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"Il l'a appelé : moéd" (kara alaï moéd - Eikha 1,15)

-> Le rav 'Haïm Yossef Kofman explique que le 9 Av est appelé un : "moéd (une convocation - מועד).
En réarrangeant ces lettres, on a le mot : "madoua" (pourquoi? - מדוע), et également : "oméd" (marquer un arrêt - עוֹמֵד).

La raison est qu'en ce moéd (מועד), nous devons marquer une pause dans notre routine quotidienne (עוֹמֵד), pour prendre du recul et réfléchir sur מדוע = pourquoi le Temple a-t-il été détruit?

[A chaque génération où le Temple n’est pas reconstruit, c’est comme s’il avait été détruit.
S’il n’y a pas de Temple, ce n’est pas qu’à cause de nos ancêtres, c’est principalement de notre faute (sinon il aurait été reconstruit!).
=> Cette année, qu'est-ce qui ne va pas dans ma vie au point d'être personnellement responsable de la destruction du Temple?

De plus, à partir du moment où j'affirme désirer le retour du Temple, la venue du machia'h, ... alors cela implique : Que puis-je concrètement améliorer dans ma vie quotidienne pour contribuer à sa reconstruction?]

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-> Madoua - Pourquoi?
Selon nos Sages, c'est parce que nous vivons une vie de mensonges (shéker - שקר), où au lieu de rester chacun à notre place, nous laissons notre égo envahir le monde, et donc la place d'autrui, causant de la haine gratuite (sinat 'hinan).

En réarrangeant les lettres de : שקר (mensonge), on obtient : "kécher" (un lien - קשר).
En travaillant principalement à améliorer nos relations avec autrui, en générant de l'amour gratuit (aavat 'hinam), nous contribuons à permettre la reconstruction du Temple, et donc le retour de ce lien d'intense proximité avec notre Père à tous : Hachem.

"Personne ne convoitera ta terre quand tu monteras pour paraître devant Hachem, ton D., 3 fois par an" (Ki Tissa 34,24)

Ceci est l'un des plus grands miracles cachés promis explicitement par la Torah.
b'h, regardons cela plus en détail.

-> La guémara (Pessa'him 8b) affirme que cela s'applique également aux animaux sauvages qui ne convoiteront pas nos possessions pendant notre absence au Temple : "Ta vache va brouter dans le pâturage et aucun animal sauvage ne l'attaquera. Tes poulets seront libres dans leur poulailler et aucune fouine/belette ne leur fera de mal."

-> A ce sujet, le midrach rabba (Chir haChirim 7,1) rapporte les histoires suivantes :

1°/ Une fois un juif est parti à Jérusalem pour Yom Tov, et par inattention il avait oublié de fermer sa maison à clé.
A son retour, il a trouvé un serpent enroulé autour de la poignée de sa porte, décourageant toute personne à essayer d'y entrer.

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2°/ Une fois un juif est parti pour les Yom Tov, et il avait oublié par mégarde sa récolte de blé empilée dans le champ.
C'est ainsi que tout le fruit de son difficile travail, toute sa fortune à venir pouvait être prise par chacun des passants à proximité.
A son retour de Jérusalem, il a été accueilli par une patrouille de lions qui avaient surveillé sa récolte en son absence.

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3°/ Une fois, un juif qui était parti pour les Yom Tov, avait oublié de rassembler ses poulets dans le poulailler, les laissant libres et sans aucune protection.
A son retour de Jérusalem, il a retrouvé des carcasses de chats sauvages à proximité, sans aucune explication si ce n'est que Hachem surveille ceux que Le servent.

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4°/ Il y avait 2 frères juifs vivants à Ashkelon, qui avaient des voisins non-juifs qui attendaient l'occasion de se remplir les poches en prenant la richesse de leurs voisins juifs.
Ils ont ainsi comploté entre eux : "Lorsque les juifs iront à Jérusalem pour prier, nous viderons leurs maisons de tous les objets de valeur".

A leur retour du pèlerinage pour la fête, les 2 frères ont rendu visite à leurs voisins non-juifs afin de leur donner des cadeaux qu'ils avaient ramener pour eux de Jérusalem.
Leurs voisins semblaient alors confus : "D'où viennent ces cadeaux? Vous êtes partis quelque part?"
Les juifs de répondre : "Bien sûr! Nous nous rendons toujours à Jérusalem pour la fête".

Les non-juifs leur ont demandés : "A quelle date êtes-vous partis? Quand êtes-vous revenus? "
Suite à leur réponse, ils étaient perplexes, et ils ont dit : "Mais alors pourquoi durant toute cette période nous vous avons vu entrer et sortir de chez vous comme à l'accoutumée?"

La vérité devient claire : Hachem avait envoyé des anges qui ressemblaient et qui agissaient comme ces 2 frères juifs, faisant paraître qu'ils étaient toujours présents chez eux, protégeant leurs biens de leurs voisins jaloux.

Les non-juifs se sont alors exclamés : "Béni est le D. des juifs. Vous ne L'abandonnez pas et Il ne vous abandonne pas. Vous avez mis votre confiance en Lui, et Il a envoyé Ses anges pour vous protéger."

=> Avec la perte du Temple, nous avons perdu de tels miracles aussi évidents aux yeux de tous : juifs et non-juifs.

"[Aussitôt après le 9 Av,] il faudra totalement effacer la tristesse de son cœur et croire d'une foi parfaite que D. a déjà pardonné la faute dans Sa grande miséricorde ; ceci constitue la joie la plus authentique survenant après une période de tristesse."

