"Les nations du monde se plaignent que les juifs empêchent les bénédictions de les atteindre.
Elles voient que les juifs sont trop riches, trop talentueux, trop intelligents, et qu'ils prennent tout pour eux-mêmes.Mais la réalité est qu'ils sont le conduit dans lequel passent toutes les bénédictions.
Dans chaque pays où les juifs prospèrent, c'est l'ensemble du pays qui prospère avec eux.
Il en a été ainsi tout au long de l'histoire."[Sfat Emet]
Catégorie : z- Autres
Ceux qui ont jeûné 40 jours
+ Ceux qui ont jeûné 40 jours :
Il y a une limite naturelle à la durée pendant laquelle une personne peut jeûner et rester en vie.
Pourtant, il existe des personnes qui ont pu miraculeusement jeûner pendant 40 jours. On peut citer :
- Moché sur le mont Sinaï. [Ekev 9,9]
- Les Bné Israël pendant la dernière série de quarante jours que Moché passa sur le mont Sinaï (pour récupérer les 2e Tables de la Loi). [Tana déBé Eliyahou Zouta 4]
- le roi Shlomo. [Yalkout Chimoni - Michlé 929]
- Eliyahou. [Méla'him I 19,8]
- les mouton de Yitro que Moché gardait. [midrach haGadol Chémot 3,1 ; midrach Agada Chémot 3,1]
Les anges qui influencent les clients
+ Les anges qui influencent les clients :
-> Rabbi Na'houm de Tchernobyl dit : "Une personne qui place l'entrée de son magasin face à la rue principale manque de émouna, car elle doit avoir la foi que les acheteurs entreront même si sa porte est sur le côté".
Il faisait remarquer que chaque non-juif est accompagné de deux anges qui le guident vers le magasin où il est destiné à acheter des marchandises.
[ à cette époque, la plupart des transactions commerciales concernaient des ventes à des non-juifs, raison pour laquelle Rabbi Na'houm a fait cette remarque en référence à un acheteur non juif. Mais cela vaut évidemment aussi pour les acheteurs juifs, comme nous le verrons juste après dans le séfer 'Hassidim. ]
-> Le rabbi de Klausenbourg, en rapportant cela, ajoutait qu'il avait trouvé une source à l'affirmation de Rabbi Na'houm dans le séfer 'Hassidim (309) : "Lorsque le mazal (destinée) d'un commerçant est en hausse, Hachem envoie des anges pour inciter les vendeurs à se rendre à l'endroit où il se trouve, et incite le marchand à acheter leurs marchandises. Ces anges incitent ensuite les acheteurs à venir vers le commerçant, ou incitent ce dernier à aller vers eux et à leur vendre ses marchandises".
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-> Lorsqu'avec honnêteté d'esprit, une personne investit les efforts qui sont nécessaires (et non excessifs) et laisse le reste entre les mains d'Hachem, alors Hachem lui fournit tout ce dont elle a besoin, comme le dit le verset : "Quant à celui qui se confie en Hachem, la bonté l'entoure" (Téhilim 32,10).
Cela est développé en détail dans le moussar, comme par le 'Hovot HaLévavot (chaar HaBita'hon).
+ "Que son souffle se retire de lui, il rentre dans sa poussière" (Téhilim 146,4)
Concernant une personne décédée, pourquoi est-il écrit "dans SA poussière" et non "dans la poussière"?
Le rav 'Haïm Kanievsky rapporte le midrach (Tan'houma Pékoudé 3) qui décrit comment avant qu'un enfant ne naisse, un ange prend cette nouvelle âme et lui montre la récompense du juste dans le Gan Eden, et également la punition du mauvais au Guéhinam (enfer).
Ensuite, l'ange voyage avec cette âme, lui montre la place où elle mourra et la place où elle sera enterrée.
Le rav 'Haïm de dire : "Ainsi, la place d'une personne décédée est en effet "SA place", car c'est dans ce morceau de terre qu'elle est destinée à être enterrée, et ce avant même sa naissance!"
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-> Le rav 'Haïm Kanievsky dit que selon nos Sages, pour chaque personne, il est décrété par Hachem :
- le moment exact où l'on doit mourir ;
- le nombre précis de pas que l'on va faire durant tout notre existence sur terre ;
- le nombre précis de mots que l'on va prononcer durant toute notre vie.
Quelle est l’origine première des convertis?
+ Quelle est l'origine première des convertis?
-> Le tsadik Guer Tsédek (né comte Valentin Pototski), qui a vécu à l'époque du Gaon de Vilna, et qui est mort sur le bûcher pour avoir renoncé à la religion chrétienne pour la religion juive, a répondu :
"Lorsque Hachem s'est approché de chacune des nations pour leur demander si elles acceptaient la Torah, elles l'ont toutes refusé.
Cependant parmi elles, il se trouvait de rares personnes d’exception, qui voulaient accepter la Torah.
Ces personnes sont les ancêtres de tous les convertis dont les âmes étaient aussi présentes lors du don de la Torah."
-> Le Méam Loez (Nitsavim 29,10) écrit également en ce sens :
"Les convertis qui se joignent à Israël proviennent des étincelles de sainteté dispersées parmi les peuples. Lorsque avant de donner la Torah à Israël, D. l'a proposée aux nations, une minorité de non-juifs parmi elles désiraient l'accepter mais la majorité l'a emporté.
C'est de cette minorité d'âmes que proviennent ceux qui se convertissent au fil des générations."
-> Le rav Akiva Eiger rapporte également cette réponse, et ajoute qu'en même temps parmi le peuple juif, certaines personnes ne voulaient pas accepter la Torah, mais par honte ou crainte, elles se sont jointes à la masse et ont dit : "Nous ferons et nous comprendrons".
Cependant, des années plus tard, ces âmes vont s'écarter de leur foi et vont tragiquement se convertir ou s'assimiler.
-> Selon la guémara (Shabbath 146a), bien que les futurs convertis n'étaient pas eux-mêmes présents au mont Sinaï, leurs anges gardiens y étaient présents. (אף על גב דאינהו לא הוו מזלייהו הוו).
La guémara affirme que le verset suivant inclut les convertis : "Ce n'est pas avec vous seuls que je conclus cette alliance et ce serment, mais avec celui qui est ici, présent avec nous aujourd'hui devant Hachem notre D., et avec celui qui n'est pas ici avec nous aujourd'hui" (Nitsavim 29,13-14)
[Le rav Avraham Feuer commente que cette expérience au Sinaï a grandi et purifié tous les futurs convertis, et ce pour l'éternité.]
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-> Les âmes des convertis que l'on trouve à chaque génération sont des étincelles et des réincarnations des âmes des convertis qui ont été faits par Avraham.
