Aux délices de la Torah

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Parler, c’est comme agir

+ Parler, c'est comme agir :

"Et voici la chose (vézé hadavar) que tu leur feras afin de les sanctifier (acher taassé lahém lékadech), afin qu'ils Me servent comme Cohanim" (Tétsavé 29,1)

-> Le Beit Aharon affirme que les mots "voici la chose" (zé adavar) font référence à la parole (le mot "davar" peut signifier soit "mot", soit "chose").
En conséquence, le verset nous enseigne que les paroles d'une personne doivent mener à de bonnes actions et qu'elle doit s'assurer que ses paroles sont saintes et ne sont pas utilisées pour le lachon ara, la moquerie ou l'absurdité.

Lorsque les paroles sont utilisées à bon escient, elles sont considérées comme des actions qui peuvent avoir de grands effets dans ce monde et dans les royaumes Supérieurs.

N’abandonnez pas vos prières

+ N'abandonnez pas vos prières :

-> Selon le midrach (Tan'houma Shoftim 14), la raison pour laquelle Hachem ne répond pas immédiatement à nos prières, est parce qu'Il veut nous entendre se tourner vers Lui en prières.
C'est pourquoi nos Imahot (Matriarches) étaient stériles (voir midrach Béréchit rabba 45,5).+

-> Le rav Eliyahou d'Izmir (séfer Ira véSim'ha) dit qu'Esther criait à Hachem jour et nuit, même si elle n'était pas exaucée. Elle n'a pas abandonné et a continué à prier parce qu'elle savait qu'Hachem voulait entendre ses louanges et qu'il finirait par l'exaucer.

Nous constatons la même chose en ce qui concerne Moché. Après qu'Hachem ait juré qu'il n'entrerait pas en terre d'Israël, il n'a pas abandonné et a continué à prier. Nos Sages disent qu'il a prié 515 prières (la guematria du mot "Vaét'hanan") jusqu'à ce qu'Hachem lui dise d'arrêter (car sinon il aurait renforcer le décret).

On raconte (voir Malachim II 8) que la femme veuve d'Ovadia est venue voir Elicha haNavi et a pleuré devant lui à propos de sa situation difficile. Elle lui dit qu'elle avait une lourde dette et que le créancier voulait récupérer son argent en prenant ses enfants comme esclaves.
Le Radak rapporte (au nom de la Tossefta) qu'elle a pleuré et prié à ce sujet 265 fois, la guématria du mot "tséaka" (pleurer).

Le séfer Kol Tsofayich (écrit par le rav 'Haïm Efraïm Zaitchik - 'helek 1 - paracha Vayéra) écrit que chaque fois qu'une personne est confrontée à une difficulté ou à un défi, elle devrait suivre cet exemple.
Même si on rencontre de nombreux problèmes, on ne doit pas abandonner. On doit renforcer son bita'hon, faire preuve de patience et continuer à prier Hachem encore et encore jusqu'à ce qu'il reçoive son salut.

Le Veau d’or & se lier par les mitsvot

+ Ki Tissa - le Veau d'or :

-> Juste avant de monter au mont Sinaï, Moché dit aux Bné Israël qu'il serait de retour dans 40 jours. Le peuple pensait que le jour de son ascension était compté dans les 40jours, mais Moché voulait dire 40 jours complets, sans compter ce jour-là.
Le jour où Moché devait revenir était le 17e jour de Tamouz. Le 16 Tamouz, le Satan embrouilla la nation avec une image sombre dans les cieux, laissant entendre que Moché était mort.
En réponse, les Bné Israël construisirent un Veau d'or, ce qui entraîna la faute du Veau d'or qui est si grave que chaque punition infligée aux Bné Israël depuis lors contient une certaine rétribution pour cette faute.
[ "Il n’est pas de punition qui frappe Israël qui ne contienne une part de punition pour le Veau d’or" - guémara Sanhèdrin 102a (Rachi - Ki Tissa 32,34).

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+ Ce qui a déclenché la chute :

=> Comment une nation qui a été témoin de grands miracles et qui a vécu l'événement grandiose du don de la Torah a-t-elle pu soudainement renier Hachem et adorer un Veau d'or?

-> Le Kouzari (1:97) répond que les juifs n'ont jamais renié Hachem.
Ils attendaient que Moché fasse descendre les Lou'hot (Table de la Loi) et fabrique un Aron (l'Arche), quelque chose de tangible pour représenter leur relation avec Hachem et faciliter leur adoration.
Comme Moché ne revenait pas, ils décidèrent de fabriquer leur propre support physique pour la avodat Hachem.

-> Dans le même ordre d'idées, le Beit haLévi (Ki Tissa) écrit que Moché a toujours servi d'intermédiaire entre Hachem et les Bné Israël. En son absence, le peuple a voulu faire une place à la Présence Divine (Chékhina) dans ce monde (une fonction remplie plus tard par le Michkan), afin de ne pas avoir besoin d'un intermédiaire.

Malgré ces bonnes intentions, le Kouzari et le Beit haLévi expliquent que les Bné Israël ont fauté en créant un instrument physique de avodat Hachem sans en avoir reçu l'ordre.
[de plus, comme le souligne le Kouzari, ils avaient reçu l'ordre de ne pas le faire, comme il est dit dans les 10 Commandements : "Tu ne te feras point d'idole, ni une image quelconque de ce qui est en haut dans le Ciel ..." (Yitro 20,4). ]
La croissance spirituelle exige une adhésion stricte aux commandements d'Hachem.

