Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 
"[Le manteau du Cohen gadol] aura une ouverture pour la tête au centre, et cette ouverture sera garnie, tout autour, d'une bordure tissée semblable à celle d'une cotte de maille" (Tétsavé 28,32)
Rabbi Bounim de Pechis'ha en déduisait que chaque juif a le devoir de mettre une bordure à sa bouche pour l'empêcher de prononcer toute parole interdite.
Il ajoutait que la michna (Tamid 1,1) dit que, dans les tunnels creusés sous le mont du Temple, il y avait des toilettes utilisées par les Cohanim qui s'appelaient "les toilettes d'honneur".
Quel était leur honneur?
Elles avaient un verrou : "si on les trouvait verrouillées, on savait qu'il y avait un homme dedans ; si elles étaient ouvertes, on savait qu'il n'y avait pas d'homme dedans".
L'homme est évalué par sa bouche.
Si sa bouche est 'verrouillée', s'il sait garder sa bouche et ne dit pas de propos interdits, c'est le signe qu'il y a un homme en lui.
Mais si la bouche est ouverte et que les mots s'en échappent sans aucun frein, on sait qu'il n'y a pas d'homme en lui ...

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"Tu feras une bordure inférieur de grenades en laine ... tout autour de sa bordure inférieure et des clochettes d'or entre elles" (Tétsavé 28,33)

-> Suspendues autour de la robe du Cohen Gadol, des petites boules en forme de grenade alternaient avec des clochettes d'or pourvues d'une pièce métallique à l'intérieure frappant la paroi.

Il y avait 72 clochettes et 72 grenades, une allusion aux 72 teintes de blanc susceptibles de révéler la tsaraat (selon Akav'ya ben Maalal'el - michna Négaïm 1,4).
En effet, comme la robe venait obtenir l'expiation pour la médisance, il convenait qu'elle rappelle la tsaraat (sorte de lèpre), maladie sanctionnant des propos de ce genre.
[Baal haTourim]

-> La guémara (Arakhin 16a) affirme que de même que ce manteau/robe du Cohen Gadol (le méil - מעיל) faisait du bruit, de même il permettait de faire expiation aux bruits produits par notre bouche dans la faute du lachon ara.

-> "Des clochettes d'or" : le mot "or" (zahav - זהר) possède 3 lettres, renvoyant aux 3 personnes impliquées dans du lachon ara.
Nos Sages (guémara Arakhin 15b) enseignent : "Prononcer de mauvaises paroles (lachon ara) est une faute très grave parce qu’elle tue 3 personnes : celui qui médit, celui qui écoute ces mauvaises paroles et celui dont on a médit."

[Le rav Mordé’haï Schwab dit que sans celui qui écoute, il n’y aurait pas de lachon hara, faisant que celui qui a commis la faute la plus grave est celui qui permet son existence (celui qui écoute).]

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-> "[D. dit à la langue : ] Je t'ai encerclée avec 2 murailles, l'une faite d'os [les dents] et la seconde de chair [les lèvres]" [destinées à empêcher la bouche de proférer des paroles malveillantes]
[midrach Yalkout Chimoni Vayikra 14]
[de même pour ce vêtement du Cohen Gadol (le Mé'il) : "l'ouverture à son sommet sera repliée à l'intérieur (allusion à la langue, replié derrière sa muraille de dents), son ouverture aura un ourlet tout autour en ouvrage tisserand, elle sera comme l'ouverture d'une cotte de mailles pour qu'elle ne se déchire pas (allusion aux lèves)" - v.28,32]

-> Selon le Alchikh haKadoch, les clochettes étaient composées d'un battant (un marteau intérieur) qui frappait leur contenant en forme de vase.
Ceci est à l'image de la langue, qui frappe et s'agite à l'intérieur de la bouche, et laisse échapper des sons à l'instar de ces cloches qui ornaient la robe.
Mais le bas de ce vêtement portait aussi des grenades, qui étaient semblables à des bouches closes dont ne s'échappe aucun son : le symbole du silence.
Il est écrit qu'il y avait alternativement une clochette et une grenade, mais qu'aux 2 extrémités il y avait une grenade (v.38,33). Cela nous indique qu'à chaque "parole", il convient d'imposer 2 "silences".

