Aux délices de la Torah

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Etre satisfait de ce que l’on a, permet d’être traiter par Hachem avec davantage de miséricorde

+ Etre satisfait de ce que l'on a, permet d'être traiter par Hachem avec davantage de miséricorde :

"Quand ils eurent achevé de manger les provisions qu'ils avaient approtées d'Egypte, leur père leur dit : "Retournez, achetez-nous un peu de nourriture"." (Mikets 43,2)

-> Rachi affirme que Yéhouda leur a dit : "Prenez patience avec notre vieux père jusqu’à ce que nous n’ayons plus de pain à la maison" (parce que Yaakov leur avait interdit de retourner en Egypte avec Binyamin).

=> Que voulait dire Yéhouda? Quel conseil donne-t-il? Bien sûr qu'ils auraient besoin d'aller acheter de la nourriture lorsqu'ils en manqueraient.
Deuxièmement, pourquoi a-t-il appelé Yaakov "le vieil homme" (zaken)? Pourquoi ne l'a-t-il pas simplement appelé "notre père"?

-> Le séfer Divré Israël répond que le mot "zaken" (le vieil homme) fait référence à l'attribut (mida) Divin de la miséricorde (ra'hamim). Lorsqu'une personne est satisfaite de ce qu'elle a et ne cherche pas à en obtenir davantage, elle suscite la mida de la miséricorde d'Hachem.

Tel était le conseil de Yéhouda. Il a dit d' "avoir patience, d'attendre le vieil homme". Attendre patiemment et ne pas essayer de le pousser, forcer. Si nous faisons cela, dit-il, nous mériterons de recevoir l'aide de la mida de miséricorde d'Hachem.

C'est pourquoi Yaakov leur a dit plus tard : "Et Kel Shadaï vous donnera de la miséricode" (véEl Shadaï yiten la'hem ra'hamim - Mikets 43,14). Le nom d'Hachem "Shadaï" représente la mida d'être satisfait de ce que l'on a, car il symbolise la façon dont Il a dit au monde "daï", assez (guémara 'Haguiga 12a).
Ainsi, Yaakov disait que s'ils étaient satisfaits et ne demandaient pas plus, ils mériteraient la mida de la miséricorde d'Hachem.

Le vol fait apporte la rigueur Divine dans le monde

+ Le vol fait apporte la rigueur Divine dans le monde :

"Hachem dit à Noa'h : "La fin de toute chair est venue devant Moi, car la terre est remplie de brigandage à cause d'eux ; et voici, Je suis sur le point de les détruire de la terre"" (Noa'h 6,13)

-> Rachi explique : "Partout où l'immoralité et l'idolâtrie sont présentes, un fléau s'abat sur le monde et tue les bonnes [personnes] en même temps que les mauvaises". Pourtant, malgré l'immoralité et l'idolâtrie endémiques, le décret du déluge n'a été scellé qu'à cause de la faute du vol.

-> Le Maharal (Gour Aryé) commente :
Malgré la prédominance des graves fautes d'immoralité et d'idolâtrie, le décret du déluge n'aurait pas eu lieu sans la prévalence de la faute de voler.
Le vol a joué un rôle déterminant dans le décret, car Hachem est miséricordieux et ne se hâte pas de détruire le monde, même à une époque où l'immoralité est très répandue. Cependant, le vol omniprésent dans la génération du déluge a entraîné l'effondrement de la société civilisée. La civilisation a commencé à s'effondrer de l'intérieur, et ce n'était qu'une question de temps avant que le monde ne se désintègre complètement.
Il n'y avait donc aucune raison pour qu'Hachem retarde son décret. Ainsi, bien que le facteur déterminant de la destruction du monde ait été l'immoralité, c'est la faute du vol qui a finalisé [l'application] de la punition.

En outre, Hachem juge le monde mesure par mesure.
Lorsque les gens font du 'hessed, des actes de bonté, Hachem les juge également avec bonté et miséricorde, et Il ne se précipite pas pour les punir de leurs fautes. Même lorsqu'Il décrète une punition, celle-ci n'est pas exécutée immédiatement.
Cela permet [de laisser le temps pour] annuler le décret par le biais du repentir et de la prière.

