Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Les démons, esprits maléfiques et fantômes (1ere partie)

+ Les démons, esprits maléfiques et fantômes (1ere partie) :

-> Dans le texte biblique, les sages talmudiques et toute la tradition rabbinique, on trouve d'innombrables références à des puissances malveillantes identifiées comme des démons. Ces démons ou esprits maléfiques sont des influences non humaines qui peuvent manipuler les gens de diverses manières.
En discutant de la vision historique générale de ces forces, le rabbi Ménaché ben Israël, un sage du 17e siècle, a écrit : "L'opinion de toutes les autorités juives est que les références bibliques aux esprits doivent être prises au pied de la lettre". [Nichmat 'Haïm 3:12,13,14 - les points de vue dissidents possibles seront abordés ultérieurement ; néanmoins, il semble que cela reste l’opinion générale.]
De plus, le rabbi Tsvi Hirsch Chajes, mieux connu sous le nom de Maharatz Chajes, l'un des plus éminents sages galiciens du 19e siècle, affirme que de nombreuses déclarations talmudiques peuvent être interprétées de manière allégorique, mais que ce n'est pas le cas des démons.
Le nombre impressionnant de références talmudiques à ces forces démontre que nous avons affaire à des phénomènes réels. [Maharatz Chajes - dans son introduction aux Aggadot - imprimé au début du Ein Yakov]

En effet, les démons faisaient souvent l'objet de discussions dans le monde antique.
Les Babyloniens étaient réputés pour leur magie et leur démonologie, à l'instar de l'Égypte à l'époque de Moché, qui était alors connue comme le centre mondial des magiciens (Ména'hot 85a ; midrach rabba Chémot 9).

<--->

+ Terminologie au sujet des démons :

-> Plusieurs termes sont utilisés dans la littérature juive pour décrire ces forces, bien qu'elles soient toutes regroupées sous le terme général de "démons".
Le terme le plus fréquemment utilisé est le mot : mazik, qui signifie littéralement "endommager" ou "détruire".
Un autre terme courant est : shéd, qui est exclusivement associé aux démons. (au pluriel : shédim, comme dans Haazinou 32,17 ; Téhilim 106,37.
Ce mot (shéd) est apparenté au mot hébreu signifiant "désolé". Les démons sont appelés ainsi parce qu'ils occupent généralement des zones désolées ; voir Ramban dans A'haré Mot17,7).
Le Ramban (A'haré Mot 16,8) commente que "les shédim étaient appelés mazikin dans le langage des rabbanim, et sé'irim dans le texte biblique".
Le dernier terme principal couramment utilisé est : roua'h raa, qui signifie littéralement "esprit maléfique" et semble avoir un spectre plus large de ce qu'il décrit.

Outre la terminologie générale, il existe des noms spécifiques désignant soit des démons individuels, soit des classes de démons. Le texte biblique, par exemple, mentionne Réchef et Déver, qui signifient littéralement "plaie" et "peste", mais qui seraient également des noms de forces démoniaques. ('Habakouk 3,5)

Il existe ensuite des démons ou d'autres forces malveillantes qui sont mentionnés à de nombreux endroits dans la littérature juive :

1°/ Achmédaï :
Rachi (Chmouël II 7,14) affirme que le mot "plaie" (nig'é - נִגְעֵי) dans un verset fait référence au démon Achmédaï, qui a été expulsé du ciel après s'être rebellé contre Hachem.
La guémara (Pessa'him 110a) le considère comme le "roi des démons" (malka dé'chédé).
Achmédaï semble être le nom générique du roi des démons, tout comme Pharaon était le nom (le titre) du roi d'Égypte.
[comme l'affirme le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada - Guittin 68a) dans sa discussion de l'incident entre Salomon et Achmédaï]. Il est intéressant de noter que le nom Achmédaï et le mot Pharaon ont la même valeur numérologique. ]

Ailleurs, la guémara (Guittin 68a) rapporte comment le roi Salomon demanda à Achmédaï où trouver le ver appelé "shamir" afin de construire le Temple.
[le Maharal a un avis dissident, en affirmant que cette section du Talmud ne peut être prise au pied de la lettre. ]
Plus tard, Achmédaï se fit passer pour le roi Salomon et le chassa du trône. [Guittin 68a ; Maharcha - du Targoum Kohélet 1,12]
Salomon fut projeté à une distance de 40 jours de voyage, et Achmédaï s'assit sur le trône.
Salomon cria qu'il était bien le roi Salomon, mais tout le monde le traita de fou. Il finit par plaider sa cause devant le Sanhédrin, qui prouva qu'il était bien celui qu'il prétendait être et chassa Achmédaï. [Méam Loez - Kohélet 1,12 ]

