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Terre d’Israël & la résurrection des morts

+ Terre d'Israël & la résurrection des morts :

-> A l'avenir, lors de la résurrection des morts, ceux qui se trouvent en dehors de la terre d'Israël seront eux aussi ressuscités, mais leur âme (néchama) ne les rejoindra qu'une fois arrivés en Israël.
Cela se réalisera par l'intermédiaire de l'os appelé louz, à partir duquel le corps sera reconstitué. Ils chemineront vers la terre d'Israël par des tunnels souterrains. [Zohar - Noa'h 69a]

-> Le Ramak explique que la résurrection des morts a pour but de réparer les fautes d'Adam Harichon.
Or, le corps ne peut recevoir une âme qu'en un lieu pur, donc en terre d'Israël. Ainsi, il existera des cavités souterraines où les corps demeureront dans la pureté jusqu'à leur arrivée en Israël.

-> Pourquoi Yaacov notre patriarche, ainsi que Yossef, ont-ils tant insisté pour être enterrés en Israël, alors même qu'ils étaient des Justes parfaits?
Il faut en conclure que Yaakov craignait de devoir emprunter ces tunnels souterrains. [Kétoubot 111a]

Mourir en terre d’Israël

+ Mourir en terre d'Israël :

-> La terre d'Israël est si intimement liée à ses enfants que même au moment de la mort, la Chékhina leur procure sa protection et leur témoigne sa reconnaissance.
Le Zohar (Térouma 150b) rapporte que quiconque meurt en dehors d'Israël, meurt par l'intermédiaire de l'ange de la mort, contrairement à ceux qui meurent en terre sainte, dont le départ est accompagné d'un ange de miséricorde (Gabriel).
Moché, Aharon et Myriam, quant a eux, sont morts par le baiser direct d'Hachem.

-> Tout celui qui est enterré en terre d'Israël est considéré comme ayant été inhumé sous le mizbéa'h (l'Autel). Même un esclave cananéen qui y serait enterré, est assuré d'une part au monde futur.
[guémara Kétoubot 111a]

Téchouva & Bien être physique et moral = indispensable à une vie juive

+ Téchouva & Bien être physique et moral = indispensable à une vie juive :

-> Le rav Avraham Kook (Orot haTéchouva) commence son exploration du thème de la téchouva en décrivant ses trois phases de base :
1°/ un corps et un esprit sains ;
2°/ une orientation saine vers la croyance religieuse ;
3°/ une aspiration idéaliste à s'aligner sur le plan de D. pour l'univers.

-> Selon le rav Kook, le concept de téchouva (qui est central dans le judaïsme), va au-delà d'une simple réparation religieuse suivant une faute, et la téchouva commence par le simple fait de s'assurer d'être en bonne santé.
La téchouva est essentiellement un retour aux sources. Ainsi, une personne doit d'abord revenir à son être physique naturel, à son moi physique naturel. Pour atteindre la paix intérieure et l'harmonie avec le monde, un individu doit d'abord avoir un corps sain.

À notre époque, où les magasins de produits diététiques et les clubs de sport abondent, ce simple enseignement est connu de presque tout le monde. Un corps sain est la base de tout effort créatif.
Ce qui est nouveau, cependant, c'est que le rav Kook considère que cela fait partie du processus de la téchouva.
Être en bonne forme physique est un facteur important non seulement pour atteindre le bien-être personnel, mais aussi pour forger un lien avec Hachem (voir Rambam - Michné Torah - Hilkhot Déot 4,1).

Une personne est en bonne santé lorsque l'ensemble de son métabolisme fonctionne dans un équilibre naturel adéquat. Une personne en phase avec le bon fonctionnement interne de son corps est capable de s'aligner correctement sur le monde.
Pour se connecter aux canaux spirituels qui relient le ciel et la terre, une personne doit d'abord être en bonne santé physique. Par exemple, l'une des exigences fondamentales de la prophétie est un corps fort et sain.
La santé physique et la santé spirituelle vont de pair. Le Rambam, qui travaillait comme médecin lorsqu'il n'étudiait pas la Torah, a systématiquement détaillé dans ses écrits les règles d'une vie saine, soulignant l'importance de l'exercice physique, d'un régime alimentaire approprié et des soins corporels comme condition préalable à l'observance de la Torah. [Michné Torah - Yessod haTorah - 7,1 ]

-> Le rav Kook enseigne que lorsqu'une personne corrige une habitude de vie qui n'est pas saine pour sa santé, elle fait téchouva. Ainsi, il s'avère que les gymnases et les salles de sports sont remplis de personnes qui font téchouva. [indépendamment du fait que les règles de pudeur n'y sont souvent pas respectées. ]
Lorsque nous courrons, ou bien faisons du vélo d'appartement pour se remettre en forme, nous nous rapprochons d'Hachem.
De même, si une personne arrête de fumer, elle se repent. Si une personne en grand surpoids suit un régime, elle s'engage sur la voie de sa perfection personnelle.
De même, lorsque nous avons une alimentation plus saine (ex: moins de mauvais sucre comme avec les sodas), alors nous revenons à un état plus sain.
Dans le langage du Rambam (Hilkhot Déot 5,1), cette personne remplace un aliment qui n'a qu'un goût agréable (ex: un soda) par un autre qui est bénéfique pour le métabolisme humain.
Comme il l'explique, une personne doit toujours manger ce qui est sain et pas seulement des aliments qui stimulent ses papilles gustatives.