En revanche, lorsque les gens se traitent mal les uns les autres, Hachem les juge avec l'attribut de la stricte justice. En tant que tel, le décret est définitif et ne peut être annulé.
Le vol généralisé et le manque de pitié entre les gens ont créé un environnement de justice stricte qui a abouti au décret du Déluge.
Ce n'est qu'après la destruction des réchaïm et les prières de Noa'h et de sa famille que l'environnement de stricte justice commence à s'estomper.

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=> Hachem est tout à fait miséricordieux et n'est pas prompt à punir. Cependant, la faute du vol entraîne l'effondrement de la société civile. Ainsi, Hachem ne retarde plus la punition.
De plus, lorsque le vol est répandu et que les gens ne font preuve d'aucune pitié les uns envers les autres, un environnement de stricte justice prévaut dans le Ciel.

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-> Aux yeux d'Hachem, quelle faute est la plus grave : celle que nous commettons envers Hachem ou bien celle que nous commettons envers notre prochain?

À l’époque de Noa'h, avant le déluge, l’humanité était devenue extrêmement fauteuse. Elle s’était rebellée contre Hachem et avait causé de grands torts et des pertes financières à ses semblables.
Nos Sages partagent la façon dont Hachem percevait leurs fautes. Hachem dit : "Lorsque l’humanité se rebelle contre moi, je suis prêt à renoncer à mon honneur et je n’enverrai pas le déluge. Cependant, je ne peux pas fermer les yeux lorsque je vois l’humanité causer de la douleur, de la souffrance et des pertes financières à ses semblables."
Et c’est à ce moment-là qu'Hachem a envoyé le déluge.
[rav Yonathan Eibshitz - 'Hidouché rabbi Yéhonatan]

"Ses frères partirent faire paître le troupeau de leur père à Chékhem" (Vayéchev 37,12)

-> Le verset déclare : "Ayez confiance en Hachem et faites le bien ; habitez le pays en cultivant votre émouna" (Téhilim 37,3).
Le Beit Avraham de Slonim cite le rabbi de Lechovitcher qui explique que tout comme le bétail grandit et s'épanouit s'il paît chaque jour sur une bonne terre, de même pour qu'un juif s'épanouisse dans la émouna, il doit y travailler chaque jour.

C'est dans cet esprit qu'il explique les mots du verset "pour faire paître le troupeau de leur père". Le mot "bi'Chékhem" (בִּשְׁכֶם) peut être un acronyme pour "barou'h chem kévod mal'houto".
Il s'agit d'une allusion au fait que le bétail de Yaakov représentait toutes les âmes des juifs qui naîtraient à l'avenir.
En les gardant et en les emmenant paître, les tribus (Shévatim) inculquaient à ces âmes la émouna.

Yaakov dit à Yossef : "Va donc voir comment se portent tes frères et comment se porte le bétail, et rapporte-moi des nouvelles", c'est-à-dire de voir comment chacune des âmes (néchamot) des juifs à venir se portaient et de s'assurer qu'on prenait soin d'eux, à la fois spirituellement et matériellement.

Emouna selon laquelle Hachem pourvoirait à nos besoins dans le désert

+ Emouna selon laquelle Hachem pourvoirait à nos besoins dans le désert :

"Le peuple prit sa pâte alors qu’elle n’était pas encore levée, les restes liés dans leurs vêtements, sur leurs épaules" (Bo 12,34).

-> Le séfer Zéra Kodech demande pourquoi est-il nécessaire de préciser que la pâte était sur leurs épaules. Quelle différence cela fait-il à la façon dont ils la portaient?
Il répond que la Torah nous dit que la nourriture qu’ils emportèrent d'Egypte n’avait aucune importance pour eux. Ils la jetèrent sur leurs épaules comme on le fait pour une chose sans importance, car ils avaient pleinement confiance en Hachem pour subvenir à leurs besoins dans le désert et ne pensaient pas qu’il était vraiment important de veiller sur leur nourriture.

Terre d’Israël & rav Chmoulévitz

+ Terre d'Israël & rav Chmoulévitz :

-> Le rav 'Haïm Chmoulévitz (1902-1979) enseigne (Si'hot Moussar - Dévarim 5733) :
"Jusqu'au grand fleuve, l'Euphrate" (nahar agadol - Dévarim 1,7). Rachi commente : "Puisqu'il est mentionné en lien avec la terre d'Israël, [la Torah] le qualifie de "grand". Un proverbe populaire dit : "Le serviteur d'un roi est un roi"."
Rabbi Eliezer de Metz explique qu'en réalité, c'était le plus petit des fleuves. Après tout, il est mentionné en dernier dans la paracha de Béréchit. Il est [néanmoins] appelé "grand" parce qu'il est mentionné en lien avec terre d'Israël.