<--->

2°/ Azazel :
Azazel est mentionné dans la Torah en relation avec le rituel du Yom Kippour. [A'haré Mot 16,8&10&26 ]
En ce jour, Aharon le Cohen Gadol, tire au sort deux boucs, et celui "pour Azazel" est présenté vivant devant Hachem, puis relâché dans le désert. Les versions latines comprennent Azazel comme "le bouc qui s'en va", d'où le terme "bouc émissaire". [un bouc était l'Hachem (offert au Temple), et un autre la Azazel (jetait dans le désert au haut d'une falaise., en cadeau forces du mal - Satan)]
[selon le Pirké déRabbi Eliezer 46, il est clairement fait référence à Azazel dans la Torah : "Pourtant, Azazel persista obstinément dans sa faute qui consistait à égarer l'humanité ... C'est pourquoi deux boucs étaient sacrifiés le jour de Kippour, l'un pour Hachem, afin qu'Il pardonne les fautes d'Israël, l'autre pour Azazel, afin qu'il porte (prennent avec lui) les fautes d'Israël, et c'est là Azazel de la Torah." ]

Certains commentateurs disent que Azazel est le nom de l'endroit où le bouc est conduit.
La guémara (Yoma 67b) enseigne que le sacrifice d'Azazel expie la débauche et l'immoralité, encouragées par les anges déchus, dont Azazel tire son nom.
Le Ramban cite le rabbi Eliezer Hagadol, qui associe Azazel aux démons surnaturels du désert et à l'esprit maléfique identifié ailleurs comme Samaël.
Azazel est identifié au Satan, le grand tentateur. Azazel, en tant que Satan, incite les peuples du monde à fauter et c'est pour cette raison que le bouc émissaire lui était "offert" le jour de Kippour.
Azazel est également mentionné comme un démon dans les manuscrits de la mer Morte.

<--->

3°/ Kétev Mériri :
Cette entité est décrite comme ayant de nombreux yeux, et comme ayant ses yeux dans son cœur. [midrach Bamidbar rabba 12,3 ; midrach Téhilim 91,3 ]
Le midrash enseigne que kétev mériri, ou "destruction amère", une sorte d'esprit dangereux mentionné dans le chant de Haazinou (v.32,24 - קֶטֶב מְרִירִי), prévaut en particulier du 17 Tamouz jusqu'au 9 Av. [midrach Shocher Tov - sur Téhilim 91]
La littérature de la Torah parle de deux esprits "kétev", dont l'un domine du premier au seizième jour de Tamouz, et le second pendant les trois semaines. [Pessa'him 111b ; Yalkout Chimoni - Haazinou ]
Cette force spirituelle domine quotidiennement pendant cette période, de la quatrième heure de chaque jour jusqu'à la neuvième heure. [midrach Bamidbar rabba 12,3 ; Eikha rabba 1,29]

Cette énergie négative a en fait des ramifications dans la loi juive. En raison du danger potentiel, le Choulkhan Aroukh (Ora'h 'Haïm 551:18) stipule qu'il ne faut pas se promener seul pendant cette période.
[certains disent de la fin de la quatrième heure jusqu'à la fin de la neuvième heure de la journée juive (Moéd léKol 'Haï 9,19)], et qu'il faut être prudent même pendant les seize premiers jours de Tamouz. [Biour Halakha sur Choulkhan Aroukh précédant]
Le séfer 'Hassidim rapporte l'histoire d'un groupe d'enfants qui, un midi, alors qu'ils se rendaient à l'école, ont été confrontés à ce démon. Tous sont morts sauf deux, et même ceux-ci n'ont échappé à la mort qu'après une longue maladie.

