Un ange est créé à partir de chaque parole de Torah que l'on prononce. Cet ange a le pouvoir d'atténuer et d'éliminer le pouvoir des forces du mal.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan I 20,7]
Téchouva & joie
-> Avant de le développer en détail, voici un enseignement général du rav David Tsvi Shlomo Naftali Biderman (l'admour de Lelov) :
"C’est ainsi que la téchouva doit être accomplie : dans la joie ...
En vérité, une personne doit être consciente que ses fautes peuvent la faire chuter de tous les mondes, lui faire perdre à la fois ce monde et cela à Venir, et la laisser (éternellement) sans rien du tout, sans aucune rectification. [Dans ce cas], tous les mondes et tous les anges voudront le mettre en pièces, car comment a-t-elle pu avoir l’audace de se rebeller contre le Roi des rois, Hachem?
Il faut donc se fortifier dans la crainte de Hachem et la yiras Shomayim afin de s’assurer de ne commettre aucun mal.
Cependant, lorsqu’on souhaite revenir à la téchouva, il faut se nourrir et se fortifier uniquement de joie, car "une mesure positive est plus grande", comme il est écrit : "Hachem est bon envers tous, et Sa miséricorde s’étend sur toutes Ses créatures".
Hachem aidera la personne à revenir à la téchouva et à jouir de la persévérance [de ses efforts]. Hachem acceptera pour sûr sa téchouva et le rapprochera de Lui, car Il désire la téchouva, comme le dit le verset : "Car Tu écoutes les prières de toutes les bouches" , et : "Car nul ne sera abandonné par Lui" , et : "Je comblerai de mes bienfaits celui que Je choisis".
Il faut veiller à ne pas inverser ces approches. Le yétser ara cherche à persuader une personne de fauter. Avant la faute, il nous rassure en nous disant : "Ce n’est pas si grave!"
Après coup, lorsque la personne s’apprête à faire téchouva, le yétser ara vient l’accabler en lui disant : "en effet, cela est si grave que tu n'as pas la possibilité de faire téchouva dessus".
Or, c’est tout le contraire! Lorsque le yétser ara incite une personne à fauter, il faut trembler à l’idée de subir une chute dévastatrice.
Mais [à postériori]; si l’on a déjà transgressé, il faut se fortifier dans la téchouva et une grande joie, car la téchouva permet à une personne d’atteindre un niveau très élevé.
Lorsqu’elle s’accompagne de joie, la téchouva sera durable, et l’on s’élèvera (spirituellement) de plus en plus haut dans son retour. [on n'a pas naturellement conscience de cela, libre arbitre oblige]
La téchouva accomplie dans une grande joie conduit à la téchouva dans l’amour, et la téchouva avec amour et la joie permettent d’atteindre les niveaux les plus élevés.
C’est pourquoi il faut se fortifier pour accomplir la téchouva dans une grande joie.
Il faut veiller à ce que la téchouva ne se fasse que dans la joie.
Si l'on constate que notre téchouva réduit notre joie et qu’on sombre dans de la tristesse, on doit savoir qu’il ne s’agit pas d’une [véritable] téchouva.
Car la véritable téchouva doit conduire à une augmentation de la joie. Par conséquent, la bonne stratégie consiste pour nous à inspirer immédiatement de la joie dans notre cœur face à la grande opportunité que représente la mitsva de la téchouva, en s’encourageant avec une grande joie grâce à la bonté d'Hachem qui nous a accordé le mérite de s’engager dans la téchouva et de revenir (à Lui, à notre source pure, divine).
Alors, naturellement, notre téchouva s’accomplira dans la joie.
Il faut se fortifier pour accomplir la techouva avec joie, tout comme il nous est ordonné d’accomplir toutes les mitsvot "avec joie et allégresse de cœur avant tout".
Une téchouva dépourvue de joie ne respecte pas la mitsva de joie, et "est une téchouva incomplète".
Bien que le concept d’accomplir la téchouva dans la tristesse existe certainement, cela ne s’applique qu’aux tsadikim qui sont capables de ressentir de la tristesse en même temps qu’une joie cachée au sein de cette amertume/tristesse.
Cependant, des personnes comme nous sont incapables de concilier les deux, car nous courons le grand risque de sombrer dans une grande tristesse, du découragement.
Par conséquent, la seule voie correcte est la téchouva accompagnée de joie."
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+ La joie un élément fondamental de notre relation avec Hachem :
-> "L’élément primordial de la avodat Hachem est qu’elle se fasse dans la joie, car le trait de caractère qu’est la tristesse nuit grandement à la avodat Hashem d’une personne.
Il est dans la nature d’une personne qui souhaite véritablement servir Hachem de ressentir une certaine tristesse, car elle a le sentiment que ses actions ne sont pas droites. Cela tient au fait qu’elle a constamment l’impression d’être en défaut dans sa avodat Hachem.
C’est pourquoi il faut se fortifier contre cette tendance et se maintenir dans un état constant de joie."
[Maor vaChémech - Noa'h]
-> "Une téchouva accomplie sous la contrainte n’est pas bonne. L’essentiel est que la téchouva soit accomplie avec joie et un cœur réjoui."
[séfer Atéret Yéchoua - Yom Roch Hachana]
-> "Tout d’abord, il vient au cœur d’une personne de faire téchouva pour ses nombreuses fautes. Il n’y a pas de place pour la joie, car elle doit s’attrister de ses transgressions.
Cependant, après cette tristesse et ce regret venus du plus profond de son cœur ... et sa résolution de renoncer à ces comportements, il faut immédiatement entrer dans la joie et l’amour de Hachem."
[Maor vaChémech - Nitsavim]
-> Selon le Tiféret Shlomo (Likoutim II, Shmouel 1) :
"Même si l’on est déprimé à cause de nos fautes, il n’est pas bon que ce soit là son état permanent, car ce n’est pas là l’accomplissement de l’homme dans une téchouva élevée.
La téchouva est grande, car elle atteint le Kissé HaKavod (Trône de Gloire divin). Cependant, il est impossible de s’élever jusqu’à cet endroit sans joie.
Tel est le sens du verset : "Un cantique de David, lorsque Nathan HaNavi vint vers lui" (Téhilim 51,1-2)
Le processus de téchouva devait être précédé par le chant, la joie et un esprit de confiance. C’était également la raison pour laquelle les Lévi'im chantaient dans le Temple lorsqu’ils apportaient les korbanot (sacrifices) en signe de repentance. C’est pourquoi le verset précise : "Un cantique" (mizmor), car c’est ainsi que l’on s’élève de plus en plus haut".
-> Le Déguel Ma'hané Efraïm (Tikounim) écrit que le monde de la téchouva est le monde de la Pensée (ma'hachava), qui est aussi le monde de la Joie, car le mot "ma'hachava" (מַחֲשָׁבָה) comporte les mêmes lettres que "bé'simha" (dans la joie - בשמחה).
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-> "Un cœur contrit (brisé par la tristesse d'avoir fauté) est un aspect de la téchouva inférieure.
[La téchouva] doit également s’accompagner de joie, les deux allant de pair ... comme l’indique le Zohar (vol.3, p.75a) : "Les pleurs doivent trouver leur source d’un côté, et la joie de l’autre".
[on doit aussi avoir de la] foi et de la confiance. Notre cœur doit être absolument certain, sans l’ombre d’un doute, qu'Hachem est Celui qui désire la bonté, qu’Il est Miséricordieux et infiniment Pardonneur, et que lorsqu’on le demandera, on recevra immédiatement le pardon d'Hachem."
[séfer haTanya - Iguéret haKodech - chap.11 ]
-> "Dès qu’on éprouve un cœur brisé en contemplant la grandeur d'Hachem devant qui on a fauté, il faut chasser entièrement la tristesse de son cœur et croire avec une foi parfaite qu'Hachem a effacé notre faute et qu’Il est infiniment miséricordieux. Telle est la véritable joie en Hachem qui survient après la tristesse."
[séfer haTanya - chap.26 ]
-> "En vérité, lorsqu’une personne contemple ses actions et voit que ses jours et ses années ont été gaspillés en vanités, la crainte s’empare d’elle, et ses yeux se mettent à verser des larmes ...
Cependant, cela relève encore de la tristesse, et il vaut mieux pour lui d’être constamment joyeux. Ainsi, après avoir pleuré, on doit se réjouir en se rappelant que la Porte des Larmes n’est jamais fermée. Cela nous aidera à servir Hachem avec joie ...
Il apparaît donc qu’en vérité, c’est par le biais de ce genre de tristesse que l’on parvient, par la suite, à la joie."
[rav Shmelke de Nikolsburg - un des principaux disciples du Maguid de Mézéritch - dans le séfer Divré Shmuoel - Kora'h ]
=> le point d'entrée de la téchouva est une douleur interne d'avoir pu en arriver à agir si bêtement. Mais ensuite, le point de sortie est dans la joie, basée sur de la confiance dans la bonté d'Hachem, qui nous pardonne et nous remet tout proche de Lui après la téchouva. (Hachem a plaisir dans notre téchouva, et nous aime toujours inconditionnellement de nos actes)
Ainsi, à l'image d'un ressort, plus le point d'entrée se fait avec sincérité et de tout cœur en réalisant la gravité de la faute, alors plus on en sortira joyeux face à l'énormité de la miséricorde d'Hachem en nous blanchissant de ces si "graves" comportements.
On devra faire attention que la dose d'amertume nous soit supportable, sans au final nous déprimer ou décourager d'avoir plein d'ambition spirituelle.
