Aux délices de la Torah

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Notre D. est aussi notre Père!

+ La consolation : être persuadé que notre D. est aussi notre Père!

"Consolez, consolez Mon peuple, dira votre D." (Yéchayahou 40,1)

-> Le midrach (Yalkout Chimoni Yéchayahou 245) rapporte à propos de ce verset l’enseignement de Rabbi 'Hanina Bar Papa :
"Les Bné Israël dirent au prophète Yéchayhou : ‘Rabbénou Yéchayhou, se pourrait-il que tu ne sois venu consoler que la génération dans laquelle le Temple fut détruit?’
Il leur répondit : "Je suis venu consoler toutes les générations", car il n’est pas dit : "Consolez Mon peuple, dit votre D.", mais "consolez Mon peuple, dira votre D."

Ce midrach signifie que, chaque année, après les jours de deuil sur la destruction du Temple et l’exil du peuple juif, une voix céleste retentit dans les hauteurs et proclame : "Consolez, consolez Mon peuple", et Hachem fait souffler un vent de consolation pour Son peuple et Ses fils bien-aimés.
Il les console, raffermit leurs coeurs endoloris et panse les blessures de leurs âmes.
Ce n’est pas tout : Hachem s’adresse à nous par cet appel : "Consolez, consolez Mon peuple", voulant nous dire : "Je vous demande de vous consoler et de vous ressaisir".

-> Le Beit Avraham (lettre 26) écrit à ce sujet que ce verset vient suggérer que si réellement le peuple juif accomplit l’ordre "Consolez (vous), consolez (vous)", alors Hachem, Lui, accomplit (la fin du verset) : "((Il) dira (Je suis) votre D".
Cela signifie que si un juif se console en acceptant avec amour le châtiment Divin et prend conscience que cela aussi est un décret d’Hachem, alors Hachem déclare : "Je suis son D."
Ce qui procure à ce juif l’occasion de s’élever considérablement.

-> Le ‘Hatam Sofer (sur le Choul'han Aroukh, 551) rapporte au nom de la guémara (Yérouchalmi - fin de Taanit) qu’après le 9 Av, débute un autre mois. Il explique ainsi le verset (que l’on lit dans la Haftara de Roch ‘Hodech) : "vayéhi midé 'hodech bé'hodech" (והיה מידי חודש בחודשו - litt. "Et il arrivera que le mois dans son mois" que l’on traduit habituellement "Et il arrivera qu’à chaque mois") : cela suggère en allusion qu’il existe un mois qui se renouvelle à l’intérieur d’un mois, "et il me semble, écrit-il, que pour cette raison, on a l’habitude d’appeler le mois d’après le 9 Av, Ména’hem Av.
Et c’est ce qui est écrit : "le mois dans son mois", pour signifier que jusqu’au 9 Av, c’est un premier mois appelé ‘Av’, et après cette date c’est un 2e mois nommé "Ména’hem".
Le ‘Hatam Sofer poursuit que c’est aussi, l’allusion contenue dans (la suite du verset) : "oumidé Shabbath béShabbato" (ומידי שבת בשבתו - "un Shabbat dans le(s) Shabbat") qui fait référence au Shabbat Na’hamou où, alors : "chaque chair viendra se prosterner sur la montagne de la Maison d’Hachem’’ (fin du même verset).

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-> Dans sa prophétie (lu dans la haftara du Shabbath suivant le 9 Av), Yéchayahou (40,1) exhorte les Bné Israël à la consolation : "Consolez, consolez mon peuple, dit votre D." (na'hamou na'hamou ami yomar Eloké'hem).

-> Le Sfat Emet (5656) commente ce verset de la manière suivante : "Comment vous consolerez-vous, mon peuple Israël? Par le fait même de savoir qu'Hachem est votre D.", en d'autres termes, en prenant conscience que la conduite du monde entier est uniquement entre Ses mains, ce qui inclut également tous les malheurs et les exils que subit notre peuple.
Néanmoins, le prophète Yéchayahou redouble son appel : "Consolez, consolez", afin de suggérer qu’outre cette prise de conscience qui en elle-même procure un réconfort, panse l'âme blessée et en soulage les souffrances, s'ajoute une autre consolation : celle qui provient de la émouna que tout est pour le bien. Car il arrive parfois que Hachem retire le voile qui dissimule la vérité et nous le montre. Et même lorsque ce bienfait nous demeure encore caché, nous avons néanmoins la émouna qu'il en est ainsi.
Ces deux pensées constituent l'élixir qui soulage l'âme et l'empêche de souffrir lorsque les épreuves surgissent.

C'est ce qui doit nous apporter la consolation après les 3 semaines et les jours de deuil. Seul le fait d’être convaincu que, même en exil, son sort repose entre les mains du Ciel et qu'Hachem ne l'a pas abandonné peut consoler l’homme de son exil et de ses malheurs, tant au niveau individuel que communautaire. Et même lorsque le Maître du monde se recouvre d’un double voile et inflige des coups à Ses enfants, tout cela ne provient que de Sa miséricorde et de Sa bonté, et tout ce qu'Il accomplit est pour leur bien.

"Tu les enseigneras à tes fils" (Vaét'hanan 6,7)

-> ''Tes fils = ce sont les élèves''. [Rachi]

-> "Nous sommes tenus de faire en sorte que nos enfants connaissent les mitsvot. Et comment les connaîtraient-ils sans que l'on ne leur enseigne?" [Ramban]

=> Tant d'après Rachi que d'après le Ramban, ce commandement nous enseigne la grande mitsva d'éduquer nos enfants aux mitsvot et à l'étude de la Torah, et de les initier à rester dans la voie d'Hachem, de manière que, même lorsqu'ils vieilliront, ils ne s'en écartent pas.

