Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"[Yaakov] se prosterna contre terre 7 fois jusqu'à ce qu'il parvienne auprès de son frère" (Vayichla'h 33,3)

Comment comprendre le fait que le tsadik Yaakov se soit prosterné devant le racha Essav?

-> Mordé'haï était une réincarnation de Yaakov, et Haman une réincarnation de Essav.

Mordé'haï ne s'est pas prosterné devant Haman, et ce même s'il mettait en danger l'ensemble du peuple juif, dans un but de corriger la mauvaise action de Yaakov de s'être prosterné devant Essav.

Selon le Mahara Galanti, au nom du Ramak, la réparation de Mordé'haï ne porte pas sur une erreur que Yaakov a fait directement.
En effet, le Zohar rapporte que Yaakov a vu la présence divine, et il s'est alors prosterné.
Cette inconduite a entraîné que ses enfants l'ont imité, et se sont également prosternés devant Essav.
Mais, ils n'ont pas réalisé que leur père l'a fait en l'honneur de la présence divine, ils pensaient réellement qu'ils se prosternaient en l'honneur d'Essav.

C'est cela que Mordé'haï a réparé : la conséquence indirecte qu'a entraîné l'action de Yaakov, sur ses enfants, les tribus d'Israël.

[le Kissé David]

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-> "Yaakov envoya des anges devant lui" (Vayichla'h 32,4)

Le mot : "vayichla'h" signifie : 'devant lui'.

Yaakov a envoyé de véritables anges, afin qu'au moment où il rencontrera Essav, il puisse y avoir des anges entre lui et le racha Essav.

Ceci explique pourquoi le cœur de Yaakov s'est prosterné devant la présence divine.

[Agra déKalla]

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-> Le Zohar rapporte que Yaakov s'est prosterné car la présence divine était présente.
Le Zohar (Vayichla'h) explique : "C'est seulement aux êtres de chair et de sang qui ne perçoivent qu'avec leurs yeux, qu'il semblait que Yaakov se soit prosterné devant Essav. Cependant, en vérité, Yaakov s'est prosterné devant la Présence Divine".

Pourquoi a-t-il choisi de le faire alors que pour les autres, cela apparaissait comme le fait de se prosterner en l'honneur de Essav?

Dans la maison d'étude de Abayé, il y avait un démon qui causait des dommages aux personnes.
Lorsque Abayé a entend que Rav Acha bar Yaakov venait en ville, il s'est assuré qu'il allait dormir dans le lieu d'étude (beit midrach), avec l'espoir que les mérites de ce grand Sage allaient dominer le démon et conduire à sa disparition.

Le démon est apparu à Rav Acha bar Yaakov sous la forme d'un serpent à 7 têtes.
Rav Acha a alors prié, et à chaque fois qu'il se prosternait durant la prière, une tête du serpent est tombée jusqu'à ce que les 7 têtes soient tombées, et qu'il en meurt.
[guémara Kidouchin 29b]

Le yétser ara a 7 noms.
Dans le but de dominer les 7 forces d'impuretés d'Essav, Yaakov s'est prosterné à 7 reprises devant la présence divine, jusqu'à ce qu'il prenne le contrôle sur Essav.

Rav Acha bar Yaakov par le mérite de Yaakov, a pu se prosterner 7 fois et détruire le démon, à l'image de ce qu'a fait Yaakov au yétser ara en se prosternant à son frère Essav.
[guémara Soucca 52a]
[d'après le Mégalé Amoukot - Rav Nathan Shapira]

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-> Le Maharcha explique qu'à chaque fois que rav A'ha se prosternait durant la amida, une tête de serpent tombait : 2 fois durant la bénédiction sur les Patriarches, 2 fois durant la bénédiction modim, et 3 fois à la fin de la prière dans ossé shalom.
Rav A'ha s'inclina à 7 reprises dans la Amida, comme le prescrit la halakha, et éradiqua les forces néfastes du serpent.

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+ 7 têtes, 7 morts :

-> La guémara (Kidouchin 29b) raconte l’histoire d’un démon dangereux qui se trouvait dans le beit midrach d’Abbayé. Rav A’ha Bar Yaakov était en ville et personne ne l’invita, le forçant ainsi à dormir dans ce beit midrach. Le démon lui apparut comme un serpent à 7 têtes. A chacune de 7 prosternations, une tête tomba.

=> Nous nous demandons comment il a su s’incliner 7 fois pour tuer le serpent à 7 têtes.
[le Maharcha dit que ce sont les 7 forces d'impureté que le Serpent (Na’hach) a apportées au monde]

Its'hak a donné 8 bénédictions à ses enfants (7 à Yaakov [voir Toldot 27,28-29] et une à Essav ["N'as-tu qu'une seule bénédiction, père?" - Toldot 27,38]).
Le nombre 26 représente la bénédiction puisque c’est la valeur numérique du nom d’Hachem יהוה.
Si nous multiplions 26 par 8, nous obtenons 208. C’est la valeur numérique d’Its'hak (יצחק), faisant allusion aux 8 bénédictions qu’il a donnés. Yaakov en a reçu 7 et Essav une.
Si nous multiplions 26 par 7, nous trouvons 182, la même valeur qu'Essav (יעקב), car c’est le nombre de bénédictions qu’il a reçues.

Correspondant aux 7 niveaux de sainteté de Yaakov, Essav avait 7 niveaux d'impureté. Ceci est en accord avec "j’irai à tes côtés" (Vayichla'h 33,12) = c'est-à-dire ce que Yaakov possédait dans la sainteté (kédoucha), Essav l’avait dans l'impureté (touma). À chaque fois que Yaakov s’inclinait, un niveau de touma était retiré d’Essav.
Combien de fois Yaakov s’est-il incliné devant Essav? 7.

La valeur du mord טמא (tamé - impur) est 50. En multipliant 7 par 50, on arrive à 350. Essav a reçu 1 bénédiction de son père. Par conséquent, 350 et 26 nous donnent un total de 376, la même guématria que Essav (עשו).
Le verset nous dit que Yaakov s’inclina 7 fois "jusqu’à ce qu’il atteigne son frère" (ad a'hakhav - עד אחיו).
Une autre interprétation est qu’à travers ces prosternations, Essav était maintenant comme un frère pour lui, puisqu’avec Yaakov s’inclinant 7 fois, les 7 niveaux de touma d’Essav ont été supprimés.
Cela laissait maintenant Essav avec une bénédiction. Il n’est pas surprenant que la guématria de "a'hav" (אחיו - son frère) soit 26 (symbolisant la seule bénédiction qui est restée. [avec le +1 du kollel]

À la lumière de cela, nous pouvons comprendre pourquoi, dans le verset suivant, Essav courut vers Yaakov, le serra dans ses bras et l’embrassa, puisque tout ce qui restait à Essav était l’amour, sa touma (impureté) ayant été enlevée.
Maintenant, nous pouvons apprécier les mots : "Yaakov s’inclina 7 fois devant Essav" ( שב ע יפול צדיק ) puis le vainquit. ["le tsadik tombe 7 fois, et se relève ; mais les réchaïm sont effondrés par le malheur" (Michlé 24,16)]
Rav A'ha Bar Yaakov a appris de Yaakov comment tuer le démon à 7 têtes.
[rav Yéhochoua Alt]

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-> voir aussi le commentaire du Ben Ich 'Haï : https://todahm.com/2021/09/09/32696

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-> Le Mégalé Amoukot explique que lorsque nous effectuons 7 tours complets avec la lanière des téfilin sur notre bras gauche, nous désirons atteindre le même objectif que Yaakov notre Patriarche cherchait à atteindre en se prosternant à 7 reprises devant le Créateur du monde : soumettre les 7 forces d'impureté d'Essav son frère le racha.

-> De son côté, le rav Pin'has Friedman (Shvilei Pinhas) dit que nous plaçons tout d'abord les téfilin du bras gauche pour commencer, orientées vers le cœur, en enroulant la lanière 7 tours complets afin de soumettre les forces du mauvais penchant que Yaakov reçut d'Essav. Et seulement ensuite, il sera possible de mettre les téfilin de la tête qui contiennent 4 compartiments correspondant aux 4 approches fondamentales de l'étude de la Torah (4 parties du Pardess).
En effet, tant que l'homme n'a pas retiré les souillures inscrites dans son cœur, il n'aura pas la force de s'adonner pleinement à l'étude de la Torah. Comme on le dit dans les Téhilim : "Eloigne-toi du mal" et seulement ensuite "... et fais le bien" (Téhilim 34,15).

Nous commençons toujours par mettre les tefilin du bras, orientés vers le cœur afin de soumettre ses envies, puis nous posons les téfilin sur la tête, "entre nos yeux", afin que notre intellect puisse dominer le cœur.
[la faute est une démonstration de la soumission de l'homme aux envies et pulsions de son cœur]

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-> Le Mégalé Amoukot (Vaét'hanan) écrit que la klipa (écorce d'impureté) d'Essav contient 7 couches d'épaisseur constituant 7 forces d'impureté, ainsi que l'ont enseigné nos Sages : "le mauvais penchant a 7 noms : Raa, Arel, Tamé, Soné, Mikhchol, 'Havan, Tsafouni" (guémara Soucca 52a).
Ceux-ci font allusion aux 7 couches d'épaisseur qui sont les 7 forces d'impureté que possède le mauvais penchant. Afin de soumettre ces 7 forces d'impureté, Yaakov a dû se prosterner 7 fois devant la Présence Divine, avant que n'arrive son frère Essav, comme il est écrit : "Il passa devant eux et se prosterna à terre 7 fois, jusqu'à ce qu'il arrive près de son frère", car en se prosternant à 7 reprises, il put ainsi soumettre les 7 forces de la klipa de son frère et ainsi l'affaiblir.

Ceci nous renvoie aux mots du roi Salomon : "Car le tsadik tombe 7 fois et se relève" (Michlé 24,16). C'est-à-dire que les 7 prosternations de Yaakov lui ont permis de soumettre les 7 couches d'épaisseur d'impureté d'Essav.

[c'est la raison pour laquelle, à l'époque de Yéhochoua, lorsque le peuple d'Israël vint conquérir Jéricho, il effectua 7 fois le tour des murailles pour y soumettre le mauvais penchant.]

[le Arizal (Chaar haKavanot - Pessa'h) dit qu'une fois un enfant devenu bar mitsva à l'âge de 13 ans, bien qu'il soit considéré comme un adulte, il doit néanmoins encore recevoir 7 lumières intérieures jusqu'à l'âge de 20 ans, soit une lumière par an.
Ces 7 lumières intérieures viennent compléter le développement de base spirituelle de l'homme pour faire face au mauvais penchant et devenir adulte, un "grand" à part entière.
C'est la raison pour laquelle il est apte à être recensé parmi les juifs, car le recensement ne se fait qu'à partir de 20 ans.]

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"A mon seigneur (ladoni), à Essav ..." (Vayichla'h 32,5)

Comment Yaakov pouvait-il appeler Essav son seigneur?

