Aux délices de la Torah

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La crainte d’Hachem

+ La crainte d'Hachem :

-> Sachez que la crainte d'Hachem est le fondement de toutes les mitsvot.
[Rabbénou Yona - Chaaré Téchouva ]

-> La crainte est d'une importance capitale.
[Zohar I,11b ]

-> Si vous ne tenez pas la crainte de la faute entre vos mains, vous n'avez rien entre vos mains.
[midrach - Chir Hachirim Zouta - chap.1 ]

-> Il n'y a rien de plus aimé que celui qui craint Hachem.
[midrach - Aggadat Béréchit - chap.33 ]

-> Il n'y a rien dans le trésor d'Hachem, sauf un entrepôt de crainte d'Hachem.
[guémara Berachos 33b ]

-> Grande est la crainte [d'Hachem], car les cieux et la terre n'ont été créés que grâce au mérite de la crainte.
[midrach - Kohélet rabba 3,14 ]

-> Toute personne qui craint le Ciel, ses paroles seront entendues. Comme il est dit : "A la fin, tout sera entendu. Craignez Hachem, car c'est tout ce qu'il y a pour l'homme" (Kohélet 12,13).
Que signifie "car c'est tout ce qu'il y a pour l'homme"?
Rabbi Elazar dit : Hachem dit : "Le monde entier a été créé uniquement pour cela (la personne qui craint Hachem)."
Rabbi Abba bar Kahana dit : Cela [la crainte d'Hachem] équivaut au monde entier.
Rabbi Shimon ben Azaï, et certains disent Rabbi Shimon ben Zoma, dit : Le monde entier a été créé pour être le compagnon de [celui qui craint Hachem].
[guémara Béra'hot 6b]

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-> Il existe essentiellement deux formes de crainte : la crainte du châtiment (punition) et la crainte de la grandeur d'Hachem, une sorte de révérence de Sa Toute-puissance.
Le Maharal (Nétivot Olam - Nétiv Yirat Hachem - chap.1) explique, à propos de la révérence envers Hashem : "Cette crainte découle principalement du pouvoir de l'amour. Car celui qui aime quelqu'un
s'efforcera autant que possible d'accomplir sa volonté, afin qu'il n'y ait aucune séparation entre leur amour. Il craint donc d'aller à l'encontre de sa volonté, même pour une petite chose, car cela nierait son amour."
De même, le rabbi de Berditchev (Kédouchat Lévi - parachat Kédochim) explique que la crainte révérencielle peut être comparée à un fils dont le père l'aime énormément. Le fils a peur de causer de la peine à son père, il s'efforce donc de le rendre heureux.
Le Zohar est cité comme disant (Déré'h Pikoudé'ha - introduction n°8) que la crainte du châtiment n'est pas la forme principale de la crainte ; c'est plutôt un recours lorsque la crainte révérencielle ne suffit pas. Pour atteindre la crainte révérencielle, il faut contempler la grandeur d'Hachem, en Le reconnaissant comme le Créateur et le Souverain de tous les mondes. Il faut y réfléchir dès le réveil, ainsi qu'avant d'accomplir toute mitsva. Même si l'on ne parvient pas à percer la couche du matérialisme, on accomplit tout de même la mitsva de craindre Hachem simplement en y réfléchissant.

[à l'inverse, d'autres comme le rav Haïm Vital (intro au Eitz 'Haïm) expliquent que la crainte du châtiment est en fait la forme principale de la crainte.
A notre niveau, en fonction des moments, on peut ressentir avec sincérité quel type de crainte nous avons besoin d'activer pour être le plus efficace. ]

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-> Rabbi Yéhouda dit : Hachem n'a créé Son monde que pour que les gens Le craignent.
Rabbi Simon et Rabbi Elazar étaient assis. Rabbi Yaakov bar Akha passa devant eux. L'un dit à l'autre : "Levons-nous devant [Rabbi Yaakov bar Akha], car c'est un homme qui craint la faute."
L'autre répondit : "Levons-nous devant lui, car c'est un homme de la Torah."
Il dit : "Je t'ai dit que c'était un homme qui craignait la faute, et tu m'as répondu que c'était un homme de la Torah?" [Rachi explique : en disant cela, tu as diminué son éloge. ]

Concluons que c'est Rabbi Elazar qui a dit que [Rabbi Yaakov bar Akha] est un homme qui craint la faute, car Rabbi Yo'hanan dit au nom de Rabbi Elazar : Il n'y a rien pour Hachem dans Son monde
à part la crainte du Ciel seule.
Comme il est écrit : "Et maintenant, Israël, qu'est-ce que Hachem, ton D., te demande, sinon de craindre Hachem, ton D." (Ekev 10,12).
[guémara Shabbath 31b ]

-> Rava dit : Lorsqu'une personne est amenée devant le tribunal, on lui dit : As-tu mené tes affaires avec loyauté (hnnêteté)? As-tu réservé du temps pour l'étude de la Torah? T'es-tu engagé dans la procréation? As-tu aspiré à la rédemption? As-tu analysé (pratiquer la dialectique de) la sagesse (pilpaleta bé'hokhma)? As-tu compris une chose à partir d'une autre (évanta davar mit'oh davar)?

Néanmoins, si la crainte d'Hachem est son trésor (à cette personne), alors ces choses ont de l'importance ; sinon, elles n'en ont pas.
Cela peut être comparé à une personne qui demande à son messager d'apporter un kor [unité de mesure] de blé au grenier. Il dit alors à son messager : "As-tu mélangé un kav [unité de mesure] de chomton (un conservateur qui éloigne les vers du blé) à l'intérieur? Le messager lui répondit : "Non". Il répondit au messager : "Tu aurais mieux fait de ne pas l'apporter".
[A quoi sert du blé infesté de vers ? De même, la Torah et les mitsvot sans la crainte d'Hachem sont inutiles. ]
[guémara Shabbath 31a ]

-> [Au moment du décès de Rabbi Yéhouda haNassi,] il leur dit : "J'ai besoin des érudits d'Israël".
Les érudits d'Israël entrèrent dans sa chambre. Il leur dit : "Shimon, mon fils, est sage. Gamliel, mon fils, est un leader. Chanina bar Chama devrait siéger à la tête. »... Il disait : « Même si Shimon, mon fils, est sage, Gamliel, mon fils, devrait être le chef."
Levi dit : Est-il nécessaire de le dire ? ... [Oui, il était nécessaire de le dire, car] Rabban Gamliel n'occupait pas la place de son père [car il était moins apte à occuper ce poste].
Et Rabbi Yéhouda haNassi, pourquoi a-t-il fait cela, nommer Gamliel, son fils, comme chef, s'il n'était pas apte à occuper ce poste] ?
Certes, il [Gamliel] n'a pas remplacé son père en matière de sagesse, mais dans la crainte de la faute, il a remplacé son père.
[Kétoubot 103a-b]

Apprécier les mitsvot qu’Hachem nous a données

+ Apprécier les mitsvot qu'Hachem nous a données :

"Rabbi Hanania ben Akachia dit : Hachem a désiré rendre le peuple juif méritant, aussi a-t-Il multiplié pour lui [les enseignements de] la Torah et les mitsvot." (Pirké Avot 6,11).

-> Hashem, dans Son infinie compassion, nous a donné la Torah et les mitsvot pour notre bien, afin que nous puissions atteindre le meilleur dans ce monde et dans l'éternité du monde à Venir, comme le dit le verset : "Hachem nous a ordonné d'observer toutes ces lois ... afin que cela soit bon pour nous à jamais (létov lanou kol ayamim)" (Vaét'hanan 6,24).

