Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Rav Arié Lévine & s’occuper d’autrui même après sa mort

+ Rav Arié Lévine & s'occuper d'autrui même après sa mort :

-> Sur la pierre tombale du rav Arié Levine, il est écrit ces mots à partir de ses dernières volontés et de son testament : "Je demande à tous ceux qui viendront prier sur ma tombe de dire de tout coeur : ani maamim béémouna chéléma chétiyé té'hiat hamétim" (je crois avec une foi totale qu'il y aura une résurrection des morts) ..."

Ce souhait s'explique en partie par le fait qu'il savait qu'après sa mort, il ne serait plus en mesure de réconforter ou d'encourager les personnes ayant besoin de consolation.
De plus, les personnes qui se rendent sur une tombe ont tendance à devenir moroses et abattues à l'idée de la mort, ce destin qui attend tous les hommes.
De cette manière (invoquant notre futur retour à la vie après notre décès), Il a donc cherché, à insuffler de l'espoir et du courage, même après sa mort, à tous ceux qui se rendent sur sa tombe.

"Si ce n'était à cause de la faute d'Adam, l'âme aurait pu assainir le corps d'une façon complète, au point que l'homme aurait pu entrer vivant dans le monde futur, comme Eliyahou haNavi et 'Hanokh l'ont fait en montant vivants au gan Eden."
[Ram'hal]

<--->

-> Il est écrit dans le Déré'h Erets Zouta :
10 Justes sont entrés vivants au gan Eden : 'Hanokh, Eliézer le serviteur d'Avraham, Séra'h la fille d'Acher, Batia la fille de Pharaon, le prophète Eliyahou, Eved le roi de Kouch, Hiram le roi de Tyr, Rabbi Yéhochoua ben Lévi, Yavets le fils de Rabbi Yéhouda haNassi, le machia'h.

<--->

-> Comment l'âme peut-elle réintégrer un corps qui a été totalement désintégré?

Les sages nous ont enseigné que dans le corps de l'homme, il existe un petit os dans la colonne vertébrale qui est indestructible. Il ne craint ni le feu, ni l'eau et ne peut être broyé même par le biais d'un marteau. Ce petit os est appelé de 3 manières différentes dans l'écriture :
- dans le Zohar, il est appellé "Bétouel l'arami", car c'est os un "ruseur" car par sa discrétion, on pourrait croire qu'il ait tiré profit de la nourriture comme les autres os du corps mais il n'en est rien. En effet, c'est le seul os à ne pas avoir tiré profit de la consommation du fruit de l'Arbre de la Connaissance qui a amené la mort dans le monde. Mesure pour mesure, c'est par cet os que se réalisera la résurrection du corps.
- Le midrach reprend le langage du talmud et l'appelle : "louz", et le présente comme une petite vertèbre de la colonne vertébrale.
- Il est également appelé "נסכוי" (niskoï) car il ne tire aucun profit de la nourriture sauf du 4e repas que l'on fait le samedi soir pour raccompagner le Shabbat à sa sortie (le "mélavé malka").

<--->

-> b'h, également sur le louz : https://todahm.com/2015/11/28/le-louz

Dans le monde à venir, comme l'explique Rech Lakich : il n'y a pas de guéhinam dans le monde à venir, mais Hachem fera sortir le soleil de son écrin ; son rayonnement (intense) sanctionnera les réchaïm et guérira les tsadikim.
[guémara Avoda Zara 3b]

<--->

=> Le Guéhinam existe-t-il ou non dans de monde à venir?

-> Le midrach (Béréchit rabba 26,6) signale 3 avis sur le Guéhinam (enfer) :
1°/ selon Rabi Yanaï et Rabi Chimon ben Lakich (Rech Lakich), il n'existe pas de Guéhinam dans le monde à venir, mais un soleil très chaud, sorti de son écrin, qui sanctionnera les réchaïm qui ne pourront pas supporter ce rayonnement intense et brûleront, comme il est dit : "Car voici, ce jour vient, brûlant comme une fournaise : Tous les hautains et les impies seront comme du chaume et ce jour qui vient va les consumer" (Mala'hi 3,19).
2°/ Selon les Rabanan, le Guéhinam existe, selon ce verset : "Telle est la parole de Hachem qui a Son foyer à Tsion et Sa fournaise à Yérouchalaïm" (Yéchayahou 31,9).
3°/ Selon Rabi Yéhouda bar Ilaï, il n'y aura ni Guéhinam ni soleil très chaud, mais un feu sortira du corps du racha pour le brûler.

-> Selon le Ran :
L'affirmation de Rech Lakich, selon laquelle il n'y a pas de Guéhinam (enfer), mais Hachem fera sortir le soleil de son fourneau pour sanctionner les réchaïm, ne concerne que la période du monde à venir, c'est-à-dire après la résurrection des morts.
Par contre, juste après la mort d'une personne, le Guéhinam existe certainement pour expier les fautes.

-> Selon le Maharal ('Hidouché Agadot) :
Dans ce monde-ci, le soleil est placé dans un "écrin" qui filtre ses rayons de façon à atténuer la chaleur reçue qui devient supportable.
Cependant, aux temps futurs, Hachem fera sortir le soleil de son écrin et son rayonnement deviendra : 7x7x7 = 343 fois plus intense, selon ce verset : "Et la lumière du soleil deviendra 7x7x7 = 343 fois supérieure à celle des 7 jours" (Yéchayahou 30,26).

<--->

=> Pourquoi est-ce en même temps que les réchaïm sont sanctionnés et les tsadikim récompensés dans le monde à venir?

-> Selon le Torat 'Haïm :
Dans le monde à venir, Hachem fera savoir à tous (réchaïm et tsadikim) qu'Il est Un et que Son Nom est Un. C'est pourquoi, au même moment, le soleil brûlant sorti de son écrin sanctionnera les réchaïm et récompensera les tsadikim pour leurs actions dans ce monde-ci (olam azé).
En effet, les réchaïm pourraient se dire que les bienfaits et les maux n'émanent pas de Hachem, mais sont des faits accidentels, dus au hasard, ou naturels. Mais lorsqu'ils verront que certains (les réchaïm) seront frappés en même temps que d'autres (les tsadikim) seront guéris, les réchaïm reconnaitront l'unicité d'Hachem et de Son Nom.
Ainsi, la sanction et la récompense ont une même source : Hachem qui juge nos actions.