En effet, le fleuve Euphrate ne fait pas partie de la terre d'Israël, mais comme il est mentionné avec la terre d'Israël, son importance est telle que les Écritures le qualifient de grand fleuve.
A plus forte raison, la terre d'Israël donne une importance [supplémentaire à un être vivant] à quiconque se trouve à l'intérieur [de ses frontières]. [Une telle personne] a le privilège de [connaître] une grande croissance spirituelle lorsqu'elle s'y trouve.
Comme le disent [nos Sages (midrach Vayikra rabba 13,5)] : "l'or de ce pays est bon" (BeReishit 2:12) = [ce qui enseigne qu'il] n'y a pas de Torah comme la Torah de la terre d'Israël".
Cela montre que la Torah de ceux qui l'étudient en terre d'Israël est plus exaltée.
De même, le verset dit : "Car de Sion sortira la Torah, et la parole d'Hachem de Jérusalem" (Mikha 4,2), qui fait référence à la terre d'Israël, comme l'explique la guémara (Béra'hot 63b).
[Nos Sages] disent également que la prophétie ne se révèle qu'en terre d'Israël. [En conséquence], le prophète Yonah s'est enfui à Tarchich afin d'éviter de recevoir la prophétie (voir Yalkout Shimoni - début de Yonah).
Cela démontre que même [le statut spirituel] d'une personne qui se trouvait en terre d'Israël et qui avait atteint le niveau de la prophétie décline lorsqu'elle se rend en dehors d'Israël, et la prophétie cesse de reposer sur elle.

Nous devrions être étonnés de nous-mêmes. Nous vivons en Israël, mais nous ne ressentons pas vraiment la grande élévation que nous procure le fait d'être dans la Terre.
L'explication se trouve dans les paroles de nos Sages (midrach Dévarim rabba 2,8) : "Moché Rabbénou dit [à Hachem] : "Maître de l'Univers, les os de Yossef sont entrés en terre d'Israël, mais moi, je n'y entre pas?". Hachem répondit : "Celui qui a reconnu sa Terre est enterré dans sa Terre, et celui qui n'a pas reconnu sa Terre n'est pas enterré dans sa Terre".
Comment savons-nous que Yosef a reconnu sa Terre? La femme de son maître a dit : "Regardez! Il [Potifar] nous a amené un Hébreu" (Vayéchev 39,14) ; et [Yossef] ne l'a pas nié. Au contraire, il a dit : "J'ai été enlevé du pays des Hébreux" (Vayéchev 40,15).
"Toi [Moché] qui n'as pas reconnu ta terre, tu ne seras pas enterré dans ta terre". Comment cela? Les filles de Yitro ont dit : "Un égyptien nous a sauvées des bergers" (Chémot 2,19) ; et [Moché] a entendu [cela] et est resté silencieux ...".

Ces paroles sont étonnantes. Après tout, lorsqu'elles ont dit : "Un égyptien nous a sauvées", elles ont également nié le judaïsme de Moché, et il a entendu [cela aussi] et est resté silencieux, mais nous ne trouvons aucune critique à l'égard de Moché à ce sujet. C'est peut-être parce qu'il se serait mis en danger s'il avait révélé qu'il était juif.
Néanmoins, comme il n'a pas reconnu la Terre [d'Israël], il n'a pas été enterré dans la Terre. Toutes les excuses et explications qu'il avait pour ne pas reconnaître la Terre ne l'ont pas aidé, même celles qui auraient pu [expliquer] pourquoi il n'a pas admis qu'il était juif.
En effet, il ne s'agit pas vraiment d'une punition. C'est plutôt un fait : celui qui ne reconnaît pas la Terre n'est pas lié à la Terre. Par conséquent, le fait qu'il ait des excuses et des raisons [pour ne pas reconnaître la Terre d'Israël] ne peut l'aider, car dans tous les cas, la Terre ne le "veut" pas.