-> Le Ramban (Ki Tétsé 22,6) explique l'idée "afin que cela soit bon pour nous" comme suit :
"Dans le midrach (Béréchit rabba 44,1), nos Sages disent : pourquoi Hachem se soucierait-il de savoir si l'on égorge un animal en lui coupant la gorge ou la nuque? Le but des mitsvot est plutôt d'affiner les gens, comme le dit le verset : "Toutes les paroles de D. sont raffinées" (Michlé 30,5) ...
Chaque mitsva a une raison d'être, un avantage et une amélioration pour la personne, en plus de la récompense de Celui qui nous a commandé de les accomplir.
Les mitsvot elles-mêmes n'apportent en réalité aucun avantage à Hachem Lui-même. L'avantage est pour les gens. Les mitsvot nous préservent du mal, des croyances inappropriées, des traits négatifs, et nous rappellent les merveilles et les miracles d'Hachem. Elles nous permettent de connaître Hachem.
C'est ce que signifie "raffiner les gens". Un fondeur qui raffine l'argent ne le fait pas sans raison ; il le fait plutôt pour éliminer toutes les impuretés du métal. De même, les mitsvot servent à éliminer toute croyance inappropriée de notre cœur et à nous imprégner de la vérité afin que nous nous en souvenions constamment ..."

-> Le Ramban développe également cette idée (commentaire sur Ekev 10,12-13). Le verset dit : "Maintenant, Israël, qu'est-ce que Hachem attend de toi? Seulement que tu craignes Hachem ... que tu L'aimes ... que tu observes Ses mitsvot ... afin que cela soit bon pour toi".
Le Ramban explique que la réponse à la question "Qu'est-ce que Hachem attend de toi?" se trouve à la fin du verset : "afin que cela soit bon pour toi" (ayom létov la'h).
Il n'y a qu'une seule chose qu'Hachem désire, c'est notre bien. C'est pourquoi Il nous commande de Le craindre, de L'aimer, d'observer Ses commandements, ...
Hachem ne désire pas ces choses en soi et n'en a pas besoin, Il nous demande seulement de les faire pour notre propre bien.
[seul notre yétser ara, libre arbitre oblige, nous laisse penser le contraire.]

-> Nos Sages (Yélamdénou - cité dans Tan'houma Yachan - Chémini 12) disent également :
"Pourquoi Hachem se soucierait-il de savoir si l'on égorge un animal et le mange ou si l'on poignarde un animal et le mange? Une personne peut-elle ainsi profiter ou nuire à Hachem ... ?
Les mitsvot ont plutôt été données pour raffiner les gens, comme le dit le verset : "Les paroles d'Hachem sont des paroles pures" (Téhilim 12,7), et un autre verset dit : "Toutes les paroles de D. sont raffinées" (Michlé 30,5).
Pourquoi en est-il ainsi? Afin qu'elles vous protègent ... Les mitsvot sont toutes pour notre bien et non pour le bien de Hachem. Elles nous guident sur les chemins de la compassion, même lorsque nous abattons [un animal]."

-> C'est pourquoi le Zohar (Yitro 82b) appelle les 613 mitsvot "613 conseils (étsot)", car ce sont en réalité les conseils d'Hachem sur la manière dont nous pouvons mener la meilleure vie possible dans ce monde et dans l'autre monde : Il a été enseigné : la Torah a fourni à l'homme 613 conseils sur la manière de s'engager auprès d'Hachem. Et cela parce que Hachem souhaite faire du bien à l'homme dans ce monde et dans l'autre, et encore plus dans le monde à Venir.

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-> "Hachem dit : Écoutez-moi (en suivant Ma volonté), car personne ne m'écoute sans en sortir gagnant"
[midrach Dévarim rabba 4,5 ]

-> Hachem est la source de toute bonté et sa sainte Torah n'apporte donc que du bien.
Il s'ensuit qu'en observant la Torah, les tsadikim font en réalité la chose la plus charitable possible pour eux-mêmes et pour le monde, comme l'indique le midrach Tan'houma (paracha Emor 5) : "Les tsadikim ... apportent le bien à eux-mêmes et apportent le bien aux autres".
Malheureusement, l'inverse est également vrai, comme le poursuit le midrach : "Les réchaïm ... causent plutôt de la souffrance à eux-mêmes et aux autres ... [ils agissent en fait] mal envers eux-mêmes et mal envers les autres".

-> Nous trouvons une déclaration similaire dans la guémara (Kidouchin 40b) : "Et un seul fauteur fera perdre beaucoup de bien" (Kohélet 9,18), à cause de la seule faute qu'une personne a commise, elle a fait perdre beaucoup de bien à elle-même et au monde entier."

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-> "La véritable récompense [des mitsvot] sera ... que la personne qui la mérite restera dans la vie éternelle connectée à Hachem.
[plus on exploite notre potentiel de faire la volonté de D., plus on aura le plaisir éternel d'être davantage proche d'Hachem. ] "
[Ram'hal - Déré'h Hachem 2,2 ]

Celui qui se repent doit confesser ses fautes, les regretter et les abandonner, comme le dit le verset : "Celui qui les confesse et les abandonne obtiendra miséricorde" (Michlé 28,13).
Lorsqu'une personne se confesse sincèrement et du fond de son âme, l'articulation de ses lèvres équivaut à apporter une offrande, comme le dit le verset : "Payons [plutôt] avec nos lèvres" (Hochéa 14,3).

C'est le plus grand acte de bonté qu'Hachem accomplit à notre égard, qu'Il soit apaisé par nos seules paroles (de téchouva), comme le dit le verset : "Emportez avec vous des paroles et retournez vers Hashem" (Hochéa 14,3).
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Vayigach ]

Raisons de l’augmentation de l’athéisme avant l’arrivée du machia’h

+ Raisons de l'augmentation de l'athéisme avant l'arrivée du machia'h :

1°/ La michna (à la fin de Sotah) enseigne : "Pendant les "pas du machia'h", l'autorité au pouvoir se tournera vers l'athéisme."
Avant l'arrivée du machia'h, le monde sera rempli de sentiments de nier l'existence d'Hachem, ce qui est encore pire que l'idolâtrie. Un athée ne croit en rien et pense que tout dans le monde est aléatoire (c'est le hasard, la nature des choses).
La raison de cet athéisme terrible est l'esprit d'orgueil qui envahira le monde à cette époque, comme le poursuivent les Sages dans la michna : "L'audace augmentera ; une fille se dressera contre sa mère et les jeunes feront honte aux anciens".
Une personne orgueilleuse qui croit en elle-même et en ses capacités ne croit pas en Hachem. C'est ainsi que le rabbi de Kobrin explique le verset : "Et je me suis tenu (ano'hi omèd) entre Hachem et vous" (Vaét'hanan 5,5). C'est le "moi" (ano'hi) ou l'ego d'une personne, qui croit pouvoir faire tout ce qu'elle veut, qui fait obstacle entre elle et Hachem, l'empêchant de se rapprocher d'Hachem.
Le 'Hayé Olam (1,27) écrit également que l'orgueil est la principale raison de l'athéisme.

2°/ Une autre raison de l'athéisme généralisé avant la venue du machia'h est le fait que les lieux de rencontre des érudits seront convertis en lieux d'immoralité (Sotah ibid.) et que le monde sera plongé dans la débauche.
Les gens seront influencés par leur désir d'une matérialité sans limites, au point de nier l'existence d'Hachem. Leurs désirs corporels les rendront aveugles à la vérité de la foi en Hachem, car croire en Hachem exigerait qu'ils renoncent à leurs activités immorales.
Le rav El'hanan Wasserman (Kovetz Maamarim 1) écrit qu'il est impossible pour une personne de ne pas être influencée par un pot-de-vin, même s'il lui est donné à son insu.
Et cela est certainement vrai avec le pot-de-vin considérable que constituent les plaisirs mondains (de ce monde) qui corrompent les pensées d'une personne. C'est ce que disent nos Sages (Sanhédrin 63b) : "Israël n'adorait les idoles que pour se permettre l'immoralité publique".

