Aux délices de la Torah

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Kippour – le cadeau d’Azazel

+ Kippour - le cadeau d'Azazel :

"Il l'enverra par la main d'un homme propice dans le désert" (A'haré Mot 16,21)

-> Le jour de Roch Hachana, qui est le jour du jugement, nous sonnons du chofar pour perturber le mauvais penchant (Roch Hachana 16b), tandis que le jour de Yom Kippour nous lui envoyons le bouc pour Azazel afin qu'il puisse être occupé ce jour-là (Yoma 67b).

=> Qui est cet "homme propice" qui avait pour mission d'envoyer le bouc pour Azazel?

-> Nos Sages (Yoma 66a) nous enseignent qu'il pouvait s'agir d'un juif qui n'était pas Cohen et qu'il devait être prêt depuis la veille.

-> De plus, il est rapporté dans le Zohar (A'haré Mot 63b) qu'il s'agissait d'un homme choisi pour cette mission depuis le Ciel depuis le jour de sa naissance. On pouvait le distinguer par des signes physiques. Il avait un œil plus grand que l'autre, des sourcils épais et velus et ses yeux étaient de couleur bleue. Cette

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=> Pour quelles raisons le bouc devait-il être envoyé par l'intermédiaire d'un homme qui avait des défauts physiques ?

-> Le Zohar (Emor 90a) explique que c'est en raison des forces du sitra a'hra (forces du mal) qui sont toutes endommagées par des défauts. Par conséquent, cela apaise les forces du mauvais penchant de recevoir ce bouc de la main d'un homme qui a également des défauts.

=> Pourquoi devons-nous envoyer un bouc au Satan le jour de Yom Kippour, qui est un jour de miséricorde?
En effet, il est rapporté qu'il n'y a pas d'accusation du Satan le jour de Yom Kippour. D'où l'apprend-t-on? Du terme השטן (le Satan), qui possède une valeur numérique de 364. (Yoma 20b)

-> Le Zohar ('hadach 122a) explique que le Satan à 364 camps d'ange de destruction qui sont ses émissaires et qui correspondent aux 364 jours de l'année. Ils ont une emprise sur tous les jours de l'année sauf un, le jour de Yom Kippour.

-> Cependant, bien que le jour de Yom Kippour soit un jour de miséricorde, l'essence même de ce jour sacré reste un jour de jugement. Afin que celui-ci puisse se réaliser dans la bonté et non dans la rigueur, nous envoyons un bouc comme présent au mauvais penchant, comme cadeau corrupteur, afin de l'occuper et de bénéficier ainsi pleinement de la miséricorde divine, lors de ce jugement. [Zohar - Tétsavé 185a]

"Tu prendras de la fleur de farine que tu cuiras en douze 'halot... Tu les placeras en deux rangées, six par rangée, sur la Table pure, devant Hachem" (Emor 24,5)

-> Selon le Zohar (Térouma 154b) :
"Le secret de la Table est le suivant : d'elle émane la nourriture du monde. En effet, c'est à partir du lé'hem hapanim consommés par les Cohanim que la bénédiction et la sainteté sont attirées sur toute la nourriture du monde, sans que le mauvais penchant puisse la contester dans la mesure où le mauvais penchant se trouve essentiellement à l'intérieur même de la nourriture et de la boisson.
Tel est le sens de l'Ecriture : « De crainte que, vivant dans l'abondance, je te renie en disant : qui est D.?" (Michlé 30,9)."

-> En ce sens, lorsque le pain du Temple était consommé par les Cohanim, ceci propageait la bénédiction sur la totalité de la nourriture, repoussant ainsi les accusations du mauvais penchant. Ceci confère donc au peuple d'Israël la possibilité de s'alimenter dans la sainteté, sans être détourné vers la faute et continuer ainsi à servir l'Éternel, de tout son cœur.

Le Targoum Yonatan affirme que la Table du Temple était orientée côté nord afin d'attirer la richesse car c'est à partir du nord que les pluies abondent pour nourrir les pousses des champs qui seront à la base de la subsistance des habitants du monde ...
D'autre part, il y avait dans le Michkan deux piles de 6 pains, correspondant aux 12 Tribus de Yaakov.