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-> Lorsque le rabbi Chnéour Zalman de Lyadi envoya son fils au Talmud Torah, il choisit comme maître un un des disciples du Maguid de Mézéritch, et il lui dit :
"Avant de commencer à étudier [avec mon fils], pense bien qu'il s'agit d'une tâche sacrée et que tu t'occupes d'un sujet de vie ou de mort, la vie et la mort spirituelles, qui sont bien supérieures à la vie et à la mort physiques, et que tout dépend de toi.
Si tu travailles avec intégrité et que tu lui inculques la vérité, tu gagneras grâce à cela, tous ses mérites et ceux de ses descendants, et tu peux en conclure que l'inverse est vrai également.
Sache que tout dépend du libre-arbitre de l'homme et si tu t'attèles à cette tâche avec tout le sérieux qu'elle exige, Hachem te viendra en aide et tu formeras des disciples vertueux et ta part sera parmi celle de ceux qui illuminent le Ciel et qui font acquérir des mérites aux autres".

-> Le rav Elimélé'h Biderman commente :
Et si, certes, ces paroles ont été adressées à un maître d'école, elles concernent également les parents, qui sont aussi les 'enseignants' de leurs enfants. Eux également s'occupent d'un sujet de vie ou de mort et eux aussi font partie de ceux qui font acquérir des mérites aux autres.

[à l'image des élèves, un parent doit voir dans son enfant les milliers de descendants potentiels, et avoir conscience de l'impact de ses actes comme exemplarité pouvant se transmettre pour le bien ou le mal! ]

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-> Ce qui suit montre jusqu'où va l'influence des parents sur leurs enfants durant toute leur existence :
la guemara (Pessa'him 96b) rapporte que Rabbi Yéhochoua déclara un jour : "J'ai entendu [deux décisions : une décision était] que la 'Temourat Pessa'h' est apportée en sacrifice et [une autre décision était] que la 'Temourat Pessa'h' n'est pas apportée en sacrifice, et je ne sais pas l'expliquer [dans quelle circonstance chaque décision s'applique]".
['Temourat Pessa'h' est une bête sur laquelle on a transféré la sainteté d'un sacrifice de Pessa'h], et
Rachi d'expliquer ''J'ai entendu'' : de mes maîtres ; ''je ne sais pas l'expliquer'' : j'ai oublié.

Le Pné Ména'hem explique à partir d'une autre guémara (Yérouchalmi Yébamot 1,6) qui enseigne que la mère de Rabbi Yéhochoua amenait son fils dans son berceau au beit hamidrach afin que "ses oreilles se remplissent de paroles de Torah".
D'après cela, on comprend ce que veut dire Rabbi Yéhochoua : ''J'ai entendu'', lorsque j'étais nouveau-né dans mon berceau ; "je ne sais pas l'expliquer'', je n'ai pas compris alors correctement ce que j'ai entendu.
=> Malgré tout, on apprend de là que les paroles de Torah qu'il entendit, couché dans son berceau, restèrent gravées dans son cœur durant de nombreuses années.
[La même explication est rapportée au nom de rav 'Haïm Kaniewski (Dére'h Si'ha - paracha Vayélekh).]

[certes nous n'avons pas une conscience développée comme Rabbi Yéhoucha, mais cela nous alerte sur le fait que toute chose que nos enfants vont voir, entendre, manger, ... peut potentiellement l'impacter et l'accompagner en bien ou mal, pour le restant de sa vie.]

"Et vous, qui êtes attachés à Hachem, votre D., vous êtes tous vivants aujourd'hui" (Vaét'hanan 4,4)

-> Dans Son immense bonté pour nous, D. nous a donné la Torah et les commandements afin que notre cœur s'attache à Lui.
Comme la flamme est reliée à la mèche d'une lampe, Hachem s'attache à nous à la mesure de notre attachement à Lui.
Un verset dit : "Comme une ceinture attachée aux reins d'un homme, Je suis lié à vous" (Yirmiyahou 13).

"Vous, qui êtes attachés à Hachem, votre D" : Pourquoi la Torah ajoute-t-elle "votre D."?
Car lorsque nous nous attachons à D., Il devient "notre D." et s'attache à nous en retour.

Bien que D. soit appelé un feu dévorant, quiconque s'attache à Lui voit ses jours se prolonger. Evidemment, un homme ne peut pas trop s'approcher d'un feu mais si une personne se lie à la Présence Divine, D. lui donne la vie, comme il est écrit : "Vous qui êtes attachés à Hachem votre D. êtes tous en vie aujourd'hui".
La Torah nous garantit non seulement la vie dans dans ce monde-ci mais aussi la vie après la résurrection. Ce verset nous promet que les personnes attachées à D. se lèveront à la résurrection.
"Vous êtes tous en vie aujourd'hui" = même lorsque le reste du monde sera mort, vous resterez aussi vivants que vous l'êtes aujourd'hui.

Lorsque les juifs restent fidèles au D. vivant , ils sont vivants pour toujours, mesure pour mesure. Ceux qui se sont accrochés à Baal Péor ont été anéantis mais ceux qui sont restés fidèles à D. vivent dans ce monde et dans le prochain ...

Lorsque Nabuchodonosor a jeté 'Hanania, Michaël et Azaria dans la fournaise ardente (Daniel 3,27), leurs vêtements également sont restés intacts car ils étaient portés par ces tsadikim.
De la même façon, quiconque s'attache à D. se lèvera à la résurrection.

Ce fut aussi le cas des bœufs que les princes ont offert lors de l'inauguration de l'autel (Bamidbar 7).
Ces bêtes ont vécu jusqu'à l'époque de Salomon parce qu'elles étaient liées à la sainteté du Tabernacle. Elles ont vécu 480 ans, jusqu'à ce que le roi Salomon les sacrifice à l'inauguration du Temple.
S'il en est ainsi d'animaux, à plus forte raison de la personne qui s'attache à Hachem.
[...]