Le Steïpler ('Hayé Olam 1,25) écrit qu'être pris dans les désirs mondains empêche naturellement une personne de voir la vérité. Mais au-delà de cela, il existe un puissant esprit d'impureté qui possède le fauteur et s'accroche à lui comme un chien. Cet esprit le trouble afin qu'il perçoive les ténèbres comme la lumière. Il l'attire vers tout ce qui est mauvais et éloigne de lui tout ce qui est bon et saint.
Même si la vérité de la foi en Hachem lui était prouvée, il serait incapable de percevoir la vérité et la sainteté, car il est totalement possédé par les forces du mensonge et de l'impureté.

3°/ Une raison supplémentaire est que l'état actuel du monde crée des défis et des crises de foi sans précédent par rapport aux générations précédentes.
Autrefois, chaque pays avait un dirigeant qui régnait d'une main de fer. Cela permettait à chacun de comprendre le concept de respect de l'autorité et de crainte du souverain. Cela pouvait alors se traduire par la crainte et le respect appropriés envers Hachem, Roi de l'Univers (le Roi des rois).
Mais de nos jours, il n'y a plus de concept de crainte ou de respect envers l'autorité au pouvoir. De plus, la démocratie signifie que le peuple élit ses dirigeants et qu'il n'y a donc plus de notion d'effacement de soi devant une personne plus importante. C'est pourquoi l'orgueil est si répandue aujourd'hui et que chacun ose exprimer ouvertement son opinion.

Autrefois, avant les progrès technologiques, les gens étaient beaucoup plus conscients de l'implication d'Hachem dans leur vie et reconnaissaient donc davantage Sa présence.
Par exemple, autrefois, lorsqu'on voyageait en bateau, on prenait conscience de sa dépendance à l'égard d'Hachem à chaque vague qui menaçait la stabilité et la sécurité du navire. Comme il est dit dans le Téhilim (107,23-24) : "Ceux qui prennent la mer dans des bateaux ... voient les actions d'Hachem".
Lorsqu'on voyageait en charrette tirée par des chevaux, si le cheval mourait en cours de route, on n'avait d'autre choix que de continuer à pied, et on se sentait donc beaucoup plus dépendant de Hachem.
[de nos jours, on a trop d'excuses pour dire : "c'est bon Hachem, ne te dérange pas, JE peux gérer tout seul!" ]

Avant l'invention de la lumière électrique, on était beaucoup plus conscient du passage du jour et de la nuit, et donc beaucoup plus conscient de la présence de Hachem dans la vie des gens, ce qui renforçait leur foi.
De nos jours, cependant, les voyages en avion ne font que renforcer le sentiment de puissance de l'homme, et lorsqu'ils volent, personne ne s'arrête pour admirer l'œuvre d'Hachem. Tous les autres modes de transport sont également considérés comme le fruit de l'ingéniosité humaine.
La lumière artificielle nocturne a fait disparaître le sentiment de "foi nocturne" (émounaté'ha balélot - Téhilim 92,3).
[d'une certaine façon c'est comme un enfant qui a peur du noir, et plutôt que d'avoir Hachem comme lumière, va en avoir une dans la matérialité, le dispensant d'avoir recourt à Hachem. ]
Tout cela fait oublier aux gens que Hachem dirige le monde et que l'homme n'est qu'un simple mortel dont les jours sont éphémères.

Nous pouvons appliquer les paroles attribuées à la colombe dans le Pérek Shirah : "La colombe dit : ... Maître de l'Univers, que ma nourriture soit aussi amère que les olives et dans Ta main, et non aussi douce que le miel et dans les mains de l'homme."
De même, le monde d'hier, où la vie était plus simple, plus naturelle et plus proche de la façon dont Hachem l'avait créée, permettait aux gens de voir la présence d'Hachem et Son implication dans leur vie quotidienne. Même si la vie était plus dure à l'époque, car les gens devaient travailler plus dur sans bénéficier des commodités modernes, elle était sans aucun doute bien meilleure que la vie frénétique d'aujourd'hui.

Au-delà de ces distractions, une autre distraction majeure de notre génération est l'obsession pour les films et les médias. À travers eux, l'homme vit dans un monde artificiel, loin de la réalité et de la véritable essence de l'existence.
Piégé dans une réalité virtuelle, il est incapable d'avoir l'esprit clair et pur pour voir la puissance impressionnante du Créateur et le monde merveilleux qu'Il a spécialement préparé pour nous. Cela s'ajoute à tous les autres dangers que cela comporte.
Si les progrès technologiques ont rendu la vie beaucoup plus facile et notre existence plus douce que le miel, il n'y a pas de plus grand plaisir ni de plus grande joie que de sentir la proximité de la présence d'Hachem et d'avoir une foi claire.

4°/ Il existe une autre raison au manque de foi de notre génération, à savoir le caractère extrêmement caché de la présence d'Hachem dans le monde. Avant l'arrivée du machia'h, nous ne voyons pas ouvertement la providence d'Hachem comme elle était visible dans les générations précédentes.
Le Or'hot Yocher (7) écrit : "J'ai entendu de mon beau-frère, le rav Shaul Barzam, que le 'Hazon Ich lui avait dit que jusqu'à la dernière génération (avant le machia'h), il était possible de voir la providence Divine dans la vie des grands sages de la Torah ... Ce n'est que depuis la dernière génération que ce n'est plus le cas. Néanmoins, celui qui le souhaite [vraiment] peut encore la voir de nos jours ..."
Avoir foi dans les Sages est la base sur laquelle une personne peut construire tous les principes de sa foi, comme l'écrit le 'Hayé Olam dans son introduction : "L'un des fondements de la croyance en la sainte Torah est la croyance dans les Sages ... "La crainte de ton maître doit être comme ta crainte du Ciel" (Pirké Avot 4,15), car l'une dépend de l'autre, ..."

Tout cela fait partie des défis de la dernière génération, juste avant que Hachem ne retire l'esprit d'impureté du monde et n'illumine le monde de la lumière de la foi et de la connaissance d'Hachem.
Heureux celui qui peut renforcer sa foi en ce moment!

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-> Selon le verset (Chir Hachirim 5,2), Hachem dit du peuple juif : "Car Ma tête [les cheveux de ma tête] est pleine de rosée, Mes boucles [sont trempées] par la pluie de la nuit."
Rachi [dans sa 2e explication] dit que "pleine de rosée" est la récompense que Hachem donnera pour les mitsvot plus légères qui sont faciles à accomplir, comme la rosée [qui est agréable et ne dérange pas].
"La pluie de la nuit" est la récompense que Hachem donnera pour les mitzvot plus lourdes qui sont plus difficiles à accomplir, comme la pluie de la nuit qui dérange.

Le Shomer Emounim (Drouch Habita'hon 16) propose une autre explication :
La différence entre la rosée et la pluie est que la rosée descend uniquement du ciel, tandis que la pluie provient de la terre. Ce n'est qu'après que l'eau se soit évaporée et a formé des nuages qu'elle retombe sur la terre sous forme de pluie.
Il explique ainsi le verset : "Ma tête" fait référence aux premières générations pour qui servir Hachem était beaucoup plus facile. Grâce au mérite des nombreux grands tsadikim qui vivaient à cette époque, une puissante inspiration leur était accordée d'en haut, comme la rosée qui descend du ciel.
"Mes boucles" font référence aux générations suivantes qui doivent compter sur leur propre inspiration, car elles reçoivent très peu d'inspiration d'en-Haut. Elles doivent donc développer leur propre inspiration d'en bas en travaillant dur pour s'améliorer, et leur inspiration est donc comparée à la pluie de la nuit.
Ce service inspiré par soi-même est très précieux et apprécié par Hachem.
Même si le niveau sublime du service de Hachem des générations précédentes dépasse notre imagination, notre service inspiré par nous-mêmes est beaucoup plus précieux aux yeux de Hachem.