[Divré Yoel - Lé'h Lé'ha]
-> Le midrach (Béréchit rabba 53,9) raconte que lorsque Sarah allaitait Its'hak, il coulait de Sarah du lait au point que les femmes nobles faisaient allaiter leurs enfants par elle.
La Pessikta Rabbati (44) commente que ceux qui se convertissent au judaïsme descendent des enfants qui ont mérité de goûter au lait de Sarah.
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Nos Sage (guémara Nidda 30b) enseignent que lorsqu'un enfant juif est dans le ventre de sa mère, un ange lui apprend toute la Torah, et avant de naître un ange lui tape sur la bouche lui faisant oublier tout ce qu'il a appris. Quel en est l'intérêt alors?
Il est plus facile d'étudier, de se rappeler de ce qu'on a déjà appris une 1ere fois dans le passé. De plus, cela fait qu'on a moins de honte de ne pas connaître des paroles de la Torah, car on peut se dire inconsciemment : "Je le savais (dans le ventre de ma mère), mais je l'ai oublié (c'est pas ma faute, c'est à cause de la faculté naturelle de l'homme à oublier)".
Qu'en est-il des convertis qui n'ont pas eu la chance d'avoir un ange leur enseignant toute la Torah dans le ventre de leur mère? Comment peuvent-ils l'apprendre durant leur vie?
Le Rav 'Haïm Kanievsky de répondre : Hachem donne une aide divine spéciale aux convertis les aidant dans leur étude de la Torah, qui va leur permettre de surmonter le désavantage de ne pas avoir eu un ange leur enseignant toute la Torah.
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-> b'h, également au sujet des convertis : https://todahm.com/2019/07/07/9455
Il y a entre autre des divré Torah sur la personnalité de Yitro.
Grandeur et nécessité de prier pour nos Sages
+ Nos Sages : leur grandeur dépend de nous :
-> "Le dirigeant est fonction de la génération"
[guémara Arakhin 17a]
Le Bina lé'Ittim (2,3) explique que lorsque la génération est faible, elle ne mérite pas de grands tsadikim comme les générations passées.
-> Nos Sages se sont réunis une fois à Yéricho, et D. leur a dit : "Il y en a un parmi vous qui mériterait d'avoir la présence divine qui repose sur lui comme Moché rabbénou, mais sa génération ne le mérite pas".
[guémara Sanhédrin 11a]
Les sages se sont alors tournés vers Hillel haZaken, dont on nous enseigne (guémara Soucca 28a) qu'il avait 30 élèves qui méritaient que la présence divine repose sur eux, et 30 autres élèves qui méritaient que le soleil s'arrête pour eux, comme avec Yéhoshoua bin Noun.
Le rav Galinsky dit que la pureté de l'âme de ses tsadikim et leur service de D., leur étude de la Torah et leur humilité les a rendu capables d'atteindre les plus grandes hauteurs, mais leur génération les a limité et ils n'ont pas pu atteindre ces hauteurs.
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-> "Lorsque Moché levait sa main, Israël prenait le dessus et lorsqu'il baissait sa main, Amalek prenait le dessus" (Chémot 17,11)
La guémara (Roch Hachana 3,8) commente :
"Étaient-ce les mains de Moché qui gagnaient la bataille ou la perdaient?
En fait, [la Torah] t'apprend que lorsqu'Israël regardait vers le Ciel et soumettait son cœur à son Père céleste, il avait le dessus ; lorsqu'il ne le faisait pas, il avait le dessous."
Le Séfer Yom Téroua vient expliquer :
Comment Moché pouvait-il permettre à ses mains de descendre et de causer la chute d'Israël?
Lorsqu'Israël soumettait leur cœur à D., leur dirigeant avait un surcroît de forces, et il avait davantage de puissance de prières pour son peuple.
Lorsqu'il ne se comportait pas ainsi, cela conduisait au fait que ses mains étaient trop faibles pour être levées, et il n'avait pas la capacité d'agir pour le sauver.
=> La "puissance de frappe" des tsadikim de notre génération dépend de notre comportement.
-> D'ailleurs, la grandeur de Moché venait également de la grandeur de sa génération, qui était appelée : la génération de la connaissance (dor déa - Vaykira rabba 9,1), et l'attribut de Moché était la connaissance (daat - Zohar II,221a).
Lorsque nos ancêtres ont fauté avec le veau d'or, D. dit à Moché :"Va, descend" (lé'h réd - Chémot 32,7), qui selon la guémara implique : "Descend de ta grandeur" (Béra'hot 32a).
=> Notre conduite impacte directement nos Sages.
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-> Pour conclure, on peut citer les paroles du Beit Israël :
"Ils veulent des rabbanim comme ils en avaient dans le passé, mais ils veulent vivre selon leur époque."
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-> "Israël est comparaît à un oiseau. De même qu'un oiseau ne peut voler sans ses ailes, Israël ne peut rien accomplir sans ses anciens"
[midrach Vayikra rabba 11,8]
Nos Sages ne sont pas des "boulets", des "rebuts" de la société, mais au contraire, ils sont nos joyaux les plus précieux, nos ailes qui vont nous permettre d'exprimer au mieux toutes nos potentialités.
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+ Prions pour nos Sages :
-> Rabbi Yonathan Eibeschutz écrit dans le Yaarot Dévach, que lorsque nous prononçons la prière de Réfaénou (dans la amida), nous devons implorer la guérison de tous les juifs malades, comme si leurs membres douloureux faisaient partie intégrante de notre propre corps.
Puis, il ajoute un commentaire à propos de la prière pour nos Sages :
"Nous avons l'obligation de prier pour le bénéfice, le bien-être et la vigueur [des Sages], car nous dépendons d'eux.
En effet, ils sont les gardiens de la Torah et les dépositaires de la tradition authentique, de la Torah Orale.
Si nous n'avions pas de Sages, D. nous en préserve, nous n'aurions pas de vie.
Par conséquent, il en va de notre responsabilité de prier D. de tout notre cœur, afin qu'ils puissent recouvrir la vigueur de leur jeunesse, déployer leurs ailes et voler comme des aigles.
[...]
Nous sommes donc tenus de multiplier nos prières à leur égard, parce que nous vivons sous leur ombre protectrice."
-> Le rav Mattitiahou Salomon dit :
"A notre époque, nous n'avons plus de géants de la Torah comme en avaient les anciennes générations.
Nous devons chérir la contribution de chaque Sage vivant parmi nous.
Ils représentent des trésors inestimables.
Si nous les pleurons lorsqu'ils nous quittent, nous n'en devons pas moins prier sincèrement pour leur bien-être lorsqu'ils sont encore de ce monde."