[ le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm 1:21-22) affirme qu'avant le don de la Torah, les Patriarches faisaient tout ce qui semblait nécessaire pour rectifier les mondes supérieurs.
Cependant, depuis que la Torah a été donnée, la seule façon de servir Hachem est par le biais de Ses lois (halakha), et non par l'intuition. ]

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+ L'expiation du Michkan :

-> Le midrach (Chémot rabba 48,6) affirme que les dons pour la construction du Michkan ont permis d'expier la faute du Veau d'or. Par exemple, pour créer le Veau, les Bné Israel ont donné des anneaux en or (Ki Tissa 32,3). En ce qui concerne le Michkan, ils ont également donné des anneaux en or (ibid. 35,22).

-> Le Beit haLévi comprend que non seulement les dons ont expié la faute, mais que le Michkan tout entier a également servi à cette fin. C'est pourquoi, lorsque la Torah décrit la création des différents éléments du Michkan dans la parasha Pékoudé, presque chaque verset se termine par "ka'acher tsiva Hachem ét Moché" (comme Hachem l'a ordonné à Moché).
Le Michkan a été construit uniquement parce qu'Hachem l'avait ordonné. En tant que tel, il expie la création du Veau, qui a été faite sans aucun ordre.

[ le Messé'h 'Hokhma (Vayakel 37,1) reprend cette idée. Avant la faute du Veau d'or, Hachem dit à Moché qu'Il avait donné à Bétsalel tout ce qui était nécessaire "pour faire chaque type de méla'ha" (Ki Tissa 31,5). Après la faute du Veau, Moché a transmis aux Bné Israel que Hachem avait fourni tout ce qui était nécessaire "pour faire tout type de mélé'het ma'hachavét (travail réfléchi)" (Vayakel 35,33).
Après le Veau d'or, il est important de souligner que tout travail doit être effectué avec la clarté mentale que tel est l'ordre d'Hachem. ]

-> Pourtant, la guémara (Yérouchalmi Shékalim 1:1) affirme que l'or de la kaporét, la couverture de l'Aron, expie le Veau d'or.
Pourquoi spécifier la kaporét si tous les donations au Michkan permettaient l'expiation de la faute?

Le Beit haLévi répond que la kaporét comprenait les 2 kérouvim, qui représentaient la relation entre Hachem et Bné Israel. Lorsque nous étions très proches de Lui, les kérouvim s'enlaçaient (guémara Yoma 54a).
Notre proximité avec Hachem dépend de la Torah, symbolisée par les Lou'hot (Tables de la Loi). Les Lou'hot étaient logés dans l'Aron, qui était recouvert par la kaporét.
C'est pourquoi les kérouvim étaient moulés face à la kaporét (Térouma 25,20) afin de rappeler le lien étroit entre Hachem et peuple juif et sa dépendance ultime à l'égard de la Torah. En raison de cet aspect unique de la kaporét, le Yérouchalmi souligne qu'elle expie le Veau d'or.

[ bien que la paracha Térouma dit que les kérouvim se faisaient face, ils étaient aussi légèrement orientés vers le bas, vers la kaporet. ]

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+ L'expiation de la para adouma (vache rousse) :

-> La mitsva de la para adouma sert également d'expiation pour la faute du Veau d'or.
Rachi ('Houkat 19,22) , citant Rabbi Moché haDarchan, explique comment chaque étape du processus de la para adouma est parallèle à une partie de cette terrible faute.
[ il est à noter que le Nétsiv (Haamek Shé'ella), seule la première para adouma, à l'époque de Moché, a expié la faute du Veau d'or. Les parot suivantes ont simplement purifié les Bné Israel.
Le Rambam (Hilchos Parah Adumah 1:9) est d'avis que même les parot ultérieures ont apporté l'expiation.]

=> Pourquoi particulièrement la mitsva de la vache rousse pour effectuer cette expiation?

Le Beit haLévi explique : la mitsva de la para adouma est un 'hok, une loi que l'homme ne peut pas comprendre. Lorsque nous l'accomplissons uniquement parce qu'Hachem nous a ordonné de le faire, sans que nous en comprenions le but, nous expions la faute du Veau d'or, que D. n'a jamais ordonné d faire.

Le Messé'h 'Hokhma note qu'il existe une obligation biblique de lire la portion de la Torah traitant de la para adouma avant d'accomplir la mitsva.
Le rav Shlomo Fisher demande : pourquoi cette obligation existe, nous ne trouvons une telle exigence pour aucun autre précepte de la Torah. Avant de mettre les tefillin, par exemple, il n'y a pas d'impératif biblique de lire le passage de la Torah qui traite de cette mitsva.

Le rav Fisher répond qu'étant donné qu'une composante intégrale de la mitsva de la para adouma est de l'accomplir sans autre raison que le commandement d'Hachem, en lisant la paracha immédiatement avant sa réalisation, nous démontrons que l'unique motivation pour accomplir la mitsva est la volonté Divine. Cette motivation permet au processus de la para adouma d'expier la faute du Veau d'or.