-> Le Maharach enseigne :
Le soleil est chaud dans sa nature, cependant son rayonnement n'a pas le même effet selon la nature du récepteur. C'est ainsi que sous l'effet du même soleil, le sel durcit et se fige, tandis que la cire fond.
De même, l'effet du soleil intense du monde futur aura un effet différent sur les réchaïm qui "brûleront" (en sanction) et sur les tsadikim qui "guériront".

<--->

=> En quoi le soleil du monde à venir sanctionne-t-il les réchaïm (impies) et récompense-t-il les tsadikim (Justes) selon le principe de mesure pour mesure?

-> Le Einé Its'hak explique :
Les réchaïm se sont "échauffés' pour accomplir de nombreuses transgressions (avérot) durant leur vie sur Terre. Par le principe de réciprocité, mesure pour mesure, ils souffriront dans le monde à venir de l'échauffement excessif du soleil qui sortira de son écrin.
Par contre, les tsadikim se sont "échauffés" dans leur amour pour Hachem, à travers l'étude de la Torah et l'accomplissement des mitsvot durant leur vie sur Terre. C'est pourquoi, mesure pour mesure, ils mériteront d'être récompensés dans le monde à venir par le réchauffement du soleil qui les guérira et leur apportera du plaisir.

[Si le soleil, source de lumière et de chaleur, constitue ne bénédiction (béra'ha), le soleil sorti de son écrin dans le monde-à-venir constitue une super-bénédiction. Les réchaïm en souffriront, car ayant rejeté les mitsvot, ils ne sont pas préparés à cette super-bénédiction, tandis que les tsadikim, ayant pratiqué les mitsvot sont prêts pour cette super-bénédiction qui leur sera bénéfique. ]

<--->

[l'idée est que dans le monde à venir toute la Vérité sera tellement éclatante qu'elle nous éblouira.
ex: Combien de souffrances pourrait-on avoir sur ce qu'on aurait pu faire dans notre vie et que l'on a pas fait (notre yétser ara nous anesthésiant)? Et inversement, combien de bienfaits nous amènera ces rayons de Vérité pour la moindre chose que nous aurions fait ou retenu de faire selon la volonté d'Hachem. ]

"Apprendre /Interroger des morts" (doréch él amétim - Choftim 18,11)

-> Il y a un concept d’avancer (ol'éh -הולך) ou de rester statique (oméd - עומד). Un הולך est en mesure de grandir spirituellement, comme nous dans ce monde. A l’opposé, un עומד reste statique. Aussi l’ange est-il qualifié d'un עומד, ne pouvant évoluer spirituellement.

Après la mort, on ne peut plus être un הולך. [ce qu'on aura fait dans ce monde déterminera notre position fixe pour l'éternité. ]
Nos Sages (guémara Shabbath 30a) à partir de "bamétim 'hofchi" (Téhilim 88,6), enseignent qu’un défunt est quitte des mitsvot et de la Torah.
Le terme "niftar" (un défunt - נפטר) vient de la racine "patour" (dispensé - פטור) puisqu’une personne décédée est dispensée des mitsvot. Et ce par opposition aux vivants : le mot " 'haï" (vivant - חַי) est lui de la même racine que " 'hayav" (חייב) qui renvoie à l’obligation d’accomplir les préceptes de la Torah.

Par exemple, le Gaon de Vilna (en 1797), agonisant, pleurait sur son lit. Interrogé, il saisit alors ses tsitsit et dit que dans ce monde, pour quelques kopecks, on pouvait acquérir des franges rituelles pour le port permanent desquelles, nous recevons une récompense. Mais une fois au ciel, aucune somme d’argent ne permet plus d’acquérir une mitsva.
[d'une certaine façon, dans ce monde un sourire, une petite pièce à la tsédaka, se retenir de dire un mot de lachon ara, ne pas voir une chose interdite, ... ne coûte rien et permettent de gagner un énorme mérite éternel, mais après notre mort même pour tout l'argent du monde, on ne peut avoir aucune mitsva supplémentaire.
Par exemple également, les morts ne peuvent pas chanter de louanges à Hachem, comme il est dit : "Ce ne sont pas les morts qui loueront Hachem" (lo amétim yéalélou ya - Téhilim 115,17).]

"Apprendre des morts" (doréch él amétim - Choftim 18,11). Le sens simple est que l’on ne devra pas trouver parmi nous de nécromanciens.
Mais à la lumière de ce que l'on vient de voir ces mots renvoient à la juste perspective de la vie et à la nécessité de l’optimiser. Comme le disent certains : "Seulement quand on songe que l’on va mourir, on commence alors vraiment à vivre".

Le rav Moché Feinstein explique que le mot "matséva" (une stèle - מצבה) vient de נצב, se tenir debout. Car après le trépas, on reste statique (sur le plan spirituel).
Voir une מצבה (stèle funéraire) doit donc nous dynamiser : "Et le vivant le prendra à coeur" (Kohélét 7,2). On se sentira galvanisé, réalisant que nous avons toujours une capacité d’ascension spirituelle.
[tout qu'il y a de la vie, il y a moyen de réparer et d'accumuler des mérites pour notre éternité! ]
[d'après le rav Yéhochoua Alt]

<--->

-> Lorsque la guémara fait référence à une personne qui meurt, elle utilise le terme "na'h nafché" (comme dans Kétoubot 104a). En effet, ces mots se traduisent par "son âme se repose", car elle entre maintenant dans le monde réel. C'est là que son âme veut être, pas dans ce monde physique, car l'âme est spirituelle. Par conséquent, son âme est maintenant au repos.

-> Le mot pour vie en hébreu est 'haïm (חיים), qui est au pluriel. C'est parce que nous vivons dans 2 mondes, puisque chaque action que nous faisons dans ce monde affecte l'autre monde.