-> Selon le Arizal, Essav était composé de 2 parties : une bonne, et une mauvaise.
Yaakov appelait la bonne partie : mon seigneur (adoni).

En ce sens le Ben Ich 'Haï (Od Yossef 'Haï) précise le verset : "ladoni (à la bonne partie de Essav), léEsav (à la mauvaise partie).

-> Selon le Or ha'Haïm, un des aspects de la stratégie de Yossef était de souligner à Essav la haute estime dans laquelle il le tenait.

Il y a toujours une partie sublime au sein de toute personne (même chez un racha comme Essav!).
=> Ainsi, à l'image de Yaakov avec Essav, nous nous devons de voir le spirituel, la sainteté en autrui, et la respecter.

Dans notre tête, nous devons souhaiter fortement que le mal en sorte, et que le bien en prenne pleine possession.
En parallèle, il faut aussi avoir conscience de la mauvaise partie, afin de prendre ses précautions, pour ne pas subir une influence négative.

+ "Rabbi Akiva disait : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Kédochim 19,18) : ceci est un grand principe de la Torah.

Ben Azaï disait : "Ceci est l'histoire des générations de l'humanité : [lorsque D. créa l'homme, Il le fit à Sa propre ressemblance]" (Béréchit 5,1) : ceci est un principe plus grand encore.
[En effet, il en résulte : ] Que tu n'en vienne pas à dire : "Si j'ai été humilié, mon prochain peut l'être aussi", car sache qui tu cherches à abaisser : un être créé à l'image de Hachem."

[midrach Béréchit rabba 24,8]

[Vouloir respecter Hachem, cela implique par ricochet de devoir respecter autrui, et également nous-même.]

"Avraham était vieux, avancé dans la vie" ("Hayé Sarah 24,1)

-> Il est écrit dans le midrach Yalkout Chimoni ('Hayé Sarah - chap.105) :

"Avraham demanda la vieillesse.
Il s'adressa à D. en disant : "Maître du monde, quand un homme et son fils arrivent quelque part, personne ne sait qui des deux honorer."
Hachem lui répondit : "Je jure par ta vie : c'est une bonne chose que tu demandes là, et c'est avec toi que la vieillesse commencera".
Depuis le début de Béréchit, il n'est fait aucune mention de la notion de vieillesse, et c'est seulement lorsqu'Avraham la demanda qu'elle fut donnée au monde ; c'est pourquoi il est dit : "Avraham était vieux".

Its'hak demanda les épreuves.
Il s'adressa à D. en disant : "Maître du monde, un homme meurt sans avoir vécu d'épreuves durant sa vie et l'Attribut de Rigueur/Justice s'abat sur lui ...
Its'hak demanda les épreuves, et elles furent données, comme il est dit : "Comme Its'hak était devenu vieux, sa vue s'obscurcit" (Toldot 27,1).

Yaakov exigea la maladie [qui précède la mort].
Il s'adressa à D. en disant : "Maître du monde, un homme meurt sans tomber malade, il n'a pas l'occasion de répartir son héritage entre ses enfants. Mais s'il tombe malade 2 ou 3 jours auparavant, il peut alors léguer ses biens ...
C'est pourquoi il est dit : "On fit dire à Yossef : ton père est malade" (Vayé'hi 48,1)."

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-> Le rav Dessler (Mikhtav méEliyahou) explique :

- Avraham incarne le 'hessed, et il déplorait le fait qu'une personne respectable (du fait de son âge), puisse être privée de l'honneur qui lui revient.
Par le phénomène de vieillissement, il avait une volonté sincère d'améliorer les relations entre les hommes.

- Its'hak incarne l'attribut de Rigueur/Justice, et il ressentait la nécessité de doter l'humanité d'un instrument capable d'inciter l'homme au repentir.
L'idée est de donner une sorte d'avant goût des épreuves de l'Enfer qui risquent de s'abattre sur cette personne, si elle ne se repent pas.

- Yaakov, l'homme intègre, par l'Attribut de la Perfection, souhaitait que la paix règne entre les héritiers, et la maladie permet d'avoir le temps pour répartir son legs.
Il avait conscience que les rivalités et la jalousie, provoquent une faille dans le service divin.

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-> Dans ce même midrach, il est également écrit :

"Le roi 'Hizkiyahou demanda la "seconde maladie".
Il s'adressa à D. en disant : "Maître du monde, il n'est pas bon pour l'homme que Tu le laisse en parfaite santé jusqu'à l'heure de sa mort. En revanche, s'il tombe malade au cours de sa vie, il se repent sincèrement.
C'est pourquoi il est : "Cantique de 'Hizkiyahou, roi de Yéhouda, composé à l'occasion de sa maladie dont il guérit" (Yéchayahou 38,9)."

=> 'Hzikiyahou est allé au-delà de la demande de Yaakov, en priant Hachem qu'Il suscite en l'homme, tout au long de vie, des maladies qui le conduiraient jusqu'au seuil de la mort, et dont il ne guérirait que par pure charité divine. L'homme serait alors animé d'un profond sentiment de gratitude envers Celui qui l'a sauvé, et il se repentirait sincèrement.

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-> Le midrach (Béréchit rabba Vayéra 43,10) nous rapporte que :

Rabbi Yéhouda bar Rabbi Simon dit : "Avraham fit un grand festin [suite à la naissance de Its'hak]" = il fit un festin pour les grands : Og et tous les grands de ce monde y étaient présents.

On dit à Og : "Ne disais-tu pas d'Avraham qu'il est une mule qui ne peut procréer?"
Il répondit : "Quelle est donc cette créature insignifiante [Its'hak] qu'il a reçue en cadeau? Avec mon doigts seulement, je peux la broyer!"

Hachem dit : "Pourquoi méprises-tu donc son cadeau? Je jure que viendra un jour où se dresseront face à toi des milliers et des milliers de myriades de ses descendants, entre les mains desquels tu tomberas (cf. 'Houkat 21,34).

[Cette interprétation correspond à] ce qu'a enseigné Rabbi Lévi : Jamais un berceau ne fut balancé avant qu'on ne le fît dans la maison d'Avraham."

-> Le Matanot Kéhouna explique que ce texte suggère que Its'hak fut le 1er enfant au monde à naître de la taille d'un nourrisson. Jusque là, les nouveau-nés sortaient du ventre maternel déjà adultes, et n'avaient donc nul besoin d'un berceau.
C'est pourquoi Og avait ainsi tourné en ridicule à la vue d'Its'hak, dans la mesure où l'on n'avait encore jamais vu d'enfant de taille si réduite.

=> Ainsi, Its'hak fut le 1er enfant "dépendant", incapable de pourvoir à ses besoins dès sa naissance.

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-> Pourquoi dit-on lé’haïm? Pourquoi dit-on labriout? : https://todahm.com/2014/05/18/pourquoi-lehaim-pourquoi-labriout

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"Avraham était vieux, avancé dans la vie" ('Hayé Sarah 24,1)

En hébreu, cela donne : וְאַבְרָהָם זָקֵן, בָּא בַּיָּמִים (veAvraham zaken ba bayamim)

La dernière lettre de ces 4 mots forme : מַאֲמִן (un croyant - maamim), c'est une allusion à la foi de Avraham en Hachem.
[Yalkout haEzovi]

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-> Répondre amen comme il le faut, est propice pour avoir une longue vie.
En effet, il est écrit : "Avraham était vieux, avancé dans la vie" ('Hayé Sarah 24,1).
Les dernières lettres de : "zaken ba bayamim" (vieux, avancé dans la vie - זָקֵן, בָּא בַּיָּמִי) forment le mot : amen (אמן).
[Baalé haTossafot]

-> Tout celui qui allonge son amen, sa vie sera allongée et sa vie sera bonne.
[guémara Yérouchalmi Béra'hot 8,8]
Le rav Its'hak Eizik Chaver précise que "sa vie sera bonne" (ouchnotav bétova) signifie : "il aura du plaisir en un jour de sa vie autant que les autres en ont en plusieurs jours."

-> Tout celui qui répond "amen" dans ce monde méritera de répondre "amen" dans le monde futur.
[midrach Tan'houma 96,9]
En ce sens, le Choul'han Aroukh (Ora’h 'Haïm 124,7) statue : "Enseigne à tes jeunes enfants à répondre amen, car lorsque les enfants répondent amen, ils méritent une part dans le monde futur (olam aba).

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-> "Et Avraham fut âgé" ('Hayé Sarah 24,1)

=> La Torah rapporte qu'Avraham était âgé, juste après l'épisode de l'enterrement de Sarah. Quel lien y a-t-il entre ces deux sujets?

Rabbi Nathan de Breslev (Likouté Halakhot) enseigne :
L'une des explications à cela est basée sur le verset de la Torah qui dit : "Que vos jours se multiplient ainsi que les jours de vos enfants sur la terre qu'Hachem a promis de vous donner" = on en déduit que toute la valeur et la plénitude de la longévité et donc de la vieillesse ne s'applique qu'à ceux qui sont en terre sainte.
Certes, Hachem a promis cette terre à Avraham. Mais, Avraham n'a réellement prit possession d'une part en terre d'Israël que pour y enterrer Sarah. C'est là qu'il a acheté le terrain d'Efron, à 'Hevron. Et c'est seulement après cette acquisition de ce lopin de terre que la vieillesse d'Avraham devint une véritable valeur et prit tout son sens, comme on l'a expliqué.
C'est donc logique que juste après cela, la Torah en fasse l'éloge : "Et Avraham fut âgé".

"Voici Il [Hachem] se tient derrière notre mur" (Chir haChirim 2,9)

Cela vient nous apprendre que même lorsque nous créons un mur entre Hachem et nous par nos fautes, malgré tout, Hachem se trouve avec nous.
Même "derrière notre mur", que nous formons par nos fautes, "Le voici qu’Il s’y tient".
Même si un juif se trouve au plus bas et a grandement fauté, Hachem continue à être avec lui pour le protéger, et Il attend patiemment qu’il se repente et se rapproche de Lui.

[Rabbi Sar Chalom de Belz]

[une téchouva sincère, de tout notre cœur, fait exploser ce mur d'éloignement qu'avaient pu construire nos fautes. Hachem peut alors nous prendre dans "Ses bras", d'un amour infini.]

"Qu'est-ce que l'homme peut faire pour être épargné des souffrances précédant la venue du machia'h?
Qu'il se consacre à la Torah et à faire des actes de bonté"
[Rabbi El'azar - guémara Sanhédrin 98b]

Le 'Hafets 'Haïm de commenter :
"Et même si tous nos maîtres des générations précédentes se rassemblaient aujourd'hui, ils ne pourraient donner de meilleur conseil, car c'est le seul qui nous reste encore!"

3 Questions/Réponses – Paracha Toldot

+ 3 Questions/Réponses - Paracha Toldot :

1°/ "J'ai mangé de tout avant que tu ne viennes" (Toldot 27,33)

Après qu'Its'hak ait mangé la nourriture apportée par Yaakov, Essav est venu et a demandé à son père de manger de la nourriture qu'il avait lui-même préparé afin qu'il le bénisse également.
Pourquoi Its'hak ne pouvait-il plus rien manger?