[les grenades en laine azur renvoient au Ciel, à la crainte d'Hachem. Elles vont limiter l'amplitude des mouvements des clochettes, à l'image de nos propos qui doivent être "calmés" par notre crainte d'Hachem (en fonction de la personne, du moment, ... tout ne doit pas être dit librement!). Entre ce que je souhaite dire, et ce que je peux dire, il existe un monde, mais c'est cela vivre en tant que juif!]

-> Le 'Hafets 'Haïm (Chmirat haLachon) enseigne qu'en quittant ce monde, l'homme sera confronté à toutes les paroles qu'il aura prononcées durant sa vie, comme le révèle le Zohar : "Pas un souffle qui s'échappe de la bouche de l'homme n'est perdu".

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-> Le 'Hafets 'Haïm (Chmirat haLachon 2,15) dit que les clochettes faisaient du bruit et symbolisent le fait de dire des mots de Torah, tandis que les grenades ne faisaient aucun bruit et représentaient l'importance de rester silencieux lorsque cela est nécessaire.

Pourquoi est-ce c'est tout particulièrement la grenade qui est utilisée pour illustrer cette idée?

Le rav Daniel Yéhouda Bloch (Yad Av) rapporte les paroles de nos Sages (guémara Béra'hot 57a) : "même le plus ignorant parmi vous [Israël], est rempli de mitsvot comme une grenade".
Le 'Hafets 'Haïm (Chmirat haLachon - Chaar haZé'hira 19) écrit que celui qui parle du lachon ara perd tous les mérites qu'il a pu accumuler, et ils sont alors transférés à la personne sur laquelle il a mal parlé.

=> La Torah utilise la grenade en allusion à l'importance de rester silencieux lorsque nécessaire, pour insinuer que seul celui qui se comporte ainsi va rester rempli de bonnes actions comme une grenade.

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-> Les Sages disent que le manteau, qui faisait entendre un bruit, expiait la faute du lachon hara, qui se manifeste par la voix.
Le gaon Hoenig de Breughel demande : s’il en est ainsi, pourquoi y a-t-il besoin des grenades qui assourdissent le bruit? Qu’il n’y ait que des clochettes.

Il répond que de même qu’il y a une faute de lachon hara qui se manifeste par la parole, il y a parfois une faute dans le silence. Quand quelqu’un a besoin d’un renseignement important pour le commerce ou des chidoukhim ou la Torah, ... qu’il est permis de donner et que c’est même une mitsva de donner pour que l’interlocuteur ne subisse aucun dommage, et qu’on se tait sous prétexte que "le lachon hara est interdit", cela aussi est une faute, et c’est cela que viennent expier les grenades qui étouffent le bruit.

[selon nos Sages de la même façon qu'on rendra des comptes sur le lachon ara qu'on aura pu dire, de la même façon on devra rendre des comptes sur les paroles qu'on aurait pu prononcer et que l'on a pas fait alors que cela aurait été tellement nécessaire à autrui (ex: mot d'encouragement, de valorisation, conseil, ...).]

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-> "Tu feras le Meil" (Tétsavé 28,31)

-> Le Meil était un des 8 habits du Cohen Gadol. Il avait la propriété de pardonner la faute de la médisance.