"Et vous, qui êtes attachés à Hachem, votre D., vous êtes tous vivants aujourd'hui" = les juifs [directement] sont liés à Hachem et non à un ange comme le sont les autres nations.
[...]

"Et vous (véatem - וְאַתֶּם), qui êtes attachés à Hachem, votre D., vous êtes tous vivants aujourd'hui"
Le mot : "atem" (vous - אַתֶּם) est composé des mêmes lettres que le mot : "émet" (vérité - אמת) : avec le mot "émet" (vérité), vous êtes attachés à Hachem votre D. et cela nourrit les 248 membres de votre corps.
[...]

"Vous, qui êtes attachés à Hachem, votre D." : nos Sages enseignent que seuls ceux qui font profiter les érudits [en Torah] de leurs biens connaîtront les bienfaits et les promesses de l'avenir du peuple juif annoncées par nos prophètes.
Faire un cadeau à un érudit, c'est comme offrir un présent à la Présence Divine ou offrir le sacrifice quotidien au Temple (korban tamid). Comme le sacrifice tamid faisait expiation pour les fautes, l'érudit fait expiation pour ceux qui ont fauté.

Si un homme est avare et ne partage pas sa richesse avec les érudits, ses yeux s'empliront de fumée au monde futur. Il ne connaîtra pas la réussite dans ses entreprises.
De là nous déduisons que toute personne faisant profiter un érudit de ses biens mérite la réussite et la bénédiction ...
Toute personne qui soutient financièrement un érudit de la Torah mérite la richesse et le bien dans ce monde ; de plus, sa table est dressée au monde futur.
[en donnant aux érudits en Torah, on se lie à D., et alors "vous êtes tous vivants aujourd'hui" (dans ce monde et dans le monde à venir!).]

"Le don d'un homme lui ouvre un accès facile" (Michlé 18,16). Nos Sages (midrach rabba Réé 4) expliquent que si un homme désire vraiment donner, alors D. lui ouvre les portes pour le lui permettre.
[...]

Comme le Shabbath et les fêtes sont saints, les érudits sont appelés saints et sanctifiés. Si un homme transgresse le Shabbath, s'il dénigre un érudit de la Torah ou l'utilise, il mérite la mort, en particulier si l'érudit a étudié le Talmud et rend des décisions halakhiques.
Puisque ces hommes sont très honorables, quiconque se sert d'eux est sévèrement puni ...

Hachem sauvera de tout malheur toute personne qui veille à [soutenir les érudits en Torah] ; l'attribut de justice ne lui portera pas atteinte. Lorsqu'elle quittera ce monde, non seulement le Satan ne pourra pas la tuer de façon douloureuse mais elle aura un bénéfice supplémentaire : si elle était ignorante, dans le monde futur on lui enseignera la Torah.
[Méam Loez - Vaét'hanan 3,23 ; 4,5]

"Moché désigna alors 3 villes à l'est du Jourdain, au levant, pour servir de refuge au meurtrier qui tue son prochain sans préméditation et sans haine. Il pourra se réfugier dans l'une de ces villes et survivre" (Vaét'hanan 4,41-42)

-> La Torah emploie l'expression : "au levant" pour indiquer qu'il faut éclairer les routes d'accès aux villes de refuge au meurtrier involontaire. Il faut que les directions soient aussi clairement indiquées que le soleil éclaire les hommes et leur permet de trouver leur chemin.
On disposait donc à chaque intersection des poteaux indicateurs en direction des villes de refuge portant l'inscription : "miklat" (refuge).
Ainsi, le meurtrier trouvait-il la route à suivre sans se perdre.

De plus, le tribunal rabbinique avait l'obligation d'élargir les routes et de les maintenir en état. Il fallait les débarrasser de leurs ornières et les aplanir. Si la route passait au-dessus d'une rivière ou d'un lac, on construisait un pont pour que le meurtrier involontaire puisse les traverser rapidement sans être retardé ni tué par le vengeur de sang. On aménageait des routes de 32 coudées de large.
Deux érudits accompagnaient le fugitif afin que le vengeur de sang ne puisse le tuer en route. S'ils rencontraient le vengeur de sang, ils lui disaient : "Ne l'abats pas du fait qu'il a tué [ton parent] involontairement".

Chaque année, le 15 Adar, les tribunaux envoyaient des ouvriers réparer les routes endommagées pendant l'hiver. Si le tribunal néglige de faire réparer les routes et qu'un vengeur de sang tue un fugitif, la Torah considère le tribunal comme coupable. En effet, le mauvais état des routes a permis au vengeur de sang de tuer le meurtrier involontaire.

Voilà pourquoi la Torah dit : "Il pourra se réfugier dans l'un de ces villes et survivre". Nous savons bien que sa fuite dans la ville de refuge a pour but de sauver sa vie, mais la Torah suggère que le tribunal a l'obligation de faire en sorte que le meurtrier puisse survivre dans ces villes.
Elles ne devaient pas être trop grandes : comme un grand nombre de gens y circulent, un vengeur de sang pourrait y pénétrer pour le tuer.
D'autre part, elles ne devaient pas être trop petites pour que le fugitif puisse y trouver un gagne-pain. Elles étaient donc de taille moyenne.

On établissait ces villes dans un endroit irrigué pourvu de marchés afin qu'on puisse y acheter de la nourriture. S'il n'y avait pas d'eau, il fallait prévoir des tuyaux d'irrigation pour apporter l'eau des rivières. La ville de refuge devait aussi être située à proximité d'autres villes.