En effet, il faut expliquer que les 12 pains qui étaient sur la Table du Temple attiraient la subsistance pour les 12 Tribus d'Israël, qui sont la raison d'être de la création du monde.
Ainsi, il convient de souligner que c'est par le mérite d'Israël que la totalité des habitants du monde peuvent recevoir leur subsistance. [Hachem étant un "D. miséricordieux", Il accorde la subsistance à tous, sans distinction, y compris aux réchaïm et à ceux qui renient Sa grandeur ou Son existence. ]
[Tsor ha'Haïm - Emor]

Confiance & crainte en Hachem

+ Confiance & crainte en Hachem :

-> Le rav Chakh raconta une fois, que durant les derniers jours de sa vie, le Grize de Brisk (qui décéda la veille de Yom Kipour) était malade et alité. Le rav Chakh mentionna alors devant lui la nécessité de se renforcer dans la confiance qu'Hachem trancherait favorablement notre jugement.
"Est-ce cela qui s'appelle la confiance en D., s'écria alors le Grize, alors que je n'éprouve aucune crainte? Qu'appelle-t-on "confiance en D."? C'est lorsque l'homme a réellement peur, et que malgré tout, il surmonte celle-ci grâce à sa confiance en Hachem."

Et de fait, nous devons tenir comme principe qu'il est impossible de craindre sans confiance en Hachem et il est impossible d'avoir confiance en D. sans crainte, car la crainte toute seule peut conduire l'homme à la dépression, et à l'inverse, la confiance sans crainte ne vaut rien et peut même amener l'homme à rejeter le joug Divin.
[rav Elimélé'h Biderman]

Chacun doit se réjouir de faire partie des serviteurs de Hachem et d'avoir reçu la Tora de vérité.
Il n'y a pas de plus grande joie au monde que de reconnaître l'un des millions de bienfaits d'Hachem qui nous protège.
[rav 'Haïm Vital - Chaaré Kédoucha 2,4]

Le sel de Sodome

+ Le sel de Sodome :

"Et alors qu'ils les emmenaient, il dit : "Sauve ta vie! Ne te retourne pas" ... Mais sa femme jeta un regard derrière lui et fut transformée en statue de sel" (Vayéra 19,17-26)

-> La femme de Lot, qui n'a pas tenu compte de l'ordre de l'ange et s'est retournée pour regarder la destruction de Sodome, a été transformée en statue de sel.
Selon Rachi (v. 26), comme elle avait fauté avec du sel, elle fut punie avec du sel.
Comme le décrit Rachi (d'après le midrach Béréchit rabba 50,4), lorsque Lot invita les anges chez lui, il demanda à sa femme de leur donner du sel pour assaisonner leur nourriture. Non seulement elle refusa, mais elle l'accusa : "Maintenant, tu veux aussi introduire cette mauvaise coutume dans notre ville?"

Selon une autre opinion dans le midrach (Béréchit rabba 51,5), elle alla de voisin en voisin pour leur demander de lui prêter du sel, annonçant que son mari recevait des invités, afin que les habitants de la ville viennent chez elle et attaquent les invités.

Le Midrash Talpiyot (1: Anaf Icha) donne une autre version de la façon dont la femme de Lot a fauté avec du sel. Son surnom était en fait Méla'h, qui signifie sel. En effet, lorsque de pauvres vagabonds venaient frapper à sa porte pour mendier du pain, elle ne leur donnait que du sel, qui n'est pas exactement un aliment nourrissant. Dans leur souffrance, les victimes implorèrent Hachem de la punir en la transformant en un amas de sel. Elle interpréta à tort leur malédiction comme une bénédiction et répondit "Amen".
Lorsque vint le moment de la destruction de Sodome, ces prières amères furent exaucées et elle fut elle aussi punie.

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-> La guémara (Erouvin 17b ; 'Houlin 105b) note que le sel de Sodome (le méla'h Sédomit), peut rendre aveugle. En conséquence, nos Sages ont imposé le "mayim a'haronim", qui consiste à se laver les mains à la fin d'un repas afin d'éliminer cette substance toxique. (voir Ora'h 'Haïm 181:1, 10.)

=> Qu'est-ce que le sel de Sodome et comment rend-il aveugle?
Y a-t-il un lien avec la femme de Lot, son insensibilité au sel et son indifférence envers les nécessiteux?