Source (b"h) : traduction et compilation personnelle d'un dvar Torah du rav Yaakov Galinsky (pour le 1er) + extrait d'un dvar Torah du rav Mattitiahou Salomon (pour le 2e)
L’unité du peuple juif
+ L'unité du peuple juif :
-> "Quand un homme se coupe un doigt de la main gauche en découpant de la viande, lui viendrait-il à l’esprit de prendre le couteau, et de se couper un doigt de la main droite?
C’est un seul corps …
De même, les enfants d’Israël sont garants l’un de l’autre, et il ne saurait y avoir entre eux, ni vengeance, ni rancune."
[Guémara Talmud de Jérusalem – Nédarim 9,4]
-> Le 'Hazon Ich (Kovets Igros II,62) explique que de même que chacun des membres et des organes d'un corps ont une utilité, de même, le peuple juif, qui est semblable à un corps, est composé d'une multitude d'individus dont chacun a une mission dans la vie qui lui est propre.
-> Rabbi Yehezkel Levinstein (Ohr Yéhezkel - Middot) dit que malgré le fait que nous ayons tous des corps et des aspirations personnelles différentes, nous partageons une âme juive commune, qui aspire à l'unité, à l'image d'une famille dispersée qui se retrouve réunie lors d'une joie familiale.
Il fait également remarquer que lorsque nos ennemis souhaitent nous exterminer, cela conduit à mettre de côté toute distinction entre nous (dont l'origine est dans la matérialité), et à nous voir tous comme une seule entité : des juifs (dont l'origine est la spiritualité, le service de D.).
Rabbi Yehezkel d'enseigner que lorsque nous faisons des efforts afin de nous rapprocher de D., la distance entre nous diminue.
-> Le Tomer Déborah enseigne : "Toutes les âmes juives sont liées ensemble, chacune a son lot, son destin ... lorsqu'une personne faute, elle va s'endommager elle-même, et ainsi que le destin de son prochain".
-> "C'est parce qu'il y a de l'amour entre une personne et son prochain, que le peuple juif peut être considéré comme un seul corps, et qu'il peut alors véritablement s'unir pour accomplir pleinement toutes les mitsvot"
[le Anaf Yossef - guémara Shabbath 31a
-> sur le fait que plusieurs mitsvot ne sont réalisables que par certaines personnes - ex: un Cohen, un Lévi, un riche, ...
La religion juive, par nature, impose une cohésion afin que l'on puisse être quitte de toutes les mitsvot.]
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+ "Rassemblez-vous et je vous dirai ce qui vous arrivera à la fin des jours. Regroupez-vous et écoutez" (Béréchit 49,1-2)
Le Rambam explique "la fin des jours" comme en relation avec les jours du Machia'h.
Par ces mots, Yaakov révèle à ses descendants la condition nécessaire à l'accueil de la guéoula : "Regroupez-vous".
-> Le midrach (Béréchit rabba 98,1) dit : "A l'heure où les juifs s'unissent et se rassemblent ensembles, vous serez délivrés"
-> Un autre midrach (Tan'houma Nitsavim) va en ce sens : "Lorsque les juifs sont liés ensembles, ils accueilleront la présence divine"
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-> "Israël campa là en face de la montagne" (Chémot 19,2)
Rachi de commenter : "la multitude des enfants d'Israël a campé comme un seul homme, animé d'un seul et même désir".
Selon le midrach (Masseches Déréh Eretz - Pérék Shalom), D. a dit :"Parce que le peuple juif déteste la discorde et aime la paix, qu'il a campé comme un, alors maintenant, je vais lui donner la Torah".
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+ Dans la Torah, pour décrire Yaakov et sa famille descendant en Egypte, il est écrit :
-> "Toutes les personnes arrivant avec Yaakov en Egypte ... toutes ces personnes (néfech) [au nombre de] 70" (Béréchit 46,26)
-> "Toutes les personnes (néfech) issues du flanc de Yaakov étaient 70 âmes" (Chémot 1,5)
On peut remarquer qu'un terme pluriel (des personnes, âmes) est dénommé par un terme singulier (néfech : une âme).
De plus, ce terme de néfech (âme) renvoie à une notion de spiritualité.
=> Ainsi, nos ancêtres nous apprennent que dans l'exil, la nation juive se doit de rester unie, et cela passe par un objectif spirituel commun.
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-> Mordé'haï dit à Esther : "Va rassembler tous les juifs" (Méguilat Esther 4,16)
Le Maharal dit que c'est parce que les juifs se sont rassembler tous ensemble, afin de se tourner vers D., en prières et en téchouva, que la délivrance est arrivée.
Une brindille se casse facilement, mais un beau bouquet de brindilles est très difficilement cassable.
Telle est la force de l'unité ...
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-> Egalement sur ce sujet (b'h) : https://todahm.com/2017/09/27/5662
-> et aussi (b'h) : https://todahm.com/2019/10/03/10956
-> le bel exemple des Nassi des tribus à l'inauguration du Michkan : https://todahm.com/2021/04/25/31478
+ Le mensonge :
Suite du dvar Torah sur la vérité (b"h), disponible ci-après : https://todahm.com/2015/12/27/la-verite/
1°/ Un mensonge se dit en hébreu : "shéker" (שקר), mot ayant une valeur numérique de : 600.
A qui appartient le mensonge?
A celui qui est mauvais (לרשע - laracha), mot ayant également une guématria de 600.
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2°/ Quel est le crime commis par Amalek pour que l'on doive s'en souvenir toujours en mal?
Il est écrit dans la Torah (Dévarim 25,17-18) : "Souviens-toi de ce que t'a fait Amalek, lors de votre voyage, au sortir de l'Egypte ; comme il t'a surpris chemin faisant" (achèr kar'ha badéré'h)
Le mot : "kar'ha" (קרך - il t'a surpris) a pour racine le mot : "kar" (קר - froid).
Malgré toutes les manifestations éclatantes de la grandeur de l'aide divine à notre égard, Amalek a osé attaquer le peuple juif, comme une personne qui saute dans une baignoire brûlante, dans le but de montrer que c'est envisageable et que la température baisse un peu en son contact.
Amalek a refroidi notre passion, notre amour pour D. et Ses mitsvot.
C'est également la conséquence du mensonge (שקר : shéker, shékar), qui refroidit tout idéalisme qu'inspire la vérité.
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3°/ Le mot émet (vérité - אמת) est composé de la 1ere lettre de l'alphabet (א), de celle du milieu (מ), et de la dernière (ת). Chacune de ces lettres a au moins 2 appuis au "sol" (en bas).
Ce qui est vrai l'est du début à la fin, et est solide, éternel.
Le mot shéker (mensonge - שקר) est composé de 3 lettres de la fin de l'alphabet, qui se suivent, indiquant comme un semblant d'ordre, de logique.