Le 'Hafets 'Haïm rapporte l'anecdote suivante pour éveiller les consciences face à la gravité de la médisance :
Un jour, un homme fourbe rencontra un voyageur de passage dans la ville. Il l'aborda et lui proposa de lui faire visiter la ville. Il lui dit: "puisque tu es mon invité, je t'invite au restaurant". Ils rentrèrent dans un prestigieux restaurant. Le fourbe encouragea son invité à se servir de toutes les douceurs qu'il souhaitait, sans se priver. Heureux, l'invité suivit son conseil. Vers la fin du repas, le fourbe s'éclipsa discrètement. Laissant le visiteur seul qui devait payer les deux repas .
Il en va de même pour la médisance : un homme rencontre une connaissance dans la rue. Il lui raconte des ragots sur les uns, sur les autres. Il est écouté avec intérêt et l''oreille complaisante trouve cela agréable. A son tour, le voilà à raconter ses anecdotes personnelles ...
Mais après la vie sur terre, au moment du Grand Jugement, il se retrouvera seul à devoir rendre des comptes pour ce plaisir insignifiant. Et comment pourra-t-on supporter la peine ressentie à ce moment là? Il vaudrait mieux réfléchir à deux fois, avant de s'engager dans une discussion de médisance. Cela pourra nous éviter de grands tourments au moment du Grand Jugement.

"Avoir la foi, c'est avoir le courage de laisser D. prendre le contrôle."

Rabbi Na'hman de Breslev

"Le clan de Kora'h plongeait et descendait [indéfiniment] en enfer jusqu'à ce que 'Hanna prie pour eux"
[guémara Yérouchalmi Sanhédrin 10,4]
Rabbi 'Haïm Kanievsky fait remarquer que des centaines d'années ont passé depuis l'époque de Kora'h et son clan jusqu'à 'Hanna.
Pendant tout ce temps, Kora'h et son clan se trouvaient en chute libre dans les profondeurs insondables de l'enfer.
Sans la prière de 'Hanna qui a arrêté leur chute, ils auraient continué à descendre encore plus bas ...
Cela nous apprend combien l'enfer est profond, et comment peut être redoutable le jugement céleste.

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-> De son côté, rabbi David Pinto (la voie à suivre n°1091) écrit :
"Nos Sages (guémara Baba Batra 74a) affirment que, dans les temps messianiques, Kora’h méritera la vie du monde futur.
A travers les dernières lettres du verset : "Le juste fleurit comme le palmier" (צַדִּיק כַּתָּמָר יִפְרָח - Téhilim 92,13), formant le nom de Kora’h, le Arizal voit une allusion au fait que Kora'h se repentit lors de ses derniers instants.
Nous pouvons expliquer que, de même que ses fils ne moururent pas parce qu’ils se repentirent, Kora’h fit lui aussi repentance de manière ultime. Il est possible qu’à l’instant même où la terre s’ouvrit pour l’engloutir, il éprouva des pensées de contrition, mais il était alors déjà trop tard.

On peut présumer que celles-ci lui vinrent grâce à ses enfants. En effet, nos Sages affirment (midrach Yalkout Chimoni, Kora’h 752) : "Par quel mérite les fils de Kora’h furent-ils épargnés? Alors qu’ils étaient assis chez leur père, ils aperçurent soudain Moché et cachèrent immédiatement leur visage dans le sol, se disant : “Si nous nous levons devant notre Moché rabénou, nous humilierons notre père, alors que nous avons l’ordre de le respecter. Et si nous ne nous levons pas, nous enfreindrons l’ordre de la Torah de se lever devant une tête blanche (Vayikra 19,32). Il vaut mieux que nous nous levions devant Moché, quitte à humilier notre père.” A ce moment, leur cœur les poussa à se repentir et le roi David leur attribua le verset “Mon cœur agite un beau dessein.” (Téhilim 45,2)."

D’après ce Midrach, il semble clair que, si Kora’h se repentit de manière ultime, c’est sous l’influence de ses fils qu’il vit hésiter concernant la manière de se comporter et, finalement, opter pour rendre honneur à Moché. Leur exemple s’ancra en lui et éveilla, ultimement, des pensées de repentir. Il désira également se repentir, gêné par le dérekh érets témoigné par ses enfants, mais il lui fut trop difficile de surmonter son penchant pour la recherche des honneurs et la fierté qui l’animait.