[en ce sens, dans le Temple après avoir apporté un sacrifice et imaginé mourir à sa place, les Lévi'im jouaient de la musique pour nous redonner de la joie pour aller de l'avant rebooster! ]
-> "La crainte d’une personne ne doit pas dépasser ses limites (comme le veut notre yétser ara) et l’amener à désespérer de la repentance et du pardon (ex: sous couvert d'humilité : vue ma faute, qui suis-je pour que ma téchouva puisse être effective), la poussant à s’inquiéter toute sa vie et à transgresser le commandement qui lui a été donné par son Créateur d’être joyeuse."
[Kouzari 3,11]
-> "La tristesse endort (anesthésie) notre cœur et l'empêche d’être inspirés à faire téchouva"
[rav Moché de Kobrin - rapporté dans le séfer Torat Avot 18]
[on comprend l'intérêt du yétser ara à nous pousser à être triste. ]
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+ Téchouva = notre yétser ara nous impose une atmosphère de tristesse, de désespoir, de dévalorisation de soi ... :
-> Un fondement puissant du judaïsme selon le Baal Shem Tov (Tsavaat haRivach n°44&46), qui enseigne :
"Il arrive parfois que le yétser ara trompe une personne en lui disant qu’elle a commis une faute grave, alors qu’il ne s’agissait que d’une rigueur, voire pas d’une faute du tout.
L’intention [du yétser ara] est d’amener la personne à sombrer dans la déprime (tristesse), et que cet état d’esprit annule sa avodat Hashem. C’est pourquoi une personne doit comprendre cette ruse et dire au yétser ara : "Je ne suis pas strict au sujet de cette rigueur dont tu parles, car je sais que ton intention est de m’empêcher de servir Hachem. Tu profères des mensonges! Même s’il y avait effectivement un élément de faute, cela fera davantage plaisir à mon Créateur si je ne me concentre pas sur la rigueur dont tu parles dans le but de me faire sombrer dans la tristesse. Au contraire, je Le servirai avec joie, car un grand principe de ma vie est que je ne souhaite pas que ma avoda serve mes propres fins. Elle n’a pour but que de procurer du plaisir à Hachem.
Par conséquent, même si je n’observe pas cette rigueur, Hachem ne m’en voudra pas, car la seule raison pour laquelle je ne m’y attarde pas, c’est pour qu’elle ne m’empêche pas de Le servir, car comment pourrais-je m’abstenir de Le servir, ne serait-ce qu’une minute? "
C’est en effet un principe très important dans la avodat Hachem : il faut veiller à se tenir autant que possible à l’écart de la tristesse.
Et il ne faut pas être trop exigeant et rigoureux dans tout ce que l’on fait, car c’est là une stratégie du yétser ara, qui vise à plonger la personne dans un état de crainte, en l’amenant à se demander si elle a respecté toutes les rigueurs, ce qui la conduira à la tristesse.
La tristesse est un obstacle considérable à la avodat Hachem. Même si l’on sait avec certitude que l’on n’a pas rempli son obligation en raison de nombreux obstacles, il ne faut pas sombrer dans la tristesse. Il faut plutôt se rappeler qu'Hachem, qui scrute le cœur et les reins de l’homme, sait que l’on avait véritablement l’intention de tout faire de la meilleure façon possible, et que c’est simplement que l’on n’en a pas été capable.
... Même si l’on commet une transgression, il ne faut pas se laisser aller à une dépression qui nous empêcherait de servir Hachem. Il faut plutôt s’attrister de ce péché, puis retrouver sa joie en Hachem une fois que l’on a exprimé des remords sincères et que l’on s’est résolu à ne plus jamais retomber dans cette folie.
Ensuite, la personne doit se fortifier pour se réjouir en le Créateur béni ...
[Le Baal Shem Tov conclut : ] Tout ce que j’ai écrit constitue des fondements puissants, plus précieux que les diamants et qu’une abondance d’or, chaque mot est un principe majeur."
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-> "Si une personne éprouve de l’amertume (tristesse) face à ses actes après avoir examiné sa conduite, et qu’elle accomplit la téchouva dans son cœur pour ce qu’elle a fait, en s’engageant à faire preuve de toute la prudence possible pour marcher dans les voies de Hachem, si elle ressent ensuite de la joie, c’est le signe que [sa téchouva] a été inspirée par le côté de la sainteté.
En revanche, si elle ne ressent pas de joie et que la tristesse persiste, il faut veiller à s’en éloigner, car il s’agit d’une tristesse provoquée par le yétser ara.
Et je dis que cela est explicitement mentionné dans la Torah, car après que Caïn se fut mis en colère parce que son offrande n’avait pas été acceptée, Hachem lui dit : "Pourquoi es-tu en colère, et pourquoi ton visage est-il abattu? Si tu reviens, tu seras relevé!" (Béréchit 4,6-7), car ce sont la colère et le découragement qui ont en réalité poussé Caïn à agir ainsi.
De nos jours, l’essentiel est de puiser du réconfort dans la bonté de Hachem et de lui faire confiance, car l’activité principale de la sitra achara (force du mal, d'impureté), chaque jour, consiste à semer la destruction et à plonger le monde entier dans le désespoir et la tristesse."
[rav Mordé'haï 'Haïm de Slonim - Maamar Mordé'haï - lettre 56 - rapportant le rabbi Shlomo de Karlin]
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-> "Et bien que ressentir de la tristesse à cause de nos fautes soit une bonne chose, le yétser ara renforce cette tristesse, s’en servant pour éloigner la personne de Hachem. S’inquiéter de nos fautes n’est bénéfique que si cela amène la personne à faire téchouva.
La crainte que la personne éprouve face à ses fautes devrait l’amener à se détacher de toute implication dans les affaires de ce monde et à revenir vers Hachem dans une téchouva totale. Cependant, la plupart des gens, en particulier à notre époque, ne font que s’éloigner davantage (d'Hachem) à cause de la tristesse, même s’il s’agit d’une tristesse liée à leurs fautes.
Cette tristesse fait que la vérité est remplacée par le mensonge et embrouille l’esprit de la personne jusqu’à ce qu’elle parvienne à introduire un sentiment de désespoir dans son cœur, comme si elle n’avait plus aucun espoir de renouveler ses jours tel un aigle.
... C’est pourquoi il faut s’encourager vivement à être joyeux à l’aide de toutes sortes de conseils et de stratégies, tels qu’ils sont présentés dans les ouvrages sacrés."
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Ora'h 'Haïm - Hilkhot Birkat Hodaa 6 ]
-> "Lorsqu’une personne craint qu’en raison de la profondeur de sa tristesse, elle ne tombe dans le désespoir et la tristesse, et qu'alors elle va attirer sur elle de la joie en grande mesure, le yétser ara ne reconnaît pas ce genre de téchouva. Même les anges sont incapables de le comprendre, se demandant avec perplexité : "Comment la téchouva peut-elle être accomplie sans tristesse et sans soumission constantes?"
Mais Hachem scrute les profondeurs du cœur d’une personne et y trouve la honte et l’humilité cachées au sein de sa joie."
[séfer Torat Avot - Téchouva n°27 - au nom du rav Avraham de Slonim]
[chacun avec sincérité et honnêteté doit savoir en ce moment qu'elle est sa limite supportable de tristesse (d'amertume sur ses fautes), faire de son mieux, et avant de tomber à terre dans du désespoir durable on passera alors dans un mode joyeux léchem chamayim. Hachem désire et connaît le coeur de chaque juif. ]
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-> "La tristesse qui s’installe après avoir commis une faute a plus de valeur pour le yétser ara que la faute elle-même."
[rav Tsadok haCohen de Lublin - cité dans le Imré Noam - Métsora]
-> "Sachez qu’au moment où une personne désire se mettre au service d'Hachem, il devient une grande faute d’être trsite, car la tristesse est le "Côté opposé" (du mal) (Zohar Noa'h 71a) et Hachem la déteste."
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan vol.2,lesson 48]
-> "Le premier de tous les traits négatifs est la tristesse et la déprime débilitantes. Le yétser ara enveloppera une personne de téchouva et de cœur brisé, mais c’est répugnant et impur, car le véritable signe d’un cœur brisé est la joie.
... C’est là l’œuvre du yétser ara : amener l’homme à détruire ce qu’il a accompli jusqu’à présent sous le prétexte qu’il s’agit d’une rectification. (le yétser ara te demande d'être triste sous couvert de faire la mitsva de la téchouva, et presque plus tu es triste, déprimé, plus il te fait croire que tu la réalise au mieux)
Mais au contraire! Cela empêche en réalité le bien ... Avec une seule mesure de renouveau, on peut surmonter n’importe quoi. "
[séfer Beit Aharon]
-> Lorsqu’une personne commence à prendre peur (de ses fautes) et à rectifier les traits de caractère qu’elle a entachés, c’est au sein même de ce processus que l’ennemi (le yétser ara) surgit et assassine son âme. (on mettant la tête sous l'eau de tristesse, de dévalorisation de soi, en nous identifiant à nos fautes, alors que justement la téchouva efface tout, on redémarre à zéro!)
La bonne stratégie ne consiste pas à s’attarder sur les jours indésirables qui se sont écoulés, mais plutôt à prendre la résolution qu’à partir de cet instant, on se renforcera dans la avodat Hachem, afin de vaincre son ennemi juré qui se tient au-dessus de nous.
Ce n’est qu’alors, une fois qu’on sera sorti victorieux et libéré de sa tristesse, qu’on devra tenter de corriger nos traits de caractère et tout ce qu’il a corrompu.
Celui qui fait confiance à Hachem et accomplit Ses mitsvot et ses bonnes actions sans se retourner sur ce qui s’est passé dans le passé, mais qui, au contraire, se fie uniquement à Hachem pour qu’Il le tire vers Lui dans Sa grande Miséricorde et l’accepte dans la téchouva, cette personne sera élevée et exaltée.