Rachi (v.27,9) : le repas de Its'hak (apporté par Yaakov) consistait en 2 chevreaux : l’un était destiné au sacrifice pascal, et l’autre devait servir au repas

-> Selon le rav Yossef 'Haïm Zonnenfeld, pour éviter que Its'hak ne mange et ne donne ensuite une bénédiction à Essav, Rivka s'est assurée que Its'hak mange le Korban Pessa'h.
En effet, la loi juive est que : après avoir mangé du sacrifice de Pessa'h (ou bien de nos jours l'afikoman), on ne doit pas manger ou boire de toute la nuit (én maftirim a'har aPessa'h afikoman).

-> Le Oznaïm laTorah fait remarquer que les lettres : "de tout" (mikol - מִכֹּל) sont les 1eres lettres de : matsa kazaït laa'harona (le kazaït de matsa [l'afikoman] est la dernière chose que l'on doit manger du repas de Pessa'h).

Its'hak va dire ensuite à Essav : "Ton frère est venu avec habilité et il a pris ta bénédiction" (Toldot 27,35)
Le mot : bémirma (avec habilité - בְּמִרְמָה) a la même guématria que : Afikoman (אפיקומן), soit 287.
=> Ainsi, Its'hak faisait allusion à Essav, que Yaakov était déjà venu et lui avait donné à manger l'Afikoman, il ne pouvait alors plus rien manger de ce que Essav lui avait apporté.

-> Le rav Chimchon Raphael Hirsch (v.27,39) fait remarquer que contrairement à la bénédiction de Yaakov (v.28 "Que D. te donne ..."), Its'hak ne dit pas explicitement à Essav que D. lui accordera Sa bénédiction, ce qui aurait signifié qu'elle émanait de Hachem.
Le destin de Essav dépendra du cours normal des événements de ce monde.

Selon le rav 'Haïm Yossef Kofman, si Its'hak a quand même donné une bénédiction à Essav, c'est parce que ce dernier en est venu à pleurer. Il a alors ressenti sa peine, et lui a répondu.

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+ Bonus (b'h) :

-> Rivka "mis les mets et le pain qu'elle avait préparés dans la main de son fils Yaakov" (v.27,17)
Ensuite : Yaakov "le servit et il mangea, et il lui apporta du vin et il but" (v.27,25)

Pourquoi Yaakov a-t-il pris l'initiative d'amener en plus du vin à son père?

-> Le 'Hizkouni explique que l'objectif de Yaakov était de rendre légèrement confus son père afin qu'il ne prête pas trop attention lorsqu'il déterminera l'identité.

-> Le Tossefet Bra'ha suggère que c'était pour des raisons de santé, pour se conformer à la guémara (Shabbath 41a) qui enseigne qu'il n'est pas sain de manger sans boire.

-> Le Torah léDaat suggère que si la viande provenait du Korban Pessa'h (cf.Rachi 27,9), alors Its'hak avait besoin de vin pour les 4 coupes de vin consommées pendant le Séder de Pessa'h.

-> Par ailleurs, de même que l'on fait beaucoup de mitsvot avec un verre de vin, de même Yaakov a pensé que le fait de recevoir une bénédiction de son père nécessitait un verre de vin.

-> Le Daat Zékénim est d'avis que c'est l'ange Michaël qui lui a apporté ce verre de vin depuis le Gan Eden.
[C'est peut être une des raisons du Rachi (v.27,27) : "est entrée avec lui (Yaakov) l'odeur du jardin de Eden"]

Le Méam Loez (Toldot 27,25) rapporte également : "Bien que Yaakov n'avait pas amené de vin, l'ange Mi'haël en apporta.
Ce vin était tiré du jardin d'Eden, et le raisin provenait des 6 jours de la Création.
L'ange le donna à Yaakov qui le servit à son père."  (Targoum Yonathan ; Yalkout Chimoni)

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2°/ "Et des peaux des chevreaux, elle recouvrit ses mains et son cou lisse" (Toldot 27,16)

Rabbi Yo'hanan dit : Yakov était grand et fort, et ses 2 bras étaient larges comme 2 piliers de marbre. (midrach Béréchit rabba 65,17)

Comment la peaux des 2 chevreaux (les petites d'une chèvre!) a-t-elle pu être suffisante pour lui couvrir ses 2 énormes bras (un bras par bête)?

-> On peut rapporter le midrach (Béréchit rabba 65,17) suivant :
Rav Houna, citant Rabbi Yossé, dit que la peau des 2 chevreaux suffisaient, car dans les générations précédentes, les animaux de la terre d'Israël étaient extrêmement grands.

Une fois avant Yom Tov, les Cohanim ont cherché un grand et beau mouton pour le sacrifice Tamid du Yom Tov. Ils n'ont pas eu besoin d 'aller bien loin pour trouver un mouton qui était si grand, qu'ils ont dû le mettre sur 2 chameaux pour le transporter jusqu'au Temple.
Malgré la grande taille des chameaux, les jambes du mouton atteignaient et traînaient sur le sol.

En ces temps là, en terre d'Israël, les chèvres et les chevreuils étaient si grands, qu'ils atteignaient la hauteur d'un cannelier.
Ces chèvres et chevreuils se tenaient près de l'arbre et mangeaient les fruits directement à son sommet.

=> Si les animaux en Israël étaient si grands, il est certain que 2 chevreaux étaient suffisants pour recouvrir les longues mains de Yaakov.

-> D'autres sont d'avis qu'elle a cousu ensemble la peau de plusieurs chevreaux, jusqu'à faire un morceau suffisamment grand pour recouvrir chacun de ses bras.

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+ Bonus (b'h) :

-> "Rivka prit les vêtements propres de son grand fils Essav ... et en revêtit Yaakov son petit fils" (Toldot 27,15)

Le Tsror haMaor (Rabbi Avraham Saba) enseigne que lorsque Rivka a placé les grands habits de Essav sur Yaakov, ils lui allaient parfaitement bien, malgré que ce dernier dernier était plus petit (cf.le verset ci-dessus).

=> Quelle était la nécessité de ce miracle sachant que Its'hak était non voyant, et ne pouvait pas savoir si l'habit lui allait parfaitement ou pas?

La réponse est que le miracle était destiné à Yaakov.
En effet, selon le midrach, Yaakov était très bouleversé et il a même pleuré de devoir être impliqué dans une tromperie. Hachem a alors fait en sorte que l'habit lui aille miraculeusement bien, comme un baiser d'encouragement, lui montrant que du Ciel il avait été convenu qu'il prenne les bénédictions à son frère.

-> Avant de mettre ses peaux, Rivka va d'abord revêtir Yaakov des vêtement de propres de Essav ou bien selon Rachi des vêtements précieux qu'Essav avait volés à Nimrod.

Rav Henoch Leibowitz explique que Rivka a habillé Yaakov de ces vêtements, afin qu'ils l'influencent d'une certaine façon à agir comme Essav, aidant ainsi à l'obtention des bénédictions.

=> On apprend de là le pouvoir d'influence que les habits peuvent avoir sur nous.

C'est ainsi que le Kitsour Choul'han Arou'h (3,3) codifie : "Une personne ne doit pas revêtir des habits très chers car cela amène une personne à être hautaine ; ni des vêtements extrêmement peu chers ou sales afin de ne pas être répugnant aux yeux des autres, mais avoir des habits ordinaires et propres".

[les juifs sont des princes, des fils du Créateur, on se doit d'agir en fonction de ce haut statut, et l'habit contribue à cela.]

[Le rabbi Naftali de Ropschitz enseigne qu'il était très difficile à Yaakov d'émettre le moindre mensonge, comme le souligne le verset : "tu donneras la vérité à Yaakov" (titèn émet léYaakov).
Rivka lui demanda donc d'enfiler le costume d'Essav, afin de se mettre dans la peau du personne, car lorsqu'on s'habille comme un Essav, on devient un peu comme lui, et même notre façon de parler en pâtit. ]

[Lorsque Avraham descendit en Egypte, la Torah dit qu'il regarda sa femme Sarah. Nos Sages commentent que l'environnement égyptien était tellement impur qu'il avait la capacité d'impacter négativement, même un géant comme notre Patriarche Avraham.
=> Ainsi, au-delà des habits, le milieu dans lequel nous vivons nous impact passivement.]

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-> Yaakov dit à son père: "Je suis Essav, ton premier né" (Toldot 27,19)

=> Comment comprendre que Yaakov, qui est le pilier de la vérité, a pu mentir à son père?
Le 'Hatam Sofer donne la réponse suivante : à ce moment-là, Yaakov revêtait les habits d’Essav, et les vêtements influencent celui qui les porte. C’est pourquoi ce n’était pas un véritable mensonge de dire : "Je suis Essav", puisqu’à cet instant, il était influencé par la personnalité d’Essav au moyen de ses vêtements.

-> Rachi ('Houkat 21,1) écrit : Amalek a attaqué le peuple juif, mais il voulait empêcher les juifs de le désigner par son véritable nom, Amalek, dans leurs prières adressées à D. pour solliciter Son aide.
Ainsi, pour les tromper, l'ennemi a-t-il ordonné à ses troupes de parler la langue cananéenne.
Désemparés à la vue d'un ennemi habillé comme Amalek mais parlant la langue de Canaan, les Bné Israël ont simplement imploré D. de les soutenir contre "ce peuple", et ils l'ont vaincu.

=> Pourquoi Amalek n'a-t-il pas également revêtu des habits Cananéen pour tromper au mieux les juifs?
Les commentateurs répondent que si Amalek venait à s'habiller en Canaan et à parler en Canaan, alors ils deviendraient des gens de Canaan.
Lorsque les juifs prieraient pour gagner la guerre contre les Canaanites, leur prière serait efficace, car à tous points de vue Amalek serait devenu des Canaanites, il n'y aurait plus de place au doute dans la prière. [le vêtement ayant le pouvoir de transformer une personne en une autre!].

=> Ainsi, nous voyons ici à quel point les habits que nous portons ont le pouvoir de nous affecter.

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-> [Le mot "béguéd", pour vêtement, provient de la racine : "baguad" signifiant "tromper", "se révolter"]. C'est pourquoi le verset : "Its'hak sentit l'odeur de ses vêtements et le bénit" peut se traduire : "Its'hak sentit l'odeur de sa révolte et le bénit".
Même les rebelles au sein du peuple d'Israël avaient un parfum Divin quand ils se repentaient.
[Selon la guémara (Sanéhdrin 37a) ne lis pas "bégadav" mais "bogdav" (ses traites). En effet, mêmes les traites, les rebelles contre D. (les fauteurs) parmi les juifs ont de telles qualités, qu'ils ont une odeur Divine.]
Its'hak sut par une vision prophétique que les descendants de Yaakov pécheraient, mais qu'ils se repentiraient, ainsi le bénit-il.
[Méam Loez - Toldot 27,27]

[d'une certaine façon, on apprend de là le pouvoir exceptionnel de la téchouva. A l'image d'un habit d'Essav qui est très sale et qui sent très mauvais, par un simple programme de téchouva (quelques mots sincères), nous avons la capacité de le transformer en habit de Yaakov, à l'odeur du gan Eden.]