-> La guémara (Béra'hot 6b) nous dit que Mar Zoutra a dit : "La principale récompense d'un jour de jeûne réside dans la charité dispensée" (agra détaanita, tsidkéta).
Selon de nombreux commentateurs (voir Michlé Yaakov sur Vayikra, 144), la véritable valeur d'un jeûne ne réside pas dans l'abstinence de nourriture, mais dans la corde sensible qui résonne chez la personne qui se prive de nourriture. Tout au long de l'année, lorsque l'estomac est plein, on ne peut pas vraiment comprendre le sort des pauvres et des affamés. Ce n'est que pendant le jeûne, lorsque l'on éprouve sa propre faim, qu'il est possible de s'identifier véritablement aux personnes qui souffrent de la faim ; cela amène la personne à réfléchir : "Imaginez un peu. Cet homme ressent cela toute l'année!"
Ce processus de réflexion donne à la personne une nouvelle capacité à donner la tsédaka avec générosité. Ainsi, la principale récompense ou le principal avantage du jeûne réside dans l'identification aux pauvres et le changement empathique qu'il peut apporter.

Cette notion est expliquée plus en détail par le rav 'Haïm Shmoulévitz (Si'hot Moussar 5731).
Le verset dit : "Hachem parla à Moché et à Aharon et leur donna des ordres concernant les Bné Israël" (Vaéra 6,13). Cependant, la Torah omet les détails des instructions qu'ils devaient transmettre aux Bné Israël.
La guémara (Yérouchalmi - Roch Hachana 3:5) nous dit que le commandement concernait la mitsva de shila'h avadim, qui consiste à libérer ses esclaves juifs après qu'ils aient travaillé pendant six ans (Michpatim 21,2).
Le rav 'Haïm Shmoulévitz souligne qu'il semble plutôt étrange de donner cette mitsva aux Bné Israël à ce moment-là, car elle ne serait applicable que plus de cinquante ans plus tard, après la conquête et l'établissement en terre d'Israël. Pourquoi ne pas avoir attendu au moins jusqu'au mont Sinaï, où d'autres mitsvot leur ont été données?

Le rav 'Haim Shmoulévitz explique que la mitsva consistant à renvoyer ses serviteurs est assez difficile. Après le prix d'achat initial, on dispose d'une aide gratuite pendant six ans, à laquelle on peut s'habituer. Soudain, après six années qui semblent courtes (le temps passant si vite!), la Torah exige non seulement que le maître libère l'esclave, mais qu'il le fasse en lui offrant divers cadeaux.
C'est précisément à ce moment-là, lorsque les Bné Israël ont appris que leur délivrance personnelle était imminente, qu'ils ont pu se mettre à la place de l'esclave et comprendre à quel point il aspirait à la liberté. C'était donc le moment idéal pour présenter cette mitsva aux Bné Israël.
Bien que le don de la Torah fût imminent, la période intermédiaire les aurait amenés à oublier la grande joie qu'ils avaient éprouvée lors de leur propre libération, et aurait rendu l'acceptation de cette mitsva d'autant plus difficile.

On peut mieux s'identifier aux besoins d'autrui lorsque l'on est soi-même confronté au même problème. Mais une fois sorti de cette situation difficile, on peut perdre ce sentiment d'identification, nécessaire pour susciter de la compassion pour autrui. [on trouve toute sorte d'excuse, pour remettre à plus tard ou diminuer notre potentielle aide. ]

De même, avant un repas ou pendant un jeûne, alors que j'ai encore faim, je peux comprendre la détresse de ceux qui n'ont pas de quoi se nourrir au quotidien.
Mais à la fin du repas ou après avoir rompu mon jeûne, ma soif étanchée et ma faim apaisée, je risque de perdre mon empathie. Et je risque de commencer à acquérir certains traits de caractère de Sodome, à devenir insensible à la faim des autres.

La guémara (Sanhédrin 109a) attribue l'arrogance et le mépris de Sodome envers les nécessiteux à leur grande richesse. Ils sont le paradigme du verset : "Yéchouroun est devenu gras et a protesté" (Haazinou 32,15).

La Torah (Lé'h Lé'ha 13,10) décrit la région de Sodome comme le jardin de Hachem (ké'gan Hachem).
Comme il est dit dans Iyov (28,5-6 ; et expliqué dans Pirké DéRabbi Eliezer 25), cette terre était très fertile ; elle produisait du pain à l'état fini, et les habitants extrayaient l'or, l'argent et les pierres précieuses directement du sol.
Les habitants de Sodome, qui vivaient selon l'adage : "Ce qui est à moi est à moi et ce qui est à toi est à toi" (Pirké Avot 5,13), déclarèrent : "Puisque notre terre est si productive, pourquoi avons-nous besoin de voyageurs, qui viendront nous dépouiller de nos biens?" Ayant perdu de vue les besoins des autres, ils élaborèrent un plan pour s'assurer qu'aucun invité n'entrerait dans leur ville.

