Leur interaction est liée à la révélation complète de 42, comme le laisse entendre le produit de 6 fois 7 qui est 42.
Les 6 jours de la Création, tel le voyage hebdomadaire pour atteindre le Shabbat, le 7ème jour, correspondent aux 6 millénaires d’existence de ce monde, antichambre menant au monde à venir, dont le jour du Shabbat est un avant-goût.

Les 42 voyages dans le désert sont parallèles au Nom divin de 42 lettres et à l’ascension de niveau en niveau, de la préparation des 6 jours de la semaine jusqu’au chabbat. Chaque station correspond à une autre lettre du Nom de 42 lettres.
Le but est de nous élever au niveau de l’énergie spirituelle de cette lettre spécifique.

La révélation de la création en tant que voyage vers un idéal supérieur trouve son expression dans la formulation des 42 mots du Shema. La déclaration de l’unité d’Hachem se poursuit dans les 6 premiers mots du Shéma. L’unité du saint Nom divin doit s’étendre pour imprégner toute la création, liée au Nom de 42 lettres. Ainsi, le 1er paragraphe du Shéma compte 42 mots.
Cela traduit son engagement à cheminer dans ces 42 stations dans le monde physique, au service d’Hachem, dans une ascension continue.

[traduction d'un dvar Torah rav Yéhochoua Alt]

"Ils trébucheront, un homme par son frère" (Bé'houkotaï 26,37)

Selon la guémara (Shavouot 39a) cela signifie : "une personne [trébuchera] sur les fautes de son frère. Cela nous apprend que tous les juifs sont responsables les uns des autres" (kol Israël arévim zé bazé).

-> Le Maharcha (guémara Sanhédrin 27b) précise :
Il est écrit : "ils trébucheront", un langage au pluriel, et non pas la nation juive [comme une unité].
Plutôt, [cela fait référence] uniquement à ceux qui ont l'opportunité de protester. A propos d'eux, il est écrit qu'une personne va trébucher sur les fautes de son frère, si elle ne proteste pas.

-> Selon le Maharal (Nétivot Olam - Nétiv haTo'hakha) :
"Tous les juifs sont responsables les uns des autres" puisqu'ils sont une seule nation ...
C'est semblable à une personne qui est blessée à l'un de ses membres, tous les autres vont le ressentir, puisqu'ils font partie d'un même corps.
De même, lorsqu'une personne faute, toute la nation juive le ressent".

[ Le Maharal (Nétiv Hatokh’ha 2) écrit : Cette règle ("les juifs sont garants les uns des autres") est fondée sur le fait que, contrairement aux autres Nations, les juifs sont unis les uns aux autres par un lien "organique" ; de même que le dérèglement d’un organe vital a des répercussions sur l’ensemble du corps, tous les Bné Israël sont affectés par la transgression de l’un des leurs. ]

-> Le Ritva explique : "Car ils sont comme un seul corps et comme un garant payant la dette d’un autre".

-> Selon le Arou'h haChoul'han (Yoré Déa III,14) :
Le concept [de la responsabilité conjointe] est similaire à une personne qui est composée de nombreux membres du corps, chacun ayant sa propre vitalité. Cependant le sang de chaque membre dépend d'un seul organe, le coeur.
Il en est de même pour la nation juive à travers les âges. Même si chaque personne maintient sa propre vie, puisque nous provenons de la même source, nos âmes sont taillées de sous le Trône Divin et notre racine est dans la sainte Torah, ce qui fait qu'en définitive nous sommes comme une personne qui est divisée en plusieurs membres.

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-> Le rav 'Haïm Vital (Ets 'Haïm - chaar asli'hot) rapporte :
"Mon maître [le Arizal] était habitué à dire tous les détails de la confession des fautes (vidouï) ...
Il expliquait que même si toutes les choses qui sont mentionnées [dans la confession (vidouï)] ne peuvent être trouvées chez une seule personne, on doit quand même dire la confession ... et c'est pourquoi la structure est à la forme plurielle (ex: nous avons fauté ['hatanou]), plutôt qu'au singulier : "j'ai fauté" ('hatati).
L'explication est que tous les juifs sont un seul corps et chaque juif est un membre.
Ceci est la clé de la responsabilité que l'on entretient envers son prochain [juif] qui pèche. Par conséquent, même si une personne n'a pas commis un péché précis, il doit quand même le confesser puisque lorsque son collège [juif] l'a violé, c'est comme s'il l'avait transgressé lui-même."