C'est une leçon claire pour nous. Afin de recevoir l'abondance qui coule d'en haut sur la terre d'Israël et ses habitants, comme il est dit : "Les yeux du Seigneur ton D. sont constamment sur elle" (Ekev 11,12), il y a une condition : il faut reconnaître la terre d'Israël. Ce sentiment prépare une personne à pouvoir bénéficier de l'influence de la Terre.

Il est écrit : [Yaakov] acheta la parcelle de terre sur laquelle il avait dressé sa tente, aux fils de 'Hamor, le père de Chékhem, pour cent kessitahs (Vayichla'h 33,19).
Le Ibn Ezra explique : "La Torah mentionne cela pour démontrer que la terre d'Israël possède de grandes qualités, et celui qui y possède une portion est considéré comme [s'il possédait] une portion dans le monde à Venir."
Le Ramban cite cela.
Cela indique qu'outre le fait qu'il existe une mitsva d'habiter la terre d'Israël, le simple fait d'acheter une parcelle de terre équivaut à acquérir une part dans le monde à Venir.
Cependant, il me semble que, là encore, il faut reconnaître [la grandeur, l'importance de] la Terre et apprécier la grande importance d'acheter une parcelle de terre. Grâce à cela, il sera considéré comme s'il avait acquis une part dans le monde à Venir.

Nous voyons que les filles de Tsélof'had ont dit : "Donne-nous une part parmi les frères de notre père" (Pin'has 27,4), et Rachi [déclare] (Pin'has 26,64) que les femmes n'étaient pas incluses dans le décret [que Hachem a émis contre les juifs à la suite de la faute des] explorateurs, parce qu'elles chérissaient la Terre d'Israël.
Les hommes ont dit : "Nommez un chef et retournons en Egypte" (Chéla'h Lé'ha 14,4), tandis que les femmes ont dit : "Donnez-nous une part".
Nos Sages comprennent que leur demande d'une part de terre n'était pas une simple demande visant à obtenir une propriété. Elle découlait plutôt de leur amour pour la Terre [d'Israël]. Elles reconnaissaient l'importance d'acquérir une part en terre d'Israël et chérissaient la Terre.
Par conséquent, elles eurent le privilège d'entrer dans la Terre et furent sauvées du décret des explorateurs.

C'est peut-être aussi la raison pour laquelle les juifs ont été pardonnés pour la faute du Veau [d'or], mais pas pour la faute des explorateurs, [après tout], ils sont tous morts dans le désert.
La raison en est la suivante : puisqu'ils ont calomnié la Terre et ne la voulaient pas, ils n'avaient forcément aucun lien avec elle et n'étaient pas aptes à y entrer."

La montée des eaux

+++ La montée des eaux :

"Le serviteur courut à sa rencontre et dit : "Laisse-moi boire, s'il te plaît, un peu d'eau de ta cruche" ('Hayé Sarah 24,17)

-> Rachi commente : "Eliézer a vu l'eau monter vers (Rivka)".
La Torah ne nous dit pas ce qui a poussé Eliézer à courir vers Rivka, et par conséquent, la raison devait être si évidente qu'elle n'avait pas besoin d'être mentionnée.
Après tout, il est courant que l'eau monte vers les personnes vertueuses, comme c'est le cas pour Avraham, Yaakov et Moché (Rachi - Vayéra 21,30 & Chémot 2,20). La raison pour laquelle cela se produit est la bénédiction divine qui suit le sillage des justes. Cette bénédiction infuse l'eau à sa source, augmentant son débit et la faisant monter.

La première mention de ce phénomène, l'eau s'élevant vers un tsadik, remonte à une dispute entre Avraham et Avimélé'h au sujet de la propriété d'un puits (Rachi - Vayéra 21,30. Les deux hommes se mirent d'accord sur le fait que celui pour qui le puits montait était son véritable propriétaire.
Il est toutefois interdit de s'appuyer sur des miracles (Pessa'him 64b), et il doit donc y avoir une explication naturelle à ce phénomène. L'explication est la suivante : Une étendue d'eau imprégnée de la bénédiction divine s'écoule plus puissamment de sa source, ce qui la fait monter.
Avraham remarqua que le puits n'avait pas un débit normal alors qu'il était contrôlé par les bergers d'Avimélé'h. Cela devait être dû au fait que le puits avait été volé à Avraham, et qu'un objet volé est dépourvu de la bénédiction divine.
Avraham savait que lorsque le propriétaire légitime du puits s'en approcherait, son débit normalement fort serait rétabli, et cela prouverait sa propriété.
[Maharal - Gour Aryé]