Il est important de noter que si le bien-être physique est une règle de base de l'art de vivre, l'injonction d'être en bonne santé est un principe de la Torah. Il nous est demandé de veiller attentivement à notre vie (ouchmor nafché'ha méod - Vaét'hanan 4,9).
Il s'agit d'un avertissement nous invitant à éviter les dangers inutiles et à veiller à notre santé. Il est interdit de s'infliger des dommages physiques, quels qu'ils soient (comme fumer excessivement des cigarettes). [Baba Kama 91b ; Rambam Hilkhot Néziké mamon 5,1]

Le Rambam explique : "Avoir un corps entier et en bonne santé fait partie intégrante du service de D., car il est impossible d'avoir de la compréhension et de la sagesse dans le domaine de la connaissance du Créateur si un homme est malade.
C'est pourquoi il faut éviter les choses qui endommagent le corps et s'habituer à des choses qui favorisent la santé." [Hilkhot Déot 4,1]

Le rav Kook écrit qu'une personne doit faire téchouva pour ses faiblesses physiques (qui dépendent de nous) et leurs conséquences. Par exemple, une personne en surpoids ou bien ne mangeant pas de bons aliments, peut alors être plus facilement fatiguée, manquant d'énergie pour accomplir les mitsvot avec l'enthousiasme nécessaire, ou se sentir trop faible pour résister aux tentations interdites.
Sa fatigue peut aussi interférer avec l'étude de la Torah et la prière.
Dans le service d'Hachem, un corps et un esprit forts vont de pair.

Le rav Kook explique qu'un affaiblissement de la volonté est dû en grande partie à un manque d'énergie et de force physiques. Lorsque la volonté d'une personne est faible, elle peut tomber dans de nombreuses mauvaises habitudes.
Dans le cadre de son rétablissement général, une telle personne doit améliorer sa santé physique, ainsi que ses mondes moral et spirituel.
[rav David Samson ]

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-> "La téchouva est le sentiment le plus sain qui soit.
Une âme saine dans un corps sain doit nécessairement apporter la grande joie de la téchouva, et l'âme ressent par conséquent le plus grand plaisir naturel".
[rav Avraham Kook - Orot haTéchouva 5,1 ]

=> Il est important de noter le lien que le rav Kook établit entre la téchouva et la santé. Un corps sain est un fondement important de la téchouva.
Contrairement à l'image que l'on se fait du pénitent, à savoir un reclus morose, frêle et courbé qui fuit le monde, le véritable baal téchouva est en bonne santé, heureux, robuste et débordant de vie.

Lorsqu'une personne se débarrasse de ses mauvaises habitudes, comme la suralimentation et la cigarette, sa santé s'améliore. Sans ces éléments nocifs, elle est plus forte et plus dynamique. De même, lorsqu'une personne se débarrasse de ses mauvaises habitudes morales et de ses mauvais traits de caractère, sa santé spirituelle s'améliore.
Sans ces influences négatives, son âme est libre de recevoir le flux de lumière divine qui remplit l'univers.
Lorsqu'elle est en bonne santé physique et spirituelle, sa capacité à faire l'expérience du Divin est renforcée. C'est cette "rencontre avec Hachem" qui apporte l'afflux de joie que ressent tout baal téchouva.
Lorsque les murs malsains (provoqués par les fautes) qui l'avaient séparé d'Hachem sont éliminés de sa vie, il est prêt à faire la plus grande découverte de sa vie, la découverte que D. et le monde spirituel sont réels. Soudain, l'amour et la bonté d'Hachem l'entourent.
Toutes ses fautes sont pardonnés. Au lieu de l'obscurité, il y a de la lumière tout autour de lui et un bassin d'amour sans fin.
[rav David Samson ]

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+ Un corps et une âme fortes :

-> Il est intéressant de noter que le rav Kook (qui a vécu de 1865 à 1935) a été condamné par certains groupes ultra-orthodoxes appartenant à l'ancienne colonie de Jérusalem lorsqu'il a prôné les vertus de l'exercice et d'un physique sain.
Dans son ouvrage classique, Orot (Orot haTékhiya), le rav Kook écrit que l'exercice des jeunes juifs en terre d'Israël, afin de renforcer leur corps pour devenir des enfants puissants pour la nation, ajoute une force générale au peuple juif, ce qui permet aux justes d'apporter plus de lumière divine dans le monde.

Il écrit (Orot haTékhiya - p.80, para.34) :
"Lorsque les jeunes s'engagent dans le sport pour renforcer leurs capacités physiques et leur moral dans le but d'accroître la force globale de la nation ..., ce saint effort élève la Présence de la vigne divine encore plus haut, tout comme elle est exaltée par les chants et les louanges chantés par David, roi d'Israël, dans le Livre des Téhilim".

-> En entendant cette comparaison entre le sport et les Téhilim du roi David, la communauté ultra-orthodoxe de Jérusalem a attaqué Rabbi Kook avec véhémence. Ils craignaient que tout éloge des sionistes laïques ne conduise à un effritement des barrières entre le sacré et le profane.
Outre cette inquiétude bien réelle, leur attitude négative à l'égard de la force physique peut être considérée comme issue de l'état misérable du juif dans le ghetto.
Dans l'exil, les juifs de la Diaspora étaient impuissants face à l'oppression des non juifs. Une philosophie s'est développée selon laquelle un juif était censé se tourner uniquement vers Hachem pour le salut et le sauvetage.
Les juifs étaient si peu nombreux qu'ils ne pouvaient pas se battre. Les prouesses physiques n'avaient aucun sens. Un juif ne devait compter que sur la Torah et la prière.
Bien que cela ait pu être vrai dans la Diaspora, avec le retour du peuple juif en Israël, la force physique est devenue une nécessité si les juifs voulaient réussir à coloniser la terre et défendre les colonies juives contre des voisins hostiles.