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+ La lecture de la paracha Para :

-> En plus de la portion hebdomadaire de la Torah, les rabbins ont institué la lecture de 4 parachiyot supplémentaires au cours du mois d'Adar. La 3e est la paracha Para, qui est un extrait de la parachat 'Houkat sur la mitsva de la para adouma. Ce passage est toujours lu dans la seconde moitié du mois d'Adar.

Nous lisons cette paracha, explique la Michna Broura (685:1), parce que les Bné Israel ont brûlé la première para adouma peu avant le mois de Nissan, utilisant les cendres pour se purifier avant de sacrifier le korban Pessah.
Bien que nous n'ayons plus de para adouma, nous lisons cette section comme une prière à Hachem pour que nous soyons bientôt purifiés par cette mitsva.

Le Choul'han Aroukh (685:7) cite une opinion selon laquelle lorsque nous lisons la parachat Para, nous accomplissons une mitsva de la Torah. Mais laquelle?

Le Malbim répond qu'il s'agit de la mitsva de se souvenir de la faute du Veau d'or ('hét haEgel).
Le Malbim tire ce commandement du verset : "Souvenez-vous, n'oubliez pas que vous avez irrité Hachem dans le désert" (Ekev 9,7).
[ le Ramban (commentaire sur le Sefer HaMitsvot, dans sa liste de mitsvot que le Rambam a omises, mitzvah 7) et le Magen Avraham (Orach 'Haim 60) statuent tous deux que ce verset constitue une mitsva de la Torah, mais ils ne précisent pas ce dont nous sommes obligés de nous souvenir. Le Ramban se demande si cette mitsva reste en vigueur aujourd'hui ou si elle ne s'appliquait qu'à la génération de Moché.]

Le Malbim explique qu'au lieu de lire publiquement le récit du Veau pour remplir cette obligation, ce qui aurait déshonoré le peuple juif, les rabbins ont institué la lecture de la paracha Para, qui expie le Veau d'or.
[ les 2 premières montées de Ki Tissa, qui racontent le récit du Veau d'or, sont extraordinairement longues. Le rav 'Haim Kanievsky explique : les 2 premières montées sont donnés à un Cohen et à un Lévi. Comme leurs ancêtres n'ont pas été impliqués dans la faute, le Cohen et le Lévi ne sont pas gênés d'en prendre connaissance. Mais un Israël, dont les ancêtres ont fauté, aurait honte ; c'est pourquoi il ne commence à lire la Torah qu'une fois l'épisode terminé. ]

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-> Cependant, le rav Yaakov Kamenetsky (Emet léYaakov - Ekev 9,7) soutient que la mitsva de se souvenir dans Eikev ne se réfère pas à la faute du Veau d'or, mais plutôt à l'épisode de Mara (Béchala'h 15,22-26), lorsque les Bnei Yisrael se sont plaints à Moshe qu'ils n'avaient pas d'eau.

Le rav Kamenetsky propose donc une 2e approche pour expliquer pourquoi la lecture de la paracha Para répond à une mitsva de la Torah.
Son explication s'accorde avec notre interprétation de la faute du Veau d'or. Il suggère que la lecture de la parachat Para nous rappelle l'incident de Mara. Les Bné Israel y ont appris que seule la volonté d'Hachem rend les choses douces ; bien que Moché ait jeté du bois amer dans des eaux amères, celles-ci se sont adoucies, simplement parce qu'Hachem en a décidé ainsi.
De même, la para Adouma nous enseigne qu'il faut accomplir les mitsvot sur l'ordre d'Hachem, et non parce qu'elles ont un sens. Afin d'ancrer ce concept dans nos esprits, les lois de la para adouma ont été données à Mara. Cet épisode s'est produit juste avant que les Bné Israel ne reçoivent la Torah, nous préparant ainsi à cet événement capital.
Nous accomplissons la Torah et les mitsvot non pas parce que cela a un sens intellectuel pour nous, mais plutôt parce que c'est un décret d'Hachem.

-> Tout au long de notre vie, nous avons des éclairs d'inspiration et des idées sur la manière de nous rapprocher d'Hachem. La faute du Veau d'or nous apprend que les seuls moyens de se connecter réellement à Hachem sont ceux qui sont approuvés par la Torah. Sinon, nous faisons ce que nous voulons, nous avons une relation avec nous-mêmes, et non avec notre Créateur.

Seul Hachem peut nous indiquer la voie à suivre. La Guemara ('Houlin 88b) nous dit que c'est parce qu'Avraham a déclaré humblement : "Je ne suis que poussière et cendre" (Vayéra 18,27) que ses descendants ont été récompensés par la mitsva de para adouma, qui exige une grande humilité.
Lorsque nous faisons la para adouma, même sans comprendre pourquoi, nous suivons l'exemple d'Avraham, et nous nous connectons vraiment avec Hachem.

Délivrance d’Egypte & Délivrance finale

+ Délivrance d'Egypte & Délivrance finale :

-> Rabbénou Bé'hayé (Kad haKéma'h - Soucca) enseigne que tous les Néviim (prophètes) prophétisent à l'unanimité que la Guéoula Cheléma s'inscrira en parallèle à la première guéoula, la délivrance d'Égypte.

Lorsque nous quittâmes l'Égypte, nous entrâmes dans un désert. De même, lorsque le machia'h viendra, le peuple juif devra également traverser un désert. Hachem guidera et soutiendra ces futurs voyageurs tout comme il le fit pour le peuple juif dans le désert.