[Yisma'h Israël - Vayéchev]
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-> Le rav Tsadok haCohen de Lublin (Tsidkat haTsadik 129) enseigne :
"Comment se fait-il qu’une personne veuille se repentir (téchouva) mais ne parvienne pas à concrétiser ce désir, comme il est dit : "Les réchaïm sont pleins de regrets"?
C’est parce qu’à partir du moment où une personne souhaite faire téchouva, elle est confrontée à une accusation redoutable de la part du yétser ara, qui lui rappelle à quel point elle est indigne au regard de la loi et utilise toutes sortes d’arguments (décourageants).
Le conseil [pour lutter contre cela] est [d’avoir] de la joie et de la confiance dans le fait que, par Sa grande miséricorde et Sa bonté, Hachem l’acceptera certainement dans une téchouva complète devant Lui. C’est ainsi que la personne déjoue Satan."
-> Le rav Israël Salanter (séfer Avodat Panim - lettre 19) écrit que lorsqu’on n’a pas réussi à passer une épreuve (un test), on se retrouve immédiatement confronté à un autre défi : celui de ne pas baisser les bras (en se morfondant dans l'amertume et le désespoir), et à plutôt de se fortifier (dans la joie et la confiance en D.) pour commencer à accepter la royauté de Hachem sur soi-même.
Cet encouragement constituera "une téchouva équivalente", car l’intention première du yétser ara est que le service d'Hachem d’un juif soit complètement interrompu.
-> "Bien que le regret (sur une faute dans le cadre de la téchouva), mêlé d’une grande amertume, soit certes nécessaire, celui-ci ne devrait occuper qu’une partie limitée de notre journée. Après cela, on doit se confier au Nom d'Hachem et s’appuyer sur Hachem, notre D., car Il est infiniment miséricordieux.
De cette manière, [il faut] s’éloigner de la tristesse, car la tristesse est une impureté puissante qui provoque le départ de la Chékhina et de son illumination.
Cela (le fait de ne pas ajouter de joie à notre téchouva) conduirait à se complaire dans la tristesse tous les jours de sa vie, ce qui est en vérité la voie des insensés."
[séfer Noam Mégadim - Emor]
[ainsi, on doit avoir des moments limités où l'on vide son coeur à Hachem en lâchant notre tristesse, que ce soit dans la prière ou la téchouva. Ensuite, on doit être confiant dans la miséricorde divine.
Hachem ne réside pas avec une personne qui se complait dans la tristesse. Si le but de la téchouva est de revenir vers Hachem en retirant les dégâts de nos fautes qui faisaient écran avec Lui, alors on comprend pourquoi notre yétser ara nous pousse à n'être que tristesse (sans joie) puisque cela fait partir Hachem. (la tristesse, le désespoir, est également le meilleur terrain pour tomber de nouveau dans la faute, car nous sommes dévalorisés et faibles moralement pour résister au yétser ara. D'où la nécessité d'y ajouter de la joie, un horizon positif et constructif.) ]
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-> Le Ohev Israël (Likoutim 'Hadachim - Eikev) écrit :
"Il arrive parfois que la ruse du yétser ara monte à l’esprit d’une personne, en lui disant : "La majeure partie de tes années s’est déjà écoulée, remplie de nombreuses fautes. Tu n’as plus aucun espoir de rédemption (personnelle) par la téchouva, car le temps viendra à manquer avant que tu n’aies achevé ta téchouva.
Tu n’as pas la force d’accomplir une véritable téchouva pour chacune des fautes que tu as commises. Par conséquent, suis mon conseil : que ton cœur soit joyeux et fais tout ce qui est en ton pouvoir. Sacrifie du bétail et des moutons, car de toute façon, tu as déjà perdu ta part dans le monde à Venir à cause de l’ampleur avec laquelle tu as souillé ton âme. Tu es tellement perverti qu’il n’y a plus rien à faire pour te redresser.
C’est là la séduction du yétser ara, qui veut faire perdre à l’homme à la fois ce monde et celui à Venir.
Cependant, le sage fortifiera son cœur pour croire aux paroles de nos Sages, qui disent que même si une personne transgresse les commandements d'Hachem, elle ne doit pas désespérer de recevoir Sa miséricorde ...
Par conséquent, l’essentiel est d’avoir de la émouna. Lorsqu’une personne s’appuie sur les paroles de nos Sages et croit qu’elle recevra la miséricorde d'Hachem, elle tirera de la joie de cette conviction qu’en fin de compte, elle restera liée à la sainteté.
Fort de cette foi, elle regrettera ses actes et sera poussée à se demander : "Quand pourrai-je rectifier mes actes et observer correctement les mitsvot de Hachem?".
Celui qui vient se purifier reçoit l’aide divine et sera capable de concrétiser les pensées positives de son esprit. "
-> Le séfer Yisma'h Israël (Shékalim) écrit :
"Il faut savoir au fond de son cœur qu’il est encore possible de revenir par une téchouva complète et de devenir un ami aimé, proche et chéri (d'Hachem).
Grâce à cela, on verra comment toute la tristesse et l’humiliation qu’on a éprouvées jusqu’à présent n’étaient en réalité que la stratégie du yétser ara pour nous précipiter dans un gouffre de désolation, afin qu’on n’accorde aucune valeur à notre avodat Hachem.
Le yétser ara nous fait prendre conscience de l’énormité de nos fautes, nous convainquant qu’il n’y a aucun moyen d’échapper à cette réalité. De cette manière, le yétser ara parvient à nous refroidir et à nous plonger dans la tristesse et le désespoir.
Lorsqu’une personne comprend véritablement cela, elle se fortifie, car celui qui en vient à se purifier reçoit l’aide divine ... Elle demandera au Maître de la miséricorde, qui aide ceux qui s’efforcent d’atteindre la pureté, de l’aider elle aussi, et qu’elle mérite encore d’avoir un cœur pur."
-> Le Shem miShmouël (Ki Tissa 5670) affirme : "Soyez extrêmement prudents, comme nous l’ont averti les premiers tsadikim, de vous éloigner de la tristesse, car quelle que soit la situation d’une personne, elle est capable de s’en extraire. Cependant, à cause de la tristesse débilitante face à ce qu’elle a fait, on peut tomber dans le piège de la sitra achara (force du mal, yétser ara) et se retrouver incapable de s’en échapper. Comprenez cela et protégez-vous-en."
-> "Les pensées de vérité ne peuvent en aucun cas se révéler, même pas légèrement, dans un cœur attristé, qui provient du côté du mal (yétser ara) et du mensonge."
[Yoche Divré Emet]
-> Selon rabbi Na'hman de Breslev (Likoué Moharan 282), d’une manière générale, la principale raison pour laquelle les gens s’éloignent d'Hachem est la tristesse (la déprime spirituelle). La plupart des gens se découragent complètement lorsqu’ils prennent conscience de l’ampleur de leurs défauts. Du coup, ils finissent par ne même plus faire ce dont ils sont pourtant encore capables.
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+ Téchouva = se réjouir de libérer notre âme :
-> On devrait se dire :"C’est vrai, je suis incroyablement éloigné d'Hachem, et je suis répugnant (spirituellement) et odieux, ... Néanmoins, je ne suis pas seulement mon corps physique avec sa force vitale. Je renferme en moi une part littérale d'Hachem dans les cieux, qui demeure (constamment) même avec le juif qui est au plus bas des bassesses possible.
C’est simplement que mon âme divine se trouve dans un état d’exil. Par conséquent, au contraire, plus je suis éloigné d'Hachem et plus je suis devenu répugnant, plus l’âme divine qui est en moi est profondément en exil, et je dois en avoir une immense pitié.
C’est pourquoi je ferai de cela mon unique but et mon désir : sortir mon âme de son exil et la ramener dans la maison de son Père, comme aux jours de sa jeunesse".
Tel devrait être l’effort joyeux d’une personne tout au long de ses jours, [elle devrait éprouver] la joie de son âme lorsqu’elle se libère de ce corps vil et retourne dans la maison de son Père, comme aux jours de sa jeunesse.
Il n’y a pas de plus grande joie que lorsque [l’âme] quitte son exil et sa captivité (comme c'est le cas après avoir fait téchouva, où l'on retire toutes séparations que la faute a généré entre nous et papa Hachem)."
[séfer haTanya - chap.31 ]
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+ Faire téchouva avec joie permet une expiation totale de nos fautes :
-> Le rav de Munkatch (Divré Torah mé'Harav Dov Ber), cite le 'Hozé de Lublin, sur le verset : "Tachév enoch ad daka" (Téhilim 90,3).
Le 'Hozé de Lublin explique que si on fait téchouva avec joie, alors nos fautes sont complétement effacées.
Mais si on fait téchouva par crainte et par tristesse, alors on méritera une expiation de nos fautes, mais un résidu de faute subsistera.
[la téchouva Illa'a (Supérieure) est celle fait dans la joie, et elle permet à l'expiation de nos fautes d'être totale!
On doit donc trouver un équilibre entre la nécessité de s'attrister en réalisant la gravité d'avoir fauté (ouvrant notre coeur à Hachem en reconnaissant notre folie et en sollicitant son aide pour ne pas recommencer), mais également de la joie (pas qui celle qui nous fait traité avec légéreté nos fautes, mais celle basé sur de la confiance et de l'amour en Hachem, celle qui va nous pousser à repartir de l'avant propre et meilleur).]
-> Le séfer Ben Porat Yossef, rapporte son maître le Baal Shem Tov, qui enseigne que les rires et la joie qui sont focalisés vers l'honneur du Ciel, viennent élever tous les rires impurs de notre jeunesse.
[en un sens, toutes les joies interdites (plus ou moins consciente) dans nos actes fauteurs peuvent être réparées par de la joie tournée vers Hachem dans notre téchouva sur ces fautes.]