Ce n’est qu’au moment où il constata que son sort avait été scellé et que sa fin était imminente que ses sentiments de contrition prirent le dessus. Mais il était trop tard et il fut englouti par la terre, à cause de la grande profanation du Nom divin qu’il avait causée.

En outre, Moché avait décrété à son encontre que D. le frapperait d’une punition tout à fait nouvelle afin que tous constatent qu’il était bien Son élu et n’agissait pas de sa propre initiative, contrairement à ce que Kora’h avait tenté de leur faire croire. Le Créateur devait donc immédiatement lui attribuer cette sanction afin de bien mettre les choses au clair.
Toutefois, dans les temps futurs, Hachem acceptera son repentir et lui donnera droit au monde futur. ‘Hanna le prophétisa en disant : "Hachem fait mourir et vivre ; Il précipite au tombeau et en retire" (Chmouel I 2,6)."

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-> Rabbi David Pinto (la voie à suivre n°474) rapporte :
"Les kabbalistes ont écrit (voir les Likoutei Torah du Arizal sur la parachat Ki Tissa, et "Cha’ar HaPessoukim" sur Ye’hezkel 20) que dans l’avenir, Kora’h sera très important, et servira comme grand prêtre (Cohen Gadol) dans le 3e Temple.
Ils s’appuient sur le verset : "Le juste fleurira comme le palmier" (tsadik katamat yifra’h - Téhilim 92,13), dont les dernières lettres forment le mot Kora’h, ce qui nous enseigne que ce tsadik va encore fleurir comme le palmier."

"Rabbi 'Hana dit au nom de Rabbi Chimon 'Hassida : 'Tout jeûne auxquels ne participent pas des pécheurs d'Israël n'est pas un (véritable) jeûne, car le galbanum ('helbona) a une mauvaise odeur et pourtant elle est comptée parme les (onze) composants de l'encens (kétorét)'. "
[guémra Kéritout 6b]

Ainsi, lorsque les justes (tsadikim) et les non justes (réchaïm) jeûnent ensemble, cette association (ce klal) confère une puissance d'efficacité à ce jeûne public : c'est une condition pour être exaucés.

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L'ensemble des personnes présent à une prière s'appelle le : tsibour, dont les initiales renvoient à : tsadikim, bénonim et réchaïm.

Prier n'est pas une réunion d'élites, mais c'est une union de tout le peuple ensemble vers un but unique.

-> b'h, voir également : https://todahm.com/2017/09/27/5662-2

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-> Tout jeûne qui n'inclut pas les fauteurs n'est pas agréé par Hachem.
En effet, D. ne veut pas que les réchaïm soient détruits mais qu'ils se repentent.
Il leur donne donc une chance et leur accorde du temps pour changer leurs voies.
Lorsque les réchaïm se repentent, le nom Divin est grandi et sanctifié dans le monde.
Leur jeûne est donc très précieux aux yeux de D.
[rabbénou Bé'hayé]

Nous apprenons cela du fait que Hachem ordonna d'incorporer le galbanum à l'encens malgré son odeur désagréable. Si la personne qui mélange l'encens omet le galbanum, elle mérite la mort.

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-> Il existe une autre raison pour laquelle un jeûne ne rassemblant que des tradikim n'est pas accepté : les jeûnes sont décrétés à cause des malheurs qui s'abattent sur le monde.
Or ceux-ci ne surviennent qu'à cause des mauvaises actions des réchaïm.
Si seuls les tsadikim jeûnent et laissent les réchaïm commettre leurs fautes, à quoi cela sert-il?
Par contre, si les réchaïm sont inclus dans le jeûne communautaire et se repentent, Hachem a pitié du monde.