Aspirer à la guéoula permet de la déclencher

+ Aspirer à la guéoula permet de la déclencher :

-> Au moment de la destruction du Temple, Its'hak dit à Hachem : "Maître du monde, peut-être que Tes enfants ne pourront jamais revenir."
Hachem répondit : "Ne dis pas cela. Il y aura une génération qui aspirera à Ma guéoula ; et immédiatement elle sera délivrée (miyad ém nig'alim)."
[midrach Yalkout Eikha - remez 997]

-> Le 'Hafets 'Haïm écrit que cela montre que notre désir ardent de la guéoula la précipitera.

-> De plus, le Yalkout Téhilim (remez 736) enseigne que même si notre aspiration à la guéoula est notre seul mérite, cela suffirait à nous rendre dignes de la guéoula. Comme il est écrit : "Et ils diront en ce jour-là : "Voici, c'est notre D., nous avons espéré en Lui, et il nous a sauvés" (Yéchayahou 25,9).
Ainsi, le simple fait d'aspirer à la guéoula est un mérite suffisant pour que celle-ci se réalise.

-> Le 'Hida (Midbar Kedémot - טז-קיווי) explique que nous exprimons ce principe 3 fois par jour dans nos prières. Citant le gadol rabbi Yossef David (dans son séfer Tséma'h David - Vayé'hi), nous sommes renvoyés à la bénédiction "ét tséma'h David", dans laquelle nous demandons à Hachem de faire prospérer l'influence du roi David et d'élever sa stature par la guéoula, en raison de l'argument suivant : "kivinou kol ayom" (car nous aspirons à Ton salut tout au long de la journée).
Pourquoi cela serait-il une raison pour que Hachem nous délivre? Si nous méritons d'être délivrés, alors nous devrions l'être en raison de nos mérites, et si nous ne le méritons pas, à quoi sert notre aspiration?
Implicitement, nous apprenons de la formulation de cette demande que nous demandons à Hachem, même si nous n'avons aucun autre mérite, de nous apporter néanmoins la guéoula en raison de notre désir, qui seul nous rend dignes du salut.

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-> L'une des prières composées par Ram'hal (תקטו תפילות - תפילה קנח) dit : "Si Tu demandes que le peuple juif ne se repente pas devant Toi, permets que son désir ardent le lui révèle".

-> "Lorsque tu seras dans la détresse et que toutes ces choses t'auront frappé à la fin des temps, tu reviendras vers Hachem, ton D., et tu écouteras sa voix" (Vaét'hanan 4,30).
Le 'Hatam Sofer (drachot סוף דרוש ז אב שלח טור ד) écrit :
"Si, à la fin des temps, nous sommes véritablement affligés par l'exil et la destruction du Temple et que nous aspirons [vraiment] à la guéoula, si nous permettons à notre situation difficile dans l'exil parmi les idolâtres de briser notre coeur, alors cette détresse même équivaut à une téchouva complète (zé atsaar ou béatsmo atéchouva guémoura).
Le résultat sera : "Hachem, ton D., est un D. compatissant, Il ne t'abandonnera pas et ne te détruira pas" (Vaét'hanan 4,31).

Ainsi, aspirer à la guéoula englobe et équivaut à une véritable téchouva.
[ "Toutes les dates limites pour l'arrivée du machia'h sont passées ; désormais, cela ne dépend plus que de la repentance" (Sanhédrin 97b) = notre aspiration d'un cœur brisé prend la place de la téchouva et déclenche la guéoula. ]

Avec la venue du machia’h, nous acquerrons la vraie joie

+ Avec la venue du machia'h, nous acquerrons la vraie joie :

-> A l'époque du machia'h, nous ferons pleinement l'expérience de la distinction suivante : "Vous êtes les enfants d'Hachem, votre D." (banim atèm l'Hachem - Réé 14,1).
Nous ressentirons l'amour puissant auquel fait référence le prophète : "Je vous ai aimés, dit Hachem" (Mala'hi 1,2).
Alors Hachem nous élèvera tous (chaque juif) au rang de prophètes et nous dira : "Tu es Mon serviteur, Israël, en qui j'ai mis ma fierté" (Yéchayahou 49,3).
Les nations auront l'honneur de nous servir, comme Yéchayahou (49,22-23) l'a prophétisé : "Elles (les nations) porteront tes fils dans leurs bras et tes filles sur leurs épaules. Les rois seront tes nourrices, leurs femmes nobles seront tes nourrices. Ils se prosterneront devant toi et lécheront la poussière de tes pieds. Tu sauras que je suis Hachem et ceux qui ont confiance en moi ne seront pas confus."

-> Nous vivrons sans souffrance ni détresse, il n'y aura que joie et bonheur, comme le dit le verset : "Ils acquerront joie et bonheur, et la souffrance et l'angoisse s'en iront" (Yéchayahou 35,10).
La vie sera paisible et sûre, sans souci de gagner sa vie, car les mets délicats seront aussi abondants que la poussière. Les difficultés et les détresses passées seront oubliées dans la joie débordante de l'époque du machia'h, comme le dit le verset : "Les [problèmes] passés seront oubliés et ne seront plus rappelés" (Yéchayahou 65,16-17).
Le Radak explique : "Jusqu'à cette époque, le monde n'avait jamais été sans problèmes et sans guerres. À cette époque, il y aura la paix dans le monde ... La paix sera si grande que tous les troubles passés seront oubliés."
Il y aura alors une ère de perfection et "la terre sera remplie de la connaissance d'Hachem comme les eaux couvrent le fond de la mer" (Yéchayahou 11,9). Hachem éliminera la mauvaise inclination et supprimera l'esprit d'impureté de la terre. (Voir Zé'hariya 13,2).

-> Le roi David avait un désir intense de pouvoir voir cette ère, qu'il a exprimé par ces mots de prière : "Souviens-toi de moi, Hachem... souviens-toi de moi avec Ton salut, afin que je puisse voir le bien de Ton peuple élu, me réjouir de la joie de Ta nation, Te louer avec Ton héritage" (Téhilim 106,4-5).
Le rav Don Segal dit qu'aujourd'hui, nous sommes incapables d'être dans un état constant de joie aussi intense, même si nous avions des raisons de l'être, car nous n'avons tout simplement pas la capacité de contenir une joie aussi grande. Mais à l'époque du machia'h, Hachem nous donnera la capacité et l'aptitude de vivre dans un état constant de joie immense et inébranlable.

-> Cette idée est exprimée dans le midrach Tan'houma (Dévarim 1) :
"Pour nous enseigner que lorsque Hachem révèle Sa présence à Israël, Il ne le fait pas d'un seul coup, car ils ne peuvent tolérer l'intensité de cette bonté d'un seul coup. S'Il révélait Sa bonté en un seul instant, ils mourraient tous ... Au contraire, ce que fait Hachem, c'est se révéler petit à petit."