-> Il est rapporté dans le séfer Torat Avot 5, qu’un 'hassid du saint Rabbi, rav Michel de Lechovitch, était un baal téchouva et était toujours très joyeux. Un jour, il chantait et dansait seul, emporté par sa grande joie, et le Rabbi lui dit : "Par ta joie, tu as effacé tes défauts spirituels davantage que tu n’aurais pu le faire par des souffrances personnelles."
-> La rectification du yétser ara (et des fautes qu'il nous a poussés à faire) s’accomplit lorsque l’on se réjouit avec de la joie dans notre avodat Hachem.
[rav Israël Salanter - Ohr Israël 30]
-> Un petit-fils du Méor Einayim (séfer Atéret Israel - Ki Tétsé) écrit que servir Hachem avec un grand enthousiasme (ex: joie) est une "téchouvat hamichkal », c’est-à-dire se repentir de l’enthousiasme pour la faute, et qu’à notre époque, cet enthousiasme remplace le jeûne.
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-> "La joie expie les fautes. Car la joie vient du monde supérieur.
Lorsqu’un bébé naît, il pleure, mais au bout de six mois environ, il commence à rire, car il est entré dans le monde supérieur. Puisque la joie vient du monde supérieur, elle participe à la lumière du Visage du Roi vivant."
[rav Pin'has de Koritz - Imré Pin'has - chaar 4,115]
[d'une certaine façon, la joie est un élément de la téchouva, car la joie va nous nettoyer (purifier) encore davantage des dégâts de nos fautes.
On ne se rend pas compte de la puissance de la joie qui jaillit de notre confiance en Hachem. Par exemple, une prière avec une telle joie a encore plus d'impact qu'une prière pourtant très puissante faite avec des larmes. De mêmes, faire des mitsvot avec joie (on fait la volonté de D.!) donne une force et des mérites beaucoup plus important. ]
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-> La joie est ce qui soutient la téchouva d’une personne.
Le Baal Ha'Ikarim (séfer Ha'Ikarim 3:33) a établi une règle fondamentale : "La joie confère l’achèvement et la longévité à une chose au sein de l’âme."
Le séfer HaBrit (vol.2, 14:24) mentionne ce concept : à savoir que, de par sa nature même, l’âme ne désire que ce qui est agréable et lui procure de la joie.
-> "Même si une grande amertume (tristesse) s’éveille en celui qui fait le bilan de ses actes ... l’essentiel réside dans l’encouragement et la joie, pour prendre un nouveau départ et marcher à nouveau sur le chemin de la bonté, rectifiant [ainsi] le passé."
[Divré Shmouel - Ner Dalet d'Hanoucca]
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+ Faire téchouva = de l'amertume d'avoir fauté doit sortir de la joie :
-> "Le baal téchouva doit éprouver un cœur brisé. Mais, malgré tout, il doit aussi être rempli de joie, car il est impossible de servir Hachem sans joie. Le fait même qu’il éprouve un cœur brisé à cause de sa faute devrait inspirer de la joie dans son cœur, car c’est le signe qu’une étincelle de sainteté brille encore en lui, et qu’il sera capable de se purifier.
Ainsi, on peut être attristé d’un côté, tout en étant joyeux de l’autre."
[Divré Yoel - Yitro]
-> "L'essentiel de la téchouva résulte de la joie, à l’image de la joie de celui qui erre sans but sur un chemin lointain et découvre ensuite que ce n’est pas la bonne voie. Car s’il n’avait pas fait cette découverte, il aurait erré pendant encore de nombreux jours et années. "
[séfer Avodat Panim - lettre 19]
-> La téchouva doit se faire dans la joie, une joie résulte de la foi de la personne en sa capacité à rester attachée à sainteté. On doit considérer comme si l'on renaissait.
[selon le Noam Elimélé'h]
-> Le 'Hatam Sofer (discours sur Roch Hachana p.6) rapporte une parabole au sujet d’une personne qui, bien que malade, ne se rendait pas compte qu’elle l’était. Lorsque sa maladie commença à s’estomper, elle se mit à ressentir la douleur et se mit à crier amèrement. Le médecin lui dit qu’elle devait se réjouir, car la douleur était le signe qu’elle retrouvait la santé!
Il en va de même pour une personne qui prend conscience de la nécessité de revenir vers Hachem et qui ressent de la douleur à l’idée de s’être éloignée de son Créateur : elle doit se réjouir d’avoir mérité de ressentir cette douleur, car lorsque l’on ressent la douleur de sa maladie spirituelle, c’est le signe que la téchouva est en train de la guérir.
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-> "La téchouva est un retour à l’état de "face à face", car l'essence même de notre désir et de notre volonté sont d’être orientés vers la Torah d'Hachem et Ses mitsvot, il en résulte une grande joie et une allégresse du cœur."
[Baal haTanya - Likouté Torah - A'haré Mot]
[la téchouva est un retour (de notre âme) vers Sa réelle Source au plus proche d'Hachem, Source de toute joie. ]
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-> Le séfer Yessod H'Avoda (vol.3, chap.8) écrit :
"La question de la téchouva comprend deux catégories : "sour méra" (s'écarter du mal) et "asaé tov" (faire du bien).
Poussé par un profond dégoût pour les désirs qui l'ont conduit à la faute, le cœur de la personne regrettera le passé. Après cela, elle doit immédiatement éveiller le bien, en s’inspirant de l’amour et du plaisir que procurent les mitsvot d'Hachem.
Grâce à ces deux voies, on recevra une grande aide dans le processus de téchouva, car tandis que l’amertume (tristesse) déracine la source du mal, la joie implante en lui la source du bien.
C’est pourquoi la majeure partie de la joie de notre âme doit être tournée vers Hachem et Sa Torah."
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-> "L'essentielle de la téchouva a lieu dans le cœur, et un indicateur de cette téchouva est la joie"
[Beit Aharon - au nom du rav Asher de Stolin]
-> "Le signe indiquant qu’une personne a atteint un aspect de la téchouva parfaite est le suivant : si elle n’est pas du tout déprimée (triste), mais qu’elle se réjouit au contraire de son avodat Hachem, c’est qu’elle a alors mérité de faire téchouva. Cela seul indique que ses actions ont été acceptées."
[séfer Divré Binah - Bialah fin de Béréchit - au nom de son père le rav de Shidlovtz]
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+ Faire téchouva est une mitsva => on doit la faire avec joie comme toute mitsva :
-> La téchouva est un commandement positif de la Torah et doit être accomplie avec joie, comme le dit le verset :"Servez Hachem avec joie!" (ivdou ét Hachem bésim'ha - Téhilim 100,2).
[Tiféret Shlomo - Vayigach]
-> "Combien est grande de la téchouva! L’essentiel est que la personne se réjouisse avec la sim'ha shel mitsva (joie de faire la volonté de D. par la mitsva de la téchouva) et s’engage dans son cœur à ne pas transgresser la parole d'Hachem."
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 1,11]
[certes lors de la téchouva on sort nos saletés internes qui sentent pas bon, qui renvoient nos faiblesses, notre faible niveau spirituel (par rapport à ce qu'on pourrait faire) et à quel point on a pu faire des bêtises. Mais rien que le fait de faire une mitsva nous impose de le faire en y ajoutant de la joie. ]
[avant la faute, on doit tout faire pour l'éviter. Mais une fois faite, on a la possibilité de faire téchouva par amour d'Hachem qui va transformer nos fautes en mérites, et donc en possibilité d'avoir une éternité avec plus de proximité avec papa Hachem.
(on doit être joyeux de retirer la peine d'Hachem d'avoir été loin de Lui par nos fautes, mais heureux à l'idée qu'Il pourra être plus proche de nous et qu'Il pourra nous déverser des bénédictions par le mérite de notre téchouva. Hachem est fier de nous, et nous sommes fiers de Le rendre fier! ). ]
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-> "Lorsqu’on souhaite faire téchouva, il faut veiller à ce que ce ne soit pas dans un état de tristesse. Si la personne est triste parce qu’elle a transgressé la volonté de Hachem, elle doit se rappeler que la tristesse elle-même est également contraire à la volonté de Hachem.
Comment peut-elle faire téchouva avec quelque chose qui va à l’encontre de la volonté d'Hachem, en essayant d’éteindre le feu par davantage de feu?"
[séfer Avodat Panim 5,13]
-> "La joie et la ferveur sont indispensables dans la avoda (mitsva) de la téchouva, car la paresse et la tristesse en la matière constituent une faute terrible, comme le dit le verset : "C’est parce que tu n’as pas servi Hachem, ton D. avec joie et un cœur réjoui, par-dessus tout"."
['Hatam Sofer - Ki Tétsé 24,5]
Soucca = les Noms d’Hachem
+ Soucca = les Noms de Hachem
-> Le mot soucca s'écrit généralement סוכה, dont la guématria est de 91.
Le Nom Divin יהוה et אדני ont une guématria cumulée de 91 (soit 26 et 65).
Ainsi, la soucca reflète la combinaison et la fusion de ces deux Noms de Hachem.
['Héchek Shlomo, rav Shlomo haCohen de Vilna]
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-> A la fin de Néila, à Yom Kippour, dans une de ses versions nous implorons : "ya'hbiénou bétsel yado" (protège-nous à l'ombre de Ta main". À quoi fait référence cette demande?
Le rav Shlomo Zalman Auerbach explique cette prière en notant que lorsque l'on enroule son bras autour d'une autre personne en une étreinte, le bras entoure l'autre sur trois côtés.
Le haut du bras, l'avant-bras et la main symbolisent en fait les dimensions précises d'une soucca halakhique : deux murs pleins et un téfa'h.
Cette prière fait donc référence à la mitsva de la soucca : nous demandons à Hachem de nous étreindre dans la soucca, avec laquelle nous sommes entourés sur trois côtés.
S'asseoir dans la souka, représentant deux de Ses Noms, équivaut à recevoir une étreinte de Hachem.