De plus, si le racha se trouve auprès du tsadik, les qualités de ce dernier seront d'autant plus visibles.
D'autre part, si le tsadik n'a auprès de lui que des personne supérieures à lui, on s'apercevra des qualités qui lui font défaut.
"Il n'y a pas de tsadik dans le monde qui fasse le bien et ne faute jamais" (Kohélét 7,20).
Par contre, quant une bonne personne se trouve aux côtés d'une mauvaise personne, ses mérites sont d'autant plus visibles.
[Méam Loez - Ki Tissa 30,36]

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-> Le Maté Moché fait remarquer une allusion à la nécessité de donner de la tsédaka particulièrement le jour d'un jeûne. Le mot "taanit" (jeûne - תענית) forme les lettres de : tét ani (תת עני - donner au pauvre).

Cela fait référence à la parole de nos Sages : "La récompense principale d’un jour de jeûne est déterminée par le montant de tsédaka donné" (guémara Béra’hot 6b). »

En jeûnant, nous minimisons notre matérialité pour laisser davantage s’exprimer notre spiritualité.
Par ailleurs, nous pouvons également y ressentir la mitsva de : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

De même, qu’il ne nous est pas agréable de devoir nous priver de nourriture, par le fait de devoir jeûner, on peut se rendre compte de la souffrance de nos frères qui sont dans cette situation au quotidien.

Aimer son prochain comme soi-même, c’est vivre son vécu, pour mieux comprendre, ressentir sa douleur physique et psychologique.
Comment alors ne pas donner à la tsédaka, alors que nos frères en sont contraints à quasiment jeûner tous les jours, faute de moyens suffisants?

"Effacer, j’effacerai (ma'ho, ém'hé) la trace d'Amalek de dessous les cieux" (Béchala'h 17,14)

-> La destruction d'Amalek n'entraînerait pas leur retour à Hachem. Par conséquent, ils seront également effacés et éradiqués du monde à Venir.
C'est pourquoi la Torah emploie un double verbe (ma'ho, ém'hé), indiquant qu'ils seront éradiqués à la fois de ce monde et du monde à Venir. (midrach Chémot rabba 27,6 ; Esther rabba 10,13)
Ce n'est pas le cas des autres nations. Lorsqu'elles sont détruites, D. est exalté et elles reçoivent donc une récompense en conséquence.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi ]

S’associer à Hachem

+ S'associer à Hachem :

"Dis aux Bné Israël qu’ils Me prennent une offrande (térouma) de la part de quiconque y sera porté par son cœur (yidvénou libo). Vous recevrez mon offrande" (Térouma 25,2)

-> Le rav Hirsch de Rimanov demande pourquoi le verset dit de dire au peuple juif de "prendre" des dons (vayik'hu li térouma), plutôt que de dire de "donner" des dons.
Il demande également ce que signifie le mot "li" (à Moi, Me). Rachi explique que cela signifie "li lichmi" (à Moi, pour Mon nom), ce qui signifie que les dons doivent être donnés léchem chamayim.
Si c'est le cas, demande le rav de Rimanov, pourquoi le verset lui-même ne dit-il pas simplement de prendre les dons "lichmi"?

Il répond en disant que lorsqu'un juif sert Hachem, il doit toujours garder à l'esprit qu'il ne le fait que pour Hachem, et non pour elle-même ou pour toute autre raison.
Ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne la mitsva de donner la tsédaka.

Lorsqu'une personne fait un don à une cause, il est naturel qu'elle veuille s'en attribuer le mérite et se féliciter. Il est très facile pour un donateur de devenir hautain, orgueilleux.
Pour contrer cela, la Torah donne un conseil. Elle dit qu'il faut faire le don "li" (vayik'hou li), ce qui peut se traduire par "avec moi".
Hachem veut dire qu'Il doit être inclus comme partenaire dans le don. Le donateur doit reconnaître que c'est Hachem qui lui a donné la possibilité de faire la tsédaka, car Il est la source de tout argent.
Le donateur lui-même ne donne rien en réalité. Il agit plutôt en tant que partenaire d'Hachem pour distribuer les fonds.