[le Baal haTanya]

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-> "Quiconque s'endeuille pour la destruction de Jérusalem méritera de vivre la joie de sa restauration" [guémara Taanit 30b]

Le Léka'h Tov (Dévarim 1,27) commente : car à l'instant même où un homme s'endeuille, il entreprend la restauration de Jérusalem, depuis l'intérieur même de son cœur ...

Tous les malheurs que D. amène sur le peuple juif ne sont que des moyens de l'inciter à prendre conscience de la "destruction" dont il souffre intérieurement, et de pouvoir ainsi éradiquer ce processus ...
Pour ressentir notre exil intérieur (notre éloignement avec D. suite à nos fautes), nous devons tracer une voie nous conduisant jusqu'aux tréfonds de notre intériorité, et de là faire jaillir des larmes authentiques, de vérité.
[...]

Si le 9 Av, nous réussissons à ressentir l'exil de la Présence Divine [à cause de notre comportement] par des pleurs et de l'affliction, nous ouvrons une nouvelle voie à la Délivrance.
En effet, ces mêmes pleurs deviennent alors une source d'apaisement et de consolation, comme l'indiquent les 7 semaines de consolation qui suivent le 9 Av, débutant aussitôt par le Shabbath : "Na'hamou" (consolez-vous!).
D'ailleurs, nos Sages affirment que le machia'h naîtra précisément en ce jour (9 Av).

=> De la réalisation de nos fautes, de notre petitesse, au point d'en briser son cœur et son âme (avec des pleurs authentiques), cela témoigne que nous sommes sur le chemin de la rédemption, pour atteindre des sommets spirituels, de proximité avec notre papa Hachem.

Ce n'est qu'une fois que nous avons conscience de l'état spirituel de notre intériorité (aussi douloureux que peut en être cette réalisation, au point d'en pleurer), que nous pouvons véritablement commencer à construire notre Temple intérieur! [quel plaisir authentique!]
Sans larme = terrain à l'abandon (les mauvaises herbes poussent!), tandis que les larmes = symbolisent le fait que c'est en construction, que des efforts sont investis pour s'améliorer!

"Le travail (avoda) des 9 jours (allant jusqu'au 9 Av) est de développer notre "force d'imagination".
Un juif doit utiliser toute son imagination créative pour se représenter ce que Jérusalem et le Temple étaient pendant leurs temps glorieux.
Comment les Cohanim étaient habillés de leurs vêtements de prêtes, comment la ville étincelait de beauté et de sainteté, comment les Lévi'im chantaient leurs mélodies entraînantes, comment la terre d'Israël brillait de toute sa splendeur et magnificence.

Si on est capable dans son cerveau de se recréer une telle image, alors la pensée de la destruction du Temple va nous briser/fracasser, et nous serons alors prêts à prendre correctement le deuil de cette destruction."

[rav Nathan Meïr Wachtfogel - Lékét Réchimot]

[pour pleinement se lamenter sur Jérusalem, nous devons travailler à pleinement prendre conscience de ce que nous avons perdu ...]

Jérusalem a été détruit uniquement par qu'ils profanaient le Shabbath.
[Shabbath 119b]

"Tour Shimon a été détruit parce qu'ils jouaient au ballon le jour du Shabbat"
[midrach Eikha raba 2,3]

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"A cause de la profanation du Shabbat, nous avons été dispersés dans la diaspora"
[Tana débé Eliyahou raba - chap.26 ]

-> Jérusalem a été détruit uniquement parce qu'ils ont ignoré le Shabbath.
[midrach Tanaïm, Dévarim 5]

Le Temple

+ Le Temple d'En-Haut :

-> La guémara ('Haguiga 12b) décrit qu'au Ciel, il a une ville céleste construite sur le modèle de la Jérusalem sur terre, et ainsi il y a un Temple, dans lequel les sacrifices sont apportés quotidiennement par l'ange Michaël.

-> Le Temple d'En-Haut n'a été créé que pour correspondre à celui d'en-bas.
En effet, Hachem aime tellement le Temple construit par les juifs, qu'Il a créé une copie En-Haut, dans le monde spirituel.

Les anges n'ayant pas de libre arbitre, le plaisir que ressent Hachem à voir les juifs peiner pour faire Sa volonté est incomparablement plus élevé.
Lorsque notre Temple a été détruit et que le service y a été interrompu, Hachem a juré de ne plus entrer dans le Temple d'En-Haut tant que celui d'en-bas ne sera pas restauré.
[midrach Tan'houma - Pékoudé 1]

-> La destruction du Temple sur terre, a entraîné une diminution du nombre de serviteurs Célestes d'Hachem, ce qui implique une réduction de l'honneur de D. également dans le Ciel.
[selon la guémara 'Haguiga 13b]

Le Maharcha commente que depuis que les chants de Louange ont cessé dans le Temple sur terre, les anges ont arrêté de chanter leurs chants (qui sont secondaires par rapport à ceux des hommes).

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+ Le Temple : l'honneur d'Hachem

-> "Comme elle se dresse magnifique, joie de toute la terre, la montagne de Sion [Jérusalem], aux flancs dirigés vers le Nord, la cité d’un Roi puissant! [Hachem]" (Téhilim 48,3)

Rabbi Avraham, le fils du Gaon de Vilna, dans son Rav Péalim, rapporte les données suivantes pour illustrer la splendeur du Temple :

-> il y avait des rideaux recouvrant chacune des 7 Portes de la Court (azzara).
Ils étaient décorés d'or et de motifs.
12 000 kikars d'or ont été filés et tissés pour élaborer ces rideaux (soit environ 550 tonnes d'or!).