De même, un mensonge pour fonctionner doit avoir une partie de vérité.
Chacune des lettres de ce mot n'a qu'un seul appui, indiquant un concept peu solide, bancal, basé sur une réalité tronquée, faussée.
On peut noter que la lettre qui suit celles du mot Shéker (שקר) est le : "tav" (ת), faisant référence à la Torah (תורה).
Celui qui dit un mensonge peut se convaincre qu'il est dans le vrai, mais à la fin c'est toujours la vérité qu'il l'emporte.
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4°/ En réorganisant les lettres du mot shéker (mensonge - שקר), on obtient le mot : késer (קשר), qui renvoie à la notion de bande, de groupe.
Qu'est-ce qui contribue à donner de la force à un mensonge?
L'effet de groupe donne de la crédibilité, de la légitimité, renforce le sentiment de vérité d'un mensonge, et va contribuer à le diffuser le plus largement possible.
Selon la Torah, le diffamateur (motsi ra) devient lépreux (métsora), et il doit être isoler d'autrui, afin entre autre, d'arrêter de donner du poids et du partage aux mauvaises paroles.
Source (b"h) : traduction, adaptation et compilation personnelle de divrei Torah du rabbi Benjamin Blech
"Nos Sages disent que dans le futur, D. invitera les tsadikim à former un cercle pour danser tandis qu'Il sera assis parmi eux au gan Eden.
Et chacun [Le] désignera du doigt, comme il est dit : "C'est Lui Hachem en Qui j'ai espéré". "[fin de la massékhet Taanit]
Rabbi Akiva Eiger explique que chacun de ceux qui forment un cercle se trouve à un endroit différent des autres et voit le centre sous un angle et un point de vue différents, ce qui ne les empêche pas de se trouver tous à la même distance du centre.
Les anges (partie n°2)
+ Les anges (partie n°2) :
-> Les noms des anges :
La première mention des noms des anges se trouve dans le livre de Daniel. [Daniel 10,13&21 & 12,1 ...]
La tradition rabbinique regorge de noms et de descriptions d'anges.
Les mystiques mettent notamment en garde contre la mention inconsidérée des noms des anges.
[en effet, il existe une idée selon laquelle il faut décourager les gens de prononcer inutilement les noms des anges. Hachem a ordonné aux anges d'aller vers une personne qui les appelle par leur nom, et nous ne voulons donc pas les déranger inutilement (Taamé Hamitsvot du Arizal - Vayé'hi).
Par conséquent, on s'adresse généralement aux anges sous une forme abrégée, comme "Mata"» ou "Samé'h Mem", plutôt que de prononcer leur nom complet. Beaucoup ne réalisent pas qu'il s'agit d'abréviations et non des noms complets.
Cela ne s'applique pas lorsqu'on fait simplement référence à une personne dont le nom est le même que celui d'un ange ; si des êtres humains sont également appelés par ce nom, il est alors permis de le prononcer. ]
La littérature de la Torah parle de quatre êtres angéliques principaux, qui correspondent aux quatre divisions du campement des Bné Israël dans le désert. En général, le chiffre quatre représente le lieu où l'existence trouve son expression, le support sur lequel une fondation est construite (ex: les quatre points cardinaux, quatre mondes célestes, quatre éléments, ...).
Tout comme Hachem a créé quatre directions et quatre camps pour les juifs dans le désert, il a également créé quatre anges pour entourer son trône : Mikhael, Gavriel, Raphaël et Ouriel. [midrach Bamidbar rabba 2,9-10. Chacun des anges était positionné autour du char divin qui a quatre pieds (Zohar 1:248b). ]
Ces anges sont parfois appelés archanges. Cela signifie qu'ils sont les commandants d'anges subordonnés de rang inférieur. Ainsi, les anges sous les ordres de Mikhael incarnent un aspect de la bonté et ceux sous les ordres de Gavriel dispensent une forme de justice divine, ...
+ Mikhael :
-> Mikhael et Gavriel sont les anges les plus importants et sont souvent mentionnés ensemble. Les sages commentent que ce sont eux qui ont rendu visite à Avraham après sa circoncision.
Le nom Mikhael signifie littéralement "qui est comme D.".
C'est Mikhael qui a annoncé la naissance prochaine d'Its'hak. [Béréchit rabba 48,9 ; 50,2]
Mikhael et Gavriel ont consigné que le droit d'aînesse avait été vendu à Yaakov par Essav (Béréchit rabba 63,14), et ils ont accompagné Hachem lors de sa descente sur le mont Sinaï (Dévarim rabba 2,34).
Ce sont eux aussi qui ont refusé de prendre l'âme de Moché lorsque son heure était venue (Kohélet rabba 9,11), et ce sont eux qui se sont tenus à ses côtés après sa mort (Dévarim rabba 11,10).
[Dévarim rabba 11,6 rapporte qu'il n'a pas voulu prendre son âme parce qu'il a été l'enseignant de Moché. ]
Les anges sont composés de feu et d'eau, ou selon un autre récit, des quatre éléments célestes : la miséricorde, la force, la beauté et la domination, correspondant aux quatre éléments terrestres : l'eau, le feu, la terre et l'air. [séfer Yétsira 1,7 ; Pardess Rimonim sect.24, chap.10]
Chaque nation a son ange gardien ; Mikhael est considéré comme l'ange gardien de la nation juive. [Chémot rabba 18,5]
Mikhael est l'ange qui a empêché Avraham de sacrifier son fils Its'hak. [Yalkout Réouvéni - Vayéra]
C'est aussi lui qui informe Sarah qu'elle donnera naissance à un garçon. [Baba Métsia 86b ]
C'est lui qui sauve Avraham de la fournaise (Béréchit rabba 44,13), qui protège Yaakov de Lavan (Pirké déRabbi Eliézer - chap.34), qui tente d'empêcher l'exil en plaidant en faveur du peuple juif (Yoma 77a), et intercède également en leur faveur lorsque Satan déclare qu'ils devraient être noyés dans la mer Rouge parce qu'ils ont adoré des idoles en Égypte (Chémot rabba 18,5).
Il est également le défenseur des juifs de Perse lorsque Haman complote pour les détruire. [Esther rabba 3,8 & 7,12 ]
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+ Gavriel :
-> Gavriel signifie "D. est ma force", et il est chargé de missions qui nécessitent la force pour être menées à bien. [séfer Otsar Hachémot]
L'ange Gavriel est mentionné comme le messager de nombreuses missions, souvent avec l'ange Mikhael, et également comme le défenseur du peuple juif.