-> Lorsque l'on quitte ce monde, seules la Torah et les bonnes actions (maasim tovim) l'accompagnent (Pirké Avot 6,9). C'est ce à quoi fait allusion le mot "mét" (מת), qui est un acronyme de maasim tovim et de Torah.
Le mot mét nous rappelle donc que nous devons vivre dans un but supérieur.

<---->

-> Alors que le corps d'une personne abrite son âme, son âme intérieure oblige son corps extérieur à vivre dans un but et une existence plus élevés. En effet, le mot 'haï (un être vivant) est lié à 'hayav (l'obligation). Lorsque l'âme d'une personne quitte son corps, celui-ci n'est plus lié à ces obligations supérieures et devient exempt de toute obligation

En vérité, seule une personne qui vit dans un but supérieur est considérée comme vivante . Une personne qui vit uniquement pour profiter de la vie est considérée comme morte, même de son vivant.
Comme le dit la guémara (Béra'hot 18), même lorsque les justes sont morts, ils sont considérés comme vivants, alors que les réchaïm sont considérés comme morts même de leur vivant.
Une personne qui mène une vie dans un but supérieur est niftar lorsqu'elle meurt parce que sa vie physique n'était pas son objectif, mais seulement un moyen d'atteindre un but supérieur. Une telle personne est comme quelqu'un qui sort (patour, sortir) d'une pièce pour entrer dans une autre.
Cela contraste avec le mot "mita" (mort) qui peut s'appliquer à tout être vivant, y compris les animaux. En effet, [à la différence de "niftar"], "Mita" est la conclusion de la vie et n'évoque rien de ce qui vient après.

[les gens peuvent quitter ce monde, mais ils n'en sont jamais vraiment partis, car ils ont encore un impact dans ce monde, certains pour le bien et d'autres pour le mal. ]
[rav Yéhochoua Alt]

Notre âme et notre corps se feront juger ensemble

+ Notre âme et notre corps se feront juger ensemble :

-> Antoninous a dit à Rabbi : Le corps et l'âme peuvent se soustraire au jugement Divin. Comment? Le corps pourra dire : "C'est l'âme qui a péché, car depuis qu'elle m'a quitté, je gis dans la tombe comme une pierre inerte". Et l'âme pourra dire : "C'est le corps qui a péché, car depuis que je me suis séparée de lui, je suis comme un oiseau qui plane dans les airs".

Rabbi répondit par une parabole : Cela peut être comparé au cas d'un roi qui possédait un beau verger qui produisait d'excellentes figues. Il y plaça deux gardiens ; l'un était paralytique et l'autre aveugle. Le paralytique dit à l'aveugle : "Je vois dans le verger de belles figues mûres. Viens, laisse-moi monter sur ton dos et nous les cueillerons pour les manger". Le paralytique monta à califourchon sur le dos de l'aveugle, ils cueillirent les figues et les mangèrent. Quelques jours après, le roi vint (dans le verger) et dit (aux deux gardiens) : "Que sont devenues ces belles figues précoces?" Le paralytique répondit : "Ai-je des jambes pour me déplacer (et les cueillir)?" L'aveugle enchaîna : "Ai-je des yeux pour les voir?". Que fit le roi?
Il fit monter le paralytique sur le dos de l'aveugle et il les jugea (sanctionna) ensemble. Il en sera de même (lors du Jugement) : Hachem fera venir l'âme, l'introduira dans le corps et les jugera tous deux ensemble, conformément à ce verset (Téhilim 50, 4) : "Il adressera Son appel aux Cieux d'en haut, ainsi qu'à la Terre, pour les faire comparaître en jugement devant Lui". "Il adressera Son appel aux Cieux" pour faire venir l'âme ; "ainsi qu'à la Terre" pour faire comparaître le corps, afin de juger le corps en même temps que l'âme (yadine imo).
[guémara Sanhédrin 91a-91b]

<--->

=> A quel moment Hachem réunit-Il le corps et l'âme pour les juger ensemble?

-> Selon le commentateur Yad Rama, Hachem réintroduira la néchama (âme) dans le gouf (corps), afin de les juger ensemble, au moment de la résurrection des morts (té'hiat hamétim).

-> Le Séfer ha'Ikarim nous enseigne :
L'expression de notre agada : "Hachem fera venir la néchama et l'introduira dans le gouf" ne doit pas être prise à la lettre. En effet, le mot gouf ne désigne pas ici le corps, mais le Guéhinam ; donc Hachem introduira la néchama dans la zone limitée du Guéhinam pour être sanctionnée pour les mauvaises actions sur terre, bien que la néchama purement rou'hani (spirituelle) soit immatérielle et n'occupe pas de place.
Si le Guéhinam est désigné gouf (corps), c'est parce que de même que du vivant de l'homme, le corps humain limitait l'emplacement de la néchama (âme), le Guéhinam, dans lequel la néchama a été placée, limitera pour un temps donné l'emplacement de la néchama.
Ainsi, cette introduction de l'âme dans le gouf (Guéhinam) s'effectuera juste après le Jugement qui suit le décès, afin qu'elle soit purifiée de ses fautes.

<--->

-> Bien que le corps et l'âme sont punis ensemble, l'âme assume en fait une plus grande responsabilité en raison de sa position supérieure, comme l'enseigne le midrach (Vayikra rabba 4) :
À l'avenir, l'âme et le corps seront jugés.
Hachem mettra de côté le corps et dirigera son jugement vers l'âme. L'âme demandera alors : "Maître de l'univers, nous avons tous 2 fautés ensemble. Pourquoi diriges-tu ton jugement loin du corps et vers moi?"
Hachem lui répondra : "Le corps vient du monde inférieur, d'un lieu de fautes. Toi, tu viens des mondes supérieurs, où personne ne faute devant Moi. C'est pourquoi Je mets de côté le corps et dirige Mon jugement vers vous."