<--->

4°/ Lilith :
Il n'y a qu'un seul endroit où le nom "Lilith" (לִּילִית) apparaît dans le texte biblique (Yéchayahou 34,14).
Dans le livre de Yéchayahou, qui décrit la désolation d'Edom, ce nom figure dans une liste de 8 animaux impurs, dont certains peuvent avoir des associations démoniaques. [le Radak écrit qu'il s'agit d'un oiseau ou d'un animal nocturne, mais Rachi dit qu'il s'agit d'un démon. ]
Certains commentaires sur ce verset indiquent que Lilith est la mère des démons (ex: le Métsoudat Tsion sur ce verset, et le Radak enseigne que cette créature crie comme un oiseau nocturne), et elle est également décrite comme telle dans le Zohar (Pékoudé 276b).
Lilith est également mentionnée dans les manuscrits de la mer Morte.

Le guémara, qui fait plusieurs références à Lilith, la décrit comme un démon avec un visage humain et des ailes (Nidah 24b ; Rachi-Sahnédrin 109a), et ailleurs comme une femme aux cheveux longs (Erouvin 100b).
À un autre endroit de la guémara (Shabbath 151b), il est recommandé de ne pas dormir seul, de peur de se retrouver entre ses griffes. En effet, selon le Zohar (19b), elle serait une séductrice qui erre toute la nuit, incitant des hommes innocents à se souiller. [certains laissent une légère source de lumière lorsqu'ils dorment seuls, pour se prémunir de cela]

Lilith est aussi parfois associée à d'autres "mères démones" ou "reines démones", à savoir Agrat (אָגְרַת
- Pessa'him 112b), sa mère Ma'halat (מָחֲלַת) [Agrat et Ma'halat représentent des forces qui incitent les gens à adopter des comportements immoraux - Chlah - Ki Tétsé - Torah Ohr], et Naama (Zohar I:55a ; III:76b-77a).
Toutes sont considérées comme les épouses de Samaël, l'ange gardien d'Essav. [Rabbénou Bé'hayé - Béréchit 4,22]
Certains considèrent également la reine de Saba comme une sorte de créature surnaturelle à moitié démoniaque.

Dans certaines sources de la tradition juive, Lilith est présentée comme la première épouse d'Adam.
Lilith a été créée à partir de la terre, tout comme Adam, et les deux n'ont pas réussi à trouver un équilibre entre eux. Une série d'événements s'est produite, et Lilith s'est rebellée et s'est transformée en démon, semant le chaos et se vengeant sur l'humanité, en particulier sur les enfants. [Torah Chéléma - Béréchit 2,256]

<--->

5°/ Samaël :
L'agent (ange) de la mort est appelé "mala'h ha'mavét" en hébreu. Il est parfois associé à Satan ou à Samaël. Certains disent que cet agent a été créé le premier jour de la Création, en même temps que les ténèbres, tandis que d'autres affirment qu'il n'est apparu qu'après la première faute d'Adam et 'Hava (Pirké déRabbi Eliézer 13 ; Avoda Zara 22b).

Chacune des 70 nations énumérées dans la Torah aurait un ange qui symbolise son caractère essentiel. De même, la nation sur terre est une manifestation des traits de caractère de son ange (au Ciel). Samaël est appelé l'ange d'Essav (Rachi - Soucca 29a & Sotah 10b).
Le midrach rabba dit que Samaël est décrit comme le chef Satan, ou ange Accusateur, et comme l'ange de la mort. [Daat Zékénim - sur Lé'h Lé'ha 14,3 ]
Il est intéressant de noter que le Zohar (I:35b) décrit le serpent primordial du gan Eden comme étant synonyme du yétser ara et de l'ange de la mort.
Cela n'a rien de surprenant, étant donné qu'ailleurs, les actions du serpent étaient orchestrées par Samaël. [Pirké déRabbi Eliézer - chap.13 ; Yalkout Chimoni - Béréchit 2,25]
En réalité, Éssav et le serpent originel sont donc les manifestations terrestres de Samaël, le Satan, la force qui défie l'humanité. Dans l'ensemble, il semble que l'ange de la mort, Satan et Samaël soient une seule et même force.