Rabbénou Bé'hayé (Kad haKéma'h - 'Hanoucca) avance même qu'une autre ouverture de la mer Rouge se produira à la venue du machia'h, car tous les événements de la sortie d'Egypte se répéteront.
En outre, tout comme Moché Rabbénou fut élevé dans le palais de Pharaon et finit par conduire le peuple d'Israël hors d'Égypte, de même le machia'h viendra d'Édom, et il détruira ensuite celui-ci et conduira le peuple d'Israël vers la liberté.

Le Nétifé Maïm va encore plus loin dans cette idée. Non seulement la Délivrance Finale se déroulera en parallèle avec la sortie d'Égypte, mais la Délivrance d'Egypte constitue le paradigme et la préfiguration de la Guéoula Cheléma. Par conséquent, tous les événements de la sortie d'Egypte rapprochent en réalité les jours du machia'h, car "maassé avot siman labanim".

-> Ainsi, la mitsva de raconter la sortie d'Egypte ne consiste pas seulement à rapporter l'histoire ancienne, mais aussi à lire et à réciter la préfiguration des miracles du futur.
Cette idée est véhiculée par les mots d'ouverture et de clôture de la Haggada.
En effet, celle-ci commence par Ha La'hma Anya, qui renferme la prière : "cette année, nous sommes ici ; l'an prochain, puissions-nous être en terre d'Israël" (achata aba léchana béar'a déIsraël). La dernière phrase de la Haggada proprement dite est dans la même veine : "l'an prochain à Jérusalem" (léchana abaa birouchalayim).

Le Séder de Pessa'h, une célébration de notre départ d'Égypte et de notre transformation en nation de Hachem, se termine par une requête pour le machia'h. C'est curieux, car nous nous attendons à ce que les remarques d'ouverture et de clôture de la Haggada reflètent les événements que nous commémorons actuellement.
À la lumière de ce grand principe, nous pouvons comprendre pourquoi celles-ci sont parfaitement appropriées pour la Haggada.
Les événements de la sortie d'Égypte ne sont pas seulement des événements ponctuels, mais plutôt une préfiguration de notre Délivrance Future. Le but de la soirée est "léavi limot amachia'h", de rapprocher les jours du machia'h.

Ainsi, nous commençons et terminons la Haggada par cette même requête, en demandant à Hachem de répéter ces événements spécifiques et d'amener rapidement le machia'h de nos jours. Nous implorons Hachem de permettre aux événements de la guéoula dont nous discutons au Séder d'atteindre pleinement leur objectif et d'actualiser notre Délivrance Finale.

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-> L'instruction de croire en la délivrance d'Egypte implique de croire et d'aspirer à la Délivrance Finale (guéoula), avec la venue du machia'h.
[Smak - mitsva aléf]

-> Il n'y aura jamais de génération comme celle de la sortie d'Egypte jusqu'à la venue du machia'h"
[Zohar]

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+ Hachem reproduira les Plaies :

-> Rabbénou Bé'hayé (Kad haKéma'h - Pessa'h) explique comment chacune des Plaies avec lesquelles Hachem trappa leségyptiens sera infligée contre Edom dans les jours précédant la venue du machia'h.

Hachem fit en sorte que les eaux d'Égypte se transforment en sang, et cela se reproduira, car Il frappera également Edom avec la plaie de Dam (sang). Cette idée est évoquée dans le verset : "Je ferai des prodiges dans les cieux et sur la terre : du sang, du feu et des colonnes de fumée" (Yoël 3,3).

Les égyptiens souffrirent de la cacophonie de la Maka de Tsefardéa (grenouilles), et Aram devra également faire face à des sons horribles et effrayants. Le prophèteYéchayahou fait référence à cela : "Le bruit du tumulte vient de la ville, un son du Sanctuaire : le son de Hachem payant leur salaire à Ses ennemis" (Yéchayahou 66,6).

La palie des animaux sauvages, sera également reproduite, et elle est référencée dans le verset : "C'est le pélican et le hibou qui en prendront possession ; la chouette et le corbeau en feront leur demeure (Yéchayahou 34,11).
Rabbénou Bé'hayé passe en revue toutes les laies de la série, démontrant que chacune reviendra dans les Temps Futurs (lors de la guéoula finale).

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=> De quelle manière toutes les Plaies seront-elles répétées?

-> Le séfer Pardess Yossef pose une question difficile concernant l'affirmation de Rabbénou Bé'hayé. En décrivant la palie de Arbé (sauterelles), la Torah nous informe : "Et après cela, il n'y aura plus son égal" (véa'harav lo yiyé kén - Bo 10,14).
[voir Rachi (Bo 10,14), comparant les sauterelles du temps du prophète Yoel à celles d'Egypte. ]

De même, en ce qui concerne la plaie des premiers-nés, la Torah rapporte : "comme cela, il n'y en aura plus jamais" (vékamo'ou lo tossif - Bo 11,6) ; il n'y aura plus jamais de cri, de me, tel qu'il y en eut durant la Makat Békhorot.

La Torah déclare explicitement que ces phénomènes ne se répéteront pas. Hachem ne fera plus jamais réapparaître ces deux plaies.
Comment, demande le Pardess Yossef, Rabbénou Béhayé peut-il affirmer que toutes les plaies se reproduiront, alors que la Torah déclare clairement que ces deux plaies-là ne se répéteront jamais?