La résurrection des morts

+ La résurrection des morts :

-> Il est dit dans le Yalkout Chimoni (Bamidbar 21,9) qu'une personne reviendra avec exactement le même corps dans lequel elle sera décédée. Hachem fera descendre ce qu'on appelle le "tal chél té'hiya" : une rosée spéciale du Ciel, et l'utilisera pour reconstruire le corps à partir de l'os "louz", qui est indestructible.
[les ressuscités retrouveront le corps dont ils étaient dotés au moment de leur mort, avec tous leurs défauts, afin qu’ils soient reconnus de leurs proches, et ensuite, ils seront guéris.
En ce sens, le Mabit explique que celui qui meurt vieux reviendra au monde dans l'état dans lequel il était alors, car, sinon, nul ne le reconnaitrait. Mais, par la suite, son état de vieillesse se transformera.]

-> La guémara (Sanhédrin 90b) rapporte que les morts seront ressuscités entièrement vêtus.
[selon la plupart des avis, ce sont les habits dans lesquels l’homme a été enterré qui le revêtiront le jour venu.]

-> La guémara (Sanhédrin 91b) dit que peu importe les maladies qu'une personne a pu avoir avant de mourir, à son retour, Hachem les guérira toutes.

-> Le Zohar haKadoch (paracha 'Hayé Sarah) écrit que si une âme (néchama) venait au monde plusieurs fois dans différents corps pour accomplir sa mission, chaque corps sera ressuscité, et la partie de la néchama qui a été rectifiée avec chaque corps reviendra dans son corps respectif, car la néchama est infinie.

-> Selon le Ramban (Chaar haGuémoul), une fois que l'âme se réunit au corps, elle sera avec le corps pour l'éternité.
[l'opinion du Ramban est la plus suivie, et elle affirme que la résurrection des morts nous renverra dans le corps dans lequel nous avons vécu et agi. Et après la période messianique, avec ce corps, nous arriverons dans le monde futur. Le corps prendra alors une toute autre dimension, plus spirituelle. Mais, surtout après la résurrection des morts, la séparation que nous connaissons aujourd’hui avec la mort, n’existera plus.]

<------>

-> "Au moment de la résurrection des morts, D. descendra des plus hautes sphères célestes et s’assiéra sur Son trône à Jérusalem ... Il prendra un énorme Shofar de la taille de mille coudées, selon la coudée de D., et y sonnera d’un son qui se propagera d’un bout à l’autre de la terre" (lettre de Rabbi Akiva).

<--------------->

=> Pourquoi enterrons-nous les morts? L’inhumation est-elle plus qu’une simple "gestion" des restes humains?

-> Le rav Yéhochoua Alt enseigne :
L’enterrement est un acte de dissimulation par anticipation. Plus précisément, l’enterrement place quelque chose hors de vue avec l’espoir qu’il germera plus tard, prendra racine et finira par sortir renouvelé. L’enterrement n’est pas l’acte "d’élimination" qui était autrefois, mais c’est un acte de plantation.

Il est à noter que ‘nos Sages (Kritout 10a) se réfèrent à l’utérus comme la tombe.
La guémara (Béra'hot 15b) dit que puisque l’utérus reçoit en silence et donne ensuite naissance à une nouvelle vie, accompagnée de grands cris, il devrait s’ensuivre que la tombe qui reçoit avec de grands cris devrait certainement aussi donner naissance à une nouvelle vie.

Hachem a créé l’homme pour qu’il vive éternellement (Ramban sur Béréchit 2,17). Bien que le péché d’Adam ait entraîné la mortalité physique, le potentiel pour une vie éternelle demeure (voir le Maharal - Tiféret Israël - chap.13).
La te’hiat hamétim (résurrection des morts) réalise ce potentiel. A ce moment, l’homme émergera comme vivant de la tombe dans laquelle il était. Après la mort, l’homme attend sa propre renaissance. Quand une personne décède, elle n’a pas disparu. Au lieu de cela, elle continue dans la phase suivante de son existence éternelle.

La Torah exige que ses restes soient cachés dans un endroit qui est un environnement approprié pour anticiper sa réémergence. La terre représente un potentiel en ce sens que, bien qu’elle ne soit rien en soi, elle existe en fait dans un état latent avec une force germinatrice capable de faire pousser céréales, fruits et légumes. Quand une personne meurt, elle redevient un monde de potentiel et elle est enterrée dans la terre qui lui a donné naissance à l’origine parce que cette terre elle-même représente le potentiel.
En tant qu’entité saine qui transcende tout, l’homme est enterré dans le sol jusqu’au moment où son potentiel sera à nouveau révélé et réalisé, cette fois à travers la te’hiat hamétim (voir le Gour Ariyé sur Béréchit 2,7).

<------------------------->

-> La guémara (Sanhédrin 90b-91a) enseigne :
"La reine Cléopâtre posa cette question à Rabbi Meir : Je sais que les morts revivront (dans le futur) d'après le verset (Téhilim 72,16) : "Que bourgeonnent les villes (qu'elles voient croître leurs habitants) comme l'herbe de la terre!", mais lorsqu'ils se lèveront, seront-ils dénudés ou habillés?
Rabbi Méir répondit par un raisonnement a fortiori à partir du blé : Si le grain de blé qu'on met en terre nu (à l'ensemencement) sort de terre "habillé" de plusieurs enveloppes, a fortiori les Justes mis en terre avec leur linceul, reviendront à la vie habillés.
L'empereur (romain) a dit à Rabban Gamliel : "Vous affirmez que les morts retrouveront la vie ; or ils sont devenus poussière. La poussière peut-elle vivre?". La fille de l'empereur dit alors à Rabban Gamliel : "Laisse-moi lui répondre" ; puis elle dit (à son père) : "Si dans notre ville se trouvent deux potiers, l'un qui fabrique (des récipients) avec de l'eau (uniquement) et l'autre avec de l'argile, quel est celui qui est le plus louable?"
L'empereur répondit : "Celui qui n'utilise que l'eau". Sa fille conclut : "Si le Créateur peut façonner (un homme) à partir de l'eau seulement, à plus forte raison qu'Il pourra le façonner à partir de l'argile!".
Dans la Maison d'étude de Rabbi Yichmaël, on cite une autre réponse de la fille de l'empereur à son père : "Si des objets en verre, fabriqués par un souffleur de verre, se brisent, ils peuvent être réparés, a fortiori l'homme lui-même créé par le souffle d'Hachem".