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3°/ Bien que Yaakov et Essav étaient jumeaux, ils avaient peu de choses en commun.
Comment expliquer la très vaste différence entre les deux?

L'Alter de Kelm explique que le fossé entre les 2 frères provient d'une différence fondamentale.
-> Le nom Essav (עשו) est lié au mot : "assouï" (עָשׂוּי) signifiant : "complément fait/développé", puisque Essav est né avec des cheveux et des dents, comme un enfant âgé de plusieurs années.

-> Le nom Yaakov (יעקב) est associé au mot : ékev (talon - עקב), parce qu'il avait tenu le talon de son frère pour sortir, mais également en raison du fait que Yaakov par nature se considérait toujours comme étant au plus bas du travail de sa vie dans ce monde.
Le nom Yaakov est exprimé au futur, car il avait compris qu'il n'était pas dans un état fini, et qu'au contraire il devait constamment se travailler davantage pour exprimer au maximum son potentiel.

Selon l'Alter de Kelm, si les bébés humains naissent dans un état aussi faible, à l'inverse des animaux qui naissent en étant déjà capables de se nourrir, c'est afin de les préparer à dépendre, à apprendre de leurs parents.

Essav est né en se voyant comme parfait, dans un état déjà terminé (j'ai toutes mes dents, cheveux!), et il lui manquait ainsi la capacité d'apprendre d'autrui.

Cela vient en totale opposition avec Yaakov, qui âgé d'au moins 60 ans, a choisi d'investir 14 années d'études à la yéchiva de Chem et de Ever, avant d'aller chercher sa femme.
De plus, par la suite, en voyageant en Egypte pour retrouver Yossef, à un âge de 130 ans, sa 1ere priorité sera d'envoyer Yéhouda devant lui, afin qu'il puisse établir une yéchiva pour ne pas manquer même un seul jour d'étude.

D'ailleurs, le plus au niveau qu'un étudiant en yéchiva puisse atteindre est celui de : talmid 'hakham (תלמיד חכם).
Certes, il a atteint un niveau très haut de sage (חכם), mais il reste néanmoins un : un élève (talmid - תלמיד). En effet, plus on étudie, plus on avance dans une vie juive, plus on prend conscience de tout ce qu'il nous reste à apprendre dans l'infinité de la Torah.

-> Rabbi Guttman dit qu'on pouvait observer Essav bougeant dans toutes les directions, faisant pleins d'activités ("un habile chasseur"), et à l'inverse Yaakov qui "vécut sous la tente" ("yochèv oalim" (v.25,27), que le Targoum Yonathan ben Ouziel traduit par : "recherchant Hachem".

Pourtant, dans le monde de vérité, lequel des 2 aura eu une vie la plus dynamique?

Essav représente ceux qui courent après le bonheur, sans se remettre en question, et tuant leur temps, sans se rendre compte qu'en réalité ils se tuent eux-même (le temps c'est la vie!).

Yaakov était fixe vers un objectif : faire la volonté de Hachem. Plutôt que d'aller dans toutes les directions, il se focalisait à exploiter pleinement son intériorité.

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-> A ce sujet, le rav Avigdor Miller enseigne que
- Essav se sentait parfait, sachant ce qui est bien et mal pour lui mieux que Hachem.
Il avait une attitude de : gam zé yaavor (cela aussi passera).
Il n'avait aucune envie de s'améliorer, mais uniquement de profiter de ce monde (à l'image du plat de lentilles contre le droit d'aînesse).
=> Sa vie n'est que tristesse, car il est sans cesse à la recherche du prochain plaisir, et rien n'est assez bien pour lui, surtout si autrui a plus.

- Yaakov (Ekev - talon) était rempli d'humilité et il se sentait ne pas mériter les bienfaits de Hachem.
Même s'il a eu une vie difficile, il se focalisait sur le positif, acceptant de ne pas comprendre, et que c'est déjà très bien, vu que je ne mérite rien normalement.
=> Il avait une attitude de : gam zou létova (cela aussi est pour le bien).

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-> La guémara (Yérouchalmi Nédarim 3,8) décrit que dans les temps futurs, Essav revêtira un talith et se tiendra assis avec les tsadikim dans le Gan Eden, jusqu'à ce que Hachem vienne et l'en fasse sortir.

=> Comment comprendre que Essav, représentant du mal, puisse se tenir au paradis, et pourquoi spécialement Hachem doit venir l'en faire partir?

Le Pné Moché explique que Essav pensait que par le mérite de ses parents (Avraham et Its'hak), venant d'une famille aussi illustre, il pouvait uniquement se couvrir d'un talith pour devenir automatiquement un tsadik.

Or, en réalité, le talith et le mérite de nos ancêtres ont l'avantage d'être extérieur à une personne. En effet, pour devenir une personne pieuse, un tsadik, il est alors nécessaire de ne rien faire du tout.
C'est pour cela que Hachem est venu pour enseigner à tous que cette méthode ne fonctionne pas.
Cela n'est qu'une vie de mensonges, qui devient souvent apparente après 120 ans, moment où l'on réalise que le Gan Eden ne nous appartient absolument pas (quelle douleur, quelle honte!).

D'ailleurs, le Chla haKadoch note que dans la série de malédictions à destination du peuple juif s'il ne suit pas la Torah, il est écrit : "Eloké Avraham Its'hak véYaakov", ce qui signifie : "Attendez, vous (les juifs), vous êtes les enfants de Avraham, Its'hak et Yaakov? Vous avez une ascendance aussi prestigieuse? Si c'est ainsi, alors vos punitions doivent être encore pires!"

[un voleur dans une famille de tsadik est pire qu'un voleur qui a grandi dans une famille de voleur!)

=> Ainsi, à l'image d'Essav qui pensait que sa vie était toute faite, qu'il n'avait qu'à revêtir un talith pour être un tsadik, nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers.

A l'image de Yaakov, si j'ai de grandes capacités par rapport aux autres, si j'ai une belle ascendance (pleins d'érudits), je me dois d'agir en toute responsabilité, d'être à la hauteur.

-> Dvar Torah similaire : https://todahm.com/2015/12/27/4140

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-> Le Sfat Emet enseigne que le plan initial était que Essav tende vers la matérialité d'une façon honnête, tandis que Yaakov s'occupe du spirituel.
Ils formeraient d'une certaine façon ensemble un contrat Yissa'har et Zévouloun, dans lequel chacune des parties gagne de l'autre.

C'est uniquement parce que Essav a abandonné ses responsabilités, que Yaakov a dû prendre sur lui les 2 responsabilités.

-> Selon la guémara (Avoda Zara 11a), c'est une allusion à 2 descendants de Yaakov et Essav : Rabbi Yéhouda haNassi (descendant de Yaakov) et Antoninus (descendant d'Essav).

- Rabbi Yéhouda était le leader des juifs en Israël, un riche descendant du roi David, et un érudit important.
- Antoninus était le gouverneur romain d'Israël, un riche, et un descendant d'une famille romaine importante.

Ces 2 leaders étaient des amis proches : Rabbi Yéhouda enseignait la Torah à Antoninus, et Antoninus fournissait à Rabbi Yéhouda une protection politique et de l'argent afin qu'il puisse terminer d'écrire la michna.

Le Maharal (Gour Aryé - Béréchit) explique qu'ils représentent le potentiel positif d'accord entre Yaakov et Essav, et un exemple type de ce que doivent être les relations entre Rome (Essav) et Jérusalem (Yaakov).

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-> Le Zohar nous révèle que si la tête de Essav fut enterrée auprès de son frère dans la grotte de Ma’hpéla, c’est parce que son esprit possédait un potentiel très élevé, auquel son cœur cependant n’avait pas accès.

-> Le Radak dit que Its'hak avait conscience de la grandeur spirituelle de Yaakov, et il pensait que Essav avait nettement plus besoin des bénédictions afin d'améliorer ses actions.

Le Ets haDaat Tov dit qu'il a pris exemple sur Avraham dont ses prières ont permis à Ichmaël de faire téchouva.
Cependant, Ichmaël avait fauté par l’idolâtrie, tandis que Essav par le meurtre, et il est beaucoup plus difficile de s'en sortir lorsque l'on porte atteinte à notre prochain.

Ceci explique pourquoi Rivka a dû intervenir, prenant conscience que ses actions antérieures (meurtres) rendaient inaptes les bénédictions, et pourraient avoir un effet contraire.

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-> D. a créé le mal [dans le monde] pour nous permettre de discerner et d'apprécier le bien.
En effet, le bien est mieux reconnu lorsqu'il est mis en contraste avec le mal ... par rapport à la dépravation d'Essav, la vertu de Yaakov brille de tous ses feux.
[...]
A la fin des temps, il y aura un rétablissement complet. Tout changera en bien ; même le mal se transformera en bien. Car le bien et le mal provienne de la même racine pure, tout comme Yaakov et Essav étaient tous les 2 les enfants d'Its'hak et Rivka.
Après la libération de toutes les étincelles sacrées emprisonnées dans le mal, celui-ci retournera à sa racine sainte.
[Zéra Kodéch (Toldot) - rabbi Naftali Tsvi Horowtz de Ropshitz]

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+ Bonus (b'h) :

-> Quelle est la signification du nom de la paracha : Toldot (générations/postérité), et pourquoi est-elle lue particulièrement à ce moment de l'année?

Selon le rav Moché Wolfson, c'est parce que c'est l'unique fois où nos 3 Patriarches vont vivre en même temps, et ce pendant 3 versets (chap.25 du v.26 au v.28), au début de la paracha.
[Selon le 'Hida (Midbar Kédmot), les 3 Patriarches ont étudié ensemble pendant 15 ans, à raison de 15 heures par jour.
Le 'Hida ajoute que les juifs ont mérité de pouvoir sortir d'Egypte par le mérite du fait que nos 3 Patriarches ont pu étudier ensemble, et c'est pourquoi dans le "Dayénou" que nous disons dans la Haggada, il y a 15 énoncées (en allusion à ces 15 années ensemble).]
Le roi Shlomo enseigne : "un triple lien est encore moins facile à rompre" (Kohélet 4,12).
La guémara (Baba Métsia 85a) affirme que si un homme, son fils, et son petit-fils sont tous des érudits en Torah, alors la Torah ne va jamais être abandonnée de sa descendance.
Ainsi, l'existence simultanée de nos 3 Patriarches va permettre de former une fondation solide pour la nation juive, qui est leur postérité (toldot).