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-> "Alors [avec l'arrivée du machia'h,] notre bouche s’emplira de rire, et notre langue de chants de joie" (az yimalé ch'hok pinou, oulchonénou rina - Téhilim 126,2)
[d'une certaine façon, c'est seulement avec la venue du machia'h, et la révélation d'Hachem, que nous aurons la capacité de pleinement être joyeux. ]

Juste avant la guéoula, les troubles s’intensifient

+ Juste avant la guéoula, les troubles s'intensifient :

-> "Il [le 'Hafets 'Haïm] a dit que la nature de toute chose sur le point d'être éliminée est de lutter de toutes ses forces pour sa survie. Par exemple, une bougie brille avant de s'éteindre, et le moment le plus sombre de la nuit est juste avant l'aube.
A l'approche du moment où s'accomplira le verset "J'ôterai de ce pays l'esprit d'impureté" (Zé'haria 13,2), les forces de l'impureté s'intensifient avec leur dernière énergie d'une manière jamais vue auparavant. C'est le signe que les jours de la guéoula approchent."
[rav El'hanan Wasserman - Kovets Maamarim p.105 ]

-> Selon nos Sages (Sanhédrin 98a) : "Rabbi Yo'hanan dit : Si vous voyez une génération affligée par de nombreux malheurs comme un fleuve, attendez-le [le machia'h]."
Autrement dit, lorsque le temps vient où les malheurs se succèdent sans relâche, comme le flux d'un fleuve, c'est le signe qu'il faut se préparer à l'arrivée imminente du machia'h.

Le rav El'hanan Wasserman (Kovets Maamarim - Daat Torah 25) écrit qu'il existe une règle quant à la manière dont Hachem inflige des punitions au peuple juif en exil. Elle suit le modèle décrit dans le verset lorsque Yaakov envoya des cadeaux à Essav et dit aux messagers : "Et faites un espace entre un troupeau et l'autre" (Vayichla'h 32,17).
De même, tout au long de l'exil, il y a un répit entre un malheur et le suivant. Lorsque les malheurs se succèdent sans relâche, comme le cours d'une rivière, cela ne peut pas simplement faire partie des souffrances de l'exil.
La déviation par rapport au schéma habituel est une indication claire qu'il s'agit en fait des douleurs de l'enfantement qui précèdent la venue du machia'h.

Ailleurs, le rav El'hanan Wasserman (Ikvéta Déméchi'ha 1) écrit au nom du Gaon de Vilna, que la guéoula est appelée naissance, comme le dit le verset : "Car Sion a eu des douleurs d'enfantement et a aussi donné naissance" (Yéchayahou 66,8), car le peuple juif renaîtra alors.
Tout comme les douleurs de l'enfantement annoncent le début de la naissance et s'intensifient à mesure que le moment de la naissance approche, de même les douleurs du machia'h qui précèdent la guéoula s'intensifieront chaque jour, à mesure que la guéoula finale approche.

-> Selon le Gaon de Vilna, les jours de l'exil sont comme les jours de la grossesse et les douleurs du machia'h sont comme les douleurs de l'enfantement. Bien sûr, l'inconfort de la grossesse ne peut être comparé à la douleur de l'accouchement. Cela est suggéré dans le verset : "Comme aux jours de votre exode du pays d'Egypte, je vous montrerai des merveilles" (Mi'ha 7,15). Tout comme les souffrances se sont intensifiées dans la phase finale de l'exil en Egypte, de même, avant l'arrivée du machia'h, les épreuves de l'exil et le manque de moyens de subsistance s'aggraveront considérablement. (Kovetz Maamarim p.137).

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-> Il en va de même pour la situation spirituelle. Après la venue du machia'h, Hachem détruira le yétser ara et la force du mal sera éliminée. Le peuple juif s'élèvera au 50e niveau de sainteté et tous deviendront des prophètes, comme le dit le verset : "Vos fils et vos filles prophétiseront" (Yoel 3,1).
Il est donc clair que la force du mal, qui domine depuis près de 6000 ans depuis la faute d'Adam dans le gan Eden, luttera de toutes ses forces, alors qu'elle est sur le point d'être éliminée, pour entraîner le monde dans le 50e niveau d'impureté.

Le Ohr Ha'haïm Hakadoch (Chémot 3,8) explique que ce n'est que pendant l'exil d'Egypte qu'ils n'ont pas pu descendre au 50e niveau d'impureté, car il n'y avait aucune possibilité de retour de là-bas sans la Torah, et la Torah n'avait pas encore été donnée. Mais maintenant que nous avons le pouvoir d'étudier la Torah, nous sommes capables de descendre au 50e niveau et de nous en relever.
Le Assirit Haéfa (Bé'houkotaï 3,6) écrit que nous avons une tradition selon laquelle le 50e niveau est l'athéisme et le déni de D., dont le verset dit : "Tous ceux qui y entrent ne reviendront pas et n'atteindront pas les chemins de la vie" (Michlé 2,19). Le monde descendra à ce niveau très bas afin que les tsadikim puissent rectifier à partir de là tout ce qui doit l'être.
A mesure que le monde tombe de plus en plus bas et semble s'éloigner de plus en plus d'Hachem, cela indique que nous sommes en fait très proches de la fin. La situation est intenable et ne peut durer beaucoup plus longtemps, et le jour où tout le mal sera éliminé doit donc être très proche.

Le rav Moché Wolfson explique la raison pour laquelle le déni d'Hachem est le 50e niveau d'impureté.
Le 50e niveau de sainteté est la perception d'Hachem qui dépasse l'intellect et la compréhension humaine. Comme l'écrit le Ramban dans son commentaire sur la Torah : "Il est possible que ce 50e niveau soit la connaissance du Créateur qui n'a pas été révélée à l'homme."
C'est pourquoi ce niveau dépend de la mitsva de la foi. Comme nous ne pouvons pas comprendre des sujets aussi élevés, notre acceptation des faits tels qu'ils sont découle uniquement de notre croyance qu'ils sont vrais, comme Hachem nous l'a révélé dans Sa Torah. [la émouna commençant véritablement là où notre compréhension se termine ]
Le 50e niveau de sainteté est la vérité qui dépasse l'entendement.

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-> Il est important de tempérer cela, avec l'avis du géant le rabbi de Berditchev : https://todahm.com/2024/10/06/aucune-mauvaise-prophetie-sur-la-venue-du-machiah-ne-doit-obligatoirement-se-realiser

-> voir également l'idée que : notre comportement transforme un mauvais décret en un bon : https://todahm.com/2026/02/04/sortie-degypte-notre-comportement-transforme-un-mauvais-decret-en-un-bon/

Avoir une joie constante

+ Avoir une joie constante :

-> "Car vous partirez dans la joie" (ki bésim'ha tétséou - Yéchayahou 55,12).
Cela signifie que grâce à la joie, vous pouvez être délivrés de tous vos problèmes.
[rabbi Mendel Ména'hem de Kotzk - Emet véEmouna - p.8 ]

-> Hachem souhaite constamment accorder ses bienfaits à Son peuple, Israël, mais la force du mal (sitra a'hra) bloque les canaux de l'abondance.
Cependant, chaque fois qu'un juif est animé de joie, celle-ci écarte les obstacles qui empêchent l'abondance de se manifester. Alors, Hachem, dans son infinie miséricorde et sa bonté, accorde d'abondantes bénédictions à Son peuple, Israël.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Vayétsé ]

-> Le rav Shlomo Kluger interprète le verset "Hodou l'Hachel ki tov, ki léolam 'hasdo"(Louez Hachem, car Il est bon ; Sa bonté est éternelle - Téhilim 118,1), comme signifiant : Louez Hachem en toutes circonstances et dites qu'Il est bon, alors vous mériterez de voir que Sa bonté est éternelle.
La reconnaissance de la bonté infinie d'Hachem est précisément la force qui peut vaincre la force de Rigueur Divine.
C'est pourquoi le Tiféret Shlomo explique qu'Esther a envoyé des vêtements à Mordé'haï et lui a dit d'essuyer la cendre sur son front, car si elle parvenait à le réjouir malgré les circonstances désastreuses, cela permettrait d'annuler la force de Rigueur/jugement (din).