Elle devait avoir une population assez importante pour que les vengeurs de sang ne puissent entrer en force dans la ville, maîtriser ses habitants et tuer le meurtrier involontaire. Aussi, si la population d'une ville de refuge diminuait, le tribunal devait l'accroître.

Selon certains Sages, il était interdit de vendre des armes dans ces villes pour qu'un vengeur de sang ne pût pas en acheter et tuer le meurtrier.

En règle générale, il fallait aménager ces villes de façon à ce que le meurtrier involontaire puisse vivre en paix et en sécurité.
L'expression : "et survivre" implique la responsabilité du tribunal de faire en sorte que le meurtrier puisse vivre dans la ville de refuge ...

Si un sage tue un homme involontairement, sa yéchiva est exilée avec lui afin qu'il puisse continuer à enseigner la Torah à ses disciples.

Si un meurtrier involontaire meurt avant d'avoir été exilé dans une ville de refuge, ses ossements y sont emportés. S'il meurt dans la ville de refuge, on l'enterre sur place puis à la mort du Cohen Gadol, on déterre ses ossements et on les transfère dans le cimetière familial.
[Méam Loez]

La destruction par D. du Temple, Sa Maison de Gloire, et l'exil du peuple juif étaient certainement pour le bien du peuple juif.
La compassion d'Hachem pour nous continuera certainement à croître, et Il reconstruira notre saint Temple avec plus de splendeur et de gloire.
Par conséquent, bien que notre exil nous semble néfaste, en vérité, pour Hachem, tout ce qui nous est caché est véritablement révélé, à savoir que tout cela est pour le bien du peuple juif.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Eikha 3,10 ]

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=> "Tout ce que Hachem fait, Il le fait pour le bien" (guémara Béra'hot 60b). En fin de compte, même les événements les plus tragiques qui ont frappé le peuple juif, la destruction du saint Temple et les exils qui ont suivi, sont des actes latents de la bonté divine
[cela est également valable à un niveau individuel, tout est pour le bien ultime ]

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-> C'est un principe que dans l'avenir, lorsque Hachem, dans Son abondante compassion et Sa bonté, reconstruira le Temple avec plus de splendeur et de gloire, il sera révélé que la détresse et la destruction du Temple étaient des actes de bonté.
[...]
Il est écrit : "je suis devenu le rire de toutes les nations" (Eikha 3,14). En d'autres termes, "Quand je me rappelle la joie qui naîtra de cette détresse, je peux me moquer de toutes les nations".
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Eikha 3,13-14 ]

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-> "Ce jour-là, tu diras : Je te remercie, Hachem, pour Ta "colère" à mon égard" (Yéchayahou 12,1).
Les événements que nous considérions comme des actes de dureté et de sévérité étaient en réalité des actes de bonté divine.

[ainsi, certes on doit s'attrister sur notre situation actuelle en l'absence du Temple (ce qui la cause, notre éloignement d'Hachem, le 'hilloul Hachem, ...), mais on doit aussi penser à sa reconstruction très bientôt, et à l'énorme joie que cette détresse va finalement amener. ]

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+ Anticiper la joie :

-> "Que Sion et ses villes se lamentent comme une femme qui souffre des douleurs de l'accouchement (Liturgie - Kinot du 9 Av).

-> Le principe sous-jacent ici est qu'avant d'accoucher, une femme éprouve de la douleur, mais qu'après, elle éprouve une joie immense. Ceux qui se tiennent à son chevet, même lorsqu'elle souffre, éprouvent de la joie, car ils savent qu'elle donnera certainement naissance à un fils ou à une fille, ce qui est un véritable motif de joie. En effet, elle aussi se réjouira après l'accouchement. C'est seulement qu'à ce moment-là, elle ressent de la douleur.

Or, bien que Sion ait été piquée par sa destruction et sa désolation, elle est comme une femme qui connaît les douleurs de l'enfantement. En réalité, Hachem se réjouit, car il sait que la détresse n'est que temporaire. Bientôt, D. reconstruira le Temple, "supérieur en rang et supérieur en puissance" (Vayé'hi 49,3).
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi ]

 

=> L'accouchement ne procure que peu de joie. Les personnes présentes sont d'humeur plus festive et attendent l'arrivée du nouveau-né. Pour la mère, la douleur, bien que passagère, l'emporte sur la joie ; celle-ci doit venir plus tard.
De même, nous sommes les seuls à déplorer la destruction de Sion, comme une femme qui accouche.
Hachem, qui est intemporel, peut au même moment faire l'expérience de la renaissance ultérieure de Sion.

Fauter contre autrui c’est fauter contre Hachem

+ Fauter contre autrui c'est fauter contre Hachem :

-> Le rabbi Dovid Hofstedter (Darach David - Moadim) enseigne :
En réalité, chaque faute envers son prochain crée entre le fauteur et la victime une scission qui affaiblit l'unité du peuple juif et porte atteinte à l'honneur d'Hachem.
Comme le dit le Séfer ha'Harédim (chap.7) : "Les âmes des Bné Israël sont gravées de sous le Trône de Gloire et toutes contribuent à l'Unité du Nom divin.
Les Bné Israël sont décrits [dans la Torah] au singulier, par exemple chivim néfech - 70 âme (au singulier).
Lorsqu'il existe des divisions entre eux dans ce monde, elles sont discernables sur le Trône de Gloire".

Lorsqu'un juif cause du tort à son prochain, il réduit l'honneur divin. Pour rectifier cette faute, il lui faut apaiser la personne lésée.
Lorsque le fauteur soulage les mauvais sentiments de la victime et met fin à leur discorde, la brèche dans l'unité du peuple juif est réparée et le dommage à l'honneur divin est défait.

