Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

 "La parole est un marteau avec lequel on fait éclater le cœur de pierre"
(Na'hman de Breslav - 1772-1810)

Agir selon l’ordre des priorités (b »h)

+ "Avraham entra en hâte dans sa tente, vers Sarah et dit : Vite! Prend 3 mesures de farine, de pur froment, pétris-la et fais-en des galettes." (Vayéra 18;6)

Guémara Baba Métsia 86b :
== "Rav Yéhouda a dit : Rav a dit : "tout ce que Avraham a servi lui-même aux 3 anges, D. l'a servi Lui-même à ses descendants, et tout ce que D. a fait servir par un intermédiaire, D. l'a octroyé par un intermédiaire à ses descendants.
Avraham a dit : "Je prendrai du pain ...", D. a envoyé la manne du ciel directement.
Avraham a dit : "que l'on prenne un peu d'eau", D. s'est servi d'un messager pour faire jaillir de l'eau (ainsi qu'il est écrit) :"tu frapperas le rocher" ".

En réfléchissant à ce passage de la guémara, nous constatons que tout ce que Avraham a servi lui-même, il l'a donné d'une main large et généreuse, en quantité considérable ; un veau pour chacun, ...
Et pour l'eau qui est la moins coûteuse, Avraham a dit : "que l'on prenne, de grâce, un peu d'eau" = il la donne avec parcimonie!
Comment comprendre cette guémara?

Rav Chakh répondait à cette question en racontant une anecdote.
Un jour, Rabbi Israël Salanter fut invité chez l'un de ses élèves.
Lorsqu'il se lava les mains avant le repas, il utilisa juste la quantité d'eau nécessaire.
Étonnés, ses disciples lui demandèrent : "Que notre maître nous enseigne! N'est-ce pas une ségoula pour devenir riche que de verser abondamment de l'eau pour l'ablution des mains?
- C'est exact, leur a-t-il répondu, mais cela ne doit pas se faire sur le compte de la servante chargée de rapporter l'eau du puit!"

Ainsi, disait le Rav Chakh, puisque les moindres détails des actes de nos patriarches préparent la conduite des générations à venir ('maassé avot simane lebanim') et que l'eau a été donné par un intermédiaire, ainsi Avraham savait que l'eau serait fournie aux enfants d'Israël par un intermédiaire : Moshé Rabbénou (et non directement par D. comme la manne).
Avraham s'est donc soucié que cela ne lui coûte pas trop d'efforts car il ne voulait pas faire un embellissement de la mitsva de recevoir des invités, sur le compte de l'émissaire.

De même, Avraham a demandé à Sarah : "... pétris et fais des galettes".
Avraham a voulu que, dans l'avenir, les femmes prennent aussi part à la mitsva de recevoir des invités.
Cependant, Sarah s'est souciée, comme plus tard Rav Salanter pour la servante, que les forces des futures maîtresses de maison soient ménagées.
C'est pourquoi, elle a rectifié en disant quéma'h (de la simple farine) au lieu de soléth (farine de froment = plus fine que la simple farine).

En effet, dit le Talmud, le tamisage de la farine pour obtenir une mesure de fine fleur de farine (soléth) est équivalent à celui nécessaire pour préparer 3 mesures de quéma'h.
En d'autre terme,le soléth prend 3 fois plus de temps de préparation que le quéma'h.

De nos jours, sur qui retombe la peine et le travail de recevoir des invités (la cuisine, le nettoyage, la préparation, ...)???
Certes, le chef de famille supporte généralement la part des dépenses mais lorsqu'il amène des invités chez lui, il doit tenir compte de la maîtresse de maison.

L'hospitalité doit être consentie de plein cœur et le mari ne doit pas forcer son épouse à dépasser les limites de ses possibilités.

Le mari doit faire attention à prendre la peine de sa femme en considération, chose infiniment plus importante que d'embellir la mitsva de recevoir les invités.
Ne laissons pas le yetser ara nous brouiller la vraie hiérarchie des valeurs (une chose accessoire/secondaire ne doit pas se faire au détriment d'une chose principale!!).

 

Source : issu du livre "Binéoth Déché" du Rav David Chaoul Greenfeld

"Il y a des colères qui naissent du vide intérieur.
Ces hommes sont en fait en colère contre eux-mêmes mais l'égoïsme les pousse à accuser les autres."
(Avraham Kook - 1865-1935)

"Il n'y a rien de plus précieux que le temps, et rien que l'homme gaspille plus facilement."
(Proverbe yiddish)

+ "Ne succombez jamais au désespoir : il ne tient pas ses promesses."
(Stanislaw Jerzy Lec - 1909-1966 - écrivain polonais)

+ "La pire des fautes et le plus grand péché, c'est de se décourager."
(Nahman de Breslav - 1772-1810)

+ "Si vous manquez de confiance, vous manquez d'avenir"

(Isaïe 7;9)

Lé'haïm!