-> Dans la génération du renouveau national, alors que la nation juive retourne dans sa patrie, un nouveau type de juif religieux doit apparaître pour relever le défi.
Le Kook (Orot - Orot haTékhiya p.80, para.33) écrit :
"Notre exigence physique est grande. Nous avons besoin d'un corps sain.
Par notre préoccupation intense pour la spiritualité, nous avons oublié la sainteté du corps. Nous avons négligé la santé et la force du corps. Nous avons oublié que nous avons une chair sainte, au même titre que notre esprit saint. Nous avons abandonné la vie pratique et nié nos sens physiques et ce qui est lié à la réalité physique tangible, par peur de la chute (une crainte d'Hachem qui n'inclut pas le monde matériel dans la sainteté), par manque de foi dans la sainteté de la terre ...

Toute notre téchouva ne réussira que si elle est, en même temps que sa splendeur spirituelle, une téchouva physique/matérielle qui produit un sang sain, une chair saine, des corps fermes et puissants, et un esprit flamboyant qui se répand sur des muscles puissants.
Grâce à la puissance de la chair sanctifiée, l'âme affaiblie resplendira, comme la résurrection physique des morts".

=> Ainsi, notre première étape sur le chemin de la téchouva est la santé physique, tant pour l'individu que pour la nation.
Partout dans le monde, en faisant du jogging ont vient vers Hachem.
La renaissance de la force physique entraîne un renforcement spirituel renouvelé.

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-> b'h, sur la santé : https://todahm.com/2022/03/17/la-sante

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+ La santé morale, psychique :

-> La 2e catégorie de téchouva naturelle concerne l'état psychique et moral de l'homme.

Le rav Kook (Orot haTéchouva 1) écrit :
"Une étape plus intérieure de la téchouva naturelle s'applique à l'état psychologique et spirituel. C'est ce que l'on appelle communément les "troubles de la conscience".
L'homme est naturellement enclin à suivre la voie de la droiture. Lorsqu'il s'écarte du chemin et tombe dans la faute, si son sens spirituel n'a pas été totalement corrompu, ce sens moral provoquera un malaise dans son cœur, et il en souffrira.
Il s'empressera de revenir et de corriger ce qui a été perverti, au point qu'il aura l'impression que la transgression a été effacée".

-> Par nature, les gens sont généralement bons. Ils aiment aider les autres et faire de bonnes actions. Lorsqu'une personne fait de mauvaises choses, elle éprouve généralement des remords.
Le rav Kook dit que cette tendance de l'homme le pousse à devenir une meilleure personne. Lorsque les nombreuses et puissantes forces de la vie amènent une personne à s'écarter des sentiers de la droiture et de la bonté, cette personne voudra mettre fin à son comportement médiocre et revenir à un niveau plus élevé. La voix intérieure de sa conscience l'incite à vouloir corriger sa faute.
Selon le rav Kook, le deuxième élément de la téchouva naturelle est le fait d'être simplement un homme.
La téchouva naturelle est le fait d'être une bonne personne.
[rav David Samson ]

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+ La téchouva religieuse :

-> Après que la téchouva a élevé une personne en la mettant en harmonie avec les exigences intérieures de son corps et de son âme, la téchouva religieuse apparaît. C'est la téchouva que la plupart des gens identifient comme le repentir.
Dans ce cas, la personne décide non seulement d'être en bonne santé physique et morale, mais aussi de trouver grâce aux yeux d'Hachem.

-> "Après le stade naturel de la téchouva (physique, morale), vient la téchouva inspirée par la croyance religieuse. Cette phase de la téchouva découle de la religion et de la tradition, qui traitent abondamment de la téchouva. La Torah promet le pardon à ceux qui reviennent de leurs fautes.
Les fautes de l'individu et de la communauté sont effacées par la téchouva. Les prophètes vantent les vertus de la téchouva. En général, toute la valeur des admonitions de la Torah repose sur la téchouva inspirée par la croyance religieuse".
[rav Avraham Kook - Orot haTéchouva 1 ]

-> Il est important de souligner que le rav Kook considère que les différentes phases de la téchouva vont de pair. La téchouva religieuse ne doit pas se faire au détriment d'une bonne santé physique et psychologique.
Une personne ne doit pas être extérieurement religieuse mais moralement corrompue ou physiquement faible. Chaque étape doit être basée sur l'étape précédente.
Une personne doit d'abord être en bonne santé physique. Ensuite, elle doit avoir un état d'esprit sain. Elle doit se sentir motivée pour faire de bonnes choses et remédier à ses lacunes éthiques.

Une fois qu'on est en bonne santé et sur une voie morale positive, on peut s'engager dans la religiosité.
Ce faisant, on élève son code moral personnel à un niveau plus élevé et plus saint en adoptant un ensemble de règles éthiques prescrites non pas par les desseins de son cœur, mais par la parole de D. (Hachem) telle qu'elle est énoncée dans la Torah.
[rav David Samson ]

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-> Parfois, lorsqu'une personne tente de s'accrocher aux hauteurs de la spiritualité et au monde des pensées élevées, il y a un risque qu'elle devienne désorientée par rapport à sa nature physique, et que son corps soit influencé par des facteurs maléfiques.
Le rav Kook enseigne que pour s'engager dans les domaines supérieurs de la spiritualité, une personne doit d'abord se concentrer sur sa santé physique et sa pureté morale, en se débarrassant de l'orgueil, de la colère, de l'envie et d'autres choses semblables.
[rav Avraham Kook - Orot haTéchouva 14,2 ]

Le Séfer Yétsira

+ Le Séfer Yétsira :

-> Le Séfer Yétsira est un texte hébreu ancien, écrit par Avraham et transmis à Its'hak, puis à Yaakov et enfin à ses éminents enfants. [Chla'h - Vayétsé]
Le texte donne diverses méthodes pour manipuler les lettres de la langue sainte de l'hébreu afin de créer certaines choses.
Des personnes ont été créées avec le livre, comme Avraham qui a créé des êtres (Rokéa'h - Lé'h Lé'ha), les tribus qui ont créé des femmes avec lesquelles ils allaient se promener (Chla'h - Vayéchev), Yirmiyahou et son fils Sira qui ont créé une personne (Yalkout Réouvéni - Béréchit), et enfin Rava qui a fait de même (Sanhédrin 65b).