<--->

6°/ Sé'irim :
Ce mot dans le Tanakh signifie "boucs" (chèvres), mais il est également mentionné comme un euphémisme pour "démons" par la plupart des traducteurs et commentateurs. [mentionné par exemple : A'haré Mot 17,7 (שְּׂעִירִם) ; Yéchayahou 13,21 ; 34,14 ]
La corrélation entre ces types de démons et les boucs est qu'ils sautillent et dansent comme des boucs (chèvres) [Rachi - A'haré Mot 17,7], ou peut-être qu'ils ressemblent à des boucs [Radak et Rambam].
Le terme peut également être lié à séar, qui signifie "poil" ou "terreur", ainsi nommé parce que ces créatures étaient poilues ou effrayaient les gens. [Na'houm 1,3 - Ibn Ezra]
D'autres sont mentionnés par leur nom, notamment :
- Hormin (הוּרְמִין), le fils de Lilith (Baba Batra 73a. D'autres l'appelent : "Hormiz" (הוֹרְמִיז) - Sanhédrin 39a, Tossafot, Rachbam),
- 'Hamat (Sanhédrin 101a - Rachi. D'autres suggèrent qu'il s'agit du nom d'un sorcier),
- Shinadon (midrach Béréchit rabba 36,3),
- Ben Temalion (Méilah 17b - בֶּן תְּמַלְיוֹן),
- et Yossef le démon (Yossef chéda - יוֹסֵף שֵׁידָא - qui a profané le Shabbath - Erouvin 43a. Mais qui a également parlé à Rav Yossef et Rav Papa - Pessa'him 110a).

Ceux-ci et d'autres sont des exemples de noms qui se distinguent parmi une myriade d'esprits non identifiés.

"Un petit trou dans le corps est un grand trou dans l'âme" (Baal Chem Tov).
Son intention était que si l'estomac de quelqu'un est vide parce qu'il manque d'argent pour acheter de la nourriture, cela affectera grandement sa spiritualité.

<--->

-> Le midrach (Béréchit rabba 69,4) explique que lorsque Yaakov a prié pour du pain (Vayétsé 28,20), cela signifie en fait qu'il a prié pour avoir de bons moyens de subsistance en général. Lorsque Yaakov a prié pour la parnassa, il priait pour avoir suffisamment d'argent afin de pouvoir servir Hachem avec toute sa force.

<--->

-> Si quelqu'un ne prie que pour la yirat chamayim (crainte du Ciel), et pas pour la parnassa, c'est un signe que même ses prières pour la yirat chamayim n'ont pas été prononcées avec dévotion et avec des intentions pures. En effet, il est impossible d'avoir l'un et pas l'autre. Pour avoir de la yirat chamayim, il faut avoir une parnassa suffisante.
[ rabbi Sim'ha Bounim de Pshischa - rapporté dans le séfer midrach Sim'ha ]

Pas besoin de s’inquiéter, Hachem est partout

Et il dit : "En effet, Hachem est en ce lieu, et je ne le savais pas". (Vayétsé 28,16)

-> Le séfer Divré Israël explique ce verset en citant le midrach (Béréchit rabba 68,2) qui dit qu'après qu'Elifaz ait pris tout ce que Yaakov possédait, ne lui laissant que sa canne/baton, Yaakov a dit : "D'où viendra mon aide?".
Il s'est ensuite rétracté et a dit : " 'has vé'shalom. Je n'ai pas besoin de compter sur un homme. 'Mon aide viendra d'Hachem' (Téhilim 121,1)".

Le verset dit que Yaakov se réveilla et dit : "En effet, Hachem est en ce lieu et je ne le savais pas."
Il dit que puisque Hachem est dans ce lieu, il n'a pas besoin de savoir quoi que ce soit. Il n'a pas à s'inquiéter de savoir qui va l'aider, car il peut s'en remettre entièrement à Lui.

Chaque fois qu'une personne se réveille de ses soucis et se souvient qu'il y a Hachem dans ce monde qui peut et va pourvoir à ses besoins, elle n'a pas besoin de savoir d'où viendra son gagne-pain. Il suffit de reconnaître ce fait.

Le verset laisse également entendre que chaque matin, lorsqu'une personne se réveille de son sommeil, elle devrait se dire qu'Hachem est à cet endroit et qu'elle n'a pas besoin de savoir quoi que ce soit. On doit s'en remettre à Lui pour obtenir ce dont on a besoin.
Lorsqu'une personne se rend au travail, elle doit garder à l'esprit qu'elle n'a pas besoin de savoir quoi que ce soit. Tout ce qu'elle a à faire, c'est de faire confiance à Hachem. C'est pourquoi nos Sages (Béra'hot 4a) disent qu'une personne doit apprendre à dire "Je ne sais pas". Il faut s'habituer à dire qu'on ne sait rien, si ce n'est qu'il faut croire et faire confiance à Hachem.