-> Dans son explication des Pirké déRabbi Eliézer (ch.33,78), le commentateur Radal dit que l'enterrement des tsadikim (Justes) dans la terre est comparé à un ensemencement pour une "croissance" qui agit sur la purification du corps, afin que le tsadik ait le mérite de ressusciter avec un corps purifié.

<--->

=> Avec quels habits les Justes (tsadikim) ressusciteront-ils dans le futur?

-> Selon le Béer Chéva :
Le fait que Rabbi Méïr ait dit à la fin de sa réponse à Cléopâtre : "Les Justes qui seront enterrés avec leurs vêtements (lévouchéem :
leur linceul), a fortiori reviendront à la vie habillés", c'est-à-dire qu'ils se lèveront dans le futur habillés de leur linceul avec lequel ils avaient été mis en terre.

-> Selon le Talmud Yérouchalmi, Rabbi a dit à son fils que dans le futur les tsadikim reviendront à la vie, non pas avec leur linceul, mais avec leurs vêtements qu'ils portaient de leur vivant (Tossefot dans Kétouvot111b).

-> Le rav Eliyahou Dessler (tome 4 - p.154) nous enseigne :
Avant de fauter, Adam haRichon n'avait accès qu'aux perceptions spirituelles et n'avait aucune perception du monde matériel (gachmi) ; c'est pourquoi il ne ressentait pas sa nudité.
Or, à la résurrection des morts, dans le futur, les tsadikim retrouveront l'état d'Adam haRichon avant la faute, avec leur "habit" originel, c'est-à-dire avec leur corps (gouf) désigné "habit", car il "habille" l'âme (la néchama). Certes, ce gouf est physique afin de distinguer la personne ressuscitée de toute autre personne ressuscitée, mais ce gouf est essentiellement nafchi (spirituel), car ce corps, comme avant la faute d'Adam, n'aspirait qu'aux satisfactions spirituelles.
La résurrection des tsadikim avec leurs "habits" (lévouchéem) peut signifier également qu'ils reviendront en vie avec les bonnes qualités (midot) qu'ils avaient acquises dans le Olam Hazé dans leur vie antérieure ; ces mêmes midot les envelopperont comme un "habit".

<--->

=> Comment comprendre la parabole des 2 potiers?

-> Selon Rachi :
Son père a reconnu que le potier capable de créer un ustensile (kéli) à partir de l'eau seulement est plus compétent que le potier qui crée le même ustensile à partir de l'argile (ou de la terre). Cette reconnaissance implique que le premier potier qui a créé le kéli à partir de l'eau est certainement capable de le créer à partir de l'argile.
Sa fille lui dit alors : Du fait que Hachem crée l'homme à partir d'une simple goutte séminale qui ressemble à l'eau, a fortiori qu'Il est capable de créer l'homme à partir de la poussière de la terre dénommée "argile".

-> Le Maharal ('Hidcouché Aggadot) nous explique :
A la difficulté de l'empereur de croire que les morts revivront à partir de la poussière de la terre, sa fille répond par une parabole qui prouve à son père que le corps (gouf) de l'homme est plus proche de la terre que de l'eau.
C'est pourquoi, si tous les descendants d'Adam haRichon sont créés à partir de l'eau (goutte séminale), a fortiori les ressuscités pourront être créés à partir de la poussière de la Terre.
Bien qu'aujourd'hui les enfants conçus ne peuvent se développer que dans le ventre de leur mère, dans le futur ils retourneront à la vie par une création Divine (directement), à partir de la poussière de la terre.
Ainsi, la création à partir de la poussière est à un niveau supérieur à la création à partir de "l'eau", car Adam haRichon placé au Gan Eden a été créé à partir de la poussière de la Terre. Donc, ceux qui ressusciteront à partir de la poussière de la Terre auront un niveau supérieur aux personnes nées dans le ventre de leur mère à partir de "l'eau".

<--->

=> Comment comprendre le kal va 'homer de la parabole du souffleur de verre?
Comment comprendre le raisonnement a fortiori (kal va'homer) de l'école de Rabi Ichmaël?

-> Selon le Alchikh haKadoch :
Après avoir soufflé dans la pâte à verre pour fabriquer un kéli (ustensile) en verre, le souffleur de verre n'a plus aucun lien avec ce kéli dont l'existence ne dépend plus du souffleur. Pourtant, si ce kéli est brisé, le souffleur peut chauffer les débris pour obtenir une pâte à verre et y réinsuffler de l'air pour créer un nouveau kéli.
A fortiori, Hachem, qui avait insufflé l'âme de vie à une personne, dont le lien avec son Créateur n'a jamais été rompu, pourra redonner vie à cette personne après sa mort.

-> Selon le Bet Elokim (dans Hayéssodot 55) :
Le kal va 'homer est relatif à l'âme (néchama) de l'homme qui, elle, se maintient toujours en vie. Le kéli en verre a été créé par le souffle de l'artisan et, après sa brisure, cet artisan pourra de nouveau par son souffle le reconstituer tel qu'il était avant d'être brisé.
De même pour l'homme, dont l'existence est assurée par l'âme (néchama) insufflée par Hachem, par le pouvoir de sa néchama, même la poussière de la Terre redonnera l'homme tel qu'il était avant la mort (brisure).

-> Le Maharcha enseigne :
Il n'était pas nécessaire de prouver la résurrection des morts à partir de raisonnements a fortiori, comme dans cette agada, car nous avons de nombreux versets du Tanakh qui prouvent la résurrection (voir guémara Sanhédrin 90b).
De plus, quelle est la nécessité d'amener une preuve de la résurrection des morts par kal va 'homer que Hachem peut ressusciter les morts à partir de leur poussière, puisque le séfer Béréchit précise qu'Adam haRichon a été créé à partir de la poussière?
En fait, ce kal va'homer n'est destiné qu'aux hérétiques (comme cet
empereur) qui ne croient ni à la Torah ni à ses versets.

<--->

=> Pourquoi était-il nécessaire d'illustrer la résurrection par 2 paraboles : celle des potiers et celle du souffleur de verre?