Des animaux ont également été créés avec le Séfer Yétsira.
Les tribus l'ont fait (Chla'h - Vayéchev), Avraham l'a fait, créant du bétail pour nourrir les anges ('Hessed léAvraham 5,54), et enfin Rav 'Hanina et Rav Oyshaya ont créé un veau "troisième né" (Sanhédrin 65b).

-> Ces créations présentent certaines qualités.
Ils ne peuvent ni parler (Sanhédrin 65b), ni entendre (Mégadim 'Hadachim Béra'hot 139 - au nom du Chéalat Yaavets 2,82).
On ne peut créer de telles créatures que le vendredi, car les animaux ont été créés le 6e jour de la Création. [Rachba - Sanhédrin 65b]
Ces créatures n'existent que pendant 24 heures, et la viande des animaux ne rassasie pas. [Ben Ich 'Haï - Ben Yéhoyada - Sanhédrin 65b ]

On ne doit pas utiliser le Séfer Yétsira lorsqu'on est seul (Yalkout Réouvéni - Béréchit), et il est interdit d'utiliser ce séfer si l'on n'est pas âgé d'au moins 20 ans (Kessef Nivchar Vayéchev - au nom du Ramak).
Si l'on écrit à l'envers la formule des lettres hébraïques utilisées pour créer une créature, celle-ci redevient poussière. [Yalkout Réouvéni - Béréchit]

La séouda du Léviatan

+ La séouda du Léviatan :

-> Le festin le plus merveilleux est réservé aux tsadikim (justes) dans le monde futur. Hachem prévoit que le repas comprendra : le Béhémot, le Léviatan et le Ziz. [guémara Baba Batra 74b]

Le Ziz est un énorme oiseau selon Rachi (Bé'horot 57b), qui recouvre tout le soleil lorsqu'il déploie ses ailes, et qui a de nombreux goûts (midrach Vayikra rabba 22,10).

A la fin des jours, il y aura un combat tout à fait inhabituel : le Léviatan utilisera sa nageoire pour massacrer le Béhémot au moment même où le Béhémot sera en train d'éventrer le Léviatan. [midrach Vayikra rabba 13,3]
La manne sera également servie lors du festin. [ajout du Ba'h sur 'Haguiga 12b ; Tiféret Tsvi sur Zohar Béchala'h 62b ]

Qu'y boire? Bien sûr, le vin des raisins des six jours de la création. [Otsar midrach Séoudat Gan Eden 89 ]

Quel sera le dessert? Des fruits du Etz Ha'haïm (Ohr Olam - Béréchit), et des amandes du bâton d'Aharon (Mégadim 'Hadachim - Kora'h).

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+ Le Leviatan :

-> [Concernant les Justes,] Rabba dit au nom de Rabbi Yo'hanan : De la chair du Léviatan, Hachem fera un grand festin ... Hachem fera des cabanes avec la peau du Léviatan. [Baba Batra 74b]

-> Le Léviatan est un poisson casher. ['Houlin 67b]

-> Hachem a créé cette énorme créature marine pour s'amuser avec (Leviatan zé yatsarta lécha'hék bo - Téhilim 104,26).

-> Hachem en a fait deux et a castré le mâle, tué la femelle et l'a salée pour qu'elle soit mangée à l'avenir par les justes (tsadikim) dans le monde à Venir.
En effet, s'ils s'accouplaient le monde entier serait dévasté. [Baba Batra 74b]

Le Rachba interprète littéralement ce récit talmudique du festin de Léviatan (en saumure), en y ajoutant un niveau plus profond de compréhension dans lequel le Léviatan représente l'union de l'esprit et de l'âme (qui ne sera possible que dans le monde à Venir).
En revanche, le Rambam (Yad Ha'Hazaka - Hilkhot Téchouva 8,6) est d'avis que le Léviatan n'est pas une véritable créature, et que ce festin destiné aux Justes n'est pas un plaisir matériel.

-> La peau du Léviatan sera utilisée comme habitation pour les Justes (Baba Batra 74b), bien qu'une autre opinion affirme que la peau sera utilisée comme vêtement pour les Justes et sera également étalée sur les murs de Yerushalayim (Tossefot Hachalem - Térouma).

-> Le Léviatan a l'apparence d'un humain. [midrach Talpiot - Houkim]
Sa chair brille plus que sa peau. [Torat 'Haïm - Vayé'hi - sur Baba Batra 75a]

Il mange le poisson Shibouta (Baba Batra 74a), ainsi que toutes les grosses créatures marines (Pirké déRabbi Eliézer 9).
Il ne mange pas souvent, peut-être une fois par Shémita ou une fois par Yovel, et ne boit pas souvent, peut-être une fois tous les 70 ans. [Ben Ich 'Haï - Ben Yéhoyada - Baba Batra 74a]

Ce qui est amusant, c'est que malgré sa taille, il a peur de la petite créature appelée Kilbit (כִּילְבִּית). [Shabbath 77b]

La sorcellerie

+ La sorcellerie :

-> La sorcellerie est interdite dans la Torah. En ce sens : "La sorcière, tu ne la laisseras point vivre" (Michpatim 22,17).
Rachi : le texte s’applique aux hommes autant qu’aux femmes, mais il parle de ce qui est le plus courant, car c’est la sorcellerie féminine qui est la plus répandue.