Cela n'est pas une coïncidence si la paracha Toldot est lue au début du mois de Kislev, où se déroule notre victoire face aux grecs qui ont voulu nous faire oublier la Torah.
Avraham est mort le jour de la vente du droit d'aînesse à Yaakov par Essav, et le 1er verset de la Torah qui traite de cela (v.25,29), il débute par : "Yaakov fit cuire un mets [de lentilles = nourriture habituelle des endeuillés après avoir enterrés un proche]" (vayazéd Yaakov nazid - וַיָּזֶד יַעֲקֹב נָזִיד).
La 1ere lettre de chacun de ces mots forme : Yavan (Gréce - יון).
Ainsi, bien que Avraham soit mort, le "triple lien" qu'il a pu établir dans cette paracha va perdurer pour l'éternité, protégeant par exemple ses descendants contre les grecs.

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-> Le Arizal enseigne que Shimshon (שִׁמְשׁוֹן) était la réincarnation combinée des âmes de Yéfét (un des enfants de Noa'h) et de Essav. En quoi a-t-il rectifié leurs erreurs?

Le Arizal explique que :
- Essav n'a pas apporté de vin à son père comme a pu le faire Yaakov. Shimshon était un nazir, qui a l'interdiction de boire du vin.
- Shimshon a tué un lion, dans un but de se venger du lion qui avait blessé Noa'h (son "père") lorsqu'ils étaient dans l'Arche.
- Essav a causé son père Its'hak à devenir aveugle par la fumée des idoles que ses femmes adoraient. Les yeux de Shimshon ont été percés et il est alors devenu aveugle.
- De plus, puisque Essav était très poilu dès sa naissance, Shimshon avaient une force particulière qui dépendait du fait de ne pas couper ses cheveux.

5 Questions/Réponses – Paracha ‘Hayé Sarah

+ 5 Questions/Réponses - Paracha 'Hayé Sarah :

1°/ Pourquoi est-ce que cette paracha s'appelle : "la vie de Sarah" ('Hayé Sarah) alors qu'elle commence par la mort de Sarah, et pourquoi la paracha ultérieure de Vayé'hi, qui signifie : "Yaakov vécut" (Vayé'hi Yaakov), traite de la mort de Yaakov?

-> Le rav Zalman Sorotzkin (Oznaïm laTorah) suggère que cela est fait afin de nous apprendre que la véritable vie n'est pas celle dans ce monde.
Mais plutôt, la vie commence après que l'âme quitte le corps et entre dans le monde à venir.
Ainsi, Sarah et Yaakov sont morts dans ce monde, et ils ont alors pu commencer leur vraie vie.

[Ce monde n'est qu'un bref lieu de passage vers notre endroit de vie éternelle, comme il est écrit (Pirké Avot 4,16) : "Ce monde ressemble à un vestibule devant le monde à venir [éternel]. Prépares-toi dans le vestibule [en accomplissant des bonnes actions, des mitsvot dans ce monde] pour entrer dans le palais." ]

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-> Par ailleurs, on peut remarquer qu'il est écrit :
- "les années de la vie de Sarah" (שני חיי שרה - v.23,1)
- "les années de la vie de Yichmaël" (שְׁנֵי חַיֵּי יִשְׁמָעֵאל - v.25,17)

Sachant que Rachi commente : les années de la vie de Sara = Toutes égales pour le bien.
Comment peut-on expliquer une telle similitude dans les mots?

-> Selon le Daat Zékénim, Yichmaël a fait une sincère téchouva sur toutes ses fautes (cf. Rachi 25,9), et il a alors été considéré comme une nouveau-né avec aucune faute à son actif.
[plus encore, une téchouva faite par amour, transforme nos fautes en mérites!]
Ainsi, d'une certaine façon, ses années étaient "toutes égales pour le bien", comme celles de Sarah.

Nos fautes ne pourront jamais se comparer à celles très graves de Yichmaël.
=> Si lui a réussi à faire une téchouva totale, nous ne devons donc jamais désespérer de pouvoir également faire une téchouva totale.

Comme l'affirme le Rambam (Hilkhot Téchouva 7,4) : "Une personne qui a fait téchouva est aimée et chérie par D., comme si elle n’avait rien transgressé".

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2°/ "Rivka, levant les yeux, aperçut Its'hak et se jeta à bas du chameau ... [elle demanda à Eliézer : ] Qui est cet homme qui marche dans le champ" ('Hayé Sarah 24,64-65)

Qu'est-ce qui a poussé Rivka à demander l'identité de Its'hak en le voyant pour la 1ere fois, sachant qu'elle n'a surement pas interrogé Eliézer concernant chaque personne qu'ils ont pu croiser pendant leur trajet?

-> Le Nétsiv (Haémek Davar 24,65) dit que la 1ere fois que Rivka a vu Its'hak, il était en train de prier.
Dans sa prière, il était si retiré de ce monde, qu'il apparaissait comme un ange, au point que Rikva a glissé de son chameau et s'est couverte par respect pour cette sainte personne.

Cette rencontre a tellement mis en elle du respect pour Its'hak, que durant toute sa vie elle sera incapable de se confronter à lui.
C'est pourquoi, par exemple, elle ne lui demandera pas le départ de Essav, comme Sarah avait pu le faire au sujet de Yichmaël, à son mari Avraham.

-> Le Mochav Zékénim, ainsi que le Panéa'h Raza, citent le midrach affirmant que Its'hak marchait à l'envers, avec ses pieds en l'air.
Ils expliquent que Avraham a blessé Its'hak au moment de le ligoter afin de l'offrir en sacrifice, et les anges l'ont ensuite pris au Gan Eden afin qu'il puisse récupérer et guérir.
Or, il est d'usage que les personnes revenant du Gan Eden marchent à l'envers (cf. Rachi Chmouël I 28,12).

=> Ainsi, Rivka remarquant cette façon inhabituelle de se déplacer, elle a demandé son identité à Eliézer.

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-> Rabbi Ovadia de Barténoura écrit : "Its'hak venait du Gan Eden. Il y était pour se guérir de la blessure que son père avait fait à sa gorge lors de la Akédat.
Il marchait sa tête en bas et ses pieds en haut [car c'est de cette façon que les gens marchent au Gan Eden]."

Le Riva (à partir du Baalé haTossefot) écrit : "Rivka a vu Its'hak venant du Gan Eden, et il venait la tête en bas, et les pieds en haut. Rachi écrit : "raata oto adour". Le mot "adour" (הָדוּר) signifie : retournée, car ses pieds étaient en haut."

=> Pourquoi les gens au Gan Eden marchent-ils la tête en bas et les pieds en haut?

-> Le rav Eliméléh Biderman rapporte l'explication suivante :
Dans ce monde notre visage est dirigé vers le ciel, car le ciel est la source de notre vie.
Cependant au Gan Eden, nous ne pouvons plus réaliser de mitsvot. Nous pouvons alors uniquement monter à un niveau supérieur lorsque nos enfants dans ce monde font des mitsvot.
Ainsi là-bas on marche avec la tête vers le sol, car nous sommes dépendants de nos enfants en bas sur terre.

-> Rav Yossef, fils de rabbi Yéhochoua ben Lévi, tomba malade dans un état comateux, puis reprit conscience.
Il répondit à son père qui lui demandait ce qu’il avait vu : "J’ai vu un monde à l’envers : les gens importants (notables et riches) ici-bas (mais peu appréciés aux yeux d’Hachem) sont insignifiants dans le monde d’en-haut [Gan Eden]"
Son père lui lui dit alors : "Mon fils, c’est un monde ordonné (clair) que tu as vu!"
[guémara Pessa’him 50a ; Baba Batra 10b]

Rachi explique que le Ciel évalue les gens différemment de la façon dont nous le faisons.
Dans notre monde, les gens sont évalués en fonction de leur richesse (symbole de réussite).
C'est ainsi qu'il y a de nombreuses personnes qui sont honorées dans ce monde, mais qui seront à un niveau nettement moins bon au gan Eden.
Et à l'inverse, il y a des pauvres, que les gens tendent à mépriser dans ce monde (c'est des ratés, des paresseux, des gens à la charge de la société!), qui seront à un haut niveau au gan Eden.

Selon le rav Elimélé'h Biderman, on peut également comprendre cette guémara en la liant à notre sujet.
Au Gan Eden :
- "ceux qui sont [ici] importants/élevés" (éliyonim) = il s'agit de la tête [organe le plus haut] ;
- "en bas" (lémata) = qui sera en bas sur le sol ;
- "ceux qui sont tout en bas" (ta'htonim) = il s'agit des pieds ;
- "en haut" (lémala) = qui seront en haut.
= tout cela car au Ciel les gens marchent de façon inversées à notre monde actuel.

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3°/ Rachi (v.23,2) écrit : Le récit de la mort de Sarah fait immédiatement suite à celui du sacrifice de Its'hak. Lorsqu’elle a appris que son fils avait été ligoté sur l’autel, prêt à être égorgé, et qu’il s’en était fallu de peu qu’il fût immolé, elle en a subi un grand choc et elle est morte.

La guémara (Pessa'him 8b) enseigne que ceux qui réalisent des mitsvot ne seront en aucun cas lésés du fait d'avoir fait une mitsva.
=> Comment est-il alors possible que la mitsva de la ligature d'Its'hak a pu entraîner la mort de sa femme bien-aimée?

-> Le rav 'Haïm Kanievsky explique que l'intention de la guémara est que la réalisation d'une mitsva n'entraîne pas une souffrance supplémentaire.
Cependant, si le temps naturel de mourir d'une personne est arrivé et qu'elle est méritante, alors Hachem va faire en sorte qu'elle meurt pendant la réalisation d'une mitsva.
En effet, le midrach (Kohélet rabba 3,22) enseigne que celui qui fait une mitsva juste avant sa mort, est considéré comme ayant observé toutes les mitsvot de la Torah.

-> Le Mérafsin Igri est d'avis que Hachem protège une personne lorsqu'elle fait une mitsva, mais ce principe ne s'appliquait pas à la Akédat Its'hak, puisque son but était de tester le dévouement d'Avraham à Hachem, même dans les circonstances les plus difficiles.

Dans ce cas, la permission a été donnée au Satan pour rentre encore plus difficile cette situation : en montrant à Avraham que ses actions ont causé la mort de sa femme bien-aimée.
=> Alors que le moment de la mort de Sarah était arrivé, cela permettait en plus de magnifier l'épreuve et d'apporter à Avraham une récompense beaucoup plus importante.