-> Selon le Ein Eliyaou :
De l'exemple de l'eau et de l'argile, on aurait pu en déduire que tous les morts se lèveront à l'époque de la résurrection des morts (té'hiat hamétim), ce qui est inexact. C'est pourquoi, il était nécessaire de préciser la parabole du kéli de verre. En effet, d'après ce verset : "Ni l'or ni le verre ne peuvent rivaliser avec elle" (la Torah) (Iyov 28,17), la Torah est comparée à un ustensile (kéli) de verre, afin d'enseigner qu'à l'époque de té'hiat hamétim ne pourront se lever que ceux qui avaient cru à la Torah et avaient accomplies les mitsvot que D. a prescrites ; par contre celui qui n'accomplit aucune mitsva ne sera pas concerné par la résurrection des morts.

-> Selon le Arou'h laNer :
Les 2 exemples cités étaient nécessaires :
De l'exemple des potiers, on apprend seulement que les morts ressusciteront avec une vie végétative, comme l'animal.
C'est pourquoi, il fallait compléter avec l'exemple du souffleur de verre où on apprend, par kal va'homer, que le souffle d'Hachem redonnera vie à cet homme mort ; ce verset : "Hachem insuffla dans ses narines une âme de vie" (Béréchit 2, 7), prouve alors que l'homme ressuscitera dans le futur avec sa néchama (son âme supérieure) insufflée en lui par Hachem.

<--------------->

-> La "Résurrection des Morts" aura lieu 40 ans après le Rassemblement des Exilés (Zohar I, 139a) ou 40 ans après la venue du Machia’h (voir HaRan sur Sanhédrin 99a).
[Il s’agit de la Résurrection de l’ensemble du peuple juif. En revanche, dès la venue du Machia’h, les Tsaddikim qui sont morts en Exil, reviendront à la vie physique du Olam Hazé (HaRitba sur Roch Hachana 16b)].
Cependant, si Israël est méritant, les 40 années seront remplacées par 40 "instants" de courte durée (Si’ha Balak 5741).

<--------------->

-> Lorsque D. a créé l'homme, il lui a insufflé un esprit de vie.
Il en sera de même lorsqu'arrivera le moment de ranimer les morts, tout le monde mourra d'abord, puis vivra [de nouveau].
Au mont Sinaï aussi, à chaque mot leur âme s'envolait, et au mot suivant elle revenait. Ils étaient élevés de niveau en niveau et pouvaient atteindre le niveau des anges.
[Sfat Emet]

La réincarnation

+ La réincarnation :

-> Lorsque l'âme est réincarné dans un animal vivant, elle est absolument consciente de sa condition. En effet, elle sait qu'avant d'être un animal, elle était un homme et la souffrance qu'elle en éprouve fait partie de sa réparation.
A la différence d'un être humain qui n'a pas conscience de ses réincarnations précédentes, cette âme réincarnée en animal sait parfaitement quelle réparation elle doit réaliser.

C'est la raison pour laquelle nous devons être extrêmement attentif à ne pas faire souffrir un animal vivant et c'est le secret des paroles de nos Sages : "Faire souffrir un animal est un interdit de la Torah" (guémara Shabbath 128b ; Baba Métsia 32b).

A plus forte raison, on ne leur ôtera pas la vie tant qu'ils n'entraînent pas de dommages à l'homme car il est possible que l'âme d'un juif soit enfermée à l'intérieur. Ainsi, nous veillerons à ne pas faire souffrir gratuitement un être vivant car sa souffrance et déjà si grande qu'il serait cruel de lui en ajouter.

[Parfois nous voyons des animaux comme des chiens, des chats ou encore des oiseaux qui se rapprochent contre toute logique de nos foyers. Même lorsque nous cherchons à les chasser, nous n'y parvenons pas car ils reviennent sans cesse.
Dans ce type de situation, il est fort probable que ces animaux contiennent l'âme d'un homme qui a été réincarné et qui a besoin d'assister à une mitsva ou d'écouter une bénédiction pour accomplir sa réparation ... On les laissera agir et ces animaux disparaîtront d'eux-mêmes. (Tsor ha'Haïm - Michpatim)]

On raconte que lorsque le rav Ovadia Yossef se rendit à sa cérémonie d'investiture en tant que grand rabbin d'Israël (richon léTsion), qui eut lieu dans la grande synagogue de Jérusalem, une colombe blanche se tint à la fenêtre juste à côté de la place du rav Ovadia Yossef tout au long de la cérémonie.
Personne ne réussit à éloigner cette colombe en dépit de tous les efforts fournis.
Plus tard, il expliqua que cette colombe était la réincarnation de sa maman la tsadékette qui descendit des mondes supérieurs dans le corps d'une colombe blanche afin d'assister à la cérémonie.
Comme ses yeux étaient toujours purs et remplis de lumière, il put percevoir l'âme qui résidait à l'intérieur de cette colombe.
[Imré Noam]

<--->

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch (Béréchit 1,26) enseigne que :
- s'il reste qu'une toute petite réparation, Hachem réincarne une personne en poisson qui est la réparation (tikoun) la plus facile à réaliser parmi les animaux vivants. En effet, le poisson n'a pas besoin d'abattage rituel pour être consommé et pour que l'étincelle de sainteté qu'il contient soit libérée.
C'est la raison pour laquelle les tsadikim qui ne doivent réaliser qu'une petite réparation se réincarnent en poisson.
[c'est pour cela également que nos Sages nous ont enseigné qu'il est important de manger du poisson durant les repas de Shabbath afin d'aider les tsadikim qui ont été réincarnés en poisson à accomplir leur réparation complète.]

- lorsque l'âme doit opérer une plus grande réparation, Hachem réincarne cette âme dans un oiseau pure.
Cette réparation est plus difficile à réaliser que celle du poisson car un abattage rituel est nécessaire avant de consommer l'animal. Ainsi, l'âme réincarnée devra endurer la souffrance de l'abattage rituel afin de compléter sa réparation.