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=> Il est naturel que l'eau monte vers les justes parce que la bénédiction divine suit toujours leur sillage.
Une étendue d'eau infusée par la bénédiction divine aura un fort débit à partir de sa source, ce qui la fera s'élever. Ainsi, la montée de l'eau vers Avraham et Rivka n'était pas un miracle, en fait, on aurait même pu s'y attendre.

Les mitsvot de la Torah vs. les mitsvot rabbinique

+ Les mitsvot de la Torah vs. les mitsvot rabbinique :

"Parce qu'Avraham a obéi à Ma voix et gardé Mon observance, Mes commandements, Mes décrets et Mes enseignements" (Toldot 26,5)

-> Rachi commente que le terme michmarti (Mon observance - מִשְׁמַרְתִּי), tel qu'il apparaît dans ce verset, fait référence aux décrets rabbiniques qui ont été établis comme barrière pour nous empêcher de transgresser des interdictions de la Torah.

Les mitsvot rabbiniques auxquels il est fait allusion par "michmarti" sont mentionnés dans le verset précédant mitzvosai et chukosai (Mes commandements et Mes statuts), qui font allusion aux mitzvos de la Torah.
=> Pourquoi les mitsvot rabbiniques sont-elles mentionnées dans le verset avant les mitsvot de la Torah (Mes décrets [mitsvotaï] et Mes enseignements ['Houkotaï] )?
En effet, les décrets rabbiniques ont été promulgués en raison de notre statut d'êtres physiques faillibles, faisant qu'on transgresse les mitsvot de la Torah. Nous avons besoin d'ordonnances spéciales (des barrières) pour nous protéger de la faute.
En revanche, les mitsvot de la Torah nous concernent en tant qu'êtres spirituels exaltés, avec une néchama (âme) sainte en nous. En les accomplissant, nous avons la possibilité d'atteindre des niveaux spirituels de plus en plus élevés.
Parce que nous nous identifions avant tout comme des êtres physiques/matériels, les mitsvot rabbiniques ont été mentionnées en premier.

Ces deux catégories de mitsvot sont analogues aux deux forces qu'Hachem a placées dans le monde : la force naturelle et la force surnaturelle.
Les mitsvot de la Torah s'apparentent à une force surnaturelle, tandis que les mitsvot rabbiniques sont analogues aux forces routinières de la nature. Nous sommes plus familiers et plus à l'aise avec les phénomènes naturels qu'avec le surnaturel, et de la même manière, nous sommes plus à l'écoute des mitsvot rabbiniques que des mitsvot de la Torah.

En considérant cela, nous pouvons maintenant comprendre pourquoi celui qui transgresse une mitsva rabbinique est puni immédiatement, comme l'a déclaré le roi Shlomo : "Celui qui enfreint la barrière (les lois de nos Sages) sera mordu par un serpent" (Kohelet 10,8).
Les mitsvot rabbiniques ressemblent à une loi naturelle, et les répercussions de la violation d'une loi naturelle sont immédiates. Par exemple, une personne qui s'approche trop près d'un feu est immédiatement brûlée.
En revanche, la punition pour la transgression d'une mitsva de la Torah n'est pas une conséquence naturelle de l'action d'une personne, mais plutôt un châtiment spirituel qui est infligé à l'âme, ressenti plus vivement dans l'autre monde, un monde plus spirituel.
Bien que la punition pour la transgression d'une mitsva de la Torah soit sans aucun doute plus sévère que celle d'une transgression rabbinique, elle est moins immédiate.
[Maharal - Gour Aryé]

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=> Les mitsvot rabbiniques s'adressent à nous en tant qu'êtres physiques, mais les mitsvot de la Torah s'adressent à nous en tant qu'êtres spirituels.
Parce que nous nous identifions davantage en tant qu'êtres physiques/matériels, les mitsvot rabbiniques sont mentionnées en premier dans ce verset (Toldot 26,5).