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-> Rabbi 'Hanan dit : celui qui en appelle au jugement contre son prochain sera jugé en premier, d'après les 2 versets : "Saraï dit à Avram : Que l'injure qui m'est faite retombe sur toi ... Que Hachem juge entre moi et toi!" (Lé'h Lé'ha 16,5) et plus loin : "Avraham vint pour prononcer l'oraison funèbre sur Sarah et la pleurer" ('Hayé Sarah 23,2).
[guémara Roch Hachana 16b]

-> Le Pné Yéhochoua enseigne :
Qui prouve que le décès prématuré de Saraï est une conséquence d'avoir invoqué le Ciel contre Avram? Peut-être son décès à 127 ans n'était-il pas une sanction, mais correspondait à la date prévue de sa mort?
Il n'en est rien, car dans le verset ('Hayé Sarah 23,2), il aurait suffi d'écrire : "Avraham prononça l'oraison funèbre de Sarah" et l'expression : "Avraham vint (vayavo Avraham) semble apparemment superflue.
En fait, le texte veut nous enseigner, par l'expression: "Avraham vint" que cette arrivée n'était pas prévue, naturellement, car il était prévu dans le Ciel que c'est Sarah qui devait prononcer l'oraison funèbre au Ciel contre son époux, elle a diminué sa durée de vie (en invoquant le Ciel contre lui) et c'est donc son époux qui vint l'enterrer.

[ => Combien nous devons être vigilant à ne pas "appeler au jugement contre son prochain", car nous sommes alors "jugé en premier", et même pour notre Matriarche Sarah cela s'est terminé par une mort prématurée!! ]

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4°/ "Avraham vint faire l'éloge funèbre de Sarah et la pleurer" ('Hayé Sarah 23,2)

Le Baal haTourim fait remarquer que la lettre kaf (כ) de : וְלִבְכֹּתָהּ (vélivkota - et la pleurer) est écrite dans la Torah plus petite que les autres lettres, afin de nous enseigner qu'il s'est autorisé à ne pleurer qu'une petite quantité.

Pourquoi Avraham n'a-t-il pas pleuré davantage sur la perte de sa femme bien-aimée?

-> Le Baal haTourim répond qu'il a peu pleuré parce qu'elle était déjà très âgée (127 ans!).

Par ailleurs, la guémara (Baba Kama 93a) enseigne que Sarah a été punie pour avoir demandé à Hachem de juger sa plainte contre Avraham ("Que Hachem juge entre moi et toi!" - Lé'h Lé'ha 16,5), faisant qu'elle allait mourir prématurément.
Etant considérée comme partiellement responsable de sa mort, il l'a pleuré avec moins d'intensité.

-> Le Darké Moussar fait remarquer que Avraham a voyagé pendant 3 jours afin de réaliser la Akéda le jour de Kippour.
Le temps qu'il retourne chez lui pour enterrer et prendre le deuil de Sarah, c'était la veille de Souccot, faisant que la période de deuil a été réduite à uniquement un seul jour. [puisque la fête interrompt le deuil, il ne lui restait pas beaucoup de temps pour la pleurer!]

Par ailleurs, puisque Sarah avait laissé un enfant très vertueux pour continuer dans son chemin, elle était considérée à un certain niveau comme toujours en vie. C'est pour cela qu'il a réduit les pleurs.

-> Le Kessef Nivchar, cite la guémara (Moed Katan 27b), qui enseigne qu'il faut pleurer un mort pendant 3 jours et prendre le deuil pendant 7 jours.
Après avoir mis pratiquement 3 jours pour revenir chez lui après la Akéda, il ne restait plus que quelques heures pour la pleurer.

-> Rabbi Shimshon Raphaël Hirsch dit que son chagrin était certainement immense, mais il n'a pas voulu exhiber sa souffrance, dissimulant la pleine mesure de sa douleur dans le fond de son cœur et dans l'intimité de sa maison.

-> Le Kéhillat Its'hak explique qu'en entendant que la Akéda a entraîné la mort de Sarah, Avraham n'a pas voulu pleurer excessivement d'une manière qui aurait pu être interprétée par autrui, comme l'expression d'un regret de la Akéda, à cause de ses conséquences.

En effet, la guémara (Kiddouchin 40b) enseigne que le fait de regretter d'avoir réalisé une mitsva ou bien de ne pas avoir fait une avéra, a le pouvoir d'annuler cette bonne action ou le fait de s'être retenu de fauter.

Le Pirké déRabbi Eliézer (chap.31) rapporte que sur le chemin aller, le Satan a mis une rivière (Avraham était sur le point de mourir noyé) et est également apparu sous la forme d'une vieille personne se moquant de ce qu'il s'apprêtait à faire. Ces plans n'ont pas fonctionné.

Le Kéhillat Its'hak dit qu'une fois la Akéda réalisée, le Satan a essayé de le faire regretter en montrant que la mort de sa femme Sarah était de sa faute (bien que son heure était arrivée), profitant de sa détresse émotionnelle, ce qui aurait alors comme conséquence d'annuler toute récompense à cette incroyable mitsva.

Le yétser ara tenta de faire regretter à Avraham les conséquences de la Akéda. Ainsi, il espérait qu’Avraham s’en veuille d’avoir entrepris ce projet en constatant la mort de Sarah
Néanmoins, Avraham surmonta cette épreuve et n’éprouva aucun regret concernant la Akéda, en dépit du décès de sa femme qui s’ensuivit. D’ailleurs, quand la Torah raconte qu’Avraham pleura Sarah, elle écrit le mot "Vélivkota" : décrivant les larmes versées par Avraham (v.23,2) avec un petit "kaf". Le Ba'al Hatourim écrit que cela nous indique qu’Avraham ne la pleura pas abondamment. [comme exposé ci-dessus]
Le Kéhilat Its’hak explique qu’il agit ainsi délibérément, de peur que les gens ne le voient pleurer amèrement et qu’ils pensent que ses sanglots étaient un signe de remords quant à la Akéda.
=> Donc, non seulement Avraham ne regretta pas son acte, malgré son "effet direct" sur sa femme, mais il se soucia même de ce que les gens penseraient, et qui réduirait également l’effet de la Akéda.
Il savait que le mérite du sacrifice d’Its’hak accompagnerait le peuple juif à travers l’histoire et il refusa de laisser une quelconque conséquence négative troubler ceci.

[Le rav Ozer Alport enseigne : ce test du yétser ara : d’essayer de nous faire regretter les mitsvot accomplies, accompagne généralement chacun d’entre nous. Certains commentateurs précisent que c’est la signification de la demande faite durant la prière du soir : "Retire le Satan (le yétser ara) de devant nous et de derrière nous" (véasser aSatan milfanénou ouméa'harénou - prière d'Arvit).
Le "Satan de devant" fait référence à ses tentatives de nous empêcher de faire les mitsvot et le "Satan de derrière" est celui qui tente de faire regretter les mitsvot déjà effectuées.]

Bien évidemment, de manière générale, le fait de respecter la Torah et les mitsvot procure à l’individu une satisfaction, déjà dans ce monde, que d’autres modes de vie n’apportent pas. Mais il est vrai que les résultats immédiats d’un comportement positif ne sont pas flagrants. Le défi est alors de réaliser que ceci constitue une épreuve supplémentaire et qu’au bout du compte, les mitsvot n’ont que des conséquences positives.

Le Kéhilat Its’hak affirme : preuve en est la tentative du yétser ara de nous faire regretter les mitsvot en laissant paraître qu’elles sont la cause d’une difficulté ou d’un revers.
[c'est cela l'épreuve : rester convaincu que même si en apparence il est clair qu'une mitsva a entraîné une mauvaise chose, en réalité c'est impossible. Il ne faut jamais regretter d'avoir fait une mitsva, car au final, en vérité absolue, rien de mal ne peut résulter d'une mitsva, bien au contraire!]
La réaction d’Avraham lors de la mort de Sarah nous enseigne comment réagir face aux défis qui viennent "en conséquence" de nos mitsvot (au "Satan de derrière").

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-> Il peut être intéressant d'ajouter que bien que le roi Chlomo soit considéré comme l'auteur du livre de Michlé, le midrach Tan'houma ('Hayé Sarah 4) enseigne que le dernier chapitre de Michlé (31,10-31), qui est connu comme le : Eshét 'Haïl (chant du vendredi soir), a été composé bien avant sa naissance.

En effet, à la mort de sa femme bien-aimée Sarah, Avraham a commencé à faire son éloge, et il a composé cette magnifique expression de son appréciation pour sa femme de grande valeur.

Le midrach explique en détail comment chaque ligne est une expression unique de louange pour un événement qui a pu se passer dans la vie de Sarah.

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-> Le midrach explique que Avraham "est venu du Mont Moriah", où se réalisa la ligature d'Its'hak.
On peut expliquer que ce midrach propose de nous enseigner quel était le contenu de l'éloge funèbre qu'Avraham fit pour Sarah.
Il est venu = c'est-à-dire il a choisi d'amener ses propos, à partir du Mont Moriah, et il mit en valeur le fait qu'une femme qui a réussi à élever et à éduquer un fils de sorte qu'il soit prêt à offrir sa vie à Hachem avec joie, une telle femme ne peut être que de très grande valeur.
Le meilleur éloge que Avraham pouvait faire sur Sarah, c'est l'éloge qui venait du Mont Moriah.
[haDrach véhaIyoun]

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-> "Avraham vint pour prononcer l'éloge de Sarah et pour la pleurer" (וַיָּבֹא אַבְרָהָם לִסְפֹּד לְשָׂרָה וְלִבְכֹּתָהּ - 'HAyé Sarah 23,2)

=> D'où Avraham venait-il?
Certains Sages disent qu'il revenait de l'enterrement de son père Téra'h. Nous y trouvons une allusion dans le premier mot du verset : "vayavo" (וַיָּבֹא - vint) qui sont les mêmes lettres que le mot "aviv" (אביו - père).
Comme cela est rapporté dans le midrach (Béréchit rabba 58) : "d'où venait-il? Rabbi Lévi dit qu'il revenait de l'enterrement de son père Téra'h".

Nous pouvons y trouver également une allusion supplémentaire dans le verset précédent : "chéné 'hayé Sarah" (שְׁנֵי חַיֵּי שָׂרָה - 'Hayé Sarah 23,1), les premières lettres des 3 mots ont une valeur de 608, qui a la même valeur numérique que : Téra'h (תרח).

D'autres Sages nous enseignent que le même jour où Sarah notre Matriarche quitta ce monde, sa fille qui s'appelait Bakol quitta également ce monde.
[rav Yissa'har Chmouëli Beniahou ]

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5°/ "Je suis venu aujourd'hui vers la fontaine" ('Hayé Sarah 24,42)

Rachi explique que nous déduisons du mot "aujourd'hui" qu'Eliezer est arrivé à Na'hor (Irak) le jour même de son départ de 'Hébron. De là, nous apprenons que la terre s'est contractée pour lui.
Le midrach (Yalkout Chimoni) ajoute qu'au lieu des 17 jours escomptés de voyage en chameau de Kyriat Arba à 'Haran, le voyage n'aura duré que 3 heures.

=> Comment Eliezer, le serviteur d'Avraham, a-t-il réussi à convaincre la famille de Rivka (qui étaient des idolâtres), que la Providence divine l'avait aidé à raccourcir un long voyage de 17 jours en seulement 3 heures?