-> Les sorciers du Pharaon utilisaient la sorcellerie pour transformer leurs bâtons en serpents. [guémara Sanhédrin 67b] [l'Egypte était la capitale mondiale de la sorcellerie, et même les enfants savaient l'utiliser. ]
Ben Stada a caché des incantations magiques d'Egypte dans une entaille dans sa chair. [guémara Shabbath 104b]
Amalek était certainement un grand sorcier, et lors de la première guerre contre les Bné Israël, il a choisi des personnes dont l'anniversaire était ce jour-là afin que, astrologiquement, elles soient protégées. [Yérouchalmi Roch Hachana 3,8]
Balak était un grand sorcier qui utilisait un oiseau qu'il avait façonné pour sa magie. [Ohr ha'Haïm haKadoch - Balak 22,41]
Bilam était aussi connu pour cela et il a écrit un livre d'incantations. [Zohar - Haazinou 299b]

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+ Quelques propriétés intéressantes de la sorcellerie :

-> Si vous soulevez une sorcière du sol, sa magie ne fonctionnera pas. [Rachi - Sanhédrin 77b]

-> Toute sorcellerie peut être arrêtée en utilisant de l'eau (Sanhédrin 77b), puisqu'elle ne fonctionne pas sur l'eau (Sanhédrin 67b ; Tiféret Yéhonatan Béréchit).

-> La sorcellerie ne fonctionne pas non plus le jour lorsque le ciel est nuageux. [Tiféret Yéhonatan - Balak]

-> Le meilleur moment pour les grandes sorcières est de 12h30 à 15h30 et c'est ce qu'on appelle Erev Gadol et les sorcières sont appelées Erev Rav. Les petites sorcières travaillent de 15h30 à minuit. [Zohar - Ki Tissa 191a]

-> En plus de l'heure, le jour lui-même doit être correct, car par exemple certaines sorcelleries ne fonctionneront pas le Shabbath. [Sanhédrin 65b]
[en effet, les nécromanciens qui ressuscitent les morts ne peuvent pas le faire le Shabbath. (Béréchit rabba 11,15 ; Rachi - Sanhédrin 65b) ]

-> Enfin, il faut savoir que le fait de porter des vêtements en lin est une protection contre la sorcellerie. [Méam Loez - Yéhochoua 2,6]

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-> Nous voyons que les sorciers d’Égypte pratiquaient la magie et étaient capables de recréer en partie les miracles des plaies du sang et des grenouilles. De même, la guémara décrit divers actes de magie que les gens parvenaient à accomplir. Pourquoi ce pouvoir de la magie a-t-il disparu?

Tant que nous avions des prophètes qui accomplissaient des miracles et des prodiges, Hachem permettait également aux gens de puiser dans les pouvoirs de l’impureté et de pratiquer la magie, afin de maintenir l’équilibre nécessaire à l’existence du libre arbitre.
Cet équilibre s’exprime dans l’un comme dans l’autre. Cependant, une fois que la prophétie a cessé et que Hachem n’a plus accompli de miracles manifestes, le pouvoir de la magie a également disparu.
[rav Moché Sternbuch]

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-> b'h, également sur la sorcellerie : https://todahm.com/2026/06/10/la-sorcellerie-2

Le loup-garou

+ Le loup-garou :

Le concept de loup-garou existe dans la littérature juive, et en général, seules quelques personnes peuvent devenir des loups-garous. [Tsioni Béréchit]
Et ces personnes auront toujours une queue lorsqu'elles se reconvertiront en humains. [Rabbénou Efraïm - Vayé'hi]

Les loups garous ne peuvent se reconvertir qu'en mangeant du sang humain (Rabbénou Efraïm - Béréchit), ou en répandant des cendres sur eux (Rabbénou Efraïm - Vayé'hi).

Le loup-garou le plus célèbre que nous connaissions était Binyamin, le fils de Yaakov. [Rabbénou Efraïm - Vayé'hi ]
Yaakov était capable de contrôler Binyamin pour l'empêcher de se transformer en loup-garou. [Rabbénou Efraïm - Vayigach]

Le nom de "loup-garou" figure dans le séfer 'Hassidim (1465), mais il est également appelé "Louf Garo" (Rabbénou Efraïm - Vayé'hi).

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+ Binyamin = un loup-garou :

-> "Binyamin est un loup qui déchire (zéev yitraf)" (Vayé'hi 49,27)

-> Rabbénou Efraim Ben Chimchon (13e siècle) fait spécifiquement référence aux loups-garous en parlant de Binyamin, le fils de Yaakov.
Dans la Torah, Yaakov exprime sa crainte de laisser Binyamin partir [en Egypte avec ses frères] en disant "et il arriverait malheur" (Vayigach 44,29).
Rabbenou Ephraim l'interprète en faisant une lecture littérale du verset désignant Binyamin comme "un loup qui déchire" (Vayé'hi 49,27). Binyamin était un "loup qui déchire", s'attaquant parfois aux humains. Lorsqu'il fut temps pour lui de se transformer en loup-garou, comme il est dit : "Binyamin est un loup prédateur(qui déchire)", tant qu'il était avec son père, il pouvait compter sur un médecin, et c'est grâce à ce mérite qu'il ne se transformait pas en loup-garou.
Il est dit : "Il quittera son père et mourra" (Vayigach 44,22), autrement dit, lorsqu'il se séparera de son père, il se transformera en loup-garou et n'importe qui souhaiterait le tuer.