S’éloigner d’un racha :

"Les fils se bousculaient dans son sein. Elle dit : "S'il en est ainsi, pourquoi cela pour moi?"
Et elle alla consulter Hachem". " (Toldot 25,22)

-> Rachi explique : "Les Rabbanim expliquent le mot "vayit'rotsatsou" (luttaient/se bousculaient) comme une expression de course. Lorsqu'elle passait devant les entrées de la yéchiva de Chem et Ever, Yaakov courait et luttait pour sortir. Lorsqu'elle passait devant l'entrée d'un temple idolâtre, Essav courait et luttait pour sortir".

Le rav 'Haïm de Brisk cite son père, le Beit haLévi qui demandait pourquoi Yaakov courait pour sortir lorsque sa mère passait devant un beit midrach (maison d'étude). Nous savons que lorsqu'un bébé est dans le ventre de sa mère, il apprend toute la Torah avec un ange (mala'h). Pourquoi voudrait-il quitter cet environnement?
Il répond que lorsque Yaakov était dans le ventre de sa mère, il était coincé à côté d'Essav. Il savait qu'il serait préférable de partir, même si cela signifiait renoncer à apprendre avec un ange, tant qu'il n'était pas obligé d'être aussi proche d'un racha.

"Cet homme devint grand ; puis sa grandeur alla croissant et enfin il fut très grand. Il avait des possessions en menu bétail, des possessions en gros bétail, des cultures considérables et les Philistins le jalousèrent." (Toldot 26,13-14)

-> Le Ben Ich 'Haï (séfer Adéret Eliyahou) explique ce verset comme suit : Si Hachem veut donner à une personne 1 000 pièces d'or afin de la rendre riche et qu'Il les lui envoie en une seule fois, la personne sera très heureuse à ce moment-là.
S'Il l'envoie en deux ou trois fois, la personne sera heureuse chaque fois qu'elle recevra une partie de l'argent.
Un autre avantage de recevoir quelque chose en petits versements est que les autres ne remarqueront pas un changement soudain dans le statut de la personne, et ne seront donc pas incrédules à son égard.

Le verset dit que Its'hak a grandi graduellement, s'élevant d'un niveau à l'autre jusqu'à ce qu'il devienne extrêmement grand.
Au début, il possédait des moutons. Plus tard, il a acquis du bétail. Par la suite, il a acquis une "grande production" de tous les types d'animaux. C'est la raison pour laquelle les Philistins l'enviaient.
S'il était devenu riche d'un seul coup, ils auraient dit que, tout comme il était devenu riche soudainement, il pouvait aussi perdre tout son argent et devenir pauvre. Mais lorsqu'ils virent qu'il s'enrichissait progressivement et que toutes les entreprises qu'il entreprenait étaient couronnées de succès, ils comprirent que son mazal était si bon qu'il n'échouerait jamais. C'est pourquoi ils étaient jaloux de lui.

"Et maintenant, aiguise tes instruments, ton épée et ton arc, et va dans les champs, et chasse le gibier pour moi" (Toldot 27,3)

-> Pourquoi Its'hak a-t-il demandé à Essav de chasser pour lui. Pourquoi ne pouvait-il pas lui apporter de la viande provenant d'animaux qu'ils possédaient déjà?

Le Avné Nézer (cité dans Chem miChmouel - Toldot) répond que le trait de caractère (mida) déterminant d'Its'hak était la midat haguévoura, le trait de force qui permet de conquérir les forces extérieures (forces du mal) et de les amener du côté de la sainteté (kédoucha).
C'est pourquoi il voulait qu'Essav attrape des animaux sauvages afin de conquérir leur pouvoir et de les rendre saints.

Le fait de piéger quelque chose contre sa volonté symbolise la façon dont Its'hak a piégé les forces impures/négatives et les a amenées du côté de la sainteté.