On peut rapporter les réponses suivantes :

1°/ Sur le verset : "Sarah, la femme de mon maître, lui a donné un fils" ... "Et il lui a donné tout ce qu'il possède".
Rachi explique qu'Eliezer montra à la famille de Rivka le contrat de donation où il était stipulé qu'Its'hak était le détenteur de tous les biens d'Avraham.
Lorsqu'ils regardèrent le contrat attentivement, ils remarquèrent qu'il fut écrit et signé par Avraham et était daté du jour-même. Ils comprirent alors que la terre s'était effectivement rétrécie pour le serviteur d'Avraham.

2°/ Sur le verset : "Le serviteur apporta des objets d'or et des vêtements et les donna à Rivka; des fruits doux, il les donna à son frère et à sa mère".
Rachi nous apprend qu'Eliezer emporta avec lui des fruits suaves de la terre d'Israël. Lorsqu'Eliezer présenta les fruits, ils étaient frais et de grande qualité, comme s'ils venaient d'être cueillis sur l'arbre le jour même.
Si Eliezer avait effectué un voyage de 17 jours en pleine chaleur, les fruits n'auraient pas pu garder leur fraicheur et leur saveur, et auraient été impropres à la consommation. Ceci leur prouva que la terre s'était effectivement rétrécie pour lui.

"Its'hak implora Hachem en face de sa femme, car elle était stérile. Hachem Se laissa implorer par lui et Rivka, son épouse, conçut." (Toldot 25,21)

Ce verset se déroule après 20 années de mariage, où Its'hak et Rivka n'ont pas eu la chance d'avoir d'enfant.
Rachi commente : Implora par : Il a multiplié sa prière avec insistance.

Pourquoi est-ce que Hachem n'a-t-il pas répondu immédiatement à leurs prières intenses et répétées?

Rachi (25,30) écrit : Yaakov a servi à Essav des lentilles, car en ce jour Avraham est mort, afin qu'il ne puisse voir son petit-fils Essav prendre le chemin du mal (guémara Baba Batra 16b).
C'est ainsi que Hachem a abrégé sa vie de 5 ans.

Le rav Méïr Shapiro et le rav Eliyashiv disent qu'on comprend de là pourquoi il était si difficile d'agréer aux prières de Rivka et de Yaakov.
En effet, le plus tôt Hachem leur donnerait des enfants, le plus tôt Essav commencera dans le chemin du mal,et le plus tôt Avraham devra mourir afin d'être épargné de toute tristesse au regard des actions de son petit-fils Essav.

Hachem a repoussé les prières de Its'hak et Rivka jusqu'à ce qu'ils prient avec une intensité et une répétition d'une telle puissance, qu'Il a été "forcé" d'accéder à leur demande.
Le rav Yossef 'Haïm Sonnenfeld suggère que l'on peut voir cela en allusion dans le fait que : "Hachem Se laissa implorer par lui" (vayéater lo Hachem - וַיֵּעָתֶר לוֹ יְהוָה), qui a la même valeur numérique que : "5 ans" (חמש שנים).
[comme les 5 années de vie retirées à Avraham]

=> Il nous arrive souvent dans la vie de prier et de pleurer, encore et encore, devenant presque frustrés à l'égard de Hachem, qui en apparence semble ignorer nos requêtes sincères et raisonnables.
A ce moment, nous devons nous rappeler de cette leçon, et trouver du réconfort dans le fait que Hachem dans Son infinie bonté et connaissance, sait que cela n'est pas dans notre meilleur intérêt sur le long terme.

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-> Le Méam Loez (Toldot 25,21) enseigne :
Dans la paracha Lé'h Lé'ha, nous voyons que l'exil en Egypte devait commencer avec la naissance d'Its'hak. Hachem voulait que les Patriarches et les Matriarches soient stériles afin de réduire cette période de persécutions.
A partir de la naissance d'Its'hak jusqu'à l'émigration en Egypte, 190 ans s'écoulèrent.
A cela, ajoutons les 17 années que vécut Yaakov après leur installation en Egypte. Les Patriarches permirent donc d'éviter 207 ans d'esclavage.
De plus, le véritable fardeau de l'esclavage ne commença qu'après la mort de Yossef et de ses frères.
Si les Patriarches avaient pu engendrer normalement des enfants, l'exil aurait duré plus longtemps.

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-> "Dans une maison, un enfant rebelle est plus difficile à supporter que toute la douleur de la guerre de Gog et Magog".
[guémara Béra'hot 7b]

[Hachem a décidé qu'il valait mieux que le monde subisse la perte de 5 années de vie de Avraham, avec tout ce qu'il aurait pu y faire en bonnes actions, plutôt que celui-ci ne souffre en voyant le comportement de son petit-fils Essav.

=> Combien devons-nous être compatissant et prier pour les familles qui ont des enfants rebelles, plutôt que d'en profiter pour se valoriser en se moquant d'eux.]

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-> b'h, un autre divré Torah sur ce verset : https://todahm.com/2017/12/11/5824

La reconnaissance

+ La reconnaissance :

-> La gratitude est la raison principale pour laquelle nous avons été créés.
[Ramban - paracha Bo]

-> Une personne doit servir Hachem, non pas dans le but de recevoir une récompense, mais pour même un seul des milliers et des milliers de bonté qu'Il nous a gratifié, et en raison de la grandeur du Maître.
[Rabbénou Yona - Avot 1,3]

-> En maîtrisant l'attitude d'être reconnaissant, on devient une personne plus spirituelle.
['Hovot haLévavot]

La reconnaissance redirige nos pensées vers Celui à qui l'on doit tout.
Le Shita Mékoubétzét dit que plus nous avons conscience de tout le bien dont Hachem nous comble en permanence, plus nous essayerons d'éviter de faire quelque chose qui risque de l'énerver.
[cela pousse à faire des mitsvot, et à se retenir des avérot (et c'est la moindre des choses!)]

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-> "Qui s'élèvera sur la montagne de Hachem? ... Celui dont les mains sont propres, le cœur pur ..." (Téhilim 24,3-4)

Le Sar Shalom de Belz explique que cela fait référence à ceux qui réalisent que tout provient de Hachem, et non pas résultant de ses actions.

=> Ainsi, la gratitude est ce qui permet de s'élever "sur la montagne de Hachem".

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-> Ce qu'il te manque, n'est rien en comparaison de ce que tu as déjà dans ta vie.
En ayant conscience de cela, nous devons ressentir une obligation d'aimer Hachem.
[Séfer 'Hassidim 31]

Ne pas regarder la vie avec gratitude, c'est ne jamais être content, puisqu'il nous manquera toujours quelque chose (en mieux, en différent, ...).
Ne pas regarder la vie avec gratitude, c'est ne pas être convaincus que Hachem nous a donné ce qu'il y a de mieux pour nous.

Ne pas prendre quelques minutes chaque jour pour apprécier tout ce que Hachem fait pour nous, c'est s'empêcher d'infuser en nous un grand amour pour D., de donner du sens à notre vie (je suis forcément quelqu'un de bien pour que le Maître du monde m'accorde la vie et tellement de bonté en permanence!).

-> "[Hachem] mon bonheur ne vient de nul autre que Toi"
[le roi David - Téhilim 16,2]

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-> Si la reconnaissance cessait d'exister, alors comment le monde pourrait-il continuer à exister?
[Rabbi It's'hak ben Moché Arama - le Akédat Its'hak - paracha Ki Tissa]

-> Nous avons une tendance naturelle à dissimuler les faveurs d'autrui, et à exposer leurs mauvaises actions.
[le Roch]

Les être humains n'aiment pas se sentir endettés, aspirant à avoir une indépendance de l'égo.

Le rav Wolbé (Alé Chour) enseigne :
- il faut faire l'effort d'exprimer verbalement nos remerciements aux gens qui nous ont aidé d'une quelconque façon, même à ceux qui sont payés pour cela.
En agissant ainsi, nous regardons alors le monde comme plein de bontés, dans une quantité que nous aurions jamais rêvé pouvoir exister.

- après avoir fait une bonté à autrui, il est bien de ne pas abuser de sa situation de supériorité (j'ai fait, et il me doit!). C'est également une bonté que de lui permettre de diminuer ce sentiment de redevabilité, en lui demandant une petite faveur.
Un exemple est celui d'un accompagnateur d'une personne non voyante, qui va lui demander à la fin d'allumer la lumière, et ce afin de lui retirer ce sentiment d'avoir une dette envers lui pour le service réalisé.

De même, dans le désert, Hachem a demandé aux juifs d'allumer la Ménora pour éclairer, même s'Il n'en a pas besoin puisque fournissant de la lumière à toute l'humanité (dont cette Ménora!).

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-> Après avoir réalisé une mitsva, le Chla haKadoch remerciait Hachem et demandait d'avoir l'opportunité de pouvoir faire encore pleins de mitsvot.
Il remerciait en permanence Hachem pour le succès spirituel de ses enfants et de ses élèves, et il priait pour qu'ils continuent à réussir.

-> Lorsqu'une bénédiction est dite suite à une expression de remerciement, elle possède beaucoup plus de poids.
[Rav 'Haïm Kanievsky]

-> Une personne qui a attendu des années pour avoir un enfant va énormément remercier Hachem lorsque celui-ci finira par arriver.
Pourquoi ne remercions nous pas Hachem encore davantage que cela, lorsqu'Il ne nous fait pas atteindre pour cela?

Nous ne devons pas uniquement remercier D. dans le cadre d'une intervention dramatique (merci de m'avoir sauvé d'une très grave maladie, d'une mort assurée, ...).
['Hidouché haRim]

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-> "Ne lance pas une pierre au fond du puits duquel tu as bu" [guémara Baba Kama 92b]

=> La Torah nous demande de respecter notre environnement, et de témoigner de la gratitude même à ce qui est inanimé.

-> Moché a été sauvé par l'eau du Nil (dans son panier) et par la terre (où il a pu enterrer l'égyptien qu'il avait tué), c'est pour cela qu'il a laissé son frère Aharon être à l'origine des 3 premières plaies, pour ne pas porter atteinte à ce qui l'avait auparavant assisté.

De même, Moché ne s'est pas battu personnellement contre les Midyanim, car il a vécu parmi eux pendant plusieurs années (après avoir fui l'Egypte). Il a ainsi demandé à Pin'has de mener le combat.

Lorsqu'il a libéré le peuple juif d'Egypte, Moché n'a pas quitté Midyan avant d'avoir reçu l'approbation de son beau-père Yitro.
[à ses yeux, cela était plus important que de courir faire sortir ses frères de leurs atroces souffrances de l'esclavage]

D'ailleurs, c'est ce comportement, qui va encourager Yitro a tout quitter pour les rejoindre par la suite dans le désert, certain que Moché l'accueillerait avec chaleur.

-> Pourquoi est-ce que Moché n'a pas prié Hachem pour qu'Il le guérisse de son fort défaut de prononciation?

Le Ramban (Chémot 4,10) explique qu'il préférait garder son handicap afin de pouvoir se rappeler toute sa vie des miracles que D. a fait pour lui dans sa jeunesse.