 

L’hospitalité

+ "Il était assis à la porte de sa tente ... Il a vu et a couru à leur rencontre" (Vayéra 18;1-2)

Avraham est malade : le 3e jour après la Mila (la circoncision) est le plus douloureux.
Pourtant, il court à la rencontre d'invités bien qu'il fût assis à la porte de sa tente car "l'hospitalité est plus importante que recevoir la Ché'hina (la présence divine)".

En effet, normalement, lorsque l'on passe d'une mitsva à une autre mitsva de même niveau, on effectue la moitié du chemin lentement pour ne pas mépriser la mitsva que l'on vient d'accomplir et ensuite seulement, on court à la rencontre de l'autre.

Or, si Avraham qui recevait la visite de la présence divine a couru "de la porte de la tente", cela nous enseigne que la mitsva de recevoir des invités est supérieure à celle de recevoir la présence divine.

Nous apprenons ainsi que la maladie ne nous exempte pas de la mitsva d'hospitalité et nous apprenons également, qu'il faut courir pour accomplir des mitsvot (ex : dans la michna béroura, il est écrit : "il sied de courir vers la synagogue/maison d'étude, même s'il est proche de ta maison").

+++ L'hospitalité :
Lorsque le 'Hafets 'Haïm recevait des hôtes le vendredi soir, il se hâtait de rentrer de la synagogue et récitait immédiatement le Kiddouch sans même chanter "Shalom alé'hém".
En effet, avait-il l'habitude de dire, les anges peuvent attendre mais pas les invités qui ont faim.

+++ Courir pour accomplir une mitsva :
Les voisins du 'Hazon Ich racontent que chaque fois que le Rav sortait pour rendre visite à sa mère, il courait si vite que personne ne pouvait le rattraper.

Source : issu du livre "Binéoth Déché" du Rav David Chaoul Greenfeld

Vous fatiguez D. par vos paroles

+ "Vous fatiguez D. par vos paroles" (Mala'hi 2;17)

Les Sages commentent ce verset :
"D. a dit : J'ai créé le Ciel et la terre, et cela ne M'a pas fatigué, ainsi qu'il est dit : "Il n'est ni fatigué, ni lassé" (Yéchaya 40;28).
Quand est-ce que Je suis fatigué? [dit D.]
= Quand vous parlez pour rien, quand vous dites des paroles inacceptables."

D. a façonné tous les membres de l'homme selon les besoins et dans un but précis.
Quand l'homme ne tient pas compte de ce but et transforme le bien en mal dans le domaine du langage, cela provoque de la peine pour D. de constater qu'il fait exactement le contraire de Sa volonté, au lieu d'en profiter pour améliorer son âme, générer du bien.

Source : le "Torat haBayit" (chapitre 2) du 'Hafets 'Haïm

"Critiquer les autres, c’est du temps perdu que l’on aurait pu utiliser pour s’arranger soi-même."

('Hovot Halevavot)

 " Rabbi Mi'hal avoua un jour à ses fils : 
"La bénédiction de ma vie, c'est que jamais je n'ai eu besoin d'une chose avant de la posséder". "
(Martin Buber - 1878-1965 - Philosophe israélien)

Avraham avec sa femme

+ Avraham avec sa femme :

Avraham est en route pour l’Égypte et, à l'approche de la frontière, il adresse une requête à sa femme : "Dis, je te prie, que tu es ma sœur pour qu'il m'arrive du bien à cause de toi et j'aurai, grâce à toi, la vie sauve" (Lé'h Lé'ha 12;13).
Rachi explique : "pour qu'il m'arrive du bien à cause de toi" = on me donnera des cadeaux!

Or, Avraham n'a-t-il pas refusé de recevoir un lacet du roi de Sodome, alors que le butin de guerre lui revenait entièrement, pour ne pas que ce dernier puisse dire : "C'est moi qui ai enrichi Avraham!".
Notre patriarche haïssait tellement les cadeaux, et voilà qu'ici, non seulement, il ne les refuse pas, mais il demande à Sarah de se faire passer pour sa sœur afin d'en obtenir!!

Rav Mordé'haï Gifter, le Roch Yéchiva de Telz, disait que l'intention d'Avraham était de rendre publique dans le monde entier l'idée : "afin qu'il m'arrive du bien à cause de toi" pour en tirer 2 enseignements :

1°/ c'est grâce à la femme que le foyer est béni.
Ainsi que le disent nos Sages (Baba métsia 59a) : un homme doit toujours faire très attention au kavod (au respect) de son épouse car la bénédiction ne règne dans la maison que grâce à elle, comme il est écrit : "et on combla Avraham de biens grâce à elle".

2°/ le mari doit reconnaître que son épouse lui apporte la bénédiction et l'en remercier.
Avraham tenait à inculquer l'importance de la gratitude du mari envers son épouse à ses descendants même si cela devait se faire sur le compte de sa bonne renommée (qu'on dise que Avraham aime les cadeaux).

Un mari se doit de louer et de complimenter ouvertement son épouse pour resserrer les liens du couple et, à nous Juifs, cette mida a été léguée dans les gènes.
Tâchons de l'exprimer ....

 

Source :  issu du livre "Binéoth Déché" du Rav David Chaoul Greenfeld