-> Les récipients utilisés pour contenir le sang étaient tous réalisés en métaux précieux. Il y en avait : 650 000 en or, et 1 200 000 en argent.

-> Le Temple avait des dizaines de milliers de ménorah en or, chacune incrustée de pierres précieuses qui valait chacune une fortune.
Il y avait des tables en or, des ustensiles en or, dont certains étaient incrustés de pierres précieuses.

-> les murs (et plafond) du Heikhal étaient recouverts d'épaisses plaques d'or, sur lesquelles étaient incrustées des milliers de pierres précieuses.
[le rav El'hanan Hoberman, dit qu'il y en avait pour plus de 450 tonnes d'or (en se basant sur les commentaires de Divré haYamim I - 29,4)]
[il est à noter que le 2e Temple n'avait pas d'or sur ses murs, mais du marbre sublime laissant apparaître des vagues de l'océan. Cette beauté était exceptionnelle/inégalée au point où nos Sages (Baba Batra 4a) disent : "Celui qui n'a pas vu le Temple d'Hérode (le 2e) n'a jamais vu un édifice véritablement magnifique". ]

-> Une grande partie de ces pierres précieuses et de cet or, a été préparée par le roi David, dans l'attente de la construction du 1er Temple (survenue après sa mort).
Il y a consacré plus de 1,1 million de kikar d'or (environ 50 000 tonnes d'or!).

Par la suite, le roi Chlomo et le restant du peuple juif ont également apporté leur contribution.

=> Le Temple était un palais unique dans sa magnificence, éveillant les cœurs à la Suprême grandeur de Hachem.

Pourquoi prenons-nous le deuil de Jérusalem et du Temple?
Ce n'est tant à cause de la gloire que nous avons perdue.
Mais plutôt, nous pleurons car nous avons perdu l'opportunité d'être proches de Hachem.
De plus, nous nous lamentons pour la profanation du Nom de D. qui résulte de notre exil, et de l'état actuel de Jérusalem.

[Rabbi 'Haim Friedlander]

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-> Rabbi Mendel de Kotsk enseigne :
Durant les 3 semaines (du 17 Tamouz au 9 Av), tout celui qui recherche Hachem, le trouvera.

Le travail de cette période triste, est d'utiliser nos peines pour se connecter avec Hachem, plutôt que d'en être accablés.

Le mois de Av est appelé : "Ména'hem Av", car à ce moment notre rôle est de réconforter (ména'hem) notre Père (av) [Hachem].
Cela ne se fait pas tant par des paroles ou des actions, mais plutôt en essayant de ressentir Sa douleur.

Lorsque nous ressentons la souffrance de Hachem (tsaar haChékhina) sur la perte de Sa maison (il est SDF!), nous pouvons alors véritablement Le consoler.

Ce n'est qu'à partir du moment où nous Lui montrons à quel point nous prenons à cœur son honneur, que nous sommes concerner par Sa situation (Il est en exil, Son honneur dans ce monde est absent, et Il s'impose de ressentir nos souffrances!), alors Il désirera à nouveau reconstruire [le Temple].

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Lorsque 'Hanna, la mère du prophète Shmouël, a vidé son cœur à Hachem, lui demandant un enfant, le verset dit : "vatitpallel al Hachem" (et elle a prié SUR Hachem" - Shmouël I 1,10).

=> Pourquoi y a-t-il une utilisation inhabituelle de l'expression : "sur Hachem" (al Hachem)

C'est parce que 'Hanna ne se focalisait pas sur sa propre souffrance (celle d'une femme ne supportant plus de ne pas avoir d'enfant depuis 19 années!).
Mais plutôt, elle s'est dit à elle-même : "Si cela me fait si mal, et que Hachem m'aime tellement, alors il est certain que la peine qu'Il a à me voir souffrir est bien pire que la mienne."

C'est pourquoi, elle a supplié Hachem de lui accorder un enfant, afin que Lui n'ait plus à subir une telle souffrance. Et Il l'a écoutée.

=> Il en découle que la période des 3 semaines (17 Tamouz au 9 Av) est une période où nous devons nous lamenter sur tout ce qui ne va pas dans notre vie, et le canaliser vers notre désir de revoir le Temple construit au plus vite, puisqu'avec une Présence Divine éclatante il en découle un déversement énorme de bénédictions individuellement et collectivement.

Lorsque nos souffrances personnelles se transforment en préoccupation de l'honneur, de la douleur de D., alors à l'image de 'Hanna, elles sont agrées.
==> En ce sens, les 3 semaines sont une occasion unique de nous attacher à Hachem par nos peines recanalisées.

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-> "Prendre le deuil sur la perte du Temple est basé sur la conscience du potentiel [phénoménal] d'élévation possible grâce [à la présence] Temple."
[rav Shlomo Harkavi - Maamaré Shlomo]

-> Le rav Lévi Its'hak de Berditchev dit que si une personne ne prend pas le deuil sur la terrible destruction du Temple, alors sa pratique du judaïsme ne l'est que par habitude, ses actions n'étant pas réellement accomplies dans une optique de sans cesse se rapprocher davantage de Hachem.
En effet, si une personne aime véritablement D. et aspire à Sa proximité, alors comment peut-elle ne pas se lamenter sur la perte terrible du Temple, puisque c'est seulement en la présence du Temple que l'on peut remplir une telle aspiration.