C'est peut-être pour cette raison, sur le plan symbolique, que nos Sages ont institué le mayim a'haronim à la fin du repas. Lorsqu'on a faim et qu'on s'assoit pour manger, on est plus disposé à aider un pauvre qui frappe à la porte pour demander de la nourriture, car on comprend ce que ressent le mendiant affamé. Mais après le repas, on peut ne plus se sentir aussi compatissant et même être agacé par le pauvre qui nous dérange.

C'est précisément à ce moment-là que le sel de Sodome risque d'avoir un effet néfaste. Le comportement de Sodome envers les mendiants et les étrangers était cruel et dur. Le refus de la femme de Lot de donner du sel aux invités (ou, selon d'autres versions, son habitude d'aller demander du sel ou de ne donner que du sel) était emblématique de son avarice impitoyable et répugnante. Elle fut donc punie en étant transformée en statue de sel, symbole de son crime.

Cela aide peut-être à expliquer autre chose. Avant leur disparition définitive, les habitants de Sodome furent frappés de cécité (Vayéra 19,11). Ils avaient abusé de leur don de la vue, fermant les yeux sur les nécessiteux. Ils perdirent donc leur capacité de voir.

Enfin, lorsque les Sages ont dit qu'il fallait accomplir mayim a'haronim parce que le sel de Sodome est nocif pour les yeux, ils voulaient peut-être dire par allusion, que terminer un bon repas présente un danger. Ce danger serait celui de devenir indifférent au sort des nécessiteux, ce qui, comme dans la ville de Sodome, pourrait nous "aveugler" à la faim endurée par les défavorisés.

Ainsi, après avoir terminé un repas satisfaisant, nous sommes tenus de nous laver du sel de Sodome et de nous purifier de l'insensibilité qui peut envahir notre cœur lorsque notre estomac est plein.
[rav Avraham Bukspan]

La matsa représente à la fois notre affliction et notre liberté.
Elle nous enseigne que dans les difficultés de la vie se trouvent les graines de la rédemption.
[rabbi Yossef B. Soloveitchik ]

La nuit du Seder est l'occasion de parler à nos enfants non seulement de notre passé, mais aussi de les inspirer pour l'avenir, de leur inculquer l'espoir et la foi que la rédemption (guéoula) est toujours possible.
[rabbi Shlomo Carlebach  ]

Juifs = plus grands que les anges

+ Juifs = plus grands que les anges :

"Je vous ai portés sur les ailes des aigles" (Yitro 19,4).

-> Le rabbi Yaakov Abou'hatséra (Bigdé Hasrad) explique que les "aigles" dans ce verset font référence aux anges, comme le Zohar (Chémot 4b) le commente à propos du verset : "Les Bné Israël partirent de Ramsès, dans la direction de Souccot ; environ 600 000 voyageurs à pied" (Bo 12,37).
Pourquoi le verset dit-il : "environ 600 000" ? Pourquoi ne pas être précis sur le nombre?
En réalité, cela ne fait pas référence aux Bné Israël. Cela fait référence aux anges.

Il écrit :
"Lorsque les Bné Israël descendirent en Égypte, les anges descendirent avec eux. Et lorsque les Bné Israël sortirent d’Égypte, tout comme 600 000 juifs sortirent, 600 000 anges sortirent avec eux.
Ces anges formaient le Camp de la Chékhina (présence Divine), qui servait à enseigner aux BnéIsraël qu’ils étaient eux aussi devenus le camp de la Chékhina, tout comme les anges.

De plus, lorsque nous réfléchissons à ce sujet, nous voyons que les Bné Israël sont encore plus grands que les anges, puisque les anges ont été contraints de descendre et de souffrir en Égypte pour eux. C’est là le sens du verset : "Je vous ai portés sur les ailes des aigles" : en référence aux anges, qui ont des ailes semblables à celles des aigles. Ils étaient avec vous en Egypte, et de là, vous devriez prendre conscience de votre propre grandeur, et reconnaître que Je vous ai fait devenir un camp de la Chékhina, tout comme les anges.

