Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"Hachem ouvrit la bouche de l'ânesse et elle dit à Bil'am : Que t'ai-je fait pour que tu m'aies frappée ainsi à 3 reprises?" (Balak 22,28)

Pourquoi Hachem a-t-il changé les lois de la nature afin d'aider Bil'am?

-> Selon le Sforno, Hachem a fait un miracle si extraordinaire (l'ânesse qui parle) afin qu'il fasse téchouva, réalisant clairement que cela ne pouvait venir que de D.

-> Rabbénou Bé'hayé explique que Bil'am aurait dû être totalement terrifié par ce grand miracle de l'ânesse parlant comme un humain.
Il aurait dû réaliser que Hachem essayait d'avoir son attention, pour qu'il puisse changer d'avis et arrêter cette mission de porter atteinte au peuple juif.

=> Ceci est un réponse à tous ceux qui proclament : "Si seulement Hachem me faisait des miracles clairs et évidents, alors je ferais une téchouva complète et je reviendrais vers Lui".
En effet, nous voyons que des miracles manifestes n'aident pas forcément.

[A nous également, D. a peut être déjà fait d'énormes miracles que nous n'avons pas remarqués, préférant continuer comme si de rien n'était]

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-> A quoi pouvait bien penser Bil'am pour ne pas être réceptif au message de Hachem?

Le rav Shlomo Bussu, petit-fils de Baba Salé, répond : il ne pensait à rien du tout!
Il était tellement focalisé sur lui même qu'il ne pouvait plus consacrer la moindre attention à ce qui l'entourait.
=> Tout son monde tournait autour d'une seule chose : lui-même!

Nous retrouvons ce même égocentrisme avec Pharaon.
Malgré la succession de plaies, toujours plus éprouvantes et miraculeuses, il campait sur sa position de s'attaquer aux juifs.
Malgré la vision des Nuées de gloire entourant le peuple, et d'avoir été témoin de l'ouverture de la mer Rouge, il est quand même allé à leur poursuite en entrant dans la mer avec tous ses hommes armés.
=> A quoi pensait-il à ce moment?

Rav Bussu répond : c'est également un exemple d'à quel point une personne peut être absorbée par elle-même, au point de ne prêter aucune attention à ce qui l'entoure.

Pharaon ne pensait qu'à sa vengeance personnelle contre le peuple juif (vous ne m'échapperez pas!, c'est moi qui aura le dernier mot! C'est moi le plus fort! ; ou comme au casino : certes ils m'ont fait mal ces juifs, mais je vais me refaire et je vais gagner car je suis supérieur à tout le monde!).

=> Ainsi, il était totalement aveuglé par lui-même et il ne pouvait plus voir la réalité qui lui faisait face.

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Bil'am dit : "Puisse mon âme mourir de la mort des justes et puisse ma fin ressembler à la leur" (Balak 23,10).

Le Ohr ha'Haïm rapporte que les réchaïm lui disaient qu'ils étaient intéressés par faire téchouva, mais à la condition de mourir toute de suite après.
Mais faire téchouva, et avoir ensuite une vie vertueuse, ils n'en étaient pas intéressés.

C'est l'origine de l'approche de Bil'am : ne penser qu'à ses désirs personnels, et pouvoir faire ce qu'il voulait.
Le rav Bussu conclut en disant que cette vision égocentrique à également pénétrer le monde juif.

Nous avons tendance à être tellement absorbés par nous-même que l'on ne voit plus nos réels besoins, ni ceux de nos proches, ni les signes que Hachem nous envoie, ...
Le yétser ara nous emprisonne dans une bulle du "moi je", dans laquelle nous pouvons même nous créer notre propre vision de Hachem (en fonction de ce qui nous arrange).

En effet, tant que l'on est ébloui par notre volonté, nous restons éloignés de celle de nos Sages, de ce que D. attend réellement de nous.
Par exemple, notre égo nous pousse à avoir le dernier mot (c'est moi le plus fort!), au prix de n'avoir rien du tout pour l'éternité dans le monde de vérité!

Dans ce monde la salle des trésors du roi Hachem est ouverte afin que nous puissions prendre un maximum de choses éternelles (les mitsvot).
Cependant, au lieu d'en profiter, nous restons discuter avec le garde à l'entrée, ratant l'occasion d'accumuler des trésors d'une valeur inestimable (et après il est trop tard, les portes se referment et nos mains sont vides!).