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-> La guémara (Roch Hachana 29a) aborde le concept qu'on peut acquitter autrui d'une bénédiction, même si on est soi-même déjà quitte. [voir le texte pour avoir les précisions halakhiques]

-> Le Ran (Dafé haRif - guémara Roch Hachana 8a) explique :
La raison à cela est parce que tous les juifs sont responsables les uns les autres de [l'accomplissement] des mitsvot.
En ce sens, si son prochain [juif] ne s'est pas encore acquitté [de son obligation], il ne l'a également pas fait.

-> Selon le 'Hafets 'Haïm (Nitsavim 29,28) :
Le principe est que chaque juif peut décharger un autre de son obligation d'observer les mitsvot, même s'il a lui-même déjà accompli cette mitsva, comme la [récitation] du kiddouch et écouter le Shofar, ... [c'est parce que] si son ami est manquant dans la réalisation d'une mitsva, c'est comme si lui aussi est manquant.
De même, l'obligation de chaque personne d'empêcher autrui de transgresser un commandement négatif est parce que s'il ne parvient pas à le retenir de fauter lorsqu'il en a les capacités, alors il sera lui aussi puni.

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-> "Il est fondamentalement faux de dire : [Je n'ai pas besoin de veiller à ce que les autres fassent les mitsvot puisque] cela est suffisant que je sois un bon juif et que je marche dans les chemins de mes ancêtres".
['Hafets 'Haïm]

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-> "Celui que les créatures apprécient, est apprécié de D. ; mais celui que les créatures n’apprécient pas, n’est pas apprécié de D." (Pirké Avot 3,10)

-> Le rav Avraham Azoulai ('Hessed léAvraham - Avot 3,10), le grand-père du 'Hida, écrit :
"Celui que les créatures apprécient" = peut être expliqué comme signifiant que les autres obtiennent le plaisir du monde à Venir car il aura facilité le fait qu'Hachem aura du plaisir d'eux.
"celui que les créatures n’apprécient pas, n’est pas apprécié de D." = cela fait référence à celui qui dit : "Ma famille et moi-même servent Hachem. pourquoi devrais-je me déranger à guider les autres et à leur apporter du mérite?"
Une telle personne, qui ne facilite jamais le mérite spirituel d'autrui, n'est pas appréciée par Hachem puisque Hachem ne trouve grâce que chez ceux qui promeuvent les mérites spirituels d'autrui".

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+ "Vous vous tenez debout aujourd’hui tous ensembles, devant Hachem votre D. : vos chefs de Tribus, vos anciens, vos agents, chaque citoyen d’Israël" (Nitsavim 29,9)

-> Le Midrach (Yalkout Chimoni Dévarim 940) commente :
"‘Vous vous tenez debout’. Quand? Lorsque vous formez ‘aujourd’hui tous ensembles’ un seul groupe (agouda a'hat ). Ainsi, trouvons-nous qu’Israël n’est délivré que lorsqu’il ne forme qu’un seul groupe ...
Même si J’ai placé pour vous des chefs [de Tribu], des juges et des agents, tous sont identiques devant Moi, comme il est dit : ‘chaque citoyen d’Israël’...
Autre explication: Vous tous êtes garants l’un envers l’autre."

"Regarde! Je place devant vous aujourd’hui, la Bénédiction et la Malédiction" (Réé 11,26)

-> Le Ben Ich 'Haï fait remarquer que le mot "aujourd’hui" (hayom - היום) de notre verset peut apparaître superflu, car le texte pouvait aussi bien dire : "Regardes! Je place devant vous la Bénédiction et la Malédiction".