-> "Il a vu leur souffrance, quand Il a entendu leur chant" (Téhilim 106,44).
Quand Hachem voit-Il la souffrance de l'homme?
Au moment où l'homme est rempli de joie et chante tout ce qui lui arrive, et où il accepte tout avec amour. C'est le sens de "quand Il a entendu leur chant (ét rinatam)".
[le 'Hozé de Lublin - Sia'h Sarfé Kodech - Inyanim Shonim - yissourim 6 ]
[on a tendance à se morfondre dans la tristesse, le désespoir, en attendant passivement l'aide Divine. Mais en faisant l'effort d'aller contre sa nature du moment en se réjouissant (car tout vient d'Hachem), on provoque (si l'on peut dire) qu'Hachem puisse davantage prendre conscience de notre souffrance et ainsi nous en sortir. ]

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-> Le Zohar dit que si une personne se comporte avec un visage rayonnant [de joie] en bas, de la même manière, cela lui sera renvoyé d'en-Haut. Si elle se comporte avec tristesse, de la rigueur sera rendu d'en-Haut. [plus on se réjouit (par notre confiance en D.), plus du Ciel on nous donne des raisons de se réjouir. A l'inverse, plus on s'attriste, plus on nous envoie des raisons de nous attrister. ]
Selon notre service d'Hachem avec joie, notre joie attire la joie vers nous depuis le monde Supérieur.
Nos Sages (Sotah 11b) disent que grâce au mérite des femmes justes, le peuple juif a été délivré d'Égypte.
Il semble que lorsque le peuple juif a été exilé en Égypte avec des travaux éreintants et de la tristesse, cela a causé la même chose à la Chékhina ... Comme les femmes justes ont réjoui leurs maris avec les miroirs, elles ont également réjoui la Chékhina, et grâce à ce mérite, ils sont sortis de l'exil d'Egypte.
[Toldot Yaakov Yossef - parachat Vayikra]

[Voir Rachi (Vayakel 38,8) qui décrit comment les femmes juives en Egypte utilisaient des miroirs en cuivre pour se parer. Hachem louait grandement l'utilisation de ces miroirs, car les hommes juifs étaient épuisés par le travail physique en Égypte et avaient perdu leur désir de procréer. Les femmes se paraissaient pour devenir attirantes aux yeux des hommes, permettant ainsi la perpétuation du peuple juif.
(on voit qu'en remontant leur moral (malgré la situation d'esclavage très difficile), en leur redonnant le sourire, elles ont permis que du Ciel on envoie de belles choses, ce qui a mené à la libération d'Egypte).
Ce concept est applicable pour notre libération personnelles à nos soucis, comme collectivement. ]

-> L'objectif principal est d'éliminer la tristesse et de s'accrocher à la joie ...
Lorsque la tristesse prend le dessus, cela entraîne un jugement défavorable.
[Toldot Yaakov Yossef - divré chéchamati mimori 25 ]
[Hachem ne nous demande pas l'impossible, il est normal et humain d'avoir des moments de tristesse. Par contre, on doit faire de son mieux pour ne pas l'entretenir, la développer plus que nécessaire, mais plutôt s'en échapper vers de la joie. En effet, cet effort d'être joyeux (par notre confiance en Hachem), est ce qui pourra nous sortir véritablement de cette situation désagréable. ]

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-> C'est une grande mitsva d'être toujours joyeux et de se renforcer de toutes ses forces pour s'éloigner de la tristesse et de l'amertume. Toutes les maladies ne surviennent chez une personne que lorsque sa joie diminue ... et la joie est un grand remède.
La règle générale est qu'une personne doit se renforcer de toutes ses forces pour être toujours joyeuse. Car la nature humaine est de se laisser aller à l'amertume et à la tristesse en raison des événements et des circonstances de la vie.
Chaque personne est remplie de souffrances. Par conséquent, une personne doit toujours se forcer avec beaucoup de force à être toujours heureuse et à se rendre heureuse de toutes les manières possibles, même avec des sottises.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan 2:24 ]

-> "Et Hachem fut réconforté, car Il avait créé l'homme sur terre, et Il était triste dans son cœur" (Bérechit 6,6).
Le Likouté Yéhouda (paracha Bérechit) cite la question du Imré Emet : est-il possible que Hachem ressente de la tristesse?
Le verset signifie plutôt que Hachem a créé l'homme sur terre, et qu'Il a mis la tristesse dans le cœur de l'homme. Plus précisément, Il a apporté la tristesse à la génération du Déluge.
Selon le Arizal, la joie a la capacité d'élever une personne à n'importe quel niveau, à tel point que celui qui est plongé dans la joie est à l'abri de la Rigueur, du jugement (Divin).
C'est pourquoi Hachem a apporté la tristesse à la génération du Déluge afin de pouvoir agir avec Rigueur pour punir leurs fautes.
[être joyeux est un bouclier qui nous protège si puissamment des mauvais décrets du Ciel, que même pour des réchaïm comme la génération du Déluge, Hachem a dû faire en sorte qu'ils soient dans un état de triste pour avoir la possibilité d'agir contre eux! ]

-> Parmi toutes les caractéristiques de l'homme, la plus élevée est la joie ; et si c'est pour une mitsva, c'est la dévotion la plus élevée de toutes.
[rav Mena'hem Mendel de Vitebsk - Pri Ha'aretz - parachat Emor ]

-> Il faut savoir que, tout comme dans le domaine physique, par exemple lorsque deux personnes s'affrontent dans un combat de lutte, si l'une d'elles est paresseuse et indolente, elle sera facilement battue et tombera, même si elle est plus forte que son adversaire.
Il en va de même pour vaincre le yétser ara. Il est impossible de le vaincre avec paresse et indolence, qui découlent de la tristesse et d'un cœur aussi dur que la pierre ; au contraire, [la manière de vaincre le yétser ara est] avec vivacité, qui découle de la joie, d'un cœur ouvert et d'une purification de toute trace d'inquiétude ou de tristesse dans le monde.
[Tanya - chap.26 ]

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-> "L'esprit de l'homme le soutient dans la maladie" (Michlé 18,14).
Quand une personne est constamment joyeuse, elle est soutenue dans la maladie. Même si un fléau s'abat sur elle, elle est soutenue dans la maladie ; et grâce à sa joie, elle peut annuler la maladie.
[Gaon de Vilna - Michlé 18,14 ]

-> Il est dit au nom du rav Sim'ha Bounim de Peshischa que les personnes légères reçoivent du bien dans ce monde-ci (olam hazé) parce qu'elles sont constamment joyeuses. Même si leur bonheur se trouve dans la frivolité et la folie, la joie est néanmoins un trait de caractère enraciné dans la bonté ('hessed) et attire donc la bonté et l'abondance sur elles.
Alors que les personnes craintives qui sont souvent inquiètes et tristes, même si leur inquiétude est motivée par le désir de servir Hachem, attirent néanmoins sur elles la rigueur et manquent de subsistance.
La leçon à en tirer est de se renforcer pour se réjouir constamment de la joie d'une mitsva, et ainsi avoir de quoi subsister.
[Sia'h Sarfé Kodech - Inyanim Shonim ]

-> "Et toute l'assemblée se leva et éleva la voix, et le peuple pleura cette nuit-là" (Chéla'h Lé'ha 14,1).
Rabba dit au nom de Rabbi Yo'hanan : Cette nuit-là était le 9 Av. Hachem leur dit :
"Vous avez pleuré sans raison, alors je vais instaurer des pleurs pour les générations futures" (Taanit 29a).
Si tel est le cas pour le négatif, à combien plus forte raison pour le positif, qui est toujours plus grand que le négatif. Il est certain que si une personne se réjouit, même sans raison, Hachem établira la joie pour des générations.
[on constate la gravité de la punition d'avoir pleuré pour rien, alors on peut s'attendre une récompense très puissante pour le fait d'être joyeux alors qu'on pourrait avoir de bonne raison d'être triste. ]
[Béer Haparacha - parachat Chéla'h ]