Les 3 bénédictions de nos Matriarches

+ Les 3 bénédictions de nos Matriarches :

"Its'hak la conduisit dans la tente de Sarah sa mère ; il épousa Rivka, elle devint sa femme et il l'aima ; et Its'hak se consola de sa mère" ('Hayé Sarah 24,67)

-> Rachi commente : "Lorsque Rivka arriva dans la tente de Sarah, elle devint semblable à la mère [d'its'hak], Sarah. Du vivant de Sarah, la lampe restait (miraculeusement) allumée d'une veille de Shabbath à l'autre, il y avait une bénédiction dans la pâte ('halla), et la nuée planait au-dessus de la tente. Ces bénédictions ont cessé lorsqu'elle est morte, mais elles ont été rétablies à l'arrivée de Rivka".

Ces 3 bénédictions correspondent aux 3 mitsvot réservées aux femmes : la 'halla, l'allumage des bougies et la pureté familiale. Hachem a donné aux femmes 3 mitsvot spéciales qui correspondent aux 3 composantes principales de l'être humain : l'intellect, le corps et l'esprit.

La mitsva d'allumer des bougies correspond à l'intellect, et la flamme symbolise la Torah. Par le mérite de cette mitsva, les femmes sont récompensées par des fils qui éclairent le monde de leur Torah (guémara Shabbath 23b).

La mitsva de séparer la 'halla de la pâte correspond au corps physique. Le corps humain est analogue à la pâte, comme l'enseigne le midrach (Vayikra rabba 15) qui dit que lorsque Hachem a créé Adam, "Il a pétri la terre comme un boulanger pétrit la pâte". Cette mitsvat aide la femme à atteindre la perfection physique.

La mitsva de la pureté conjugale permet à une femme d'atteindre l'achèvement spirituel, car "le sang est l'âme" (adam ou anéfech - Réé 12,23).

Ces 3 mitsvot n'amènent pas seulement une femme à la perfection intellectuelle, physique et spirituelle, mais elles apportent également la présence divine dans le foyer.
Sarah et Rivka étaient très assidues dans l'accomplissement de ces mitsvot, et elles reçurent les 3 bénédictions constantes : la lampe qui restait miraculeusement allumée d'un Sabbath à l'autre, la bénédiction dans la pâte, et la nuée qui planait au-dessus de sa tente.
[Maharal - Gour Aryé]

La mort des justes & la mort des réchaïm

+ La mort des justes & la mort des réchaïm :

"Et voici les années de la vie d'Ichmaël : 100 ans, 30 ans et 7 ans ; il expira et mourut et fut réuni à son peuple" ('Hayé Sarah 25,17)

-> Rachi nous dit : "Le terme guévia - effacement/disparition (comme dans vayig'va - וַיִּגְוַע - il expira) n'est utilisé que pour les justes".
Guévia implique un effacement complet. Ce terme est utilisé pour la mort des justes (tsadikim) parce que le corps d'un juste (tsadik) est complètement effacé à sa mort. Cela permet à l'âme de se détacher proprement du corps et de se diriger vers sa récompense ultime dans le monde à Venir.
Lorsque le terme guévia est utilisé de cette manière, il est associé au terme "assifa" (rassemblement), car lorsque le corps est effacé, l'âme est simultanément rassemblée pour être avec Hachem.

Comme "guévia" signifie effacement, ce terme n'est généralement pas utilisé pour décrire la mort des fauteurs. Le corps d'un fauteur n'est pas complètement effacé à sa mort, parce qu'il a passé sa vie à rechercher le plaisir physique. Cela a entaché son âme de la tache de la matérialité, et en tant que telle, l'âme ne peut pas se détacher proprement du corps à sa mort.
Ce n'est qu'après avoir subi un processus de purification dans le Guéhinam que le fauteur peut se débarrasser des traces de son corps physique, ce qui permet à son âme de s'en détacher complètement.

Cependant, la Torah utilise parfois le terme guévia en référence aux réchaïm, comme dans le cas des victimes du Maboul (Rachi - Noa'h 7,12).
Lorsque le terme guévia est utilisé pour les réchaïm, il prend une connotation différente : non seulement l'effacement du corps, mais aussi l'effacement de l'âme.
L'âme de certains réchaïm est complètement anéantie lorsqu'ils meurent parce qu'elle a été contaminée de manière irrémédiable. Leur recherche excessive du plaisir physique empêche leur âme d'être purifiée de la contamination causée par leurs excès, ce qui les empêche de prétendre à une part dans l'autre monde.