Il répond qu’il y a, dans le calendrier juif, essentiellement 5 jours de fêtes ordonnés par la Torah : Roch Hachana, le premier jour de Souccot, le jour de Chemini Atséret, le premier jour de Pessa’h (le dernier jour n’étant pas une nouvelle fête) et le jour de Shavouot.
Si Israël avait respecté scrupuleusement ces 5 jours de fêtes, il aurait été épargné de 5 autres jours de malheur : le jeûne de Guédalya (3 Tichri); le jeûne du 10 Tévet, le jeûne du 17 Tamouz, le jeûne du 9 Av et le 10 Av (jour où la majeure partie du Temple brûla).
C’est l’allusion que fait le verset : "Regarde! Je place devant vous aujourd’hui (היום)", la Bénédiction et la Malédiction" : Je place devant vous "cinq" [ה] jours [יום], qui peuvent être aussi bien la Bénédiction (les 5 jours de fête) que son contraire (les 5 jours de malheur).

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-> Moché indiqua aux Bné Israël : "Seulement Aujourd'hui (היום), 40 ans après le Don de la Torah [juste avant leur entrée en terre d'Israël], vous pouvez saisir parfaitement [c’est le sens de mot "Regarde" (réé)] que le chemin de la Torah mène à la Bénédiction, tandis que le chemin de la transgression conduit à la Malédiction". En effet, nos Sages enseignent : "Un homme ne peut véritablement cerner la pensée de son maître qu’au bout de 40 ans" [guémara Avoda Zara 5b].

-> Le mot "Aujourd’hui" (היום) fait allusion à Roch Hachana, [à noter que la paracha de Rééh est lue habituellement le Shabbath qui précède Roch ‘Hodech Eloul, le mois consacré à la préparation au Jour du Jugement], comme l’explique le Zohar à propos du verset "Vous êtes tous debout aujourd’hui" (atè nitsavim ayom - Nitsavim 29,9).
Ainsi, Moché a-t-il mis en garde les Bné Israël : "Réfléchissez et faites téchouva à l'approche de Roch Hachana afin de sortir méritant au Jour du Jugement et bénéficier de la Bénédiction, car si vous êtes fautifs, le Jugement vous sera défavorable et la Malédiction s’abattra sur vous".
[Likouté Torah de Rabbi Yissa'har]

-> Le mot "Aujourd’hui" (היום) signifie que les mitsvot d'Hachem doivent être à nos yeux comme "un décret royal nouveau vers lequel tous accourent pour l’accueillir" [voir Rachi sur Vaét'hanan 6,6].
C’est ainsi, que l’on se réjouit en D. et que l’on mérite la Bénédiction. En revanche, le respect des mitsvot de façon routinier n’engendre pas la joie et cause la Malédiction, comme il est dit : "[Toutes ces Malédictions – de Ki Tavo – s’abattront] parce que tu n’auras pas servi Hachem, ton D., avec joie et contentement de coeur".
[‘Hatam Sofer]

-> "Aujourd’hui" (היום) désigne ce Monde-ci [voir Rachi sur Vaét'hanan 7,11], ainsi : "Dans ce Monde-ci (היום), nous trouvons la Bénédiction et la Malédiction, mais dans le Monde futur, nous trouverons que la Bénédiction".
[Tossefot]

"Vous êtes les enfants d'Hachem, votre D. : ne vous tailladez point le corps, ne vous rasez pas entre les yeux, en l’honneur d’un mort" (Réé 14,1)

-> Le Baal Chem Tov enseigne (voir Hayom Yom du 24 Av) : "‘L’Amour d’Israël’ (aavat Israël - אהבת ישראל) c’est le sens de ‘l’amour de D.’ (aavat Hachem - אהבת ה׳), car il est dit : ‘Vous êtes les enfants d'Hachem’ : Celui qui aime le Père, aime aussi Ses enfants".

-> De même l’Admour Hazaken (Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi) rapporta un enseignement du Maguid de Mézéritch, qui le tenait du Baal Chem Tov [voir HaYom Yom du 12 Av] :
"‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même’ (Vayikra 19, 18) est un commentaire et une explication de ‘Tu
aimeras Hachem ton D.’ (Dévarim 6, 5). En effet, lorsque l’on aime un juif, on aime Hachem. Car chaque juif porte en lui [véritablement] une parcelle de Divinité (voir Séfer HaTanya I, 2 sur Iyob 31,2).
Ainsi, lorsque l’on aime un juif, lorsque l’on aime la partie profonde de son être, on aime Hachem".