Si une personne vit dans l'esprit qu'Hachem est avec elle lorsqu'elle donne la tsédaka, elle ne deviendra pas orgueilleuse. Cette personne sera un "yidvénou libo", elle donnera avec générosité parce qu'elle sait qu'elle ne donne rien qui lui appartienne vraiment.
Le mot "yidvénou" (יִדְּבֶנּוּ) peut être lu comme "yad banou", sa main est dedans, ce qui indique que celui qui donne de cette façon aura une main assez forte pour faire ce que Hachem veut et pour recevoir tout ce dont il a besoin pour lui-même.
En conséquence, la personne qui donne la tsédaka "prend" en réalité pour elle-même, car elle mérite toutes les bonnes choses grâce à ses dons charitables.

La méguila incorporée dans le Tanakh

+ La méguila incorporée dans le Tanakh :

-> L'expression "paroles de paix et de vérité" signifie ce qui suit : la guémara (Méguila 7a ; voir aussi Yérouchalmi, Méguila 1:5) indique qu'Esther demanda aux Sages d'instaurer la fête de Pourim pour toutes les générations futures. Les Sages ont répondu : "Tu vas attiser la colère des nations contre nous, car elles diront que nous nous réjouissons du souvenir de leur chute".
Esther a répondu : "L'incident est déjà écrit dans les chroniques des rois de Perse et de Médie".

Esther a ensuite demandé que la Méguila soit incorporée dans le Tanakh (dans les Kétouvim).
Nos Sages ont fait valoir qu'ils avaient une tradition, fondée sur des déductions tirées d'un verset du Michlé, selon laquelle la bataille contre Amalek ne pouvait être mentionnée que trois fois dans le Tanakh. Comme elle était déjà mentionnée trois fois (Chémot 17,8-16 ; Dévarim 25,17-19 ; Shmouel 15,2), la Méguila, qui traite de ce conflit, ne pouvait être ajoutée au Tanakh.
Après délibération, nos Sages trouvèrent cependant une source dans la Torah indiquant que le conflit contre Amalek pouvait en effet être mentionné quatre fois dans le Tanakh, et ils acceptèrent d'inclure la Méguila dans le Tanakh.

C'est donc à cela que notre verset fait référence. Lorsque la Méguila déclare qu'Esther a écrit des paroles de paix et de vérité, cela indique la manière dont Esther a répondu aux deux défis lancés par les Sages.
À leur objection selon laquelle l'instauration d'une fête susciterait la haine contre les ujifs, Esther a répondu que ses paroles étaient pacifiques ; puisque l'incident de Pourim était déjà de notoriété publique et consigné dans les chroniques royales, la célébration de la fête ne causerait pas de conflits.
Et à l'objection des Sages selon laquelle la Méguila ne pouvait être incorporée dans le Tanakh, la Méguila répond que les paroles d'Esther étaient des paroles de vérité, c'est-à-dire qu'il existe une source dans la Torah, qui est la vérité ultime, justifiant l'inclusion de la Méguila dans le Tanakh.
[rav 'Haïm Kanievsky]

"Les juifs s'engagèrent à poursuivre ce qu'ils avaient commencé" (Eshter 9,23)

-> Avec ce verset, la Méguila explique pourquoi la fête de Pourim fut instituée le 14 Adar, le lendemain de la bataille, plutôt que le 13, jour où le miracle eut lieu. Ce verset nous informe que, puisque, l'année de la bataille, les juifs ont célébré le 14 Adar (ils ne pouvaient pas célébrer le 13, car ils étaient engagés dans les combats), l'année suivante, lorsqu'ils ont institué la fête, ils ont simplement entrepris de poursuivre ce qu'ils avaient commencé, c'est-à-dire de célébrer le 14 Adar, comme ils l'avaient fait l'année précédente.