On peut comprendre ce verset comme assimilant la grandeur des Bné Israël à celle des anges, mais on peut aussi l’interpréter comme signifiant que les Bné Israël sont "sur les ailes des aigles", c’est-à-dire au-dessus d’eux, comme le montre le fait que les anges ont dû descendre en Égypte pour souffrir avec les Bné Israël.

La suite du verset, "Et je vous ai amenés vers Moi", peut être comprise comme une analogie avec une personne qui rend visite à un ami cher avec lequel elle aime passer du temps. C’est ainsi que Hachem est apparu devant les Bné Israël, face à face, révélant Sa gloire et Sa grandeur.
Tout cela avait pour but de leur montrer qu’Il avait éliminé les klipot qui les séparaient de Lui. Ces klipot n’avaient plus aucun pouvoir sur eux."

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-> Telle est la leçon du "fils qui ne sait pas comment demander" (lo yodéa lich'ol), pour lequel il nous est dit : "tu dois lui ouvrir". Cela fait référence à une personne qui trouve tout si sombre et si confus qu’elle ne sait même pas comment demander de l’aide. Elle erre, perdue, en dehors des frontières de la sainteté, et ne sait pas vers où se tourner.
Pour lui, la Haggadah de Pessa'h conseille : "Vous devez lui ouvrir" = rappelez lui que cette nuit-là, Hachem nous a ouvert les portes de l’esclavage et nous a rapprochés de Lui avec la plus grande affection.
"Je vous ai portés sur les ailes des aigles et je vous ai amenés vers Moi" (Yitro 19,4) en référence aux ailes des anges.
Dans Son amour pour nous, Hachem nous a élevés au-dessus du niveau des anges. Et tout cela alors même que nous n’avions pas les mérites pour en être dignes.

Et il en a toujours été ainsi à travers les générations. Où qu’un juif se trouve, quelle que soit la profondeur (spirituelle) dans laquelle il puisse sombrer, Hachem est toujours là pour lui, pour le porter sur les ailes des aigles et le ramener.
Cette reconnaissance est la porte de la sainteté, que nous devons ouvrir pour le "fils qui ne sait pas comment demander", afin qu’il puisse lui aussi mériter toutes les bénédictions saintes qui descendent en cette nuit.
[une force du yétser ara est de nous faire douter, de nous faire croire que nous ne sommes pas si importants, aimés, par Hachem (ex: t'as vu tes actes!). A Pessa'h nous devons fermer la bouche à de telles paroles, et nous renforcer dans la réalité de notre relation avec papa Hachem. ]
[rabbi David 'Haï Abou'hatséra - Haggada chel Pessa'h Milta 'Hadta ]

-> Le Imrot Téhorot citant le rabbi Barou'h de Mézhibouzh (Likouté Maamarim) :
"Lorsque Hachem vit les Bné Israël enfoncés dans les profondeurs de la klipa en Egypte, dans Sa grande miséricorde et Sa bonté, Il n’attendit pas qu’ils provoquent un réveil d'en bas. Au contraire, Il bondit en avant (passa'h) pour leur ouvrir une brèche (pessa'h). Tout comme Il a délivrés nos ancêtres, ainsi Il nous délivrera d’un rachat éternel, bientôt et de nos jours, Amen."

Les Nuées de Gloire

+ Les Nuées de Gloire :

-> Les Nuées de Gloire célestes (Anané Kavod) ont suivi les Bné Israël dans le désert. Elles avaient des propriétés merveilleuses.
Par exemple, elles nettoyaient les vêtements des Bné Israël. [midrach Chir haChirim rabba 4,11 ]
Elles aplanissaient les montagnes, soulevaient les vallées, tuaient les serpents et les scorpions, leur fournissaient de la lumière et les suivaient derrière eux s'ils quittaient le campement. [Sifré Béhaaloté'ha]
Elles étaient le système de transport des Bné Israël pour les amener là où ils voulaient aller (à l'image d'un avion, train). [Sité Cohen - Ekev]

De même, si une personne avait une charge et pas d'animal pour la déplacer, les nuées célestes se chargeaient du service. [Tan'houma - Bamidbar 12]

C'était un "bouclier de protection" étonnant dans la mesure où elles repoussaient les flèches ou les projectiles que les égyptiens leur lançaient. [Rachi - Yitro 19,4]

C'était comme un scanner d'aujourd'hui, en ce sens que les nuées célestes permettaient à quelqu'un de voir ce qu'il y avait à l'intérieur d'un conteneur (ex: une boîte, coffre) sans l'ouvrir. [Tossefot Shabbath 22b]