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-> Le rav Nathan Wachtfogel suggère que lorsque nous nous plaçons à l'ombre de la soucca, nous transmettons un message tacite à Hachem.
Nous admettons ignorer l'issue des Yamim Noraïm. Lorsque nous entrons dans la soucca, nous proclamons à Hachem que puisque nous plaçons notre confiance en Lui, nos besoins doivent être pourvus, que nous le méritions ou non.
En entrant dans la souka, nous montrons que nous sommes sous Sa protection. Après tout, la soucca est le "Tsel" (l'ombre), du Maître du monde.
Nous sommes sous la protection de Hachem lorsque nous entrons dans la soucca, et pour cette seule raison, nous méritons d'être protégés et exaucés. Il est dès lors obligé de subvenir à nos besoins, même si nous n'avons pas mérité une issue favorable à Yom Kippour.
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[d'une certaine façon, même si l'on a pu donné le meilleur de soi à Roch Hachana et Kippour, on reste humble en affirmant que 100% de notre vie dépend de Toi Hachem.
Symboliquement on jette tout notre être (en ayant aucun plan B, aucun moyen d'espérer avoir quelque chose qu'en D.). Hachem nous attrape de Sa toute Main (Soucca), signe que plus on se repose dans la vie sur Hachem, plus on a confiance dans la façon dont Il gère notre vie, alors plus Il sera présent au plus proche de nous, pour notre bien. ]
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-> La récompense pour celui qui s'engage dans la guemilat 'hassadim est qu'après sa mort sa dernière demeure sera à l'ombre d'Hachem.
[Yalkout Chimoni Ruth - ot 422]
=> La récompense pour avoir accompli du 'hessed (bonté) est la protection à l'ombre d'Hachem.Lui-même!
Hochana rabba – Pourquoi frappons-nous les aravot sur le sol?
+ Hochana rabba - Pourquoi frappons-nous les aravot sur le sol?
-> Le midrach (Vayikra rabba 30,14) enseigne que les 4 Espèces que l'on utilise à Souccot représentent 4 parties du corps : l'étrog représente le cœur, le loulav la colonne vertébrale, les hadassim les yeux et les aravot, les lèvres, apparemment en position fermée.
Ainsi, les feuilles de la arava représentent ainsi une bouche fermée, indiquant que nous n'utilisons pas notre bouche pour nous livrer à des formes inappropriées de discours.
-> Il y a une coutume consistant à battre les branches d'aravot sur le sol lors de Hochana Rabba.
Le rav Tséma'h Gaon (Téchouvot haGuéonim - chaaré téchouva) explique, en s'appuyant sur le midrach précité, qu'en frappant le sol avec les aravot, qui représentent les lèvres, nous montrons à Hachem que nous comprenons qu'une grande partie de ce pour quoi nous devons faire téchouva tout au long des jours de Jugements est les fautes liées à la parole. Nous montrons à Hachem que nous allons rectifier ces manquements de la bouche et que nous n'allons plus nous engager dans des discours coupables.
Le verset déclare : "Qu'il mette la bouche à la poussière ; il peut encore y avoir de l'espoir" (Eikha 3,29).
Les fautes de la bouche figurent parmi les pires ... et les plus courantes. Si l'on veut effectuer une techouva significative, il faut commencer par rectifier la manière dont on utilise sa bouche.
La plus importante des fautes de la bouche est le lachone hara.
[selon le Zohar, les décrets d'Hachem pour l'année à venir ne "partent" qu’au début du 8e jour, le soir de Chémini Atséret, mais durant toute la journée de Hochana rabba qui le précède, il est encore possible de modifier le jugement.]
À Souccot, dont le point culminant est Hochana Rabba, le dernier jour de la kapara, nous nous engageons à ne plus jamais prononcer de lachon ara et à cesser d'utiliser notre pouvoir de parole pour des formes interdites de discours. Nous démontrons cet engagement en frappant le sol avec les aravot, qui ressemblent à des lèvres. Nous agitons symboliquement nos bouches dans la poussière, en espérant que nous aurons alors une chance de passer une bonne année.
[on peut éventuellement ajouter qu'on fait un acte extérieur témoignant d'un désir interne de préserver notre parole, grâce à cette sainte aspiration on peut bénéficier d'une aide et de bénédictions d'Hachem. ]
-> Le rav Tséma'h Gaon propose une autre explication. Jusqu'au dernier jour de Souccot, les Accusateurs dans les Cieux sont actifs contre le peuple juif, mais à Hochana Rabba, les mikatréguim, les Accusateurs, sont tous réduits au silence.
Frapper les "bouches" au sol indique que les Accusateurs sont réduits au silence.
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-> On peut rapprocher cela du fait qu'on va entrer dans Chémini Atsérét selon le midrach (Pessikta déRav Kahana 28) : "Lorsque les 7 jours de la fête [de Souccot] passent, Hachem dit aux Bné Israël : Mes enfants, Je sais que pendant les 7 jours de la fête, vous étiez occupés à offrir les sacrifices des nations du monde. A présent, vous et Moi nous nous réjouirons ensemble, et Je ne vous demanderai pas beaucoup : un seul taureau et un seul bélier. En entendant cela, les Bné Israël se mirent à louer D. et déclarèrent : "C'est le jour que D. a créé ; réjouissons-nous et soyons heureux en lui."
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-> Les 2 explications ci-dessus vont de pair. Notre engagement à garder la bouche fermée face à des discours inappropriés fait directement taire les accusateurs dans les Cieux.
Le 'Hafets 'Haïm (Chemirat haLachon - 'helek 1 - chaar azé'hira chap.2) explique que lorsque nous disons du mal d'autrui, lorsque nous jugeons défavorablement notre prochain, nous ouvrons la porte à ce que la même action soit dirigée contre nous par les Accusateurs célestes qui veulent que notre verdict soit sévère.
Mais si nous prenons soin de ne pas souligner les défauts des autres, alors dans les Cieux, eux aussi font preuve d'une grande retenue en pointant du doigt nos défauts.
L’esprit seul n’est pas entièrement fiable. Ayez confiance en la bonté et la générosité de l’intervention divine, et grâce à cette confiance, vous parviendrez à faire véritablement l’expérience de cette bonté et de cette joie.
[rav Barou'h Shalom Ashlag, fils du rav Yéhouda Ashlag - séfer HaMaamarim - 5744 - maamar 9 ]
Sachez que les 22 lettres de l’Aleph-Bet sont représentées sur le front d’une personne. Chaque lettre reflète une partie de l’âme, révélant ce qui est entier et ce qui doit être réparé.
[Arizal - Shaar Roua'h HaKodech ]
Des Dames portant les tsitsit
+ Des Dames portant les tsitsit :
-> Si les dames ne portent pas de Tsitsit (voir Ora'h 'Haïm 17:2), certaines font exception.
La guémara (Ména'hot 43a) relate que Rabbi Yéhouda plaçait un Tékhélet aux 4 coins de l’habit de sa femme.
Rabbi Amram ‘Hassida en faisait de même (guémara Soucca 11a).
[Rabbi Yehouda et Rabbi Amram ‘Hassida tiennent que les Tsitsit sont un commandement positif qui ne dépend pas du temps (mitsva assé chélo azman grama), et donc, qui s’applique aussi aux dames (voir Rachi s.v. לפרזומא et Tossafot sur Soucca 11a, s.v. דרב עמרם]
-> Le Levouch (Hilkhot Tsitsit 17:2) écrit que même si pour les commandements liés au temps, comme celui de la Soucca ou du Loulav, le dames les réalisent et prononcent alors une bénédiction, cela n’inclut pas les Tsitsit à l’exception d’une sur 1000 comme Mikhal bat Shaoul et de très rares autres. Très majoritairment, les dames n’ont pas à porter de Tsitsit.
-> On dit que la 1ère Rabbanite du Ohr ha’haïm hakadoch (1696-1743) portait Talith et Tefilin comme Mikhal bat Shaoul.6 La seconde épouse du Rav ‘H.Ben-Attar en fit de même. [Sefer Maassé Tsadikim 1:2, écrit par Rav Avraham Ha-Levi Ibn Shoushan]
-> Le Maharil (1365-1427) écrit avoir vu une dame porter des Tsitsit dans son voisinage, mais il y voit une pratique étrange, considérée comme de la orgueil (gaava) pour des ignorants (הדיוטות).
-> Concluons avec le commentaire du Targoum Yonathan (sur Devarim 22,5) : une dame ne doit pas porter de vêtement masculin, une dame ne doit pas porter de Tsitsit et de Tefilin.
[d'après le rav Yéhochoua Alt]
Les femmes & mitsva de la Soucca
+Les femmes & mitsva de la Soucca :
-> Tossefot (Pessa'him 108b) demande pourquoi les femmes n'ont pas l'obligation de la mitsva de la Soucca.
Le principe "bien qu'elles aussi eussent fait partie du miracle" (af én ayou béoto anéss), oblige les femmes à boire 4 verres de vin à Pessa'h, à la lecture de la Méguila à Pourim et à allumer les nérot à 'Hanoucca.
En tant que bénéficiaires de ces miracles, elles aussi doivent participer et accomplir ces mitsvot.
Lorsque les Bné Israël étaient dans le désert, tout le monde, y compris les femmes, fut protégé par les souccot des Nuées de Gloire (Anané HaKavod). Par conséquent, logiquement, elles devraient elles aussi avoir l'obligation de participer à la commémoration de ce miracle, et devraient être tenues de s'asseoir dans la soucca.
Tossefot répond que ce principe (ci-dessus) ne s'applique uniquement aux mitsvot déRabbanan, et non aux mitsovot déOraïta (issues de la Torah).
-> Souccot n'est pas simplement une célébration du fait d'être les bénéficiaires des Anané HaKavod, un miracle dont les femmes ont autant profité que les hommes.