Le Pardess Yossef cite l'Admuor Mé'Homré Emounim, qui explique que même si Hachem reproduira en fait les plaies sur les nations du monde au moment de la Guéoula Cheléma, ces deux plaies spécifiques seront des exceptions. Elles ne se répéteront pas, car elles seront inutiles.

En Égypte, la plaie de Barad (grêle) cessa avant d'être achevée. Les grêlons de feu restèrent suspendus dans le ciel à la fin de la plaie.
Lorsque Moché demanda à Hachem de mettre fin à la plaie, ces projectiles cessèrent de tomber ; ainsi, toute la destruction prévue n'eut pas lieu. Certaines cultures censées être détruites par le Barad furent épargnées.
Pour achever la destruction des cultures, Hachem envoya alors la plaie des sauterelles. Ainsi, cette plaie avait un but précis: terminer ce que la grêle avait commencé. En fait, lorsque Moché avertit Pharaon de la plaie imminente des Sauterelles, Moché mentionna explicitement qu'elles consommeraient tout ce qui restait après le passage de la la plaie de la grêle (Bo 10,5).

Lorsque la grêle réapparaîtra dans le futur, elle continuera jusqu'à ce que sa mission de dévastation et de destruction soit achevée.
Comme elle aura entièrement accompli sa tâche, les Sauterelles deviendront inutiles, et donc cette plaie ne se reproduira pas.

La plaie des premiers-nés sera tout aussi inutile au temps de la Délivrance Finale. Le prophète Ovadia nous rapporte que toute la nation d'Edom périra : "Il n'y aura pas de survivant dans la maison d'Essav" (vélo yiyé charid lévét Essav - Ovadia 1,18).
Dans le bouleversement qui aura lieu à l'époque du Machia'h, il ne sera pas nécessaire de tuer les premiers-nés édomites, car il n'y aura pas de survivants.

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=> Que nous importe le nombre de plaies qu'il y eut?

-> La révélation de Rabbénou Bé'hayé selon laquelle les Plaies seront reproduites à la venue du machia'h nous livre également un aperçu sur une autre partie de la Haggada.
Dans Maguid, un débat sur le nombre de plaies qu'infligea Hachem sur les "gyptiens est mentionné.
Rabbi Yossé HaGlili est d'avis qu'il y eut 10 Plaies en Égypte et 50 à la Mer des Rouge.
Rabbi Eliézer et Rabbi Akiva ne sont pas d'accord, affirmant respectivement qu'il y eut quarante ou cinquante plaies en Égypte et cinq fois plus à la Mer Rouge.

Pour quelle raison ces Tannaim contestent-ils le nombre de plaies infligées aux Égyptiens? Quelle différence cela nous fait-il de connaître le nombre exact de plaies s'étant produites il y a si longtemps?

La réponse se trouve dans l'idée exposée par Rabbénou Bé'hayé. Nous ne commémorons pas seulement l'histoire ancienne, mais nous attendons aussi avec impatience les miracles futurs en faveur de notre peuple.
Étant donné que les Plaies ayant affligé les égyptiens se reproduiront à l'avenir lorsque le machia'h viendra, une connaissance précise du nombre exact de plaies auxquelles ils furent confrontés nous permettra d'anticiper ce qui se passera dans le futur.
Il nous incombe de déterminer ce nombre précis, car elles se reproduiront toutes.

"6 jours durant, le travail sera effectué, mais le 7e jour sera saint pour vous, jour de repos complet pour Hachem" (Vayakel 35,2)

=> Le verset ne dit pas que nous devons faire le travail pendant 6 jours, mais que le travail sera fait. Quel message la Torah nous transmet-elle en formulant le commandement de cette manière?

Le rav Shlomo Ganzfried (séfer Apiryon) explique :
Seule une personne qui croit honnêtement que sa parnassa vient totalement d'Hachem est en mesure d'éprouver un véritable sentiment de repos le jour de Shabbath.
Une personne qui reconnaît que la quantité de ses efforts ou la perspicacité de ses capacités n'est pas ce qui détermine son revenu est capable de prendre un jour de congé sans regret. Cette personne comprend que les 6 jours ne sont pas différents du 7e.
De même que tout profit tiré du travail pendant les 6 jours n'est dû qu'à la volonté d'Hachem, de même il n'y aura pas de perte de revenu si l'on ne travaille pas le 7e jour. Ses revenus sont dictés par Hachem, et non par ses efforts.

"Que Israël se repente ou non, lorsque le ketz arrive, il est immédiatement délivré, comme il est dit : "Je suis le Seigneur ; en son temps, je le hâterai".
[midrach Tan'houma - Bé'houkotaï 3]

Selon le Kad HaKéma'h (Rosh Hashanah) : au début de l'année, une personne doit veiller à se repentir correctement et à prier avec les bonnes intentions ; ainsi, elle vaincra le yétser ara dès le début, et son Yotser (Créateur - Hachem) l'aidera.
Cela s'applique non seulement au début de l'année, mais à tout ce que nous entreprenons.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Bo 12,2]

"Il dit : car il y a une main sur le trône d'Hachem, Hachem fait la guerre contre Amalek" (Béchala'h 17,16)

-> Rachi explique que Hachem fit le serment que Son Nom ne serait pas complet et que Son trône ne serait pas entier tant que le nom d'Amalek ne sera pas effacé.
En effet, les lettres ו"ה du Tétragramme (יהוה) sont omises par l'Ecriture et le Nom d'Hachem est mentionné seulement par les deux premières : יה.