Le Temple était un lieu où la Présence Divine résidait de façon claire et perceptible, duquel il émanait une sainteté se propageant dans tout Israël.
Il permettait de ressentir la Présence Divine, un sentiment de proximité avec Hachem qui entraînait une paix intérieure, une véritable joie et un sentiment de satisfaction/réalisation personnelle.
Il permettait de se laver totalement des conséquences de chacune de nos fautes, ...
Un simple passage au Temple transformait positivement un juif, le purifiant et le rapprochant énormément de Son papa Hachem.
=> Comment peut-on ne pas être désolés que cela ne soit plus le cas? Comment peut-on se satisfaire d'être si éloignés de D., de ne quasiment ressentir Sa Présence?

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-> C'est en ce sens que selon nos Sages si l'on n'est pas vraiment capable de pleurer sur la perte du Temple, alors nous devons pleurer sur notre manque de spiritualité, notre incapacité à se connecter à notre Créateur.

[nous devons nous lamenter d'être arrivés à un stade de notre vie, où la destruction de notre attachement/proximité avec Hachem, ne nous génère aucun sentiment. Nous sommes tellement pris dans notre train-train quotidien, dans notre routine de ce monde matériel, qu'il n'y a plus de place pour prendre le temps d'inclure Hachem dans notre vie.
Les 3 semaines sont ce moment de l'année où nous crions : Stop à cet état de fait! Ce n'est pas normal d'avoir la tête uniquement à nos soucis quotidiens, et d'en oublier notre relation avec notre papa Hachem!
Le mois d'Av s'appelle : "Ména'hem Av", car nous réconfortons (ména'hem) notre Père (av) en se rappelant de Lui et en revenant vers Lui.]

Allusions au 9 Av dans la Torah

+++ Allusions au 9 Av dans la Torah :

+ 1°/ Le déluge :

-> La période entre le 17 Tamouz et le 9 Av est prédisposée pour les tragédies, depuis le début de l'histoire.

Tossefot dit qu'après le Déluge, Noa'h a ouvert la fenêtre de l'Arche le 17 Tamouz.
En ce jour, Noa'h a envoyé la colombe, mais elle n'a pas trouvé de lieu où se poser.
=> Depuis, chaque année, en ce même jour, un scénario similaire se reproduit avec le peuple juif, qui est comparé à une colombe.

Le 17 Tamouz a commencé une période d'exil dans laquelle les juifs : "sont incapables de trouver un lieu pour poser leurs pieds".
[Daat Zékénim miBaalé Tossefot - Béréchit 8,3 et 9]

-> Le Malbim affirme que Noa'h a ouvert le fenêtre de l'Arche après le déluge le 10 Av.
Selon son avis, cela signifie que tout de suite après une grande destruction, commence une nouvelle ère de reconstruction et de renouvellement.

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+ 2°/ Le guid anaché :

-> Le Zohar (Vayichla'h 170a-b) écrit qu'il y a dans la Torah 365 mitsva négatives correspondant aux 365 jours de l'année solaire.

La mitsva (commandement) qui correspond au jour du 9 Av est l'interdiction de consommer du "guid anaché" (principalement le nerf sciatique)
Cette mitsva provient de l'épisode où l'ange d'Essav "vit qu’il ne pouvait le [Yaakov] vaincre et frappa au creux de sa hanche ; le creux de la hanche se luxa tandis qu’il luttait avec lui" (Vayichla’h 32,26).

Le Zohar de conclure : ceci est un fait annonciateur du 9 Av, comme jour de mauvaise augure pour les juifs, qui y tomberont dans les mains de Essav.

-> "[L'ange d'Essav] lutta avec lui [Yaakov], jusqu'au lever de l’aube" (Vayichla’h 32,25)

De même que l'ange d'Essav a pu faire mal à Yaakov mais sans parvenir à le vaincre jusqu'aux 1ers rayons de soleil (l'aube) qui l'ont guéri, de même, le soleil du machia'h brillera pour nous, et il nous guérira de toutes nos souffrances de l'exil.
[basé sur le Séfer ha'Hinoukh 3]

-> Selon le rabbi Yonathan Eibeschetz (Yaarot Dvach), puisqu'un animal a un nerf sciatique sur chacune de ses cuisses : il y en un a un qui correspond au 9 Av, et un autre qui correspond au jeûne de Guédalia, puisque la mort des tsadikim est équivalant à la destruction du Temple.

[ "La mort des tsadikim est équivalente à l’incendie du Temple" (guémara Roch Hachana 18b)]

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+ 3°/ Quelques autres allusions :

-> "La colère de D. s'est enflammée ce jour-là [du 9 Av suite au rapport des explorateurs]" (Mattot 32,10)

Les mots : "Ce jour là" signifient que dans le futur le 9 Av sera un jour propice aux catastrophes (cf. guémara Sanhédrin 104b).

-> Le peuple juif a pleuré la nuit du 9 Av suite au rapport des explorateurs.
"[D. dit : ] Vous avez pleuré sans raison ; J'établirai pour vous une raison de pleurer [ce jour là] pour les générations à venir." [guémara Taanit 29a]

La Torah mentionne que les explorateurs sont allés en Israël en passant la frontière de Edom.
=> La destruction du Temple, résultante de leur faute, va se faire par les mains d'Edom (Rome).