C'est l'ange qui détruit Sodome (Baba Métsia 96b). Il protège Yossef contre l'immoralité de Potiphar (Sotah 13b) et lui enseigne les 70 langues du monde (Sotah 15b & 33a).
C'est Gavriel qui fait pleurer le nourrisson Moché afin que la fille du Pharaon l'accueille (Chémot rabba 1,24).
Le midrach (Chémot rabba 1,26) enseigne que Pharaon a mis à l'épreuve l'enfant Moché pour voir s'il chercherait à usurper son trône en plaçant des bijoux d'un côté et des charbons chauds de l'autre. Tendre la main vers les bijoux d'Égypte était le "signe" que Moché chercherait finalement à usurper Pharaon, et qu'il devait donc être tué.
L'ange Gavriel a poussé la main de Moché pour qu'il touche les charbons à la place afin de lui épargner la vie.
La guémara (Sanhédrin 21b) enseigne que lorsque le roi Salomon épousa la fille du Pharaon, Gavriel descendit et planta un roseau dans la mer, et un banc de boue se forma autour de celui-ci, qui devint plus tard la ville de Rome.
Gavriel est l'ange qui marque un "tav" sur le front des justes (tsadikim) à Jérusalem, les protégeant des anges de destruction (de la ville). [Shabbath 55a]
Gavriel représente l'élément feu (Yoma 21b), et c'est donc lui qui délivre 'Hananya, Mikhael et Azarya de la fournaise ardente. [Pessa'him 18a ; Chémot rabba 18,5]
C'est lui qui a empêché Vachti d'apparaître devant A'hachvéroch, conduisant ainsi au salut de la nation juive. [Méguila 12b]
Il est également considéré comme celui qui conduit l'âme dans le corps des justes. [séfer Yalkout 'Hadach 68b]
C'est lui qui mènera la chasse au Léviathan lors du repas où le Machia'h viendra. [Baba Batra 75a]
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+ Raphaël :
-> Raphaël signifie "D. guérit" et est identifié comme la force angélique qui apporte la guérison.
C'est lui qui guérit Avraham de sa douleur après sa circoncision (Yoma 37a ; Baba Métsia 86b).
Dans le Zohar, il est l'ange qui domine les heures du matin, apportant le soulagement aux malades et aux souffrants.
+ Ouriel :
-> Ouriel signifie "lumière de D.", et cet être angélique était le médium par lequel la connaissance d'Hachem parvenait à l'homme. Le midrach (Bamidbar rabba 2,10) demande : "Pourquoi a-t-il été nommé Ouriel? En raison de la Torah, des Prophètes et des Écrits par lesquels Hachem expie les fautes péchés et donne la lumière à Israël."
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+ Autres anges célèbres :
-> Il existe de nombreux autres anges mentionnés nommément dans la littérature juive. On peut citer quelques exemples parmi les dizaines mentionnés à divers endroits :
Layla est appelé le prince de la nuit (Sanhédrin 96a), et l'ange qui supervise la naissance et annonce quel type de personne ce bébé est destiné à devenir (Nida 16b).
D'autres exemples d'anges nommés sont Yurkamo, le prince de la grêle (Pessa'him 118a), Af Beri et Ridya (Taanit 25b), qui sont chargés des pluies.
[cela semble un peu étrange, car la guémara (Taanit 2a) dit que la pluie est l'une des choses de la création que Hachem ne confie pas à un messager. Une réponse possible à ce dilemme est la suivante : la guémara (Taanit 10a) dit que Hachem donne la pluie à la Terre d'Israël par Lui-même, et à d'autres endroits par l'intermédiaire d'un messager. Rabbi Yo'hanan, qui se trouvait en Terre d'Israël, disait que la pluie venait directement d'Hachem. Rabba, qui se trouvait en dehors d'Israël, voyait l'ange Ridya, qui est chargé de cette pluie. Les deux anges mentionnés peuvent être désignés pour deux types de pluies en dehors de la Terre d'Israël. ]
Ra'hav est l'ange de la mer (Baba Batra 74b), et Douma, qui est chargé des âmes des morts (Béra'hot 18b & Rachi - Sanhédrin 94a).
-> L'ange Matat (Métatron) joue un rôle important. Il agit en tant qu'agent d'Hachem dans l'entretien de la terre. Matat est l'ange qui a libéré les juifs de leur servitude en Egypte (Ramban - Bo 12,12).
Son rôle est si important dans la littérature juive que certains ont confondu à tort cet ange avec
D. lui-même, mais il va sans dire qu'une telle classification est hérétique. [la guémara ('Haguiga 15a) rapporte que c'est précisément cette erreur qui a conduit Elicha Ben Abouya (A'her) à s'égarer. ]
Le Zohar (sur Chémot) fait référence à l'ange Mikhael comme étant le grand prêtre du tabernacle céleste, qui a été construit par Metatron et qui est parallèle au tabernacle physique que la nation juive utilisait dans le désert.
Le midrach (Bamidbar rabba 12,12) dit également que Metatron a érigé un Tabernacle (Michkan) pour Hachem en même temps que les juifs dans le désert, et qu'en outre, Metatron offre sur son autel des sacrifices pour expier les fautes du peuple juif pendant son exil.
Certains diront également que Metatron est un autre nom de l'ange Mikhael. [rabbi Réouven Margolis - Mala'hé Elyon ]
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+ Les humains devenus anges
-> Il existe également quelques individus qui, selon la tradition juive, sont réellement devenus des anges.
Par exemple, 'Hanokh est devenu l'ange Matat (Métatron) [voir Zohar 1:27a ; 3:189a], le prophète Eliyahou est associé à l'ange Sandalfon (séfer haGuilgoulim), et certaines sources classent également Moïse dans la catégorie des anges (midrach haGadol - sur Béréchit 5,24).
De plus, Rabbénou Maïmon, le père du Rambam, dans son Iguéret Haéchama aux Juifs de Fès, écrit que l'âme de Moché : "s'est unie aux anges dans les cieux et est entrée dans le corps d'un ange" lorsqu'il est décédé, ajoutant que "ce n'était pas quelque chose de nouveau pour lui car lorsqu'il vivait encore dans un corps humain, il était actif parmi les anges".
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+ Apparition des anges :
-> Le Rambam (Moré Névou'him 2,42 ; Michné Torah - Hilkhot Yessodé haTorah 2,3-4) écrit que chaque fois que la Bible parle de personnes voyant des anges, il s'agit d'une vision, car les anges sont incorporels et ne peuvent être vus.
Ainsi, par exemple, lorsque les anges viennent réconforter Avraham, le Rambam suggère que cela ne s'est pas produit au sens littéral.
Le Ramban n'est pas du tout d'accord. Les détails du récit semblent dénués de sens s'ils ne se sont jamais réellement produits. Si les anges n'étaient qu'une vision, Lot et sa famille n'ont-ils jamais quitté Sodome?