Souccot célèbre en réalité le retour des Anané HaKavod (qui sont parties suite à la faute du Veau d'or), annonçant le rétablissement de la relation privilégiée entretenue par le Klal Israël avec Hachem.
[le Gaon de Vilna dit que "vératsita banou" = et Tu nous as désirés = cela correspond à Souccot, qui symbolise le fait que Hachem nous désire suite à l'acceptation de notre téchouva après notre faute du Veau d'or, démontrant Son amour.]
La faute du Veau d'or, qui précipita le départ des Anané HaKavod, fut perpétré par les hommes du peuple juif et non par les femmes.
Le Tour (Ora'h 'Haïm - siman תיז) rapporte qu'à l'origine, Roch 'Hodech fut donné comme Yom Tov aux 12 tribus (chévatim), aussi bien hommes et femmes, mais ce Yom Tov fut retiré aux hommes. Roch 'Hodech demeura néanmoins en tant que Yom Tov pour les femmes, car elles n'avaient jamais servi le Veau d'or.
De même, le rav Akiva Eiger note, à propos de la coutume de ne pas porter de bijoux en or à Yom Kippour, car cela rappelle le Veau d'or (cela va venir nous accuser davantage), et les femmes, qui n'ont pas participé au Veau d'or elles peuvent porter de tels bijoux à Yom Kippour.
[en effet, on leur a pris de force leurs bijoux, mais dans leur grandeur elles ne voulaient pas participer à cette idole! ]
Ainsi, le 'Hatam Sofer (drachot - chénat תקצה) explique que puisque les femmes n'ont pas participé ) ma faute du Veau d'or, elles n'ont jamais été exclues des Anané HaKavod et leur relation avec Hachem n'a jamais faibli ni vacillé.
Ainsi, n'ayant jamais perdu l'ombre et la protection des Nuées de Gloire, les femmes ne sont pas obligées de commémorer leur retour. Seuls les hommes ont été privés des Anané HaKavod ; les femmes bénéficièrent continuellement, sans interruption, de la protection des Nuées de Gloire.
Elles ne sont donc pas incluses dans la célébration de leur retour, raison pour laquelle elles sont dispensées de l'obligation de s'asseoir dans la soucca.
[ainsi, leur dispense de cette mitsva n'est pas le signe qu'on dénigre les femmes, mais plutôt cela renvoie à leur grandeur! ]
Avant de faire téchouva, nos mitsvot nous sont comme arrachées
+ Avant de faire téchouva, nos mitsvot nous sont comme arrachées :
-> Le Rambam (Hilkhot Téchouva 7,6) met en contraste le statut du baal téchouva avant et après qu'il a fait téchouva.
Il explique que : hier, le fautes de cette personne provoquèrent une séparation entre lui et Hachem, au point que ses cris et appels à l'aide restèrent sans réponse, comme le dit le verset : "Même si tu intensifiais ta prière, Je n'écouterai pas" (Yéhayahou 1,15).
Selon le Rambam : avant de faire téchouva, quand on fait une mitsva, "ils la retirent de devant lui".
-> Pourtant, même les mitsvot du pire racha lui sont attribués et lui apportent du quand même du mérite, comme il est enseigné : "Hachem prive aucune créature de sa récompense" (guémara Baba Kama 38b).
Ainsi, un racha est forcément récompensé pour chaque action qu'il accomplit
=> Comment comprendre les paroles du Rambam?
-> Le Ba'er Hétev (Ora'h 'Haïm - siman תקע) fait un commentaire énigmatique difficile à comprendre. Il écrit que toutes les bonnes actions qu'un racha accomplit et toute la Torah qu'il étudie avant de faire téchouva fournissent une force supplémentaire aux klipot, aux écorces (c'est-à-dire, la sitra a'hra, les forces du mal), jusqu'à ce qu'il fasse téchouva.
Les mitsvot accomplies et la Torah étudiée avant de faire téchouva ne sont pas seulement considérées comme non méritoires, mais elles renforcent en fait les forces du mal.
-> Un verset semble exprimer une idée similaire : "Mais aux réchaïm Hachem dit : "Dans quel but rapportes-tu Mes décrets et portes-tu Mon alliance sur tes lèvres?"" (Téhilim 50,16).
Hachem informe le racha que son étude n'est ni appréciée, ni désirée, ni valorisée.
Ainsi cela semble confirmer que si une personne n'ayant pas fait téchouva accomplit une mitsva, elle ne sera pas bénéfique. Ses mitsvot, pour une raison ou une autre, aggravent sa situation, elles lui sont préjudiciables. Le racha renforce la puissance des forces négatives en accomplissant des mitsvot.
=> Le Beit HaLevi (hakdama Beit haLévi) cite cette idée du Ba'er Hétev pour expliquer le Rambam ci-dessus. Ainsi, comment comprendre le fait qu'avant de faire techouva, les bonnes actions d'une personne lui sont retirées. Lorsqu'un racha réalise une mitsva ou étudie la Torah, la sitra a'hra ou les Accusateurs s'en emparent et l'utilisent pour renforcer les forces du mal.
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+ Un racha est-il récompensé dans ce monde? :
-> Le 'Hida (Dévarim A'hadim - drouch 20 léShabbath Shouva) discute du concept selon lequel un tsadik qui commet une faute (avéra) peut recevoir sa punition dans ce monde afin de ne pas être puni dans le monde à Venir.
D'un autre côté, si un racha accomplit une mitsva ou deux, il peut recevoir sa récompense dans ce monde, de sorte à ne pas recevoir de récompense dans le monde à Venir.
Le 'Hida se demande pourquoi Hachem, qui est le Av HaRa'haman (Père miséricordieux), ne permet pas au racha de recevoir sa récompense au monde à Venir, où ces bienfaits seraient bien mieux appréciés.
Le 'Hida explique qu'en réalité, le racha ne devrait recevoir aucune récompense pour les mitsvot qu'il accomplit. Lorsqu'un racha accomplit une bonne action, non seulement elle ne lui est pas comptée comme mitsva, mais elle profite à la sitra a'hra (force du mal).
Le 'Hida affirme que les mitsvot d'un racha sont cataloguées comme des avérot à son compte. Ainsi, lorsqu'il secoue un loulav, sonne du chofar, respecte le Shabbat, non seulement ces actions ne constituent pas de véritables mitsvot, mais elles sont assimilées à des avérot.
Puisque le racha n'a donc aucune mitsva à son actif, il n'a aucune récompense à recevoir au monde à Venir (olam aba). Et c'est précisément parce que Hachem a pitié de lui qu'il reçoit néanmoins une récompense dans ce monde. Mais, en réalité, comme ses actions ajoutent de la force à la sitra a'hra, il ne peut prétendre à aucune récompense.
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+ Le pouvoir du Léchem Yi'houd = ne pas donner de force aux forces du mal :
-> Il existe un différend parmi les décisionnaires pour savoir si les mitsvot nécessitent une intention (kavana), ou si les ne nécessitent pas d'intention (kavana).
Autrement dit, une personne a-t-elle l'obligation d'avoir une kavana spécifique pour accomplir cette mitsva particulière au moment de l'action?
Le Choul'han Aroukh (60,4) déclare que l'accomplissement d'une mitsva nécessite de la kavana, tandis que d'autres Richonim ne sont pas d'accord.
Même ceux qui soutiennent que les mitsvot ont besoin de kavana conviennent qu'il n'y a aucune obligation d'exprimer l'intention en déclarant "leChem yi'houd" avant d'accomplir une mitsva. Après tout, il est dit que les mitsvot nécessitent la kavana, mais non la "amira", la parole.
De plus, les mitsvot nécessitent une kavana signifient qu'il faut avoir de la kavana pour faire une mitsva, mais qu'une personne n'a pas besoin d'avoir de la kavana quant à ce que la mitsva produit.
[l'idée est que pour tous nos Sages la prière préalable à une mitsva de "lechem yi'houd" n'est pas obligatoire. ]
=> Pourquoi, alors, beaucoup de gens récitent-ils une prière de Léchem Yi'houd avant d'accomplir une mitsva?
-> Le rav Zéra'h Bidelitz (Ohr Layécharim p.48-49), un contemporain du Noda BiYéhouda, donne l'explication suivante :
Il cite l'enseignement mentionné ci-dessus selon lequel les mitsvot accomplies par un racha sont détournées par la sitra a'hra, qu'elles renforcent, et que ces mitsvot peuvent en fait être considérées comme des avérot, car elles alimentent les forces négatives.
Mais il existe un moyen de garantir que la sitra a'hra ne puisse pas voler ses mitsvot. Il doit stipuler la condition suivante : déclarer qu'il souhaite accomplir la mitsva seulement si elle sera mékadech Chem Chamayim, qu'elle sanctifiera le Nom de Hachem.
Mais si, pour une raison quelconque, il est compté comme racha et que toute mitsva qu'il accomplit sera attribuée à la sitra a'hra, alors, affirme-t-il, par la présente, il exprime l'intention de ne pas accomplir la mitsva.
Par conséquent, Léchem Yi'houd, que ma mitsva ne soit efficace que si elle n'est pas saisie et utilisée par la sitra a'hra, mais qu'elle sanctifie plutôt le Nom de Hachem.
Cette stipulation doit être prononcée à voix haute, car les anges ne sont pas en mesure de déterminer ce que pense une personne. Cette condition empêche les anges de la sitra a'hra de détourner ses mitsvot.
Elle est efficace parce que tout le monde, même ceux qui soutiennent que les mitsvot n'ont pas besoin de kavana, conviennent qu'avoir une kavnna négative, avoir la kavana de ne pas accomplir une mitsva, est suffisant pour garantir que la mitsva ne sera pas accomplie, ou, dans ce cas, ne pourra être réalisée que de manière à procurer du mérite à la personne.