Nous comprenons donc que l'expiation pour cette dimension de la faute soit retardée jusqu'à ce que le fauteur reçoive le pardon de sa victime. Tant que l'animosité règne entre eux, l'honneur de D. n'est pas restauré et le délit du fautif envers D. restera en place. Il peut être pardonné seulement quand sa relation avec la personne qu'il a lésée est restaurée.

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+ "Quand Rabbi Zéra était offensé par une personne, il passait plusieurs fois devant elle afin qu'elle le voie et vienne lui demander pardon.
Un certain boucher fit un jour du tort à Rav et ne vint pas à lui [pour lui demander pardon]. La veille de Yom Kippour, [Rav] dit : 'Je vais aller moi-même l'apaiser'."
[guémara Yoma 87a]

-> On a vu que chaque fois qu'un homme fait du mal à l'autre, tous deux ont le devoir, dans une certaine mesure, de réparer le manque d'honneur divin qui en résulte, car il provient du manque d'harmonie entre eux. Rav et Rabbi Zéra ont donc cherché à causer une réconciliation afin de restaurer la paix, pour accroître l'honneur d'Hachem.
[selon le Ramak (cité dans Chlah - Massékhèt Roch Hachana, Torah Ohr 26), chaque fois que deux personnes éprouvent de mauvais sentiments l'une envers l'autre, le manque d'harmonie entre elles crée aussi, dans une certaine mesure, une distance entre D. et elles, ce qui rend une téchouva authentique moins facile à effectuer. Bien que Rav et Rabbi Zéra fussent les personnes lésées, chacun d'eux fit un effort pour donner à l'autre partie l'occasion de se racheter. ]

-> Le Roch (Yoma 8,24) explique que la raison pour laquelle Rav et Rabbi Zéra allaient chercher les hommes qui leur avaient causé du tort, et la raison de la coutume universelle de demander pardon à ses prochains la veille de Yom Kippour, est qu'à ce moment-là, il est particulièrement important que tous les juifs soient en paix les uns avec les autres.
Le Roch le tire d'un passage de Pirké d'Rabbi Eliézèr (45) : "[Le satan] dit qu'il ne trouvait aucune faute parmi les Bné Israël Yom Kippour et déclara : Maitre du monde, Tu as une nation unique semblable aux anges célestes! ... De même que la paix règne parmi les anges célestes, (elle règne] parmi le peuple juif à Yom Kippour".
Le Roch affirme donc que la pratique courante de demander pardon à ses prochains la veille de Yom Kippour a pour but de nous élever au niveau des anges en restaurant l'harmonie parmi les juifs.

-> Cette explication peut nous faire comprendre un incident impliquant le rav 'Haïm de Brisk :
le boucher de la ville de Brisk comparut devant rav Haim pour un din Torah. Lorsque rav 'Haim trancha à son désavantage, le boucher devint insolent et se mit à parler contre le Rav de façon outrageuse au point que rav 'Haïm dut lui ordonner de quitter le beth din. Quelques mois plus tard, la veille de Yom Kippour, alors que toute la communauté était déjà arrivée à la synagogue pour la Tefila Zaka, rav 'Haim
demanda à ses trois fils de l'accompagner pour apaiser le boucher.
La conduite de rav 'Haim dans cet incident est très étonnante. Le boucher avait tort : il avait humilié rav 'Haim et aurait dû être excommunié pour son insolence au beth din. N'était- ce pas une atteinte à l'honneur de la Torah et aux dayanim que rav 'Haïm cherche à apaiser le boucher? De plus, si rav 'Haim pensait qu'il devait apaiser le boucher, pourquoi a-t-il attendu la veille de Yom Kippour?

Selon notre explication, la réponse est claire : effectivement, d'un point de vue halakhique, rav 'Haim n'avait aucune obligation vis-à-vis du boucher car rav 'Haim ne lui avait causé aucun tort. Le boucher l'avait insulté et devait lui demander pardon.
Mais quand Yom Kippour est arrivé, il fallait que toute querelle soit calmée pour que le peuple juif puisse atteindre le niveau d'harmonie des anges, et même la partie lésée, dans ce cas rav 'Haim avait la responsabilité de faire tout son possible pour réparer la situation.

"Lorsqu'un homme accomplit une mitsva qui est très difficile pour lui, cela montre qu'il aime D. de tout son cœur et la récompense est à la mesure de la difficulté"
[Tiféret Israël - 61]

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-> "Mieux vaut faire une chose avec difficulté que 100 choses avec facilité" (Avot d'Rabbi Nathan 3,6)

-> "La récompense est en fonction de la difficulté" (Pirké Avot 5,23)

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-> "Lorsque la maladie du yétser ara t'atteint et que tu la vaincs en l'honneur de ton Créateur, car il est plus difficile d'être guéri du yétser ara que de toute autre maladie amère, si tu le vaincs, donc, tu recevras une immense récompense. La récompense dépend de la difficulté, car c'est une grande chose que de vaincre son yétser ara et de s'engager dans la Torah et les mitsvot".
[Rokéa'h - Hilkhot 'Hassidout - chorech zekhouyot]

-> "A Toi est la bonté, ô D., car Tu paies chaque homme selon son acte" (Téhillim 62,13).
Le Chéélot Outechouvot Ktav Sofer (Ora'h 'Haim 4) explique :
"Le verset ne dit pas 'Tu paies son acte' mais 'Tu paies selon son acte', car plusieurs personnes peuvent accomplir la même mitsva, mais l'une recevra une plus grande récompense que l'autre, car la récompense est proportionnelle à sa tentation (de transgresser la mitsva).
'Selon son acte' signifie selon la façon dont il l'a accompli, si son yétser ara l'a rendu plus ou moins difficile."

"Et Je voilerais Ma face ce jour-là, à cause de tout le mal qu’il a fait" (Vayélé'h 31,18)

=> Comment est-il possible qu’Hachem nous voile Sa face?