- si l'épuration de l'âme nécessite une plus grande réparation encore, Hachem la réincarne dans du gros bétail permis à la consommation.
Cette réparation est plus difficile à réaliser que la précédente puisque l'abattage d'un oiseau pur ne nécessite de trancher majoritairement qu'un seul des 2 conduits alors que pour l'abattage d'un bovin cela nécessite de trancher majoritairement les 2 conduits (la trachée, l'œsophage, ainsi que la carotide et les veines jugulaires).

- en bas de l'échelle des réincarnations, avant les animaux vivants casher, l'âme peut être réincarnée dans du végétal ou du minéral.
Leur réparation est très lente et fonctionne étape par étape. Cela commence depuis la terre qui fait germer le végétal. Ce dernier sera consommé par un animal qui à son tour sera consommé par l'homme après un abattage rituel.
[il est à noter que les bénédictions avant et après la consommation d'un aliment sont absolument nécessaires afin d'accomplir la réparation des âmes qui se trouvent dans nos aliments.]

- enfin, le Ohr ha'Haïm haKadoch rapporte que la réincarnation la plus fastidieuse consiste à revenir dans le corps d'un animal impur. En effet, il est presque impossible que le peuple juif dans sa sainteté consomme des animaux interdits à la consommation en récitant une bénédiction au préalable.
Ce type de réincarnation correspond à la punition réservée aux réchaïm qui ont abandonné leur foi.

<---->

-> "Voyez, tout cela, D. le fait deux ou trois fois en faveur de l'homme, pour ramener son âme des bords de l'abîme, et l'éclairer de la lumière des vivants" (Iyov 33,29-20)
Selon certains Sages, ce verset nous enseigne qu'après 3 réincarnations en tant qu'être humain, l'homme qui n'a pas réussi à achever sa réparation, reviendra dans le monde matériel et se réincarnera dans le corps d'un animal ou végétal (cf. ci-dessus).

-> De son côté que le Arizal dit que le nombre de réincarnation dépend de la nature profonde de l'homme. Certains hommes ont une partie de "mal" en eux plus grande que la partie de "bien" et inversement pour d'autres.
Ceux qui ont davantage de mal que de bien [sont appelés racha], on leur offre 4 réincarnations maximum en tant qu'humain, et c'est le secret du verset : "Il rappelle la faute des pères sur les fils et sur les enfants de ses fils sur la 3e et 4e génération" (Ki Tissa 34,7).
Ceux dont la part de bien est majoritaire [sont appelés tsadik], et bien qu'ils puissent avoir fauté, Hachem fait preuve d'une grande bonté : le tsadik, c'est-à-dire celui qui aime et conserve les mitsvot, pourra se réincarner jusqu'à 1 000 fois.

<--->

-> Le 'Hida explique que celui qui étudie la Torah au nom du Ciel réjouit son Créateur et ne sera pas réincarné.
Or, nous savons combien la punition de la réincarnation est pénible au point que le Arizal soutient qu'il est préférable pour un homme d'endurer le guéhinam durant 100 ans plutôt que de redescendre en réincarnation dans ce monde-ci, ne serait-ce que pour un seul jour.
[d'après le 'Hida - Midbar Kedmot]

<--->

-> La réincarnation (guilgoul) est par définition une transmigration de l'âme. Il existe deux raisons pour lesquelles l'être humain doit se réincarner : premièrement, lorsque l'homme est condamné après sa mort par le Bet Din céleste, il peut réparer par trois possibilités : le kaf hakala, le guehinam ou le guilgoul.
Deuxièmement, lorsque l'être humain doit accomplir une réparation, cela se détermine en fonction de sa réincarnation. L'âme de l'homme peut se réincarner de quatre façons différentes : en minéral, en végétal, en animal ou de nouveau en homme. Lorsque l'âme se réincarne dans les trois premiers éléments, c'est pour elle une punition. Lorsqu'elle revient dans le corps d'un être humain, c'est une réparation.

L'âme de l'être humain est divisée en plusieurs parties. Lorsque l'homme faute, il endommage une partie précise de son âme. Ainsi pour réparer le dommage causé à sa néchama, la partie de son âme qui a été endommagée se réincarne pour être réparée durant la vie d'un autre homme. C'est la raison pour laquelle une âme peut être réincarnée dans plusieurs êtres humains à différentes époques bien que les réparations soient accomplies ...
[Tsor ha'Haïm - intro Bamidbar]

-> La Torah fait des allusions à la réincarnation. On peut citer :
"Car poussière tu es et à la poussière tu retourneras" (Béréchit 3,19). Selon nos maîtres les mékoubalim, bien que d'après le sens littéral on parle du fait que l'homme vienne de la terre et retournera à la terre, d'après le sens ésotérique, il s'agit du corps.

"Tu leur retires le souffle, ils expirent et retombent dans leur poussière" (Téhilim 104,29)
Le Zohar (Tikouné haZohar 69b) explique que le verset parle de réincarnation.

"Alors retrouve la sève de la jeunesse, il est rendu au jour de son adolescence" (Iyov 33,25)
Comment peut-il revenir au jour de son adolescence? C'est une nouvelle allusion à la réincarnation.

"Que vive Réouven et ne meure pas » (Vézot haBérakha 36,6)
Moché a béni Réouven pour qu'il ne revienne pas en réincarnation.
Rabbénou Bé'hayé explique : après avoir reçu la récompense dans le Gan Éden ou la punition dans le guéhinam : "et ne meure pas", qu'il ne retourne pas dans le monde ici-bas.
Mais pourquoi redescendrait-il s'il est au Gan Éden? Pour s'élever davantage.

"Une génération par une génération arrivent" (Kohélét 7,8).
Rabbi Chimon bar Yo'haï (Zohar Pin'has 216b) explique qu'il est ici fait allusion à la réincarnation.

Qu’apporter après notre mort?

+ Lorsque l'homme monte au ciel, on lui dit demande : "Qu'as-tu apporté d'En-bas?"
Il répond : De l'amour d'Hachem, de la crainte d'Hachem, ..."
On lui rétorque : "Ce genre de marchandises, nous en avons ici par milliards ... Il existe des milliards d'anges qui déclament : "kadoch kadoch kadoch" avec amour et crainte!"