Le rav 'Haïm Kanievsky suggère une autre raison pour laquelle Pourim a eu lieu le lendemain du miracle (c'est-à-dire le 14 Adar) plutôt que le jour même du miracle (c'est-à-dire le 13 Adar).
Bien qu'un grand miracle se soit effectivement produit le 13 Adar, lorsque les juifs ont vaincu leurs ennemis, les juifs craignaient d'être encore en danger. Ils craignaient que le lendemain, les parents et les amis de ceux qu'ils avaient tués ne se vengent. Ce n'est que le lendemain, lorsqu'ils virent qu'ils pouvaient effectivement se remettre de la bataille en paix, et que la crainte des juifs et de Mordé'haï s'était abattue sur leurs ennemis (voir Esther 8,17 & Esther 9,3), que leur salut fut véritablement complet.

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-> Selon le Targoum (Esther 9,12&15&16), tous ceux qui sont morts le 13 et 14 Adar sont des descendants d'Amalek.

-> Par exemple, selon le rav Kanievsky : 500 Amalécites ont été tués par un groupe de 250 juifs de Shoushan, chaque juif tuant deux Amalécites afin d'accomplir la mitsva d'effacer Amalek.
Parmi les 18 750 juifs de Shoushan, ces 250 juifs n'ont pas assisté au festin d'A'hachvéroch (en accord avec la directive de Mordé'haï).

"Qui est-ce? Où est celui qui a osé faire cela?" (mi ou zé? ... - Esther 7,5).

=> Pourquoi A'hachvéroch semblait-il ignorer qui avait pris le décret contre les juifs, un décret qu'il avait lui-même approuvé?
De plus, lorsque A'hachvéroch confronta Haman avec l'accusation d'Esther, pourquoi Haman ne répondit-il pas simplement que le décret avait été pris avec l'approbation totale d'A'hachvéroch?

-> Le rav 'Haïm Kanievsky explique :
Il est clair que l'échange entre Esther, A'hachvéroch et Haman a été orchestré par Hachem pour conduire à la mort de Haman. Lorsque Haman a réalisé qu'Esther faisait partie de la nation qu'il avait condamnée à mort, Hachem l'a rendu trop troublé pour parler ("fut attéré" - Esther 7,6).
Avant qu'Haman ne puisse retrouver son sang-froid et donner des excuses, A'hachvéroch a quitté la pièce en colère. Haman se retrouva seul avec Esther, à qui il ne pouvait donner aucune excuse, car Esther savait bien que c'était Haman qui avait convaincu A'hachvéroch de promulguer le décret.
Son seul espoir était de la supplier de l'épargner, ce qu'il fit (comme indiqué au verset 7).
Lorsque le roi revint dans la pièce, Haman se jeta sur le divan d'Esther ; le roi vit cette scène et entra dans une grande colère. Haman était à nouveau trop bouleversé pour répondre, et avant qu'il n'ait pu se remettre, son visage fut couvert et il fut emmené pour être exécuté.

Le rav Kanievsky suggère également une compréhension plus profonde de l'échange entre Esther, A'hachvéroch et Haman. En effet, ile xplique qu'A'hachvéroch n'était pas conscient de la portée du décret de Haman. Lorsque Haman s'est approché d'A'hachvéroch pour promulguer un décret contre les juifs, Haman a apporté avec lui 10 000 talents d'argent.
Le midrach (Esther raba 7,15) rapporte qu'Haman a dit à A'hachvéroch : "Je ne sais pas combien il y a de juifs actuellement, mais lorsqu'ils ont quitté l'Égypte, les hommes adultes étaient au nombre de 600 000. Je vous donnerai 10 000 talents d'argent, ce qui équivaut à 50 shékalim pour chacun des 600 000 juifs."