Elles permettaient aux Bné Israël, qui étaient à l'intérieur des nuées célestes, de voir ce qui était à l'extérieur, mais les personnes à l'extérieur, comme Bilam, ne pouvaient pas voir ce qui était à l'intérieur. [Baal haTourim - Balak 22,5]

Lorsque les Bné Israël voyaient la nuée céleste rougir, ils savaient que le soleil se couchait, et s'il blanchissait, ils savaient qu'il brillait. [midrach Aggada - Pékoudé]

-> Toutes ces propriétés merveilleuses ne se produisaient que si les Bné Israël observaient la Torah. S'ils fautaient, les nuées célestes les recrachaient hors du camp. [Rachi, Kli Yakar, Rabbénou Bé'hayé - Ki Tétsé 25,18]

Et aussi incroyable que cela puisse paraître, toute la tribu de Dan était hors du camp, parce qu'elle était impliquée dans le culte des idoles avec Pesel Mikha. [Tan'houma - Ki Tétsé 10]

Ceux qui étaient impurs étaient aussi recrachés hors du camp. [Pirké déRabbi Eliézer 44]

Lorsque les Bnei Israël suivaient la parole d'Hachem, les nuées célestes formaient la lettre 'Haf dans le ciel, et lorsqu'ils ne suivaient pas la parole d'Hachem, ils formaient la lettre 'Samé'h' dans le ciel. D'autres disent que les nuages célestes ont toujours formé la lettre "Heh" dans le ciel. [Rabbénou Bé'hayé - Béchala'h 17,16]
D'autres sont d'avis que les nuées célestes formaient toujours la lettre Hé dans le ciel. ['Hizkouni - Bamidbar 2,2 ; Rokéa'h - Béhaaloté'ha 9,17 ; Tossefot Hashalem - Pékoudé 40,20 ]

Lien entre Sim’ha Torah & Souccot

+ Lien entre Sim'ha Torah & Souccot :

=> Pourquoi la fête de Sim'hat Torah est-elle reliée à Souccot?

-> Souccot est donc la célébration de la rectification, réparation (tikoun), de la faute du Veau d'or (symbolisé par le retour des Nuées de Gloire), le retour du plein désir d'Hachem pour les Bné Israël, tel qu'il l'était avant cette faute.
Souccot est suivi de Chémini Atséret, que le Gaon de Vilna décrit comme le Yom Tov ayant la plus grande joie de tous les Yamim Tovim. Chemini Atséret est suivi de Sim'hat Torah.
Pourquoi Sim'hat Torah suit-il Souccot ? Ne serait-il pas plus logique de célébrer cette fête à Shavouot (moment du don de la Torah)?

-> Le Sforno (Ki Tissa 32,19) enseigne que lorsque Moché descendit du mont Sinaï en portant les Lou'hot, il vit les juifs adorer le Veau d'or. Il continua à descendre la montagne, les Lou'hot intactes.
Mais en voyant des juifs danser autour du Veau d'or, il jeta à terre les Lou'hot et les brisa. C'est donc la danse [signe extérieur de joie] qui l'incita à les casser.

Lorsque l'on commet une faute (avéra), explique le Sforno, il est toujours possible de s'amender en faisant téchouva. Mais si l'on retire beaucoup de plaisir à la commettre, remédier à cette faute devient beaucoup plus difficile. La joie est présente lorsque quelqu'un apprécie vraiment quelque chose au plus profond de lui-même, et s'il s'agit d'une avéra, la possibilité de faire téchouva devient plus incertaine.

A Souccot, nous célébrons le fait d'avoir pu expier le Veau d'or et accomplir une téchouva complète au point d'avoir réussi à récupérer notre relation avec Hachem.
Mais il reste encore une étape. Lorsque les Bné Israël servirent le Veau d'or, ils dansaient et chantaient autour du Veau. Nous devons encore montrer que nous rectifions également cette joie déplacée.
Afin de prouver que nous avons si totalement éradiqué tout lien avec le Veau d'or que non seulement nous ne l'adorerons plus jamais, mais que nous utiliserons la joie uniquement pour la Torah : nous chantons et dansons avec le Séfer Torah, démontrant le bonheur et la joie dans la célébration de la Torah.
Fêter Sim'hat Torah est la rectification ultime de la faute du Veau d'or.