-> Renforcez-vous dans l'étude et fixez constamment votre cœur sur la joie.
De la joie découle une abondance de sagesse d'en-Haut.
['Hazon Ich - Kovetz Igrot - vol.2, n°9 ]

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+ Etre juif = être joyeux :

-> Le rav Shimshon Pinkous (Tiféret Shimshon - parachat Vayichla'h - p.382) écrit :
"L'une des caractéristiques marquantes des juifs à travers l'histoire est la joie. J'ai entendu un jour un linguiste non juif dire qu'il n'existe aucune langue au monde qui ait autant de synonymes pour désigner la joie que l'hébreu. En anglais, il y en a deux ou trois ... En hébreu, il y en a beaucoup plus : guila, rina, ditsa, 'hedva, ... Pourquoi cela?
Parce que chaque nation met l'accent sur son objectif dans la vie. Par exemple, la langue inuite compte six ou sept mots différents pour décrire la "neige", alors qu'en anglais, il n'y en a qu'un seul. Les Inuits en ont beaucoup parce que toute leur vie tourne autour de la neige, ils ont donc besoin de nombreuses définitions différentes des types de neige : neige sèche, neige mouillée, neige froide, ...
Tout au long de l'histoire, les juifs ont vécu dans la joie ; elle fait partie intégrante de notre vie. C'est pourquoi, dans le judaïsme, nous avons de nombreux mots différents pour décrire la joie.

-> Il (un juif) ne doit pas être trop rempli de joie et de rire, ni triste et abattu.
Il doit plutôt se réjouir tous les jours de sa vie dans la sérénité et [avec] un visage agréable.
[Rambam - Michné Torah - Hilkhot Déot 1,4 ]

-> "Cantique des degrés. Quand Hachem ramena les captifs de Tsion ... Hachem a accompli de grandes choses pour nous, nous étions joyeux (ayinou chémé'him)" (Téhilim 126,1-3).
Lorsque le machia'h arrivera, les non-juifs demanderont : "Quelle est cette grande chose que Hachem a accomplie pour le peuple juif pour qu'il soit à un tel niveau?"
Le peuple juif leur répondra : "Hachem a accompli cette grande action pour nous parce que pendant toute la durée de l'exil, nous avons été joyeux de tout ce qui nous est arrivé."
[rav Shimon Maryles de Yérouslav - Torat Shimon ]

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-> La joie est un niveau impossible à atteindre sauf à travers l'aspect "ma" (littéralement "quoi").
Quelqu'un qui se sent important et méritant de quelque chose, ne sera pas capable d'atteindre la joie. Peu importe ce qu'on lui donne, il pensera qu'il mérite davantage.
Cependant, quelqu'un qui se considère comme rien, tout ce qu'on lui donne sera considéré comme une grande joie à ses yeux, car il ne méritait même pas cela ; c'était une bonté gratuite, et il remerciera et louera le Créateur pour cela. Il sera constamment joyeux.
La vérité est qu'un juif devrait être extrêmement joyeux, car il est une partie de D. en-Haut, et à propos de D., il est écrit : "La force et la joie sont en Sa demeure" (Divré Hayamim I 16,27).
Même si une personne a causé des dommages et des imperfections, son essence ne change pas pour autant ; elle reste une partie de D. au-dessus.
[Beit Avraham - p.223 ]

-> "Et vous serez complètement joyeux" (véayita akh saméa'h - Réé 16,15). Cela signifie que si tu te réjouis pendant Souccot, tu seras heureux et joyeux pendant toute l'année ; si tu es triste au début de l'année, tu seras consumé par la tristesse.
Car telle est la nature de la réalité : celui qui est heureux de sa part atteindra la joie et la gaieté ; celui qui gémit sans raison gémira toute sa vie.
[Abarbanel - Réé 16,13 ]

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+ Pour nous anéantir les grecs ont voulu nous retirer notre joie :

-> Dans la guémara (Taanit 28a), il est dit que le gouvernement a un jour mis en œuvre un décret sévère contre Israël, interdisant aux juifs d'apporter les bikourim (premiers fruits de la récolte) ou les eitsim lamaara'ha (bois à disposer sur l'autel).
Le Maharcha explique qu'il s'agissait du gouvernement grec au début de sa domination sur Israël. Il ajoute : "Nous pouvons expliquer pourquoi ils ont décrété ces deux choses ; ces deux choses sont accomplies avec joie. Lorsqu'ils apportaient des eitsim lamaara'ha, les personnes impliquées se réjouissaient et faisaient un Yom Tov de ce jour-là. De même, les bikourim étaient apportés avec une grande joie. C'est pourquoi le gouvernement grec a décrété l'interdiction de ces deux choses afin de supprimer la joie parmi eux."

Nous pourrions ajouter que c'était également leur intention dans le reste de leurs décrets (aux grecs), contre le Shabbat, Roch 'Hodech et la mila (voir Méguilat Antiochus - chap.10). Car nos Sages disent à propos de la mila (circoncision) que c'était une mitsva que le peuple juif ont accepté avec joie et accomplisse encore avec joie (Shabbath 130a).
Concernant Roch 'Hodech, les commentateurs expliquent que leur intention [en l'interdisant] était de supprimer toutes les fêtes de l'année qui dépendent de l'établissement de la nouvelle lune, qui sont toutes des moments où la joie est obligatoire.
De même, le Shabbat comporte un aspect de réjouissance, comme le disent les Sages (Sifri - Bamidbar 77,1) que le verset "ouv'yom sim'hatkhèm" (et pendant vos jours de réjouissance - Béaaloté'ha 10,10) fait référence au Shabbat.
Nous pouvons dire que la raison pour laquelle les grecs ont d'abord annulé les mitsvot qui tournent autour de la joie est qu'ils savaient que sans joie, le judaïsme dans son ensemble serait insoutenable.
[l'acronyme de : 'Hodech, Shabbath et Mila, est : sim'ha (joie). ]
Selon cela, il est approprié d'augmenter considérablement sa joie pendant les jours de Hanoucca [alors que nous commémorons la victoire sur les Grecs].
[en ce sens, le Rambam (Michné Torah - Hilkhot 'Hanoucca 3,3) décrit Hanoucca comme un moment de joie, de louanges et de remerciements. ]
[Guilyon Shemouat HaLévi ]

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+ Yossef était toujours dans la joie :

-> Yossef Hatsadik a mis au point des stratégies internes pour éloigner son cœur de toute tristesse. Car le plus grand obstacle [à notre croissance spirituelle] est le découragement et la colère ...
Il [Yossef] a détourné ses pensées de ses soucis et de sa souffrance, et de la douleur d'être éloigné de la maison de son père. Il était constamment dans un état de joie pour servir Hachem avec un cœur joyeux.
Il mangeait, buvait et se soignait les cheveux (voir Rachi - Vayéchev 39,6), tout cela afin de se sentir heureux et de bonne humeur ...
"Et il était un homme qui réussissait" (vayéhi ich matslia'h - Vayéchev 39,2), ce qui signifie qu'il était heureux et joyeux dans son service d'Hachem, même lorsqu'il souffrait.
C'est ce qui est dit : "vayéhi" (וַיְהִי), ce qui signifie qu'il était en souffrance, et pourtant, "ich matslia'h" (un homme heureux, joyeux). [selon le midrach (Bamidbar rabba 13,5) : "à tout endroit où il est écrit "vayéhi" cela fait référence à de la souffrance, de la douleur, et lorsqu'il est écrit "véaya" cela fait référence à de la joie." ]
Comme l'explique le midrach (Béréchit rabba 86,4), Yossef était un "guéver kafoz" (un homme bondissant - גבר קפוז). Cela signifie qu'il était joyeux et heureux, agissant avec précipitation et enthousiasme. Il était constamment heureux, éliminant ainsi la douleur de la Chékhina et de lui-même ... et attirant toute la souffrance vers les autres nations.
[Maor Vachémech - Vayéchev 39,2 ]