Le Ramban explique que les anges apparaissent généralement dans des visions, mais lorsque la Bible indique explicitement que les anges sont apparus sous forme humaine, cela signifie qu'ils ont reçu une sorte de forme corporelle.
Les autorités ultérieures ont également discuté de la nature des anges prenant une forme corporelle. [comme le Abarbanel (son commentaire sur Moré Névou'him 2,42) ]
La pensée juive traditionnelle semble suivre le Ramban. [voir le séfer Hazikaron du Ritva - Vayéra]
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+ Faire des demandes aux anges :
-> Les anges sont des entités spirituelles raffinées, mais en fin de compte, ce sont des entités créées, tout comme un arbre ou un rocher. De la même manière qu'il est interdit de prier toute forme de création, il est interdit de prier les anges.
Il existe cependant plusieurs exemples dans la littérature et les prières juives où il semble que les anges puissent être au moins indirectement impliqués dans nos supplications à Hachem.
[Moché demande à la terre, aux étoiles, aux montagnes, aux vallées, à la mer et aux anges d'intercéder en sa faveur auprès d'Hachem - voir midrach Tan'houma - Vaét'hanan 6 ]
Il existe un débat intéressant sur la question de savoir si l'on est autorisé à implorer les anges d'intercéder en notre faveur, et dans quelle mesure. Certaines sources suggèrent que l'on peut "prier pour obtenir l'aide des anges administrateurs afin de renforcer le pouvoir de la prière" (Rachi - Sanhédrin 44b).
En fait, comme nous le verrons ci-dessous, des prières ont été composées à travers les âges, semblent utiliser cette ligne de pensée.
Le rabbi Aryeh Leib Gordon (19e siècle), cite une réponse du Rav Sherira Gaon, qui dit : "Lorsque l'on prie les anges, il faut le faire en hébreu. Cependant, lorsque l'on prie directement Hachem, la prière peut être récitée dans n'importe quelle langue." [introduction de son Sidour Otsar haTéfilot]
Cela semble impliquer qu'il est permis de prier pour que les anges intercèdent.
Certains Richonim, dont le rabbin El'azar de Worms et le rabbi Tsédakia ben Avraham Anav, défendent la pratique consistant à demander aux anges d'intercéder auprès d'Hachem. [Shibolé haLéket n°282 ]
Il existe même une prière attribuée à rabbi Yaakov ben Meir (Rabbénou Tam), qui commence par implorer les archanges de se tenir en prière devant Hachem. [rabbi Yossef Hahn - Yossef Omets - n°484 ]
Plusieurs autorités anciennes (ex: rabbi Israël Bruna (15e siècle) - Téchouvot Mahari Bruna n°275) et plus récentes (ex: rabbi Yaakov Emden - Mor Ouketsia n°3) sont également d'accord.
D'autres autorités sont plus réticentes à approuver ce comportement. Le Abarbanel désapprouve, citant une référence talmudique qui stipule : "Si les juifs sont confrontés à des difficultés, ils ne doivent pas implorer les anges Mikhael ou Gavriel, mais c'est moi [Hachem] qui dois recevoir leurs cris." [séfer Roch Amana 12, citant le Yérouchalmi chap.9,13a]
Bon nombre des autorités postérieures (qui s'opposaient peut-être personnellement aux prières mentionnant les anges) n'ont pas totalement interdit cette pratique et ont déclaré que ceux qui font preuve d'indulgence à cet égard ont sur qui s'appuyer. [rabbi Shmouël Kauders - Olat Shmouël n°88 ; Gesher ha'Haïm 3,26 ]
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+ Ma'hnissé Ra'hamim :
-> La prière de Ma'hnissé Ra'hamim est récitée juste après les prières de supplication dans la version ashkénaze des Selichos. Il s'agit essentiellement d'un appel aux anges afin qu'ils nous aident en présentant personnellement nos prières et nos supplications devant Hachem. Cette prière fait l'objet d'une controverse de longue date, car elle semble solliciter les anges en tant qu'intermédiaires.
Le Talmud (Yérouchalmi - Béra'hot 9,1) stipule qu'il est convenable, lorsqu'on implore un roi mortel, d'envoyer d'abord un serviteur à l'intérieur pour annoncer son arrivée, puis d'organiser sa rencontre avec le roi. Peut-être sera-t-il autorisé à entrer pour plaider sa cause, peut-être pas.
Cependant, Hachem attend de nous que nous implorions exclusivement Lui.
Le Rambam (commentaire sur Michna - Sanhédrin 10a) écrit dans le cinquième de ses Treize principes de foi qu'il est interdit de prier pour que les anges intercèdent en notre faveur en présentant nos prières à Dieu.
Le Ramban (Torat Hachem Témima) soutient également une position similaire à celle du Rambam. Il écrit que le simple fait de demander aux anges d'être nos intermédiaires pour transmettre nos prières à Hachem est une forme d'idolâtrie.
Cependant, certaines preuves semblent indiquer le contraire. Comme le Shibbolé HaLéket (282), qui cite la guémara (Sanhedrin 44b) selon laquelle une personne doit constamment prier pour que, dans les cieux, les anges donnent toujours de la force à ses prières et les protègent des anges Accusateurs.
Le midrach (Shir Hachirim rabba 2,7) mentionne également que la communauté juive devrait demander aux anges qui se tiennent aux portes de la prière et aux portes des larmes de veiller à transmettre les prières du peuple juif devant le trône d'Hachem.
-> Le rabbi Israël Bruna, un sage du 15e siècle, explique pourquoi cette prière est acceptable sous un angle différent. Il écrit que demander aux anges de transmettre nos prières à Hachem démontre simplement de la modestie, le sentiment de ne pas être digne de se présenter devant Hachem. [Téchouvot Mahari Bruna 275]
De plus, le rabbi Yéhouda bar Yakar, un sage du 13e siècle, souligne que nous ne récitons la prière de Ma'hnissé Ra'hamim qu'à la fin des Séli'hot, après avoir prié directement Hachem. S'adresser aux anges est une forme plus passive de supplication, afin qu'ils agissent en tant qu'intermédiaires pour s'assurer que nos prières parviennent à Hachem. [Pérouch Hatéfilot véhaBéra'hot]
Néanmoins, en raison des questions et des complications que cela soulève, le Maharal de Prague a déclaré qu'il était interdit d'adresser une prière à quelqu'un d'autre q'Hachem. [Nétivot Olam - Nétiv Avoda 12 ]
Le rabbi Moché Sofer s'est personnellement abstenu de réciter Ma'hnissé Ra'hamim. [Téchouvot 'Hatam Sofer 166. Cependant, il récitait d'autres passages des Séli'hot qui invoquent les anges pour qu'ils intercèdent en notre faveur, mais il le faisait discrètement lorsqu'il les récitait avec le reste de la communauté. Il agissait ainsi afin de ne pas se dissocier ouvertement des prières de la communauté, car il existe un principe selon lequel Hachem ne rejette pas les prières de la communauté. ]
Le Tséma'h Tsédek, troisième rabbin de Loubavitch, écrit qu'il ne faut réciter aucun des poèmes liturgiques qui sollicitent les anges comme intermédiaires. Il suggère de remplacer les mots faisant référence aux anges par des mots faisant appel aux Patriarches. Ce type d'intervention est mentionné dans de nombreux écrits des sages. [ Otsar Minhagé 'Habad - Elloul. Malgré cela, la coutume de 'Habad reste de réciter Ma'hnissé Ra'hamim ainsi que la prière de Midat Ha'rakhamim Alénou Hitgalgelou.]