Or, 50 shékalim est la valeur standard (éré'h) que la Torah fixe pour un homme adulte (voir Vayikra 27,3).
[lorsqu'on s'engage à faire un don au Temple, on peut promettre de donner la "valeur" de soi-même, d'une autre personne ou d'un objet. La Torah précise l'évaluation, c'est-à-dire la somme due en fonction de l'âge et du sexe de la personne qui fait l'objet du vœu. ]

Ainsi, Haman offrit à A'hachvéroch la valeur des hommes juifs adultes, indiquant qu'il voulait la permission de tuer uniquement les hommes adultes. A'hachvéroch accepta, et consentit même à renoncer à l'argent ; cependant, A'hachvéroch ne donna jamais la permission d'exterminer tout le peuple juif, hommes, femmes et enfants, jeunes et vieux confondus.

Une fois qu'Haman eut reçu le sceau royal, il changea toutefois de plan. Il donna l'ordre de tuer tous les juifs sans exception. Lorsque Esther confronta Haman devant A'hachvéroch, elle déclara : "nous avons été vendus, mon peuple, pour être détruits, tués et anéantis" (Esther 7,4) ; c'est-à-dire que des ordres ont été donnés pour me tuer, moi, une femme, ainsi que toute ma nation, y compris les femmes, les personnes âgées et les enfants.
A'hachvéroch n'avait jamais donné son accord pour un tel ordre et il répondit donc avec stupéfaction : "Qui est-ce? Où est celui qui a osé faire cela?"

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-> L'explication ci-dessus permet de clarifier pourquoi Esther a dit : "Si nous avions été vendus comme esclaves et serviteurs, je me serais tue" (Esther 7,4).
Nos Sages (voir Rachi - Kétoubot 27a) déclare que lorsqu'une personne était exécutée par la couronne, ses biens étaient confisqués et sa femme et ses enfants étaient réduits en esclavage.
Comme A'hachvéroch avait ordonné que les hommes juifs adultes soient tués, cela incluait l'ordre de vendre les femmes et les enfants comme esclaves. Si Haman s'était contenté de cela, Esther n'aurait eu aucune raison de se plaindre, car le roi avait approuvé un tel décret.
Cependant, Haman ordonna que les femmes et les enfants soient tués, ce qui était une chose pour laquelle Esther pouvait légitimement confronter le roi.

-> Une autre explication plus simple de la plainte d'Esther est la suivante. À première vue, il semblerait qu'Esther aurait dû accuser A'hachvéroch, et non Haman, d'avoir tenté de la tuer.
Après tout, Haman n'avait jamais prévu de tuer Esther, car il ne savait pas qu'elle était juive ; le responsable était A'hachvéroch, l'autorité derrière Haman.
La raison pour laquelle Esther a accusé Haman est qu'A'hachvéroch n'avait jamais accepté que tous les juifs soient tués. Il avait accepté un massacre général, mais avait autorisé des exceptions.
Esther a donc déclaré au roi qu'elle-même était en danger à cause des détails ajoutés par Haman à l'ordre.
Bien qu'elle fût la reine, le décret royal stipulait désormais qu'il ne pouvait y avoir d'exception et, comme le précise plus loin la Méguila (Estger 8,8), un édit rédigé au nom du roi et scellé de son sceau ne peut être révoqué.

À chaque minute, D. donne la vie et l'énergie aux êtres qu'Il a créés. Même pendant que quelqu'un commet une transgression, il doit être conscient qu'à ce moment précis, D. le soutient.
Quel est l'intérêt de cette prise de conscience?
Peut-être la honte le forcera-t-elle à renoncer à la transgression. Même si le désir l'emporte et qu'il ne se désiste pas, cette prise de conscience l'aidera à regretter et à se repentir immédiatement après.
[Ben Ich 'Haï - Ben Yéhoyada - guémara Béra'hot 63a]