[ L'union entre chaque juif et Hachem se traduit par le fait qu'Il souffre avec nous, pour ainsi dire, comme nous le disent les versets (Téhilim 91,15 ; Yéchayahou 63,9) : "Je suis avec lui (tout juif) dans sa souffrance" et "toute leur souffrance est douloureuse pour Lui (Hachem)".
De même, "Lorsqu'un homme a de la peine (qu'il souffre), comment la Présence Divine s'exprime-t-elle : "Ma tête me fait mal, mon bras me fait mal"." (guémara 'Haguiga 15b).
Ainsi, lorsque l'on sort de notre douleur, tristesse, on fait un acte bonté envers Hachem, qui alors peut (par ce mérite et notre bita'hon dans l'épreuve) nous combler du meilleur.
Le Maor vaChémech enseigne qu'en allant au-dessus de notre situation de souffrance (par confiance en Hachem), alors on place cette souffrance sur les autres nations (qui nous veulent du mal). ]

-> Il est dit au nom du Sfat Emet que lorsque Yaakov a retrouvé Yossef, il a récité la kriat Shéma (voir Rachi - Vayigach 46,29) car après avoir vu Yossef, il a pu reconnaître que tout ce qui lui était arrivé était juste. Ainsi, a-t-il affirmé, il a proclamé "Shéma Israël Hachem Elokénou, Hachem é'had" = à la fois l'Attribut divin de miséricorde (représenté par le nom "Hachem") que l'Attribut de rigueur (représenté par le nom "Elokénou") proviennent toutes deux d'un D. miséricordieux ("Hachem é'had).
Quant à Yossef, il n'a pas récité la kriat Shéma à ce moment-là, car il avait déjà compris cette perspective depuis le début (avec sa vente par ses frères, lors de son séjour en Egypte en tant qu'esclave chez Potifar, puis en prison, à l'accession au sommet de l'Egypte [vice-roi] ).

De plus, cette qualité de Yossef aide à expliquer la bénédiction mystérieuse de Yaakov à Yossef, "Les filles marchent sur le mur" (banot tsaada alé chour - Vayé'hi 49,22), qui fait référence au fait que les filles d'Egypte grimpaient sur le mur pour contempler la beauté de Yossef (voir Rachi ad loc.). De quel genre d'éloge s'agit-il?
Il est dit dans l'explication que Yaakov louait le fait que, bien que Yossef ait traversé tant de circonstances difficiles, son bita'hon inébranlable lui avait permis de conserver sa beauté naturelle (alors que généralement, de telles épreuves et tribulations auraient rendu quelqu'un épuisé et vieilli) à tel point que les femmes égyptiennes cherchaient à la contempler.

-> Le Ram'hal (Messilat Yécharim - chap.7) écrit : "À celui qui n'éprouve pas ce désir ardent en lui [pour Hachem], il est conseillé de se forcer volontairement à agir avec zèle, ce qui fera naître en lui un désir naturel. Car les actions extérieures éveillent les sentiments intérieurs ... Cela générera en lui une joie intérieure, un désir et une aspiration."
Cela signifie que celui qui ne ressent pas naturellement la joie devrait s'engager dans des actions extérieures qui généreront ces sentiments.

-> b'h, voir également : Yossef de la prison au titre de vice-roi d'Egypte : https://todahm.com/2021/12/12/yossef-lhomme-le-plus-joyeux-selon-le-tanah

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+ Joie & nos prières :

-> Nos Sages (Béra'hot 32b) disent que toutes les portes [du ciel] sont verrouillées, sauf les portes des larmes.
Si les portes des larmes étaient fermées, nous ne pourrions pas entrer. Car les larmes sont l'expression de la tristesse, et il serait difficile d'entrer par une porte qui est fermée [un état de désespoir éloigne, obstrue, notre lien d'Hachem).
Cependant, avec la joie, on peut toujours entrer.
[ rav Sim'ha Bounim de Pschisha - Guilyon Chémouat Halévi ]

-> De même, le rav Moché Leib de Sassov dit : "[certes] les portes des larmes ne sont pas verrouillées, mais la joie est encore plus grande que cela : elle brise [et transperce] les portes et les murs."

-> Le Baal Shem Tov (Tzsvaat HaRivach 45)" écrit :
"Les larmes sont très mauvaises pour une personne, car il faut servir Hachem spécifiquement avec joie. Cependant, si les larmes proviennent de la joie et de notre attachement (dvekout) envers Hachem, alors elles sont très bonnes".

-> Bien que le Chlah Hakadoch (Béchala'h - Torah Ohr 4) écrive que deux forces peuvent empêcher les prières d'atteindre Hashem : la folie et la tristesse ; il est dit au nom de rav Hershele Spinker que si l'on pleure en pensant qu'Hachem est infiniment miséricordieux et qu'il prêtera attention à ses larmes, celles-ci ne sont pas considérées comme des larmes de tristesse.

-> Le Arizal (Shaar Hakavanot) décrit ainsi la nécessité de la joie pendant la prière : "Il est interdit à une personne de prier dans un état de tristesse ... On doit plutôt être dans un état de joie aussi grand que possible ... L'aspect principal de l'obtention du roua'h hakodech repose essentiellement sur cette question, que ce soit pendant la prière ou lors de l'accomplissement de toute autre mitzvah ...
Ne dépréciez pas ce sujet (l'importance d'être joyeux, par exemple en priant), car la récompense est grande."

-> Le 'Hatam Sofer (Orot - Chémot p.26) développe davantage cette idée : "Lorsqu'une personne renonce à tout espoir de mettre en œuvre une stratégie pour échapper à ses problèmes ... et sait que nous dépendons entièrement d'Hachem, alors l'impact des problèmes sur cette personne s'affaiblit, sa tristesse diminue et sa prière peut être reçue (au Ciel)."

-> "Et Haman prit les vêtements et le cheval" (Esther 6,11).
Mordé'haï dit : "Cet homme est venu pour me tuer". À ce moment-là, Mordé'hai s'enveloppa dans un talith et se leva pour prier. Haman arriva, s'assit devant lui et attendit qu'il ait fini de prier" (guémara Méguila 16a).
Haman n'interrompit pas sa prière au milieu, car il pensait que Mordé'hai priait certainement dans la tristesse, et que les prières dans la tristesse ne sont pas exaucées ; si Haman interrompait ses prières [en lui annonçant les honneurs que lui avait accordés A'hachvéroch], il reprendrait ensuite et prierait une seconde fois, et après avoir entendu la nouvelle, il prierait certainement avec une grande joie, ce qui serait très désirable [aux yeux d'Hachem].
[Ben Ich 'Haï - Ben Yéhoyada - Méguila 16a ]

-> Selon cette idée, nous pourrions expliquer pourquoi Esther n'a pas souhaité révéler le complot d'Haman à A'hachvéroch lors du premier festin qu'ils ont partagé ensemble : Haman était alors dans un état de joie, et Esther savait qu'elle ne parviendrait pas à le renverser. Elle a donc attendu le deuxième festin, lorsque Haman était dans un état de chagrin.

"Jérusalem qui est bâtie comme une ville d'une harmonieuse unité" (Téhilim 122,3)
Le Talmud ajoute : Une ville qui cimente le peuple juif.
[Yérouchalmi - Baba Kama 7 ]

Il est inutile de construire un mausolée pour les Justes (tsadikim), car leurs paroles leur servent de tombeau.
[guémara Yérouchalmi - Shékalim 82]