-> On peut noter que e terme : גאולה (guéoula - délivrance) est composé des mêmes lettres que : גאל ו"ה (délivrer les lettres ו"ה). C'est-à-dire que dans l'avenir, Hachem délivrera les lettres ו"ה qui se trouvent en exil.

Crainte & amour d’Hachem – Transcendance & immanence

+ Crainte & amour d'Hachem - Transcendance & immanence :

"Vous vous prosternerez à distance" (Michpatim 24,1)

-> Pour ainsi dire, il y a 2 aspects à D., c'est-à-dire en ce qui concerne la façon dont Il se rapporte à la création : distant et proche, c'est-à-dire transcendant et immanent.
Il est distant, car, comme nous le croyons, la lumière du Ein Sof (l'Infini) est primordiale et précède toutes les autres formes d'existence. C'est pourquoi aucune créature ne peut le comprendre.
Il est impossible à la faculté de penser de Le saisir, puisque la pensée elle-même est une création et que Hachem a précédé toute la création.
Aucun ange céleste, aucun ofan ou séraphin ne peut même Le comprendre, car Il est au-delà de toute compréhension. C'est ce que nous voulons dire lorsque nous disons qu'Il est loin : Il est éloigné de toute compréhension.

D'autre part, D. est proche, car, comme nous le croyons, Hachem remplit tous les mondes (il se trouve à l'intérieur de tous les mondes, il entoure tous les mondes, et aucun endroit n'est vide de Lui), car "toute la terre est remplie de Sa gloire". C'est son aspect immanent.

Le peuple juif est tenu de croire aux 2 aspects : qu'Hachem est à la fois distant et proche.
C'est le sens profond des versets : "Que la paix soit sur ceux qui sont loin et sur ceux qui sont proches, dit D." (Yéchayahou 57,19). Il s'agit des justes qui croient que Hachem est à la fois lointain et proche, et en réponse à ces personnes qui manifestent cette croyance appropriée en D., alors D. accorde toutes sortes de bienfaits à ce monde.

Il existe deux émotions fondamentales : la crainte et l'amour.
Nous ne craignons que ce qui nous dépasse. En réponse à la transcendance de D., nous ressentons de la peur ou de la crainte. Mais en réponse à la proximité de D., nous ressentons de l'amour.
Sur cette base, le verset dit : "Vous vous prosternerez" = puisque le peuple juif craignait Hachem "à distance". Le mot "à distance" (méra'hok) peut être interprété comme signifiant "en raison de" : C'est parce qu'on a pris conscience de la distance de D. que le peuple juif a atteint la crainte de D.

On peut aussi expliquer le verset comme suit : Le Arizal (Pri Ets 'Haïm - chaar kriat séfer Torah 10) écrit qu'en prononçant les mots de la prière Alénou léchabéa'h qui disent "Et nous nous prosternons" (ana'hnou michta'havim), nous devrions être conscients qu'en nous prosternant, nous attirons dans le monde une abondante générosité de la part de l'Infini.
C'est le sens profond de notre verset : "Vous vous prosternerez", ce qui signifie, puisque la prosternation fait allusion à l'abaissement de quelque chose, qu'il a été dit au peuple juif d'attirer une abondante générosité "de loin", c'est-à-dire en raison de leur conscience de la dimension transcendante d'Hachem, ce qui les amène à Le craindre.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi ]

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-> La conscience de la transcendance de D. nous amène à le craindre ; la conscience de son immanence nous amène à l'aimer.

Le Tsadik dans le monde d’aujourd’hui

-> Rabbi Nathan de Breslev (Likouté Halakhot - Birkat Hayaréa'h 4,31-33) écrit :
"Pendant la Révélation du mont Sinaï, tous les juifs furent amenés à un niveau de prophétie qui accrut l'acuité de leur imagination. Ce qui signifiait qu'ils auraient toujours la capacité de renouveler et accroître leur foi.
C'est Moché qui amena les juifs à ce niveau. Sans sa direction, ils n'auraient pas été dignes de recevoir la Torah, la prophétie ou la foi ...
Cela nous enseigne que nous devons constamment rechercher le Tsadik authentique à chaque génération, car il possède un aspect de cette prophétie, et en clarifiant notre imagination, il nous aide à renouveler notre foi.

Il semble que nous ayons ici à faire face à un paradoxe : nos Sages disent que tous les juifs se trouvaient présents sur le mont Sinaï pour le don de la Torah : nos âmes s'y trouvaient et accédèrent toutes au niveau de prophétie, indispensable à la clarté de l'imagination et à la foi. Pourquoi alors, ce besoin de rechercher le Tsadik?
Nous avons déjà subi cette purification au Sinaï, et notre foi a déjà été purifiée.
Cette question est en fait similaire à l'objection qui s'élève souvent : pourquoi se rendre chez le Tsadik? Si la Torah, que nous avons reçue au Sinaï, peut purifier notre foi, pourquoi s'obliger à un voyage chez le Tsadik dans ce but?
Nous pouvons y accéder par l'étude de tous les ouvrages de Torah en restant chez nous. Rabbi Na'hman ne met-il cependant pas l'accent sur le fait que nous devons nous rendre chez le Tsadik, car sans un lien très fort à sa personne, notre foi ne peut être pure."