Le rabbi Chlomo de Zvihl ajoute :
Lorsqu'un juif monte En-Haut, il doit y apporter une marchandise qui n'existe pas là-bas. Il doit apporter avec lui le travail des midot (ses traits de caractère), cette bataille continuelle et ardue contre le désir et les honneurs, ou encore l'aptitude à se taire et à renoncer.
Ce sont des denrées rares En-haut.
Là-bas, il n'y a pas de yétser ara, il n'y a pas de travail de midot.

"Combien est difficile le décès pour celui qui n'a pas détaché son âme des désirs de ce monde avant que la mort ne l'en délasse.

Et nos maîtres, de mémoire bénie, enseignent dans le traité Déré'h Eretz : "Si tu veux ne pas mourir, meurs avant de mourir".
Explication : celui qui veut que le jour de la mort se transforme en vie perpétuelle doit bâtir son for intérieur de manière à se détacher, durant son vivant, de la terre et de laisser les affaires charnelles qu'il abandonnera, haïra et oubliera quoi qu'il en soit ; de ne se servir de la terre que pour le service du Créateur, béni soit-Il.
Alors son décès sera le début d'une vie ininterrompue."
[Rabbénou Yona - chaaré Téchouva]

+ Rabbi 'Hanina dit : "La séparation de l'âme et du corps est aussi difficile que la sortie d'une corde enfilée dans le trou du mât d'un bateau".
Rabbi Yo'hanan dit : "C'est comme une corde épaisse, qui relie 2 bateaux, qu'on sort difficilement des trous pratiqués dans le bois (de la coque)".
Rabbi Lévi fils de 'Hayata dit : "Lorsqu'on se sépare d'un mort, on ne lui dira pas : "Va vers la paix (léShalom)", mais "Va en paix (béShalom)".
Par contre, lorsqu'on se sépare d'un vivant on ne lui dira pas "Va en paix (béShalom)", mais : "Va vers la paix (léShalom)" ..."
[guémara Moéd Katan 28b-29a]

<--->

-> Dans la guémara (Moéd Katan 28a), Rabba, qui était au chevet de rav Na'hman mourant, lui fit promettre de lui apparaître en rêve après sa mort. Lorsque rav Na'hman lui apparut, Rabba lui demanda s'il avait souffert pour mourir.
Rav Na'hman lui répondit : "Ce fut aussi facile que le retrait d'un cheveu à la surface du lait!"
=> Comment lever la contradiction apparente entre cette affirmation et les enseignements de la guémara précédente?

-> Selon le Maharcha, la mort aussi facile qu'ôter un cheveu sur la surface du lait est réservée aux tsadikim, comme rav Na'hman.
Par contre, [l'autre passage] souligne la difficulté de la mort pour les gens "moyens" et a fortiori pour les réchaïm.

-> Le rav Dessler (Mikhtav méEliyahou - tome.3,p.28-30) explique la différence entre la façon de mourir des 2 extrêmes : chez les tsadikim (justes) et chez les réchaïm :
- chez les tsadikim = au moment de leur mort, son âme supérieur (qui réside dans le Ciel) descend pour s'unir à son âme d'ici-bas.
Dans cette fusion, le tsadik bénéficie d'une lumière spirituelle intense, à laquelle il n'a jamais eu accès de son vivant, et son âme quitte facilement le corps, dans un attachement intense avec Hachem, sans que son corps ne s'y oppose.
C'est la mort par "baiser Divin" où la néchama est attirée irrésistiblement vers le monde à venir.

- chez le racha, qui a délaissé les besoins de son âme (néchama) de son vivant et qui a éteint en lui toute aspiration spirituelle = cette séparation corps-âme est très difficile.
Du fait que tous les désirs de sa vie étaient matérialistes, son âme ne veut pas sortir de son corps et souffre de cette séparation contre son gré.
Même après la mort, cette âme cherchera en vain à réintégrer le corps, et devant ce corps en décomposition, la prise de conscience de la nullité de ses aspirations matérialistes auxquelles il a consacré sa vie, renforce sa douleur.

<--->

=> Pourquoi doit-on souhaiter : "Va vers la paix" (lé'h léShalom) à un vivant que l'on quitte, et "Va en paix" (lé'h béShalom) à un mort que l'on quitte?

-> Tant qu'un homme est en vie, il peut encore accomplir la Volonté d'Hachem par ses actes, ses paroles et ses pensées. Il peut ainsi augmenter, de son vivant, sa récompense dans le monde à venir où il espère bénéficier d'une paix éternelle (béShalom).
C'est pourquoi, on lui souhaite : "Va vers la paix (léShalom) afin d'atteindre ton objectif futur (béShalom).
Par contre, au sujet d'un défunt que l'on quitte, il ne lui est plus possible de bénéficier d'une récompense supplémentaire ; il est donc déjà dans la situation de béShalom, l'état de paix interne qu'il a acquis de son vivant par ses mitsvot et ce capital ne peut plus progresser.
[Hakotev - dans Ein Yaakov]

[la vie d'une personne devrait consister en un effort continu dans la direction de la paix et de l'harmonie. C'est pourquoi, lorsqu'on prend congé d'un vivant, on lui souhaite "va vers la paix" (lé'h léShalom), c'est-à-dire de tendre asymptotiquement vers un état de paix relatif croissant.
Par contre, lorsqu'on prend congé d'un mort qui a atteint le but de ses pérégrinations sur terre, on lui souhaite : "va en paix" (lé'h béShalom), car il a atteint son état de paix absolu (éternel).]

-> Le Maharcha explique :
- "Va vers la paix" (lé'h léShalom) = partout où tu te déplaceras que la réussite t'accompagne dans cet endroit, afin de te sentir apaisé. Ce souhait ne s'adresse qu'aux vivants.
- "Va en paix" (lé'h béShalom) = que le déplacement lui-même vers le monde à venir, vers ses pères, s'effectue sans obstacles.

<--->

[on fête Roch Hachana qui est le jour de la création de l'homme, et pas le jour de la création du monde. Pourquoi?
Car c'est à partir de ce jour que l'homme est né avec ses potentialités sublimes, et son travail d'au maximum les exprimer dans la réalité!]