-> Certains commentateurs rapportent que le seul personnage pour lequel la Torah rapporte son mois de mort est : Aharon.

Aharon, dont descendront tous ceux qui serviront dans le Temple par la suite, est mort durant le mois d'Av, en allusion au fait que le service du Temple prendra fin durant ce mois.

[Aharon qui représente la recherche ultime de la paix entre les juifs, symbolise l'attitude vers laquelle nous devons tendre pour reconstruire au plus vite le Temple : l'amour gratuit (aavat 'hinam) entre nous!]

"Le jour où le Temple a été détruit était un jour de joie, puisque la grande dette causée par nos péchés, qui planait sur les juifs, a finalement été payée."
[midrach Béréchit rabba 42,3]

-> La destruction du Temple a été un avantage pour Israël, puisqu'Hachem a, pour ainsi dire, laissé sortir Sa colère sur du bois et des pierre sauvant le reste d'Israël.
[midrach Eikha rabba 4,14]

[on est heureux à la conscience d'à quel point Hachem nous aime. En effet, malgré la gravité de nos fautes, Il préfère mettre Sa colère sur Sa sainte maison (le Temple), plutôt que sur nous-mêmes!]

-> Le rav Kanievsky fait ainsi remarquer que la méguilat Eikha aborde les souffrances subies par les juifs qui ont suivi la destruction du Temple, mais parle très peu de la destruction en elle-même.
La raison est que c'est uniquement ce qui en a suivi qui était véritablement mauvais : les souffrances humaines en résultant.

-> Ainsi, selon le Sfat Emet, on ne pleure pas la destruction du Temple de l'époque, mais le fait qu'il a été de nouveau détruit cette année à cause de nos fautes.

-> Selon le 'Hatam Sofer, le jour du 9 Av est considéré comme un jour de fête, au cours duquel on ne récite par le Ta'hanoun.

Selon le Né'hamat Israël, c'est parce que ce jour nous rappelle que nous retournerons dans le futur aux jours d'antan, et c'est un réconfort qui perce à travers la douleur incessante.

[Oui, nous sommes inconsolables à l'idée que nos fautes ont provoqué encore cette année la destruction du Temple, mais à l'inverse de toutes les autres nations qui ont disparu, nous sommes éternels, preuve de la réalité de la promesse divine, et grâce à notre téchouva, nous allons revivre des sommets de proximité avec Hachem, comme à l'époque du 1er Temple.

Oui, nous sommes à terre, mais en faisant des pas vers D., Il nous prendra en pitié et nous ramènera tout en haut au près de Lui pour toujours. ]

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-> Les 2 premiers Temples ont préparé le terrain et servi de fondations pour le lieu de résidence final de Hachem.
[Yichma'h Moché]

Les bases sont en place, il ne manque plus que nos mérites pour que le 3e Temple descende du Ciel.

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-> D. a 2 noms principaux : Hachem et Elokim.
Le 1er indique l'Attribut de miséricorde, et le 2e Son Attribut de rigueur.

Il est étonnant que le nom Elokim n'apparaît jamais dans la méguila Eikha.
En effet, on y retrouve uniquement Hachem, signifiant qu'Il a jugé et puni le peuple sans avoir recours à Son Attribut de stricte rigueur.

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-> Le mot hébreu pour "bonté" est : חסד.

On va utiliser la guématria appelé "otiyot néélamot" (les lettres cachées), qui consiste à garder les lettres qui sont prononcées, mais pas écrites.

On a :
- le ח soit : חת ('hét) => la lettre non dite = le ת ;
- le ס soit : סמך (samé'h) => les lettres non proponcées = מך ;
- le ד soit : דלת (dalét) => les lettres non dites = לת

Rabbénou Efraïm fait remarquer que la somme des lettres cachées du mot 'hesséd (bonté) est égale à : 890, et cela correspond aux nombres d'années entre la sortie d'Egypte et la destruction du 1er Temple.

=> On retrouve l'idée que la destruction du Temple est un 'hessed dissimulé de Hachem, pour lui permettre d'expier ses fautes.

-> b'h, voir également la notion que dans nos souffrances, Hachem souffre bien plus que nous : https://todahm.com/2016/08/22/quand-je-souffre-mon-papa-hachem-souffre-encore-plus-que-moi/

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-> Lorsque les nations du monde voient que le peuple juif est puni, elles s'en réjouissent, pensant qu'il n'est plus la nation choisie par D.
En réalité, c'est l'opposé qui est vrai. Ces décrets difficiles démontrent l'amour de Hachem pour les juifs, et sont une preuve que nous sommes, et que nous serons toujours, la nation choisie par Lui.

[on peut reconnaître un père et son fils, en voyant que le père va être beaucoup plus concerné par un enfant, en lui faisant des remarques, en le punissant, ... ce qu'il ne ferait pas avec un autre enfant.]

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-> "Il l’a appelé : moéd" (kara alaï moéd – Eikha 1,15)
A l'image des aux Yom Tov du calendrier juif, le 9 Av est appelé un : "moéd" (une convocation - מועד).

Selon le rav Gifter, cette appellation fait référence au sens : d'un moment de retrouvaille, de réunion sainte.
On se retrouve tous ensemble, unis : des fois pour des occasions joyeuses, et des fois pour des occasions tristes.
Mais l'essentiel, c'est de pouvoir se réunir pour rencontrer D.