Yaakov dit : "Vends-moi aujourd'hui ton droit d’aînesse" (Toldot 25,31)

-> Le Yalkout Chimoni (Remez 110) raconte que lorsque Yaakov et Essav étaient dans le ventre de leur mère, Yaakov a dit à Essav :
"Il y a deux mondes devant nous. Tu prends ce monde-ci (olam hazé) et je prendrai le monde à Venir (olam haba), comme il est dit : "Vends-moi aujourd'hui ton droit d’aînesse".
Ce même jour, Essav a refusé l'idée qu'il y a une résurrection des morts, comme il est dit : "Voici que je vais mourir". À ce moment-là, Essav prit la part du Olam hazé et Yaakov prit la part du olam haba."

-> Le séfer M'Zékénim Et'bonen cite le rav Mordé'hai 'Haïm de Slonim qui rapporte l'explication suivante du Yalkut Chimoni au nom du Yessod ha'Avodah :
Après l'accord conclu entre Yaakov et Essav pour diviser les deux mondes, Essav vit que Yaakov faisait des séoudot festives chaque Shabbat, où il chantait avec une joie extrême. À la fin du Shabbath, il faisait également un Mélava Malka festif. Il se rendit compte que Yaakov appréciait en fait ce monde. Il en fut contrarié et se plaignit qu'ils avaient convenu qu'il obtiendrait ce monde et que Yaakov n'obtiendrait que le Olam Haba. Yaakov lui répondit : "Le Shabbath est 'mé'én Olam Haba'. Il est comparable au Olam Haba et fait donc partie de ma part."

Essav se rendit un jour à la maison de Yaakov, un jour de semaine, et le vit assis en train de savourer une séouda. Il lui demanda pourquoi il tirait du plaisir de ce monde un jour de semaine et Yaakov répondit : "Aujourd'hui, c'est Roch 'Hodech. Ce n'est pas un jour de semaine ordinaire. Il s'agit plutôt d'un yomtov mineur et il est inclus dans le Olam Haba."

Essav demanda : "À quelle fréquence célébrez-vous Rosh 'Hodech ?"
Yaakov répondit : "Une fois tous les 30 jours." Essav fut quelque peu réconforté, car il pensait toujours que Yaakov ne tirerait pas de plaisir de ce monde la plupart des jours de l'année et qu'il serait le seul à avoir la portion du Olam Hazé la plupart du temps.

Un autre jour de la semaine, Essav se rendit chez Yaakov et l'entendit chanter de joie. Il entra et le vit à nouveau en train de prendre un repas copieux. Il lui demanda : "Que fais-tu? Ce n'est pas Shabbat ni Roch 'Hodech aujourd'hui !" Yaakov répondit : "Aujourd'hui, je termine la Massé'het Baba Kama. Je fais une séouda pour le siyoum." Essav se mit en colère et dit : "Le Olam Hazé et ses plaisirs m'appartiennent. Pourquoi me les voles-tu ?"

Yaakov répondit : "Si tu penses qu'une séouda pour un siyoum fait partie du Olam Hazé, tu peux en faire une toi aussi! Maintenant que nous avons terminé les Massé'het Baba Kama, nous commençons à étudier Baba Métsia. Viens étudier avec nous, et lorsque nous aurons terminé la massékhta, tu pourras également faire un siyoum et en profiter."

Essav accepta ce conseil. Mais lorsqu'il s'assit devant la guémara, il n'eut immédiatement plus envie d'apprendre. Il se leva et quitta la yeshiva en courant. Essav alla alors demander conseil au frère de son père, Yichmaël.
Yichmaël lui conseilla de dire à Yaakov ce qui suit : Nous avions convenu que j'obtiendrais le Olam Hazé et que tu obtiendrais le Olam Haba. Je vois que je ne profite pas de ce monde. Bien que je mange et boive autant que je veux, je ne ressens pas le vrai bonheur parce que je sais que je n'ai aucune part dans le Olam Haba. Par conséquent, je vis une vie de douleur et de misère. Je n'ai ni Olam Hazé ni Olam Haba. Par conséquent, l'accord que nous avons conclu est nul et non avenu.

Essav accepta le conseil de son oncle et présenta cette demande à Yaakov.
Lorsque Yaakov entendit ce qu'Essav avait à dire, il lui dit : "Je te promets que tu auras une part dans le Olam Haba afin que tu puisses jouir du Olam Hazé sans inquiétude ni peur."