Le rabbi Moché Feinstein est d'accord. [Igrot Moché - vol.5 - 43:6]
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+ Le Shalom Alé'hem le vendredi soir :
-> Le chant du Shalom Aleichem, qui est habituellement chantée après la synagogue avant de sanctifier le vin lors du repas du Shabbath, vendredi soir. Ce chant a été composée par les kabbalistes au 17e siècle, bien que son auteur exact soit inconnu, il a été acceptée par toutes les communautés.
La raison de son adoption repose sur une description talmudique (Shabbath 113b) de la veille du sabbat. Chaque vendredi soir, deux anges, l'un positif et l'autre négatif, accompagnent une personne qui rentre chez elle après la synagogue. Lorsqu'ils arrivent à la maison et trouvent les bougies allumées, la table dressée et les lits faits, l'ange positif dit : "Que cela soit ainsi la semaine prochaine", ce à quoi l'ange négatif doit concéder et répondre "Amen".
Cependant, l'inverse est également vrai. Si, à leur retour à la maison, ces éléments sont en désordre, l'ange négatif dit : "Puisse-t-il en être ainsi la semaine prochaine ", et l'ange positif est contraint d'admettre et de dire "Amen".
Le chant de Shalom Alé'hem est une salutation chantée pour accueillir ces anges ministériels.
-> En général, ce chant comporte quatre strophes. Les deux premières accueillent les anges, la troisième leur demande leur bénédiction et la quatrième les renvoie.
Le 'Hatam Sofer n'avait pas pour coutume de chanter cette chanson, car il disait qu'aujourd'hui, nous ne sommes plus à un niveau spirituel digne d'être accompagné par les anges.
Certains sages omettent cette 3e strophe, qui demande aux anges de nous bénir. [comme Rabbi Yaakov Emden (Sidour Beit Yaakov), le Gaon de Vilna, son élève rabbi 'Haïm de Volozhin, ainsi que rabbi Soloveitchik et le père de rabbi Moché Feinstein (Téchouvot Igrot Moché - OH vol.5) ]
Selon eux, il s'agit d'une demande inappropriée, car elle s'apparente à une prière adressée aux anges, ce que le judaïsme interdit.
Cependant, la plupart des autres sages juifs affirment qu'il ne s'agit pas d'une prière adressée aux anges.
[ en fait, notre Yaakov demande deux fois la bénédiction des anges. Lorsqu'il bénit ses petits-enfants, Ménaché et Efraïm, il demande que "que l'ange qui m'a délivré de tout mal, bénisse ces jeunes gens" (Vayé'hi 48,16). De plus, après avoir lutté avec l'ange, Yaakov déclare : "Je ne te laisserai pas partir avant que tu ne m'aies béni" (Vayichla'h 32,27), et la Torah rapporte que "[l'ange] bénit [Yaakov] là" (Vayichla'h 32,30).
Le sens simple de ces versets semble soutenir la récitation de la 3e strophe (baré'houni léshalom - que les 2 anges me bénissent pour la paix).
De plus, il existe une autre différence entre prier les anges et demander une bénédiction. En priant les anges, on sous-entend qu'Hachem n'est pas la seule entité à qui il convient de prier. Cependant, pour celui qui demande une bénédiction, une telle implication n'est pas présente. ]
-> Par ailleurs, certains sages omettent de dire la quatrième strophe (de shalom alé'hem - en demandant aux anges de nous laisser, de partir), car pourquoi voudrait-on renvoyer les anges? ['Hatam Sofer ; Divré 'Haïm ; rav de Satmar ... ]
D'autres sages suggèrent des raisons pour lesquelles cette strophe est appropriée :
- Le rabbi Yaakov Emden suggère que, puisque nous sommes sur le point de prendre un repas et que les gens ne se comportent pas toujours parfaitement pendant un repas, il est préférable que les anges partent en paix plutôt que de partir plus tard avec dégoût.
- Le précédent Rabbi de Loubavitch écrit que, puisque les anges ne mangent pas, il n'est tout simplement pas agréable de les laisser debout pendant que nous mangeons.
- Le Sfat Emes suggère qu'il existe en fait deux groupes d'anges, un pour les jours de semaine et un pour le Sabbath. Nous saluons d'abord les anges du Sabbath, puis nous faisons nos adieux aux anges des jours de semaine.
- Le rav Tsadok HaKohen de Lublin offre une autre perspective. Il répond qu'à Sabbath, nous sommes comme des mariés avec Hachem. Au début du Sabbath, les anges viennent se joindre aux festivités du mariage. Cependant, lorsque nous prenons notre repas, c'est un moment privé, notre yih'oud avec Hachem.
Lorsque nous, les mariés, nous rendons dans la chambre du yi'houd, en toute intimité avec notre bien-aimé, nous y allons seuls. Nous sommes tellement aimés d'Hachem qu'au moment où nous sommes sur le point d'atteindre une connexion aussi élevée avec Lui, les anges ne peuvent pas nous accompagner.
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+ Les anges et les humains :
-> La sainteté de l'âme juive surpasse de loin celle des anges.
Les anges sont unidimensionnels, n'accomplissant qu'une seule tâche spécifique, tandis que l'âme humaine peut servir de multiples façons. Seule l'âme est considérée comme une "une partie du D. en-Haut" ('hélek Eloka mimaal - Iyov 31,2) [le Tanya (Likouté Amarim - chap.2) ajoute le mot "mamach" pour montrer qu'on doit le comprendre au sens le plus littéral], tandis que les anges ne sont qu'une partie de la création.
En fait, le midrach écrit que certains anges souhaitaient "s'élever" au niveau des êtres humains et ont supplié Hachem de leur permettre d'essayer la vie d'un être humain.