[à l'image d'un parent qui convoque son enfant après ses mauvaises notes, son mauvais comportement, ... Il ne le fait pas par plaisir, mais c'est plutôt rempli d'amour qu'il agit ainsi, pour le bien de son enfant!]

-> Rabbi Yaakov Neiman (Darké Moussar) fait remarquer que lorsqu'un enfant retrouve son père qu'il avait perdu parmi la foule environnante, il est tellement heureux qu'il va se concentrer sur sa proximité avec son père, et il va ignorer la claque que son père va lui infliger pour s'être éloigné de lui.

De même, le 9 Av est un jour de grande proximité émotionnelle avec Hachem.
Nous savons qu'Il est avec nous en exil, qu'Il nous aime plus que tout, et que notre libération peut arriver à tout puisqu'étant entre nos mains.
[la prophétie de destruction et d'exil a déjà eu lieu, maintenant place à la reconstruction et à la réunification.
Le plus beau est devant nous b'h!!]

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-> Le Sfat Emet (5634) enseigne que le mot : "moéd" (מועד) contient la même racine que "daat" (connaissance - דעת).
Les Fêtes juives fournissent une grande opportunité aux juifs d'acquérir la connaissance du Créateur.

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-> Le rav Tsadok haCohen enseigne que la 1ere fois qu'une lettre apparaît dans la Torah, le mot la contenant nous transmet le sens profond de cette lettre.
La 1ere fois que la lettre tét (ט - valeur numérique de : 9), apparaît dans la Torah est au sein du mot : "tov" (bien - טוב).
=> Comment comprendre que le 9 Av soit un jour : "bon"?

On peut noter que le mot : tov (טוב) a une valeur numérique de : 17, et renvoie au : 17 Tamouz.
Or, les 3 semaines commencent par le 17 Tamouz, et se terminent le 9 Av!

Rav Tsi Méir Silverberg dit qu'il y a beaucoup de bonnes choses qui sont cachées dans ces jours.
Ainsi, si la tristesse nous conduit à faire téchouva, à accomplir plus de mitsvot et d'actes de bonté, ... alors c'est une bonne chose.
De même, si cette période va permettre la venue du Machia'h, alors la tristesse a atteint son objectif.

[une période difficile, un période de deuil est souvent un occasion de se remettre en question, de redéfinir ce qui doit être essentiel dans notre vie.
Par de telles larmes, on plante/se construit un magnifique avenir!]

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-> "Je multiplierai ta descendance comme les étoiles du ciel et comme le sable du rivage de la mer" (Béréchit 22,17)

=> Pourquoi décrire le nombre des juifs par les étoiles et par le sable? Un seul des 2 n'aurait-il pas suffit?

Selon le Avodat Yissakhar, cela ne fait pas référence au nombre de personnes composant le peuple juif, mais cela nous apprend plutôt que :
-> des fois nous serons vus, comme des étoiles dans le ciel : brillants et étincelants ;
-> mais nous aurons aussi des périodes, durant lesquelles nous seront écrasés, piétinés, comme le sable de la mer.

=> Même si à cet instant précis nos actions nous amènent aux plus bas niveaux, D. nous a promis qu'à ce même instant, nous avons également la capacité de s'élever et vaincre tous nos ennemies.

Pour chacun, la vie n'est pas linéaire, il y a des hauts et des bas, des périodes où l'on est comme une étoile (tout nous réussi), et d'autre où l'on est comme du sable, qu'on piétine sans pitié.
Il faut savoir vivre avec, en sachant que c'est le même D. (Hachem) qui nous a donné ce qu'on caractérise de bien et de mal.
Les 2 nous sont utiles, et après notre mort, nous dirons pour les deux : c'était pour le bien!

Plutôt que de se plaindre, il faut aller de l'avant, en cherchant le positif, en se focalisant sur la finalité (tout est pour notre bien puisque provenant de D.).
Durant le 9 Av, on est assis par terre, se lamentant, pour mieux se tenir debout par la suite!!
[on est dans la poussière, pour mieux toujours les étoiles par la suite!]

Dans la religion juive, prendre le deuil est nécessaire et obligatoire, mais cela est bien défini par une durée, car il faut toujours aller de l'avant dans le cadre de la vie que D. nous propose.

La destruction du Temple nous enseigne que même si on est tombé au plus bas, il est encore possible d'espérer, de réparer.
La 1ere chose que nous devons faire est : de pleurer, de regretter du plus profond de nous-même notre comportement.
En effet, ce n'est qu'alors, qu'il nous est possible de nous changer, de nous améliorer
Nos larmes expriment fortement notre décision, elles deviennent la base qui va permettre d'édifier notre vie.

Il est écrit dans les Téhilim : "Ceux qui ont semé dans les larmes, dans la joie, ils récolteront"
Dans la vie, il y a un temps pour planter (c'est dur!), et un autre pour récolter.
Notre épreuve du moment est un tremplin qui va nous permettre d'atteindre des niveaux qu'on ne pourrait pas atteindre sinon.

Cette alternance de moments dits agréables, et "désagréables", vont permettre d'apprécier au mieux, de donner du goût à notre vie.
[A l'image du vélo, où l'alternance de haut et de bas de la pédale, va permettre le mouvement.]