1°/ Le Baal Chem Tov répond par la parabole suivante :
Un jour, un roi voulut se cacher dans son palais, sans que personne ne puisse deviner sa présence. Par de la prestidigitation, il fit apparaître différentes choses à ses enfants tout autour de son palais. On y aperçut des murs de feu, des fleuves, le tout seulement par de la magie. Ceux qui étaient intelligents parmi les enfants du roi se demandèrent : "Comment mon père qui est si sensible peut-il refuser de se montrer à ses enfants?! Il est certain que ceci n’est que de l’effet d’optique dans le seul but de nous tester afin de déterminer notre force et notre volonté à le rejoindre!!"
En effet, les enfants purent se rendre compte qu’il n’y avait aucun obstacle, mais seulement de l’apparence, et lorsqu’ils franchirent le fleuve, celui-ci disparut, et de même pour tous les autres obstacles.
=> Il en est de même pour Hachem ; Il se cache afin de voir notre désir de se rapprocher de Lui, mais en réalité, Il reste totalement proche de nous, et il nous suffit de s’efforcer à nous rapprocher de Lui pour constater que la démarche n’est pas si compliquée!

Un jour, Rabbi Barou'h de Mézibou'h était dans son bureau en train d’étudier, lorsque son petit-fils entra dans la pièce en pleurant. Son grand-père lui demanda : "Pourquoi pleures-tu?" L’enfant répondit : "Je jouais à cache-cache avec mes camarades, et selon les règles du jeu, je dois me cacher afin que mes camarades me cherchent et me trouvent, mais voilà des heures que je suis caché et ils m’ont tous abandonné, aucun ne cherche après moi!!"
Lorsque Rabbi Baroukh entendit les paroles de son petit-fils, il éclata lui aussi en sanglots : "Hachem Lui aussi pleure dans Sa cachette et se lamente : Pourquoi personne ne Me cherche-t-il? Il est effectivement écrit : 'Et Je voilerais Ma face ce jour-là'. Pourquoi se cache-t-Il de nous si ce n’est dans le but que nous cherchions après Lui?! Comme il est écrit: ‘De là-bas vous chercherez Hachem ton D. et tu Le trouveras, car tu L’as réclamé de tout ton coeur et de toute ton âme.’
Hachem dit : ‘Si vous Me cherchez, vous Me trouverez, mais personne ne Me cherche!!' "

2°/ La dissimulation de la face de D. était déjà mentionnée au verset précédant (17) : "Ma colère s’enflammera en ce jour, et Je leur déroberai Ma face et les laisserai souffrir". C’est que D. parlait alors comme un père qui aime tendrement son fils. Quand il ne peut supporter la souffrance de son enfant, Il se couvre le visage afin de ne pas le voir. Il se dit : "Ils admettront alors : 'C’est parce que la Chékhina nous a quittés (à cause de nos pêchés) que ce mal nous a frappés'. Cette pensée fugitive de repentir ne Me contraindra pas à les racheter. Je cacherai plus encore Ma face, comme si Je ne remarquais pas leur souffrance, et J’attendrai leur parfait repentir pour les délivrer de leurs tourments. Ils feront l’expérience de la destruction de leurs Temples et devront supporter l’Exil."
[d'après le midrach]

3°/ "Et Je (Anokhi - אָנֹכִי) voilerais Ma face" = même au cours des périodes où la Présence divine sera la plus cachée, on pourra malgré tout trouver le "Je" (Anokhi = l’Essence de D.).
C’est une promesse que D. nous a fait, d’être auprès de nous dans la dissimulation la plus épaisse et la plus sombre.
[Baal Chem Tov]

4°/ Si nous savons que D. dissimule Sa face, ce n’est plus vraiment une dissimulation et le malheur n’est plus si grave puisque, à ce moment-là, nous nous soumettons et nous nous repentons. Mais la situation devient vraiment mauvaise lorsque cette dissimulation est elle-même cachée, quand on ne sait pas que D. cache Sa face. Lorsqu’on croit que tout est dû au hasard, on ne pense même pas qu’il faille faire Téchouva.
Tel est le sens de la répétition: "Aster Astir Panaï" (הַסְתֵּר אַסְתִּיר פָּנַי - cacher, Je cacherai Ma face) = Je cacherai la dissimulation.
[Sfat Emet]

"Lors des Saints Jours Redoutables, chaque homme a eu une pensée de repentir, et a accepté sur lui un certain bon comportement, chacun en fonction de sa valeur et de son niveau. C’est pourquoi on l’appelle Shabbath Béréchit (au commencement), car on rappelle à l’homme que le passé est le passé, et qu’à partir de maintenant, c’est une nouvelle période qui commence, l’homme devant s’efforcer, de devenir à partir de maintenant, quelqu’un de bien."
[Divré Yé'hezkiel]

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-> Au sujet du Shabbath Béréchit, il existe le dicton bien connu selon lequel le comportement que l’on adopte en ce jour se prolonge toute l’année.
La raison en est qu’il s’agit du moment où s’achève le Service divin exalté des fêtes, marqué par l’élévation spirituelle au-delà des limites de la nature, et où commence celui qui caractérise la vie quotidienne du reste de l’année, lorsque nous sommes confrontés aux défis du Monde matériel. Or, nous savons que le Shabbath bénit l’ensemble des jours de la semaine qui suit.
Ainsi, le Shabbath Béréchit bénit-il les 7 jours de la première semaine du Service de D. "dans le Monde". Et, sachant qu’il s’agit des mêmes 7 jours qui se reproduisent chaque semaine, la bénédiction de cette première semaine se répercute sur toutes les semaines de l’année.
[Likouté Si'hot]

-> "Quel est le sens du verset : 'Les bigdé hasserad [les vêtements de service (des Cohanim)] pour servir dans le sanctuaire' (Vayakel 35,19)?
Il veut dire que sans les vêtements des Cohanim, pas un seul sarid [survivant] ou rescapé ne serait resté des ennemis du peuple juif [un euphémisme pour désigner les Bné Israël].
[guémara Yoma 72a]

-> "Pourquoi la paracha des korbanot est-elle juxtaposée à celle des vêtements des Cohanim?
[Pour montrer que] de même que les sacrifices font expiation, les vêtements des Cohamim font expiation". [guémara Zéva’him 88b]

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-> Rabbénou 'Hananel l'interprète ainsi : les vêtements de prêtrise eux-mêmes font expiation pour le peuple juif.