Ainsi, la compréhension de rav Zéra'h Eidelitz est qu'on récite cette prière au préalable à une mitsva dans un but d'empêcher nos mitsvot de passer dans le camp des forces négatives. C'est une condition permettant à la mitsva de ne pas se réaliser si son accomplissement la ferait renforcer les forces du Mal.
-> Le Yisma'h Moché (parachat Ki Tissa) exprime la même idée :
Lorsque les Accusateurs (mékatréguim), entendent une personne exprimer la condition qu'elle ne veut spécifiquement pas se voir attribuer la mitsva si elle ne va pas directement à Hachem (et non aux forces du mal), ils reculent immédiatement, car ils ne pourront en aucun cas s'emparer d'une mitsva pour laquelle l'auteur se désengage.
Cette procédure fonctionne donc réellement au profit de la personne qui accomplit la mitsva, car à présent, celle-ci est dégagée et libre de monter vers Hachem, puisque les Accusateurs ne cherchent plus à s'en emparer.
Et grâce à la condition que j'ai exprimée (dans le Léchem Yi'houd), je n'ai plus à me soucier des Accusateurs.
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+ Comprendre le concept : les mitsvot d'un racha ne constituent pas des mérites :
-> Le Noda BeYéhouda (Ahavat Tsion - drouch 2) explique que le Rambam écrit que les mitsvot d'un racha sont "arrachées de devant lui", cela signifie qu'elles lui sont retirées dans le monde à Venir.
Le racha est récompensé pour ses mitsvot uniquement dans ce monde, et non dans le monde Futur.
C'est la raison pour laquelle le Rambam a ajouté le mot "béfanav" (devant lui) ; c'est-à-dire dans ce monde.
-> Le Beit HaLévi (hakdama Beit haLévi al haTorah) cite un Yalkout (Hochéa - remez תקכט) énigmatique déclarant que celui qui a commis une avéra et est gêné de faire techouva devrait l'échanger contre des bonnes actions et ensuite faire téchouva.
C'est comme quelqu'un qui a de mauvaises pièces. Dans le but d'obtenir de bonnes pièces, il les donne à un changeur avec quelques pièces supplémentaires, et celui-ci lui remet ensuite de bonnes pièces.
=> Que signifie le Yalkout? Si quelqu'un est gêné de faire téchouva, qu'échange-t-il contre des bonnes actions? Et en quoi est-ce similaire à celui qui échange des pièces?
Le Beit HaLevi cite les paroles du Rambam selon lesquelles si un racha fait une mitsva, cette dernière lui est retirée. Il rapporte également le concept du Ba'er Hétev, selon lequel les mitsvot réalisées par un racha renforcent la sitra a'hra (forces du mal). Il s'appuie ensuite sur ces idées pour expliquer le Yalkout.
Si un racha désire faire téchouva, quelle devrait être sa première étape? Doit-il faire téchouva sur ses avérot, ou doit-il commencer à réaliser des mitsvot?
Suivant le raisonnement que nous avons développé selon les propos du Rambam et du Ba'er Hétev, il semblerait logique que la première étape du racha soit de faire téchouva, puisque les mitsvot réalisées avant son repentir ne seront pas comptées comme des mérites, mais plutôt comme des fautes qui bénéficieront à la sitra a'hra. Sans faire téchouva au préalable, les mitsvot n'accomplissent rien. Détourne-toi d'abord du Mal, et ensuite seulement fais le bien (Téhilim 34,15).
Le Beit HaLévi avance que le Yalkout nous enseigne pourtant que cette approche est incorrecte.
Même si la mitsva d'un racha lui est arrachée, et même si ses mitsvot renforcent la sitra a'hra, la première étape de la téchouva doit toujours être d'accomplir les mitsvot et des bonnes actions.
Ensuite, lorsque quelqu'un finit par faire téchouva, celle-ci éradique non seulement les avérot commises, mais elle contribue également à rétablir les mitsvot volées par la sitra a'hra.
Les mitsvot qu'il a accomplies alors qu'il était encore racha, avant son repentir, lui seront finalement recréditées rétroactivement lorsqu'il fera téchouva.
Si quelqu'un choisissait de n'accomplir aucune bonne action, aucune mitsva, jusqu'à être parvenu à faire téchouva, lorsque ce jour arrivera enfin, il se retrouvera dénué de mitsvot. Sa téchouva atténuera les effets des avérot, mais elle ne lui procurera pas les mérites qu'il aurait pu gagner s'il avait entrepris d'accomplir des mitsvot depuis le début, même avant de faire techouva.
Ainsi, souligne le Beit HaLévi, un racha est lui aussi obligé de faire toutes les mitsvot, même s'il ne s'est pas encore repenti.
Il doit absolument s'efforcer de faire téchouva, et même si cela le gêne et qu'il n'est pas prêt à se repentir, il doit s'engager à accomplir toutes les mitsvot possibles.
Ensuite, lorsqu'il fera finalement techouva, il pourra échanger ces mitsvot, réalisées alors qu'il était racha, contre des mitsvot qui constitueront de véritables mérites à son crédit. Tel est le sens du Yalkout.
La parabole des pièces de monnaie du Yalkout est ainsi également expliquée. Si quelqu'un possède de mauvaises pièces, il doit verser au changeur quelques pièces supplémentaires et il recevra de bonnes pièces en échange. Si la personne ne possède aucune pièce de monnaie, elle n'aura rien à échanger et ne pourra donc rien recevoir du changeur.
Ainsi, tant qu'il est encore racha, mieux vaut collecter des mitsvot, "mauvaises pièces", et avoir quelque chose à échanger contre de bonnes pièces une fois qu'il a fait téchouva plutôt que de n'avoir aucune pièce du tout, de peur que, lorsqu'il voudra payer le "changeur", avec sa téchouva, celui-ci n'aura rien à lui donner. S'il continue toutefois à engranger des mitsvot avant de faire téchouva, ses mauvaises pièces seront alors considérées comme de bonnes pièces.
=> L'argument fondamental du Beit HaLévi est que même si les mitsvot d'un racha lui sont volées, elles lui seront restituées lorsqu'il fera téchouva. Quelle aubaine devient alors sa techouva.
Pendant une année entière, les mitsvot accomplies par le racha ne sont pas créditées sur son compte bancaire spirituel. Elles sont conservées sous séquestre spirituel pour lui, afin d'être mises à disposition ultérieurement.
Lorsqu'une personne fait alors techouva, non seulement elle nettoie les fautes et les imperfections de sa néchama, mais dès lors, son compte bancaire se retrouve instantanément inondé des mérites et des mitsvot ayant été retenus pour lui et qui lui sont à présent restitués.
C'est comme une liquidation instantanée de toutes les dettes retenues contre lui et en même temps gagner à la loterie.
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+ L'approche de rav Itshak El'hanan Spector qui introduit des exceptions à la règle :
-> Le rav Its'hak El'hanan Spector (Na'hal Itsah'k - 'hochen michpat début chaar partie 2) affirme que certaines mitsvot effectuées par un racha sont intouchables et ne seront pas saisies. Elles échappent au fait d'être détournées, et restent au crédit de l'individu les ayant accomplies, même s'il était un racha au moment où elles furent réalisées.
Les mitsvot ayant été accomplies lichma ne sont pas retirées à un racha. Une mitsva effectuée lichma va directement sur son compte sécurisé au Ciel et ne peut être touchée.
Le rav Spector ajoute que si une mitsva accomplie lichma est intouchable par la sitra a'hra, alors la mitsva de tsedaka l'est également.
Il explique que la mitsva de tsedaka diffère des autres mitsvot de la Torah. En effet, pour les autres mitsvot, comme la soucca, le shofar, les tefiline, consommer la matsa, l'objectif de la mitsva est l'action devant être accomplie. Le fait de s'asseoir dans la souka constitue la mitsva. L'acte de manger la matsa est la mitsva. Cependant, la tsédaka fonctionne différemment. La mitsva consiste en ce que l'indigent reçoive votre aide.
Mais l'action physique réelle consistant à fouiller dans votre portefeuille, à retirer de l'argent pour le remettre au pauvre ne constitue pas en soi une mitsva. En fait, celle-ci ne réside pas dans l'acte lui-même, mais plutôt dans le résultat de l'action : la personne pauvre peut désormais acheter de la nourriture.
Pour ce type de mitsva, constituée par l'effet, le résultat de l'acte plutôt que par l'action elle-même, le fait qu'elle soit accomplie lichma importe peu. Le pauvre ne se soucie absolument pas des intentions du donateur ; l'essentiel pour lui, c'est d'avoir désormais de l'argent pour acheter de la nourriture pour sa famille.
L'effet, la nourriture que mange sa famille, a exactement le même goût, qu'elle ait été reçue ou non grâce à un processus lichma. Le résultat constitue ce qui est important dans la mitsva de tsedaka, et il ne dépend pas de la kavana, du fait qu'elle ait été accomplie lichma ou non.
Puisque seul le résultat compte et qu'il ne dépend pas de la kavana d'une personne, donner la tsédaka de quelque manière que ce soit, lichma ou non, équivaut à faire une autre mitsva lichma.
Par conséquent, la tsedaka est une autre mitsva intouchable que la sitra a'hra ne pourra jamais subtiliser au racha qui l'accomplit.
Cela, explique le rav Spector, signifie que même si nous maintenions que les mitsvot nécessitent de la kavana, comme la mitsva de tsédaka n'en a pas nécessairement besoin, elle constitue une exception, puisque le principal n'est pas l'action, mais plutôt le résultats.
-> La guémara (Sanhédrin 102b) affirme qu'A'hav était très philanthrope ; il donna une grande partie de sa fortune et Hachem ignora donc ses avérot. Le rav El'hanan Spector est troublé par la façon dont Hachem ferma les yeux sur ses avérot du fait de ses mitsvot.