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- > "Hachem nous aime plus qu’aucun père ne pourrait aimer son fils.
Ainsi, nous ne devons pas nous lamenter excessivement sur nos douleurs, car tout ce qui nous arrive est dans notre meilleur intérêt.
Nous ne pouvons pas toujours comprendre les plans de Hachem, mais nous devons avoir confiance en Lui, tout comme un enfant a confiance en son père, et ce même s’il ne comprend pas ses décisions."
[le Ibn Ezra - Réé 14,1]

=> Cela doit être de nos prises de conscience de la période de deuil du 9 Av.

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-> Dans le Shéma, nous déclarons : "Hachem Elokénou, Hachem é'had" (שְׁמַע יִשְׂרָאֵל יְהוָה אֱלֹהֵינוּ יְהוָה אֶחָֽד).

Hachem (יְהוָה) représente le nom de D. dans Son attribut de miséricorde, et Elokénou (אֱלֹהֵינוּ) est celui dans Sa justice.

En apparence, il y a : "Hachem Elokénou" (la miséricorde et la justice), mais en réalité : "Hachem est l'Unique" (tout n’est que miséricorde).
C’est ce que nous déclarons au début du Shéma, ce texte central pour tout juif.

D'ailleurs, selon le Rabbi de Klausenbourg, nous nous couvrons les yeux lors de la lecture de ce passage, afin de cacher l’apparence extérieure des événements qui peut sembler très difficile, afin de mieux exprimer notre certitude que : "Tout ce que fait Hachem c’est pour le bien" [Rabbi Akiva – guémara Béra’hot 60b].

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-> "Car si je suis tombée, je me relève" (Mika 7,8 - Ki nafalti kamti)

C'est une des forces du peuple juif.
Même si on a dû lutter et tomber, nous nous relèverons toujours.
[la survie du peuple juif au travers l'histoire est un miracle phénoménal!]

Bien que non voulue, à chaque fois que je tombe et qu'ensuite je me relève, je deviens meilleur.
Bien que le fait de tomber fasse mal, c'est une nouvelle opportunité de grandir qui s'offre à moi.
Tant qu'il y a de la vie, c'est qu'on peut aller de l'avant!

[ "Le juste tombe 7 fois, et se relève ; mais les méchants sont effondrés par le malheur." (Michlé 24,16)
Le rav Hutner de préciser que ce n'est pas un tsadik qui tombe 7 fois, mais plutôt les 7 chutes qui vont permettre de transformer une personne en tsadik.
De la chute naît la grandeur!

De même le Méor Enayim (Vayétsé) écrit : "Ceci est la signification de : "Le juste (tsadik) tombe 7 fois, et se relève" (Michlé 24,16) = c'est ses chutes (défaillances) qui lui permettent d'atteindre des niveaux toujours plus élevés."

Selon rabbi Tsadok Hacohen de Lublin (le Pri Tsadik) : "Ce sont justement les descentes et les difficultés que l'homme rencontre dans son Service d'Hachem qui peuvent le faire se construire spirituellement.
C'est parce qu'il tombe que quand il se relèvera, il s'élèvera encore plus. Toutes les chutes qu'il pourra rencontrer ont la capacité d'être justement des moyens de le rapprocher davantage. Encore faut-il se renforcer et ne pas en désespérer." ]

-> Le midrach Chocher Tov (Téhilim 22) fait remarquer que c'est au moment le plus sombre de la nuit, que les premières lueurs du jour apparaissent.
Il en sera de même lorsque D. nous libérera.
A ce moment, cela nous paraîtra si sombre, que nous allons commencer à désespérer de revoir un jour de la lumière, mais c'est alors que l'aube de notre géoula fera son apparition.

La douleur de la présence divine

+ La douleur de la présence divine (Chékhina) :

-> "Dans toutes leurs souffrances, il [Hachem] a souffert avec eux (les juifs) ... il les a portés et soutenus pendant toute la durée des siècles" (Yéchayahou 63,9)

-> "La présence divine, s’il est permis de s’exprimer ainsi, réside avec Israël dans les souffrances de l’exil, et elle a inscrite Sa propre délivrance pour le jour où ils seront délivrés (guémara Meguila 29a). Elle reviendra [alors] avec eux."
[Rachi - Nitsavim 30,3]

-> De même que les juifs souffrent de l'absence d'une relation de grande proximité avec Hachem, de même, Hachem souffre de cette relation difficile, et Il est tout seul en exil, puisqu'Il s'est éloigné d'eux.
[Tikouné Zohar - tikoun 6]

-> La guémara ('Haguiga 5b) enseigne que pour Hachem, dont la compréhension dépasse la confusion de ce monde, même la chose qui nous semble la plus difficile, est un réalité un élément faisant partie de son plan, qui est pour la joie ultime.
Cependant, il y a une exception à cela : la destruction du Temple entraîne de la tristesse et des pleurs même au Ciel.

-> Hachem agit comme un endeuillé sur la douleur (de la perte) du Temple.
[midrach rabba Eikha 1,1]

-> Il n'y aura plus aucun bonheur à Hachem tant que le Temple ne sera pas reconstruit et que le juifs ne retourneront pas à leur place appropriée : la terre d'Israël.
[Yalkout Chimoni Eikha 1009]

-> Rabbi Yossi dit à Eliyahou haNavi qu'il a entendu dans les ruines de Jérusalem une voix : "divine gémissante et pleurant : "Honte aux enfants dont les fautes M'ont poussé à détruire Ma maison et à les exiler parmi les non-juifs"

Eliyahou haNavi lui a dit : "3 fois chaque jour, Hachem pleure de cette façon sur la destruction du Temple"
[guémara Béra'hot 3a]

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-> Au moment de la destruction du Temple, Hachem dit aux anges :
"Laissez-moi verser des larmes amères. N'essayez même pas de me consoler de la rupture de mon peuple. Cette tragédie est trop grande pour être consolée.