-> Le lien étroit entre "l’amour de D." et "l’amour du prochain" est confirmé par la guématria.
La valeur numérique du Commandement d’aimer D. : "véAhavta ét Hachem Elokékha - וְאָ֣הַבְתָּ אֵת ה׳ אֱל־ֹהֶיךָ - Tu aimeras Hachem, ton D." (Vaét'hanan 6,5) est exactement égale à la valeur numérique (907) du Commandement d’amour de tout juif : "véAhavta léRéakha kamokha ani Hachem - וְאָהַבְתָּ לְרֵעֲךָ כָמּוֹך אֲנִי ה׳ - Tu aimeras ton prochain comme toi-même : Je suis Hachem (Kédochim 19,18).
Ainsi, ne doit-on pas faire de différence entre l’amour d’Hachem, les Commandements envers Lui, et l’amour d’Israël, les Commandements envers autrui.

Par ailleurs, la valeur numérique du mot וְאָהַבְתָּ (VéAhavta - Tu aimeras) [414] est égale à 2 fois la valeur numérique du mot אוֹר (Or – lumière) [207] faisant ainsi allusion aux 2 composantes de l’amour ("l’amour de D." et "l’amour du prochain") [à noter que la "Lumière אוֹר (Or)" a été créée le premier jour de la Création, jour relatif à l’Attribut de ‘Hessed (Bonté) qui s’apparente à l’Amour.]
Le mot אורֹ (Or – lumière) désigne également la Torah, comme il est dit : "Car la Mitsva est une lampe et la Torah une lumière" (Michlé 6,23). Aussi, "l’amour de D." et "l’amour du prochain" [désignés par le mot וְאָהַבְתָּ (VéAhavta – Tu aimeras)] correspondent-ils aux 2 Tables de l’Alliance (les deux "Lumières") : Les 5 Commandements de la première Table, relatifs au rapport "entre l’homme et D.", se réfère à "l’amour de D.", tandis que les 5 Commandements de la seconde Table, relatifs au rapport "entre l’homme et son prochain" se réfère à "l’amour du prochain" (voir Kli Yakar sur Kédochim 19,18).
Or à propos des "Tables" (לוחות - Lou’hot), il est écrit: "D. donna à Moché ... les 2 Tables (לֻחֹת) du Témoignage..." (Ki Tissa 31,18) et Rachi de remarquer : "Le mot Lou’hot est écrit sans Vav (לֻחֹת) [comme s’il était au singulier].
Cela signifie qu’elles étaient toutes les deux identiques (dans la mesure)."
Peut-on y voir aussi une allusion à peine voilée que les 2 dimensions d’amour : "l’amour de D." et "l’amour du prochain" finissent par se confondre.

-> On raconte (voir Hayom Yom du 28 Nissan) que des ‘Hassidim demandèrent à l’Admour Hazaken : "Quelle est la forme du Service divin la plus élevée, l’amour de D. ou l’amour d’Israël?"
Il répondit : "L’amour de D. et l’amour d’Israël sont tous deux incrustés dans les trois parties de l’âme (Néfech, Roua’h et Néchama) possédée par chaque juif. Le verset dit clairement: ‘Je vous ai aimé, dit Hachem’ (Mala'hi 1,2). Il en découle que l’amour d’Israël est plus élevé, car on aime ceux qu’aime Celui que l’on aime."

"Car Hachem ton D. se déplace au sein de ton camp pour te délivrer et livrer tes ennemis dans ta main, ton camp doit être saint afin qu'Il n'y voit pas de chose indécente et qu'Il se détourne de toi" (Ki Tétsé 23,15)

-> Les Livres Saints ne ménagent pas leurs mots pour appeler à la vigilance en ce qui concerne la sainteté du peuple d'Israël et de chaque juif en particulier, car c'est d'elle que dépend la Présence Divine parmi nous.

-> Le Sfat Emet fait remarquer que la forme grammaticale employée par le verset pour exprimer qu'Hachem "se déplace" au sein du camp d'Israël est le passif. C’est comme s'il était écrit, si l'on peut dire, qu'Hachem se fait déplacer et qu'Il se fait conduire par les Bné Israël selon leur niveau de sainteté. Il leur donne ainsi la possibilité de fixer à quel niveau, où et quand Hachem se déplace avec Son peuple selon la sainteté de sa conduite.