Rabbi Nathan explique que les enseignements de Rabbi Na'hman sont la vérité éternelle ; ils sont clairs pour quiconque recherche la sagesse. La foi est quelque chose dont nous devons nous imprégner quotidiennement.
Chacun des jours de la création, chacun des jours de la vie de l'homme, est quelque chose d'entièrement nouveau et différent, qui n'a jamais existé auparavant. Chaque jour par conséquent, la Royauté et la Gloire de Dieu se manifestent d'une manière absolument première et unique, ce qui nécessite que notre recherche de Dieu soit un processus continu et croissant. Chaque jour doit donc voir un renouveau de foi.
Il ne suffit pas d'avoir eu la foi, même une foi très pure, hier ou plusieurs jours auparavant.

Nous avons tous en outre été créés avec la possibilité d'exercer notre libre arbitre. En d'autres termes, aussi longtemps que nous vivons, nous devons constamment relever le défi de choisir entre le bien et le mal. Et, comme chaque jour est une création nouvelle, le Penchant du Mal (yétser ara) cherche toujours, par toutes sortes de moyens, à réduire à néant notre foi en Hachem.
Cela signifie que nous devons constamment surmonter de nouvelles épreuves, de nouveaux obstacles, susceptibles de nous éloigner d'Hachem et saper notre foi. Pour les vaincre et demeurer absolument fidèles à notre foi, avoir reçu la Torah et l'étudier personnellement est manifestement insuffisant.
Seuls les Tsadikim authentiques de notre génération sont en mesure de nous révéler des enseignements et des interprétations de Torah qui, dans leur originalité, favorisent notre combat quotidien contre toutes sortes de doutes.
Ce n'est que par l'intermédiaire du Tsadik que nous pouvons parvenir à de nouvelles révélations de Torah et de foi.

On peut mieux comprendre cela à la lumière de ce qui se passa lors de la faute du Veau d'or. Les juifs avaient été miraculeusement libérés d'Egypte; ils furent témoins d'une suite de miracles, lors de la traversée de la mer Rouge et dans le désert, miracles dont l'apogée fut la Révélation d'Hachem Lui-mêmesur le mont Sinaï.
Ils furent purifiés de leurs souillures et doués de prophétie. Et quarante jours plus tard ... ils firent une idole!
Nous devons nous demander : "Y a-t-il quelque chose de plus puissant que l'exercice du libre arbitre? Imaginons un peu la force du Penchant du Mal, qui put égarer le peuple après tant de prodiges."

La guémara (Shabbath 89a) enseigne que le Satan poussa les juifs à faire le veau d'or, en leur montrant que Moïse était mort. Livrés à la panique, croyant avoir perdu leur guide, le Tsadik de leur génération, ils se dépêchèrent de façonner une idole destinée à les guider et les protéger. Aussitôt que Moïse réapparut, il détruisit l'idole et apporta plus tard les secondes Tables de la Loi. En agissant de la sorte, il put réinstaller la foi dans le cœur du Peuple juif. La leçon que nous tirons de tout cela est claire: nous devons constamment décupler nos forces par une foi renouvelée, inspirée du pouvoir du Tsadik.

-> Rabbi Nathan continue :
Ce qui se passa pour les juifs dans le désert se passe pour nous de nos jours. C'est la foi dans les Tsadikim qui est le champ de bataille entre le Satan et le Peuple juif.
Le Penchant du Mal renouvelle constamment ses attaques, et plus particulièrement contre le Tsadik authentique de la génération, le mettant en butte à l'opposition humaine, provenant souvent des individus les plus éminents des communautés juives.
En agissant de la sorte, le Satan espère cacher et isoler le Tsadik de la génération, tout comme il convainquit les juifs du désert que le Tsadik authentique, Moché, avait disparu.

L'Histoire n'est qu'un éternel recommencement : un certain Tsadik apparaissait dans une génération et les gens ne cessaient de le critiquer, d'émettre des doutes quant à ses possibilités. Des années plus tard, après sa mort, les gens se projetaient quelques années en arrière, pour prendre conscience qu'il s'agissait en fait d'un vrai Tsadik, dont les enseignements étaient réellement de nouvelles révélations de Torah et de foi.
Le Tsadik de leur propre génération ne leur aurait pas inspiré les mêmes vues. Il aurait été ridiculisé et ses capacités mises en doutes, tout comme le Tsadik de la génération précédente.
Par la suite évidemment —quand il cesse d'être le Tsadik de la génération en cours - on le reconnaît naturellement à sa juste valeur. La génération se pose alors des questions sur son propre Tsadik... et le processus se poursuit ...