D'autre part, Rachi explique ainsi la Guemara : ce sont, en réalité, les sacrifices que les cohamim accomplissent en portant les bigdei kehouna qui conduisent à cette expiation.
Cependant, le Panim Méirot (guémara Zéva'him 88b) et le Hida (Pné David - parachat Béréchit 32) questionnent l'interprétation de Rachi, car la guémara dit que "sans les vêtements des Cohanim", le peuple juif aurait été effacé, D. en préserve. Si l'interprétation de la guémara avait été celle que donne Rachi, elle aurait dû dire : 'sans les sacrifices' le peuple juif aurait été effacé.
On peut voir également le commentaire de Rabbénou Elyakim (Yoma 72a) qui dit qu'aujourd'hui aussi, les vêtements de prêtrise, qui existent encore à Rome, font expiation pour le peuple juif, et c'est pourquoi ils sont appelés bigdé basserad, terme dérivé du mot sarid, qui veut dire « survivant ».

-> La guémara dit (Zeva'him 88b) que les bizdé kehouna (vêtements de prêtrise) font même expiation pour des fautes pour lesquelles on n'offre pas de sacrifice : "Il y a 2 choses pour lesquelles nous ne trouvons pas d'expiation par les sacrifices, mais pour lesquelles nous trouvons une expiation par autre chose : le crime et la médisance".
Les vêtements de prêtrise font également expiation pour des mauvaises actions qui ne peuvent pas être résolument qualifiées de fautes, par exemple la fierté.

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=> Quel pouvoir ont les vêtements des Cohanim d'expier la faute, au point d'être même supérieur à celui des sacrifices?

-> Le Maharcha (guémara Shabbath 77b) enseigne : "Les vêtements d'un homme indiquent ses traits de caractère, comme le dit le verset : 'Que tes vêtements soient blancs à tout moment' (Kohélet 9,8)."
[ailleurs (guémara Shabbath 114a), le Maharcha dit également : "Les traits de caractère de l'homme
sont ses vêtements". ]

-> Le rav Its'hak 'Havèr (Ohr Torah, son commentaire sur Maalot HaTorah, par. 7) explique que les traits de caractère de l'homme sont comme les "vêtements" de son âme, et les vêtements utilisés pour se vêtir reflètent la nature des "vêtements" de l'âme.
[le Akédat Its'hak (51) cite pour preuve le fait que le mot "midot" (traits de caractère) peut aussi vouloir dire vêtements, comme dans les versets : "mido bad" (son vêtement de lin - Tsav 6,3), "mita bat lemadar" (sous ses vêtements - Choftim 3,16) et "al pi midotar" (sur le bord de ses vêtements - Tehillim 133,2). ]

-> Il semble donc que les vêtements des Cohanim véhiculent le message que ceux qui les portent ont dirigé leur personnalité et leurs traits de caractère uniquement vers le service de D.
Comme le dit Abarbanel (Tétsavé 28,1) : "Les vêtements des Cohanim ordinaires étaient faits de lin seulement afin de montrer que leur corps était désigné et préparé pour le service sacré, comme si chacun d'eux disait, en enfilant [les vêtements] : 'Tous mes os diront : ô D., qui est semblable à Toi ?'".

-> Le Malbim (Tétsavé 28,2) donne cette interprétation pour expliquer une répétition étonnante : la Torah raconte d'abord que D. dit à Moché (v.28,2.) : 'Confectionne des vêtements sacrés qui soient nobles et superbes pour ton frère Aharon'. Or dans le verset suivant, D. dit à Moché : "Parle à tous les hommes talentueux... afin qu'ils exécutent les vêtements d'Aharon".
Pourquoi le commandement divin de fabriquer les vêtements de prêtrise est-il mentionné 2 fois, d'abord à Moché puis aux "hommes talentueux"?

Le Malbim explique :
"Les vêtements qu'Il a ordonné de confectionner semblent être des vêtements physiques ... mais ils indiquent en réalité les vêtements 'intérieurs' que les Cohanim de D. devaient confectionner pour vêtir leur âme de connaissance, de traits de caractère et d'attributs positifs, qui sont l'habit de l'âme.
Ces vêtements n'étaient pas exécutés par des artisans, et D. a ordonné à Moché de confectionner ces vêtements sacrés, c'est-à-dire d'inciter les Cohamim à améliorer leur âme et leurs traits de caractère de façon à ce que leur âme intérieure soit 'revêtue' de noblesse et de raffinement.
Cependant, les vêtements extérieurs, qui font allusion aux 'vêtements' intérieurs, devaient être confectionnés par des artisans talentueux. Les hommes talentueux au cœur sage cousurent les vêtements d'Aharon pour le sanctifier, car ils comprenaient le symbolisme de ces vêtements, et ils les firent dans l'intention que la sainteté y repose."

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-> Rabbi Dovid Hofstedter (Darach David - Moadim) explique :
Ainsi, il ressort un principe selon lequel non seulement les vêtements de prêtrise faisaient allusion aux traits de caractère de ceux qui les portaient, mais ils avaient le pouvoir de changer leurs traits de caractère et c'est pourquoi ils faisaient expiation pour les fautes du peuple juif.