Lorsque Esav mourut et se rendit dans le monde supérieur, il réclama la part de Olam Haba que Yaakov lui a promise. On lui répondit que Yaakov ne lui avait promis une part dans le Olam Haba que pour qu'il puisse jouir du Olam Hazé. Sa promesse a fonctionné, car Essav a pleinement profité du Olam Hazé après l'avoir entendue. Par conséquent, il avait déjà reçu tout ce qui lui revenait et il n'avait aucun droit à une quelconque portion dans le Olam Haba.

Avoir 1/8e de 8e d’orgueil

+ Avoir 1/8ème de 8ème d'orgueil :

-> Bien que l'humilité soit un trait souhaitable, la guémara (Sotah 5a) nous éclaire en disant qu'un érudit de la Torah doit avoir un 1/8ème de 8ème d'orgueil car les gens ne respecteraient pas un érudit s'il est humble à 100%.
C'est similaire à un leader qui a besoin d'orgueil pour diriger le peuple et ne pas être dirigé et gouverné par ce dernier. Il s'agit d'une orgueil positive car il est dit : "son coeur s'est élevé dans les voies d'Hachem" (Divré Hayamim II 17,6).

-> Voici quelques allusions à cette idée:
1°/ Le Gaon de Vilna (Peninim miChoulkhan haGra) donne une allusion : קטנתי מכל החסדים est le 8ème verset de la 8ème paracha (Vayichla’h).
[La formulation de la Guemara est qu'un érudit de la Torah doit avoir au moins 1/8ème de 8ème d'orgueil (אחד משמונה בשמינית). Pourquoi la guemara utilise-t-elle.la forme masculine (שמונה ) puis la forme féminine (שמינית) ? Cela fait référence au 8ème verset dans la 8ème paracha car פסוק est masculin et פרשה féminin.]

2°/ Rabbi Heshel de Cracovie nous donne l'illustration suivante. Le midrach (Bo) dit que le mont Sinaï avait une hauteur de 500 amot. Hachem voulait donner la Torah sur le mont Tavor, la plus haute montagne s’élevant à 4 parsaot. Une parsa représente 4 mil et 1 mil vaut 2 000 amot (Baba Batra 73b).
En résumé, le Har Tavor est haut de 32,000 amot. Le mont Sinai, la plus petite montagne était haute de 500 amot. Or 1/8ème de 8ème de 32,000 est 500, la hauteur du mont Sinai.

3°/ Cette idée nous est également montrée à ‘Hanoucca. Le Maharal souligne que le mot (אור ) יהי vaut 25, allusion à 'Hanouka, le 25 Kislev.
Le Gaon de Vilna nous dit que le 25ème mot de la Torah est אור , allusion à ‘Hanoucca.Le miracle de 'Hanoucca est clairement un phénomène surnaturel, car selon les lois de la nature, l'huile n'aurait pas dû brûler aussi longtemps.
'Hanoucca dure 8 jours. La 8ème lettre de la Torah est le du ר mot ברא . Le ר symbolise l'humilité, רש signifiant appauvri. En effet, le verset (Chmouel II 12,3) ולרש אין כל = le pauvre homme n'a rien.19 La lettre ר a une valeur numérique de 200. 1/8ème de 200 est 25, allusion au 25 Kislev.

La reconnaissance est intimement liée à l'humilité.
Elle reconnaît que ce que nous sommes et ce que nous avons est dû aux autres et surtout à D.
[rav Jonathan sacks ]

+ "Vous vous tenez aujourd'hui devant Hachem, votre D."  (Dévarim 29,9)

= Nous pouvons nous tenir devant D. si nous nous préoccupons que du jour présent.

Rabbi Na'hman de Breslev disait : "Hier et demain constitue la ruine de l'homme.
Aujourd'hui, vous pouvez être dévoués à D.  mais vos hiers et vos demains vous ramènent en arrière."

Nous avons en nous un yétser ara, une force destructive, dont le mode opératoire ne consiste pas exclusivement à nous inciter à commettre un péché.
En effet, s'il parvient à paralyser quelqu'un et à l'empêcher d'avoir un comportement constructif, il aura alors atteint son objectif.

Nous ne pouvons rien faire au sujet du passé et, en général, très peu en ce qui concerne le futur.
Notre préoccupation pour le passé et le futur, qui nous dissuade de toute attitude constructive dans le présent, est donc une machination du yétser ara.

=> Pour être avec D., nous devons nous concentrer sur aujourd'hui  ...   ("aujourd'hui devant Hachem").