-> Dans un second passage du manuscrit de Rabbénou Efraïm, attribué à "un manuscrit allemand" ("kétiva ashkénazit" apparemment des élèves de Rabbénou Efraim ou d'autres sages contemporains), il est également fait état de cette ressemblance entre le loup-garou et la tribu de Binyamin :
"Il y a une sorte de loup appelé loup-garou, qui est une personne qui se transforme en loup. Lors de sa transformation, ses pattes sortent de ses épaules. Ainsi est-il dit à propos de Binyamin : "il se tiendra entre ses épaules" (Vézot haBéra'ha 33,12).
La solution pour [échapper à] ce loup lorsqu'il entre dans une maison, consiste à prendre de la cendre du brasier et à la répandre devant lui. Ainsi dans le Temple, on lançait quotidiennement des cendres près de l'autel, comme il est écrit, "il enlèvera sur l'autel la cendre de l'holocauste consumé par le feu, et la déposera à côté de l'autel" (Tsav 6,3).
Ces personnes naissent avec des dents, indiquant qu'ils sont prêts à dévorer le monde, ou bien comme un signe que cet enfant sera différent des autres.
De même, Binyamin détruisit (littéralement "mangea") sa mère qui en mourut, comme il est écrit, "au moment de rendre l'âme, car elle mourut, elle le nomma Ben-Oni (le fils de ma souffrance)" (Vayichla'h 35,18) ... et même lorsqu'ils reprennent leur forme humaine, ils ont toujours une queue, ainsi la part (en Israël) de la tribu de Binyamin avait une bande qui entrait dans la part de Yéhouda où était construit le Temple."

=> Selon Rabbénou Efraïm (sur Vayigach 44,29), Binyamin était non seulement un loup-garou, mais il a tué sa mère Ra'hel.

-> Rabbénou Efraïm (sur Béréchit 1,28) dit ces hommes qui se transforment en loup peuvent reprendre une forme humaine qu'après s'être nourri de sang humain.
[cela peut expliquer à quel point il a pu en venir à tuer sa mère, puisque totalement attiré par du sang humain.
Précision importante : cela est la vision d'un grand de la Torah (Rabbénou Efraïm), et évidemment la volonté d'Hachem dépasse totalement notre compréhension, surtout lorsque l'on parle de géant comme Ra'hel et Binyamin. ]

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-> Le rav Yé'hiel Halpern (1660-1747) raconte que cyclopes, licornes, loups-garous et de nombreuses autres créatures étranges ont été créées à la suite du Déluge.
Il écrit dans son Séder Hadorot (vol.1) :
"On dit qu'après la division des langues [lors de la Tour de Babel], Hachem créa d'étranges créatures hybrides qui se reproduisent les unes avec les autres. Dans la région de Sitiya, des gens n'ont qu'un œil sur le front ; en Inde certains n'ont pas de bouche pour manger et boire ; dans les montagnes indiennes, il y a des humains avec une queue, certains ont un corps de cheval, une tête de bélier et une corne brillante sur le front, ou possèdent trois rangées de dents et le corps d'un lion, d'autres n'ont qu'une jambe avec un pied très large et courent vite, ou encore il y a ceux qui n'ont pas de cou et des yeux sur la colonne vertébrale ou ceux dont le corps est couvert de verdure avec des dents de chien ; en Crête, il y a une créature qui a une forme humaine et les jambes d'un cheval qu'on appelle satyre ; il y en a également qui se transforment en loups quand vient l'été et reprennent leur forme humaine l'hiver, qui servent Mars et lui offrent des sacrifices humains ..."

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-> Rabbi Yéhouda Ha'Hassid (1150-1217), aborde à plusieurs reprises dans son séfer 'Hassidim des personnes ayant la faculté de se transformer en animal, y compris en loup.
On peut citer (séfer Hassidim n°1166) : "Le serpent [originel] marchait sur deux pattes et ressemblait quelque peu à une personne. La preuve à cela est que lorsque certains se transforment en loups, en chats ou en ânes, leurs yeux ne changent pas ; de même lorsque le serpent fut changé, ses yeux ne changèrent pas."

-> Le Tossafiste rabbi Moché Takou (Ktav Tamim) décrit aussi des personnes qui se changent en loups ou en lapins.

-> Il semblerait que Rachi également fasse mention du loup-garou dans son commentaire sur Iyov (5,23). [voir le Otsar Laazé Rachi al haTana'h de Moché Katan]

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-> "Nabuchodonosor fut chassé du milieu des hommes, mangea de l'herbe comme les bœufs, son corps fut humecté par la rosée du ciel, au point qu'il lui poussa des poils pareils [aux plumes] des aigles et des ongles comme des griffes d'oiseaux" (Daniel 4,30).

Certains de nos Sages l'interprètent comme une maladie mentale (une personne se croyant transformée en animal), mais d'autres Sages l'ont compris comme une véritable métamorphose. Dès lors, l'idée qu'un humain se transforme en loup ne paraît pas si absurde.

Les sirènes

+ Les sirènes :

-> Les sirènes font également partie de notre culture et apparaissent dans la guémara (Bé'horot 8a) sous le nom de Dolphanim (דּוֹלְפָנִין).
"Que sont les Dolphanim? Rav Yéhouda dit : Ce sont des créatures appelées les enfants de la mer" (bné yama).

Rachi (Bé'horot 8a) dit que le nom en laaz (langue étrangère), est Sirèna.
Elle est décrite comme une créature dont la moitié supérieure a une forme humaine (de femme) et la moitié inférieure une forme de poisson.
[cela est rapporté aussi dans le Midbar Kedmot (Dag) du 'Hida ; Tossefot Hachalem - Chémini]
[Rachi renvoie une sirène à "bat yam" (fille de la mer)]

Selon le Ramban (Chémini 11,10), un autre nom est Silonis.
Selon le Torah Cohanim (Chémini 3,4) et le Raavad, il y a une divergence d'opinion si le nom est Silonis ou Sironis.