A'hav avait accompli ces mitsvot alors qu'il était un racha, et elles ne devaient pas lui être comptées comme des mérites jusqu'à ce qu'il eut fait techouva.
Toutefois, en ayant recours au principe susmentionné, puisque la tsédaka est une mitsva intouchable, A'hav bénéficia du mérite de sa tsedaka pour l'aider à surmonter ses avérot, même si celle-ci fut donnée alors qu'il était racha.
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+ Une autre approche : une faute atténue les effets positifs d'une mitsva :
-> La guémara (Sotah 21a) rapporte qu'une faute éteint une mitsva (mitsva mé'habé avéra).
Il s'agit d'une autre façon de comprendre comment les mitsvot qu'une personne effectue avant de faire téchouva sont saisies. Chaque mitsva possède une certaine lumière qui brille sur l'âme (néchama) d'une personne.
Certaines mitsvot offrent également des "avantages secondaires", comme la protection de la personne l'ayant accomplie.
Les mitsvot sont également bénéfiques dans le sens où la récompense pour les avoir accomplies est la possibilité d'en accomplir une nouvelle. Comme l'enseigne la michna : "une mitsva conduit à une autre mitsva" (mitsva korérét mitsva - Pirké Avot 2,3).
Il existe de nombreux bienfaits spirituels et mystiques découlant de l'accomplissement d'une mitsva dont on peut bénéficier dans ce monde et le monde à Venir.
Un racha qui accomplit une mitsva sera très certainement récompensé pour cela, tout comme un tsadik. Cependant, l'action de commettre une avéra ternit les mitsvot accomplies.
La faute atténue la lumière spirituelle de la mitsva et les bénéfices secondaires ne seront pas accessibles à la personne.
C'est à ces avantages secondaires que le Rambam fait référence lorsqu'il écrit que les mitsvot d'un racha lui sont arrachées.
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+ Autre exception : le mérite de l'étude de la Torah ne peut jamais être retirée par les forces du mal :
-> Cette même guémara déclare également que même si la faute éteint les mitsvot, elle ne peut agir de même avec la Torah.
Le rav Its'hak El'hanan Spector explique que puisqu'A'hav utilisait son argent pour soutenir les talmidé 'hakhamim, ses fautes n'éteignirent pas les mitsvot qu'il avait accomplies pour soutenir la Torah.
Ce concept limite encore le type de mitsvot pouvant être récupéré par la sitra a'hra. L'étude de la Torah et le soutien apporté à ceux qui l'étudient ne peuvent être supprimés, car soutenir l'étude de la Torah équivaut à l'étudier soi-même.
Par conséquent, affirme le Chem MiChmouel (Roch Hachana p.69), le Rambam écrit spécifiquement que lorsque le racha fait une mitsva, elle est saisie de devant lui. Le Rambam ne dit pas que si un racha étudie la Torah, elle lui est retirée, car il n'en est pas ainsi pour l'étude de la Torah.
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+ La compréhension du Steïpler :
-> Le Steipler (Krayna Dé'Igrata 2,106) fut interrogé sur l'enseignement du Rambam selon lequel que quand on fait une mitsva, "ils la retirent de devant lui" (ossin mitsva vé'hotfin béfanav).
Il répondit :
D. préserve, de dire que les mitsvot d'un racha ne sont pas considérées comme telles. La vérité est que même un meurtrier, un voleur, un adultère, ou même celui qui est coupable de toutes les fautes (avérot) de la Torah, recevra la même récompense qu'un tsadik pour les mitsvot qu'il accomplit.
L'idée postulée selon laquelle les mitsvot d'un racha sont emportées, détournées, par la sitra a'hra, est un concept distinct que nous ne pouvons pas comprendre sans connaître la kabbale.
Chaque mitsva qu'une personne accomplit exerce une certaine influence sur l'âme (néchama). Celle-ci est alors amenée à faire davantage de mitsvot, et l'âme désormais illuminée est mieux connectée à Hachem.
Même si un racha reçoit une récompense pour avoir accompli des mitsvot, sa néchama ne bénéficiera pas d'un lien plus fort avec Hachem, et la mitsva n'aura pas la même influence sur son âme. Par la suite, lorsqu'une personne effectue une téchouva, elle bénéficiera rétroactivement de tous les bénéfices qu'elle aurait pu recevoir en accomplissant la mitsva sans être souillée par la faute.
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+ L'enseignement du rav Isaac Cher :
-> Le rav Isaac Cher (Léket Si'hot Moussar), roch yéchiva de Slabodka et gendre de l'Alter de Slabodka, offre un autre aperçu de la compréhension du Rambam.
Un autre enseignement de cette guémara est que les mitsvot protègent et sauvent une personne (méguin et matsil). Mais cela ne s'applique que s'il ne s'agit pas d'un racha qui, lui, sera récompensé pour les mitsvot qu'il accomplit, mais ne recevra pas la protection, le soutien et le salut qu'une mitsva lui aurait sinon apportés.
Ainsi, un racha qui fait une mitsva sera récompensé pour cela, mais il perdra d'autres aspects ayant normalement un impact positif sur l'auteur d'une mitsva. Qu'il s'agisse de la lumière, de la protection ou de l'influence, ces avantages supplémentaires ne seront pas disponibles pour le racha qui fait une mitsva, jusqu'à ce qu'il fasse téchouva.
-> Le Choul'han Aroukh HaRav (Hilkhot Tamidé Torah4,3) apporte cette idée sous le nom de halakha lémaassé. Même un racha qui n'accepte pas le joug de la Torah peut accomplir des mitsvot, mais elles ajouteront de la force aux klipot. Au bout du compte, lorsque la personne fera téchouva, que ce soit dans cette vie ou dans un futur guilgoul (réincarnation), les mitsvot et les mérites seront tous rétablis.
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+ La bat kol de Motsaé Yom Kippour :
-> Tossefot (Yoma 87b) cite un midrach déclarant qu'à la sortie de Yom Kippour, une bat kol (voix du Ciel) crie "Va, mange ton pain avec joie" (lé'h é'hol bésim'ha la'hmékha).
Toutefois, Tossfot ne cite pas l'intégralité du verset : "Va, mange ton pain avec joie et bois ton vin d'un cœur joyeux, car Hachem a déjà approuvé tes actes" (Kohélet 9,7). Le verset conclut que parce que Hachem désire déjà tes actes, Il est déjà content de toi.
Le Chem miChmouël (Roch Hachana p.104-105) explicite "car Hachem a déjà approuvé tes actes" (ki kévar ratsa aElokim ét maassé'ha).
Pourquoi le verset dit-il "kévar" (déjà), si ce n'est que maintenant, après Yom Kippour, quand nous avons fait téchouva, que Hachem désire nos actions?
Nous n'avons pas fait téchouva avant aujourd'hui, Yom Kippour, donc le verset devrait dire "hayom" (aujoud'hui), pour aujourd'hui Hachem a approuvé tes actes.
Lorsqu'une personne fait téchouva, comme nous l'avons expliqué précédemment, ce n'est pas seulement à partir de maintenant que Hachem aspire aux mitsvot du repentant.
Lorsqu'une personne fait téchouva, toutes les mitsvot qu'elle a accomplies trouvent rétroactivement grâce aux yeux de Hachem. Hachem a toujours aimé les actions qui sont aujourd'hui des mitsvot.
À la sortie de Yom Kippour, Hachem nous informe via la "bat kol" qu'il faut manger du pain avec joie, boire du vin avec joie (bésim'ha).
Pourquoi cela? Hachem explique : parce que non seulement J'aime maintenant vos mitsvot, mais rétroactivement J'ai toujours aimé toutes les mitsvot que vous avez accomplies au cours de l'année écoulée.
Le Chem MiChmouel explique ainsi Tossefot : Hachem nous dit à la sortie de Yom Kippour que la personne qui a fait téchouva récupère ses mitsvot, elles lui sont toutes restituées rétroactivement.
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-> Après Kippour, nous avons la fête de Souccot qui a une mitsva unique : celle d'être joyeux (a'h saméa'h). Cette joie n'est pas seulement générée par le fait d'avoir été pardonnés (à Kippour), mais par celui que l'expiation (kappara) de Yom Kippour nous permet rétroactivement d'accéder aux multitudes de mitsvot de toute l'année dont nous n'avions pas été en mesure de tirer profit.
La prière est l’avoda de Roch Hachana
+ La prière est l'avoda de Roch Hachana :
-> La prière est la façon dont nous nous rapprochons d'Hachem.
L'objectif principal sur lequel nous devons nous concentrer pendant Roch Hachana est nos prières.
[...]
Roch Hachana est un jour entièrement consacré à la prière. Nous sommes préoccupés toute la journée par les prières ; nous ne disons aucun vidouï (confession de nos fautes).
Grâce à nos prières à Roch Hachana, nous pouvons mériter une année de gépula et de yéchoua (collective et/ou individuelle).
Les prières sont notre source de vie. Tout ce qui se passe tout au long de l'année, pour chacun et pour tout, est basé sur ces prières.
La avoda de ces prières, de les dire et se concentrer sur elles, est si importante que grâce à cette avoda, chacun d'entre nous peut devenir une nouvelle création et un tsadik complet.
[...]
À Roch Hachana, par les mots de nos prières, nous reconnaissons le Maître du monde (boré olam). Nous reconnaissons Avraham, le pilier du 'hessed ; Its'hak, le pilier de la crainte d'Hachem (qui maintient le monde en existence) ; et Yaakov, le pilier de la Torah.
Nous passons deux jours entiers sans penser à nous-mêmes. Nous deviendrons automatiquement des personnes différentes.
La prière, la prière, la prière, c'est l'avoda de Roch Hachana.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot ]