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La Hitbodédout

La hitbodédout se trouve à un niveau particulièrement élevé, bien au-dessus de tous les niveaux.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan II, 25 ]

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-> L'un des enseignements les plus importants et les plus connus de Rabbi Na'hman concerne la prière en particulier, la prière qu'on dit en s'isolant. Cette pratique, connue sous le nom de hitbodédout, constitue le niveau ultime de nos rapports avec Hachem.
Elle nous offre l'occasion de mettre à découvert tous nos sentiments intérieurs (les plus intimes), les succès et les frustrations, les joies et les tristesse de chaque jour.
Par la hitbodédout, nous nous examinons et réexaminons, corrigeons les fautes et les erreurs du passé et recherchons en même temps la bonne voie pour le futur ...

Rabbi Nathan de Breslev écrit que Rabbi Na'hman n'accéda au niveau qu'il devait atteindre que grâce à la pratique de la hitbodédout (Chiv'hé Haran - début).
Mais pas seulement lui. Rabbi Na'hman disait lui-même : "Tous les Tsadikim ne purent accéder à ces hauts niveaux spirituels que grâce à la pratique de la hitbodédout" (Likouté Moharan II, 100).

-> Rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan II, 95 - 101, ... ) enseigne :
Efforce-toi au maximum de passer au moins une heure par jour à t'isoler pour méditer. Exprime-toi dans ton propre langage ; utilise la langue que tu connais le mieux. Parle de tout ce qui t'arrive. Avoue tes fautes, qu'elles soient intentionnelles ou non.
Adresse-toi à Hachem comme on s'adresse à un ami. Raconte-Lui ce que tu ressens, parle-Lui de tes peines et de tes souffrances, de ce qui te fait mal; de ta situation personnelle, celle de ta famille et celle du Peuple juif en général.
"Raisonne" avec Hachem de toutes les façons que tu peux, plaide bien ta cause. Harcèle-Le sans répit.
Implore-Le de te rapprocher vraiment de Lui. Crie, gémis, soupire et verse des larmes.
Remercie-Le pour tout l'amour qu'Il a manifesté à ton égard, dans le domaine aussi bien matériel que spirituel.
Entonne des chants en Son honneur et à Sa gloire ; chante Ses louanges et demande-Lui tout ce qui te manque dans tous les domaines.
Sois fermement convaincu que la satisfaction qu'Il retire de telles conversations, même si elles émanent des gens les plus simples, est plus précieuse à Ses yeux que toutes les sortes de dévotions, même celles des anges, de tous les univers.
Même si tu n'arrives pas du tout à ouvrir la bouche, le seul fait de te présenter devant Lui, de mettre toute ta confiance en Lui, de lever les yeux au Ciel et te forcer à ne prononcer ne serait-ce qu'une seule parole, tout cela dure (laisse un impact) éternellement.

-> "Si l'on réserve chaque jour un certain temps pour parler avec Hachem, on aura sûrement le privilège de se rapprocher de Lui. On peut faire cela durant des jours et des années sans effet apparent, mais il faut persévérer, car on aboutira en fin de compte au but recherché.
C'est ainsi que le roi David conçut le Livre des Téhilim. Rabbi Na'hman explique que c'était essentiellement la nuit, lorsqu'il se trouvait sous ses couvertures, que le Roi s'isolait avec Hachem. A l'abri des regards importuns, il épanchait ainsi chaque nuit son cœur devant l'Eternel. Il continua à agir de la sorte jusqu'à ce que ses prières fussent exaucées".
[Si'hot haRan 68 ]

-> Rabbi Nathan de Breslev disait : "Tout au long des enseignements de Rabni Na'hman, nous trouvons des conseils exceptionnels sur la dévotion divine et notre rapprochement avec Hachem. Ces conseils sont néanmoins parfois extrêmement difficiles à suivre.
Le seul conseil qui ait constamment le pouvoir de nous élever aux grands niveaux spirituels que nous souhaitons atteindre est la pratique de la hitbodédout.
[Likouté Moharan II, 101 ]

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+ La grandeur de la hitbodédout :

-> La hitbodédout est une forme d'inspiration divine.
C'est ainsi que le roi David composa le livre de Téhilim. Il s'éleva lui-même pour parler et prier devant Hachem.
"A Toi, mon cœur parle" (Téhilim 27,8). Rachi explique : "A Toi, à Ton service, comme Ton messager, mon cœur parle".
Son cœur servait de messager d'Hachem, lui faisant prononcer les paroles envoyées par Hachem Lui-même pour qu'il pût prier devant Lui. C'est à partir de ces paroles, inspirées de la Divinité, que le Livre des Psaumes (Téhilim) fut composé. Le niveau d'inspiration divine de chaque personne est déterminé par l'intensité avec laquelle elle s'imprègne de ces paroles qui proviennent d'Hachem.
[Likouté Moharan I, 56 ]

-> Essayez de vous imaginer l'entrée du Grand Prêtre (Cohen Gadol) dans le Saint des Saints le jour de Kipour, seul jour de l'année où il en avait la permission. Décrivant son apparence, la liturgie souligne qu'il ressemblait à "quelqu'un d'assis, seul, priant devant Dieu".
Rabbi Nathan de Breslev disait : "Imaginez le Grand Prêtre entrant dans le Saint des Saints. Il ressemble au fidèle assis qui déverse son cœur devant Hachem". [séfer Histafkout haNéfech - Introduction]
[ainsi nous pouvons pour dire, grâce à la hitbodédout, entrer librement dans le Saint des Saints chaque jour de l'année! ]

-> Rabbi Na'hman donnait l'analogie suivante : "Les brigands tendent généralement à se réunir dans les carrefours de routes fréquentées, à la recherche d'une victime innocente. Quiconque veut les éviter doit emprunter un nouveau chemin qui leur est inconnu.
Il en est de même pour la prière. Les prières standards, récitées par tout le monde, sont bien connues des "brigands", les détracteurs et les forces du mal.
La hitbodédout est une voie complètement nouvelle. Changer d'attitude, utiliser des termes nouveaux et des supplications originales, cela sème la confusion au sein de ces "brigands" spirituels. Nos prières s'élèvent alors sans encombre".
[Likouté Moharan II, 97 ]

-> Rabbi Nathan de Breslev écrit : "Vous pouvez aisément le vérifier : si vous pratiquez la hitbodédout pendant 40 jours de suite, je vous garantis que vous verrez des résultats" (Avané'ha Barzel - p.66).

-> Rabbi Nathan (Si'hot haRan 185) écrit :
"Rabbi Na'hman prescrivait différentes dévotions à chacun de ses disciples ...
Il y avait cependant une méthode qu'il recommandait à tous: c'était l'étude quotidienne des lois juives. "Même lorsqu'une personne ne dispose pas de temps, disait-il, elle doit étudier au moins une loi dans le Choul'han Aroukh chaque jour." Une autre pratique qu'il recommandait de manière générale était de s'isoler chaque jour pour prier devant Hachem. Ces deux choses sont recommandées à chacun, car il a la possibilité de les accomplir.
Tout ce que je prescris aide beaucoup et constitue un remède pour le passé et le futur; cela vous aidera à passer devant le Tribunal Céleste après la mort ; vous connaîtrez par là l'époque du machia'h, la résurrection des morts et cela vous aidera dans le Monde à Venir."

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-> Rabbi Na'hman (Likouté Moharan II, 98) enseigne : "Le langage a le pouvoir extraordinaire d'éveiller le cœur de l'homme pour servir Hachem. Ainsi, même sı tu sens que te paroles manquent de vigueur, continue à les dire. Un moment après, ces paroles "dépourvues de cœur" t'inciteront à servir Hachem" (Likouté Moharan II, 98).

-> "Comment peut-on élever son cœur au service de Dieu?" demanda une fois Rabbi Youdel à Rabénou. "Par le pouvoir de la parole!" répondit-il. "Articule les mots avec tes lèvres, récite constamment les Psaumes et d'autres prières, et ton cœur s'élèvera" ('Hayé Moharan - 441).

-> Rabbi Na'hman dit : "Il en est de même pour la prière: la pratique quotidienne de la hitbodédout ébrèche notre cœur de pierre et élève la personne vers Hachem" ('Hayé Moharan - 441).

-> Rabbi Na'hman nous enseigne qu'on peut tout obtenir d'Hachem par le biais de la hitbodédout. Comme il le disait lui-même : "Si j'avais connu dans ma jeunesse le pouvoir de la prière (ce qu'est la hitbodédout), je n'aurais pas fait subir autant de mortifications à mon corps" (séfer Histafkout haNéfech - introduction).

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+ Où faire hitbodédout :

-> Réserve ... [du temps] chaque jour pour méditer dans une chambre ou dans les prés. Déverse ton cœur en utilisant des termes de grâce et de supplications dans ta langue maternelle. Quand tu supplies Hachem dans la langue que tu parles normalement, à laquelle tu es habitué, tu peux t'exprimer aussi clairement que possible ; les mots se trouvent plus près de ton cœur ; ils couleront par conséquent avec plus de facilité. [Likouté Moharan II, 25]

-> Rabbi Na'hman préconisait [idéalement] de choisir un lieu où l'on puisse se concentrer dans sa méditation, sans être dérangé, comme par exemple : une pièce de la maison, mieux, un parc, et mieux encore, au milieu des prés ou dans la forêt, dans la solitude et la tranquillité totales.

-> "Tout comme le jour est moins propice que la nuit à la hitbodédout, la ville est moins propice que la campagne.
En ville, les gens recherchent les "plaisirs terrestres (matériels)", et même si la nuit ces plaisirs n'existent pas réellement, le vacarme et le tumulte qu'ils créent durant la journée gênent la méditation la nuit. C'est la raison pour laquelle le meilleur endroit pour la méditation, ce sont les champs en dehors de la ville, où les influences pénibles de la journée et de ce monde sont réduites au minimum. [Likouté Moharan I, 52 ]

-> Sache! Quand une personne médite dans les champs, toute la végétation se joint à sa prière et en augmente l'efficacité et le pouvoir. [Likouté Moharan II, 11 ]

-> Une fois, Rabbi Na'hman se promenait dans une grasse prairie, "Si seulement tu pouvais entendre la symphonie de l'herbe, dit-il à celui qui l'accompagnait, chaque brin d'herbe chante les louanges d'Hachem". [Si'hot haRan - 163 ]

-> Au temps de Rabbi Na'hman, la plupart des villes et cités étaient petites, et sortir à la campagne n'était pas un problème majeur. Aujourd'hui, ceux qui habitent dans un village ou une petite ville peuvent encore en profiter hitbodédout ; mais la plupart des gens vivant en ville ou dans une métropole, ont des difficultés à en sortir. Qu'ils pratiquent donc leur hitbodédout dans le parc le plus proche.
[à cet effet, Rabbi Na'hman enseignait qu'il ne faut pas craindre le danger de prier dans les champs ou les parcs la nuit, parce que c'est une grande mitsva d'implorer Hachem et de se rapprocher de Lui, et "celui qui accomplit un précepte divin ne craint aucun mal" (Pessa'him 8b). Les dangers de tomber dans les mains des "forces du ma" sont en outre bien plus grands que les risques que l'on court à pénétrer dans une forêt pour y méditer. Il est clair qu'il n'est pas question ici d'endroits où il est dangereux de se promener même dans la journée. La loi est très claire à cet égard: il ne faut pas compter sur les miracles (idem). ]

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-> "Je me suis exténué en gémissements; chaque nuit je baigne mon lit [de larmes]; de mes pleurs j’inonde ma couche." (Téhilim 6,7)
Le roi David s'isoler dans son lit pour converser avec Hachem.

-> Rabbi Na'hman disait qu'on peut même s'isoler pour prier sous son talith; il suffit de le draper autour de sa tête et de converser avec Hachem comme on le souhaite, même au milieu de tout le monde.
Rabbi Na'hman (Si'hot haRan 274-275) dit qu'on peut parler avec Hachem assis devant un livre ouvert, en laissant croire aux autres qu'on est plongé dans son étude.
On peut aussi pratiquer la hitbodédout tout en marchant, et rabbi Na'hman pratiquait lui-même cette méthode (cf. 'Hayé Moharan 7).
L'idée est qu'il n'y a aucune raison d'attendre d'arriver à destination ou des conditions parfaites pour converser avec Hachem. Lorsque l'on sent qu'on a besoin alors on doit vider son intériorité (coeur) à papa Hachem.

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+ Se tourner vers Hachem en hitbodédout pour toute chose :

-> Rabbi Na'hman parlait de vêtements une fois avec un de ses disciples : "Il faut prier pour chaque chose, lui dit-il. Si tes habits sont déchirés et doivent être remplacés, prie Dieu de t'en procurer de neufs. Fais ainsi pour chaque chose. Prends l'habitude de prier pour tous tes besoins, importants ou mineurs ...
Celui qui ne prie pas Dieu pour obtenir ce dont il a besoin est semblable à un animal. Dieu donne à toute créature son pain sans être sollicité.
Pour être considéré comme un homme, on doit, par la prière, obtenir de Dieu tout ce qui est nécessaire à la vie.
[Si'hot haRan - 233]

-> Rabbi Nathan écrit (idem) : "Je parlais un jour avec Rabénou d'une babiole que je désirais. Il me dit: "Prie Dieu pour l'obtenir". J'étais très étonné d'apprendre que l'on doit prier Dieu, même pour des choses aussi banales. Dans ce cas particulier, il ne s'agissait même pas d'une nécessité.
Voyant ma surprise, Rabbi Na'hman me dit : "Te crois-tu trop respectable pour prier Dieu pour une chose mineure aussi insignifiante?"

-> La hitbodédout embrasse tous les aspects de la vie, depuis les menues affaires quotidiennes de l'homme, jusqu'aux cimes spirituelles auxquelles nous aspirons.
Quand Rabbi Na'hman enseignait que nous devons exprimer en prières devant Dieu tout ce dont nous avons besoin, il voulait bien dire TOUT! Que nous souhaitions être en bonne santé (et qui ne le souhaite pas?), connaître la réussite dans nos affaires et notre gagne-pain, avoir l'aide de Dieu pour l'éducation de nos enfants, ou les soins apportés à nos parents (âgés ou moins âgés), etc., nous devons lever les yeux au Ciel, ouvrir notre cœur et notre bouche pour supplier Dieu.
Nous devons Lui demander de nous assurer que tout est pour le mieux. Si tout va bien, tant mieux, sinon, prions de nouveau; et encore, et encore...
La hitbodédout, ce n'est pas quelque chose que nous pratiquons une seule fois, pour nous arrêter ensuite. C'est une pratique quotidienne.
[rav 'Haïm Kramer]

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+ Comme un enfant :

-> Rabbi Na'hman disait qu'il est très bon de déverser ses pensées devant Hachem comme un enfant intercédant auprès de son père. Hachem nous appelle Ses enfants, comme il est écrit : "Vous êtes les enfants de l'Eternel, votre Dieu" (Réé 14,1).
De ce fait, il est bon d'exprimer ses pensées et ses peines devant Hachem, tel un enfant se plaignant devant son père avec des gestes de grâce et de compassion.
[Si'hot haRan - 7]

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+ Le soupir :

-> Rabbi Na'hman enseigne : "On devrait gémir et soupirer au cours de la hitbodédout". ['Hayé Moharan - 441).

-> Le soupir du juif est très précieux". [Likouté Moharan I 8,1 ]

-> Quand on gémit et qu'on soupire pour son manque d'ardeur pour la sainteté, on s'attache au souffle de la sainteté. C'est parce que le soupir ... constitue le souffle même de la vie. [Likouté Moharan I, 109 ]

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+ Et si on ne peut pas? :

-> "Il peut arriver que l'homme se sente incapable de parler à Hachem. Il n'arrive pas à trouver les paroles qu'il doit prononcer. Il ne doit surtout pas se décourager, car le seul fait de s'asseoir devant Hachem et de vouloir L'implorer est en soi-même une très grande chose" (Likouté Moharan II, 25).

-> Rabbi Its'hak de Toulchin, fils de Rabbi Nathan de Breslev, discutait souvent avec son père de ses difficultés à accéder à un niveau spirituel élevé. Il se plaignait une fois devant lui de l'affaiblissement de ses dévotions et de son incapacité à méditer convenablement.
Rabbi Nathan dit à son fils que la grandeur du Roi David se manifestait précisément dans ce domaine car il désirait adresser ses prières à Hachem, mais les mots lui manquaient. Il savait cependant qu'on ne doit jamais désespérer. Au lieu de céder, il gémissait et criait vers Hachem, L'implorant de lui ouvrir la bouche : c'était cela même qui constituait sa prière.
Hachem écoutait alors ses supplications et lui donnait l'inspiration nécessaire pour trouver les mots justes qui lui permettraient de déverser son cœur. En fait, Hachem désire que nous L'implorions de nous guider à prier convenablement. (Avané'ha Barzel - p.70, n°53).
Nous ne devons jamais désespérer de la hitbodédout. Si nous ne pouvons pas parler à Hachem, nous devons persévérer.

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-> Rabbi Na'hman enseigne : "De cela même, nous pouvons faire une prière. Nous pouvons prier pour le fait d'avoir voulu prier, mais de ne pas y être parvenus" (Likouté Moharan II, 25).
Même quand nous ne pouvons pas parler, même si nous ne pouvons sortir de la bouche qu'une seule parole, tous les efforts que nous déployons pour pratiquer la hitbodédout en valent la peine.
Répétons inlassablement ce mot, des jours entiers, s'il le faut. Hachem finira par nous ouvrir la bouche et nous envoyer les mots nécessaires pour la prière et la méditation (Likouté Moharan II, 96).

-> Nous pouvons être amenés à dire : "Rien ne va plus, ô mon Dieu. Je ne ressens aucune envie de parler. Je ne ressens rien. Ouvre-moi la bouche, de grâce, s'il Te plaît!"

La Perse (l'Iran) tombera aux mains de Rome (le monde occidental), peu avant la venue de machia'h.
[Tossafot - Avoda Zarah 2b ]

Toutes les souffrances qui nous arrivent dans l'exil sont dues au fait que nous ne crions pas à Hachem avec nos prières.
Si nous prions, nos prières seront exaucées.
[ 'Hafets 'Haïm - Likuté Amorim 10 ]

Dans le futur, tout sera expliqué.
On nous expliquera pourquoi nous avons dû vivre ce que nous avons vécu.
Nous rirons alors de nos inquiétudes et de nos contrariétés de l'époque.
Nous verrons que tout était pour notre bien.
[rav David de Lelov ]

La Torah n'exige que ce qu'on [personnellement] peut faire.
[guémara Avoda Zara 3a ; Zohar III, 104a]

L'homme doit veiller à mettre sa confiance en Hachem, car c'est l'une des mitsvot de la Torah.
Au moment du Jugement, on nous demandera : "As-tu attendu la délivrance?" (guémara Shabbath 31a). En d'autres termes, on nous demandera si nous avons attendu la délivrance sans désespérer, et qu'on s'est renforcé dans sa confiance en Hachem lors des divers évènements de notre vie.
[Beit haLévi - maamar haBita'hon]

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-> Selon le rav David Sutton :
Rachi explique que cette question concerne la guéoula finale ...
Le Beit haLévi écrit qu'on demandera à l'homme s'il a perdu espoir en période de difficultés ou bien s'il a mis sa confiance en Hachem et a attendu Son aide.
Nous rencontrons tous des épreuves dans la vie : des difficultés d'argent, des problèmes de santé, la recherche d'un chidoukh pour soi-même ou ses enfants, ...
Nous avons tous besoin d'une yéchoua (délivrance) sous une forme ou une autre. Et telle est la question qu'on nous posera au monde futur, dit le Beit haLévi : avons-nous attendu la délivrance d'Hachem en ayant confiance qu'll nous sauvera des épreuves que nous traversons?

Le Pélé Yoets (citant le Arizal) dit que lorsque nous récitons les mots "ki lichouaté'ha kivinou kol hayom" (car nous espérons Ta délivrance toute la journée) dans l'Amida quotidienne, nous devons penser que nous attendons l'aide d'Hachem pour toutes les épreuves que nous affrontons actuellement.
Selon le Arizal, c'est une ségoula puissante pour obtenir l'aide Divine.

Mourir en Israël

+ Mourir en Israël :

-> La guémara (Yérouchalmi Kilayim 82a) rapporte l'histoire suivante sur "Oulla le Descendeur".
[le Pné Moché explique qu'Oulla était appelé "le Descendeur" parce qu'il voyageait régulièrement de la terre d'Israël à Bavel, où il transmettait la Torah qu'il avait apprise de nos Sages en terre d'Israël. ]
Oulla se trouvait sur son lit de mort en dehors de la terre d'Israël et se mit à pleurer, manifestement contrarié par le fait qu'il allait mourir en dehors d'Israël.
Ses élèves lui demandèrent : "Pourquoi pleures-tu? Nous apporterons ton corps pour qu'il soit enterré en terre d'Israël".
Oulla répondit : "Qu'est-ce que cela peut me faire si je perds mes trésors dans une terre contaminée? Il n'y a aucune comparaison entre quelqu'un qui renonce à sa vie dans les bras de sa mère et quelqu'un qui renonce à sa vie dans les bras d'une femme étrangère".

Le Pné Moché explique que les "trésors" d'Oulla font référence à son âme (néchama). Son analogie était que la relation entre la terre d'Israël et une âme juive est comme celle d'une mère avec son enfant.

En effet, la guémara (Kétoubot 111a) rapporte une réaction similaire de la part d'un des collègues d'Oulla lorsqu'il apprit la mort de ce dernier.
Lorsque Rav Elazar apprit qu'Oulla était décédée à Bavel, il fit remarquer : "Toi, Oulla! Devras-tu mourir sur un sol contaminé?"
Les élèves d'Oulla répondirent : "Son cercueil est déjà arrivé en terre d'Israël pour l'enterrement ; il n'est plus dans une terre contaminée."
Rav Elazar a répondu : "Il n'y a pas de comparaison entre une personne qui est absorbée par la terre d'Israël de son vivant et une personne qui est absorbée après sa mort".

Sagesse en terre d’Israël

+ Sagesse en terre d'Israël :

-> La guémara (Kidouchin 49b) déclare : "Dix kavim (mesure) de sagesse sont descendus dans ce monde. Neuf d'entre elles ont été prises par la terre d'Israël, et le dernier kav a été divisé entre les autres terres du monde".

-> Le Ben Ich 'Haï (dans son Ben Yéhoyada) demande pourquoi nos Sages ont utilisé le nombre dix et non un autre nombre ayant le même rapport.
En outre, pourquoi nos Sages ont-ils utilisé la mesure du kav plutôt qu'une autre mesure?

Il souligne que chaque fois que nos Sages discutent de la question de l'abondance descendue dans ce monde, ils l'illustrent toujours par le nombre dix.
Un autre exemple se trouve dans les Pirké Avot, où la Mishna enseigne que le monde a été créé par dix paroles. La raison en est que le nombre dix correspond aux dix séfirot, ou sphères d'influence, par lesquelles Hachem fait descendre l'abondance dans ce monde.

En ce qui concerne l'utilisation de la mesure du kav, le Ben Ich 'Haï explique qu'un kav a la taille de 48 olives. Cela correspond aux 48 attributs énumérés dans les Pirké Avot qu'une personne doit acquérir pour vraiment obtenir une portion de la Torah.

Le symbolisme de l'olive, conclut le Ben Ich 'Haï, nous enseigne qu'il ne suffit pas d'acquérir les 48 attributs qui mènent à la Torah. Pour acquérir véritablement la Torah, il faut être dégoûté du matérialisme au point d'en ressentir de l'amertume, tout comme l'olive est amère.

-> Le Maharal va encore plus loin. Dans la guémara ci-dessus, nos Sages nous enseignent que la terre d'Israël est réputée pour son air, qui est propice à la sagesse.
Cela ne fait pas référence à la connaissance et à la compréhension du monde. Cela signifie plutôt que la terre d'Israël a une affinité particulière avec la sagesse de la piété et de la spiritualité.
Le fait d'être dehors d'Israël ('houts laarets) est associé au matérialisme, mais la terre d'Israël est sainte. Elle est donc associé à la sagesse, qui va toujours de pair avec la sainteté.

Davantage de dépendance à Hachem en terre d’Israël

+ Davantage de dépendance à Hachem en terre d'Israël :

-> En terre d'Israël, la Providence Divine (hachga'ha) est ressentie plus vivement que dans n'importe quelle autre terre. En fait, nous constatons que ce phénomène a été le motif profond derrière la faute des explorateurs (méraglim).
Ils comprenaient que l'implication d'Hachem dans leur vie personnelle augmenterait lorsque les Bné Israël atteindraient terre d'Israël et ils cherchaient à éviter cela, comme nous allons l'expliquer.

Le verset dit : "Vos cadavres resteront dans ce désert, vous tous qui avez été dénombrés, tous tant que vous êtes, âgés de vingt ans et au-delà, parce que vous vous êtes plaints contre Moi.
Vous n'entrerez pas dans la terre sur laquelle J'ai levé la main en jurant de vous y installer, à l'exception de Kalev ben Yéfouné et de Yéhochoua bin Noun" (Chéla'h Lé'ha 14,29-30).

Le Nétsiv de Volozhin se demande pourquoi la Torah mentionne-t-elle dans ce verset que Yéhochoua et Kalev ne faisaient pas partie de la rébellion. Après tout, leur absence d'implication dans la faute des méraglim est claire dès le début du passage, qui décrit en détail comment ils ont essayé de calmer la rébellion et de parler du grand mérite d'hériter de la terre d'Israël.
Le Nétsiv donne une réponse surprenante à cette question. On aurait pu penser que malgré leurs bonnes intentions, Yéhochoua et Kalev étaient en fait complices de la rébellion.

Le Nétsiv suggère que la principale plainte de la nation était qu'elle ne voulait pas que ses moyens de subsistance dépendent directement d'Hachem.
Ils ne voulaient pas d'une relation aussi intense avec Lui, dans laquelle ils devraient compter sur Lui seul pour leur subsistance.
Lorsque Yéhochoua et Kalev ont dit aux Bné Israël (v14,9) : "Ne vous rebellez pas contre Hachem. Vous ne devez pas craindre le peuple de ce pays, car il est notre pain", ils transmettaient le message qu'en terre d'Israël, la bataille pour la terre dépendrait principalement de l'aide divine plutôt que de leur propre capacité à se battre.
Lorsque le peuple entendit cela, il n'apprécia pas l'idée d'être aussi dépendant d'Hachem et sa rébellion ne fit que s'intensifier.

La Torah nous dit que, bien que la réponse de Yéhochoua et de Kalev ait attisé la rébellion au lieu de l'étouffer, ils avaient fait ce qu'il fallait en soulignant la vérité sur la Terre sainte.

Nous voyons donc que le véritable motif de la rébellion des méraglim était leur prise de conscience du fait que ce n'est qu'en terre d'Israël qu'une personne a une relation aussi étroite et intime avec Hachem, ce qui la rend constamment dépendante de Lui.
Les espions (méraglim) trouvaient cela trop intimidant pour être supporté.

Si une vision élevée semble hors de notre portée, nous devons savoir que l'obstacle n'est que physique/matériel et qu'il n'est pas dû à des causes spirituelles.
Nous ne devons pas laisser le découragement entamer notre volonté.
L'aspiration aux hauteurs [spirituelles] va elle-même nous élèver et nous rapprocher de nos idéaux (b'h).
[rav Avraham Kook - Orot haTéchouva 14,21]