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-> Rachi (v.22,33) enseigne que Hachem a tué l'ânesse juste après qu'elle ait rempli son rôle afin de préserver l'honneur de Bil'am, car sinon à chaque fois qu'une personne aurait vu l'ânesse, elle se serait rappelée que : "Voici celle qui a réduit Bil'am au silence par ses réprimande et à laquelle il n'a su que répondre!"

=> Au regard d'à quel point Hachem prend soin d'un grand racha du calibre de Bil'am, nous pouvons nous imaginer à combien plus forte raison D. s'occupe de nous : Son peuple élu parmi tous, Ses enfants adorés, et ce quelque soit la quantité de fautes que nous ayons pu faire.

Ainsi, l'idée que Hachem nous a abandonné, nous délaisse dans la vie ne doit pas nous effleurer l'esprit!!
[ce doute provient de notre yétser ara qui souhaite nous voir délaisser D. en pensant qu'Il en a fait de même avec nous!
On se focalise alors que sur même, se laissant aller aux désirs de notre égo! La Vérité devient fonction de notre égo, et non de Hachem!!]

=> D. est constamment avec nous, réalisant le meilleur pour nous!

"Moav eut grand peur du peuple parce qu'il était nombreux, et Moav fut dégoûté face aux enfants d'Israël" (Balak 22,3)

-> Le Yichma'h Moché s'interroge : Pourquoi la Torah a-t-elle écrit : "il était nombreux" au singulier, plutôt que d'utiliser le plus approprié pluriel : "ils étaient nombreux", faisant référence aux millions de juifs composant le peuple d'Israël?

Il répond en citant le midrach (Tan'houma Nitsvaim 1) : "Si une personne tient une botte de roseaux , elle ne peut pas la casser, tandis que si elle les tient séparément, même un petit enfant peut tous les casser.
Il en est de même avec le peuple d'Israël : nous ne serons libérés que lorsque nous serons unis".

Lorsque Balak, roi de Moav, a vu que les millions de juifs étaient totalement unis, il a utilisé : "il" pour exprimer une réalité habituellement plurielle.
Balak a réalisé que lorsqu'il règne l'unité dans le peuple juif, il n'existe pas de moyen naturel pour nous vaincre, c'est pour cela qu'il a fait appel à Bil'am pour l'aider.

L'unité du peuple juif a toujours été notre grande force.
C'est grâce à elle que nous avons reçu la Torah : "comme un seul homme, d'un seul cœur" (Chémot 19,2), et c'est grâce à elle que le machia'h pourra venir : "nous ne serons libérés que lorsque nous serons unis" (Tan'houma Nitsvaim 1).

[ainsi, si nous désirons véritablement la venue du machia'h, alors concrètement nous devons être prêt à faire des concessions dans le but de maintenir la paix/l'union entre les juifs.)]

=> Sachons développer les actes et les paroles qui unissent, et essayons de laisser passer ces moments où l'on a naturellement tendance à s'énerver pour "rien", car il n'y a pas de meilleure bénédiction que d'avoir le shalom.
[cf. b'h, par exemple : https://todahm.com/2019/07/08/la-paix ]

"Il est essentiel d'inculquer à ses enfants la émouna en Hachem et en Sa Torah, et la conscience que tout ce que l'on reçoit est un cadeau de Hachem."

[rav Moché Feinstein - Igrot Moché, Yoré Déa vol.3,76]

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-> "L'âme a besoin de la émouna pour respirer, et sans elle, elle ne peut subsister, même un bref instant."
[rav Eliyahou Lopian - Lev Eliyahou vol.3]

=> combien il est vital d'apprendre à nos enfants à respirer spirituellement parlant!

-> "Les juifs sont des croyants, fils de croyants" (Israël maaminim bné maaminim - guémara Shabbath 97a)

=> Nous devons transmettre le flambeau à nos enfants, en réveillant le "gène" de la émouna qui est latent en tout juif.

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-> "Ce n'est qu'en travaillant sans relâche que l'on accède à la émouna, et dès que nous relâchons nos efforts, notre émouna s'affaiblit aussitôt."
[rav Yé'hezkel Levenstein]

-> Selon le Tanya (chap.42), la émouna nécessite que nous nous entraînions [constamment] à déceler la présence Divine dans toute chose.

-> "Voyez-vous le soleil? Pour moi, la présence Divine est aussi évidente que celle du soleil"
['Hafets 'Haïm]

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-> Le 'Hazon Ich enseigne qu'avoir du bita'hon, ne signifie pas être confiant dans le fait que tout va se dérouler selon notre désir (c'est comme JE veux!), mais plutôt la certitude que rien n'arrive par hasard.
Tout événement ne se produit que parce que Hachem l'a souhaité ainsi, et par conséquent, tout ce qui peut nous arriver provient de la pure bonté de D.

[=> c'est un combat interne où l'on décide ce que l'on préfère : obtenir ce que JE veux, ou bien ce que D. veut pour moi?
La question est : Qui sait ce qui est réellement bon pour moi : moi-même ou Hachem?

Tout notre travail est d'arriver à transposer concrètement dans notre réalité notre émouna en Hachem. En effet, au calme dans notre tête, en théorisant, il est facile de proclamer D. l'Unique Maître du monde, mais au milieu des difficultés de notre vie, est-ce que nous pensons toujours la même chose?

=> Notre objectif est de toujours proclamer avec certitude : ce que JE veux dans ma vie, c'est ce que TU (D.) veux pour ma vie!]

-> Chaque Shabbath, le rav de Brish demandait à son fils s'il voulait une pomme ou une poire.
Quand son fils lui disait une pomme, le rav lui donnait une poire.
Quant il lui demandait une poire, son père lui donnait une pomme.
Et chaque semaine, il lui donnait l'inverse de ce qu'il voulait.
Pourquoi agissait-il ainsi?

Le rav de Brisk disait : "C'est pour apprendre à mon fils que dans la vie, on n'a pas tout ce qu'on veut, et ainsi l'habituer à cela".

Evidemment qu'on pourrait se dire, que son fils n'avait qu'à demander l'opposé pour avoir au final ce qu'il désirait.
Mais, ici on parle en terme de vérité, de personnes qui souhaitent pleinement réussir leur vie, sans se mentir à eux-même.
=> On a tous des choses que l'on désire dans n'importe quel domaine, si ça ne se passe pas comme on veut et qu'on a pas ce qu'on désire, alors il faut se dire que Hachem a fait le meilleur choix pour nous, et qu'il faut savoir accepter.
==> Certes, ce n'est pas ce que JE veux, mais c'est encore mieux que cela : c'est comme HACHEM le veut!
Nous devons toute notre vie travailler à avoir cette bonne perception de la vie!

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-> Le 'Hovot haLévavot (Chaar haBita'hon) écrit : "Le véritable bita'hon apaise les tourments de l'esprit et permet de rester serein face aux tracas de l'existence".

[Même si c'est la tempête dans notre vie, nous faisons ce que l'on a à faire dans le calme, confiant dans le fait que Hachem dirige ma vie pour mon bien ultime.]

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-> "Plus quelqu'un s'en remet à Hachem, plus Hachem l'aidera, car il n'existe pas d'autre réalité que celle de Hachem"
[rav Yé'hezkel Levenstein]

-> "Chaque jour, Hachem Se comporte avec une personne en accord avec le niveau de confiance que cette personne place en Lui.
Comme le dit le verset : "Hachem est ton ombre, à côté de ta droite" (Téhilim 121,5) = Hachem est comme une ombre, quand on bouge un doigt, Il en bouge un aussi. Deux doigts, Il en fait de même.

Hachem aidera une personne en fonction de son niveau de confiance en Lui."
[rav Eliyahou Lopian - Lev Eliyahou vol.3 (Emor)]

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-> "Si c'était moi, le maître du monde, je ne changerais rigoureusement rien.
Je suis fermement persuadé que tout ce que fait D. est pour le bien de l'homme, et ce sont nos défauts qui nous empêchent de percevoir la droiture de Ses voies."
[rabbi Lévi Its’hak de Berditchev]

"En attachant les lanières des Téfilines, on met une chaîne autour du cou du yétser ara, ce qui l'empêchera de tenter de nous faire fauter."