Une fois placés dans un corps, ils n'ont pu s'empêcher de succomber aux tentations et ont connu des défaillances morales. Ce sont les néfilim ou "les déchus" dont il est question dans le livre de Béréchit (6,4).
[ainsi, notre libre arbitre (se matérialisant par nos chutes spirituelles par moment) est ce qui fait notre grandeur même par rapport aux anges. ]
-> Le rabbi Schnéour Zalman de Liadi (Iguéret Kodech - 23) écrit que "si un ange se tenait en présence d'un groupe de 10 juifs, même s'il n'y avait pas de paroles de la Torah [discutées] entre eux, une terreur et une crainte infinies et illimitées s'abattraient alors sur lui en raison de la présence divine qui règne sur eux, au point qu'il serait complètement anéanti!"
[la raison pour laquelle les êtres humains ne réagissent pas de la même manière est qu'ils sont moins raffinés (purs) et ont beaucoup moins de sensibilité et de perception spirituelles que les anges, et qu'ils ne sont donc pas conscients de la présence dans laquelle ils se trouvent. (cela permet aussi au libre arbitre d'exister). ]
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+ Pourquoi les êtres humains sont-ils supérieurs aux anges ?
-> Les anges sont des entités préprogrammées. Ils n'ont pas de libre arbitre (Béréchit rabba 48,11), pas d'identité propre, pas d'intérêts personnels, pas d'ego ; ils se contentent d'accomplir la volonté de leur Créateur.
[il existe en fait un débat dans la littérature rabbinique sur l'existence, la nature et les paramètres du libre arbitre angélique ou de son absence.
Il existe un débat sur la capacité des anges à modifier leur mission divine. Rabbénou Bé'hayé (Béréchit 3,6) mentionne des anges qui "fautent".
Le rabbi Yonathan Eibeshutz (Yaarot Dvach I 15b-16a - drouch 2) apporte quelques éclaircissements. Il écrit que dans la prière Ountané Tokef (récitée à Roch Hachana, Kippour), il est question de rassembler les armées célestes pour le jugement. S'il y a jugement, alors il doit y avoir faute. Il postule qu'il ne s'agit pas d'une "faute" au sens où l'on succombe aux tentations de la mauvaise inclination, mais qu'ils peuvent simplement "se tromper" dans l'exécution d'une tâche divine, tout en ayant de bonnes intentions tout au long du processus. Ils peuvent commettre une erreur, mais ce n'est pas un acte de rébellion.
Le Ram'hal (Guinzé Ram'hal 40-1) écrit également que les anges peuvent se tromper parce qu'ils ne sont pas suffisamment informés de leur mission (voir Ginzei Ramchal, 40-1). ]
D'un côté, cela est particulier, car toute leur existence est en accord avec le but pour lequel ils ont été créés. D'un autre côté, leur service est limité, et dans un certain sens, sans valeur, car ils n'ont d'autre choix que de faire le bien. Ils ne peuvent pas choisir d'aller à l'encontre de Hachem.
[ ils peuvent commettre des erreurs ou des fautes de jugement quant à la manière d'exécuter la volonté d'Hachem ; voir 'Haguiga 15a, concernant l'ange Matat. Voir également le midrach Béréchit rabba 50,9 au sujet des anges qui ont été bannis pendant 138 ans parce qu'ils avaient donné trop d'informations à Lot au sujet de la destruction de Sodome. ]
C'est pour cette raison que les anges sont parfois appelés 'hayot, ce qui signifie littéralement "animaux". [par exemple dans Yé'hezkel 1,5 - "au milieu l'image de quatre 'hayot" ]
Ils partagent une caractéristique commune avec les animaux, à savoir qu'ils ne peuvent pas transcender leur nature. [Likouté Amarim - Tanya - chap.39 ]
En revanche, les commandements accomplis par un être humain ont une valeur bien plus grande, car ils résultent d'une victoire sur la tentation (yétser ara) et transcendent souvent les pulsions naturelles.
C'est parce que les humains peuvent aller à l'encontre d'Hachem que leur service est précieux lorsqu'ils choisissent d'être en harmonie avec Hachem. Ainsi, ils propulsent la personne vers des sommets spirituels infiniment plus élevés, contrairement aux anges qui sont bloqués à un niveau constant de conscience spirituelle.
-> Un homme vint un jour voir le rabbin de Lekhivitz pour se plaindre que la conscience de ses échecs dans le service de Dieu le rendait triste. Le rabbin lui répondit par une parabole :
"Un roi avait un orchestre de palais qui jouait de la musique à son gré. Il avait également un rossignol qui chantait de temps en temps. Le roi appréciait davantage les mélodies naturelles et spontanées du rossignol que les harmonies étudiées (apprises par coeur) de son orchestre.
De même, le Roi des rois a une multitude d'anges qui chantent devant lui en parfaite harmonie, mais Il préfère entendre les louanges imparfaites et souvent discordantes de nous, mortels. Tant que nous offrons notre service au mieux de nos capacités, nous ne devons jamais nous sentir découragés par nos défauts."
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+ Conclusion
-> Ainsi, les accomplissements de l'être humain sont bien plus précieux que les services rendus par les anges. C'est pourquoi le sujet des anges a toujours été considéré comme secondaire, car il n'a que peu d'importance pratique.
En fait, lorsque les anges sont mentionnés dans les textes 'hassidiques, c'est souvent pour montrer leur insignifiance totale par rapport aux accomplissements humains.
[ en ce sens, le Rabbi de Loubavitch raconte qu'un 'hassid vint voir le précédent Rabbi de Loubavitch avec deux questions : l'une concernant le service des anges, l'autre concernant son propre service personnel. Le Rabbi ne répondit qu'à celle concernant le service divin humain, apparemment parce que c'était la seule qui avait une importance pratique - Torat Ména'hem 1,30.]
En réalité, leur service est extrêmement insuffisant par rapport à ce qu'un être humain peut accomplir. Les anges donneraient n'importe quoi pour pouvoir accomplir ce que les êtres humains peuvent accomplir. [rabbi Schneur Zalman de Liadi - mentionné dans Hayom Yom 17 Adar I]
Tous les mondes supérieurs n'ont été créés que comme un mécanisme permettant de relier l'action humaine au Divin.
[ le rabbin Moshe de Karlin commente le verset (Vayétsé 28,12) avec l'échelle de Yaakov où des anges montaient et descendaient, en disant que cela symbolise le fait que tous les mouvements des anges dépendent des actions humaines. ]
L'être humain peut choisir de vivre avec la conscience spirituelle d'un animal ou celle d'un ange.
Lorsque l'être humain choisit la perception de l'ange, son service divin et ses réalisations ont plus de valeur que ceux du plus élevé des anges.