Pour les réchaïm, le terme guévia n'est pas utilisé avec le terme d'accompagnement, d'assifa, parce que leurs âmes ne sont pas rassemblées au Gan Eden à la manière des justes (tsadikim), mais sont plutôt détruites.
Le terme guévia n'a été utilisé que pour décrire la mort des victimes du Déluge (Maboul) parce qu'elles ont perdu leur part dans le monde à Venir (Sanhédrin 11,3) et que les eaux destructrices du Déluge ont anéanti leur corps et leur âme pour l'éternité.
[Maharal - Gour Aryé]

La poussière comme divinité

+ La poussière comme divinité :

"Que l'on apporte un peu d'eau et lavez vos pieds, et reposez-vous sous l'arbre" (Vayéra 18,4)

-> Pourquoi Avraham a-t-il insisté pour que ses visiteurs se lavent les pieds?
Rachi explique : "Avraham pensait que [ses visiteurs] étaient des arabes qui se prosternaient devant la poussière de leurs pieds, et il était scrupuleux de ne pas laisser entrer l'idolâtrie dans sa maison".
Les arabes reconnaissaient effectivement qu'Hachem était la source de tous les pouvoirs dans le monde. Néanmoins, ils se prosternaient devant la poussière de leurs pieds parce qu'ils pensaient qu'Hachem était trop élevé pour être adoré.
Au contraire, ils nourrissaient la croyance (hérétique) qu'Hachem voulait qu'ils adorent les mazal, les forces spirituelles [intermédiaires] qu'Hachem a installées dans le Ciel, au lieu de l'adorer directement.

Chaque entité dans le monde est sous l'autorité d'un mazal, comme le déclare le midrach (Béréchit rabba 10,6) : "Chaque brin d'herbe est sous l'autorité d'un mazal, qui le frappe et l'implore de pousser".
Lorsque les arabes se prosternaient devant la poussière sur leurs pieds, ils adoraient le mazal de la poussière, et non la poussière elle-même.
Ils ont choisi d'adorer le mazal de la poussière parce qu'il s'agissait d'une puissance sans importance et qu'ils voulaient adorer la puissance qu'ils considéraient comme la plus proche de l'homme en termes de stature.
La puissance céleste la moins importante se situe un niveau au-dessus de l'homme, qui est l'être le plus important sur terre. Puisqu'il n'y a rien de plus insignifiant que la poussière sous nos pieds, le mazal de la poussière est le moins important de tous les pouvoirs célestes.
De même, nous constatons que le peuple d'Ekron a choisi d'adorer le mazal céleste inconséquent de la mouche, comme il est dit : "Zévouv (la mouche) : le dieu d'Ekron" (Méla'him II 1,3).

Par ailleurs, les arabes adoraient la poussière de leurs pieds, car les adorateurs d'idoles avaient tendance à adorer la puissance avec laquelle ils partageaient une affinité.
Pour les arabes, c'était le mazal des routes. Les arabes sont des nomades ; ils vivent dans des tentes et voyagent constamment d'un endroit à l'autre. Parce qu'ils ont perpétuellement de la poussière sur les pieds à cause de leurs déplacements, ils vénéraient la poussière parce qu'ils croyaient être sous l'autorité de son mazal.
De même, la guémara (Taanit 5a) rapporte que "les Koutim adorent le feu et les Kardourim adorent l'eau, et la conscience [des Koutim] que l'eau éteint le feu n'a pas diminué leur allégeance au feu".
Les Koutim adoraient le mazal du feu parce qu'ils avaient une affinité avec le feu et croyaient qu'ils étaient sous l'autorité de son mazal.
Les Koutim savaient que le mazal du feu était impuissant dans l'eau. Néanmoins, ils lui prêtent allégeance car ils se croyaieent sous l'autorité de son mazal.
[Maharal - Gour Aryé]

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=> Les arabes adoraient le mazal de la poussière de leurs pieds, car ils le considéraient comme la plus insignifiante des puissances célestes.
Ou bien, ils adoraient ce mazal parce qu'ils croyaient que leur nomadisme les plaçait sous son autorité.