[Zohar - Pin'has Raaya Méemna 238a]

"De même que la femme cache les parties de son corps (tsniout), de même Hachem lui cache ses Accusateurs et lui amène la bénédiction avec abondance"

[Ben Ich 'Haï - Ot 'Haïm]

"Chacun vit des miracles cachés tous les jours de sa vie.
Il n'est pas un membre de la nation juive qui ne bénéficie d'un miracle caché chaque jour, malheureusement il n'y prête pas attention."
[Rabbénou Bé'hayé - début paracha Ki Tissa]

[nous bénéficions de miracles dont l'habitude fait perdre toute sensibilité (je respire, je vois, j'entends, ...), et également d'énormes miracles cachés quotidiens mais dont nous n'avons pas conscience dans ce monde (en partie pour permettre à notre libre arbitre d'exister, et par bonté Divine pour ne pas que l'on ait ce sentiment accablant de redevabilité extrême envers D.).

=> Combien nous devons nous efforcer de mettre au grand jour un maximum les bontés de Hachem à notre égard, et Lui exprimer à quel point nous apprécions cela. En effet, Il agit ainsi d'une façon totalement indépendante de nos mérites, uniquement parce qu'Il nous aime, et ce plus que personne ne pourra jamais nous aimer, même pas nous-même!]

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-> Selon le Tana déBé Eliyahou : Pour chaque juif, chaque jour, Hachem fait des miracles comparables à la sortie d'Egypte.

Le Kav haYachar écrit que c'est pour cela que l'on dit : "mizmor létoda" (le Téhilim (n°100) de la reconnaissance/remerciement) tous les matins, car il faut être conscient que 24 heures sont passées depuis la dernière prière de cha'harit, et réaliser que nous avons bénéficié de très nombreux miracles depuis ce moment là!

-> En ce sens, il est écrit dans le modim de chaque amida : "nous Te remercions ... pour Tes miracles que Tu nous fais tous les jours ..." (al nissé'ha chébé'hol yom imanou, [véal nifléoté'ha chébé'hol ét]).

"La bonne température dans une maison est maintenue par des cœurs plein de chaleur, et non par des têtes-brûlées."

[rabbi Paysach Krohn]

"La même compassion que l'on ressent devant un mendiant qui n'a pas même de quoi se vêtir, doit être ressentie pour ceux qui se sont éloignés de l'étude de la Torah et de l'accomplissement des mitsvot.
Avec quoi pourront-ils habiller leurs âmes dans l'au-delà?

Car les seuls joyaux qui peuvent parer l'âme sont la connaissance de la Torah et l'accomplissement des mitsvot."

['Hafets 'Haïm - Aavat 'Hessed - 3e partie - chap.7]

"Si le Rambam, un des hommes les plus intelligents de toute l'Histoire, disait : "Hachem existe, j'ai confiance en Lui, et en tout ce qu'Il fait. Chaque chose qu'Il fait est pour le bien. Tout est calculé d'une extrême minutie", alors comment des gens comme nous, qui n'arrivons pas à la cheville du Rambam, pouvons dire : "je n'y crois pas, je n'ai pas confiance"."

[rav El'azar Ména'hem Chakh]

"Sois entier avec Hachem ton D." (Choftim 18,13)

-> "Croire que D. seul connaît le futur et a pouvoir sur toute chose, [comme] ne pas consulter d'astrologue pour chercher à percer les mystères de l'avenir, car D. modifie les décrets Célestes à sa guise.

Plus nous nous élèverons vers D., et plus il sera susceptible de modifier le cours naturel des choses en notre faveur."
[Ramban - Choftim 18,13]

-> "Si tu ne cherches pas à sonder le futur, même par des voies licites, mais que tu te confies seulement en Hachem, alors Il veillera à ce que l'avenir te réserve les plus heureuses destinées."
[Malbim - Choftim 18,13]

-> "Si nous croyons que tout ce qui advient est le fait de D., et que nous faisons téchouva, alors Il changera pour nous le mal en bien."
[Rabbénou Yéhouda (fils du Roch) - Zikrone Yéhouda 91]

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-> Il faut s'habituer à dire : "Tout ce que D. désire s'accomplira".
Ne pas chercher à sonder l'avenir, comme nous l'enseigne la guémara (Béra'hot 10a) : "Qu'as-tu donc à te mêler des secrets du Miséricordieux (Hachem)?"
[Smak - Choftim 18,13]