Qui ne reconnaît pas par exemple aujourd'hui Arizal comme le plus grand Cabbaliste des temps modernes, Tsadik authentique sans conteste de sa génération?
Il rencontra cependant une opposition farouche de la part de ses contemporains, qui refusaient d'admettre qu'à leur époque, il était possible à un Tsadik de pénétrer si profondément les enseignements ésotériques redoutables de la Kabbale et d'en tirer de nouveaux éclaircissements ; ils n'arrivaient pas à croire qu'il pouvait accéder à un tel niveau de prophétie et de sainteté.
Des années plus tard, quand la génération connut un nouveau Tsadik, le Satan ne chercha plus à cacher la grandeur d'une telle figure et le Arizal fut accepté par tous.
Il en fut de même du Baal Shem Tov qui, malgré (ou à cause de) la lumière merveilleuse et impressionnante qu'il diffusait, dut faire face à un antagonisme farouche et fut sans cesse persécuté. Ses détracteurs avaient déjà reconnu les immenses qualités de Rabénou haAri et son caractère unique, mais ils ne pouvaient pas accepter le Tsadik de leur propre génération, le Baal Shem Tov.
Néanmoins, quelques années plus tard, il fut lui aussi reconnu comme ayant été le Tsadik authentique de sa génération.

Du fait que le Tsadik authentique doit malheureusement être sans cesse exposé à l'antagonisme de ses contemporains, sa lumière est cachée au monde. Les efforts qu'il déploie pour révéler la vérité dans les ténèbres sont un combat continu, semblable à celui que nous menons par nos efforts constants pour reconnaître, accepter le Tsadik authentique, et nous attacher à lui. Toutes sortes de dissimulations, sous forme de conflits et d'argumentation stérile nous empêchent de nous lier à lui et, par conséquent, de renouveler notre foi.
Nous n'avons donc, en fin de compte, d'autre choix que de rechercher sans répit la vérité ..., car là où se trouve la vérité, on peut reconnaître le Tsadik authentique."

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-> Ailleurs, rabbi Nathan de Breslev (Likouté Halakhot - Chélou'hin 5,10-12) examine en détail la faute perpétrée par les juifs qui firent le Veau d'or. S'approchant d'Aharon, ils lui dirent : "Fais nous un dieu qui marche à notre tête, puisque Moché, l'homme qui nous a fait sortir du pays d'Egypte, a disparu" (Ki Tissa 32,1).
Rabbi Nathan écrit : "O vous, qui cherchez à étudier en toute sincérité la Torah, considérez que toute la faute commise par les juifs était de ne pas avoir recherché notre maître Moché. Ils conclurent très vite qu'il avait disparu et finirent par s'adonner à l'idolâtrie.
C'est ce que signifie le verset : "Car je sais qu'après ma mort, vous serez corrompus" (Vayélé'h 31,29). Mais ne savons-nous pas que le Tsadik ne meurt jamais? (Cf. plus haut). C'est nous qui sentons qu'il n'est plus avec nous ...
Aussi longtemps que nous sommes liés au Tsadik, nous pouvons tirer largement profit de lui et de ses enseigne-ments. Mais quand il ne fait plus partie de notre réalité, c'est nous qui nous corrompons.

Notre recherche du Tsadik authentique doit donc se poursuivre continuellement, sans répit. Même après sa disparition, il reste toujours un individu, et parfois même plusieurs, qui s'étant imprégnés de ses enseignements sont à même de les transmettre aux autres.
Nulle génération n'est orpheline ; le Tsadik laisse toujours sa bénédiction, c'est-à-dire ses enseignements, dans ce monde et on peut les retrouver chez ses disciples.

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-> Rabbi Na'hman ('Hayé Moharan - 307) disait :
"Je ne suis pas venu dans ce monde pour moi-même. J'y suis venu pour rapprocher de Hachem l'âme des juifs. Je ne peux cependant aider que celui qui vient à moi et me dit ce dont il a besoin."

-> Rabbi Na'hman ('Hayé Moharan - 332) disait : "Je suis une rivière qui nettoie toutes les taches." Quiconque a suivi les conseils de Rabénou et parlé à Hachem en hithbodédout connaît la merveilleuse sensation d'être capable d'épancher son cœur et d'exprimer ses sentiments les plus intimes. Il sait que là où il se trouve, Hachem est avec lui et attend qu'il se repente et se rapproche de Lui.
Il sait aussi qu'indépendamment des difficultés de la vie, quand l'heure arrive et que ses jours touchent à leur fin, il peut toujours compter sur la force et le pouvoir du Tsadik authentique qui plaidera sa cause devant la Cour Céleste. Il sait qu'en fin de compte, le Tsadik authentique, Rabbi Na'hman, rectifiera et purifiera son âme.
[rav 'Haïm Kramer]

-> Sachons enfin que Rabbi Nahman ressent envers nous la même sympathie que nous ressentons pour lui et ses enseignements. "Si une personne ne fait simplement que s'attacher à Rabénou, dit une fois Rabbi Nathan de Breslev (Sia'h Sarfé Kodech I-713), le Rabbi ne l'abandonnera pas avant d'avoir rectifié son âme."

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-> Rabbi Na'hman ('Hayé Moharan - 227) dit :
"C'est sûr, l'homme doit lutter principalement pour atteindre le but ultime. On ne peut dans cette vie savourer réellement la signification ou le sentiment de cette proximité du Tsadik à cause de la matérialité de notre corps et de tous les autres obstacles.
L'essentiel par conséquent est de s'efforcer d'atteindre le but ultime : quand on quittera ce monde après une longue vie bien remplie, on comprendra ce qu'on a entendu longtemps auparavant. Chacun en outre accédera aux joies spirituelles.
Heureux celui qui croit d'une foi profonde en Hachem et au Tsadik authentique, et qui accomplit ce que dit le Tsadik. Il ne connaîtra jamais l'humiliation, ni la honte, ni dans ce monde, ni dans le monde futur."