-> Le midrach (Aggada Vaéra) rapporte que les sirènes ont rejoint les autres animaux pendant la plaie des bêtes sauvages.
Pendant cette plaie, leurs bras, de 10 amot de long (environ 5 mètres), étaient remplis de poison, et elles s'agrippaient sur le toit pour ouvrir les portes verrouillées des égyptiens (permettant aux bêtes sauvage de rentrer).

-> On dit qu'elles chantent pour les marins en mer, ce qui les endort, puis elles montent à bord du bateau, tuent et mangent les marins. ['Hida - Midbar Kedmot (Dag) ; Tossefot Hachalem - Chémini]

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-> Rachi (Bé'horot 8a) explique que ce sont des êtres capables de se reproduire comme des êtres humains, à partir d'un être humain, c'est-à-dire que si un homme s'accouple avec cette créature, elle pourra enfanter de lui (contrairement à toutes les autres créatures terrestres).

-> Le 'Hida (dans son Midbar Kedmot - Dag) raconte ses pérégrinations lors de son très long périple autour du monde. Il dit effectivement avoir aperçu ces sirènes en mer Baltique. Elles avaient une voix extrêmement étrange qui attirait les matelots de l'époque qui, souhaitant découvrir d'où venaient ces voix détournaient leurs bateaux qui venaient chavirer sur les récifs dans lesquelles elles se cachaient. Elles montaient ensuite dans les bateaux pour dévorer les matelots. Cependant, il affirme que désormais elles n'existent plus.

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-> "Il existe des créature marines, moitié homme, moitié poisson, appelées sereine en vieux français.
... elles se reproduisent avec les humains. Cela signifie qu'une personne peut avoir une relation avec eux et procréer."
[Rachi - guémara Bé'horot 8a]

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-> "Tout ce qui n'est pas pourvu de nageoires et d'écailles, dans les mers ou les rivières, ce qui pullule dans l'eau, et les créatures vivantes (néfech ha'haya) qui l'habitent, ils vous sont abominables" (Chémini 11,10).

-> Sur ce verset le midrach (Sifra - Chémini 3,7) explique :
"Ha'haya" = c'est un animal de la mer, "Néfech" cela inclut le silonis (ou sirone, selon le Arou'h). On aurait pu penser qu'il transmet l'impureté [lorsqu'il est mort] dans une tente [comme les humains] comme l'avis de Rabbi Hanina, c'est pourquoi il est dit [dans 'Houkat 19,14 au sujet de l'impureté transmise par un cadavre] "Cela" [faisant référence exclusivement à l'homme et excluant le sirone)."

Le Raavad (1120-1197) dans son commentaire de ce Sifra décrit ce sirone comme une créature dont la partie supérieure ressemble à une femme et qui chante d'envoutantes mélodies.

-> Le Mochav Zekénim, commentaire sur la Torah des tossafistes médiévaux, l'explique de la même manière :
"Dans Torat Cohanim (sur Chémini 11,10) il est dit que cela inclut également la sirène. Il s'agit d'une créature aquatique dont la partie supérieure est similaire à une femme en tout point, elle possède des seins et de longs cheveux ; à partir du nombril, elle a les attributs d'un poisson. Elle chante de façon magnifique avec une voix plaisante."

-> Le rav Tsvi Hirch Rapaport (dans son Ezrat Cohanim), explique que cette sirone est le dolfin de la guémara (Bé'horot 8a). Il le décrit comme "étant similaire à un poisson avec des écailles proches de la queue, de longs bras et la forme d'une personne".

-> La compilation midrachique du 13e siècle Yalkout Chimoni (Vayikra - remez 137), reprend le midrach Sifra ci-dessus. Il indique pareillement que le mot "âme" (néfech) vient inclure le silonis (dans d'autres version sironis).

Le Maguen Avraham (1635-1682) explique que le silonis est une "personne de la mer". [Zayit Ra'aman - commentaire sur le Yalkout Chimoni]

-> Le rav Avraham ben Chmouel Guédalia de Jérusalem (17e siècle) explique :
"Sireni = une personne de la mer, dont la partie supérieure a la forme d'une femme qui chante constamment, et qui est déduite du mot "âme" (nefech). On aurait donc pu penser qu'il entre dans la catégorie de "lorsqu'une personne meurt dans la tente" , c'est pourquoi il est dit dans le passage traitant de la vache rousse : "Voici la loi : lorsqu'un homme meurt dans la tente" (début de 'Houkat), spécifiquement une personne qui vit sur la terre et qui généralement meurt dans une tente, qui transmet l'impureté et pas une personne de la mer."
[Brit Avraham sur Yalkout Chimoni Vayikra Remez 137]

-> L'idée est que le sirone dont parle le Sifra fait forcément référence à une créature humanoïde. En effet, s'il a trouvé nécessaire de nous apprendre que le cadavre de cette créature ne transmet pas l'impureté comme celui des humains, c'est parce qu'elle doit beaucoup lui ressembler. Par ailleurs, Rabbi Hanina maintien que son cadavre est effectivement impur comme celui des humains.