Un jour de destruction a été appelé contre "la vallée de la Vision" (une référence à Jérusalem). Les murs de Jérusalem sont abattus, et des cris résonnent.
C'est un moment pour pleurer et se lamenter"

[Yéchayahou 22,4-5 et 12 - cf.Rachi]

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-> Le midrach (rabba Eikha Pesichta 24-25) décrit qu'au moment de la destruction du Temple, Hachem s'est apprêté à prendre congé du Temple.
Il a alors serré contre Lui et embrassé les saints murs et piliers, et a sangloté : "Au revoir Mon Temple; Au revoir Mon palais Royal. Au revoir, Ma maison bien-aimée. Au revoir pour le moment, au revoir!"

Une fois le Temple détruit, Hachem a continué à pleurer : "Mon lieu de résidence ... Honte à Moi pour la perte de Ma maison.
Mes enfants, où êtes-vous? Mes Cohanim, où êtes-vous? ... Que puis-je faire pour vous maintenant?

Je vous ai averti encore et encore, mais vous n'avez pas fait téchouva!"

Les anges ont voulu entonner leur chant, mais Hachem n'a pas voulu l'écouter.
"Je ne peux pas être réconforté par vos chants maintenant. Aujourd'hui, c'est un jour de chaos et de dévastation. C'est un moment de pleurs, et non de consolation."

Hachem a alors appelé [le prophète] Yirmiyahou : "Yirmiyahou! Je suis comme un père qui a marié son seul fils, et il est mort au moment du mariage.
Comment le père peut-il prendre le deuil de cette tragédie?

Va appeler les Patriarches : Avraham, Yits'hak et Yaakov.
Va appeler : Moché.
Va les appeler depuis leur tombe. Ils sauront comment pleurer ensemble avec Moi"
[...]

Ils sont alors venus au Temple, et ils sont allés de Porte détruite en Porte détruite, se rendant compte de la destruction et ils ont pleuré : pleuré sur la punition reçue par le peuple juif, pleuré ensemble avec Hachem.

[midrach rabba Eikha Pesichta 24-25]

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-> Chaque juif doit se sentir responsable de rejoindre la douleur d'Hachem, à l'image d'un enfant qui ressent la souffrance de son père comme la sienne.
[Yessod véChorech haAvoda 9,11]

-> Nous devons chercher à imiter la façon d'agir de Hachem, en agissant en fonction de ce qu'il fait.
Ainsi, si Hachem a de la tristesse, alors nous devons également avoir de la tristesse.
S'il pleure, alors nous devons faire de même.
Lorsqu'il se lamente, c'est également un moment pour nous de se lamenter.
[Réchit 'Hokhma - Anava 6,60]

-> Le Alshich haKadoch a écrit une kina dans laquelle il dit :
"Rassemblez-vous, enfants d’Israël! Déchirez votre cœur, plutôt que vos vêtements et ressentez le tort causé par vos fautes ...
Que dit la présence divine?
Je souffre et personne ne prête attention à M'aider.

Vos fautes ont poussé Ma main contre vous. Vous souffrez maintenant de l'exil afin de pouvoir corriger ce que vous avez fait ... mais personne ne semble prendre cela à cœur ..."

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-> Rabbi Chimin bar Yo'haï dit que Hachem est constamment en train d'attendre, et de vérifier si une personne fait téchouva afin de soulager Sa souffrance et amener le machia'h.
Mais Il est déçu, encore et encore, puisqu'Il voit tous les gens aller en fonction de leur vie, prenant soin de leurs propres besoins alors que Ses besoins sont négligés.

Ils sont trop occupés à tendre vers le monde matériel pour se rendre compte des demandes du Ciel ...
C'est pourquoi, Hachem attend encore et encore, sans fin en vue ...

[Hachem nous dit: ] Je vous aime et tout ce que Je veux c'est de pouvoir vous donner.
J'aimerai pouvoir vous couvrir de Miséricorde.
Retournez vers Moi et Je pourrais revenir vers vous.
Faites téchouva et Je réparerai notre relation et Je vous consolerai"

[Tikouné Zohar - tikoun 6]

[L'introduction du Séfer 'Harédim nous rapporte que si des géants comme Rabbi Chimon bar Yo'haï ressentait la souffrance de Hachem alors qu'ils n'avaient évidemment pas de faute personnelle pouvant provoquer l'exil, combien à plus forte raison devons-nous le faire, nous qui prenons part à de telles fautes. ]

[A chaque génération où le Temple n'est pas reconstruit, c'est comme s'il avait été détruit.
S'il n'y a pas de Temple, ce n'est pas qu'à cause de nos ancêtres, c'est principalement de notre faute (sinon il aurait été reconstruit!).
Ainsi, chaque année, nous refaisons subir à Hachem les mêmes souffrances, déceptions!!!

=> Comment peut-on vivre sans se soucier de la peine que l'on fait à Hachem! ]

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-> La Présence Divine se trouve en exil, comme un lion enfermé dans une cage.
[Zohar]

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-> Sur ce sujet, b'h, voir aussi : https://todahm.com/2016/08/22/quand-je-souffre-mon-papa-hachem-souffre-encore-plus-que-moi