Nous pouvons peut-être ajouter que cette expiation venait du fait que, comme le dit la Torah, ces vêtements étaient destinés à donner la "noblesse et la splendeur". Les vêtements des Cohanim étaient des vêtements qui donnaient à ceux qui les portaient une apparence digne et majestueuse. Or lorsqu'un homme développe un sentiment de respect de soi, il se rend compte que la faute n'est pas digne d'un homme de son niveau. Cette attitude l'empêche de commettre des transgressions. Un homme aux beaux vêtements sent qu'il est une personne plus raffinée, qui ne se souillerait pas par les actes d'hommes médiocres.
[Le Rambam (Hilkhot Klé Hamikdach 8,4, d'après Zeva'him 18b) dit : "La mitsva relative aux vêtements des Cohanim est qu'ils soient neufs, beaux et longs et enveloppants comme ceux des hommes distingués, comme il est écrit : 'nobles et superbes. S'ils étaient sales, déchirés, trop longs ou trop courts, ou si [le cohen] les maintenait par une ceinture, son service était impropre". ]

Lorsque les Cohanim étaient élevés en portant les bigdé kéhouna (vêtements de prêtrise), le reste du peuple s'élevait aussi. Lorsque les Cohanim portaient ces vêtements, c'était comme si tout le peuple juif les portait.
[selon le Maharal ('Hidouché Aggadot - Zeva'him) : "Car tous les Bné Israël sont comme un seul homme, et en portant les bigdé kehouna, le Cohen Gadol fait expiation pour tout Israël, le Cohen est le prêtre de tout Israël et les vêtements du Cohen enlèvent les fautes d'Israël." ]

Ces vêtements donnaient "noblesse et splendeur" aux Cohanim et à tout le peuple juif, en cultivant la sensibilité et le raffinement appropriés au peuple juif. Et lorsque les juifs étaient élevés par les vêtements des Cohanim, cette élévation spirituelle s'attachait aussi aux fauteurs parmi eux.
Même ceux qui avaient fauté étaient élevés, soulevés au-dessus du niveau spirituel auquel ils étaient tombés à cause de leurs fautes et ils étaient transformés.

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+ Porter des habits blancs à Yom Kippour :

-> "A tout moment, que tes vêtements soient blancs" (Kohélet 9,8).
Rabbénou Yona (Chaaré Techouva 2,15) commente ce verset : "La couleur blanche des vêtements symbolise la purification de l'âme par la techouva".]

-> Rabbi Dovid Hofstedter enseigne :
Les vêtements de prêtrise ont la capacité d’élever ceux qui les portent, de les guider pour servir D., et de révéler leur pureté spirituelle intérieure.
Cela peut aussi expliquer la coutume de porter du blanc à Yom Kippour. Les vêtements blancs symbolisent le repentir et la purification, comme il est écrit : "Si tes fautes sont comme un fil écarlate, elles deviendront blanches comme la neige" (Yéchayahou 1,18), et Yom Kippour est le moment propice à cette purification.

Ainsi, le fait de porter des vêtements blancs à Yom Kippour est bien plus qu'un rite superficiel. C'est une forme d'avoda qui atteint les profondeurs de notre âme et dont le but est de nous éveiller à nous repentir et à effectuer un changement authentique.
Les vêtements blancs que nous portons Yom Kippour doivent nous faire prendre conscience que nous ne sommes plus les personnes que nous étions et que nous nous sommes sanctifiés à présent pour nous dévouer entièrement à la volonté d'Hachem.
Lorsque nous portons des vêtements blancs Yom Kippour, nous devons nous tenir devant D. comme les anges, purifiés de toutes nos fautes et ne désirant rien d'autre que d'être proches de Lui et d'être considérés comme purs.

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+ Les vêtements de Shabbath :

-> Le rav Tsadok haCohen (Pri Tsadik - Kédouchat haShabbath 5,1-2) enseigne :
"Le cœur de chaque juif est rempli de sainteté, et durant Shabbath, il se remplit de la kédoucha spéciale de ce jour.
Lorsqu'une personne honore son corps en ayant des vêtements de Shabbath, elle honore en réalité la kédoucha du jour, qui est présente en son cœur.
[...]
De même que Shabbath est un semblant du monde à venir, de même les habits que nous avons durant ce jour, sont un semblant des habits que notre âme revêtira dans le monde à venir (éternel).
[...]
Le service du Cohen n'est valide que s'il est habillé de ses vêtements sacrés (bigdé kéhouna).
Ils sont sacrés par la sainteté que D. transmet au Cohen, lui permettant d'accomplir son service dans le Temple.
Chaque juif, expérimente la même kédoucha à Shabbath, car les habits de ce jour, sont alors l'équivalent de ceux portés par le Cohen.
"

-> "Il enlèvera ses vêtements et portera d’autres vêtements" (Tsav 6,4)
Rachi : Les vêtements avec lesquels il a fait la cuisine pour son maître, qu’il ne les porte pas pour verser à boire à son maître.
La guémara (Shabbath 114), et le Maharcha dessus, nous enseignent :
Il y a là une preuve que l’homme doit changer de vêtements pour Shabbat et porter des vêtements plus beaux.
De même que le cohen ne portait pas pendant son service les mêmes vêtements avec lesquels il faisait sortir les cendres, mais d’autres vêtements, plus beaux et plus propres, le Shabbat il faut porter des vêtements plus beaux et plus propres que ceux qu’on porte la veille du Shabbat pour préparer le Shabbat.

[issu du divré Torah : https://todahm.com/2016/12/26/les-vetements-de-shabbath ]