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-> Dans le texte médiéval Sefer HaArou'h (Eré'h sironi), on trouve écrit :
"Sironi : le Sifra (parachat Chémini) explique sur le passage traitant des poissons : "Hanéfech sert à inclure la sirène". Dans certains textes, il est écrit silonis, mais il s'agit d'une erreur. Ce mot, grecque ou latin, désigne une créature dont la partie supérieure ressemble à une femme et la partie inférieure à un poisson.
Il m'a été rapporté que le roi de la région Nord, qui régnait sur le Danemark et la Norvège, vit une de ces créatures sur un banc de sable lorsqu'il naviguait près de son royaume. Il y a plus de dix ans, je le questionnais à ce propos, il restait silencieux. Je compris qu'il doutait, à cause de la distance, si la créature qu'il avait vue était une sirène ou un autre animal. De plus, lorsque la créature entendit l'officier du bateau crier, "Mon maître le roi, tournez-vous et regardez cette chose extraordinaire", la créature plongea immédiatement dans la mer. Mais l'officier et les marins témoignèrent que c'était bien une sirène qu'ils avaient vue.
Les poètes firent des sirènes des créatures qui chantent d'une voix mélodieuse, et peut-être que sirène vient du mot : "chira" (chant).

-> Il est à préciser que contrairement à ce que certains pensent, ce récit n'est pas celui de l'auteur du Arou'h, Rabbi Nathan ben Ye'hiel de Rome (1035-1106), mais plutôt une glose du 17e siècle de Rabbi Binyamin Moussafia (1606-1675), auteur du Moussaf HaArou'h, un commentaire du Arou'h. Il était le médecin de Christian IV, roi de Danemark et de Norvège qu'il eut donc la possibilité de questionner.
Le Gaon de Vilna (dans son Adéret Eliyahou - Chéminin 11,10) va en ce sens, et cite l'explication de Rabbi Binyamin Moussafia de sironis comme étant la sirène.

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-> Le Hida (1724-1806) écrit (Midbar Kedmot - maaré'het dalet 13) :
"Il y a un poisson de la mer appelé sirène, dont la partie supérieure a la forme d'une jeune femme, et la partie inférieure celle d'un poisson. Cette créature vit dans les zones rocheuses et dangereuses de la mer. Lorsque les bateaux passent, elle commence à chanter d'une voix extraordinairement plaisante jusqu'à ce que le sommeil tombe sur les marins puis elle grimpe sur le bateau, et dévore tous ses passagers."

-> La sirène est également mentionnée par le Kabbaliste italien le rav Chlomo Aviad Sar Chalom Basilia (1680-1749). Dans son Emounat Ha'hamim (chap.5), il rapporte :
"À présent, sache que concernant cette sirène (en faisant référence au midrach Sifra), les sages non-juifs sont tous d'accord qu'il n'a jamais existé de telle créature, mais qu'il s'agit plutôt d'une parabole des poètes grecs connus pour inventer des mythologies.
Et l'un des philosophes d'une autre nation m'a donc affirmé que nos Maîtres de mémoire bénie, ont été influencés par les Grecs et s'étaient trompés, parce que tous les naturalistes les ont cherchées sans jamais les trouver. Mais après des siècles, juste l'année dernière, les hommes du roi de France lors de leur traversée en mer ont trouvé une créature dont le visage et le corps étaient similaires à ceux d'une personne, excepté les mains. Les marins l'ont tous vu, et envoyèrent leur récit dans toutes les contrées d'Europe, et les paroles de nos Sages s'en sont trouvées vérifiées!"

Changement de sexe

+ Changement de sexe :

-> La femme de Potifar incitait sans cesse Yossef à fauter avec elle. Un jour, alors qu'il était sur le point de succomber à ses avances, il s'est examiné et a constaté qu'il n'était plus un homme (devenant momentanément féminin). [Hadar Zékénim - Vayéchev]

-> D'autre part, la reine Vashti a refusé de se présenter nue devant A'hachvérosh et ses invités. La raison acceptée est que l'ange Gavriel lui a façonné une queue ou qu'elle a eu la lèpre. [guémara Méguila 12b]
Le rav Shlomo Alkabetz (auteur du Léha Dodi), dans son Manot HaLévi (1,12), a une autre opinion selon laquelle Vachti a été gênée de venir nue parce qu'elle est devenu un être masculin.

Des créatures inhabituelles

+ Des créatures inhabituelles :

-> Voici les fils de Tsivon : Aya et Ana, le même Ana qui trouva les "yémim" dans le désert, lorsqu'il mena paître les ânes pour Tsivon, son père" (Vayichla'h 36,24)
Rachi explique que les "yémim" sont des mules. Il (Ana) avait croisé âne et jument, produisant ainsi un mulet.
Selon le séfer Hayachar (Vayichla'h), autour de ce désert, 120 créatures sont venues dans cette région. Certaines d'entre elles, leur partie inférieure ressemblaient à celle des humains, mais en haut elles ressemblaient à des ours ou des singes.

-> Tzéfo, fils d'Eliphaz, lui-même fils d'Essav, partit un jour à la recherche de sa vache et la trouva dévorée par une créature dont la moitié supérieure ressemblait à un humain, mais dont la moitié inférieure ressemblait à un animal. [séfer Hayachar - Chémot]

-> Il y a un lieu souterrain appelé Arka, et c'est là que vivaient des descendants de Kayin, dont certains avaient deux têtes. [Zohar Vayétsé 157a ; Vayichla'h 178a]
Et en effet Ashmodaï, le chef des démons, a fait sortir un homme à deux têtes du sous-sol.

-> Une autre opinion affirme que le lieu souterrain appelé Tével est l'endroit où l'on trouve des créatures inhabituelles. Certaines ont une tête de lion sur le corps d'un homme, ou une tête de bœuf sur le corps d'un homme, tandis que d'autres sont exactement le contraire.
Enfin, il y a aussi la tradition de l'homme à deux têtes, quatre mains, un corps et seulement deux jambes.
['Hessed léAvraham 2,4]