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-> Nous devons exprimer notre gratitude à un endroit duquel nous avons pu tirer profit, en faisant quelque chose pour son bien-être.
[midrach Béréchit rabba 79,6]

A ce sujet, la guémara (Shabbath 33b), nous rapporte les 2 faits :
-> 1°/ Lorsque Yaakov a campé proche de la ville de Che'hem (vayichla'h 33,18), il a fait quelque chose pour le bien de cette ville :
- selon Rav = il a frappé des pièces de monnaie ;
- selon Chmouël = il a établi des marchés ;
- selon Rabbi Yo'hanan = il a installé des bains publics pour les habitants de la région.

-> 2°/ Après avoir passés 13 années enterrés dans le sable, Rabbi Chimon bar Yo'haï et son fils El'azar en sont sortis avec la peau séchée et gercée. Ils se sont alors baignés dans les sources chaudes de Tibériade, et leurs blessures ont été guéries.
Par gratitude, Rabbi Chimon a montré aux habitants de la ville où se trouvaient enterrés des corps (dans la région), afin qu'ils puissent les indiquer correctement.

-> Rav Israël Zev Gustman avait l'habitude d'arroser les plantes de sa yéchiva, en reconnaissance du fait qu'il a pu survivre à la 2e guerre mondiale en mangeant des plantes comestibles, lorsqu'il se cachait des nazis dans la forêt.

-> Le rabbi de Klausenbourg était peiné de voir des piles de livres posées au hasard sur les tables de sa yéchiva.
Il disait à ses élèves qu'il est bien d'exprimer sa reconnaissance à un livre duquel on a pu profiter, en le rangeant.

-> On a demandé au rav Ben Tsion Abba Chaoul pourquoi il s'imposait de recevoir un nombre important de personnes chaque matin.
Il a répondu : "Lorsque j'étais malade, tellement de personnes ont prié pour moi.
J'ai été sauvé par le mérite de ces prières, et c'est ma façon d'exprimer ma reconnaissance à ces innombrables individus."

-> Le rav 'Haïm Chmoulévtich exprimait sa gratitude en se rendant autant que possible aux fêtes familiales majeures de ses élèves (naissance, bar mitsva, ...), disant : "Si lui n'était pas venu, alors peut être qu'un autre ne serait pas venu, et un autre ... et à qui aurais-je alors donné cours? Aux murs? Je suis donc obligé d'exprimer ma reconnaissance."

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-> La gratitude est la base de la paix entre des voisins, et entre un mari et sa femme.
[Rav Wolbe - Alé Chour]

-> Une des raisons faisant que les anges ont demandé à Avraham : "Où est Sarah, ta femme?", était pour souligner l'importance de l'appréciation et de la reconnaissance envers sa femme.

[même à 99 ans, même lorsqu'il s'agit de notre Matriarche Sarah, une telle attitude est toujours nécessaire pour encore plus cimenter le couple!]

"Elle (Léa) conçut encore et enfanta un fils, et elle déclara : "Cette fois, je rends grâce à D." ; c’est pourquoi elle le nomma Yéhouda ; puis elle cessa d’enfanter." (Vayétsé 29,35)

-> Le Sforno nous enseigne que le nom Yéhouda (יהודה) contient d’une part, les lettres du nom de D., le Tétragramme (יהוה), et d’autre part, le radical הדה, signifiant : "gratitude" et "louange" ; ce nom connote donc la louange et le remerciement adressé à D.

-> Rachi explique que Léa nomma cet enfant Yéhouda à titre de remerciement à Hachem. En effet, elle vit par inspiration prophétique que Yaakov aura 4 femmes. Ainsi, pour enfanter les 12 tribus, chaque femme devra avoir 3 enfants. Or, Léa venait d'avoir son quatrième. Et c'est parce qu'elle eut une part plus grande que les autres qu'elle remercia Hachem et appela son fils Yéhouda.
Du fait que chaque juif s'appelle Yéhoudi en référence à Yéhouda, il en ressort qu'il doit avoir la qualité spécifique pour laquelle il s'appelle Yéhoudi. Il s'agit de remercier Hachem pour lui avoir donné plus que ce qui lui revient, comme le fit Léa à la naissance de Yéhouda. Car chaque juif doit considérer que tout ce qu'Hachem réalise pour lui et lui donne, c'est toujours encore plus que ce qui lui revient et que ce qu'il mérite.
On doit considérer que rien ne nous revient de droit (tout n'est que du bonus, qu'une bonté gratuite de D. à notre égard!).
['Hidouché haRim]
[ce qui caractérise par essence un juif est : d'éprouver toujours de la reconnaissance envers D. et être conscients qu’Il nous donne bien plus que notre part légitime. Cela se matérialise également par de la joie et de l'amour envers papa Hachem!]

-> Le Maharam Shick fait remarquer qu'en réalité, Léa n'a pas juste dit : "cette fois je remercie Hachem", mais plutôt elle l'a fait sous forme interrogative : "[Est-ce uniquement pour] cette fois que je dois remercier Hachem? Non! Je me dois de Le remercier constamment et continuellement! Je dois toujours me souvenir des bontés que Hachem me fait, comme les 4 enfants qu'Il m'a accordé, et qui sont plus que ma part!"

=> C'est pour cela qu'elle l'a appelé Yéhouda : afin que durant toute sa vie, lorsqu'elle dira ou pensera au nom de son fils, cela sera pour elle comme un rappel à remercier Hachem pour Sa grande bonté permanente.

-> D'ailleurs, la guémara (Béra'hot 7b) enseigne qu'en nommant son fils Yéhouda pour exprimer sa gratitude, Léa est devenue la 1ere personne de l'histoire à remercier Hachem.

Le rav Berel Povarsky (Bod Kodech) dit que certainement auparavant les Patriarches et Matriarches avaient déjà remercié D., cependant Léa en nommant son fils a introduit la notion de remerciement éternel.
Yéhouda sera pour elle une assurance de toujours pouvoir être reconnaissante envers D.

Nous sommes appelés les Yéhoudim pour cette même raison, car un juif se doit de toujours se rappeler de remercier Hachem pour les millions de bonté qu'il reçoit chaque jour (et encore ce n'est que ce dont nous avons conscience!).

Dans notre routine quotidienne, il est facile d'oublier, et d'avoir la tête dans le guidon de nos préoccupations.
Cependant, si nous prenions du recul, et faisions d'un côté la liste de nos problèmes, et de l'autre la liste de toutes les bonnes choses de notre vie, nous verrions que nous avons beaucoup plus de raisons de le remercier que de se plaindre!

-> Le rav Shlomo Zalman Auerbach recommandait ainsi de noter dans un cahier toutes les bontés dont nous bénéficions durant la journée, même les plus petites, et ensuite de dire : "Merci Hachem!"
Il ajoutait : "Cela a la capacité de changer notre vie. Non seulement car nous sommes alors plus heureux et reconnaissant, mais également car le plus nous remercions Hachem, le plus Il nous déverse Sa bonté sur nous!"

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-> Léa s’est montré particulièrement reconnaissante cette fois, car en mettant au monde un tiers des 12 fils de Yaakov, elle avait reçu plus que sa part (Rachi).

Suite à cela, elle a cessé d’enfanter car elle a remercié pour le passé, mais elle n’a pas prier pour le futur.
En effet, la guémara (Béra'hot 54a) enseigne qu’il faut : "Remercier pour le passé et prier pour le futur".

=> Après avoir exprimés notre gratitude, nous devons continuer par prier afin de témoigner pleinement que tout vient de Hachem.
Par ailleurs, même si nous pensons que tout vient totalement de D., nous ne devons pas rester les bras croisés, dans l'attente. En effet, il nous faut également prier, car telle est la façon de fonctionner du monde.
[si tu pries, alors tu peux recevoir toutes les bénédictions divines qui étaient jusque là en attentes pour toi!].

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+ "Cette fois-ci je remercierai Hachem ... et elle arrêta d'enfanter"

-> Rabbénou Bé'hayé écrit que lorsque Hachem fait un miracle à l'homme, il faut dissimuler ce miracle et le cacher pour que le mauvais œil n'ait pas de prise dessus.
Il ajoute : Ne t'étonne pas de ce que la force du mauvais œil soit si grande, pour qu'il ait une prise même sur les choses sur lesquelles s'étend le miracle, car nous trouvons à la naissance des tribus qu'à cause d'une parole de Léa, qui a dit "je remercierai Hachem", en reconnaissance du fait que le 4e fils était en plus de sa part, le mauvais œil a eu une prise sur elle, c'est ce qui est écrit immédiatement après : "elle arrêta d'enfanter".

Il n'y a pas de plus grand miracle que le don de la Torah, et là-bas on trouve que le mauvais œil a eu une prise.
Les Sages ont dit : Pourquoi les 1eres Tables ont-elles été brisées?
Parce qu'elles avaient été donnée en public [toute la Création s'arrêtant pour écouter les paroles de Hachem Lui-même, dans un climat solennel], le mauvais œil a eu une prise sur elles et elles ont été brisées.
Par contre les 2e Tables ont été données discrètement, ainsi qu'il est dit : "Que personne ne monte avec toi et que personne ne soit vu sur toute la montagne", et il en découle que le mauvais œil n'a pas eu de prise et elles n'ont pas été brisées.

De même, c'est pourquoi Yaakov a fait des manœuvres avec les bâtons pour sélectionner les bêtes qui reviendraient ou non à Lavan (tachetés, mouchetés, ...), ce qui était un acte naturel, pour dissimuler le miracle. En effet, il fallait que Lavan et ses gens ne comprennent pas, afin que le mauvais œil n'ait pas de prise.

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+ "Elle déclara : "Cette fois, je rends grâce à D."

=> Pourquoi est-il écrit que Léa remercie Hachem précisément au sujet de Yéhouda, et non concernant ses 3 premiers fils?

Rabbi Méïr Sim'ha haCohen (Messsekh 'Hokhma) explique :
Nos Sages n'ont pas instauré de bénédiction lorsque l'homme profite des sens de la vue, de l'ouïe et du toucher, alors qu'ils en ont institué une pour celui de l'odorat, en s'appuyant sur le verset : "toute âme Te louera", qui selon eux se réfère à ce qui procure de la satisfaction à l'âme (guémara Béra'hot 43b).

C'est la raison pour laquelle, à la naissance des 3 premiers enfants de Léa, on ne trouve pas qu'elle louât Hachem, car ils se réfèrent respectivement
- aux sens de la vue = Réouven : "parce que Hachem a vu mon humiliation" ;
- de l'ouïe = Chimon : "parce que le Seigneur a entendu que j'étais dédaignée" ;
- et du toucher = Lévi : "désormais mon époux me sera attaché".

=> Elle ne rendit grâce à D. qu'à la naissance de Yéhouda, ancêtre du machia'h, au sujet duquel il est dit : "animé (vahari'ho) de la crainte de D." (Yéchayahou 11,3), qui est un verset évoquant le sens de l'odorat (réa'h) à travers le mot : vahari'ho (וַהֲרִיחוֹ).